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Photos : Nicolas Roses – DR Texte : Jean-Luc Fournier OR SUJET OR NORME N°33 Passages

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que l’on appelle le parcours client débute avec la décision de se rendre à Strasbourg. Si le client a accès à un transport en commun qui le conduit directement au cœur de Strasbourg, pas de problème. Mais s’il est obligé de prendre sa voiture, il va considérer son parcours-client en intégrant tout ce qui va se passer : se rendre à l’hypercentre, faire son acte d’achat et son retour à son domicile. S’il y a des obstacles dans tout ce parcours, cela génère des frustrations qui vont venir perturber l’acte d’achat. Ça peut évidemment conduire jusqu’au renoncement… Et s’il persiste quand même mais que cette expérience d’achat lui a laissé un mauvais souvenir en raison des conditions difficiles d’accès, il finira par venir beaucoup plus rarement à l’hypercentre… Or Norme. L’installation du stationnement payant entre midi et 14 h est un de ces obstacles dont vous parliez… Certains commerçants ont remarqué qu’une partie de leur clientèle traditionnelle venant de l’extérieur de la ville avait pour habitude de venir faire des achats dans ce créneau horaire, profitant des difficultés de circulation qui sont bien moindres qu’aux horaires de pointe traditionnels. Une grosse proportion de cette clientèle ne viendrait donc plus… Tout d’abord, le contexte et la situation du stationnement sont devenus sensibles à Strasbourg depuis un certain nombre d’années maintenant. C’est affaire d’évolution de politique de l’aménagement urbain et ses conséquences directes pour le centre-ville : piétonnisation d’un certain nombre de rues, élargissement à d’autres moyen de transports doux, bref la prise en compte de toutes les transformations urbaines qui se sont opérées en ville. Naturellement, de ce fait, des places de stationnement disponibles à un certain moment en surface ont disparu et n’ont pas été toujours remplacées. Au final, lorsque l’offre devient très inférieure à la demande, ça génère automatiquement des situations de crise. Le stationnement devenant une denrée rare — et à ce sujet, ils ne faut pas oublier le stationnement résidentiel,

celui des véhicules des habitants - on se rend compte qu’une politique tarifaire très contraignante a été mise en place dans l’hypercentre pour générer de la rotation et ainsi permettre à plus de gens d’accéder au centre-ville. Certains restaurateurs considèrent aujourd’hui qu’environ 20 % de leur prix de menu va venir se rajouter au coût global du repas pour acquitter son stationnement. Sur ce sujet du stationnement entre midi et 14 h qui devient subitement payant, il faut tout d’abord préciser que la ville de Strasbourg est une des dernières grandes villes de France à s’être résolue à cette mesure. La contrainte est effectivement forte, c’est pourquoi il faut réinventer le modèle pour que le consommateur, le client, n’ait pu à gérer la contrainte du coût du stationnement. Au niveau de la CC I, on a imaginé qu’un dispositif intelligent de participation au stationnement pourrait être mis en place : l’acte d’achat participerait au stationnement. C’est le système du cash back : la somme des achats, tout petits comme plus importants, déclencherait en quelque sorte une remise stockée sur une sorte de porte-monnaie électronique qui permettrait au consommateur de payer son stationnement. Comme une cagnotte : une carte de fidélité qui permettrait au consommateur fidèle qui fréquente les commerces du centre-ville, y compris les restaurants, de cumuler des remises pour acquitter ses frais de stationnement. Ce qui gommerait la contrainte… Une bonne expérience-client ne doit générer que du bien-être et pour cela, il faut traquer et éliminer toutes les contraintes notamment celles venant de l’usage de la voiture qui ne fait que les accumuler… Bien sûr, ce n’est qu’une partie de la réponse : il faut aussi muscler l’offre de places de stationnement notamment pour les automobilistes venant du nord de l’agglomération et aussi de la Robertsau. Le dossier du fameux parking en ouvrage qui refait surface de temps à autre depuis longtemps n’avance pas, c’est une décision très difficile à prendre pour les élus… Or Norme. Comment vos services envisagent-ils d’aider concrètement les commerçants indépendants à prendre ce virage du numérique ou plus précisément, réaliser que leur avenir professionnel et personnel dépend beaucoup de leur prise de conscience qu’on ne peut décidément plus exercer ce métier de la même façon aujourd’hui qu’il n’y a ne serait-ce que dix ans ? Là, on arrive sur notre action de base et on l’exerce au quotidien, mes collaborateurs et moi-même. Nous travaillons en direct avec les commerçants pour les aider à muter avec leur environnement : les évolutions des comportements d’achat des consommateurs, l’accès aux commerces ou de l’attractivité en général. Il y a beaucoup de choses qui relèvent de l’action des élus, certes, mais il y a une chose qui ne dépend que de l’action du commerçant, au-delà de la nécessité de se former et même s’informer, c’est ce moment où le client est entré dans son magasin. Là, il n’y a plus que le commerçant

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Passages | Or Norme #33  

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