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© Amis de l’Orgue d’Héry sur Alby 11-2016


This organ was dedicated in memory of Mary Elizabeth LEAF - 25th may 1980

L’auteur , qui n’est pas facteur d’orgue mais simplement passionné par cet instrument et par sa mécanique, remercie tous ceux qui l’ont aidé dans cette tâche de restauration. Qu’il soient remerciés aussi pour lui avoir permis de réaliser ce vieux rêve de posséder un instrument et de le mettre à disposition de musiciens qui savent en tirer le meilleur parti. JD

Les Amis de l’Orgue de la Nativité de Notre-Dame Association Loi 1901 sans but lucratif – Siège social Mairie 74540 Héry sur Alby Adresse Postale 610 chemin du Mas 74540 Héry sur Alby

http://amis-orgue-hery.fr/


Cet instrument a été acheté aux enchères sur « ebay » fin 2007. On sait relativement peu de chose sur son histoire. Il a du changer, semble-t-il, au moins une fois d’église. Ce dont on est certain, c’est qu’il a été construit en 1867 par Charles-Henry Nicholson, âgé alors de 27 ans. Il était membre de la dynastie de facteurs d’orgue Nicholson (Worcester, Newcastle, Bradford, Lincoln,..) dont une branche existe encore aujourd’hui à Malvern au Royaume Uni. Il prit un peu plus tard Lord comme associé pour devenir Nicholson & Lord. L’instrument d’Héry sur Alby doit être un des quelques rares originaux encore existant de CharlesHenry Nicholson lui-même. Ce petit orgue de sept jeux, caractéristique des instruments d’accompagnement liturgique de la période victorienne, était installé dans l’Eglise Méthodiste St Andrew à Haslington, à quelques miles au nord-est de Crewe, Cheshire ( à 1 800 km d’Héry sur Alby). En très mauvais état général, il a fait l’objet de nombreuses réparations et reconstructions que les pages suivantes vont brièvement retracer. A ce jour la restauration est « presque » terminée, et l’orgue parle à nouveau pour le plaisir de tous ceux qui fréquentent les « Concerts du Vendredi » à Héry sur Alby.


Composition Clavier : 56 notes - Open Diapason 8’ (Principal) - Stopped Diapason 8’ bass (Bourdon) Stopped Diapason 8’ treb - Viola di Gamba 8’ - Clarinet 8’ bass - Clarinet 8’ treb - Principal 4’ (Prestant) - Flute 4’ - Fifteenth 2’ Pédalier: 25 marches—13 notes CC à C - Bourdon 16’ Tirasse GO / Pédalier


Il a fallu passer sous la Manche pour atteindre Crewe, petite bourgade à 1800 km d’Héry-surAlby. Départ d’Héry très tôt le jeudi matin, arrivée en fin de journée à Crewe


Le vendredi matin, découverte de l’instrument ...de son buffet « barbouillé », dans les années 60, de fleurettes dorées ...et de la montre sous une épaisse couche de « dorure » qui a rendu irrécupérable le décor polychrome d’origine !


Et puis se mettre au clavier pour constater que l’instrument « jouait » ...enfin presque !

Le démontage a commencé par la montre pour pouvoir accéder à la tuyauterie. Il a fallu d’abord retirer les jalousies de la boîte expressive. Celle-ci comportait 7 volets horizontaux fonctionnant en « tout-ou-rien ». Elle sera donc reconstruite avec des jalousies verticales.

Le sommier et ses postages un peu « fatigués »


Au premier plan « l’Open diapason » ou Principal 8’, puis le Bourdon 8’ et la Gambe 8’

Une partie du buffet droit supportait un radiateur ..!

Le sommier du Bourdon 16’ avait un peu pris l’eau et il a fallu refaire toutes les soupapes


Le réservoir avec, au premier plan, les bascules de la tirasse

L’abrégé du pédalier.

Le « chantier » dans la petite église de Crewe


Une petite nuit à Crewe et retour dès la samedi matin. Le pont qui enjambe l’estuaire de la Tamise conduit au terminal du tunnel sous La Manche


La restauration va pouvoir commencer... Tout d’abord, le sommier principal. Le « methodist chuch advisor », vendeur de l’instrument, pensait qu’il devait avoir possédé une clarinette et qu’elle aurait été installée à la place de la Flûte 4’. Cette hypothèse était vraisemblablement erronée, et la flûte 4’ étant très belle, l’option a été prise d’ajouter une clarinette. Pour cela il a fallu rallonger le sommier et créer deux registres pour couper le jeu à la seconde octave. La table en chêne d’Afrique (mahogany) était en très mauvais état avec de nombreux fendillements générateurs d’« emprunts ». Un vieux fer à repasser, une pattemouille, des coins et un peu de patience sont venus à bout de la colle. Reste à installer une nouvelle table, et à réajuster les registres et les chapes.


Le sommier du bourdon 16’ avait souffert de l’humidité. Les soupapes étaient en très mauvais état, avec des peaux « mitées ». Les treize soupapes ont donc été refaites. Le sommier principal étant ouvert, c’était l’occasion de remplacer les peaux des soupapes, de désoxyder et de retendre un peu les ressorts. Bien qu’une partie des registres, usés, aient été refaits, leur étanchéité n’était pas optimum, surtout sur les extrémités, là où se situent les plus gros tuyaux. Le parti a été pris, à l’été 2013, de mettre en place des rondelles de « casimir » sur la table et sous les chapes. Les leviers de soupapes ont été réparés à l’extrémité usée.

...remonter les

chapes et refaire quelques

postages


Les cinq première notes de l’Open Diapason 8’ (Principal ) sont obtenues par cinq tuyaux bouchés en bois, les 51 autres, en étoffe étant situés  

14 sur la montre 37 sur le sommier principal

Curieusement ces cinq tuyaux étaient situés au sol sur un petit sommier annexe dont les soupapes sont commandées par une transmission un peu complexe à trois renvois et finissant en poussant.


L’orgue, dans sa première destination, devait probablement avoir été conçu pour une niche, car il ne comportait pas de buffet latéral. Celui ajouté en 2012 est surmonté d’une rangée de « chanoines » en zinc, dont le décor sera également à refaire.


Pour pouvoir installer la menuiserie du buffet sur la partie droite de l’instrument, il a fallu déplacer les cinq tuyaux de l’Open Diapason - décapés au passage - et pour cela construire un nouveau sommier pour les alimenter. La transmission étant maintenant « en tirant », le clavier est devenu de ce fait un peu moins « dur » sur ces cinq premières notes…Il faudra probablement encore alléger cette transmission.


La boite expressive existante était composée de sept volets horizontaux fonctionnant en « tout-ou-rien », sans possibilité de les positionner autrement qu’ouverts ou fermés. Une nouvelle boite à « jalousies » verticales a été construite avec une commande par pédale.


Le pédalier a lui aussi fait l’objet de plusieurs réparations :  réfection du tirage du Bourdon 16’  réfection des 25 bascules de la tirasse  réfection des vergettes de l’abrégé du pédalier  mise en place de 5 rouleaux pour créer la place nécessaire à la pédale de la boîte expressive


Le tremblant « à vent perdu » est actionné par une commande pneumatique A la suite de dégâts subis pendant l’hiver 2011/2012, le tremblant a dû être entièrement reconstruit.

La console d’origine « cubique », a été refaite en « mahogany »

Les tirants de jeux traversent l’abrégé, ce qui ne manque pas de rendre délicat le réglage de leur passage.


Le décor de la façade Après plusieurs tentatives inabouties auprès d’artistes locaux, l’idée a été dès 2014 de proposer la réfection du décor sous forme d’un concours auprès d’élèves d’écoles d’art appliqué. Toutes celles consultées, à part une, n’ont même pas répondu. Celle qui a répondu nous a fait comprendre que « ça ne rentrerait que difficilement dans les progressions pédagogiques…et qu’il faudrait voir… ». Cette solution semble donc trop complexe à mettre en œuvre et est donc abandonnée. L’idée est alors longuement débattue de passer d’un décor XIXème siècle irrécupérable à un décor contemporain. En relation avec les autorités compétentes (affectataire, conseil municipal, commission art sacré du Diocèse de Chambéry ) le choix s’arrête finalement sur un projet élaboré par le Collectif Medlakolor, graffeurs (peintres en graffiti) de Chambéry. Ces artistes s’exprimaient pour la première fois sur un projet de ce type, mais avec quel talent ! L’inauguration a lieu, le 17 septembre 2016, au cours d’une soirée mémorable où l’image, le chant, la danse contemporaine et le hip-hop ont tous été soutenus par la voix de l’orgue ! L’orgue de 1867 aura bientôt 150 ans...une vraie jeunesse ! Merci au Département d’avoir soutenu la soirée multiculturelle d’inauguration du décor


A

Accord : Action de mettre les tuyaux à leur ton avec le diapason. B Basse et Dessus : Sur des instruments de petite taille on peut trouver des jeux divisés en basse et dessus. La coupe est généralement au troisième ut. Basses : Ce sont les tuyaux les plus graves d’un jeu. Les basses d’un clavier sont les premières touches à gauche. C Chape : Planches de bois percées de trous où sont placés les pieds des tuyaux, constituant le plafond du sommier. Console : C’est le poste de commandement de l’orgue. Elle regroupe les claviers, le pédalier, les tirants de registres, les tirasses et accouplements. Corps d’un tuyau : Partie supérieure d’un tuyau. D Dessus : Peut désigner les touches du haut du clavier à droite, mais aussi des jeux qui ne parlent que dans cette partie supérieure du clavier E Embouchure : Pied du tuyau par où s’engouffre l’air. Étain : Principal métal pour la construction des tuyaux. Son pourcentage peut varier suivant la sonorité désirée entre 5 et 95 %. Étoffe : Mélange de plomb avec 15 à 20 % d’étain, utilisé pour la fabrication de certains tuyaux. F Façade : C’est l’ensemble de devant d’un buffet d’orgue. Elle est composée de boiserie et de tuyaux Faux sommier : Appelé aussi “tamis”. Il est composé de planches trouées placées à environ 15 cm au-dessus du sommier. Sa fonction est de maintenir les

tuyaux en position verticale.

Fond (jeu de) : Ensemble des jeux à bouche qui donnent la base sonore de l’orgue (son fondement). Les jeux de fond sont les Principaux, les Bourdons et les Flûtes de 32, 16, 8 et 4 pieds.

H Harmonisation : Consiste à donner à chaque tuyau une sonorité propre de sorte que l’instrument soit parfaitement équilibré en fonction de l’édifice, de l’écho, de la disposition, de la puissance, de la résonance. C’est un travail long et délicat plus important que la construction mécanique. C’est l’harmonisation qui donne l’âme à l’instrument. Ne pas confondre harmoniser et accorder. J Jeu : Jeux à bouche : Les jeux à bouche sont l'ensemble des jeux de l'orgue dont les tuyaux émettent un son comme le ferait une sifflet Jeux de fond : voir Fond (jeu de). Jeux d’anche : Ce sont des jeux dont le son est fourni par une languette vibrante. Les jeux d’anche les plus courants sont Bombarde, Trompette, Clairon, Chamades, Cromorne, ..


L Languette : autre nom pour l'anche, lame vibrante qui fournit le son dans les tuyaux d’anche M Mécanique : Ensemble des éléments qui permettent de mettre en action soit les tuyaux, soit les registres dans le système traditionnel de construction. Montre : Ce sont les tuyaux qui remplissent la façade du buffet. P Pédale : On nomme ainsi tous les jeux qui correspondent au pédalier. Pédalier : clavier posé sur le sol, sous le banc, que l’on joue avec les pieds. Pied : Unité de mesure traditionnelle de la facture d’orgue. Un pied acoustique vaut exactement 324 millimètres (à ne pas confondre avec le pied des mesures anglosaxonnes qui ne vaut que 304 mm). Un tuyau de 1 pied donne la note do (à 520 Hz). Porte-vent : Conduit par lequel le vent est amené de la soufflerie aux sommiers. Ils sont généralement en bois. Postage : Canalisation, généralement en plomb ou en étain - et aujourd’hui aussi en tuyau flexible - conduisant l’air à un tuyau individuel qui n'est pas posé sur le sommier (il y a nécessairement un postage par tuyau). Les tuyaux alimentés par les postages sont dits " postés" . Principaux : Famille de jeux à bouche ouverts et de taille moyenne. Ils constituent le fondement de l’orgue. R Registre : Pièce de bois coulissante permettant l’admission de l’air dans un jeu de tuyaux. Ce sont des règles de bois mobiles, percées de trous, qui se situent dans la partie supérieure du sommier. Leur fonction est d’ouvrir ou de fermer le passage du vent dans la gravure au pied du tuyau. Les registres sont commandés de la console par les tirants (ou boutons) de registre. Restauration : Opération très longue consistant à reconstruire un orgue en très mauvais état et si possible à le remettre dans son état d’origine. On ne restaure généralement que les instruments historiques car c’est un gros chantier qui coûte aussi cher que la construction d’un orgue neuf. Résonateur : Partie du tuyau placée au-delà de la bouche ou de l’anche, dont la longueur détermine la note ou le ton Rouleau : Articulation essentielle de l'abrégé, le rouleau est une longue tige cylindrique fixée horizontalement, en bois ou en métal (aujourd'hui on la réalise également en matériau composite), tournant sur son axe et remplaçant une tringlerie d'au moins deux équerres. T Touche : Élément principal du clavier que l’on “touche” avec la main. Le nombre des touches a varié à travers les siècles. Aujourd’hui la norme la plus commune est de 56 notes pour les claviers et de 32 notes pour le Pédalier. Tringlerie : Dans l'orgue à traction mécanique, ensemble des pièces articulées allant des claviers aux soupapes. Tuyau : Élément essentiel de l’orgue puisque c’est lui qui produit le son. On en fabrique dans toutes sortes de matériaux : bois (cyprès, sycomore, chêne, sapin, acajou,..), métal (étain, plomb, zinc, cuivre,...


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Histoire de l'orgue ch henry nicholson  

Après 9 ans depuis son arrivée du Royaume Uni, l'orgue de Charles-henry NICHOLSON a retrouvé un décor de façade. Pas dans le style XIXème s....

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