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qui peut faire le nécessaire pour matérialiser l’acte d’achat. Ça va de l’attirance que va déclencher ou non la vitrine, de l’empathie que suscite le produit vis à vis du consommateur jusqu’à la qualité de la prise en charge du client sur le lieu de vente : il faut tous ces ingrédients pour faire du business. Concrètement, chaque situation de commerçant est différente, et les parcours de chacun aussi. Il n’y a évidemment pas de portrait-robot du commerçant lambda. Ce qui veut dire que notre travail s’inscrit dans deux axes. D’abord, nous rappelons les fondamentaux : travailler sur le point de vente, générer « l’effet whaooh » comme on dit de nos jours c’est à dire faire en sorte que le magasin soit dans l’air du temps. Faire en sorte d’étonner le consommateur et le mettre à l’aise dès qu’il a franchi le seuil. Avec l’opération-concours Commerce Design que nous montons tous les deux ans, nous mettons non seulement en valeur les commerçants qui font des efforts dans ce sens mais nous valorisons aussi ces initiatives au niveau de l’ensemble des commerçants. Dans l’espoir que naisse aussi chez eux l’envie de rénover et aménager leur lieu de vente. Cette opération est une superbe vitrine pour le commerce strasbourgeois et nous la présentons dans tous les salons professionnels auxquels participe la CC I. À d’autres commerçants qui ont moins de moyens, nous innovons en proposant ce que nous appelons le « shop staging » c’est à dire la capacité de pouvoir transformer leur magasin à moindre coût en redécorant, en déplaçant le mobilier, en reconditionnant le merchandising au sein même du point de vente : le tout vous donne tout de suite un effet nouveauté dans le magasin. Et depuis onze ans maintenant, nous menons une grande opération dite « qualité accueil ». Aux commerçants qui nous rétorquent qu’ils sont là depuis longtemps et que s’ils n’accueillaient pas bien leurs clients il auraient disparu très vite, nous expliquons que tous les réseaux organisés et tous les opérateurs de la grande distribution ont depuis longtemps mis en place des visites de clients-mystères qui viennent évaluer la satisfaction-client. Systématiquement. Et la question n’est pas de dire que vous accueillez mal vos clients, la question est de se demander quelle est la perception de mon client quand il rentre dans mon point de vente. Que ressent-il, qu’est-ce qui le gêne, qu’est-ce qui lui plait ? C’est à travers cette mesure qu’on peut identifier des points de progrès et si le commerçant travaille sur ces points-là, il restera au top en permanence. Depuis onze ans, nous avons ainsi accompagné plus de 2000 commerçants sur l’ensemble du département dont 76 sur le territoire de l’Eurométropole. Ce n’est pas encore assez à notre goût mais on progresse…

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Or Norme. Et quid d’internet ? Exploiter les possibilités du web est un enjeu vital pour les commerçants indépendants… C’est une évidence. Quand le consommateur veut effectuer un achat de nos jours, son premier réflexe est de pianoter sur la prolongation de sa main, son smartphone. Si vous

n’existez pas sur la toile, vous êtes mort ! Parce que vous vous privez ainsi de 35 % de clients potentiels supplémentaires qui seraient venus chez vous si vous étiez visible sur le net. Comment être présent et visible sur internet ? Il y a des tas de solutions à moindre coût : des outils simples et efficaces le permettent. Pour sensibiliser les commerçants et les accompagner, on a un cycle de séances et d’ateliers de sensibilisation qu’on a appelé la Web School Entreprise. On y fait intervenir des experts qui présentent ces outils sous l’angle du développement du business. L’approche y est évidemment très pragmatique…

‘‘ Il faut aussi muscler l’offre de places de stationnement notamment pour les automobilistes venant du nord. ’’ Or Norme. Enfin un dernier point qu’il faut évoquer. Les zones commerciales extérieures à la ville, en périphérie comme celle de Vendenheim et celle de la Vigie, au sud. La CCI les considère comme d’importantes polarités commerciales… Oui. Ces zones existent depuis très longtemps. Et l’erreur qu’on pourrait faire les concernant, c’est de les laisser mourir. Car devoir gérer des friches commerciales dans des zones commerciales isolées, c’est la pire des situations que nous pourrions connaître. Il faut donc absolument veiller à les moderniser, je dis bien les moderniser et pas les agrandir. Évidemment, il faut trouver les budgets pour le faire. L’argent public se raréfiant considérablement, si vous voulez mener ces opérations d’envergure, il faut concéder du logement ou des sites commerciaux à des opérateurs privés. L’équation est la même dans toutes les villes de France et il faut bien sûr veiller à un équilibre commercial entre ces zones et les centres-ville. D’ailleurs il y a toute une catégorie d’activités commerciales très gourmandes en m2 qui ne sont pas forcément les bienvenues au cœur des villes, je pense aux magasins d’équipement de la maison ou de bricolage par exemple. Sincèrement je pense qu’aujourd’hui on a une vraie maîtrise de ce dossier des zones périphériques. Pour vous donner un ordre de grandeur qui concerne l’Eurométropole, nous avions prévu à l’horizon 2030 environ 100 000 m2 de surface de vente supplémentaires car, bien sûr, tout est lié à la courbe d’évolution de la population. Aujourd’hui, nous prévoyons plutôt 60 000 m2 toujours au même horizon et ce sera peut-être encore moins… Le maintien des équilibres trouvés sur l’agglomération strasbourgeoise est à ce prix. »

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Passages | Or Norme #33  

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