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OBJECTIF PRÉVENTION REV U E D ’I N FO R M AT I O N DE L’ASS O C I AT I O N PA R I TAI RE PO U R L A SA N T É E T L A S É CURI TÉ DU TR AVA I L D U SE C T E UR AFFAIRE S S O C I A L E S VO L . 40 N o 4 D É C E M B R E 201 7

UN COUP DE SONDE SUR LES TMS EN IMAGERIE

C’EST COMME ÇA QUE ÇA SE PASSE AUX ÉTATS-UNIS COMMENT S’ADAPTER À UN CHANGEMENT IMPOSÉ ? LORS DE TOUT SOIN : RELATION, FEEDBACK ET ADAPTABILITÉ

E N VO I DE P OSTE -P UB L ICATIO N S , CO NT R AT N O 40 0 63 03 0

DOSSIER


UN CONCOURS RÉSERVÉ AU PERSONNEL DES ÉTABLISSEMENTS DU SECTEUR DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, DES GROUPES COMMUNAUTAIRES, DES SERVICES PRÉHOSPITALIERS, DES CLINIQUES MÉDICALES ET DENTAIRES

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ET DES RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES.

EDITION

Meez v leaders en lumière !

L’ASSTSAS recherche les meilleurs leaders qui contribuent à l’amélioration de la santé et de la sécurité des employés dans le cadre de leurs activités de travail. Par leurs réalisations concrètes, leur implication et leur énergie, les leaders font progresser la SST. La prévention est au cœur de leurs préoccupations et leurs efforts font la différence !

Exemples de leaders recherchés

• Un préventionniste qui procède avec rigueur et tact aux enquêtes et analyses des événements accidentels et qui s’assure du suivi des recommandations • Une chef d’unité attentive aux besoins de son équipe, influente lorsqu’il s’agit d'obtenir les correctifs et proactive dans l’application de ceux-ci • Un représentant syndical à l’affût des nouveaux équipements favorisant la SST et qui les fait connaître dans son milieu • Une formatrice appréciée pour sa personnalité et son feedback constructif lors du compagnonnage auprès de ses collègues • Un membre du comité paritaire de SST qui, par son charisme, sait intéresser tous les acteurs en prévention • Une travailleuse qui sert de modèle par ses comportements sécuritaires

Inscrivez votre leader

Détails du concours et de la procédure à suivre pour poser une candidature :

Prix du jury

Le jury choisira les leaders patronaux et syndicaux en fonction de plusieurs critères, dont les réalisations concrètes en SST, l’engagement et la capacité d’influence.

asstsas.qc.ca/evenements

Les documents requis doivent parvenir à l’ASSTSAS avant le 12 janvier 2018.


S O M M A I R E

D O S S I E R

12 13 16 19 22 26 28 30

A v e c

c e

Mot de l’ASSTSAS – Le temps des bonnes résolutions Fleurs de prévention – Appréciez les petites et grandes initiatives du secteur Équipements – On aime le nouveau support pour la pédale de transcription PDSB-Déplacement de personnes – C’est comme ça que ça se passe aux États-Unis Organisation de la SST – Développez vos arguments pour améliorer la SSQVT Santé psychologique – Comment s’adapter à un changement imposé ? Approche relationnelle de soins – Lors de tout soin : relation, feedback et adaptabilité Coin de la documentaliste – Des ressources additionnelles en SST

Un coup de sonde suR les TMS en imagerie Voyez des mesures pour contrer les difficultés du travail en imagerie médicale et réduire les troubles musculosquelettiques (TMS) chez les technologues. Des risques visibles de TMS pour les technologues La prévention : un engagement de l’équipe de travail S’outiller pour réduire les risques de TMS L’art de manipuler l’appareil de radiographie mobile Aménagement et équipements choisis pour performer Critères de choix des nouveaux appareils d’échographie PDSB : pour de meilleurs déplacements

n u m é ro

Dépliant Les formations de l’ASSTSAS

Objectif prévention, vol. 40, no 4, 2017 PRODUCTION Directrice générale : Diane Parent Rédactrice en chef : Louise Lefèbvre Révision : Marie L’Écuyer Design : acapelladesign.com Couverture : iStock.com Impression : Impart Litho Envoi de Poste-publications, contrat no 40063030 Abonnement : Andrée Desjardins abonnement@asstsas.qc.ca

Fiches techniques 17 - Réaliser une rétroaction constructive 18 - La reconnaissance des feedbacks et l’adaptabilité 19 - Être en relation

abonnement Éditée quatre fois l’an, OP est distribuée gratuitement, sur abonnement, aux personnes ou organismes qui œuvrent dans le secteur affaires sociales. Les autres peuvent s’y abonner au coût de 35 $ par année pour le Canada, 70 $ pour les États-Unis et 100 $ pour les autres pays. Ce numéro, tiré à 13 000 exemplaires, est disponible sur Internet. Les articles n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique de l’ASSTSAS. Toute reproduction est autorisée pourvu que la source soit mentionnée. Les photos qui paraissent dans OP sont le plus conformes possible aux lois et règlements sur la santé et la sécurité du travail. Cependant, il peut être difficile pour des raisons techniques de représenter la situation idéale. Dépôts légaux : Bibliothèque et Archives nationales du Québec – Bibliothèque et Archives Canada – ISSN 0705-0577 Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales 5100, rue Sherbrooke Est, bureau 950, Montréal (Québec) H1V 3R9 Téléphone : 514 253-6871 ou 1 800 361-4528 – asstsas.qc.ca

Photo : iStock.com

2 3 4 6 8 10 11 32


M o t

d e

l ’A S S T S A S

Le temps des bonnes résolutions C’est la fin de l’année. De nouveaux projets se mettent en branle et d’autres se poursuivront en 2018. L’ASSTSAS est là pour vous soutenir dans toutes vos démarches de prévention.

La prévention est au cœur de leurs préoccupations et leurs efforts font la différence !

Nouveaux comités paritaires de SST Nous savons que plusieurs établissements souhaitent renouveler la formation et le fonctionnement de leur comité paritaire de SST. Votre équipe de prévention a-t-elle besoin d’un coup de main pour y arriver ? Si c’est votre cas, nous vous encourageons fortement à communiquer avec votre conseiller attitré et à faire appel à notre service de conseil et d’assistance technique gratuit.

Paix, santé et sécurité Chaque équipe de travail est composée de lutins magiques ! Nous avons fabriqué une carte de souhaits. Vous pouvez la reproduire pour transmettre vos meilleurs vœux à l’un de vos fantastiques collègues. Un petit geste qui peut faire beaucoup de bien ! K Références

Le grand tour L’ASSTSAS lance aussi la programmation de son colloque 2018. Sur le thème Connaissez-vous vraiment votre milieu de travail ?, nous vous invitons à nous accompagner pour vous présenter les différents risques à la SST dans plusieurs secteurs d’activité. Découvrez les risques liés à la violence en déficience intellectuelle, en hébergement ou à domicile. Apprenez-en plus sur les troubles mus­ culosquelettiques et les chutes dans les services alimentaires, les services de diagnostic et d’imagerie médicale, à la buanderie, dans les bureaux et bien d’autres environnements de travail. Bref, nous vous convions à un grand tour d’horizon en prévention.

Conseillers attitrés (asstsas.qc.ca/votre-conseiller) Colloque 2018 (asstsas.qc.ca/evenements) Pleins feux sur les leaders en SST (asstsas.qc.ca/leaders2018) Carte de souhaits (asstsas.qc.ca/meilleursvoeux)

L’équipe de l’asstsas vous souhaite un temps des fêtes pétillant de moments d’amour, de rire et de partage.

Certaines personnes font progresser la SST dans leurs organisations. La prévention est au cœur de leurs préoccupations et leurs efforts font la différence ! Elles jouent un rôle important dans la compréhension des enjeux et la motivation de leurs collègues. Ces meneurs sont pré­ ventionnistes, chefs d’unité, représentants syndicaux, formateurs, membres du comité paritaire de SST ou travailleurs sur le terrain. Vous connaissez une de ces personnes au comportement exemplaire, à la personnalité inspirante et qui s’implique chaque jour dans les stratégies en SST ? Inscrivez-la au concours Pleins feux sur les leaders en SST avant le 12 janvier 2018. Voyez tous les détails pour participer au concours sur notre site Internet.

Joyeux Noël et bonne année 2018 !

Éric Bonneau

Guy Laurion

coprésident patronal

coprésident syndical

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Diane Parent directrice générale dparent@asstsas.qc.ca

Illustration : Jean Morin

Pleins feux sur les leaders en SST 


Une chronique pour apprécier de petites et grandes réalisations initiées dans le secteur !

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L’ARS et l’économie sociale en aide à domicile

Pierre Poulin

ppoulin@asstsas.qc.ca

a Coopérative d’aide à domicile de la MRC de Maskinongé, la Coopérative de solidarité d’aide à domicile de l’Énergie ainsi que le Soutien à domicile des Chenaux ont fait appel à l’ASSTSAS afin d’adapter l’Approche relationnelle de soins (ARS) pour l’aide aux activités de la vie quotidienne (AVQ). L’ASSTSAS a formé cinq formatrices qui ont aussi contribué à adapter l’ARS pour les AVQ à domicile. La nouvelle formation est maintenant offerte aux entreprises d’économie sociale du Québec. Une belle initiative !

L

Troubles musculosquelettiques (TMS) en imagerie médicale

Louise Bélanger

lbelanger@asstsas.qc.ca

’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec a fait appel à l’ASSTSAS pour l’aider à prévenir les TMS chez les technologues en imagerie médicale. Ainsi, tout le personnel de l’échographie générale a suivi la formation « Sondez-votre corps », ce qui a mené les technologues à modifier leurs postures de travail. Les technologues ont aussi participé à des discussions sur les bonnes pratiques. Des recommanda­ tions ont été formulées par l’ASSTSAS à la direction concernant des problèmes touchant l’environnement et les équipements (ex. : achat de coussins d’appui, entretien préventif des équipements, gestion des fils au sol, ajout d’un appuie-bras à la chaise, etc.). De plus, le poste de la technologue attitrée aux radiographies pulmonaires des patients des soins intensifs a été évalué. Des recommandations ont permis de réduire les efforts lors du positionnement des clients et de la manipulation des cassettes. (Johanne Dubé, johanne.dube@ssss.gouv.qc.ca)

Un bouquet de formateurs PDSB actifs et créatifs

Jocelyne Dubé

jdube@asstsas.qc.ca

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es sessions de réaccréditation sont toujours de belles occasions de prendre connaissance des initiatives des formateurs PDSB. Par exemple, en mai dernier, Nadia Tomasselli (Hôpital juif de réadaptation) a rapporté qu’on parle maintenant systématiquement de SST en présence des préposés aux bénéficiaires lors des rapports de changement de quart. Paula Darius (CISSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal) a réussi à faire changer les pratiques organisationnelles pour que les chambres des clients à domicile soient réaménagées afin de permettre l’application des PDSB. Elle a aussi amené les ressources en assistance continue à s’équiper de tubes de glissement et à promouvoir avec succès leur utilisation. Joanne Bilodeau (Coopérative Défi-autonomie d’Antoine-Labelle) offre de la formation PDSB aux proches aidants afin que les clients puissent demeurer plus longtemps à la maison. Bravo à toutes pour ce dynamisme !

Des initiatives pour se démarquer

Jocelyne Dubé

jdube@asstsas.qc.ca

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es CHSLD privés, les résidences privées pour aînés et les ressources intermédiaires poussent comme des champignons et offrent des services diversifiés à des clientèles de plus en plus variée. Conscients de l’importance de concilier des espaces de travail sécuritaires pour le personnel avec un milieu de vie agréable et sécuritaire pour les résidents, de nombreux propriétaires intègrent maintenant les enjeux de SST dès les premières étapes de conception de leur projet. Les chambres, les aires communes, les salles de bain, les toilettes, les salles à manger, chaque espace est pensé dans la perspective d’offrir un milieu de vie et de travail optimal et fonctionnel. Félicitations au Groupe Arbec, au Groupe Résidences du patrimoine, à la Villa Domaine St-Grégoire et au Groupe Lumain pour ces bonnes pratiques.

Des fiertés à partager

Lisette Duval

lduval@asstsas.qc.ca

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e CIUSSS de l’Estrie-CHUS compte sept préventionnistes en SST sous la supervision d’André Jalbert, chef de service à la Direction des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques. En juin, lors d’une rencontre de coordination des services de proximité, cette équipe a présenté avec fierté ses travaux en SST réalisés et en cours pour l’ensemble du personnel : réaménagement des centres de prélèvement au CHUS, mise en place de personnes pivots aux services techniques pour la formation des travailleurs sur les Principes de déplacement sécuritaire de charge et le SIMDUT, coordination de l’équipe des agents de suivi PDSB pour le CSSS-IUGS. Ces projets ont été réalisés grâce à la participation des gestionnaires, des représentants syndicaux ainsi que la collaboration des travailleurs concernés. Ici, tous ont à cœur la prévention ! OP

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É q u i p e m e n t s

On aime le nouveau support pour la pédale de transcription Rose-Ange Proteau rproteau@asstsas.qc.ca

En 2016, nous avons évalué cinq postes de transcriptionniste de l’Hôpital du SacréCœur-de-Montréal du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Ce projet a donné lieu au déve­loppement d’un nouvel outil de travail.

L

es travailleuses à l’origine de la demande sont

La pédale s’insère à droite ou à gauche du support, ce qui permet de l’actionner avec un pied ou l’autre.

âgées entre 31 à 65 ans et possèdent de 3 à 34 ans d’expérience. Toutes ressentaient des douleurs au travail.

Tâche

Diagnostic

Les transcriptionnistes demeurent assises devant leur ordinateur la majeure partie de la journée. Pour quatre

Les transcriptionnistes ont répondu à un court ques-

postes de travail, le clavier et la souris sont placés sur une

tionnaire de dépistage des troubles musculosquelettiques.

tirette. Pour le cinquième poste, ils sont sur le bureau.

Au cours des 12 derniers mois, toutes ont rapporté des

Les transcriptionnistes copient les textes dictés par les

douleurs à certaines parties du corps.

médecins qu’elles entendent dans des écouteurs. Pour

En général, les douleurs sont ressenties du côté droit,

avan­­ cer ou reculer les enregistrements, elles appuient

soit celui du pied qui appuie sur la pédale. Pour les douleurs

plusieurs fois par minute sur une grosse pédale posée au

importantes qui gênent les activités « assez souvent » ou

sol ou sur un repose-pieds incliné. Le positionnement de

« tout le temps », 100 % se situent aux poignets/mains, 80 %

la pédale varie d’un poste à l’autre, bien que les transcrip-

aux épaules, 60 % au haut du dos et, à droite, au genou, à

tionnistes utilisent presque exclusivement le pied droit. La

la cheville et à la hanche. À cette étape, nous avons recommandé d’utiliser un nou­

pédale mesure 3 cm de haut à l’avant et 7 cm à l’arrière. La pédale active trois fonctions : écouter la bande sonore

­veau support pour la pédale. Celui-ci devrait :

(au centre), l’avancer (à gauche) et la reculer (à droite).

• immobiliser la pédale ;

Une des difficultés consiste à replacer régulièrement la

• placer les deux pieds à la même hauteur ;

pédale qui a tendance à se déplacer à cause des pressions

• permettre d’alterner le pied qui actionne la pédale (droit et gauche).

répétées à gauche ou à droite.

La pédale qui active l’écoute de l’enregistrement (19 x 15 cm), posée au sol ou sur un repose-pieds.

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É q u i p e m e n t s

Développement réussi

Amélioration du poste de travail

À la suite de cette recommandation, le Service tech-

Les travailleuses ressentaient aussi des douleurs aux

nique de l’Hôpital du Sacré-Cœur a conçu un prototype de

bras et au haut du corps. L’évaluation a permis de revoir

support en métal. Celui-ci est encore en utilisation à ce

l’amé­nagement des postes de travail. Par exemple, on a

jour. L’établissement a ensuite confié la fabrication des

ajouté un appuie-poignet en gel pour le clavier et la souris,

supports pour les autres postes de transcription à la com-

installé un clavier court, allongé une tirette, etc. Les trans­

pagnie Méca-Fab.

criptionnistes utilisent davantage les touches de raccourci

Le nouveau support est large et légèrement incliné. La pédale s’insère à droite ou à gauche du support, ce qui

du clavier et effectuent régulièrement des routines d’exer­ cices actifs.

permet de l’actionner avec un pied ou l’autre. Des supports de deux formats ont été fabriqués avec une distance plus

Implantations futures

grande entre les deux insertions de la pédale. Le modèle

Étant donné les bons résultats, le Service de prévention

long offre plus de confort aux personnes de taille forte.

et de promotion de la SST a mis le nouveau support à l’essai

Toutefois, il faut déplacer le support pour qu’il reste centré

dans un autre hôpital du CIUSSS. « C’est tellement confor­

par rapport au poste de travail lorsque la transcription-

table, c’est incroyable ! », s’est exclamée une transcrip-

niste change de pied pour actionner la pédale.

tionniste. Après seulement une demi-journée d’utilisation,

Une travailleuse qui ressentait des douleurs au genou

elle sentait déjà moins de tension au bas du dos. Selon

droit depuis plus de dix ans actionne maintenant la pédale

elle, tra­vailler avec un pied sur la pédale et l’autre au sol

avec son pied gauche. Ses douleurs ont disparu. Même chose

crée un débalancement au niveau du bassin.

pour une autre travailleuse qui avait mal à la hanche du côté

Le Service de prévention de la SST est d’avis que cet

droit. « On ne pourrait plus s’en passer ! », disent-elles en

équi­pement améliorera les conditions de tra­­vail. Merci à

chœur.

l’équipe des transcriptionnistes de l’Hôpital du Sacré-Cœurde-Montréal pour leur participation à ce projet. K Caractéristiques Profondeur : 30 cm Hauteur : 4,5 cm à l’avant et 6,5 cm à l’arrière Distance entre les insertions à droite et à gauche : modèle court, 21,5 cm; modèle long, 39,5 cm Largeur totale : modèle court, 61 cm; modèle long, 79 cm Fabricant : Méca-Fab inc. - meca-fab.com PRIX : Environ 450 $

Le nouveau support : modèle court et modèle long. Pour actionner la pédale, celle-ci doit être plus haute que le support. Une bande de 2 cm de hauteur est fixée à l’avant de l’insertion pour assurer la hauteur requise.

Poste de travail avec pédale insérée à droite dans le support.

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P D S B - D é p l a c e m e n t

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p e r s o n n e s

C’est comme ça que ça se passe aux États-Unis ! Annie Boulianne

Yves Cormier

abouliane@asstsas.qc.ca

ycormier@asstsas.qc.ca

Pour bien remplir son mandat de recherche et développement, l’ASSTSAS demeure à l’affût des tendances dans le réseau de la santé. Dans cet objectif, nous participons aux conférences Safe Patient Handling and Mobility (SPHM), aux États-Unis.

L

e dossier SPHM se compare, en partie, à nos

Une première particularité importante distingue les pratiques américaines des nôtres. Aux États-Unis, les infirmières sont responsables des programmes SPHM.

PDSB. De leur côté, les États-Uniens intè­grent davantage à ces programmes le volet sécurité des patients. Cette année, l’événe­ment s’est tenu à Phoenix (Arizona) en avril 2017 sur le

thème La recherche de l’excellence en SPHM – L’im­plan­ tation d’un changement de culture mettant l’accent sur les chutes, les plaies de pression et la mobilité des patients

Programme unifié

(traduction libre). Nous nous sommes particulièrement intéressés aux

Plusieurs établissements états-uniens disposent d’un

grandes tendances : élimination des mobilisations et des

programme SPHM qui intègre la prévention tant pour les

transferts manuels, utilisation d’équipements et d’acces­

clients que pour les employés. Les programmes SPHM

soires pour tout type de transferts et de mobilisations.

visent à prévenir les problèmes de santé attribuables à une mobilisation inadaptée ou à des risques de blessures

La différence états-unienne

pour les clients (ex. : chute lors du déplacement du lit au

Une première particularité importante distingue les

fauteuil roulant).

pratiques américaines des nôtres. Aux États-Unis, les infirmières sont responsables des programmes SPHM. Elles sont au cœur des décisions puisque les déplacements et les mobilisations concernent grandement la sécurité du patient, en plus de celle du travailleur. Les infirmières se préoccupent donc autant de la mobilisation des patients que de la prévention des plaies de pression et des chutes. Tout cela, bien entendu, dans le but de procurer la meilleure qualité de soins et de services à la clientèle, tout en prévenant les accidents du travail et en maintenant la photo : iStock.com

santé et la sécurité de leurs coéquipiers. Autre particularité, il y a deux catégories d’établisse­ ments de santé aux États-Unis : privés (la majorité des éta­ blissements) ou publics (financés par les différents états). OP

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P D S B - D é p l a c e m e n t

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L’efficacité et la rentabilité des programmes SPHM sont

Dans les établissements privés, les profits sont un enjeu important. Les poursuites civiles sont très fréquentes.

basées sur des preuves scientifiques établies par des chercheurs dont plusieurs font partie d’associations d’infir­ mières spécialisées (bloc opératoire, prévention des plaies de lit, soins intensifs, etc.) qui souhaitent optimiser la qualité des soins. Les chercheurs sont aussi membres d’équipes de préventionnistes en SST qui veulent rendre

recherche et le développement de solutions novatrices

les milieux de travail plus sécuritaires pour tous.

visant à rendre le travail plus intéressant, plus sécuritaire

Dans les établissements privés, les profits sont un enjeu

et moins exigeant. Ainsi, plusieurs établissements ont in-

important. Les poursuites civiles sont fré­quentes. En cas

vesti massivement dans l’acquisition d’équipements facili-

de problèmes de santé acquis dans ces établissements à

tant la mobilisation sécuritaire des clients, la formation

but lucratif, la durée et les coûts de soins additionnels

du personnel en prévention des risques de blessure et

augmentent beaucoup et, de ce fait, grugent les profits.

l’implantation de programmes SPHM.

Un double défi

Autofinancement des programmes

La population états-unienne présente un haut taux d’obé­

Les présentations concernant l’autofinancement des pro­

sité. Cet état affecte la capacité des travailleurs, parfois eux-

grammes SPHM1,2 sont une autre partie intéressante de ce

mêmes obèses, à mobiliser des clients obèses dans des

colloque. Selon différentes études, leur autofinancement

conditions sécuritaires. Toutes les sphères de dispensation

est basé sur plusieurs facteurs :

des soins font face à cette situation, des soins à domicile

• réduction des coûts liés à l’amélioration de la qualité des soins (productivité) ;

aux soins critiques et à ceux de réadaptation. Les établissements de santé, tant privés que publics,

• réduction des effets négatifs d’accidents chez les clients

sont aussi confrontés à des problèmes de pénurie et de

(baisse des blessures, de la durée d’hospitalisation, etc.) ;

rétention du personnel, principalement des infirmières et

• diminution des coûts des régimes d’indemnisation des accidents du travail ;

des assistantes infirmières. Un trop grand pourcentage d’infirmières américaines, jeunes et moins jeunes, quittent

• diminution des coûts liés à la dotation et à la rétention du personnel.

la profession, blessées physiquement et psychologique-

En résumé, les sommes investies pour l’acquisition

ment, ce qui fragilise la capacité de dispensation des soins

d’équipements ou de programmes de formation sont rem-

de santé. Face à ces défis, les établissements n’ont eu d’autres choix que d’engager des sommes considérables dans la

boursées par les économies générées par les activités de ces programmes.

De retour chez nous

Objectifs des programmes SPHM

C’est dans ce contexte que vous pouvez maintenant bé-

1. Prévenir les chutes, les plaies de lit, les thrombophlébites et, aussi, la détérioration de l’état général du client, incluant l’état de vigilance et la qualité de vie

néficier des retombées de cette prospection à l’étranger.

2. Prévenir les risques de blessure pour les employés

nos publications et, aussi, dans nos interventions. Nos

Programmes SPHM - Nécessaires à la gestion des risques

encore ! K

tèle dans le cadre des réaccréditations de formateurs PDSB, lors de nos colloques annuels, de la production de programmes de réduction des troubles musculosquelettiques liés aux PDSB en seront teintés pour des années

Références

• Blessures chez les clients : poursuites en dommages et intérêts, perte de profits

1. CELONA, John. Winning at Litigation Through Decision Analysis, 2016. 2. AON. Health Care Workers Compensation Barometer Report, 2016 (www.aon. com/risk-services/thought-leadership/report-2016-health-care-barometer.jsp).

• Blessures chez le personnel : pénurie de main-d’œuvre, augmentation des coûts, perte de profits OP

Les bonnes pratiques seront retransmises à notre clien­

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O r g a n i s a t i o n

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SST

Développez vos arguments pour améliorer la SSQVT Yves Cormier ycormier@asstsas.qc.ca

Les programmes de mobilisation sécuritaire des bénéficiaires (Safe Patient Handling and Mobility [SPHM] Programs, aux États-Unis) sont décrits dans la littérature comme rentables ou autofinancés. L’implantation de tels programmes améliore aussi la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail (SSQVT) en permettant de diminuer la lourdeur du travail et les risques de blessure chez le personnel.

L

’affirmation de rentabilité de ces program­mes

Fiscal Policy Institute (FPI)

mérite que l’on s’y attarde un peu. Afin de

Cet organisme de recherche et d’éducation, indépen-

vous faciliter le travail de recherche docu-

dant, non partisan et sans but lucratif, documente les po­

mentaire, nous avons recensé les meilleurs

litiques publiques et les pratiques de gestion privée dans

articles publiés sur le sujet.

un but de mise en place des meilleures solutions sociales et économiques pour tous les New-Yorkais. En 2013, le FPI

American Nurse Association (ANA)

a publié une étude fort intéressante4 visant à évaluer l’im­

L’ANA regroupe des infirmières très actives en recherche

plantation des programmes de mobilisation sécuritaire

sur les SPHM1 aux États-Unis. Dans le journal de l’ANA,

(SPHM) dans l’ensemble des établissements de santé de

American Nurse Today, John Celona a publié quelques ar-

l’état de New York.

ticles. En 20142, il cite les conclusions d’une majorité

Le FPI a utilisé les données coûts/bénéfices générées par

d’études scientifiques à propos des établissements qui

la recherche scientifique, les données du Bureau américain

élaborent et implantent de façon optimale un SPHM.

de la statistique et celles de divers organismes de recherche

• Ces établissements économisent entre 60 et 80 % des

(NIOSH, OSHA, etc.). En conclusion, l’implan­­tation de ce

coûts liés aux lésions attribuables aux mobilisations des

type de programmes pour couvrir 173 000 lits dans les

clients.

hôpitaux et les centres de soins de longue durée de l’état

• Entre 0 et 50 % des coûts de recrutement et de rétention

de New York aurait coûté, en 2013, près de 220 millions

du personnel affecté aux tâches de mobilisation sont éga­ lement économisés. Aux États-Unis, le recrutement, la

Pour un programme complet

formation et la rétention d’une infirmière coûtent entre

• Installer des équipements d’aide à la mobilisation des clients adaptés à la tâche

60 000 et 80 000 $ US, voire plus de 100 000 $ US. Dans cet article, Celona décrit aussi la démarche utilisée

• Former le personnel à l’utilisation de ces équipements et aux méthodes sécuritaires de travail

dans un établissement de santé qui voulait se doter d’un programme SPHM avant sa construction (Standford University Medical Center). Dans un autre article3, il présente une démarche structurée visant à atteindre les objectifs

• Élaborer une politique-cadre sur la mobilisation sécuritaire des clients

d’implantation et de réussite de tels programmes. OP

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O r g a n i s a t i o n

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SST

de dollars. Le projet aurait généré des économies de 183

Il y a moins d’accidents et ceux qui se produisent sont moins graves et causent rarement la fin de l’emploi du travailleur...

millions de dollars par année. La durée d’autofinancement était estimée à 14,4 mois.

Occupational Safety and Health Administration (OSHA) Une autre référence très documentée par une source

L’étude de l’OSHA démontre également des bienfaits

crédible est l’étude produite en 2013 par l’OSHA (Départe-

pour les clients. Pour ceux-là, les avantages ont trait au ni­

ment du travail, États-Unis)5. Ce document regorge de sta­tis­

veau de satisfaction des soins et des services reçus, ainsi

tiques sur la prévalence des lésions musculosquelettiques

qu’à la diminution des chutes, des plaies de lit, etc. La

chez les infirmières états-uniennes et chez le personnel

qualité de vie et des soins est ainsi améliorée pour ces

qui les assiste. De plus, les données font ressortir les coûts

clients qui bénéficient de mobilisations plus précoces et

financiers indirects des blessures liées à la mobilisation

plus sécuritaires, particulièrement en soins critiques.

des clients : taux de roulement élevé des employés qui se

Grâce à ces améliorations, on observe aussi une diminu-

blessent ou qui quittent leur emploi, coûts de formation et

tion de la durée de séjour.

coûts générés par la productivité moindre des nouveaux

American College of Occupational and Environmental Medecine (ACOEM)

employés, pour ne nommer que ceux-là. L’OSHA fait ressortir les résultats de plusieurs études scientifiques qui concluent à l’autofinancement (rembour­

En 2017, cet organisme a publié une étude6 qui établit

se­ment de l’investissement initial) des programmes de mo­

que l’amélioration de la qualité des soins et des services

bilisation sécuritaire. L’étude donne aussi plusieurs exem­

aux clients passe par une amélioration de la qualité des

ples d’établissements qui ont implanté de tels programmes.

conditions d’exercice du travail (moins d’efforts physi­ques,

Les durées d’autofinancement varient entre 15 et 60 mois.

meilleur environnement de travail, meilleure orga­nisation

D’autres exemples présentent la réduction du nombre

du travail, charge moindre, etc.). Comme quoi, la santé et

et du coût des blessures liées à la mobilisation des clients,

la sécurité des employés et des clients sont inti­mement

mais aussi à la baisse de la gravité des accidents qui se

liées.

produisent chez le personnel. En d’autres termes, il y a moins d’accidents et ceux qui se produisent sont moins

Pour d’autres arguments

graves et causent rarement la fin de l’emploi du travail-

Chacune des études citées présente une liste de réfé­

leur en raison de restrictions médicales permanentes.

rences bibliographiques. Elles pourront répondre à plu­ sieurs de vos questions. Si vous manquez d’arguments, communiquez avec nous. K Références 1. Pour des informations sur la conférence SPHM, où Celona était aussi conférencier, voir « C’est comme ça que ça se passe aux États-Unis », OP, vol. 40, no 4, p. 6. 2. CELONA, J. “Making the Business Case for a Safe Patient Handling and Mobility Program” American Nurse Today, vol. 9, no 9, 2014 (americannursetoday.com/ making-business-case-safe-patient-handling-mobility-program). 3. CELONA, J. “Elements of a Successful Safe Patient Handling and Mobility Program”, American Nurse Today, vol. 9, no 9, 2014 (americannursetoday.com/elementssuccessful-safe-patient-handling-mobility-program). 4. FPI. Safe Patient Handling in New York: An Estimate of the Cost and Benefits of Statewide Implementation (https://cseany.org/wp-content/uploads/2012/11/FPIPatient-Handling-June-13-2013.pdf).

photo : iStock.com

5. OSHA. Safe Patient Handling Programs: Effectiveness and Cost Savings (https://www.osha.gov/Publications/OSHA3279.pdf). 6. ACOEM. (http://www.acoem.org/uploadedFiles/Public_Affairs/Policies_And_ Position_Statements/Guidelines/Position_Statements/Interaction_of_Health_ Care_Worker_Health_and.17.pdf). OP

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Comment s’adapter à un changement imposé ? Josianne Brouillard jbrouillard@asstsas.qc.ca

La plupart des gens aiment le changement, lorsqu’il contribue à agrémenter leur quo­ tidien. Par la nouveauté qu’il suscite, on se sent plus « vivant ». Est-ce toujours le cas ?

P

as nécessairement. Cela dépend de la nature

Pour atténuer ces sentiments négatifs... considérez les conséquences posi­tives éventuelles.

du changement et de la façon dont il a surgi dans votre vie. L’avez-vous choisi ou s’est-il imposé ? Lorsque vous choisissez d’effectuer de nouvelles tâches, de changer de bureau, de

travailler dans un autre service, les changements que susciteront ces nouvelles situations résultent d’une décision

Cette distance fa­vorisera une évaluation objective de la

réfléchie. Vous êtes donc conscient ou, à tout le moins,

situation. Bien sûr, accordez-vous du temps. Tentez de

peu surpris des conséquences et des nouveautés qui en

comprendre ce qui expli­que vos sentiments pour mieux

découleront, qu’elles soient positives ou négatives.

connaître et comprendre vos besoins.

Reconnaissez vos besoins

Vous ne l’avez pas souhaité Il en va autrement lorsque surviennent des changements

Les sentiments négatifs résultent d’un besoin non satis­

imposés. Par exemple, on vous apprend que dorénavant

­­fait, d’un besoin de se sentir à l’aise dans une tâche, d’un

vos tâches, exécutées de la même façon depuis 20 ans,

besoin de compétence ? Ce questionnement orien­­­­tera les

devront être modifiées. Ce travail vous est familier, vous

mesures à prendre. Si l’on vous impose de nouvelles mé-

avez développé des trucs qui facilitent sa réalisation. Vous

thodes de travail, pourrez-vous obtenir la formation,

vous sentez compétent puisque vous maî­­trisez chacune des

l’encadrement pour développer vos habiletés, ac­­quérir de

actions à effectuer. Cette annonce vous inquiète. Pourquoi

nouvelles connaissances, un nou­­veau savoir-faire ? Souvent, ce n’est pas tant le changement imposé qui

tout changer alors que vous maîtrisez le savoir-faire ? Si vous n’avez pas choisi le changement, il est fort pro­

dérange, mais la possibilité d’y perdre au change. Quels

bable que vous le percevrez davantage comme un irritant :

be­ soins sont associés à cette

inquiétude, peur de perdre des acquis, de ne pas être à la

perte ? Comment y répondre

hauteur, perte de liberté ou d’autonomie. Ces sentiments

autrement ? En vous laissant

empêchent de considérer qu’il y a peut-être du positif

la possibilité d’analyser le con­

dans ces nouvelles méthodes de travail.

­texte de ma­nière objective, qui sait, peut-être y trouverez-vous

Adhérez au changement

votre compte ! K

Pour atténuer ces sentiments négatifs, analysez les

À commander gratuitement ou à télécharger (version anglaise sur Internet). asstsas.qc.ca/ft17

chan­gements imposés et considérez les conséquences posi­ tives éventuelles. Pour y parvenir, prenez un peu de recul.

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A p p r o c h e

r e l a t i o n n e l l e

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Lors de tout soin : relation, feedback et adaptabilité Pierre Poulin

Julie Bleau

ppoulin@asstsas.qc.ca

jbleau@asstsas.qc.ca

L’ASSTSAS publie deux nouvelles fiches techniques sur l’Approche relationnelle de soins (ARS) offrant des repères d’application des principes enseignés durant la formation.

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appelons que l’ARS est particulièrement

Dès le premier contact avec le client, le soignant met en place la base d’une relation agréable par sa façon de communiquer.

utile auprès des personnes désorientées. Elle vise à rendre le travail des soignants plus sécuritaire en réduisant les situations où un client peut réagir par des gestes vio­

lents. Protéger la santé psychologique des soignants et amé­ liorer la satisfaction et le sens au travail font aussi partie des buts de la formation. Ces concepts sont également dif­ fusés dans une série de fiches techniques.

Tout au cours du soin, le soignant adapte ses gestes, ses paroles et ses attitudes en fonction des feedbacks émis

Deux nouvelles fiches

par le client. Ces feedbacks sont de précieux indicateurs

Ces publications traitent d’éléments issus de la forma­

de son appréciation de l’intervention. Ainsi, grâce à son

tion, soit la nécessité de reconnaître les feedbacks et de

sens de l’observation, le soignant maintient une relation

s’y adapter (FT18), d’établir une relation lors de tout soin

harmonieuse et sécuritaire.

(FT19).

Des outils de sensibilisation

Dès le premier contact avec le client, le soignant met en place la base d’une relation agréable par sa façon de com­

Les fiches techniques ne remplacent pas la formation ;

muniquer. Il établit cette relation par le regard, la parole,

elles constituent des outils de sensibilisation et de rappel.

le toucher, car obtenir la collaboration du client est essentiel

Elles sont fort utiles aux formateurs devant développer des

à l’exécution sécuritaire des différentes activités de soins.

activités de suivi. K

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À commander gratuitement ou à télécharger (version anglaise sur Internet). asstsas.qc.ca/ars


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sur les TMS en imagerie Pour les technologues en imagerie médicale, le risque prioritaire à la SST concerne l’exposition aux rayonnements. Des efforts importants ont d’ailleurs été réalisés pour réduire cette exposition et contrôler ce risque. Par contre, les difficultés entraînant des troubles musculosquelettiques (TMS) ont été moins considérées. Des mesures sont maintenant prises pour prévenir ces blessures. Bonne lecture !

Christiane Gambin

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Un coup de sonde


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Des risques visibles de TMS pour les technologues Christiane Gambin cgambin@asstsas.qc.ca

Le secteur de l’imagerie médicale comporte son lot de risques pouvant causer des TMS. Toutefois, peu d’études ont été menées dans ce secteur, sauf en ce qui concerne le travail en échographie1. Au Québec, il n’est pas possible d’obtenir un portrait des accidents chez les technologues, car les statistiques de la CNESST ne différencient pas spécifiquement ce groupe professionnel. Aux États-Unis, selon le ministère du Travail, les technologues se blessent plus que les autres professionnels : 64 % comparativement à 56 % pour le personnel infirmier dans les tâches de mobilisation de patients2.

Des tâches exigeantes et une clientèle diversifiée De nombreuses manipulations d’équipements et de mobilisations des clients sont nécessaires pour effectuer une image de qualité. Pour les travailleurs, ces activités entraînent un taux élevé de prévalence des TMS au niveau du dos, du cou et des épaules4. Les technologues déploient parfois des efforts importants pour préparer le client et l’immobiliser sur la table d’examen ou devant le bucky mural (appareil d’imagerie permettant des prises de vue du client à la verticale, en position assise ou debout) (photos 1, 2). Par ailleurs, la clientèle présente des caractéristiques très diversifiées. Certains clients sont autonomes dans leurs déplacements, d’autres ont besoin de l’assistance du technologue : perte de tonus, forces diminuées, équilibre instable, troubles cognitifs, polytraumatisés, obèses5, etc.

1. Des tâches qui sont source d’effort : assister un client pour passer de la position assise à debout ou couchée et vice-versa, le positionner sur la table d’examen, le transférer de la civière, etc.

De nombreuses manipulations d’équipements et de mobilisations des clients sont nécessaires pour effectuer une image de qualité. OP

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Des équipements difficiles à manipuler

Des espaces de travail restreints Dans les salles d’examen, il y a peu d’espace pour réaliser les trans­ ­ferts de patients. De plus, les nombreux équipements pour la clientèle obèse nécessitent de placer beaucoup d’accessoires dans un environ­ nement restreint. Le technologue doit aider le patient à se positionner adéquatement alors que l’appareil de radiographie et le tube se trouvent dans son champ d’intervention, ce qui entraîne parfois des postures critiques. Les normes ministérielles et le guide Unité d’imagerie médicale – Ré­ pertoire des guides de planification immobilière6 devront être considé­ rés dans l’aménagement de nouvelles salles d’imagerie médicale. Enfin, au poste de contrôle, les surfaces de travail sont souvent à hauteur fixe, ce qui n’optimise pas le travail assis ou debout. Parfois, les écrans bloquent la vue sur le patient. Dans certains secteurs (ex. : IRM), c’est une situation critique. Les multiples écrans sont souvent placés dans des angles différents. Il devient alors difficile de travailler dans une bonne posture (photo 7).

© Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal

Une des situations fréquentes consiste à manipuler le tube de l’appareil de graphie. À chaque examen, le technologue effectue des mouvements de grande amplitude pour placer le tube au-dessus de la table d’examen ou du bucky et des gestes plus fins pour l’aligner sur la zone à exposer (photos 3, 4). Les appareils de graphie qui datent d’une dizaine d’années peuvent présenter une résistance qui freine leur déplacement, d’où des secousses et des efforts supplémentaires pour les manipuler. Quant au bucky, il faut souvent le basculer à la verticale et à l’horizontale. Selon l’espace disponible et la résistance de l’appareil, le technologue peut se retrouver dans des positions contraignantes pour le dos et le haut du corps (photo 5). Dans d’autres situations, ce sont des équipements de taille imposante qu’il faut manipuler dans des environnements restreints. Par exemple, en salle d’opération, le technologue roule et déplace le C-Arm (environ 300 kg) au cours de l’intervention chirurgicale (pose de sti­mu­ lateur cardiaque) pour le placer au-dessus du patient (photo 6).

3. La manipulation de l’appareil de graphie entraîne des postures contraignantes, les mains au-dessus des épaules, dans des flexions importantes et des torsions du dos.

2. Lors d’un examen du genou avec mise en charge, la technologue doit fléchir le dos, s’accroupir ou se mettre à quatre pattes pour placer le tube au bon endroit. Si le client comprend mal les consignes, elle doit forcer pour placer le genou vis-à-vis le repère.

4. La table d’examen offre peu de possibilité d’appui puis­ qu’il n’y a pas de ridelles ou de barres ; la hauteur minimale (58 cm) est trop haute pour un client de petite taille ; la surface dure, incurvée, ou étroite de certains modèles rend difficiles les positionnements du client moins mobile.

6. Selon une technologue, manipuler le C-Arm, « C’est comme déplacer un éléphant dans un magasin de porcelaine ! ».


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Les normes ministérielles et le guide Unité d’imagerie médicale – Répertoire des guides de planification immobilière (2014) devront être considérés dans l’aménagement de nouvelles salles d’imagerie médicale. Une bonne vue d’ensemble des difficultés Cet article présente un échantillon des nombreux éléments criti­ques pour les technologues en imagerie médicale. Une analyse globale de votre situation vous permettra d’agir pour éliminer les risques de TMS et offrir un environnement de travail sécuritaire. Communiquez avec l’ASSTSAS, nous pouvons vous aider à y voir clair ! K Références

© Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal

5. Pour un même client, il faut parfois basculer le bucky pour réaliser plusieurs graphies (ex. : poignet et pied).

3. BOS, E., et al. “Risk Factors and Musculoskeletal Complaints in Non-Specialized Nurses, IC Nurses, Operation Room Nurses, and X-Ray Technologists”, Int Arch Occup Environ Health, 2007, 80:198-206. 4. LORUSSO, A., et al. “Musculoskeletal Complaints among Italian X-Ray Techno­ lo­gists”, Ind Health, 2007, 45:705-8. 5. Selon l’OMS, le nombre de cas d’obésité a doublé mondialement depuis 1980. En 2014, plus de 1,9 milliard d’adultes (39 %) étaient en surpoids dont plus de 600 millions (13 %) obèses (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs311/fr/). 6. MSSS. Unité d’imagerie médicale – Répertoire des guides de planification immobilière, 2014, 122 p.

© Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal

1. ROUSSEAU, T. “Pratices Guidelines for Prevention of Muskuloskeletal Disorders in Obstetric Sonography”, J Ultrasound Med, 2013, 32 :157-164. Cette étude mentionne que 63 à 91 % des technologues en échographie souffrent de TMS, contre 13 à 22 % de la population générale.

2. KLING Y., N. WEST. “Radiology and Safe Patient Handling”, Am J SPHM, 2015, vol. 5, no 4.

7. Les multiples écrans ne sont pas toujours positionnés dans le meilleur angle pour travailler en conservant une position naturelle.

Formation en ligne - Radioprotection

Un document d’autoformation et un minitest pour évaluer les connaissances acquises sont disponibles sur notre site. Issue d’une collaboration entre l’ASSTSAS et le CHUM, la formation en ligne porte sur les effets et les risques des rayonnements ionisants présents en milieu de soins. Elle est destinée à toute personne qui peut être occasionnellement en contact avec des sources de rayonnement et qui n’est pas spécialisée dans ce domaine.

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asstsas.qc.ca/formation-la-radioprotection

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La prévention : un engagement de l’équipe de travail Christiane Gambin cgambin@asstsas.qc.ca

Le CIUSSS de l’Estrie – CHUS – Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins mise sur la prévention depuis 2013. L’évaluation des pratiques en vue d’effectuer la démarche auprès d’Agrément Canada a motivé le Service d’imagerie médicale à mettre en place des moyens de prévention et de sécurité. Bien que le nombre d’accidents soit peu élevé, le Service d’ima­ gerie médicale désire éviter les blessures chez les technologues et les usagers. Un comité a été mis en place (photo 1) afin de recueillir les informations sur les situations problématiques et proposer des solu­ tions dans un objectif de prévention directe dans le milieu. Depuis 2013, le comité tient des rencontres deux fois par année pour examiner les dé­clarations de situations dangereuses et évaluer les mesures à prendre.

Information de qualité sur le client Posséder des informations sur un patient qui passe très peu de temps dans le secteur s’avère une des grandes difficultés du Service d’imagerie médicale. L’enjeu est de limiter les efforts de mobilisation pour le technologue et d’éviter des risques de chute pour le client. Un billet de transport a été créé (photo 2). Il est rempli par le per­ sonnel de l’unité de soins et donne l’information juste sur les capacités physiques du client. Cet outil permet également de planifier le nom­ bre d’intervenants requis pour mobiliser le client.

1. Maryse Lafrance (absente sur la photo), gestionnaire au Service d’imagerie médicale, et les membres de son équipe sont motivés par le bien-être au travail. Ils ont mis en place un comité, composé de deux technologues, pour veiller à la SST dans leur secteur : Stéphanie Davenport (à gauche), assistante-chef de l’imagerie médicale, et Karine Bessette (à droite), coordonnatrice de l’échographie.

Posséder des informations sur un patient qui passe très peu de temps dans le secteur s’avère une des grandes difficultés du Service d’imagerie médicale.

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La diversification des tâches est un atout pour prévenir les problèmes de TMS en échographie et en mammographie. Organisation du travail et rotation des tâches La diversification des tâches est un atout pour prévenir les problè­ mes de TMS en échographie et en mammographie. Elle permet aux technologues de réduire les mouvements répétitifs et les efforts. Dans la majorité des cas, les horaires sont planifiés pour varier les activités. Un technologue peut donc travailler trois jours en échogra­ phie et le reste de la semaine dans un autre secteur. Ainsi, il diversifie ces mouvements et profite de périodes de récupération musculaire. « Faire les horaires est tout un défi ! Mais, pour les technologues, la rotation des tâches offre l’avantage de rester alertes et compétents dans toutes les disciplines de l’imagerie. Des clientèles différentes et la polyvalence rendent le travail stimulant ! », mentionne Stéphanie Davenport, assistante-chef du service.

NE SE LÈVE PAS

LEVIER

LEVIER pROGRESSIF

LEVER 1 AIDE

SE LÈVE SEUL

CHAMBRE : ALLER : RETOUR : LEVER 2 AIDES

3. En échographie, une marchette est accrochée à la tête de la civière, près de la zone de transfert. À la suite d’une chirurgie du genou ou d’un doppler, elle est très utile au client.

2. Le billet de transport comporte des pictogram­ mes et un code couleur qui indiquent les capacités physiques du client et l’équipement utile pour le mobiliser. Un client qui présente un risque de chute portera un bracelet mauve. S’il s’agit d’un client externe, le personnel de l’accueil l’indi­que­ ra d’un tampon sur le billet de transport. Le billet est en cours d’adaptation pour une généralisation de son utilisation dans l’ensemble des services.

Un développement local sur mesure

« On ne trouvait pas de marchepied qui correspondait à nos besoins. Nous avons donc dessiné un prototype et une entreprise locale l’a fabriqué », rapporte Stéphanie Davenport. La technologue utilise le marche­­ pied pour accéder à l’appareil de fluoroscopie, lors des mesures des membres inférieurs par exemple. Le patient se place perpendiculairement au marchepied pour la prise d’images et s’appuie sur la barre fixée au marchepied, sans gêner la technologue lors de la manipulation du tube. Une barre d’appui, fixée à la verticale sur la table d’examen, offre une autre prise sécuritaire pour le client. Cette barre est optionnelle sur ce type d’appareil de fluoroscopie.

Dimension : 71 cm x 41 cm - Deux marches antidérapantes : hauteur 21 cm et 41 cm.

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Pour diminuer les risques de blessure, on a réduit l’encombrement et prévu une place spécifique pour ranger tout le matériel. PDSB et ajout d’équipements

Espaces dégagés

Sandra Côté, formatrice PDSB, a formé le personnel de l’imagerie. Chaque année, elle offre des capsules de formation pour sensibiliser le personnel à l’utilisation des stratégies sécuritaires de travail. De nouveaux équipements sont aussi disponibles. Par exemple, des marchettes sont installées dans les salles d’échographie et ont pour but d’aider aux transferts des clients en fauteuil roulant (photo 3). La chaise Ergo Xray simplifie aussi les graphies pour les clients faibles. Le service dispose de surfaces de glissement en quantité et un verti­ calisateur non motorisé est actuellement à l’essai. Lors de la mise en marché de nouveaux équipements qui facilitent le travail, l’équipe des technologues les évalue en vue de se procurer les plus performants.

Pour diminuer les risques de blessure, on a réduit l’encombrement et prévu une place spécifique pour le rangement de tout le matériel. Des salles ont été réaménagées selon les besoins des technologues. La salle de fluoroscopie a fait l’objet de modifications visant à amé­ liorer l’accès aux équipements. Au poste de contrôle , il est maintenant possible de travailler en position assise, debout et, même, semi-assise pour les technologues de petite taille (photo 4).

Une équipe engagée L’équipe du Service d’imagerie médicale de l’Hôpital BromeMissis­quoi-Perkins du CIUSSS de l’Estrie-CHUS prend la SST à cœur. Elle poursuit son engagement de réduire les accidents dans le milieu. Félicitations ! K

4. Au poste de contrôle, il est facile de varier les positions de travail.

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S’outiller pour réduire les risques de TMS Christiane Gambin cgambin@asstsas.qc.ca

Plusieurs équipements permettent aux technologues de ré­ duire leurs efforts et de faciliter les mobilisations de leurs clients. Voici quelques exemples.

Fauteuil d’imagerie Ergo Xray Lors des examens devant le bucky mural, le client s’assoit sur un banc de bois sans dossier ou sur un petit tabouret à roulettes et assise mobile. Si le client est instable ou s’il a besoin d’assistance, il risque de chuter.

La chaise de radiologie Ergo Xray1 est dotée de quatre roues munies de freins (photo 1). Le client tient les appuie-bras tronqués pour s’as­ seoir et se relever, ce qui le rend plus autonome. L’assise pivotante se bloque et un mécanisme permet de la déplacer de côté de quelques centimètres afin de centrer le client face à l’appareil sans devoir lui demander de se relever et de se rasseoir. Pour des graphies de la colonne vertébrale ou des poumons, le technologue bascule le dossier latéralement, ce qui sécurise le client au moment de son installation sur la chaise et dégage le dossier pour la graphie. Les appuie-bras tronqués sont aussi basculés au besoin. La hauteur du fauteuil s’ajuste au moyen d’une pédale hydraulique.

2. Matelas à faible perte d’air. 1. Le fauteuil d’imagerie Ergo Xray.

Le levier sur rail au plafond est à privilégier et les rails en forme de H offrent plus de polyvalence. OP

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Matelas à faible perte d’air

Levier sur rail au plafond et toiles

Ce type de matelas2 est un équipement efficace pour réduire les efforts à l’occasion des transferts entre la civière et la table d’examen. Il est composé de deux pièces : le matelas, dont la partie inférieure est perforée, et le moteur. Le matelas, gonflé au moment du transfert, diminue considérablement la friction entre les surfaces (photo 2). Pour réduire au maximum les transferts manuels, il faut installer le matelas sous le patient avant l’arrivée de celui-ci au service d’ima­ gerie médicale. La collaboration entre les services (urgence, unités de soins, etc.) est donc de mise. Dans une salle de résonnance magnétique, il faut utiliser un matelas à air sans pièce métallique et laisser le moteur à l’extérieur. Un long boyau (7,6 m) sans pièce métallique est alors fixé au matelas pour le gonfler.

Un levier mobile au sol n’est pas une option intéressante en image­ rie, surtout si la table d’examen possède une base pleine em­pêchant le passage du levier. Le levier sur rail au plafond est à privilégier et les rails en forme de H offrent plus de polyvalence (photo 3).

4. Toile bleue à revêtement glissant et toile avec une structure rigide.

3. Au CISSS de la Montérégie-Est, Hôtel-Dieu de Sorel, un levier sur rail en H est installé au-dessus du tomodensitomètre. Le système de descente d’urgence est accessible et efficace (ruban rouge). Coût : env. 3500 $ Prism (Médical Tronik), Guldman (Stevens, Arjo Huntleigh).

La surface de glissement facilite le transfert pour un client qui peut le faire seul ou qui a besoin de l’aide du technologue. OP

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De plus, le service d’imagerie doit disposer d’un nombre suffisant de toiles de différentes tailles. Des toiles avec un revêtement glissant ou une structure rigide dans le dos3 facilitent l’installation derrière le client assis au fauteuil roulant (photo 4).

Surfaces ou tubes de glissement faciles à nettoyer Un tube de glissement sur la civière ou la table d’examen réduit la friction4, 5. La surface de glissement facilite le transfert pour un client qui peut le faire seul ou qui a besoin de l’aide du technologue (photo 5).

Marchepied adapté Au CISSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, l’Hôpital du Sacré-Cœurde-Montréal a développé un marchepied léger pour les graphies des membres inférieurs des clients en orthopédie (photo 6). Il est muni de deux marches (hauteur : 25 et 53 cm) dont une se rétracte sous l’autre. Le client peut monter facilement sur la première marche de la plateforme (96 x 53 cm). Il s’appuie de façon sécuritaire sur la barre et non sur le technologue. Des freins permettent d’immobiliser le tout.

Les bons outils de travail Travailler avec des équipements adéquats est un élément important pour améliorer la SST en imagerie médicale. Le marché en offre une multitude. Vous devez en faire l’essai et les évaluer en fonction de vos besoins. L’ASSTSAS peut vous aider et vous proposer des solutions. Communiquez avec nous. K Références 1. Fauteuil d’imagerie Ergo Xray : hauteur d’ajustement : 49 à 67 cm - capacité : 205 kg - coût : env. 3 000 $ (ibiom.com/boutique/fauteuil-dimagerie-ergo-xr/) (marandalauzon.com/fr/radiologie/chaise-d-imagerie/382-chaise_dimagerie. html). 2. Trois modèles de matelas à air : Sage Product Mat, Hovermatt, Arjo Huntleigh*. 3. Toile bleue à revêtement glissant (Médical Tronik) et toile avec une structure rigide dans le dos (Human Care)*. 4. Tube en silicone avec enduit sur les deux côtés (Archimed Médical)*. 5. D’autres modèles jetables permettent aussi de réaliser facilement ce type de manœuvres : asstsas.qc.ca/surfaces-glissements. * Détails techniques sur Internet (asstsas.qc.ca/op404019).

© Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal

5. Le CISSS de la Montérégie-Est, Hôtel-Dieu de Sorel, s’est doté de tubes en nylon très minces et enduits de silicone. Ils se nettoient avec des lingettes désinfectantes ou une solution diluée d’eau de Javel. Pas d’allergie possible.

6. L’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal a commandé un marchepied qui a été fabriqué sur mesure en fonction des besoins émis par les technologues en radiologie. OP

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L’art de manipuler l’appareil de radiographie mobile Christiane Gambin cgambin@asstsas.qc.ca

Au CISSS de Laval, l’usager qui ne peut se rendre au Service d’imagerie médicale profite de l’appareil de radiographie mobile directement dans les unités de soins (soins intensifs, réanimation, urgence, néonatologie, etc.). Les tâches liées à l’utilisation de cet équipement sont une source potentielleMENT élevée de TMS. Fréderic Gladu, technologue en imagerie médicale depuis 25 ans au CISSS de Laval, est sensibilisé aux moyens de prévenir les risques de blessure. Il nous fait part de certaines difficultés et de ses straté­ gies facilitantes pour réduire les efforts physiques.

situations critiques

Les situations difficiles Il faut d’abord positionner l’appareil mobile près du lit et, ensuite, placer le détecteur de l’appareil sous l’usager. La colonne et le tube à rayon sont manipulés jusqu’à la zone à exposer. Après la prise d’images, il faut s’assurer de leur qualité, et ce, avant d’enlever le détecteur, de nettoyer les accessoires et de se déplacer jusqu’au prochain usager. Pour éviter des postures contraignantes, le technologue doit possé­ der une connaissance approfondie de la manipulation de la colonne et du tube. Les photos 1 à 4 montrent les difficultés auxquelles il peut être confronté. Une de celles-ci réside dans la force requise pour déplacer latéralement le tube, ce qui entraîne une torsion du dos.

PHOTOS 1 À 4

1. Maintenir d’une main le tronc de l’usagère et insérer le détecteur dans son dos représentent un risque élevé de TMS pour le technologue.

2. Des efforts et des postures avec les mains au-dessus des épaules sont très fréquents.

3. Une des grandes difficultés réside dans la force requise pour déplacer latéralement le tube, ce qui entraîne une torsion du dos.

Pour éviter des postures contraignantes, le technologue doit posséder une connaissance approfondie de la manipulation de la colonne et du tube. OP

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Aussi, pour manipuler le tube, le technologue travaille avec les bras éloignés du corps et au-dessus des épaules. Placer le détecteur sous l’usager s’avère une des situations les plus critiques. À cause de sa dimension (35 x 43 cm) et de son poids (détecteur et grille : 6 kg), manipuler le détecteur peut entraîner des mouvements d’abduction de l’épaule pour le sortir du socle de l’appareil et l’installer sous l’usager.

sTRATÉGIES sécuritaires

PHOTOS 5 À 11

Des stratégies sécuritaires et facilitantes Les photos 5 à 11 montrent les stratégies adoptées par Frédéric Gladu. Il procède étape par étape pour conserver des postures neutres, les coudes le plus près du corps. Pour réduire ses efforts, le techno­ logue bouge la colonne de l’appareil en utilisant le poids de son corps et en la gardant près de lui. Il effectue d’abord les grands déplace­ ments avec la colonne. Les commandes se trouvent sur le tube et sont

5. L’appareil est positionné de biais par rapport au lit afin de permettre d’accéder facilement à l’usager et de réduire la distance de manipulation de la colonne. Le dégagement est suffisant pour utiliser les accessoires et mobiliser l’usager.

4. Le détecteur est muni d’une poignée sur le haut et d’une autre sur le côté. Ces poignées peuvent inciter le technologue à soulever le détecteur en éloignant le coude, d’où des efforts de compression pour les structures de l’épaule et une perturbation de la pression sanguine.

Placer le détecteur sous l’usager s’avère une des situations les plus critiques. OP

6. Pour limiter les efforts en abduction, le technologue utilise ses deux mains pour manipuler le détecteur. D’une main, il glisse le détecteur dans son socle et, de l’autre main, il le maintient pour ensuite l’appuyer sur l’appareil. Ainsi, il conserve une position plus neutre pour les bras.

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manipulées avec l’index. En effectuant des mouvements de grande amplitude, le technologue garde le tube le plus longtemps possible proche de lui, le dos en position neutre, les bras et les coudes proches du corps. Ensuite, le technologue effectue les mouvements de préci­ sion pour placer le tube sur la zone à exposer. Il limite ainsi le temps où il se trouve dans des postures extrêmes. Comme il n’a pas à manipuler en simultané les commandes pour les mouvements fins et grossiers de l’équipement, le technologue peut réduire les efforts excessifs et éviter des blessures liées à ce travail en particulier. Il faut également planifier l’entretien préventif de l’ap­pa­ reil mobile pour assurer sa facilité de manipulation. A

8. A) Si l’usager est alité, insérer le détecteur dans un sac de déchet biomédical pour réduire la friction. Le sac est facile à installer autour de la plaque, il faut le replier dans la poignée du détecteur pour que celle-ci soit accessible. Lorsque l’usager peut se redresser, il est possible de placer le détecteur presque sans effort pour le glisser et le positionner à l’endroit désiré. Insérer le détecteur dans une taie d’oreiller facilite aussi le positionnement au dos d’un usager assis, ce qui évite que le détecteur ne lui colle à la peau. B) Si l’usager ne peut collaborer, le technologue utilise le poids de son corps pour faire glisser le détecteur sous l’usager, ce qui réduit, là aussi, les efforts. B

7. Lorsqu’il se déplace, le technologue appuie le détecteur sur lui afin de garder la charge proche. Encore ici, il travaille avec une posture neutre et sécuritaire pour le dos et les membres supérieurs.

Il faut également planifier l’entretien préventif de l’appareil mobile pour assurer sa facilité de manipulation. OP

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Parfois trois travailleurs sont requis : deux pour redresser le tronc de l’usager et un troisième pour insérer la plaque sous l’usager. L’usager en assistance totale

Étape par étape

« Le travail d’équipe est favorisé. Lorsqu’il faut aider un usager à se tourner, il est facile d’obtenir l’aide du personnel du service. » Selon Frédéric Gladu, parfois trois travailleurs sont requis : deux pour redresser le tronc de l’usager et un troisième pour insérer la plaque sous l’usager. Le centre évalue aussi la possibilité de mettre en place des procédures spécifiques pour que le travail interservice soit systé­ matique afin d’éviter des risques de blessure.

Frédéric Gladu travaille en préservant sa santé et sa sécurité. Pro­ céder par petites étapes, demander de l’assistance pour mobiliser les usagers, prendre appui lors de la manipulation et de la préparation du détecteur, utiliser des aides techniques telles les surfaces de glissement pour éviter les efforts, tous ces éléments sont des moyens efficaces pour réduire les risques de TMS aux épaules et au dos lors de l’utilisation de l’appareil mobile. K Remerciements Fréderic Gladu, technologue, et Renée Massé, assistante-chef technologue, DSM/ Imagerie médicale, CISSS de Laval.

9. Pour faire pivoter l’appareil, le technologue se place sur le côté, face à la colonne.

11. L’ASSTSAS propose une autre solution technique. Il s’agirait d’équiper les unités de soins aux malades en phase critique avec des draps de positionnement dotés de sangles dans la partie inférieure et de laisser ces draps en permanence sous l’usager. Ainsi, lors d’une radiographie, le personnel d’imagerie redresserait le tronc de l’usager, sans effort, à l’aide d’un levier sur rail. Cette solution devrait être la norme dans le cas des usagers bariatriques, et de ceux qui sont très souffrants ou en situation précaire.

10. Il faut manipuler le tube le plus longtemps possible proche de soi, avant de l’élever au-dessus de la zone à exposer.

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Aménagement et équipements choisis pour performer Lisette Duval lduval@asstsas.qc.ca

En 2015, le nouvel Hôpital Shriners pour enfants de Montréal est inauguré. À la fine pointe de LA technologie, le Service de radiologie a aménagé deux vastes salles de radiologie et s’est doté d’appareils performants. François Champion, chef technologue en radiologie, et son équipe ont participé au devis d’acquisition des équipements. Pour eux, la per­ formance comprend, entre autres, la qualité des images et, aussi, la sécurité des technologues.

Difficultés avec les appareils standards De façon générale dans les salles de radiologie du réseau, nous observons des équipements qui causent certaines difficultés pour les technologues. Ces derniers doivent à la fois mobiliser les clients et manipuler les appareils, ce qui entraîne des efforts et des contraintes posturales.

Parmi les aspects intéressants de cette installation, citons l’autopositionnement de l’appareil de graphie et son déplacement sur un rail en H au plafond.

Les détecteurs sans fil, appelés aussi capteurs ou plaques, sont plus lourds que les cassettes standards. Cependant, leur mode de fonctionnement requiert moins de manipulations.

Les caractéristiques des principales graphies sont programmées... L’appareil se place automatiquement à la zone prévue pour l’examen. OP

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La colonne offre une variété d’orientations et de rotations. Elle est rétractable, avec une grande longueur de course longitudinale et transversale. Une technologie de pointe Le Service de radiologie de l’Hôpital Shriners a opté pour un sys­ tème numérique d’auto-positionnement de l’appareil pour effectuer, dans la même salle, des graphies en position couchée et en position debout. Les caractéristiques des principales graphies sont program­ mées. Ainsi, l’appareil se place automatiquement à la zone prévue pour l’examen. De cette façon, le technologue réduit les déplacements manuels de l’appareil, ce qui lui permet d’adopter des postures sécuri­ taires pour les bras. L’appareil de graphie comprend une colonne porte-tube automati­ sée, ou statif, installée sur un rail en H au plafond. La programmation de l’appareil permet un positionnement soit vers le support mural vertical (bucky), soit au centre de la salle lorsque des radiographies au sol sont requises. La colonne porte-tube automatisée est dotée d’un écran tactile. La colonne offre une variété d’orientations et des rotations. Elle est ré­ tractable, avec une grande longueur de course longitudinale et trans­ versale. Le technologue peut effectuer ou modifier les commandes de positionnement du porte-tube, accepter ou rejeter les images, et ce, à

partir de la salle de contrôle ou directement sur le boîtier de com­ mande sur la colonne. Petit bémol, la colonne comprend un ensemble d’éléments, dont l’écran tactile, qui la rend plus lourde qu’un tube standard. Certains technologues mentionnent que les manipulations fines sont un peu moins faciles, par exemple pour repositionner le tube dans un bon angle ou encore pour des ajustements finaux.

Performance, santé et sécurité La planification effectuée par l’équipe d’imagerie médicale de l’Hôpital Shriners concernant l’aménagement des salles et l’acqui­ sition des équipements est déterminante sous plusieurs aspects. La performance et la réponse aux besoins du service sont étroitement associées aux impératifs de santé et de sécurité des personnes, tant les clients que les technologues. K Référence http://www.carestream.fr/drx-ascend.html

Les mouvements automatisés du porte-tube contribuent à réduire les manipulations des technologues pour positionner l’appareil. Lorsque ces tâches sont réalisées auprès du client, nous observons des postures plus sécuritaires pour le technologue au niveau des bras et des épaules, car celui-ci travaille avec les coudes près du corps.

Hôpital Shriners pour enfants de Montréal

Ce centre de soins de courte durée bilingue accueille des jeunes de 2 mois à 21 ans. Il offre des soins orthopédiques spécialisés pour traiter les problèmes orthopédiques complexes, les anomalies graves de la colonne vertébrale, la chirurgie reconstructive et la réadaptation.

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Critères de choix des nouveaux appareils d’échographie Lisette Duval lduval@asstsas.qc.ca

Améliorer les conditions d’exécution des tâches et adopter des méthodes de travail sécuritaires donnent des clés en prévention des TMS chez les technologues. La réflexion doit se poursuivre en ce qui concerne la sélection des appareils d’échographie.

Des équipements performants sur le plan technologique, adaptés et sécuritaires sont essentiels pour garantir la qualité de l’examen médical. Pour prévenir les TMS chez le personnel, d’autres critères sont à considérer. L’ensemble des fonctionnalités de l’appareil d’échogra­ phie doit favoriser l’adoption de postures sécuritaires pour le techno­

Critères de sélections pour des équipements performants L’appareil d’échographie • Compact, léger et muni de barres de poussée pour le déplacement aisé de l’appareil près de la civière • Ajustement de la qualité de l’image pour le repérage des zones à examiner • Manettes d’ajustement automatique de la hauteur accessibles par le technologue placé devant l’appareil • Outils informatiques performants pour l’optimisation des entrées au moyen des touches (ex. : fixer les images, prendre les mesures) et pour limiter les manipulations à la console

• Appui pour les avant-bras et les poignets lors de la manipulation des touches et des boutons • Touches et boutons les plus utilisés accessibles et visibles dans la pénombre • Configuration des touches et des boutons de la console identique à celle de la barre de menu à l’écran L’écran • Ajustement facile en hauteur, en profondeur, en inclinaison et latéralement

• Logiciels intégrés pour les mesures complémentaires après l’examen

• Mécanisme d’ajustement de la hauteur de l’écran indépendant de celui de l’appareil

• Freins centralisés

• Écran plat et mat, haute résolution, rapport de contraste et lumino­sité réglables pour la facilitation de la prise de mesures et la lecture

• Quatre roues pivotantes, dont au moins une dotée d’un méca­nisme unidirectionnel facilement accessible pour le déplacement de l’appareil en ligne droite • Appuie-pieds

• Dispositif permettant le réglage de l’affichage Les sondes

La console

• Légères et adaptées aux caractéristiques des examens

• Ajustement sans effort et indépendant de la hauteur, de la profondeur et de la rotation latérale de la console afin que le technologue la rapproche de lui et conserve les coudes près du corps, les épaules relâchées pour manipuler les touches et les boutons

• Souples, antidérapantes et permettant une prise palmaire pour exercer une bonne force

• Dégagement en hauteur qui assure un espace suffisant pour les jambes du technologue même en position assise haute

• Sonde multicoupe qui limite l’utilisation des molettes avec le poignet en flexion pour la tourner

• Configuration qui permet de garder le poignet dans le même axe que l’avant-bras

L’ensemble des fonctionnalités de l’appareil d’échographie doit favoriser l’adoption de postures sécuritaires pour le technologue. OP

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Un technologue qui constate des difficultés de roulement de l’appareil d’échographie, d’ajustement de sa hauteur ou de celle de l’écran, le bris des mécanismes de retenue des fils, etc., doit signaler immédiatement ces défectuosités au gestionnaire. A. Appareil avec dispositifs d’ajustement de la hauteur de la console et de l’écran en position latérale B. Un mécanisme est installé au plafond pour retenir les fils en hauteur et faciliter les déplace­ments de l’appareil.

A

logue : l’appareil lui-même et ses composants doivent être conçus et utilisés de façon à faciliter le travail. L’encadré présente les caracté­ ristiques à respecter pour faire un bon choix.

L’inspection préventive

d’échographie, d’ajustement de sa hauteur ou de celle de l’écran, le bris des mécanismes de retenue des fils, etc., doit signaler immédia­tement ces défectuosités au gestion­ naire. Selon les procédures internes, celui-ci effec­tuera une demande de réparation. B Les établissements du réseau disposent aussi d’un programme d’entretien préventif. En plus de maintenir les équipements en bon état de fonctionnement, ce programme vise à réduire les risques d’accident et à offrir un milieu sécuritaire pour les clients et le personnel.

La réflexion conduit à l’action !

Cette activité assure le maintien de la sécurité des équipements et contribue à l’amélioration continue de la prévention. L’inspection préventive s’inscrit dans une démarche de programme de prévention prévue par la Loi sur la SST. Les membres du Service d’imagerie médicale détermineront une fréquence régulière pour les inspections des appareils, tout comme pour les paramètres à observer plus attentivement. Il faut aussi s’as­ surer de suivre les recommandations du fabricant. Par exemple, un technologue qui constate des difficultés de roulement de l’appareil Les grands principes pour réduire les risques de TMS. À commander gratui­tement ou à télécharger. asstsas.qc.ca/ft12

Face à la forte prévalence des TMS chez les technologues, il est important d’agir. L’analyse de l’ensemble des éléments de la situation de travail permet de dégager des pistes d’amélioration réalistes. En prévention, le choix des appareils est un élément important. K Référence ASSTSAS. Prévention des TMS en échographie cardiaque, dossier thématique (asstsas.qc.ca/tms-echographie).

Dans une situation de travail, des personnes réalisent des tâches, dans un environnement, avec des équipements et dans un temps donné, le tout déterminé par des pratiques organisationnelles.


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PDSB : pour de meilleurs déplacements Christiane Gambin

Lisette Duval

cgambin@asstsas.qc.ca

lduval@asstsas.qc.ca

Au cours de leurs études, les technologues ont suivi une brève formation PDSB. Toutefois, au travail, ils vont souvent mobiliser les clients sur les tables d’examen, les installer sur des chaises ou les transférer de la civière à la table de tomodensitométrie, de graphie, etc. Dans ces différentes situations, les niveaux d’aide passent de la supervision à l’assistance totale. Une formation PDSB a été adaptée aux besoins des technologues en imagerie médicale et en échographie. Elle est maintenant dispo­nible pour les formateurs PDSB1. Nous avons rencontré deux formateurs PDSB pour savoir comment ils ont procédé dans leur établissement avec la formation et les changements qui ont été apportés dans le secteur.

Les PDSB par petit groupe Renée Massé Formatrice PDSB, CISSS de Laval, secteur imagerie médicale

En ciblant une spécialité de l’imagerie médicale, la formatrice a d’abord traité des concepts de base des PDSB (1/2 journée). Ensuite, elle a donné la portion pratique de la formation (1 journée) dans un local où des équipements (civière et accessoires utiles) étaient dis­ ponibles. Des groupes de quatre personnes ont été formés en simultané. Vu le petit nombre de participants, les technologues peuvent pratiquer et intégrer les principes, tout en ayant la possibilité de jouer le rôle du client. Procéder par petit groupe permet de trouver plus facilement des périodes pour offrir la formation.

services d’imagerie médicale

Ces services accueillent une clientèle dont les capacités physiques sont très variables, allant de l’autonomie à un besoin d’aide complet. Bien connaître les capacités du client au moment présent représente une grande difficulté puisque ce dernier demeure dans le service seulement une courte période. Les technologues ont très peu d’information concernant ses caractéristiques.

RETOMBÉES

• L’accent est mis sur la vérification spontanée des capacités du client et sur sa participation aux manœuvres. • La formation met en évidence que le client peut participer au ma­ximum de ses capacités avec l’aide d’accessoires (ex. : poignées de la table, petit banc). • La chaise d’imagerie facilite les graphies, le client est plus stable et autonome. Plusieurs modèles ont été acquis. • Se procurer une marchette. Certains clients l’utilisent à la maison, mais ne veulent pas s’encombrer pour les déplacements jus­qu’au service. • Se procurer des accessoires de transfert pour la clientèle baria­ trique (ex. : planche adaptée). • Réflexions en cours pour le développement, en équipe multidis­ ciplinaire, d’un outil de validation des conditions physiques et cliniques de la clientèle ambulatoire.

Vu le petit nombre de participants, les technologues peuvent pratiquer et intégrer les principes, tout en ayant la possibilité de jouer le rôle du client. OP

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Les surfaces de glissement sont privilégiées pour effectuer les transferts d’une surface à l’autre, pour aider à placer des coussins sous les jambes du client et pour faciliter les positionnements difficiles. Une capsule PDSB

• Un suivi de la formation est prévu, car un préposé sera formé pour devenir coach PDSB. Cette personne-ressource accompagnera ses collègues pour résoudre les situations difficiles.

André Laverdière Préventionniste et formateur PDSB, CISSS de la Montérégie-Est

Les accidents du travail sont en hausse chez le personnel de radio­ logie. La responsable du secteur, Julie Bastien, et son équipe se sont donc engagées à réduire les risques de TMS. Une Capsule de formation est offerte en fin de journée (3 heures). Elle se donne directement sur les lieux de travail, dans une salle de graphie, et présente les principes comme le mouvement naturel et l’élimination des prises en crochet.

Votre formateur PDSB Nous vous invitons à consulter le formateur de votre établisse­ ment afin de profiter de son expertise. Il est une ressource précieuse pour la diffusion de ce complément de formation PDSB aux techno­ logues en échographie et en imagerie médicale. K Remerciements

RETOMBÉES

• Les surfaces de glissement sont privilégiées pour effectuer les transferts d’une surface à l’autre, pour aider à placer des cous­ sins sous les jambes du client et pour faciliter les positionne­ ments difficiles. • Essai de matelas à air. • Développement en cours d’une procédure afin que les clients internes et externes transférés à l’aide d’un levier arrivent au ser­ vice avec leur toile de transfert.

Renée Massé, assistante-chef technologue, CISSS de Laval, et André Laverdière, préventionniste, CISSS de Montérégie Est, et leurs équipes pour leur collaboration à ce dossier. Référence 1. Le Coin du formateur PDSB est un espace virtuel dédié aux formateurs accrédités. Ceux-ci peuvent échanger avec les maîtres-formateurs de l’ASSTSAS et y trouver tous les documents requis pour donner la formation.

Aperçu du complément de formation PDSB Utilisation de différents équipements qui facilitent les déplacements Niveau d’assistance

Supervision : aider le client à se positionner

Assistance partielle : repositionner le client

Imagerie médicale

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Assistance totale : transférer le client


Le CoIn de la documentalIste Suzie Désilets sdesilets@asstsas.qc.ca

Travailleurs heureux et organisations performantes

Cannabis : une nouvelle préoccupation en SST

Le réseau de la santé et des services sociaux a connu

Comme tout autre facteur pouvant affaiblir les facul­

plusieurs réformes. Ces changements ne sont pas sans

tés, le cannabis récréatif, dont l’usage sera bientôt léga­

laisser d’empreintes sur ceux qui les vivent. Pas éton­

­lisé, pourrait compromettre la santé et la sécurité des

nant que la question de la santé psychologique devienne

travailleurs.

si importante pour les gestionnaires, les travailleurs et les intervenants en santé au travail.

Quelle est la responsabilité des employeurs à cet égard ? Dans son livre blanc, le Centre canadien d’hygiène et de

Afin de soutenir plusieurs milieux de travail, le BNQ (2013) a élaboré une norme nationale sur la santé et la

santé au travail (CCHST) présente des recommandations à l’intention des employeurs et des intervenants en SST.

sécurité psychologique en milieu de travail. Quelles ont

CCHST. Stratégie en milieu de travail : Risque de facultés affaiblies attri­ buables au cannabis, [Hamilton, Ont., CCHST], 2017, 30 p. (cchst.ca/ products/publications/cannabis_whitepaper.pdf).

été les répercussions de la norme sur les stratégies et les initiatives ? C’est une des questions auxquelles tentent de répondre quelques-uns des pionniers de la santé mentale au travail dans un ouvrage très inspirant paru en septembre dernier. Les auteures retracent l’évolution en cette matière au cours des dix dernières années. Plus important encore, elles exposent les perspectives et les espoirs des personnes du milieu quant à l’avenir. BAYNTON, Mary Ann, FOURNIER, Leanne. L’évolution de la santé mentale en milieu de travail au Canada : Vers une norme en matière de santé et sécu­ rité psychologique, [S.l.], Centre pour la santé mentale en milieu de travail de la Great-West, 2017, 183 p. (https://www.strategiesdesantementale. com/pdf/articles/Evolution_interactive_PDF_fr_v3.pdf).

Analyser la charge physique S’appuyant sur des principes ergonomiques, un nou­ veau guide pratique propose une méthode d’analyse des risques liés à la charge physique de travail : le repérage et la hiérarchisation des risques, l’analyse au moyen de cinq indicateurs, la recherche de pistes de prévention et Photo : iStock.com

leur évaluation. BERTRAND, S, et autres. Méthode d’analyse de la charge physique de tra­­vail : Secteur sanitaire et social, Paris, INRS, 2017, 37 p. (http://www.inrs.fr/dms/ inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-6291/ed6291.pdf).

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LES SERVICES DE L’ASSTSAS

imagerie médicale Notre équipe possède l’expertise pour vous aider à diagnostiquer un problème et à trouver les solutions adaptées à votre environnement de travail.

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• Travail d’équipe et santé psychologique, analyse des risques psychosociaux

FORMATIONS

• Complément PDSB – Imagerie médicale

Communiquez avec un formateur PDSB de votre établissement ou avec l’ASSTSAS qui vous guidera vers un formateur de votre région avec lequel vous prendrez entente afin de former vos travailleurs.

• Technologues en échographie, sondez votre corps

Comment prévenir les TMS au niveau des membres supérieurs et du dos ? Apprenez les bonnes postures à adopter lors des examens d’échographie. FORMATION EN ÉTABLISSEMENT

• Choisir le travail d’équipe et la saine communication

Découvrez les bases pour définir le travail d’équipe, renforcer les motivations et reconnaître les enjeux des relations interpersonnelles. Explorez des stratégies pour favoriser la communication. FORMATION EN ÉTABLISSEMENT

• Civilité au travail

Le savoir-être au travail revêt une grande importance. Soyez sensibilisé aux conséquences de l’incivilité et aux moyens pour favoriser des relations interpersonnelles empreintes de civilité. FORMATION EN ÉTABLISSEMENT

INFORMATION ET PUBLICATIONS

• Ergonomie, aménagement et organisation du travail en imagerie médicale (asstsas.qc.ca/dossiers-thematiques/imagerie-medicale-erg)

• Échographie générale, fiche technique FT12 (asstsas.qc.ca/ ft12) • Échographie cardiaque – Deux méthodes gagnantes pour prévenir les TMS, affiches A42 et A43 (asstsas.qc.ca/a42 et asstsas.qc.ca/a43)

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L’ASSTSAS vous convie à un grand tour de prévention. Vous y découvrirez les risques de violence, de chutes et de troubles musculosquelettiques dans plusieurs situations de travail.Une occasion de mieux connaître votre environnement et de visiter de nouveaux coins ! PROGRAMME

Violence : en déficience intellectuelle, en hébergement et à domicile Chutes, troubles musculosquelettiques, et autres risques : au service alimentaire, à la buanderie, dans les bureaux et les postes d’accueil, au service de diagnostic et en imagerie médicale, dans les salles de bain, les voies de circulation, lieux d’entreposage et ailleurs dans votre établissement Québec - Hôtel Le Bonne Entente – mercredi 25 avril 2018 Montréal - Hôtel Omni Mont-Royal - mardi 8 mai 2018 Coût : 120 $ Ces activités s’adressent aux cadres, aux travailleurs ainsi qu’aux représentants des associations patronales et syndicales, aux préventionnistes et aux membres des comités paritaires de SST des établissements du secteur. Le programme complet ainsi que le formulaire d’inscription sont disponibles uniquement sur notre site Internet. asstsas.qc.ca/evenements 10

EDITION

PRÉSENTATION DES PRIX DU JURY

OP - 40-4  

Dossier : Un coup de sonde sur les TMS en imagerie Voyez des mesures pour contrer les difficultés du travail en imagerie médicale et réduir...

OP - 40-4  

Dossier : Un coup de sonde sur les TMS en imagerie Voyez des mesures pour contrer les difficultés du travail en imagerie médicale et réduir...

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