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ARNAUD STENGEL Texte

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JEAN-LUC FOURNIER

MÉDIAPRESSE - DR

Avec sa licence de Mandarin, doté par ailleurs d’une solide formation en commerce international, Arnaud Stengel (27 ans aujourd’hui) se voyait bien travailler dans le big business mondial, basé à Singapour, au Japon ou encore au Canada. Mais soudain, ses origines se sont mises à lui chuchoter un autre destin à son oreille. Et, n’écoutant que sa petite voix intérieure, armé de sa seule audace, il a foncé…

Arnaud Stengel

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EN ERITHAJ… Le dialogue se tient dans le saint des saints, le laboratoire de la célèbre pâtisserie Christian, tout près de la place Kléber, en présence de Christophe Meyer qu’on ne présente plus en Alsace et même au-delà, tant cet artisan de génie est devenu l’ambassadeur de la grande (la très grande) tradition chocolatière. Ce n’est pas le hasard qui nous fait retrouver là Arnaud Stengel que Christophe couve d’un regard quasi paternel quand le fondateur d’Erithaj nous raconte son parcours. « Il y a encore cinq ans, mon père me parlait sans cesse de sa passion du chocolat et cherchait à me convaincre de le rejoindre au Vietnam où il a longtemps travaillé dans ce secteur » sourit Arnaud Stengel. «  Mais moi, j’avais la tête ailleurs. Et ce fut longtemps «  Niet ». Sans doute a-t-il fini par être convaincant malgré tout, lui qui, depuis sa retraite de proviseur de lycée d’enseignement professionnel, s’était consacré à défendre le vrai chocolat face aux projets de la commission européenne de Bruxelles qui s’apprêtait alors à dénaturer ce magnifique produit par une directive européenne. Finalement, j’ai accepté de le rejoindre au sud du Vietnam, dans la région du Delta du Mékong. Là-bas il a créé la filière Vietcacao qui consolide les liens avec les planteurs, des gens incroyables, littéralement possédés par l’amour de leur métier et qui connaissent leur production sur le bout des doigts. J’ai donné un coup de main à mon paternel au sein des plantations à la rencontre des familles de planteurs et là, ça a commencé à cogiter dans ma tête. J’ai découvert alors tellement de choses que les idées se sont enchaînées les unes après les autres. Erithaj est né de cette expérience-là. Le nom rend bien sûr hommage à ce que m’a transmis mon père mais il fait aussi écho à mon propre background culturel. Je suis moitié français et moitié vietnamien, via ma mère… »

Or Norme 13  
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