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-- FEATHER #07 --

EDITO

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Featheriennes, Featheriens,

L’heure est aux chaudes après-midis d’été, aux longues nuits de vacances et aux grosses matinées. Mais pas chez Feather. Non non. Nous restons enfermés dans une petite cave toute sombre , nuit et jour, pour vous concocter avec amour le dernier numéro de notre petit webzine. Peaux livides, yeux cernés et teints blafards, certes, mais on arrive avec tout plein de jolies très jolies choses à vous faire découvrir. De quoi vous rafraichir et vous offrir le dernier truc bien cool avant la rentrée. Enlevez vos lunettes de soleil, sirotez votre cocktail et feuilletez nous. Prêt pour le plongeon ?

Renarde & Léona Snow.

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Sauvage lecture mes doux.


Photo de couverture : Jess Ika https://www.facebook.com/jessphotography ?fref=tsjessphotography?fref=ts


SOMMAIRE : Frivoli té

Carnet de Voyage

Androgynie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.12

Los Angeles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.48

Ecran

Atelier Photo

Millenium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.12

Jess Ika . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.06

Velvet Goldmine . . . . . . . . . . . . . . . . . p.70

David Olkarny . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.24

Texte : Léona Snow & Renarde

Texte : Léona Snow Texte : Léa Curtis

Texte : Ma

Interview : Renarde

Interview : Renarde

Lana Prins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.41

Bibliothèque

Interview : Mary Jeanne

Faste & Furieuse . . . . . . . . . . . . . . . . . p.36

Interview : Léa Curtis

Texte : Landers

Critique La part de l’autre . . . . . . . . . p.60 Texte : Surprise & Naïve

Cabinet de curiosi té Claude Cahun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.32 Texte : Léona Snow

Sonori tés Playlist Androgyne . . . . . . . . . . . . . . p.62 Composition : Léa Curtis

Iulius . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p.62 Patchwork Androgynie . . . . . . . . . . . p.74 Photo : Feather Team

Concours Gagnants thème Chat . . . . . . . . . . . p.76

Feather Team

. . . . . . . . . . . p.78


-- ATELIER PHOTO --

SÉRIE : ANDROGYNIE, PAR JESS IKA

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Qu’est ce que t’inspires la notion d’androgynie ? Le questionnement. Ce que je trouve intéressant à mettre en scène c’est justement le fait de ne pas savoir. Et je suis fascinée mais surtout subjuguée par ces personnages, aussi beaux hommes, que femmes.

Quelle est la difficulté pour réaliser une photo mettant en avant un modèle androgyne ? Ne pas transformer la personne, toujours lui laisser son identité première. Rester sur le juste milieu. Jouer avec cette limite à ne pas dépasser.

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Selon toi, est ce une véritable tendance propre à notre époque ? Je pense qu’effectivement notre époque veut que l’on s’assume plus, et dieu merci. Mais il n’y a pas que ça non plus, l’androgynie est très présente dans le milieu de la mode / haute couture ! Et c’est un régal pour les yeux. Il n’y a qu’a regarder la référence absolue pour moi dans le milieu : Andrej Pejic ... C’est bluffant et sublime non ? Et pour finir je ne pense pas vraiment que se

soit propre a notre époque ... Je pense qu’il y a trèèèèèès longtemps, on jouait de l’androgynie. Sauf qu’on ne posait pas vraiment de terme là dessus. Préférence pour les garçons ou les filles androgynes photographiquement parlant ? Photographiquement parlant les hommes ... Je trouve que la limite à ne pas dépasser est plus intéressante.

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Pour suivre Jess Ika :

Ici : https://www.facebook.com/JessPhotographyLyon ou là : http://www.jessphotography.fr Ou même : http://jessphotography69.tumblr.com -9-


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INTERVIEW : RENARDE.


-- FRIVOLITÉ --

ANDROGYNIE

Source image : http://miista.com/ - 12 -


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Avant de rentrer vraiment dans le vif du sujet, laissez-moi vous parler d’ d’Andrej Pejic. C’est un mannequin androgyne. C’est en allant de sites en sites que je suis tombée sur le sien, et honnêtement, au premier regard je me suis dit « ohlala, elle est belle cette femme ! ». J’ai cru que c’était une femme. Le monde n’est fait que d’hommes et de femmes mais certainement pas d’hommes-femmes ou de femmes-hommes à ça non ! Eh bien, pourquoi pas ? Andrej est un homme, à l’allure féminine, c’est un homme-femme qui s’assume pleinement et qui a déjà fait une jolie carrière (enfin, personnellement j’estime que poser pour Jean-Paul Gaultier ce n’est pas un mauvais début).

« Je dois travailler deux fois plus dur pour être pris au sérieux en tant que modèle de sexe féminin. » - - Andrej Pejic - -

[ Son site : http://andrejpejicofficial.com/ ]

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Source image : http://www.lexpress.fr/

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Selon le dictionnaire, l’androgynie serait la « présence, chez un même individu, de caractères morphologiques masculins et féminins. ». Définition légèrement réductrice (juste un peu !). L’androgynie, est-ce que c’est vraiment purement et simplement une question de morphologie ? Ça ne s’arrête certainement pas au corps, je pense que les vêtements et même le psychologique de l’individu sont à prendre en compte. Un homme s’habillant de façon féminine, une femme s’habillant de façon masculine, un psychisme masculin/ féminin. Pendant longtemps on était soit un homme soit une femme, et chaque sexe avait ses vêtements, ses attitudes et ses comportements précis. Le règne absolu de l’homme viril et de la femme non-virile ! Mais dans quel monde vivions-nous ?!

Source image : http://models.com/ - 15 -


Même si l’androgynie est encore parfois perçue comme une « déviance » (au même titre que l’homosexualité me direz-vous), le monde évolue lentement mais surement ; plusieurs films et séries s’aventurent aujourd’hui sur le terrain autrefois glissant de l’androgyne, les médias commencent peu à peu à s’y intéresser et l’androgynie psychologique est bien mieux acceptée qu’avant. Je pense qu’aujourd’hui, un androgyne est quelqu’un qui refuse catégoriquement de s’enfermer dans un schéma joliment dessiné par la société. Des couturiers se mettent à créer des jupes pour hommes, les femmes se promènent avec des chemises de bucheron, les hommes aiment « Dirty dancing », les femmes font de la mécanique, les hommes restent à la maison pendant que les femmes s’en vont travailler… SORTIR DES CODES, passer au-dessus des limites si joliment dessinées et atteindre vraiment cette égalité des sexes tant convoitée. C’est un moyen d’expression comme un autre, et un moyen qui prend vraiment de l’ampleur. Ne serait-ce pas finalement dangereux ? Bien que les limites soient contraignantes, elles sont nécessaires et une personne sans limites peut se retrouver incroyablement perdue. Souvenez-vous, enfant, vous vouliez plus que tout que personne ne vous dise quoi faire, vous vouliez grandir, vous vouliez sortir comme bon vous semble, vous ne vouliez plus de limites. Et aujourd’hui ? Aujourd’hui il m’arrive de vouloir retourner en enfance, il m’arrive de vouloir que mes parents me disent non, il m’arrive de vouloir des limites, juste pour pouvoir râler ou pour être un tout petit peu encadrée. Et si l’androgynie finissait par créer une confusion sociale, et si nous ne retrouvions plus notre chemin ? L’égalité des sexes sans sexes ne serait pas très utile.

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Exprimons-nous, mais ne nous y perdons pas !

TEXTE : LÉONA SNOW & RENARDE.


Source image : http://models.com/ - 17 -


-- ECRAN --

LISBETH SALANDER MILLENIUM

Source image : http://www.blogcdn.com

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lle dit « J’ai 24 ans » mais on lui en donnerait 17. Lorsque je l’ai vue pour la première fois à l’écran, j’ai d’abord pensé que c’était un adolescent, un bad boy, un rebelle ; puis elle a parlé et je l’ai trouvé très jolie et incroyablement touchante. C’est une de ces personnes qui fume cigarette sur cigarette, le regard au loin, une de ces personnes poétiques sans le vouloir. Cette androgynie lui donne une part de mystère, Lisbeth c’est un peu la femme que l’on ne connaîtra jamais vraiment même en tombant sur son journal intime. Elle marche à grands pas, regardant le sol, croisant et décroisant bon nombre de pieds, se prenant le monde en pleine figure, supportant d’ailleurs le poids de ce monde sur le visage. Elle a des traits fin et gros à la fois, une femme-homme avec toute la douceur et la fragilité que l’on associe facilement au féminin, et la force et les gestes affirmés que l’on associe facilement au masculin. - 18 -


Lisbeth est percée et tatouée à plusieurs endroits, et on verra d’ailleurs l’importance de ces modifications corporelles dès le tout premier film ou le tatouage apparait comme un outil révélateur de personnalité pouvant être utilisé comme punition si toutefois on s’avère être une mauvaise personne.

Source image : http://blogues.lapresse.ca La première fois que l’on voit Lisbeth dans le film, tout est fait pour qu’on ne sache pas trop, tout reste dans le mystère, est-ce un garçon ? Une fille ? Pendant les premières minutes, elle garde sa capuche et marche très rapidement.

Source image : noomi-rapace.com

Source image : http://lci.tf1.fr/ - 19 -


Source image : http://blogues.lapresse.ca

Trois films ont été réalisés, et je ne peux que vous les conseiller tous

les trois, avec bien évidemment une mention spéciale pour le tout premier où l’on découvre Lisbeth, ou l’on se retrouve littéralement emporté en plein milieu d’une enquête surprenante, ou l’on s’attache petit à petit à ce personnage androgyne, parfaite fusion entre l’homme et la femme. Pour la petite histoire, un autre réalisateur a entrepris de réaliser également le tout premier volet de « Millénium », avec une autre Lisbeth, aujourd’hui encore c’est un peu un petit combat que se livrent les fans de l’une et de l’autre. Alors, Noomi Rapace (à gauche) ou Rooney Mara (à droite) ? Je pense que ma préférence est ici claire !

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TEXTE : LÉONA SNOW.


-- SONORITE --

PLAYLIST ANDROGYNE

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Ah l’androgynie... Des filles-garçons, des garçons-filles, des gens qui masquent leur identité et jouent de leur visage fin pour semer le trouble... Avec chance, on en trouve beaucoup dans la musique, dans beaucoup de styles différents. L’androgynie fascine les musiciens depusi très longtemps et c’est tant mieux car elle peut ainsi nous ravir les oreilles. Cette playlist réunira es groupes préférés de filles-garçons, de trans’ et de tous ces fous qui aiment se moquer du genre et faire en sorte que leur public se dise «mais... C’est une fille ou un garçon qui chante là ?»

http://grooveshark.com/#!/playlist/ANDROGYNIE/89261926

--------------------------------------The New York Dolls ///////////////////////// JCette playlist restera sans doute dans les classiques et sera très axée sur le glamrock car seul Dieu Lemmy sait ô combien j’aime ce mouvement et ô combien je ne me lasse pas d’en parler. Je me devais donc de m’arrêter sur les NY Dolls, groupe américain de génie. Les Dolls, c’est cinq jeunes new-yorkais qui s’ennuient et qui décident d’acheter des instruments, de se travestir en femmes, de se maquiller à outrance, et de faire comme leurs confrères anglais : du glamrock. Sauf qu’eux sont plus fort que les autres et arrivent géniallement en transformer petit à petit le glam en punk. Le guitariste, Johnny Thunders, fera d’ailleurs partie des Heartbreakers – l’un des meilleurs groupes de rock de tous les temps – quelques années plus tard. A écouter : Trash, Jet Boy, Personnallity Crisis

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David Bowie ///////////////// Pour continuer dans les classiques glam, prenons un mythe vivant du rock : monsieur David Bowie. Son cas est intéressant. En effet, David est naturellement androgyne : traits fins, allure svelte etc. Mais il accentue le phénomène à coup de maquillages, tenues exubérantes et autres personnages de scènes les plus déjantés les uns que les autres. Bowie est passé par tout. Il a commencé hippie, s’est engouffré dans le glamrock, a sombré en même temps que son alter-ego musical le Sin White Duke, est revenu plus clean que jamais, est parti à Berlin, a surfé sur les années 2000 et vient même de sortir un album fantastique. Il fait partie de ce genre d’artistes qui ne s’essouffle jamais. A écouter (il faudrait écouter tout Bowie en vrai d’ailleurs) : Heroes, Rebel Rebel, Suffragette City Placebo /////////// En tant que fan, je ne pouvais pas ne pas parler de Placebo. Ce groupe se résume en deux mot (en plus de formidablement orgasmique) : BRIAN MOLKO. Le seul homme que je le préfère quand il ressemble à une fille dans le clip de Pure Morning plutôt qu’en homme dans The Bitter End. Le seul homme qui a une éternelle gueule de jeune adolescent magnifique alors qu’il a 40 ans. Le plus beau garçon-fille de tous les temps. Et en plus de ça, il est le leader d’un des meilleurs groupes de rock des années 90-2000, sa voix est unique, et on peut entendre du Placebo partout. Même quand tu vas faire les courses. Et rien que pour ça, ils sont tops. Enfin un groupe «fm» qui se détache des autres, et que l’on apprécie tout le temps, n’importe où, à n’importe quelle période de sa vie. A écouter : Pure Morning, English Summer Rain, Without you I’m nothing Prince ////////// Je dois vous avouer que quand j’étais petite je croyais que c’étais une femme qui chantait à sa place. Ca m’avait fait pareil avec Michael Jackson et Asaf Avidan. Sauf que Prince, il a le rythme dans la peau, en plus. Et une de ses classes... Je me suis rangée dans le camp des gens qui pensent que le vrai King of Pop c’est lui, et je risque donc de me faire des ennemis en écrivant ces mots mais, Prince a réinventé la musique. Ses riffs de guitare sont tous plus fous les uns que les autres, ses chansons ne s’essouflent jamais. Elles donnent toutes envie de danser furieusement en chantant le plus aigu – et le plus faux – possibles. Bref, Prince est un Dieu. A écouter : Kiss, Purple Rain, Sign O the Times

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The Organ ////////////// Groupe canadien composé de cinq filles, The Organ s’inscrit dans la lignée des Riot Grrrl. Elles ressemblent toutes à des garçons : cheveux courts, teeshirt droit, pantalon cigarette. Et la voix de la chanteuse est troublante. Même si l’on sait qu’il s’agit d’une fille, on ne peut pas s’empécher d’avoir un petit doute. Groupe trop peu connu par rapport à la bonne musique qu’il produit, The Organ arrive à te filer des frissons juste avec une mélodie simple, mais tellement efficace qu’elle te reste en tête pour la journée. Leur balade froide, un peu sombre, virant parfois jusqu’à de la coldwave douce, sont un vrai régal pour les oreilles. A écouter : Brother, Sinking Hearts, It’s time to go Patti Smith /////////////// Pour finir cette playlist, je m’attaque encore une fois à une Déesse de la musique : Patti. Patti a un physique androgyne. Elle porte des chemises d’hommes – comme on peut le remarquer sur la pochette de Horses -, des costumes, cachent sa généreuse poitrine derrière de tesshirts XL. Patti a une attitude androgyne. Elle hurle sa poésie aussi fort qu’elle peut à qui veut bien l’entendre. Son esprit punk est un peu similaire à celui qu’on peut retrouver chez Brel, cette espèce de révolte de l’âme sans cesse chantée, jusqu’à épuisement, mais toujours avec classe et élégance. Patti est un symbole pour beaucoup d’hommes et de femmes, respire la liberté et la vie. Elle est, pour moi du moins, l’humain par excellence. A la fois homme et femme, elle surpasse tout le monde à coup de piano et de mots. Patti, je l’aime, et j’espère que vous aussi.

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A écouter : Hey Joe, Rock n roll Nigger, White Rabbit

COMPO : LÉA CURTIS.


-- ATELIER PHOTO --

DAVID OLKARNY

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Bonjour David, peux tu te présenter à nos lecteurs en quelques lignes ? David Olkarny, 24 ans et Bruxellois. Je suis photographe depuis maintenant 4 ans et c’est devenu spontanément mon métier. Enchanté! Raconte nous tout sur ton histoire avec la photographie. J’ai commencé les premiers jours à shooter des inconnues dans le centre de Bruxelles pour ensuite demander a quelques amis de se prêter au jeu en tant que modèle. Je fais actuellement beaucoup de shootings autours du portrait, des photos mise en scène et de la mode pour particulier ou privé. Globalement, j’aime tenter de créer des images qui racontent une histoire, qui suggère quelque chose. J’aime apporter une certaine narration à une image, tenter d’apporter une touche cinématique à mes photos est ce dont je me soucis le plus. J’espère pouvoir affirmer que mon univers se tourne autours de la fantaisie, de la magie, pouvoir refléter un coté féérique dans des couleurs fortes et vivifiantes et des expressions humaines authentiques et touchantes.

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Quelles sont tes principales sources d’inspiration ? Etant un grand cinéphile et diplômé en cinematographie il est évident que je puisse immanquablement une grande partie de mon inspiration aux travers du cinéma, en regardant des films. Il y a des scènes, des expressions des comédiens et surtout des ambiance qui me vont voyager et alimente grandement mon inspiration.

gnifiant mais me parlerait personnellement par son addition avec un modèle ou avec une belle lumière matinale. Baladez vous, découvrez, imaginez, osez rêver... la vie de tout les jours recèle de petites situations inspirantes ou d’endroits éloquent qui vous apporteront source inépuisable d’exaltation artistique. Plutôt argentique, numérique ? En 2013 c’est plus aisé de tomber dans le numérique pour ses nombreux arguments tels que son cout et sa rapidité d’exécution donc forcément je m’y suis plongé sans hésiter mais il est évident qu’il ne saurait tarder le moment où je débuterai l’argentique, la vrai magie de la photo.

Aussi cucul que cela puisse être l’inspiration se trouve et se construit aux aléas de notre vie quotidienne. Tout est bon à prendre, quand je me balade en voiture il m’arrive de passer devant un lieu qui, pour certains, semblerait insi-

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Et au niveau du post-traitement, tu y consacres beaucoup de temps ? Parfois 2, 3 heures sur une photo qui me parle beaucoup. J’estime que la retouche photo est très importante pour le rendu final de l’image mais tout autant pour sa lisibilité, son message. Une retouche peut souvent diriger le regard là où il faut et ainsi apporter beaucoup plus d’impact à l’image.

fale de tout les cotés, de tout les angles pour avoir énormément de matière histoire de pouvoir m’éclater sur Photoshop, quitte a fusionner plusieurs d’entres elles pour en avoir une superbe qui sortira inéluctablement du lot. Tu frôles les 200 000 likes sur Facebook. Comment expliques tu un tel engouement de la part des internautes concernant tes travaux ? C’est une bonne question… Je saurai pas l’expliquer. Je suis très flatté et heureux de l’engouement qu’apporte mon travail sur la toile même si j’estime que c’est peu mérité.

De l’idée initiale au résultat final, comment travailles-tu? Une idée jaillit spontanément, après je choisis le lieu le plus graphique possible ensuite je choisi un modèle qui pourrait convenir au lieu, à la mise en scène et là… je shoot en ra-

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Quels sont tes projets en cours et pour les mois à venir ? Beaucoup de voyages autours de la photo et j’espère pouvoir évoluer encore et encore dans une belle direction.

Le mot de la fin ? Osez sortir des studios, foncez, prenez froid, expérimentez, couchez-vous par terre pour shooter, faites-vous confiance mais surtout… tentez d’innover!

Les photos de David sont à suivre ici :

https://www.facebook.com/Davidolkarny?fref=ts ici : http://www.flickr.com/photos/olkaprod et même ici : http://www.davidolkarny.net/

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Merci pour ta participation !

INTERVIEW : RENARDE.


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-- CABINET DE CURIOSITÉ --

CLAUDE CAHUN

Source image : http://news.outplay.fr

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« Brouiller les cartes. Masculin, féminin? Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours. »

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Source image : http://www.lrb.co.uk

Source image : http://www.boumbang.com/

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De son vrai nom Lucy Schwob, Claude Cahun est une photographe française ayant énormément travaillé sur l’autoportrait. Et quels autoportraits ! Elle a donné une place très importante à la recherche de son identité et s’est beaucoup questionnée sur la notion de « genre ». Et si je vous en parle aujourd’hui dans ce numéro de Feather, c’est bel et bien parce-que Claude Cahun a été une femme catégorisée de « provocatrice », cassant un a un tous les codes de la société, elle n’hésite pas à se raser la tête et les sourcils.

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Le neutre comme un nouveau genre. ////////////////////////////////////////////////// En plus d’être photographe, elle est également écrivain et dans son œuvre « Héroïnes » (que je vous invite à lire ici : http://lemagazine.jeudepaume. org/wp-content/uploads/2011/01/ H%C3%A9roines1.pdf ) elle dresse le portrait de l’androgyne : « Des seins superflus ; les dents lourdes et contradictoires ; les yeux et les cheveux du ton le plus banal ; des mains assez fines, mais qu’un démon – le démon de l’hérédité – a tordues, déformées... La tête ovale de l’esclave, le front trop haut... ou trop bas ; un nez bien réussi dans son genre – hélas ! un genre qui donne de vilaines associations d’images ; la bouche trop sensuelle : cela peut plaire tant qu’on a faim, mais dès qu’on Source image : http://www.jeudepaume.org/ a mangé ça vous écœure ; le menton à peine assez saillant ; et par tout le corps des muscles seulement esquissés... Victorieuse !... Parfois victorieuse des plus atroces gênes, une adresse tardive corrige une ombre, un geste imprudent – et la beauté renaît ! Car devant son miroir Narcisse est touché de la grâce. Il consent à se reconnaître. Et l’illusion qu’il crée pour lui-même s’étend à quelques autres. » Elle n’est pas femme, elle n’est pas homme, elle est les deux et nous le montre à travers ses œuvres qui étaient à l’époque qualifiées de « dérangeantes ». Comme bien souvent dans le monde artistique, Claude Cahun n’a vraiment été connue qu’après sa mort.

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Hier elle effrayait, aujourd’hui elle fascine.

TEXTE : LÉONA SNOW.


-- BIBLIOTHÈQUE --

FASTE & FURIEUSE

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La femme dans la littérature est toujours souvent perçu sensible, plus introspective. Comme-ci l’exercice d’écriture avec une perception féminine apportait une nouvelle dimension aux émotions. Mais l’exercice romancier est resté très (trop ?) souvent réservé à la gente masculine. D’où l’usage d’artifices pour contourner l’opinion publique, comme le surnom. Mais contrairement à la romancière prenant un pseudonyme masculin pour écrire, George Sand par exemple, de son vrai nom Amantine Aurore Lucile Dupin, peu d’hommes utilisaient cette astuce pour éviter de porter des jugements sur leurs écrits. Que ce soit pour des raisons politiques comme l’écrivain Mohammed Moulessehoul aka Yasmina Khadra ou tout simplement pour vouloir apporter du flou sur l’identité de l’auteur, il est vrai que les écrivains travestis sont peu courants. Peut-être par éthique, comprenez machisme, voir un mystère planant sur la capacité d’une femme à interpréter le monde.

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Depuis peu – un an en réalité – on peut croiser bon nombre de citations sur facebook provenant d’une seule et même page : « Faste & Furieuse ». Tenue par Faust Ine, à peine la vingtaine, y dévoilerait presque tous les jours ses pensées sur les relations hommes/femmes. Après quelques mois remplis de billets tantôt drôles tantôt pathétique, elle réussit à agglutiner plus de dix milles lecteurs attentifs à ses états d’âmes, toujours présents à ses réactions intimes, mais sans jamais réellement connaitre cette petite brunette. –C’est juste une fille baignée dans la hype- nous dira-t-on en survolant le profil, mais en s’attardant un peu sur les travaux postés soigneusement aux heures de pointe d’internet (souvent entre 18 et 22 heures), c’est une nouvelle technique dans l’art d’écrire qu’on se prend en pleine tronche. Non pas qu’elle soit en tout point révolutionnaire, mais tous les codes utilisés durant tous les siècles derniers y sont mélangés, mâchouillés, recrachés. Il ne s’agit plus de tenir un récit, de s’étendre sur des descriptions, car ici-bas, un mot définit une émotion. Et au final, on peut finir par se dire que c’est le format de diffusion qui a imposé cette manière de s’exprimer : n’oublions pas que nous sommes sur Facebook où chaque information peut-être vue, aimée, partagée.. Tout comme elle peut être totalement ignorée si elle ne va pas à l’essentiel. Utiliser des petits statuts («Tu vas finir par crever d’une pneumonie à force de baiser avec des courants d’air. ») ; Des textes appuyés d’images ; tout ça pour nous faire comprendre rapidement où la propriétaire veut en venir : passer d’enfant à adulte avec toute une vie sur le passage, ça se fait pas sans petit bobo. L’amour, les amis, la famille, l’enfance, tout y passe, prouvant qu’avoir qu’être une post-ado à notre époque, ce n’est pas facile du tout. C’était sans compter le trente Juin 2013, vingt heures tapante. Un post totalement mystérieux de ladite page apparait sur tous les fils d’actualités suivant la jolie tête brune. Comprenant une photo de Faust Ine et d’un jeune homme barbu mis en scène, il est suivi, comme pour la plupart des photos postées, d’un très long texte. En s’empressant de le lire, on dévore des quatrains, des tercets, et ainsi de suite, qui grouillent d’explications jetées dans une détresse sur ses raisons d’écrire pour atteindre l’ultime révélation : Faust Ine nous dévoile être un homme, et que celle/celui se cachant derrière tout ça s’appelle en réalité Vincent Lahouze. Énorme -coup de bluf de quelqu’un qui répète avoir « longtemps pensé que la plume n’était réservée qu’aux pigeons. » Ancien interprète de Tyler Ledger sur facebook, ce personnage complètement narcissique et schizophrène se livrait dans des haikus basés sur la même principe que les écrits de Faust Ine. Qui plus est, ce jeune homme de 25 ans avait déjà sorti un livre sous les traits de cette figure complètement folle intitulé «Entre L’Essieu et l’Éther » vendu à - 38 -


350 exemplaires. Mais passé ça et ce talent indéniable, ce défi de se baser sur la vision d’une femme pour raconter LA vie pourrait sembler relever de l’audace, voir du courage suicidaire : « Créer ce personnage de Faust Tine, alias Faste et Furieuse a été un challenge risqué mais plutôt réussi. Lorsque j’étais avec mon personnage de Tyler Ledger, le succès m’a rapidement dépassé émotionnellement et mentalement. Sortir un livre autoédité, le vendre à plus de 350 exemplaires, ça me semblait totalement dingue. Et j’ai commencé à ne plus savoir où était la frontière entre Tyler et Vincent. Mon ex petite amie, après 5 ans de vie commune m’a quitté pour cela, entre autre. Mes amis commençaient à m’appeler Tyler et non Vincent, dans la rue, dans ma vie privée. Je me suis enfermé dans un rôle, dans un style de Dandy provoc’acteur, séducteur et arrogant avec les filles. Je recevais des cadeaux et des lettres anonymes de fans, ça commençait vraiment à me faire peur […] alors j’ai supprimé la page. J’ai tué Tyler, ce qui a provoqué un certain émoi chez ceux qui me suivaient. Cependant, je ne voulais pas arrêter d’écrire, je ne voulais pas stopper ma plume. Alors, peu avant la fermeture de la page, j’ai introduit ce nouveau personnage « Faste et Furieuse «. Elle a commenté quelques statuts, de ci et là, et peu à peu la mayonnaise a pris. Je l’ai désigné comme la relève et la nouvelle vague de poètes qui avaient fait leurs apparitions grâce au succès de Tyler et ça a marché. J’ai supprimé la page et Faste et Furieuse a pris le relai de façon magistrale. Et là, aucun risque de me perdre dans le personnage. Étant un homme, jouer une femme était une chose peu facile mais fascinante. » Citant « Baudelaire, Poe, et toute la clique des poètes maudits » et « Beigbeder ou Régis Jauffret pour leur cynisme. » ce fleur bleu non dissimulé ressort de loin, très loin, et ce n’est qu’après un long travail sur ses feuilles que Faust Ine commence à s’animer et à refléter une entière partie de sa vie : « J’ai dû transposer mes émotions dans un regard féminin, me sentir comme femme. Je me suis longuement documenté sur les violences conjugales, j’ai lu de nombreux témoignages. Je me suis imprégné de tout cela. Pas dans un but de singer et de copier bêtement, mais de vraiment faire ressortir les émotions. Je n’ai pas créé Faste et Furieuse pour me moquer des femmes bafouées dans leurs couples. Mais bien au contraire, j’ai voulu comprendre, du mieux que je pouvais, les rapports de force Homme/Femme, où était le bien, où était le mal […] Tout ce que j’ai raconté à travers Faste et Furieuse, tout ce qu’elle a vécue, que ce soit son calvaire avec le connard, que ce soit ses souvenirs d’enfance. Tout ce que j’ai raconté est authentique. Elle est un assemblage de mes histoires amoureuses. Elle est un assemblage de ma vie passée. Le Connard, c’est moi, à une certaine période de ma vie. » - 39 -


Bien sûr, cette révélation a franchement remué le microcosme internet, et en premier lieu ces fans. Là où on aurait pu penser à un rejet et des insultes, la surprise c’est transformé en admiration de la part d’un public constitué au trois/quart de..Femmes. Entre l’étonnement, les encouragements, et autres commentaires parmi une centaine, on comprend que Faust Ine avait réussi a touché une frange des internautes bien plus importantes que son nombre d’abonnés : ses phrases sont reprises, partagés, republier à chaque post, témoignant de la rapidité d’internet à créer le buzz. De là à dire que les écrits se formatent dans le but d’attirer le clique il n’y qu’un pas, mais là encore le succès est mérité, bien loin des nombreux faux-penseurs de facebook, car même en ayant « joué un rôle, c’est vrai, ma plume est resté sincère. Libre et authentique. »

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La page de Faste & Furieuse à savourer ici :

https://www.facebook.com/TylerLedgerisBack?fref=ts L’ouvrage « Entre l’essieu et l’ether » de Vincent Lahouze, disponible ici :

http://www.lulu.com/fr/fr/shop/tyler-ledger/entre-lessieu-et-léther/paperback/product-15717963.html

TEXTE : LANDERS. - 40 -


-- ATELIER PHOTO --

LANA PRINS

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Cette jeune photographe a un univers bien personnel et pour le coup, très féminin. Très peu d’hommes dans ses photos mais un florilège de jeunes filles douces, sensuelles, ultra féminines dans une ambiance poétique et intime.

Hey Lana ! Can you introduce yourself to our readers ? I am now 19 years old and since my birth I live in a small town at the beach. There is where my mind wanders about small girls in big stories. I love to share these stories in my images.

Hey Lana ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs ? J’ai actuellement 19 ans et depuis ma naissance je vis dans une petite ville à la mer. C’est ici que mon esprit s’égare au sujet de petites filles dans de grandes histoires. J’aime partager ces histoires dans mes images.

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What are you inspirations for your photos ? Are you inspired by others artists ? The things that inspire me are actually mostly the small things I see around me in my daily life. I also get really inspired when one of my friends wears interesting clothing. I absolutely love pretty lingerie! When one of my girlfriends bought new underwear, I directly want to shoot them in it, haha. I also love the work of Lina Scheynius1! She also makes a lot of selfportraits, and her fashion work is very personal, I really like that!

Quelles sont tes inspirations pour tes photos ? Es-tu inspirée par d’autres artistes ? Les choses qui m’inspirent sont en fait surtout les petites choses que je vois autour de moi dans mon quotidien. Je suis aussi très inspirée quand l’une de mes amies porte des vêtements intéressants. J’adore la jolie lingerie ! Quand l’une de mes amies achète de nouveaux sous-vêtements, j’ai aussitôt envie de la photographier avec, haha ! J’aime également le travail de Lina Scheynius ! Elle fait aussi beaucoup d’autoportraits et son travail sur la mode est vraiment personnel, j’aime beaucoup ça !

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Your models are mainly women, i just saw a few photos of men in your gallery. You always glorify the female body. Why do you prefer taking photos of girls ? A woman’s body has so much grace. A woman can be the most innocent thing, but also one of the most sensual things. With these two pieces of information I like to play in my images. I show both sides in varying degrees and with this I capture a tension between different images.

Tes modèles sont principalement des femmes, je n’ai vu que quelques photos d’hommes dans ta galerie. Tu glorifies toujours le corps féminin. Pourquoi préfèrestu photographier des filles ? Un corps de femme a tellement de grâce. Une femme peut être la chose la plus innocente mais également l’une des plus sensuelles. J’aime jouer avec ces deux données dans mes images. Je montre ces deux aspects à différents degrés et avec ça, je capture une tension entre différentes images.

Do you often take selfportaits ? Or are you more into taking photos of friends, models, etc ? In my work you actually see a lot of selfportraits. I started making them in the beginning because I wanted to created intimate images, to share a feeling, a certain story, and therefore I needed a model. - 44 -

Prends-tu souvent des autoportraits ? Ou tu préfères prendre des photos de tes amis de modèles, etc ? En fait dans mon travail, on peut voir beaucoup d’autoportraits. J’ai commencé à en faire au tout début parce que je voulais créer des images personnelles, partager un sentiment, une certaine histoire et pour ce faire, j’avais besoin d’un modèle.


La solution la plus logique à cette époque était de me photographier moi-même. C’est comme ça que j’ai appris à quoi je voulais que mes photos ressemblent. Au bout d’un certain temps, j’ai voulu photographier d’autres personnes. J’ai remarqué que la façon de travailler et de penser dans ces situations était très différente pour moi. Quand je fais des autoportraits, c’est vraiment pour partager une part de moi-même, laisser rentrer les gens dans mon monde et mes pensées. Alors que, pour moi, travailler avec d’autres personnes tient plus du processus créatif. Comment créer une image ensemble. J’aime quand je vois l’influence de la personne que je photographie dans l’image elle-même.

The logical solution back in that time was to use myself in the images. This is how I learnt how I wanted my images to look. After a while I wanted to shoot other people. I noticed that the way of working and thinking in these situations was very different for me. When I make selfportraits it’s really about sharing a part of myself, letting people into my world and thoughts. While for me working together with other people is more about the creative process. How to create a story together. I love when I see the influence of the person I’m shooting back in the image itself.

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I read you are a student. Are you planning to become a professional photographer? I don’t really have plans about my photography for the future. I just always feel the need to capture and share the beauty around me. I would absolutely love having photography as my full-time job, of course! But for now I just photograph because I love to create images and to share the beauty and happenings around me. I do sell some of my photos on the French site RAAAD.FR now.

J’ai lu que tu étais étudiante. Tu voudrais devenir une photographe professionnelle? Je n’ai pas vraiment de projets à propos de mes photos dans le futur. Je ressens juste toujours le besoin de capturer et de partager la beauté qui m’entoure. J’aimerais absolument avoir la photographie comme métier à plein temps, bien sûr ! Mais pour le moment, je prends juste des photos parce que j’aime créer des images et partager la beauté et les événements autour de moi. Je vends même certaines de mes photos sur le site français RAAAD.fr. - 46 -


Your photos seem to be captured live and to show your private life with a beautiful touch of poetry. Are all your photos pure improvisations or do you staged them sometimes ? Some of my pictures are purely staged and some are just happening there, at the right moment. --Tes photos semblent être capturées sur le vif et montrer ta vie privée avec une superbe touche de poésie. Toutes tes photos sont-elles de pures improvisations ou tu les mets en scène parfois ? Certaines de mes images sont purement des mises en scènes et d’autres surviennent juste là, au bont moment.

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Pour en savoir plus sur Lana Prins c’est par ici :

Page FB : https://www.facebook.com/pages/LanaPrins/513009298738428 Flickr : http://www.flickr.com/photos/sailorsaun/ RAAD : http://www.raaad.fr/artshop/lana-prins.html

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INTERVIEW : MARY JEANNE.


-- CARNET DE VOYAGE --

2 JOURS À LOS ANGELES

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Bienvenue à L.A., ville de stars, de plages aux surfeurs huilés, de palmiers qui longent les longues avenues. Bienvenue là où le rêve américain côtoie les burgers et les doggy bags. Vous vous faîtes une idée de Los Angeles identique à celle que l’on vous montre dans les films, avec les filles qui courent en mini shorts près des ruelles sombres ? Et bien vous avez raison. Quand on arrive, pas de surprise : tout est exactement comme on l’imagine, et le drapeau américain flotte mollement devant les pavillons alignés. J’ai la chance d’avoir un travail qui me permet de voyager, et de temps en temps de prendre le temps de visiter la ville dans laquelle j’atterrie. Laissez moi vous raconter et vous montrer à quoi ressemble ce bout de Californie quand on s’y arrête pour 2 jours.

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1er jour : Venice Beach & Santa Monica ///////////////////////////////////////////////////// Si vous rêvez de longues plages de sable fin, de vagues hautes et de frites grasses, vous êtes au bon endroit. Et si en plus vous avez une âme d’artiste qui s’ignore, vous êtes chez vous. J’ai adoré la plage la journée, à regarder les surfeurs et à me promener. Il y a également à Venice Beach des coins moins touristiques et pourtant charmants, avec les quelques canaux qui subsistent de l’époque où cette partie de la ville portait vraiment bien son nom. La balade est agréable, calme, colorée. Quand on arrive à Santa Monica, c’est un plaisir de se promener dans la petite fête foraine au dessus de l’eau. Et j’ai adoré la plage à la tombée de la nuit, quand le bord de mer se rempli d’artistes qui vendent leurs œuvres. A vous la foule qui déambule et les tatoueurs ouverts très tard.

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2ème jour : Downtown & Hollywood //////////////////////////////////////////////// Quand on arrive à Dowtown, et si en plus comme moi vous êtes un peu aventureux et prenez le bus, on change complètement de cadre, d’ambiance, et de classe sociale. Ici, fini le cliché de l’Amérique qui fait du roller au bord de l’eau en petite tenue, on passe à l’Amérique plus pauvre, qui lutte. Les rues sont plus larges, plus fréquentée. Il y règne en permanence une ambiance de film, bruyante et un peu salle. Et pourtant, j’ai apprécié cet endroit pour sa mixité, tant dans son architecture que dans sa population. À la fin de la journée, il me restait juste assez de temps et de monnaie pour prendre un bus jusqu’à Hollywood. N’étant pas une fan de l’usine à stars et à touristes qu’est le Hollywood boulevard, j’ai abandonné les Superman obèses et les costumes improbables que tout le monde prend en photos pour aller directement à l’observatoire en haut de la ville. Et là c’est une immense surprise : on domine tout, et à la tombée de la nuit quand la ville s’illumine c’est magique. De quoi finir ces deux jours de promenades intenses en en prenant plein les yeux. - 54 -


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Si vous passez par la Californie, n’hésitez pas à faire une halte par Los Angeles. Beaucoup de guides touristiques vous diront que la ville n’en vaut pas vraiment le coup. Mais si vous êtes ouverts à l’ambiance et à l’atmosphère qui s’en dégagent, vous trouverez j’en suis sûre ce que vous êtes venu chercher.

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Mon top 5 des petits bonheurs : /////////////////////////////////////////// • La gentillesse des Américains. C’est simplement incroyable. • Me tremper les pieds dans l’Océan. • Avoir mon premier dollar et le ranger soigneusement pour le garder, ça porte bonheur. • Regarder le soleil se coucher. Ça a été magique les deux soirs. • Ecouter les bruits et les gens parler autour, et se sentir comme dans un film.

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TEXTE & PHOTO : MA.

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-- BIBLIOTHÈQUE --

CRITIQUE : LA PART DE L’AUTRE

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( DE ERIC-EMMANUEL SCHMITT )

Une plongée sans scaphandre. Des égratignures et de la nuit blanche peut-être. J’ai trouvé La Part de l’autre sur une étagère un jour où je cherchais de la lecture, le livre avait l’air endormi sous un peu de poussière. Le nom de l’auteur me disait quelque chose, comme une connaissance qu’on a croisé souvent mais où et quand? , on ne sait plus. En fait j’avais déjà lu Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran et j’avais vu aussi le film tiré d’une de ses nouvelles, Odette Toulemonde. J’avais aimé ça, la fraîcheur de ces histoires légères-profondes, des contes d’aujourd’hui qui donnent à réfléchir et à rêver, à regarder le monde un peu de biais. Sur la quatrième de couverture l’extrait du livre m’a intriguée : comment le destin d’un certain Adolf Hitler a basculé, et ce qu’il aurait pu être et devenir ? Comment ça aurait changé le cours de l’Histoire ? On arrête le film, on rembobine, on change un détail et on voit ce que ça fait. Schmitt déroule le fil d’une destinée double dans sa langue facile mais belle, sans anicroche et bien tournée. La première phrase du livre donne le ton : « Adolf Hitler : recalé.» Pas d’Histoire ni de combat, mais un personnage-Hitler, l’entité la plus sombre qui soit pour les lecteurs d’aujourd’hui et face à lui une figure positive, un Hitler-peintre qui aurait trouvé sa voie, si, seulement si, l’histoire avait débuté par Adolf Hitler : admis.

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Qu’est-ce qui peut te pousser à devenir bon ou mauvais ?, qui es-tu vraiment, qui pourrais-tu être, qui vas-tu devenir ? Avec cette question à la plume, l’auteur nous promène au fil des chapitres et des âges comme pour nous montrer : « Là, il pouvait encore changer. » A travers ces deux êtres, c’est chacun d’entre nous que Schmitt questionne et on suit, médusé, la progression inexorable du mal. Le livre nous emporte -de causes en conséquences- dans le creux des destins les plus éloignés qui soient. Comment ils vécurent, comment ils aimèrent et moururent ? Il n’est pas question de vraisemblance historique, mais d’interroger les choix que nous faisons, et ceux que la vie fait parfois pour nous, sans angélisme ni manichéisme, un pari risqué vu le sujet.

Lire d’une traite et puis vite refermer, marcher longtemps au grand air.

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A travers l’histoire du faux Hitler, Schmitt aborde aussi le thème de la création artistique et des épreuves et questionnements qui en découlent. Le livre ne creuse pas le sujet à fond, ni n’apporte de réponse mais cette thématique est toujours intéressante quand elle est traitée par des écrivains renommés -je trouve. On imagine que les doutes du Hilter-peinte peuvent être ceux de l’auteurSchmitt. En prime, dans les Editions Le Livre de Poche on trouve des extraits du journal que tenait Schmitt pendant la rédaction du livre. Il y raconte comment il entre dans la peau des personnages. Mais, même pour la bonne cause, qui voudrait être dans la peau de Hitler ? Terrifiant.

TEXTE : SURPRISE & NAÏVE.


-- ATELIER PHOTO --

IULIUS

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Bonjour Iulius, pourrais-tu te présenter en quelques mots ? Bonjour. Oui, bien sûr. Contemplative passionnée, amoureuse des mots et éternelle émerveillée par Terre-Mère, j’ai décidé de partir à la con-quête de l’Humanité. On peut voir que, depuis tes débuts, ton travail photographique a énormément mûri  mais il reste toujours attaché à la nudité, pourquoi ? Car le corps nu, dépouillé de tout apparat, reste pour moi synonyme de sincérité et de vérité. De plus, il demeure immortel, ne pouvant se rattacher à une époque précise, par son absence de vêtements. Enfin, il est l’unique lien avec m/la vie ; ma peau demeurant l’infime frontière entre le dedans et l’extérieur, où les marques s’accumulant dessus restent la seule preuve du vécu accumulé, comme une sorte de livre ouvert… dont je me sert.

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On peut aussi noter un attachement à la nature et dans les lieux abandonnés, en quoi sont-ils importants pour toi ? Ils me nourrissent, me remplissent et me calment. Besoins ils sont, puisqu’ils me défont un temps de la réalité, me suspendant dans un autre temps, hors du Monde, hors de la foule. Un oubli. Un infini. Et pour tout ce qu’ils offrent comme émerveillements, enchantements, transportations. Les sens attisés. Comblés.

L’autoportrait te permet-il de te mettre à nu, ou l’utilises-tu comme simple nécessité, car tu n’as pas de modèle sous la main ? Les deux, disons. Il m’extrait, me vidant –un temps- des émotions qui m’agitent. Lorsque la capture du corps se fait, ce qu’il y avait dedans au moment précis est lui également immortalisé sur la photographie. Pour le modèle, je dirais plutôt que c’est un choix. Je vois l’image. Je sais ce que je veux. Pas de limites. Infi- 64 -


nies possibilités. Puis, je fais, ensuite, dans la foulée. A l’instinct. Pas besoin d’appeler quelqu’un. Puis, c’est surtout que je connais mon corps et le reste, et que si je rate, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi-même.

Je crois que j’en ai mal-heureusement hérité… (sourire) alors, ça doit sûrement déborder... Petit, non. Pas le but. Mais, je pense qu’il faut réussir à toucher les personnes qui regarderont les photographies en donnant la parole aux images, en usant du mieux qu’on peut des éléments qui peuvent faire s’arrêter quelqu’un, un instant, sur elles, pour l’emporter quelque part, du mieux qu’on peut, afin de faire passer notre message. Une rencontre réussie ?

Une grande sensibilité jaillit de tes photos. On se sent tout petit face à tes clichés. Est-ce l’effet désiré, ou juste une rencontre inopinée entre la sensibilité de deux personnes ? - 65 -


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Et pour finir, tu viens de réaliser deux expositions autour de l’Universalité du thé. Astu d’autres projets en tête, des parutions, des expositions en prévision ? Oui. Ça tournoie dedans. Le 12 août prochain, je paraitrai dans le magazine Réponses Photo sur mon travail d’autoportrait. La série Terre-Mère finie, je compte l’envoyer là où elle pourra, peut-être, trouver une place, qui sait ? Et, dans un temps, un fouillis d’autoportraits vont être sélectionnés, imprimés, puis exposés dans l’hôtel Beau Rivage à Gérardmer… Affaire-s à suivre. Sinon, continuer encore et toujours la photographie, malgré tout, se renouveler, expérimenter, découvrir, échanger, donner… et ne pas arrêter de s’émerveiller…

Son site :

http://iulius.co/

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INTERVIEW : LÉAS CURTIS.

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-- ÉCRAN --

VELVET GOLDMINE

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Mon amour pour le glamrock ne s’arrête pas dans la musique, et s’étale jusque dans ma culture cinématographique. Et c’est ainsi que j���ai décidé de vous parler d’un film peu connu – malheureusement - qui retrace le sujet : Velvet Goldmine.

L’histoire est simple : Arthur Stuart est un journaliste qui doit enquéter sur la disparition d’un ancien chanteur de glamrock, Brian Slade. Ce travail lui permettra d’avoir de nombreaux flashback sur sa jeunesse. Ainsi le film sé découle en deux parties : l’intrigue de base et les souvenirs glam d’Arthur dans les années 70. On se rend vite bien compte que l’histoire de base n’est qu’un prétexte pour pouvoir parler des seventies assez librement. On découvre donc, à travers les flashbacks, la révolution musicale et sexuelle liée à toute cette vague glam fraichement déboulée sur l’Angleterre.

de plumes, de velours – comme son nom l’indique, au final – et peut faire mal aux yeux de certains. Il est, de plus, quasiment monté comme une comédie musicale, les chansons ont une place très importante, voire primordiale dans le film On peut ainsi réviser ses classiques à travers des reprises de T.Rex, Bowie, Brian Eno etc. Et si l’intrigue de base laisse à désirer, les souvenirs perdus sont vraiment réjouissants. On ne retombe pas seulement dans la mémoire d’Arthur, mais aussi dans la création du mythe de Brian Slade – fortement inspiré de Bowie -, le début du succès, ses amours, sa chute... Le tout tourné de manière un peu cliché mais pas vraiment génante quand on se rend compte que ce film est beaucoup inspiré de la réalité de cette période.

Si vous n’aimez pas l’esthétique glam et chargée des seventies, ne regardez pas ce film, vous allez en faire une overdose. Mais si vous adorez, vous allez être ravi. En effet, Velvet Goldmine est bourré de pailletes,

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En effet, même s’il s’agit d’une fiction, tous les fans de glamrock verront la ressemblance entre la véritable histoire de David Bowie, ici transformé en un Brian Slade de substitution. Bowie qui passe de sa phase hippie à glam. Bowie qui met en scène sa propre mort pendant un concert. Bowie fou amoureux d’Iggy Pop – ici nommé Curt Wilde – et qui sombre dans la drogue. Bowie qui disparait mystérieusement du milieu de la musique. La ressemblance est plus que frappante. A tel point qu’on peut se demander si Todd Haynes ne voulait pas réaliser une biopic à la base, ce qu’il fit quelques années plus tard mais pour Bob Dylan, dans I’m not There.

Molko a meêm un petit rôle d’adolescent fan de glamrock qui reprend 20th Century Boy dans un bar branché. Mais encore plus étonnant, on peut y retrouver Christian Bale, jouant le rôle principal, celui de Arthur Stewart. Un casting en or pour un film-biopic-comédie musicale sur la débauche à pailettes que sont les années glamrock. Il est aussi intéressant de voir que ce film touche à des sujets encore sensibles aujourd’hui, telles que les relations homosexuelles. Le glamrock a permis, en un sens, aux gens de se libérer, dans une espèce de débauche – comme on peut le voir dans certaines scènes du film qui nous montrent des orgies pailletées et hautement sous héroïne – mais aussi dans un cadre beaucoup plus intime – une véritable histoire d’amour se crée entre Slade et Wilde.

Mais je pense que le plus surprenant dans le film reste le casting. On y retrouve que des bons acteurs. Brian Slade est joué par le magnifique Jonathan Rhys Meyer. Curt Wilde est interprété par Ewan McGregor. Brian

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Ainsi, on peut se rendre compte que le glam et ses looks androgynes sont une période charnière pour beaucoup de choses... Et cela fait du bien de les voir exposer sur du velours dans un film.

de voir Rhys Meyer et McGregor tomber amoureux, on envie Molko et sa bande de pouvoir courir dans la rue avec un haut de forme, les cheveux fluo et un manteau en fausse fourrure. On envie cette insouciance folle. Et on chante comme des fous sur Baby’s on fire. Mais si on n’aime pas cette période, on doit s’ennuyer ferme. Car on ne ressent pas ni l’hommage culturel, ni la formidable avancée que fut le glamrock pour la jeunesse de l’époque.

Pour résumer, ce film est magique, si on aime les seventies. On y retrouve l’ambiance feutrée délirante et ces fans sans limite, cette jeunesse comme libérée qui assume tout ce qu’elle est. On se réjouit

Je vous le conseille donc si, comme moi, vous avez rêvé de voir Bowie s’écrouler sur scène et de vous balader dans la rue habillé d’un costume de plume en écoutant du Roxy Music, ou si vous êtes juste curieux de regarder un film haut en couleur et en pailettes.

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TEXTE : LÉA CURTIS.


-- ATELIER PHOTO --

PATCHWORK ANDROGYNE

Surprise & Na誰ve .

Orianne . Orianne .

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Renarde .


Mary Jeanne .

Orianne .

Orianne .

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-- CONCOURS --

Si le concours Cat’s Beard ne vous a pas franchement inspiré, on ne peut pas en dire autant du concours Chat! Vous avez été très nombreux à nous inonder de vos clichés de chats trop mignons et pour ça, merci! Tout de suite, le classement des matous préférés de l’équipe Feather :

Photo proposée par Ark. Us. (Julia Bénard) Sa page Facebook >> https://www.facebook.com/pages/ArkUs-/115025235174714

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GRANDS GAGNANTS


Photographe : Marie Jourdain Sa page : https://www.facebook.com/mj.maryieh

Photographe : Shirley Hybris Sa page : https://www.facebook.com/pages/MAD-OISELLEPAN/295010300554123?fref=ts - 77 -


-- PRÉSENTATION --

FEATHER TEAM RENARDE

(Caroline Mélia)

Rédactrice en chef // Créatrice de Feather. ----https://www.facebook.com/Ecrismoilalumiere

LÉONA SNOW Rédactrice en chef // Créatrice de Feather. ----https://www.facebook.com/pages/LéonaSnow/228465797167046?ref=hl

MARY JEANNE Rédactrice Littéraire. ----https://www.facebook.com/pages/Mary-Jeanne-Photographie/279 828012042089?bookmark_t=page

LÉA CURTIS Rédactrice littéraire. ----https://www.facebook.com/Anachronismespectral?fref=ts

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MEOW Community manager. -----

LANDERS Rédacteur musical. -----

MA Rédactrice photo. -----

https://www.facebook.com/pages/-Ma-Photos/289881947729017

SURPRISE & NAIVE (Kristelle)

Rédactrice Littéraire. ----https://www.facebook.com/pages/Surprise-etna%C3%AFve/439131186154800

ORIANNE Graphiste // illustratrice. ----http://thefoxhenhouse.wix.com/thefoxhenhouse - 79 -


Reproduction David Sims, Orianne. - 80 -


WARNING

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Les intervenants, en acceptant d’être publiés dans Feather donnent une autorisation de diffusion au webzine. Cela inclus qu’ils acceptent également les corrections éventuelles et laissent libre choix de la mise en page. Néanmoins les oeuvres publiées demeurent la propriété de leurs auteurs. Il est par conséquent interdit d’en faire des reproductions partielles ou totales ainsi que de les diffuser sans autorisation préalable. Merci de votre compréhension.

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" ENVOLEZ-VOUS "

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Feather#07