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N°23

TERRE L'AVENIR ENTRE NOS MAINS

N ° 2 3 - AV R I L - J U I N 2 0 2 0

• La génération écocitoyenne • • La naissance du loup • L'après Covid-19 • • Moi comme destination •

ÉDITION DÉCOUVERTE NE PEUT ÊTRE VENDUE


© AGENCE ANTARES

HEUREUX DE VOUS

RETROUVER + d’infos sur Cap3000.com

MERCI DE VOTRE FIDÉLITÉ


SOMMAIRE

39 VINCENT GIRAULT Responsable animalier au Parc Alpha

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À TABLE

41 MARTIAL FORCHERI L’O à la Bouche, l'appel de la nature

5 ÉDITO

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ICI LA TERRE

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ET APRÈS ?

#SOLUTIONSCITOYENNES

20 AIR On veut respirer ! 22 EAU Indispensable élément 25 T  ERRE Mère nourricière 28 FEU Attention, ça chauffe !

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43

VISITE GUIDÉE !

43 PASSEURS D’IMAGES,

E  T MAINTENANT ? DOSSIER SOLIDARITÉ

CONTEURS D’HISTOIRES

Les Éditions Gilletta

46

VOYAGE, VOYAGE...

46 S  ÉLECTION Des voyageurs-ses et des livres

48

LE COIN DU MYTHO

48 D  ÉMÉTER Et les saisons furent

GÉNÉRATION TERRE

32 LA GÉNÉRATION Z se mobilise face au déclin environnemental

36

51

REGARD SUR...

52 ÉCONOMIE Initiatives and Co (pages réalisées en collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte d’Azur) INTERVIEWS 55 JEAN-PIERRE SAVARINO Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte d’Azur 56 PHILIPPE RENAUDI Président de l’Union pour l’Entreprise 06 59 MOÏSE VERGEOT Président ORPI Côte d’Azur 61 D  ENIS ZANON Directeur général de l'Office du Tourisme Métropolitain Nice Côte d'Azur 62 UN QUOTIDIEN CHANGÉ ?

37 LOUP, ES-TU LÀ ? 1 an déjà

NOS AMBASSADEURS Métropôle Nice Côte d’Azur × Porsche Groupe Segond × Passionnément TNN × Nice-Matin × Banque Populaire Méditerranée × Conseil départemental des Alpes-Maritimes × Crédit Agricole Côte d’Azur × Grimaldi Forum × Mini × Éditions Gilletta × Eneomey × Cabinet Secam × Mas Provence × Opéra de Nice × Mazda × Hyundai × Cadremploi × Kaufman & Broad × Arkopharma × Palais des Festivals de Cannes × Nicexpo × Hôtel Negresco × Vinci Autoroutes × Hippodrome Côte d’Azur × CCI Côte d’Azur × Office de tourisme Nice Côte d’Azur × Perrin Ravioli × Fiat × Azur Trucks × Ville de Vence × Ville de Nice × Ville de Cagnes-sur-mer × Polygone Riviera × Ville de Biot × Station d’Isola 2000 × Home & Garden × Ville de Mougins × Ville de Grasse × Ville de Cannes × Sagec × Le Comptoir 2 Nicole × Renault × Noliju × Infiniti × Cap 3000 × BMW Nice Premium Motors × Chullanka × Morisset Sports × Imprimerie Trulli × Open de Tennis de Cagnes-sur-mer × Mitsubishi × Molinard × Orpi GTI Immobilière × École de ski français d’Isola 2000 × Atry Home × Dermaceutic × Le Figaro Immobilier × Les Étoiles de Mougins × Icade × Zencom × Printemps Cagnes-sur-mer × Tourrettes Esprit Trail × Ruinart × Fitlane × Hôtel Le Druos × Pôle Company × Explorimmoneuf × Nexity × Chalet Belvédère × Audi × Vildéo × Nuits du Sud × UPE 06 × Chevron Villette × Havana Club × Nice Properties × Kineti × One & 1 × Neway × Ren by Perradotto × OGCNice × Vodka La French × Galeries Lafayette × Gros-mots.fr × Home Salons × Turkish Airlines × Suiss Courtage × Hôtel Belles Rives × Mozart Autos × Hôtel Terre Blanche × Hôtel Casadelmar × Viadeo × Aqua Lung × J. Bonet × Pâtisserie Lac × Société des Bains de mer de Monte Carlo × Home Store × Fragonard × Le Cantemerle × Atrium Paysage × Syndicat Mixte de la Vésubie × Air Corsica × Phocéens Voyages × Azimut × Lafage Century 21 × Château Roubine × Champagne Billecart Salmon × Rolex Monte Carlo Master × Musée National du Sport. 3


RÉALISATION : MOUVEMENTCOM.FR - CRÉDIT PHOTO : © ADOBE STOCK - 05/20

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ÉDITO N ° 2 3 - AV R I L - J U I N 2 0 2 0 ÉDITEUR SOPRESS Information & rédaction DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Fabrice Vallerent (f.vallerent@sopress.fr) RÉALISATION SOPRESS - Le LAB DIRECTION ÉDITORIALE Alexandre Benoist (a.benoist@sopress-lelab.com) RÉDACTION Aurélia Lasorsa (a.lasorsa@sopress-lelab.com) Alexandre Benoist (a.benoist@sopress-lelab.com) François Stagnaro (f.stagnaro@sopress-lelab.com) Mélissa Mari (m.mari@sopress-lelab.com) Julie Barbiera (j.barbiera@sopress-lelab.com) PHOTO Olivier Warter (olivier@presso.fr) MAQUETTE Didier Torri (didier@presso.fr) APPLICATIONS TABLETTE ET MOBILE Olivier Warter (olivier@presso.fr) PHOTOS DE COUVERTURE 1. wusuowei - stock.adobe.com 2. Paul stock.adobe.com 3. lily - stock.adobe.com 4. nadezhda1906 - stock.adobe.com 5. piyaset - stock.adobe.com 6. contrastwerkstatt - stock.adobe.com IMPRESSION Imprimerie TRULLI. 120, chemin de la Clue, Vence. CONTACT Fabrice Vallerent (f.vallerent@sopress.fr) DÉPÔT LÉGAL À PARUTION ISNN : 2425-0562. TIRAGE ET DIFFUSION. Édition papier : 5 000 exemplaires. Éditions tablette et mobile : 7 000 applications (nombre d’applications téléchargées sur App Store et Google Play. Source Adobe Digital Publishing). L’éditeur ne peut être tenu pour responsable des éventuelles erreurs de publication. Optimiste Côte d’Azur est une marque déposée et une propriété exclusive. Concept éditorial - Concept Multimédia. Tous droits de reproduction réservés.

PHOTO : FABRICE VALLERENT

OPTIMISTE CÔTE D’AZUR EST PARTENAIRE DE

DU 100 % FAIT MAISON 17 mars 2020. Comme la plupart des Français, nous sommes abasourdis par les chaînes d’infos anxiogènes qui s’en donnent « à cœur joie ». Tous nos repères volent en éclat, il nous faut faire vite… Garder les enfants à la maison, rapatrier nos étudiants et mettre à l’abri nos aînés. On nous parle de guerre. Alors, mobilisons-nous ! Pendant que nos médecins sont en première ligne, nous, les « irréductibles Gaulois » de l’optimisme citoyen, devons nous organiser pour préparer la deuxième phase. Nous nous devons d’assumer pleinement notre rôle de média d’informations « positives ». 18 avril 2020 (un mois déjà). La réalisation de ce numéro nous donne du fil à retorde. À distance et à grand renfort d’applications, Skype, Zoom ou Jitsi Meet, nos « visios » durent des heures et rythment dorénavant notre quotidien. À qui la faute ? Les Playmobil de Milan (9 ans), la tartine de Nutella de Louise (10 ans) ou le chant des tourterelles depuis ma terrasse. Peu importe, entre nous le temps ne compte plus vraiment. De toute évidence, c’est ensemble que nous réussirons et nous l’avons tous bien compris. Plongés dans l’intimité de chacun, nous partageons nos vies. On se croise en pyjama (avec des coupes de cheveux improbables) et on ne se cache plus. « Demain réunion à 15h car Didier se fait livrer une machine à laver, Alexandre n’a plus de Wifi et moi je suis désolé mais je dois monter l’Alpes d’Huez à vélo. » 15 mai 2020. Nous bouclons ce numéro dans une ambiance de « déconfinement ». Nous sommes fiers, animés par le sentiment d’une mission réussie. n Fabrice Vallerent

Pour retrouver les quatre derniers numéros de notre magazine sur www.optimistemagazine.fr ou en téléchargeant gratuitement l’application Optimiste Côte d’Azur sur votre tablette et votre mobile (App Store et Google Play). Suivez l’information résolument positive sur Facebook, Twitter et Instagram. 5


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ÀLAUNE

ICI LA TERRE Il y a 4,5 milliards d’années les particules d'un nuage moléculaire s’aggloméraient pour donner naissance à une planète. Une planète de plus de 12 000 km de diamètre, de 500 millions km² de superficie. La Terre. Par Alexandre Benoist

C

e n’est pas le plus grande, ni la plus petite planète du système solaire. Mais c’est la nôtre. Les Grecs anciens l’ont appelée Gaia, déesse mère et primordiale. Certains la croient plate et défendent - bien après la mort de Galilée - leur théorie « platiste » sur les réseaux sociaux. D’autres la pensent creuse, accueillant en son cœur la mythique cité d’Agartha où siège le Roi du Monde. Voici près de trois mille ans que l'Homme élabore idées et images de la Terre. Qu’importe. Depuis 4,5 milliards d’années elle est toujours là. Échappant aux grands dangers du cosmos, bombardements d’astéroïdes, éruptions solaires ou encore invasions extraterrestres. Indestructible ? Peut-être. Mais fragile aussi. « Celui qui cueille une fleur, dérange une étoile » disait le naturaliste/explorateur Théodore André Monod en citant le poète Francis Thomson. Une version stellaire avant l’heure du célèbre « effet papillon » de Lorenz. Mais sans partir à un tel niveau dans la logique de l’interdépendance, force est de reconnaître aujourd’hui l'impact évident - et par trop souvent néfaste - de la main de l’Homme sur notre planète. Exemple avec le réchauffement planétaire qui a déjà atteint 1,1°C par rapport à 1850-1900 en raison des émissions de gaz à effet de serre. Il existe un nombre considérable de preuves indiquant que ce réchauffement a de graves conséquences sur les écosystèmes et les populations.

cœur et ferveur. Ironie du sort a-t-on l’habitude de dire. Quand nous avons réfléchi à Optimiste Côte d’Azur sur ce sujet en février dernier, nous étions bien loin d’imaginer - oh combien - que cette thématique allait être d'actualité. Laissons de côté les analyses, constats, théories sur la propagation de la pandémie et les facteurs qui l’ont plus ou moins favorisé : déforestation, pression sur la biodiversité, mondialisation des échanges, consumérisme… Concentrons-nous plutôt sur cette Terre qui pendant deux mois à vécu « presque » sans activité humaine. Sans nous. Souvenons-nous de ces images d’animaux - daims, canards, sangliers, tortues, rorquals - arpentant les boulevards de nos métropoles ou se baignant dans les bassins de nos ports. Rappelons-nous ces bouffées d’oxygène dans ces temps où la pollution atmosphérique s’est vue baissée de 30 %. Gardons en mémoire ces bruissements naturels de la Terre détectés par des sismographes enfin débarrassés de l’agitation humaine. Enfin, retrouvons le vrai sens du mot écologie, du grec oikos, qui signifie « habitat ». Et pour finir, laissons la place à la pensée d’Edgar Morin*. Et méditons. « Nous voici, minuscules et humains, sur la minuscule pellicule entourant la minuscule planète perdue dans le gigantissime univers. Cette planète est en même temps un monde foisonnant, le nôtre. Au moment où les sociétés éparses sur le globe sont devenues interdépendantes, la prise de conscience de la communauté de destin terrestre doit s'imposer. Nous sommes solidaires dans et de cette planète. C’est notre Terre-Patrie. » n

Débarrassée de l’agitation humaine Telle est l’idée du dossier Terre qui vous est proposé. Sans prétention aucune, mais avec

*Terre-Patrie - Edgar Morin, Anne-Brigitte Kern, Editions du Seuil

CHIFFRES EXPRESS Nous étions entre 7,6 et 7,7 milliards d’humains sur Terre au 1er janvier 2019.

Il existe environ 8,7* millions d’espèces vivantes sur Terre, dont 6,5 millions sur la terre ferme et 2,2 millions en milieu aquatique. *Selon la revue américaine PLoS Biology 7

On estime que la vie est apparue sur Terre il y a 3,5 à 3,8 milliards d’années.


ET APRÈS ? C’est une évidence, notre planète souffre et nous sommes tous responsables. Il est parfois difficile de rester « positif » devant de telles images, tant la tâche paraît immense et impossible à relever. Pourtant, chez Optimiste Côte d’Azur, nous croyons en l’Humain et à sa formidable capacité à changer le cours des choses. Si nous sommes capables de nous mobiliser face à la pandémie de Covid 19, alors nous devrions avoir l’énergie nécessaire pour sauver notre planète. En réalisant ce portfolio, nous avons voulu illustrer la réalité. Une réalité brute, triste et sans filtres. Une sombre réalité, vers un futur que nous ne maîtrisons plus. Avec nous, parcourez ces images et imaginez les solutions. Souvent, elles paraîssent simples et pourtant, elles pourraient bien changer le cours de nos vies, et celles des générations futures. n F. Vallerent

#SolutionsCitoyennes ❏ Je donne une seconde vie à mes objets ❏ Je limite ma consommation d’emballages ❏ Je respecte le tri sélectif ❏ Je contrôle mon gaspillage alimentaire Photo : Kalyakan - stock.adobe.com


ÉCOSYSTÈME DURABLE - 9


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#SolutionsCitoyennes ❏ Je privilégie les gourdes aux bouteilles d’eau ❏ Je récupère les bouchons plastiques ❏ Je jette les mégots dans un cendrier ❏ Je privilégie les crèmes solaires naturelles Photo : www.Vitaliy-Sokol.com


#SolutionsCitoyennes ❏ Je mange des produits de saison ❏ Je produis mon compost ❏ Je privilégie le « fait maison » ❏ Je cuisine mes restes Photo : Kara - stock.adobe.com


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#SolutionsCitoyennes ❏ Je limite la consommation d’eau ❏ Je chasse les fuites Photo : piyaset - stock.adobe.com


#SolutionsCitoyennes ❏ Je fais du covoiturage ❏ Je préfère les modes de déplacements doux ❏ Je veille à éteindre mes appareils électriques ❏ Je vérifie la pression de mes pneus Photo : Getty05 - stock.adobe.com


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#SolutionsCitoyennes ❏ Je me déplace à vélo ou en transport en commun ❏ Je calcule mon bilan carbone ❏ Je règle ma climatisation ❏ Je respecte la vitesse autorisée Photo : Artsiom Petrushenka - stock.adobe.com


ÀLAUNE

AIR

ON VEUT RESPIRER ! les particules fines. Naturellement, la zone côtière est la plus touchée. La bonne nouvelle, si l’on peut employer ce terme, c’est qu’en ce qui concerne le dioxyde d’azote, le taux de personnes exposées a été divisé par trois depuis 2010. Quant aux particules fines, toujours en 2018, on estimait que 16 % de la population départementale vivaient dans une zone de dépassement du seuil OMS contre 94 % en 2010. On peut donc affirmer qu’en moins d’une décennie,

et bien qu’il reste de nombreux efforts à fournir, les choses se sont considérablement améliorées. Air mauvais = conséquences néfastes généralisées Juste avant que la pandémie de Covid-19 ne nous tombe dessus, les questions environnementales commençaient (enfin) à occuper l’espace qu’il leur revenait. Il faut dire que l’enjeu est majeur : la pollution atmosphérique a, on l’a vu, une conséquence directe sur la santé humaine. Parmi ses effets (néfastes) : l’asthme, les BPCO (autrefois appelées emphysème), les risques accrus de symptômes ORL et bronchiques chez les nourrissons et les jeunes enfants et, last but not least, les maladies cardio-vasculaires. D’ailleurs, à la fin du mois d’avril, en plein confinement, le CREA (Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur) a publié une étude selon laquelle la mise à l’arrêt des activités économiques et humaines aurait permis d’éviter environ 11 000 décès en Europe, en diminuant les quantités de particules fines et de dioxyde d’azote dans l’atmosphère. Une preuve de plus ! Mais l’Homme n’est pas la seule victime de la pollution de l’air. De nombreuses études mettent en avant les conséquences dramatiques des pics Les abeilles sont indispensables à l'Homme et à la vie sur Terre. Or la pollution de l'air met à mal non seulement les colonies d'abeilles domestiques, mais aussi les insectes sauvages.

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PHOTO : PAUL - STOCK.ADOBE.COM

C

haque année en France, on estime à 48 000 le nombre de décès liés à la pollution de l’air. Une pollution que l’on subit, à laquelle on ne peut quasiment pas échapper et qui réduirait de trois ans en moyenne notre espérance de vie. Dans les Alpes-Maritimes, selon une étude Atmosud* de 2018, 60 000 personnes étaient exposées au dépassement des valeurs limites pour les polluants réglementés - comprendre le dioxyde d’azote et


ÀLAUNE

Les modes de transport doux sont une solution pour limiter la pollution.

PHOTO : CONTRASTWERKSTATT - STOCK.ADOBE.COM

de pollution sur la flore, notamment une réduction de la photosynthèse. Or, on sait depuis nos années de collège les bienfaits de la photosynthèse sur l’environnement (pour rappel et pour faire bref : réduction des gaz à effet de serre). De là à dire que l’avenir de la planète est compromis, il n’y a qu’un pas, que les collapsologues ont franchi depuis bien longtemps. Heureusement pour l’Humanité, il est encore possible de changer les choses… à condition d’agir. À différents niveaux, des solutions à envisager Antoine Nicault, chargé de projet et consultant indépendant en environnement et changement climatique qui coordonne et co-anime le GREC-SUD (groupe régional d’experts sur le climat en Région Sud, est formel : « Il n’est pas trop tard pour réduire les effets du changement climatique et de la pollution. Mais il faut s’y mettre immédiatement, il y a urgence. Idéalement, il faudrait tout changer en profondeur, mais il y a des choses auxquelles on peut vraiment s’attaquer comme les transports. On peut par exemple favoriser le vélo, électrique ou pas. Il faut développer les pistes cyclables en ville et même interurbaines. Certaines personnes arrivent à faire 30 à 40 kilomètres à vélo pour aller travailler. Mais pour ça il faut que tout soit adapté : les pistes cyclables, certes, mais aussi les parkings à vélo, des vestiaires dans les entreprises, pour pouvoir

se changer, etc. Les habitudes locale, sur des parcelles plus changeront d’autant plus vite petites, gérées différemment que les infrastructures seront à pour produire autant. « Il faudisposition. » Au regard du drait changer nos habitudes de consultant en environnement, consommation, petit à petit. Au début, c’est difficile et on a l’iml’avion doit également ne plus être un produit de grande pression que ça coûte plus cher consommation et là encore, car on a tendance à acheter local tout en continuant nos courses il faut à la fois que le train devienne un vrai moyen de habituelles. Mais après un ou deux mois, on a rapitransport concurdement compensé les rentiel et que l’industrie du tourisme « Les habitudes dépenses, en achetant moins de viande par revoit son offre. changeront exemple ou en cuisi« Attention, on ne dit d’autant plus nant différemment et pas qu’il faut arrêter vite que les de manière plus écode voyager, poursuit Antoine Nicault, infrastructures nomique. Au niveau local, l’alimentation mais on peut choisir seront à fait partie des grands de ne prendre l’avion disposition. » enjeux. » Enfin, la qu’une à deux fois revégétalisation est par an. En fait, il faut retrouver de la mesure dans aussi un levier intéressant pour améliorer la qualité de tout ce que l’on fait, pour arriver à un équilibre. » Autre point sur l’air : elle a un effet îlot de lequel on peut agir aisément : fraîcheur et permet de séquesl’alimentation. On sait que trer un peu de carbone, infime l’agriculture produit aujour- certes, mais en faveur de la d’hui 30 % des gaz à effet de qualité de l’air. n Aurélia Lasorsa. serre et que l’élevage compte *Atmosud : association agréée par pour 40 % de ces 30 %. Le spé- le ministère en charge de l’Environnement pour la Surveillance de la Qualité de l’Air de cialiste prône une agriculture la Région Sud - Provence-Alpes-Côte d’Azur. 21


ÀLAUNE

EAU

es mers et les océans recouvrent environ 70 % de la planète. Le corps humain, lui, est composé à 60 % d’eau. Le constat est donc sans appel : l’eau est nécessaire à la vie ! Or, à l’allure où la pollution de l’eau et sa raréfaction avancent, nous devrions rapidement rencontrer de sérieux problèmes. Et ce, pour diverses raisons.

L’eau : une denrée qui devient rare En août 2019, l’institut World Resources tirait la sonnette d’alarme. Selon ce think tank américain, « près d’un quart de la population mondiale, vivant dans 17 pays, se trouvait dans une situation de pénurie hydrique grave. »

La raison invoquée par ces spécialistes était liée au fait que 80 % de la surface disponible et des eaux souterraines de ces pays (Israël, le Liban, le Qatar, mais également le Bahreïn, le Bostwana ou encore l’Inde, pour ne citer qu’eux), étaient absorbés par l’agriculture, l’industrie et les municipalités. La France, elle, occupait alors la 59e place du classement (sur 164 pays) et présentait un risque « moyen-élevé ». Et le rapport de conclure : « En prenant des mesures dès aujourd’hui et en investissant dans une meilleure gestion hydraulique, nous pouvons résoudre les problèmes liés à l'eau pour le bien de chaque population, des économies et de la planète ». 22

Entre sècheresse et pollution… Mais ce phénomène, s’il reste un problème majeur, n’est pas le seul à mettre à mal nos ressources en eau, et la vie qui va avec. Ainsi, nous pourrions citer les sécheresses, de plus en plus nombreuses et de plus en plus fréquentes. En moins de 50 ans, la France a dû faire face à sept canicules (1976, 1989-90, 2003, 2005, 2011, 2018 et 2019), dont cinq ont eu lieu au XXIe siècle. Un phénomène qui a un impact certain sur les cultures, mais également sur les nappes phréatiques, ces réserves d’eau naturelle déjà régulièrement mises à mal par la pollution des sols et leur surexploita-

PHOTO : BY PAUL - STOCK.ADOBE.COM

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INDISPENSABLE ÉLÉMENT


ÀLAUNE

PHOTOS : MUSÉE OCÉANOGRAPHIQUE MONACO - CYRIL PAPOT - STOCK.ADOBE.COM

tion. La pollution, toujours, est également le problème majeur rencontré aussi bien par les cours d’eau que par les mers et les océans. Conséquences ? La biodiversité résiste difficilement aux produits chimiques et les écosystèmes aquatiques sont de plus en plus malades. Parmi les premières victimes de ces fléaux : les coraux…et toute la vie qui en dépend. Car si les récifs coralliens ne couvrent que 0,2% de la surface des océans, ils n’abritent pas moins de 30 % de la biodiversité marine. Face au danger imminent, et afin d’informer le grand public de la catastrophe que cela pourrait être, le Musée Océanographique de Monaco a choisi de mettre cette année les coraux à l’honneur. Et d’inviter le plus grand nombre à réfléchir aux conséquences de ses actes. Des solutions à toutes les échelles Outre des événements tout public - expositions, animations et parcours fil rouge -, l’établissement veille à ce que chaque visiteur apprenne que la situation n’est pas inéluctable, « qu’aujourd’hui il est possible de bouturer du corail ou reconstituer des fragments de récifs » (notamment grâce au Conservatoire mondial du corail, née d’une initiative de la Principauté) et surtout que chacun peut agir à son niveau. En choisissant une crème solaire qui ne porte pas atteinte au corail, en limitant ses émissions de CO2, etc. La protection de la biodiversité marine, c’est aussi le crédo de l’entreprise Écocéan. Ces spécialistes de l’innovation sont à l’origine de Biohut, des cages en acier qui font office de nurseries sous-marines. Le

port Vauban d’Antibes en est équipé depuis 2015. Des études réalisées sur trois années ont prouvé que plus de 13 600 poissons et invertébrés ont profités de ces habitats pas comme les autres, ce qui a incité le port à renouveler l’opération : 56 nouvelles Biohuts ont été installées ce printemps. Depuis quelques années, des chercheurs et scientifiques du monde entier travaillent également sur des éponges capables d’absorber les hydrocarbures. Une solution miraculeuse qui permet-

« La biodiversité résiste difficilement aux produits chimiques et les écosystèmes aquatiques sont de plus en plus malades. » trait de venir à bout des marées noires de toute taille, véritables catastrophes écologiques qui mettent en péril l’eau et ses écosystèmes. Enfin, l’Europe, consciente de la menace qui pèse sur les ressources en eau, mise elle

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aussi sur l’innovation pour obtenir des résultats. Dix projets sont actuellement financés par l’UE, chacun œuvrant sur des solutions ambitieuses et innovantes, qu’il s’agisse de traitement des eaux usées, de détection de micro-organismes dans les eaux industrielles et environnementales, d’immobilisation de métaux toxiques, etc. Le monde de la recherche a fait de l’eau son cheval de bataille, à nous d’adopter les gestes qui vont nous offrir un peu de répit, en attendant des solutions à grande échelle. n A.L.


RESPIREZ ! DANS NOS

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ÀLAUNE

TE R R E

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MÈRE NOURRICIÈRE

e sol, ou plutôt la matière organique qui le constitue, est une extraordinaire usine à transformer, à faire naître et prospérer le vivant. Une ressource essentielle que l’on croit immuable, et pourtant non renouvelable. Fondamentale pour l’équilibre de la biodiversité, l’évolution des sols est tributaire de nombreuses menaces humaines et environnementales qui influent sur leur santé et, entre autres conséquences, sur le rendement des cultures. Si la sécurité alimentaire n’occupait pas, jusqu’alors, tous les esprits, elle s’est imposée à tous, à l’aune de la pandémie de Covid-19. En France, des voix s’élèvent désormais en faveur d’une relocalisation de la production agricole, prônant résilience et autonomie de notre système productif. Cette prise de conscience demande un indispensable renouvellement de nos modes

de vie. En ne s’arrêtant qu’à la dégradation de la qualité du sol (érosion, déforestation, surexploitation, imperméabilisation, salinisation), amplifié notamment par l’alternance de phases de dessèchement, de précipitations intenses et le risque croissant de submersion marine, on estime qu’à terme, près de trente millions d’hectares de terres arables pourraient être perdus chaque décennie*. Comme le souligne le GREC-SUD (Groupe Régio-

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nal d'Experts Climat) : la zone méditerranéenne fait partie des hotspots pour les impacts du changement climatique. Alors que le climat méditerranéen a toujours été l’un des plus privilégiés pour l’agriculture, force est de constater l’urgence d’une adaptation rapide des pratiques de culture. L’agriculture durable, le respect du vivant L’agroécologie a pour objectif d’optimiser les fonctionnalités


qu’offre la nature, tout en favorisant ses capacités de renouvellement. La démarche, adaptative, comprend, entre autres, la diversité des cultures, l’allongement des rotations, la limitation de l’usage de ressources sensibles, tout en contribuant au système alimentaire local. Comme l’agroforesterie, cette approche est de plus en plus plébiscitée dans le département, par de petits ou grands producteurs. L’un des projets d’appui initié en région fut notamment « Réussir le virage agroécologique en cultures spécialisées » porté par la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes dès 2017. Le Campus Vert d’Azur d’Antibes et son agroforesterie méditerranéenne en agriculture biologique en faisait partie. Il comporte désormais des arbres fruitiers, du maraîchage et des plantes à parfums et médicinales. Les terres sont valorisées et les rendements très satisfaisants, selon les enca-

« En France, des voix s’élèvent désormais en faveur d’une relocalisation de la production agricole. » drants. Autre problématique, relevée notamment par le Réseau Rural Provence-AlpesCôte d’Azur : la pression foncière « c’est un véritable problème pour le maintien de l’agriculture […] elle ne permet plus aux jeunes non seulement de s’installer pour mener une activité viable économiquement mais aussi pour développer leur activité ». S’ajoute à cela la baisse du nombre d’exploitations. C’est là que la transition agroécologique prend tout son sens, offrant une approche holistique et durable sur une même parcelle. Un peu d’air pour la terre Le sol est également celui des forêts et des littoraux, où vivent une multitude d’espèces animales et végétales.

Ces espaces constituent un temple naturel précieux. Nos forêts méditerranéennes, poumons verts, sont soumises à plusieurs perturbateurs anthropiques et naturels (déforestation, sécheresse, incendies, etc.) qui entravent leurs capacités d’auto régénération. Sans parler des déchets ! Qui a dit que la terre était une poubelle ? Si les instances politiques font leur part, aujourd’hui, ce sont les initiatives citoyennes et associatives qui attirent les regards. On retrouve par exemple les actions de nettoyage avec la Surf Rider Foundation et les « Mountain Days » de l’association Mountain Riders. Romain, technicien de maintenance à Nice, passionné de sports outdoor et Clean Walker*, est l’un des premiers témoins de cette pollution : « À chaque sortie, quelle que soit l’activité, je suis effaré de voir tout ce que l’on trouve dehors ! Il est évident pour moi de faire ma part. Ramasser des déchets, c’est devenu un automatisme. On ne peut pas prétendre aimer la nature si on laisse de telles traces derrière soi ! » À cette allure, les véritables sanctuaires naturels vont se raréfier, laissant place à des espaces verts sous cloche. D’autant que notre territoire est toujours menacé par l’urbanisation et l’artificialisation des sols : plus de 14 300 hectares artificialisés dans les Alpes-Maritimes entre 1990 et 2018 (top 10 des départements français)*. Comptons donc sur le développement croissant de bonnes démarches urbaines pour, enfin, remettre les pieds sur terre ! n Mélissa Mari. ORDRE DES SOURCES : Inrae 2019, Chiffres Agence Bio 2019. *Clean Walker – mouvement citoyen pour nettoyer les espaces publics ou naturels, tout en marchant - Le Parisien 2019.

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PHOTO : MAIRIE DE SAINT-ÉTIENNE DE TINÉE

ÀLAUNE


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Stop ! En jetant vos déchets par la fenêtre, c’est lui que vous jetez sur la route. Les agents routiers ramassent chaque jour 25 tonnes de déchets sauvages le long des autoroutes. Ne les exposez pas au danger en jetant vos déchets par la fenêtre ; aidez-les à préserver l’environnement. 100% des aires de VINCI Autoroutes sont équipées de conteneurs de tri des déchets.

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ÀLAUNE

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ATTENTION, ÇA CHAUFFE ! une température viable – sans eux, la température serait d’environ -18°C – leur trop grande concentration liée à l’activité humaine est un véritable désastre environnemental. Des températures en hausse Si nous avons surtout tendance, nous humains, à prêter attention aux périodes de cani-

cule, nous oublions parfois que c’est la hausse des températures de façon générale qui doivent encore plus nous inquiéter. Depuis le début du XXe siècle, la température de la planète a augmenté de 1,1°C, justement à cause des gaz à effet de serre qui, trop nombreux, piègent la chaleur à la surface de la Terre. En continuant sur cette lancée, sans véritablement agir, d’ici 2100, le thermomètre monterait de 2°C à 3,5°C. Et les spécialistes de la question de l’ADEME imaginent même dans le Sud Est un scénario (optimiste qui plus est) selon lequel, d’ici 2090, il faudrait compter avec 80 jours très chauds supplémentaires ! Une catastrophe du point de vue de l’environnement (faune, flore, océans, etc.), mais également de la population avec les problèmes sanitaires que les canicules engendrent. De là à penser que des migrations écologiques auront lieu, il n’y a qu’un pas, que certains scientifiques franchissent avec certitude. Des épisodes méditerranéens à la pelle C’est ce même réchauffement climatique qui est à l’origine des épisodes méditerranéens, qui font les gros titres des journaux depuis plusieurs années maintenant. Autrefois peu fréquents, ces phéno-

Les spécialistes de l'ADEME pensent que le Sud Est sera l'un des territoires les plus impactés par le réchauffement climatique. 28

PHOTO : JOZSITOEROE - STOCK.ADOBE.COM

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e réchauffement climatique n’est plus une simple théorie : depuis près d’un siècle, il est devenu une réalité. Il est la conséquence directe des émissions de gaz à effet de serre. Et si ces derniers (CO 2 , méthane ou encore vapeur d’eau) sont naturellement présents sur Terre et permettent d’y garantir


ÀLAUNE

Les architectes sont en première ligne pour imaginer l'habitat de demain, adapté aux changements climatiques.

PHOTO : HCAST - STOCK.ADOBE.COM

mènes climatiques violents sont la conséquence directe des « remontées d’air chaud, humide et instable en provenance de la Méditerranée qui peuvent générer des orages violents, parfois stationnaires. Ils se produisent de façon privilégiée en automne, moment où la mer est la plus chaude. » Depuis les années 60, ces événements ont augmenté d’environ 20 % et sont plus violents : on constate de plus en plus souvent des pics à plus de 200 mm par jour, voire en seulement quelques heures. Nous gardons tous en tête les images incroyables de crues éclair envahissant les centreville et les habitations. Une adaptation plus que nécessaire Face au réchauffement climatique, il est nécessaire de mettre en place un véritable arsenal de solutions. Lutter contre la pollution, réduire les gaz à effet de serre, viser la neutralité carbone, etc. Néanmoins, en parallèle de ces actions, il va falloir adapter nos villes, nos habitats, notre façon de vivre. On pense en premier lieu à la bétonisation à outrance, souvent pointée du doigt lors de catastrophes naturelles. Pour Amandine Crambes, ingénieure et urbaniste à l’ADEME, « il existe un vrai besoin de retrouver du sol. Cela peut passer par exemple par des voiries respirantes qui permettent non seulement la circulation de l’air mais aussi, et surtout, l’évaporation de l’eau, donc d’apporter un peu de fraîcheur. » Une

autre solution de plus en plus plébiscitée : la revégétalisation des centre-ville. Concrétisation d’une des préconisations du Grenelle de l’Environnemnent (qui date quand même de 2010 !), le fait de remettre de la nature en ville

« Il va falloir adapter nos villes, nos habitats, notre façon de vivre. » est non seulement synonyme de mieux-être pour la population urbaine, mais cela permet surtout de créer des îlots de fraîcheur bienvenus par les temps qui courent. Les différences de température entre 29

une surface en plein soleil et celle sous un arbre peuvent avoisiner les 10°C… Mais la végétation n’est pas la seule option. Les écoquartiers fleurissent dans de nombreuses villes de la planète. Leurs particularités ? Répondre aux nombreux enjeux environnementaux : gestion des eaux pluviales, intégration de la biodiversité urbaine, sobriété énergétique et développement des énergies renouvelables, construction de bâtiments HQE, toitures végétalisées, favorisation de solutions de transports doux… L’Homme va devoir miser tout à la fois sur ses capacités d’adaptation mais également sur les innovations technologiques pour faire face. Sans quoi, il risque le coup de chaud. n A.L.


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ÀLAUNE

GÉNÉRATION TERRE Ils ont entre 9 et 13 ans et nous font partager leur témoignage - et leurs solutions sur un sujet qui les touche profondément : le respect de l’environnement.

PHOTO : STOCK.ADOBE.COM

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Par Alexandre Benoist

a vérité sort de la bouche des enfants dit-on. C’est vrai que ce dicton populaire semble frappé au coin du bon sens. Pourquoi ? Parce qu’à cet âge-là... on n’a pas la langue dans sa poche ! Et nous à l’Optimiste ça nous plait. Voilà pourquoi nous avons décidé d’offrir une tribune libre à quelques têtes blondes qui – vous le verrez - ne le sont pas forcément. Parce que parler d’environnement ce n’est pas que l’affaire des grands. Nous sommes tous concernés et avons le droit de nous exprimer sur le sujet aussi primordial et universel. Les enfants que nous avons invités à figurer dans cette rubrique sont nés sur la Côte d 'Azur il y a 9, 10, 12 ou encore 13 ans. Si parfois nous les avons un peu guidés pendant l’entretien, nous ne les

avons jamais orientés. Bien au contraire. Nous les avons laissés libre de nous parler avec leurs mots du sujet de leur choix, de la problématique qui les touche le plus ou encore de l’expérience qui les a le plus marqué. Nous vous donnons à lire - sans filtre leur raisonnement, leur témoignage et parfois même leur coup de gueule. Mais aussi et surtout leurs solutions pour une planète plus respectée. Des solutions qui même si elles peuvent parfois paraître fraîchement naïves, nous donne à chaque coup matière à réfléchir pour construire un avenir plus en harmonie avec notre chère planète. Si l’enfant est le père de l’homme comme l’affirmait Freud, alors cette Génération Terre porte en elle l’espoir d’un vrai changement ! n

Retrouvez les quatre derniers numéros d’Optimiste Côte d’Azur gratuitement sur tablette et mobile 31


ÀLAUNE

La génération Z se mobilise face au déclin environnemental. Lou, Louise, Milan, Alexandre et Lee-Lou dévoilent leurs pratiques quotidiennes, des petits gestes qui sont simples et pourtant précieux.

LOU, 12 ans

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« ON NE JETTE RIEN »

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Des boîtes pour recycler les stylos Lou, actuellement en classe de 5e, énumère fièrement les actions mises en œuvre par son collège pour contribuer au recyclage. « Je suis sensibilisée à l’environnement car l’année dernière, quand j’étais en classe de 6e au collège Yves Klein à la Colle-sur-Loup, j’étais dans une classe spéciale : la classe environnement. Notre prof d’histoire nous a appris beaucoup de choses. On a fait venir de nouveaux conteneurs au collège. Aussi, on a fait des boîtes pour recycler les stylos. On n’a plus de carnets donc plus de feuilles en papier. On a juste une fiche. Le collège Yves Klein est le seul de la région à faire ce genre de chose. » Les solutions sont plutôt simples selon Lou, tout le monde doit s’y mettre pour que les résultats soient visibles. « Il faut que les médias en parlent plus pour plus sensibiliser. Et mettre des amendes pour ceux qui jettent leurs déchets par terre car les policiers ne disent rien. » n Julie Barbiera. 32

PHOTO : PRESSE

’environnement en ce moment ne va pas bien, il faut vite remédier à cette situation. » Lou est consciente des problèmes environnementaux actuels. Du haut de ses 12 ans, elle évoque avec une grande maturité les questions relatives à l’écologie. « À la maison, on fait le tri sélectif et aussi récemment on a commencé le compost. Le compost permet de recycler tous les déchets alimentaires. Par exemple, tu prends les épluchures, tu les mets dans un récipient, les insectes vont venir faire un truc dedans et là ça fait du bon engrais. Ça sent mauvais mais on sent que c’est de la bonne terre. Aussi, avec maman, pour les courses on utilise des sacs en tissu qu’on a déjà, on les réemploie, et dans les magasins on demande de ne pas avoir le sac. Les vêtements que je ne porte plus je les donne au Secours Populaire, pareil pour les jouets ou alors on les donne à des amis qui ont des enfants plus petits. On ne jette rien. »


ÀLAUNE

LOUISE, 10 ans

« NON AUX SACS PLASTIQUE ! »

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'année dernière la navigatrice Alexia Barrier est venue dans notre classe pour nous parler de son métier. Elle nous a dit qu’elle voyait, sur toutes les mers qu’elle traversait, de plus en plus de sacs flotter à la surface. C’est un problème car les poissons les mangent et ensuite meurent. Après nous avons vu un film qui montrait comment, quand on jette une bouteille ou un sac en plastique dans la nature, ils arrivent dans la mer et sont mangés par les poissons. Ensuite quand nous, les humains, on mange le poisson, on mange aussi du plastique. Depuis, nous avons mis dans la classe un tableau où on marque le nombre de sacs en plastique que nous avons réussi à économiser par jour ou par semaine. L’objectif de la classe, c’est d’atteindre 1 000 sacs économisés. J’espère qu’on va y arriver. Et c'est facile d’économiser des sacs. Quand vous allez faire vos courses, il ne faut pas oublier vos sacs en tissu que vous pouvez réutiliser tout le temps. Il en existe même des petits qui se plient ou se mettent en boule pour rentrer dans la poche ou le sac à main des mamans. Comme ça on l’a toujours sur nous. Et quand vous êtes chez le commerçant vous pouvez dire : non aux sacs en plastique ! » n A. Benoist.

MILAN, 9 ans

PHOTOS : A. BENOIST - OLIVIER WARTER / PRESSO

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« DANS LA FORÊT, JE VOIS DE TOUT : DES TUYAUX, DES EMBALLAGES PLASTIQUES, DES PNEUS MÊME... » nouveaux à chaque fois, on les garde plus longtemps. Et surtout, il faut recycler tout ce que l’on peut. Ça réduit les poubelles. » n A. Lasorsa.

a planète est trop polluée ! Il y a trop de déchets. Partout. À Nice, par exemple, des rues sont très sales. Mais il n’y a pas qu’en ville. Parfois, lorsque je me promène dans la nature, chez mes grands-parents dans la forêt, je vois de tout : des tuyaux, des emballages plastiques, des pneus même… Et puis il y a toujours des cigarettes par terre. L’été c’est pire, car la mer est sale : au fond, mais aussi quand les bateaux passent, il y a de l’essence partout. Quand on se baigne c’est jamais complètement propre. Je crois aussi qu’il faut faire attention à ne pas gaspiller : l’eau, l’électricité, la nourriture, le papier… on jette trop. Un jour on n’aura plus rien, et si on n’a plus d’eau, on meurt. Et puis ça coûte cher. Pour nettoyer la mer, il faudrait des bateaux électriques qui ramassent les déchets dans l’eau. Sur la plage, on pourrait utiliser des détecteurs de déchets et mettre des amendes quand quelqu’un jette par terre. Pour la pollution, je propose d’interdire les gros 4x4 et les très vieilles voitures. Pour les vêtements, on peut prendre un peu plus grand, ça évite d’en acheter des 33


ÀLAUNE

pays, par exemple en brûlant des forêts en Amazonie. Les animaux ne savent plus où aller, n’ont plus rien à manger et meurent, des espèces disparaissent. Quand on fait les courses, on ne prend pas de produits avec trop d’emballage en plastique, on achète du bio et on ne prend pas des produits qui viennent de trop loin. Quand on se déplace, on privilégie les transports en commun, surtout le tramway, ou la marche à pied car on a fait le choix de ne pas avoir de voiture. Au niveau de la planète plein de gens se mobilisent mais ce n’est pas assez pour réduire ce qu’il se passe en ce moment. Il faudrait trouver des techniques pour éviter de jeter tous les déchets, d’inventer plus de moyens de transports qui utilisent moins le pétrole pour moins polluer l’atmosphère. Et pour les animaux, il faudrait essayer de créer plus d’endroits où ils peuvent vivre en sécurité, des espaces naturels protégés comme le Parc du Mercantour, et aussi essayer de réintroduire des espèces. » n A. Benoist.

ALEXANDRE, 12 ans

« ON NE PREND PAS DES PRODUITS QUI VIENNENT DE TROP LOIN » «

C

e qui me choque le plus sur la planète aujourd’hui c’est le sort que l’on réserve aux animaux. Il y a le braconnage qui cause la mort inutile de nombreux d’entre eux. L’homme détruit aussi leur environnement dans de nombreux

LEE-LOU, 13 ans

« NOUS ACHETONS DE PLUS EN PLUS DE PRODUITS EN VRAC »

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es gens ne respectent pas la nature. Ils jettent tout et n’importe quoi sans prendre peine de ramasser leur détritus et les mettre dans la poubelle. Un jour je suis passé avec mes parents juste après une course de motos trails dans la montagne. C’était incroyable ! Les gens avaient laissé par terre des tas de déchets, banderoles, brassards, sachets de compote vides, gobelets... Avec ma mère nous avons décidé de tout nettoyer en utilisant les sacs poubelle que nous prenons toujours avec nous quand on part en balade dans la montagne ou que nous piqueniquons sur la plage. En effet, nous faisons toujours attention de ne rien laisser derrière nous. D’ailleurs à la maison, nous achetons de plus en plus de produits en vrac pour réduire nos déchets en matière d’emballage. À côté de mon école, il y a justement un nouveau magasin qui vend en vrac et c’est ici que nous achetons nos pâtes et notre riz en venant avec

nos propres contenants. Quand ce que nous voulons n’est pas disponible en vrac nous préférons acheter les produits avec le moins d’emballage possible comme des savonnettes à la place de savon liquide ou en préférant les gros conditionnements. » n A. Benoist. 34

PHOTOS : OLIVIER WARTER / PRESSO - PRESSE

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ÉVÈNEMENT

RENDEZ-VOUS LES 26,27 ET 28 AOÛT POUR FÊTER LE THÉÂTRE ET NOS HÉROS DU QUOTIDIEN L’ensemble des chefs d’entreprises niçois, partenaires de l’association Passionnément TNN, Benjamin MONDOU, Président de l’association et Muriel MAYETTE-HOLZ, Directrice du Théâtre National de Nice, avec le soutien de Christian ESTROSI, Maire de Nice et Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, ont à cœur de monter une action dédiée à nos héros qui ont organisé notre quotidien. L’équipe du Théâtre de Nice, travaille dès à présent pour monter 3 soirées en plein air les 26, 27 et 28 août et faire de ce spectacle un moment exceptionnel. Nous sommes heureux de tous se retrouver, dans la passion et le respect des nouvelles normes sanitaires !

RÉALISATION : MOUVEMENTCOM.FR - CRÉDIT PHOTO : © ADOBE STOCK

REDONNONS VIE À

En partenariat avec :


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REGARDSUR...

LOUP, ES-TU LÀ ? 1 an déjà La naissance d’un loup est un événement exceptionnel. Chaque année, au printemps, le Parc Alpha attend la naissance de nouveaux louveteaux. De la reproduction du couple dominant à la croissance des nouveau-nés, suivons le parcours des petits loups nés en 2019. Par Julie Barbiera

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PHOTO : PRESSE

es louveteaux sont nés ! Sourds et aveugles, ils cherchent les mamelles de leur mère, une femelle Alpha qui doit leur offrir la plus grande quantité de lait pour les maintenir en vie. Les prochains jours seront cruciaux. La naissance du loup au Parc Alpha est toujours un évènement. Au beau milieu du printemps 2019, Hoona donnait naissance à deux magnifiques louveteaux : Beyla et Lycos. Depuis 5 ans déjà, Hoona et Kahn, deux loups gris d’Europe forment le couple Alpha (dit aussi couple dominant). Ce sont les seuls de la meute à pouvoir se reproduire.

Revivons les premières heures de la naissance de Beyla et Lycos L’accouplement a eu lieu en février 2019 et pour les loups, le temps de la gestation est relativement court ! « Il est de 59 à 63 jours, soit environ deux mois » nous précise Vincent Girault, responsable animalier du Parc Alpha. Hoona, notre femelle reproductrice, a bien du mal à se déplacer et ses pas se font de plus en plus lourds. À l’évidence, la future maman a un grand appétit et sa progéniture lui demande beaucoup d’énergie. Elle sent pourtant que l’heure approche, mais elle attendra le dernier moment pour s’épiler les poils autours des mamelles afin de faciliter l’accès à la tétée de Beyla et Lycos. Comme à l’état sauvage, Hoona accouchera seule et les soigneurs du Parc Alpha resteront à distance, sans intervenir, impuissants sur le déroulement de la mise bas. Une simple tanière artificielle lui permettra de donner nais-

« Hoona accouchera seule et les soigneurs du Parc Alpha resteront à distance »

+ de photos, de Beyla et Lycos sur l'application Optimiste Côte d’Azur (App Store et Google Play)

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sance loin de la meute et dans un secret absolu. Pendant plus de trois semaines, il sera impossible d’approcher Hoona pour référencer les petits loups. Christophe Ollivier, responsable du développement de Pure Montagne nous confie : « Il faut savoir être prudent avant de constater que la portée est viable et c’est seulement au terme de quatre à cinq semaines que l’on peut communiquer sur le nombre de naissances. La nature est complexe tout peut arriver. Il n’est pas impossible de constater avec regret le décès des nouveau-nés. » Pour autant, comme pour les loups à l’état sauvage, ces jeunes loups s’adaptent rapidement à leur environnement. Aujourd’hui, Lycos et Beyla fêtent leur premier anniversaire et ont parfaitement résisté aux conditions hivernales. Auprès de leur mère, ils évoluent au sein de la meute du Parc Alpha et sont devenus de jeunes loups robustes. Hoona, une mère poule qui a des dents La fragilité de ses louveteaux décuple l’instinct protecteur d’Hoona. Elle n’hésite donc pas à montrer les crocs aux inconnus ayant la mauvaise idée de s’approcher de sa tanière. Peu à peu, les membres de la meute ont été autorisés à participer à l’éducation de Beyla et Lycos. Collés à ses flans, ils sont restés accrochés à Hoona jusqu’au début de l’automne. Cet hiver fut une étape déterminante pour leur survie. Cependant, il faudra attendre entre deux et quatre ans, âge de la maturité sexuelle, pour que les loups quittent définitivement leur mère. n


REGARDSUR...

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Même si la doctrine retient l’image d’un animal terrifiant, la représentation du loup dans l’imaginaire collectif est différente selon les époques. À l’origine, le loup (du latin lupus), désigne un animal sauvage proche du chien. Etymologiquement parlant il n’a donc rien d’une bête féroce. Il fait pourtant l’objet d’une vision manichéenne et selon les époques, le loup est sacralisé ou détesté. Dans l’Antiquité, d’abord, où les mythes naissent en abondance, la louve devient la métaphore de la fécondité. Chez les Romains, elle joue le rôle de mère protectrice auprès de Romulus et Remus et devient le symbole de la maternité. Période sombre de notre civilisation, le Moyen-Âge a encore modifié la réputa-

tion du loup et ce dernier endosse un rôle peu flatteur dans la littérature. L’image la plus terrifiante du loup arrive un peu plus tard avec les contes de Perrault et la légendaire bête du Gévaudan. Au XVIIe siècle, les psychanalystes se sont également intéressés à la symbolique du loup en rapprochant l’homme de l’animal. Ainsi, devonsnous en conclure que « L’homme est un loup pour l’homme ». Aujourd’hui, l'image du loup semble être encore différente. Les loups ne sont plus nos ennemis, mais les héros de nos histoires modernes. Prenons l’exemple d’une série à succès pour adolescent, Teen Wolf ou encore de la saga Twilight. Notre grand méchant loup des Trois Petits Cochons est aujourd’hui devenu Le gentil petit loup dans la bibliographie des plus petits. n 38

1. Hoona et la petite Beyla, née en 2019. 2. Beyla, jeune louve de 1 an.

PHOTOS : PRESSE

Un grand méchant loup pas si méchant


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Vincent GIRAULT Responsable animalier au Parc Alpha

« La louve n’a qu’une seule portée par an » — Quel est votre métier ? J’encadre une équipe de soigneurs et je coordonne le pôle soin. Je m’occupe aussi de tout ce qui touche de près ou de loin au domaine zoologique. Cette mission est assez vaste. Ça peut être de l’administratif avec les documents d’enregistrement et identification des loups ou plus technique avec le suivi des travaux et l’agencement du parc. Plus spécifiquement, je travaille aussi sur les sujets liés à la pédagogie, à la recherche scientifique et à la conservation.

Le loup dans notre écosystème Longtemps persécuté, le loup a peu à peu disparu de nos plaines et forêts. Aujourd'hui réfugié dans nos montagnes, sa présence est un sujet sensible, notamment pour les bergers dont les troupeaux sont souvent victimes de ses attaques. Pourtant, et malgré sa réputation de prédateur, le loup participe à l'équilibre de l’écosystème naturel. En haut de la chaîne alimentaire, celui-ci est indispensable au renouvellement des espèces. Quel est le rôle du loup ? Trop nombreuses, les populations des cervidés détruisent la flore et les ressources alimentaires. Ces herbivores consomment une trop grande quantité de végétaux et souvent détruisent les habitats des autres espèces. Dans un rôle de « régulateur » naturel, le loup devient le prédateur indispensable au bon équilibre entre la faune et la flore. Pour l’exemple, la réintégration du loup au sein du parc Yellowstone aux États-Unis en 1995. Un succès, qui a permis de reformer un écosystème détruit par les wapitis (de la famille des cerfs). Chassés par les loups, la baisse de population de ces cervidés a permis de libérer de nouveaux espaces de végétation, indispensables au développement d’autres espèces.

— Comment vivez-vous l’arrivée des louveteaux ? Toute l’équipe est mobilisée. C’est un événement important dans la vie d'un soigneur ! La louve n’a qu’une seule portée par an et il y’a qu’une seule période de reproduction et de mise bas. Le moment est fort et tout le monde est heureux d’y assister. — Et vous, quels-sont vos sentiments ? C’est toujours attendrissant de voir un louveteau de quatre semaines. Cependant, il ne faut jamais perdre à l’esprit que malgré tout, il deviendra un loup adulte. Le sentiment est donc un peu ambivalent. À la fois gérer l’émotion et tout faire pour garantir ses chances de devenir un loup dans les meilleures conditions. — Comment se déroule le contrôle sanitaire ? Au bout de quatre semaines, on récupère les louveteaux dans leur tanière le temps d’un rapide contrôle. C’est l'équipe animalière qui va prendre en charge cette intervention. On fait alors un check-up complet. Ils sont identifiés par une puce. Ils sont pesés, on va les mesurer, mesurer leurs canines et l’on va tenter de faire des prélèvements de sang, de poils, si possible d’excréments et d’urines. n Pour découvrir les loups du Boréon : www.puremontagne.fr 39


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+ de photos en téléchargeant l’application Optimiste Côte d’Azur 3

(App Store et Google Play)

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PHOTOS : PRESSE

1. Après le haut standing de La Croisette, Martial a choisi de revenir à la simplicité, en salle comme dans les assiettes. 2. Pour réchauffer les corps, les recettes hivernales sont généreuses et gourmandes. 3. Martial souhaite tendre vers toujours plus de produits locaux. 4. Bois et pierres donnent à la salle de L’O à la bouche un aspect convivial et vrai. Parfait en toute saison.

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ÀTABLE

MARTIAL FO R C H ER I

L’APPEL DE LA NATURE

Le Niçois de naissance a œuvré dix ans aux fourneaux du Carlton, à Cannes. Mais à 35 ans, Martial a fait un choix radical : il a quitté l’agitation de La Croisette au profit d’une mise au vert… qu’il ne regrette pour rien au monde.

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Par Aurélia Lasorsa

orti diplômé du Lycée Paul Augier en 2003, Martial Forcheri a enchaîné les postes, avant de poser sa mallette de couteaux dans les cuisines du Carlton. Pendant dix ans, il occupe alors le poste de chef de partie dans l’un des établissements les plus huppés de Cannes. Mais après une décennie à vivre au rythme des congrès et des festivals, le trentenaire choisit de voler de ses propres ailes : direction le grand air et la nature, au nord du département. « Mon père était chasseur. Au début des années 80, il a acheté un petit pied à terre à Venanson pour pratiquer sa passion. Et moi, j’ai eu la chance de passer toutes mes vacances scolaires ici, dans la Vésubie. » C’est ainsi que lorsqu’il entend parler d’une éventuelle possibilité de reprendre le restaurant du Boréon, L’O à la Bouche, il saisit immédiatement l’opportunité.

Marylin, qu’il a rencontrée au Carlton et qui a quitté elle aussi son poste sur La Croisette pour faire le pari d’une vie en hauteur. Non, la vraie difficulté a été d’affronter le calme et la solitude qui dominent à la morne saison : « Je dois avouer que le premier hiver n’a pas été simple : le sentiment d’isolement était très fort. Mais nous nous y sommes faits et aujourd’hui, je pense que nous ne pourrions pas revenir en ville, sur le littoral. »

Vers une cuisine toujours plus locale Dans les assiettes, au gré des saisons, L’O à la Bouche propose des tartiflettes (incontournables), des risottos, de la salade de chèvre chaud, et de nombreuses autres recettes typiques de l’Hexagone. Côté fournisseurs, Martial parvient peu à peu à atteindre l’objectif qu’il s’est fixé : celui de proposer autant de produits locaux que possible. « Ce n’est pas évident de trouver sur place les quantités nécessaires pour fournir le restauUn pari audacieux, complètement assumé rant. D’autant que les petites exploitations sont encore Après six ans dans le Mercantour, Martial ne regrette pas son choix : « Je n’étais pas forcément plus dépendantes du climat. À l’été 2018, par exemple, la maraîchère qui nous fournit les tomates dans mon élément dans l’univers des a perdu quasiment toute sa production à palaces cannois : les strass et les pailcause de la pluie. Il a fallu trouver une lettes, très peu pour moi ! Mais l’école du autre solution. Mais je ne me décourage Carlton a été bénéfique et lorsque j’ai Menu enfant pas, j’essaie de travailler un maximum pris le poste de responsable du restau7,90 €. avec les gens du coin. Et puis je me dis que rant, j’étais prêt. » Niveau professionEntrée à partir de 9 €, plats la crise que nous traversons actuellement nel, le jeune chef n’a ainsi eu aucun entre 15 et 19 €. va peut-être faire bouger les choses. Si les soucis à se faire une place, reprenant Menu (entrée gens se mettent à regarder d’où viennent à son compte une cuisine composée + plat + dessert) 26 €. les produits qu’ils achètent et à privilégier de plats traditionnels français et de la proximité, ça créera peut-être de nourecettes montagnardes, tout en y velles vocations et incitera des personnes à ajoutant son savoir-faire et sa signas’installer. Qui sait ? » ture. D’un point de vue personnel, Martial, comme beaucoup, reste optiaucun orage à l’horizon non plus. Les miste pour les mois à venir. Il est habitants du coin connaissaient MarL’O à la bouche néanmoins conscient qu’il faudra être tial depuis son plus jeune âge, se faire Route du Boréon, prêt lorsque l’autorisation de rouvrir accepter, même dans un tout petit Saint-Martinles restaurants sera donnée… Il l’esvillage, n’a donc pas été un obstacle. Vésiubie. père, le 2 juin. n Ni pour lui, ni pour sa compagne Tél. 04 93 02 21 13. 41


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Par François Stagnaro

ean Gilletta a transmis ses valeurs à la maison qui porte encore son nom aujourd’hui. Infatigable arpenteur des routes de notre région, ce pionnier de la photographie a immortalisé tout à la fois les paysages de son temps et les activités humaines qui s’y déroulaient : celles des riches hivernants de la Riviera comme celles des plus humbles villageois du hautpays. Plongeant ainsi leurs racines dans la fin du XIXe siècle, les Éditions Gilletta sont pourtant pleinement entrées dans le XXIe siècle, portées par l’énergie d’une équipe à taille humaine, que dirige Valérie Castera, entourée d’auteurs et de photographes

passionnés. Au sein du groupe Nice-Matin, qu’elles ont intégré au début des années 2000, elles poursuivent leur mission de « passeur d’images et de révélateur des richesses de notre territoire ». Quel territoire ? La Côte d’Azur, entendue au sens large (des Alpes-Maritimes au Var, de la Méditerranée au Mercantour), qu’elles continuent d’explorer inlassablement pour nous la conter à travers une formidable collection de beaux livres. Nature, patrimoine, culture, cuisine, tourisme, sport, jeunesse… Entre passé et présent, ces ouvrages constituent une magnifique invitation au voyage, à la (re)découverte de notre région. n 43


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HÔTELS & PALACES. NICE,

FÉLIX, LOU PESCADOU

UNE HISTOIRE DU TOURISME DE 1780 À NOS JOURS

Cet ouvrage emblématique du patrimoine hôtelier de Nice l’est aussi des origines des Éditions Gilletta. Des premiers séjours d’hivernants étrangers, à la fin du XVIIIe siècle, jusqu’à l’avènement du tourisme de masse, à la fin du XXe siècle, Hôtels et Palaces rend hommage à la richesse architecturale et à la diversité de ces édifices qui ont accompagné le développement de la villégiature et du tourisme dans la capitale azuréenne. Neuf historiens, archivistes, enseignants et spécialistes du secteur nous expliquent ici comment, depuis plus de deux siècles, l’hôtellerie a façonné Nice, de son littoral jusqu’au sommet de ses collines.

Les Éditions Gilletta s’adressent également aux plus jeunes à travers leur collection jeunesse, fondée sur les valeurs de la transmission et de l’émerveillement. Sous la plume de Malou Ravella, accompagnée d’illustrations de Catherine Caroff, Félix lou Pescadou est un conte dans lequel le jeune Félix découvre les richesses de la Méditerranée en compagnie de son grand-père. Ensemble, ils embarquent sur un pointu à la découverte de la mer et des animaux qui la peuplent : poissons, poulpes, goélands, dauphins… Autant d’ambassadeurs d’une biodiversité dont Félix découvre les richesses et la fragilité. Cet ouvrage est accompagné de dossiers pédagogiques.

Paru en 2019. Prix conseillé : 34,90 €.

Paru en 2018. Prix conseillé : 12 €.

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LES PLUS BEAUX SOMMETS DU MERCANTOUR

COULEURS DE LA CÔTE D’AZUR

Leur simple évocation suffit à transporter les amoureux de nos massifs dans l’air pur des alpages : le mont Bégo, dans la vallée des Merveilles, le mont Mounier, entre gorges du Cians et vallée de la Tinée, ou le Gélas, qui culmine à plus de 3 000 mètres d’altitude sur le versant français de la haute Vésubie… D’une beauté à couper le souffle, ces montagnes majestueuses abritent une variété exceptionnelle d’espèces sauvages et sont le théâtre de randonnées inoubliables. Une expérience initiatique à vivre en compagnie de trois passionnés, qui nous accompagnent sur les chemins de soixantedix sommets emblématiques.

Tour à tour tamisée ou crue, délicate ou violente, la lumière de la Côte d’Azur agit comme un révélateur des couleurs, dont elle modifie la perception, les contrastes, les textures. Le porphyre rouge de l’Esterel, le vert tendre des pins maritimes au coucher de soleil, les milles nuances de bleu de la Méditerranée… La nature nous offre une palette à laquelle font écho les œuvres humaines : tuiles, façades, volets, murs, bateaux… Autant d’éléments qui composent l’incroyable tableau polychrome de notre région, décrit ici par les textes de MariePascale Rauzier et les photos de Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz.

Paru en 2019. Prix conseillé : 34,90 €.

Paru en 2010. Prix conseillé : 35 €.

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AFRICAN QUEEN, 50 ANS DE BONHEUR

NICE, L’ABÉCÉDAIRE

Depuis le 15 octobre 2019, la cuisine niçoise est inscrite au patrimoine culturel immatériel français. Une annonce qui coïncide quasiment avec l’anniversaire de l’un des hauts lieux de la gastronomie azuréenne, auquel cet ouvrage rend un hommage appuyé. Créée en 1960, sur le port de Beaulieu-sur-Mer, l’African Queen occupe une place à part dans le cœur des connaisseurs, célèbres et anonymes, qui viennent y déguster des recettes « signature » inspirées par la qualité et l’authenticité des meilleurs produits locaux.

Marie-Ange Grégory, enseignante à l’Université Côte d’Azur, nous invite à découvrir Nice dans toute sa diversité et sa complexité, de A à Z. De la – vraie ! – recette de la salade niçoise à l’histoire des Aiglons en passant par l’origine des appellations « baie des Anges » ou « promenade des Anglais », elle nous entraîne à sa suite dans les rues de la ville, dont elle nous livre de nombreux secrets. Le tout magnifiquement mis en images par Haydée Otéro, dont les illustrations légères et stylisées mêlent nature et architecture dans un ensemble d’une élégance toute méditerranéenne.

Paru en 2019. Prix conseillé : 29,90 €.

Paru en 2020. Prix conseillé : 16,50 €.

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PHOTOS : JEAN-JACQUES PANGRAZI / EDITIONS GILLETTA

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VOYAGE, VOYAGE... Depuis que le monde est monde, le voyage a toujours été au cœur du périple humain. Réel, fantasmé, mythique, il nous embarque vers un ailleurs à la découverte du monde et de nous-même. Par Alexandre Benoist

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elon les étymologistes le verbe « voyager » Gilgamesh à l'odyssée du grecque Ulysse, apparaît vers 1430 et celui de voyageur l’entendent. Dans l’Hindouisme, le symbolisme vers 1470. Deux mots, dérivés du terme du voyage s’exprime dans les 106 000 vers réparvoyage dont le sens premier est en latin viaticum tis en 18 livres du Mahâbhârat, récit qui relate qui signifie voie, route, chemin. Voilà qui nous les exploits du roi Bharata. éclaire ! Car trouver sa voie, suivre sa route ou poursuivre son chemin ne peut se limiter Moi comme destination - on l’aura compris - à l’exercice qui consiste Dans le Bouddhisme, Siddharta , sort volontairement de son palais, univers feuà effectuer un déplacement spatio-temporel. Non, voyager tré et protecteur, pour décou« Le voyage répondrait vrir le monde et se confronter à ne se résume pas à relier deux à une double quête : points géographiquement la vie. On le voit, l'errance ou la confrontation aux dangers éloignés dans un temps donné. un désir profond de « On croit qu'on va faire un changement intérieur et forgent l'Homme dans ce qu'il voyage, mais bientôt c'est le la rencontre d'un monde est appelé à devenir. Rappevoyage qui vous fait, ou vous lons-nous cette citation du hors de ses frontières » poète Antonio Porchia qui insdéfait » disait le voyageur/ crit le voyage dans une quête écrivain Nicolas Bouvier. C’est dans ce sens - le voyage source de transformapersonnelle : « Le voyage : un départ de moi, un infini de distances infinies et une arrivée à moi. » tion - que les mythes, de l’épopée du sumérien SÉLECTION

DES VOYAGEURS-SES ET DES LIVRES

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“Amours nomades” Personnage singulier, Isabelle Eberhardt, née en Suisse en 1877 et morte dans le désert à 27 ans, part à l’âge de 20 ans en Algérie. Elle sera cavalier arabe, bédouin du désert, disciple soufie, arpenteur d’horizons et surtout écrivaine. PHOTOS : PRESSE

“L'Usage du monde” L'histoire de Nicolas bouvier, jeune homme bourgeois parti de Suisse en juin 1953, à bord d'une vieille Fiat Topolino qui parcours pendant quatre ans la Yougoslavie, la Turquie, l'Iran et le Pakistan,... Un grand classique !


Le voyage, nous extrait donc du cocon bien confortable, bien rassurant que nous nous sommes construits année après année par habitude, facilité, paresse, convention ou encore peur et s’impose alors comme une nécessité absolue si l’on veut progresser sur le chemin de la connaissance de soi. Ainsi le voyage répondrait à une double quête, un désir profond de changement intérieur d’une part mais évidemment aussi la rencontre d'un monde hors de ses frontières.

difficile en géographie comme en morale, de connaître le monde sans sortir de chez soi. » Côté littérature, le thème est à la source de nombreuses aventures qui ont transporté de nombreuses générations : le voyage de Dante, Les voyages de Gulliver de Swift, les pérégrinations de Pantagruel de Rabelais, les Mille et une Nuits de Sindbad Le Marin, les aventures de Jules Verne, Goethe et Wilhelm Meister. La découverte de ces ailleurs - réels ou fantasmés - transforme le voyage en rencontre. Une rencontre avec l’autre, avec l’altérité qui nous offre l’occasion unique de nous confronter à d’autres cultures, à d’autres paysages, réalisant ainsi par l’expérimentation toute la beauté d’un monde où la différence est source d’enrichissement. n

Expérimenter la beauté du monde Au siècle des Lumières, le voyage devient mission scientifique et doit participer à la description du monde. C’est l’époque des premières encyclopédies. Relisons Voltaire : « Il est bien

SÉLECTION

PHOTOS : NATALIA KURZOVA - PRESSE

“Mémoires d'un botaniste et explorateur” Cet ouvrage rassemble biographie, discours, récits de voyage, sur les périples de Pierre Poivre (1719-1786) en Chine, en Cochinchine, aux Moluques.

“Le voyage au Brésil” L’histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil en 1578 par Jean de Léry. Un récit qualifié par Claude Lévi-Strauss, de “bréviaire de l’ethnologue”.

“Panthère des neiges” L'écrivain voyageur, l'aventurier des steppes, l'admirateur de la nature, a séduit les Français. Sa Panthère des neiges (Gallimard), prix Renaudot 2019, a dépassé la barre faramineuse des 500 000 exemplaires.

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LECOINDUMYTHO

DÉMÉTER : ET LES SAISONS FURENT Mythe grec parmi les plus anciens, il évoque le passage de l’été à l’hiver avec en toile de fond, l'histoire d’une mère éplorée dont la jeune fille est enlevée par le dieu des enfers... Par Alexandre Benoist

PHOTO : STOCK.ADOBE.COM

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’est à Homère, dans son Hymne à Démé- rurent et l’hiver s’installa de façon permanente. ter, que nous devons la version la plus Zeus, mécontent de la situation, envoie Hermès, ancienne de ce mythe. Dans la mytholoson fidèle messager aux pieds ailés, pour négogie grecque Déméter dont la chevelure était cier auprès d’Hadès le retour de Perséphone. blonde comme les épis murs, est la déesse des “Soit, dit l'intéressé, je vais la libérer”. Mais c’était sans compter la duplicité du fruits, des céréales notamment maître des enfers qui sournoidu blé et de toutes les richesses sement fait croquer à Perséprovenant de l'agriculture. Elle Inconsolable de la perte phone quelques grains de préside aux moissons et aux de sa fille, Déméter grenade, fruit symbole de la travaux des champs. Déméter décide de se retirer fertilité dans le mariage... chérissait tendrement sa fille du monde et de ne plus Manœuvre qui porte ses fruits. Perséphone et refusait obstitenir son rôle de déesse Zeus décrète que Perséphone, n é m en t d e l a d o nner en dont les épousailles sont scelmariage à Hadès, dieux des de la fertilité. lées, ne pourra pas retourner enfers et frère de Zeus. Un définitivement rejoindre sa jour où la jeune adolescente exaltée par la floraison des narcisses s'était attar- mère dans l’Olympe mais devra séjourner auprès dée pour en cueillir, la terre s’ouvrit sous ses de son époux dans le monde souterrain, six mois pieds livrant ainsi passage à Hadès qui s’empare par an, ce qui correspond au cycle des saisons... illico de la jeune vierge pour l’entrainer dans l'empire des ombres et des morts. Déméter aler- Un mythe profondément humain Le sens de ce mythe est donc clair. Il exprime tée par le cri de frayeur de sa fille descendit précipitamment de l'Olympe où elle résidait. le mouvement de la végétation qui meurt à Trop tard ! Perséphone avait disparu. Sa mère, l'approche de l'hiver pour s'épanouir à nouveau affolée, la chercha sur la terre et sur les flots. avec le printemps. N’oublions pas non plus que, dans la tradition grecque, Déméter (Cérès dans la Sans succès. Sur les conseils d’Hécate, une divimythologie romaine qui donna le mot céréale) nité bienveillante, elle partit consulter Hélios (le soleil) qui lui révéla l’éclatante vérité. Hadès, offre le blé aux hommes et leur enseigne l’agriculture. Or, la « fille du blé » - le grain - pour était le ravisseur. devenir épi, ne doit-il pas être « enseveli » dans la terre ?... Mais au-delà de son symbolisme agraire, Le cycle des saisons Désespérée, Déméter quitte alors le royaume des il aborde, comme tout mythe, des significations Dieux pour se réfugier sur terre et plus précisé- bien plus profondes et si profondément ment dans le Temple d’Eleusis, situé près humaines : relation mère-fille fusionnelle (refus d'Athènes. Inconsolable de la perte de sa fille, de laisser sa fille épouser Hadès), découverte de elle décide de se retirer du monde et de ne plus soi/indépendance (Perséphone s’exalte devant tenir son rôle de déesse de la fertilité, menaçant les narcisses), désir refoulé dans l’inconscient - de fait - la survie de l'espèce humaine. Les (Hadès et le monde souterrain), sexualité (greplantes cessèrent de pousser, les animaux mou- nade)… Mais ça c’est une autre histoire... n 49


CHAQUE RIDEAU QUI SE LÈVE EST UNE VICTOIRE. CHAQUE RÉOUVERTURE EST UNE RÉUSSITE.

BANQUE POPULAIRE Logo RVB

ÉQUIVALENCE RVB / HTML

Banque Populaire Méditerranée, société anonyme coopérative de Banque Populaire à capital variable (articles L. 512-2 et suivants du code monétaire et DÉGRADÉ R25 V42 B107 / #192a6b 24/08/2018 V184 B235 / #42b8eb 24, rue Salomonaux de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE financier et l’ensemble des textes relatifs banques populaires etVERS auxR66établissements de crédit). 058 801 481 RCS Nice. N° d’immatriculation auprès Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87 R25 V42 B107: 07 / #192a6b : www.carrenoir.com de l’organisme pour le registre desWeb intermédiaires en assurances (ORIAS) 005 622. Siège social : 457 Promenade des Anglais - BP 241 - 06292 NICE Ce fichier est un document d’exécution créé surnon surtaxé, coût selon opérateur) Crédit Photo : Getty Images CEDEX 03 - www.bpmed.fr - Téléphone : 04.93.21.52.00 (appel R0 V163 B225 / #00a3e1 Illustrator version CS6. Optimiste_Entrepreneurs_Print_170x240.indd 1

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DOSSIERSOLIDARITÉ

ET MAINTENANT ? Le 17 mars dernier la France basculait dans l’inconnu. Mais entre la peur et la stupeur s’est imposée une autre dynamique. Son nom ? Solidarité. Un élan qui porte en lui la vision d’un monde différent et – pourquoi pas – facteur de changements positifs. Par Alexandre Benoist

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a France vit des heures de désillusion aussi profonde que celles qu’elle avait connues en mai 1940. La France pensait avoir le meilleur système de santé du monde, comme elle était convaincue d’avoir la meilleure armée du monde en 1940. Et puis, sous nos yeux, tout s’est effondré à une vitesse inimaginable. » Les mots sont forts. Ils sont signés Riss. Et le directeur de publication du journal Charlie Hebdo tape juste. Le 17 mars, la France est sous le choc. Confinement total de sa population. Arrêt brutal de son activité. Panique en réa. Mais à la différence de mai 40, notre pays n’allait pas s’engager sur la voie de la Collaboration, mais du collaboratif. On aurait pu croire que la peur de la contamination et le confinement allaient tuer tout désir de sociabilité. Erreur. « Le véritable antidote à l’épidémie n’est pas le repli, mais la coopération » proclamait le 5 avril l’historien Yuval Noah Harari, auteur de Sapiens, une brève histoire de l’humanité dans une tribune publiée par Le Monde. Et les Français l’ont largement prouvé. Hausse des bénévoles dans les associations, mobilisation individuelle ou collective pour fabriquer des masques de protection... Les invisibles en pleine lumière La solidarité portée par l’engagement humain l’a emporté. Le dévouement du personnel de santé a réalisé cet idéal tant recherché par le politique. Son nom ? Union Nationale. Le souvenir de ces “20 heures” raisonnera certainement longtemps dans nos mémoires. Le voisin, celui que l’on croise trop souvent sans

CHIFFRES 1 milliard de dollars La donation du fondateur de Twitter, Jack Dorsey, pour lutter contre le Covid-19 soit 28 % de sa fortune. 150 millions de dollars C’est la somme récoltée par le concert organisé par Lady Gaga, « One World : Together At Home » en hommage aux soignants. 350 Le nombre d’artistes français réunis autour d’une vidéo et d’une chanson (Et demain ?) pour soutenir les hôpitaux.

le voir, est devenu objet d’attention. Pour preuve en un mois, le kit « Coronavirus : et si on s’organisait entre voisins », conçu par Atanase Périfan, fondateur de la Fête des voisins, pour accompagner l’organisation de l’entraide de proximité, a été téléchargé plus de 500 000 fois. C’est 10 fois plus que lors du lancement par Voisins solidaires du kit « Canicule ». Les décriés ou les invisibles du quotidien - livreurs, caissières, policiers, éboueurs, enseignants - sont apparus au grand jour et leur rôle indispensable à la bonne marche de notre société nous a sauté à la figure. Sur l’ensemble du territoire les initiatives se sont donc multipliées autour d’un seul mot : SOLIDARITÉ. À l’aube d’un autre Monde ? C’est cette solidarité que nous avons pris comme fil rouge pour vous proposer les pages qui suivent. Nous ne sommes pas là pour donner des leçons. Juste pour témoigner et cogiter ensemble sur les évènements qui nous ont marqués ces dernières semaines. Deux volets. Un premier consacré au monde économique azuréen, à l’implication et la réactivité de nos entreprises face à la crise. Un second, plus sociétal, destiné à mettre en lumière ce qui nous est - à notre sens - apparu comme facteur de changement. Deux thématiques pour finalement exprimer la même cause. Se poser des questions et réfléchir sur un nouveau modèle de société. Et peut-être faire de ce proverbe tibétain, une réalité : « Le secret du bonheur n’est pas d’avoir ce que l’on veut mais de vouloir ce que l’on a ». n

Retrouvez les quatre derniers numéros d’Optimiste Côte d’Azur gratuitement sur tablette et mobile 51


DOSSIERSOLIDARITÉ

L’ENTREPRISE AU SERVICE DE L’HUMAIN Dès le mois de mars, le monde économique azuréen, se mettait en ordre de marche pour faire front commun face à la crise et mettait la solidarité au cœur de son action. Sélection des initiatives qui nous ont le plus marqués.

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Volumic (Nice) imprime en 72 heures un millier d’éprouvettes d’analyses du Covid-19

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Cette solution inédite (du prototype à la production en série) permet ainsi d’exploiter à nouveau les automates de dépistage au maximum de leur capacité et donc de répondre en urgence au besoin exponentiel de tests de dépistage sur le territoire national. n

ace à la problématique de rupture de stock des tests de dépistage du Covid-19, l’entreprise niçoise, qui a conçu et fabriqué les premières imprimantes 3D françaises de bureau, s’est associée au groupe de laboratoires Cerballiance et à l’entreprise arlésienne LaFerme3D pour apporter une réponse inédite grâce à l’impression 3D. En moins de 72 heures, avec l’appui de l’expertise de la Ferme3D, l’entreprise niçoise propose une version modélisée puis imprimée en 3D.

Pages réalisées en collaboration avec la Chambre de Commerce de Nice Côte d'Azur 52

PHOTOS : VOLUMIC

Les analyses techniques de validation ont confirmé que ce nouveau matériel peut remplacer les versions manquantes avec les kits de dépistages. Les deux entreprises spécialisées se préparent donc à produire en grande série ce consommable, nécessaire à la réalisation des tests de dépistage. Des dépistages qui seront prioritairement proposés au personnel de santé, afin d’évaluer et suivre plus finement l’état d’infection du corps médical au Covid-19, en première ligne sur le terrain.


DOSSIERSOLIDARITÉ

Christophe Anselmi, « Chez Maître Pierre » à Nice : RESTER DANS LE PÉTRIN, PAS QUESTION ! 2020

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Le boulanger de la rue piétonne, c’est lui. Et c’est sans doute l’un des meilleurs de la ville... Il explique comment il a fait face à la pandémie.

PHOTO : PRESSE

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as de secret. La réputation de l’enseigne s’est faite sur la qualité, le respect de la pure tradition boulangère, plus l’authenticité et le goût du service. Mais comme beaucoup de commerçants de la Côte, la boulangerie niçoise « Chez Maître Pierre » a subitement dû faire face à 75 % de chiffre d’affaires en moins. « Du jour au lendemain, dès le 18 mars, il n’y a plus eu un seul commerce ouvert autour de nous. Et plus de client. Mais pour moi, c’était impossible de fermer totalement », souligne Christophe Anselmi, patron de l’entreprise familiale créée en 1978 par son père. « Après une baisse de 50 % début mars, car les touristes avaient déjà disparu... J’ai 8 salariés, mon activité se fait essentiellement par les hôtels et restaurants environnants, plus la clientèle touristique de passage qui fréquente la piétonne. Car même si nous sommes ici en plein centre, il y

a peu d’habitants dans le quartier. En clair, les restos et hôtels c’est 40 % de mon chiffre, près de 30 % avec le touriste de passage. Il fallait réagir, je n’ai pas eu le choix : j’ai passé le personnel au chômage partiel, mais j’ai gardé trois de mes gars pour produire... Plus moi pour livrer ». Ainsi, depuis le début du confinement, chaque jour Christophe part en tournée, avec gants et masque. Il assure la livraison à domicile en vélo triporteur ou en moto, dans tout Nice. « Tout ça a été généré via mes contacts, les clients fidèles, les réseaux sociaux et le bouche à oreille. C’est allé très vite : au bout d’une semaine, j’ai effectué 3 à 4 tournées dans la matinée, en fonction des quartiers traversés. Je monte même sur Gairaut, Cimiez, la basse Corniche... ». Une vente désormais amplifiée par un site de vente en ligne. « Depuis 15 jours, le site fonctionne et génère environ 15 livraisons de plus par jour, soit 6 à 10 % de mon

CA actuel. Le site, j’y avais déjà pensé bien avant, mais là il fallait se bouger et s’adapter. Je l’ai lancé en 3 jours, grâce à un copain qui est dans la partie ! Ça m’a convaincu, le site marchand sera maintenu après le confinement, de même que les livraisons à domicile. D’autant que nos clients habituels - hôtels et restaurants - vont avoir besoin de plus de temps pour redémarrer leur activité. » Le bon côté de cette période ? « Faire chaque jour un petit tour en tricycle dans un Nice sans trafic ni pollution, en profitant du beau temps. Et puis, tout ça fait pas mal réfléchir, on prend les choses comme elles viennent ». L’après ? « Ce sera toujours mieux que le confinement, même si on le sait ça va rester dur pour toute l’économie azuréenne, soyons réalistes. Mais je suis... optimiste : ça ne sera pas comme avant, mais ça continue et c’est l’essentiel ». n https://www.chezmaitrepierre.com

Pages réalisées en collaboration avec la Chambre de Commerce de Nice Côte d'Azur 53


DOSSIERSOLIDARITÉ

Comment 8 IL Wizishop (Nice) AVR aide les commerçants à poursuivre leur activité

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ZOOM

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Fondée en 2008, l’entreprise niçoise - spécialiste du e-commerce clés en mains - impulse le mouvement #EcommerceSolidaire. Objectif de la démarche : aider les commerçants, contraints de fermer leurs portes, et qui se retrouvent depuis plusieurs jours sans revenu. Mais l’idée de Wizishop est aussi d’aider les initiatives de boutiques en ligne qui proposent des produits pouvant aider les malades, ainsi que les personnes confinées pendant cette crise. Dans ces deux cas, WiziShop met à disposition, des boutiques en ligne, gracieusement et sans engagement, pendant toute la période de crise. n Pour demander une boutique en ligne, il suffit de remplir le formulaire sur : wizishop.fr/ecommerce-solidaire

Orsteel (Contes) a conçu un hygiaphone portatif pour les commerces

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pécialisée dans la fabrication de luminaires, la PME familiale basée à Contes décide de mettre à profit ses techniques d’industriel français engagé depuis plus de 35 ans. L’entreprise azuréenne a répondu à l’appel à projets de solutions innovantes pour lutter contre le Covid-19. Avec l'aide de professionnels de la santé, son équipe a mis en place l’usinage d'un hygiaphone portatif (80x50cm) en plastique transparent, à installer sur les comptoirs des commerces ouverts à la population. Le modèle peut être adapté suivant les différentes contraintes techniques des commerçants. Pour répondre à l’urgence et garantir la chaîne de production, Orsteel stoppe ses commandes en cours afin de développer rapidement cette solution. n

https://www.orsteel-light.com

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(STME) a organisé une opération d’urgence avec Alexandre Levet, dirigeant de Parfex, fabricant grassois de parfumerie fine, de soins du corps et de la maison et Patrick Blaizot, Pdg de PCW (Mouans-Sartoux) spécialisée dans le négoce et la fabrication de fragrances. Relançant une fabrication expresse avec des salariés volontaires, puisant dans leurs stocks, ils livrent en quelques jours un stock répondant aux besoins du CHU de Cimiez. n

e CHU de Cimiez à Nice (dont les soins sont dédiés aux personnes âgées) contacte la CCI pour demander de l’aide, face à la pénurie d’eau de Cologne et de savon pour le bien-être des patients de son service de gériatrie. Un appel aussitôt relayé auprès du secteur de la parfumerie-cosmétique grassois. EBG, le club des entreprises du Bois de Grasse - zone d’activités qui regroupe de nombreuses entreprises spécialisées - s’est aussitôt mobilisé. Son président, Jean-Pascal Decroix

Pages réalisées en collaboration avec la Chambre de Commerce de Nice Côte d'Azur 54

PHOTO : PRESSE

Comment le Bois de Grasse se mobilise pour le CHU de Cimiez


DOSSIERSOLIDARITÉ

I NT E RVI E W

Jean-Pierre SAVARI NO Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte d’Azur

« Adapter en un temps record une nouvelle organisation de travail mais aussi décrypter les dispositifs d'aides gouvernementaux » Propos recueillis par Alexandre Benoist.

réindustrialisation dans les secteurs clés. La Côte d’Azur, labellisée « Terre d’industrie », bénéficie d’un tissu industriel diversifié avec de grands donneurs d’ordres dans les domaines de l’aérospatial, de l’aromatique, de l’électronique et de la santé. Le capital humain à haut niveau de formation est reconnu à l’international. Il nous appartient d’actionner les leviers prioritaires au service d’une industrie attractive, exportatrice et innovante. Pour une relocalisation industrielle réussie, il faut une prise de conscience du fonctionnement du monde industriel : les investissements sont lourds mais la rentabilité s’observe à moyen et long terme. Les chefs d’entreprises ont la volonté d’entreprendre et ils appellent tous des mesures pragmatiques et factuelles. Stop au millefeuille administratif avec une nouvelle devise : agilité et simplification.

Selon vous, quels sont les éléments positifs révélés par cette crise ? ­— La pandémie du Covid-19 a engendré une crise économique sans précédent mais a aussi été le révélateur d’initiatives humaines et économiques inédites. Les entreprises azuréennes ont très vite démontré leurs capacités à rebondir, s’adapter et se renouveler. Production massive d’éprouvettes pour pratiquer les tests Covid, fabrication d’hygiaphones, de gels hydroalcooliques et de masques de protection témoignent d’une véritable capacité d’innovation et de la diversification des activités. Notre tissu économique a pleinement révélé ses atouts dans des secteurs stratégiques comme les filières santé, arômes et parfums et les technologies de l’information. Cette solidarité économique rejoint un véritable mouvement du « travailler ensemble » pour une seule et même cause : la reprise économique. Afin de répondre aux besoins de trésorerie exprimés par les entreprises, les acteurs institutionnels du département, ont uni leurs forces et leurs moyens en créant un fonds d’urgence départemental de 8 Millions d’Euros, géré par les Chambres Consulaires.

Comment avec vous vécu cette situation (pro... perso…) et qu’en avez-vous appris ? ­— Le premier enseignement est l’agilité. Agilité, pour adapter en un temps record une nouvelle organisation de travail mais aussi pour décrypter les dispositifs d'aides gouvernementaux, mis en place dans l’urgence. Les décrets d'application ont pu paraître contradictoires et les modalités de mises en œuvre ont par conséquent été à géométrie variable. Chaque entreprise a ainsi appréhendé différemment la situation avec des décisions au coup par coup et des règles de fonctionnement hétéroclites. n

PHOTO : LUDOVIC DESVARENNES - DINKYMAGE

Comment les faire perdurer ? ­— Une partie de la réponse réside dans notre capacité à relocaliser nos industries stratégiques en Europe. Il est nécessaire de remettre du bon sens dans notre économie avec une vraie politique de

FOCUS

La CCI Nice Côte d’Azur aux côtés des entreprises

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epuis le 17 mars, les CCI interviennent, à la demande du Gouvernement, pour être les interlocuteurs de premier niveau auprès des entreprises. Cette mobilisation unanime montre que les CCI, partenaires reconnus de l’Etat dans la tempête, ont un rôle à jouer. La connaissance du terrain, le lien de proximité avec les acteurs économiques et l’accompagnement des entreprises sont des atouts. La CCI Nice Côte d’Azur a ainsi réactivé son Guichet Unique, dispositif d’urgence pour faciliter les démarches administratives des entreprises. Trois points d’accès sont possibles : allocci@cote-azur.cci.fr / Tel. 04 93 13 75 73 / www.cote-azur.cci.fr 55


DOSSIERSOLIDARITÉ

I NT E RVI E W

Philippe RE NAU DI Président de l’UPE 06 - Union pour l’Entreprise 06

« Cette crise a agi comme un révélateur » Propos recueillis par Alexandre Benoist.

Comment les faire perdurer ? ­— Nous avons justement créé une charte* qui repose sur l’engagement d’entreprises, celles qui peuvent le faire évidemment, à soutenir celles qui sont les plus en difficulté et les plus 5 fragiles, sous-traitant fournisseurs et prestataires locaux.

L’idée est aussi de se recentrer sur les circuits courts en se focalisant sur l’économie locale de manière à lui redonner un coup de fouet. Chaque signataire s'engage et tous les six mois nous vérifions si ces objectifs sont respectés. Nous avons été félicités par le Medef national pour cette initiative et il va être exporter sur tout le territoire car il pose le cadre d’un nouveau modèle économique. Comment avec vous vécu cette situation (pro... perso…) et qu’en avez-vous appris ? ­— Cette crise a agi comme un révélateur. D’abord des failles de notre système de santé qui n’a pu continuer à fonctionner que grâce à l’engagement - et pour certains le sacrifice - du personnel soignant. Nous nous targuons d’avoir le meilleur

système du monde et pourtant il a failli malgré le budget qui lui est alloué. Il faut donc le repenser de manière à ce que l’argent collecté soit mieux redistribué. Cette période nous a aussi montré toute l’importance de relocaliser nos industries stratégiques. Mais pour y arriver, il faut réduire le coût du travail en France car il est trop élevé pour espérer concurrencer des pays comme la Chine ou l’Inde. Enfin, cette crise nous a prouvé que le dialogue social au sein de l’entreprise est primordial. C’est une vraie richesse. Et les entreprises qui n’auront pas créer ce lien de solidarité et de cohésion entre les salariés et la direction auront à mon avis beaucoup de difficultés à remettre tout le monde au travail... n *Voir charte ci-dessous

FOCUS

« ET APRÈS », initiative pour un monde meilleur.

P

eut-on changer le monde à 40 ? C’est l’objectif du collectif “Et après” créé sous l'impulsion de l’UPE06, du MEDEF 06 et du Comex 40 06. La volonté est claire, réunir 40 entreprises azuréennes - dirigées par des femmes et des hommes trentenaires ou quadragénaires - autour d’un projet commun citoyen : placer la solidarité et l’entraide entre les entreprises locales au cœur de la “nouvelle économie”. Derrières des mots, des actes : les membres se sont engagés à respecter une charte déclinant une série de bonnes pratiques nécessaires à la santé économique locale : préférer le recrutement en local, favoriser l’investissement au sein des Alpes-Maritimes, promouvoir le bien-être au travail, soutenir financièrement une association culturelle ou sportive. A. B. 56

PHOTO : PRESSE

Selon vous, quels sont les éléments positifs révélés par cette crise ? ­— Le mot qui me vient immédiatement à l’esprit est le mot : solidarité. C’est pour moi l’élément le plus fort qui est ressorti de la situation que nous avons connue. C’est une crise incroyable qui a conduit à la mise à l’arrêt de la France. Même la crise de mai 1940 - que certains comparent à celle que nous venons de vivre - n’a pas atteinte ce degré. Mais si le système s’est arrêté, l’humain, lui, a pris le dessus. Cette solidarité vis-à-vis des soignants bien sûr mais aussi de toutes les professions qui étaient en première ligne. Cette solidarité s’est aussi développée dans nos entreprises – que ce soit dans le secteur du BTP, de l’automobile ou de l’aéronautique. Il y a eu une véritable volonté de protéger les salariés et de réunir toutes les conditions nécessaires pour une reprise du travail en toute sécurité.


DOSSIERSOLIDARITÉ

2020

Arkopharma

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AVRIL

DONNE DE QUOI TENIR AUX SOIGNANTS

Le laboratoire pharmaceutique des Alpes-Maritimes se mobilise pour lutter contre la pandémie. En plus de continuer son activité, Arkopharma s'engage à fournir du gel hydroalcoolique mais aussi à donner plus de 8 000 produits de l’entreprise à destination des plus faibles. n

2020

La Mesta (Gilette) se mobilise pour produire du gel

15

AVRIL

S

ur son site, l’entreprise spécialisée dans la production de produits chimiques organiques destinés à la pharmacie, la cosmétique, les arômes-parfums, ou encore l’industrie de l’image met son outil de production au service de l’intérêt général. Plusieurs appareils industriels sont libérés pour lancer une production de liquide hydro-alcoolique, selon la formule recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Ces quantités sont mises à disposition des mairies, des institutions de sécurité et de santé environnantes. n ZOOM

2020

16 RIL

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2020

WHOOG lance « Solidarité-Soignant.org »

17 RIL

AV

PHOTOS : ARKOPHARMA - ERIC ZARAGOZA

N

os soignants sont en première ligne pour lutter contre le Covid-19 et soigner les personnes malades. Un dévouement héroïque et sans limite qui, pour beaucoup, les oblige à rester loin de leurs proches, à s'adapter à un nouveau quotidien, rythmé plus que jamais par leur travail. Pour les soutenir, Whoog - l'application e-santé pour la gestion des remplacements - lance « Solidarité-Soignant.org » avec le soutien de plusieurs d'entreprises solidaires. Cette plateforme met à disposition gratuitement un panel de services pour aider le personnel soignant au quotidien ! Ces derniers peuvent transmettre leurs disponibilités et aider les équipes des établissements de santé à la recherche de renfort, disposer d'appartements solidaires, profiter de la livraison de colis, se former et bien d'autres services encore ! n

F

estival de Cannes annulé, les couturières de la ville se sont réunies pour coudre des masques. La Mairie de Cannes est à l’origine de cette initiative et distribue ces masques alternatifs à tous les habitants de la ville. Chaque « kit » est accompagné d’une notice expliquant la bonne façon d’entretenir son masque. n

Pages réalisées en collaboration avec la Chambre de Commerce de Nice Côte d'Azur 57

Couturières de CANNES


DOSSIERSOLIDARITÉ

18IL

AVR

LA COMMUNAUTÉ DES

makers et SoFAB SE MOBILISENT

Face au Covid-19 et aux besoins accrus des professionnels en première ligne en matière de protection, une formidable solidarité impulsée par les makers de la France entière se met en place. Sur visieresolidaire.org, plus de 200 groupes francophones de makers solidaires pour fabriquer des visières et des équipements pour les personnels exposés y sont référencés. SoFAB, le FabLab de Telecom Valley à Sophia Antipolis, fait partie des acteurs de cette initiative notamment sur les besoins en matériel de « très haute visibilité » (qualité verre) spécifiques aux hôpitaux. visieresolidaire.org

2020

22

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AVRIL

2020

19

AVRIL

CAP CARROS : L’ASSOCIATION MET EN PLACE UNE ACTION SOLIDAIRE Une enquête d'opinion réalisée le 6 avril par la CCI Nice Côte d'Azur révèle que 98,22 % des dirigeants d’entreprises sont affectés par le ralentissement de l’activité économique, la baisse des commandes et de la fréquentation des établissements ou leur fermeture. À Carros, où le centre-ville n’est pas épargné, l’association lance un appel aux dons pour venir en aide aux acteurs commerçants les plus fragilisés. Construite sur deux volets, cette campagne doit permettre à la fois d’apporter un appui financier complémentaire aux trésoreries en berne et, à l’heure de la sortie de crise, de s’orienter vers de nouvelles pratiques de l’activité commerçante. L’association compte bien donner un nouvel élan à l’économie locale, davantage digitalisée grâce à la création d’un marketplace et le développement d’un réseau e-commerce. Et elle a besoin de vous pour y parvenir. n

Quand un ex informaticien vient en aide gracieusement aux personnes qui galèrent avec leur ordinateur et la maintenance en froid commercial et climatisation. Mon activité a été malheureusement stoppée avec le confinement. L'idée m’est venue il y a peu de proposer aux particuliers et TPE, notamment artisans et indépendants, mon savoir-faire en informatique pour me sentir utile ». Meilleure utilisation de sa messagerie et des applications de bureautique, partage de documents/photos, gestion des réseaux sociaux, maîtrise de la visio-conférence, problèmes liés à la perte de mots de passe, de connexion ou de lenteurs de l'ordinateur.... Marc propose ses services gracieusement (sans bien entendu trop en abuser !). De quoi solutionner nombre de petits problèmes qui polluent bien souvent notre quotidien et pour lesquels on ne sait pas ou mal s'en sortir… n

epuis le début du confinement la grande majorité des personnes sont (encore plus) accros à leur ordinateur. C’est pourquoi, Marc Xavier, Antibois de 50 ans, reprend sa casquette d’informaticien pour apporter, gratuitement, son aide. Que ce soit pour des raisons professionnelles ou personnelles, en cette période de confinement, l’informatique est devenue le moyen de communication avec l'extérieur le plus utilisé. Il a fallu pour beaucoup se mettre à la page et ce n'est pas forcément simple... « J'ai une expérience de 10 ans de support informatique et 6 ans de dispense de formation informatique financière. Quatre mois avant le début du confinement, j’ai changé radicalement de voie en créant MISTER COOL, une société spécialisée dans l’installation, le dépannage

Pages réalisées en collaboration avec la Chambre de Commerce de Nice Côte d'Azur 58

PHOTOS : PRESSE

2020


DOSSIERSOLIDARITÉ

I NT E RVI E W

Moïse V E R GEOT Président ORPI Côte d’Azur

« Le “chez soi” a dès lors pris une place centrale dans notre vie »

PHOTO : PRESSE

Propos recueillis par Fabrice Vallerent.

Selon vous, quels sont les éléments positifs révélés par cette crise ? ­— Tout d’abord, et sans nul doute, cette crise nous a ramené à l’essentiel : la santé évidemment, mais aussi le rapprochement familial, la solidarité, les héros du quotidien, la consommation utile… Elle nous a également fait prendre conscience de la valeur de certaines activités devenues banales comme se retrouver entre amis, boire un café en terrasse, se balader etc. Être libre en quelque sorte. Confiné chez soi pendant 54 jours : le « chez soi » a dès lors pris une place centrale dans notre vie et nous avons mesuré une fois encore l’importance de notre lieu de vie et de ses qualités intrinsèques. La crise nous rappelle combien il est essentiel de disposer d’un chez soi confortable, d’espace, d’un extérieur, de verdure… Après ce que l’on a vécu, certains ressentent le besoin d’un espace de vie plus adapté à la famille... et aux parents ! On a tous des envies de changement. Pour certains, c’est un changement de région, pour d’autres, passer de la ville à la campagne… À chacun d’envisager un meilleur quotidien. Les Français post-confinement sont en quête d’une nouvelle vie, d’un nouveau cadre de vie. Enfin, cette crise nous a égale-

ment rappelé la valeur de la relation humaine, notamment en matière de relation commerciale en immobilier. Aucune solution digitale, même très élaborée, ne remplacera jamais l’action humaine indispensable pour mettre en relation nos clients. Comment les faire perdurer ? ­— Pour conserver les éléments positifs révélés par la crise, il ne faut rien oublier de ce qu’elle nous a appris en reprenant notre « vie d’avant ». Pour cela je pense qu’il faut, dès la reprise, se hâter de mettre en application tout ce que nous avons décidé pendant le confinement et préserver l’essentiel. Les portes d’un monde nouveau s’ouvrent à nous : nouveaux projets de vie, nouvelles priorités, les agences immobilières sont là pour les concrétiser. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. Mais ce qui ne changera jamais, c’est que nous resterons toujours aux côtés de nos clients, prêts à dessiner les contours de ce nouveau monde avec eux. Comment avec vous vécu cette situation (pro... perso…) et qu’en avez-vous appris ? ­— À titre personnel, j’ai passé plus de temps en famille et nous avons pris le temps de réaliser certains aménagements dans 59

notre domicile. J’avoue que cela fait beaucoup de bien et permet de prendre un peu de recul. À titre professionnel, comme beaucoup de chefs d’entreprise, je me rassure dans l’action et notamment celle de mes collaborateurs et l’inactivité ne fait pas partie de mes habitudes. Nous avons dû rapidement nous réorganiser et j’ai été très agréablement surpris par la réactivité de mes équipes et leur capacité à s’adapter. Chacun a cherché des solutions et l’entraide était au rendez-vous. Nous avons assuré un service minimum, notamment pour notre activité de gestion locative qui ne pouvait s’arrêter. En revanche, les commerciaux en vente et location ont été soumis à rude épreuve psychologique. En effet, tout comme pour un chef d’entreprise, il n’est pas dans la nature d’un commercial d’être inactif. Nous avons maintenu le lien entre nous, mais aussi avec nos clients et nous avons cherché comment nous perfectionner, notamment grâce à des formations disponibles en ligne. De mon côté je me suis également occupé d’entretenir le lien avec les 80 agences ORPI de la Côte d’Azur et m’assurer que chacune d’elle disposait de toutes les informations nécessaires pour gérer au mieux cette crise. n


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DOSSIERSOLIDARITÉ

I NT E RVI E W

Denis Z ANO N Directeur général de l'Office du Tourisme Métropolitain Nice Côte d'Azur

« Le bon sens doit prédominer » Propos recueillis par Fabrice Vallerent.

étaient déjà à l’ordre du jour pour évoluer vers un territoire intelligent, une maîtrise des flux, de l’impact environnemental dans tous les secteurs : transport, énergie, mobilité, hébergement, restauration, etc. Les nouvelles technologies sont intégrées dans ce processus et jouent un rôle important d’outils support pour atteindre nos objectifs. Le bon sens doit prédominer, et l’application réglementée, suivie, observée pour être efficace. Nous sommes plutôt en avance sur tous ces sujets à Nice.

Selon vous, quels sont les éléments positifs révélés par cette crise ? ­— En premier lieu, et sûrement le plus spectaculaire, une démonstration in vivo de l’impact de l’activité humaine sur la planète. Beaucoup plus efficace, démonstratif et incontestable que les débats, sommets politiques de ces dix dernières années sur le sujet. La faculté de la nature à reprendre sa place, les indices de pollution qui dégringolent, des paysages qui s’éclaircissent, la qualité de l’air, l’apaisement général... Le coup de frein brutal à la frénésie et à la fulgurance de l’instant. De là découle une réflexion inéluctable sur l’avenir et comment nous devrions changer ce rythme global. Espérons que nous en tirerons les bonnes leçons, mais à partir de maintenant les choix des gouvernements révèleront soit une écoconscience avérée et responsable, soit une mauvaise foi flagrante et une dette morale envers le reste du monde. Concernant le tourisme, à Nice, nous avons toujours été vigilants sur l’intrusivité de l’activité dans la vie des locaux, l’environnement, et nous avions déjà entamé une réflexion sur l’évolution de ce secteur d’activité majeur ici, la ville s’est développée depuis 200 ans autour de cette économie.

Comment avec vous vécu cette situation (pro... perso…) et qu’en avez-vous appris ? ­— Plutôt mieux que je ne le craignais en vérité. Confiné chez moi, sur le port de Nice, j’étais plutôt chanceux… À titre personnel, quelques kilos en plus et une longue liste de résolutions qui n’ont abouti qu’à moitié… Je la garde pour le prochain Nouvel An. À titre professionnel, toute l’équipe en télétravail séparée mais toujours en contact, a fourni un travail constant et soutenu, chacun à son rythme. Là aussi, l’usage de la visioconférence au quotidien a éclairé mon regard sur le télétravail, nous aurons sûrement plus souvent recours à ce système finalement assez efficace (à petites doses !) pour éviter des déplacements, inutiles, coûteux en temps et pas toujours éco-responsables… Enfin, réalisé que rien ne remplace la qualité des échanges humains de la vraie vie, partagés sur notre lieu de travail, et partout ailleurs que derrière un écran ! n

Comment les faire perdurer ? ­— La gouvernance a ce rôle difficile de mettre en musique cette évolution, des groupes de travail très transversaux sont à l’ouvrage, car ces changements

FOCUS

PHOTO : FLORENCE CATANIA

Le tourisme va poursuivre son évolution

I

maginer que nos vies vont être frontalement changées après cette crise est une utopie, le « naturel » comportemental de « l’homo consumerus » va très vite retrouver sa place. Toutefois, le tourisme, et sa nature très transversale au sein de notre société, aura permis une forme d’accélération d’un processus entamé bien avant la crise, sur le devenir de nos territoires. Reste à pérenniser cette économie qui a façonné ce territoire depuis deux siècles pour les générations futures, maîtriser la croissance du tourisme et sa place dans la vie locale ; intégrer une réalité éco responsable non négociable, et en faire un levier de croissance économique comme sociologique et humain. 61


DOSSIERSOLIDARITÉ

UN QUOTIDIEN CHANGÉ ? Un virus, un confinement et du mieux dans certains domaines. Voilà qui pourrait résumer les dernières semaines qui ont parfois aussi apporté leur lot de bonnes nouvelles et d’habitudes solidaires. Par Aurélia Lasorsa et Julie Barbiera

e 26 mars dernier, soit une petite dizaine de jours seulement après le début du confinement, Atmosud publiait des chiffres encourageants dans toute la Région Sud : une baisse significative des polluants d’origine automobile. Sur la promenade des Anglais et à l’aéroport, les capteurs affichaient une diminution de 70 % du taux d’oxyde d’azote dans l’air ! Sur toute la planète, au fur et à mesure de la mise en place du confinement, des images satellites ont montré que l’absence d’activités humaines diminuait considérablement la présence de dioxyde d’azote. Ces bonnes nouvelles du point de vue de la qualité de l’air ont été accompagnées d’images devenues trop rares. Aux quatre coins de la planète, ici comme ailleurs, des témoignages

de plus en plus optimistes ont fleuri sur la toile et dans les médias : des rorquals ont été observés au large de Cassis quand un petit requin s’est approché du littoral mentonnais ; des renards ont élu domicile au cimetière du Père-Lachaise pendant que des canards battaient le pavé parisien. Il faut croire que quand l’Homme n’est pas là, la nature danse… et le silence se fait. L’occasion pour tous de (ré) entendre avec joie le doux gazouillis des oiseaux, et cela même au cœur des villes. Dans certains lieux de la capitale, les appareils de mesure Bruitparif ont enregistré une baisse de près de 80 % du bruit, sur les grands axes comme le périphérique. Autant de preuves, s’il en fallait, que l’Homme doit peut-être réapprendre à cohabiter avec son environnement. n

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PHOTO : NICOLAS FARAMAZ

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LA NATURE DIT MERCI


DOSSIERSOLIDARITÉ

L’alimentation, nerf de la guerre lorsqu’on est contraint de rester enfermé 23 h par jour, est le domaine pour lequel les plus grands changements sont annoncés. Après le début du confinement, la consommation de produits bio a progressé de 25 %**, voire plus dans certains départements français. Un constat qui semble logique lorsque l’on traverse une crise sanitaire. La prise de poids moyenne des Français durant le confinement (+2,5 kg) pousse également à envisager une alimentation plus saine, moins riche et plus équilibrée. Mais ça, seul l’avenir nous le dira… Les autres secteurs, bien qu’ayant subi la crise de plein fouet, vont également devoir se réinventer. Et pour cause : les Français ont fait part de leur souhait de consommer autrement. Désormais, ils sont nombreux à affirmer qu’ils regarderont l’origine d’un produit et la manière dont il a été fabriqué. Peut-être faut-il voir là un aspect positif de la crise ? n **Source : La santé du bio en France au révélateur du Covid-19 par Nielsen

CONSOMMER AUTREMENT

MANGER SAIN, ACHETER DIFFÉREMMENT

S’il ne fallait retenir qu’une seule chose de ce confinement, c’est bien ce que cela a changé dans notre manière de consommer. Les premiers jours nous avons tous assisté et/ou participé à la mise à sac en bonne et due forme des rayons des supermarchés ! Oui, mais voilà, il a fallu nous rendre à l’évidence : arpenter les allées des grandes surfaces, même en respectant des règles strictes de distanciation, va à l’encontre des mesures de confinement. Alors, d’autres options ont été envisagées : 30 %* des consommateurs ont ainsi testé le drive pour la première fois durant cette période pas comme les autres. Dans le même temps, les marchés ouverts et l’approvisionnement direct auprès des producteurs ont fait un bond de + 7 %*. Les habitudes ont quelque peu changé et, à en croire les 62 %* de Français qui affirment qu’ils seront solidaires des commerçants ayant souffert ou ayant développé des actions engagées, cela devrait durer dans le temps. n

PHOTOS : TYLER OLSON - YANADJAN - STOCK.ADOBE.COM - LIGHTFIELD STUDIOS - STOCK.ADOBE.COM

*Etude PwC Kantar réalisée début avril 2020

PLACE AUX COMMERCES DE PROXIMITÉ

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e confinement nous a permis de redécouvrir nos commerces de proximité. Primeurs, bouchers, boulangers, poissonniers… les commerces de bouche étaient quasiment les seuls à pouvoir rester ouverts et pour beaucoup, ils se sont rapidement adaptés à la situation. En mettant en place des mesures sanitaires strictes, d’une part, et en proposant de nouveaux services d’autre part : livraison à domicile, commandes par téléphone ou via un site, possibilité de drive, etc. Des mesures inédites pour

certains, mais qui se sont rapidement révélées gagnantes. Une étude Bonial révèle que 40 % des personnes interrogées disaient se rendre plus souvent chez les petits commerçants, et certains commerces ont doublé leur chiffre d’affaires sur cette période ! En outre, cela a permis de faire vivre les centres-villes : primordial en pareille situation. Et nous avons (re)découvert la joie de nous faire conseiller sur le choix d’une pièce de viande, la cuisson d’un poisson ou l’accord parfait fromage et vin. n 63


I

déalement situé, à deux pas de la Promenade des Anglais et du Cours Saleya, le Comptoir 2 Nicole est l’adresse idéale pour organiser vos événements privés. Notre restaurant, à la cuisine et à la décoration méditerranéennes, est reconnue pour la qualité de ses produits régionaux, son ambiance chaleureuse, ses expositions d’artistes locaux, ses

chanteurs et musiciens et ses soirées DJ set. Nous apportons une attention toute particulière au choix de nos producteurs et à la qualité de leurs produits. Pour la plupart, ils sont Niçois ou Italiens et nous accompagnent au rythme des saisons dans une recherche perpétuelle de qualité, de goût et de traditions culinaires niçoises.

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DOSSIERSOLIDARITÉ

C

’est désormais une réalité : en moyenne, durant le confinement, les Français ont pris 2,5 kg. Une prise de poids liée, certes, à une forme sévère de sédentarité forcée, mais aussi au grignotage et au retour aux fourneaux d’une majorité d’entre nous. Avouons-le, nous sommes nombreux à avoir fait de la cuisine un de nos passe-temps favoris (29 % si l’on en croit un sondage Odoxa CGI pour France Info du mois d’avril). Dans le même temps, une étude du Cabinet Nielsen a constaté une hausse des ventes de farine de 168 % (par rapport à la même période de l’an dernier), tandis que les ventes de sucre ont augmenté de 50 % et celles d’œufs de 40 %. Pour ne citer que ces denrées. D’ailleurs, on voit bien là le goût des Français pour la pâtisserie… Autre preuve de ce retour au fait-maison ? Le succès quasi immédiat et croissant, de l’émission de M6, Tous en cuisine. Chaque soir, en moyenne, 2,1 millions de téléspectateurs suivaient les conseils du chef star Cyril Lignac et les facéties de Jérôme Anthony. Un tournage confiné qui risque de se prolonger bien après, à en croire les bonnes audiences… Et puis, finalement, ce confinement nous aura permis de retrouver les plaisirs simples de la cuisine : se servir de tout ce que l’on a dans le réfrigérateurs et les placards (pour éviter de sortir tous les deux jours), lutter contre le gaspillage en cuisinant les restes… En prime, ces deux mois de confinement nous aurons permis de revenir à l’essentiel et nous aurons prouvé que ce n’est pas si compliqué de proposer du fait-maison chaque jour, avec un peu d’organisation, d’imagination et les bonnes recettes. On garde cette habitude ? n

PHOTOS : ALETIA2011 - STOCK.ADOBE.COM - WWW.FOTO-UND-MEHR.DE

DES LIENS PLUS FORTS L’Homme est un animal social, et cela n’a jamais été aussi flagrant que durant cette crise ! Soudain, dans des rues vides de monde, nous nous sommes surpris à saluer les voisins, à prendre de leurs nouvelles, à leur proposer nos services et même à échanger des sourires (masqués ou non) avec ceux que nous croisions lors de notre sortie quotidienne… Au XXIe siècle, crise du coronavirus oblige, nous voilà (enfin !, diront certains) revenus à des relations plus humaines. Le confinement a eu cela d’exceptionnel également qu’il nous a apporté la preuve que nos proches (famille ou amis) nous manquent terriblement lorsque l’on est empêchés de les voir. Et soudain Internet est devenu notre meilleur allié ! On ne compte plus les apéro visio, les Facetime avec les grands-parents et les échanges via WhattsApp. Dans un monde confiné, notre priorité était de garder un lien avec notre statut d’humain. On peut dire que nous avons relevé le défi ! n

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DOSSIERSOLIDARITÉ

*Source Ministère du Travail.

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n n’a jamais vu autant joggers dans nos rues ! Comme si l’activité physique était devenue plus que vitale. Avec le confinement, les sportifs ont eu du mal à digérer la nouvelle. Comment pratiquer son sport quand on est enfermé chez soi ? Plus de sortie à vélo, plus de course à pied longue distance, finie les longueurs à la piscine, etc. Au final, le confinement a été l’occasion de tester de nouvelles pratiques. Les vidéos postées en ligne et les cours en visio ont envahi la toile. Depuis chez nous, on a pu pratiquer un cours de gym abdos/fessiers. France Télévisions nous a même proposé une émission pour nous maintenir en forme, animée par la coach Lucile Woodward et l’ancien boxeur Amadou N’Diaye. Les chanceux qui possèdent un home-trainer ont rythmé leur routine d’entraînement à grand renfort de courses virtuelles. Une étude Coachme du 25 avril démontre que 32 % de la population française aurait fait plus de sport pendant cette période. Se bouger c’est aussi un bon moyen de se détendre et de s’éloigner des informations anxiogènes. Un moment pour se recentrer sur soi et libérer un maximum d’endorphines pour contribuer à notre bien-être. L’OMS recommande de pratiquer un minimum de 300 minutes d’activité physique par semaine pour un adulte afin de se maintenir en bonne santé. Un esprit sain dans un corps sain, c’est aussi ça notre mantra. n

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PHOTOS : 2020 DAVID PEREIRAS - PIXEL-SHOT - STOCK.ADOBE.COM

Avec le confinement, quelque 5 millions de Français étaient en télétravail*. Près d’un mois plus tard, une étude CSA pour Malakoff Humanis révélait que « 71 % des télétravailleurs apprécient notamment la souplesse et la flexibilité apportées par cette pratique ». Si à l’annonce du confinement, le télétravail nous est un peu « tombé dessus », la majorité d’entre nous (73 %) s’est rapidement rendue à l’évidence : aller au bureau tous les jours n’est plus une nécessité. Les moyens techniques et le digital ayant eu raison de notre omniprésence. On le sait, il y aura un avant et un après Covid-19. Et en termes de condition de travail, il faudra que certaines professions, notamment administratives, se penchent sérieusement sur la question. Alors certes, les réunions et collaborations demeurent indispensables (pour le travail comme pour les relations sociales), mais la pandémie que l’on traverse vient peut-être à bout d’un présentéisme à toute épreuve. En outre, le télétravail pourrait réduire considérablement le nombre de personnes sur les routes et dans les transports : un bon point pour gagner du temps et réduire la pollution urbaine. Il faudra certes attendre quelques semaines pour juger de l’efficacité du télétravail, mais la formule risque fort de faire parler d’elle dans les mois à venir. n

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