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Humoristes manchois de la Belle Époque 1870-1914

J

par ÉRÉMIE

Halais

sous la direction de

GILLES Désiré dit Gosset

(Archives départementales de la Manche)

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Préface L’image est certainement l’un des meilleurs vecteurs pour découvrir l’histoire et cela sous toutes ses formes. Conscient de cette qualité, le conseil général a rassemblé, au sein des archives départementales, des collections iconographiques d’une infinie richesse qu’il s’attache à valoriser et à communiquer auprès d’un public le plus large possible. On retrouve ce souci dans le site internet des archives mis en ligne depuis 2010. Parmi ces documents sommeillaient jusqu’à présent les nombreuses réalisations de neuf caricaturistes originaires de la Manche ou attachés à ce département et ayant œuvré à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Par la variété de leurs sujets, de leurs styles et de leurs techniques, ces artistes, professionnels ou amateurs, lèvent le voile sur cette époque, parfois abusivement qualifiée de belle, qui précéda le cataclysme de la Grande Guerre. Ainsi, Charles Huard et Adolphe Willette, avec leurs dessins de presse publiés dans L’Assiette au beurre, décrivent les mœurs et les antagonismes sociaux des années 1870 à 1914, alors que Daniel de Losques, affichiste renommé et précurseur de la réclame, nous a légué des affiches de qualité sur le monde du spectacle. Cette publication nous révèle encore les dessins de deux inconnus, Georges Duval et Jules Girard, simples soldats qui témoignent pourtant, avec leurs cahiers de conscrits, de la généralisation du service militaire. Enfin, dans le domaine politique, comment ne pas sourire en découvrant les deux cents caricatures du député Marcel Rauline, qui constituent une collection exceptionnelle, inédite et unique en France, dans laquelle se retrouvent la plupart des grands noms de la Troisième République. Voici une belle redécouverte de neuf personnalités départementales qui nous livrent, avec un humour parfois féroce, une vision de notre société il y a un siècle. Qu’en soient remerciés tous les acteurs qui ont œuvré à cette publication, et particulièrement les éditions Orep, et leur directeur, Philippe Pique, qui ont proposé de la réaliser, pour accompagner l’exposition organisée par les archives départementales du 1er juillet 2012 au 31 mars 2013. Jean-François Le Grand membre honoraire du Parlement président du conseil général de la Manche

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Ci-dessus : soldats effectuant leur service militaire et punis dans une salle de police Ci-contre : caricature, par l’Ornais Charles Léandre (1862-1934), d’Yvette Guilbert (1865-1944), célèbre artiste de la Belle Époque ayant des origines manchoises

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La Belle Époque de la caricature L’expression Belle Époque est née après la Grande Guerre afin de désigner les années antérieures au premier conflit mondial qui, rétrospectivement, sont apparues aux contemporains comme une période de progrès politiques, économiques, mais aussi culturels. La fin du XIXe siècle est aussi restée, dans l’imaginaire collectif, comme la belle époque de la caricature et, contrairement à la photographie ou à la carte postale, c’est en couleur qu’elle illustre cette séquence d’histoire. La caricature n’est pourtant pas une invention de cette période, mais ce qui fait son succès, c’est sa rencontre avec deux médias dont la diffusion connaît une explosion considérable dans le même temps : la presse et l’affiche. Encouragés par la loi sur la liberté de la presse de 1881, les journaux satiriques connaissent leur âge d’or : sur les deux cent cinquante journaux qui se vendent à Paris au début du XXe siècle, presque tous font une place au dessin. On estime ainsi qu’un millier de caricaturistes ont collaboré à des revues entre 1894 et 1914. Les facilités réglementaires, en dépit de quelques poursuites à l’encontre de caricaturistes trop anarchistes, les progrès techniques de reproduction avec le développement de la photogravure et les tirages en couleur, la variété des opinions que la démocratie encourage, la multiplicité des talents favorisent le foisonnement du dessin satirique. Hebdomadaires illustrés, L’Assiette au beurre ou Le Rire sont ainsi restés des références en matière de dessin de presse et de caricature. Le succès de ces revues tient à la renommée de leurs collaborateurs, dont Charles Huard et Adolphe Willette, mais aussi à leur ton férocement critique envers la société française et les dirigeants politiques de l’époque. L’humour, qui est le vecteur principal de la caricature et dont elle abuse aussi parfois, constitue la principale raison de son succès. Il permet au lecteur de saisir d’un rapide coup d’œil le message que le caricaturiste cherche à dévoiler ou l’absurdité d’une situation qu’il veut dénoncer. En outre, les nombreuses luttes politiques et religieuses, les mutations socio-économiques et culturelles, le contexte international des années 1870 à 1914 fournissent aux caricaturistes des sources d’inspiration sans limite. Ils sont neuf artistes, connus ou méconnus, dessinateurs, affichistes et illustrateurs, professionnels ou amateurs, tous Manchois de naissance ou de cœur, à nous livrer, par la caricature et le dessin humoristique, leur vision de la Belle Époque.

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Caricatures  

L'humour, qui est le vecteur principal de la caricature et dont elle abuse aussi parfois, constitue la principale raison de son succès...

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