32 minute read

Regard sur l'agriculture - numero 2

"The emperor is naked""

salle Olympe de Gouges, Vandana Shiva

No freedom without free bread

Les peuples autochtones à la COP 21

Un autre El Niño! la terre chauffe.

Original Denis

“ nous respirons tous un seul air, buvons une seule eau, vivons sur une seule terre. nous devons tous la protéger.”

Raoni Metuktire le 10 décembre 2015

published by Original NY ltd. Original Denis , Christine Schreyer publishers Véronica and Manon Macasaet associate publishers

grand merci pour votre inspiration 100% amour pur

chef Raoni,

Hughes Pieto, 

Gert-Peter Bruch,

Robin Guimin

Paul Watson,

Philippe Angers,

Vandana Shiva,

Arthur Bel,

Bettina Durocher,

Naomi Klein,

Amy Goodman,

Roger Feuilly

NO FREEDOM WITHOUT FREE BREAD  

reportage Arthur Bel

Les pas des femmes marchant sur Versailles le 5 octobre 1789. Des mots simples ; « pain », « liberté » face aux grilles d’un pouvoir autoritaire et illégitime.

Vandana Shiva, le 9 novembre 2015, devant une salle comble portant le nom d’Olympe de Gouges déclare « l’empereur est nu ».

ci dessous le compte-rendu de cette soirée organisée par le réseau des AMAP d’île de France et l’association Solidarité qui dépeint la lutte citoyenne actuelle pour une agriculture libérée comme enjeu premier de l’anti totalitarisme.

François Vauglin, Maire du XI éme arrondissement, à peine conscient de la portée symbolique de la rencontre entre deux grandes féministes, s’explique de l’évidence d’ouvrir la salle Olympe de Gouges à Vandana Shiva ; cette activiste indienne féministe et altermondialiste primée pour sa croisade contre les OGM et pour la souveraineté des peuples et la biodiversité. Après s’être excusé du faible pourcentage de mètres carrés d’espaces verts par habitant de son arrondissement, il témoigne brièvement de sa connaissance des enjeux liés à l’exploitation intensive des terres de l’Ile de France. Restant au pied de la scène où siègent les invités, réduisant son intervention à quelques phrases et concluant par l’importance des AMAP, François Vauglin incarne la crise actuelle du politique et souligne l’importance de la question-titre de la rencontre « Quel rôles des citoyens pour une transition agricole ? ».

A côté des élus aux pouvoirs limités, la Coalition climat 21 organise la mobilisation citoyenne comme force politique nécessaire au changement et à la prise de décisions réelles lors de la Cop 21. Un de ses membres prend la parole pour présenter le programmes des actions et événements qu’elle propose. Un représentant du Collectif pour une Transition Citoyenne souligne l’importance d’une assemblée rassemblant des acteurs de différents domaines, afin d’offrir de nombreuses portes d’entrées permettant à chacun de découvrir d’autres champs dans lesquels s’engager. Ce collectif s’est formé suite à l’organisation des journées de la transition citoyenne qui visent précisément à se faire rencontrer localement des citoyens actifs dans différents domaines. Ils ont dernièrement créer un livret didactique intitulé « alternativez-vous » qui invite les citoyens à devenir acteurs du changement et à peser sur leur élus, à l’échelle des communes notamment.

La première table ronde réunit Vandana Shiva, Sophie Duplay, Aurélie Trouvé et Maud Granger Rémy.

Les propos du prix Nobel alternatifs résonnent comme autant de slogans à porter internationalement « Citizen have a right to reclaim seeds freedom », « Citizens have a duty to reclaim their food freedom »…

Son discours très efficace déconstruit aussi le système agro-alimentaire, qui fait des citoyens de simples consommateurs et de l’alimentation un produit.

Comme l’enfant dans la pièce du Roi Nu, les citoyens d’aujourd’hui ne veulent plus jouer le jeu absurde de l’industrie agro-alimentaires transnationales et des politiques qui la soutiennent. Il est du devoir des citoyens de dénoncer l’imposture, de déclarer « Le Roi est nu », de devenir les intellectuels qui orientent la société d’aujourd’hui et délogent les technocrates corrompus. La véritable agriculture, celle qui nourrit les gens, est celle des paysans et des producteurs, qu’il faut soutenir en tant qu’économie.

La responsable scientifique d’ATTAC, mi-émue de la présence de Vandana Shiva, mi-exaltée par cette prise de parole en public, oscille entre l’influence de la parole sage, douce mais assurée de sa voisine et son habitude du porte-voix et des rapports conflictuels. Malgré l’inadéquation de la forme face à un public déjà conquis, le fond de ses propos vient souligner l’importance d’une lutte systémique contre les politiques actuelles et n’hésite pas à nommer aussi bien les textes que les acteurs à combattre : TAFTA, le syndicalisme agricole dominant… Il s’agit de lutter à la fois contre un processus et une idée, contre l’accaparement des terres à grande échelle et plus généralement la main mise des multinationales sur l’ensemble de la production alimentaire, des semences à la distribution en passant par la transformation et le transport, mais aussi contre l’idée, largement répandue chez les exploitant agricoles, qu’il y a nécessité à produire toujours plus.

Sophie Duplay témoigne de son expérience de productrice, initiée par la volonté de nourrir correctement ses enfants. Elle souligne qu’elle n’aurait jamais pu faire ce métier difficile et très techniques sans le soutien, la patience et l’expertise des « Amapiens » (citoyens actifs au sein des AMAP). Le système de l’AMAP, en évitant les invendus et en avançant le paiement des récoltes, rend économique viable une activité de maraichage qui se trouve en concurrence avec la production conventionnelle subventionnée. Elle produit pour 120 parts de récoltes en étant payé à l’avance pour un approvisionnement d’un an. Le fait de travailler pour nourrir des personnes avec qui est en relation change aussi son rapport au travail, à la production, à la vente. Les consommateurs se préfèrent le titre d’adhérents et considèrent leur investissement dans les AMAP comme une action profondément politique. Il s’agit bien de devenir actif et de prendre en main la façon dont on se nourrit plutôt que de subir passivement ce que le système dominant peut offrir. Les jeunes parents, de plus en plus nombreux à adhérer à cette démarche, réapprennent à cuisiner des légumes et redécouvre une certaine relation à la terre.

Cette vision de l’agriculture pousse à la concentration et la spécialisation de la production dans les régions et les prive de penser en terme de complémentarité. L’accroissement de la dépendance au pétrole, que ne cesse de dénoncer Pierre Rhabi, est aussi la conséquence de cette idée erronée.

Vandana Shiva revient sur l’importance de l’engagement citoyen pour construire la transition agricole sur le plan écologique. Il faut développer une approche holistique de l’agriculture et intégrer le coût économique, le coût médical et le coût environnemental de l’agriculture industrielle pour mesurer l’enjeu de la transition agricole. Il ne s’agit pas seulement de l’iniquité d’un modèle dont 1% du prix d’une denrée revient à l’exploitant et 99% aux industriels mais bien de revendiquer le fait que cultiver c’est donner à nourrir , prendre soin, guérir, faire pousser, partager. Cela n’a rien à voir avec l’avidité, l’appropriation et le pillage qui caractérisent les multinationales agro-alimentaires. C’est bien ce qu’exprime Sophie Duplay lorsqu’elle parle de « cultiver leur légumes, sur nos terres » en parlant de sa relation à ses bénéficiaires. Il s’agit moins de distribuer un produit que rendre un service. Vandana insiste : « La santé est un service, les fermiers sont nos médecins ». C’est pour cela que la communauté se doit de réclamer la nourriture saine comme un bien commun. Il s’agit du droit fondamental de choisir ce que l’on veut manger de manière suffisante et saine.

La parole militante d’ATTAC précise alors qu’il existe un enjeu lié à l’information et à l’éducation. Le droit à choisir ne peut exister que si l’on est conscient de la différence, des choix possibles. Les populations moins favorisées pourraient participer à la transition énergétique si, pour commencer, elles savaient comment est actuellement produite la nourriture qu’elle consomme, pourquoi elle arrive dans les supermarchés à prix compétitif, et pourquoi il faudrait leur préférer des circuits courts. Les consommateurs avertis ont le devoir de s’engager, de partager l’information, mais aussi de se battre contre les politiques nationales, mais surtout européennes. Il faut résister à la mise en concurrences des agricultures. Projection du court métrage : « Paroles et visages de l’agriculture citoyenne » tourné dans plusieurs AMAP d’île de France -

Florent Sebban et Olivier Lavielle, se joigne à la deuxième table ronde et milite pour que le réseau des AMAP d’île de France dans lequel ils sont tous les deux engagés joue un rôle politique plus important. Si ils mettent en avant l’importance de cette expérience formidable qui prouve que le changement est possible et que les citoyens peuvent y participer, ils rejoignent la position des autres intervenant en soulignant l’importance de s’engager pour décider comment l’argent public est mobilisé et quel type d’agriculture il subventionne.

Vandana Shiva revient sur la notion de coproduction et la viabilité économique d’un modèle économique basé sur la solidarité et non la concurrence. Il faut inventer la politique et les lois qui soutiennent ce modèle et non l’agriculture industrielle qui est un crime contre la nature, les enfants, le futur et l’humanité entière du fait de ses conséquences écologiques et sociales mais aussi plus directement parce qu’elle empoisonne. Le gouvernement devrait exister par le peuple et pour le peuple, et non par et pour les transnationales. Une politique agricole ambitieuse à grande échelle ne devrait pas consister à faire grossir quelques multinationales qui détruisent la planète mais bien créer un environnement favorable à la multiplication d’initiatives vertueuses et adaptée. C’est ce que symbolise le fait de planter un « jardin d’espoir » et de rédiger un pacte citoyen pour la terre.

Pour ATTAC, porter des revendications systémiques à l’échelle nationale ne peut se faire sans un engagement local qui incarne les valeurs que l’on défend dans notre quotidien. Réciproquement, la prise de conscience par une activité local permet le développement d’un mouvement citoyen à même de construire et de défendre des positions politiques. L’enjeu est bien de fédérer les mouvements, les différentes initiatives dans le monde agricole notamment (comme Terre de liens et la fédération paysanne). Le réseau des AMAP a pris l’initiative d’interpeller les élus dans le double contexte des élections régionales et de la Cop21 pour leur demande de prendre position vis-à-vis des questions liées à l’agriculture et le développement de politique qui tienne compte des pratiques alternatives qui continuent de faire leur preuve depuis 15 ans. L’activité des Amapiens est une véritable puissance de transformation qui réinvente le partage, change notre rapport au sol, et développe une économie humaine constitue aujourd’hui un véritable courant politique mûr qui traduit l’aspiration d’une part croissante des citoyens à une autre société.

Cette prise de conscience par un changement des modes de consommations place aussi le réseau AMAP en position de représentation des valeurs et aspirations locales des citoyens. Il siège donc de plus en plus souvent lors de réunion publique, lors de l’élaboration de P.L.U. (Plan Local d’Urbanisme) notamment, mais restent absent des tables où les véritables enjeux sont débattus. La transition agricole, comme projet positif, mobilise les citoyens pour un projet de société et non pas dans une position de refus ou de blocage telle que les caricature trop souvent les medias. Si le réseau des AMAP a depuis son origine fait le choix de peu communiquer, ils s’engagent maintenant, à un moment critique, en publiant le manifeste pour une agriculture citoyenne et en interpellant les élus. Ils ajoutent que d’ici dix ans, 50% des agriculteurs vont partir à la retraite. C’est à la fois un problème et une opportunité pour développer un nouveau modèle.

Aujourd’hui l’agriculture industrielle produit 30% de la nourriture mondiale mais impacts négativement la terre à hauteur de 75%. Si ce système se développe pour produire 45% de la nourriture, alors il achèvera de détruire la planète. Il est donc urgent de freiner et stopper son développement, aujourd’hui promu par les gouvernements qui soutiennent les multinationales de l’industrie agro-alimentaire. Il y a donc une véritable nécessité à entre en résistance, tout en développant des alternatives. La première chose que nous pouvons faire, c’est devenir un fermier. Tout le monde ne peut pas devenir fermier, mais on peut devenir coproducteur, en soutenant ces initiatives qui travaillent non pas avec la pétrochimie mais avec la terre, le sol et les graines ; avec la vie.

Vandana Shiva revient sur la définition de ce moment critique où nous nous situons.

Chaque graine que nous sauvons, chaque ferme que l’on crée, contribue à affaiblir le système dominant. Ce qui importe c’est la puissance de l’idée.

ATTAC revient sur l’idée de l’invention d’un nouveau vivre ensemble, au fondement d’un possible changement politique. La résistance aux politiques publiques qui défendent des intérêt privée peut se jouer à un niveau très local, en faisant pression sur les élus des communes notamment, lorsqu’ils interdisent les circuits courts pour alimenter les cantines au profit d’entreprise comme Sodexo sous prétexte de mise en concurrence libre. A plus grande échelle, le traité TAFTA est négocié dans la plus grande opacité et est totalement antidémocratique.

Vandana Shiva témoigne de l’organisation par le président brésilien d’une réunion sur le thème de la « vraie nourriture » pour combattre la « fausse nourriture », qui empoisonne avec des produits chimiques toxiques. L’urgence de mettre en avant et défendre les principe du bien manger, de la diversité des aliments, de leur fraicheur et de leur saisonnalité est véritablement mondiale. Les initiatives locales ne sont pas à sous-estimer. Tout ce qui est petit est beau. Ce qui est petit ; une graine, un bébé, une idée, a vocation à grandir. L’importance de la souveraineté locale va de pair avec la nécessité d’une solidarité internationale. Même un bon agriculteur peut perdre sa récolte, surtout maintenant que le climat est de plus en plus déréglé. Nous avons tous la possibilité de sauver les graines, de donner forme au système de production et de distribution alimentaire que nous souhaitons. La nourriture d’aujourd’hui n’est pas seulement morte, elle est devenue mortelle. Il faut lutter pour rétablir l’équité là où le système actuel à creuser les inégalités. Les gouvernement sont responsables pour donner à nourrir aux peuples qu’ils ont maintenu dans la misère. Nous devons faire pression sur nos gouvernements. Ce sont les citoyens qui sont au pouvoir et donnent forme au futur. L’engagement citoyen dans la transition agricole est la première étape de la reconquête de la démocratie .:

La table ronde se conclue par la lecture du Pacte citoyen pour la Terre Rapporteur : Arthur Bel, architecte-médiateur

There will be no freedom without free bread ».

formation professionelle agricole une èducation pour les jeunes qui aiment l’agriculture au naturel en Guyane

la bananeraie, RSMA Guyane

Formés et encadrés par des cadres compétents dans ce domaine, ils apprennent et mettent en pratique ces savoir-faire sous les serres et sur les terrains du régiment de Saint-Jean du Maroni. Ils cultivent des plantes ornementales d’extérieures pour les y laisser en permanence ou pour des actions ponctuelles comme les évènements de prestiges du RSMA de la Guyane. Au nombre des fleurs cultivées on trouve des orchidées, des bougainvilliers, des héliconia des anthurium ou encore des frangipaniers. Tout ce travail n’est pas dédié uniquement aux plantes d’ornementations mais aussi aux fruits et légumes locaux. Aussi, on trouve des bananes, des maracujas, des ananas, des pastèques et comme légumes des concombres, des aubergines, des piments ou encore des giromons. Le résultat de ce travail ne serait pas aussi éclatant sans une fertilisation de qualité assurée par l’utilisation d’une fumerie de qualité entièrement réalisée de manière biologique avec des matériaux récupérés sur place. La qualité du travail réalisé peut être mesurée grâce au projet de la bananeraie. Sous la direction de l’adjudant-chef SCHRAMM, les volontaires ont réalisé une bananeraie éducative.

Un projet en trois temps qui a commencé par la mise en condition du terrain qui a nécessité le débroussaillage et le nettoyage de la zone dédiée. Cette phase a été réalisée en majeure partie par la filière agent d’entretien des espaces verts (AEEV). Le second a été la plantation, par la filière horticole du caporal-chef BRIMCHAM, de quatre- vingt bananiers mais aussi de patates douces, de concombres, d’aubergines, de maïs et de gingembre. Et enfin le troisième temps dédié à la découverte du patrimoine agricole et horticole de la Guyane. Des enfants, des volontaires et des conjoints ont été accueillis sur la plantation afin de suivre une instruction de qualité sur les savoir-faire nécessaires à la réalisation d’un jardin potager. Ils ont appris à planter, entretenir les plantes mais aussi à les bouturer notamment en utilisant les pieds de citronniers.

Les peuples autochtones à la COP 21de Paris

Bettina Durocher

Bettina Durocher offre une charge d"énergie positive depuis son chakra de la fontanelle.

Bettina Durocher est médiatrice interculturelle auprès des Premières Nations du Sud: Femmes Autochtones, droits territoriaux, ressources agroforestières et savoirs autochtones.

Les peuples autochtones à la conférence de Paris sur les changements climatiques (COP21) Du 30 novembre au 12 décembre 2015, pendant deux semaines, les représentants des gouvernements de la planète, ainsi que des représentants de la société civil, incluant les peuples autochtones et les organisations paysannes, se sont réunis à Paris pour se mettre d’accord sur d’importantes mesures que l’humanité devrait mettre en œuvre pour tenter d’atténuer la vitesse du réchauffement de notre planète, l’objectif étant de limiter le réchauffement global à deux degrés Celsius en 2100. La conférence de Paris, ou COP 21 es la vingt-et-unième conférence mondiale annuelle sur le climat, convoquée par la Convention Cadre des Nations Unies sur le changement climatique, depuis 1995. En préparation de la COP21, une alliance de peuples autochtones réunissant des organisations des premières nations d’Amérique latine, d’Afrique, et d’Asie s’est formée en 2015, avant la COP21, pour unir leurs voix à la conférence de Paris et présenter un agenda commun. Les demandes des peuples autochtones sont des propositions pour atténuer les effets néfastes des changements climatiques, réduire la déforestation, en se basant sur la consolidation des droits autochtones.En particulier, les quatre grandes demandes des peuples autochtones sont: 1. Des titres de propriétés pour leurs territoires 2. Le financement climatique 3. Le consentement préalable, libre, et bien informée, (comme le prévoit la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones) 4. La non-criminalisation des communautés autochtones qui défendent leur territoire. Des délégations de groupes autochtones de tous les continents se sont rencontrées à Paris pour présenter leur plateforme commune et négocier et clamer le respect de leurs droits, ainsi que la modification du programme REDD+, de manière à s’assurer queles demandes sur les droits des peuples autochtones soient incorporées à l’Accord de Paris.

Pour les peuples autochtones, la conjoncture des discussions sur le changement climatique fut donc une opportunité de présenter ses revendications sur la récupération, l’assainissement et la régularisation de des droits territoriaux ancestraux et droits à l’autodétermination, à la gestion autonome de ses territoires, de ses ressources naturelles ainsi que son droit à décider de ses propres modèles de développement et moyens d’existence. Les peuples autochtones, très nombreux et actifs durant la COP21, sont venus de tous les continents. Ils ont été observateurs et acteurs des négociations, ont donné des douzaines de conférences de presse, ont participé à de nombreux événements organisés dans le cadre de l’Espace Génération Climat sur le site de Le Bourget, mais aussi dans de multiples événements parallèles à la Conférence officielle. Défendant toujours les mêmes priorités: titres de propriétés pour les terres qu’ils habitent et droit à être consulté par les États, avant d’entreprendre des projets qui affectent leurs territoires. Pour les groupes autochtones la priorité c’est le territoire, les droits territoriaux ancestraux. Et ils ont profité des espaces ouverts à la participation et discussion sur les changements climatiques pour présenter et faire entendre leur agenda politique sur cet important sujet. En particulier leurs préoccupations face aux mesures d’atténuation et adaptation aux changements climatiques proposées par les Nations Unies pour diminuer les émissions de carbones dues à la déforestation,tel le programme ONU-REDD. En effet, dans le cadre des discussions sur le Programme des Nations Unies pour la Réduction des Émissions de carbone causées par la Déforestation et Dégradation des forêts (REDD+), les peuples autochtones ont abordé le thème de l’inclusion de leurs droits humains dans le programme REDD+, comme mesure préventive pour le respect des cultures et des gouvernances autochtones des forêts. Cette proposition des peuples autochtones se serait traduite par la consolidation de leurs droits ancestraux et l’obtention de la sécurité juridique sur leurs territoires forestiers, c’est-à-dire des titres de propriété à leur nom, revendication de très longues dates de plusieurs peuples autochtones.

Les peuples autochtones, qui ont conservé et protégé les forêts de notre planète sont, avec raison, très inquiets face á l’éventualité de perdre leur autonomie dans la gouvernance de leur forêt, s’ils participent á ce programme. Leur mode de vie et leur culture étant intiment liés aux forêts, il apparait très risqué aux yeux de plusieurs de confier leurs territoires ancestraux à une Bourse Mondial du Carbone. Les premières nations et peuples forestiers sont aussi indignés du fait que bien qu’ils soient les personnes qui aient le moins contribué au réchauffement climatique et à la pollution en général, on leur demande de prêter leurs forêts pour «sauver la planète», pendant que les pays industrialisés pourront continuer à polluer comme avant, en echanges de paiement. En cela, les premières nations sont solidaires des mouvements sociaux qui clament la «justice climatique» pour les pays pauvres qui n’ont historiquement pas contribué à la pollution et à l’émission des gaz à effet de serre.

C’est d’autant plus ironique, voire insolent, qu’on vienne leur dire aujourd’hui comment il faudra protéger les forêts à l’avenir, eux qui les ont toujours conservées… Un dernier aspect de REDD qui déplait puissamment aux peuples autochtones c’est la considération de ces paysages forestiers comme de simple «réservoirs de carbone» que l’on valorise à la bourse… Les forêts sont des mondes complexes, intimement liés à leur vie spirituelle et matérielle et leur valeur est incommensurable.

La Guyane - Roura

Enfin, si le résultat final est bien en deçà des attentes et demandes, tant des peuples autochtones que du mouvement social pour la justice climatique, l’exercice n’aura sûrement pas été vain. De cette effervescence et convergence d’idées et d’actions, le mouvement autochtone planétaire s’est vu consolidé. Ses membres, beaucoup plus articulés en matière de changement climatique, d’incidence et de plaidoyers au niveau international, ont acquis une expérience inestimable. Une chose semble claire: les peuples autochtones sont plus que jamais des acteurs à part entière dans cette grande joute internationale et seront des observateurs vigilants et critiques des politiques gouvernementales pour atténuer les effets des changements climatiques dans les prochaines années, à l’heure de mettre en branle les nombreux engagements que les pays ont contractés en signant l’Accord de Paris.

Bettina Durocher Mars 2016, San José, Costa Rica

« Le Programme des Nations Unies sur la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement (Programme ONU-REDD) a été créé en septembre 2008 afin d’aider les pays en développement à renforcer leurs capacités en vue de réduire les émissions et de participer à un futur mécanisme REDD+. Au sens de la présente stratégie, REDD+ désigne la réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts; et le rôle de la conservation, de la gestion durable des forêts et de l’accroissement des stocks de carbone forestiers dans les pays en développement. » (http://www.iisd.org/pdf/2011/redd_programme_strategy_2011_2015_fr.pdf) L’idée générale est de calculer, à l’échelle des pays en développement, la quantité de carbone forestier qu’un pays dispose, et offrir des paiements aux pays participants, en échange de la démonstration, vérification et calculs à l’appui, de la réduction du taux de déforestation national, voire de l’élimination de la déforestation. Ces paiements seraient faits à partir du Fonds de Partenariat pour le Carbone Forestier créé avec des ressources financières provenant de pays « riches », par exemple la Norvège, qui fut le premier pays à y contribuer. Une des grandes difficultés reliée à ce mécanisme est le fait que ce sont les gouvernements qui gèrent le programme et les revenus, assurant peu de sécurité pour les peuples autochtones qui sont les propriétaires et gestionnaires de ces forêts. Plusieurs peuples autochtones craignent, avec raison, de voir leurs droits et autonomie lésés. Plusieurs inquiétudes sont aussi soulevées par le fait que les superficies forestières qui seraient incluses dans le programme, sont valorisées uniquement comme des «réserves ou tonnes de carbone», dont la valeur serait assujettie au marché mondial du carbone.

C’est quoi REDD+?

un autre El Niño, la terre chauffe.

Peppercorns 100% pure"

Roger Feuilly 

Original Denis - Costa Rica
lemon mandarina native of Costa Rica

Inconnu, 100 % pur, ce poivre extraordinaire vient du Costa Rica : il a pour nom « 100 % pure, single estate Original Denis ». Aussi rare qu’exceptionnel, il est issu d’une propriété d’un 1/2 hectare en agroforesterie, à plus de 1.000 mètres d’altitude. Cultivé en bio sur des terres qui n’ont jamais connues les machineries agricoles ni les produits fertilisants et autres pesticides, ce poivre se nourrit uniquement des plantations d’agrumes (citron mandarine, orange, pamplemousse et autres variétés de citron). Jusqu’alors exclusivement vendu en Amérique du Nord, ce poivre a notamment fait les beaux jours des restaurants Daniel, Le Bernardin, Nello à New York. Les chefs Daniel Boulud, Chris Mueller, Eric Gestel ont d’ailleurs été les premiers à l’acheter en version crue.

Peppercorns 100% pure

 SAujourd’hui le « 100 % pure, single estate Original Denis » traverse l’Atlantique pour atteindre les rivages de la France. Le poivre jadis était considéré comme une monnaie d’échange de haute valeur, soit d’un gramme de poivre pour dix grammes d’or. Cette importante valeur marchande continue de prévaloir aujourd’hui avec les meilleurs poivres du monde, et bien sûr ce « 100 % pure, single estate Original Denis » est vendu chez Pignol à Lyon, Georges Blanc à Vonnas, 10 grammes de poivre à 15 euros, dans des boîtes hermétiques du même type que celles utilisées pour le caviar. Quid donc de ce « 100 % pure, single estate Original Denis » ? D’abord ce poivre a été récolté à parfaite maturité pour être séché lentement entre ombre et lumière, afin de préserver sa fraîcheur et ses arômes intacts. Ensuite, avant mise en boîte il est stocké sous atmosphère protégée, totalement isolé de l’air et de la lumière. De sorte que quand vous ouvrez la boîte – avec une pièce de la taille d’un euro -, vous découvrez une mosaïque de couleurs et de textures joliment différentes. Le « 100 % pure, single estate Original Denis » est ainsi resté vivant. Vous devez tout d’abord le mettre en bouche pour le chauffer – un peu comme les grands amateurs le font pour l’ortolan - , pour ensuite le croquer avec délicatesse. Vous aurez alors une explosion de saveurs multiples et persistantes qui va vous envahir la bouche. Du bonheur à l’état évidement pur. Sans oublier que ce poivre possède aussi bien d’autres vertus : il est détoxifiant, brûle les graisses et donc peut vous faire maigrir. Déja à Paris de grands cuisiniers s’en sont entichés, quasiment tombés amoureux du « Pure Peppercorns ». Ils ont pour nom : Romain Meder et Emmanuel Pilon (Alain Ducasse, hotel Plaza Athénée), Yannick Alleno, David Hemmerlé et Gérard Barbin ( Ledoyen), Nicolas Le Tirrand et Jean Lachenal (Lasserre), Francisco Merino (Hôtel Raphael). à Monaco Dominique Lory, Sandro Micheli, Patrick Laine, Franck Cerruti, Guillaume Giuggia, Marcel Ravin, Sélim M’Nasri, Benoit Witz, Nicolas Bayggoury , à Saint Tropez Alessandro Pizza (

Nikki Beach)

Maintenant, à vous de jouer, faites comme eux, croquez dans le « Pure Peppercorns » ou écrasez-les au pilon.

Bon appétit et… large soif !  

Romain Meder

www.toutnestquelitresetratures.com

Emmanuel Pilon
Yannick Alléno
Pierre Ferchaud - hotel Raphael Paris
Sandro Micheli et Dominique Lory  - Louis XV - Monaco
chez Pignol - Place bellecour _ LYON - BRIGNAIS
Nicolas Le Tirrand
Patrick Laine . Hotel de Paris - Monaco
Alessandro Pizza - Nikki beach St Tropez -
Frederic Desmurs
Franck Cerruti
Guillaume Giuggia  Le Grill. Hotel de Paris -  Monaco
Selim M'Nasri et Marcel Ravin . Blue Bay Monte Carlo  Monaco
Francisco Merino . Hotel Raphael . Paris
Fanny Herpin - Restaurant Allard . Paris

www.dontfuckmyplanet.com

la Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. citation amérindienne ; La sagesse amérindienne (1837)

le 2 December 2018

19 pays “s’engagent à la pleine mise en oeuvre”

la plage de Dominical - Costa Rica
de l’accord de Paris sur le climat, les États-Unis rappelant en toutes lettres leur rejet de ce dernier.