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[…] Car l’une des principales difficultés rencontrées dans la formation des périphéries vient de l’incapacité à produire des règles visuelles simples, adaptables à des situations spécifiques à partir du site, du paysage, de la topographie ou d’une contrainte technique majeure. C’est à dire des règles sensibles, capables de domestiquer l’ensemble des règles technocratiques et de s’affranchir de certaines d’entre elles par une forme d’évidence géographique. D. Mangin. La ville franchisée.

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SOMMAIRE LES RAISONS D’UN CHOIX Préambule Les enjeux pour une paysagiste Les enjeux du site

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UNE MANIERE DE FAIRE

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COMPRENDRE LA PLAINE

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La plaine et ses bords Terre territoire Eau territoire Nature I, la rypisylve... Nature II, le champ… La ville, nature III ? Des villes construites sur des réseaux Paysage mercantile Les projets des pouvoirs publics DEFINIR POUR CONSTRUIRE L’étendue c’est une oeuvre… L’horizon c’est une respiration Les ouverts se dimensionnent... L’autarcie provoque l’invisible… La structure permet l’orientation... FIGURES DE PROJET Schéma diagnostic Schéma d’intension Armature Figures de ville Ligne de contact Rythmer la route

21 23 25 27 39 43 53 63 67 71 73 75 77 79 85 87 88 89 91 93 99 101

POUR CONCLURE

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BIBLIOGRAPHIE

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LES RAISONS D’UN CHOIX

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Préambule Je n’avais pas d’envie, pas d’envie de sujet en particulier. Aucun site ne s’imposait à moi de manière évidente. J’ai alors cherché un paysage qui fasse échos à cette absence, un paysage qui n’en donne pas, des envies. J’ai cherché quel lieu ne m’avait jamais paru avoir de potentiels paysagers. J’ai commencé à chercher, à essayer de comprendre pourquoi, alors que tout fait partie du paysage, j’ai parfois la sensation de blancs? De paysages qui sont là sans être là, ni beaux, ni moches. Qu’ont-ils à montrer ces paysages que l’on ne regarde pas ? Je me suis souvenue d’un paysage. Un paysage traversé pendant des années, lors de trajets en voiture répétés entre Toulouse et les Pyrénées ariégeoises. Je m’en rappelle comme de moments flous, où je m’apprêtais soit dans un sens à filer vers la grande ville, soit dans l’autre à m’extirper de la dynamique urbaine pour retourner dans mon village rural. Il y avait pour moi deux entités de paysage, celle de départ et celle d’arrivée; le paysage intermédiaire traversé, vu depuis la route, n’avait alors qu’une valeur ennuyeuse, associé à un temps long d’environ 1h15. Un passage obligé à travers un paysage désobligeant. Les sensations qu’il me reste de ces moments passagers sont celles d’un territoire plat et sans intérêt apparent. Sur cet axe routier de la D820, j’ai défini un tronçon. Sur les 60km de plainesagricole traversés, un passage m’interpellait d’avantage. A 15km de Toulouse, avant d’entrer sur le réseau périphérique, la route s’accélère déjà, dédouble ses voies et se pare de plusieurs murs. La route incite à passer son chemin, à ne pas s’arrêter, à ne pas regarder. Les murs protègent des fragments de ville. Un bout de Toulouse s’échoue ici. Toulouse, une ville très peu contrainte par son relief, et qui a profité de son espace consommable sans ménagement. La ville la plus étalée de France. Comprendre les lisières de ville, une perspective qui m’a projeté dans l’exploration de ce site J’ai donc choisi de travailler là, en relation avec un paysage qui n’a rien de particulier, rien d’extraordinaire. Un paysage qui ressemble à tant d’autres paysages de France. Un paysage ordinaire, loin des friches industrielles lilloises, des carrières, des sites désaffectés, fascinants et matières à renouvellement. C’est ce paysage du quotidien qui me pose aujourd’hui question : Appelle t-il le regard d’une paysagiste ? Appelle t-il une intervention dû à ce regard ?

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Quelles qualitĂŠs sont inhĂŠrentes Ă ce paysage de plaine ?

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š [...] Divine platitude : point de trompe-lâ&#x20AC;&#x2122;oeil ; point dâ&#x20AC;&#x2122;empâtements, point dâ&#x20AC;&#x2122;enrochements, de lumières accrochĂŠes ; point de contrastes intenses. Je me dis que la perfection ne sâ&#x20AC;&#x2122;atteint que par le dĂŠdain de tous les moyens qui permettent de renchĂŠrir. Mes yeux se reprennent Ă voir. Je retrouve VĂŠnus couchĂŠe. Ce tableau offre une blanche et pleine personne. Il est aussi une heureuse distribution de clair et dâ&#x20AC;&#x2122;obscur. Il est aussi un recueil de belles parties et de rĂŠgions dĂŠlicieuses : un ventre pur, une attache toute savante et sĂŠduisante de bras et dâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠpaule, une certaine profondeur de campagne bleue et or. Il est aussi un système de valeurs, de couleurs, de courbes, de domaines : image de contacts, prĂŠsence de dĂŠesse, acte de lâ&#x20AC;&#x2122;art... Sâ&#x20AC;&#x2122;il nâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtait tant de choses Ă  la fois, point de poĂŠsie. Paul ValĂŠry. Tel Quel. Ed Gallimard. St Amand 1996.


Les enjeux pour une paysagiste Ce paysage ne m’est pas particulièrement agréable… Il ne m’est pas toujours désagréable non plus… Des hauts, des bas attisent ma curiosité à son sujet. Ce paysage n’est pas le paysage collinaire d’où je viens. Un premier enjeu sera de comprendre ce qui fait la qualité d’un paysage antinomique au paysage de relief que j’apprécie habituellement. Y’a-t -il des qualités à un paysage plat ? Quels sont les ressorts de sa valeur ? Pour définir sa valeur, il y a deux qualificatifs que je lui attribuerais. Ordinaire et sublime. Ordinaire ? Cette apparence qu’on retrouve aux quatre coins de France. Je pressens ce lieu en danger. Sa banalité le met en danger, elle résonne comme un appauvrissement culturel, un manque de dynamisme, d’initiatives qui ne permet pas la revendication d’une quelconque singularité. Le risque majeur pour ce paysage : être secoué par des projets malveillants avides d’espaces libres, négligeant ses fondations, changeant son statut dans un sens non reconnaissable par tous. Sublime? Cet état de confusion dans mon esprit, cette perte du discernement. L’état de platitude révélé par les champs le long de la plaine de l’Ariège, crée l’effet d’une étendue sublime. Ce vide permet tout à l’esprit, l’hébétude comme la fascination. Se confronte à lui un autre état, qui est en train de faire basculer l’étendue, dans autre chose. L’étalement des villes agit comme cet empâtement que décrit Paul Valéry, venant appauvrir ce qu’il appelle la «divine platitude»¹. La confrontation des deux systèmes (plat et ville) dans la forme actuelle de leur rencontre n’engage plus cette sublimation. Sous quelles conditions le sublime apparaît ? A-t-il encore sa place sur ce territoire ? A-t-il un intérêt ici ?

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Comment mettre en cohĂŠrence les diffĂŠrents enjeux du site avec son paysage ?

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Les enjeux du site Les enjeux d’un espace inhabité

Les enjeux d’un espace servant

Les enjeux d’un espace consommé

Des espaces de respirations en contre point à la densité urbaine.

Des espaces producteur, nourricier, protéger par le SCOT Toulousain.

Un espace lié à l’accroissement démographique de l’agglomération Toulousaine. Une agglomération en croissance à raison de 14000 logements par an qui doivent être construits sur l’ensemble de sa couronne.

Des espaces qui peuvent pour certains basculer en espaces construits. Des espaces inondables, inconstructibles, inhabitables par l’homme mais habitables par la faune et la flore. Des espaces liés à la couronne verte Toulousaine définit dans le SCOT.

Un espace du quotidien qui doit être fonctionnel , tout en assurant un environnement sain et agréable. Un espace jusqu’à présent conçu par et pour les déplacements automobiles et où les transports en commun doivent être aujourd’hui valorisés.

Un espace qui doit accueillir des projets de zones de développement économique (zone artisanale et zone écoindustrielle).

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UNE MANIERE DE FAIRE

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Tout embrasser, sans prédétermination, sans hiérarchie La contrainte majeure de ce site est sa platitude, son espace consommable qui n’offre pas de potentiels apparents. Trouver des pistes de projets, comprendre quels pourraient être les potentiels de ces paysages n’était pas évident. J’ai donc choisi de tout embrasser. La plaine, ses bords, ses couches, tout pouvait être matière à projet. J’ai tenté dans un premier temps de faire émerger une forme d’exhautivité du site. L’exhaustivité n’est évidemment pas possible, mais le large champ que j’ai ouvert grâce à cette méthode, m’a permis de saisir à défaut d’un tout, un large éventail d’enjeux et de pistes de projets. La question de l’échelle Il m’intéressait de comprendre les enjeux du paysage qui résulte de la relation entre une géographie plate et un phénomène urbain. L’échelle de réflexion prend en compte l’échelle de l’agglomération pour se situer face au phénomène lié à l’accroissement urbain. Elle croise ce regard avec l’échelle du bassin versant et de ses intérêts hydrologiques et géologiques. L’échelle d’intervention se joue à la juxtaposition des deux entités (la ville et les bassins versants de l’Ariège et de la Lèze). J’ai procédé à un aller retour entre cette échelle territoriale, l’échelle urbaine, l’échelle parcellaire. La volonté était d’articuler ces trois échelles afin de comprendre les imbrications et afin de trouver un projet qui sache être cohérent à tous ces niveaux. Ne pouvant pas développer toutes les villes, j’ai choisi d’étudier et de construire un projet sur Pins-Justaret qui est emblématique de la rencontre entre l’entité de la plaine et celle de la rivière, soumise à une séparation par les infrastructures. De même une réfexion et une esquisse de projet sera appliquée sur la départementale D820, point d’entrée personnel dans ce projet, point

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d’entrée et de sortie du site. Prendre appui sur l’image

Dans cette première démarche de recherche d’exhaustivité, j’ai utilisé des outils en concordance avec cette démarche. Les outils photographique et vidéo m’ont permis de saisir un très grand nombre d’images et de points de vues. La recherche de points de vues m’a permis de capter les différentes formes de perspectives et profondeurs du site. Appareil photo réglé sur une longueur focale normale, pour garder un champ réaliste, proche du regard, j’utilise mes pieds et sillone des lieux préalablement repérés en voiture. Autre étape, le paysage étant plus compliqué à saisir avec une vitesse automobile, j’ai utilisé la vidéo pour disséquer les paysages vus des routes, observer les moments où le regard peut s’échapper, comprendre l’influence de la vitesse. La prise en compte d’un contexte politique réél Schéma de cohérence territoriale, Plan local d’urbanisme, Projet Confluence Garonne-Ariège, Projet de la Communauté d’agglomération du Muretain, ce site est pourvu d’un certain nombre de réflexions et de plans directeurs cherchants à mettre en cohérence ce territoire et à le réguler. Ma réflexion prend en compte ces orientations et tente de venir nourrir ces réflexions par une mise en forme spatiale concrète.

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COMPRENDRE LA PLAINE

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La plaine et ses bords Le site apparaît à la juxtaposition de deux entités : - la ville - le bassin versant de l’Ariège. Le site étant le point bas de l’Ariège, sa géographie est influencé par tout le réseau hydrographique en amont. Le sol du site est une résultante de cette influence.

Ville

Site

Bassin versant de l’Ariège

Limites Le territoire est limité à l’Est et au Sud Ouest par son relief, ses coteaux. Les limites duent au relief sont assez franches avec un dénivelé de 100m à l’Est. La rivière de l’Ariège le borde à l’Est et la Garonne le limite à l’Ouest. Au nord, la rencontre du fleuve et de son affluent ferme le territoire. Au Sud, la limite de territoire s’exprime par le changement de proportion entre bâti/champs, le bâti est moins présent en allant vers le Sud. La surface Le relief qui s’exprime renvoie à une sensation de platitude (un relief calculé de 0,5% de pente en moyenne sur 1 km). Cette plaine constitue une entité paysagère définie par :

*des étendues agricoles produites par la céréaliculture recouvrant 60% du territoire *des lotissements pavillonnaires s’étalant sur 40% du territoire

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Quelles ressources contient le sol ?

Carte géologique. Source Géoportail. oC

Basse terrasse

Basse plaine

lit majeur

Basse terrasse

Garonne

Basse plaine

Moyenne lit majeur Basse terrasse terrasse

Haute terrasse

Ariège

Molasse imperméable Alluvions Coupe géologique, composition des terrasses. Source Nature Midi-Pyrénées. oC

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Terre territoire Plaine alluviale. Des milliers d’années de mouvement de la Garonne et de l’Ariège ont creusé, lessivé le sol molassique pyrénéen formant à l’usure, une plaine. Les flux et reflux de l’eau déposèrent des alluvions, formèrent des boulbènes. Un sol de boulbène est une couche limoneuse lessivée sur 30 à 60 cm qui recouvre un mélange argilo-sablonneux à perméabilité moyenne, lui même déposé sur un horizon pierreux très perméable. Histoire d’une terre Au bord de l’Ariège, la structure agronomique du sol est bonne. L’investissement de la plaine par l’agriculture date du néolithique (5000 à 2500 av JC). Les premiers hommes sédentaires s’installent d’abord sur les coteaux ; proche de la rivière mais évitant les crues. Puis, les techniques agricoles évoluent, les hommes descendent du plateau où le sol mince est épuisé, pour entamer la culture dans la plaine à la terre profonde. Les sols des berges sont les plus fertiles, ils sont favorisés par le renouvellement du limon. Ces terres sont propices aux cultures maraîchères. Sur l’ensemble de la plaine on retrouve grâce à la toponymie certains lieux qui furent difficiles à cultiver à cause des affleurements de graviers ou de l’instabilité des ruisseaux. Ex : Les Graves, Bourrasol, Malrivière... La mécanisation et la mise en place de fossés ont aidé l’exploitation. L’essentiel des terres est cultivé. Seuls le point de confluence des deux cours d’eau et les méandres, peu fertiles en raison du passage des crues étaient laissés en pâtures et sont aujourd’hui entretenus en parc public.

Un sol propice à l’agriculture dans toute sa diversité

Histoire de sable Les sols profonds sont composés de grave, de pierre, de sable. Dans les années 20, les pêcheurs de sable exploitaient sables et graves de la rivière, de manière artisanale. En 1932, avec l’apogée du béton, les premiers dragages flottant s’installent au point de confluence. Les bords de l’Ariège étaient exploités en divers endroits, remuant ses paysages. Les dernières exploitations ont été fermées en 1987. Depuis, le paysage s’est colmaté, faune et flore ont su tirer partie de ces différentes situations qui s’offraient.

Des sols chahutés au bord de l’Ariège, propice à des milieux diversifiés

Connaître le sous-sol pour comprendre la surface La nappe phréatique affleure à environ 3m de profondeur au centre de la plaine. Les alluvions de la basse plaine contiennent une nappe phréatique presque continue dont le sens général d’écoulement suit une ligne orientée d’ouest en est. La nappe est fragile, la nappe est naïve, elle conduit les pollutions qu’on lui soumet. L’ensemble de la plaine de Pinsaguel jusqu’à Labarthe sur Lèze est classé en zone vulnérable aux pollutions par les pesticides. Ce phénomène pouvant être dû à l’utilisation de pesticide sur les champs céréaliers ou sur la multitude de jardins particuliers qui recouvrent la plaine.

Un bassin versant à l’orientation naturelle Ouest-Est

Une pollution de la nappe phréatique à réguler

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Quel rôle a l’eau dans ce paysage ?

Activités autour de la Garonne et l’Ariège Routes fluviales depuis le VII° siècle, la Garonne et l’Ariège ont permis le déplacement des pêcheurs de sables et de bateliers, exploitant et transportant les ressources (graves, bois...). Aujourd’hui toutes activités économiques des cours d’eau ont cessé et laissent place à des espaces publics, pour des activités de loisirs. Les berges et leurs anciens chemins de halage se sont transformés en chemins de randonnée. Les usages ont changé, les abords des cours d’eau sont des espaces où l’on vient regarder, rêver, flâner.

Les bords des cours d’eaux ne sont plus investis pour des activités lourdes, ils sont les chemins privilégiés des randonneurs. L’Ariège et la Garonne sont investissables par des transports par l’eau.

Obstacle Crue très fréquente Crue fréquente Crue exceptionnelle

La plaine alluviale de la Garonne et ses principaux niveaux Source : Agence de l’Eau Adour-Garonne

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Plan PPRI. Source : DIREN Midi-Pyrénées. oC


Eau territoire La rencontre de trois entités hydrologiques venues des Pyrénées. La Garonne est une limite de la plaine de l’Ariège. Au delà, commence sa propre plaine. Ici, le fleuve file vers le Nord Est. Il est encaissé, contenu dans son lit mineur. Un fossé profond longe la Garonne, au niveau de Roquette, vestige d’un ancien canal qui alimentait le moulin du village. L’ancien canal accentue la limite franche que créé la Garonne et créé un espace singulier entre lui et le fleuve.

La Garonne, une limite franche.

L’Ariège, elle, a une capacité de diffusion. Elle serpente en méandres, grignotant toujours un peu plus les coteaux, se faisant repousser par eux aussi. Son lit majeur s’étend sur la plaine, en limitant la construction sur une bonne partie. Son cours d’eau est vif, avec des pointes record d’avril à juin à la fonte des neiges. L’Ariège a construit des petits lacs, des zones humides sur son lit majeur.

L’Ariège a une capacité de diffusion.

La Lèze est une petite rivière énergique venue du massif du Plantaurel qui conflue avec l’Ariège à Labarthe-sur-Lèze. Elle crée un paysage de méandres voluptueux sur la plaine. Les lignes boisées qui l’accompagnent créent des espaces clos intéressants.

La Lèze, soumise débordements.

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Histoire d’eau, l’énergie débordante de l’Ariège et la Lèze. En 1939-40 deux crues modifient le cours de l’Ariège. La dernière déplaçant de près d’un kilomètre en aval la rivière, modifiant l’espace de la confluence avec la Garonne. Le hameau de Justaret a plusieurs fois été ravagé par les eaux et a chaque fois reconstruit . En 1875, un plan d’alignement oriente l’urbanisation de cette zone et fixe l’assiette des constructions à établir sur les deux côtés de chemin vicinal. Cette instabilité de l’Ariège a découragé la construction de ponts, on installait alors des bacs. Un seul bac est aujourd’hui présent, il sert à rejoindre le parc de la confluence de Portet-sur-Garonne à Pinsaguel. Il répond à un usage de loisir, récréatif. Sur la Lèze, depuis les années 70, trois grandes crues ont eu lieu, la dernière faisant des dégâts considérables à Labarthe-sur-Lèze. Les dégâts étant dû à la progression de l’urbanisation sur des zones vulnérables. La Lèze est surveillée. Des plantations de haies brises crues sont programmées par le SMIVAL (Syndicat Mixte Interdépartementale de la Vallée de la Lèze). Le PPRI (Plan de Prévention de Risques d’Inondations), délimite les zones inondables autour des cours d’eau. Depuis la mise en place des PLU, les constructions sont strictement interditent dans ces zones.

Les infrastructures et l’urbanisation font obstacles à l’Ariège et la Lèze. Le PPRI, propose de redéfinir les espaces dédié au cours d’eaux.

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Quelles sont les structures végétales existantes ? Quelle sont les matières du paysage ?

Peuplier dominant Saule blanc dominant Frênaie/ormaie Chênaie Pelouse Arbres de parc non déterminé Haies

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Plan végétation existante. Source : Nature Midi-Pyrénées. oC

Zones protégées. Source : Mairie Pinsaguel. oC


Nature I*, la rypisylve… *Au sens du concept des trois natures définit par John Dixon Hunt, le jardin constitue une troisième nature magnifiée par l’art et liée par mimesis aux deux autres ; une deuxième nature, maîtrisée à des fins principalement pragmatiques et correspondant à ce que l’on désigne habituellement comme la campagne ; une première nature, rattachée à un état sauvage et idéalement vierge. Ce concept est utilisé pour affirmer chaque entité comme étant des systèmes autonomes.

Rencontre de deux états végétals Les rypisylves sont investis d’une forte identité végétale. L’Ariège arbore un aspect sauvage qui en fait un lieu singulier pour le promeneur. La Garonne propose une ambiance plus seche. Leurs milieux abritent faunes et flores défendues par les autorités et les systèmes de protection juridiques (ZNIEFF, Natura 2000).

Une végétation diverse contenue dans une réserve à valoriser.

“La «réserve naturelle» perpétue cet état primitif qu’on a été obligé, souvent à regret, de sacrifier partout ailleurs à la nécessité. Dans ces réserves, tout doit pousser et s’épanouir sans contrainte, tout et même ce qui est inutile et nuisible. Le royaume de la fantaisie constitue une réserve de ce genre, soustraite au principe de réalité. “ S. Freud, Introduction à la psychanalyse, Payot, 1951, p. 400.

100m

100m

Coupe sur la Garonne, un boisement linéaire qui suit le cours d’eau . oC

Coupe sur l’Ariège, une végétation qui accompagne le mouvement de fluctuation du cours d’eau. oC

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Les ramiers et bord dâ&#x20AC;&#x2122;Ariège FrĂŞnes, ChĂŞnes, Saules, Peupliers, Ormes et milieux associĂŠs.... Regard de naturaliste (Inventaire ďŹ&#x201A;oristique Maison de lâ&#x20AC;&#x2122;environnement Midi-PyrĂŠnĂŠes) â&#x20AC;&#x153;Au conďŹ&#x201A;uent, les essences qui constituent les cours dâ&#x20AC;&#x2122;eaux sont essentiellement les Saules blancs, les FrĂŞnes communs et oxyphylles et les Peupliers noirs. Le sous-ĂŠtage est riche en herbacĂŠes hautes (MĂŠgaphorbiaies) et en lianes. Les bandes de ripisylve sont plutĂ´t denses sur le ramier de Lacroix-Falgarde et le parc du conďŹ&#x201A;uent tandis que sur Château Berthier, ce rideau est aminci comme au niveau de la Grande Paroisse. Il est par contre totalement inexistant sur le bord convexe du coude de Portet en rive gauche de la Garonne. En bordure des ĂŠtangs on retrouve des saulaies-peupleraies. Les boisements plus mâtures se rencontrent Ă divers endroits sur lâ&#x20AC;&#x2122;ensemble du territoire ĂŠtudiĂŠ sous la forme de ÂŤ petits ĂŽlots Âť de chĂŞnaiefrĂŠnaies-ormaies ou chĂŠnaies-peupleraies blanches. Sur le site de Château Berthier, câ&#x20AC;&#x2122;est lâ&#x20AC;&#x2122;ensemble du boisement (hormis la partie la plus exposĂŠe aux crues) qui prĂŠsente les caractĂŠristiques de la forĂŞt alluviale Ă  bois durs : ChĂŞnes pĂŠdonculĂŠs et pubescents (Quercus robur, pubescent), Frène communs et oxyphilles (Fraxinus excelsior et angustifolia), Erables sycomores (Acer pseudoplatanus), Ormes champĂŞtres et lisses (Ulmus minor et laevis), Tilleuls (Tilia platyphyllos) composent une magniďŹ que forĂŞt luxuriante, avec des arbres de tailles impressionnantes. DotĂŠ de 74 espèces ďŹ&#x201A;oristiques, ce boisement dâ&#x20AC;&#x2122;un grand intĂŠrĂŞt patrimonial nâ&#x20AC;&#x2122;a jamais ĂŠtĂŠ exploitĂŠ et nâ&#x20AC;&#x2122;a pas non plus ĂŠtĂŠ un lieu dĂŠgradĂŠ par les extractions. Lâ&#x20AC;&#x2122;inďŹ&#x201A;uence mĂŠditerranĂŠenne se fait sentir avec, par exemple, la prĂŠsence de ChĂŞnes verts Quercus ilex au coeur du parc du conďŹ&#x201A;uent.â&#x20AC;? 3".*&3ON /PNEPOOĂ? EBOTMFTVE PVFTUEFMB'SBODF Ă&#x2039;EFT CPVUVSFTEFSBNFBVYEFTBVMF FUEFQFVQMJFSRVPOQMBOUF BWFDUPVUFTMFVSTSBNJMMFT TVSMFCPSEEVOFSJWJĂ&#x2019;SF  QPVSEJNJOVFSMBSBQJEJUĂ? EVDPVSTEFMFBVEBOTMFT

Les ramiers dĂŠsignent Ă lâ&#x20AC;&#x2122;origine les lieux de plantation de ramilles de saules et de peupliers. On les plantait pour ralentir le dĂŠbit du cours dâ&#x20AC;&#x2122;eau.

Les bord dâ&#x20AC;&#x2122;Ariège, sanctuaires, sont un contre point Ă lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtendue de la plaine.

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Les traits de villes

platanes

Les alignements de platanes, lignes de forces dans la composition d’un territoire. Le platane est emblématique des villes du Sud de la France.

Les traits de l’Ariège Alignements de peupliers, saules

Les traits d’arbres plantés entre deux champs, sont des figures singulières et majestueuses. Ils partitionnent l’espace. Ils lui donnent une orientation.

Les quadrillages de Château

platanes

Les quadrillages boisés, sont des ponctuations. Ils sont des masses repérables.

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Le verger Noyer

Le verger, boisement productif. Forme rare de ces paysages. Ils formeront à maturité des couverts végétals ordonnés.

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La Garonne est marquée par une identité simple et forte dû aux chênaies. Le chêne pédonculé et pubescent poussent principalement sur des sols frais et non humide, cette situation en hauteur par rapport au lit du fleuve est de ce fait idéale. Cette lisière renforce la limite que crée déjà la Garonne, elle forme une épaisseur. On trouve parfois des cadrages, des ouvertures qui permettent un regard sur elle, une invitation dans son intimité. Le centre du cours d’eau est ponctué de petits îlots ce qui a permis un temps la culture de l’osier, cette présence est encore visible.

Oseraie

Bord de Garonne, la vie en hauteur Chênaie

La chênaie est une forme dense, qui s’établit en parallèle de la Garonne. Sa densité structure des ouvertures vers le fleuve.

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Les ruisseaux sont les indicateurs des orientations du sol, de ces pentes subtils. Ils sont marqués sommairement par des ponctuations de chênes, parfois, de saule têtards. Leur présence est à renforcer.

Ligne ruisselante Chêne, Saule têtard

Les arbres le long des ruisseaux attestent la présence des petits cours d’eau. Ils sont répartis de manière inégale et ne sont pas toujours affirmés.

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Qu’est ce qui fait campagne ?

Le mode de faire de Mr Dian, agriculteur à Villate

« Moi, je suis là. Mon exploitation commence là, c’est 100ha, elle suit toute la route… elle est assez groupée… un îlot ici… un ici…un là……. chaque fois qu’on a un îlot, on a une route ou un fossé. 13 îlots, dont un îlot entièrement en jachère. Il faut 5% de la surface minimum en jachère. Sur ces îlots je fais… C’est tout en plaine y a pas de pente ni rien. Je fais du colza en majorité, du tournesol, du blé tendre, du blé dur, tournesol oléique et d’oisellerie… Tous les ans j’ai un petit contrat pour faire des grains de tournesol striés pour les oiseaux de compagnie. Je fais de l’orge pour faire de la farine pour les animaux. Et ensuite je fais du pois pour les farines animales… voilà en gros… » Mr Dian fait des jachères fixes où il sème des graminées qu’il a obligation de broyer régulièrement. Sur les parcelles en culture il fait des jachères tournantes de 3 ans. Il n’y a pas besoin d’irrigation. Les pailles sont récupérées pour recouvrir les champs l’hiver, afin de limiter le desséchement de la terre. 20% des champs sont labourés, pas plus, le reste est du travail superficiel. On diminue ainsi la perte de matière organique de la surface. Tous les intrants sont recensés sur un logiciel informatique, ce qui permet un calcul précis des besoins des plantes année après année. Les pertes de produits dans la nappe sont limitées dans ce type de production.

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Nature II, le champâ&#x20AC;Ś Histoire de champ : Bois, cĂŠrĂŠales, vignes, cĂŠrĂŠales, cĂŠrĂŠales, cĂŠrĂŠales, cĂŠrĂŠalesâ&#x20AC;Ś Durant plus dâ&#x20AC;&#x2122;un millĂŠnaire la plaine nâ&#x20AC;&#x2122;a ĂŠvoluĂŠ que lĂŠgèrement, laissant toujours la part de lâ&#x20AC;&#x2122;espace agricole dominer. Vigne de mauvaise qualitĂŠ, foin, cĂŠrĂŠales, ces terres nâ&#x20AC;&#x2122;ont connu pratiquement que ça. Le bĂŠtail a ĂŠtĂŠ parfois, les bois ont disparus et après guerre on dĂŠcrit la plaine sous cet angle : ÂŤ La plaine nâ&#x20AC;&#x2122;oďŹ&#x20AC;re plus quâ&#x20AC;&#x2122;une surface unie et lointaine pour le coup dâ&#x20AC;&#x2122;Ĺ&#x201C;il, dĂŠpeuplĂŠs dâ&#x20AC;&#x2122;arbres, de bois ; le pays nâ&#x20AC;&#x2122;a plus lâ&#x20AC;&#x2122;aspect pittoresque quâ&#x20AC;&#x2122;il possĂŠdait autrefois ; le bois devient rare, on a de la peine Ă sâ&#x20AC;&#x2122;en procurer, il devient coĂťteux pour les familles. Âť Un instituteur de Saubens au dĂŠbut du XX° Cette terre sâ&#x20AC;&#x2122;est totalement dĂŠboisĂŠe depuis le dĂŠbut du XX° siècle. Elle est alors devenue campagne. On associe, Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;origine, le terme de campagne Ă  lâ&#x20AC;&#x2122;ensemble de champs ouverts. Etymologiquement, campagne est la prononciation picarde de champagne, qui, veut dire plaine. Plaines et champs ouverts, nous sommes bien en campagne.

Le paysage est dĂŠboisĂŠ depuis lâ&#x20AC;&#x2122;après guerre, retrouver une production en bois nâ&#x20AC;&#x2122;est pas contradictoire avec lâ&#x20AC;&#x2122;histoire du territoire. $BNQBHOFOG

BlĂŠ, pois, pois, orge, tourneâ&#x20AC;Śsol, colza. MaĂŻs. MaĂŻs, maĂŻs, maĂŻs, maĂŻsâ&#x20AC;Ś Salade. Le territoire est composĂŠ de trois types dâ&#x20AC;&#x2122;agricultures. MaraĂŽchage, polyculture, monoculture. Mr Martino est maraĂŽcher Ă Roquette, il fait des salades sur une exploitation de 8ha. Cette exploitation est sous serres, les structures sont visibles dans le paysage. Les autres exploitations agricoles sont en polyculture et monoculture. A Saubens, les terres sont rĂŠparties en majoritĂŠ pour la monoculture de maĂŻs. Cette agriculture demande un apport dâ&#x20AC;&#x2122;intrant important et une irrigation. Elle crĂŠe les plus vastes ĂŠtendues uniformes, 11ha dâ&#x20AC;&#x2122;un seul tenant. Ces espaces forment des lieux dĂŠsertiques, ĂŠtranges qui sollicitent un large regard, on les traverse le long dâ&#x20AC;&#x2122;un chemin en environ 15min Ă  pied. Ils sont lassants, usants, mais frĂŠquentĂŠs. Les autres exploitations sont en polycultures, ils sont cultivĂŠs de diverses cĂŠrĂŠales et olĂŠagineux, qui sont mis en rotation pour diminuer les doses dâ&#x20AC;&#x2122;intrants.

1BZTBHF EF DIBNQT PVWFSUT BCTFODF EF IBJFTFUEFDMĂ&#x2122;UVSFT FU EĂ?WFMPQQĂ? JOJUJBMFNFOU EBOT MF DPOUFYUF EVOF PSHBOJTBUJPO DPNNVOBVUBJSF EF MB WJF SVSBMF  Ă?UFOEV QBS MF SFNFNCSFNFOU

Lâ&#x20AC;&#x2122;idĂŠe de campagne est historiquement liĂŠe Ă lâ&#x20AC;&#x2122;horizon dâ&#x20AC;&#x2122;une plaine. Dans lâ&#x20AC;&#x2122;ordre, maraĂŽchage, polyculture, monoculture, ces activitĂŠs constituent des espaces de dimensions croissantes.

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Quelles sont les singularitĂŠs de la campagne ?

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FossĂŠs, bosquetsâ&#x20AC;Ś Fractions de nature sauvageâ&#x20AC;Ś 700mm dâ&#x20AC;&#x2122;eau par an, les fossĂŠs permettent de prĂŠvenir les prĂŠcipitations qui peuvent tomber en très peu de temps dans la rĂŠgion. Ces limites creuses sont parfois plantĂŠes dâ&#x20AC;&#x2122;essences arbustives (prunellier) ou laissĂŠes en herbe de fauche. Elles font la sĂŠparation discrète de deux parcelles. Trois, quatre ans, câ&#x20AC;&#x2122;est le temps de conquĂŞte quâ&#x20AC;&#x2122;on accorde aux plantes entre chaque curage. Nous ne sommes pas dans un milieu bocager mais bien dâ&#x20AC;&#x2122;openďŹ eld. Quelques vestiges de structures arbustives sont posĂŠs entre des champs. Quelques parcelles impropres Ă lâ&#x20AC;&#x2122;agriculture forment des bosquets, ils sont des refuges. Ces microcosmes sont soumis Ă  des usages insolites, secrets, cachĂŠs du regard. FossĂŠs, lignes arbustives, bosquets, crĂŠent le cadre. Ils ponctuent, griďŹ&#x20AC;ent, bousculent les champs dans leur homogĂŠnĂŠitĂŠ. Ils appartiennent Ă  des temps de croissance long par rapport au temps dâ&#x20AC;&#x2122;une culture cĂŠrĂŠalière. Je les perçois comme des reliques du paysage, leurs usages sont ďŹ&#x201A;ous et ils crĂŠent cette sensation quâ&#x20AC;&#x2122;ils nâ&#x20AC;&#x2122;appartiennent Ă  personneâ&#x20AC;Ś ou Ă  tout le monde. Ces lieux renvois Ă  la dĂŠďŹ nition des communaux. Lieux qui existaient dans les communautĂŠs rurales du IX° au XVIII°siècle.

Aujourdâ&#x20AC;&#x2122;hui des lieux similaires aux communaux sont la propriĂŠtĂŠ dâ&#x20AC;&#x2122;un agriculteur ou de la commune. Ils ont ce statut ambigu, qui permet aux riverains de traverser, cueillir un fruit, construire une cabane. On est dans une implication de lâ&#x20AC;&#x2122;espace hĂŠritĂŠe de la tradition des communaux. Et lâ&#x20AC;&#x2122;espace devient citadinâ&#x20AC;Ś Lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠvolution du territoire, lâ&#x20AC;&#x2122;augmentation explosive de la dĂŠmographie, la tradition mute. Sur des espaces densĂŠment boisĂŠs comme les bosquets , la densitĂŠ de population altère les pratiques. Pour un espace de ce type de moins de 1ha, la pratique du lieu comme cabane, refuge est possible Ă lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠchelle dâ&#x20AC;&#x2122;un groupe limitĂŠ ou dâ&#x20AC;&#x2122;un village ou bien si il est isolĂŠ, ĂŠloignĂŠ de toutes habitations. On retrouve ces formes de boisement près des lotissements. Dans lâ&#x20AC;&#x2122;espace devenu citadin, le bois est rattachĂŠ spatialement Ă  un secteur habitĂŠ, cette proximitĂŠ crĂŠĂŠ lâ&#x20AC;&#x2122;appartenance du boisement au groupement dâ&#x20AC;&#x2122;habitat.

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Des espaces communs rares.

Des lieux de pratiques ÊphÊmères fonctionnant pour des groupes rÊduits.

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Quelles sont les fondations des villes ?

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Carte de Cassini, XVII°. Source : GÊoportail.


La ville, Nature III ? Le regard se renverse maintenant, il se renverse car l’entité ville ne semble pas faire partie intégrante du sol. Elle semble rapportée d’un ailleurs. L’urbanisation se décrit selon quatre actions successives qui n’ont pas été stimulées par les mêmes ressorts.

Six communes composent le territoire étudié. Du nord au Sud : Pinsaguel, Roquettes, Pins-justaret, Villate, Saubens, Labarthe-sur-Lèze.

S’implanter Urbanisme linéaire, le long des voies départementales. Les bourgs anciens donnaient le ton d’un urbanisme. Habitations en R+1, alignées à la voie. Une place publique à chaque village accueillait les moments de vie commune. Ces traits de villes ne font pas plus de 500m et ont été pour chaque village laissés en suspens. Ces segments de rues donnent une mesure linéaire, une référence de dimension à la ville. Labarthe-sur-lèze était constitué de manière un peu différente. Son centre ancien était composé en deux pôles de part et d’autre de l’église. Des maisons occupaient les abords de ce noyau central en laissant de larges espaces entre elles. De multiples fermes s’égrainent plus loin. Cette répartition ancienne s’implante sur les parties non inondables de ce secteur, fortement chahuté par la lèze. Saubens, Roquettes sont implantés en bord de Garonne. Leurs places anciennes dialoguent avec le fleuve. Pins-Justaret est un village en deux parties. Pins était le bourg. Justaret était, au XVI° siècle, un petit port et un hameau rattaché. Avantage de la proximité à la rivière, inconvénient de ses caprices, sa déconstruction et sa reconstruction ont suivi les aléas de l’Ariège. Il en va de même de Pinsaguel, construit entre Garonne et Ariège, la ville se trouve depuis son origine dans une position fragile.

Un modèle d’urbanisme ancien dialoguant en intelligence avec le contexte. (photo 1) Des parties de villes à protéger des inondations.

«[…] les formes historiques ont fait leur temps. Elles ne façonnent plus la ville et n’en fixent plus les limites. » T. Siverts, L’entre-ville, une lecture de la Zwischenstradt, éd. Parenthèses, 2004. L’urbanisme des villes s’est distancié des figures de ville ancienne. Les formes de villes ne correspondent plus aux fonctions d’accessibilité pour automobile et à la demande moderne des particuliers.

Un modèle d’urbanisme abandonné, à harmoniser avec l’urbanisme moderne. (2)

La mairie, l’église, la gare, les équipements publics, sont les édifices repères d’un paysage, un œil est à garder dessus dans la construction des projets.

Des édifices repères. (3) (4)

Prendre un peu du sol, pour édifier une ville. Les romains utilisent la glaise qu’ils trouvent en abondance dans la région. La brique à été abandonné au Moyen-âge pour la terre et la paille, puis à cause du nombre d’incendies, elle fut remise au goût du jour. Le galet tiré de l’Ariège et de la Garonne s’utilisait pour orner fenêtres, portes et certains murs. Les tuiles dites « canal » standardisés à 50 cm de long couvrent les toits de la région. Au XVIII° siècle, on badigeonnait les briques d’un enduit blanc ou d’argile contenant de l’oxyde de fer (celui-ci devenant jaune).

Des couleurs et des matières de bâtiments issues du sol local.

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1

Saubens, un modèle urbain ancien dialoguant intelligemment avec son contexte. oC

2

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Pins-Justaret, un modèle urbain abandonné, à remettre en cohérence avec l’urbanisme actuel. oC


3

Mairie de Pins-Justaret, un repère à ne pas perdre de vue. oC

4

Silo à grain/gare de Pins-Justaret, une entité à construire pour faire repère. oC

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Quels habitats observe-t-on dans ce paysage ?

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Les fermes, les maisons de maîtres, les hameaux, premières formes d’un mitage Fermes, maisons de maîtres, hameaux de 3, 4 habitations ont été pendant des décennies la seule progression urbaine après les bourgs. Le plus vieux corps de ferme du territoire date de l’époque gallo-romaine. Les fermes sont rattachées à l’activité du champ et se trouvent en principe au centre de l’exploitation. Le corps de ferme se compose du bâtiment principal, puis du bâtiment agricole suivi d’une cour. Parfois aucune clôture ne sépare l’espace entre la ferme et le champ. Le corps de ferme affirme sa position d’appartenance aux champs. Ces bâtiments anciens sont construits en matériaux d’une provenance géologique locale. Plusieurs maisons de maîtres, ponctuent le territoire, elles occupent des surfaces de terrains entre 3000 et 30000 m². Le bâtiment est souvent retranché derrière un jardin fourni. Excepté le château Berthier qui affirme encore une forme de domination dans sa position spatiale, les autres grandes propriétés sont fermées au paysage. 1870, c’est l’exode rural. Certains partent, d’autres restent mais se déplacent quotidiennement vers Toulouse. C’est le début d’une relation forte qui s’instaure grâce au travail, entre le territoire et Toulouse. Parsemer, un pavillon, des pavillons… A partir de 1965, le phénomène migratoire va s’inverser. Les urbains se dirigent vers la campagne. L’automobile affranchie des longues distances. D’abord, ce sont des anciens ruraux ou leurs enfants qui reviennent sur leur terrain pour construire. Se poursuit alors le mitage de l’espace. Puis, favorisée par la mise en place des équipements nécessaires (assainissement, voirie, eau potable, équipements publics), cette tendance initie une urbanisation massive.

Le mitage, un phénomène à contenir.

La distinction entre batiment ancien et pavillon Corps de fermes et château sont l’amorce d’un mitage du territoire. Cependant, le rapport aux champs qu’on attribue à la ferme, lui donne ce statut d’édifice monument. Ils sont patimoine au même titre que les châteaux. Ce sont les exceptions, qui, parce qu’ils ont un rôle culturel à jouer, ont le droit d’être isolés. Le modèle d’implantation, récupéré par la masse dans la construction des pavillons, n’a plus cette vocation culturelle, leur statut est plus controversé.

Les bâtiments anciens jouent un rôle culturel, ils ont une résonnance publique.

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Pourquoi lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtalement urbain ? Quelles consĂŠquences sur le paysage ?

-PUJTTFNFOU TN  ÂĄ "DUJPO EF EJWJTFS RVFMRVFDIPTFFOMPUT ÂĄ 5FSSBJO EJWJTĂ? FO MPUT FO WVF EZ DPOTUSVJSF EFT IBCJUBUJPOTTPVNJTFTĂ&#x2039; DFSUBJOFTDPOEJUJPOT

Le lotissement : plusieurs formules Les lotissements communaux : la commune assure le tracĂŠ, la constructibilitĂŠ, la viabilisation des terrains, ils sont ensuite commercialisĂŠs sous forme de lots libres, via les agences immobilières. Les lotissements privĂŠs ont pour origine des parcelles privĂŠes, divisĂŠes lors de transmissions ou dâ&#x20AC;&#x2122;amĂŠnagements rĂŠalisĂŠs par les promoteurs-constructeurs et dessinĂŠs par des gĂŠomètres. Le lotissement amĂŠnagĂŠ par une sociĂŠtĂŠ dâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠconomie mixte, sâ&#x20AC;&#x2122;inscrit dans un cadre de vastes opĂŠrations tertiaires ou de loisir et sâ&#x20AC;&#x2122;adresse Ă une population plus favorisĂŠe. D. Mangin, La ville franchisĂŠe, ĂŠd. La Vilette. Paris, 2006

Le lotissement est un choix ĂŠconomique, la formule est adaptĂŠe aux moyens, la rĂŠďŹ&#x201A;exion urbaine nâ&#x20AC;&#x2122;est pas toujours menĂŠe par les mĂŠtiers compĂŠtents.

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Pression dĂŠmographique sur le territoire de la CAM. Source CAM

Demande

OďŹ&#x20AC;re

IndividualitĂŠ (singularitĂŠ propre)

Les produits sont tous les mĂŞmes. IndividuĂŠe

Modèle villageois, proximitÊ services, accessibilitÊ.

Modèle du secteur, les services sont ÊloignÊs.

Nature, air pur.

Diminution/ĂŠloignement des parcelles agricoles dĂť aux nouvelles implantations de lotissements. Pollution automobile, agricole.


Accumuler La ville s’étire… A partir de 1970, la médiatisation des grands ensembles initie leur rejet, ce qui incite une population à s’installer au delà. Les agriculteurs qui partent en retraite et qui n’ont pas de descendants, vendent leurs terrains aux plus offrants. Le coût des terrains est plus faible qu’en ville. La demande d’accession à la propriété est massive. L’Etat facilite les crédits. Les lotissements pavillonnaires s’emparent de la campagne.

L’étalement urbain, phénomène à réguler.

un

L’engrenage Rapidement, les élus soucieux de maintenir un service minimum dans leur commune (démographie, école…) poursuivent les opérations foncières. Les familles avec enfants sont séduites par ce type d’habitat. Après quelques années, les enfants partent étudier en ville. Le renouvellement générationnel ne se fait pas. Ce sont de nouvelles familles qui arrivent. La densification étant compliquée, on étale à nouveau. En parallèle, les hameaux accèdent à l’eau, l’assainissement, la voirie. C’est l’éclatement des centralités.

Une perte des centralités, des centres à retrouver ?

Logique à l’économie. Le lotissement utilise l’ensemble de la surface de champ vendu. Il investit la totalité de la surface. La surface est isolée de son contexte. Le géomètre dessine des voiries sinueuses, les pavillons suivent.Ainsi se succèdent aplats, étals de ville. Le coefficient de densité est de 0,34, c’est faible. La mise en réseau de voirie, assainissement, c’est cher. Le lotissement permet de minimiser les coûts de réseaux, en groupant. Les prix sont absorbés sur la qualité de bâtir et des matériaux. 70% de ce type de construction est produite par des promoteurs-constructeurs. A partir de 170m², un architecte est obligatoire, du moins pour l’obtention du permis de construire. Les produits ne sont pas identiques mais similaires. Le modèle étant composé à l’économie, les variations des produits sont faibles, la proposition architecturale est pauvre.

Un modèle conditionné par les moyens privés. Une volonté de structuration publique à affirmer.

Je demande, on m’offre… à quel prix ? La demande entendue par les constructeurs est celle d’un lieu sécurisé pour les enfants, un cadre à la campagne. Le lotissement y répond simplement. Le secteur s’implante sur un champ à côté d’un champ, les voies sinueuses ralentissent les automobiles, le passage d’étranger n’est pas sollicité. On est ici dans un cercle fermé, un lieu autarcique du point de vu de l’habitat. Il y a des contradictions dans la demande et l’offre commerciale.

Retrouver une concordance entre offre et demande.

49


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Le pavillon, modèle architectural Le pavillon est devenu un stĂŠrĂŠotype de la maison. Un habitat, liĂŠ Ă lâ&#x20AC;&#x2122;ère industrielle et reproduit Ă  la chaĂŽne. Ici, la brique, la tuile sont locales des communes voisines, fabriquĂŠes en industrie. Les maisons sont enduites, leur couleurs est contrainte par le plan local dâ&#x20AC;&#x2122;urbanisme, qui propose une gamme Ă  respecter.

Le pavillon, un stÊrÊotype architecturale gÊnÊralisÊ. Le modèle doit-il progresser ?

Le module pavillonnaire se compose dâ&#x20AC;&#x2122;une habitation au centre de la parcelle. EntourĂŠ dâ&#x20AC;&#x2122;un jardin. Clos par une haie taillĂŠe dense persistante ou un muret. La surface, fait en moyenne 700m². Lâ&#x20AC;&#x2122;enclos, le jardin, protègent la sphère familiale.

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Quelles relations entre les tracés anciens et récents? Quels réseaux de mobilité douce existants?

Portet s/ Garonne

Histoire de routes Toutes les départementales actuelles sont des routes historiques, datées d’avant 1800. Elles sont le réseau d’irrigation du territoire. Tous les villages anciens se sont appuyés sur elles. Roques

Les voies fluviales sont utilisées jusqu’à la fermeture progressive des activités de gravières. La voie ferrée est mise en service en 1870, elle marque une première coupure dans le territoire.

Roquettes

La Nationale 20 reprend le tracé du Grand chemin de Pamiers à Toulouse. Elle a été aujourd’hui déclassée en D820. C’est une route à grande vitesse, qui a affirmé la séparation entre la plaine et la rivière. L’Autoroute A66, qui relie Toulouse à Pamiers par la vallée du Lauraguais s’édifie en 2002, désengorgeant la Nationale 20.

Justaret

Saubens

PIns

Les voies historiques sont restées la base des réseaux du territoire.

Labarthe s/ Lèze

52 Centre ancien Route historique Voirie récente


Villes construites sur des réseaux Fouler l’immensité de la terre Le chemin rural n°6 est historiquement le chemin dit « l’Ariège » qui relie Saubens à Justaret. Une trace de cette relation millénaire entre la plaine et ses bords. Ce type de chemins servait à relier les villages par des raccourcis indépendants des routes. Ils sont des chemins d’exploitations où l’on croise aussi promeneurs, coureurs, cyclistes. Grâce à eux on traverse les champs à découvert. On foule l’immensité de la terre. Ils sont à l’origine constitués par les graves et sables extraits de rivière, ce qui leurs donnent un aspect de pierres usées, sorte de pavage brut. Le lotissement et sa voirie normée, quelles qualités ? 11, 15, 9, 10, 6, 4, 6, 5, 7, 5, 7, c’est la variation de largeurs de la route principale qui relie la gare jusqu’au centre de Pins. 5m c’est la largeur moyenne de la voie carrossable dans un lotissement à Pins. Il n’y a pas de rues, juste une continuité uniforme de routes. Les trottoirs agrandissent l’emprise de voies à l’intérieur des lotissements, ce qui créé des voies aussi larges que la départementale. Les voies de lotissements ne se dissocient pas des voies passantes de la ville. Il y a un problème de lisibilité de l’espace. Le module pavillonnaire a conduit à la disparition de la rue. Le rapport entre une voie large de 9m en moyenne et une hauteur de haie de 2m, confère aux espaces des voies un caractère béant, trop lâche pour faire rue. Cependant, la dimension convertissable en espaces de jeux est une qualité indéniable de ces espaces. Il y un rapport plurivoque entre la dimension spatiale et sociale de ces lieux. L’apparence inhospitalière de l’espace, répond à des pratiques sociales réelles. Les voies posent tout de même la question de la qualité d’espaces qu’elles offrent.

Les chemins ruraux sont les réseaux privilégiés par les non conducteurs pour traverser le territoire .

Les voies de lotissements s’apparentent à des routes, se sont des réseaux autarciques qui ne déservent qu’un système.

Comparaison de distances entre le système des environnements juxtaposés et le maillage de tracé.¹

Des voies qui répondent à des pratiques sociales réélles.

Des réseaux qui éloignent des services. ¹ D. Mangin, La ville franchisée, éd. La Vilette. Paris, 2006

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La centralité est-elle encore la référence d’une ville ?

Etude sur Pins-Justaret, la centralité doit-elle être renforcée ?

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La centralité en question… La juxtaposition des environnements indépendants pose la question de la forme urbaine globale. Les axes urbains ne sont plus organisés autour du centre ancien. Y’a-t-il la nécessité d’être relié au centre ? Doit-on considérer les secteurs de lotissements comme les faubourgs du centre ancien ou doit-on accepter une ville différente des schémas anciens ? Pour mettre en débat le rôle de la centralité dans les villes périurbaines, je me suis référée au texte de T. Siverts. L’entre ville, une lecture de la Zwischenstradt, éd. Parenthèses, 2004 T.S. met en avant le fait que : « Notre propre organisation mentale est vraisemblablement structurée en « lieux centraux » autour desquels nous agrégeons nos connaissances pour pouvoir les y retrouver plus facilement. [… ] Aujourd’hui il n’y a plus de centres mais des réseaux de nœuds. Ce qui a provoqué un démantèlement de la hiérarchie spatiale au profit d’une spécialisation, sur la base d’une équipartition de l’espace, de la fonctionnalité et de la division du travail. ». D’après T. Siverts, l’individu a besoin de centres urbains hiérarchisés pour se repérer. Avec la société automobile, les centres deviennent des points d’intensité urbaine. Chaque citadin automobiliste a de multiples référentiels et plus ou moins lointain les uns des autres. L’espace de résidence n’est qu’un point référence dans une constellation d’autres, la hiérarchie est propre à chacun.

La centralité un phénomène repère par nature. Les centres urbains ont changé de statut avec l’avénement de l’automobile, ils sont aujourd’hui des points d’intensités urbaines parmi une constellation d’autres points. L’importance des centres a diminué.

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Quel bassin de vie pour les sans-permis?

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Sentiers piĂŠtons RĂŠseau voirie


Terre des hommes sans voiture Dans le télescopage des échelles dû à la voiture, il ne faudrait pas oublier l’échelle des individus à pied ou à vélo, le bassin de vie des sans permis. Enfants, ados sans scooter, personnes âgées… Tous ces individus, dont le lieu de vie est là, sont à prendre en compte sur ce territoire qui fait leur quotidien. Aller d’un point à un autre, dans les villes qui composent le territoire, demande une connaissance intime des lieux. Passage sur trottoirs étroits, sur route, passage labyrinthique dans un lotissement, cheminer dans ces villes relève plus d’une promenade incertaine dans les bois, que d’une promenade en ville. Il y a un paradoxe entre le rôle fonctionnel que peut apporter la ville en terme de réduction des trajets domicile-école, domicile-mairie/centre commercial, des cheminements plus directs et les trajets existants.

Un réseau pour mobilité douce partiellement développé jusqu’à présent. Le maillage est du réseau est à retisser pour permettre une continuité.

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Quel impact des infrastructures dans le paysage ?

58 Autoroute Route à grande vitesse Voie férrée


Tracé de train Ligne franche et vive, la voie ferrée constitue la première coupure entre la plaine et l’Ariège. Elle encourage les deux parties à se fermer l’une à l’autre. En terme d’activité, ce nouveau moyen de transports d’hommes et de marchandises, a entraîné le territoire à passer d’un déplacement par les bords (les fleuves) à une manière de se déplacer par le centre, délaissant les rivières, accentuant l’activité au centre de la plaine. Les morphologies du paysage changent.

La voie ferrée et la voie à grande vitesse créent une coupure entre la plaine et la rivière. Elles limitent le lit majeur de l’Ariège.

Un bout de Nationale 20 La Nationale 20 traçait l’axe Paris-Frontière franco-espagnole avant 1996, elle a été divisé en portions départementales (elle se nomme aujourd’hui, D820). Croissance fordiste, l’infrastructure se durcit, la coupure dans le paysage s’accentue. C’est une voie rapide. Elle fait partie d’un réseau de hiérarchie de voies apparu avec les modèles de sectorisations. Ce modèle né du rôle hégémonique de la voiture. On propose une ville aux fonctions divisées et aux voies hiérarchisées. D820 fait partie de cette logique. Elle tire un axe entre secteur commercial (Portet s/ Garonne), secteur travail (Toulouse) et secteur loisir (les Pyrénées), les secteurs résidentiels s’y raccordent. Les voies ne sont plus résidentes mais circulables. Le territoire est raccourci. Les lieux qui se montraient moins fonctionnels que les autres sont zappés.

Trois entités de paysages distincts

Un paysage fonctionnaliste créé par les infrastructures.

Vide normé, un paysage pour la route La D820 est soumise à une bande de recul de 75 m de part et d’autre, un vide imposé par l’amendement Dupont du 1er Janvier 1997. Cette bande ne peut être construite de logements, dans le cas où des logements s’y trouvaient déjà, on propose la mise en place de murs anti-bruit. Les aires commerciales sont autorisées, la hauteur de bâtiment n’excédant pas la moitié de la largeur. Elle créé aussi la formation d’espaces délaissés. Des délaissés souvent sublimés par la photographie et le cinéma moderne, comme « hors champ esthétique et métaphysique »¹.

Le paysage routier, un paysage autonome qui ne dialogue pas avec les entités qui l’entourent.

¹ D. Mangin, La ville franchisée, éd. La Vilette. Paris, 2006

Les contres points de la hiérarchisation Outils de distribution, les ronds points connectent les réseaux de villes à la voie rapide en dissolvant la hiérachie. Leurs formes rondes, viennent en contradiction avec les parcellaires en place. Leurs dimensions est à l’échelle de la route mais pas du paysage.

Les ronds points sont des objets sans contexte, qui ne représentent pas le territoire, ils ne sont pas à l’échelle.

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Quel sentiment du territoire avons-nous en traversant ce paysage ?

Vue lointaine dû au niveau de la route en surplomb

Vue lointaine dû au niveau de la route en surplomb

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Présenc Vue lointaine dû à l’ouvert des champs

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Barrière visuelle végétale Mur antibruit Espaces publicités ouverture

Ouverture/fermeture sur le site, les sensations dupuis la D820.


Travail sur la perception depuis la route L’orientation et le mouvement cinétique d’un déplacement en automobile, offre une perception conditionnée. Le paysage apparaît sous la forme d’un rythme. Il est parfois rythmé, parfois arythmé. Vue d’automobile, l’outil vidéo permet de décomposer le trajet, décomposer les images données à voir au regard, en s’affranchissant de la vitesse. Je film d’abord de face pour présenter le regard fixe du conducteur, dans les deux sens du trajet. La vitesse est entre 70 et 100km/h, les espaces proches sont flous, les horizons lointains sont fixes.t L’horizon intermédiaire est le plus apte à être appréhendé par l’automobiliste. Dans le même registre que la signalétique routière, publicités et enseignes sont les premiers points d’appels. Malgré la proportion d’espaces du territoire qui se dégage, la publicité est exacerbée. Elle utilise les moments de vitesse lent pour apparaître . Je fais le même parcours sur une vision de côté : la publicité passe vite et n’est pas lisible, on voit l’espace que l’on parcourt. Alternance de proche et de lointain, les espaces apparaîssent.

Un rythme du paysage à composer.

Le territoire des hommes devient un spot médiatique, au service exclusif des intérêts privés, le phénomène de publicisation est une répercution de ces espaces abandonnés et mal organisés. Le paysage de la route doit équilibrer le rapport entre intérêts privés et intérêts communs, pour affirmer son appartenance à un lieu singulier. Le paysage perçu de côté doit émerger sur la vue de face.

Ce tavail me permet d’affirmer la nuisance que provoque le rôle de vitrine des bords de route. La publicité kidnappe le regard et les sens. Le paysage s’efface.

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Quel rapport le paysage des aires commerciales a-t-il avec le paysage du territoire ?

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zones dâ&#x20AC;&#x2122;activitĂŠs commerciales ou industrielles


Paysage mercantile Une galerie commerçante jusqu’à Toulouse Derrière les limites créées par le fleuve, à l’ouest et au nord, les centres commerciaux ont fleuri, utilisant la route comme axe de développement. Roques et Portet-sur-Garonne, conservent un centre ancien, la ville résidentielle se développe autour, les centres commerciaux sont en périphérie, ils font les entrées de ville. Ils font aussi la transition entre Toulouse et notre territoire. Les aires commerciales font parties de cette organisation de la ville sectorisée. On est ici sur un des secteurs commerciaux de Toulouse. Un monde construit pour les automobilistes. Autour de la route défilent enseignes sur « boîtes à chaussures ». Les enseignes sont adaptées au regard de l’automobiliste (orientation de biais vers la route, typologie et dimension visible à vitesse moyenne.) La route est vitrine, le paysage est une galerie commerçante.

Un paysage matraqueur, lié uniquement au commerce, à atténuer.

On est ici, peut être ailleurs... D. Mangin nomme ces lieux la ville frnachisée. La franchise est un contrat commercial entre plusieurs sociétés se regroupant autour d’une seule. Ikea, Leclerc, Carrefour… Ces « boîtes à chaussure » sont réitératives des périphéries des grandes villes de France. Un modèle exporté jusqu’à l’autre bout du monde. On les connaît, par le biais des médias, on les voit là, on les voit ailleurs, ces enseignes sont un peu une familiarité dans des lieux inconnus. L’objet attire des populations faisant parfois plus de 100 km pour les atteindre. Les implantations des bâtiments ont été scrupuleusement étudiées pour attirer, vendre et écraser la concurrence. Un modèle spatial cru, encouragé par les acteurs du territoire, qui abandonne totalement ces sites aux stratégies commerciales. Encore une fois, le paysage disparaît. Traverser en voiture est un matraquage incessant, fatiguant. Entité inhospitalière pour le piéton, accéder d’un bâtiment à l’autre à pied est désagréable, long, insécurisant.

Des paysages construient pour les automobilistes.

Des paysages qui n’ont plus d’identité liée au territoire.

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G.

ues RoGqaronne

La limite n’est pas la Garonne A l’Ouest de la Garonne, systèmes linéaires s’accumulent parallèlement. Les villes de Roques et Portet s/ Garonne sont prisent en étau entre les aires commerciales, industrielles, les infrastructures autoroutières et la Garonne. Cette accumulation d’infrastructures, créé une limite aux villes. Quelles ouvertures de l’espace peuvent espérer ces villes ?

Portet s/ Garonne, Roques, des villes coincées entre les infrastructures et la Garonne.

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Une sollicitation extrême de l’automobiliste/ Un espace ilisible qui se fait expliquer par des «jeux de pistes»

Un repère mondialisé, IKEA.

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Espace entrepôt.

Paysage illisible.

Le paysage des aires commerciales fait transition entre Toulouse et le site, il fait parti de ces paysages délaissés au mercantilisme sauvage. Le paysage du territoire est effacé.

Espace rentabilisé.

Paysage de la route. Des repères signalés ou codifiés.

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Quels sont les enjeux territoriaux à grande échelle ? Quels sont les outils administratifs mis en place pour réguler le territoire ?

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Schéma du plan d’aménagement et de développement durable / La polarisation urbaine. Source : SCOT toulousain 2009. AUAT

Un site en périphérie de la zone d’urbanisation développée en priorité. On peut prévoir sur le site une faible augmentation de la densité urbaine.

Un site qui s’inscrit dans la couronne verte toulousaine et dans une zone favorisant le maintien des activités agricoles.

site

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Schéma du plan d’aménagement et de développement durable / La couronne verte de l’agglomération Toulousaine. Source : SCOT toulousain 2009. AUAT


Les projets des pouvoirs publics La globalisation économique et culturelle à induit des boulversements majeurs. La multiplication des échelles d’interventions à permis de faire face aux nombreux enjeux à gérer. Changement climatique, crise pétrolière, crise agricole, attractivité économique des centres urbains, les ébranlements sociétaux appellent de nouvelles perspectives de projets territoriaux et urbains. Les instances publiques ont donc fixé de nouvelles règles que je vais exposer présentement. Scénario d’avenir, les nouveaux enjeux 1er source de changement : Anticiper la construction de 12000 à 13000 habitations par an sur l’aire urbaine Toulousaine, sachant que les objectifs de développement durable sont : « construire plus, de meilleure qualité, tout en consommant moins d’espace ». 2ème source de changement : La crise pétrolière et le changement climatique. Si il y a peu de chance pour que l’automobile et les engins agricoles disparaissent de notre mode de vie, on peut néanmoins promouvoir des modes de mobilité différents, peu onéreux et peu emetteur de gaz à effet de serre, ainsi que le développement de ressources énergétiques renouvelables et locales.

Des changements sociétaux, engageants de nouveaux enjeux pour les territoires et pour les villes.

3ème source de changement, la crise de la biodiversité et la crise agricole, les deux ne sont pas liés en tous points, mais elles traduisent la nécessité de mieux gérer les ressources de l’environnement, de surveiller l’équilibre des écosystèmes et mettre en place des outils permettant à chacun de se développer. Les nouvelles règles du jeu L’agglomération toulousaine Pour comprendre le paysage, on ne peut pas exclure les relations du lieu étudié avec son territoire administratif et le bassin de vie de ses résidents. 1000 déplacements journaliers depuis chaque commune du territoire du Confluent vers Toulouse. Ce territoire est intimement lié à l’attractivité du pôle d’emploi toulousain, inféré au secteur de l’aéronautique (Blagnac) et au secteur tertiaire lié à l’innovation (Labège-Innopôle). Toulouse a généré un étalement urbain qualifié d’extrême. Sa densité est très faible pour une ville de sa taille.

«La mise en œuvre d’un SCOT manifeste aujourd’hui une volonté de structurer se territoire face au 14000 nouveaux habitants par an » Auat- Formes et densités- 2005

Le SCOT Le Schéma de Cohérence Territoriale et le Plan d’Aménagement de Développement Durable de la grande agglomération Toulousaine prévoient sur le territoire une valorisation des terres agricoles et une gestion du phénomène d’étalement urbain. Ils envisagent aussi le passage de la couronne verte liée à Toulouse. « Ainsi, la logique d’inversion du regard peut être reprise ici : ces espaces dits de contrainte peuvent devenir de véritables espaces ouverts d’opportunité, participant activement à la construction du projet de territoire, offrant tout particulièrement en tissu urbain des espaces de respiration, s’inscrivant alors de plain-pied au sein de la charpente paysagère… » SCOT-PADD, document provisoire, juillet 2009, Smeat/Auat

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67


 

 



 



           



  

Les paysages " naturels " Espace boisé à préserver (PN8 à 11) Espace boisé à créer (PN 8) Espace ouvert à préserver et à valoriser (PN10 à 12) Plan d'eau à préserver et à valoriser (PN3) Rivière (PN1 à 7)

Les paysages agricoles

Entrée de ville à structurer Principal élément de patrimoine à protéger et valoriser

Les paysages d'infrastructures Abord routier à traiter (PI5) Carrefour ou point singuliers à améliorer Chemin agricole à requalifier (PA1, PA2, PA5) Liaison douce à conforter (PI3 et PN4)

Le projet de composition des paysages sur la rypisylve. Source : Projet Confluence Garonne-Ariège. Nature Midi-Pyrénées.

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N

0

1 km


La CAM Mon site d’étude appartient à la communauté d’agglomération du Muretain (le chef lieu est Muret). Cette communauté d’agglomération est jeune de 5ans. Elle commence à mettre en réseau les informations concernant ces communes et à en tirer des projets communs. Les deux villes principales en sont Muret et Portet s/ Garonne qui sont les deuxièmes pôles d’emplois après Toulouse. Un axe de projet majeur vient profiter au territoire du confluent, qui est un effort porté sur les réseaux ferroviaires et de bus, ainsi que leurs connexions avec une mobilité douce.

Un projet de valorisation d’accessibilité aux transports en commun est entrepris par la CAM.

Le projet Confluence Garonne Ariège (suivre le modèle, proposer d’aller plus loin) 600 hectares, étirés le long de la Garonne et de l’Ariège jusqu’à leur union aux portes de Toulouse, sur une aire non constructible. La Confluence GaronneAriège constitue un lieu de nature au profit des Toulousains de l’ensemble de l’agglomération. Au départ, un constat : l’effacement des activités liées aux gravières doit être mis en balance avec le développement des activités de loisirs (chasse, kayak, pêche, randonnée…). On est dans une zone de biodiversité protégée. Pour gérer au mieux les conflits d’usage entre riverains/usager d’un espace de loisir, espaces de loisirs/espaces protégés, les municipalités de sept communes se sont regroupées autour d’un projet de concertation dirigé par l’association Nature Midi-Pyrénées.

Prévision démographique sur le territoire de la CAM. CAM

Le projet Confluence Garonne Ariège propose l’organisation d’une réserve naturelle autour des cours d’eaux majeurs. Un projet sur lequel je tenterai de prendre appui.

Projet de valorisation des réseaux de transports en communs. CAM

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DÉFINIR POUR COMPOSER 71


“Je me dis que la perfection ne s’atteint que par le dédain de tous les moyens qui permettent de renchérir.” P. Valéry

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L’escargot de H.Matisse

«C’est plat comme la belle peinture.» E. Degas


Lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtendue câ&#x20AC;&#x2122;est une oeuvre... Le champ, surface-monument Le champ est une surface investie uniformĂŠment soit pour un usage, soit pour une production. Dans le cas du champ cĂŠrĂŠalier, lâ&#x20AC;&#x2122;espace est ouvert, le regard peut, la plupart du temps, englober son ĂŠtendue. La hauteur des plantes permet cette visibilitĂŠ, exceptĂŠ Ă maturitĂŠ de certaines plantes cĂŠrĂŠalières atteignant une hauteur supĂŠrieure au regard (MaĂŻs, Tournesol aux mois dâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtĂŠ). Le relief lĂŠgèrement courbĂŠ crĂŠe, parfois, la disparition du champ, on imagine alors un au-delĂ . Ces variations activent des dynamiques de lâ&#x20AC;&#x2122;espace, des dynamiques de lâ&#x20AC;&#x2122;imaginaire. Les limites du champ se forment par le changement de matière. Il nâ&#x20AC;&#x2122;y a ni barrière, ni clĂ´ture, ce qui sollicite le corps dans un rapport aux champs toujours hospitalier, accueillant. Pourtant les champs sont tous des propriĂŠtĂŠs privĂŠes. ConnaĂŽtre le champ, en tant que lieu du travail, de la production, le rural sait, lâ&#x20AC;&#x2122;espace agricole se respecte, il se respecte commeâ&#x20AC;Ś un monument. Sur cette surface on ne pĂŠnètre pas. Câ&#x20AC;&#x2122;est dans un sentiment dâ&#x20AC;&#x2122;interdit, quâ&#x20AC;&#x2122;exceptionnellement on sâ&#x20AC;&#x2122;aventure dans un sillon avec une attention particulière aux plantes. Seul, un chemin vicinal ou un sentier dâ&#x20AC;&#x2122;accès aux parcelles permet de tourner autour, de se glisser entre deux.

Les champs, composition picturale, quelles matières ? En polyculture, les champs sont le support dâ&#x20AC;&#x2122;un jeu de glissement des parcelles. A lâ&#x20AC;&#x2122;image dâ&#x20AC;&#x2122;une composition picturale, les parcelles se composent de manière diďŹ&#x20AC;ĂŠrente chaque annĂŠe, le cadre est ďŹ xe, la matière se transmute. MĂŞme avec une attention un peu volage, les surfaces de champs sont des indicateurs saisonniers. Pendant des dĂŠcennies la vie des villages ĂŠtait rythmĂŠe par les travaux des champs. Aujourdâ&#x20AC;&#x2122;hui mĂŞme si lâ&#x20AC;&#x2122;implication des rĂŠsidents nâ&#x20AC;&#x2122;est plus la mĂŞme, ce paysage bat toujours le tempo des saisons.

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Comme on regarde une oeuvre, on sâ&#x20AC;&#x2122;approche, on se recule, lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtendue des champs est visible et se regarde. Elle est le support dâ&#x20AC;&#x2122;une matière uniforme et dynamique.

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Sur ce paysage plat, le sol ne créé pas de rythme. Le rythme est à créer.

Schéma de l’horizon relatif à la perception

Elévation de l’horizon relatif au regard

Plan de principe d’un espace contrasté (ouvert/fermé)

Schéma du rapport de la perception à l’espace et à son horizon. 74

Regard / Cône visuel


Lâ&#x20AC;&#x2122;horizon câ&#x20AC;&#x2122;est une respiration... Comme on inspire/expire, comme le mouvement de diastole/systole du mouvement cardiaque, le paysage nĂŠcessite un rythme, une pulsation. Le rythme apparait dans la variation dâ&#x20AC;&#x2122;un horizon. Le rythme apparait par le contraste entre un ouvert et un fermĂŠ. Sur ce paysage plat, le sol ne crĂŠe pas de rythme. Le rythme est donc Ă crĂŠer.

Ouvert/fermĂŠ, la question du rapport Ă la limite La sensation dâ&#x20AC;&#x2122;ouvert/fermĂŠ apparaĂŽt dans la position du corps par rapport Ă  la limite. Dâ&#x20AC;&#x2122;un point de vue spatial, la limite se matĂŠrialise lorsque la hauteur dĂŠpasse le corps, le regard. On peut avoir la sensation de limite lorsquâ&#x20AC;&#x2122;un objet placĂŠ dans lâ&#x20AC;&#x2122;espace fait rĂŠfĂŠrence Ă  la propriĂŠtĂŠ privĂŠ. Lâ&#x20AC;&#x2122;ouvert apparaĂŽt dans un rapport Ă  la limite qui est ĂŠloignĂŠ. Le clos, le fermĂŠ apparaĂŽt dans un rapport proche de la limite.

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Le clos

Lâ&#x20AC;&#x2122;ouvert

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Des horizons variables. L’ouvert mesuré

L’ouvert intime Trait de coupe

m 250

L’ouvert sublime

m 750 0m

300

Plan des étendues qui composent la plaine. D’ouest en est les espaces se fragmentent, allant d’espaces intimistes à des espaces sublimes. Il y a une tension entre ces espaces, une complémentarité.

Coupe de principe sur le territoire d’ouest en est

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Les étendues se dimensionnent... Dimensionner les espaces à l’échelle du territoire Les étendues se fragmentent selon une dimension qu’on observe croissante d’est en ouest. Cette fragmentation des espaces est propre à ce territoire. Elle est dépendante de la façon qu’ont eu les communes de se développer. De distances plutôt équivalentes les unes aux autres, elles se sont étirées plutôt vers l’Est, vers la RN. Exception faite pour Labathe-sur-lèze bloqué contre la Lèze, se disséminant vers Muret. Saubens ayant mis plus de temps à s’agrandir, privilégiant l’agricu lture, les espaces de champs sont plus spacieux. Le mode d’agriculture définit les surfaces de champs. De fait la taille des parcelles est plus grande à l’Ouest. Logique d’espace propre à ce territoire, cette variation des horizons créée une particularité à ce territoire. On peut définir différentes dimensions d’ouverts qui sont dues, comme on a pu le voir précédemment, à la distance entre le corps et la limite. Ces ouverts suscitent des sentiments différents selon leur dimension. L’ouvert intime, se traduit par un horizon relativement proche, qui créé une sensation enveloppante.

L’ouvert intime L’ouvert sublime, se traduit par une sensation de démesure. Plaisir et douleur sont mêlés. Les étendues sublimes sont intéressantes si elles sont exceptionnelles. La monotonie qu’elles sucitent est invivable. Elles se regardent et se traversent exceptionnellement. Leur dimension est lassante à parcourir.

L’ouvert sublime

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L’autarcie provoque l’invisible... Pavillons, papillons… Urbanisme posé, de ci, de là… saupoudré comme des grains de sucre sur une table… Le support est facile, l’implantation des bâtiments n’a plus de lien, ni, avec la matière du sol, ni, avec les contraintes climatiques, ni, avec l’activité des champs… Le sol est plat, chaque bâtiment isolé est visible et fractionne l’espace.

Espace dégagé

Le mitage divise l’étendue, elle provoque la perte de visibilité de l’entité.

Espace mité

Le secteur : rapport intérieur/extérieur Tous les accès sont tournés vers la voie interne. Quelques portillons donnent sur l’extérieur, le regard tourné vers les champs ne sera plus qu’un vague souvenir après l’implantation du prochain lotissement.

De l’échelle du module à l’échelle du secteur, l’intérieur ne communique pas avec l’extérieur. Fonctionnement du module pavillonnaire

Fonctionnement du secteur pavillonnaire

De secteur à secteur Les secteurs ne communiquent pas entre eux, tisser des liens entre, pour retrouver des axes urbains passants et en cohésion avec les formes en place, relève de l’impasse. Ces compositions de villes créent des trous dans le tissu, des interstices. Espaces semi-publics affectés à 5/6 maisons, recoins incohérents, aberrants, composer avec n’a pas été en soi une piste possible de projet. La régulation de cet urbanisme se joue à plus grande échelle.

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La clôture et le clos, les outils de la fermeture La clôture délimite. La surface de la clôture protège. Le clos contient l’intérieur. Quelle est la relation à l’extérieur ? Le clos parfois se perce, s’ouvre au regard et communique un rapport à l’extérieur. Le pan franc et vertical de la clôture-surface communique le rejet de l’extérieur. La modulation de la hauteur de clôture et sa transparence traduit l’invitation ou le rejet.

C’est dans la modulation de cette limite que des nouveaux rapports peuvent s’instaurer avec l’extérieur.

Rapport ouvert Rapport absorbé

Rapport frontal Rapport fermé

Rapport atténué

Modulation par l’ouvert/fermé Exemples de modulations de la clôture

Aujourd’hui la densification. La densification nécessaire des espaces, dû à la raréfaction des terres agricoles et à la nécessité de consommé moins d’energie, remet le modèle pavillonnaire en cause. Les futurs projets tenteront de s’accorder à cette injonction. La densification sur l’existant peut se programmer à condition qu’elle soit : progressive ; sur des temporalités longues ; à l’initiative de chaque propriétaire, sous la direction d’un réflexion urbaine. Les futurs projets de constructions repensent déjà le modèle pour passer à un modèle de densité intermédiaire (entre logement individuel et logment collectif).

La densification vient renforcer les espaces fermés pour permettre l’ouvert.

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82


A l’échelle du secteur et de la ville (Pins-Justaret), les secteurs pavillonnaires ne communiquent pas avec les champs.

Plan d’étude de la relation des accès et des vues des lotissements par rapport aux champs. entrée/sortie de la propriété possibilité d’une vue sur les champs

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La structure permet l’orientation... L’interpénétration du plein et du vide A l’échelle des communes, les limites des villes tendent à disparaître, les pavillons s’étalent et finissent par se rejoindre. Les champs jouent un rôle de mise à distance entre les villes, elles sont ces limites provoquées par le contraste entre le plein et le vide. C’est cette interpénétration du plein et du vide qui matérialise les changements de communes, d’espaces, d’ambiances. De ce contraste émerge la différenciation des entités. Il permet la singularisation des entités. « Le paysage est un lieu de passage, les espaces basculent les uns dans les autres. » M.Corajoud, entretien dans la revue Urbanisme

Tenir l’horizon pour faire émerger les formes L’horizon dégagé par les champs doit être tenu pour permettre aux champs d’émerger. Sur les horizons actuels, à l’image du mitage, les horizons sont fractionnés par les multiples points d’appels. A l’échelle urbaine, travailler les lisières de la ville, permettrait de recomposer un horizon clair pour rendre visible les différentes entités, mais aussi pour les orienter. Fermer pour orienter De cette émergence des formes apparait l’orientation. Lignes directrices, espaces ouverts sont les outils de l’orientation du paysage.

Espace sans orientation

Espace orienté

Schéma de principe d’orientation de l’espace 85


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FIGURES DE PROJET 87


Schéma diagnostic

Paysage limite

Paysage asphyxié Paysage illimité Paysage clos

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Schémas d’intentions

S’appuyer sur l’Ariège S’ouvrir sur la Garonne

Orienter la plaine

Révéler le relief subtil

Souligner les villes

Atténuer la route

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Ville Rypisylve (1) Cordons boisés (2) Lignes d’arbres (2, 3) Lignes de contact (ville/ champs) (4)

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Esquisse de recherche sur l’armature.


Armature Une armature végétale qui s’appuie sur l’orientation du bassin versant. Elle tire ses lignes de force des traits de l’Ariège. Ce sysème de paysage viendra accentuer l’horizon, définir les limites et les orientations de l’urbanisation. 1- Espaces de la rypisylve, boisements et diversité végétale déjà en place sont à valoriser. 2- Alignements d’arbres et boisements à créer pour amener vers la rivière et orienter les communes 3- Les ruisseaux soulignent les formes subtiles du relief avec une végétation particulière. 4- Les lotissements sont repliés sur eux mêmes, citadins et agriculteurs ne se parlent pas, ne se connaissent pas.... Une bande environnementale autour des lotissements permet d’installer un nouveau regard sur les champs, de recomposer les horizons de campagne. 5-Le paysage de la route est repensé. Des alignements d’arbres viennent atténuer les nuisances visuelles. Un rythme est donné au paysage qui défile depuis la route, ressermants et ouvertures sont accentués.

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La plaine structurĂŠe. Point de vue sur la plaine depuis les coteaux.

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Principe Ă mettre en projet : Contenir la ville//Orienter lâ&#x20AC;&#x2122;espace. 93


Repère

r

ne g i l ou

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Repère

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Schéma d’intention // Souligner les limites de ville, favoriser un espace d’échange avec les champs, orienter la ville... Exemple sur Pins-Justaret.


Figures de ville

+

ambiance parc schĂŠma Orienter

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Boisement de milieu frais à sec // Boisement de milieu frais à h umide, en zone inondable.

96 Les outils de projet // Mettre en place de s espaces boisés.


+

6m

7m

7m

7m

7m

Futaies régulières de peupliers et de frênes en milieu frais. (Distances de plantations pour une production de bois d’oeuvre).

Production d’osier

Recherche sur les ambiances // Structures boisées adaptées localement pour plantations de production en zone humide. 8m

7m

Recherche sur les ambiances // Structures boisées emblématiques.

6m

7m

8m

7m

5m

97 5m


Des bénéfices pour les citadins

Axonométrie sur le quartier Jouanin // Essai de la ligne de contact autour des lotissements

Axonométrie sur le quartier Jouanin // Evolution du quartier.

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Ligne de contact//

souligner

Des bénéfices pour les agriculteurs Aucune bande enherbée : très peu d’avantages.

Bande enherbée de 6m : la bande minimal pour développer une diversité végétale, favorise les auxiliaires. Bande enherbée de 10m : une dimension qui récolte les mêmes avantages qu’à 6m, mais plus efficace pour absorber les pollutions et lutter contre l’érosion.

Une bande poreuse

Bande enherbée de 20m : permet d’obtenir les primes à la jachère.

Un outil agro-environnemental : la bande enherbée Source : Solagro. oC

Tenir l’horizon

Ressérer pour mieux ouvrir

Essais d’une bande de recul passante autour des lotissements

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Plan schématique des espaces ouverts (jaune), fermés (gris) autour de la route et de la voie férrée.

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Rythmer la route Séquences depuis la D820 du Sud vers le Nord Perception diagonale gauche

Perception diagonale droite

Référence alignement de chêne au Pays Bas. oC

Référence ouvert structuré/vue de face de la route, au Pays Bas. oC

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Esquisse des boisements autour de la route.

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Faire traverser le paysage

AttĂŠnuer les zones commerciales

Jouer sur les transparences

Appuyer lâ&#x20AC;&#x2122;ouverture

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NB : Toutes les photographies, collages et schémas qui ne sont pas légendés ou qui sont notés «oC» sont personnelles.

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POUR CONCLURE L’agglomération toulousaine est soumise à la plus forte consommation d’espace en France. Son assise sur une plaine la rend facilement étirable. La recherche, par les pouvoirs publics, d’une régulation et d’outils pour constituer les nouveaux tissus urbains est réelle. Encore faut-il qu’ils aient des élements d’appréciations pour valoriser dans leur propre imaginaire et leur propre réflexion les singularités positives de leur territoire. Par ailleurs, il est important qu’ils en comprennent, qu’ils s’approprient les perceptions possibles : celle de l’agriculteur, celle de l’automobiliste, comme celle du résident. Mon travail propose un regard global sur les enjeux de chacun. Il tente d’affirmer que la réflexion sur le paysage est porteuse de solutions pour ces espaces. Le paysage ordinaire, quelles conclusions ? Paysage ordinaire = paysage du quotidien. Ce qui est capital pour ce paysage, ce n’est pas la particularité qu’il pourrait offrir (ce qu’on attend d’un paysage extraordinaire) mais ce qu’il offre comme paysage viable et vivant, tous les jours et à long terme. Les espaces périurbains sont menacés par la disparition de la qualité de vie (espace, nature, air pur...) que sont venus chercher à l’origine les habitants. L’accumulation et l’absence de règles dénaturent ces qualités. La qualité de vie de ces espaces est à mettre au centre du projet politique pour que ces territoires ne se voient pas désertés d’ici quelques années. Paysage ordinaire = paysage commun. Ce qui par définition est «à tous». L’urbanisme en place résonne comme une contradiction avec cette dénomination. Les règles urbaines sont définies uniquement par des systèmes autonomes et non par des systèmes dont les intérêts communs sont centraux. Mon projet tente de déceler et d’enrichir les qualités de ce paysage, puis d’en faire les lignes directrices d’une évolution urbaine. L’étendue et sa variété de dimensions sont des qualités actuelles. La visibilité des espaces ouverts/fermés, de leurs seuils, est la condition d’existence de ces qualités. Sur ce territoire, la structure des espaces de ville et de campagne sont à affirmer au titre de deux entités à part entière, l’une favorisant le plein, l’autre favoriant le vide, l’ouvert. La rencontre des deux entités est à construire, à mettre en projet.

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Ouvrages

// mon intérêt pour l’ouvrage ou l’article

B. Hervieu, J. Viard , Au bonheur des campagnes , L’Aube, France, fév 2001. //Perceptions de la population française sur la campagnes. D. Mangin, La ville franchisée «formes et structures de la ville contemporaine», La vilette, Paris, 2004. //Comprendre la ville contemporaine. T. Sieverts, L’entre ville, une lecture de la Zwischenstradt, éd. Parenthèses, 2004 P. Donadieu, Campagnes urbaines, Actes Sud, 1998. // Comprendre la ville périurbaine et ces enjeux. Association professionnels de l’urbanisme de Midi-Pyrénées, La ville étalée en perspective, Toulouse, janv 2002. //Comprendre le phénomène d’étalement urbain, en particulier à Toulouse E. Charmes, La ville périurbaine face à la menace des gatedcommunites, Harmattan, Paris, 2005. // Comprendre la relation espace/social du lotissement Association Solagro. Architectures végétales de Midi-Pyrénées. Ed. Conseil régionale Midi-Pyrénées. 2003 Articles M. Barbarant et S. Degoutin, Quand le périurbain était un idéal. Urbanisme, fév. 2003, n°328. pp87. //Le commencement des implantations périurbaines dans les années 50. Le morcellement progressif de l’espace dû à l’automobile. J.Y Chapuis, Le périurbain est aussi la ville. Etudes foncières. sept-oct 2004, n°111. pp29. //La nécessité d’intégrer et valoriser la campagne dans les sites périurbains. M.Bouraoui, A Fleury, P. Donnadieu, L’agriculture gestionnaire des paysages périurbains, Anthos, Fév 2003. pp33 //Quelques exemples de gestions agri-urbaines et leurs enjeux. P. Brunet. Conclusions : Les agricultures et agriculteurs périurbain. Bulletin assoc. Géographie Française. Paris. 1994. //L’agriculture maraîchère est souvent relique. La culture céréalière dont le marché est national ou international ne correspond plus avec la vie locale. JP Desffontaines, « Agriculture et paysages culturels » Comme une danse, Les carnets du paysage, n°13 & 14, Actes sud, janv. 2007, pp 118. //Développer le caractère culturel du paysage agricole. J. Bonnier, M. Coste, Consommation d’espace et habitat individuel, Revue de Géographie de Lyon, 1978. //Le constat du phénomène d’étalement urbain à ces débuts. Le rapport citadin rural. M-L De Keersmaecker, P. Frankhauser, I. Thomas, Dimensions fractales et réalités périurbaines, L’espace géographique, mars 2003, pp219 //Réflexion sur la forme des villes périurbaines. C. Véran, Les zones d’activités paysagères, Le moniteur, mars 2009, pp60. //La trame boisée pour orienter les zones d’activités

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F. Zanghi, «Enfreindre le pacte» Jacques Réda dans le périurbain, Articulo, 2009, Hors série 2.


BIBLIOGRAPHIE //La perception du paysage périurbain dans les oeuvres littéraires de Jacques Réda L.Brévard. L’espace périurbain lointain : un espace théâtre de nouvelles pratiques sociales et spatiales.Colloque Faire Campagne, Rennes, mars 2005. //Les limites de l’espaces périurbains lointain. La récomposition de l’espace programmé à Labarthe sur Lèze! B. Kayser et G. Schektman. La troisième couronne périurbaine : une tentative d’identification, Revue Géographique des pyrénées et du sud-ouest, Toulouse, tome 53, 1982, pp27. CAUE Toulouse, Habiter autrement, quelle alternative à la maison individuelle ? juillet 2009. //Des propositions : Habitat individuel dense et superposé, habitat plus économe et de qualité inscrit dans un projet de ZAC, habitat plus écologique, habitat coopératif (participation active d’un groupe d’habitant dans la conception et gestion des logements collectifs). S.Groueff, Le Sicoval entre ruralité et urbanité, Urbanisme, n°338, sept 2004. //Les enjeux du paysage périurbain dans le sud-est Toulousain. Valoriser la dimension économique du paysage. Auat. Les impacts environnementaux de l’étalement urbain. Perspectives Villes. fév. 2009. //Imperméabilisation des sols, déplacement de la faune, diminution du stockage du carbone... R-M. Antoni, C.Grandin, D. de Lavenère, P. Madec, M. Micheau, M. Tilmont, A. Loubière, A. Zimmermann, Des espaces ordinaires aux lotissements :échanges sur l’urbanisme du quotidien, Urbanisme, nov 2006, pp38. //Discussion sur la définition d’espaces ordinaires. Exposition Exposition développement durable à la Fondation EDF, directeur d’expo. F. Asher. Sites internet www.confluences-garonne-ariege.org www.trianglevert.org site de la Chambre d’agriculture de normandie. Août2009. Conditionnalité de la PAC 2010. site de la Communauté d’agglomération du muretain. site des Mairies de Pinsaguel, Pins-Justaret, Labarthe sur Lèze, Roquettes, Saubens.

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MERCI A... Jérôme Boutterin et Sabine Ehrmann ... toutes les personnes que j’ai rencontré sur le territoire de la Confluence Garonne-Ariège et à ses alentours Mr Suaud, Mr Dupra et toute l’équipe de la mairie de Pins-Justaret, Mr Laverty, Mme Nars, Mme Michel, Mr Dian, Mr Gaubert et Mr Perrone. ... Seb, Jérôme, Julie, Jo, Christian, pour leurs regards complémentaires ... mes parents ... Léa, Charlotte, Maude, Carine, Thomas

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Mettre les pieds dans le plat  

Mémoire de travail personnel de fin d'études. Paysagiste DPLG.

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