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OBJECTIF PRÉVENTION REV U E D ’I N FO R M AT I O N DE L’ASS O C I AT I O N PA R I TAI RE PO U R L A SA N T É E T L A S É CURI TÉ DU TR AVA I L D U SE C T E UR AFFAIRE S S O C I A L E S VO L . 40 N o 3 S E P T E M B R E 201 7

COLLOQUE TMS

LA CIBLE À ATTEINDRE

CHUTES À LINGE TECHNICIENS AMBULANCIERS PARAMÉDICAUX CONCOURS

PLEINS FEUX SUR LES LEADERS EN SST

E N VO I DE P OSTE -P UB L ICATIO N S , CO NT R AT N O 40 0 63 03 0

DOSSIER


LE SECTEUR EST PRIORISÉ

en prévention-inspection Faites appel à l’ASSTSAS ! La CNESST s’intéresse aux efforts des établissements en matière de prévention des risques les plus fréquents ou les plus graves. Utilisez les services de l’ASSTSAS pour structurer vos actions. CNESST. Planification pluriannuelle en prévention-inspection 2017-2020

3 risques ciblés TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES (TMS) TMS la cible à atteindre ! Notre équipe possède des années d’expérience en prévention des TMS. Nous proposons des stratégies efficaces et toutes les informations nécessaires pour que votre établissement se dote d’un véritable plan d’action.

CHUTES DE MÊME NIVEAU Les chutes et les glissades, ça tombe toujours mal ! Notre guide de prévention et les outils associés sont faciles d’utilisation et vous permettront de contrôler efficacement ce type d’accident. (asstsas.qc.ca/chutes-glissades)

VIOLENCE AU TRAVAIL Les agressions : combinons nos efforts pour les prévenir ! Nos conseillers sont disponibles pour guider et animer les groupes de travail et les comités chargés de concevoir les plans d’action anti-agressions.

Pas de

temps à perdre

Consultez les dossiers thématiques de l’ASSTSAS sur Internet. Vous y trouverez des informations, des publications et des formations liées aux risques ciblés par la CNESST. Pour obtenir nos services, communiquez avec votre conseiller attitré (asstsas.qc.ca/equipe).


S O M M A I R E

D O S S I E R

14 15 16 18 21 24 27 30

A v e c

c e

Mot de l’ASSTSAS – Des TMS à l’ensemble des risques ÉVÉNEMENTS 2018 – Pleins feux sur la recherche de leaders inspirants et exemplaires RISQUES À LA SÉCURITÉ – Échelles portatives et escabeaux : mise à jour du RSST Ergonomie-Buanderie – Pour des chutes à linge sécuritaires Risques biologiques – Au laboratoire : travailler avec ou sans gants ? Ergonomie – TMS : le cas des techniciens ambulanciers paramédicaux Coin de la documentaliste – Des ressources additionnelles en SST Fleurs de prévention – Appréciez les petites et grandes initiatives du secteur

Colloque TMS La cible à atteindre En mai dernier, plus de 400 personnes ont assisté à une des quatre reprises du colloque sur la prévention des TMS. Voici un résumé des ateliers. Le colloque 2017 : une réussite ! Communiquer pour mieux prévenir les TMS Réaliser le diagnostic des TMS liés aux déplacements de clients Appropriation et application des PDSB par les préposés Projets autofinancés en santé, sécurité et qualité de vie au travail Déplacements des bénéficiaires : où en sommes-nous en 2017 ? Lève-personne : la nécessité est la mère de l’invention

n u m é ro

DÉPLIANT CONCOURS Pleins feux sur les leaders en SST

Objectif prévention, vol. 40, no 3, 2017 PRODUCTION Directrice générale : Diane Parent Rédactrice en chef : Louise Lefèbvre Révision : Marie L’Écuyer Design : acapelladesign.com Couverture : iStock.com Impression : Impart Litho Abonnement : Andrée Desjardins abonnement@asstsas.qc.ca Envoi de Poste-publications, contrat no 40063030

BROCHURE ACTIOnPRÉVENTION Travail en hauteur

Photo : iStock.com

2 3 4 5 8 10 12 32

Trava en il hauteur LA SÉ CU RI TÉ AV LE S ÉC HE LL ES EC , LE S ES ET LE S CA BE AU ÉC HA FA X UD AG ES

abonnement Éditée quatre fois l’an, OP est distribuée gratuitement, sur abonnement, aux personnes ou organismes qui œuvrent dans le secteur affaires sociales. Les autres peuvent s’y abonner au coût de 35 $ par année pour le Canada, 70 $ pour les États-Unis et 100 $ pour les autres pays. Ce numéro, tiré à 12 750 exemplaires, est disponible sur Internet. Les articles n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique de l’ASSTSAS. Toute reproduction est autorisée pourvu que la source soit mentionnée. Les photos qui paraissent dans OP sont le plus conformes possible aux lois et règlements sur la santé et la sécurité du travail. Cependant, il peut être difficile pour des raisons techniques de représenter la situation idéale. Dépôts légaux : Bibliothèque et Archives nationales du Québec – Bibliothèque et Archives Canada – ISSN 0705-0577 Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales 5100, rue Sherbrooke Est, bureau 950, Montréal (Québec) H1V 3R9 Téléphone : 514 253-6871 ou 1 800 361-4528 – asstsas.qc.ca


M o t

d e

l ’A S S T S A S

Des TMS à l’ensemble des risques En mai dernier, les colloques de l’ASSTSAS ont mis en perspective la problématique des troubles musculosquelettiques (TMS). Straté­ gies inspirantes en prévention, projets d’autofinancement, tendances en matière de déplacement de clients, le programme de la journée a atteint sa cible : outiller les gestionnaires et les travailleurs pour ré­ duire les TMS.

Nos colloques sont des moments forts pour faire le point, avec vous, sur les enjeux rencontrés par vos intervenants en SST. L’ASSTSAS, votre partenaire expert

De nombreux risques à la SST Malgré les efforts déployés par les établissements depuis de plu­ sieurs années, le nombre de lésions professionnelles ne diminue pas. Imaginons la situation si aucun geste en prévention n’était posé ! Il est important de poursuivre le travail. Tous risques confondus, parmi les 300 000 travailleurs du secteur, on compte 12 600 lésions avec perte de temps en 2014. Ce chiffre se traduit par près de 860 000 jours d’indemnités de remplacement du revenu, soit l’équivalent de 3 900 travailleurs à temps complet absents chaque jour ! Ajoutons les personnes absentes pour maladies, retraits préventifs ou autres motifs, c’est un nombre important de travailleurs absents dans les établissements, ce qui alourdit la tâche. Dans sa planification 2017-2019, la CNESST a annoncé la présence accrue de ses inspecteurs dans les établissements du secteur. Trois priorités de prévention sont fixées : les TMS, les chutes de même ni­ veau et la violence au travail. Le mot d’ordre est lancé : mobilisons nos troupes et collaborons à débusquer ces dangers. Ensemble, faisons preuve de créativité et de leadership pour prévenir les risques à la source !

Notre équipe possède l’expertise pour soutenir vos démarches de prévention, que ce soit par nos interventions de conseil, nos formations ou nos publications.

Notre équipe possède l’expertise pour soutenir vos démarches de prévention, que ce soit par nos interventions de conseil, nos formations ou nos publications. De plus, nos colloques sont des moments forts pour faire le point, avec vous, sur les enjeux rencontrés par vos intervenants en SST. Les TMS en 2017, la violence au travail en 2016, les conditions gagnantes de la prévention en SST lors de changements organisation­ nels majeurs en 2015. Le colloque de 2018 sera consacré à développer des habiletés pour déterminer les risques dans vos milieux de travail. Nous vous convie­rons à une visite guidée de la dangerosité de situations de travail repré­sen­ tatives de la diversité des missions et des services rendus dans un CISSS, un CIUSSS, une résidence privée pour aînés, une ressource intermédiaire ou un centre jeunesse. Des informa­tions suivront au cours de l’automne. En 2018, nous saluerons aussi les lauréats de la 10e édition du concours Pleins feux. L’ASSTSAS est à la recherche des leaders en SST sélectionnés pour leurs réalisations, leur implication et leur énergie en prévention dans leur établissement. Voyez les détails du concours sur notre site Internet et soumettez la candidature de vos leaders avant le 12 janvier 2018. Quelles que soient les situations de travail, nos conseillers vous offrent leur assistance personnalisée pour l’analyse de vos besoins, l’organisation de votre comité paritaire de SST et la mise en œuvre de vos démarches dans les différents milieux de travail. Contactez-les ! K Référence Les actes des colloques et les détails du concours Pleins feux sont disponibles sur Internet (asstsas.qc.ca/evenements).

Éric Bonneau

Guy Laurion

coprésident patronal

coprésident syndical

OP

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Diane Parent directrice générale dparent@asstsas.qc.ca


É v é n e m e n t S

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Pleins feux sur la recherche de leaders inspirants et exemplaires Benoît Gorez bgorez@asstsas.qc.ca

Dans le cadre du 10e anniversaire de son concours Pleins feux, l’ASSTSAS prend un vi­ rage en soulignant la contribution des leaders en santé et en sécurité du travail (SST).

C

’est avec enthousiasme que l’ASSTSAS donne le coup d’envoi à cette 10e édition de Pleins feux en explorant une nouvelle avenue : dis­ tinguer les leaders en SST. Grâce à cette nou­ velle formule, l’ASSTSAS mettra en lumière

10

EDITION

les per­sonnes qui, par leurs réalisations concrètes, leur implication et leur énergie, font progresser la SST.

Le concours s’est tenu pendant neuf éditions consé­cu­ tives (tous les deux ans) et des centaines d’éta­blis­sements

Un concours marquant à l’ASSTSAS

ont présenté des projets.

Les travailleurs du secteur de la santé et des services

Place aux leaders

sociaux sont des innovateurs, des gens ingénieux, respon­ sables de leur santé et de leur sécurité et de celles de leurs

En 2018, nous cherchons à faire connaître des leaders

collègues. En 1998, dans l’optique de signaler les meil­

au comportement exemplaire, à la personnalité inspirante

leures pratiques en SST, l’ASSTSAS crée le premier con­

et qui s’impliquent quotidiennement dans les stratégies en

cours Pleins feux sur l’innovation. En 2012, le concours

SST de leur établissement. Ils sont préventionnistes, chefs

vise l’initiative en SST. En plus de la mise en valeur d’équi­

d’unité, représentants syndicaux, formateurs, membres

pe­ments, le concours s’élargissait aux projets de sensibi­

du comité paritaire de SST ou travailleurs sur le terrain.

lisation, d’information, ainsi qu’aux processus touchant l’organisation et les méthodes du travail.

Vous reconnaissez un leader dans votre équipe ? Rendezvous à la section « Événements » de notre site Internet et

Au fil des ans, les projets sélectionnés par le jury ont été présentés dans le cadre des colloques annuels et plusieurs

inscrivez-le au concours. Vous avez jusqu’au 12 janvier 2018 pour soumettre sa candidature. K

ont reçu le Prix du public. Les bonnes idées, provenant de tous les coins du Québec, ont été publiées dans OP et sur le site Internet.

Certaines équipes gagnantes des derniers concours Pleins feux.

OP

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R i s q u e s

à

l a

s é c u r i t é

Échelles portatives et escabeaux : mise à jour du RSST Valérie Hensley vhensley@asstsas.qc.ca

Plusieurs modifications seront apportées au Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) concernant le choix et l’utilisation des échelles et des escabeaux.

L

e RSST tient maintenant compte des règles de

Pratiques proscrites : placer l’équipement devant

l’art telles que décrites dans la mise à jour de la

une porte qui ouvre vers lui, sur des boîtes, un échafau­dage,

norme CSA Z11-12. Cette nouvelle version de la

une plateforme élévatrice ou une nacelle aérienne ; utiliser

norme de l’Association canadienne de normali-

une section supérieure d’échelle à cou­lisse comme échelle

sation (CSA) a été publiée en français en août 2013. Le

simple ; utiliser l’équipement près d’un circuit élec­trique à

projet de règlement modifiant le RSST a été publié dans la

découvert s’il est muni des renforcements métalliques ;

Gazette officielle du Québec en septembre 2016.

l’utiliser comme support horizontal ; se tenir sur les deux

Dorénavant, le RSST exige que les échelles portatives et

derniers échelons d’une échelle portative1 ou sur l’éche­­

les escabeaux utilisés au travail soient fabriqués et certifiés

lon supérieur (ou le dessus, la tablette à seau, la section

conformément à la norme CSA Z11 applicable au moment

arrière) d’un escabeau sauf s’il est conçu à cette fin, etc.

de leur fabrication. Parmi les nouveautés, notons les cinq classes d’équipements (tableau). Certains changements

Mise à jour de l’ASSTSAS

of­ fi­ cialisent de bonnes pratiques existantes, tandis que

Les recommandations de sécurité avec les échelles et

d’autres sont maintenant interdites.

les escabeaux de l’ASSTSAS sont encadrées par le RSST.

Bonnes pratiques : choisir l’équipement en fonction

Elles se retrouvent dans notre nouvelle brochure. Nous y

de la tâche et de l’environnement de travail ; l’inspecter

avons aussi inclus les informations pour l’installation sé-

avant l’utilisation et s’assurer de son bon état ; l’installer

curitaire des échafaudages fixes et mobiles. K

près du travail afin d’éviter le déséquilibre et maintenir trois points d’appui en montant et en descendant ; le fer-

Référence

mer ou le replier avant de le déplacer ; l’assembler ou le

1. La norme CSA Z11-12, le Code canadien du travail et l’ASSTSAS recommandent aux travailleurs de ne pas se tenir sur les trois derniers barreaux d’une échelle.

verrouiller correctement, l’utiliser uniquement pour des travaux de courte durée, etc.

Travail en hauteur

Échelles portatives et escabeaux CLASSE

Utilisation prévue

Service

Résistance à la charge

1AA

Bâtiment et industrie

Service spécial

170 kg (375 lb)

1A

Bâtiment et industrie

Hyper résistant

136 kg (300 lb)

1

Bâtiment et industrie

Fort

113 kg (250 lb)

2

Commerce et usage agricole

Moyen

102 kg (225 lb)

3

Domestique

Faible

91 kg (200 lb) OP

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LA SÉCURITÉ AVEC LES ÉCHELLES, LES ESCABEAUX ET LES ÉCHAFAUDAGES

Brochure gratuite jusqu’à épuisement des stocks ou à télécharger (asstsas.qc.ca/B34)

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E r g o n o m i e

B u a n d e r i e

Pour des chutes à linge sécuritaires Guy Bertrand

Pierre Poulin

gbertrand@asstsas.qc.ca

ppoulin@asstsas.qc.ca

Cet article a été publié dans la revue ABLASQ (vol. 32, mars 2016) et reproduit avec l’autorisation de l’Association des buanderieslingeries et des associés de la santé du Québec.

Les chutes à linge sont des installations qui offrent un transport vertical facile du linge souillé dans les bâtiments hospitaliers. Elles évitent donc l’emploi d’équipements roulants pour acheminer le linge souillé des unités de soins vers la buanderie ou vers les lieux de stockage. Cette activité exige du temps et expose des personnes et des lieux propres à du matériel souillé.

L

a conception et la rénovation des chutes à

On déplore plusieurs accidents de travailleurs frappés par des poches de linge qui proviennent de la chute.

linge sont généralement guidées par des nor­ mes portant essentiellement sur la protection des incendies et, parfois, sur la protection du public. En effet, on dénombre des cas de pa­

tients qui se sont lancés dans des chutes à linge. Par ail­ leurs, on déplore aussi plusieurs accidents de travailleurs frappés par des poches de linge qui proviennent de la

dans l’encadré. Plusieurs exigences du Code du bâtiment

chute.

ont une influence directe sur les conditions de travail du

Nous vous présentons ici les critères de conception à

personnel. Nous les avons soulignées.

considérer pour la prévention des incendies. Nous sug­

En ce qui concerne la fermeture automatique de la porte

gérons aussi des éléments clés visant la santé et la sécu­

d’une chute, la pose d’un dispositif de retenue à délai est

rité du personnel qui devra faire la manutention des

ab­solument nécessaire pour éviter le maintien de la porte

poches de linge lors du chargement des chutes et de leur

alors qu’on doit insérer une poche de linge dans l’ou­ver­

récupération, en bout de course, à la réception.

ture de la chute. Il en va de même pour la porte du local,

Concernant la protection contre les incendies, le Code du

dans lequel se trouve la chute, surtout si ce dernier est

bâtiment stipule principalement les obligations présentées

trop exigu pour y loger un chariot de linge et pour ma­

a

b

1. (a) Concept d’aménagement facilitant la manipulation sécuritaire des poches de linge, (b) porte basse avec dispositif de retenue à délai.

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B u a n d e r i e

nœuvrer avec les poches. Concernant ce local, les dimen­

Les portes des différents étages doivent être interverrouillées afin d’éviter l’utilisation simultanée sur plus d’un étage.

sions minimales exigées par le Code définissent un espace beaucoup trop restreint pour y manœuvrer un chariot de façon sécuritaire. Avec un tel local, le chariot devra de­ meurer dans le corridor. Par ailleurs, le Code prévoit que cet espace soit dédié à l’usage exclusif de la chute pour satisfaire aux exigences

• Les portes des différents étages doivent être inter­

de prévention des incendies. Cet usage exclusif permettra

verrouillées afin d’éviter l’utilisation simultanée sur

également de conserver les dégagements utiles à la manu­

plus d’un étage. De plus, sécuriser également la porte

tention des poches.

d’entrée du local assure que seules les personnes auto­ risées accèdent à la chute, ce qui limite le risque d’a­c­

Enfin, un système de nettoyage par jet d’eau n’est obli­

cident pour les clients.

ga­toire que pour la chute à déchet et serait d’ailleurs inu­ tile pour une chute à linge. Cependant, cette dernière doit

• Finalement, il faut que le local soit bien éclairé et que toutes les surfaces soient faciles d’entretien.

être munie d’un gicleur, conformément au règlement. Voici d’autres recommandations qui concernent l’accès à la chute. • L’ouverture de la chute et sa position dans le local doivent favoriser une manutention dans de bonnes postures. Ainsi, on favorisera des ouvertures basses qui offrent un accès plus facile. Privilégier les grandes ouvertures tout en respectant la norme du Code du bâ­

2. Amoncellement de poches présentant des risques pour la sécurité.

timent (maximum 60 % de la surface de descente) et permettre une ouverture de la porte à 90o minimum. Le sens de l’ouverture de la porte est également important. La photo 1 montre une porte dont l’ouverture dégage l’espace de travail et pour laquelle il est facile d’installer un dispositif de retenue à délai au mur.

Obligations en protection contre les incendies - Code du bâtiment 3.6.3 Vides techniques verticaux et installationS techniques 3.6.3.3 Descentes de linge et vide-ordures

2) Les gaines qui renferment une descente de linge ou un vide-ordures doivent avoir un degré de résistance au feu conforme au paragraphe 3.6.3.1.1) et d’au moins : a) 1 h, si le débouché est muni d’un dispositif d’obturation à enclenchement automatique, maintenu en position ouverte par un maillon fusible ; ou b) 2 h, si le débouché n’est pas muni d’un tel dispositif. 4) Les vidoirs des vide-ordures ou des descentes de linge doivent : a) avoir une surface d’au plus 60 % de la section de la descente ; et b) être munis de dispositifs d’obturation conçus pour se refermer automatiquement et s’enclencher après chaque utilisation. 5) Les vidoirs de vide-ordures ou des descentes de linge doivent être situés à l’intérieur d’un local ou d’un compartiment : a) dont aucune dimension n’est inférieure à 750 mm ; b) isolé du reste du bâtiment par une séparation coupe-feu d’au moins 45 min ; c) prévu exclusivement à cette fin ; et d) qui ne donne pas directement sur une issue. 6) Des gicleurs doivent être installés au sommet des vide-ordures et des descentes de linge, ainsi que tous les 2 étages et dans les locaux ou conteneurs où ils débouchent. 7) Il faut isoler le local d’arrivée d’une descente de linge du reste du bâtiment par une séparation coupe-feu d’au moins 1 h. 8) Les vide-ordures doivent être équipés, à leur sommet, d’une installation de nettoyage par jet d’eau.

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À la réception de la chute

Deux types de dangers guettent les travailleurs à l’endroit où les poches de linge aboutissent : se faire frapper par l’une d’elles et se blesser lors de la manutention.

Deux types de dangers guettent les travailleurs à l’en­ droit où les poches de linge aboutissent : se faire frapper par l’une d’elles et se blesser lors de la manutention. Pour éviter les collisions avec les poches, plusieurs op­ tions sont possibles. Il faut privilégier les dispositifs qui verrouillent automatiquement les accès aux chutes sur les étages dès qu’une personne pénètre dans l’aire de récep­ tion. De cette manière, il est possible de manœuvrer de

Dans tous les cas, il faut éviter l’arrivée directe des

façon sécuritaire sous ou à proximité de la chute. Un dis­

poches du conduit vertical sans aucun dispositif de ralen­

positif dont la commande doit être actionnée manuelle­

tissement. Concevoir plutôt une sortie horizontale ou, en­

ment par la personne présente peut aussi être un choix

core, des déflecteurs pour stopper partiellement la des­

intéressant. Cependant, ce système est moins fiable puis­

cente. S’impliquer directement dès la phase de conception de

qu’il exige un geste du travailleur. Pour ce qui est de la manutention des poches, différentes

la chute à linge dans les projets de construction permet

stratégies s’appliquent, selon que le linge est traité dans

d’éviter que seuls les critères du Code du bâtiment soient

l’établissement ou par un fournisseur de service externe.

pris en considération, et que des risques et des coûts de

Idéalement, il faut éviter toute manutention des poches.

ré­fection surviennent par la suite.

Leur réception directement dans des chariots est l’option

Une grande partie des risques peuvent être éliminés ou

la plus intéressante si le linge demeure sur place pour

réduits par des réaménagements et des systèmes de con­

ensuite être transporté à la buanderie et si du personnel

trôle adéquats. Les conseillers de l’ASSTSAS peuvent vous

remplace les chariots pleins au moment opportun.

accompagner pour définir avec vous les meilleures op­

Si la réception dans des chariots n’est pas applicable, il faut opter pour un concept qui facilite la manutention des

tions d’aménagement. N’hésitez pas à communiquer avec nous. K

poches. La pire situation serait de laisser les poches s’ac­ cumuler sur le sol, d’autant plus que cela forme des amas

Références

importants (photo 2)

CNRC. Code national du bâtiment, Canada, 2005, volume 1, division B, partie 3.

La photo 3 montre la réception sur une table d’une

ASSTSAS. Chutes à linge, webinaire (asstsas.qc.ca/webinaire-2013-004).

hauteur facilitant la saisie des poches, ce qui améliore les conditions de manutention. L’utilisation d’un convoyeur est aussi une option intéressante (photo 4).

3. Entrée horizontale des poches avec réduction de la vitesse d’arrivée et réception sur une table pour favoriser une manutention sécuritaire vers les chariots de transport.

4. Convoyeur pour récupérer les poches de linge à la réception de la chute et les acheminer au chariot de transport.

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R i s q u e s

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Au laboratoire : travailler avec ou sans gants ? Sylvain LeQuoc slequoc@asstsas.qc.ca

Le port de gants est un sujet souvent discuté dans les laboratoires médicaux. Pour les interventions où un contact direct avec un liquide biologique peut survenir, il semble évident, pour la plupart des technologistes, que le port de gants est de mise.

Q

u’en est-il pour les situations comprenant la

Les chercheurs ont comparé le niveau de contamination des mains de 12 technologistes médicaux séparés en deux groupes.

manipulation de cultures bactériennes ? S’il n’est pas nécessaire d’ouvrir le contenant de spécimen, porter des gants réduit-il le risque de contamination des mains par certains agents pathogènes retrouvés au laboratoire ?

Organisation mondiale de la santé2

Consultation documentaire

• Les gants de type chirurgical certifiés de qualité micro-

Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons

biologique, en latex, PVC ou polyacrylonitrile sont très

consulté quelques ouvrages de référence.

utilisés pour les travaux de laboratoire en général, comme pour la manipulation d’agents infectieux ou de

Norme canadienne sur la biosécurité1 • Des gants doivent être portés lors de la manipulation de matières infectieuses, de toxines ou d’animaux infectés.

sang et de liquides organiques contaminés. • Dans la mesure du possible, il faut porter des gants chaque fois que l’on manipule du matériel présentant

• Le port de gants appropriés (ex. : latex, nitrile, vinyle)

un risque biologique. Toutefois, cette mesure ne remet pas

pro­tège le personnel contre l’exposition et prévient la

en cause la nécessité, pour le personnel de laboratoire,

propagation de la contamination par les mains.

de se laver les mains régulièrement et convenablement. Le lavage des mains est indispensable lorsque l’on a ma­ nipulé des animaux ou du matériel présentant un risque biologique ou, encore, avant de quitter le laboratoire.

Société canadienne de science de laboratoire médical (SCSLM)3 • Avoir recours aux pratiques de base en manipulant des échantillons de sang. Avec des gants contaminés, ne pas toucher les objets propres, par exemple, le clavier de l’or­di­nateur, les outils de pointage, les poignées de porte ou le téléphone. • Il faut porter des gants pour manipuler les échantillons, les cultures ou les tissus susceptibles d’être infectieux. • Il faut porter des gants pour manipuler des produits bio­ OP

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R i s q u e s

b i o l o g i q u e s

logiques, lorsqu’il y a exposition possible à des liquides

Ce qu’il faut surtout retenir, ici, c’est l’efficacité du lavage des mains.

biologiques ou risque de coupures, pour le travail avec certains produits chimiques, pour nettoyer l’équipement possiblement contaminé. Un consensus se dégage : le port de gants est indiqué lorsqu’il y a manipulation d’échantillons susceptibles d’être

Afin de préciser la nature des agents pathogènes à

infectieux et le lavage des mains doit tout de même se faire.

analyser dans les prélèvements recueillis sur les mains des technologistes, les chercheurs ont effectué plus de 120

Les risques de contamination

prélèvements sur différentes surfaces de travail (clavier,

Pour apporter encore un peu plus d’éclairage sur les

téléphone, comptoir, etc.). Deux types de bactéries se sont

retombées du port de gants, référons-nous à un article

avérés plus présents dans les échantillons : Staphylococ-

publié en

20114.

Les chercheurs ont comparé le niveau de

contamination des mains de 12 technologistes médicaux

cus aureus résistant à la méthicilline (SARM) ainsi que des bactéries de la famille des Enterobacteriaceæ.

séparés en deux groupes. Dans le premier groupe de huit,

Gants et lavage des mains

les gants étaient portés de façon fréquente au laboratoire. Dans le second groupe, les quatre technologistes ne portaient pas de gants, sauf si c’était nécessaire.

Les gants protègent-ils plus les technologistes médicaux ? Il semble que le port de gants protégerait davantage

Pendant un mois, plusieurs prélèvements ont été effec­

les technologistes contre certains agents pathogènes tel le

tués, et ce, à la même séquence. Dans un premier temps,

SARM, le microorganisme le plus fréquemment retrouvé

un prélèvement était effectué avant le début du quart de

sur les surfaces de travail

travail dans le laboratoire de microbiologie. Après 2,5

échantillonnées. Toutefois, ce

heures de travail, les technologistes qui portaient des gants

phénomène n’a pas été re-

étaient invités à les retirer. Un deuxième prélèvement avait

marqué pour les entérobac-

alors lieu avant le lavage des mains et un troisième, après

téries dont la présence a été

le lavage des mains.

notée autant chez les technologistes qui portaient des gants que chez ceux qui n’en

Prélèvements d’échantillons sur les mains des technologistes médicaux

portaient pas. En contrepartie, le nombre total de bactéries s’est avéré plus impor-

Avant L’entrée au laboratoire Avec gants

SANS gants

tant chez les technologistes

Aucune contamination au SARM ou aux entérobactéries

Aucune contamination au SARM ou aux entérobactéries

qui portaient des gants. Ce qu’il faut surtout retenir, ici, c’est l’efficacité du lavage des mains. Il appert que cette mesure a éliminé la

>

2,5 h de travail

présence de SARM et d’entérobactéries sur les mains de tous les technologistes médicaux ayant participé à l’étude.

Avant le lavage des mains

Le constat est donc le suivant : avec ou sans gants, le lavage

Avec gants

SANS gants

• SARM détecté sur 1 des 51 échantillons • Entérobactéries détectées sur 3 des 51 échantillons • Total des bactéries : +++

• SARM détecté sur 6 des 20 échantillons • Entérobactéries détectées sur 2 des 20 échantillons • Total des bactéries : +

APRÈS le lavage des mains Avec gants

SANS gants

• Aucune contamination au SARM ou aux entérobactéries • Total des bactéries : 50 % des échantillons sous le seuil de détection

• Aucune contamination au SARM ou aux entérobactéries • Total des bactéries : 50 % des échantillons sous le seuil de détection OP

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des mains demeure incontournable pour tous les technolo­ gistes de laboratoire. K Références 1. AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA. Normes canadienne sur la biosécurité pour les installations où on manipule ou entrepose des agents pathogènes qui touchent les humains et les animaux terrestres, et des toxines, 2e édition, 2015. 2. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ. Manuel de sécurité biologique au laboratoire, 3e édition, 2005. 3. SCSLM. La sécurité au laboratoire, 6e édition, 2006. 4. Ng, L.S.Y. et al., “Bacterial Contamination of Hands and the Environment in a Microbiology Laboratory”, Journal of Hospital Infection, 78 (2011) 231-233. NO 3

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E r g o n o m i e

TMS : le cas des techniciens ambulanciers paramédicaux Claire Thivierge Prévention au travail, CNESST

Cet article a été publié dans la revue Prévention au travail (été 2017).

Ils prodiguent les premiers soins aux blessés, secourent des malades qui sont parfois dans un état critique et sauvent des vies. Ils font chaque jour face à la maladie dans des contextes toujours différents et des conditions climatiques et physiques parfois difficiles et se retrouvent souvent devant des situations imprévues.

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la fois soignants, intervenants psychoso­

À la fois soignants, intervenants psychosociaux et manutentionnaires, ils évacuent les patients en les transportant sur une civière, qu’ils doivent guider sans flancher dans un parcours, par moments, malaisé.

ciaux et manutentionnaires, ils évacuent les patients en les transportant sur une civière, qu’ils doivent guider sans flancher dans un parcours, par moments, malaisé.

Les techniciens ambulanciers paramédicaux (TAP) subis­ sent ainsi davantage de lésions professionnelles – dont près de 60 % résultent d’un effort excessif ou d’une réaction à un mouvement inadéquat –, et prennent leur retraite plus tôt que les autres travailleurs, incluant ceux du milieu de la

qui dicte le choix des soins à lui donner et le code de prio­

santé. Pourtant, aucune étude n’avait à ce jour documenté

rité de son transport vers le centre hospitalier. Bien que

sur le terrain les facteurs de risque auxquels ils sont expo­

certains cas leur accordent une latitude décisionnelle,

sés. Sous la direction de Philippe Corbeil, c’est ce qu’ont

lorsqu’il s’agit d’une réelle urgence, un arrêt cardiaque ou

fait des chercheurs du Département de kinésiologie de

un trauma grave, par exemple, « là, tout explose, poursuit

l’Université Laval et de l’IRSST, en observant 101 TAP à l’œuvre durant 175 quarts de travail pour décrire l’exer­cice de leur métier et quantifier leur exposition aux risques de troubles musculosquelettiques (TMS). « Ce travail comporte des situations vraiment exigeantes où le travailleur risque de développer un TMS, dit d’emblée Philippe Corbeil. La variation que nous avons constatée sur le terrain n’était pas bien documentée dans la littérature. Il n’y a jamais deux situations pareilles. L’état du bénéfi­ ciaire, le lieu de l’intervention, l’environnement sont chaque fois différents. De plus, la notion d’urgence colore l’inter­ vention et le risque. Les protocoles de soins bien minutés créent une pression, même si nous avons évalué que 80 % des situations sont non urgentes. » Ces travailleurs doivent néanmoins prendre sur-le-champ des décisions cruciales et c’est l’état de santé du patient OP

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Ce travail comporte des situations vraiment exigeantes où le travailleur risque de développer un TMS. Retoucher le portrait Après avoir dressé le portrait du métier d’ambulancier, l’équipe de recherche a ciblé trois pistes de prévention. La première consiste à prévenir les risques à la source, en revoyant d’abord l’habitacle du véhicule. « À l’image des le chercheur, la charge de travail, les postures contrai­ gnantes, la force excessive, la pression temporelle, l’effort mental, tout devient exacerbé ». Et comme les TAP doivent en tout temps assurer la sécurité et le confort du patient, ils peuvent aller jusqu’à épandre des abrasifs ou déneiger les voies de sortie lorsque la nature se mêle de compliquer les choses. Les ambulanciers travaillent en équipe de deux : un TAP donne les soins au patient tandis que l’autre prépare le matériel d’évacuation et conduit le véhicule. En alternant ces rôles d’une intervention urgente à l’autre, ils peuvent réduire leur exposition aux facteurs de risque. « Imaginons un bénéficiaire étendu au sol, inconscient, dit Philippe Corbeil. Le TAP doit le stabiliser en appliquant la procédure clinique pour s’assurer que tous ses signes vitaux sont bien contrôlés avant de le déplacer. Cela représente une grande charge de travail mental, en plus de postures con­ traignantes. Pendant ce temps, son collègue s’active et même s’il adopte lui aussi des postures contraignantes, elles ne sont pas statiques, il reste en mouvement. En pré­ sence de la famille ou de proches, il va souvent créer une “ bulle ”, comme un écran, afin d’assurer les meilleures conditions pour que son coéquipier prodigue les soins au patient avec toute la concentration nécessaire. » Le cher­ cheur souligne qu’il s’agit là d’un autre aspect de la rela­ tion de soins, psychologique celui-là, avec la tension et le stress qui en découlent.

postes de travail dans les bureaux, les composantes de celui de l’ambulance devraient être ergonomiques et ajustables. Ainsi, les TAP assignés aux soins n’adopteraient pas tant de postures contraignantes », témoigne Philippe Corbeil. S’il est impossible d’intervenir sur les risques que présentent les lieux où se trouvent les patients, on pour­ rait en revanche – et c’est la deuxième piste de prévention – améliorer les équipements, notamment la civière-chaise pour faciliter les montées d’escalier et le passage d’ob­s­ tacles, sans oublier la planche dorsale, difficile à manier dans les escaliers et les cadres de portes. « Éviter le sou­lè­ vement de la civière et de la civière-chaise soulagerait les travailleurs de l’effort excessif. Un soulèvement de moins, c’est un risque de moins. » En troisième lieu, en plus de ses connaissances clini­ques et de la maîtrise des principes de déplacement sécuritaire du bénéficiaire (PDSB), un TAP a tout avantage à posséder les habiletés requises pour analyser les situations ainsi que des habiletés à communiquer et à diriger afin que soit appliqué le plus sécuritaire des scénarios d’évacuation pos­ sible. « Il est important que les ambulanciers développent ces compétences en continu, avec différents coéquipiers, dans une diversité de mises en situation réalistes et à l’aide d’une rétroaction juste », affirme Philippe Corbeil. Finale­ ment, les TAP ont aussi une responsabilité individuelle à l’égard de leur propre sécurité. « On a vu des situations où le déplacement d’un patient en fort surplus de poids les

RÉFÉrences CORBEIL, Philippe, et al. Mesure de l’exposition du technicien ambulancier paramédical aux facteurs de risque de TMS, Rapport R-944, 108 p. (irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100906/n/exposition-technicien-ambulancierparamedical-troubles-musculosquelettiques). CORBEIL, Philippe. Le travail du technicien ambulancier paramédical : comprendre les risques pour prévenir les troubles musculosquelettiques, DS-958, 30 p. (irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100925/n/ambulancier-paramedical-risques-prevenir-troubles-musculosquelettiques). OP

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Illustrations : Jacques Perrault – © CNESST

poussait près de leurs limites », constate le chercheur. K


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Lits d’hôpitaux : toujours des risques de piégeage

Maux de dos chez les ambulanciers : un mal non nécessaire

Tous les lits d’hôpitaux sont visés par un nouvel avis de Santé Canada paru en avril dernier.

Les techniciens ambulanciers paramédicaux (TAP)

De fait, des incidents concernant le piégeage de pa­

sont, parmi les travailleurs de la santé, ceux qui optent

tients continuent d’être rapportés. Entre l’avis précédent

le plus tôt pour la retraite. À ces derniers, s’ajoutent

publié en août 2012 et mars 2017, 58 patients, dont 11

ceux qui ont quitté précocement la profession pour un

sont décédés, ont été piégés dans leur lit d’hôpital.

autre emploi avec des tâches moins exigeantes phy­ siquement.

SANTÉ CANADA. Lits d’hôpitaux - Risque de piégeage des patients, avril 2017 (http://canadiensensante.gc.ca/recall-alert-rappel-avis/hc-sc/2017/ 62960a-fra.php).

Comment retenir cette précieuse main-d’œuvre ? Explo­ rer davantage les facteurs de risque de troubles musculo­ squelettiques (TMS), en étudiant ce qui se passe concrète­ ment sur le terrain des TAP, s’avère sans doute la première des démarches à effectuer. Une équipe de chercheurs de l’IRSST a donc réalisé une étude sur le contexte de travail des TAP et quantifié leur exposition aux nombreux fac­teurs de risque de TMS qui jonchent leur parcours professionnel. CORBEIL, Philippe, et autres. Mesure de l’exposition du technicien ambulancier paramédical aux facteurs de risque de troubles musculosquelettiques, Montréal, Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail, 2017, xi, 109 p. (Rapports scientifiques; R-944) (http:// www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-944.pdf?v=2017-06-14). Illustration : iStock.com

Synthèse vidéo : (http://www.irsst.qc.ca/publications-et-outils/video/i/100344/ n/technicien-ambulancier-paramedical).

Les ampoules DEL : dangereuses pour la vision ? Pour des raisons d’économie d’énergie, les ampoules DEL remplacent maintenant les ampoules à incandes­ cence. Toutefois, il semble bien que cela ne comporte pas que des avantages. La lumière bleue peut-elle induire chez l’humain, comme Illustration : Jacques Perrault © CNESST

chez le rat, la mort des cellules rétiniennes et ainsi favo­ri­ ser la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ? Une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), en France, a étudié cette question. INSERM. Les LED, pas si inoffensives que ça..., 4 janvier 2017 (https:// www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/les-led-pas-siinoffensives-que-ca).

abonnez-vous au blogue ! Pour être informé chaque mois des publications récentes en SST, RENDEZ-VOUS au Coin de la documentaliste de l’ASSTSAS : asstsascoindoc.wordpress.com OP

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Les troubles musculosquelettiques

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à ATTEINDRE Le colloque de l’ASSTSAS constitue une occasion de ressourcement professionnel pour les intervenants en SST du secteur. Cet événement permet la validation de vos actions et de vos projets de prévention, sans oublier l’échange d’idées et d’ex­ périences avec des personnes passionnées par la SST. Ce dossier d’OP offre un résumé des ateliers de l’édition 2017 qui avait pour cible la prévention des troubles musculosquelettiques. Bonne lecture ! L’équipe d’organisation du colloque

Michel Bigaouette

Josianne Brouillard

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LA CIBLE


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Le colloque 2017 : une réussite ! Michel Bigaouette mbigaouette@asstsas.qc.ca

L’édition 2017 dU colloque de l’ASSTSAS, TMS : la cible à atteindre !, A ÉTÉ un franc succès. Avec plus de 400 participants, le taux de satisfaction A atteint 93 %. Le programme a été diffusé à Saguenay, à Lévis, à Mirabel et à Longueuil.

Simulation d’un déplacement à risque par les maîtresformateurs PDSB de l’ASSTSAS.

Nous voulions que cet événement soit une occasion de ressource­ ment professionnel pour les participants, de validation de leurs ac­ tions et de leurs projets de prévention, sans oublier l’échange d’idées et d’expériences avec des personnes passionnées par la SST.

Une problématique majeure Selon la CNESST, il y a eu, en 2014, 12 600 lésions dans notre réseau. Parmi elles, plus de 6 000 sont des TMS. Elles représentent près d’une lésion indemnisée sur deux. Dans les établissements, le portrait est inquiétant : • personnel de soins : 58 % de ces lésions • 8 victimes sur 10 sont des femmes • âge moyen : 41 ans • les 3/4 de ces lésions se situent au dos, au cou ou aux épaules COLLOQUE 2017

Six conférences

par des préventionnistes d’expérience

• entorses, foulures, déchirures musculaires ou ligamentaires, tendi­ nites, en majorité causées par des efforts excessifs et des réactions du corps. Les TMS ont fait perdre plus de 170 000 jours de travail direct auprès des clients en 2014, soit l’équivalent de 1 275 000 heures de soins. L’année 2014 est comparable aux années précédentes. Les TMS chez le personnel soignant sont un problème majeur et récurrent, et ce, depuis des décennies. La CNESST et le MSSS se joignent à l’ASSTSAS pour inciter les éta­blissements à prendre les mesures nécessaires pour prévenir les TMS, diminuer le nombre de lésions ainsi que les coûts humains et financiers. Nous vous informerons des développements à ce sujet. K

• User de son influence auprès des décideurs • Bâtir un argumentaire financier pour inciter à la prévention

Rendez-vous 2018

• Communiquer pour mieux prévenir

Connaissez-vous les risques dans votre milieu de travail ?

• Trouver les obstacles et les leviers pour appliquer les PDSB • Dresser le diagnostic des facteurs de risque de TMS lors de la manutention et des soins aux clients

Québec | 25 avril | Hôtel Le Bonne Entente

• Réfléchir autrement à la sécurité lors d’assistance physique auprès des bénéficiaires

Montréal | 8 mai | Hôtel Omni Mont-Royal Surveillez l’édition de décembre d’OP et le site Internet pour en savoir plus

Actes du colloque (asstsas.qc.ca/colloque2017-2)

Les TMS ont fait perdre plus de 170 000 jours de travail direct auprès des clients en 2014, soit l’équivalent de 1 275 000 heures de soins. OP

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Communiquer pour mieux prévenir les TMS Josianne Brouillard jbrouillard@asstsas.qc.ca

En prévention des troubles musculosquelettiques (TMS), de multiples moyens peuvent être mis en place pour réduire les risques d’accident. Il peut s’agir d’équipements, de mé­ thodes de travail, de formations, de procédures ou d’amé­na­ gement des lieux. Parmi ces divers moyens, vous arrive-t-il de considérer la communication du risque à vos collègues ?

Communiquer un risque Vous avez observé que votre collègue a déplacé une cliente, de son lit au fauteuil, sans plier les genoux. Est-ce facile pour vous de prendre quelques instants avec lui pour exprimer votre crainte de le voir se blesser ? Pour bien des gens, réaliser une rétroaction constructive auprès d’un collègue s’apparente à monter le Kilimandjaro. Lorsque nous ques­ tionnons ces personnes pour mieux comprendre leur appréhension, voici quelques motifs évoqués. • Ce n’est pas de mes affaires ! • J’appréhende la réaction de mon collègue. • Je ne sais pas comment lui dire pour que « ça passe bien ». • Pas le temps de m’occuper de ça ! En effet, bien souvent, nous craignons que notre collègue nous démontre, de manière plutôt directe, qu’il sait comment travailler, que ça ne nous regarde pas et, en fin de compte, qu’il nous dise de nous mêler de nos affaires. Évidemment, cette réaction est possible. Il existe toutefois des moyens pour favoriser l’ouverture de votre collègue aux propos que vous voulez bien lui tenir.

Ce que vous avez observé Lorsque vous devez communiquer un risque à un collègue, vous avez tout intérêt à utiliser des principes de communication qui favo­ risent l’ouverture, l’échange d’idées ou l’écoute. Moment

Le moment auquel vous intervenez auprès de votre collègue aura une grande influence sur sa capacité d’écoute et son ouverture. Pour cette raison, il est préférable de choisir un moment où l’autre est dis­ posé non seulement à vous entendre, mais à vous écouter. Pour ce, il faudra éviter des situations où le collègue est occupé avec une cliente ou préoccupé par une quelconque situation. Lieu

Le lieu choisi doit vous permettre d’échanger dans le calme et de manière confidentielle. Rares sont les personnes qui aiment être interpellées sur leur façon de travailler en présence de collègues, de clients ou de visiteurs, surtout si les propos reflètent une critique, même constructive. Intention face à l’autre

L’intention de votre intervention vous guidera dans le choix de vos mots. De façon inconsciente, elle influencera votre langage non verbal. Bref, dans quel but souhaitez-vous communiquer un risque à votre collègue ? Est-ce dans un objectif de bienveillance, de surveillance, d’entraide ? Si votre intervention est dictée par la bienveillance, cela se percevra. L’inverse est aussi vrai.

Pour bien des gens, réaliser une rétroaction constructive auprès d’un collègue s’apparente à monter le Kilimandjaro. OP

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Si votre intervention est dictée par la bienveillance, cela se percevra. L’inverse est aussi vrai. Choix des mots

Employez des mots qui éviteront de mettre l’autre sur la défensive. Pour cette raison, il importe de s’adresser à lui en utilisant le « je » et de faire une observation avec des faits. Par exemple : « Isabelle, ce matin j’ai observé la façon dont tu as soulevé Mme Gilbert de son lit au fauteuil. Si j’ai bien observé, tes genoux n’étaient pas fléchis et je crains pour ton dos… ». Non-verbal

L’expression, le regard, les traits du visage sont mieux accueillis s’ils reflètent la bienveillance, le respect, le non-jugement envers l’autre. D’où la nécessité d’intervenir de bonne foi. Vous pourrez alors évoquer votre crainte que l’autre se blesse. Toutefois, si votre intention est de mettre en défaut, votre non-verbal pourra vous jouer des tours... L’autre n’est pas dupe !

La réaction de l’autre Bien que vous utilisiez toutes les conditions d’une communication saine, est-il possible, malgré tout, que l’autre demeure fermé à une rétroaction constructive ? Bien sûr que oui ! Vous pouvez choisir comment vous intervenez et dans quel but. La réaction de l’autre lui appartient. Pour autant, devez-vous vous abstenir d’intervenir si vous observez un risque de blessure ? Non, car si vous croyez réellement à la prévention et à l’importance de la bienveillance des uns envers les autres, intervenir auprès de l’autre n’est que la démonstration de ces valeurs. K

Pour favoriser la discussion sur un sujet délicat, choisir un endroit calme où il est possible d’échanger en privé.

(Simulation) Vous observez une situation à risque pour la SST. Comment la communiquer à vos collègues ?

Vous pouvez choisir comment vous intervenez et dans quel but. La réaction de l’autre lui appartient.

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Réaliser le diagnostic des TMS liés aux déplacements de clients Louise Bélanger lbelanger@asstsas.qc.ca

La prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) dans le réseau de la santé et des services sociaux a été ciblée comme priorité par la CNESST. Comme les déplacements de clients sont bien souvent la cause première de ces lésions, il est essentiel de posséder un plan d’action adapté à votre situation pour venir à bout du problème. Cet article vous propose une démarche pour y arriver. Lorsqu’on pense aux accidents liés aux déplacements de clients, le premier moyen de prévention qui vient à l’esprit consiste, souvent, à donner de la formation PDSB. Est-ce toujours la solution appropriée ? Avant de déterminer le plan d’action à mettre en place, il est primordial d’établir le bon diagnostic pour vous assurer que les solutions sont adaptées aux problèmes à l’origine des accidents.

Première étape : analyser le registre d’accidents À partir de votre registre d’accidents du travail (avec et sans perte de temps), sélectionnez l’ensemble des accidents liés aux déplacements de clients et aux clients non collaborateurs. Selon les catégories de votre base de données, ces accidents peuvent être enregistrés sous différents termes (tableau 1). Il faudra valider vos informations avec les descriptifs ou les enquêtes d’accidents et retirer les événements qui ne sont pas pertinents.

Deuxième étape : classer les accidents en cinq catégories Par la suite, classez les accidents retenus en cinq catégories qui représentent les scénarios les plus fréquents d’accidents dans le réseau (tableau 2). Vous pourrez alors établir les accidents les plus fréquents ou, encore, les plus graves qui génèrent le plus de lésions indemnisées afin de déterminer vos priorités d’action. 1. Exemples de termes indiqués dans les bases de données d’accidents du travail (catégories « genre d’accident » ou « type de contact ») Déplacement du client

Client non collaborateur

• déplacement du client • usager-mobilisation • usager-éviter la chute • effort excessif • etc.

• agression • agression physique • frappé par • morsure • etc.

Il est primordial d’établir le bon diagnostic pour vous assurer que les solutions sont adaptées aux problèmes à l’origine des accidents. OP

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2. Cinq catégories d’accidents liés aux déplacements de clients Catégories

Descriptifs

Règles de l’art du déplacement

Déplacement entre 2 surfaces assises

Lorsque la mise en charge du client • Procéder à l’évaluation préalable de l’état du client pour déterminer la est utilisée pour le déplacer entre deux méthode de transfert positions assises • Effectuer le transfert manuel seulement si le client peut pivoter et faire 2-3 Lorsque le client est maintenu en petits pas position debout pour un soin (changer • Sinon, utiliser des équipements selon le niveau d’assistance : verticalisateur la culotte, toilette partielle au lavabo, non motorisé, levier à station debout motorisé, lève-personne mobile au sol, etc.) lève-personne sur rail

Assistance à la marche et lors d’une chute

Lorsque le client effectue quelques pas • Procéder à l’évaluation préalable de la capacité de marche du client pour déterminer l’auxiliaire de marche et le niveau de supervision requis Lorsque les événements sont liés au fait de retenir un client qui chute • Déterminer le risque de chute du client Lorsqu’il faut relever un client qui a chuté

• Porter des chaussures adéquates • Assurer un environnement dégagé, un éclairage adéquat, la présence de rampes, de barres d’appui • Disposer de ceintures de marche • Connaître le protocole post-chute avec équipements

Mobilisation de surface

Lorsque le client est mobilisé dans le lit (repositionnement, transfert couché à assis, etc.) Lorsque le client est mobilisé entre deux surfaces (ex. : du lit à la civière)

• Fournir des équipements pour faciliter l’autonomie du client (trapèze, banc de poussée, Bed Helper, barre plafond-plancher, etc.) • Avoir des surfaces de glissement pour réduire la friction • Avoir des lits électriques ajustables qui facilitent les transferts (demi-ridelles, fonction Trendelenburg, panneau de tête amovible, balance intégrée, etc.) • Avoir des équipements pour les transferts du lit à la civière (planche de transfert, Samarit, matelas à air, etc.) • Avoir des équipements adaptés pour la clientèle obèse

Client non collaborateur

Lorsque le soignant est en intervention • Savoir communiquer (parole, regard, geste) directe pour un soin et qu’il n’obtient • S’assurer de la collaboration du client avant de donner un soin ou pas la collaboration du client, que d’effectuer un transfert celui-ci devient agressif • S’adapter aux réactions du client Lorsque le patient résiste, force contre le soignant, présente des gestes agres- • Laisser le patient effectuer ce qu’il peut faire lui-même sifs, pince, serre, frappe • Respecter le sommeil du client • Fournir un environnement calme et adapté

Autre

Événements qui n’entrent pas dans les quatre autres catégories ; peuvent être liés à l’équipement défectueux, au repositionnement au fauteuil, à la manipulation d’équipements (lit, civière), aux soins d’hygiène, à l’habillage, etc.

• Effectuer l’entretien préventif des équipements • Disposer d’équipements adaptés pour les soins d’hygiène (chaise de douche ajustable, civière-douche) • Avoir un processus de déclaration des situations dangereuses connu de tous • Procéder aux enquêtes d’accidents • Maintenir l’environnement dégagé

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Pour assurer une implantation et un suivi de la démarche, il est important que les gestionnaires de soins soient au courant des règles de l’art du déplacement sécuritaire. Pour une action efficace

Pour chacun des cinq scénarios, il existe des conditions de base à respecter afin de diminuer les risques d’accident. Ces règles de l’art (tableau 2) touchent les différents éléments de la situation de travail (personne, temps, tâche, environnement, équipements, pratiques orga­ nisationnelles). La comparaison entre votre situation actuelle et les conditions requises pour chacune des catégories vous permettra de découvrir et de combler les lacunes.

Quatrième étape : élaborer le plan d’action Le plan d’action repose sur le diagnostic posé non seulement en ce qui concerne le scénario le plus fréquent, mais également en ce qui a trait aux lacunes constatées par rapport aux règles de l’art du déplacement. Certaines tâches à risque associées à une clientèle particulière (ex. : clients en or­ thopédie ou polytraumatisés) peuvent ne pas être couvertes par les règles de l’art des cinq grandes catégories. Vous devrez, sans doute, les analyser plus en profondeur pour trouver la solution appropriée.

La démarche de diagnostic des TMS liés aux déplacements des clients permet d’avoir une vision globale des risques les plus fréquents. Ainsi, vous pourrez structurer vos interventions dans le temps et investir à la bonne place afin d’être efficace. Cependant, pour assu­ rer une implantation et un suivi de la démarche, il est important que les gestionnaires de soins soient au courant des règles de l’art du déplacement sécuritaire. À cet effet, l’ASSTSAS a développé la formation Prévention des TMS lors des déplacements de clients. Faites appel à nos services, nous pouvons vous accompagner dans vos efforts de prévention. K RÉFÉRENCES Dresser le diagnostic des TMS reliés à la manutention de clients dans son organi­ sation. Actes du colloque 2017 (asstsas.qc.ca/colloque2017-5). Plan d’action en SST. Guide de prévention (asstsas.qc.ca/gp73). Programme de prévention des TMS chez le personnel soignant, 2011, 187 p. (asstsas. qc.ca/programme-tms)

Formation

Prévention des TMS lors des déplacements de clients

Dans votre établissement, des soignants se blessent lorsqu’ils aident des clients à se déplacer ? Vous avez un rôle d’encadrement et vous voulez mieux connaître les règles de l’art d’un déplacement sécuritaire ? Vous souhaitez être mieux outillé pour prévenir ce type d’accident ?

Cette formation est pour vous

asstsas.qc.ca/formation-tms-deplacements

Durée : 1 journée OP

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Illustrations : Peggy Messing

Troisième étape : comparer avec les règles de l’art


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Appropriation et application des PDSB par les préposés François Aubry

Isabelle Feillou

Professeur, département de travail social, Université du Québec en Outaouais francois.aubry@uqo.ca

Ergonome et agente de planification, de programmation et de recherche, CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal isabelle.feillou.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca

PDSB

une formation destinée à l’ensemble des membres de l’équipe de soins, afin de prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS).

Un rapport de recherche récemment soumis à l’IRSST (Aubry, et al., soumis) aborde la question des obstacles et des le­ viers à l’appropriation et l’application des Principes pour le déplacement sécuritaire des bénéficiaires (PDSB) par les préposés aux bénéficiaires (PAB) dans les CHSLD.

Catégorie professionnelle fragilisée en SST Les préposés doivent réaliser l’ensemble des activités d’assistance auprès des résidents en forte perte d’autonomie dans les CHSLD (aide au repas, à l’alimentation, à l’hygiène, etc.). Ils forment une catégorie d’emploi très fragilisée sur le plan de la santé psychologique (Aubry, et al., 2015). En effet, le ratio d’absentéisme des préposés a été de 8,23 % en assurance salaire en 2015-2016 pour l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux. Cette fragilité est majeure aussi sur le plan de la santé physique compte tenu, notamment, des taux importants de TMS. Selon les données de Bédard (2016), 30 % des lésions professionnelles dans le secteur « santé et services sociaux » sont subies par des préposés, soit la catégorie la plus touchée par ces problèmes. La majorité des lésions sont des TMS (57,7 %), surtout en CHSLD. Les efforts excessifs constituent le facteur le plus important causant des lésions professionnelles (32,8 %), surtout en ce qui concerne l’assistance auprès des résidents (1 cas sur 2) et les gestes et postures des travailleurs (1 cas sur 3). Travailler avec des résidents peut conduire, alors, à des risques de manipulation difficile et, ainsi, à des TMS.

L’un des problèmes cruciaux vécus par les PAB concerne l’in­ten­ sification de la charge de travail. Cloutier, et al. (2006) ont démontré que la charge de travail et la précarité (par exemple, le fait de travailler à temps partiel et de multiplier les milieux de travail) sont des facteurs centraux pouvant occasionner des situations dans lesquelles des PAB risquent des blessures ou des accidents. Ces auteurs ont prouvé également que ces travailleurs – surtout les expérimentés – utilisent des stratégies spécifiques, afin de répondre aux exigences de production (qualité et quantité) tout en cherchant à réduire les risques d’accident, d’erreur ou de débordement. Certaines d’entre elles sont nommées « stratégies de régulation des temporalités », par le fait que les PAB tentent de maîtriser au maximum l’usage du temps dans le cadre de leurs activités. À ce titre, la présence d’un espace/temps de discussion est nécessaire pour que la conformité, l’efficacité et la moralité de ces stratégies puissent être discutées collectivement.

Formation appréciée, mais pas prioritaire Si la majorité des PAB mentionnent que la formation PDSB est im­ portante pour eux, ils insistent sur les difficultés à la mettre en œuvre, par manque de temps. Devant les exigences relatives à la charge de travail et à la qualité des pratiques envers les résidents, l’application des PDSB n’est pas perçue comme une priorité. De fait, nous avons remarqué une grande variation des PDSB entre PAB, d’une part, ou entre deux soins réalisés par un même PAB, d’autre part.

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Si une telle variation est normale compte tenu de la diversité des situations de travail, nous remarquons que l’appréciation du manque de temps par le PAB a des conséquences sur le niveau d’application des PDSB. Nous avons également noté un faible nombre de situations de discussion sur les PDSB, sauf lors des accidents et des présences d’agents de suivi ou de préventionnistes.

Orientation et apprentissage des rythmes de travail La phase d’orientation des nouvelles recrues a aussi été particulièrement féconde d’enseignements. Nous avons vu que cette phase est complexe, du fait que les PAB expérimentés ne sont, souvent, pas libérés pour l’orientation des recrues. Il existe alors un manque d’es­ pace et de temps entre la recrue et l’expérimenté pour assurer la transmission des savoirs. De plus, le contenu des savoirs discutés lors de cette courte phase porte davantage sur les rythmes de travail plutôt que la SST ou le respect des PDSB. Cette formation demeure périphérique à la transmission des savoirs. Afin de finir dans les temps, les PAB vont davantage transmettre et utiliser des stratégies spécifiques, comme employer un souleveur seul (alors que la norme d’établissement peut être le duo), donner à manger à deux résidents en même temps, réduire son temps de pause, etc. Ces stratégies visent la régulation des temporalités davantage que la prévention des TMS.

Infirmières et chefs d’unité Les infirmières et les chefs d’unité n’ont pas démontré une grande connaissance des PDSB. Cela a un impact majeur parce que les infirmières obligent les PAB à respecter des balises temporelles spécifi­ques

La recherche Objectif : comprendre si les stratégies de régulation des temporalités créées et utilisées par les PAB contraignent l’appropriation et l’application des PDSB Hypothèse : il existe des balises temporelles imposées par l’équipe de soins (notamment les infirmières) et les autres secteurs du CHSLD (loisirs, alimentation, etc.) Méthodologie : l’étude s’est déroulée entre 2014 et 2016 dans 3 CHSLD de 3 CISSS et CIUSSS différents • 22 entrevues avec différents intervenants (PAB, infirmières auxiliaires, infirmières, chefs d’unité, gestionnaires, préventionnistes) • observation des PAB durant 91 heures • 6 entrevues en auto-confrontation

Contexte dans le réseau de la santé et des services sociaux Caractéristiques générales

Précarité

Personnel vieillissant

Enjeu de rétention

PAB au Québec : environ 40 000

La plupart des PAB travaillent à « temps complet » (68,9 %)

Âge moyen des PAB : 42,7 ans, en 2015-2016

Faible taux de rétention des PAB : 38 % après 5 ans

PAB en CHSLD : 50,3 %

Les taux de « temps partiel » et « temps partiel occasionnel » (31,1 %) sont très importants, comparativement aux autres métiers et professions du Québec

La majorité des PAB sont âgés de 45 à 64 ans (49 %), contre 36,7 % pour les 25 à 44 ans et 12,7 % pour les 15 à 24 ans. On comptabilise une partie infime de 65 ans et plus (1,5 %)

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Il est nécessaire de donner aux PAB la capacité d’exprimer leur point de vue sur les éventuels enjeux qu’ils vivent dans l’organisation. Principales recommandations de la recherche 1. Former davantage les chefs d’unité de vie, les infirmières et les infirmières auxiliaires aux PDSB 2. Construire des espaces de discussion autour des enjeux de SST et des PDSB 3. Créer des espaces de discussion concernant la structuration des journées de travail en impliquant directement les PAB 4. Libérer les PAB expérimentés lors des phases d’intégration et créer des espaces de discussion sur les PDSB 5. Augmenter le nombre d’agents PDSB et de préventionnistes de même que le nombre de leurs activités 6. Promouvoir une taille adéquate des chambres et impliquer les PAB dans les discussions sur l’espace de travail 7. S’assurer de la qualité et de la disponibilité du matériel et permettre aux PAB de donner leur point de vue sur l’état du matériel

Recommandations de la recherche Nos principales recommandations sont présentées dans l’encadré. Toutefois, mentionnons deux recommandations transversales. La pre­ mière : toute proposition de bonification des PDSB doit prendre en considération l’existence de l’intensité de la charge de travail et de balises temporelles provoquant la routine organisationnelle et l’usage de stratégies de régulation des temporalités. Autrement dit, il faut lier davantage la formation au contexte organisationnel, comme nous y invite Faye (2013). La seconde perspective concerne la valorisation et la participation accrue des PAB aux décisions organisationnelles prises en CHSLD, comme il a déjà été mentionné dans le cas de la formation ARS (Feillou, 2016). Il est nécessaire de donner aux PAB la capacité d’exprimer leur point de vue sur les enjeux qu’ils vivent dans l’organisation. K

AUBRY, F., et al. S’absenter, c’est se protéger ? Stratégies pour prévenir l’ab­sen­ téisme des préposés aux bénéficiaires causé par des problématiques de santé psychologique et soutenir le retour au travail, CIUSSS Nord-de-l’Île-de-Montréal – Centre InterActions, mai 2015. BÉDARD, S. « L’importance des TMS chez les soignants en quelques chiffres », ASSTSAS, Objectif prévention, 39(2), 2016, p. 32. CLOUTIER, E., et al. Étude descriptive des conditions d’emploi, de travail et de santé et de sécurité du travail des infirmières d’agence privée dans un contexte de pé­ nurie de main-d’œuvre, Rapport, Études et recherches, RR-475, IRSST, 2006. FAYE, C. Utilisation sur le lieu de travail des compétences acquises par la forma­ tion : analyse évaluative d’un programme de formation visant la prévention pri­ maire des maux de dos chez du personnel soignant. Thèse de doctorat, UQAM, 2013. FEILLOU, I. « Adapter les soins d’hygiène aux résidents en CHSLD », ASSTSAS, Objectif prévention, 39(1), 2016, p. 20-22.

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(horaire des animations, du passage des plateaux des repas, etc.). Pour les PAB, ces balises peuvent rendre complexe l’application des PDSB du fait de l’accélération des rythmes de travail. On assiste alors à une délégation de responsabilité de la mise en application des PDSB vers les PAB et à une incompréhension des contradictions vécues quotidien­ nement par les PAB, entre performance (ratio), qualité des pratiques (respect du milieu de vie) et SST.

RÉFÉRENCES AUBRY, F., et al. L’influence des rythmes de travail sur l’appropriation et l’application des principes généraux du PDSB par les préposés aux bénéficiaires dans les centres d’hébergement du Québec, Rapport de recherche, Institut de recherche Robert-Sauvé en SST (IRSST), soumis.

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Projets autofinancés en santé, sécurité et qualité de vie au travail Yves Cormier ycormier@asstsas.qc.ca

Pour les prochaines années, la CNESST priorise les troubles musculosquelettiques (TMS) chez le personnel soignant comme cible à améliorer dans le secteur de la santé et des services sociaux. Les données (2003-2015)1 d’accidents re­la­­ tifs aux TMS sont en forte croissance depuis plus de dix ans. En effet, les blessures sont passées de 12 170 en 2003 à plus de 16 500 en 2015. Les informations tirées des bases de données de la CNESST et traitées par les chercheurs de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en SST (IRSST)2 démontrent une croissance des TMS tant en fréquence qu’en gravité, donc en coûts humains et financiers. La problématique la plus importante se trouve du côté des préposés aux bénéficiaires (PAB), particulièrement en centres de soins de longue durée.

méthode infaillible pour une mobilisation manuelle sécuritaire des clients. Le recours à des équipements s’avère donc incontournable. Lors des colloques, nous avons souligné les limites d’un programme de réduction des accidents du travail basé seulement sur la formation aux déplacements (ex. : PDSB). Lorsque le programme de prévention intègre – en plus de la formation – les équipements, les aménagements et les procédures sécuritaires, ses effets sont plus grands et durables dans le temps.

Une valeur organisationnelle Les établissements de soins prônent la valeur du respect des individus, tant clients, visiteurs, bénévoles, médecins que membres du personnel. Dans cette optique, la promotion de la santé, de la sécurité

Le travail des PAB : un métier difficile

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Les PAB offrent de l’assistance pour les activités de la vie quotidienne (hygiène, alimentation, habillement). Entre autres, il ressort des colloques régionaux 2017 de l’ASSTSAS3 que leur travail est pénible physiquement et psychologiquement. Les établissements peinent à les retenir en emploi ; nous assistons à une pénurie de cette catégorie de personnel. La charge de travail des PAB est élevée et les contraintes musculosquelettiques nombreuses : des efforts excessifs et l’adoption de postures contraignantes occasionnent des accidents du travail. Or, des données probantes, tant américaines que canadiennes portant sur la mobilisation des bénéficiaires, montrent qu’il n’existe aucune

Une des voies d’avenir permettant une meilleure qualité des soins consiste à améliorer la qualité de vie au travail. OP

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et de la qualité de vie au travail (SSQVT) des employés doit être assurée par l’ensemble des acteurs : administrateurs, gestionnaires, syndicats, travailleurs. Se soucier du bien-être des travailleurs s’avère, par ricochet, bénéfique aux clients, car des travailleurs plus heureux et en meilleure santé offrent de meilleurs soins. Le réseau de la santé vise constamment l’amélioration des soins et des services offerts à la population. Des chercheurs s’y appliquent également. Par exemple, au fil des ans, les progrès dans l’implantation des lève-personnes sur rail au plafond et dans les soins dispensés à la clientèle âgée en perte d’autonomie se sont traduits par la mobilisation plus fréquente des résidents, la réduction des chutes, la diminution des plaies de pression et des thrombophlébites4, etc. Plus les équipements et les environnements de travail sont adaptés aux conditions des clients, plus le travail des soignants est sécuritaire. La Coalition pour la qualité de vie au travail et des soins de santé5, organisme canadien constitué de groupes d’intérêt et d’experts dans le domaine de la santé, est d’avis qu’une des voies d’avenir permettant une meilleure qualité des soins consiste à améliorer la qualité de vie au travail. Des études scientifiques européennes6 l’ont démontré : meilleure est la qualité de vie au travail, meilleure est la productivité. Diminuer la pénibilité des tâches de mobilisation lourde et implanter des programmes de mobilisation sécuritaire des clients auront des effets positifs sur l’ensemble de la problématique de la présence au travail, et ce, même au niveau de la santé psychologique au travail.

Les coûts cachés sous l’iceberg Selon plusieurs études scientifiques produites aux États-Unis, les coûts financiers associés aux blessures liées à la mobilisation plus lourde des clients ne sont que la pointe de l’iceberg7. En effet, la baisse de productivité des travailleurs blessés, les coûts du travail en surplus de l’équipe (travaux allégés), le remplacement des personnes absentes, souvent en temps supplémentaire, les coûts de recrutement et de formation du nouveau personnel sont des coûts cachés. Il s’agit seulement de quelques-uns des éléments non inclus dans les calculs d’impacts financiers de cette problématique. Selon ces études, les coûts réels représentent entre cinq et dix fois les coûts directs des absences pour TMS liés à la mobilisation des clients. Selon l’IRSST2, les coûts des TMS liés à la mobilisation lourde des clients se chiffrent à plus de 60 millions de dollars de débours par la

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Des données probantes montrent qu’il n’existe aucune méthode infaillible pour une mobilisation manuelle sécuritaire des clients.

CNESST dans notre réseau, pour un peu plus de 7 500 accidents du travail. En multipliant cette somme par les facteurs 5 ou 10, nous obtenons des coûts totaux qui se situent entre 300 et 600 millions de dollars chaque année. À ces montants faramineux, il faut ajouter les coûts des TMS déboursés en assurance salaire, évalués à plusieurs dizaines de millions additionnels.

Autofinancement des projets d’acquisition d’équipements Depuis plus de 25 ans, nous savons que les équipements d’aide à la mobilisation et aux transferts des clients sont incontournables pour réduire le nombre d’accidents et la pénibilité de ces tâches. En effet, la plupart des données probantes8 concluent à leur autofinancement à l’intérieur d’une période de deux à quatre ans, c’est-à-dire au remboursement de leur coût d’achat grâce aux économies liées à la réduction des coûts des accidents du travail et des conséquences d’hos­ ­pitalisation des clients. Au Québec, certains projets d’acquisition d’équipements se sont autofinancés en moins d’un an. Il est démontré que des projets autofinancés, tant en achat d’équipements qu’en ajout de ressources spécialisées en prévention et en réadaptation, sont possibles et ren­ tables. Le retour sur investissement de ces projets est comparable à ce qu’en disent les études scientifiques et se situe entre 2,2 et 3,75. Ainsi, chaque dollar investi génère une économie de 2,20 $ à 3,75 $9. C’est dans ce contexte que les projets autofinancés en prévention de la SSQVT prennent tout leur sens.

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Les coûts réels représentent jusqu’à dix fois les coûts directs des absences pour TMS liés à la mobilisation des clients. Concertation et coordination des efforts de prévention

Références

L’ASSTSAS, le MSSS, l’IRSST et la CNESST travaillent de concert afin de documenter le processus et développer des outils pour soutenir les équipes de travail voulant autofinancer leurs projets de SSQVT. Ainsi, toutes les parties prenantes en sortiront gagnantes. L’environnement de travail des employés et le milieu de vie des résidents seront plus sécuritaires, les employés demeureront plus en santé et aptes à donner les soins et services à la population, le tout dans un cadre financier moins serré par rapport à l’absentéisme au travail. Il revient aux établissements d’évaluer leurs besoins en équipements, en formation des employés à l’utilisation sécuritaire de ces équipements, et d’encadrer le tout par une politique et une procédure de mobilisation sécuritaire des clients. Les professionnels en prévention de l’ASSTSAS peuvent soutenir les établissements dans ce type d’évaluation et la recherche de solutions adaptées à leurs milieux. K

1. ROBITAILLE, M. J. « Notre réseau dans la mire de la CNESST », ASSTSAS, 2017, OP, vol. 40, no 2, p. 4. 2. LEBEAU, Martin. Les coûts des TMS et les débours associés aux TMS dans le sec­ teur Soins de santé et assistance sociale (SCIAN 62), Québec, 2010-2012, tirés du Rapport R-769, IRSST, 2016. 3. ASSTSAS. TMS - La cible à atteindre, Actes du colloque 2017 (asstsas.qc.ca/ colloque2017). 4. Fact: Quality of Care for Patient Improves from Safe Patient Handling Programs (cseany.org/wp-content/uploads/2013/03/FACTSHEET2.pdf). 5. COALITION POUR LA QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL ET DES SOINS DE SANTÉ DE QUALITÉ (fcass-cfhi.ca/SearchResultsNews/07-03-01/621b6272-3165-450d-ab3bceab2a8620db.aspx). 6. EUROGIP (eurogip.fr/fr/actualites-eurogip/4560-prevenir-les-risques-profes­ sionnels-un-enjeu-economique-pour-l-entreprise). 7. BIRD, F. Le guide du contrôle des pertes à l’intention de la direction, Institute Press, Atlanta, Georgia, traduit de l’anglais par l’Association de prévention des accidents industriels du Québec, 1974, 220 p. 8. NATIONAL CENTER FOR BIOTECHNOLOGY INFORMATION. Cost Effectiveness of a Multifaceted Program for Safe Patient Handling (ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK 20565). 9. CORMIER, Yves. « Le retour sur investissement d’un projet : un outil de prévention », OP (Objectif prévention), vol. 37, no 2, 2014, p. 4-7. Voir aussi : OUELLET Amélie et Yves CORMIER. « Un soutien au retour au travail qui fait ses preuves » Objectif prévention, vol. 35, no 4, 2012, p. 20-21. CORMIER, Yves. « Un étonnant programme de retour au travail adapté », Objectif prévention, vol. 33, no 4, 2010, p. 18-20.

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Déplacements des bénéficiaires : où en sommes-nous en 2017 ? Jocelyne Dubé jdube@asstsas.qc.ca

Malgré tous les efforts déployés depuis des décennies pour réduire les risques liés aux déplacements de patients, force est de constater que des accidents surviennent encore régulièrement chez le personnel soignant. Cet article présente une réflexion sur les tendances actuelles et les meilleures pratiques en matière de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS).

Ce qui fait consensus Selon Waters, il n’existe aucune façon sécuritaire de déplacer ma­ nuel­­lement un patient1. L’enseignement des principes d’hygiène pos­ turale et de biomécanique, à lui seul, ne suffit pas à éliminer les risques, encore moins les blessures. Nous n’avons pas les moyens de nous priver des compétences et de l’expertise de nos soignants. De même, les études mettant en évi­ dence les liens positifs directs entre les déplacements sécuritaires et la qualité des soins apportés aux clients sont de plus en plus nom­ breuses2. Tout cela fait en sorte qu’un consensus règne chez les acteurs du monde de la prévention quant à l’importance et à l’urgence de mettre en place de meilleures pratiques en matière de déplacements sécuri­ taires de patients.

Politique « zéro soulèvement » Depuis plusieurs années, à l’instar des autres provinces cana­ diennes, des états américains et de pays européens, l’ASSTSAS pré­ conise une approche « zéro soulèvement ». Les principes pour le dé­ placement sécuritaire des bénéficiaires (PDSB) sont d’ailleurs clairs à ce sujet : rouler, glisser, pivoter le client ; ne pas le soulever.

L’équation du NIOSH (Revised NIOSH Equation)3, la référence en matière de soulèvement de charges, établit à 16 kg la charge maxi­ male sécuritaire pour 75 % des femmes et 90 % des hommes, lors d’un déplacement de patient effectué dans des conditions idéales (charge rapprochée, dos sans torsion, etc.). Force est de constater que 16 kg, c’est bien peu, d’autant plus que les conditions idéales sont rarement réunies. Pensons aux situations où il faut soulever les jambes du pa­ tient pour les remettre dans le lit, soutenir une jambe pendant plu­ sieurs minutes lors du badigeonnage au bloc opératoire, retenir une personne sur le point de chuter ou, même, aider une personne à se lever en utilisant le contrepoids alors qu’elle participe peu à l’effort. Bien que la notion de « zéro soulèvement » soit liée aux efforts ver­ticaux, les politiques à cet effet incluent implicitement la réduc­ tion des efforts horizontaux en traction et en poussée (ex. : remonter à la tête du lit). Des limites maximales sécuritaires existent aussi pour ce type d’effort. Par exemple, pour 75 % des femmes et 90 % des hommes, un effort initial de plus de 26 kg à une hauteur de 95 cm est considéré non sécuritaire4. Or, nous savons que des facteurs tels que le poids du patient, le type de literie, la fermeté du matelas ou la col­ laboration du patient ont une influence importante sur l’effort hori­ zontal déployé par le soignant. Alors, bien malin celui qui peut as­ surer, hors de tout doute et en tout temps, qu’un déplacement au lit peut être effectué de façon sécuritaire. Toutes ces raisons militent pour la réduction considérable des ef­ forts, tant verticaux (soulèvements, même ceux de moins de 16 kg) qu’horizontaux (efforts en traction ou en poussée). La multitude d’équi­pements disponibles sur le marché rend maintenant possible l’application d’une politique de manutention sécuritaire des patients visant à réduire les risques chez les soignants.

Nous n’avons pas les moyens de nous priver des compétences et de l’expertise de nos soignants. OP

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Conditions gagnantes pour la réduction des TMS • Participation active des infirmières aux tâches et aux décisions liées aux déplacements des patients • Augmentation des connaissances sur les PDSB chez les infirmières et le personnel de la réadaptation • Implication accrue des PAB dans les décisions relatives aux déplacements de patients • Échange systématique d’information en SST lors des rapports de changement de quart • Retour systématique sur les incidents liés aux déplacements de patients • Utilisation d’algorithmes et d’arbres décisionnels8 pour faciliter le choix des équipements et des stratégies sécuritaires de déplacement • Présence sur le terrain de coachs PDSB libérés pour soutenir le personnel dans l’application des PDSB • Prise en compte de la prévention des plaies et des chutes de patients dans l’ensemble du dossier des déplacements sécuritaires

Ces illustrations sont extraites des Fiches PDSB : un outil pratique pour rappeler les principes de la formation et assurer un suivi auprès du personnel – asstsas.qc.ca/fiches-pdsb

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Illustrations : Jacques Perrault

• Conscientisation des gestionnaires quant à leur rôle dans la prévention des TMS


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Est-ce sécuritaire ? Soulever les jambes d’un patient de 75 kg pour l’aider à retourner au lit ? 1 jambe = 15,7 % du poids total du corps 15,7 % X 2 X 75 kg = 23,5 kg > Cette manœuvre excède le maximum sécuritaire (16 kg) pour 75 % des hommes et 90 % des femmes

Glisser un client de 71 kg de la civière à la table d’opération ? Effort horizontal requis pour glisser sur une surface plutôt ferme = 72 % du poids total du patient 72 % de 71 kg = 51,1 kg > Selon l’AORN5, cette manœuvre requiert trois soignants en plus de l’anesthésiste pour respecter le maximum sécuritaire

Réglementation et programmes de prévention Plusieurs provinces canadiennes ont développé un programme complet de prévention des TMS6, 7. De même, 11 états américains possèdent maintenant une forme de réglementation qui limite les soulèvements à 16 kg. À ce sujet, le Québec dispose de peu d’outils réglementaires spécifiques aux déplacements de patients. Outre la Loi sur la SST qui dicte les règles générales en matière de prévention, seul l’article 166 du Règlement sur la SST traite de déplacements de patients en stipulant que l’employeur doit offrir de la formation sur la manutention de même que des appareils mécaniques « lorsque le déplacement manuel... compromet la sécurité du travailleur ». Est-ce que l’arrimage actuel entre les priorités de la CNESST et celles du MSSS, qui ciblent notamment la réduction des TMS, mènera à une politique, voire à une réglementation sur le sujet ? L’avenir le dira.

Qu’espérer du futur ? Une partie de la réduction des TMS chez le personnel soignant passe par la nomination d’une personne affectée exclusivement au dossier des déplacements sécuritaires de patients, comme on en retrouve main­ tenant dans tous les établissements pour la prévention des infections ou la gestion des risques pour la clientèle. Imaginons ce que pourrait accomplir cette personne, munie d’un budget de fonctionnement et du pouvoir de mettre en place des pratiques organisationnelles inté­ grées et cohérentes ! L’ASSTSAS réfléchit à de nouveaux services à mettre en place pour soutenir les efforts des établissements en matière de déplacements sécuritaires de patients, en plus des services déjà offerts. Nous parti­

ciperons aux discussions avec la CNESST et le MSSS afin d’établir les objectifs et les balises dans le dossier de la prévention des TMS. Vos commentaires et vos suggestions sur les moyens par lesquels l’ASSTSAS peut vous aider à atteindre vos objectifs sont bienvenus. K Références 1. WATERS, TR. “When Is it Safe to Manually Lift a Patient?”, American Journal of Nursing, 2007, 107(8). 2. Liens entre PDSB et qualité des soins • HARWOOD, J., et al. “A Systemic Review of Safe Patient Handling and Mobility Programs to Improve Patient Outcomes in Rehabilitation”, Am J SPHM, vol. 6, no 4, 2016. • GUCER, P., et al. “Sit-Stand Mechanical Lifts in Long Term Care and Resident Quality Indicators”, JOEM, vol. 55, no 1, 2013. • COLLINS, JW., et al. “An Evaluation of a‘Best Practices’ Musculoskeletal In­ jury Prevention Program in Nursing Homes”, Injury Prevention, 10, 206-211. 3. WATERS, TR., et al. “Revised NIOSH Equation for the Design and Evaluation of Manual Lifting Tasks”, Ergonomics, 36(7), 749-76, 1993. 4. SNOOK, H., VM. CIRIELLO. “The Design of Manual Handling Tasks: Revised Ta­ bles of Maximum Acceptable Weights and Forces”, Ergonomics, 34(9), 1991. 5. AORN. Guidance Statement: Safe Patient Handling and Movement in the Peri­ operative Setting. 6. SOTERIA. Safe Patient Handling and Mobility Program, Nouvelle-Écosse. 7. WORKSAFE BC. Handle with Care. Patient Handling and the Application of Ergo­ nomics (MSI) Requirements. 8. Algorithmes • AORN. Op cit. • VHA. Safe Patient Handling and Mobility Algorithms, Révision, 2014 (tampa­ varef.org/conferences-visn8.htm).

Une partie de la réduction des TMS chez le personnel soignant passe par la nomination d’une personne affectée exclusivement au dossier des déplacements sécuritaires de patients. OP

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Lève-personne : la nécessité est la mère de l’invention Michel Bigaouette mbigaouette@asstsas.qc.ca

Les soignants de nombreux pays utilisent quotidiennement des appareils d’assistance au déplacement de la personne ayant une mobilité réduite. Il n’en a pas toujours été ainsi. JUSQU’AU MILIEU du 19e siècle, l’aide au déplacement était essentiellement manuelle. Les soignants déployaient alors des efforts physiques pour soulever, rouler, glisser ou pivoter la personne à assister. L’invention des équipements a changé la donne et ouvert la voie à un allègement du fardeau que représente l’usage d’efforts lors d’un déplacement. Cet allègement a été progressif et n’est pas encore complété. Cet article porte sur l’histoire du lève-personne. À l’aide d’écrits scientifiques, d’artéfacts (photos, journaux, etc.) et des de-

2. Lève-personne, Sands (1878) © OEB

mandes de brevet, voyons quand et comment l’usage de cet appareil s’est imposé comme une solution complémentaire ou de rechange à la manutention manuelle.

Le début de l’histoire En 1852, des visionnaires vont concevoir la première génération de lève-personnes sur rail et mobiles au sol, et déposeront une demande de brevet, souhaitant protéger leur invention de la concurrence. La première phase de conception de ces appareils se poursuivra jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale (1945). Entre 1852 et 1945, 288 demandes de brevet seront déposées aux offices de protection de la propriété intellectuelle de sept pays2, 97 % aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Après la guerre, la conception du lève-personne évoluera et s’in­ter­ nationalisera. Le moteur électrique sera fréquemment intégré dans la conception. De nouveaux types d’appareil seront créés et commercialisés. Par exemple, en 1964, la compagnie Seven Corporation déposera le premier brevet de levier à station debout électrique. Entre 1946 et 2015, plus de 15 300 demandes de brevet seront présentées dans 48 pays (incluant la Communauté européenne).

1. Lève-personne, S.D. Hopkins (1852) © OEB

L’invention des équipements a changé la donne et ouvert la voie à un allègement du fardeau que représente l’usage d’efforts lors d’un déplacement. OP

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3. Lève-personne, T.E. Wasley (1914) © OEB

Au cours de cette période, l’in­ novation ne porte pas seulement sur les efforts de soulèvement dans un lit. En 1902, l’Américain C. Muller propose le premier dispositif hydraulique adapté à une baignoire munie de roues (4). La personne inva­ lide est couchée sur un brancard de métal.

Les premiers modèles brevetés En 1852, l’Américain S.D. Hopkins est le premier à déposer une demande de brevet pour un lève-personne (1). Son invention permet de diminuer les efforts de soulèvement. La personne invalide alitée est transférée sur un brancard rigide qui est relié à un mécanisme actionné par une manivelle. Ainsi, le brancard glisse sur deux rails. En 1878, un autre Américain, S.T. Sands, demande un brevet pour le premier modèle de lève-personne mobile au sol (2). Cet appareil, conçu pour être déplacé au-dessus du lit, est muni de quatre roulettes pouvant être barrées. La personne alitée est déplacée en position couchée. L’inventeur propose d’enfiler trois sangles sous la personne alitée pour la soulever et la porter dans les airs. L’utilisation de sangles continuera jusque tard au 20e siècle. Cette innovation ouvre la porte au développement futur des toiles. La quête pour diminuer les efforts de soulèvement franchit une nouvelle étape en 1914, lorsque T.E. Wasley propose le premier modèle de lève-personne sur rail équipé d’un moteur électrique (3). Désormais, le soignant n’aura plus à forcer pour tourner une manivelle.

Il n’y a pas que les lève-personnes Malgré la tendance émergente favorisant la mécanisation du déplacement, des inventeurs proposent des accessoires pour faciliter le soulèvement manuel. Parmi ces équipements, il y a le harnais de soulèvement de E. King, en 1921. D’autres inventeurs imagineront des solutions originales afin de réduire les efforts horizontaux pour rouler, glisser ou pivoter la personne alitée. C’est le cas de l’Anglais A. Skeffington. En 1909, il pré­ sente un dispositif pour tourner la personne alitée et la remonter à la tête du lit. La manœuvre est réalisée à l’aide d’une toile attachée à une corde. Il propose aussi d’utiliser un coussin à air pour soulever le tronc, ce qui facilite l’installation d’une bassine.

L’ingéniosité au service de la prévention L’invention du lève-personne représente une avancée majeure en prévention. Désormais, les soignants disposent d’un équipement permettant de réduire les efforts manuels lors du déplacement d’un bénéficiaire. Au cours des 150 dernières années, par leur esprit créatif, des per­ sonnes ont inventé des moyens pour faciliter le travail des soignants et mobiliser les patients. Les besoins ne cessent d’évoluer et les développements s’accélèrent. Imaginons les innovations possibles d’ici quelques années. K Références 1. OFFICE EUROPÉEN DES BREVETS (OEB). Sur Internet, les propositions concernant les appareils sont regroupées dans la catégorie A61G7/10 Devices for Lifting Patients or Disabled Persons, e.g. Special Adaptation of Hoist Thereto (classification coopérative des brevets) (https://worldwide.espacenet.com/advancedSearch? locale=fr_EP). 2. OEB. Base de données sur les demandes de brevet disponible sur Internet (Espacenet.com).

4. Lève-personne adapté à la baignoire, C. Muller (1902) © OEB

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Une chronique pour apprécier de petites et grandes réalisations initiées dans le secteur !

ARS, un investissement pour les travailleurs des soins de longue durée Pierre Poulin

ppoulin@asstsas.qc.ca

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ertains établissements de l’Outaouais s’étaient déjà engagés dans un programme de formation de formateurs à l’Approche relationnelle de soins (ARS) de l’ASSTSAS. Avec le regroupement de tous les CHSLD de la région dans le CISSS de l’Outaouais, la volonté d’utiliser cette formation pour améliorer la santé et la sécurité des travailleurs a été renouvelée et élargie à toutes les installations. Ainsi, les personnes choisies ont d’abord reçu la formation ARS d’une formatrice accréditée du CISSS. Ces travailleurs ont ensuite été formés par l’ASSTSAS pour devenir des formateurs accrédités du programme ARS. Bravo à cette deuxième génération de formateurs et au CISSS de l’Outaouais.

Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) en clinique dentaire Rose-Ange Proteau

rproteau@asstsas.qc.ca

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’Association des chirurgiens-dentistes du Québec (ACDQ) et l’ASSTSAS ont collaboré à la mise à jour des fiches sur la prévention des TMS (épaules, coudes, poignets, mains, régions cervicale et lombaire). Ces fiches illustrent les meilleures pratiques pour diminuer les TMS. Elles sont intégrées dans le nouveau guide Pratique de gestion des ressources humaines qui sera distribué à l’ensemble des dentistes et présenté lors d’une tournée provinciale de l’ACDQ, débutant à l’automne 2017.

PDSB et ARS vont très bien ensemble

Rose-Ange Proteau

rproteau@asstsas.qc.ca

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inq formateurs PDSB du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal deviendront bientôt formateurs ARS. Ils proviennent de trois centres gériatriques : le Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, le CHSLD juif de Montréal et l’Hôpital Mont Sinaï Montréal. Leurs expé­ riences de formateurs PDSB facilitent l’intégration du nouveau contenu pédagogique de l’ARS et la transmission des enseignements aux soignants du CIUSS.

Le programme Oméga distribué en France

Marie Josée Robitaille

mrobitaille@asstsas.qc.ca

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n mai dernier, l’ASSTSAS a eu le plaisir de recevoir la visite de ses partenaires français de IRAP Santé. Ce groupe assure la diffusion de la formation de base et celle de formateurs OMÉGA dans les établissements publics de santé mentale et les centres hospitaliers de l’Europe francophone. Il adhère totalement aux valeurs véhiculées par le programme : respect, professionnalisme, responsabilisation et sécurité. Catherine Le Gallic, responsable régionale-chef de produit (à gauche, 1re rangée), et Yves Pichol-Thievend, directeur général, IRAP Santé (au centre 2e rangée), avec l’équipe de l’ASSTSAS : (de gauche à droite) Marie Josée Robitaille, Jean-François Labrecque, Diane Parent, Yves Proulx et Julie Bastien

Gala national des Grands Prix SST

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e CISSS de la Montérégie-Est - Hôpital Pierre-Boucher a reçu le Lauréat Bronze de la part de la CNESST pour la réalisation de la table d’autopsie ajustable en hauteur et en largeur. Ce réaménagement de la salle d’autopsie a également reçu un Prix du jury au concours Pleins feux sur l’initiative en SST de l’ASSTSAS. Une grande innovation ! (lire l’article publié dans OP 39-3, 2016, p. 26 et visionner la vidéo sur Internet grandsprixsst.com). OP

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La

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UN CONCOURS RÉSERVÉ AU PERSONNEL DES ÉTABLISSEMENTS DU SECTEUR DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, DES GROUPES COMMUNAUTAIRES, DES SERVICES PRÉHOSPITALIERS, DES CLINIQUES MÉDICALES ET DENTAIRES

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ET DES RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES.

EDITION

Mettez vos leaders en lumière !

L’ASSTSAS recherche les meilleurs leaders qui contribuent à l’amélioration de la santé et de la sécurité des employés dans le cadre de leurs activités de travail. Par leurs réalisations concrètes, leur implication et leur énergie, les leaders font progresser la SST. La prévention est au cœur de leurs préoccupations et leurs efforts font la différence !

Exemples de leaders recherchés

• Un préventionniste qui procède avec rigueur et tact aux enquêtes et analyses des événements accidentels et qui s’assure du suivi des recommandations • Une chef d’unité attentive aux besoins de son équipe, influente lorsqu’il s’agit d'obtenir les correctifs et proactive dans l’application de ceux-ci • Un représentant syndical à l’affût des nouveaux équipements favorisant la SST et qui les fait connaître dans son milieu • Une formatrice appréciée pour sa personnalité et son feedback constructif lors de compagnonnage auprès de ses collègues • Un membre du comité paritaire de SST qui, par son charisme, sait intéresser tous les acteurs en prévention • Une travailleuse qui sert de modèle par ses comportements sécuritaires

Inscrivez votre leader

Détails du concours et de la procédure à suivre pour poser une candidature :

Prixdu jury

Le jury choisira les leaders patronaux et syndicaux en fonction de plusieurs critères, dont les réalisations concrètes en SST, l’engagement et la capacité d’influence.

asstsas.qc.ca/evenements Les documents requis doivent parvenir à l’ASSTSAS avant le 12 janvier 2018.

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Dossier: Colloque TMS – La cible à atteindre En mai dernier, plus de 400 personnes ont profité de l’occasion d’en apprendre plus sur la pré...

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