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debat

Un plan financier adéquat, cela ne se fait pas tout seul le point sur la situation

Poursuivre une activité après votre pension REPORTAGE

La Villa Royale OPTIMA OPEN

Borg vs. McEnroe à Knokke DES BELGES QUI ONT UN PLAN

Virginie Saverys VOITURE

capital11 optima magazine

Ever Meulen, dessinateur et amoureux de classic cars

ANNEE III

MAI 2011

PIERRE

RION – Entrepreneur et pilote –

“The sky is the limit.”


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edito

capital11

d’exotiques actifs à risques. Certains analystes redoutent déjà de voir se reproduire le scénario catastrophe de la fin 2008.

Le gouvernement en affaires courantes a réussi à équilibrer son budget, ce qui est une bonne nouvelle. Mais nos finances publiques sont-elles pour autant tirées d’embarras ? Pour continuer à honorer les factures, il faudra que le gouvernement fédéral supprime, d’ici à 2015, 36% de ses dépenses (d’après le Bureau Fédéral du Plan) ou qu’il lève 36% d’impôts supplémentaires. La conclusion est aussi simple qu’alarmante : l’État providence, facteur de sécu­ rité – pour nos futures pensions également – n’a pas fait long feu. Il est relégué dans les livres d’histoires, en même temps que les actions de bon père de famille datant d’avant la crise financière. Les verrous de sécurité qui sautent, ce n’est certainement pas l’unique apanage de la Belgique. La crise de l’euro n’est pas non plus terminée. Et les réactions plus que nerveuses face aux événements au Moyen-Orient et au Japon montrent bien

que la crise financière de 2008-2010 est encore très présente dans les esprits. De nombreux investisseurs semblent avoir perdu le nord. Les clients désertent massivement leurs fournisseurs de services financiers, en quête d’autres alternatives. Dans leur recherche de rendement et de récupération de leurs pertes, nous observons une fois de plus que certaines personnes n’hésitent pas à opter pour

SINCeRES SALUTATIONS, Jeroen Piqueur CEO Optima

EDITEUR RESPONSABLE : Jeroen Piqueur, Keizer Karelstraat 75, 9000 Gand. Redacteur en chef : Jeroen Lissens, jeroen.lissens@optima.be, 09/225.25.71. COORDINATION : Lara Van Ginderdeuren. Redaction : Kiki Feremans. conception et mise en page : Veerle Verbrugge, veerle@eastvillage.be. ADRESSE DE LA ReDACTION : Capital p/a Optima SA Keizer Karelstraat 75, 9000 Gent. ONT COLLABORe a CE NUMeRO : Dieter Bossuyt, Luk Coupé, Ingmar Criel, Lies De Mol, Nils De Vriendt, Ethel Desmasures, Lieven Dirckx, Valerie Du Pré, Jan Gillis, Peter Goossens, Brigitte Hendrickx, Marc Holthof, Joost Houtman, Paul Huybrechts,

Cert no. CU-COC-809718-DJ

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C’est précisément ce qui constitue depuis vingt ans le core business d’Optima. Que ce soit dans notre siège central de Gand, ou dans nos nouveaux bureaux de Waterloo, plus spacieux, nous vous aidons à mieux vous connaître. Avec toujours plus de succès d’ailleurs, ce qui est plutôt logique. Qui a dit que la connaissance de soi était le commencement de la sagesse?

Guy Kokken, Bart Lenaerts, Alexander Popelier, Frieda Ryckaert, Chantal Samson, Veerle Symoens, Jo Viaene, Bert Voet, Thomas Weyts. Copyrights : Tous droits réservés. Aucun extrait de ce magazine ne peut être repris ni reproduit d’une quelconque manière sans l’autorisation expresse du rédacteur en chef et de l’éditeur responsable. TRADUCTION :  Brigitte Hendrickx. IMPRESSION : Stevens Print NV. Ce magazine a été imprimé sur Arctic Paper avec certification FSC. Couverture : Pierre Rion – Photos : Lieven Dirckx. Indien U in de toekomst liever de Franse editie ontvangt, gelieve zich te wenden tot info@optima.be

Cert no. CU-COC-809718-DJ

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Même si plus rien n’est sûr, l’angoisse et la panique sont mauvaises conseillères. Ne voit-on pas trop d’investisseurs qui sautent la première étape, si importante, d’une planification financière personnelle réussie ? A savoir l’analyse objective – de préférence réalisée par des experts – de leur situation et de leurs attentes propres : revenus, patrimoine, pension et succession. Pas de plan adéquat sans analyse approfondie.


sommaire

19 d’une importance capitale 3 professionnels à propos de leur passion. Le constructeur automobile Yves Toussaint, Art Buyer & Producer Ingrid Deuss et un kiné de renom : Lieven Maesschalck.

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28

Entreprendre

reportage

Que deviendrions-nous sans prise de risques ?

La Villa Royale d'Ostende, centre de revalidation oncologique. Se refaire une santé à la mer.

des belges qui ont un plan Virginie Saverys, la juriste fait son vin.

64 

04 

68 voiture

En route avec Ever Meulen: artiste illustrateur et passionné de voitures à temps plein.

nice to know, nice to have Des envies de verdure.

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MoN PLAN Michaël Bremans (Ecover).

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il fait parler de lui Pierre H. Rion, un entrepreneur wallon qui a du succès.

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loisirs Les délices de la vie.

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sommaire

capital11

08 DEBAT

Un plan financier adéquat, cela ne se fait pas tout seul.

48 analyse

Cédez votre entreprise à vos enfants dès aujourd’hui.

26 / 62 / 82 / 83 le point sur la situation Poursuivre une activité après votre pension / La pension d’indépendant / Le secret bancaire / L'assurance groupe

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quoi de neuf Optima se développe à Waterloo. La planification financière a du succès dans la partie francophone du pays.

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events Optima Open 2011. Björn Borg vs. John McEnroe à Knokke.

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OpiniON Paul Huybrechts.

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lifest yle

n i c e t o k n o w, n i c e t o h av e

des envies de verdure Capital met de la couleur dans vos vies, avec des idées aussi fraîches que le printemps, des objets fleuris, des trouvailles futées …  Pour que vous ayez tout sous la main, dans la maison et au jardin, pour profiter pleinement de la belle saison qui s’annonce. TEXTE valerie du pre

la nature fait le mur 2

P la n t wall www.greenfortune.com

C’est bien connu : voir de la verdure, cela permet de faire baisser le niveau de stress et de stimuler la créativité. Alors, pourquoi attendre : faites entrer la nature au bureau avec le Plantwall, une création de Green Fortune. Une sorte de jardin intérieur à la verticale, qui s’adapte parfaitement à votre environnement professionnel, que ce soit au niveau du format, du style ou du choix des plantes.

recycler c’est tout un art 1

Robert Br adford www.robertbradford.co.uk

L’artiste britannique Robert Bradford n’a rien de l’écolo pur et dur, même si cela fait des années qu’il élève le recyclage au rang d’art. Avec de minuscules éléments de jouets et d’autres objets en plastique, il crée des sculptures grandeur nature, tridimensionnelles, composant une joyeuse collection de personnages et d’animaux de toutes les couleurs. Le chien Foo Foo est notre favori.

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lifest yle

G o l f, T h e L u x u r y F o l i o www.wonderlandpublications.com

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3

‘Golf – The Game, The Terrain And Where It’s All Going’ est un hommage épique à ce noble sport. Ce chef-d’œuvre réalisé à la main contient des articles signés d’architectes de renom, d’artistes, de joueurs professionnels et d’autres célébrités du green (ou hors du green). Cette édition limitée – très limitée même puisqu’il n’en existe que 10 exemplaires dans le monde – vous offre les plaisirs du golf en chambre, et en grand format (1,1 m x 0,4 m).

carpe diem 4

The green green grass of Golf

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L’elegance le jour et la nuit

Le designer Dirk Van Saene a dessiné pour la prestigieuse maison Delvaux un carré de soie décliné en deux tons : jaune pour la journée (Jour) et rouge pour le soir (Nuit). L’imprimé reprend avec bonheur le motif du sac icône Brillant. Ou comment porter le carré 24 heures sur 24 ou presque, avec élégance.

Blac k C h e r r y L a m p www.nikazupanc.com

L’été s’annonce peu à peu, les cerises font leur apparition dans votre living, grâce à la lampe Black Cherry de Nika Zupanc, un design à s’en lécher les doigts. Proposée en noir, jaune ou blanc, avec une, deux ou trois cerises. Mmmh, miam !

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L E C a r r e D i r k Va n Sa e n e www.delvaux.com

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M o s a i c Bat h t u b www.mosaicsweden.com

un bain de fleurs Le soleil ne daigne pas se montrer ? Dans cette fabuleuse baignoire en mosaïque de Solklippa & Skogh, vous vous en passerez fort bien. Cette remarquable création s’inspire des fleurs sauvages, l’été en Suède, et l’illusion est parfaite. Perchée sur ses pattes de lion, cette baignoire fera merveille dans chaque salle de bains. Dépaysement garanti.

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lifest yle

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Loungeba rrow www.designboom.com

un classique tres moderne 7

T & F Slac k D e r b y

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www.tandfslackshoemakers.com

Vous qui avez la main verte, voici peut-être votre meilleur ami : le Loungebarrow, un concept des designers Sascha Urban et Dorothea Wirwall. Il suffit de quelques secondes pour transformer cette brouette en un confortable siège cuir assorti d’une tablette à ordinateur portable bien pratique. Le concept, qui en a étonné plus d’un au récent salon international IMM de Cologne, est parfait pour ceux qui tiennent à couper aussi bien dans le vif du sujet que dans les haies du jardin ou dans les frais professionnels …

Tim et Fiona de T&F Shoemakers redonnent une nouvelle vie aux très classiques chaussures Derby. Ils ont opté pour des mélanges de couleurs surprenants, des matières innovantes et des finitions originales. Vous n’aurez que l’embarras du choix avec cette collection stylée, mais vous pouvez également commander une paire unique par le biais du site web.

toucher du bois pour connaitre l’heure 9

10 Une bete v erte « Si Batman existe, soyez certains qu’il a une Beast dans son garage », proclament les inventeurs de ce luxueux deux roues hybride et high-tech. Cette bête de crosscountry vient d’être lancée sur le marché, qu’elle domine d’emblée avec un système électrique power-boosting et ses freins Brembo exclusifs, réputés dans le circuit de formule 1. Le fabricant M55 affiche en outre une philosophie écologique, ce qui nous incite à donner le feu vert à The Beast.

WEWOOD C r o n o www.we-wood.us

Les montres éco-luxury du label italien WEWOOD sont 100% na­tu­­relles – rien que du bois et certifiées sans produits chimiques. En outre, WEWOOD plante un arbre pour chaque montre achetée. Ce n’est pas seulement votre poignet qui se trouvera embelli de la sorte, mais la planète tout entière.

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Ceci n’est pas une brouette

The Beast – Electric Luxury Bike www.m55-bike.com www.frescko.net


MON P L A N

M ic h a el Br em a ns

Entreprendre durablement et a contre-courant Michaël Bremans (56 ans) dit de lui qu’il est négociant en savon, un métier bien peu sexy. Sous sa direction pourtant, Ecover est devenue en 18 ans la marque de détergents et de lessives écologiques la plus connue en Europe. Pendant toutes ces années, Michaël Bremans est resté fidèle aux mêmes principes d’entreprenariat durable. Bien lui en a pris d’ailleurs, puisque l’année dernière, Ecover a réalisé un CA de 65 millions d’euros. veerle symoens

La direction d’une entreprise ecologique, etait-ce pour vous une etape raisonnee dans votre plan de carriere ?  Non, pas du tout. Je n’avais rien du militant écolo, si c’est ce à quoi vous songez. J’ai fait la connaissance de l’ancien propriétaire d’Ecover par l’intermédiaire d’amis communs. A l’époque, une simple ferme campinoise abritait Ecover, une marque dont je n’avais personnellement jamais entendu parler. Mais après avoir écouté cet homme et son histoire, j’ai réalisé qu’il y avait là un incroyable défi à affronter. Je voulais contribuer au développement de cette philosophie d’entreprise. Au fil du temps, je suis devenu un écologiste plus actif, même si je ne suis toujours pas plus royaliste que le roi. (rire) Qui vous inspire ?  Les jeunes entrepreneurs : ils réagissent à toute vitesse aux nouvelles technologies et ils se servent à merveille des social media pour assurer la promotion de leur marque. Mais aussi Anita Roddick (The Body Shop) et Ben Cohen (les glaces Ben & Jerry’s). Ou la démonstration à l’échelle mondiale qu’un entreprenariat écologique n’est pas incompatible avec un entreprenariat économiquement rentable. Qu’est-ce que l’argent pour vous? Je ne me sentirais pas à ma place dans une entreprise qui ne recherche que l’argent

facile et rapidement gagné et où personne ne se soucie des générations futures et de l’impact négatif de certains produits sur notre planète. Dans ce contexte, je me sens très proche d’Ecover. Sur le plan personnel, l’argent est surtout très pratique. Lorsque mes besoins primaires sont satisfaits, l’argent est surtout un moyen de me rendre la vie plus agréable, de me permettre une petite folie de temps à autre. La plus grosse folie que j’aie jamais faite a été l’achat d’un bateau à voile. Comme chef d’entreprise, etes-vous plutot intuitif ou plutot methodique? Les décisions les plus importantes, je les ai prises intuitivement, même si j’avais toujours en tête un plan à long terme. Aujourd’hui, des tendances comme le bio,

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le commerce équitable et l’écologie ont le vent en poupe, mais ce n’était pas le cas lorsque j’ai débuté chez Ecover. Ecover a eu du mal à survivre et il était même prévu de changer de politique. Je m'y suis aussitôt opposé : « nous devons au contraire poursuivre sur la voie de l’entreprenariat écologique pour devenir les meilleurs. » Outre notre siège central de Malle, nous possédons actuellement des implantations dans différents pays et nos produits sont commercialisés dans plus de 30 pays. Ces dix dernières années, Ecover a réalisé une croissance annuelle moyenne de 20% environ. Ce choix intuitif a donc été le bon !  Quels sont vos reves, vos projets d’avenir? Savez-vous qu’une dose de shampoing suppose souvent 45.000 litres d’eau pour neutraliser l’impact de tous ses composants sur l’environnement  ?  Je rêve de voir les entreprises et les consommateurs faire de véritables choix, acheter et vivre d’une manière plus consciente. La durabilité n’a pas de fin : c’est un choix de vie. J’aimerais développer Ecover, proposer encore plus de produits et de services liés à un mode de vie durable – traitement des eaux, énergie verte, etc. Ecover ne parviendra pas à changer le monde, mais nous voulons avant tout donner le choix aux consommateurs.


Peter Cnock aert

Conseiller fiscal. S t e f a n Sa b l o n

Avocat spécialisé dans les matières fiscales. Nick Vermoere

Executive Manager Client Services Department chez Optima.


d e b at

t e n da n c e s f i n a n c i e r e s

“Un plan financier adequat, cela ne se fait pas tout seul” La planification financiere : six tendances en 2011

Nous le savons depuis vingt ans : la première source d’information d’Optima, c’est sa clientèle. Ce qui ne nous empêche pas de nous adresser également à des spécialistes externes, tous des experts dans leur domaine. Nos planners traitent ensuite les informations fournies par les clients et par ces spécialistes. Peter Cnockaert, conseiller fiscal, et Stefan Sablon, avocat spécialisé dans les matières fiscales, sont deux de ces experts avec lesquels nous collaborons régulièrement. D��couvrez dans cet article leurs réflexions sur un certain nombre de tendances cruciales observées en 2011 dans le domaine de la planification financière. texte jeroen lissens | photos lieven dirckx

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DEB AT

Premiere tendance /

pas de

plan adequat sans connaissance approfondie du client

« La connaissance du client représente la première étape de notre offre de services », déclare Nick Vermoere, executive manager client services department chez Optima. « Avons-nous une connaissance approfondie de sa situation et de ses rêves – parfois même de ses cauchemars ? C’est seulement à cette condition que nous réussirons à établir un plan financier et fiscal à la mesure de sa vie. Nous continuons d’ailleurs à suivre ce plan tout au long d’un parcours qui peut durer plusieurs années, puisque les circonstances de la vie d’un client varient au fil du temps. C’est ce qu’Optima entend par financial planning. Avec notre client, nous prenons pendant tout ce temps l’avis éclairé de spécialistes externes sur un certain nombre de matières spécifiques. »

“L’immobilisme de certains dans leur situation privée contraste nettement avec d’évidentes capacité de gestion et de planification dans leur

vie professionnelle.” Peter Cnockaert

treprise, mais aussi en tant que personne privée, avec ses désirs et ses attentes. C’est pourquoi nous apprécions particulièrement de travailler avec des spécialistes externes, qui traitent chacun un domaine spécifique. Des questions précises se posent en effet souvent chez les clients lors de la réalisation d’un plan financier à long terme portant sur leurs revenus, leur patrimoine, leur pension et leur succession. Il n’est pas rare de buter sur certains points en cours de processus, et des spécialistes externes nous aident alors à les dépasser. Des conseillers externes accordent en outre à l’avis final une plus grande autorité et sécurité juridique. En parlant de sécurité juridique, une expertise externe peut donc aussi comprendre une forme de conseil juridique. Comment cela se passe-t-il exactement ? Stefan Sablon :  « Notre bureau, Dumon, Sablon & Vanheeswijck, fait office d’intermédiaire entre les clients et le fisc, notamment dans le cas de régularisa­ tions fiscales. Dans notre métier, les mots clé sont ‘dis­ c rétion et confiance’. Nous fonctionnons presque comme des confesseurs, auxquels le client confie le patrimoine qu’il souhaite régulariser. A notre tour ensuite d’aller avec lui à confesse chez le fisc. Nous sommes une sorte de gobetween, qui veille à ce que les règles du jeu soient parfaitement respectées. »

Concrètement, quelle forme prend un avis externe ? Peter Cnockaert : « Notre bureau Cnockaert & Salens optimise la structure fiscale des entreprises, aussi bien pour les contributions directes qu’indirectes. Il s’agit souvent de matières très techniques, que nous soumettons à l’étude de nos 25 spécialistes à Bruges et à Louvain. Nous avons démarré une collaboration avec Optima suite au développement fulgurant du département Succession & Reprise, chargé au sein d’Optima d’accompagner les entreprises familiales dans les phases cruciales de leur vie – réorganisations, fusions, reprises … Il nous arrive aussi d’intervenir comme conseillers pour le volet financier et fiscal. » Nick Vermoere : « Voilà un bel exemple de collaboration. Chez Optima, nous considérons le client en sa qualité de chef d’en-

Deuxieme tendance / Une planification adequate est tributaire des specialistes ad hoc

Optima n’est donc pas un généraliste, avec toute l’expertise requise ?

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l’expertise

Optima

L’audit, base indispensable d’un plan financier global Ces dernières années, la crise financière et la volatilité des marchés financiers ont fait couler beaucoup d’encre, notamment à propos des risques pris ou à prendre par des investisseurs particuliers. En effet, de très nombreux investisseurs ont constaté à leurs dépens qu’ils avaient acheté des produits ne correspondant pas vraiment – voire pas du tout – à leur profil. Sans parler de leur connaissance du produit. On connaît les suites. Une prise de conscience des risques qui remet la relation client/ conseillers au centre de toutes les préoccupations. Le besoin de con­ seils et de suivi dans la perspective du client n’a en effet jamais été aussi grand. Client approach

Les planificateurs financiers ont bien supporté la crise, ce qui est assez logique puisque l’essence même de la planification financière part de la situation du client (client approach) et non du produit à écouler. Chez Optima, nous estimons qu’une planification personnelle financière et fiscale, réalisée par des juristes, des économistes et des licenciés en notariat, constitue la seule base valable d’une constitution de patrimoine correctement suivie. Et ce pas seulement en ce qui concerne le patrimoine, puisque les revenus, la (future) pension et la succession de chaque client y sont indissociablement liés. Comme précisé ci-contre, nous n’hésitons donc pas, en toute logique, à faire appel à des spécialistes externes pour étudier le dossier individuel d’un client. Les services proposés par Optima sont toujours basés sur le ‘Financial Planning Audit’,

g [ suite page 12 ]


l’expertise

Optima

soit un rapport très élaboré dans lequel la situation de chaque client est analysée dans les moindres détails. Ce faisant, nous posons également certaines questions que le client ne s’était peut-être pas encore posées, du type ‘vais-je parvenir à maintenir mon niveau de vie après l’âge de la retraite ?’. Ce n’est que lorsque nous connaissons vraiment notre client que nous pouvons amorcer une planification financière réussie. En profondeur

L’audit ne met donc pas seulement en carte la situation actuelle du client. Nos auditeurs, forts de l’expérience acquise avec des milliers de dossiers, mettent également le doigt sur les éventuels points faibles (évaluation de la portée financière d’un décès, maintien du niveau de vie après la mise à la retraite, optimisation de la forme juridique de la société, etc.…). Nous évaluons comment optimaliser cette situation, après quoi nous réalisons une simulation la plus détaillée possible de l’avenir du client. Un outil logiciel unique a été développé spécialement dans ce but, permettant à nos fiscalistes de travailler ‘plus en profondeur’ sur chaque dossier – en collaboration avec un certain nombre de spécialistes externes ou avec les conseillers attitrés du client. Il n’existe pas deux dossiers clients semblables, et le profil d’un investisseur évolue par ailleurs avec sa situation. Notre plan financier pour un client de 60 ans ne sera pas le même que pour une personne ayant le même profil, mais dix ans de moins. Afin d’optimiser ses services et de mieux réagir face aux différences fiscales régionales toujours plus prononcées, Optima a récem­ ment ouvert un Centre d'Audit distinct pour les dossiers de clients francophones, exerçant depuis les nouveaux bureaux Optima de Waterloo.

Thomas Weyts Manager Estate Planning


d e b at

Peter Cnockaert : « Il est impossible aujourd’hui de concentrer toutes les informations indispensables sous un seul toit. Même si Cnockaert & Salens est un bureau spécialisé de moyenne ­envergure, il nous arrive à nous aussi dans certains dossiers spécifiques de faire appel à des spécialistes externes de notre réseau. Nous devons veiller à consulter le spécialiste requis pour un dossier donné. L’importance d’un réseau optimal de pourvoyeurs de connaissances n’a jamais été aussi déterminante. » Nick Vermoere : «  Ce qui nous rend unique, c’est notre manière de voir les ­choses : nous observons tout dans la perspective d’un plan. En notre qualité de ­financial planners, nous connaissons comme personne les quatre domaines des ­finances personnelles des clients : revenus, patrimoine, pension et succession – ainsi que leurs interactions. Nous savons qu’une intervention dans un domaine aura nécessairement des retombées dans d’autres. Notre plus-value se précise au moment de la planification de la situation globale, pour aujourd’hui et pour demain. Nous collaborons dans ce sens avec un réseau de spécialistes, les meilleurs dans leur domaine, ce qui ne fait qu’accroître cette plus-value. » Peter Cnockaert : « Nous observons un grand besoin de planification financière globale. Nous sommes étonnés de constater à quel point certains entrepreneurs sont mal organisés. Ils ne pensent qu’à leur entreprise et travaillent d’arrache-pied, mais ils oublient ce faisant de se constituer un plan financier, ce qui semble inconcevable en 2011 ! »

Troisieme tendance /

Plus

rien n’est sur – il convient d’y penser dans le cadre d’un plan

Un contexte économique volatile et complexe, voilà qui ne facilite sûrement pas la planification. Plus rien ne semble sûr, ni acquis une fois pour toutes. Nick Vermoere : «  C’est exact. Il s­uffit d’ouvrir un journal ou de discuter avec n’importe quel analyste financier pour

s’apercevoir que rien n’est acquis. Aujourd’hui, même la sécurité des obligations d’Etat est mise en cause et les pouvoirs publics ne représentent plus un facteur de sécurité. Les réactions suite aux événements au Japon et en Lybie démontrent que de très nombreuses personnes ont toujours en mémoire la crise fi ­ nancière de 2008 et 2010. » Quel est l’impact sur le comportement des investisseurs/épargnants ? Nick Vermoere : « Aujourd’hui, les gens ont peur de tout, ce qui entraîne une certaine forme d’immobilisme : ils ne font rien de leur argent, ils semblent tétanisés. C’est dommage, car cet immobilisme recèle à son tour un certain danger. Nous aimerions leur ­ dire : étudiez à la loupe votre propre situation et vos attentes, continuez à entreprendre, à i­nvestir, et surtout : en votre qualité d’entrepreneur indépendant ou exerçant une profession libérale, constituez votre propre plan de pension ­ personnel. Suivez pour cela un plan financier bien défini, à la mesure de votre propre vie. C’est la seule manière d’agir pour l’avenir. » Peter Cnockaert :  « Nous re­ trouvons en partie cet immobilisme chez les entrepreneurs. Les investissements sont limités dans les entreprises, ce qui s’explique là aussi par la peur de l’avenir. Jadis, les entrepreneurs investissaient traditionnellement leur argent dans l’entreprise, alors qu’ils semblent hésiter aujourd’hui – toujours cette peur … » Il s’agit sans doute cette fois de la peur d’une taxe potentielle sur la plus-value des ventes d’actions – une mesure fiscale dont il est beaucoup question depuis quelques mois. Stefan Sablon : « Effectivement. Dans un

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“Les entrepreneurs risquent bientôt d’avoir à payer une taxe sur une plus-value qu’ils ont eux-mêmes créée. De la sorte, on constate qu’un facteur de motivation à entreprendre devient un facteur inhibant.” Stefan Sablon


d e b at

tel scénario, les entrepreneurs devraient payer une taxe sur une plus-value qu’ils ont eux-mêmes créée. De la sorte, on constate qu’un facteur de motivation à entreprendre – la perspective d’une vente fiscalement intéressante après une vie entière de labeur, d’impôts sur la société et de prises de risques – devient un facteur inhibant. J’estime que cette idée représente un danger pour notre climat d’investissements et d’entreprise. La peur d’un exode des capitaux et des patrimoines est grande. Alors qu’il s’agissait précisément de freiner cet exode de capitaux, afin de créer des recettes fiscales supplémentaires. » Peter Cnockaert : « Le redressement du marché des reprises de PME s’explique de la même manière. On sent que l’éventuelle taxe sur la plusvalue inquiète fortement les entrepreneurs. C’est pourquoi de nombreuses personnes se dépêchent de revendre leurs actions, maintenant qu’aucune taxe ne pèse encore sur elles. » 

“Il est vrai que les Belges

paient beaucoup d’impôts. Pourtant, les personnes capables de structurer correctement leur situation ne sont pas trop mal loties. Un plan adéquat,

durable et parfaitement légal, voilà qui fait toute la différence.” nick vermoere

quelque chose’, qu’elles doivent régler leurs affaires d’une manière correcte. » Nick Vermoere : « Heureusement d’ailleurs, car il est tout à fait possible de traiter tout ceci d’une manière totalement légale. Les clients eux-mêmes sont les premiers demandeurs de cette transparence du patrimoine. Ils comprennent de plus en plus – à raison d’ailleurs – qu’il s’agit de la seule voie valable. Aujourd’hui, un jeune chef d’entreprise tient à gérer sa ­société sur un mode ouvert et transparent. Et les enfants des chefs ­d ’entreprise sont de moins en moins enclins à reprendre un patrimoine qui ne serait pas ­entièrement en ordre. » Vous parlez de réactions de panique face au fisc, mais aussi de l’autre extrême : l’immobilisme inspiré par la peur. On est encore loin d’une planification raisonnée à long terme. Est-ce que je me trompe ? Nick Vermoere :  « Vous avez hélas raison. Pour la jeune génération, prévoir cinq ans à l’avance, cela semble déjà une éternité. De nombreuses personnes ne savent pas comment élaborer un plan financier de leur propre situation sur le long terme. » Peter Cnockaert : « C’est tout à fait étonnant : l’immobilisme de certains dans leur situation privée contraste nettement avec d’évidentes capacité de gestion et de planification dans leur vie professionnelle. » Nick Vermoere : « Ce qui renforce à nouveau l’image de l’entrepreneur qui travaille dur, occupé par son métier entre 12 et 14 heures par jour, et qui remet sans cesse au lendemain l’examen de sa ­situation personnelle. C’est dommage, surtout lorsqu’il ressort en fin de parcours, ou en cas de décès soudain, que ces affaires ne sont pas si bien réglées que ça. »

Quatrieme tendance / De plus en plus de citoyens sont en quete de transparence

Sur le plan fiscal, la levée du secret bancaire joue probablement un rôle également. Cette peur est-elle profondément ancrée ? Stefan Sablon : « Des arti­ c­ les et des reportages sont consacrés quasiment tous les jours au secret bancaire, aux poursuites engagées contre les fraudeurs, etc. Mais ils traitent aussi d’employés de banque qui volent des documents, d’intermédiaires dans les paradis fiscaux qui copient des listes d’adresses – j’en passe et des meilleures. Voilà qui renforce chez un certain nombre de personnes la prise de conscience qu’il ‘faut faire

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Stefan Sablon : «  Souvent, les clients ne veulent effectivement pas ‘perdre du temps’ avec leur situation financière ­privée. Tout leur temps est dédié à l’entreprise. Dès qu’ils sortent de notre bureau, ils veulent se remettre au travail sans tarder, et ils laissent les choses en l’état dans le domaine privé. A nous de tout faire pour briser cet immobilisme. »

Cinquieme tendance / Reflechir des aujourd’hui a son avenir

Pour beaucoup de personnes, réfléchir à l’avenir c’est se confronter à la réalité. Nick Vermoere : « Cela fait penser au patient qui ne va voir son dentiste que lorsqu’il a une rage de dents, donc quand il est trop tard. De très nombreuses personnes ne se posent jamais la question : ‘et s’il m’arrivait quelque chose demain … ?’ Elles n’ont pas de plan tout prêt, alors même qu’une structure saine est indispensable. » Peter Cnockaert : « On observe là aussi cette dichotomie entre l’entrepreneur et la personne privée, même s’il s’agit d’une seule et même personne. L’entrepreneur se réveille bien plus vite que la ­personne privée, ce qui après tout semble logique, puisque les structures de l’entreprise sont utilisées en permanence. » L’élaboration d’une planification successorale réussie est l’exemple type d’une de ces tâches d’ordre privé que l’on remet sans cesse au lendemain. Les clients ont-ils encore tendance à repousser ce problème à l’âge de la retraite ? Nick Vermoere : « Une tendance ­positive s’observe dans ce domaine : celle d’une baisse progressive de l’âge auquel la plupart des personnes commencent à y réfléchir. Actuellement, la génération des quarante à cinquante ans nous demande de prévoir une planification successorale adéquate. Auparavant, on attendait effectivement l’âge de la retraite pour y p ­ enser, et encore, à l’instigation des enfants le plus souvent. » Peter Cnockaert : « Autre tendance notable, celle du glissement à une planifi-

“Révolue, l’époque où l’idée même de ‘planification successorale’ était associée à céder son patrimoine. Une planification correcte s’adapte aux situations et aux attentes individuelles, et ce d’une manière fiscalement avantageuse et parfaitement légale.”


d e b at

cation successorale plus horizontale. (Les partenaires veulent avant tout se protéger mutuellement, et de préférence sur un mode fiscalement intéressant. De cette manière, l’héritage des enfants est reporté à plus tard, ndlr.) Non contents de démarrer la planification à un âge moins élevé, les citoyens sont de plus en plus nombreux à réclamer des clauses révocables : les techniques idéales pour conserver un contrôle maximal tout au long de la vie, avec l’assurance que tout sera parfaitement réglé plus tard. » Nick Vermoere : « Révolue, l’époque où l’idée même de ‘planification successorale’ était associée à céder son patrimoine. Une planification correcte s’adapte aux situations et aux attentes individuelles, et ce d’une manière fiscalement avantageuse et parfaitement légale. Aujourd’hui, un entrepreneur dont la planification est adéquate ne paie pas de droits de succession au premier décès – des droits qui auraient sans cela représenté jusqu’à 27% du patrimoine.  » (ce taux n'est applicable qu'en Flandre. Pour Bruxelles et la Wallonie, il est de 30% ndlr.) Ne pourrais-je pas élaborer moi-même un tel plan ? Après tout, qui me connaît mieux que moi ? Stefan Sablon : « Certaines personnes imaginent effectivement, lisant la presse spécialisée, qu’elles se débrouilleront très bien elles-mêmes avec une matière financière souvent complexe et délicate. Pourtant, les médias ne font qu’aiguiser l’appétit des lecteurs. Or ce n’est pas parce qu’on a faim qu’on est bon cuisinier ! Compte tenu de la complexité de cette matière, il est particulièrement dangereux et déconseillé de se lancer soi-même dans des constructions ‘bricolées’. Comparez cela à l’achat d’une nouvelle voiture : vous recherchez des infos sur internet, mais quand les choses se précisent et que le moment de l’achat proprement dit approche, vous prenez conseil auprès d’un professionnel, sauf si vous avez du temps à perdre et que vous pouvez vous consacrer entièrement au choixà faire. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des entre-

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preneurs et des personnes exerçant une profession libérale … »

Sixieme tendance / Un tres bon plan est l’apanage de celui qui y pense a temps

De toute manière, est-il vraiment possible d’élaborer un plan financier et fiscal adéquat en Belgique, pays réputé champion des taxes, avec une pression fiscale égale à 44% du PIB ? Nick Vermoere : «  Il est vrai que les Belges paient beaucoup d’impôts. Pour­ tant, les personnes capables de structurer correctement leur situation ne sont pas trop mal loties. Un plan adéquat, durable et parfaitement légal, voilà qui fait toute la différence. » Stefan Sablon : « En matière de fiscalité du patrimoine, la Belgique ne réalise d’ailleurs pas un trop mauvais score international. Pour preuve les nombreux étrangers fortunés qui viennent s’établir dans notre pays. » Peter Cnockaert : « Il en va tout autrement des actifs et des entreprises. » Stefan Sablon : « D’accord. On pourrait presque dire que les Belges continuent à entreprendre malgré les pouvoirs publics. » Nick Vermoere : « Du point de vue des entrepreneurs et des personnes exerçant une profession libérale, une planification fiscale à la mesure de leur situation représente un must plutôt qu’un luxe, surtout à partir de certains revenus et patrimoines. Plutôt que de se lamenter et de pester contre la pression fiscale, nous leur conseillons d’élaborer un plan sur mesure. Ce sont souvent ceux qui crient le plus fort que la pression fiscale est intenable qui utilisent le moins les possibilités laissées par le fisc. » Stefan Sablon : « C’est dommage, car il est tout à fait possible en Belgique de planifier de façon légale et durable. Nous avons à notre disposition tous les moyens légaux pour y arriver. Dans de très nombreux cas, le meilleur conseil à donner aux personnes concernées est de ne pas se décourager et de prendre les choses en mains elles-mêmes. »


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d ’ u n e i m p o r ta n c e cap i tal e

3 p r o f e s s i o n n e l s a p r o p o s d e l e u r pa s s i o n

D’UNE

IMPORTANCE

CAPITALE ingrid d euss

y ves toussaint

L i e v e n m a e s s c h alc k

Yves Toussaint, Ingrid Deuss et Lieven Maesschalck à propos de ce qui les passionne. Ce à quoi ils accordent une importance capitale et attribuent leur succès. Après tout, l’argent ne fait pas le bonheur. Texte veerle symoens | PHOTOS guy kokken

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d ’ u n e i m p o r ta n c e cap i tal e

le constructeur automobile

Yves Toussaint

“L'Imperia GP

associe les performances d’une Porsche aux émissions de CO2 d’une Smart.”

« En 2001, l’université de Liège nous a chargés (deux autres ingénieurs et moi-même) de réaliser une étude sur la mobilité, la technologie et l’écologie. De là est née notre mini-entreprise Green Propulsion – en quelque sorte une spin-off de l’université de Liège. Cela n’a pas traîné : d’importants constructeurs automobiles nous ont contactés, nous demandant de réaliser des études pour eux également. Parallèlement, nous réfléchissions au moyen de construire dans le cadre de Green Propulsion un véhicule hyper-écologique, capable de réaliser les mêmes performances qu’une Porsche ou une Ferrari. En 2005, après des années de recherches, de mesures, de tentatives et d’essais, notre prototype de voiture de sport hybride a enfin vu le jour. Nous étions personnellement très satisfaits de ses performances technologiques, combinées à de faibles émissions de CO2. Nous avons donc frappé à la porte des grands noms de l’automobile, afin de leur présenter notre prototype. Mais personne ne semblait intéressé. Il faut dire qu’en 2005, l’écologie véhiculait encore une image alternative et quelque peu poussiéreuse. Un modèle écologique, cela faisait plutôt penser à l’époque à une lourde et lente berline familiale, bref tout le contraire de ce que visaient les constructeurs de voitures de sport. La déception a été grande, nous avions l’impression de proposer de l’or à de grandes marques, qui ne le remarquaient même pas. Vous imaginez notre frustration !

la technologie. Pourtant, lorsque je regarde en arrière, je me dis que ce fût une grande chance. Nous avions en effet noté à l’époque qu’aucun droit ne pesait plus sur le célèbre label belge Imperia, qui avait fait fureur au début du 20ème siècle. Nous avons aussitôt décidé de lui redonner vie et tout s’est très vite enchaîné. Aujourd’hui, nous lançons donc notre modèle de sport sous notre propre label belge ‘Imperia’.

Yves Toussaint (43 ans) est le CEO d’Imperia, un nouveau label automobile. Avec sa société Green Propulsion, il a réalisé l’Imperia GP, une voiture de sport hybride dont les performances égalent celles d’une Porsche et dont les émissions de CO2 ne dépassent pas celles d’une Smart. Spécialisée dans la motorisation hybride, Green Propulsion conseille actuellement plusieurs constructeurs automobiles d’envergure internationale.

Entre 1908 et 1958, Imperia a construit de fort beaux modèles, et nous avons repris ce design pour le faire nôtre. Aujourd’hui, la sportive Imperia GP au design néo-rétro est un fait. Elle réussit le sprint de 0 à 100 km/h en 6 secondes sur le mode purement électrique (en 4 secondes en position hybride). Il ne lui faut que 22,5 secondes pour parcourir 1 km depuis l’arrêt – même la Porsche 911 Carrera S ne fait pas mieux. Porsche, qui se mord aujourd’hui les doigts pour ne pas nous avoir suivis il y a de cela quelques années, tente actuellement de se donner une image plus écolo. Mais leur département d’ingénierie n’a pas comme Green Propulsion des années d’expertise et d’expérience écologique. Nous sommes surtout très fiers de posséder notre propre marque, et de travailler dans la lignée d’une magnifique tradition automobile belge. Qui eut cru que nous deviendrions les nouveaux constructeurs automobiles belges ? (rire) Cela me remplit de fierté. Nous tentons dans la mesure du possible de maintenir la production en Belgique. Les commandes commencent à arriver et les premières livraisons sont prévues d’ici au printemps 2012. Nous voudrions déjà y être  ! »

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d ’ u n e i m p o r ta n c e cap i tal e

Art Buyer & Producer

Ingrid deuss « Profession  :  Art buyer. Non, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mon métier ne consiste pas à acheter ou vendre des œuvres d’art (rire). Dans l’univers de la publicité, un art buyer fait le lien entre une marque ou une entreprise et l’équipe de créatifs chargés de la campagne publicitaire. Je surveille le budget de mes clients et je veille à ce que l’équipe des créatifs s’implique à fond dans une campagne inventive ou un catalogue qui sort de l’ordinaire. J’ai suivi une formation de photographe, mais une fois mon diplôme en poche, j’ai eu des doutes quant à mes capacités. J’ai donc d’abord travaillé comme assistante du photographe Godewijn Daled. Jusqu’au jour où il m’a dit : « Ingrid, tu es une bonne assistante, mais je remarque surtout que tu es une organisatrice née, que tu t’occupes à merveille des clients et que tu as l’art de réunir les gens qu’il faut pour une séance photos. Aimerais-tu devenir mon agent ? »

“ Soudain, un coup de fil :  organiser une séance photos de Mario Testino pour le magazine américain Vogue, cela m’intéressait-il ?”

C’est ainsi que j’ai représenté plusieurs photographes auprès des agences de publicité, des magazines et des grandes marques. Lorsque l’un de ‘mes’ photographes était choisi, je me chargeais également de toute l’organisation d’une séance photos. J’ai fait la connaissance de nombreux stylistes, maquilleurs, décorateurs, mannequins, location hunters, illustrateurs et graphistes. Ayant renoncé à la photographie à titre personnel, je suis actuellement une art buyer indépendante, en fonction des souhaits de mon client. Je collabore pour cela avec des créatifs de tous horizons. Un réseau de créatifs, c’est l’outil indispensable d’un art buyer, qui doit par ailleurs avoir des affinités avec la marque ou l’entreprise pour laquelle il agit.

réunir.

Je fais ce métier depuis quatorze ans déjà  ! Il y a quelques mois, j’ai organisé la plus légendaire des séances photos. Un mardi comme les autres, j’ai reçu un coup de fil pas vraiment comme les autres : on me demandait si je voulais collaborer à la production d’une séance photos de Lady Gaga à Anvers, le photographe n’étant autre que Mario Testino. Les photos étaient destinées au magazine américain Vogue. Mario Testino était le photographe favori de Lady Di, il a notamment immortalisé Madonna, Kate Moss et pratiquement tous les tops modèles qui comptent dans l’univers de la mode. Mario Testino adore la Belgique et il tenait absolument à faire un shoot dans notre pays. J’avais exactement cinq jours pour tout organiser avant que l’équipe de Vogue ne débarque à Anvers. Et quelle équipe  ! Lady Gaga est entourée d’une armée de security et d’autant de stylistes. Sans compter les rédactrices de Vogue, les stylistes, les visagistes, les coiffeurs ainsi que les assistants des précités … J’ai obtenu toutes les autorisations nécessaires pour prendre des photos à l’intérieur du Musée des Beaux Arts, j’ai repéré d’autres lieux de tournage, réservé des restaurants et des hôtels pour tout ce petit monde, fait ouvrir des magasins d’antiquités et de design aux heures et aux jours où ils auraient normalement été fermés, etc., etc. J’ai changé le planning des dizaines de fois, en fait chaque fois que Vogue avait soudain une nouvelle ‘meilleure’ idée. Croyez-moi, ce furent des journées de folie. Heureusement, tout s’est très bien passé et tout le monde était content. Quelle expérience inoubliable ! Avant, je rêvais parfois d’organiser des séances photos à New York pour un magazine réputé. Aujourd’hui, je réalise que dans une telle ville, je n’aurais été qu’un tout petit maillon dans la chaîne hiérarchique et que je me serais fondue dans la masse. Alors qu’à Anvers, je connais tout et tout le monde et j’organise les productions de A à Z. Mais j’aimerais beaucoup organiser d’autres séances photos mémorables pour des magazines ou des labels étrangers. Qu’ils viennent donc tous ici, je les attends  ! » (rire)

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Ingrid Deuss (37 ans) travaille en qualité d’art buyer free lance pour le compte d’importantes agences de publicité belges comme Duval Guillaume et Air, mais aussi directement avec des clients tels que Mayerline et Mobistar. Elle fait le lien entre les marques ou les entreprises et l’équipe de créatifs chargée de la campagne. Les projets qu’elle a en portefeuille varient :  de Telenet à Axa en passant par Xandres, BOIC, Miele, WE, Zwitsal, Nikon, Caroline Biss, Douwe Egberts, Jori, Alcatel …  et jusqu’au magazine américain Vogue. Ingrid Deuss possède sa propre galerie à Anvers, où de jeunes artistes ont l’occasion de présenter leurs œuvres.


d ’ u n e i m p o r ta n c e cap i tal e

un kine de renom

Lieven Maesschalck “Les sportifs de haut niveau me poussent à donner le maximum.”

« J’ai vite fait le tour de la kinésithérapie classique à laquelle j’ai été formé, et les stages de fin d’études ne m’ont pas appris grand chose. J’étais bien décidé à faire les choses autrement. Plutôt que de longues séances de massage, je préférais guérir les gens en les faisant bouger, ce qui était tout à fait innovant à l’époque. Ma propre vision ‘Move to Cure’ (guérir en bougeant) m’a donné la pêche et le jour où j’ai obtenu mon diplôme, je suis allé voir mon père à son cabinet de kiné.  « Papa, je veux racheter le cabinet », lui dis-je de but en blanc. (rire) Après quelques années et pas mal de moments difficiles avec mon père, j’ai enfin réalisé mon rêve. Mon père a été ma principale source d’inspiration, avec Jean-Pierre Meersseman, ex-chiropracticien de l’AC Milan. Mon père avait une vision très différente des choses, ce qui m’a poussé à travailler encore plus dur pour faire mes preuves. Malgré les conflits, cette période a été pour moi un apprentissage fantastique. Et grâce à Jean-Pierre Meersseman, j’ai bientôt acquis une vision nouvelle du fonctionnement du corps humain.

des résultats. Lieven Maesschalck (46 ans) est un kiné spécialisé en rééducation fonctionnelle. Il croit dur comme fer au principe ‘guérir en bougeant’, raison pour laquelle il a créé ‘Move to Cure’. Secondé par une équipe de spécialistes dans ses cabinets de Lebbeke et d’Anvers, il propose à ses patients des soins à la carte, ce qui suppose également un screening individuel et un programme de rééducation adapté. Lieven Maesschalck doit sa renommée aux nombreux athlètes de haut niveau qu’il a traités selon sa propre formule. Il est également conseiller des Diables Rouges.

Mon cabinet a évolué, étape après étape. J’ai toujours été ouvert aux autres disciplines, j’ai beaucoup voyagé, énormément étudié, réalisé d’importants investissements et exploré un marché niche, celui de la rééducation fonctionnelle. Mes patients – âgés de 5 à 76 ans – représentent les cas les plus divers, avec toutes sortes de problèmes orthopédiques. Mais si j’aime la diversité, je dois surtout ma renommée aux nombreux sportifs de haut niveau qui ont fait appel à moi. Comment m’ont-ils connu ? Je me le demande  ! (rire) C’est même drôle quand j’y pense : je déteste le sport. Je fais de la marche à pied et du vélo, mais c’est uniquement pour rester en forme et parce que cela me permet de passer du temps avec les copains. (rire) C’est vous dire que je n’ai pas recherché sciemment ces athlètes, eux étaient intéressés par ma vision et mon approche personnelle. Ensuite, le bouche à oreille a bien entendu fonctionné. Après cinq ans, je traitais déjà quinze athlètes en lice pour les Jeux Olympiques d’Atlanta. Christophe Impens, Frederik Deburghgraeve, Jonathan Nsenga, Erik Wymeersch, … ils sont tous passés par mon cabinet. Arsenal, Liverpool, AC Milan, Real Madrid, et bien d’autres, sont également venus frapper à ma porte. Chaque jour, je compte plus de sportifs de haut niveau parmi ma clientèle. Pourtant, je ne regarde pratiquement jamais en arrière. Quoi qu’il en soit, mon sort dépend à chaque fois du résultat du plus récent traitement. Comment réussir à faire encore mieux ? C'est tout ce qui compte. En cela, il y a peu de différences entre les sportifs de haut niveau et les entrepreneurs. Ils ont du talent certes, mais ils ont surtout une énorme soif de réussite et la volonté inébranlable de réaliser des prouesses. Ils aiment repousser leurs limites et envisagent l’avenir avec confiance, malgré tout ce qui risque d’arriver dans leur vie. Les grands sportifs et les entrepreneurs ne s’arrêtent jamais, ils cherchent constamment à faire mieux. C’est ce qui me plaît dans mes contacts avec les athlètes  : ils placent la barre très haut et tiennent à retirer un maximum de leurs capacités – et des miennes. Si les connaissances comptent pour beaucoup, le temps compte également pour la rééducation d’un sportif de haut niveau. Prenons l’exemple de Gella Vandecaveye, souffrant d’une déchirure des ligaments croisés, deux mois avant les Jeux Olympiques de Sydney. Je l’ai accompagnée tout au long de sa rééducation et elle a réussi à obtenir une deuxième médaille Olympique  !  La championne de tennis Yanina Wickmayer s’est cassé le coude l’année dernière, mais après trois semaines de traitement, elle a repris la compétition. Des exemples de ce type, je peux vous en citer à foison. Il faut toujours que j’opère sur le fil du rasoir. Le prochain championnat s’annonce et les résultats doivent suivre, pour mes sportifs comme pour moi. »

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l e p o i n t s u r la s i t u at i o n

Rev enus

poursuivre une activite apres votre pension ? Evitez les mauvaises surprises fiscales ! Beaucoup de retraités complètent leur maigre pension (d’indépendant) en continuant à exercer une activité. En tant que consultant ou en continuant leur activité précédente de façon limitée. C’est votre cas ? Soyez alors sur vos gardes pour éviter quelques mauvaises surprises et mettre votre pension à l’abri de toute menace. TEXTE Dieter Bossuyt, Fiscaliste Optima Financial Planners

Un retraité qui est encore actif sur le marché du travail doit le signaler à l’Office national des Pensions. Cela doit se faire endéans les 30 jours après le début de l’activité ou notification de la pension. L’absence de déclaration ou une déclaration trop tardive peut entraîner la suspension de votre pension. Vous ne pouvez gagner qu’un montant limité en tant que retraité, en fonction de la qualité de votre activité. En tant que retraité exerçant une activité d’indépendant, vous pouvez gagner en plus de votre pension un revenu maximum de 17.149,19 euros. Ce montant concerne le revenu net impo­ sable, après déduction des frais et éventuellement des pertes professionnelles. Pour les employés, la limite est fixée à 21.436,50 euros. Il s’agit d’un montant brut comprenant les cotisations sociales et le précompte professionnel. Si vous n’avez pas encore 65 ans et

que vous percevez une pension anticipée, le plafond de revenu autorisé est encore plus bas.

par an. Elle poursuit une activité professionnelle en tant qu’employé, pour laquelle elle perçoit un salaire imposable de 10.000 euros. Cette personne paiera finalement 4.268 euros d’impôts sur cette somme.

Pension rabotee Un dépassement de ces plafonds a un impact sur votre pension. Si la limite est dépas­ sée de moins de 15%, la pension est rabotée du même pourcentage. Si le dépassement est supérieur, le paiement de la pension est suspendu pour l’année complète.

pen­­sion dépasse 13.881,55 euros et que vous percevez des revenus complémentaires, votre déduction est calculée d’une façon différente, plus désavan­t ageuse. Si la personne B ne travaillait plus, elle ne

“Calculez à l’avance la somme que vous retirerez finalement de votre revenu complémentaire.” La personne B se trouve dans la même situation, mais sa pension est 1 euro plus élevée et s’élève donc à 13.882 euros. Elle devra verser 4.968 euros d’impôts, soit 700 euros de plus que la personne A.

Un dépassement peut également avoir de fâcheuses con­ séquences fiscales. Deux personnes, qui travaillent en com­plément de leur pension et génèrent ainsi un revenu complémentaire à peu près égal, peuvent faire l’objet de calculs d’impôts complètement différents. Et ceci alors que leurs pensions ne diffèrent que de quelques euros.

Calcul technique L’explication réside dans le cal­ cul relativement technique de la déduction d’impôt pour les revenus de remplacement dans le cadre de l’impôt des per­ sonnes physiques. Si votre

Un exemple : la personne A re­çoit une pension de 13.881 euros

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devrait plus du tout payer d’impôt sur sa pension. Alors qu’elle ne conserve que la moitié de son revenu imposable de 10.000 euros. La conclusion est simple : évitez que la poursuite d’une activité professionnelle en complément de votre pension ne se transforme en catastrophe fiscale. Examinez d’abord quelle somme vous retirerez réellement de votre revenu complémentaire.


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Ent reprendre

U n r e s t a u r a n t e t o i l e  : D e L i b r i j e a Z w o l l e

Que deviendrions-nous sans

Jonnie et Thérèse Boer : ce tandem de choc dirige une équipe d’une centaine de collaborateurs. Parallèlement au restaurant De Librije situé dans l’ancienne bibliothèque d’un couvent, ils exploitent un magnifique hôtel. L’établissement, qui compte 19 chambres à la déco très particulière, est implanté dans l’ancienne prison de femmes de la cité hanséatique de Zwolle. C’est également là que se trouvent le restaurant Librije’s Zusje et l’atelier de cuisine et d’oenologie Librije's Atelier. Comme si cela ne suffisait pas, le couple vend des spécialités maison par le biais du Librije’s Winkel et avec Food on Tour, il assure le catering du théâtre municipal. A leurs moments perdus (sic), ils forment des majordomes, et il arrive même à Jonnie Boer de cuisiner pour la reine des Pays-Bas. J’allais presque oublier le magazine culinaire édité par notre duo de choc. Tout cela leur semble évident, mais : « sans l’amour, nous n’y arriverions pas. » texte bert voet PHotos lieven dirckx

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Ent reprendre

Jusqu’il y a peu, les hôtes de l’hôtel Librije prenaient place à bord d’une classique Bentley pour le transfert jusqu’au restaurant, situé à quelque 800 mètres de là dans le centre historique. Mais 40.000 euros de frais de restauration, cela faisait beaucoup, même pour Jonnie et Thérèse Boer. Il a donc fallu choisir entre Jaguar et Mercedes pour véhiculer la clientèle et c’est une majestueuse Classe S qui nous emmène vers le restaurant, où pendant quatre heures, toute la brigade de Jonnie Boer nous éblouit au cœur même de l’ancienne bibliothèque (d’où le nom, librije, de libris) du couvent des dominicaines du 15ème siècle. Craquant de légumes BBQ ou de cacahuètes et de cornichons; cœur de poulet croquant et langue de cabillaud; jaune d’œuf cuit à -20° C et sa crème d’huile de pépins d’abricot, sardine maigre et chou frisé croquant, aile de flétan, chou fleur, caviar de hareng et concombre mariné – et on n’en est encore qu’aux amuse-bouche ! 'L’huître ensablée' (huître, foie gras en forme d’écaille d’huître, sherry oloroso et gingembre) est à se damner. Après avoir goûté la langoustine braisée aux graines de chanvre, potiron, amandes et jus de haricots coco, ma compagne retrousse ses manches pour me montrer qu’elle en a la chair de poule … Elle se penche ensuite sur un dos de cabillaud à la laitue de mer, agrémenté d’aubergine, de citron et de dashi tandis que je m’attaque à des Saint-Jacques à la moëlle de veau, ail fermenté et châtaignes, nappées d’un coulis de céleri rave rôti. Les divins arômes du plat principal nous enivrent : selle de chevrette, jus de boudin et zeste de bergamote. La daube de chevrette servie à part est nappée de yaourt au raifort. Tout ceci vaut bien un voyage, sans doute.

La perfection est de ce monde Thérèse est une œnologue avertie et maître ès vin, ce qui se remarque d’emblée : les mariages mets/vins sont exceptionnels. « Peu de clients sont de vrais connaisseurs », tel est le commentaire de Jonnie. « Il arrive donc que certains chefs pensent qu’on peut leur servir n’importe quoi. Ils ont tout faux !  Il faut justement que tout soit parfait. » C’est ici que notre compatriote Dave De Belder a fait ses classes avant d’ouvrir De Godevaart à Anvers. Il en parle avec chaleur : « ces gens-là m’ont ouvert un paradis culinaire. Monsieur Boer a été mon mentor et mon père spirituel. Il a toujours une grande influence sur ce que je fais, même si je suis personnellement très influencé par la cuisine asiatique. J’ai accompli des stages dans plusieurs endroits, mais jamais comme chez De Librije. On y travaille au plus haut niveau et malgré cela, les rapports sont tout à fait humains. C’est vraiment ‘tous pour un, un pour tous’. On vous y confie aussi très rapidement des

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Ent reprendre

responsabilités. Ces deux-là vous poussent à donner le meilleur de vous-même. » Il tente de résumer en quelques mots la ‘signature’ De Librije : « une cuisine presque paysanne – mais alors, Paysanne avec une majuscule. La vraie cuisine des Pays-Bas, mais revisitée; beaucoup de saveurs du terroir, l’agneau qui vient d’un éleveur local, le sandre pêché dans la rivière toute proche, … Jonnie Librije élabore et dresse ses mets d’une manière toute différente de celle de Sergio Herman, cet autre batave trois étoiles au Michelin. »

Fou a lier Jonnie Boer (46 ans) est né à Giethoorn, la Venise de la Hollande, où ses parents exploitaient un caférestaurant. «  Je rêvais de devenir dessinateur, mais j’ai trop tardé à m’inscrire à l’école des Beaux-Arts. » Ses sentiments sont mitigés lorsqu’il repense à l’école d’hôtellerie de Groningen : « On n’apprend pas à cuisiner à l’école. On y apprend seulement le tout venant. Aux Pays-Bas, les cours de cuisine n’ont apparemment pas changé depuis mon époque. C’est inconcevable, car le monde change, lui. Je pense sincèrement que les meilleurs parmi les chefs ont appris à cuisiner par eux-mêmes. Un jeune qui est bien décidé à se faire une place doit d’abord observer, distinguer différents styles, avant de développer le sien propre. C’est la voie la plus dure, mais aussi la plus belle. Cela permet de se coucher chaque soir en paix avec soi-même. Je sais que je ne parviendrais pas à fermer l’œil si je devais me contenter de copier les plats des autres. Je deviendrais fou, fou à lier. » Il a véritablement découvert la gastronomie à l’âge de 19 ans, lors d’un stage à Amsterdam (De Boerderij, un

restaurant qui avait déjà une étoile à l’époque). «  Le père du chef avait travaillé chez Escoffier dans sa jeunesse. La cuisine classique, ce n’est pas mon dada, mais quand j’ai vu avec quelle passion ce chef préparait ses fonds, plusieurs jours durant … C’est là que j’ai compris que cuisiner représentait bien plus que poser une casserole sur le feu, dresser une assiette et la passer. »  A 21 ans à peine, il entre chez De Librije comme commis de cuisine, et il ne lui faut que trois ans pour passer chef. Sa marque de fabrique ? Les produits de terroir. Il reprend l’affaire en 1992, avec son épouse, Thérèse. « Nous avons vraiment démarré à zéro », nous confie-t-il. « Zéro! »

Dans la cage aux lions « Jonnie ne possédait qu’une voiture, et moi je sortais à peine de l’école hôtelière. Nous avons emprunté 250.000 florins. Cela ne faisait pas longtemps que nous étions en couple. Deux expériences à vivre d’un coup : nous, et l’affaire. » La première étoile Michelin arrive cette même année. « J’ai trouvé que c’était très spécial, car aux Pays-Bas, c’étaient le plus souvent des palais qui avaient droit aux étoiles », déclare Jonnie Boer. « Chez nous, les chaises étaient en rotin, nous n’avions pas de couverts en argent, les nappes étaient usées car nous n’avions pas d’argent pour les remplacer, … Et malgré tout cela : une étoile, parce que la cuisine était bonne. » « Nous avons véritablement été jetés dans la cage aux lions », se souvient Thérèse. « Avant cela, ce n’était pas la foule, mais tout d’un coup nous avons affiché complet chaque jour, midi et soir. J’étais seule en salle, Jonnie avait un seul commis de cuisine. Nous n’arrêtions pas, à partir de huit heures du

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Ent reprendre

Il ne se passe pas une journée sans que nous ayons inventé quelque chose. Nous demandons alors l’avis de Thérèse, du maître d’hôtel et des trois sommeliers, nous adaptons la recette et nous reprenons tout à zéro. Il arrive qu’un plat soit parfait après deux jours, parfois cela prend une éternité. D’autres fois, quelqu’un s’aperçoit qu’un plat à la carte serait encore optimisé en y ajoutant quelque chose – quelques gouttes pour rendre l’ensemble plus corsé par exemple. Ou plusieurs clients nous font la même remarque. Mais lorsque l’un de mes collaborateurs touche à quoi que ce soit sans m’avertir, j’explose. Je dois pouvoir leur faire entièrement confiance. »

Pas de stress

matin : il était quatre heures du matin lorsque nous nous couchions enfin. » «  C’était un véritable raz-de-marée  », poursuit Jonnie. « Les premiers mois, nous n’avions même pas les vins que les clients pointaient sur la carte. L’ancien propriétaire pensait à sa retraite depuis un certain temps déjà et nous n’avions pas encore pu compléter la cave. Nous ne savions d’ailleurs pas toujours quels vins étaient en stock. Nous n’avions pas de système, rien. C’était dramatique ! (rire) » « La maman de Jonnie venait nous donner un coup de main une fois par semaine, pour le repassage, le nettoyage, et pour le reste, nous faisions tout nous-mêmes. Mais cela a été une très belle période dans notre vie. » « Super! », renchérit son mari. « Un chef qui reçoit de l’argent des investisseurs : cela ne peut pas durer. Mais bon, pour faire des étincelles il faut aussi avoir connu les vaches maigres. » La deuxième étoile a suivi en 1999, la troisième en 2004. Depuis, Jonnie Boer est un grand parmi les grands.

Un style ne de la necessite « Aux Pays-Bas, un bon restaurant traitait par définition des produits français, et la carte ne mentionnait que des plats dans cette langue. Etant rebelle de nature, je me suis dit qu’il devait être possible de faire autrement. J’ai donc commencé à acheter des produits régionaux. Nous vivons dans un petit pays, donc les huîtres de Zélande ne viennent pas de bien loin. Je suis fier de cette évolution, j’y ai gagné une identité : faire ce qui me plaît, à ma manière mais toujours à un niveau élevé. Et j’évolue encore aujourd’hui. » « J’avoue que ce style est aussi né de la nécessité. Nous ne pouvions pas nous permettre d’acheter de

l’agneau des Pyrénées, trop coûteux, et je ne voulais pas d’agneaux surgelés de Nouvelle-Zélande. Mon cousin était éleveur, et pendant trois ans j’ai fait chaque semaine le trajet vers l’abattoir, avec deux bêtes qui bêlaient à l’arrière de ma vieille Opel Kadett. Depuis vingt ans, le beurre m’est livré par une fermière du coin – un beurre un peu spécial, comme je l’aime, au sel marin, et aussi bon que le beurre français, qui est bien plus cher. D’ailleurs, entretenir un réseau de fournisseurs locaux, il n’y a rien de plus beau. » « Des produits du terroir, il y en a partout », affirme Jonnie Boer. « Nous avons autour de nous des fermiers qui font d’excellents produits et la criée d’Urk, à 30 kilomètres, accueille les plus grosses ventes de poissons plats en Europe. Un journaliste hollandais (Johannes van Dam, avec lequel Jonnie Boer a été en conflit pendant des années, ndlr) ne cesse de répéter dans ses articles que les plus beaux cèpes viennent des Pyrénées. Pourtant, lorsque je me balade en saison avec mon fils dans les bois de ma région, nous en ramenons jusqu’à cinq seaux en deux heures à peine, et pas que des grands, mais aussi des petits, bien durs. D’accord, nous n’avons pas de truffes – quoique je me demande parfois s’il n’y en a pas quelques-unes, bien cachées ici ou là. » Ses talents de dessinateur lui servent encore aujourd’hui, car quand l’artiste Jonnie Boer invente un nouveau plat, tout commence par un croquis dans son carnet. « Mais chez nous, tout le monde peut élaborer de nouveaux mets, même les gars de la plonge. De toute manière, un plat est toujours le résultat d’une collaboration. Mes gars exécutent mes idées, y ajoutent un petit quelque chose, j’enlève un détail, etc.

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Le lendemain, 10h30 du matin. Les livraisons arrivent toutes en même temps en cuisine, un souterrain avec ses voûtes et ses vitraux. Quinze chefs s’activent à la préparation du déjeuner. Que des hommes ou presque, chacun à son poste, préparant avec une précision extrême des plats raffinés qu’ils font goûter à leurs collègues – et inversement. Des Hollandais bien sûr, mais aussi des Belges, des Autrichiens, un Vénézuélien, un Allemand, un Espagnol. Un écrivain hollandais renommé, Ronald Giphart, a écrit après avoir travaillé pendant quelque temps en cuisine chez Sergio Herman et chez Jonnie Boer : « Jonnie veut lui aussi être le meilleur, mais il pense avant tout ‘en équipe’. Jonnie est capable de déléguer des tâches, de diriger son personnel. Il est un planificateur né, il est proactif et un grand organisateur. Dans sa cuisine, tout est parfaitement préparé : ni cris, ni bousculades. » Quelqu’un laisse tomber quelque chose à grand fracas, comme pour faire mentir l’écrivain. Mais Jonnie Boer se contente d’une tape amicale dans le dos du maladroit. C’est clair : ses collaborateurs ne sont pas stressés en cuisine. Même pas plus tard, à l’heure du coup de feu. « Ce ne sont pas tout le temps les mêmes à qui on met la pression », nous explique-t-il. « A ce moment précis, ce sont ceux qui préparent les amusebouche qui turbinent, ensuite ce sera le tour des entrées, puis des plats, et enfin des pâtisseries. Cela ne se remarque qu’au niveau des mouvements, plus rapides, mais pas de stress, pas d’ordres secs … Ils savent ce qu’ils ont à faire, ils ont les bons ustensiles sous la main, alors pourquoi paniqueraient-ils ? Je ne veux absolument pas courir et crier du matin au soir. Quand ils la ramènent trop, je sors un moment avec eux, c’est tout. On fustige beaucoup trop dans les cuisines, je n’aime pas cela du tout. »

Un ordre quasi monastique « C’est comme une communauté, presque un ordre


monastique », c’est ainsi que Ronald Giphart définit la brigade de De Librije. Même une fois sortis du restaurant, ils entreprennent pas mal d’activités en commun. « Il y a deux ans, un jeune autrichien est venu travailler chez nous. Il pesait 160 kilos : une fois rentré dans sa chambre la nuit, il se gavait de chips et de coca-cola. J’ai remarqué que cela lui posait des problèmes – physiques, mais aussi dans ses relations à autrui. Il n’avait que dix-huit ans et nous étions déjà le troisième restaurant étoilé pour lequel il travaillait. Je lui ai parlé de son talent, mais je lui aussi dit qu’il devait maigrir s’il voulait continuer dans ce métier – et que de toute manière il ne ferait pas de vieux os s’il continuait ainsi. Il s’est d’abord rebiffé, mais un beau jour il m’a demandé comment faire pour maigrir. 'Pas de régime', lui ai-je dit. 'Ne touche plus à ces saletés la nuit et moi, je ferai en sorte que tes parents ne te reconnaissent pas dans quelques mois.' Et c’est ce qui s’est passé. Toute l’équipe l’a emmené faire du squash, je peux vous le faire voir sur mon iPhone. C’est magnifique, non ? Il avait juste besoin d’être soutenu. Et ces petits gars ressentent eux aussi cette solidarité. » « Je ne suis pas leur père pour autant. Je veux les protéger, je les défends quand il faut et je leur assène leurs quatre vérités lorsque c’est nécessaire, mais ma famille, c’est ma famille. Il ne faut pas les laisser venir trop près, cela risque de poser d’autres problèmes. »

La pause de dix-sept heures Cette famille, avec ses deux enfants, c’est l’essentiel pour Jonnie. Là où Sergio Herman affirme qu’il a un métier de chien et que pour rien au monde il ne voudrait que ses enfants suivent ses traces, Jonnie Boer voit les choses différemment. « Il ne faut s’en prendre qu’à soi-même, » dit Jonnie Boer – qui est très ami avec Sergio Herman. « La famille, c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie. Il faut être là pour sa famille, sinon tout va à vau-l’eau. » Son fils, Jimmie, fête aujourd’hui son onzième anniversaire et Jonnie Boer lui a préparé tôt ce matin des sushis à emporter à l’école. Il l’accompagne au foot chaque semaine : « je les emmène à l’école chaque matin et je vais les chercher le soir. Chez nous, pas question d’engager une jeune fille au pair. Mais je dois avouer que si les choses marchent, c’est aussi et surtout grâce à Thérèse. Cette femme n’est pas normale, elle a de l’énergie à revendre. » « Il faut tout simplement s’organiser et être capable de déléguer », remarque-t-elle. « Même si les journées sont très longues, j’insiste sur l’importance d’un rythme régulier. Nous nous levons tous les jours à sept heures et nous nous couchons généralement


vers deux heures du matin. A dix-sept heures, donc entre les services du déjeuner et du dîner, nous nous mettons à table avec les enfants. » De nombreuses personnes craignent qu’un tel rythme représente la fin d’une union : « pas du tout », rétorque Jonnie Boer. « Parce que nous travaillons dur. Je crois que la relation est menacée une fois que l’on a énormément d’argent et qu’on vit en quelque sorte sur pilote automatique. Dans ce cas, on n’a plus besoin l’un de l’autre. Nous avons vraiment besoin de l’autre, aux bons moments comme aux mauvais. Lorsque la banque fait entendre ses jérémiades, nous sommes plus forts à deux pour tenir bon. Je ne peux même pas imaginer Thérèse ayant un emploi de bureau, et moi qui rentre en pleine nuit du restaurant. Dans ce cas, on vit des vies parallèles, et on ne se comprend plus vraiment. » « L’amour est plus fort grâce à ce que nous avons en commun », affirme Thérèse. « Le personnel reste à sa place de personnel. En fin de compte, ils pensent d’abord à eux, ce qui est tout à fait normal. Et j’admire vraiment le travail qu’ils accomplissent. Mais dans les moments difficiles, nous ne sommes que tous les deux et nous avons bien besoin de nous appuyer sur cet amour. D’ailleurs il y a également le revers de la médaille, avec trois étoiles : dès que nous nous serrons la ceinture, les journaux titrent : « De Librije en crise ». Croyez-moi, il faut vraiment être bien dans ses baskets à ces moments-là. » « La magie entre nous, c’est que nous nous complétons si bien. Jonnie est le créatif, celui qui ose, qui est enthousiaste, extraverti; je suis plus réservée, plus centrée sur les affaires aussi, je réfléchis plus longtemps avant de me lancer dans quelque chose. Il nous arrive de travailler côte à côte en silence, et de savoir exactement qui va faire quoi. Je dirige l’équipe de management, je veille à ce que tout le monde fasse ce qu’il a à faire. Jonnie doit être libre de créer, ce qui est primordial dans une affaire comme la nôtre. »

Payer la note avec des tableaux… Ils habitent tout près, au-dessus du Librije's Winkel. Aux murs, de nombreuses œuvres d’Herman Brood, un artiste rock’n’roll né à Zwolle. « Il n’a jamais payé un seul repas chez nous, il réglait l’addition avec un petit tableau », nous confie Jonnie Boer. « C’était un génie. Il était toujours accompagné d’un ami d’enfance, un marchand d’art. » Il nous sert un plat à deux étages, qui porte sa signature – Cocktails & Dreams. « Je rêvais depuis toujours de réhabiliter les cocktails de crevettes et de crabe, mis à mal un peu partout. ». Le pigeonneau qui tombe rôti dans nos assiettes fait encore grimper mon taux de félicité. Le filet, la viande grillée des pattes, les ailes, le cœur et le foie, tout est servi avec un raffinement extrême.


Ent reprendre

Au dessert, le fameux ‘deconstructed apple pie’, une tarte aux pommes totalement déconstruite, renferme tous les ingrédients qu’utilisait la maman de Jonnie pour ‘sa’ tarte aux pommes. « Je l’ai inventée en pensant à la famille royale. J’ai cuisiné pour eux à quatre reprises déjà. Le prince héritier et Maxima viennent parfois manger à notre table d’hôtes. Et la princesse Margriet (la sœur de la souveraine) a suivi des cours de cuisine chez moi. Ce sont des gens normaux, savez-vous…. »

Des millions D’après Alain Coninx, Jonnie Boer serait le plus grand entrepreneur hôtelier du Benelux, et peut-être même d’Europe. Un hôtel cinq étoiles a vu le jour en 2008 dans l’enceinte de l’ancienne prison de femmes – un projet dans lequel ils se sont lancés il y a cinq ans. « La question était de savoir : allons-nous recommencer à zéro une fois encore, ou préférons-nous empocher les bénéfices pendant dix autres années, avant de prendre une retraite bien méritée? Nous avons donc acheté et nous nous retrouvons une fois de plus comme quand nous avions vingt ans – il est vrai que cette fois, les nappes ne sont plus déchirées et que nous avons du personnel qualifié. » La télévision a même enregistré une série portant sur la construction de l’hôtel et tout ce qui l’accompagnait. « La télévision peut facilement être un piège », commente Jonnie Boer. « Ils n’ont de cesse de nous solliciter pour des interventions qui paraissent alléchantes à première vue, mais avec lesquelles je ne veux pas être associé. Etre pris en photo avec des produits de Unilever : très peu pour moi. Mais nous savions que l’hôtel allait nous coûter de huit à neuf millions et que nous allions devoir travailler comme des malades. De plus, la crise aidant, nous risquions de connaître un démarrage bien lent. Grâce à cette série, nous avons réussi à faire connaître l’hôtel d’emblée. Mais aujourd’hui, tout ce que nous gagnons avec le restaurant et le magasin est réinvesti dans l’hôtel. Je pense que nous engrangerons les premiers bénéfices d’ici cinq ans, ce qui nous permettra de rembourser de grosses sommes. » «  Mais que deviendrions-nous sans risques?  », plaisante-t-il. « Cela nous rendrait peut-être trop lents, et paresseux. Quoi qu’il en soit, c’est pour moi un rêve qui se réalise. L’ambiance est excellente, le taux d’occupation de l’hôtel est de 65%, le prix moyen d’une chambre dépasse les 300 euros, les cours de cuisine fonctionnent à raison de deux séances par jour et Librije's Zusje est presque toujours complet. » « Je ressens évidemment la pression financière, mais aucune pression gastronomique. J’écoute ce que me disent les clients, j’en parle lors de nos réunions. Mon

égo ne compte pas, ce qui est important, c’est de se remettre en cause en permanence. La pression, on ne la ressent que si on garde tout pour soi : ça finit par exploser. » « Par contre, j’ai le trac chaque jour – avant le déjeuner et avant le dîner. Il est impossible de se reposer sur ses lauriers, il faut faire ses preuves sans cesse. Tant que j’éprouve du plaisir à le faire, que je réussis à maintenir le niveau actuel et que je trouve encore du temps pour mes enfants, je continuerai. Souvent, au milieu des vacances, l'envie de me remettre au travail me reprend. »

Une allergie aux crustaces Quelle est donc la magie des trois étoiles? « On annonce parfois qu’un restaurant va hériter d’une troisième étoile, alors que moi, je sais pourquoi Michelin préfère attendre encore un peu. Tout doit mûrir, tout doit être parfait. Le service doit être à la hauteur de ce qu’il y a dans l’assiette. Et ce bel équilibre doit être maintenu, année après année. Or l’équilibre c’est aussi : le calme. Trois étoiles, cela ne veut pas dire pour autant que l’on ne se trompe jamais. Un grand chef se reconnaît à la manière dont il réussit à réparer une erreur, au lieu de ne laisser parler que son égo. » Il n’hésite pas à modifier un menu quand on le lui demande. « Evidemment, avec tous ces chefs qui viennent nous voir ! Il m’est arrivé dans un très bon restaurant à Paris de demander un changement de menu parce que je suis allergique aux crustacés et que Thérèse n’aime pas les truffes. Le maître d’hôtel n’a pas osé transmettre notre message au chef. Ce n’est pas normal, à mon avis. A nous quatre, nous avons alors commandé huit plats à la carte, et le bonhomme est devenu vert. » Les samedis soirs sont complets quatorze mois à l’avance, le mardi – le jour le plus calme – trois mois d’avance. « Nous recevons également des touristes culinaires. Et même des clients qui se rendent dans tous les restaurants du guide S. Pellegrino World's 50 Best Restaurants, où nous avons fait notre entrée l’année dernière en 37ème position. Mais je suis tout aussi satisfait d’accueillir des gens qui ont épargné longtemps pour cette soirée, ou des clients qui ne viennent chez nous qu’une fois par an. » « Cela m’est arrivé quelques fois de voir un homme ému aux larmes devant un plat. Pour moi, être touch�� à un niveau supérieur pose problème aujourd’hui, et cela me chagrine. Evidemment, je connais tous les trucs, toutes les astuces, et pour moi, une soirée au restaurant perd un peu de sa magie. Ce qui arrive encore à m’émouvoir, c’est le goût d’un produit ou d’une préparation. J’ai trouvé El Bulli génial, mais la tendance qui a suivi en Espagne, je ne la comprends

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pas vraiment. On m’a proposé récemment des algues, pêchées à dix, à vingt et à trente mètres de profondeur, sur un lit d’eau de mer gelée. Et c’était dans une enseigne renommée ! Je conçois qu’il est impossible de réussir dix plats sans faute, mais un plat sublime suivi de neuf déceptions : ça, je ne l’accepte pas. J’ose moi aussi quelques plaisanteries ici et là : un pétard comestible avec le café d’accord, mais avant tout il faut que ce soit bon. »

“Pour faire des étincelles il faut aussi avoir connu les vaches maigres.”


quoi d e neuf

L a p l a n i f i c a t i o n f i n a n c i e r e a d u s u c c e s da n s l a pa r t i e f r a n c o p h o n e d u pay s

Nos ambitions prennent forme Optima Financial Planners a ouvert de nouveaux bureaux à Waterloo. Un espace supplémentaire qui doit permettre à Optima de se développer au sud du pays. En 2 ans et demi, 63 personnes sont venues rejoindre les rangs d’Optima en Wallonie. Les autres activités d’Optima ont aussi connu une croissance similaire. photos luk coupe

“Des chiffres éloquents,

Depuis le lancement fin 2008 des des Régions (notamment en matière bien premiers bureaux satellites wallons de droits de succession), nous avons faits pour rehausser l’éclat de notre d’Optima, implantés à Brainedécidé de créer pour la Belgique . l’Alleud, la clientèle bruxelloise et francophone un centre d’audit sépawallonne de la société a beaucoup ré, composé de fiscalistes et de jurisaugmenté, et compte aujourd’hui quelque 957 familles. Depuis tes spécialisés. Toutes ces compétences sont à présent installées lors, la partie francophone du pays est devenue un pôle de crois- dans les nouveaux locaux de Waterloo, où 63 personnes travaillent sance important pour la société. Pas moins de 29% des nouveaux dorénavant, sur les 350 collaborateurs que compte Optima. clients Optima vivent à Bruxelles ou en Wallonie. La Belgique francophone n’a évidemment pas été le seul moteur « C’est un fait : le concept d’une planification financière inté­ de croissance d’Optima en 2010. Au cours de l’année civile grale a du succès en Wallonie et à Bruxelles », affirme le CEO écoulée, Optima a accueilli 1.146 nouveaux clients, ce qui d’Optima, Monsieur Jeroen Piqueur. « De plus en plus de cito­yens représente 6% de plus que l’année précédente et un record recherchent une planification financière à long terme, à la dans l’histoire de la société. En 2010, la valeur du portefeuille mesure de leur situation et de leurs attentes spécifiques. » des nouveaux clients a augmenté de 15% par rapport à l’année précédente. Le portefeuille clients global d’Optima comprend Afin d’optimiser toujours plus nos services et de nous adapter aux plus de 13.000 dossiers. Des chiffres éloquents, bien faits pour différences de plus en plus nombreuses dans la législation fiscale rehausser l’éclat de notre vingtième anniversaire en 2011 !

vingtième anniversaire ”

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Optima a Waterloo Drève Richelle 159 1410 Waterloo (tél. 02/389 15 50)


i l f a i t pa r l e r d e l u i

P IERRE RION

Entrepreneur

par necessite

Pierre Henri Rion, pilote et homme d’affaires, symbolise la nouvelle génération des entrepreneurs wallons.

Citez le nom d’une entreprise wallonne florissante et il est probable que Pierre Henri Rion y est lié d’une manière ou d’une autre. Depuis dix ans en effet, Pierre Rion met son expérience d’entrepreneur au service d’autres entrepreneurs qu’il place sur les rails. Un entretien à bâtons rompus avec cet homme-orchestre, pilote, gastronome, saxophoniste, viticulteur, chasseur et surtout : le nouveau président du principal club d’affaires du sud du pays. Son secret ? Se lever tôt et travailler dur, très dur. texte jeroen lissens photos LIEVEN DIRCKX

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I L F A IT PA R L ER DE L UI

Prendre rendez-vous avec un homme qui possède une quinzaine de mandats dans autant d’entreprises, voilà qui relève du casse-tête : l’agenda de Pierre Henri Rion (51 ans) est plus que chargé. Celui qui tient à le rencontrer découvre bien vite le secret de sa gestion du temps (time management) : Pierre Henri Rion est un lève-tôt. Nous lui avons envoyé plusieurs mails pour préparer cette interview, et il nous a toujours répondu aux alentours de six heures du matin, puisqu’il se lève aux aurores. Et puisque time is money, Pierre Henri Rion a même calculé le temps qu’il gagne à se lever si tôt. « Mon réveil sonne trois heures plus tôt que chez la plupart des gens. Trois cent jours par an fois trois heures, voilà qui me donne une avance de 900 heures – imaginez ce que l’on peut faire en un tel laps de temps  ! J’avoue qu’il est parfois bien difficile de s’extraire du lit à pas d’heure, en hiver surtout. Mais c’est une question de discipline, rien de plus. »

Le temps A la lecture du CV de Pierre Henri, on se rend compte que cet homme n’a vraiment pas perdu son temps. A 40 ans, il est entré en bourse avec sa première société, IRIS, leader mondial de la reconnaissance intelligente de documents. La liste de ses mandats actuels est aussi longue (quinze mandats actifs) que variée. Il est notamment actionnaire et président du directoire de Belrobotics, un constructeur de tondeuses à gazon automatiques, actionnaire-directeur d’un parc naturel coté en bourse, Pairi Daiza (anciennement Parc Paradisio), directeur d’EVS, spécialiste de l’image numérique coté en bourse. Il a également fondé un domaine viticole wallon, le Domaine de Mellemont, ainsi qu’une petite compagnie aérienne, Avia-Rent Wallonie. Il est le vice-président de l’Agence du Commerce Extérieur, … j’en passe et des meilleures. On ne peut parler de l’entreprenariat wallon sans citer Pierre Henri Rion. Sa récente nomination au poste de président du Cercle de Wallonie, le principal cercle du sud du pays, semble couler de source avec un tel palmarès. Pourtant, Pierre Henri Rion est le premier à relativiser ce qui précède : « Je ne suis qu’un petit entrepreneur wallon », affirme-t-il dans l’un de ses mails, après avoir appris que ceux qui l’ont précédé en couverture de Capital n’étaient autres que Howard Gutman, le Baron Paul Buysse, Guy Verhofstadt ou encore Eddy Merckx. Vrai discret, ou faux modeste ? Pierre Henri Rion nous a réservé du temps. Notre rencontre a lieu par une fraîche matinée de printemps à l’aéroport de Liège, où est stationné l’un des avions qu’il loue avec son associé à des hommes d’affaires régionaux. Il s’agit d’un turbojet Aérospatiale TBM 700, nous apprendil.  « Le turbojet, c’est l’avenir de l’aviation. Il vous emmène n’importe où, et s’il est 15% moins rapide qu’un avion à réaction, il ne coûte que la moitié. »

Entrepreneur-ne

“Mon réveil sonne trois heures plus tôt que chez la plupart des gens. Trois cent jours par an fois trois heures, cela me donne une avance de 900 heures – imaginez ce que l’on peut faire en un tel laps de temps !”

C’est un connaisseur qui parle. Pierre Henri Rion est l’un des pilotes d’Avia-Rent Wallonie, ce qui signifie deux choses : d’abord qu’il veut tout connaître des projets qui l’occupent, et ensuite, que l’on a affaire à un homme capable de rentabiliser ses violons d’Ingres. Deux caractéristiques propres aux entrepreneurs nés ? PIERRE HENRI RION : « Je suis devenu entrepreneur par nécessité. Je ne suis pas issu d’une famille d’entrepreneurs. Mon père, ingénieur civil comme moi, a travaillé pendant un demi-siècle pour la même entreprise (ACEC). Pour lui, je suis probablement un ingénieur raté, car à ses yeux, le biotope d’un ingénieur c’est le laboratoire. Il n’avait aucune notion de la valeur économique de son travail, même s’il a contribué à poser les bases du tout premier réseau de fibres optiques. » Ingénieur raté ou pas, un homme qui n’a que quarante ans lorsque son entreprise est cotée en bourse a dû faire ses preuves très tôt ? PIERRE HENRI RION : « C’est vrai, j’ai fait toutes sortes de métiers. J’ai fait la plonge, j’ai été

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garagiste, vendeur de pneus, fabricant de savon, cariste, etc. A seize ans, je travaillais après les cours, d’abord pour m’acheter une mobylette, plus tard une voiture. »

Maigre solde Pierre Henri Rion s’est marié juste avant le service militaire, selon son propre aveu pour ne pas devoir servir en Allemagne. Mais les 75 francs belges (moins de 2 euros) de solde auxquels il avait droit ne suffisaient pas à entretenir une famille et à rembourser le crédit d’une maison. PIERRE HENRI RION : « C’est là que j’ai lancé avec un associé ma première petite entreprise – Dedrion. C’est ce qui s’appelle entreprendre par nécessité. La moitié du capital de départ – 6.000 euros d’aujourd’hui – avait été empruntée à la banque. Je n’ai jamais eu peur de prendre

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“J’ai appris à jouer

du saxophone, à chasser, à piloter un avion – et

même un hélicoptère. Il y a quelque temps, ma femme m’a demandé en plaisantant – à peine – si l’étape suivante serait celle du brevet de capitaine de sous-marin ….”


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des risques (rire). Nous programmions et vendions des logiciels comptables pour les tout premiers PC IBM. Nous nous débrouillions pas mal et nous avons eu de la chance : nous avons réussi à convaincre la Mitsubishi Bank. Quand on sait qu’un ordinateur coûtait à l’époque 7.000 euros et que nos marges étaient très élevées, vous comprendrez que nous étions lancés dès le moment où nous avons signé un contrat pour l’installation de dizaines de PC. »

BUSINESS ANGEL Deux ans plus tard, Pierre Henri Rion revendait Dedrion. Il a ensuite travaillé pour la Gendarmerie, comme conseiller en informatique dans le cadre de l’identification électronique des victimes de la catastrophe du Herald of Free Enterprise. D’abord sous les ordres de son nouvel employeur, la société informatique Prodata, et plus tard comme indépendant. Pierre Henri Rion reprit à cette époque la firme wallonne IRIS, une spin-off de l’UCL à Louvain-La-Neuve dont il a fait, après une rationalisation poussée et une diversification certaine, un acteur mondial sur le marché de la reconnaissance optique de caractères, coté en bourse. IRIS a représenté son plus gros coup financier. D’entrepreneur par nécessité, il est peu à peu devenu un entrepreneur né. Pour un bourreau de travail tel que Pierre Henri Rion, il ne pouvait être question de s’arrêter de travailler à quarante ans. Depuis, notre homme fait donc figure de business angel toujours prêt à venir en aide à des starters prometteurs. Et là aussi, sa vision des choses est claire et précise. PIERRE HENRI RION : « Je connais parfaitement les difficultés économiques de la Wallonie et je considère que ma mission consiste à y remédier. Comment je fais pour y arriver ? Je rencontre une personne qui a une idée prometteuse et je lui prête de l’argent – par exemple la moitié de l’investissement – en échange de ce que je qualifie de ‘plus-value sympathique’ : généralement une participation aux futurs bénéfices. »

Se salir les mains Quant il est question de business angel, la plupart des gens pensent spontanément à un homme plutôt âgé, dont l’intervention est surtout financière … PIERRE HENRI RION : « La plupart des business angels sont plus âgés, c’est vrai. Mais j’essaie quant à moi d’agir différemment. Pour moi, être un business angel n’est pas quelque chose de purement financier. Cela veut dire aussi investir gratuitement de son temps dans un projet. Je m’occupe actuellement d’une dizaine d’entreprises au jour le jour. Je leur ouvre mon carnet d’adresses, je siège au comité de direction, je leur accorde des garanties financières lorsque les choses vont moins bien, etc. Etre un business angel, ce n’est pas seulement investir dans une belle voiture, c’est changer les soupapes soi-même et se charger de l’entretien. Et pour cela, il ne faut pas avoir peur de se salir les mains. (rire). » D’où vous vient ce feu sacré, cette notion de mission à accomplir ? PIERRE HENRI RION : « J’estime qu’il y a trop peu de business angels en Wallonie. Mon ami Laurent Minguet (le fondateur d’EVS, société cotée en bourse, réd.) en est un, mais pour le reste … Je trouve qu’aider ma région relève de mon devoir. C’est sans doute un reliquat de mon éducation, à une époque où les jeunes avaient encore des devoirs et pas seulement des droits, comme c’est le cas aujourd’hui. Tous ceux qui ont les capacités pour le faire, devraient le faire. Nous, les entrepreneurs, nous avons bien été aidés un jour, non ? »

Les leçons de la crise L’entreprenariat connaît de bonnes et de mauvaises périodes. Quel a été l’impact de la récente crise financière sur Pierre Henri Rion et sur ses participations ? PIERRE HENRI RION : « Enorme : les banques ayant du jour au lendemain coupé les fonds pour pratiquement tous les nouveaux projets, j’ai été forcé de me substituer à elles. Sur le plan opérationnel également, la situation n’était pas rose : mes participations ont perdu en moyenne

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“Je connais parfaitement

les difficultés économiques de la Wallonie et je considère que ma mission

consiste à y remédier.”

de 20 à 25% de leur volume. La baisse a même été de 90% pour la location d’avions d’affaires. Pratiquement toutes les commandes étaient gelées. Seul l’immobilier s’est maintenu : mes intérêts dans ce secteur ont en tout cas survécu à la crise. Mieux encore : l’immobilier s’est révélé un havre de paix à une période agitée, et ce pour de très nombreux investisseurs. » Quelles sont les leçons qu’un serial entrepreneur retire d’une telle crise ? PIERRE HENRI RION : « Qu’il y a toujours un moment où les choses ne peuvent qu’aller mieux. Et c’est ce moment-là qu’il faut choisir pour investir. Il vaut mieux agir avant tout le monde. Prenez ce que nous avons fait chez EVS : pendant tous ces mois difficiles, nous n’avons cessé d’embaucher et d’investir, car nous avions remarqué que de nombreux salariés très compétents se retrouvaient sur le marché. Et voilà : notre courage a été payant ! » Investir à contre-courant, cela signifie aussi prendre de gros risques, parfois même de très gros risques. Combien de risques Pierre Henri Rion est-il prêt à prendre ? PIERRE HENRI RION : « Mon attitude face au risque a changé avec les années. Quand j’étais jeune, je n’avais pas grand-chose à perdre, et j’ai donc automatiquement pris plus de risques. Notamment lorsque nous avons démarré notre première entreprise grâce à un emprunt. Cette soif du risque diminue progressivement avec l’âge. En ma qualité d’indépendant, je ne peux pas compter sur l’Etat pour obtenir une pension digne de ce nom, et je suis donc tenu de limiter les risques et de me constituer une pension. En revanche, l’âge venant on acquiert une plus grande expérience en matière d’évaluation des risques. Avec un gain de confiance à la clé. »

Les diplomes Qu’est-ce qui vous décide face à un nouveau projet : les hommes ou les chiffres ? PIERRE HENRI RION : « Entreprendre, c’est pour moi lié à l’intuition. Plus encore que les chiffres, l’adage ‘business first’ me semble important : un entrepreneur est-il prêt à faire l’impasse sur les vacances, à se lever très tôt le matin, à travailler dur ? Le charisme compte plus qu’une batterie de diplômes : ce qui importe avant tout, c’est de s’imaginer dans les situations les plus diverses. » Une éthique du travail très stricte, qui se heurte parfois à l’attitude des syndicats, qui d’après vous prennent les salariés en otages et qui représentent une sérieuse menace pour notre société ? PIERRE HENRI RION : « Ne vous méprenez pas : dans les années ’20, j’aurais probablement été un militant actif et me serais opposé aux abus de pouvoirs de certains patrons. Mais aujourd’hui, je note surtout que les syndicats abusent de leur pouvoir au détriment des salariés. Prenons l’exemple de l’accord interprofessionnel, une bonne chose pour tout le monde. Pourtant, certains populistes appellent à bloquer le processus. Ils n’hésitent pas à paralyser les routes et les transports en commun, empêchant de la sorte des milliers de personnes de faire leur travail, ce qui pousse certaines entreprises étrangères à quitter le pays. J’ai du mal à concevoir une telle attitude. »

Les impots Faudrait-il envoyer les leaders syndicaux en voyage d’étude en Inde et en Chine, pour qu’ils constatent que l’industrie y est prête à battre en vitesse un Occident plus coûteux et moins productif ? PIERRE HENRI RION : « Les dirigeants syndicaux sont parfaitement au courant de la situation. Mais c’est le système qui a tout faux .Aussi longtemps que les syndicats belges portent la responsabilité des indemnités de chômage, ils ont en fait intérêt à créer plus de chômage – et une base qu’ils contrôlent entièrement. Dans certaines régions de Wallonie, des gens n’ont jamais travaillé depuis trois générations  ! Comment expliquer cet état de fait ? L’incentive poussant les gens à travailler est largement insuffisante. On compte en Wallonie 20.000 offres d’emploi que l’on ne parvient pas à remplir, et ce malgré une offre pléthorique de formations

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I L F A IT PA R L ER DE L UI

gratuites. Pourquoi ? Il n’y a pratiquement pas d’écart entre un salaire net, plumé par le fisc, et des allocations de chômage complétées par quelques heures de travail au noir. » Quelle solution proposez-vous? « Ma solution : plus de contrôles sur le travail au noir, et surtout : moins d’impôts pour les bas salaires. Pour les pouvoirs publics, cette baisse de recettes fiscales serait aisément comblée : plus de gens au travail, cela permet de payer moins d’indemnités de chômage, et ces salaires seraient bénéfiques à la consommation. » Quelle est l’importance d’une politique fiscale adéquate pour le climat de nos entreprises ? PIERRE HENRI RION : « En Belgique, nous sommes les champions en matière d’impôts et ce

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“Plus encore que les chiffres, l’adage ‘business first’ me semble important : un entrepreneur est-il prêt à faire l’impasse sur les vacances, à se lever très tôt le matin, à travailler dur ?”


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dans de nombreux domaines, mais l’Etat a besoin d’encore plus de rentrées pour assainir ses finances. Pourtant, trop d’impôt tue l’impôt. Augmenter sérieusement les taxes – notamment sur le capital – reviendrait à faire fuir les capitaux vers l’étranger. Pourquoi ne pas lever une modique taxe, mettons de 5%, sur la plus-value lors de la vente d’actions, et introduire une taxe à la spéculation ? La taxe Tobin aurait l’avantage de ne pas toucher les épargnants, ce qui est encore trop souvent le cas. »

Une economie de PME « Mais avant tout, il faut que les pouvoirs publics eux-mêmes gagnent en efficacité, et cessent d’investir de l’argent dans les droits acquis d’un certain nombre de personnes embauchées il y a longtemps. Il faut qu’ils investissent plutôt dans l’avenir. J’entends par là la recherche et le développement, des formations, les reconversions, etc. Le système du chômage institutionnalisé – auquel collaborent les syndicats – marginalise des pans entiers de la population, ce qui est néfaste pour notre bien-être futur. » Malgré tout, le moral de nombreux entrepreneurs est plutôt bon. En Wallonie comme en Flandre ou à Bruxelles, on observe un optimisme prudent parmi les chefs d’entreprise, surtout en matière d’embauche. PIERRE HENRI RION : « L’économie belge est surtout une économie de PME, ce qui est une bonne affaire aujourd’hui plus que jamais. Les multinationales, notamment dans les secteurs automobile, chimique et des transports, constituent le maillon faible, dans ce sens qu’elles sont susceptibles de partir à l’étranger et qu’elles nous fragilisent donc en nous faisant perdre notre fonction de quartier général. Cessons dès lors de rêver de produits que les Chinois fabriquent pour un cinquième du prix  ! Je sais bien que les Chinois gagnent un peu mieux leur vie au fil du temps, mais j’estime que nous serions plus inspirés quant à nous de miser sur les cerveaux, sur des business models créatifs et sur les secteurs innovants, là où se situe le potentiel d’avenir de notre économie. » Quels messages laisser à vos trois fils, qui devront contribuer à donner forme à cet avenir ? PIERRE HENRI RION : « Je leur dis toujours la même chose : parvenez à vous intégrer dans des milieux très différents. Vous devez être capable de conduire un poids lourd, mais aussi vous sentir à l’aise lors d’une réception au palais royal. Adaptez-vous à votre environnement, c’est la meilleure école pour entreprendre. » Avons-nous oublié certains diplômes, outre ceux d’ingénieur, de pilote et de viticulteur ? PIERRE HENRI RION (rire) : « Chaque fois que je mise sur un domaine donné, je n’ai de cesse de tout comprendre et de tout maîtriser. Je fais donc tout ce qui est en mon pouvoir pour y arriver. J’ai par exemple appris à jouer du saxophone, à chasser, à piloter un avion – et même un hélicoptère. Il y a quelque temps, ma femme m’a demandé en plaisantant – à peine – si l’étape suivante serait celle du brevet de capitaine de sous-marin …. »

“Je ne suis qu’un petit entrepreneur wallon.”

Pour un viticulteur, les bonnes choses de la vie comptent sans doute beaucoup ? Qu’est-ce qui vous fait le plus rêver : un bon dîner dans un restaurant étoilé, ou un deal réussi ? PIERRE HENRI RION : « La gastronomie est mon premier passe-temps. Mon épouse fait tellement bien la cuisine que je m’imagine tous les soirs à la table d’un grand chef. Heureusement d’ailleurs, car je ne prends pas le temps de déjeuner à midi. Pour compenser, il m’est arrivé d’emmener ma femme en avion, pour aller dîner dans un très bon restaurant, à un millier de kilomètres. Ce rêve-là, je suis en mesure de le réaliser. Mais mon plus grand rêve et mon principal moteur, c’est de voir des business angels nés des projets que j’ai contribué à financer. Ce jour-là, la boucle sera bouclée. »

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e n t r e p r i s e fa m i l i a l e

cedez votre entreprise a vos enfants des aujourd’hui (mais gardez les renes en main)

Transmettre aujourd'hui les actions de votre société à la génération suivante : une opération généralement intéressante pour les deux parties. Que vous souhaitiez vendre une société opérationnelle à vos enfants ou leur donner une société patrimoniale, les techniques de planification permettent de régler la transmission de manière fiscalement avantageuse. Mais comment conserver le contrôle de votre société ou en tirer encore des revenus ? TEXTE Thomas Weyts, MANAGER ESTATE PLANNING

Dans cet article, nous levons un coin du voile. L’estate planning est un travail sur mesure réalisé par des spécialistes du droit privé, du droit fiscal et du droit des sociétés. Ils vous aident à établir un plan répondant parfaitement à vos attentes et vos objectifs.

Maintenez votre droit de vote Différents mécanismes de con­ trôle existent pour optimiser votre planification successorale. Ces techniques vous permettent de garder le contrôle dans la gestion journalière ou sur l’assemblée générale. Une technique de base consiste à céder la nue-propriété des actions à vos héritiers. Vous ne renoncez toutefois pas au droit

Les dividendes reviennent uniquement à l’usufruitier, c’est incontesté. En revanche, qu’en est-il par exemple des réserves de la société ? ou du droit de vote ? Il n’existe pas

de vote et aux fruits (dividendes) des actions. Les juristes parlent dans un tel cas de ‘cession d’actions avec réserve d’usufruit pour le cédant’. Qu’est-ce que l’usufruit  ? Le

“Un dirigeant statutaire est presque irrévocable et a généralement des compétences très larges, comme par exemple un droit de veto contre certaines décisions.” de consensus à ce propos dans la jurisprudence. C’est pourquoi, prévenez les conflits en déterminant avec précision les droits respectifs de l’usufruitier et du nu-propriétaire dans l’acte de donation ou dans les statuts.

droit (réel) temporaire d’avoir la jouissance et l’usage d’un bien, dont une tierce personne (le nu-propriétaire) a la propriété. L’usufruitier perçoit les fruits comme s’il était propriétaire du bien, et a l’obligation de maintenir le bien en l’état.

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Si vous envisagez une donation de vos actions avec réserve d’usufruit, vérifiez au préalable si les statuts prévoient un règlement en cas d’actions grevées d’un droit d’usufruit. Qu'est-il prévu en ce qui concerne par exemple le droit de vote à l’assemblée générale ? Ceci n’est pas anodin dans une société anonyme (SA), où les administrateurs peuvent être révoqués à chaque instant, sans motivation et avec une majorité simple des voix. Dans une société privée à responsabilité limitée (SPRL), un gérant non-statutaire peut également être révoqué de cette manière. Dans la pratique, il est souvent mentionné dans les statuts que le droit de vote à l’assem­


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laquelle le pater familias reçoit le contrôle (voir encadré). Une autre possibilité ? La SA est transformée en société en commandite par actions (SCA) ou en SPRL.

blée générale revient aux usufruitiers (les parents), avec par­ fois quelques nuances. Par exemple : le droit de vote est exercé par les usufruitiers lorsqu’il est statué sur l’appro­bation des comptes annuels, l’affectation du résultat et des réserves disponibles, la nomi­ nation et la révocation des dirigeants et l’attribution de tantièmes ou de jetons de pré­sence aux dirigeants. Dans tous les autres cas, le droit de vote est exercé par les nuspropriétaires (les enfants).

societe civile La société civile est un véhicule de contrôle en vogue pour la planification successorale d’entreprises familiales. La société civile est une société sans personnalité juridique, une indivision organisée contractuellement, un instrument de transmission par lequel le donateur conserve le pouvoir de décision sur le patrimoine donné. Un gérant statutaire est chargé de la gestion et a la compétence d’agir au nom des autres associés. Dans les statuts, il peut être précisé que le mandat du gérant statutaire ne peut être révoqué qu’avec l’accord unanime des associés. Le mandat du gérant statutaire devient alors irrévocable, excepté en cas de révocation par un Tribunal pour justes motifs ou s’il donne lui-même son accord. Dans le contrat de société, vous pouvez également nommer les parents comme gérants statutaires. En cas de décès de l’un deux, le survivant devient l’unique gérant. Un gérant successeur peut en outre être désigné dans les statuts. Ce dernier reprendra la direction de la société après le décès du parent survivant.

Le gérant statutaire d’une SPRL jouit d’une protection supplémentaire. Il ne peut être révoqué qu’à l’unanimité des voix (lire : seulement si le gérant statutaire donne son accord à sa révocation) ou à une majorité spéciale (par exem-

Le droit de jouissance peut aussi être réglé statutairement. Les statuts peuvent par exemple mentionner que, outre les dividendes, les réserves disponibles appartiennent en pleine propriété aux usufruitiers, toute autre allocation revenant alors aux nuspropriétaires. Les usufruitiers conservent toutefois leur droit d’usufruit sur ces allocations.

munauté matrimoniale ou une communauté résultant d’un contrat de vie commune. Lorsque des parents font une donation à leurs enfants avec réserve d’usufruit, grâce à une clause d’accroissement, ils peuvent stipuler qu’au décès du premier usufruitier, l’usufruit du défunt est transféré au survivant. Ce dernier ne doit payer aucun droit de succession. Les droits de donation ne seront pas dus

“Prévenez les conflits en déterminant avec précision les droits respectifs de l’usufruitier et du nu-propriétaire dans l’acte de donation ou dans les statuts.” ple 90% des voix à l’assemblée générale), à condition que la révocation soit justifiée par de ‘justes motifs’. Pensez par exemple à une absence prolongée pour cause de maladie, une incompétence notable ou une violation flagrante des statuts.

Dirigeant irrevocable Vous souhaitez aller plus loin et garder les rênes en main ? C'est possible avec un gérant statutaire, soit un gérant dont l’identité est reprise dans les statuts. Son mandat est alors presque irrévocable. Il a généralement des compétences très larges, comme par exemple un droit de veto contre certaines décisions.

Donation assortie de modalites Vous pouvez assortir votre donation de différentes conditions, charges et termes. Un exemple classique est le droit de retour. Les actions données retournent au donateur si le donataire et ses enfants décè­ dent avant le donateur. Ce der­ n ier ne doit alors pas payer de droits de succession.

Une SA ne peut pas nommer de gérant statutaire. C’est pourquoi les estate planners travaillent souvent avec une société civile dans le cas de la transmission d’une SA. Les actions de la SA sont apportées dans la société civile, sur

Vous pouvez également coupler votre donation à une obligation de ne pas apporter les actions données à une com-

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non plus, s’il reçoit l’usufruit comme une charge, établie comme une contreprestation de son propre don. L’accroissement n’est alors pas formulé comme un don entre donateurs.

Notaire etranger Le don d’actions doit en principe se faire devant notaire. Ce peut être un notaire en Belgique ou à l’étranger. Si vous donnez des biens mobiliers en passant devant un notaire en Belgique, les droits de donation seront automatiquement dus. Les trois Régions ont chacune un régime particulier pour la donation d’actions d’entreprises familiales. En Région Wallonne, les droits de donation s’élèvent à 0%. Dans la Région de Bruxelles-Capitale, ces droits s’élèvent à 3% et en Région Flamande à 2%.


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La donation d’actions d’une société familiale purement patrimoniale répond à d’autres règles. De telles sociétés peuvent être transmises (en pleine propriété ou avec réserve d’usufruit) en Région Flamande et en Région de Bruxelles-Capitale moyennant l’acquittement de droits de donation de 3%. Si le donateur a sa résidence fiscale en Région Wallonne, les donations en pleine propriété ou avec réserve d’usufruit de sociétés patrimoniales sont exclues du droit de donation réduit. Donner via un notaire en Belgique présente un autre avantage : le donataire ne devra pas payer de droits de succession si le donateur décède dans les trois ans suivant la donation. Il en va autrement si vous faites une donation devant un notaire en Suisse ou aux Pays-Bas. Dans ce cas, les droits de donation ne sont jamais dus. En revanche, si le décès du donateur survient dans les trois ans suivant la donation, les droits de succession devront être acquittés. Il est toujours possible de faire enregistrer en Belgique un acte de donation passé à l’étranger, par exemple dans le cas où le donateur tombe malade durant la période de trois ans. Vous paierez à ce moment les droits de donation de 3%, mais vous éviterez de devoir payer les droits de succession en cas de décès du donateur dans les trois ans. Il est vivement recommandé de faire rédiger le projet d’acte de donation par un notaire belge ou un spécialiste en estate planning.

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r e p o r tag e

L a V i l l a R o y a l e d ' O s t e n d e , u n c e n t r e d e r e va l i da t i o n o n c o l o g i q u e

Se refaire

uneà lasanté mer

Ostende fait revivre son riche passé de ville thermale. L’imposante Villa Royale est transformée en centre de revalidation oncologique, avec des centres de remise en forme et de thalassothérapie, un hôtel, un restaurant gastronomique et un musée en plein air. texte bert voet photos LIEVEN DIRCKX

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“Un businessplan?

Surtout pas ! 

Nous voguons vers l’inconnu et nous tentons de surnager.”

Nous traversons deux salles de thérapie en enfilade, avec vue sur la mer, et nous admirons les appareils flambant neufs. « La première pièce était la chambre à coucher de la Reine Fabiola, l’autre celle du Roi », nous confie Peter Osten, chef de projet du Centre de Revalidation Oncologique Villa Royale. Dans les jardins, nous contemplons une magnifique sculpture signée Roland Devolder. Nous nous dirigeons ensuite vers les cabinets de consultation, un espace de relaxation et de massage, la baignoire thérapeutique, les cabines à infrarouge et un sauna ‘bio’ (la chaleur y est paraît-il légèrement inférieure à celle d’un sauna finlandais). Dans les étages, Peter Osten me montre les chambres (une vingtaine) destinées aux patients, accompagnés ou non, après quoi nous nous installons dans un coin tranquille du restaurant. La décoration est volontairement sobre, les lignes sont pures. « Il fallait absolument se démarquer de l’ambiance hôpital que les malades ne connaissent que trop. Pour autant, il ne pouvait être question de faire dans le clinquant ou d’opter pour une décoration trop luxueuse, ce qui risquerait de faire peur aux gens », explique Peter Osten.

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La revalidation « Nous nous sommes appropriés le plus bel endroit de la côte belge aux fins de revalidation », exulte Georges Casteur, médecin en chef de l’IMBO (Institut Maritime Belge d’Orthopédie) et l’un des initiateurs du projet, avec un certain sens de la provocation. « Et ce pour des personnes qui en ont vraiment besoin, et pas seulement pour celles qui en ont les moyens. Je veux absolument éviter qu’un patient ne puisse pas suivre un traitement ambulant à cause du coût. Le tarif quotidien sera à peu près celui du ticket modérateur d’un kinésithérapeute : de 5 à 10 euros. » Georges Casteur n’est pas tendre pour les pouvoirs publics. « Nous avons réalisé ce qu’ils auraient du prévoir depuis longtemps. Nous ne traitons pas seulement le cancer, nous prenons en charge la personne qui souffre de cette maladie. Après une crise cardiaque, un patient a accès à une revalidation pluridisciplinaire, même chose pour les personnes souffrant d’un mal de dos chronique. Grâce au prestige et à la renommée de cette villa, nous espérons parvenir à ce que l’INAMI rembourse également la revalidation oncologique. »


r e p o r tag e

Le Roi Léopold II avait fait de ce simple port de pêche qu’était Ostende une cité balnéaire à l’allure internationale. Le Palais des thermes, relié aux Galeries Royales, en faisait partie. « La première villa a été démolie pendant la seconde guerre mondiale », raconte le docteur Casteur, un Ostendais de souche. « A l’époque, il existait un passage souterrain menant à la Parijsstraat, emprunté par le roi Léopold II pour se rendre incognito à la Villa Caroline chez sa petite amie, âgée de seize ans. L’homme était ­obsédé par cette Blanche Delacroix, alias Baronne de Vaughan – et par les tunnels. »

Manque d’argent Une nouvelle villa a été construite en 1954, propriété comme la précédente de la Fondation Royale : l’organisme public autonome qui gère les terrains, les châteaux et autres propriétés cédées en 1900 à l’Etat par Léopold II. On pourrait penser que le plus bel endroit de la côte belge serait un lieu de villégiature idéal pour Philippe, Mathilde et leurs enfants? « La Fondation a été mise en place pour conserver le patrimoine et héberger la famille royale », nous explique le médecin. « Tout usage commercial est exclu et la Fondation n’est en principe pas autorisée à vendre, sauf pour entretenir le dit patrimoine. »

Hotel de luxe ou centre de revalidation? Le docteur Casteur a donc mené bataille dans les média pendant plusieurs semaines, les journaux titrant notamment 'Hôtel de luxe ou centre de revalidation?'. Avec l’aide de la ville, il finit par obtenir gain de cause. Pour une vente de ce type, c’est le Ministère des Finances qui fixe le prix, dans ce cas précis  : environ 4 millions d’euros. « Si les pouvoirs publics belges s’en étaient désintéressés, la vente aurait été publique et nous n’aurions eu aucune chance de l’emporter », précise le docteur Casteur. « La ville d’Ostende a donc racheté la villa avec les fonds de l’IMBO, et nous avons signé un bail emphytéotique de 65 ans. » Après deux années de travaux – « seuls les sols n’ont pas été restaurés » – l’addition s’élevait à 12 millions, dont 8 millions fournis par l’IMBO. « Pour les salles de thérapie, nous avons eu droit à environ 3 millions de subsides du VIPA (Vlaams Infrastructuurfonds voor Persoonsgebonden Aangelegenheden), tandis que Johan Vande Lanotte, ostendais et sympathisant de la cause, a obtenu 600.000 euros de la Loterie Nationale », ajoute le docteur Casteur.

Mise en condition « Jusqu’en 1970, la famille royale a séjourné dans la villa de temps à autre. Plus tard, elle a préféré les séjours à l’étranger, en partie pour préserver sa vie privée, mais aussi parce qu’il fallait deux jours pour que le chauffage par le sol soit opérationnel, ce qui empêchait les visites impromptues. Il faut dire aussi que l’accès à la plage n’était pas vraiment idéal. La Fondation Royale qui a bâti la Villa en 1954 a apparemment agi de façon inconséquente, et sans consulter la famille. » « Ensuite, la Villa a été louée à la ville, qui l’a elle-même sous-louée à un restaurant étoilé, Au Vigneron, exploité par la famille Daue jusqu’en 2003. Mais le bâtiment n’a jamais été restauré et les frais de rénovation promettaient d’être importants. Après de longues discussions, il a donc été mis fin au bail entre la ville et l’exploitant. En 2005, après deux années d’inoccupation, la villa a été mise en vente, compte tenu du manque d’argent de la Fondation Royale. Songeant déjà à un centre de revalidation oncologique, l’IMBO s’est porté candidat, mais la chaîne Hilton avait elle aussi des visées sur les lieux, de même que des promoteurs immobiliers, et jusqu’à un brasseur, qui voulait en faire sa résidence secondaire. »

L’entraînement physique, le contact avec des compagnons d’infortune et un soutien psychologique diversifié, telle est l’offre à la Villa Royale. « Le problème, c’est que les effets secondaires de la chimio sont parfois si pénibles que les patients interrompent leur traitement », commente le docteur Casteur. « Nous espérons parvenir à inverser cette tendance grâce à l’approche qui est la nôtre. » Le concept a ceci d’unique que les patients peuvent intégrer la villa à tout moment, même aussitôt que le diagnostic leur a été communiqué. « Trois pensées les habitent à un tel moment », explique Georges Casteur. « La peur de la mort, tous leurs projets interrompus et enfin, l’impression de ne plus être capable de rien, d’être réduit à un sujet d’étude pour la médecine. C’est pour cela que nous avons développé un programme spécifique, avec une assistance psychologique. » « Mais il est aussi important d’entamer une remise en forme physique avant même de démarrer une thérapie lourde. Certaines études suggèrent qu’en préservant sa masse musculaire on devient plus résistant. Un tel schéma d’entraînement doit toutefois être suivi sous surveillance médicale, car le suren-

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traînement risque également de faire des dégâts. Les patients doivent être accompagnés à l’instar des grands sportifs. Il n’y a bien sûr aucune preuve du lien entre la masse musculaire et le système immunitaire. S’il n’existe pas encore suffisamment d’études pour cela, certains signes donnent à penser que les chances de guérison sont plus importantes chez les personnes ayant suivi de tels programmes d’exercices au tout début de la maladie. Le suivi scientifique de notre projet se fait en collaboration avec l’UGent, mais nous ne voulons pas donner de faux espoirs aux patients, nous ne sommes encore sûrs de rien. »

L’eau de mer L’eau de mer est un élément indispensable de ­l’hydrothérapie proposée à Ostende. « Aujourd’hui, nous disposons d’antibiotiques et d’antimitotiques spécifiques, alors qu’avant, le monde médical ne jurait que par l’air iodé et l’eau de mer. Leur action a été constatée empiriquement dans les maladies des os. De nombreuses recherches ont été menées sur le sujet pendant l’entre-deux-guerres, mais par la

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suite, avec l’arrivée de ces nouveaux médicaments, elles ont été abandonnées. » L’IMBO est la seule institution médicale de Belgique à posséder une piscine de revalidation d’eau de mer chauffée. « Nous l’utilisons pour la revalidation de patients ayant subi des fractures ou des paralysies. Pourquoi? Tout simplement parce que les exercices demandent moins d’efforts dans l’eau salée, mais également parce que l’eau de mer est riche en minéraux. Après le naufrage du Tricolor en 2003, nous avons connu un risque de contamination à cause des fuites de pétrole dans l’eau de mer, nous avons donc utilisé de l’eau non salée. Nous n’avons rien dit aux patients, mais dès le premier jour, ils nous ont confié que les exercices les fatiguaient beaucoup plus. » Si la revalidation peut se faire en cours de traitement, la grande majorité des patients n’arrivent à la villa qu’une fois les thérapies terminées. La réintégration sociale représente un élément de guérison important. « La plupart des malades ont tendance à


s’isoler », nous confie le docteur Casteur. « Quelque 30% des patients déclarés guéris connaissent par la suite des problèmes d’ordre psychologique, ou s’isolent. Parallèlement aux traitements, nous veillons ici à ce qu’ils restent socialement actifs dans le groupe. Des guides touristiques de la ville d’Ostende assurent bénévolement des visites de la ville et de ses musées, ainsi que des séances de cinéma. » « En Belgique, au maximum 20 hôpitaux tentent de proposer cette revalidation oncologique, mais ils sont souvent limités en termes d’espace, et s’adressent donc en majorité aux femmes souffrant du cancer du sein, pour lesquelles l’aspect émotionnel est évident. Nous nous adressons à tous les patients souffrant d’un cancer. En effet, une personne souffrant d’une leucémie, de la maladie de Hodgkin, d’un cancer du poumon ou de l’œsophage est très affaiblie, éprouve les mêmes sentiments et subit les mêmes conséquences, psychiques et sociales. »

La gastronomie « Le scénario classique est celui de patients qui viennent deux ou trois fois par semaine suivre une théra-

pie ambulante », commente Peter Osten. « La kinésithérapie constitue le premier volet. Elle est prescrite par le médecin de la revalidation après une épreuve d’efforts. C’est du travail sur mesure, mais les exercices se font en groupe, jusqu’à huit personnes maximum. Intervient ensuite l’aspect remise en forme, avec les conseils d’un coach ‘bien-être’ en matière de qualité de vie, la relaxation, le sauna et le bain à bulles. Nous n’oublions pas non plus l’accompagnement psychologique et nous organisons des sessions d’éducation portant sur la résistance aux pressions mentales dues à la maladie. Nous accordons enfin beaucoup d’attention à l’alimentation, avec des séances éducatives et notre restaurant de santé. » Ce restaurant, ouvert à tous, se targue même de gastronomie. « Le chef Pieter Leys est un ancien de chez Red Pepper à Ostende, qui a participé sur la chaîne flamande VTM au programme Mijn Restaurant! », affirme fièrement Peter Osten. « Sa mission : assurer la promotion d’une alimentation saine mais gastronomique, avec la collaboration d’experts et de la nutritionniste en chef de l’hôpital Sint-Blavius de Termonde. »

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“Nous ne traitons pas le cancer, nous prenons en charge la personne qui

souffre de cette maladie.”


r e p o r tag e

Soyons clairs : aucun lien entre la Villa Royale et le charlatanisme vers lequel se tournent de nombreux cancéreux en dernier recours. Nous ne garantissons pas aux patients qu’ils rentreront chez eux revigorés. « Nous n’intervenons à aucun moment dans le traitement oncologique », assure Georges Casteur. « Nous ne sommes pas une clinique privée pour cancéreux. Il s’agit tout simplement du site élu par Léopold II pour y établir son palais de villégiature, un site aujourd’hui restitué à la population d’Ostende et qui fait partie du patrimoine de la ville. Combien d’habitants d’Ostende ont déjà eu l’occasion de se promener ici? Uniquement ceux qui pouvaient y mettre le prix ou qui étaient invités. A présent, non seulement le restaurant est ouvert à tous, de même que les jardins autour de la Villa. » Ce jardin public est appelé à devenir un musée en plein air, si possible d’une portée internationale. Actuellement, le jardin accueille déjà une œuvre de Jacky De Mayer ainsi qu’une statue en bronze de 3 mètres de haut, signée de l’artiste ostendais Roland Devolder – don d’un admirateur liégeois. « Le pêcheur avec ce gros poisson sur les épaules représente l’homme qui ramène l’animal à son habitat naturel », précise le docteur Casteur. « C’est également notre objectif : l’hôpital n’est pas un habitat normal pour l’homme. »

Un businessplan?

“Nous ne garantissons pas aux patients qu’ils rentreront chez eux revigorés …”

« Il s’agit de la ‘Villa Royale’, dont on attend beaucoup », déclare Peter Osten. « Nous ne pouvons pas décevoir le public. Le personnel est formé à la communication avec des patients pas toujours faciles – le cancer, cela déstabilise. Par contre, nous ne prodiguons pas de véritables soins – nous n’aidons pas les gens à se laver, nous ne désinfectons pas les plaies. Notre offre doit être au top, et les tarifs appliqués ne le permettraient pas. » Dix-sept personnes travaillent ici : kinés, nutritionnistes, infirmière spécialisée en oncologie, coach ‘bien-être’, assistant en psychologie, mais aussi le personnel du restaurant et de l’hôtel. « Les aides soignantes ont une mission de femmes de chambre – nous faisons tout pour éviter l’ambiance hôpital », affirme Peter Osten. « Nous insistons particulièrement sur cette vision des choses. » Tout cela coûte évidemment beaucoup d’argent. « Les chambres sont rentabilisées. Les clients paient 80 euros par nuit pour une chambre double et jusqu’à 200 euros pour une très spacieuse chambre pour une personne, avec vue sur la mer et pension complète

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r e p o r tag e

(buffet petit déjeuner, entrée plat et dessert au déjeuner et autre buffet au dîner), l’accès aux infrastructures bien-être, la thérapie quotidienne avec accompagnement du coach et la participation aux sessions d’information étant compris. » « On me dit fou à lier. Le directeur du Thermae Palace, tout près d’ici, affirme que je dois demander le double pour des services fournis sur un tel site, tandis que le secteur de la santé estime que c’est trop cher. En fait, nous sommes sur la corde raide. Nous avons une mission sociale, la priorité étant de parvenir à proposer la thérapie ambulante à des tarifs très peu élevés. Nous organisons également des activités annexes, comme des post-formations et des symposiums médicaux », explique Peter Osten. « Et nous espérons être agréés comme centre de revalidation oncologique et projet scientifique pilote, ce qui nous donnerait droit à des subventions de fonctionnement de la part de l’INAMI. » Il est clair que la Villa Royale a un grand besoin de dons et de sponsoring. Le premier mécène du projet, Johan Vande Lanotte, a perdu son plus jeune frère, mort d’un cancer. En 2005, lorsqu’il a été nommé président de son parti, il a fait don de ses indemnités de sortie en tant que ministre. Il préside également l’ASBL Steunfonds voor het Oncologisch Revalidatiecentrum Koninklijke Villa. La princesse Léa,

Une oeuvre de Jacky De Mayer

qui a connu la villa enfant, a apporté un soutien financier de 10.000 euros et reste impliquée dans le projet, alors que d’autres personnes préfèrent œuvrer dans l’ombre. « Aucune entreprise ne nous a encore accordé un soutien structurel, mais nous sommes disposés à réunir un panel de noms connus, comme c’est l’usage

De visser met een grote vis op zijn schouder. Une oeuvre de l'artiste ostendais Roland Devolder

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dans les hôpitaux américains », déclare le docteur Casteur. « Notre institut ne pourra pas éternellement supporter des déficits et le projet tout entier risquerait alors de capoter. » Il n’existe pas de businessplan, ce qui est tout de même légèrement inquiétant. « Le conseil d’administration s’en plaint à chaque réunion. Mais moi je leur dis : surtout pas ! Nous voguons vers l’inconnu et nous tentons de surnager. »


events

optim a

Que vaut une planification financière optimale si on ne peut en profiter et échanger ses idées avec ses semblables ? Voilà pourquoi Optima organise régulièrement des événements pour ses relations, afin de nouer des contacts et de discuter librement de questions financières et autres. PHotos Le rallye Beerens lies de mol PHotos dedirekteurswoning alexander popelier

Optima Open 2011

Björn Borg vs. John McEnroe …  Un nouveau choc des titans en vue ! Lorsqu’on pense à Borg et McEnroe, on se remémore immanquablement LE match du 20ème siècle que se disputèrent les deux champions le 5 juillet 1980 en finale du tournoi de Wimbledon. Au cours des 22 minutes d'un tie-break épique qui clôtura le quatrième set, McEnroe sauva 7 balles de match et, après 34 points (18-16), obtint le droit de prolonger la rencontre pour un ultime set. Borg, alors n°1 mondial, remportera finalement le titre au terme d’une partie d’anthologie en 5 sets inoubliables !

Du 19 au 21 aout

Borg vs McEnroe ou Ice vs Fire, c’est au total 14 confrontations (7 victoires chacun) entre 1979 et 1981, dont 4 finales de Grand Chelem (2 Wimbledon et 2 US Open).

www.optimaopen.be

« Pour moi, c’est un retour à Knokke-Heist », déclare Björn Borg qui participait déjà à l’Optima Open l’an dernier. « Et rien que de savoir que John sera de la partie m’a conforté dans ma décision d’y revenir en 2011. C’est un des meilleurs tournois et j’attends beaucoup de ce nouveau duel avec John. Même avec le temps, cela reste toujours un moment très spécial pour nous deux ».

Après John McEnroe, c’est une autre légende vivante du tennis – le suédois Björn Borg – qui a confirmé sa présence en vue de la deuxième édition de l’Optima Open (www.optimaopen.be) qui se tiendra au Royal Zoute Tennis Club de Knokke-Heist du 19 au 21 août prochains. Björn Borg, John McEnroe et quatre autres joueurs d’exception s’affronteront lors d’un tournoi Optima, qui comptera pour le classement de l’ATP Champions Tour (www. atpchampionstour.com). L’ATP Champions Tour est une série de tournois internationaux disputés par des ‘légendes vivantes’ du tennis qui ont quitté le circuit professionnel depuis deux ans au moins et qui sont âgées de 35 ans minimum.

Voici un petit aperçu de ce qui nous attend lors du match entre Borg et McEnroe : www.optimaopen.be/borg-mac-fr.

Les entrées pour l’Optima Open 2011 sont en vente via www.optimaopen.be. Devenez fan de notre page Facebook : www.facebook.com/optimaopen !

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events

Le rallye Beerens 2011 en partenariat avec Optima.

Le dernier dimanche de juin, la tradition veut que les clients et relations de Beerens Classic Division ressortent leurs plus beaux bolides. Ce jour-là en effet, le groupe automobile anversois organise son Classic Rally annuel. En 2010, Optima avait pour la première fois été le principal sponsor de l’événement. Une sévère sélection de quelque 120 clients avait quitté les rives de la Lys à Sint-Martens-Latem, passant par Het Zwin et les polders pour rentrer sur Anvers, où a lieu la remise des prix du rallye photos, suivie d’une réception particulièrement décontractée. Ceux qui y ont assisté se réjouiront d’apprendre qu’en 2011 également, Optima formera un tandem avec Beerens pour organiser ce rallye aussi familial qu’unique. Le 26 juin prochain, les amateurs de voitures de collection auront une fois de plus l’occasion d’admirer toutes ces beautés  ! Vous trouverez les photos de l’édition précédente sur http://classicrally2010.beerensgroup.com.

Le 26 juin 2011

La Mecque du design : rien que le meilleur.

En seize années d’existence, deDirekteurswoning s’est fait un nom dans l’univers du meuble et du design, à Gand et aussi bien au-delà. Sous la direction de la famille Pontzeele, quatrième génération de spécialistes du meuble, deDirekteurswoning est devenu une sorte de Mecque du design, où l’on retrouve toutes les grandes marques internationales sur cinq étages d’un fort bel immeuble historique du centre ville. Pas vraiment l’endroit que l’on associe d’emblée à un sujet tel que la planification financière, direz-vous ? Le 24 février dernier pourtant, la famille Pontzeele avait invité quelques spécialistes d’Optima à s’exprimer sur ce sujet devant un parterre de clients triés sur le volet. Les tendances récentes en matière de planification successorale ont ainsi été traitées sur un mode clair et concis. Ou : comment une planification financière adéquate vous permettra en temps voulu de décider de quelle façon répartir votre patrimoine. Au terme de cet exposé, les invités ont eu l’occasion d’admirer en avant-première les toutes nouvelles collections proposées à Gand par deDirekteurswoning. Ou : comment concilier le design et une planification financière adéquate  ! 

Le 24 fevrier 2011

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l e p o i n t s u r la s i t u at i o n

Fisca lite

LA PENSION d’independant :  “Il n'y a pas de petites economies”

La pension libre complémentaire pour indépendants (PLCI) existe depuis 1982. En 2004, ce système de pension complémentaire a été fondamentalement modifié. Dans quel but ? L’ensemble de la population active indépendante devrait pouvoir utiliser la PLCI pour se construire une pension complémentaire. En 2011, ce n’est toujours pas le cas, et cette situation est navrante. Car la pension légale de l’indépendant est maigre et la PLCI offre quelques avantages bien utiles. TEXTE Nils De Vriendt, Coordinateur de l’equipe fiscale Optima Financial Planners

Les systèmes de pensions complémentaires sont avant tout des formules sûres d’épar­g nepension conclues sous la forme d’une assurance-vie contractée par l’indépendant en tant que preneur d’assurance en nom propre. Vous choisissez librement une compagnie d’assurance pour le versement des primes, en fonction du ren­­dement proposé et des coûts. L’assureur est en prin­cipe tenu de garantir le capital. De plus, les primes vous font économiser pas mal d’impôts et de cotisations sociales. Vous pouvez déduire ces primes de vos revenus professionnels imposables et réaliser ainsi une

économie sur la tranche imposable supérieure.

Un autre avantage est que les primes PLC sont exonérées de taxes. L’impôt final lors de l’allocation du capital constitué à l’âge de la retraite est très raisonnable. Le capital est imposé selon le système de la rente fictive. Il n’est donc pas imposé en une seule fois. Il n’est imposable pendant 10 à 13 ans qu’à con­ c urrence de 3,5% à 5% (en fonction de votre âge à la date du paiement).

Avantage Etant donné que les primes font diminuer le revenu professionnel imposable, vous bénéficiez automatiquement d’une économie sur les cotisations sociales trois ans plus tard. A l’exception des trois premières années de votre activité d’indépendant, ces cotisations sont calculées en fonction du revenu professionnel imposable indexé de la 3ème année qui précède celle au cours de laquelle elles sont dues. En d’autres termes, en payant en 2011 des primes PLC, vous devrez payer moins de coti­sations sociales en 2014.

Si vous restez actif jusqu’à 65 ans, le pacte des générations de 2005 stipule que cette rente fictive n’est calculée que sur 80% du capital versé. Vous de­vez toutefois ajouter cette ren­te fictive à votre pension légale

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afin que l’ensemble soit imposé globalement. Mais étant donné que votre pen­ sion d’indépendant est généralement basse, vous ne paierez en fin de compte que peu ou pas d’impôt des personnes physiques.

Limitation La formule n’a donc que des avantages. Malheureusement, en tant qu’indépendant, vous ne pouvez déduire fiscalement qu’un montant de prime limité sur une base annuelle. Le plafond est fixé à 2.852,88 euros (revenus de 2011). Mais il serait idiot de faire de ce bémol une raison suffisante pour se priver de la pension libre complémentaire. Il n'y a en effet pas de petites économies.


D e s B e lg e s q u i o n t u n pla n

V i r g i n i e S av e r y s

Capital a visité pour vous Avignonesi, une maison toscane classique, gérée par une femme d’affaires originaire de Flandre. Comment faire des affaires à l’étranger, la passion, les bonnes choses de la vie, le plongeon dans une nouvelle existence, autant de thèmes abordés lors d’un entretien à bâtons rompus avec Virginie Saverys. TEXTE joost houtman


“ Dans le vin comme dans le monde de l’entreprise, il convient d’être bien entouré.”

Avignonesi Comme le nom l’indique, Avignonesi a un rapport avec la ville d’Avignon, dans le sud de la France. Lorsque le pape Grégoire XI a quitté Avignon pour s’installer à Rome, plusieurs familles nobles l’ont suivi. L’une d’entre elles a changé son nom en Avignonesi – ‘ceux d’Avignon’ – et s’est installée à Montepulciano. C’est là que ses descendants se sont adonnés au travail de la vigne depuis le 16ème siècle.

Fattoria Le Capezzine, 53040 Valiano di Montepulciano (Sienne) +39 0578 724304 capezzine@avignonesi.it www.avignonesi.it

Virginie Saverys porte un nom connu. Saverys, c’est en effet le nom de la famille qui se cache derrière des entreprises telles que Boelwerf, la Compagnie Maritime Belge, Exmar et Euronav. Mais Virginie Saverys (50 ans) s’est fait un nom par elle-même. Avocate d’affaires de profession, elle s’est reconvertie et est aujourd’hui une vigneronne passionnée.

La route qui mène à ses vignobles passe par Montepulciano, la quintessence du village toscan. Sur notre droite, nous voyons bientôt apparaître le panneau rouge sang d’Avignonesi. Une longue allée bordée de cyprès nous guide vers le domaine, où Virginie Saverys nous accueille chaleureusement. Qu’est-ce qui pousse une juriste belge à se lancer dans le commerce du vin en Italie ? VIRGINIE SAVERYS : « L’année 2006 a marqué un tournant dans ma vie. C’est en effet à ce moment-là que j’ai cessé de travailler à plein temps. Jusquelà, j’avais travaillé comme juriste pour la CMB (Compagnie Maritime Belge) et pour Euronav, armateur de pétroliers. J’ai toutefois conservé mon poste d’administrateur. » « A l’époque, je possédais déjà une maison en Toscane. Lors d’une fête organisée pour l’anniversaire de mon compagnon, Max, j’ai eu l’occasion de discuter avec Alberto Falvo, propriétaire avec son frère du domaine Avignonesi. L’idée, c’était qu’un des frères rachèterait les parts de l’autre, après quoi l’un des deux recevrait en partage le domaine familial en Toscane et l’autre, le domaine dans les Pouilles. Au cours de conversations de ce type, il est conseillé d’être toujours sur le qui-vive. J’ai vite compris que son frère n’allait pas fournir l’argent requis et qu’Alberto était en fait à la recherche d’un investisseur à court terme. »

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 « Au printemps 2007, j’ai acquis 30% du domaine par le biais de mon propre holding. Je me suis donc lancée, et cela m’a tellement plu que j’ai peu à peu acquis d’autres actions. Un an plus tard, j’ai relevé la barre des investissements à 90%, pour reprendre tout le contrôle au printemps 2009. Le chiffre d’affaires consolidé devrait tourner autour de 9 millions d’euros pour 2010. » Cela vous plaît, de faire des affaires en Italie ? VIRGINIE SAVERYS :  « J’ai de la chance, car je suis

entourée d’une équipe hors pair. En Italie, nous vivons une grave crise économique, mais cela présente un avantage pour les employeurs, puisque des gens très capables sont de ce fait disponibles sur le marché du travail. Il faut évidemment compter avec l’administration italienne, une horreur  ! Les Italiens sont passés maîtres dans les petites phrases cachées et tout est sujet à réglementation. Pour s’y retrouver, il faut une bonne dose de courage  ! Et comme on peut s’y attendre, le personnel représente le principal poste de frais. Or, faire du vin, c’est toujours une activité à forte utilisation de main-d’œuvre. Il faut dire qu’avec Le Capezzine, La Lombarda, La Selva et I Pogetti, nous avons quatre vignobles à gérer, sur 115 hectares. » Vous avez décidé des changements drastiques ? VIRGINIE SAVERYS :  « Lorsque j’ai débuté, j’ai dit : 


D e s B e lg e s q u i o n t u n pla n

“Lorsque l’on décide

des changements drastiques, il faut que la qualité suive.”

« cambia tutto en non cambia niente » (tout change, et rien ne change). Les gens qui travaillent ici sont capables, et ils fabriquent un produit de qualité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai réalisé cet investissement. Et cela, il faut le dire aux gens, ce que j’ai fait. La communication, c’est primordial, ici surtout. Les Toscans sont hyper-sensibles : il faut vraiment prendre le temps de parler avec tout le monde. Et pas deux minutes à la va-vite, car ici, il est très impoli d’agir de la sorte. » « Il ne faut pas nécessairement licencier des gens pour mieux se porter. Il suffit parfois de travailler ‘autrement’. Il s’agit d’un processus à mener intelligemment. Les frères Falvo étaient des as en matière de marketing, ce sur quoi je me suis appuyée pour continuer le travail. » « L’année dernière, nous avons investi plus de 600.000 euros : de nouveaux tracteurs, un système de sélection optique des raisins pendant la récolte, une nouvelle machine de finition pour la mise en bouteilles (lavage, étiquetage, encapsulage), des pompes, de nouveaux ‘vibrating trailers’ pour les raisins … Cette année, nous achèterons d’autres nouveaux tracteurs, un nouveau système de mise en bouteilles, … » Un proverbe dit qu’il est impossible de faire du bon vin avec de mauvais raisins. VIRGINIE SAVERYS : « C’est tout à fait vrai, et j’ai

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donc fait regreffer quelques hectares. Une firme française spécialisée, qui fait appel à des ouvriers argentins de Mendoza, remplace par exemple des plants de cabernet sauvignon par du sangiovese. Il faut qu’Avignonesi ait un caractère plus authentiquement toscan. » « Pendant des années, les Toscans n’ont juré que par les Supertuscans. Un bon vin, fabriqué sur une base classique – cabernet sauvignon, merlot et tutti quanti. Rien à redire, si ce n’est que nous avons ici des raisins locaux formidables, sangiovese, trebbiano et malvasia … Nous venons de passer au 100% biodynamique. Toute l’équipe est hyper-motivée, après une récolte merveilleuse. Ce qui est amusant, c’est que même mon plus sceptique ‘trattorista’ adore … Lorsque l’on décide des changements drastiques, il faut que la qualité suive. » La biodynamie n’est-elle pas diamétralement opposée à un entreprenariat purement rationnel ? VIRGINIE SAVERYS : « Certains vignerons biodynamiques se contentent de planter dans le sol des cornes de vache en espérant que les vendanges seront bonnes …. Il ne faut évidemment pas aller jusque-là. Il est tout à fait possible d’acheter le même produit fini chez des fournisseurs fiables et de traiter les ceps de cette manière. Mais il faut tenir compte de la position du soleil et de la lune, surtout quand on voit les résultats, notamment dans notre jardin potager … »


D e s B e lg e s q u i o n t u n pla n

« De plus, avant mon arrivée, ils opéraient sur un mode très polluant, et avec beaucoup de pertes. Il fallait que cela change. L’eau, c’est le pétrole du 21ème siècle. Nous avons donc commencé par installer un système d’épuration d’eau. Dans le domaine culinaire aussi, les gens se soucient de plus en plus d’authenticité et de transparence. »

l’ensoleillement, le choix des cépages, you name it et ils l’étudient, soit une entreprise colossale. C’est la première fois qu’ils vont opérer à l’étranger, et c’est à nous que revient cet honneur. J’ai hâte de voir tout cela, et d’obtenir au final des informations complètes, véridiques et fondées sur ce que nous avons ici, et surtout, sur ce dont nous sommes capables. »

« Ce qui est fantastique, c’est de remarquer si vite certains changements au niveau des sols : plus de vie, plus d’arômes. Les fruits sont plus présents dans le vin. L’aventure est si belle  ! D’ailleurs, je reviens de loin. En ma qualité d’ancienne citadine, je vais de surprise en découverte. »

« Je veux appréhender mon terroir, j’apprécie cette approche hands-on. Le retour à l’essentiel de ce qui fait la terre, le raisin … C’est la raison pour laquelle j’ai tenu à travailler avec un consultant externe, hyper-intelligent … Dans le vin comme dans le monde de l’entreprise, il convient d’être bien entouré. »

Un bon entrepreneur connaît parfaitement son produit. Où avez-vous acquis ces connaissances ? VIRGINIE SAVERYS : « J’ai suivi plusieurs masterclasses à l’université du vin de Bordeaux, où mon fils, Basile, poursuit actuellement ses études. Ma fille Eline est tout aussi dynamique, mais elle est plus intéressée à goûter un bon verre de vin qu’à le produire. Mon compagnon, Max, s’occupe de notre branche commerciale, Classica, qui distribue nos vins – parmi d’autres – en Italie comme à l’étranger. »

Nous avons droit ensuite à une merveilleuse visite guidée dans les caves, très anciennes, où l’eau de condensation dégouline des marches. A l’étage, nous admirons les étagères où le vin santo vieillit coûteusement, très coûteusement  ! Et pour terminer, nous sommes invités à prendre place à la longue table pour un repas toscan authentique. Au menu, une entrée typiquement toscane et délicieuse, à base d’épeautre. Le plat principal, la larchetta, se base sur un mode de cuisson spéciale du porc, au four à bois. Dans l’assiette : une croûte odorante, une viande bien tendre, parfumée au fenouil. Pour accompagner le tout, les serveurs – particulièrement stylés tout en étant très conviviaux – nous font goûter les différents vins d’Avignonesi : Il Marzocco Cortona D.O.C. (chardonnay 85%, sauvignon blanc), Vino Nobile di Montepulciano D.O.C.G. (prugnolo gentile 85%, cannnaiolo nero, mammolo), Desiderio Cortona D.O.C. (merlot 85%, cabernet sauvignon). Qui a dit que la cuisine italienne se distinguait par une grande simplicité ?

« Moi, je suis surtout présente sur le terrain. Je veux tout goûter, tout voir, et surtout, tout comprendre. Je suis très contente : cette année, nous allons réaliser un full-audit, un processus qui est common practice dans le monde de l’entreprise, mais qui est encore tout nouveau dans l’univers du vin. Deux professeurs de l’université du vin de Bordeaux, qui ont ouvert un bureau d’audit, n’acceptent qu’une seule mission par an. Ils inspectent tout : le terroir, la situation du vignoble, la manière de tailler la vigne,

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Virginie Saverys (née en 1960) est l’arrière-arrière-arrièrepetite fille de Bernard Boel, qui a lancé de Boelwerf à Tamise en 1829. Elle est la fille de Philippe Saverys et la sœur de Marc (patron de la CMB) et de Nicolas (CEO Exmar). Pendant des décennies, le groupe Saverys a été lié à tout ce qui avait trait à la construction navale en Flandre. Aujourd’hui, la famille contrôle toujours les trois principales compagnies maritimes cotées en bourse :  CMB, Exmar et Bocimar. Virginie Saverys a étudié en Angleterre, en Allemagne et à Paris, où elle a obtenu ses diplômes de juriste et d’interprète. Elle a travaillé pour le holding familial jusqu’en 2006 : « Chez CMB et Euronav, je travaillais pour le service juridique. J’ai ainsi collaboré à la fusion de Noord Natie et de Hessenatie, suivie par la vente de l’entité ainsi fusionnée à PSA. Les scissions partielles et successives de la CMB ont également représenté de très nombreuses heures de travail. A cette période, j’ai par ailleurs acheté et vendu des navires et des sociétés, j’ai mis sur pied des joint ventures avec des partenaires étrangers  … J’ai aussi traité nombre d’investissements, mais aujourd’hui  … le vin est ma plus grande passion. »


Une

Rité

Lorsqu’il travaillait pour le magazine Humo, Ever Meulen illustrait surtout les pages consacrées au rock'n'roll. Mais son cœur s'emballe à la vue d'une voiture – à condition qu'elle soit belle. texte Bart Lenaerts PHotos Lies De Mol


VOITURE

E n r o u t e av e c E v e r M e u l e n , i l l u s t r a t e u r / d e s s i n a t e u r

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voiture

nir des artistes’ » : il sourit à ce souvenir. « Je n’avais nullement l’ambition de devenir peintre ou sculpteur. Tout ce que je voulais, c’était dessiner, comme dans Spirou. Et c’est ce que je fais encore, quarante ans plus tard. Pour gagner ma vie, mais surtout parce que cela me rend toujours aussi heureux. »

L’illustrateur et dessinateur flamand Ever Meulen est surtout connu pour son travail dans l’hebdo­ madaire de télévision Humo, qui a régulièrement fait appel à ses talents pour illustrer des récits ou des reportages souvent très complexes. Pourtant, sa renommée n’est pas limitée à la Flandre, puisqu’il est reconnu en France et aux Pays-Bas surtout, mais aussi en Allemagne et jusqu’aux Etats-Unis : « Il m’arrive aussi de travailler pour The New Yorker », dit-il sans fausse modestie.

Si son vrai nom – Eddy Vermeulen – est plus flamand que nature, son œuvre est plus internationale que l’Atomium. Il ne tient pourtant pas à ce qu’on lui accorde le pompeux nom d’Artiste. « C’est aux autres de juger, pas à moi », dit-il sans se prendre la tête. Ce n’est pas un vantard, cet homme qui laisse sa plume courir sur le papier d’une manière tellement expressive, aussi libre que son esprit créatif et son imaginaire fantaisiste, créant ainsi de véritables joyaux artistiques. Bref, un vrai belge : grand par les

“Dans les années ‘80 et ’90, les classic cars sont soudain devenues des placements motorisés. On ne cessait de me demander ce que pouvait bien rapporter tel ou tel modèle.”

Un beau matin, dans les années ’70, un jeune fraîchement diplômé se présente dans les bureaux de rédaction de Dupuis, où était notamment publié l’hebdomadaire Humo : « Grâce à Humo, je me suis fait plein d’amis et j’ai accessoirement bâti une carrière. En ma qualité de collaborateur freelance, j’ai réalisé de très nombreuses illustrations pour le magazine : pour les fameuses pages TTT (culture et musique), mais aussi pour accompagner des reportages. C’était une époque passionnante, même s’il était très rare que je puisse dessiner des voitures. J’en ai donc fait un jeu, en les introduisant dans mes dessins chaque fois que je le pouvais. David Bowie ou Lou Reed posaient toujours devant l’une ou l’autre classic car américaine qui brillait de tous ses feux. » Si Ever Meulen s’attaque à n’importe quel sujet sur le papier, les mêmes thèmes reviennent souvent : architecture, musique, automobiles et jolies femmes. Comment imagine-t-il la journée idéale? « Au volant, avec de la bonne musique à la radio et une supernana sur le siège passager. Je n’en demande pas plus » (rire). « Oui, je suis passionné de voitures, de musique.. et de femmes. Mais pas toutes les femmes, pas n’importe quelle musique et certainement pas toutes les voitures. Il faut que rien ne cloche. »

En route actes, perfectionniste dans son travail, sans jamais se croire sorti de la cuisse de Jupiter. Presque timide même parfois, puisque de toute manière, il laisse la qualité de son œuvre parler à sa place. Dur, dur de le qualifier, ne fut-ce que parce qu’il a également dessiné de nombreuses affiches et même des pochettes de disques, donc peut-on vraiment parler d’illustrateur ? Dessinateur alors peut-être? « Enfant, j’ai dévoré les albums de Michel Vaillant. Une source d’inspiration inépuisable, car le dessinateur de BD Jean Graton créait un monde fascinant, à milles lieues de l’univers qui était le mien. Tout gosse déjà, je l’imitais et gribouillais mes propres bandes dessinées. Et des voitures, toujours des voitures. » Mais dès qu’il intégra l’académie Saint-Luc à Gand, Eddy Vermeulen a changé de cap et d’univers : « La formation était très technique, mais les fondements étaient artistiques. Nous devions tout à coup ‘deve-

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Eddy Vermeulen se fait un plaisir de nous montrer son charmant atelier, avec vue sur le parc Astrid à Anderlecht : « Je suis tombé fou amoureux de cette station-service des années ‘30. C’est aujourd’hui encore l’atelier de mes rêves. » Cette perle architecturale bien cachée représente tout ce qu’il apprécie : une architecture extrêmement élégante, un brin de nostalgie et bien entendu : le lien avec l’automobile : « pendant des années, j’ai dessiné au milieu de mes juke-box, avec vue sur mon merveilleux coupé Oldsmobile 76 Futuramic datant de 1949. Il est certain que cela a eu un impact sur mon style. » Même si sa table à dessin a déménagé entre temps pour des raisons pratiques et se trouve aujourd’hui dans sa maison, à l’autre bout de Bruxelles, il passe toujours de longues heures dans son antre. Au fond du local, il a en effet installé une autre Oldsmobile, appelée à être encore plus belle et plus spéciale. Depuis qu’Eddy a acheté cette carcasse rouillée dans les années ’70


“Je tenais néanmoins à dire qu’une automobile peut être un pur bonheur. Et de la pure beauté – du moins pour la plupart.”

(pour 5.000 francs de l’époque), celle-ci se transforme peu à peu en un joyau de sa couronne. Une fois terminée, ce sera une merveille, mais on en est loin. Faute de temps, toujours ce fichu manque de temps …  En attendant, Ever Meulen prend régulièrement la route à bord de son Oldsmobile verte : « Cette voiture est parfaitement représentative de mon style de vie », ironise-t-il en se calant encore plus dans l’énorme siège. Il faut dire qu’il pilotait déjà des voitures de collection bien avant que cela devienne à la mode, et qu’il a eu le temps d’observer les changements de mentalité : « Dans les années ’70, tout le monde trouvait cela fantastique, et on vous souriait quand on vous voyait passer. Dans les années ‘80 et ’90, les classic cars sont soudain devenues des placements motorisés. On ne cessait de me demander ce que pouvait bien rapporter tel ou tel modèle, ce qui me gênait plutôt. Aujourd’hui, il en va tout autrement : certaines personnes réagissent de manière positive, mais la plupart ne me prêtent aucune attention. Ou alors, on me fait observer qu’une voiture ancienne n’est pas très écologique. J’ai donc orné mon Oldsmobile d’un autocollant : This is a green car. Son regard pétille et il a du mal à réprimer un sourire.

peu égratignés par un poteau lorsqu’il a voulu se garer sur le parking du musée Hergé, by all places ! Un contretemps qu’Ever Meulen règle sur le mode de l’élégance : ‘Sorry Oldsy, repair and new paint this winter’, voilà ce qu’il a peint pour recouvrir ces dégâts ‘artistiques’. Mais réparera-t-il, ne réparera-t-il pas ? Il n’est pas encore fixé, d’autant qu’il a bien assez à faire comme ça : « Dans le temps, je travaillais presque toujours sur commande pour la presse, une tradition qui se perd malheureusement. Mais j’ai de plus en plus de commandes de la part du monde automobile

Il supporte sans broncher les plaies et les bosses : tout récemment encore, sa belle a eu les flancs quelque

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– généralement des personnes désireuses d’immortaliser l’un ou l’autre modèle de leur fabuleuse collection. Cela m’a permis de rencontrer plusieurs personnalités passionnantes. » Pourtant, Eddy n’accepte pas n’importe quelle commande, loin de là. De toute manière, son agenda est plein à craquer, il faut donc que la mission comporte un défi artistique : « J’aime quand il y a une histoire liée à une commande et je n’ai pas le temps de dessiner n’importe quelle Opel », s’explique-t-il, pour ne pas donner à penser qu’il a la grosse tête.


“J’aime la conduite automobile certes, mais en tant que pilote, je suis plutôt un cruiser. The American way of life.”

Qu’est-ce que l’art? Ever Meulen sait d’où lui vient cet amour de l’automobile : « Je suis né à Courtrai, le Dallas flamand. Lorsque la récolte de lin avait été bonne, les négociants se baladaient à bord d’une imposante américaine brillant de tous ses chromes, ce qui bien entendu faisait rêver le gamin que j’étais. De plus, le coureur automobile Christian Goethals, à la réputation bien assise, vivait tout près de chez nous. Je ne le connaissais pas personnellement, mais j’adorais l’entendre et le voir à bord de sa Porsche 550 RSK argentée – le modèle que pilotait James Dean lorsqu’il a eu son accident mortel. Rien que le son de cet engin … ! J’en avais la chair de poule. J’étais tout simplement fasciné par Goethals, de l’Equipe Nationale Belge, une écurie qui participait à des compétitions de haut niveau avec des Ferrari et des Jaguars. J’avais du mal à concevoir que de petits Belges parviennent à de tels résultats. Aujourd’hui encore, je suis la F1 avec passion, même si je n’ai jamais eu les moyens de m’adonner à ce sport. Et puis, j’ai bien trop peur. J’aime la conduite automobile certes, mais en tant que pilote, je suis plutôt un cruiser. Le max pour moi, c’est : laid back. The American way of life. » Pour Eddy Vermeulen, les voitures sont une fenêtre sur la vie : « Je sais bien qu’une voiture n’est qu’une machine, mais pour moi, elle a quelque chose d’humain. Dans mes dessins, les voitures sont souvent dotées de

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phares qui ressemblent à des yeux, tandis que la calandre fait penser à une bouche. Les automobiles sont-elles des objets d’art? Difficile à dire. Après tout, qu’est-ce que l’art? Certaines voitures sont si esthétiques que j’ose utiliser le mot art, et même plus facilement que pour certains gribouillages sur la toile ou certaines installations bizarroïdes. Bien entendu, on me critiquera pour avoir osé qualifier d’art un objet d’usage courant, mais convenez que certaines automobiles sont si belles que de nombreuses personnes – moi compris – sont plus touchées lorsqu’elles les contemplent qu’à la vue d’un tableau d’Ensor (l’Entrée du Christ à Bruxelles par exemple). »

Tout etait mieux avant Pour Ever Meulen, le passé est très important, pour preuve la nostalgie qui nimbe ses dessins et la nature même de ses thèmes. Mais pas au point d’affirmer que tout était mieux avant : « C’est faux. Nous avons tendance à le croire parce que nous nous souvenons seulement des belles choses et des bons moments. Et puis dans le passé aussi, certaines voitures étaient banales, tandis que des engins stupéfiants sont encore fabriqués aujourd’hui. Prenez par exemple la Lamborghini Gallardo de notre compatriote Luc Donckerwolke : une merveille ! Ou la Bentley Continental GT de Dirk Van Braeckel. Autre talent bien de chez nous : Lowie Vermeersch. »


voiture

L’imaginaire d’Ever Meulen est inépuisable et il a un sens aigü des proportions. Malgré cela, il n’a jamais songé à une carrière de designer automobile : « Je suis un esthète, un amateur de beauté pure. Pour moi, le design est quelque chose de trop technique. Je n’y connais pas grand-chose, même si avec les années, j’ai acquis de solides notions de mécanique. Bien obligé : quand on veut piloter des voitures de collection, il ne faut pas hésiter à mettre les mains dans le cambouis. » L’impressionnante évolution de l’automobile fascine Eddy Vermeulen : « la forme de base n’a pratiquement pas changé et fort peu de gens conçoivent à quel point l’automobile a évolué en cent ans pour devenir une machine aussi exceptionnelle et fiable. Mais cette course à la perfection va de pair avec un certain ennui. Jadis, les voitures étaient peu fiables, mais elles avaient du caractère. Elles faisaient du bruit, elles sentaient mauvais et il fallait se décarcasser pour les mettre en marche. »

Une voiture asymetrique Ever Meulen ne se laisse pas guider par la colère lorsqu’il dessine, mais par son amour du beau. Enfin, presque toujours : « On m’a récemment confié une rubrique dans le Standaard Magazine, ce qui me plaisait beaucoup. Je dessinais les voitures telles des icones et j’y ajoutais quelques phrases toutes simples. Même si les lecteurs semblaient apprécier, la rédaction a soudain décidé que s’il n’y avait rien à redire à mes dessins, ce n’était pas le cas des sujets choisis. Tout était permis : mode, architecture … du moment qu’il ne s’agissait pas de voitures !  Quelle frustration ! Peu après, on m’a proposé d’exposer dans une galerie à Bruxelles, j’ai accepté à condition de ne présenter que des dessins d’automobiles. A cette occasion, j’ai même conçu ma propre voiture, la Nisiov, basée sur les Voisins, des voitures françaises des années ‘20. Des automobiles remarquables, créées par un aristocrate bizarre, doté d’une âme d’artiste et qui osait sortir des sentiers battus. Voilà qui me plaît ! Je suis dessinateur et je n’ai que fort peu d’expérience de la troisième dimension, j’ai commencé par réaliser une maquette, dont j’ai ensuite distillé plusieurs croquis. Une approche intéressante à mon avis, puisque après tout, les voitures sont autant de sculptures. Ma Nisiov est en outre asymétrique, avec des roues de différents formats, un moteur treize cylindres et de nombreuses caractéristiques droit sorties de mon univers imaginaire. » L’exposition a été une réussite et presque toutes les œuvres ont trouvé acquéreur. Une belle revanche pour Ever Meulen : « je travaille actuellement sur un livre reprenant mes dessins favoris sur l’automobile. »

Un contrepoids a la haine Ever Meulen travaille depuis trop longtemps pour se profiler comme l’ardent défenseur de ces pauvres automobiles, tant décriées. Il estime pourtant qu’à notre époque de polarisation, la voiture a le droit d’être défendue. Il en a assez de l’hypocrisie du belge moyen face à l’automobile et surtout, de la curieuse attitude des médias face au phénomène : « tout le monde ou presque a une voiture. Et en fait un fréquent usage. Mais rares sont ceux qui avouent l’aimer, c’est comme si c’était péché tout à coup que d’avoir le coup de cœur pour une automobile. Je tiens à le dire haut et fort : je n’ai pas honte de ma passion pour l’automobile ! L’histoire de l’automobile est particulièrement intéressante et je découvre sans cesse de nouveaux récits. L’automobile ne mérite vraiment pas une telle haine. Je fais quasiment figure de paria lorsque je pars sur les routes à bord d’une belle voiture. Mais bon, il ne faut rien exagérer, après tout ce ne sont que des voitures. Je tenais néanmoins à dire qu’une automobile peut être un pur bonheur. Et de la pure beauté – du moins pour la plupart. »

“Je sais bien qu’une voiture n’est qu’une machine, mais pour moi, elle a quelque chose d’humain.”


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loisirs

nos e x pert s on t c hoisi pou r vous

les

délices de la ga s t r o n o m i e

v o yag e s

c u lt u r e

Il semblerait que le Belge épargne dans de nombreux domaines, mais pas dans celui des loisirs. C’est la raison pour laquelle Capital à recueilli des conseils auprès de quatre épicuriens pour la saison du printemps. Découvrez les petites merveilles qui n’attendent plus que vous. Car il faut bien dire que le bien-être – qu’il s’agisse de gastronomie, de voyages ou de culture – vaut aussi son pesant d’or !

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gastronomie

LES C o n s e i l s d e P E T E R G O O S S E N S , HOF VAN CLEVE

Une spectaculaire cuisine en li v e a l’hotel Sh angri-L a de Sh angh ai

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Yi Café Le Yi Café est une expérience culinaire internationale offrant 10 cuisines ouvertes et une atmosphère cosmopolite animée. La conception permettant d’y déambuler évoque un marché public, avec des vitrines gastronomiques et de spectaculaires postes culinaires préparant les mets sur place et présentant des plats de Chine, du Japon, d’Inde, d’Asie du Sud-est, du Moyen Orient ainsi que d’Europe et d’Amérique du Nord.

Un bouchon ‘top’ a Lyon

Chez Daniel et Denise Joseph Viola, Meilleur Ouvrier de France en 2004, dirige avec son épouse Françoise un bouchon, sorte de bistrot où l’on sert la cuisine lyonnaise typique. Leur restaurant marie avec bonheur le terroir et la modernité. On vous y sert une cuisine puissante et harmonieuse, dans un cadre chaleureux et traditionnel. Laissez-vous tenter par le gâteau de lapin ou par les délicieuses quenelles de brochet, un des grands plats de la gastronomie lyonnaise. Et pour le dessert, que penseriez-vous d’une Ile Flottante aux pralines de Saint-Genix ?

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 www.daniel-et-denise.fr


loisirs

 www.bozar.be

Lu x e, c alme et volupte a Bru x elles

Bozar Brasserie Depuis décembre 2010, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles abrite un tout nouveau restaurant. Le chef n’est autre que David Martin du restaurant La Paix à Anderlecht, la seule brasserie belge dotée d’une étoile au Michelin. David Martin propose une cuisine franco-belge de qualité : des plats reconnaissables, sur base de produits frais et de saison. Six entrées, six plats, six vins, six desserts. Bref, rien que du frais, dans une démarche gastronomique, mais dans l’ambiance brasserie.

Boissons et cigares

L’hôtel Lanesborough de Londres  De l’acajou, un feu ouvert, de grandes fenêtres, de vrais livres dans une vraie bibliothèque Regency : The Library Bar est conçu dans le style intemporel des clubs privés anglais, léger et aérien en été, chaleureux et intime en hiver. Le bar présente une impressionnante collection de cognacs millésimés, des whiskies, des armagnacs … Mais c’est aussi l’endroit où ces dames aiment faire une pause après leur journée de shopping, pour siroter un Martini ou une coupe de champagne. Giuseppe Ruo, le chef d’orchestre du lieu, sait tout sur les cigares et sur les beaux mariages cigares-boissons.

La cuisine italienne et la cuisine française sous un meme toit

Hôtel Royal Monceau Paris A Paris, l’hôtel Royal Monceau abrite à présent La Cuisine, le restaurant du chef Gabriel Grapin, qui a élaboré une version contemporaine de la gastronomie française en accordant la part belle au goût, aux produits de saison et au professionnalisme. Les desserts sont signés Pierre Hermé pour un ultime ravissement. L’hôtel Royal Monceau possède également un restaurant italien, le Carpaccio. Le chef Laurent André y inverse avec bonheur toutes les règles de la gastronomie traditionnelle, tout ici est dans l’émotion plutôt que dans le raffinement, grâce à une cuisine familiale de toutes les régions de la péninsule, avec des recettes simples à base de produits frais irréprochables.

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 www.lanesborough.com


voyages LES C o n s e i l s d e f rieda r yc k aert, s t y l i s t e e t g r a n d e v o y a g e u s e

 www.kuoni.be © Kuoni

En vac ances av ec les enfants

Des découvertes en famille Ce n’est pas parce qu’on a des enfants qu’on ne peut plus parcourir le monde. Il est clair qu’il est conseillé de voyager différemment : plus calmement et en tenant compte de l’univers mental des enfants. Kuoni Travel Group a élaboré une série de formules de vacances particulières, sous le dénominateur ‘découvertes en famille’. Pour les itinéraires avec des enfants, Kuoni vous propose un savant mélange d’aventure en toute sécurité, toujours dans le souci de préserver l’âme enfantine. Vous préférez les vacances à la plage quelque part en Europe, afin d’éviter les vols long-courrier ? Dans ce cas, les mots clé de Kuoni sont le calme, l’espace et le plaisir, ce qui vous garantit une sévère sélection d’hôtels quatre et cinq étoiles, avec des clubs pour

A Venise : Peggy Guggenheim

enfants, des chambres communicantes ou des suites familiales, des menus spéciaux pour les petits, etc. Une croisière en famille, c’est une manière sûre et idéale de découvrir d’autres cultures et d’autres personnes, sans le stress des valises à faire et à défaire sans cesse, et ce aussi bien en Europe qu’audelà. Vous tenez surtout à passer du temps avec votre famille ou vos amis, dans un endroit rien qu’à vous, où vous vous sentirez libres comme l’air ? Que diriez-vous d’une villa au bord de l’eau … avec en cuisine un chef à votre seul service ? Vos enfants sont encore trop jeunes pour faire de longs voyages ? Ou deux semaines, cela vous semble trop long pour des vacances à la plage ? Dans ce cas, Kuoni trouvera pour vous la formule idéale.

 www.guggenheim-venice.it  www.labiennale.org © Peggy Guggenheim Collection

Une vie au service de l'Art Si je devais ne citer qu’un seul musée qui a changé ma vie, ce serait sans aucun doute la ‘Peggy Guggenheim Collection’ de Venise. Le Palazzo Venier dei Leoni, situé au bord du Canal Grande, est le lieu où vécut Peggy Guggenheim. Il abrite aujourd’hui l’une des plus belles collections d’art moderne d’Italie, et même d’Europe. On peut notamment y admirer des œuvres surréalistes ou abstraites d’artistes européens et américains de la première moitié du 20ème siècle. Le musée a été inauguré en 1980, peu après la disparition de cette femme excentrique et amoureuse des arts. Il présente la collection personnelle de Peggy Guggenheim, avec des œuvres signées Picasso, Braque, Duchamp, Léger, Brancusi, Picabia, de Chirico, Giacometti, Kandinsky, Mondriaan, Dali, Magritte, Klee, Calder et Pollock. Des expositions temporaires y sont parallèlement organisées. Promenez-vous au fil du Jardin des sculptures Nasher et imprégnez-vous de toute cette beauté et d’une situation privilégiée sur le Canal Grande. Et pendant que vous êtes à Venise, profitez-en pour explorer tous les domaines de l’art pendant la 54ème édition de La Biennale di Venezia – du 24 juin au 27 novembre 2011 – intitulée ‘Illuminations’.

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loisirs

 www.jardinmajorelle.com © Frieda Ryckaert

Fascinante Marra k ech

Le Jardin Majorelle Au cœur de l’animation de Marrakech, découvrez une oasis de calme et de verdure: Le Jardin Majorelle. Les contrastes, les couleurs, les jeux de lumière semblent sortis d’un des tableaux de Jacques Majorelle, le peintre français qui s’est installé dans ces lieux exotiques en 1919 avant d’acquérir un terrain qui allait devenir le Jardin Majorelle. Jacques Majorelle était également un des plus importants collectionneurs de plantes de son époque. Le Jardin Majorelle abrite donc une énorme collection de plantes des cinq continents, ouverte au public depuis 1947. Après le décès du peintre, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent ont découvert les lieux dans les années ‘80 et sont tombés

amoureux de cet endroit magique. Ils ont entièrement restauré les lieux, renouvelant notamment le système d’irrigation, tant en termes d’économies que d’écologie. Comme Jacques Majorelle, ils avaient la passion des plantes exotiques et ont ajouté 300 espèces à la collection existante. Ce qui fut l’atelier du peintre abrite aujourd’hui la magnifique collection d’art islamique de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent. L’originalité des lieux réside dans la combinaison d’une végétation luxuriante et des éléments architecturaux alliant sobriété et esthétique traditionnelle marocaine. La puissance du bleu Majorelle participe à l’impression de fraîcheur et de quiétude.

un opera au cœur de l’A m a zonie

Manaus L’histoire de Manaus au Brésil est particulièrement touchante, tragique et belle tout à la fois. Tout commence en 1669, avec un petit fort bâti par les Portugais pour se protéger d’une invasion espagnole. Mais la période la plus mémorable pour Manaus se situe entre 1890 et 1920 – à la glorieuse époque de la ‘ruée sur le caoutchouc’ au Brésil – lorsque cette ville et tout le nord du pays vivent un boom inouï. Hélas, cette richesse ne fera pas long feu. La région est envahie d’immigrants, le caoutchouc synthétique fait son apparition et finalement, les plantations de caoutchouc asiatique, meilleur marché, entraînent la chute de Manaus. Le plus beau symbole de cette grandeur passée est certainement ‘Le Teatro Amazonas’, un opéra inauguré en 1896. Il s’agit d’un lieu de culture unique au beau milieu de la jungle amazonienne. Pour la construction de ce théâtre, sur un concept britannique et aux allures très renaissance, on n’a épargné ni la peine ni l’argent  : marbre d’Italie, ferronnerie anglaise, pierre portugaise, cristal français, lustres de Murano …. On y donne encore aujourd’hui des pièces de théâtre et des spectacles d’opéra, dans un cadre magnifique et luxuriant. Une visite à Manaus, lieu de légende, ne saurait manquer au programme des voyageurs de cette région amazonienne.

Un hotel d'a ffaires en Chine  www.sofitel.com © Sofitel

Un nouvel hôtel pour hommes d’affaires à Guangzhou En juillet 2010, Sofitel inaugurait le Dongguan Humen Oriental, non loin de Guangzhou, et en juillet 2011 ce sera au tour du Sofitel Jing’An à Shanghai. La chaîne hôtelière affirme par là sa volonté de devenir le leader du marché chinois des hôtels de luxe. Centre économique de la Chine du sud, Guangzhou est facilement accessible depuis Hongkong et Macao. Depuis novembre 2010, le Sofitel Guangzhou Sunrich Hotel domine de son emplacement stratégique le cœur financier commercial de cette ville où siègent de nombreuses sociétés internationales. Avec ses 493 chambres et suites, un espace de rencontre de 3000 m², ses 17 salles de réunion de pointe, sa gigantesque salle de bal (plus de 900m²), cet hôtel est le lieu rêvé pour des conventions internationales. Une piscine intérieure avec musique sous l’eau et vue panoramique unique sur la ville, des équipements de loisirs dont le SoSpa, un centre de remise en forme ouvert 24/24 … L’hôtel propose tous les indispensables des hommes – et des femmes  ! – d’affaires.

 www.braziltour.com  www.manaus.info

© David Rego Jr.

© Christian Knepper

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culture

L e s c o n s e i l s d e Mar c Holt h o f, j o u r n a l i s t e c u lt u r e l

 www.mas.be

Le plus rEcent et plus grand musEe de la mEtropole

Anvers inaugure le MAS / Museum aan de Stroom L’inauguration du MAS / Museum aan de Stroom d’Anvers sera l’un des événements culturels de l’année 2011. Le plus récent et plus grand musée de la métropole raconte l’histoire des liens noués entre Anvers et le monde. C’est le 17 mai prochain que s’ouvriront les portes de cet imposant immeuble, une réalisation de l’architecte Willem Neutelings, qui présente sur cinq étages une collection permanente. L’exposition organisée à l’occasion de l’ouverture offre quant à elle un aperçu de cinq siècles d’images à Anvers.

 www.toneelhuis.be

Gu y Cassiers et Tom L anoy e

‘Sang et roses. Le chant de Jeanne et Gilles’ Après ‘Mefisto for ever’ et ‘Atropa. De wraak van de vrede’, le metteur en scène Guy Cassiers et l’écrivain Tom Lanoye poursuivent leur fructueuse collaboration théâtrale. Cette fois, ils se sont concentrés sur deux personnages historiques du 15ème siècle – Jeanne d’Arc et Gilles de Rais. Gilles de Rais, un des grands seigneurs les plus nantis de France, a combattu aux côtés de Jeanne. Après la mort de cette dernière, il se livra à la magie et aux dépravations sexuelles. Il fut condamné pour magie, sodomie, et le meurtre de dizaines d’enfants. La première de la pièce est prévue pour fin mai 2011.

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loisirs

National Gallery

Jan Gossaert à Londres Après le Metropolitan à New York, c’est à présent au tour de la National Gallery de Londres de proposer jusqu’à fin mai 2011 une sélection sublime des œuvres du peintre Jan Gossaert (1478-1532). Né à Maubeuge, Jan Gossaert, dit ‘Mabuse’, a été un artiste de transition entre le gothique flamboyant et la renaissance. Portraitiste génial, il a également été le premier dans nos contrées à peindre des nus. L’exposition ne fera hélas pas le voyage jusque chez nous, mais le Fonds Mercator a heureusement publié un magnifique catalogue de l’œuvre de Gossaert.

Un répertoire d'une grande richesse

 www.cmireb.be

Concours Reine Elisabeth – Chant Le Concours Reine Elisabeth est consacré cette année à l’art vocal. Les candidats se présenteront au mois de mai dans un répertoire d’une grande richesse, qui séduira le public du Conservatoire et du Palais des Beaux-arts à Bruxelles. Cette année, l’œuvre imposée aux 24 demi-finalistes a été composée par Luc Brewaeys. Pour soutenir leurs prestations, les chanteurs bénéficieront de la participation d’excellents pianistes ainsi que de l’Orchestre Symphonique de la Monnaie, placé sous la direction de Carlo Rizzi.

Fantasia reedite

Disney goes classic

 www.disney.be

Dans son long-métrage d’animation ‘Fantasia’ (1940), Walt Disney donnait vie à la musique classique. Cette œuvre intemporelle a récemment fait l’objet d’une restauration numérique, ce qui devrait permettre à de nouvelles générations de spectateurs d’admirer ce chef-d’œuvre. Laissez-vous emporter par la magie, avec Mickey Mouse en espiègle apprenti-sorcier, l’irréelle beauté des centaures femelles, la danse des fées, des elfes et des flocons de neige, les hippopotames en tutu rivalisant de grâce dans un ballet hilarant … Le tout sur la musique de Stravinsky, de Tchaikovski, de Beethoven et de bien d’autres.

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 www.nationalgallery.org.uk


l e p o i n t s u r la s i t u at i o n

le secret ba nc a ire

LEVEE ACCELEREE DU SECRET BANCAIRE : LA PORTE OUVERTE AUX PECHEURS REPENTIS Ces dernières semaines, la Commission de la Chambre a réussi une percée définitive en ce qui concerne les modifications du secret bancaire, que l’on attendait depuis longtemps déjà. texte Jo Viaene, executive manager competence department / administrateur

En bref, cela revient à dire que le fisc aura bientôt un accès plus souple aux données bancaires des citoyens. Les possibilités de levée du secret bancaire seront en effet bien plus étendues. Cette procédure devrait passer par le directeur régional et par un point de contact central permettant au fisc d’accéder rapidement à tous les numéros de comptes et à tous les avoirs. Il faut pour cela que certains éléments laissent supposer une fraude fiscale. Avant que la procédure ne soit engagée, le contribuable doit également avoir la possibilité de fournir spontanément ces informations au fisc. Ce qui est tout nouveau par contre, c’est que le contribuable a toujours la possibilité de conclure un accord à l’amiable, pour parvenir ainsi à ‘racheter un procès’. Des ‘négociations’ suivent, afin de déterminer quelle sera la ‘châtiment’ per­ met­tant au pécheur de r­ acheter ses péchés. Il s’agit évidem-

ment de l’impôt non payé, majoré d’une amende. Avec cette possibilité d’accord à l’amiable, de moins en moins de citoyens devraient être tentés de mener une longue et coûteuse bataille contre le fisc (avec risque de prescription comme dans plusieurs cas récents). L’Etat espère par ce moyen remplir ses caisses plus rapidement et plus efficacement. Cette nouvelle règle fera bientôt l’objet d’une circulaire administrative et la loi entrera définitivement en vigueur le premier juillet 2011. Suite à la levée progressive du secret bancaire, le Belge fortuné est de plus en plus visible aux yeux du fisc. Des milliers de citoyens peuvent de ce fait s’attendre dans les années à venir à des contrôles supplémentaires sur base de données automatiquement traçables dans leur dossier (notamment des biens immobiliers à l’étranger).


l e p o i n t s u r la s i t u at i o n

l'a s s u r a n c e g r o u p e

PERCEVOIR L'ASSURANCE GROUPE : A LA COTE D'AZUR OU A LA PANNE? Certains conseillers et intermédiaires ont souvent affirmé ces dernières années qu’il pouvait être avantageux de percevoir le capital de son assurance groupe en France. texte Jo Viaene, executive manager competence department / administrateur

Une thèse basée sur l’article 18 de la Convention collective de double imposition entre la Belgique et la France accorde à ce dernier pays le pouvoir d’imposition. En effet, la légis­ lation française ne prévoyait pas jusqu’ici d’imposition sur les capitaux pension constitués à l’étranger. Le parcours à suivre était donc le suivant : quelques mois ou quelques années avant sa pension (et la libération de son capital) le citoyen belge s’inscrivait dans les registres de la commune française où se situait sa résidence secondaire.

stipule que ce capital pension complémentaire sera doré­ navant soumis à l’imposition (à con­d ition que les primes aient fait l’objet d’une déduc­ tion fiscale !). Au-dessus de 6.000 euros, le capital est donc imposable (étalé sur quinze ans). Le tarif est analogue à celui appliqué aux « pensions ordinaires » (à l’instar des revenus professionnels) et peut alors dépasser les 16.5% ou les 10% appliqués en Belgique (à majorer des cotisations de solidarité et INAMI).

L’administration communale lui remettait alors un certificat officiel attestant qu’il était dorénavant domicilié dans l’hexagone (il s’agissait évidemment de l’adresse officielle pour toutes les communications). Résident en France, les capitaux du Belge en question n’étaient par conséquent pas taxés (à condition que la manœuvre n’ait pas été cousue de fil blanc). Depuis le premier janvier 2011, la France a mis fin à cette échappatoire puisque l’article 79 du Code Général des Impôts

Déménager en France pour

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des raisons fiscales n’est à présent plus avantageux. Il faut abandonner l’idée d’un paradis pour particuliers fortunés et ne pas oublier que la France applique également l’ISF (Impôt sur la Fortune), la taxe sur la plus-value des actions (avec quelques exonérations toutefois) et les droits de succession progressifs. Les étés sur la Côte D’Azur risquent d’avoir un goût amer. Mais pas de problème : avec le réchauffement climatique, La Panne sera bientôt la nouvelle ‘place to be’.


o p i n i ON

Pa u l H u y b r e c h t s

Nous est-il permis de vous tresser une couronne de lauriers, à vous tous épargnants de ce pays ? Dans son rapport annuel, la Banque Nationale de Belgique note : « La Belgique appartenait, avec les Pays-Bas et l’Allemagne , à la minorité de pays européens qui étaient prêteurs nets vis-à-vis du reste du monde. Ce classement favorable est essentiellement attribuable aux particuliers qui présentaient les actifs financiers nets les plus élevés de l’UE. » Félicitations aux citoyens qui ont beaucoup travaillé depuis 1830, rendant possible une telle richesse ! Les Belges épargnent en moyenne 17,2% de leurs revenus. Avec un patrimoine financier global de 909 milliards d’euros (fin septembre 2010), + 1.075 milliards d’euros de patrimoine immobilier après la hausse des prix de l’immobilier en 2010 (+ 5,6%), les Belges possèdent bien plus que le produit national (351 milliards d’euros), soit 1.793 milliards nets, après déduction des hypothèques d’une valeur de 196 milliards. En 2010 aussi, le Belge a fait honneur à sa réputation. Nous épargnons pour ne pas manquer d’argent à l’avenir, pour nous comme pour nos descendants. Les indépendants épargnent parce qu’ils savent que sans poire pour la soif, c’est 20 ans de misère en perspective. De plus, l’actuel système de retraites et de santé – déjà caduque – n’est probablement plus tenable à terme. L’institut de recherche Itinera a calculé que les enfants nés en 2011 devront céder en moyenne à l’état 60.000 euros de plus que ce qu’ils récupèreront dans toute leur vie. Une perspective que les jeunes n’accepteront sans doute plus longtemps. Dans son rapport, la BNB répète à qui veut l’entendre que nous devrons tous travailler plus longtemps. Nos hommes politiques doivent travailler 20 ans seu-

Honneur a l'epargnant belge

“En 2010 aussi, le Belge a fait honneur à sa réputation.” lement pour avoir droit à partir de 55 ans à une pension trois fois supérieure à celle d’un indépendant ayant travaillé jusqu’à 65 ans. Bien leur en fasse, à condition que les pouvoirs publics ne financent pas ces avantages en imposant les patrimoines péniblement constitués par les salariés et les indépendants. Une hausse du précompte mobilier ou du revenu cadastral – voire une taxe sur la plus-value – est tout simplement inadmissible. Faut-il décider d'une baisse d’impôts ? Le Professeur Eric de Keuleneer pense à des Bons d’Etat sans précompte mobilier et le Ministre Didier Reynders semble intéressé par cette idée. L’Etat doit collecter cette année 41 milliards sur les marchés financiers, ce qui peut se faire en partie par le biais de bons d’État plus intéressants, puisque exonérés de précompte mobilier.

d’un Etat indigent, mais des intérêts des épargnants et des entreprises. Deux propositions dans ce sens : 1. Un Etat qui traite les épargnants correctement ne les exproprie pas par le biais de l’inflation. Même sans précompte mobilier et certainement après déduction des 15%, les revenus de l’épargne sont inférieurs à l’inflation. Un Etat soucieux de ses administrés tente en sa qualité de débiteur de protéger les épargnants contre cette érosion monétaire. S’il ne le peut peut-être pas face à un prix du baril à 500 dollars, il devrait y parvenir face à toute dépréciation générée à l’intérieur du pays. Donc, Cher Royaume de Belgique, émettez des obligations liées à l’inflation et ne taxez pas ceux qui capitalisent leurs intérêts. Quelque 20 milliards pourront ainsi être prêtés à un Etat crédible, qui paie sa dette progressivement, au taux de l’inflation + 2% environ. 2. Un rendement plus élevé implique automatiquement des risques accrus. Il faut que les investisseurs se tournent à nouveau vers les actions, de préférence avec un rendement des dividendes supérieur de quelques pourcents à l’inflation. Face à une bourse qui ressemble à un casino peuplé de spéculateurs, il est pourtant possible d’agir en récompensant les fidèles actionnaires (qui le restent plus de deux ans) avec un dividende plus élevé, moins fortement taxé. De cette manière, l’état soutient et protège ses entreprises et la confiance qu’on leur fait – c’est bien là le moteur de notre future prospérité. Les hommes politiques qui s’attellent à cette tâche méritent eux aussi une couronne de lauriers.

Publicitaire et président de la VFB, (Vlaamse

Pour améliorer sensiblement le système, il ne convient pas de partir des besoins

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Federatie van Beleggers, la Fédération Flamande des Investisseurs)


DES APPARTEMENTS DANS UN PARC À DEUX PAS DE LA MÉTROPOLE RÉSIDENCE D’OUDE KAARS La Résidence d’Oude Kaars (Wijnegem) représente un bel exemple d’urbanisme intelligent. Les confortables appartements, très spacieux, sont implantés au milieu de jardins agréablement aménagés, offrant ainsi un cadre de vie aussi sécurisé qu’harmonieux. Des matériaux durables et chaleureux de fabricants renommés, très peu de circulation locale, un parking souterrain, voilà qui renforce encore la sensation de calme et de sérénité. Bref, l’habitat idéal pour les familles avec ou sans enfants, mais aussi pour les citadins désireux d’échapper au bruit de la ville tout en étant proches d’Anvers pour leur travail et leurs loisirs.

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