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NUMÉRO 01 I FÉVRIER 2018

OFFERT. NE PEUT ÊTRE VENDU.

BRICE ROGER Alpin > Vites s e M A X E N C E M U Z AT O N A lpin > V itesse

JULIEN LIZEROUX Alpin > Slalom

P R E N E Z - V O U S

A U

J E U

Rencontrez nos champions

KEVIN ROLLAND Fr e esty le > H alf -pip e

MARIE MARTINOD Fr e estyle > H alf-pip e

TESS LEDEUX Fr e estyle > Slo p estyle

ANTOINE ADELISSE Fr e esty le > Slo p esty le

LOÏC COSTERG Gl ace > B obsl eig h

B E N O Î T VA L E N T I N Fre es t yl e > H a l f - p i p e

ALPIN

SPEED ADDICT

FREESTYLE

LÀ OÙ TOUT A COMMENCÉ

GLACE

PILOTE DE L’ E X T R Ê M E


CE QUI SE PASSE À 2000 MÈTRES RESTE À 2000 MÈTRES

VOUS VISEZ LA LUNE ? DORMEZ JUSTE AU-DESSOUS. Pour vous, nous avons imaginé une chambre d’hôtel unique au monde : une suite haut de gamme aménagée à l’intérieur de l’une de nos dameuses à 2000 mètres d’altitude. Pourquoi se contenter d’un trois étoiles quand on peut en admirer des milliers ? Réservation sur www.skipass-laplagne.fr, rubrique NOTRE OFFRE/ ACTIVITÉS.


ÉDITO

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

Mme Corine Maironi-Gonthier, Maire d’Aime-La-Plagne et M. Jean-Luc Boch, Maire de la Plagne Tarentaise

«  N O T R E S TAT I O N E T NOS VILLAGES SONT EXTRÊMEMENT FIERS D E L E U R S C H A M P I O N S !  »

C

es athlètes représentent la Plagne dans ce qu’elle a de plus vertueux : son image dynamique, sportive, gaie et ambitieuse. Ces personnes exceptionnelles sont, bien sûr, des exemples pour toute la jeunesse locale, mais ils forment aussi un formidable lien social et une manière positive de pousser tout un chacun vers le haut. À travers leurs sourires, leurs jolies frimousses et leurs beaux parcours que vous découvrirez au fil des pages, les champions plagnards nous prouvent qu’il faut croire en ses rêves. Ils transmettent à tous une assurance, une envie de “faire”, de réussir, une énergie positive qui ne demande qu’à grandir et qui est si précieuse à l’heure actuelle. Marie, Tess, Julien, Maxence, Loïc, Brice, Kévin, Antoine... Ces enfants du pays que nous avons vu naître et grandir, ont eu la chance d’avoir un merveilleux terrain de jeux. En portant au plus haut les couleurs de la Plagne, ils nous prouvent qu’ils en sont toujours amoureux, et nous en sommes les plus heureux. Nous apportons également notre soutien inconditionnel à Benoît Valentin qui doit faire face à la blessure. Nous savons qu’il en reviendra encore plus fort.

— L’équipe du Freeski Project, qui a raflé deux Globes de Cristal et une seconde place au classement général de la coupe du monde de half-pipe. De gauche à droite, le kinésithérapeute Bertrand Agelou, le préparateur physique Romain Hurtault, Kevin Rolland, le coach Greg Guenet, Marie Martinod, Ben Valentin et Chris Taylor, le technicien, lors des finales des coupes du monde à Tignes en 2017.

L’envie de gagner de ces athlètes et leurs belles valeurs sont en adéquation avec celles de la Plagne… Nous leur souhaitons bonne chance et espérons que cette lecture vous permettra d’avoir autant de plaisir que nous à suivre leurs aventures !

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SOMMAIRE LES CHAMPIONS GLACE

PRENEZ-VOUS AU JEU

FREESTYLE

08

04

PILOTE DE L’ E X T R Ê M E

14

LÀ OÙ TOUT À COMMENCÉ

LE CLUB DES SPORTS

ÉVÉNEMENTS

18 22 SPEED ADDICT

LES LÉGENDES

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I L S O N T FA I T BRILLER LA PLAGNE

TRAIL

>SUPER SLALOM > L E S É T O I L E S DU SPORT

ALPIN

> 6 0 0 0 D , L A S TA R D E L’ É T É >YOANN  STUCK

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BIENVENUE AU CLUB !

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30

EXPÉRIENCES

MADE IN LA PLAGNE est édité par l’agence FEEL Expérience. Parc des Glaisins - 1, rue du Bulloz, Annecy-le-Vieux, 74940 ANNECY - www.feel-experience.com DIRECTEURS DE LA PUBLICATION Maxime Schuler et Charlie Bellemin - RÉDACTION Nolwenn Patrigeon DIRECTION ARTISTIQUE Presso (www.presso.fr) PHOTOS DE COUVERTURE Samy Chardon / FEEL Expérience et Alexis Boichard / Agence Zoom DIFFUSION 12 000 exemplaires gratuits - N° 1 - Février 2018 - IMPRIMERIE Nava Press. Via Breda 98 - 20126 Milano. L’éditeur décline toute responsabilité et ne peut être tenu pour responsable des éventuelles erreurs de publication. Tous droits de reproduction réservés.


LES CHAMPIONS

P R E N E Z V O U S A U   J E U 4 — Kevin Rolland lors du SFR Freestyle Tour à Tignes (France).

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

ALEXIS BOICHARD / AGENCE ZOOM

F R E E S T Y L E SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

Parmi les 115 athlètes tricolores présents à PyeongChang du 9 au 25 février, une dizaine a grandi ici, face au glacier de Bellecôte, à la Plagne. Des petits Plagnards devenus de grands champions, partis à l’autre bout de la planète suivre leur quête de victoire… Par Nolwenn Patrigeon

L

a Plagne vous invite dans ces pages à vibrer avec elle pour ces champions en faisant leur connaissance. Slalom, descente, supercombiné, half-pipe, slopestyle, bobsleigh... Découvrez leurs disciplines et les spécificités de celles-ci. Puis, creusez plus en profondeur pour percevoir qui se cache sous ces casques vissés sur la tête et les masques plaqués sur le visage. Glissez avec curiosité sur le parcours de ces enfants qui ont “habité et grandi sur une piste de ski” et qui ont réalisé ce rêve de briller au sommet ; retracez leurs cheminements, propres à chacun, qui les ont menés là où ils sont aujourd’hui : au Jeux olympiques. Pour avoir une vision d’ensemble,


CHRISTOPHE PALLOT / AGENCE ZOOM

A L P I N

— Brice Roger, lors de la descente à Saint-Moritz (Suisse), durant les championnats du monde, en février 2017. Meilleur français de l’épreuve, il s’est classé 10e au classement général.

— Julien Lizeroux, en pleine course, lors du premier slalom de la saison à Levi (Finlande), en novembre 2017, sur le circuit coupe du monde.

À retenir Les Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 comprendront  102 épreuves  dans  15 disciplines  différentes et rassembleront  2 900 athlètes  du monde entier pendant  17 jours . 7 ÉPREUVES DE SPORTS DE NEIGE : ski alpin, biathlon, ski de fond, ski acrobatique, combiné nordique, saut à ski, surf des neiges. 5 ÉPREUVES DE SPORTS DE GLACE : patinage sur piste courte, patinage de vitesse, patinage artistique, hockey sur glace, curling. 3 ÉPREUVES DE SPORTS DE GLISSE : bobsleigh, luge, skeleton.

LA PLAGNE À L’HEURE CORÉENNE

Comme tous les hivers, l’ensemble de la station est prête pour accueillir, avec chaleur et professionnalisme, ses vacanciers en quête de grand air, de descentes endiablées, de moments de partage en famille, de nouvelles expériences hivernales, etc. Mais cette année, ne soyez pas surpris si, les traits de certains visages paraissent un peu tirés, si certaines voix sont légèrement éraillées, si quelques drapeaux français sont arborés dans la vitrine d’une boutique, au détour d’un comptoir ou au sommet

d’un télésiège… Ne vous affolez pas si soudainement, les voisins du dessus entonnent une Marseillaise à trois heures du matin, si la lumière brille à 4 h 30 à l’école de ski ou à la crêperie... et qu’un grand cri de joie résonne au beau milieu de la nuit… Pendant cette quinzaine, la Plagne vivra sur plusieurs fuseaux horaires en même temps, ses nuits seront raccourcies pour ne pas manquer le rendez-vous tant attendu de ses “gamins”. Car la Plagne a vu grandir ceux qui s’aligneront au départ de ce rendez-vous olympique. Tout le monde ici possède un souvenir, une petite anecdote sur eux... Ils sont les petits-enfants de la coiffeuse, ont une sœur monitrice, un papa restaurateur, des amis d’enfance également moniteurs, hôteliers, boulangers, des cousins dameurs... —>

G L A C E

jetez également un regard dans le rétroviseur, sur le Club des Sports et son histoire, les succès des si nombreux champions d’hier qui ne sont peut-être pas si étrangers aux victoires de ceux d’aujourd’hui…

ELINA SIRPARANTA

— Les membres de l’équipe de France de bob à 2, sur la piste olympique de la Plagne, lors de la coupe du monde, en janvier 2015.

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LES CHAMPIONS

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

1 — X - G A M E S

—> Tout un cercle proche qui suit de près leur carrière, les hauts mais aussi les bas, présent lorsqu’il y a des blessures, des contre-performances ; les premiers entraîneurs, les maîtresses d’école, ceux, plus jeunes, qui ont leur poster dans leur chambre et leur autographe sur le casque... ceux qui leur tendent la perche depuis qu’ils ont 4 ans, qui les ont vu s’entraîner par tous les temps, ceux qui les réparent, ceux qui leur ouvrent la porte des salles de sports où ils passent un si grand nombre d’heures. Ceux-là savent l’énergie que ces athlètes ont mis en œuvre pour être là où ils sont aujourd’hui… et ils ne rateront ce rendez-vous pour rien au monde, quelle que soit l’heure et le travail qui les attend, le lendemain ! En février, la Plagne sera en forme... Olympique !

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LA COURSE D’UN JOUR

Sportivement parlant, ces athlètes ne placent pas les Jeux olympiques plus haut que les autres compétitions internationales : pour le slalomeur Julien Lizeroux : « C’est la même chose, on se retrouve contre les

En chiffres

8 —

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

C’est le nombre de disciplines dans lesquelles les Plagnards devraient théoriquement s’aligner au départ ! Le slalom, le super-G, la descente, le super combiné en Alpin, le slopestyle et le half-pipe en freestyle, le bobsleigh à 2 et à 4.

17 — C’est le nombre de médailles olympiques déjà remportées par les membres du Club des Sports de la Plagne.

16 ET 39 — C’est l’âge respectif de Tess Ledeux et de Julien Lizeroux, la première sera la benjamine et Julien le presque doyen de la délégation tricolore à PyeongChang.

même personnes, et ce sont toujours des portes rouges et des portes bleues ! Mais il y a beaucoup plus de tension autour des Jeux olympiques, et pour la grande majorité des athlètes comme pour le grand public cela reste le Graal ». Le bobeur Loïc Costerg a bien conscience que les sports peu répandus comme le sien survivent notamment grâce au coup de projecteur que représentent les JO, et les freestylers Marie Martinod et Kevin Rolland ont senti la différence de traitement général, de moyens et de médiatisation lorsque leur sport (le half-pipe) est devenu olympique à Sotchi, en 2014. Ces athlètes sont lucides sur la force du symbole olympique, ils savent que tous les regards sont tournés sur eux, sur la course d’un jour, du jour J, et c’est précisément là qu’il faudra être le meilleur. Marie, Tess, Julien, Brice et les autres se préparent depuis quatre ans pour ce rendez-vous qui ne durera qu’un peu plus d’une minute, le temps d’une descente en ski alpin, d’un “run” de half-pipe, le temps d’enchaîner sept “tricks” sur les tables et les rails du slopestyle, vingt-deux virages en bob à 140 km / heure... Mais derrière cette minute se cachent toutes ces heures d’entraînement physique acharné, de journées de ski d’été sur les glaciers d’Europe ou dans les montagnes de l’hémisphère sud, de répétition, de réparations, de préparation mentale, de refus polis à des invitations, des soirées, des anniversaires, des dîners... Une vie de sportif de haut-niveau, où la passion va forcément de pair avec le sacrifice. La force de la première diminuant la sensation du second... Une vie choisie, un rêve devenu réalité...

LA PLAGNE, FOURNISSEUR DE CHAMPIONS Où ces rêves d’enfant se sont-ils nourris ? Pourquoi ont-ils trouvé un écho positif dans la tête de si nombreux Plagnards ? La station savoyarde est en effet l’une des plus représentées au JO d’hiver ! Et ce n’est pas pour faire de la figuration, car chaque athlète présent possède ses chances de médailles. C’est certainement tout un ensemble de choses, et certains citent des personnes

1— Lors des Winter X-Games à Aspen (Étatas-Unis), en 2017, Ben et Kevin sont à l’écoute de leur coach Greg Guenet. 2— Benoît Valentin sur le superpipe d’Oslo, pour les X-Games, en 2016. 3— Julien Regnier ride en backcountry, au Becoin à la Plagne.

bienveillantes qui ont encadré ces sportifs et ont cru en leurs désirs parfois décalés, d’autres parlent d’une spirale positive, qui ferait que pour exister, un sportif plagnard doit se surpasser, car la barre est placée très haut ! Par exemple, si Tess Ledeux souhaite que l’on parle d’elle comme de la reine du ski freestyle et non comme la cousine de Kevin Rolland, médaillé olympique et triple champion du monde, elle se doit de viser les sommets ! De même, Brice Roger et Maxence Muzaton, les descendeurs, ont été guidés et transportés dans leur enfance par un certain Jean-Luc Crétier qui a prouvé vingt ans auparavant que l’on pouvait décrocher une médaille d’or à l’autre bout du monde, en ayant grandi à la Plagne...

PROFITEZ DE LEUR TERRAIN DE JEUX ! Mais il est certain que ces champions ont bénéficié d’un environnement qui n’est pas étranger à leur réussite : c’est sur les mêmes pistes que vous et vos enfants, que ces athlètes ont Ces champions découvert les joies de la glisse, du preont bénéficié d’un mier chasse-neige sur la piste du Biquet environnement qui au double back-flip n’est pas étranger dans la descente de la grande Rochette, à leur réussite. c’est ici qu’ils ont évolué, qu’ils se sont épanouis. Ces montagnes sont leur terrain de jeux, et ils reviennent dès qu’ils le peuvent pour en profiter. En attendant, cet espace immense, polyvalent, adapté à tous, est à vous ! Ce magazine est une invitation à vibrer, c’est aussi une invitation au plaisir de glisser, ce plaisir basique qui est le même pour vous que pour Julien Lizeroux, Marie Martinod ou votre enfant qui passe sa 2e étoile !


3 — J U L I E N

R E G N I E R

ELINA SIRPARANTA

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

2 — B E N O Î T VA L E N T I N

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LES CHAMPIONS

Freestyle

Glace

Alpin

— Kevin Rolland, en pleine figure, lors des X-Games à Oslo, en 2016.

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Là où tout a commencé SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

F R E E S T Y L E


SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

— Antoine Adelisse, sur la barre de slide, dans le snowpark de Snowmass, aux États-Unis.

ICI, LE SKI NE SE PRATIQUE PAS SEULEMENT SUR LA NEIGE MAIS ÉGALEMENT DANS LES AIRS. EN 40 ANS D’EXISTENCE, LE FREESTYLE A FAIT SON NID À LA PLAGNE ET Y A PRIS TOUTE SA DIMENSION, OFFRANT AINSI AUX ENFANTS DU PAYS DE BELLES OCCASIONS DE S’AMUSER ET DE DEVENIR DE GRANDS CHAMPIONS. MAIS AU FAIT, QU’EST-CE QUE LE SKI FREESTYLE EXACTEMENT ? DÉCRYPTAGE. JARDIN D’ENFANTS Le freestyle est solidement ancré dans l’ADN de la Plagne. Les enfants y goûtent dès leur plus jeune âge. À peine savent-ils marcher, qu’ils apprennent à skier et à voler. Et les générations de champions se succèdent : des mythiques sessions de ballet d’Éric Laboureix dans les années 1980, aux sessions spectaculaires de Kevin Rolland et Julien Regnier, en passant par les runs enflammés de “hot-dog” d’Olivier Allamand et Candice Gilg. La discipline a énormément évolué, voire muté, et les Plagnards traversent les décennies toujours au sommet. Ces skieurs créatifs, en quête incessante de liberté et de plaisir, font même partie des influenceurs de la discipline. Kevin et sa bande ont appris le plaisir de glisser et de sauter avant celui de gagner... et ils ont su le garder. Les pistes, les forêts, les combes alentours sont leurs jardins, leurs terrains de jeux. « Quand tu es gamin et que tu vis à la Plagne, la question ne se pose pas : tu fais du ski ! À mon époque, c’était le seul sport que l’on nous proposait. C’était le plus accessible et tous les enfants s’y retrouvaient. Je me souviens de journées entières à jouer dehors avec mon frère skis aux pieds ! » se souvient Candice Gilg, championne du monde de ski de bosses en 1995 et 1997. Un grand jardin donc, que ces skieurs, qui parcourent les montagnes du monde entier, voient encore comme tel aujourd’hui ! Quand il rentre « à la maison », Antoine Adelisse construit des modules avec ses amis pour sauter les rochers en caméra embarquée. Quant à Kevin Rolland, il imagine, depuis son balcon avec vue sur la Grande Rochette, les lignes et les tricks qu’il pourra inventer et intégrer dans ses futures vidéos. La Plagne est leur camp de base, leur terre d’aventure où est née cette fameuse envie de rider, de sauter... puis de gagner. Gagner justement, c’est bien ce que compte faire la génération actuelle de freestylers made in la Plagne, à PyeongChang. Car ces skieurs, au style très décontracté et au teint toujours hâlé, ont tous en commun une détermination sans faille et une approche très professionnelle de leur activité. Ces sportifs de haut-niveau ne laissent rien au hasard et organisent leur année méthodiquement entre la préparation physique complète et l’entraînement technique. Les sauts s’apprennent d’abord en salle, sur des trampolines puis, skis aux pieds, sur des tremplins réceptionnant dans l’eau (water-jumps), avant d’être essayés sur un big air bag (énormes matelas gonflés). C’est seulement après cela qu’ils les tenteront en conditions réelles dans un half-pipe ou un slopestyle. En année olympique, la préparation est encore plus dense et le niveau global augmente. Kevin Rolland le confirme : « Chacun monte encore d’un cran son curseur pour épater les juges en sautant plus haut, en inventant de nouveaux sauts, de nouveaux tricks ». Tout le monde s’est préparé avec cet objectif en tête, et concernant les Plagnards, ce qui impressionne c’est le nombre d’athlètes présents et potentiellement « médaillables » !

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Les grandes dates 1965 - 1970 C’est la naissance du fameux « hot-dog » en Californie : ballet, saut acrobatique et ski de bosses…

1992 Le ski de bosses devient discipline olympique et Olivier Allamand sera médaillé d’argent aux JO d’Albertville.

1995 - 1997 Candice Gilg est double championne du monde de Bosses et double vainqueur du circuit coupe du monde.

2000 Le mouvement new school, créatif et épris de liberté prend de l’ampleur, avec Julien Régnier en précurseur.

2006

2014 Marie Martinod (argent) et Kevin Rolland (bronze) deviennent les premiers français médaillés olympiques de freestyle à Sotchi !

2018 Les Plagnards arrivent en force à PyeongChang en half-pipe et en slopestyle.

Sandra Laoura est médaillée de bronze de ski de bosses aux Jeux olympiques de Turin (Italie).

2017 Tess Ledeux devient championne du monde de slopestyle en Sierra Nevada (Espagne).


LES CHAMPIONS

Freestyle

Alpin

M A R T I N O D

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

1 — M A R I E

Glace

10

Les spécialités

1 — Marie Martinod en pleine action sur le pipe d’Aspen, durant les X-Games 2016. 2. Tess Ledeux, sur les barres de slide, lors de l’édition 2017.

Le ski freestyle new school englobe cinq disciplines distinctes, dont deux olympiques :

LE HALF-PIPE > Cette discipline olympique s’effectue dans un demi-tube de 200 mètres de long, aux parois (coping) hautes de cinq mètres. Les athlètes effectuent un enchaînement de sauts et de figures et sont jugés par cinq juges sur la technique et le style. LE SLOPESTYLE > Sur une piste aménagée de divers modules nommés tables et rails, les skieurs effectuent là aussi un enchaînement de figures et sont jugés sur la technique et le style de leur prestation.

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

LE BIG-AIR > Une énorme bosse sur laquelle les skieurs peuvent tenter toutes les figures qu’ils souhaitent. La notation se fait par rapport à l’amplitude, la difficulté du saut, le style, la créativité et la maîtrise de la réception. LE BACKCOUNTRY > Il se pratique en dehors des snowparks sur des secteurs hors-pistes. Les skieurs se servent d’éléments naturels tels que le relief de la montagne (combe, corniche, barres rocheuses) et fabriquent eux-mêmes leurs kickers (tremplins) pour réaliser un enchaînement de figures. LE STREET > Vous l’aurez compris, il s’agit de la pratique du ski freestyle dans un milieu urbain. Spécialité venue tout droit du Québec, où les grandes villes sont aussi enneigées que les montagnes et la culture freeski bien développée, et très empreinte du skateboard. Les skieurs enchaînent les figures en utilisant escaliers, rampes, voitures, toits de maisons, etc.

F R E E S T Y L E

D É C R Y P TA G E

Sport jeune en éternelle évolution, le freestyle a, plus que bien d’autres disciplines, ses propres codes et son langage. Un univers à part entière, qui peut paraître difficile à cerner pour le commun des mortels âgé de plus de 30 ans. Voici donc un concentré d’éléments qui permettront de comprendre le B.A.-BA de cette discipline. LES ORIGINES

Les sauts et les figures ont toujours fait partie du ski. Mais l’essor du freestyle, en tant que réelle discipline, a démarré aux États-Unis, plus précisément en Californie, dans les années 1965-1970. À l’époque, on parlait du “hot-dog” qui regroupait le ballet, le saut acrobatique et le ski de bosses. Une grande époque, pendant laquelle le fuseau et le fluo étaient rois, les skis longs et droits, et l’inventivité déjà reine. En 1979, ces disciplines ont intégrées la Fédération internationale pour devenir des disciplines olympiques en 1992. La conséquence : une normalisation trop contraignante pour certains, et surtout, non compatible avec l’esprit créatif initial de ces techniques. Ainsi, le mouvement new school, majoritairement issus des spatules précurseuses des québécois, comme J.F. Cusson, et des français épris de liberté, comme Julien Regnier, s’étend dans l’ensemble des chaînes de montagne. Ses racines se situent dans le ski de bosses, mais puisent énormément dans la culture snowboard et, par conséquent, celle du skateboard. Le slopestyle, le big-air et le half-pipe se développent très vite, les vidéos sont de plus en plus élaborées et les sauts de plus en plus techniques. Pour dominer, les skieurs doivent se spécialiser dans une catégorie et, en 2014, le half-pipe et le slopestyle deviennent olympiques. C’est une bonne nouvelle pour certains, car il était difficile pour les pros de vivre de ce sport de niche. Son entrée dans la cour olympique offre une belle mise en lumiere et leur permet d’être enfin considérés comme des athlètes à part entière. Mais d’autres skieurs craignent à nouveau le même effet négatif sur la créativité et la liberté que celui subit par le ski de bosses, vingt ans auparavant.


08/12/1992 1 M 73

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

65 KG

2 — T E S S L E D E U X

B NOÎT VALENTIN HALF PIPE

LE MÉTRONOME

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

S

Cette discipline, en mutation constante, saura certainement se réinventer. En quête de liberté, mais aussi de reconnaissance, le freestyle a toujours dû jouer sur deux tableaux. Ce sport qui allie la force du ski avec la souplesse aérienne du saut, n’en est pas à une contradiction près. Chaque génération apporte sa touche dans une discipline, un brin schizophrène, qui a le don d’être aussi spectaculaire pour les connaisseurs que pour les non-initiés. Poussé par les progrès technologiques de la vidéo, le ski freestyle semble ne pas avoir de limites...

L’équipe de choc

LA MECQUE DU FREESTYLE : LES X-GAMES Si le freestyle est une religion, sa grand-messe s’appelle les Winter X-Games. Ces sortes de Jeux olympiques des sports extrêmes privés, des compétitions où tout est XXL, sont organisées et retransmises via la célèbre chaine ESPN dans plus de 140 pays. Un show à l’américaine, dont la version hiver existe depuis 1997 et remporte un énorme succès outre-Atlantique et auprès du jeune public. Il existe également une version européenne depuis 2012. Pour les skieurs freestyle, les X-Games sont un rendez-vous immanquable aussi attendus que les JO.

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

« Ils ont tous leurs chances » assure Greg Guenet leur entraîneur. C’est vrai que cette délégation plagnarde en impose. Deux générations : Kevin Rolland et Marie Martinod d’un côté, les références du half-pipe, déjà rôdés au folklore des JO et à la pression des grands rendez-vous. Tess Ledeux et Antoine Adelisse de l’autre, en pleine ascension et déjà en tête de liste des classements mondiaux en slopestyle. À eux quatre, ils rassemblent tout de même cinq Globes de Cristal (classement général de l’ensemble de la saison) et trois titres de champions du monde… Il n’y a finalement que des favoris ! « Ce que je vise avant tout c’est qu’ils terminent leur saison sans se blesser, car nous faisons un sport à risque » annonce prudemment l’entraîneur Greg, avant d’ajouter fièrement « je place de grands espoirs en eux. Je sais qu’ils donneront le meilleur, et ce que je constate déjà c’est que jamais le ski freestyle n’a été aussi fort à la Plagne ! »

a fameuse moustache ne cache pas le sourire qui s’affiche la plupart du temps sur son visage. Benoît, que tout le monde appelle Ben, aborde sa vie d’athlète de manière très sérieuse et très professionnelle, mais il a conscience d’avoir la chance de vivre son rêve : être un freestyler. C’est donc avec une joie non dissimulée qu’il pratique sa discipline de prédilection : le half-pipe. Ben est modeste, mais il a connu la gloire très tôt. En 2011, à 18 ans, il remporte le Globe de Cristal « à la maison ». « Cela reste, à ce jour, le plus beau souvenir de ma carrière. À l’époque, j’étais un p’tit jeune, la coupe du monde n’était pas aussi forte qu’aujourd’hui, mais quand même, j’ai gagné devant ma famille, mes amis, et ça cela n’a pas de prix. » Depuis, cet athlète complet travaille sans relâche avec rigueur, assez loin de l’image cool du freestyler, car il le dit lui-même : « Il n’y a que la compétition qui me fait vibrer. Je m’y transcende et c’est ce qui fait que je suis un pro au quotidien ». Le discret partenaire d’entraînement de Kevin Rolland n’est jamais bien loin du n°1 et ses résultats sont bons et réguliers. Mais Ben a encore du mal à briller pleinement et à remporter des épreuves. En revanche, chaque année, il progresse au classement général de coupe du monde terminant 4e en 2015, 3e en 2016, 2e en 2017. Ce fan de sport dans toute sa largeur est un touche à tout. De l’équitation à la chute libre, en passant par le ski de fond, il avait plus que jamais les yeux rivés sur PyeongChang, qu’il voyait comme son « rêve ultime ». À 25 ans, il connaissait ses forces (la régularité, le peu de chute, l’amplitude et la “propreté” de ses runs) et ses faiblesses (le manque de prise de risque, les sauts légèrement moins techniques que les meilleurs) et avait tout mis en place avec son entraîneur Greg Guenet pour passer ce cap et être en mesure de jouer la gagne. Malheureusement, le 8 décembre, jour de son anniversaire, Ben chute lors de l’épreuve de half-pipe de Copper Mountain. Le verdict est sans appel : c’est une rupture du LCA du genou droit, qui met un terme à sa saison et à ses ambitions olympiques. C’est la dure loi du sport. Mais comme le jeune homme le dit lui-même : « C’est du réparable, et c’est dans les moments difficiles que l’on forge son caractère. Je vais me fixer de nouveaux objectifs et tenter de les atteindre au plus vite ». Courage Ben ! PA L M A R È S > 10e lors des Jeux olympiques de Sotchi (Russie) en 2014 > 3e au superpipe des X-Games à Aspen (États-Unis) en 2016 > Classement général coupe du monde : 1er en 2011, 3e en 2016, 2e en 2017 > Étapes de coupe du monde : Au total 10 podiums, dont 4 médailles d’argent et 6 de bronze : 2e à Copper (États-Unis) en décembre 2016, 3e à Pheonix PyeongChang (Corée du Sud) en 2017, 4e des finales des SFR Freestyle Tour à Tignes, 2017 — Ben Valentin s’est déjà illustré à Phenix Park, à Pyeongchang (Corée du Sud) sur le circuit coupe du monde en 2017.

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LES CHAMPIONS

Freestyle

Glace

Alpin

10/08/1989 1 M 78

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

64 KG

K VIN ROLLAND

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

HALF PIPE

LA SOIF DE L’OR

K

evin est l’un des meilleurs skieurs de half-pipe de l’histoire, à 28 ans, voilà déjà une décennie qu’il parcourt la planète pour enchaîner les tricks et monter avec constance sur les podiums les plus convoités. Celui qui fut champion du monde à 19 ans est reconnu par ses pairs comme un athlète passionné, un affamé… « Un acharné » dira même Greg Guenet, son entraîneur. Dans un pipe, il ne skie pas, il vole… Le Plagnard invente des figures et fait trembler les Américains sur leurs terrains de jeux favoris : les X-Games avec, à son actif, neuf médailles, dont cinq en or. Ce garçon est un compétiteur né, il a la rage de vaincre, il aime la victoire, et il ne le cache pas : « je m’entraîne toute l’année pour être le meilleur du monde » dit-il, et son entourage confirme qu’il se donne tous les moyens pour parvenir à son but. L’inventeur du Double Cork 1260 (figure qui consiste à faire trois tours et demi en passant deux fois la tête en bas et en attrapant ses skis) sait aussi encaisser la douleur. Les chutes dans les half-pipes sont impressionnantes et souvent violentes… mais celui que l’on surnomme Mich’ est dur au mal et ne s’arrête pas après un échec, il recommence, jusqu’à ce que la figure souhaitée passe, que le geste recherché soit effectué. En 2012, l’athlète a pourtant été obligé de faire une pause pour subir une opération des ligaments croisés du genou. Mais dès le réveil post-opératoire son objectif est déjà fixé : revenir au plus haut niveau le plus rapidement possible, et c’est ce qui se passera. En à peine six mois, alors que la plupart des sportifs reviennent entre neuf et douze mois, Kevin retrouve les planches.

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

12

— Kevin Rolland s’élance en arrière dans le superpipe des X-Games à Aspen (États-Unis), en 2016.

— Kevin, après son dernier run dans le superpipe d’Aspen, lors des X-Games 2016.

RENDEZ-VOUS > jeudi 22 février à 3 h 30 Finale half-pipe Hommes

La superstar du ski freestyle s’entraîne évidemment très dur physiquement autant que techniquement, mais sa force est aussi mentale. Le vainqueur du Globe de Cristal (soit le 1er au classement mondial sur l’ensemble de la saison) en 2016 et 2017 supporte la pression, il sait être là pour les grands rendez-vous. Pour être centré sur la performance et oublier l’enjeu, il pratique notamment l’apnée, ce qui lui permet d’aller plus loin dans sa concentration. Avant le départ, il se concentre sur la technique qu’il a acquise et il se parle pour évacuer le stress et se lancer à 100 % dans son run. « Quand tu te lances dans le pipe, tu as 30 secondes pour réaliser ta performance… il faut donc être totalement dans l’instant présent. » Né à la Plagne, il considère ce domaine comme son jardin, et le ski a toujours été guidé par le plaisir : « C’est la base, et depuis tout petit je suis toujours allé au ski avec l’envie. La punition ultime quand on était minots c’était d’être privé d’entraînement ! ». Quand il est dans sa station, le freestyler accède au sommet des pistes en six minutes… depuis son lit ! Kevin apprécie la taille XL du domaine et sa variété, il aime en particulier aller glisser dans les Verdons nord, « c’est une piste et surtout un hors-piste assez vallonné, avec un terrain très joueur, donc on peut s’amuser à faire des back flip à gauche, à droite, il n’y a qu’un seul télésiège, mais il offre vraiment beaucoup d’options ! ». Et parce qu’il affectionne énormément la vidéo, cet hyperactif apparaît dans de nombreux films, et a déjà fait visiter la station de la Plagne à plus de sept millions de spectateurs dans ses vidéos Fast Foward, de manière plutôt originale et engagée avec son complice Julien Regnier ! L’image fait partie de son univers et de son sport, et lorsqu’il sera moins actif sur les compétitions, il y a des chances qu’il mette son imagination et son talent au profit de cet art. « Mais ce qui m’anime aujourd’hui, c’est la compétition » et Kevin compte bien répondre présent au rendez-vous de PyeongChang. Le freestyler multi-couronné est fan des X-Games, mais il attribue une place toute particulière aux Jeux olympiques et il sera très fier de représenter son pays lors d’une seconde olympiade. À Sotchi en 2014, même si la médaille de bronze l’a rempli de joie, elle a laissé tout de même à ce compétiteur perfectionniste un petit goût d’inachevé… C’est pourquoi Mich’ a bien l’intention de revenir de Corée avec de l’or autour du cou. PA L M A R È S > 3e aux Jeux olympiques de Sotchi (Russie), en 2014 lors de la première compétition olympique de half-pipe à ski > Champion du monde de half-pipe en 2009 > Triple vainqueur du Globe de Cristal en 2009, 2016 et 2017 > Triple vainqueur en superpipe des X-Games à Aspen (États-Unis) en 2010, 2011 et 2016 > Double vainqueur en superpipe des X-Games Europe à Tignes en 2010 et 2011


SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

65 KG

23/11/2001 1 M 58 52 KG

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

1 M 78

> dimanche 18 février à 5 h 15 Finale Slopestyle Homme

RENDEZ-VOUS

10 /0 6 /19 9 6

ANT INE ADELISSE

RENDEZ-VOUS > samedi 17 février à 5 h Finale Slopestyle Femme

TE S LEDEUX

SLOPE STYLE

SLOPESTYLE

NÉO-FREESTYLER TALENTUEUX

C

e grand blond, calme et posé, est le meilleur skieur de slopestyle et de big-air français actuel. Antoine a 21 ans et du talent à revendre. Son mental solide et son approche professionnelle de son sport laisse entrevoir de belles chances de succès. La créativité, la liberté de choisir ses figures et surtout le plaisir qu’il prend à skier sont pour lui les sources principales de sa motivation, il affectionne aussi le côté spectacle de son sport. Dire qu’Antoine est doué signifie que c’est un skieur qui sait tout faire : il est aussi à l’aise en slopestyle ou en bigair que dans un half-pipe, en poudreuse ou dans un champ de bosses (champion de France en 2011) ! Le domaine de la Plagne est son jardin et il en explore toutes les facettes à sa manière, entre deux compétitions et une session d’entraînement. « Cet hiver, je réalise Home Calling, une petite série vidéo dans laquelle je fais découvrir le domaine skiable… à ma façon ! » Une visite à base de caméras embarquée et de drone à voir sur les réseaux sociaux de la Plagne, qui demande à avoir le cœur bien accroché. Un projet qui lui permet de relâcher un peu la pression avant les Jeux, seconde olympiade pour Antoine qui avait 17 ans à Sotchi. « Cette fois, je vise clairement la médaille, les Jeux sont pour moi une priorité, même s’ils ne sont pas une totalité. Il y a beaucoup d’autres belles compétitions avec de beaux enjeux à venir, et se focaliser uniquement sur PyeongChang serait une erreur. » Opéré du genou en 2016, Antoine a réalisé en 2017 sa plus belle saison, avant de se blesser cette fois à l’épaule. De retour en pleine forme, Antoine a plus que jamais à cœur de briller cet hiver, et de continuer à s’amuser. Alors… Amuse-toi bien à PyeongChang, Antoine !

PA L M A R È S > 5e des championnats du monde de slopestyle, à Oslo (Norvège) en 2017 > 3e du classe AFP World Tour, finales de slopestyle à Whistler (Canada) en 2015 > Coupe du monde : 2e en big-air à Myrkdalen Voss (Norvège) en 2017, 5e en slopestyle à Sierra Nevada (Espagne) en 2017, 7e en big-air à Québec city (Canada) > Vainqueur de la coupe d’Europe de slopestyle en 2016 > Champion de France en slopestyle à Méribel en 2017

20/07/1984

LA PÉPITE DU FREESTYLE FRANÇAIS

L

e nouveau phénomène du ski freestyle déboule directement de la Plagne. À peine entrée dans la cour des grands que la petite blonde de 16 ans en est déjà la favorite. Déterminée, la cousine de Kevin Rolland sait où elle va, son entraîneur Greg Guenet se demande même si cela n’est pas dans les gènes. Il voit dans Tess la même envie, la même soif de victoire. Même sans son cousin, Tess pense qu’elle aurait eu l’idée toute seule de se diriger vers le freestyle. « Il m’inspire et me guide, mais j’ai toujours eu cette folie sur les skis. Toute petite, je voulais toujours sauter et skier sur les bords de pistes », et il n’y plus eu de doute lorsqu’à 7 ans elle réalise sa première sortie en slopestyle avec ses copains du club, l’entraîneur leur apprends les rudiments de l’équilibration en l’air et les premiers sauts. « Je me souviens encore de cette journée, c’était magique, et au fond de moi, je savais que c’était ce que je voulais faire ! » S’ensuivent deux saisons de ski alpin avant d’intégrer à 9 ans la section freestyle où elle s’entraîne sans relâche et rivalise avec sa sœur, tout en essayant toujours de suivre le niveau des garçons. Son mental de fer est vite repéré par ses entraîneurs, à 12 ans Tess à la hargne, ce n’est pas le genre de fille à pleurer… Sauf de rage, quand elle ne gagne pas ! Elle aura dû attendre patiemment d’avoir l’âge requis pour entrer sur le circuit mondial l’hiver 2017 et là, la pépite du freestyle donne une leçon à toutes ses aînées. Lors de sa première participation à une coupe du monde, elle gagne, idem aux X-Games Europe puis aux championnats du monde, devenant ainsi la plus jeune médaillée d’or de l’histoire du ski freestyle… Pour ses premiers X-Games aux États-Unis, Tess a terminé à la deuxième place… Elle n’a pas pleuré. La « gamine » de la Plagne possède déjà un palmarès à faire pâlir les meilleurs skieurs. Elle regarde désormais vers la Corée, rêve d’un podium partagé avec Kevin… Sûre que dans le restaurant de ses parents « Chez Pépé and Co », la télé sera allumée même en pleine nuit, et que sa grand-mère fera une place sur les étagères de son salon de coiffure où sont exposés les si nombreux trophées de ses petits-enfants… PA L M A R È S > Championne du monde de slopestyle à Sierra Nevada (Espagne) en 2017 > 2e sur le slopestyle des X-Games à Aspen (États-Unis) en 2017 > Vainqueur en coupe du monde à Font-Romeu, en 2017 > Championne de France de slopestyle à Val-Thorens, en 2016

1 M 58 48 KG

M RIE MARTINOD HALF PIPE

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

RENDEZ-VOUS

> mardi 20 février à 2 h 30 Finale Half-pipe Femme

LE GOÛT DU CHALLENGE

M

arie a eu plusieurs vies, et au cours de chacune d’elles, elle a engrangé de l’expérience, de la sagesse et du savoir. Son histoire est belle, sa carrière est digne d’un scénario de film et tout le monde rêve d’un happy end à PyeongChang. Marie est pratiquement née skis aux pieds, elle a suivi avec passion les premiers skieurs acrobatiques de sa station avant de devenir elle-même une pionnière du ski freestyle. En 2007, elle arrête sa carrière, fonde une famille et monte un commerce : « Le Code Bar » à la Plagne Montalbert. En 2010, Marie est victime d’un grave accident de la route et doit se battre plusieurs mois pour retrouver l’usage de son bras. En parallèle, le ski freestyle évolue et son sport devient olympique, ce dont elle a toujours rêvé. La jeune maman fait alors le pari fou, après sept ans d’absence, de revenir au plus haut niveau. Son mental de feu et l’amour de son sport la mèneront jusqu’à Sotchi où elle remporte la médaille d’argent ! Depuis, la petite brune enchaîne victoires et podiums avec son style aérien et ses figures engagées… Elle termine la saison 2017 en remportant le globe de la spécialité. À 35 ans, Marie espère bien s’offrir le plus beau des métaux en Corée… PA L M A R È S > 2e aux Jeux olympiques de Sotchi (Russie), en 2014 > Vainqueur aux X-Games à Tignes, en 2013 et à Aspen (États-Unis), en 2017 > Vainqueur du Globe de Cristal de half-pipe pour la saison 2016-2017 > 9 podiums dont 6 victoires en coupe du monde

13


LES CHAMPIONS

Freestyle

Glace

Alpin

14

Pilote de l’extrême — La team Costerg, en bob à 4, lors des JO de Sotchi (Russie) en 2014.

AGENCE ZOOM

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

G L A C E


1M85 95 KG

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

LANCÉS À PLUS DE 140 KM/H SUR CE SERPENT DE GLACE QU’EST LA PISTE, LES BOBEURS VISENT LA MAÎTRISE PARFAITE DE LA TRAJECTOIRE DE CE BOLIDE DE PLUS DE 600 KG… ICI, IL EST TOUT SIMPLEMENT INTERDIT DE FREINER CAR TROP DANGEREUX. LE PARCOURS D’UN COMBATTANT

Pour dévaler ces pistes de glace et enchaîner les virages, Loïc n’est pas tout seul. Le groupe du pilote plagnard est également composé de cinq pousseurs : Vincent Castell, Dorian Hauterville, Vincent Ricard, Jérémie Boutherin et Yannis Pujar. Hormis Loïc donc, tous sont issus de l’athlétisme, et ont été détecté pour leurs qualités d’explosivité et de vitesse. Ils travaillent ensuite la force pour pousser le bob au départ.

> samedi 24 février à 1 h 30 et dimanche 25 février à 1 h 30 Bob à 4

RENDEZ-VOUS

09/05/1987

> dimanche 18 février à 12 h et lundi 19 février à 12 h 15 Bob à 2

Loïc Costerg ne sera peut-être pas le seul à défendre les couleurs de la Plagne sur la glace. Romain Heinrich, en bob à 2, espère également faire partie de la fête. Ancien “pousseur” de Loïc, Romain est désormais lui-même pilote !

LO C COSTERG BOBSLEIGH

UN COLOSSE TOUT EN FINESSE

L

oïc est tombé dans le bobsleigh quand il était petit : son père, et même son grand-père, pratiquait cette discipline pourtant si peu répandue. Une passion familiale qu’il débute de manière sérieuse après les Jeux olympiques de Vancouver en 2009. Lors de sa première saison, il participe avec son équipage, constitué de trois sprinters du Club d’Athlétisme de Grenoble, à ses premières coupes d’Europe en bob à deux, où il obtient tout de suite de très bons résultats. À la fin de la saison suivante, l’équipe de Loïc obtient les quotas pour intégrer le circuit coupe du monde ! Moins de trois ans après ses débuts, le bobeur de la Plagne se retrouve déjà dans la cour des grands, parmi les trente meilleurs mondiaux ! Loïc est reconnu pour ses qualités de ce qu’ils appellent dans le jargon le « feeling » (soit le ressenti), qui permet au pilote de savoir où il en est sur la piste et ce qu’il doit faire. « En une saison, un pilote fait en moyenne 200 descentes d’une minute : c’est très peu ! La force du pilote sera sa capacité une fois en bas à savoir ce que l’on a fait exactement, ce que l’on a ressenti à tel moment et être en mesure de pouvoir le corriger, l’améliorer. C’est cela, selon moi, qui détermine un bon pilote » commente Loïc. Mais en plus de cela, ce grand gaillard, calme et réfléchi, doit avoir les mêmes qualités physiques que les pousseurs : il doit courir aussi vite et pousser aussi fort qu’eux ! Pour cela, c’est toute l’année, et en particulier d’avril à octobre, que ces athlètes s’entraînent sans relâche. Enfin, d’après ce grand brun au tempérament calme et posé, sa discipline n’a rien de casse-cou : « Au contraire, le pilote doit être l’inverse d’une tête brûlée, le risque de chute et de blessure est trop important. En plus, le pilote doit avoir avec lui la confiance totale de ses pousseurs, s’il veut que ceux-ci se donnent à 120 % au départ… ils ne feraient pas confiance à quelqu’un qui prend des risques non réfléchis. » Celui qui, gamin, faisait de la luge à côté de la fameuse piste de la Plagne, gère sa carrière et les difficultés d’un sport cher et peu médiatisé avec professionnalisme. À 30 ans, il s’apprête à participer déjà à ses deuxièmes Jeux olympiques… Un parcours aussi fulgurant qu’un bob lancé à pleine vitesse !

LE NERF DE LA GUERRE Le bobsleigh en France est un sport peu répandu et peu médiatisé, de plus, il coûte très cher en termes de matériel et de logistique. D’après Loïc, « à l’heure actuelle, rien que les bobs les plus performants coûtent autour de 100 000 euros ». Lorsque le Plagnard expose, en 2011, son objectif de participer aux JO de Sotchi, la fédération lui annonce tout de suite clairement qu’il n’y aura pas de budget pour le bobsleigh. La raison : il n’y avait pas eu d’équipe qualifiée aux Jeux précédents, à Vancouver. Loïc a continué en connaissance de cause, les conditions sont difficiles : pas d’entraîneur, pas de moyen... Mais l’équipe réussi à se qualifier aux JO de Sotchi sans cette aide financière de la fédération. En Russie, l’équipe s’en tire très honorablement, aux vues des conditions, avec une 20e place en bob à 2 et une 17e place en bob à 4. C’est grâce à cela que les choses ont changé : la fédération débloque à nouveau un budget pour le bobsleigh ! L’équipe possède désormais un staff avec un entraîneur, qui n’est autre que Bruno Mingeon, l’ancien pilote de bob de la Plagne médaillé aux Jeux de Nagano, un préparateur physique et un kiné. Les conditions n’ont donc rien à voir avec celles dans lesquelles Loïc et son équipe avait abordé Sotchi, mais le team France est encore loin de jouer dans la même cour que les Allemands, les Américains ou les Canadiens à la pointe de la technologie et au réservoir d’athlètes beaucoup plus important. Loïc est semi-professionnel, et ses pousseurs simplement dédommagés en partie pour la saison... PYEONGCHANG EN QUESTION

Mais pour arriver jusqu’à PyeongChang, la route est longue et sinueuse comme une piste de bob ! Le Comité National Olympique français et la fédération ne souhaitent pas envoyer une équipe pour faire de la figuration. Les critères imposés sont donc sévères : avoir réalisé des tops 10 lors des coupes du monde qui précèdent les Jeux ! S’ils y parviennent, les bobeurs les aborderont avec beaucoup d’ambition, comme le confirme Loïc : « J’ai accédé aux JO à Sotchi quatre ans seulement après avoir débuté le bobsleigh, c’était un peu la découverte. Mais cette fois c’est plus une confirmation : si on est qualifié, c’est que l’on est capable de jouer avec les meilleurs, donc on ne sera pas là en spectateurs ! ». L’an dernier, le team France avec terminé 14e en coupe du monde préolympique sur le site des Jeux ; une piste intéressante au niveau pilotage d’après Loïc...

PA L M A R È S > Jeux olympiques à Sotchi (Russie), en 2014 : 17e aux en bob à 4. Pousseurs : R. Heinrich, F. Ribet, E. Lefort. 20e en bob à 2. Pousseur : R. Heinrich > 7e en coupe du monde de bob à 4 à Saint-Moritz (Suisse), en 2018. Pousseurs : V. Ricard, V. Castell et Y. Pujar > 12e en coupe du monde de bob à 2 à Wisthler (Canada), en 2017. Pousseur : D. Hauterville. Et 6e en bob à 4. Pousseurs : V. Ricard, V. Castell et D. Hauterville > 8e en coupe du monde en bob à 4 à Königssee (Allemagne) en 2016. Pousseurs : V. Castell, Y. Pujar, J. Boutherin

— Loïc Costerg et son coéquipier sur la piste olympique de la Plagne.

LOUIS GARNIER

À savoir Loïc compare l’approche de son sport avec la descente en ski alpin, en termes de mémorisation, de précision et d’engagement… « Sauf que nous, nous n’avons pas de frein ! En réalité, le dernier pousseur a accès aux freins, mais ceux-ci servent à s’arrêter uniquement la ligne d’arrivée passée. Ça, c’est un peu impressionnant, surtout au début. » On n’en doute pas Loïc !

15


LES CHAMPIONS

Freestyle

Glace

Alpin

— Maxence Muzaton, devant la Grande Casse depuis l’épreuve de coupe du monde de Val-d’Isère, en 2016.

A L P I N

Speed addict

ALEXIS BOICHARD / AGENCE ZOOM

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

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ALEXIS BOICHARD / AGENCE ZOOM

— L’arrivée de Julien Lizeroux, lors du slalom nocturne de Schladming, en Autriche, en janvier 2017.

EN CAS DE QUALIFICATION, LORSQUE BRICE, MAXENCE ET JULIEN DÉCLENCHERONT LE PORTILLON DE DÉPART À L’AUTRE BOUT DU MONDE, C’EST TOUTE LA STATION QUI RETIENDRA SON SOUFFLE. LA PLUPART DES ÉPREUVES SE DÉROULERONT EN PLEINE NUIT, HEURE FRANÇAISE, MAIS LES PLAGNARDS SERONT NOMBREUX À RÉGLER LEUR RÉVEIL POUR VIBRER AVEC LEURS CHAMPIONS, ET CE, DE LA PREMIÈRE À LA DERNIÈRE PORTE. UNE QUESTION DE TRAJECTOIRES

À la différence des disciplines freestyle, le ski alpin n’est pas un sport de jugement. Ici, l’arbitre, c’est le temps, et beaucoup ont l’habitude de dire : « L’alpin, ce n’est pas comment, mais combien. » Rien de plus basique en effet : il s’agit d’être le plus rapide. Les skieurs, qu’ils soient dans les disciplines techniques comme Julien, ou de vitesse comme Brice et Maxence se battent contre un chrono et il n’y a rien de plus implacable. Le ski alpin a fait son entrée au programme olympique lors des Jeux de Garmisch-Partenkirchen, en 1936. Aujourd’hui, il comporte cinq spécialités : deux épreuves de vitesse (la descente et le super-G, courues sur une seule manche), deux épreuves techniques (le géant et le slalom, disputées sur deux manches aux tracés différents) et enfin, une épreuve mixte (le super-combiné, composé d’une manche de descente et d’une manche de slalom). Chacune d’entre elle a ses spécificités et très rares sont les coureurs qui s’élancent dans toutes les catégories. Les efforts ne sont pas les mêmes, tout comme le type de trajectoires, et même l’approche psychologique est totalement différente.

DISCIPLINES DE VITESSE : FRISSONS GARANTIS

Les disciplines de vitesse comprennent le super-G et la descente. Cette dernière est d’ailleurs perçue comme l’épreuve reine du ski. Pourquoi ? Parce qu’elle fait trembler et représente l’essence du ski avec tous ses fantasmes. Voir les skieurs s’élancer à des vitesses folles dans des murs glacés, comme des funambules sur un fil, qui essaient de tenir la courbe... Le spectacle est saisissant ! Et il suffit d’avoir chaussé les skis une seule fois, même sur une piste verte, pour imaginer le courage et l’audace qu’il faut à ces athlètes pour s’engager à 200 % sur ces parcours aussi raides que mythiques. Les vitesses enregistrées donnent le vertige,

avec des pointes à 150 km / h, les sauts de 40, voire 70 mètres succèdent aux goulets, ces passages étroits souvent dans l’ombre, où il faut absolument tenir la ligne. Les passages clés sont appris par cœur par les skieurs intrépides, visualisés maintes et maintes fois. Le droit à l’erreur n’existe pas, tout comme celui d’avoir peur. La descente c’est de l’exigence à l’état pur, la discipline des braves liés par cette passion de la vitesse et l’acceptation du danger. Le 13 février 1998, Jean-Luc Crétier, originaire de la Plagne, remportait la médaille d’or des Jeux olympiques de Nagano. Vingt ans plus tard, les Plagnards rêvent à un nouvel exploit.

DISCIPLINES TECHNIQUES : LES MAÎTRES DU SUSPENS

Slalom et géant sont les deux disciplines dites “techniques”. Elles se disputent en deux manches et les virages sont plus courts qu’en descente ou en super-G. Julien Lizeroux est un pur slalomeur, nerveux, réactif, vif, il plonge sans concession dans cette forêt de piquets. Pour les spectateurs, cette discipline met les nerfs à vif ! Tout peut arriver en slalom, la moindre erreur technique fait perdre le rythme et il est impossible de rester dans le parcours, les sorties sont fréquentes. Pour aller chercher la victoire, les skieurs comme Julien doivent donc être des métronomes, avec un ski fluide et un toucher de neige d’exception. Ils doivent savoir également gérer la pression. Entre les deux manches, ou au départ, lorsque les spectateurs enflamment les raquettes d’arrivées et les abords des stades. L’expérience aide à garder la tête froide. Et lorsque l’on parle d’expérience, on ne peut que penser aux 18 ans passés au plus haut niveau de notre slalomeur barbu préféré…

6

En chiffres

2

C’est le nombre de disciplines de ski alpin programmées aux JO de PyeongChang. En plus de la descente, du super-G, du super-combiné, du géant et du slalom, une nouvelle épreuve débarque : le slalom parallèle par équipe et mixte !

3

C’est le nombre de skieurs de la Plagne qui peuvent prétendre à une participation aux JO ! Julien Lizeroux en slalom, Brice Roger en descente et super-G et Maxence Muzaton en descente, super-G et super combiné… Mais les places sont chères et à l’heure où nous écrivons ces lignes, rien n’est garanti !

C’est le nombre de médailles ramenées par l’Equipe de France de Ski Alpin lors des JO de Sotchi. Le premier médaillé olympique français est Emile Allais, lors des Jeux olympiques de 1936 à Garmisch.

1mn 50s 11c

C’est le temps de la descente de Jean-Luc Crétier lors des JO de Nagano, le vendredi 13 février 1998, qui restera gravé dans l’histoire.

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LES CHAMPIONS

Freestyle

Glace

Alpin

05 /09 /19 79 1 M 73

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

78 KG

ALAIN GROSCLAUDE / AGENCE ZOOM

JU IEN LIZEROUX SLALOM

L’INSUBMERSIBLE

J

— Julien, à l’arrivée de la deuxième manche du slalom de Saint-Moritz (Suisse), en mars 2016.

RENDEZ-VOUS > jeudi 22 février à 2 h 15 et 5 h 45 Slalom Homme

blesser à nouveau ! Mais Julien ne change pas son objectif, il n’envisage pas d’arrêter et la saison 2006 sera le début d’une belle ascension. C’est en 2009 que le Plagnard monte enfin sur la boîte ! Une victoire magnifique, à Kitzbühel, en lieu et place de sa première coupe du monde, 9 ans plus tôt. Un des plus grands moments de sa carrière. Dans une interview à L’Équipe, Julien dira : « Cela faisait deux saisons que je tournais autour du podium. Une première victoire et plus qu’une victoire un doublé puisque Jean-Baptiste (Grange) fait 2e. On a partagé ça avec tout le groupe, c’était génial. Parce que même si on fait un sport individuel, on vit toute l’année en équipe. » Une déclaration loin d’être anodine quand on sait l’importance que l’athlète accorde à l’amitié et au partage de sa passion. Ainsi, Julien garde aussi comme moment fort la vision du départ de la deuxième manche du slalom des championnats du monde 2009 de Val d’Isère avec 40 000 personnes en bas de la face de Bellevarde, venus pour encourager les Français ! Il terminera deuxième. Cette saison 2009-2010 sera sa meilleure et il finira second au classement mondial, à vingt petits points du globe de Cristal ! Mais le nuage noir revient et Julien retrouve malheureusement le chemin de l’hôpital et de la réeducation. Son genou gauche est très abimé, en particulier ses tendons : son quadriceps ne s’insère plus dans sa rotule. L’opération est lourde et elle lui coûtera…. 34 mois d’arrêt ! Deux ans en dehors des stades de slalom à suivre les autres, à jouer parfois au commentateur sur les chaînes sportives, et surtout à travailler sans relâche à son retour.

Une carrière jalonnée de blessures Une soif de revanche qui s’explique au regard d’une carrière, qui n’a pas été un long fleuve tranquille loin de là. Julien a pris sa première licence au club de la Plagne à 7 ans. À 15 ans, il est entré au ski-étude d’Albertville où il a passé son bac, puis à 19 ans, il est rentré en Équipe de France. Tout se déroule très bien pour ce garçon passionné, doué et travailleur reconnu par ses entraîneurs. À 20 ans, il est champion de France et dispute sa première coupe du monde dans la Mecque du ski : Kitzbühel, aux côtés de ses idoles et face à 30 000 spectateurs. Premiers top 10 en 2001 avant d’être stoppé au début de la saison 2001-2002 par une première blessure. Le retour est assez difficile, et se fait sans marquer aucun point pendant deux ans avant de retrouver son niveau en 2004-2005 sur le circuit coupe d’Europe… et de se ALAIN GROSCLAUDE / AGENCE ZOOM

20

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

— Julien Lizeroux, lors du slalom des mondiaux de Saint-Moritz (Suisse), en février 2017.

ulien ne lâche rien. Tout petit déjà, sa mère n’arrivait pas à lui enlever les skis lorsqu’il devait rentrer à la maison. Sa carrière a été marquée par les blessures, mais ce n’est pas ce qui l’arrête Julien. 18 ans après son entrée en Équipe de France, il est toujours là, avec le même sourire et le couteau entre les dents lorsqu’il enchaîne les virages de slalom : « Je suis toujours à fond » concède-t-il. À 38 ans, le voilà désormais le doyen de toute cette équipe de champions. Lorsque Tess Ledeux, la freestyleuse est née, lui courait déjà en coupe du monde ! Mais ce fonceur à la joie de vivre intouchable se sent bien à sa place : « L’échauffement me prend beaucoup plus de temps aujourd’hui, mais je suis toujours là et je me fais toujours autant plaisir dans les piquets, je suis jeune dans ma tête et tant que j’en ai encore envie et que mon corps peut suivre, je continue ». Le slalom, sa discipline, correspond à son tempérament : c’est un combat avec les piquets et le chrono. Pour lui, qui marche à la pression et à l’adrénaline, le meilleur moment c’est le départ, juste avant de fermer le portillon : « On rentre dans le vrai, dans ce qu’on a envie de faire, on se dit : c’est maintenant ! » Ici et maintenant, c’est en effet le mode de fonctionnement du slalomeur, il n’est pas calculateur et donne tout ce qu’il a, à chaque course. Lorsqu’on lui parle des JO, le skieur barbu avoue que pour lui « c’est un peu les JO tous les week-ends ! J’ai été écarté des pistes un certain moment, donc maintenant j’ai juste envie d’en “claquer” une. Une victoire reste une victoire, elle est belle, peu importe quand. »

Back in the game ! À force d’abnégation et de courage, Julien Lizeroux rechausse les skis en 2013. Un mental de fer qui invite au respect et impressionne tout son entourage, sa famille comme ses entraîneurs, ses coéquipiers comme ses "adversaires”. En novembre, à Levi, Julien prend le départ et est à nouveau classé dans les 30 meilleurs mondiaux. Une énorme performance, une véritable victoire personnelle, qui prend la forme d’un nouveau départ et toujours ce sourire… solaire. Julien est un homme de conviction qui est sûr que le travail paie. C’est un combattant, éternel optimiste et épicurien qui s’engage à 100 %. Il enchaîne les saisons sur le cirque blanc, encaisse sans sourciller les réflexions et les surnoms de “papi” ou de “vieux routier”. « Le ski c’est du plaisir et de la passion » dit-il. N’empêche que le vieux routier joue toujours parmi les meilleurs et que lorsque le monde entier aura le regard tourné vers PyeongChang, là cela serait vraiment un très bon moment : « Pour en claquer une ! ». PA L M A R È S > Vainqueur par équipe aux championnats du monde de Saint-Moritz en 2017 > 2e aux championnats du monde de Val d’Isère en slalom et en super-combiné en 2009 > 11 podiums en coupe du monde dont 3 victoires, à Kitzbühel (Autriche), Kranjska Góra (Slovénie) et Adelboden (Suisse). > 2e au classement général de coupe du monde de slalom en 2010


FRANCIS BOMPARD / AGENCE ZOOM

09/08/1990

— Maxence Muzaton, en stage de préparation, à La Parva, au Chili.

1M80 90 KG

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

RENDEZ-VOUS > dimanche 11 février à 3 h Descente Homme > mardi 13 février à 3 h 30 et 7 h Super-combiné Homme

BR CE ROGER

> jeudi 15 février à 3 h Super-G Homme

26/06/1990

VITESSE

1 M 78

LA FORCE SENSIBLE

80 KG

B

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

rice a toujours aimé aller vite, était-il prédestiné ? En tout cas, il se souvient que gamin, lorsqu’il vivait à la Plagne 1800, il allait avec ses copains dans un champ en face de chez lui : « On faisait des pistes de luges avec des murs de neige, on les arrosait le soir, et le lendemain on revenait, c’était bleu glace… et on dévalait ça à fond… ». Physiquement, Brice est puissant, il est fort et il a aussi, comme tous les descendeurs, un grand cœur. Il le faut pour s’élancer sur les pistes mythiques et glacées du cirque blanc à plus de 150 km/h avec des skis de 2,10 m, un casque et une combinaison d’un millimètre d’épaisseur… Mais sous ses 90 kg de muscle se cache un garçon sensible. Un tempérament fougueux, parfois trop, qui apprend au fil des années à être patient et à canaliser ses énergies. Brice a 28 ans, et les descendeurs mettent souvent du temps à arriver au top car la discipline demande une grande expérience. Petit à petit, le grand gaillard fait son nid au sein de cette belle équipe de descendeurs qui devient sa deuxième famille. Il a lui aussi connu les blessures, fin 2016, avec une fracture du plateau tibial en Italie, puis une autre aux adducteurs en fin de saison 2014-2015. Mais la plus frustrante restera certainement celle survenue aux JO de Sotchi… la veille de la course. Alors que Brice avait remporté le premier entraînement, il chute et se blesse lourdement au genou. Alors forcément, les Jeux olympiques, il en parle prudemment : « Déjà je ne suis pas sûr d’être sélectionné, et si c’est le cas, je dois les aborder comme toutes les autres courses, je ne dois pas me rajouter de pression inutile. » La chute de Sotchi est derrière, et sa préparation mentale peaufinée avec une coach lui permet d’aborder les courses de manière optimale, plus sereinement. Cet épicurien a grandi à la Plagne, partagé les bancs de l’école et appris à skier au club des sports : « C’est ma station de cœur, je m’y sens bien ». Et lorsque son emploi du temps le permet, il retrouve avec plaisir son “fief” au restaurant Bar La Terrasse, à Aime 2000. Cette belle force de la nature, maître dans l’art des réseaux sociaux, est d’après son entourage : « l’ami que tout le monde rêve d’avoir, qui se nourrit de bonne humeur et de rire pour avancer dans la vie ». En un mot, un mec bien.

MAX NCE MUZATON

RENDEZ-VOUS > dimanche 11 février à 3 h Descente Homme > mardi 13 février à 3 h 30 et 7 h Super-combiné Homme > jeudi 15 février à 3 h Super-G Homme

VITESSE

SKIEUR AU SENS LARGE

À

ALEXIS BOICHARD / AGENCE ZOOM

PA L M A R È S > Top 10 championnat du monde : 8e de super-G à Saalbach (Autriche), en 2015, 9e en descente à Garmisch (Allemagne), en 2016 et 10e en descente à Saint-Moritz (Suisse), en 2017 > 3e en coupe du monde de super-G à Méribel, en 2015 > Champion de France de super-G à Megève, en 2017 — Brice Roger, lors de la descente de Beaver Creek (États-Unis), sur le circuit coupe du monde, en décembre 2017.

27 ans, Maxence aborde sa 6e saison sur le circuit de coupe du monde, il n’est plus tout à fait un « petit jeune », mais fait tout de même partie de la nouvelle garde de cette belle équipe de France de vitesse. Le skieur a débuté sa carrière avec un titre de champion du monde junior de super-G glané à Chamonix en 2010, et une réputation de skieur doué. Si son profil et ses résultats l’orientent naturellement vers les disciplines de vitesse, cet athlète réservé et discret a toujours été très bon dans toutes les disciplines et continue d’apprécier autant le slalom que la descente ! « J’aime le ski dans sa globalité, et si je ne pratique que la descente, je ressens à force une certaine lassitude, j’aime toucher à tout et pratiquer toutes les disciplines ! » Une polyvalence dont il se nourrit et qui l’aide également à trouver des « clés » techniques lorsqu’il rencontre des difficultés en vitesse. Mais il faut faire des choix, s’entraîner pour quatre disciplines est vraiment très compliqué. Ses objectifs se situent donc en vitesse, mais ce n’est pas un hasard si le premier podium de Maxence, arrivé la saison dernière à Wengen, a eu lieu en super-combiné ! Une discipline qui demande énormément de polyvalence car elle récompense le meilleur à l’issu d’une manche de descente et de slalom ! « C’est pour cela que le super-combiné me plait, et il me permet de ne pas trop lâcher ce côté technique ». Maxence ne fait pas exception côté blessures et a déjà croisé lui aussi le chemin de l’opération et de la rééducation, en 2011 et 2016. La dernière avait d’ailleurs eu lieu sur la piste de Jeongseon où se tiendront les JO ! Mais ce skieur rigoureux et sérieux n’y pense pas encore. Lorsque l’on évoque le futur événement, il reste d’ailleurs très prudent : « Ma place n’est pas du tout assurée, je vais devoir la gagner sur les épreuves de coupe du monde qui précèdent ! Mais évidemment, j’ai vraiment en tête de participer, c’est une motivation supplémentaire qui me pousse encore un peu plus chaque jour. »

PA L M A R È S > Coupe du monde : 3e en super-combiné à Wengen (Suisse) en 2017, 11e en descente à Kitzbühel (Autriche), en 2015, 10e en supercombiné à Beaver Creek (États-Unis), en 2015 et 7e en descente à Wengen (Suisse) en 2018 > 2e des chamionnats de France de super-G, en 2015 > Champion du monde Junior de super-G, en 2010

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LES ÉVÉNEMENTS

VA L E U R S AJOUTÉES Textes Nolwenn Patrigeon

Ils sont originaux et uniques, sont nés dans la tête de sportifs et prennent leur source sur des valeurs fortes du sport : le plaisir, le partage et le dépassement de soi… entre autres. Voici deux événements « made in la Plagne » qui illustrent l’état d’esprit et les valeurs chères à la Plagne.

CORINNE DUBREUIL

LE S PER SLALOM BIEN PLUS QU’UNE COURSE, POUR TOUS ! 22

CET ÉVÉNEMENT HORS-NORME EST DEVENU EMBLÉMATIQUE EN UNE SEULE ÉDITION. PLÉBISCITÉ PAR LES COUREURS, LES VISITEURS ET LES PLAGNARDS, CETTE GRANDE FÊTE AUTOUR D’UN SLALOM A SUSCITÉ UNE VÉRITABLE FERVEUR LOCALE. UNE RECETTE MAISON CONCOCTÉE PAR DES LOCAUX, SUR UNE IDÉE ORIGINALE DES SKIEURS JULIEN RÉGNIER ET JULIEN LIZEROUX.

Le skieur alpin Julien Lizeroux revient sur le concept : « Cela faisait un moment que Julien Régnier avait ce projet en tête : il voulait mixer les disciplines, son idée : un slalom de 1 000 portes ! À force d’échanger et de discuter, est née le super slalom. » L’idée de départ, c’est un slalom XXL qui a lieu en fin de saison pour réunir toutes les disciplines, tous les horizons, tous les niveaux, et de faire une grande fête autour. « On voulait que ce soit ludique, avec un vrai projet sportif de dépassement de soi, que monsieur et madame Toutle-Monde puissent se confronter aux meilleurs skieurs français, voire mondiaux, et qu’il y ait des animations, des activités, de la musique, pour un vrai moment convivial de partage ! » Ne manquez pas la deuxième édition, qui promet d’être encore plus folle !

— Des coureurs s’amusent avec la mascotte de la Yéti Race Tour, le trail à obstacles qui a lieu en décembre, à la Plagne.

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

LOUIS GARNIER

LES ÉT ILES DU SPORT

— Julien Lizeroux, lors du super slalom de la Plagne.

Rendez-vous le 31 mars 2018 Inscriptions et infos : superslalom.ski

UN ÉVÈNEMENT TRANSGÉNÉRATIONNEL ET BIENVEILLANT LE CONCEPT, CRÉE PAR BENOÎT EYCKEN, ANCIEN ENTRAÎNEUR DE SKI ACROBATIQUE, ET SÉBASTIEN FOUCRAS, VICE-CHAMPION OLYMPIQUE 1998 DE SKI ACROBATIQUE, EST ÉTABLI DEPUIS PLUS DE QUINZE ANS MAINTENANT : « LES CHAMPIONS D’AUJOURD’HUI PARRAINENT LES CHAMPIONS DE DEMAIN ».

www.lesetoiles dusport.com

EtoilesduSport

Un rendez-vous annuel basé sur un socle solide de valeurs – l’enthousiasme, la générosité, l’exemplarité, l’intégrité et la fraternité – qui est désormais incontournable. Chaque fin d’année, vingt des plus grands sportifs français de l’année parrainent, chacun dans leur discipline, un jeune “espoir” : le champion de demain. Ce “parrain” et son “espoir” participent ensemble à des épreuves sportives. À la fin de la semaine, l’Étoile du meilleur “espoir” sportif français est remise. Lorsque la crème des sportifs français se retrouve, elle créée ainsi une plateforme d’échanges, un réseau puissant. De ces relations personnelles et fortes tissées au cours des différentes éditions, sont nées de profondes amitiés qui vont au-delà de la semaine de partage à la Plagne. Des liens qui permettent à chacun d’arriver plus sereinement au sein d’un village olympique et de se sentir soutenu lors d’épreuves professionnelles comme personnelles. C’est aussi l’occasion de partager des moments de victoire mais aussi d’échec, de se mobiliser tous ensemble ou par groupe autour de projets sur lesquels la France a besoin de ses forces vives. Les Étoiles sont désormais inscrites dans l’histoire du sport français.


COMMUNIQUÉS

ALAIN CRESSEND, GÉRANT DU CHALET DE LA ROCHE

SKIEUR PASSIONNÉ

www.barslaplagne.fr

LE CHALET DE LA ROCHE

lien renommé, Andréa, qui tient son propre restaurant l’été, en Toscane. C’est une équipe soudée et fidèle qui accueille et sert, avec soin, cette cuisine à l’accent transalpin, aimant relever des défis : le Chalet de la Roche participera en équipe, avec Alain, à la légendaire Patrouille des Glaciers, en avril prochain. Soit la plus grande course de ski alpinisme en Europe, qui relie Zermatt à Verbier, en Suisse ! Avec sa belle cheminée, Le Chalet de la Roche offre un intérieur cosy, parfaitement complété par la grande terrasse ensoleillée. L’ambiance est au rendez-vous et elle devient également très festive chaque samedi, lors des fameuses soirées concerts. « C’est un endroit chaleureux où l’on se sent bien, on mange bien et on s’amuse bien également ! », résume Alain en toute simplicité.

Facebook : chaletdelaroche - Tél. 04 79 09 05 99

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

A

lain et son épouse ont créé en près de quarante ans « plusieurs affaires dans les secteurs de la restauration et des bars d’ambiance ». En clair, les adresses devenues les plus en vue de la station sont passées par les mains expertes de ces deux pionniers, qui ont beaucoup œuvré pour le développement de la Plagne. C’est le cas, par exemple, du fameux Matafan à Belle Plagne, de l’Igloo à Plagne-centre, ou encore, de la Mine à Plagne 1800. Originaire de la station, Alain Cressend est également un grand skieur. Après sa scolarité aux ski-études de Bourg-Saint-Maurice et de Villardde-Lans, il fut sélectionné dans le groupe deux de l’équipe de France, de 1973 à 1976. Passionné par la compétition et attaché à ses origines, il fut, à partir de 2007, président du Club des Sports pendant sept ans. Aujourd’hui, il est, entre autres, membre du comité directeur de la Fédération Française de Ski et président de la commission nationale Freestyle. Autant dire qu’il est proche des skieurs, qu’il suit de très près le parcours de tous les champions et que cela n’est pas pour rien si la terrasse du restaurant est le Q.G. de tous les participants de renom du Super Slalom ! Porte d’entrée sur le domaine skiable de la Plagne, le Chalet de la Roche est situé à quelques mètres du départ du télésiège du même nom et à l’arrivée de la piste de bobsleigh. Ici, tout est fait maison et orchestré par le chef ita-

— Alain Cressend, à droite, en compagnie de Philippe Taillefer, un copain de l’époque.

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ÉRIC LABOUREIX, C R É AT E U R E T D I R I G E A N T D E E L P R O

UN BOSSEUR SACHANT BOSSER

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

É

ELPRO École de ski - Magasins de sport - Activités outdoor Organisation séminaires.

www.elpro.fr

ric Laboureix, premier skieur acrobatique de la Plagne, possède un palmarès des plus impressionnants : 34 victoires en coupe du monde, 5 fois premier au classement général de la coupe du monde en ski acrobatique, et 4 fois premier au classement en combiné (qui regroupe les épreuves de ski de bosses, sauts et ballet). Ce skieur complet résume modestement : « Je n’étais pas le meilleur, ni le plus doué, mais j’étais juste celui qui avait le plus envie de gagner ! » Un de ses meilleurs souvenirs reste l’émotion ressentie lors de sa première victoire en coupe du monde, à Tignes, en 1983 : « Lorsque la Marseillaise a retenti, c’était un pur moment de bonheur ! J’étais sur le podium, entre un Américain et un Canadien, tous les deux plus grands que moi, alors que je me trouvais sur la plus haute marche, sourit-il. Mais très vite, Nano Pourtier, mon entraîneur, m’a fait redescendre sur terre en me disant : “Bon, c’est bien, mais là, tu as fait le plus facile ! Le plus dur, ce sera demain, quand tu devras te remettre au boulot !”  ». A priori, Éric s’y est vite remis et le travail représente même un des piliers de sa vie. Aussi, à peine a-t-il rangé les skis en 1992, qu’il crée ELPRO, une structure qui regroupe cinq magasins de sport, deux boutiques mode, une école de ski / snowboard et sports en montagne (motoneige, quad, parcours aventure, parapente, VTT). C’est aussi une agence réceptive organisatrice de séminaires ! Un concept multi-activités et des relations clients privilégiées autour d’une équipe solide aux belles valeurs, c’est ce qui anime Éric aujourd’hui.

Le groupe, qui emploie une quarantaine de personnes, fête ses 25 ans cette année et évolue sans cesse. Cet hiver, l’activité Fat-bike électrique est proposée, ainsi qu’une “cascade” de tyroliennes qui relie Belle Plagne à Bellecote, en zigzaguant entre les arbres ! L’ancien champion a également fondé en 2006 l’enseigne nationale de location de ski Skimium, qui compte aujourd’hui 240 magasins en France, et est leader sur la location aux particuliers via Internet. Toujours à 100 à l’heure, Eric Laboureix trouve quand même le temps de suivre les champions d’aujourd’hui. Il échange beaucoup avec Julien Lizeroux et Marie Martinod notamment : « Ce sont des travailleurs, ils ont envie, ils sont très pros, et ils restent très accessibles, je les adore et j’aimerais vraiment qu’ils brillent aux Jeux ».


LE CLUB DES SPORTS

BIENVENUE AU CLUB ! Au-delà d’une structure solide et efficace au sein de laquelle les enfants peuvent devenir de grands champions, le Club des Sports de la Plagne est mené depuis plus d’un demi-siècle par des passionnés, dirigeants, entraîneurs et bénévoles, et possède une dimension humaine qui lui donne toute sa valeur.

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MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

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epuis son existence, le Club des Sports de la Plagne “sort” de nombreux champions. Une des explications peut venir du nombre de skieurs… Comme le dit Candice Gilg : « Quand tu vis là-haut, le ski est finalement le sport le plus facile à pratiquer ! Nous, nous n’avions pas de gymnase et la question ne se posait pas, c’était le seul sport proposé : tous les enfants faisaient du ski ! » Un grand nombre de petits skieurs qui créent un beau vivier et donc une belle émulation, cela augmente forcément les chances d’avoir des champions. Fabien Bertrand, vice-champion du monde de ski de bosses en 1993 et aujourd’hui directeur du développement du ski freestyle à la Fédération Française, de confirmer : « Le succès des uns pousse les autres à aller encore plus loin ! Il faut se surpasser rien que pour exister dans le village, c’est une spirale positive. » Mais le nombre ne fait pas tout… L’entraîneur de freestyle à succès Greg Guenet l’annonce sans détour : « Si les freestylers sont aussi bons dans le temps à la Plagne, c’est avant tout grâce à Jean-Léon Perrier. Cet ancien président a réussi à faire d’un sport alternatif une structure égale aux autres. Il était amoureux de tous les skis, il a été visionnaire, il y a cru et a su s’entourer des bonnes personnes, même si à l’époque beaucoup le prenaient pour un fou ! » Dans les années 1970, il fallait avoir l’esprit sacrément ouvert pour soutenir une bande de skieurs qui voulaient faire... du ballet ! Idem avec le “hot-dog” quelques années plus tard. Candice Gilg témoigne : « Les présidents et les entraîneurs ont été vraiment créatifs, et la station a toujours suivi ! » L’ancienne double championne du monde de bosses se souvient du jour où les entraîneurs avaient décidé de construire un tremplin qui atterrissait... dans la piscine de Bellecôte. « Eh bien... ça a été possible ! À l’époque, c’était totalement dingue. Idem lorsqu’il a fallu mettre un big-air puis un half-pipe pour le freestyle... La station a suivi. » Une mentalité avant-gardiste qui a forgé rapidement une image singulière dans le paysage des stations. L’ÉCOLE DE LA VIE Le Club des Sports est donc une belle fabrique de champions, mais il est bien plus que cela. Il porte aussi de belles valeurs et des objectifs humains ambitieux, comme l’épanouissement physique et psychologique des enfants, la transmission auprès des skieurs en herbe des bases de respect, d’entraide, d’encouragement et d’échange. Ceux qui sont passés par le Club parlent avec nostalgie de moments de partage en groupe, de la vie en communauté au sein de la station et lors des déplacements en course et en stage. À travers la compétition, il y a le dépassement de soi, mais aussi le respect d’autrui et évidemment une grande notion de plaisir transmises aux enfants de 7 à 17 ans, qui ont la chance de pratiquer un sport dans un formidable milieu montagnard. L’objectif est bien sûr aussi de leur apprendre à le connaitre au mieux et à respecter cet environnement naturel. Et si tous les champions en sont issus, le club ne forme pas que des champions. En plus des sections ski, freestyle et snowboard orientées compétition, le Club des Sports de la Plagne est très fier d’avoir mis en place la section “Grand-Prix Évolution” qui aborde toutes les facettes du ski. Du slalom au hors-piste en passant par la randonnée, l’objectif, en plus du plaisir de la pratique, est de donner à ces jeunes de 13 à 17 ans le maximum de chances de réussir les tests de ski des différents brevets d’État des métiers de la montagne :

En chiffres

135— C’est le nombre de licenciés au Club de la Plagne, toutes disciplines confondues.

8 ANS— C’est l’âge auquel les enfants atteignent environ le niveau flèche d’or !

5— C’est le nombre de générations de skieurs qui se sont succédés depuis la création du club SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

Texte Nolwenn Patrigeon

de moniteur de ski à guide de haute-montagne, pisteur secouriste ou accompagnateur en moyenne montagne... Et le taux de réussite très élevé aux différents examens témoigne de la qualité de la formation ! COMME UNE GRANDE FAMILLE Le Club des Sports, c’est aussi un lien social très important au sein de la station, tout le monde est relié d’une façon ou d’une autre au club : le moniteur de ski a été formé au club, le gérant de magasin ou le restaurateur a ses enfants qui s’entraînent au club, tel ou tel hébergeur sponsorise le club... C’est un pilier central de la station qui implique énormément de monde, et tout le monde se connait. Candice Gilg le rappelle : « Pour faire émerger un champion, il faut un véritable encadrement, et il faut aussi être là quand il y a un coup de moins bien, une blessure ou autre... À l’époque, lorsque je me suis blessée, c’est le papa de Julien Lizeroux qui a été très présent, et c’est important pour les athlètes, cela leur permet de rester dans le coup, et de sentir un vrai soutien ! » C’est un peu comme un esprit de famille qui règne au sein de ce club. Aujourd’hui, le slalomeur Julien Lizeroux est président de la commission alpine : « Je n’ai pas beaucoup de temps, mais j’essaie d’en donner dès que je peux. C’est une volonté personnelle, j’ai été jeune, je sais ce que c’est que de rêver en regardant ceux qui sont en équipe de France. Si je peux apporter ma pierre à l’édifice, et faire profiter de mon expérience... » Alpins comme freestylers, ceux qui sont passés par le club ont


CI-CONTRE — Les supporters plagnards en folie venus en nombre à Tignes pour les Finales de coupe du monde de half-pipe, en 2016.

1+3! Le ski en club à la Plagne, c’est aussi au cœur des villages liés au domaine skiable, avec les Clubs des Sports de Montchavin-la-Plagne, Montalbert et Champagny-en- Vanoise. Toutes ces structures solides encadrent les enfants du pays pour qu’ils profitent du plaisir de la pratique du ski en groupe, qu’ils goûtent à l’adrénaline de la compétition, qu’ils se perfectionnent et se préparent, s’ils le souhaitent, aux métiers de la montagne.

PHILIPPE GAL

PRÉSIDENT DU CLUB DES SPORTS DE LA PLAGNE

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

CI-DESSUS — Les membres du Club des sports de la Plagne, toutes générations confondues, en pleine démonstration, lors du grand show hivernal de la station.

T I T I E N

P E N A S A

Qu’est-ce qui vous a donné envie de présider le Club des Sports ? Je n’ai pas été coureur au club mais mes deux enfants en ont fait partie depuis l’année 2000, année où je suis rentré au conseil d’administration du club en créant la section escalade. Mon intérêt et mon implication dans le club ont grandi au fur et à mesure des années et motivé ma candidature à la présidence. Pour vous, quelles sont les valeurs importantes qui sont inculquées aux enfants ? Le Club des Sports de la Plagne, c’est L’école de la vie et nous avons comme double objectif : former des champions, et accompagner ceux qui ne peuvent pas atteindre le haut niveau, pour accéder aux métiers de la montagne.

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Comment décririez-vous l’approche et les orientations actuelles du club ? Nous avons insufflé un nouvel élan depuis 4 à 5 ans en étant doublement orientés sur le haut niveau d’une part, et d’autre part, en permettant à tous les autres jeunes de s’épanouir dans le ski et continuer leurs rêves. Nous sommes très attachés au bon état d’esprit que doivent avoir nos jeunes : respect, solidarité, engagement, motivation, plaisir… Est-ce que l’esprit avant-gardiste des débuts du Club persiste toujours ? Ce sont nos jeunes qui nous poussent à être avantgardistes tout le temps ! L’histoire du freestyle est intimement liée au Club des Sports depuis les origines de la discipline. Nous sommes attachés à évoluer avec l’avènement des nouvelles disciplines comme le slopestyle et le big-air.

—> skiclubmontchavinlescoches.fr —> skiclubmontalbert.fr —> skiclubchampagny.com

LE CURSUS Les enfants intègrent le club à l’âge de 8 ans après avoir passé des tests d’entrée sur les skis et en sport. Il faut avoir au minimum le niveau Étoile de bronze pour se présenter. Ensuite, pendant deux ans, les enfants suivent tous les mêmes cours sur la base du ski alpin, avec des entraînements les week-ends et une grande partie des vacances scolaires. À partir de 9 ans, ils peuvent choisir d’intégrer la section freestyle, avec l’accord des parents et des entraîneurs ! Depuis l’hiver dernier, une section snowboard a également été créée !

— De jeunes membres du Club des sports (nés en 2009) de la Plagne, avec leurs entraîneurs Timothée et Hugo, en janvier 2018.

PAUL PICHAND

tous encore les yeux qui brillent lorsqu’ils évoquent leurs souvenirs : Marie Martinod cite « des journées entières dans la poudreuse avec tout le monde », Maxence Muzaton se souvient qu’il ne pensait pas au tracé : « On s’éclatait, on ressentait vraiment le plaisir simple de se retrouver avec tous les copains, dehors ». Pour Kevin Rolland : « La pire punition, c’était d’être privé d’entraînement ! » Julien Lizeroux garde des souvenirs épiques « de faces nord en poudreuse, de kilomètres lancés et de l’ambiance festive de la fête du club chaque fin d’hiver ». Finalement, conclut Candice, ce qui résume le mieux l’état d’esprit qui règne au sein du club, c’est un événement comme le super slalom : un slalomeur et un freestyler qui se mettent ensemble pour organiser un événement festif, pour tous, autour du ski... Tout est dit !


LES LÉGENDES

I L S O N T FA I T B LA PLAGNE Depuis sa création en 1961, la Plagne a toujours fait parler d’elle sur les podiums et les compétitions du monde entier, des disciplines montagnardes classiques aux sports d’avant-garde. Retour sur ceux qui ont écrit la légende de la station.

L

es dix-sept médailles olympiques, neuf titres de champions du monde, dix-huit Globes de Cristal (classement général de toute la saison), six podiums aux championnats du monde et dix médailles X-Games Freestyle ne sont pas tombés du ciel. Les Plagnards sont allés les chercher, et les premiers champions ont servi de guides, de modèles aux générations suivantes. Leurs posters ont été affichés dans les chambres des futurs champions, leurs exploits, maintes fois racontés au coin du feu, aux repas de famille ou en bas des pistes, ont fait briller bien des yeux, et ont forgé l’envie, la motivation des plus jeunes. Ceux-ci ont vu que tout était possible, et ils se sont appuyés sur leurs aînés. Comme une dynamique positive, qui ne s’arrête pas... D’où l’importance des premiers champions ! Si les disciplines dites classiques, comme le ski alpin, ont eu leurs heures de

gloire, avec entre autres Danielle Debernard, Ingrid Regnier-Lafforgue, et plus tard, Jean-Luc Crétier, la Plagne s’illustre aussi dans d’autres catégories plus originales, comme le bobsleigh, héritage des Jeux olympiques d’Albertville qui aura fait briller le pilote Bruno Mingeon et son équipage en bronze à Nagano. Mais c’est aussi l’état d’esprit “alternatif ” qui colle très tôt à la peau de la station. Ainsi, le ski acrobatique résonne particulièrement bien aux oreilles des Plagnards et c’est avec le ballet d’Éric Laboureix que les skieurs locaux entrent dans la danse, avant de s’illustrer largement en ski de bosses avec les champions Olivier Allamand, Fabien Bertrand, Candice Gilg et Sandra Laoura. Puis le ski “acro” devient le ski freestyle, avec la nouvelle génération menée par Marie Martinod et Kevin Rolland. Et le cycle continue...

D E B E R N A R D D A N I E L L E

Aux JO d’Albertville en 1992, Olivier remporte la médaille d’argent. L’ère du ski acro, fun et décontracté où l’on twiste sous les flocons, est arrivée et Olivier sera ensuite deux fois champion du monde ! Ce champion discret et talentueux sera aussi l’entraîneur de l’Équipe de France de bosses en 1998.

É R I C

L A B O U R E I X

Danielle Debernard a 17 ans lorsqu’elle remporte la médaille d’argent de slalom en ski alpin aux JO de Sapporo. De retour en héros à la maison, elle se verra offrir son poids en Beaufort… Quatre ans plus tard, c’est une médaille de bronze à Innsbruck en géant, que Danielle ira décrocher.

Ce skieur complet, tant en ballet qu’en bosses et en saut, remporte cinq fois le classement général de la coupe du monde de ski acrobatique en 1986, 1987, 1988, 1990 et 1991. Quatre fois vainqueur du classement combiné. Trentrequatre victoires en coupe du monde.

F A B I E N Médaillé d’argent aux championnats du monde en 1993, Fabien Bertrand a également remporté deux épreuves de coupe du monde en ski de bosses. À sa carrière de sportif succède celle d’entraîneur de l’Équipe de France, puis en 2012 Fabien devient directeur du ski freestyle à la Fédération Française de Ski.

B E R T R A N D DR

PHILIPPE GAL

PHILIPPE GAL

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O L I V I E R

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— Les jeunes espoirs féminins de l’équipe s’entraînent en slalom sur le stade du Club des sports, sous la direction des entraîneurs Pierre Larnaud et Fabre, en décembre 1969.

A L L A M A N D

Texte Nolwenn Patrigeon


ELINA SIRPARANTA

RILLER

Passé par la case coupe du monde de ski de bosses, Julien est surtout un pionnier du freestyle new school. Ce visionnaire a marqué toute une génération et fait émerger le freestyle backcountry loin des half-pipe et des stades de compétition. La fameuse série vidéo Fast forward , avec Kevin Rolland témoigne de son talent et de sa conception esthétique du ski.

J U L I E N

R E G N I E R

B R U N O

M I N G E O N

DR

S A N D R A

L A O U R A

Le porte-drapeau de la délégation française en 2006 aux JO de Turin a joué un rôle immense pour le bobsleigh français. Sacré champion du monde de bob à 4 en 1999 et médaillé de bronze en bob à 4 aux JO de Nagano, Bruno est aujourd’hui l’entraîneur de Loïc Costerg en lice pour une médaille à PyeongChang.

CLUB DES SPORTS DE LA PLAGNE

Qu’elle était belle sa médaille de bronze aux Jeux de Turin en 2006 ! Lors de sa carrière, Sandra réalise également 4 podiums en coupe du monde de ski de bosses. Mais en 2007, un accident prive cruellement la Plagnarde de l’usage de ses jambes. Aujourd’hui, Sandra est toujours au cœur du sport, elle travaille au CNOSF.

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B R U N L I O N E L C R É T I E R

PHILIPPE GAL

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Candice a suivi tout naturellement son grand frère Youri dans les champs de bosses et a vécu la grande époque du “hot-dog”. La double championne du monde de Bosses, en 1995 à la Clusaz et en 1997 à Nagano, à 23 et 25 ans, est aussi double vainqueur du circuit coupe du monde en 1995 et 1996 !

J E A N - L U C

G I L G

Le skieur artistique a décroché la médaille d’or en ballet aux JO d’Albertville en 1992 ! Avec 47 podiums dont 21 victoires en coupe du monde, il était le maître incontesté de la discipline. Fabrice a continué son chemin. Il est aujourd’hui directeur de création au sein du célèbre Cirque du Soleil à Montréal…

Ce skieur alpin a ramené une moisson incroyable de médailles lors de trois éditions des JO paralympiques : neuf ! Deux en or, quatre en argent et trois en bronze en 1992, 1994 et 2002. Lionel était aux portes de la fédération française de ski avant son accident. Mais il ne s’est pas arrêté dans son élan et possède aujourd’hui l’un des plus beaux palmarès de l’histoire. Lionel est aujourd’hui moniteur de ski à Belle Plagne.

C A N D I C E

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F A B R I C E

B E C K E R

GEORGES DE BLONSKY / ALAMY STOCK PHOTO

Celui qui a donné son nom au stade de slalom est monté cinq fois sur un podium en coupe du monde et termina 2e au classement mondial en descente en 1999. Mais c’est le vendredi 13 février 1998 que Jean-Luc Crétier devient champion olympique de descente à Nagano. Ce membre de la fameuse équipe des “Top Guns” a également terminé 4e aux JO d’Albertville en combiné.


LE TRAIL

6 0 0 0 D , L A S TA R D E L’ É T É COURSE NATURE NÉE EN 1989, BIEN AVANT LE « PHÉNOMÈNE TRAIL », LA 6000D EST AUJOURD’HUI UNE RÉFÉRENCE PARMI LES COURSES LONGUE DISTANCE EN MONTAGNE ET ÉGALEMENT UNE VÉRITABLE FÊTE DU TRAIL, AVEC UNE PALETTE DE SEPT ÉPREUVES POUR COUREURS DE TOUS NIVEAUX. RENDEZ-VOUS LE 26 JUILLET 2018 ! Par Nolwenn Patrigeon Photos Laurent Salino / Agence Zoom

LA PLAGNE SANS LE BONNET

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L’été, la montagne est aussi belle qu’en hiver et le terrain de jeu qu’elle a à offrir est d’une richesse exceptionnelle. Cette épreuve d’endurance traverse des paysages et des ambiances très variées, qui permettent d’avoir un aperçu des multiples facettes de la montagne. Du village d’Aime au glacier de Bellecôte, en passant par l’unique piste olympique de bobsleigh française, c’est une véritable aventure qui s’offre aux coureurs, l’opportunité de plonger dans cet environnement unique et de le voir défiler au rythme des foulées. Un défi qui permet de se retrouver face à soi et à ses limites, mais aussi des moments forts à partager avec ses amis, sa famille ou avec des compagnons que l’on croise en chemin…

L’ÉPREUVE REINE : LA COURSE DES GÉANTS

Les autres courses

MADE IN LA PLAGNE > F ÉVRI ER 201 8

La course phare, c’est la fameuse 6000D, l’originale, qui a pour spécificité son profil : une montée, une descente. Un dénivelé positif de 3 500 mètres pour un parcours total de 65 kilomètres. Un tracé qui emmène les coureurs du village d’Aime en vallée, au sommet du Glacier de Bellecôte à 3 047 mètres d’altitude avec un passage dans les stations d’altitude de la Grande Plagne, pour redescendre ensuite à travers la forêt à Montchavin, et finir le long de l’Isère. Et pour cette 29e édition, la grande nouveauté c’est la version Relais de la 6000D : les 3 500 mètres de dénivelé pourront donc être parcourus par deux participants, le relais ayant lieu au point culminant : sur le glacier de Bellecôte ! C’est donc toute une stratégie qui devra être mise en place avec des profils de coureurs très différents : le premier devant être très performant en

6D Verticale - 5 km 1000 m D+

Une course de côte destinée aux débutants, comme aux initiés et aux confirmés. C’est une montée sèche de 5 km qui compte 1000 m (D+) avec un départ de la Roche (village de la piste olympique de bobsleigh) jusqu’au sommet de la Grande Rochette.

6D Lacs - 27 km 1600 m D+

Un départ et une arrivée à Plagne Bellecôte, ce Trail de 27 km qui compte 1 600 m (D+) est moins engagé que la 6000D.

montée et le second en descente ! Une version originale qui réserve à coup sûr de belles surprises !

— Départ en trombes pour le mythique trail de la 6000D, à la Plagne, en 2017.

LA 6000D : 3 JOURS DE TRAIL POUR TOUS !

Loin d’être réservés aux élites, les trois jours au cœur de l’été permettent à tout le monde de goûter aux joies du trail, du sport et de la nature ! Les accompagnants ne sont pas oubliés et de nombreuses animations et activités leur sont proposées. Des navettes gratuites sont à disposition et même l’accès à la Télécabine Bellecôte / Roche de Mio / Glacier sera gratuit pour tous le samedi 28 juillet ! Plus d’infos sur www.la6000d.com

Germain Grangier : coureur conscient ! Germain Grangier a remporté l’édition 2017 de la 6000D. Ce trailer aux yeux clairs et au sourire généreux a une approche personnelle en adéquation avec ses valeurs. Le presque trentenaire, armé d’un diplôme d’ingénieur en géologie et risques naturels, conçoit le trail comme une source de plaisirs et d’échanges, en communion avec son environnement. Ainsi, la course en montagne lui permet d’identifier les formations rocheuses et d’observer cette belle nature pour l’appréhender au mieux. Parallèlement, il tente d’appliquer la même conscience à son corps. « J’essaie de développer un niveau de sensibilité qui permette d’analyser son fonctionnement » explique-t-il. Une approche très saine, jusque dans l’alimentation, mais qui n’entrave pas son caractère bon vivant et joyeux. Germain aime partager ses aventures et, depuis sa victoire en solo à la 6000D, c’est avec sa compagne qu’il a découvert le plaisir de la course en duo et remporté de belles compétitions internationales. Germain avance et trace une belle route, sur laquelle tout a du sens.

6D BOB - 1,5 km 125 m D+

Sur le concept d’une « montée infernale », les coureurs empruntent la mythique piste olympique de bobsleigh du bas vers le haut, sur une pente moyenne de 8,2 % avec un maximum à 14 % !

6 Découverte - 11 km 600 m D+

Une course destinée au grand public. Ce parcours vous fera passer dans les stations d’altitude de la Grande Plagne en empruntant les sentiers piétons. Un départ et une arrivée à Plagne Centre, ce Trail de 11 km qui compte 600 m (D+).

6D Kids

Une animation pour les enfants à réaliser en famille. Partez à la découverte de la ville d’Aime et résolvez les énigmes cachées sur votre chemin.

6 D Mômes

Une animation destinée aux enfants. Cette boucle de 500 m sur le front de neige de Plagne Centre sera à réaliser une ou plusieurs fois selon les catégories d’âge.


Y O A N N

S T U C K

ESPRIT LIBRE

B I O

E X P R E S S

Propos recueillis Nolwenn Patrigeon Photos Laurent Salino / Agence Zoom

2017

— Vainqueur de la Yéti Race à la Plagne — 3e à l’hivernale des Templiers — Vainqueur des Wings for Life World Run de Dubai — 2e Transrockies au Colorado (USA) — 3e de la 6000D à la Plagne 2016

— Vainqueur des Wings for Life World Run Stavanger (Norvège) — 2e Eco Trail de Paris — Vainqueur de la 6D lacs la Plagne

— Yoann Stuck, sur les chemins rocailleux de la Plagne, lors de la 6000D, en 2017.

Ce coureur de 34 ans au profil atypique a trouvé en la Plagne un terrain de jeux idéal pour lui et sa famille. Le nouvel ambassadeur est persuadé que ceux qui aiment la Plagne l’hiver ne pourront qu’aimer l’été ce lieu qui est bien plus qu’une station de ski ! Comment as-tu fait connaissance avec la Plagne ? À l’origine, j’étais venu en famille pour participer à la 6000D, nous avions prévu de passer une semaine de vacances avant la course. Et j’ai découvert une station hyper sportive avec énormément d’activités ! J’ai pu partager des randonnées avec ma compagne, j’ai testé le vtt, la Via Ferrata, le Dirt Monster et j’ai adoré. Je me sens en totale adéquation avec cette station, l’état d’esprit dynamique qui y règne et son accessibilité.

la ville. Le trail te permet vraiment de t’évader, tu es plongé au cœur de la nature, elle te montre sa force, te remets à ta place et elle te ressource profondément. Et puis il y a la dimension de partage qui est aussi très présente dans le trail...

Qu’as-tu apprécié sur La 6000D ? C’était donc ma première course longue distance, j’ai adoré le concept de partir de tout en bas et d’aller jusqu’au glacier. C’est une course qui ne parait pas accessible alors qu’elle l’est tout à fait, même pour les coureurs de plaine (j’en suis l’exemple). Mais il ne faut pas avoir d’excès de confiance, la 6000D s’aborde avec beaucoup d’humilité. Ce que j’aime c’est le panorama de dingue que tu as pendant la course ! Tu vas voir le Mont Blanc, la Pierra Menta… J’ai aussi beaucoup aimé l’idée de courir dans la piste de bobsleigh, se dire que c’était le circuit des Jeux olympiques : c’est tellement unique !

Le trailer au look hispter fait aujourd’hui partie des dix meilleurs français sur les distances de 10 et 50 kilomètres. Yoann met un point d’honneur à être un coureur polyvalent et il s’aligne aux quatre coins du monde sur des courses aussi variées que la « Wings for life World Run », course sur route qu’il gagne aussi bien dans le froid de Norvège, en 2016 que dans la chaleur extrême de Dubai, en 2017. Cette année, le coureur barbu participera à nouveau à l’Eco Trail de Paris, où il a déjà terminé deux fois deuxième et espère comme il le dit que « la 3e sera la bonne ! ». Il ira aussi en Suède, en Afrique du Sud et à San Francisco. Yoann pratique la course à pied dans une démarche de bien-être et de bonne santé, et continue d’apprécier les plaisirs de la vie. L’athlète est loin d’être devenu ascète et il profite avec bonheur de cette passion qui lui permet de découvrir le monde avec sa compagne et sa petite fille. À la Plagne, Yoann a remporté la Yéti Race en décembre dernier lors de sa première participation. Côté 6000 D, il a terminé 3e de l’épreuve reine et a déjà participé à tous les profils de course proposés !

Tu t’es mis au sport sur le tard, qu’est ce qui t’as fait aimer le trail ? En effet, je n’étais pas sportif jusqu’en 2010, je fumais et buvais beaucoup, et je ne faisais pas du tout attention à mon alimentation. Je me suis mis à courir petit à petit et dès le début, j’ai eu envie de sortir de

Un coureur unique et hyper-polyvalent

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LES EXPÉRIENCES

ELINA SIRPARANTA

LA PISTE DE BOBSLEIGH, À TESTER ABSOLUMENT !

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C ΠU R

et héritage des JO d’Albertville 1992 fait partie de l’identité de la station. En fin de journée, le serpent glacé d’1,5 kilomètre ouvre ses 19 virages au grand public pour une expérience unique. Évidemment, il n’est pas question de se lancer à 140 km / h avec Loïc Costerg aux manettes, en tout cas, pas tout de suite ! Voici les quatre approches pour profiter à fond des 1500 mètres de descente :

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> LE BOB RAFT : Un engin auto-guidé et auto-freiné unique au monde qui emmène son équipage à 80 km / h au plus près de la glace. C’est idéal pour les familles ! > LA SPEED LUGE : En position semi-couchée, tenez-vous prêt pour une descente à environ 90 km / h avec une vue imprenable. Entre le bobsleigh et la luge, seulement vous et la piste pour faire le plein de sensations fortes ! À partir de 16 ans. > LE BOB RACING : Amateurs d’action et d’extrême, prenez place derrière un pilote professionnel pour une descente jusqu’à 120 km / h ! Entre insolite, vitesse et adrénaline, vous serez au plus proche d’une descente de compétition. À partir de 16 ans.

ELINA SIRPARANTA

Enfin il est également possible de vivre une OLYMPIC EXPERIENCE. Équipé d’une tenue de compétiteur, dévalez les 19 virages de la piste olympique de la Plagne avec le pilote Bruno Mingeon, champion du monde et médaillé olympique de bobsleigh ! —> Plus d’infos : la-plagne.com

LES PISTES PRÉFÉRÉES DE NOS CHAMPIONS TESS LEDEUX (FREESTYLE) 30

—> LA PISTE DE LA VACHE MILKA « Je l’aime bien car il y a plein de choses à faire dessus et à côté, et je pense que c’est celle sur laquelle j’ai le plus skié. Elle est longue : du début de la grande Rochette jusqu’à Plagne-centre. Il y a plein de petits canyons et on peut s’amuser un peu dans la forêt… »

JULIEN LIZEROUX (SLALOM) —> LA ÉMILE ALLAIS « Parce qu’elle n’est pas facile, elle est longue : elle part du haut du stade jusqu’à l’arrivée de la piste de bob, soit 850 m de dénivelé ! La partie haute offre un grand panorama avec vue sur le Mont Blanc, puis on plonge dans la forêt. Elle offre donc des ambiances très différentes. Il y a de la pente, de la vitesse, c’est dans l’ombre, plein nord, quand on la fait à fond … ça chauffe les cuisses ! Et puis, c’est la piste du super slalom ! »

BRICE ROGER (VITESSE) —> LE STADE « Si je dois n’en citer qu’une, c’est le stade, bien sûr ! Je crois que je la connais plus que par cœur tellement je l’ai “poncé”. Même à la montée ! Quand on était jeune et qu’on faisait des manches “nulles”, Lulu notre entraîneur (NDLR, Lucien Broche) nous la faisait remonter à pied. Donc oui, je m’en souviens bien de celle-là ! »

2 _ S E N S AT I O N S

F O R T E S

KEVIN ROLLAND (FREESTYLE) —> LE SECTEUR DES VERDONS NORD « C’est une piste, et surtout un hors-piste assez vallonné, avec un terrain très joueur. On peut donc s’amuser à faire des back flip à gauche, à droite. Il n’y a qu’un seul télésiège, mais il offre vraiment beaucoup d’options ! »

LES SPOTS DES CHAMPIONS

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orsqu’ils sont chez eux, ces champions ont leurs adresses préférées. En plus des pistes, voici quelques lieux où vous aurez peut-être la chance de les croiser un jour ! Pour Julien Lizeroux c’est au Bonnet, le snack–bar qu’il a monté avec des amis : « L’architecture est cool, tout en vitre et la vie est à l’extérieur. Les après-midi sont ludiques et en musique » assure le slalomeur. Les burgers sont d’ailleurs recommandés par Ben Valentin ! Loïc Costerg, le bobeur, et Maxence Muzaton apprécient le cadre chaleureux et la convivialité du restaurant le Cocoon. Et si la soirée se poursuit, pour Loïc c’est à la Rhumerie, à Aime 2000, que cela se passe. Marie Martinod aime le style unique et l’ambiance du Fort Colorado sur le front de neige, et Antoine Adelisse se régale au Petit Bouchon. Pour Kévin et Tess, c’est chez Pépé & Co, le restaurant familial : « C’est hyper rapide, bon et efficace pour repartir skier de plus belle ». Enfin, Brice Roger, Ben Valentin et de nombreux autres aiment se retrouver en fin de saison au restaurant La Terrasse, à Aime 2000 ! Le Chalet de la Roche accueillera également tous les champions le 31 mars, lors du Super Slalom.

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MAXENCE MUZATON (VITESSE) —> LA MORBLEU « J’ai souvenir que, petits, on frissonnait devant la Morbleu ! C’était un peu notre piste mythique à nous, un immense champ de bosses. On se lançait des défis. Il paraît que Jean-Luc Crétier l’avait dévalé tout droit, cannes sous les bras (en schuss) ! Nous étions en admiration, car pour nous, ne seraitce que la descendre tout court, c’était déjà un gros défi ! »


SUIVEZ-LES ! #HomeCalling

6 _ R É S E A U X

ELINA SIRPARANTA

EN PLUS DES RÉSEAUX SOCIAUX SUR LESQUELS LA PLUPART SONT TRÈS PRÉSENTS, VOICI QUELQUES LIENS, ACTUALITÉS ET RÉFÉRENCES POUR FAIRE PLUS AMPLE CONNAISSANCE AVEC L’UNIVERS DE CES CHAMPIONS…

Antoine Adelisse a embarqué sa petite caméra sur son terrain de jeux favori et cela donne de belles petites vidéos décoiffantes qu’il poste sur son compte Facebook et sur celui de la Plagne. De quoi découvrir les reliefs sous un autre angle !

BORN TO BE…. SHOW

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FAST FORWARD 1 ET 2

FILMS À RETROUVER GRATUITEM ENT SUR YOUTU BE

LA PLAGNE COMME VOUS NE L’AVEZ JAMAIS VUE

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es deux courts-métrages de six minutes, lançés en 2015 et 2016 sur Internet, sont initiés par les riders Julien Régnier et Kevin Rolland et ont fait plusieurs millions de vues ! Une course poursuite, skis aux pieds, qui débute dans le canyon du Colorado, au-dessus de Plagne-centre et se déroule dans l’ensemble de la station. Vous reconnaîtrez sans doute certains lieux que vous empruntez tous les jours lors de vos vacances. Mais Kevin et Julien n’ont la même manière de dévaler les escaliers que vous, et ne perçoivent pas un toit comme un abri, mais comme un objet au potentiel fabuleux pour mettre la tête en bas... Bref, un petit film qui chamboule les codes, mais qui aura demandé tout de même cinq semaines de tournage, et autant de montage, ainsi que la mobilisation de tous, services techniques, police municipale, services des pistes, champions... qui ont tous joué le jeu ! Un bel exemple, encore une fois, de l’esprit fédérateur de la Plagne !

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—> Rendez-vous le 22 fevrier sur le front de neige de Plagne-centre.

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AU NOM DES MIENS

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C’est le titre du film qui retrace le parcours unique de Marie Martinod. Après 7 ans d’absence sur la scène freestyle, la petite brune apprend que son sport devient olympique aux JO de Sotchi… Une leçon de persévérance, et une belle leçon de vie ! —> À télécharger sur Youtube ou iTunes (à partir de 4€).

# DP FOREVER A l’aube de la saison d’hiver, la famille du ski a perdu un grand skieur et une très belle personne : le descendeur David Poisson, décédé accidentellement lors d’un entraînement au Canada. David, originaire de Peisey Vallandry, en face de la Plagne, sur le domaine Paradiski, était le compagnon de route de Maxence et

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4 _ V I D É O S

’est LE rendez-vous annuel incontournable organisé par le Club des sports de la Plagne. Ce grand spectacle de ski, son et lumières rassemble, depuis sept ans, près de 10 000 personnes sur le front de neige dans une ambiance très conviviale. Au programme : des démonstrations de toutes les glisses, des chorégraphies, des sauts et figures, et des descentes aux flambeaux… Tous les enfants du Club des sports s’en donnent à cœur joie sur le stade de slalom Jean-Luc Crétier. En plus d’en prendre plein les yeux, les spectateurs pourront peut-être repartir avec un des nombreux lots prestigieux de la fameuse tombola, dont le premier prix n’est autre qu’une voiture flambant neuve ! Une manifestation grandiose à ne pas manquer…

Brice. Ils partageaient une vie de nomade à l’assaut des pentes les plus mythiques des quatre coins du globe, avec ses hauts et ses bas. Cet amoureux de la vitesse laisse un vide immense au sein du groupe, mais comme le disent Brice et Maxence : « nous continuerons à nous battre pour lui ».


JAGUAR ET LA PLAGNE PARTENAIRES POUR UNE EXPÉRIENCE GIVRÉE

JAGUAR, PARTENAIRE OFFICIEL DE LA PLAGNE, CONTRIBUE AU DÉVELOPPEMENT DE SES GRANDS PROJETS. Sport, découverte, sensations et sécurité animent ce partenariat. Cet hiver, retrouvez-nous sur la Jaguar Fun Zone 360° * : un cercle de glace pour découvrir la sportive Jaguar F-TYPE SVR Cabriolet (575 ch. CEE) mais aussi le tout nouveau SUV comptact de la marque, la Jaguar E-PACE. Une expérience de conduite inédite imaginée par Jaguar et la Plagne, pour un moment 100% fun.

THE ART OF PERFORMANCE L’art de la performance

*Animation gratuite, réalisée sur un circuit fermé. Zone de glace artificielle. Encadrement par un moniteur de conduite diplômé d’état. Accessible aux personnes d’au moins 28 ans et titulaires d’un permis de conduire depuis au moins 3 ans. Informations et réservations : 06 17 69 91 02. Consommations mixtes (l/100 km) : 4,9 à 9,8. Émissions de CO2 (g/km) : 129 à 234. Jaguar France. Siren 509 016 804 RCS Nanterre.


LE CLUB DES SPORTS

BIENVENUE AU CLUB ! Au-delà d’une structure solide et efficace au sein de laquelle les enfants peuvent devenir de grands champions, le Club des Sports de la Plagne est mené depuis plus d’un demi-siècle par des passionnés, dirigeants, entraîneurs et bénévoles, et possède une dimension humaine qui lui donne toute sa valeur.

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epuis son existence, le Club des Sports de la Plagne “sort” de nombreux champions. Une des explications peut venir du nombre de skieurs… Comme le dit Candice Gilg : « Quand tu vis là-haut, le ski est finalement le sport le plus facile à pratiquer ! Nous, nous n’avions pas de gymnase et la question ne se posait pas, c’était le seul sport proposé : tous les enfants faisaient du ski ! » Un grand nombre de petits skieurs qui créent un beau vivier et donc une belle émulation, cela augmente forcément les chances d’avoir des champions. Fabien Bertrand, vice-champion du monde de ski de bosses en 1993 et aujourd’hui directeur du développement du ski freestyle à la Fédération Française, de confirmer : « Le succès des uns pousse les autres à aller encore plus loin ! Il faut se surpasser rien que pour exister dans le village, c’est une spirale positive. » Mais le nombre ne fait pas tout… L’entraîneur de freestyle à succès Greg Guenet l’annonce sans détour : « Si les freestylers sont aussi bons dans le temps à la Plagne, c’est avant tout grâce à Jean-Léon Perrier. Cet ancien président a réussi à faire d’un sport alternatif une structure égale aux autres. Il était amoureux de tous les skis, il a été visionnaire, il y a cru et a su s’entourer des bonnes personnes, même si à l’époque beaucoup le prenaient pour un fou ! » Dans les années 1970, il fallait avoir l’esprit sacrément ouvert pour soutenir une bande de skieurs qui voulaient faire... du ballet ! Idem avec le “hot-dog” quelques années plus tard. Candice Gilg témoigne : « Les présidents et les entraîneurs ont été vraiment créatifs, et la station a toujours suivi ! » L’ancienne double championne du monde de bosses se souvient du jour où les entraîneurs avaient décidé de construire un tremplin qui atterrissait... dans la piscine de Bellecôte. « Eh bien... ça a été possible ! À l’époque, c’était totalement dingue. Idem lorsqu’il a fallu mettre un big-air puis un half-pipe pour le freestyle... La station a suivi. » Une mentalité avant-gardiste qui a forgé rapidement une image singulière dans le paysage des stations. L’ÉCOLE DE LA VIE Le Club des Sports est donc une belle fabrique de champions, mais il est bien plus que cela. Il porte aussi de belles valeurs et des objectifs humains ambitieux, comme l’épanouissement physique et psychologique des enfants, la transmission auprès des skieurs en herbe des bases de respect, d’entraide, d’encouragement et d’échange. Ceux qui sont passés par le Club parlent avec nostalgie de moments de partage en groupe, de la vie en communauté au sein de la station et lors des déplacements en course et en stage. À travers la compétition, il y a le dépassement de soi, mais aussi le respect d’autrui et évidemment une grande notion de plaisir transmises aux enfants de 7 à 17 ans, qui ont la chance de pratiquer un sport dans un formidable milieu montagnard. L’objectif est bien sûr aussi de leur apprendre à le connaitre au mieux et à respecter cet environnement naturel. Et si tous les champions en sont issus, le club ne forme pas que des champions. En plus des sections ski, freestyle et snowboard orientées compétition, le Club des Sports de la Plagne est très fier d’avoir mis en place la section “Grand-Prix Évolution” qui aborde toutes les facettes du ski. Du slalom au hors-piste en passant par la randonnée, l’objectif, en plus du plaisir de la pratique, est de donner à ces jeunes de 13 à 17 ans le maximum de chances de réussir les tests de ski des différents brevets d’État des métiers de la montagne :

En chiffres

135— C’est le nombre de licenciés au Club de la Plagne, toutes disciplines confondues.

8 ANS— C’est l’âge auquel les enfants atteignent environ le niveau flèche d’or !

5— C’est le nombre de générations de skieurs qui se sont succédés depuis la création du club

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

Texte Nolwenn Patrigeon

de moniteur de ski à guide de haute-montagne, pisteur secouriste ou accompagnateur en moyenne montagne... Et le taux de réussite très élevé aux différents examens témoigne de la qualité de la formation ! COMME UNE GRANDE FAMILLE Le Club des Sports, c’est aussi un lien social très important au sein de la station, tout le monde est relié d’une façon ou d’une autre au club : le moniteur de ski a été formé au club, le gérant de magasin ou le restaurateur a ses enfants qui s’entraînent au club, tel ou tel hébergeur sponsorise le club... C’est un pilier central de la station qui implique énormément de monde, et tout le monde se connait. Candice Gilg le rappelle : « Pour faire émerger un champion, il faut un véritable encadrement, et il faut aussi être là quand il y a un coup de moins bien, une blessure ou autre... À l’époque, lorsque je me suis blessée, c’est le papa de Julien Lizeroux qui a été très présent, et c’est important pour les athlètes, cela leur permet de rester dans le coup, et de sentir un vrai soutien ! » C’est un peu comme un esprit de famille qui règne au sein de ce club. Aujourd’hui, le slalomeur Julien Lizeroux est président de


PHILIPPE GAL

Président du Club des Sports de la Plagne CI-CONTRE — Les supporters plagnards en folie venus en nombre à Tignes pour les Finales de coupe du monde de half-pipe, en 2016.

Le cursus Les enfants intègrent le club à

l’âge de 8 ans après avoir passé des tests d’entrée sur les skis et en sport. Il faut avoir au minimum le niveau Étoile de bronze pour se présenter. Ensuite, pendant deux ans, les enfants suivent tous les mêmes cours sur la base du ski alpin, avec des entraînements les week-ends et une grande partie des vacances scolaires. À partir de 9 ans, ils peuvent choisir d’intégrer la section freestyle, avec l’accord des parents et des entraîneurs ! Depuis l’hiver dernier, une section snowboard a également été créée !

la commission alpine : « Je n’ai pas beaucoup de temps, mais j’essaie d’en donner dès que je peux. C’est une volonté personnelle, j’ai été jeune, je sais ce que c’est que de rêver en regardant ceux qui sont en équipe de France. Si je peux apporter ma pierre à l’édifice, et faire profiter de mon expérience... » Alpins comme freestylers, ceux qui sont passés par le club ont tous encore les yeux qui brillent lorsqu’ils évoquent leurs souvenirs : Marie Martinod cite « des journées entières dans la poudreuse avec tout le monde », Maxence Muzaton se souvient qu’il ne pensait pas au tracé : « On s’éclatait, on ressentait vraiment le plaisir simple de se retrouver avec tous les copains, dehors ». Pour Kevin Rolland : « La pire punition, c’était d’être privé d’entraînement ! » Julien Lizeroux garde des souvenirs épiques « de faces nord en poudreuse, de kilomètres lancés et de l’ambiance festive de la fête du club chaque fin d’hiver ». Finalement, conclut Candice, ce qui résume le mieux l’état d’esprit qui règne au sein du club, c’est un événement comme le super slalom : un slalomeur et un freestyler qui se mettent ensemble pour organiser un événement festif, pour tous, autour du ski... Tout est dit !

P E N A S A

Qu’est-ce qui vous a donné envie de présider le Club des Sports ? Je n’ai pas été coureur au club mais mes deux enfants en ont fait partie depuis l’année 2000, année où je suis rentré au conseil d’administration du club en créant la section escalade. Mon intérêt et mon implication dans le club ont grandi au fur et à mesure des années et motivé ma candidature à la présidence. Pour vous, quelles sont les valeurs importantes qui sont inculquées aux enfants ? Le Club des Sports de la Plagne, c’est L’école de la vie et nous avons comme double objectif : former des champions, et accompagner ceux qui ne peuvent pas atteindre le haut niveau, pour accéder aux métiers de la montagne.

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Comment décririez-vous l’approche et les orientations actuelles du club ? Nous avons insufflé un nouvel élan depuis 4 à 5 ans en étant doublement orientés sur le haut niveau d’une part, et d’autre part, en permettant à tous les autres jeunes de s’épanouir dans le ski et continuer leurs rêves. Nous sommes très attachés au bon état d’esprit que doivent avoir nos jeunes : respect, solidarité, engagement, motivation, plaisir… Est-ce que l’esprit avant-gardiste des débuts du Club persiste toujours ? Ce sont nos jeunes qui nous poussent à être avantgardistes tout le temps ! L’histoire du freestyle est intimement liée au Club des Sports depuis les origines de la discipline. Nous sommes attachés à évoluer avec l’avènement des nouvelles disciplines comme le slopestyle et le big-air.

— De jeunes membres du Club des sports (nés en 2009) de la Plagne, avec leurs entraîneurs Timothée et Hugo, en janvier 2018.

PAUL PICHAND

SAMY CHARDON / FEEL EXPÉRIENCE

CI-DESSUS — Les membres du Club des sports de la Plagne, toutes générations confondues, en pleine démonstration, lors du grand show hivernal de la station.

T I T I E N

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Made In La Plagne (Février 2018)  

Février 2018

Made In La Plagne (Février 2018)  

Février 2018

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