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PROGRAMME


Vendredi 28 mars 2014 – 20h00 Arsenal Grande Salle

LA VOIX DE SON MAITRE Direction Martin SIEGHART Violoncelle HENRI DEMARQUETTE

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 -1791) Don Giovanni, Ouverture Joseph Haydn (1732 -1809) Concerto pour violoncelle en ut majeur, Hob.VIIb/1 Anton Bruckner (1824 - 1896) Symphonie n3 en ré mineur, « Wagner-Symphonie » version de 1889


Wolfgang Amadeus Mozart (1756 -1791) Don Giovanni, Ouverture C’est pour répondre à une commande du Théâtre national de Prague, après le succès des Noces de Figaro, que Mozart compose Don Giovanni en 1787, s’associant pour la deuxième fois à Da Ponte pour le livret. Inspiré du mythe de « Don Juan » ce drama giocoso (drame joyeux) est créé à Prague le 29 octobre 1787 au théâtre Nostitz, par la troupe qui y avait repris Les Noces de Figaro sous la direction du compositeur. La légende veut que Mozart ait composé l'ouverture la nuit précédant la première. Afin de le tenir éveillé, Constance sa femme lui racontait des histoires. Pour ce chef d'oeuvre lyrique, Mozart choisit de composer une ouverture dans laquelle s'opposent un mouvement lent et un mouvement rapide, ainsi qu'une tonalité mineure et une tonalité majeure. Bien que toute la première partie de l'ouverture, avec ses accords sombres et oppressants, renvoie à la scène de l'arrivée du commandeur, au deuxième acte, l'essentiel de cette page n'est pas la présentation de deux personnages, mais la mise en présence des deux puissances qui vont s'affronter à travers eux, la Mort et la force vitale qui animent le héros. 1787 Événements contemporains : La Fayette membre de l'assemblée des Notables en appelle aux États Généraux. Édit sur la création des assemblées provinciales. Louis XVI exile le Parlement à Troyes. Émeutes à Paris. Décès à Salzbourg de Leopold Mozart, père de Wolfgang Amadeus. Mort de Glück. Œuvres contemporaines : Mozart Sérénade « Une petite musique de nuit », Haydn Symphonies n°88 et 89, Quatuors op 50, 54, 55, 64, Les 7 dernières paroles du Christ en croix.


Joseph Haydn (1732 -1809) Concerto pour violoncelle en ut majeur, Hob.VIIb/1 Moderato, Adagio, Allegro molto

En 1961, la découverte d'une partition manuscrite allait faire grand bruit dans le monde de la musique. Le bibliothécaire des archives musicales du Musée national de Prague venait de retrouver une série de parties manuscrites du Concerto pour violoncelle en ut majeur de Joseph Haydn, jusqu'alors considéré comme perdu. On ne connaissait de cette œuvre que les toutes premières mesures recopiées par Haydn dans un répertoire de ses œuvres établi fin 1765. Ce concerto fit rapidement sensation. Publié en 1962, il fut donné pour la première fois le 19 mai de la même année par Milos Sâdlo (violoncelliste tchèque) et l'Orchestre symphonique de la Radio tchécoslovaque. Depuis, il est devenu une pièce majeure du répertoire pour violoncelle. Haydn composa vraisemblablement ce concerto entre 1761 et 1765, c'est-à-dire peu de temps après avoir pris ses fonctions à la cour des Esterházy. De même que les concertos composés par Haydn à cette époque pour d'autres instruments, le Concerto pour violoncelle en ut majeur semble avoir été écrit pour un musicien précis de l'orchestre, sans doute Joseph Weigl, un violoncelliste prodigieusement doué qui fut membre de l'orchestre Esterházy de 1761 à 1769. Ce concerto requiert une grande habileté de la part de l'instrumentiste, en particulier dans certains passages très aigus. Avec un premier mouvement très démonstratif, un second mouvement lyrique et un finale brillant, ce concerto est assurément le plus important de la première période de création de Haydn, et sans doute l'une des plus belles œuvres de concert des années 1760.


Anton Bruckner (1824 - 1896) Symphonie n3 en ré mineur, « Wagner-Symphonie » version de 1889 I. Mehr langsam, misterioso II. Adagio quasi andante III. Scherzo IV. Finale Allegro Une question est propre à l’œuvre de Bruckner : celle des différentes versions de ses symphonies. En effet, le compositeur remania sans cesse la rédaction de ses symphonies au cours de son existence. Il existe ainsi plusieurs versions de presque chacune d’entre elles. La Symphonie no3 est connue pour être une des plus révisée de toutes les symphonies de Bruckner. La première version fut terminée en 1873. Bruckner soumis le manuscrit à Richard Wagner (son idole parmi les compositeurs vivants). Enthousiasmé par la lecture du thème introductif des trompettes, le maître de Bayreuth accepta la dédicace de la symphonie, priant toutefois son trop admiratif confrère d'éliminer les citations empruntées à ses opéras dont Bruckner avait émaillé sa partition en guise d'hommage. Ce fut fait dès l'année suivante, à l'exception des accords du « sommeil de Brünhilde », qui subsistent encore. La copie dédicacée porte la date du 9 mai 1874 : elle devra attendre un siècle sa publication ! À partir de 1876, Bruckner entreprit une nouvelle révision de l’œuvre terminée qui fut créée l'année suivante à Vienne. L’échec fut retentissant ce qui conduisit le compositeur à remanier, encore sa partition, en 1878. Toutefois le sort de cette œuvre n'était pas encore scellé. En 1889, Bruckner vieillissant, se laissa convaincre de remanier certaines de ses œuvres antérieures dont la Troisième Symphonie. Pour certaines de ses symphonies, Bruckner eut du mal à en donner une forme définitive. Deux facteurs peuvent expliquer ce phénomène : d’abord une autocritique excessive qui, mêlée aux conseils émanant de ses amis, l’amenait à tenir compte de tous les avis, quelle qu’en fût leur valeur ; ensuite parce que chez Bruckner le travail de composition se rapporte essentiellement à un processus de découverte progressive, son esprit venant à explorer un univers symphonique de plus en plus vaste et abouti. En fait, il s’est avéré incapable d’appréhender véritablement la substance révélée par cette découverte spirituelle. Il s’est alors retrouvé dans la peau d’un chercheur de trésors qui aurait trouvé plus de pierres qu’il n’en pourra jamais emporter. De toutes les symphonies de Bruckner, la Troisième est celle qui fait la plus large place à l’héroïsme et c’est ce qui séduisit au premier regard le maître de Bayreuth. C'est également dans cette Troisième Symphonie que sont réunis, pour la première fois, l'ensemble des caractères spécifiques du compositeur, en ce sens que chacune des sources essentielles de son inspiration y participe. L'élément religieux se fait jour surtout dans l'Adagio, le parfum de terroir domine le Scherzo, quant aux premier et dernier mouvements, ils tentent une synthèse de l'épopée beethovénienne et du langage de Wagner. L'œuvre est en quatre mouvements, une trame dont Bruckner ne se départit jamais, dans aucune de ses symphonies.


1873 Événements contemporains Décès de Napoléon III. Naissance du compositeur Serge Rachmaninov. Mac-Mahon est élu président de la République. Instauration du septennat présidentiel. Retrait des forces d'occupation allemandes à l'exception de l'Alsace-Lorraine qui a été annexée. Mort de Livingston en Afrique. Les sergents de ville sont remplacés par les Gardiens de la Paix. Œuvres contemporaines Brahms Quatuors à cordes n 1 et n2, Variations sur un thème de Haydn, Johann Strauss Sang viennois.


MARTIN SIEGHART Chef d’orchestre Martin Sieghart est né à Vienne où il a suivi une formation musicale en violoncelle, piano, orgue et direction d’orchestre. En 1990, succédant au réputé Karl Münchingers, il est nommé chef d’orchestre du Stuggart Chamber Orchestra qu’il dirige jusqu’en 1995. En 1992 et durant huit ans, Martin Sieghart dirige le Bruckner Orchestra Linz tout comme le Linz’s Opera. Sous sa direction, des projets artistiques d’envergures comme Mozart’s « The abduction from the Seraglio » et de nombreux enregistrements telles les symphonies de Bruckner voient le jour. Entre 2002 et 2006, il est directeur artistique et intendant de l’Opera Festival Mozart de Reinsberg, et depuis 2003, il est chef d’orchestre du Arhem Philarmonic Orchestra. En 2009, en reconnaissance de la qualité de son travail, il est nommé chef d’orchestre d’honneur. De 2005 à 2008, il est directeur artistique de l’Orchestre de Cambrure Spirit of Europe. Avec la maison de disque japonaise Octavia Records, Martin Sieghart entretient une intense collaboration qui permet la parution remarquée d’un enregistrement de la 10e Symphonie de Gustav Mahler dans la version de Mazucca et Samale avec le Arnhemer Orchestra. Martin Sieghart s’est produit avec de nombreux orchestres : Philharmonia Orchestra London, Wiener Symphoniker, RAI Roma, Japan Philharmonic Orchestra, NDR Sinfonieorchester, Residentie Orkest Den Haag, Radio Symphonieorchester Wien, Slovenian Philharmonic Orchestra, WDR Symphonieorchester, Mozarteum Orchester Salzburg, Tchaikovsky Symphony Orchestra, Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, Tokyo Symphony Orchestra, Tonkünstlerorchester Niederösterreich Chef d’orchestre de la Philharmonie de Rotterdam, Martin Sieghart a fait ses débuts, en septembre dernier, avec le NHK Symphony Orchestra. Depuis 2000, Martin Sieghart est professeur à l’Université de Graz où il donne des cours de direction d’orchestre.


HENRI DEMARQUETTE, violoncelliste « Musicien passionné et personnalité aux facettes multiples, Henri Demarquette joue du violoncelle comme on embrase une forêt profonde ; pas un de ses coups d'archet ne laisse indifférent car il réveille l'inconscient de la musique » O. Bellamy (Le Monde de la Musique). Henri Demarquette, entre à 13 ans au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il étudie avec Philippe Muller et Maurice Gendron. Titulaire d’un Premier Prix à l’unanimité, il travaille également avec Pierre Fournier et Paul Tortelier, puis avec Janos Starker à Bloomington aux États-Unis. Familier de la scène dès l’âge de 14 ans, il débute à 17 ans par un récital au Théâtre du Châtelet et une émission télévisée enregistrée par France 3 avec la pianiste Hélène Grimaud. Il est aussitôt remarqué par Lord Yehudi Menuhin qui l’invite à jouer sous sa direction le Concerto de Dvor ák à Prague et à Paris. Depuis, sa carrière prend un essor international qui le conduit dans de nombreuses capitales, accompagné des plus grands orchestres français ou étrangers comme récemment le Royal Philharmonic Orchestra, l'Orchestre national de France, le London Philharmonic, l’Orchestre de Chambre de Paris, le Tokyo Symphony, l'Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine, l’Orchestre philharmonique de l’Oural, le Sinfonia Varsovia, la NDR de Hannovre, et en compagnie de ses partenaires pianistes privilégiés Boris Berezovsky, Michel Dalberto, Jean-Bernard Pommier ou Franck Braley. Henri Demarquette joue également en duo avec l’accordéoniste Richard Galliano un programme éclectique s’étendant de Bach à Galliano. Henri Demarquette poursuit également plusieurs projets originaux : « Voce » : un programme pour violoncelle et chœur a capella réunissant des œuvres de la Renaissance en regard aux musiques contemporaines. De nombreuses œuvres nouvelles sont en préparation pour cette formation. « Arborescence » ou mille ans de musique, du chant grégorien à la musique d’aujourd’hui présenté au violon, violoncelle, piano et bandonéon. « Together A Tango Dream » collaboration fructueuse entre Henri Demarquette et le groupe « El Despues ». Une histoire du tango depuis ses origines jusqu’à une création de Gustavo Beytelmann. Esprit curieux, Henri Demarquette aborde régulièrement la musique contemporaine, et se plaît à défendre des oeuvres rares. Il travaille en étroite collaboration avec les grands compositeurs actuels et suscite la composition d'œuvres de Olivier Greif, Pascal Zavaro, Eric Tanguy, Florentine Mulsant ou Alexandre Gasparov. Son interprétation du concerto Tout un monde lointain de Henri Dutilleux à donné lieu à un film documentaire diffusé sur la chaîne Mezzo. Henri Demarquette a donné en première audition des œuvres pour violoncelle et chœur d’Eric Tanguy et Philippe Hersant, des concertos de Michel Legrand et Richard Galliano. Depuis 2012, il est invité par Michel Onfray à intervenir dans le cadre de l’Université Populaire de Caen. En compagnie de Jean-Yves Clément, essayiste, poète, musicien, il évoque divers aspects de la musique sous forme de causeries- conférences. En 2013, il s’est produit, entre autres destinations, en Inde, en Corée, en Belgique, lors de plusieurs tournées en Russie, à Berlin, Jérusalem, à La Cité de la Musique, au Théâtre des Champs-Élysées, Théâtre du Rond-point, au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, au Festival d’Auvers-sur-Oise, à l’Académie Maurice Ravel de Saint-Jean de Luz.


Voix maitre