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OBJECTIF PRÉVENTION REV U E D ’I N FO R M AT I O N DE L’ASS O C I AT I O N PA R I TAI RE PO U R L A SA N T É E T L A S É CURI TÉ DU TR AVA I L D U SE C T E UR AFFAIRE S S O C I A L E S

DOSS I E R

LA SANTÉ PSYCHOLOGIQUE

DÉVELOPPEZ VOS HABILETÉS ! POSTE D’ACCUEIL MOISISSURES EXPOSITIONS ACCIDENTELLES AU SANG

E NVO I D E POSTE - PU B L ICATIO N S , CO NT RAT N O 4 0 0 63030

VO L . 40 N o 1 F É V R I E R 2 01 7


L’ASSTSAS ET LA SÉCURITÉ AU SERVICE

ALIMENTAIRE

AU MEN U : LA P R É VE N T I O N

Notre équipe possède l’expertise pour vous aider à analyser les situations de travail, à identifier les risques, à prévenir les problèmes et à vous proposer des pistes de solution. 1

CONSEIL ET ASSISTANCE TECHNIQUE - Identification des risques – Amélioration des situations existantes – Optimisation des aménagements –

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SERVICE GRATUIT

FORMATIONS Service alimentaire sécuritaire (SAS) - Prévention des dangers - Risques biomécaniques, physiques et chimiques – Méthodes de travail – Problèmes et solutions –

7 H, 610 $/GROUPE

SAS – Prévenir les troubles musculosquelettiques - Risques biomécaniques – Principales causes de troubles musculosquelettiques – Comportements sécuritaires – Amélioration des situations à risque – 3 H 30, 400 $/GROUPE

TRAVAIL D’ÉQUIPE ET SANTÉ PSYCHOLOGIQUE - Accompagnement des équipes pour l’analyse des risques psychosociaux – - Formation Ça communique dans l’équipe ! – 3 H 30, 400 $/GROUPE - Formation Civilité au travail – 1 H 15, 350 $/GROUPE

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SERVICE GRATUIT

INFORMATIONS ET PUBLICATIONS - Internet et dossiers thématiques (ergonomie, équipements, risques à la sécurité, santé psychologique) - Revue OP (Objectif prévention) – 4 numéros/année – ABONNEMENT GRATUIT - Infolettre – 10 publications/année – ABONNEMENT GRATUIT

P OUR EN SAVOIR PLU S C O MMU N I Q U E Z AVEC VO TR E CO N SEILLER ATTITR É A S STSAS.Q C.CA/EQ U IPE

Photo – Martin Girard, shootstudio.ca

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S O M M A I R E

Mot de l’ASSTSAS – Engageons-nous pour la santé psychologique L’ASSTSAS – Connaissez-vous bien votre ASP ? Risques biologiques – Quelques clics pour la gestion des expositions accidentelles au sang Aménagement – Un poste d’accueil sécuritaire et fonctionnel Vitrine SST – Relever un client semi-autonome étendu au sol Ergonomie – Une nouvelle chute à linge et 90 % moins de manutention Risques biologiques – Des moisissures ? Voici un outil pour une gestion plus éclairée Fleurs de prévention – Appréciez les petites et grandes initiatives du secteur Coin de la documentaliste – Des ressources additionnelles en SST

2 3 4 6 7 8 10 12 32

13 14 17 20 22 26 30

A v e c

c e

Ce dossier offre des indications pour améliorer vos aptitudes à reconnaître les risques psychosociaux liés au travail. Le but à atteindre : le bien-être au travail ! Travail et santé mentale : des résultats de l’étude Salveo L’étude « Brocoli » pour connaître les pratiques de gestion favorables KOMPASS - Marcher en direction de ce qui compte vraiment Communiquer avec le client, un enjeu important La charge de travail, c’est une question d’équilibre L’Approche relationnelle de soins nourrit le bien-être au travail

n u m é ro

Merci au Cirque Éloize qui a mis gracieusement à notre disposition les photos de la couverture et de la page 27. Visitez le site pour connaître les prochains spectacles. cirque-eloize.com

Fiche technique – Travail à l’ordinateur

Objectif prévention, vol. 40, no 1, 2017 PRODUCTION Directrice générale : Diane Parent Rédactrice en chef : Louise Lefèbvre Révision : Marie L’Écuyer Design : acapelladesign.com Couverture : cirque-eloize.com Impression : Impart Litho Abonnement : Andrée Desjardins abonnement@asstsas.qc.ca Envoi de Poste-publications, contrat no 40063030

abonnement Éditée quatre fois l’an, OP est distribuée gratuitement, sur abonnement, aux personnes ou organismes qui œuvrent dans le secteur affaires sociales. Les autres peuvent s’y abonner au coût de 35 $ par année pour le Canada, 70 $ pour les États-Unis et 100 $ pour les autres pays. Ce numéro, tiré à 12 750 exemplaires, est disponible sur Internet. Les articles n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique de l’ASSTSAS. Toute reproduction est autorisée pourvu que la source soit mentionnée. Les photos qui paraissent dans OP sont le plus conformes possible aux lois et règlements sur la santé et la sécurité du travail. Cependant, il peut être difficile pour des raisons techniques de représenter la situation idéale. Dépôts légaux : Bibliothèque et Archives nationales du Québec – Bibliothèque et Archives Canada – ISSN 0705-0577 Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales 5100, rue Sherbrooke Est, bureau 950, Montréal (Québec) H1V 3R9 Téléphone : 514 253-6871 ou 1 800 361-4528 – asstsas.qc.ca

Cirque Éloize / ID © 2010. Théâtre T & Cie / Valérie Remise

La santé psychologique Développez vos habiletés !

D O S S I E R


M o t

d e

l ’A S S T S A S

Engageons-nous pour la santé psychologique Le début de l’année est toujours propice aux bonnes résolutions. Et si nous nous engagions collectivement à prendre soin de notre santé psychologique afin de favoriser un environnement de travail plus accueillant et chaleureux ? L’Organisation mondiale de la santé définit la santé mentale comme « un état de bien-être dans lequel la personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté1. » L’OMS précise que « le stress au travail influe négativement sur la santé psychologique et physique des individus ainsi que sur l’efficacité de l’entreprise. »

Une situation préoccupante qui perdure Déjà en 2010, la revue Prévention au travail publiait un article consacré à la santé psychologique et rapportait ceci : « Au Canada, 75 % des employeurs estiment que les problèmes de santé psycho­ logique constituent la principale cause des demandes d’indemnisation pour invalidité à court et à long termes2. » La recherche constante d’efficacité, la rapidité des changements et le cumul d’exigences entraînent inévitablement une intensification du travail. Dans un tel contexte, assurer l’équilibre humain et organi­ sationnel constitue un réel défi.

Un équilibre multifactoriel

Et si nous nous engagions collectivement à prendre soin de notre santé psychologique afin de favoriser un environnement de travail plus accueillant et chaleureux ? impacts sur l’entreprise : absentéisme, accident du travail, roule­ment du personnel, baisse de productivité, détérioration des relations, harcèlement, incivilité, etc. À l’opposé, une personne en bonne santé, épa­ nouie aux plans professionnel et personnel, devient plus disponible pour prendre soin de ses collègues. Ainsi, elle contribue à infléchir favorablement la dynamique de groupe au sein de son équipe de travail. Il apparaît donc primordial que les personnes et les organisations s’outillent paritairement pour évaluer adéquatement la situation et mettre en place des mesures qui permettent l’épanouissement des personnes au travail. Pour un coup de pouce dans cette démarche, consultez l’équipe de l’ASSTSAS. Nos conseillers possèdent l’expertise pour vous aider à analyser les situations et vous proposer des pistes de solution. K Références

Évidemment, le travail n’est pas le seul déterminant de la santé psychologique. Le travailleur lui-même, sa famille, son réseau social et, plus largement, la société ont aussi un effet. Une moins bonne santé psychologique des travailleurs produit des

1. OMS. La santé mentale : renforcer notre action, 2015 (www.who.int/mediacentre/factsheets/fs220/fr/). 2. CSST. « Se préoccuper de santé psychologique dans une optique de développement durable », Prévention au travail, printemps 2010, p. 28-30.

Éric Bonneau

Guy Laurion

coprésident patronal

coprésident syndical

Diane Parent directrice générale dparent@asstsas.qc.ca

Départ à la retraite Après 33 ans au service de la clientèle, Jacqueline Bouchard tire sa révérence ! En tant que secrétaire à la formation, elle a émis des milliers de cartes de compétence PDSB et autres formations, elle a organisé des centaines de rencontres de réaccréditation des formateurs et soutenu les conseillers dans la gestion des sessions de formation. Nous la remercions et lui souhaitons une excellente retraite.

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L ’A S S T S A S

Connaissez-vous bien votre ASP ? Valérie Eme veme@asstsas.qc.ca

Bien que l’ASSTSAS existe depuis 1979, nos clients ne connaissent souvent que certains de nos services, soit ceux dont ils ont bénéficié. Pourtant, les associations secto­rielles paritaires (ASP) offrent beaucoup plus !

D

écrire le travail d’une ASP représente tout

• Un ton léger, un scénario didactique et un environ­

un défi : les services offerts, l’importance

nement graphique épuré contribuent à une meilleure

du paritarisme, ce qui la distingue des

compréhension des messages.

mutuelles de prévention et de la CNESST,

• La vidéo explicative se diffuse facilement sur de multi­

la provenance de son budget de fonction­

ples plateformes technologiques à moindre coût (site

nement, etc.

Web, blogue, chaîne YouTube, diffusion locale, réseaux sociaux).

Dix ASP, un même mandat

La séquence animée de trois minutes a finalement été

Le Québec compte dix ASP qui exercent un mandat

lancée en décembre dernier et publiée sur notre site Web,

similaire auprès des employeurs et des travailleurs de

sur notre page Facebook et dans notre infolettre. L’avez-

secteurs d’activités très diversifiés : affaires sociales, au­

vous déjà visionnée ? Nous vous invitons à par­tager la

tomobile, transport et entreposage, textile et bonneterie,

vidéo avec vos collègues et à engager la discussion en SST.

mines, administration provinciale, affaires municipales,

Vous contribuerez, ainsi, à faire connaître les ressources

construction, etc. Afin de mieux les faire connaître, la

qui vous sont offertes en matière de prévention. Pour toute

CNESST publie un dépliant de présentation générale qui

information ou pour nous com­ muniquer vos com­­ men­

énumère sommairement leur mission, leurs domaines

taires, contactez votre conseiller attitré ou écrivez-nous :

d’expertise et les secteurs desservis.

info@asstsas.qc.ca K

Pour mieux informer leurs membres, des représentants de toutes les associations se sont réunis pour préparer un outil commun. Nous souhaitions un moyen accrocheur et accessible pour présenter de façon synthétique l’origine des ASP, leur statut, leurs expertises spécifiques et, bien sûr, les bénéfices attendus à l’issue d’une intervention au­ près de leurs clients.

Trois minutes pour engager le dialogue Deux mots clés : simplicité et convivialité ! Le groupe de travail a opté pour la production d’une animation sur ta­ bleau blanc (whiteboard animation ou video scribing). • La force des dessins et la voix hors-champ captivent

À voir sur asstsas.qc.ca/lasstsas#video

l’audience.

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Quelques clics pour la gestion des expositions accidentelles au sang Françoise Bouchard fbouchard.asstsas@gmail.com

Afin de soutenir les efforts de surveillance et de prévention, l’ASSTSAS s’est intéressée au développement d’un système d’information permettant d’assurer la gestion quotidienne des accidents du travail qui impliquent une exposition au sang.

U

n nouveau logiciel est maintenant dis­

Le GES est flexible et accommodera tant les responsables d’interventions initiales que ceux chargés du suivi postexposition ou uniquement de la prévention.

ponible : le gestionnaire des expositions accidentelles au sang (GES). Son premier objectif est d’aider les responsables de la prévention à déterminer les circonstances

des accidents afin de choisir des mesures efficaces pour prévenir les infections transmissibles par le sang chez les travailleurs. Le GES est offert gratuitement aux établisse­ ments de santé québécois depuis le printemps 2016.

d’un établissement. Le GES est flexible et accommodera tant les responsables d’interventions initiales que ceux

Comparer les données

chargés du suivi postexposition ou uniquement de la pré­

La tenue d’informations standardisées facilite la com­

vention. Sept établissements ont installé le logiciel et tra­

paraison de données interétablissements. La base de don­

vaillent avec l’ASSTSAS pour l’adapter le mieux possible à

nées du GES est locale. Toutefois, elle a été conçue pour

la réalité et aux besoins du réseau. Un comité d’utilisateurs

per­mettre de transférer certaines données dépersonnali­

suivra son évolution.

sées dans un fichier central afin de produire des statis­

Faciliter la prévention

tiques provinciales. L’ASSTSAS collabore avec l’Institut national de santé publique du Québec afin de définir les

Un programme efficace de prévention des expositions au sang1 nécessite des statistiques d’accidents par service

paramètres et de développer cette base de données. Les fonctionnalités du logiciel peuvent être utilisées en

et par titre d’emploi ainsi que le détail de certains élé­

tout ou en partie selon les rôles dévolus au Service de SST

ments selon le type d’exposition. L’analyse facile des in­ formations compilées permettra aux établissements de mieux cibler en prévention.

« Le GES est convivial ! Sa clarté et sa rapidité d’utilisation facilitent grandement notre tâche. C’est un incontournable pour la prévention des infections transmissibles par le sang. » Micheline Alexandre, infirmière clinicienne, Service de SST, Centre universitaire de santé McGill OP

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« Quelques clics faciles nous donnent des statistiques précises et indispensables, puisque l’ultime but de notre travail c’est de pouvoir porter des actions préventives conséquentes permettant de réduire les expositions accidentelles. » Céline Dunberry, infirmière clinicienne, Prévention et promotion de la santé, Direction des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal

• Connaître les équipements, les services, les applications et les tâches les plus à risque afin de mieux cibler les

générer une requête de suivi postexposition à transmettre au travailleur ou à conserver à son dossier.

actions de correction.

Tout pour que la saisie de données soit rapide ! Selon des

• Déterminer les expositions qui peuvent être évitées.

utilisatrices expérimentées, il faut au plus cinq minutes en

• Évaluer l’efficacité des produits sécuritaires implantés.

moyenne par cas pour inscrire la totalité de l’information.

• Comparer les mesures de prévention efficaces avec

De plus, le GES produit facilement des graphiques pour présenter des statistiques. Mis à part l’onglet Note (copia­

d’autres établissements.

ble et imprimable), toutes les données sont transférables

Principales caractéristiques

en format Excel afin de compiler de l’information supplé­

Le GES permet d’importer la liste des employés et des

mentaire au besoin.

services d’un établissement. La description de l’exposition, les résultats de l’intervention initiale et des suivis se font

Les outils téléchargeables

à partir de listes à cocher, rapides à remplir.

Un site Web permet de télécharger le GES. En plus d’un

Lorsque c’est nécessaire, le GES génère automatique­

guide d’utilisation, vous y trouverez une dizaine de capsules

ment un calendrier modifiable de suivis. Dans des cas

vidéo qui font la démonstration du logiciel. L’ASSTSAS offre

particuliers, des suivis supplémentaires peuvent être

le soutien informatique pour installer le GES. Pour toute

ajoutés. Un calendrier de l’ensemble des suivis à effectuer

information concernant le logiciel, avant ou après son ins­

et différentes listes imprimables sont également dispo­

tallation, n’hésitez pas à me contacter. C’est avec plaisir

nibles : les suivis des sept prochains jours, tous les suivis

que nous répondrons à vos questions (fbouchard.asstsas@

par date ou par numéro d’exposition.

gmail.com). K

Le GES permet au responsable de la saisie d’entrer les données au fur et à mesure qu’elles lui parviennent.

Références

Lorsque la saisie des données sur l’exposition s’effectue

1. BOUCHARD, F. Programme de prévention - Exposition au sang chez les travailleurs de la santé, 2016 (asstsas.qc.ca/gp68).

en présence de l’employé exposé, il est facile de lui poser des questions pour mieux préciser l’information. De plus, après l’entrée des renseignements sur le statut sérologique

2. Le logiciel GES et les différents outils sont disponibles sur Internet (https://rchampagne.ca/ges).

de l’employé (temps 0), le logiciel permet, au besoin, de

« C’est important qu’une grande majorité d’établissements participe. La standardisation de l’information va faciliter la comparaison interétablissement. Ensemble, avec des données à l’appui, nous pouvons réussir à faire de la prévention en SST ! » Filomena Pietrangelo, chef de service - Secteur prévention, santé et sécurité du travail, Direction des ressources humaines, Centre universitaire de santé McGill

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A m é n a g e m e n t

Un poste d’accueil sécuritaire et fonctionnel Jocelyne Dubé

Guy Bertrand

jdube@asstsas.qc.ca

gbertrand@asstsas.qc.ca

L’ASSTSAS publie un nouveau guide de prévention. Il vous aidera à concevoir un poste d’accueil sécuritaire et fonctionnel ou à corriger les déficiences d’un poste existant.

O

n retrouve des postes d’accueil dans tous

Dans cette nouvelle publication de l’ASSTSAS, vous trouverez des repères pour la conception et des pistes de réflexion pour définir le concept de poste d’accueil correspondant le mieux à vos besoins.

les établissements. Souvent, les tâches y sont nombreuses, par exemple téléphonie, enregistrement et surveillance des clients, réception et expédition de documents, ad­

ministration, etc. Le personnel utilise aussi de multiples équipements : adressographe, numériseur, console télé­ phonique, matériel informatique, etc. Travailler à un poste d’accueil entraîne parfois des postures et des mouvements contraignants qui peuvent

essentielle. Ces personnes pourront préciser la nature du

causer des troubles musculosquelettiques. De plus, con­

travail qui y sera réalisé, exprimer leurs besoins et valider

cilier la communication avec la clientèle, le travail à

les choix retenus.

l’ordinateur et les autres tâches ajoute aux difficultés,

Vous prévoyez construire ou réaménager un poste

sans compter les défis inhérents à la prévention des agres­

d’accueil ? Profitez des conseils de notre équipe. Partout

sions et des infections, de même que les besoins de confi­

au Québec, un conseiller peut vous accompagner dans vos

dentialité. Bref, les situations de travail sont relativement

projets de prévention. Ce service est gratuit. K

complexes ! Dans cette nouvelle publication de l’ASSTSAS, vous trou­verez des repères pour la conception et des pistes de réflexion pour définir le concept de poste d’accueil corres­ pondant le mieux à vos besoins. Nous offrons aussi une vaste documentation et de la formation sur l’ergonomie de bureau. Voyez les détails sur notre site Internet.

Pour réussir votre projet L’ASSTSAS propose une démarche d’aménagement d’un

Disponible sur Internet (asstsas.qc.ca/gp72)

poste d’accueil en quatre étapes : l’analyse des besoins, l’élaboration d’un concept, l’élaboration des caractéris­ tiques détaillées du poste et, finalement, la validation et le suivi. À chacune des étapes, l’implication des personnes qui travailleront de près ou de loin au poste d’accueil est

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L’ASSTSAS présente de nouveaux équipements susceptibles d’améliorer la SST, mais ne formule aucune recommandation d’achat. Faites-en l’essai et évaluez-les en fonction de vos besoins.

Christiane Gambin cgambin@asstsas.qc.ca

Relever un client semi-autonome étendu au sol Un client fait une chute et ne peut se relever seul. Voilà une tâche qui semble difficile ! Les intervenants travaillent alors dans des postures con­ traignantes et risquent de se blesser. Raizer, un nouvel équi­

Étapes d’utilisation

pement compact, facilite maintenant le travail. D’ori­gine

1. Procéder à l’évaluation clinique pour s’assurer que le client n’est pas blessé.

scandinave, cette chaise élévatrice ne requiert aucune force

2. Mettre un oreiller sous sa tête.

physique lors de l’utilisation. De plus le levage se fait lente­

3. Lui fléchir les genoux et placer le bloc-moteur en-dessous.

ment et le client se sent en sécurité.

4. Installer la sangle au niveau des hanches, sans trop la serrer.

Cet équipement est composé de cinq pièces qui s’as­ La chaise commence son ascension et redresse le client en

5. Passer les deux parties du dossier sous le tronc du client et entrer les fixations dans l’assise. Un clic confirme qu’elles sont bien fixées.

l’assoyant progressivement. Elle s’avère aussi utile avec

6. Installer les pattes de l’équipement et les fixer à l’assise.

une clientèle pédiatrique pour qui les transferts au sol

7. Actionner la commande et débuter la levée tout en maintenant le cou du client.

semblent en trois minutes autour du client allongé au sol.

sont fréquents. K

8. Poursuivre jusqu’à ce que le client se retrouve assis. 9. Au besoin, augmenter la hauteur de levée pour aider le client.

Pour en savoir plus Capacité : 150 kg max. / Poids : 13 kg Coût : env. 5500 $ Garantie : un an Télécommande sans fil en option Distributeur : Denis Joanisse, président, Rossbro Engineering 6, rue Ader, bureau 201, Lachute (Québec) J8H 3R8 Tél. : 450 562-4411, 1 800 678-5884, 514 917-1726 (cell.) dj@rossbro.com - www.rossbro.com

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Une nouvelle chute à linge et 90 % moins de manutention Sébastien Duvergé Préventionniste SST, CISSS des Laurentides

Le saviez-vous ? L’Hôpital de Saint-Jérôme produit en moyenne plus de 7000 kg de lingerie souillée chaque jour, soit l’équivalent de 30 à 35 chariots ou 600 à 750 sacs ! Une nouvelle installation facilite maintenant les opérations de manutention.

L

’aménagement de la chute à linge entraînait

Soucieux des risques d’accident liés à la manutention des sacs de lingerie, nous visions à réduire, voire à annuler, le soulèvement des sacs provenant des étages.

des risques ergonomiques et biologiques élevés. Ainsi, le préposé en hygiène et salu­ brité devait soulever chacun des sacs de linge souillé et le transférer dans un chariot.

Compte tenu du poids et du nombre de sacs, des postures contraignantes ainsi que de la fréquence de ces opéra­ tions, le risque de blessures au dos et aux épaules était important.

• Certains employés montaient sur la plateforme pour

De plus, les deux tiers du remplissage des chariots s’ef­

remplir plus facilement les chariots. Ils devaient effec­

fectuaient par le haut selon deux modes opératoires.

tuer de fréquents mouvements de flexion du dos, tout en soulevant les poches et en risquant une chute. • D’autres employés voyaient à la collecte au sol en effec­ tuant des mouvements de grande amplitude des épaules et des rotations du tronc pour saisir et déposer les sacs dans les chariots.

Une approche participative Les plaintes de la part du personnel constituent le point de départ d’une démarche paritaire de recherche de solu­ tions. En collaboration avec Denis Duclos, chef du Service hygiène et salubrité, et Pascal Demers, conseiller en bâti­ ment au Service de gestion de projet immobilier, nous avons proposé un projet de réfection de la chute à linge. Soucieux des risques d’accident liés à la manutention des sacs de lingerie, nous visions à réduire, voire à annuler, le soulèvement des sacs provenant des étages. La solution retenue consiste en un système avec rem­ plissage automatique des chariots. Les préposés en hygiène La chute à linge avant les travaux.

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et salubrité ont été consultés avant et durant les travaux. NO 1

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Leurs commentaires ont permis d’effectuer les ajustements

Les risques biologiques sont aussi réduits puisque le personnel manipule moins de sacs.

nécessaires pour une réduction optimale des contraintes physiques à toutes les étapes, de l’installation du chariot jusqu’à son retrait.

Défis, planification et résultats Le Service de gestion de projet immobilier a relevé de nombreux défis pour respecter les contraintes budgétaires et légales. La fermeture de la chute à linge d’un centre hospitalier de sept étages engendre des modifications im­ portantes de la gestion de la lingerie souillée. Il a fallu changer des routes de travail pour le personnel et réorga­ niser temporairement le ramassage du linge sur chaque étage. Parallèlement, le coût du projet a été majoré à cause de travaux de démolition en présence d’amiante et l’intégration d’un système coupe-feu pour respecter le Code du bâtiment.

Achevés l’automne dernier, les travaux atteignent les résultats souhaités : le nouvel aménagement a permis de réduire de 90 % les opérations de manutention. Ainsi, l’équi­valent de 540 à 675 sacs de linge, pesant entre 10 et 12 kg, n’est plus soulevé ni jeté dans les chariots par le personnel en hygiène et salubrité. Par le fait même, les risques biologiques sont aussi réduits puisque le person­ nel manipule moins de sacs. Enfin, le retrait de la plate­ forme a permis de récupérer une surface équivalente à six chariots ! Cette optimisation de l’espace facilite le déplace­ ment et le rangement des chariots. Deux systèmes équiva­ lents sont en cours d’installation au bloc opératoire de l’hôpital ainsi qu’au Centre d’hébergement Youville, à Saint-Jérôme. Ce nouvel aménagement est un exemple d’une collabo­ ration interservices doublée d’une approche participative qui améliorent significativement l’environnement, les con­ ditions de travail et le bien-être des employés. K

Cette tâche comportait des risques ergonomiques importants.

Remplissage automatique des chariots après les travaux.

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Des moisissures ? Voici un outil pour une gestion plus éclairée Sylvie Bédard sbedard@asstsas.qc.ca

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) vient de publier, en ligne, un outil pour faciliter l’interprétation des rapports sur la contamination fongique. Vous y trouverez des informations pour mieux faire face à la situation.

Q

uelqu’un rapporte une odeur de moisi ? Sur

Bien que des valeurs aient été proposées par le passé, elles ne sont plus acceptées par la communauté scientifique en raison des connaissances actuelles.

un étage, le personnel ressent des ma­laises respiratoires ? Vous voulez consulter un expert pour en avoir le cœur net ou, encore, vous avez reçu son rapport et ne savez pas quoi en penser ? L’outil offert par l’INSPQ

sera utile dans vos démarches.

représente donc un des défis pour gérer l’exposition aux

Rappel sur les moisissures

moisissures !

En soi, il n’est pas anormal de retrouver des moisis­

Par conséquent, les organismes de santé et d’hygiène

sures dans l’air intérieur d’un bâtiment ou dans la pous­

du travail recommandent, depuis plusieurs années déjà, de

sière. En effet, comme elles sont naturellement présentes

mettre en place les mesures correctives si des problè­mes

dans l’air extérieur, dans les feuilles mortes par exemple,

d’humidité excessive et de contamination fongique persis­

les moisissures pénètrent dans le bâtiment par le système

tent. Il s’agit habituelle­

de ventilation, les ouvertures, les fenêtres et les portes. Des

ment de contrôler l’humi­

sources internes sont aussi possibles s’il y a des plantes et

dité dans le bâtiment, de

des substances en décomposition (ex. : ordures ménagères).

réparer les fuites et de

Toutefois, ce qui demeure indésirable, c’est une humidité

nettoyer en profondeur les

excessive persistante et une contamination fongique : ces

moisissures croissantes.

conditions peuvent diminuer la qualité de l’air, causer des

Outil de l’INSPQ

problèmes de santé chez les occupants, favoriser la crois­

L’INSPQ a développé

sance des moisissures et détériorer les matériaux. Les données récentes montrent qu’il n’y a pas de lien

un outil pour aider les

quantitatif entre les moisissures dans l’air et les effets sur

professionnels appelés à

la santé. De fait, il est impossible de statuer qu’il y a pro­

commenter les rapports

blème à partir d’un seuil donné de quantité de moisis­

d’experts sur des problè­

sures et, à l’inverse, qu’en dessous d’une certaine valeur

mes de contamination aux

tout est beau ! Bien que des valeurs aient été proposées par

moisissures. Il ne couvre

le passé, elles ne sont plus acceptées par la communauté

pas le volet médical. On y

scientifique en raison des connaissances actuelles. Cela

trouve un résumé de l’état

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actuel des connaissances, des références nombreuses et

d’eau dans l’air) ou de la moiteur (eau dans les matériaux)

des grilles pour mieux documenter le problème, définir le

complétera le tout. L’échantillonnage de l’air à la recher­

devis d’investigation et comprendre les résultats reçus.

che de moisissures n’est généralement pas nécessaire.

L’outil comprend une démarche et des fiches d’ac­com­

L’INSPQ propose des grilles pour la cueillette des don­

pagnement qui conviennent à tout type de bâtiment : gar­

nées et des critères d’interprétation. Selon les auteurs, ces

derie, immeuble à logements, édifice à bureaux, hôpitaux,

informations suffisent souvent pour dépister le problème.

etc. En ce qui concerne les hôpitaux, les auteurs rappellent

Il faudra ensuite y remédier. À l’inverse, si l’inspection

toutefois que des exigences particulières doivent s’ap­pli­

préventive ne permet pas de découvrir d’indices de moi­

quer dans certaines zones, en raison de la vulné­ra­bilité des

sissures et s’il n’y a pas de plaintes des occupants, il n’est

patients (ex. : statut immunitaire affaibli) ou des exigences

habituellement pas pertinent d’investiguer davantage.

des activités (ex. : stérilité, asepsie). Dans ces situations, il faut faire appel à l’équipe de prévention des infections.

Par contre, si l’inspection ne permet pas de tirer une conclusion claire, s’il s’avère difficile de bien caractériser la cause des moisissures, l’étendue et la localisation du

Démarche préconisée

problème, une investigation plus poussée sera nécessaire.

Si vous suspectez un problème de moisissures, il est

Il est proposé de mener des opérations plus intrusives (ex. :

recommandé de vérifier la présence de contamination

accéder à un espace confiné, percer une cloison suspectée)

fongique, de cerner la cause de la présence d’eau et

ou, dans certains cas, de procéder exceptionnellement à

d’humidité excessive, d’évaluer sa localisation dans le bâ­

un échantillonnage environnemental dans l’air ou sur les

timent et de circonscrire son étendue. Concrètement,

surfaces.

l’investigateur procédera à une inspection minutieuse du

Selon la complexité du problème, différents spécialis­tes

bâtiment. Il s’agit d’examiner les structures extérieures et

peuvent être mis à contribution pour réaliser les évalua­

intérieures (murs, plafonds, revêtements) à la recherche

tions. Vous pourrez demander l’avis des spécialistes du

de tout signe de dommage ou de mauvaise conception qui

bâtiment (ex. : ingénieur, architecte, technicien en bâti­

pourrait occasionner une

ment), des professionnels de la santé (ex. : médecin, santé

infiltration d’eau ou une

publique), de la microbiologie ou de l’hygiène du travail.

humidité excessive.

Qualité des informations

Ensuite, il s’agit de re­ chercher des indices d’hu­

L’outil développé par l’INSPQ regroupe des informa­

midité excessive et de

tions très utiles si vous suspectez un problème de moisis­

contamination fongique.

sures. Le succès de la résolution du problème dépend de

Concrètement, l’inves­ti­

la qualité des informations qui auront été colligées. Pour

gateur

des

cela, il faut bien définir les objectifs et les lieux à inves­

cernes, de la peinture

tiguer. La communication avec les personnes concernées

écaillée, de la condensa­

avant, pendant et après les travaux, contribue également

tion sur les murs ou les

au succès de la démarche. K

recherche

fenêtres, des taches de moisissures sur les maté­

Référence

riaux, une odeur de moi­

INSPQ. Outil d’aide à l’interprétation de rapports d’investigation de la contamination fongique (https://www.inspq.qc.ca/outil-aide-interpretation-investigationcontamination-fongique).

si, etc. La mesure de l’hu­

Photos © Michel Legris

­­midité relative (vapeur humidité dite excessive

contamination fongique

Condition d’humidité anormalement élevée qui favorise

Croissance non contrôlée de moisissures sur les surfaces

la prolifération de moisissures. Elle ne devrait pas

dans un bâtiment, par exemple sur les structures, les

dépasser 60-70 %. Les valeurs entre 30 et 50 % sont

meubles ou autres matériaux qui présentent un excès

généralement recommandées pour le confort et limiter

d’humidité.

la croissance fongique.

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Une chronique pour apprécier de petites et grandes réalisations initiées dans le secteur !

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Un meilleur sommeil et la SST

Michel Bigaouette

mbigaouette@asstsas.qc.ca

e Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD s’est tenu au Palais des congrès de Montréal en novembre dernier. À cette occasion, Sophie Brassetti, directrice de l’expérience client au Centre d’hébergement Champlain-des-Montagnes, et Isabelle Labrecque, commissaire aux plaintes, ont exposé la démarche de leur établissement pour améliorer la qualité du sommeil des résidents et la santé et la sécurité des travailleurs. Les altérations du sommeil sont des facteurs de risque qui contribuent à l’émergence des troubles de comportement de la part des résidents et des maux de dos pour le personnel soignant. Le projet paritaire a permis de démontrer qu’un sommeil réparateur améliore la collaboration du résident lors des soins. Débuté en 2008 en collaboration avec l’ASSTSAS, ce projet a été reconnu comme une pratique exemplaire inspirante pour tous les CHSLD. Félicitations à l’équipe !

M

Les petits organismes communautaires

Jocelyne Dubé

jdube@asstsas.qc.ca

ettre en place une structure de prévention quand les ressources sont limitées peut sembler une montagne. Qu’à cela ne tienne, le Centre d’action bénévole de Saint-Césaire et le Centre de partage communautaire Johannais ont entrepris de franchir les étapes une à une, en commençant par se doter d’un CPSST et de plusieurs outils de gestion nécessaires à une prise en charge de la prévention. Si l’on se fie à l’enthousiasme et au dynamisme des membres de ces deux comités, nul doute que l’ascension donnera lieu à des découvertes intéressantes. Bonne route !

PDSB-enfants : une collaboration fructueuse !

Louise Bélanger

lbelanger@asstsas.qc.ca

À

l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal, deux travailleuses souhaitaient participer à la nouvelle formation PDSB-Enfants. Comme le cheminement pédagogique de l’ASSTSAS exige la présence d’enfants ayant des handicaps, elles se sont associées à l’École Victor-Doré qui a fourni les locaux et les enfants. En échange, sept préposés de l’École Victor-Doré ont suivi gratuitement la formation PDSB-Enfants de deux jours. Ils ont aussi accepté qu’un formateur de la Maison Phare Enfants et Familles, une ressource en soins palliatifs sans but lucratif, se joigne à leur groupe. Un beau tour du chapeau qui a permis à trois organismes de cheminer en matière de déplacement sécuritaire d’enfants avec déficiences physiques.

Une équipe active en prévention

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Jocelyne Dubé

jdube@asstsas.qc.ca

a prévention se vit partout au CISSS des Laurentides. La preuve, dans la dernière année, de nombreuses initiatives ont vu le jour.

• Des préventionnistes deviennent formateurs PDSB pour mieux comprendre la réalité des soignants. • Des chutes à linge subissent une cure de jouvence. • De la formation PDSB pour prévenir les TMS du personnel du bloc opératoire. • Une formatrice PDSB au soutien à domicile invitée à faire part de son expertise lors d’un congrès des auxiliaires en santé et services sociaux. • Une démarche participative pour découvrir et éliminer les risques au sein de la direction du Programme déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique. • De la formation sur les risques liés aux espaces clos. Voilà un exemple des projets variés, innovants, collés aux besoins des travailleurs et qui témoignent du dynamisme de l’équipe de prévention. Parions que ces initiatives paritaires feront des petits et que l’année 2017 sera tout aussi dense en matière de prévention.

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au travail Qu’il s’agisse de santé psychologique ou mentale, les deux termes réfèrent aux mêmes problématiques. Par l’identification des risques psychosociaux, le même objectif est visé : le bien-être au travail. Ce dossier présente des conclusions d’études qui précisent les facteurs favorables à la prise en charge de la prévention et ceux en cause dans les problèmes de dépression, de détresse psychologique et d’épuisement professionnel. Vous y trouverez aussi des avenues d’intervention qui passent par la gestion du stress et de la charge de travail, la communication et l’approche de soins. Bonne lecture !

Lucie Legault OP

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Cirque Éloize / ID © 2010. Théâtre T & Cie / Valérie Remise

LA SANTÉ psychologique


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Travail et santé mentale : des résultats de l’étude Salveo Alain Marchand École de relations industrielles Institut de recherche en santé publique, Université de Montréal alain.marchand@umontreal.ca

L’étude Salveo (qui signifie « être en bonne santé, bien se porter » en latin) est l’une des plus grandes recherches réalisées au Canada sur la santé mentale en milieu de travail. Elle visait à mieux comprendre et à intervenir sur les problèmes de santé mentale des employés. Voici un résumé des principaux résultats.

La réaction physiologique Nous avons, premièrement, mis en évidence que les employés souffrant de détresse psychologique, de dépression et d’épuisement professionnel étaient sujets à une dérégulation des concentrations de cortisol salivaire. Comparativement aux employés manifestant de faibles symptômes, la détresse, la dépression et l’épuisement professionnel étaient marqués par des concentrations plus élevées au réveil, suivies d’une forte diminution pendant le reste de la journée1. En regard de l’alpha-amylase, la détresse psychologique était marquée par des concentrations plus faibles au réveil et plus élevées à partir de 14 h jusqu’au coucher2. Globalement, ces résultats montrent que la santé mentale n’est pas seulement une affaire d’employés qui se plaignent dans des ques­ tionnaires. En effet, la santé mentale trouve également une compo­ sante plus objective dans la réaction physiologique. Ensuite, nous avons souligné que certains stresseurs du travail pouvaient entraîner une perturbation physiologique. • La sécrétion diurne de cortisol salivaire était influencée par les de­ mandes psychologiques, la reconnaissance et le sur-engagement1. • La sécrétion diurne d’alpha-amylase salivaire semblait plus réac-

tive, car elle est associée aux demandes psychologiques, au soutien des collègues, aux conflits interpersonnels, à la reconnaissance et à l’insécurité d’emploi2. Enfin, nous avons trouvé que certains traits de personnalité pouvaient changer l’influence des stresseurs du travail sur la sécrétion de cortisol salivaire. • L’estime de soi agissait comme un modérateur de la relation entre les demandes physiques et la sécrétion de cortisol salivaire. • Le trait d’agréabilité (une personne naïve, sympathique, indulgente et coopérative) modérait l’influence des heures de travail. • Le trait névrosisme (tendance à expérimenter des émotions négatives, la peur, la nervosité, l’insécurité, les inquiétudes, l’irrita­bilité, l’anxiété sociale, une faible estime de soi, l’impulsivité et l’im­ puissance) interagissait avec le soutien des collègues3.

Les facteurs au travail, hors travail et individuels Les résultats de notre recherche apportent un soutien substantiel au modèle multiniveaux des déterminants de la santé mentale de la main-d’œuvre. Ce modèle a comme postulat que les stresseurs du travail, hors travail et les caractéristiques individuelles agissent et interagissent simultanément pour expliquer les problèmes de santé mentale. • Les facteurs hors travail et les caractéristiques individuelles chan­ gent considérablement la façon dont les stresseurs du travail se lient aux problèmes de détresse psychologique et de dépression : le rôle de plusieurs stresseurs s’atténue voire s’élimine complètement. Toutefois, les effets des stresseurs hors travail et des carac­

Les employés souffrant de détresse psychologique, de dépression et d’épuisement professionnel étaient sujets à une dérégulation des concentrations de cortisol salivaire. OP

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Ces résultats montrent que la santé mentale n’est pas seulement une affaire d’employés qui se plaignent dans des questionnaires. téristiques individuelles contribuent plus faiblement lorsque l’analyse porte sur l’épuisement professionnel4. • Pour bien comprendre et intervenir sur les stresseurs du travail, il faut absolument tenir compte de la situation familiale, du soutien du réseau social hors travail et des caractéristiques personnelles

pour arriver à cibler correctement ce qui pose problème avec le travail. • La contribution du milieu de travail est importante par l’utilisation des compétences, la gestion des demandes physiques et psycho­ logiques, la valorisation d’une supervision engagée et respec­

Synthèse des facteurs associés à la santé mentale

Facteurs de risque pour la santé mentale

Facteurs de protection pour la santé mentale DÉTRESSE Conception des tâches Demandes

FACTEURS DU TRAVAIL

Relations sociales

Gratifications

Situation familiale

FACTEURS HORS TRAVAIL

Réseau social hors travail

CARACTÉRISTIQUES INDIVIDUELLES

Utilisation des compétences Autorité décisionnelle Demandes physiques Demandes psychologiques Nombre d’heures de travail Horaire de travail irrégulier Soutien des collègues Soutien de la supervision Supervision abusive Comportements agressifs Harcèlement Reconnaissance Perspective de carrière Insécurité d’emploi Vivre en couple Présence d’enfants mineurs Revenu du ménage Tensions maritales Tensions parentales Conflits famille-travail Conflits travail-famille Soutien à l’extérieur du travail Être une femme Âge Problèmes de santé chronique Consommation d’alcool Tabac Activités physiques Estime de soi Centre interne de contrôle Événements stressants de l’enfance

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DÉPRESSION

ÉPUISEMENT


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Les stresseurs du travail, hors travail et les caractéristiques individuelles agissent et interagissent simultanément pour expliquer les problèmes de santé mentale. tueuse, la prise en charge des comportements agressifs, la sécurité d’emploi et la culture organisationnelle5-6. • La vie en couple et la vie avec des enfants mineurs sont associées à des symptômes plus faibles de santé mentale, alors que les tensions maritales et parentales ainsi que les problèmes de conci­ liation travail-famille sont liés à des symptômes plus élevés. • Le genre, l’âge, les problèmes de santé chroniques, la consommation d’alcool et de tabac, la pratique de l’activité physique, les traits de personnalité et les événements stressants de l’enfance contri­ buent également aux symptômes de santé mentale.

Les pratiques de gestion des ressources humaines Nous avons analysé les taux de réclamations à l’assureur pour problèmes de santé mentale des employés sur une période de trois ans7. Les 63 établissements participants ont été classés selon qu’ils étaient efficaces (taux de réclamation inférieur à la médiane de la population cliente de l’assureur) ou peu efficaces (taux de réclamation supérieur à la médiane). Ensuite, 63 pratiques de gestion de la santé et du mieux-être ont été classées selon trois niveaux : macro (communication et expression-régulation des risques), méso (conditions de travail) et micro (l’individu lui-même). • Les établissements efficaces se distinguent en développant des pratiques touchant la conception des tâches (ex. : participation des employés aux décisions), les demandes du travail (ex. : contrôle de la charge de travail), les gratifications (ex. : perspective de carrière), l’activité physique (ex. : abonnement à un centre sportif) et la conciliation travail-famille (ex. : horaire flexible de travail). Les établissements qui s’investissaient dans l’un ou l’autre

de ces cinq domaines de pratiques de gestion avaient entre 2,2 et 6,8 fois plus de chances d’être efficaces en santé mentale. • Les pratiques de gestion se classent selon trois approches d’inté­ gration des niveaux macro, méso et micro : laisser-faire, partiellement intégrée, intégrée. L’approche intégrée, dans laquelle les établissements développent simultanément des pratiques tou­ chant la conception des tâches, les demandes, les gratifications, l’activité physique, la nutrition et la conciliation travail-famille, était une caractéristique forte des établissements efficaces (2,8 fois plus de chances d’être efficaces en santé mentale). • Le portrait de six études de cas d’établissements efficaces8 suggère que l’approche intégrée est une stratégie efficace pour réduire les taux de réclamation pour problème de santé mentale et que l’investissement dans les pratiques de santé et de mieux-être au travail est également à la portée des petites et moyennes entreprises.

Prévenir les problèmes En conclusion, l’étude Salveo a permis de mieux comprendre les facteurs du travail, hors travail et individuels qui sont associés aux symptômes de santé mentale ainsi que les pratiques de gestion à mettre en place pour prévenir ces problèmes chez les travailleurs. La prévention et l’intervention à cet égard sont à la portée de toutes les entreprises. K Références Les références indiquées dans cet article sont disponibles sur notre site Internet (asstsas.qc.ca/OP401014).

Méthodologie L’étude a été conduite avec le soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada et du Fonds de recherche du Québec-Santé. Les données ont été recueillies entre 2009-2012 auprès de 2162 travailleurs et 75 représentants des ressources humaines de 63 milieux de travail au Québec. Les milieux de travail étaient diversifiés aux plans du secteur économique, de la taille et de la syndicalisation. Aussi, 401 employés de 34 milieux de travail ont accepté de participer à un volet comportant la prise d’échantillons de salive pour la mesure des concentrations de cortisol et d’alpha-amylase à raison de cinq échantillons par jour (au réveil, 30 minutes après le réveil, à 14 h, à 16 h, au coucher) pendant trois jours (deux jours de travail et une journée de repos).

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L’étude «Brocoli» pour connaître les pratiques de gestion favorables Caroline Biron Professeure agrégée, Département de management, Université Laval caroline.biron@fsa.ulaval.ca

Au Canada, le coût attribuable aux problèmes de santé psy­ chologique s’établirait à 51 milliards de dollars1. Il est re­ connu que des risques psychosociaux (RPS) tels qu’une dEmande psychologique élevée, une faible latitude dÉcision­­nelle, un faible soutien social et un déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance reçue au travail con­ tribuent au développement de problèmes de santé psycho­ logique. De plus en plus de preuves scientifiques appuient la pertinence d’intervenir sur les RPS pour amé­­­­liorer la santé psychologique en milieu de travail2-4. Le projet de recherche a été informellement baptisé « Brocoli » puisque la gestion des RPS représente souvent le « brocoli dans l’assiette » des gestionnaires et des organisations. Ce projet avait comme intérêt une meilleure connaissance des conditions qui in­fluen­cent la mise en œuvre des démarches préventives en matière de RPS. Nous voulions aussi en savoir plus sur les conditions qui permettent aux gestionnaires d’adopter des pratiques de gestion favorisant la santé psychologique de leur personnel.

«

Dans un projet d’intervention, on commence par implanter les actions faciles. C’est la tarte au sucre. La gestion des risques

»

psychosociaux, c’est le brocoli. Une gestionnaire

notamment sur la charge de travail, les ressources auxquelles les employés ont accès pour réaliser leur travail et faire face aux diffé­ rentes contraintes, leur latitude décisionnelle ainsi que sur leur accès à diverses formes de soutien social10.

Mise en contexte

Photo : istock.com

Plusieurs études indiquent que le comportement des gestionnaires contribue de manière importante au bien-être des employés qu’ils dirigent8-9. Les gestionnaires ont une influence importante sur la pré­vention des RPS,

Face aux RPS, les efforts sont encore timides et environ 60 % des démarches de changement se soldent par un échec. OP

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Le gestionnaire, sa santé psychologique et son contexte de travail un effet de cascade

Climat organisationnel favorable à la santé psychologique

Environnement psychosocial positif (latitude décisionnelle, bonnes relations avec subordonnés)

Malgré tous ces constats, on ne s’entend pas toujours sur ce qui permet d’agir de manière efficace. La gestion des RPS représente souvent « l’enfant pauvre » des démarches préventives en santé psychologique. On se limite souvent à sensibiliser le personnel aux saines habitudes de vie ou à la gestion du stress par exemple. Face aux RPS, les efforts sont encore timides et environ 60 % des démarches de changement se soldent par un échec 5-7.

Entraves et aides à une démarche préventive Les conclusions de la recherche révèlent que le manque de proxi­ mité des gestionnaires, les relations tendues entre les membres d’une équipe et la complexité des démarches sont des obstacles à la gestion des RPS. Le manque d’outils d’intervention pour les gestionnaires en est un autre. Les besoins les plus fréquemment cités sont la formation, le coaching et le soutien social (par exemple par le biais d’un program­me d’aide aux gestionnaires, des groupes de co-développement ou, encore, l’accès à un consultant externe).

Bonne santé psychologique du gestionnaire Adoption de pratiques de gestion favorisant la santé psychologique du personnel

Par ailleurs, l’engagegement de la direction dans la démarche est le facteur facilitant le plus rapporté par les participants. Les autres sont l’intégration de la démarche à la planification stratégique, une bonne stratégie de communication pour promouvoir la démarche, des ressources et de l’expertise internes et externes et, finalement, des outils disponibles pour les gestionnaires. Les gestionnaires qui adoptent des pratiques de gestion favorisant la santé psychologique de leur personnel font état de plusieurs conditions facilitantes.

Ce n’est pas tant la surcharge de travail des gestionnaires qui les empêche d’adopter des pratiques de gestion des RPS, mais plutôt leur manque de marge de manœuvre à cet égard.

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Climat de sécurité psychosociale

On réfère ici aux politiques, aux pratiques et aux procédures orga­ nisationnelles pour la protection de la santé et de la sécurité psycho­ logique des travailleurs11. • Engagement de la direction pour la santé psychologique. • Priorité accordée à ce dossier par rapport aux objectifs de productivité. • Effort de communication incluant l’écoute des préoccupations des employés. • Participation, consultation et implication de toutes les parties pre­ nantes : syndicats, intervenants en SST, ressources humaines. Les personnes qui perçoivent un climat de sécurité psychosociale élevé rapportent une meilleure santé psychologique12 et moins d’expo­ sition aux RPS comme la charge de travail excessive, un faible degré d’autonomie et un faible soutien social11. Notre étude démontre qu’un climat de sécurité psychosocial élevé fait aussi en sorte que les gestionnaires sont davantage enclins à adopter des pratiques de gestion favorisant la santé psychologique de leurs employés. Latitude décisionnelle

La marge de manœuvre est un facteur déterminant. Contrairement à ce qui est fréquemment véhiculé, ce n’est pas tant la surcharge de travail des gestionnaires qui les empêche d’adopter des pratiques de gestion des RPS, mais plutôt leur manque de marge de manœuvre à cet égard. Relation avec les subordonnés

Ici, l’étude concorde avec des études précédentes montrant que le soutien des gestionnaires a un effet déterminant et positif sur le bienêtre des employés13. Il ressort également qu’un des facteurs favorisant la présence de ce soutien est l’attitude même des employés. Les gestionnaires étant humains, ils sont davantage enclins et ont plus de fa­cilité à offrir leur soutien aux employés ayant une attitude positive à leur égard. La santé psychologique est donc une responsabilité partagée. Santé psychologique des gestionnaires

Enfin, l’étude suggère que les pratiques des gestionnaires sont influencées par leur propre santé psychologique. Ceux qui rapportent peu de détresse psychologique seraient davantage en mesure d’adop­ ter des pratiques qui favorisent la santé psychologique de leurs em-

«

Je pense que ça bloque parce que les gestionnaires ne savent pas par quel bout prendre les RPS. Les comités ne savent pas

»

sur quoi travailler exactement, comment amener ce dossier. Un gestionnaire

ployés. Ici, le vieux proverbe « charité bien ordonnée commence par soi-même » s’avère de mise. En effet, on ne peut pas offrir aux autres ce que l’on ne possède pas.

La prévention en cascade Il semble se produire un effet de cascade quant aux facteurs influençant les démarches préventives et les pratiques de gestion. Ainsi, les gestionnaires percevant que leur organisation se préoccupe de la santé psychologique sont plus enclins à adopter des pratiques de gestion favorables. L’adoption de ces pratiques est par ailleurs influencée par leur propre santé mentale et leur propre environnement psychosocial. Lorsqu’une direction planifie des interventions préventives à l’in­ tention des gestionnaires, on peut penser qu’il se produira une succession d’actions qui aura une influence positive sur la santé psychologique des personnes supervisées par ces gestionnaires. K Références BIRON, Caroline. Pratiques de gestion et santé psychologique du personnel : présentation du projet de recherche Brocoli, ASSTSAS, Webinaire (asstsas.qc.ca/ 2016-008). BIRON, Caroline, et autres. « Conditions facilitant l’appropriation de démarches préventives en santé psychologique au travail par les gestionnaires », RR-921, IRSST, 2016, 90 p. (irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100867/n/ demarches-preventives-sante-psychologique-au-travail). Les références indiquées dans cet article sont disponibles sur Internet (asstsas. qc.ca/op401017).

Méthodologie Quatre organisations engagées dans une démarche de prévention en santé psychologique au travail ont participé à cette étude (longitudinale) d’une durée de 18 mois. Pour documenter les facteurs facilitant et entravant l’appropriation des démarches organisa­ tionnelles en santé psychologique, 25 entrevues individuelles avec des gestionnaires et des intervenants clés ont été réalisées. Pour évaluer les facteurs influençant l’adoption de pratiques de gestion favorables, 118 gestionnaires ont répondu à des questionnaires.

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KOMPASS - Marcher en direction de ce qui compte vraiment Laurence De Mondehare

Simon Grégoire

Doctorante en psychologie du travail Université du Québec à Montréal (UQAM) Formatrice, clinique Mindspace (mindspaceclinic.com)

Psychologue du travail, professeur-chercheur, UQAM Directeur, Groupe de recherche et d’intervention sur la présence attentive (gripa.uqam.ca)

La dernière réforme du réseau de la santé et des services sociaux a entraîné de profonds changements dans l’orga­ nisation du travail. Il n’est pas étonnant que de nombreux travailleurs se sentent déboussolés et stressés. Il n’est pas surprenant non plus que plusieurs aient cette étouf­ fante impression que le temps s’accélère, que leur charge de travail ne cesse de s’accroître ou encore qu’ils perdent peu à peu leurs repères et leur vitalité.

Apprendre à gérer le stress Dans l’objectif d’aider les professionnels de la santé à mieux gé­ rer leur stress, des membres du GRIPA ont créé les ateliers KOMPASS1. Ceux-ci s’inspirent de l’approche d’acceptation et d’engagement, soit une approche comportementale et cognitive de troisième vague éla­ bo­rée aux États-Unis (Hayes, Strosahl et Wilson, 2012). Les ateliers KOMPASS visent à permettre aux employés de cultiver des attitudes d’ouverture, d’attention et d’engagement et de dévelop­ per des processus essentiels à leur bien-être : conscience du moment présent, valeurs, actions engagées, soi observateur, défusion cogni­ tive et acceptation (schéma). Les participants sont amenés à clarifier ce qui donne un sens à leur vie personnelle et professionnelle. À l’aide de différents exercices, ils revisitent leurs valeurs, se fixent des buts, élaborent un plan d’action et s’engagent à poser quotidiennement des gestes pour cons­truire une vie plus enrichissante. Les participants sont invités à ralentir et à souffler un peu. Ce geste en apparence anodin est en fait un acte de courage, car rien autour d’eux n’encourage un tel ralen­ tissement. Les employés ont, au contraire, l’impression de constam­ ment devoir carburer à l’urgence.

Résultats de l’étude Durant l’hiver 2015, nous avons réalisé un essai randomisé con­ trôlé afin d’évaluer la portée des ateliers KOMPASS et avons offert ceux-ci aux employés des anciens établissements Centre de réadap­ tation Estrie et Agence de la santé et des services sociaux de l’Estrie (De Mondehare, Grégoire, Morin et Nedelcu, 2016). Les résultats de cette étude montrent que les ateliers permettent de réduire de ma­ nière importante le niveau de détresse psychologique des employés (ex. : irritabilité/agressivité, anxiété/dépression) et d’accroître leur bien-être psychologique (ex. : bonheur, équilibre). Cette étude révèle aussi que plus les employés s’engagent dans des actions en adéqua­ tion avec leurs valeurs personnelles, plus ils rapportent des indices de bien-être élevés et des indices de détresse faibles. OUVERT

CENTRÉ

ENGAGÉ

Moment présent Acceptation

Valeurs

Défusion

Actions engagées Soi observateur

Les participants sont amenés à clarifier ce qui donne un sens à leur vie personnelle et professionnelle. OP

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Cette étude révèle aussi que plus les employés s’engagent dans des actions en adéquation avec leurs valeurs personnelles, plus ils rapportent des indices de bien-être élevés et des indices de détresse faibles. Les résultats de notre étude vont dans le même sens que les ré­ sultats obtenus par d’autres. Bien que l’approche d’acceptation et d’engagement soit encore peu connue dans les organisations québé­ coises, elle a été implantée avec succès au cours des dix dernières années un peu partout à travers le monde (Flaxman, Bond et Livheim, 2013). Les études empiriques menées à partir de cette approche sug­ gèrent que celle-ci constitue une manière efficace de promouvoir le mieux-être en milieu de travail et de prévenir les problèmes associés au stress, à l’anxiété, à l’épuisement ou à la dépression chez les em­ ployés. Les ateliers KOMPASS, proposés dans le cadre de projets de re­ cherche, ne constituent pas une solution miracle aux problèmes de

santé psychologique des employés. Ils gagnent à être utilisés con­ jointement avec des interventions organisationnelles portant, par exemple, sur l’organisation du travail. Cela dit, nous sommes d’avis que dans un climat de travail marqué par la confusion, l’urgence et la perte de repères, ces ateliers peuvent s’avérer salutaires pour bon nombre d’employés qui souhaitent marcher un peu plus en direction de ce qui compte vraiment pour eux. K Références 1. En Allemand, KOMPASS signifie boussole. Les références liées à cet article sont disponibles sur Internet (asstsas.qc.ca/ op401020).

Les ateliers KOMPASS

Grâce à des exercices expérientiels et contemplatifs tels que la méditation, les participants sont encouragés à prendre une pause et à cultiver leur présence attentive (mindfulness – pleine conscience). Les exercices leur permettent de gérer de façon constructive les diverses émotions difficiles qu’ils vivent dans le cadre de leur travail (ex. : colère, peur), sans chercher à les contrôler ou à les éviter. Les participants apprennent ainsi à mieux faire face à des situations spécifiques (ex. : interagir avec un client ou un patient difficile).

Kompass

KOMPASS représente huit heures de formation scindée en ateliers de deux heures. Ces ateliers sont offerts à des groupes d’environ 15 employés par une équipe de formateurs chevronnés. Pour en savoir plus, visiter le site Internet (projetkompass.weebly.com).

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Communiquer avec le client, un enjeu important Sylvain LeQuoc slequoc@asstsas.qc.ca

La communication joue un rôle important dans nos relations au travail, autant avec les collègues qu’avec les clients. Elle contribue à établir le contact avec l’autre. Lorsque réfléchie et constructive, elle participe au bon climat de travail. En présence d’un client difficile, la communication offre aussi différentes stratégies pour éviter l’escalade. Voici quelques situations possibles entre un technologiste médical qui procède aux prélèvements sanguins et différents clients. L’exemple s’applique facilement à toute autre situation qui implique les contacts directs avec la clientèle.

Accueillir le patient Avant de procéder au prélèvement sanguin, vous accueillez vos patients avec un « Bonjour, je m’appelle… » et « Comment allezvous ce matin ? ». Ces quelques mots bien simples établissent une relation avec les clients. Dans les Lignes directrices applicables aux prélèvements sanguins1, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique : « L’un des principaux déterminants de la qualité des soins en phlébotomie réside dans l’implication et la coopération du patient, qui sont bénéfiques à l’agent de santé comme au patient lui-même ». Nous résumons « implication » et « coopération » par un seul terme : relation. Il ne peut y avoir de soins sans relation. Comme pour tous les autres soins, le prélèvement sanguin implique d’entrer en relation et de communiquer avec le patient.

Reconnaître les sources d’inquiétude Soyez attentifs aux situations susceptibles d’être considérées comme stressantes par les clients qui semblent un peu plus inquiets. Ce qui inquiète plusieurs d’entre eux, c’est probablement la piqûre en soi. Voici quelques paroles pour les rassurer. • « Seulement quelques minutes et nous aurons terminé ! » (espoir) • « J’en fais beaucoup de prises de sang... » (expérience) • « Moi aussi je dois passer des prises sang. Je sais que ce n’est pas toujours agréable, mais... » (empathie) • « Vous pouvez arrêter la procédure à tout moment... » (contrôle) Outre la piqûre, d’autres situations s’avèrent inquiétantes pour vos patients. Pour compliquer les choses, ce qui est stres­sant pour une personne ne l’est peut-être pas pour une autre. Il y a tout de même des ingrédients clés du stress. La professeure Sonia Lupien2 et son équipe de recherche ont découvert que les gens pro­duisent une réponse de stress lorsqu’ils sont exposés à une situation comprenant l’une ou plusieurs des caractéristiques suivantes : contrôle faible, imprévisibilité, nouveauté et égo menacé (CINÉ - encadré 1).

Intervenir auprès des clients plus difficiles Qu’est-ce qu’un patient difficile ? Pour certains soignants, il peut s’agir d’un patient irrespectueux. Pour d’autres, c’est un patient qui ne collabore pas bien. En effet, la notion de clientèle difficile varie d’un soignant à l’autre. L’encadré 2 donne les caractéristiques de quelques profils de clientèles jugées plus difficiles par les technologistes médicaux affectés au prélèvement. Voici quelques stratégies à adopter.

Comme pour tous les autres soins, le prélèvement sanguin implique d’entrer en relation et de communiquer avec le patient. OP

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Il peut être question d’agression verbale ou physique lorsque des actes, des gestes ou des paroles ont comme conséquence de provoquer de l’inconfort ou de la crainte quant à sa propre sécurité. Cela définit ce qu’est une agression, mais n’indique pas le profil du client devant vous. Pour agir adéquatement auprès d’une personne agressive ou irrespectueuse, il faut savoir la décoder. • Les personnes en perte de contrôle : il s’agit du profil de clients agressifs le plus fréquent dans les centres de prélèvement. Ces clients vivent de la détresse et ont besoin d’une oreille attentive. Malgré le temps qui semble toujours manquer, prenez un moment pour vous arrêter et les écouter. Cherchez à comprendre leurs besoins ou leurs émotions (douleur, sentiment d’injustice, faim). Bien souvent, la tension redescend de quelques crans lorsque le client sent que l’on reconnaît son malheur et que l’on tente de trouver une solution. • Les personnes en prise de contrôle : elles constituent la deuxième catégorie de clients agressifs. Ils ne sont pas en détresse, mais cherchent plutôt à vous intimider afin d’obtenir ce qu’ils veulent. Par exemple, exercer une pression sur le personnel soignant afin de tenter de passer avant son tour. Pour encadrer les patients de ce profil, l’objectif du soignant est de les responsabiliser afin qu’ils comprennent bien les conséquences qui peuvent découler de leur comportement indésirable. Vous devez exprimer clairement les exigences, par exemple : « Monsieur, vous devez re­tourner dans la salle d’attente et attendre qu’on vous appelle ».

1

Reproduction avec l’autorisation de l’OPTMQ - Crédit : OPTMQ, Christine Bourgier, photographe

Clients agressifs ou irrespectueux

Si la consigne n’est pas respectée, indiquez au client que vous ne pourrez pas poursuivre avec le prélèvement. Les politiques de l’éta­ blissement doivent être claires à ce sujet. Le patient peut alors choisir de retourner dans la salle d’attente ou d’aller se faire traiter ailleurs. S’il insiste pour passer devant tout le monde, prétextant qu’il est très

CINÉ - Les ingrédients du stress2

Contrôle faible Une personne sent qu’elle n’a aucun contrôle sur la situation Les nouvelles heures d’ou­ver­ture du centre de prélèvement entraînent une certaine grogne chez les clients

Imprévisibilité Quelque chose de complètement inattendu se produit ou, encore, il est impossible de savoir à l’avance ce qui va se produire Comment réagira un enfant lors de sa première prise de sang

Nouveauté Quelque chose de nouveau, jamais expérimenté, se produit La première expérience auprès d’un patient atteint de démence

Égo menacé Les compétences et l’égo d’une personne sont mis à l’épreuve Un patient se sent injustement traité : « Comment ça se fait qu’une personne passe devant moi ? Ne suis-je pas aussi important que les autres patients ? »

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pressé ce matin-là, vous pourrez procéder à la deuxième stratégie qui consiste à lui offrir une autre solution. Par exemple, vous lui propo­se­rez de revenir à un autre moment où il risque d’y avoir moins d’acha­lan­ dage. La balle est alors dans son camp ! • Les personnes irrespectueuses : avec les clients qui manquent parfois de civisme, il faut prendre conscience qu’ils ne sont pas pour autant agressifs ou dangereux, même s’ils font des remar­ques désobligeantes, manquent de politesse ou ne sont pas des plus agréables. Dans un langage plus familier, vous auriez tendance à les qualifier de « pas de classe ». Avec les clients de cette catégorie, il faut rappeler votre rôle et revenir à l’essentiel, soit la prise de sang : « Vous savez, pour bien faire mon travail, j’ai besoin de concentration. Quelques moments de silence vont m’aider à vous donner un meilleur service. » Si cela ne fonctionne pas, il faut les responsabiliser afin qu’ils comprennent bien les conséquences possibles de leur comportement désagréable.

Client anxieux

Votre mission sera de déterminer ce qui cause cette anxiété chez le client. Prenons le cas d’une mère qui accompagne son fils de trois ans à sa première prise de sang. Vous sentez la mère très anxieuse. Quelques éléments peuvent être stressants dans cette situation. • Face à l’aiguille, il est tout à fait normal que l’enfant ressente de la peur et de l’insécurité. Il s’agit pour lui d’une situation tout à fait nouvelle et il ne sait pas trop à quoi s’attendre. • Voyant son enfant inquiet, le parent accompagnateur peut se sentir impuissant face à une situation qu’il ne peut maîtriser entièrement. Parmi les quatre ingrédients du stress reconnus dans l’approche

TYpes de clientèles difficiles

Patient agressif Le patient est agressif avec le personnel ou menace de l’être. Si le soignant parvient à comprendre les motivations du comportement agressif, il pourra mieux intervenir et agir sans se laisser envahir par la peur et le stress. Vaut mieux tenter de comprendre le patient que de le juger. Perte de contrôle : difficulté émotionnelle, douleur physique ou psychologique, sentiment d’injustice, situation s’apparentant à une mauvaise expérience passée. Prise de contrôle : abus de pouvoir, manipulation, intimidation.

Patient irrespectueux Ce patient dérange pour diverses raisons : manque de politesse ou de respect, remarques désobligeantes ou grossières, etc. Il n’est pas nécessairement agressif, mais son compor­tement heurte les soignants. Ces derniers sentent leur égo menacé. Incivilité : gestes inappropriés, commentaires racistes ou sexistes, manque de politesse ou de respect.

Patient anxieux La peur de se faire piquer peut rendre ce patient (ou ses parents) très anxieux. Il faut savoir être rassurant.

Patient atteint de démence Les problèmes de communication engendrés par les pertes cognitives peuvent déstabiliser le technologiste médical.

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Le piège est de se sentir visé (« le prendre personnel ») lorsque ces personnes formulent leurs commentaires. Évitez d’activer votre bouton d’alarme intérieur (estomac qui se crispe, tension physique, irritation, frustration). Remarquez que la ligne est parfois mince entre le « pas de classe » et le patient de type « prise de contrôle » !


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Le piège est de se sentir visé (« le prendre personnel ») lorsque ces personnes formulent leurs commentaires. CINÉ, lesquels sont présents dans cette situation ? À l’origine des sen­timents d’impuissance, d’insécurité ou de peur ressentis par vos clients, on retrouve deux des quatre ingrédients du stress : contrôle faible et nouveauté. En redonnant une certaine forme de contrôle à la mère et en rassurant l’enfant à chacune des étapes du prélèvement, vous pourrez briser la courroie de transmission de l’anxiété entre la mère et l’enfant (encadré 3).

En général, ça se passe bien Malgré le fait que plusieurs clients séjournent un certain temps dans la salle d’attente avec l’estomac vide et le taux de sucre en baisse, les prélèvements sanguins se passent plutôt bien dans la plupart des cas. Lorsqu’un client plus difficile se présente au centre de prélèvement, vous devez savoir intervenir. Les différentes stratégies abordées ici pourront vous faciliter la tâche. K

Client atteint de démence

Une personne âgée très désorientée et confuse peut avoir perdu la capacité de mémorisation, à court ou moyen terme, mais ses souvenirs anciens subsistent longtemps. Sa capacité à éprouver des émotions, à ressentir du bien-être ou un malaise, à apprécier une qualité relationnelle est toujours présente. Même s’il peut vous sembler inutile de parler à un client qui ne comprend plus vos paroles, la douceur de votre voix atteindra sa mémoire affective. Le client se sentira respecté et en sécurité. L’encadré 4 indique quelques repères pour entrer en relation avec ce type de client.

3

Rassurer un client anxieux

Références Une autre version de cet article a été publiée par l’Ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec, Le Labexpert, vol. 7, n° 4, décembre 2016. 1. OMS. Lignes directrices de l’OMS applicables aux prélèvements sanguins : meil­ leures pratiques en phlébotomie, 2010. 2. LUPIEN, Sonia. Par amour du stress, Éditions au Carré. 2010.

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Prenons l’exemple de la mère qui accompagne son enfant à sa première prise de sang.

Établir un contact > Faire face au client, le regarder dans les yeux. > Se présenter au client en se nommant. > S’adresser au client par son nom ou en lui fournissant

Concrètement, le parent doit sentir que vous prenez en charge la douleur de son enfant. Dites-leur que « l’on peut arrêter le geste à tout moment ». Autant le parent que l’enfant auront l’impression de ne pas être seuls, mais bien que vous êtes avec eux pour faire face à leur peur. Invitez le parent à distraire l’enfant à l’aide de jouets, par exemple. Habituellement, un meilleur climat relationnel s’installe lorsqu’on permet aux parents de rester auprès de leur enfant.

des indices qui lui permettront de se situer. > Toujours obtenir l’attention du client (contact visuel) avant de donner une consigne ou de le toucher.

Maintenir la relation > Parler clairement, lentement et de manière courtoise. > Éviter les questions ouvertes (Est-ce que vous pouvez m’aider pour faire cette prise de sang ?) ; utiliser un mode affirmatif (SVP, dépliez votre bras.). > Annoncer les gestes avant de les faire (Je vais utiliser un tampon d’alcool. Ça sera un peu froid sur votre peau.). > Formuler des phrases courtes, entrecoupées de brèves pauses, éviter la surcharge sensorielle. > En cas d’incompréhension, répéter ou reformuler, mimer l’action au besoin. > Faire diversion. Si le client se montre anxieux, le faire parler de sa vie passée, des passe-temps qu’il aimait, de son métier, etc.

Aussi, vous pourriez vous-même éprouver de l’anxiété à cause de la présence d’un parent : être jugé, mal accomplir le geste sous le regard de la mère, perdre la maîtrise de la situation. En obtenant la participation du parent, vous aurez l’impression de faire équipe avec lui plutôt que de jouer dans le camp adverse. Si vous pensez que le parent est phobique des piqûres, proposez-lui de se faire remplacer par un de vos collègues. Le parent devrait accepter l’invitation s’il a le sentiment que l’expérience sera moins pénible pour lui et pour son enfant.

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La charge de travail, c’est une question d’équilibre Lucie Legault llegault@asstsas.qc.ca

Comment analyser la charge de travail et la gérer effica­ cement ? Mieux comprendre ce facteur de risque pour la santé psychologique permet d’accroître sa capacité à in­ tervenir dans une dimension importante du travail. Les relations interpersonnelles (communication, collaboration dans l’équipe, soutien du gestionnaire, etc.) ont une grande influence sur la qualité de vie au travail. Au même titre, la charge est un facteur de risque souvent rapporté comme déterminant de la santé psycho­lo­ gique. Prenons l’exemple d’Audrey, une archiviste médicale. Depuis quel­ ques temps, elle se sent souvent fatiguée, stressée et démotivée au travail. Elle décide de rencontrer son gestionnaire. En mettant les pieds dans son bureau, elle lui lance : « Ça ne va pas, j’ai trop de tra­ vail, je n’y arriverai pas... »

Bonne performance et bien-être Les gestionnaires gagnent à analyser en détail le problème d’un employé qui se présente avec un enjeu de charge de travail. Ils ver­ ront sans doute des solutions en évaluant les différents aspects du travail. Ainsi, le gestionnaire d’Audrey prendra le temps de lui poser davantage de questions : « Regardons ça de plus près. Qu’est-ce qui ne va pas ? « Est-ce qu’il y a trop de dossiers pour des délais trop serrés ? Est-ce que les attentes, les priorités, les tâches te semblent raisonnables et claires ? As-tu de la marge de manœuvre pour orga­ niser ton travail ? Les équipements à ta disposition et la formation sont-ils adéquats ? Obtiens-tu la collaboration dont tu as besoin de tes collègues ? »

De même, un employé a tout intérêt à cerner plus efficacement les aspects de sa charge qui alimentent ou nuisent à son bien-être et à sa performance au travail. Il peut alors parler de façon plus précise à son gestionnaire. Ainsi, il augmente les chances que celui-ci soit ré­ ceptif et qu’ils trouvent, ensemble, une solution satisfaisante. À la rencontre avec son gestionnaire, Audrey lui dit : « Je me sens surchargée depuis quelques temps et j’aimerais bien faire le point avec toi à ce sujet. À la dernière réorganisation, les dossiers ont été répartis en nombre égal mais, pour moi, cette répartition n’est pas équitable. Certains dossiers sont plus complexes car ils nécessitent davantage de temps et de concentration. » Selon le Bureau international du travail, « La bonne performance et le bien-être des travailleurs dépendent des ajustements de la charge de travail au sein d’une équipe. Il faut pour cela une étroite coopéra­ tion entre les supérieurs hiérarchiques et les travailleurs1. » Une bonne compréhension de cette dimension du travail et de tous les enjeux qui s’y rattachent est essentielle.

Une évaluation nécessaire L’évaluation de la charge se conçoit dans l’adéquation entre les demandes formulées à la personne et les ressources dont elle dispose pour y répondre. La charge devient adéquate lorsque la personne est « capable de répondre de façon satisfaisante aux exigences de ses tâches et responsabilités dans les délais dont elle dispose, et ce, sans compromettre sa santé et sa sécurité ainsi que celles des autres2 ». Dans le cas contraire, on parlera de surcharge lorsque les exi­ gences dépassent les ressources (énergie, temps, savoirs et compé­ tences), de sous-charge lorsque les capacités de la personne sont

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Alors qu’une charge excessive risque d’amener une personne à la démotivation et au désengagement par épuisement, une sous-charge ou une « misscharge » la conduiront à l’épuisement par démotivation et désengagement. L’analyse de la charge de travail Une charge de travail adéquate permet de maintenir de bonnes performances, d’offrir des normes de qualité stimulantes (plutôt que contraignantes) et d’assurer la santé et la sécurité pour tous, clients et travailleurs. Lorsque des commentaires sont formulés sur la charge de travail, il est important de les analyser. L’enjeu se situe souvent à plusieurs niveaux. • Les types de charge : selon les tâches, la personne est plus ou moins sollicitée dans ses ressources physiques, émotionnelles, cognitives et adaptatives. • Les modulateurs : la satisfaction et le bien-être dépendent gran­ dement du sentiment d’efficacité personnelle et de réussite dans l’atteinte des objectifs. Au-delà du type, du rythme et de la quan­ tité de travail, plusieurs facteurs viennent moduler la perception d’adéquation de la charge de travail. L’étendue des ressources

Photo : Cirque Eloize / Productions Neuvart / Valérie Remise

sous-utilisées ou de « miss-charge » lorsque les ressources de la per­ sonne sont « mal » utilisées, c’est-à-dire sans tenir compte de ses aspirations, de ses forces et de ses intérêts. Alors qu’une charge ex­ cessive risque d’amener une personne à la démotivation et au désen­ gagement par épuisement, une sous-charge ou une « miss-charge » la conduiront à l’épuisement par démotivation et désengagement. Pour Audrey, cela se traduit ainsi. « Toute l’expertise et l’intérêt que j’avais développés dans les dossiers de néonatalité n’ont pas été considérés car je ne traite plus aucun de ces cas. J’ai l’impression de devoir tout recommencer à nouveau. » Au fil de l’échange, le gestion­ naire obtient plus d’informations sur les facteurs contributifs à la surcharge exprimée par Audrey. En plus de l’enjeu d’équité dans la répartition des dossiers, la perte d’expertise et la perte du réseau professionnel et social créé avec l’équipe de néonatalité ont diminué son efficacité.

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Au sein d’une équipe, il est important que le sujet devienne un objet d’échange respectable. Cela permet de discuter régulièrement de la conciliation des priorités, des exigences et des demandes de tout un chacun. Multiples enjeux de la charge de travail

ÉVALUATION ANALYSE

Adéquation entre les demandes et les ressources pour y répondre Types de charge

Physique : force et effort physique requis (poids des charges, degré de difficulté des gestes et des postures, mouvements répétitifs ou statiques, etc.)

Cognitive : processus mentaux (perception, attention, concentration, mémoire, raison­nement, prise de décision, etc.)

Émotionnelle : sollicitation des émotions (transiger avec les attentes et les besoins des autres, etc.)

Adaptative : cumul, chevauchement et rapidité des changements Modulateurs

Personnels : ressources et état interne (connaissances, compétences, expériences, santé physique et psychologique, énergie, sentiment d’efficacité, etc.) Organisationnels : ressources et processus organisationnels (soutien du gestionnaire, entraide entre collègues, autonomie, clarté des rôles, conflits de tâches, attentes et priorités, répartition équitable du travail, sécurité de l’environnement, etc.) Composantes

Charge prescrite : attentes organisationnelles et exigences de performance (description des tâches, rôles et responsabilités, procédures de travail, échéanciers, etc.)

Photo : istock.com

Charge réelle : travail effectué sur le terrain pour surmonter imprévus et contraintes afin de tendre à actualiser la charge prescrite par l’organisation (processus, stratégies et compromis, etc.). Le travail « en attente » fait partie de cette charge Charge vécue/perçue : perception du travail ressentie, sentiment face à la charge, contexte et conditions d’exercice du travail (présence/absence de reconnaissance et de soutien, participation aux décisions, autonomie, etc.)

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dont la personne dispose pour réaliser ses tâches de façon satis­ faisante joue un rôle important dans l’équation. • Les composantes : la charge telle que prescrite, celle effectuée en réalité et celle perçue sont trois autres facettes à considérer pour compléter l’analyse. Audrey exprime certains commentaires à son gestionnaire. « Si on compare mes 40 dossiers avec les 40 de Geneviève et d’Étienne, les actions et les suivis que je dois effectuer pour chacun de mes dossiers sont beaucoup plus exigeants. J’aurais aimé que tu nous consultes, l’équipe et moi, pour déterminer la répartition des dossiers. »

Comment agir efficacement ?

la définissent. Par exemple, même en réduisant le nombre de dossiers qui lui sont attribués, un employé pourrait encore se sentir surchargé. Une surcharge qualitative pourrait être en cause. Ce sentiment attri­ buable à une multitude de facteurs (ambiguïté des attentes, faible sentiment de contribuer à quelque chose d’important, manque de soutien, doute sur son efficacité personnelle, etc.) est souvent plus néfaste que le sentiment de surcharge quantitative. Au fil des années, Audrey avait développé de l’intérêt et de l’expertise pour le secteur de néonatalité. Depuis qu’elle n’avait plus aucun de ces dossiers, son travail lui semblait beaucoup moins intéressant.

Un contexte exigeant

Une organisation proactive reconnaît dans la charge de travail un enjeu important d’équilibre pour la santé du personnel et la perfor­ mance de l’organisation. En effet, une organisation en santé compte moins d’erreurs, d’incidents, d’accidents et d’absentéisme. Le tout se traduit par plus de stabilité, de satisfaction, d’engagement du per­ sonnel et une meilleure qualité de services. Pour parvenir à une charge adéquate, un employé a besoin d’orien­ tations claires et du soutien de son gestionnaire. Ainsi, l’évaluation et la gestion de la charge de travail doivent figurer parmi les principes directeurs de l’établissement afin que les gestionnaires soient pré­ sents auprès du personnel. Pour leur part, les gestionnaires ont be­ soin de marge de manœuvre et d’expertise pour gérer efficacement la charge de travail. Ils doivent s’attarder, par exemple, à l’organisation du travail, l’attribution équitable des tâches, la diminution des stress inutiles, l’utilisation judicieuse des forces de chacun, l’adéquation entre les exigences d’un mandat et les compétences requises pour le réaliser. Au sein d’une équipe, il est important que le sujet devienne un objet d’échange respectable. Cela permet de discuter régulière­ ment de la conciliation des priorités, des exigences et des demandes de tout un chacun. Le gestionnaire est satisfait de la démarche d’Audrey. « Je suis content que tu sois venue me faire part de tes insatisfactions et que tu aies pris le temps de me préciser certains aspects de ta réalité de travail. Je te propose de revoir la répartition des dossiers et de con­ sulter l’ensemble de l’équipe à ce sujet. » La charge de travail est une réalité complexe. Pour la comprendre et l’analyser, il est important de considérer l’ensemble des rouages qui

Dans le réseau de la santé et des services sociaux, les organisa­ tions et les personnes ont intérêt à être optimales dans leur capacité de travail. Le principe de « faire plus, plus vite et avec moins » ne peut suffire pour assurer une performance satisfaisante et durable. Appliqué seul, ce principe met à risque la santé, la sécurité et le bienêtre du personnel au travail. Assurer à chacun une charge de travail adéquate constitue un levier d’action important. Une gestion efficace de la charge de travail par les gestionnaires et les employés réduira les sources de stress. Par le fait même, la satisfaction, le bien-être et le rendement ont de fortes chances d’augmenter. L’absentéisme, le roulement de personnel et le nombre d’incidents et d’accidents risquent fort de diminuer. Finalement, pour Audrey, la discussion avec son gestionnaire a été satisfaisante. « Merci beaucoup de ton écoute et de ton ouverture. Il me semble déjà que j’ai plus d’énergie et de motivation pour re­ prendre le travail ! » K Références 1. BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL. La prévention du stress au travail : liste des points de contrôle. Solutions pratiques pour la prévention du stress au travail, 2013, p. 13. 2. SAMRA, J. et autres. (Inspiré de la fiche sur la gestion de la charge de travail -PSMT FP 9) Protégeons la santé mentale au travail, Centre for Applied Research in Mental Health and Addiction (CARMHA), 2012 (www.strategiesdesantementale. com/Content/images/agenda/pdf/9_Gestion_Charge_Travail_FR.pdf). FOURNIER, P.-S. et autres. Étude exploratoire des facteurs de la charge au travail ayant un impact sur la santé et la sécurité. IRSST, rapport R-668, 2010 (http:// www.irsst.qc.ca/media/documents/pubirsst/R-668.pdf).

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L’Approche relationnelle de soins nourrit le bien-être au travail Nancy Hurtubise

Christelle Labelle

Préposée aux bénéficiaires CHSLD Sainte-Anne, CISSS des Laurentides

Préposée aux bénéficiaires CHSLD Sainte-Anne, CISSS des Laurentides

L’Approche relationnelle de soins (ARS) est arrivée dans notre vie comme un cadeau. Toute l’aventure est très récente. Cet article témoigne de retombées favorables de la formation sur la santé psychologique au travail. Nous avons d’abord réussi la sélection pour devenir formatrices sans trop savoir dans quoi nous nous embarquions. À la suite de la formation donnée par l’ASSTSAS (encadré), nous étions très emballées et avions hâte de transmettre nos connaissances à nos collègues.

Revoir les façons de faire C’est ainsi que les employés du 2C (deux groupes de huit personnes) sont devenus les premiers que nous avons formés. L’ARS redéfinit la façon de travailler. Par exemple, le personnel apprend à reconnaître les feedbacks et à les prendre en considération. Cela diminue l’agressivité du client. Laisser le résident exécuter ce qu’il est capable de faire lui-même. Il se sent alors plus compétent et fier de lui. En plus, il maintient ses capacités.

Une situation de travail difficile Au CHSLD, une unité prothétique fermée accueille les résidents ayant des troubles cognitifs, c’est l’unité 2C. Les cas plus légers sont répartis dans les autres unités de l’établissement. Nos collègues du 2C vivaient plusieurs problèmes dans les soins aux résidents agressifs et perturbateurs et à ceux qui ne veulent pas toujours coopérer. Ces situations entraînaient de l’anxiété et le sentiment de ne pas bien faire son travail, avec pour résultat un grand roulement d’employés. Tout le monde était touché par ces conditions. Les soignants avaient de la difficulté à donner leurs soins. Certains étaient frappés, blessés, injuriés. Quelques-uns ont dû prendre des congés de maladie. D’autres n’offraient plus leurs disponibilités pour travailler dans cette unité. Les familles aussi se sentaient impuissantes face à cette situa­ tion, sans oublier les résidents eux-mêmes. Ce projet ARS a pu se concrétiser grâce à la collaboration de la Direction du programme Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA) et du Service de prévention en SST.

Nouvelle douche pour les résidents de l’unité 2C.

Nos collègues du 2C vivaient plusieurs problèmes dans les soins aux résidents agressifs et perturbateurs et à ceux qui ne veulent pas toujours coopérer. OP

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Le travail devient plus léger et moins épuisant. Les soignants en sortent gagnants et fiers. La formation mène aussi à réfléchir à la notion de performance dans les soins. Qu’est-ce qui importe : un résident propre dans un temps convenu ou des soins donnés dans le respect et la bonne humeur ? Les soignants apprennent à s’adapter en permanence et apprennent aussi qu’ils ont droit à l’erreur. Ils sont mieux outillés pour faciliter leur travail dans le but de rendre le quotidien agréable pour tout le monde. Par exemple, nous avons appris à mieux communiquer avec une dame. Quelle surprise de voir son regard s’illuminer et de l’entendre nous répondre ! Nous pensions qu’elle ne parlait pas. Depuis, nous ressentons tout le bonheur que cela lui apporte. Il est devenu plus facile de lui prodiguer des soins. Autre exemple, il était difficile de prendre soin d’une résidente qui n’aimait pas l’heure du bain. Son histoire de vie nous a appris qu’elle aimait les lacs autrefois. En uti­ lisant sa mémoire affective, nous lui disons que nous l’amenons se baigner au lac. Elle garde son sous-vêtement comme un maillot et, depuis ce temps, le bain se transforme en soin agréable. Les coups deviennent des bisous ! Nos collègues ressentent maintenant du bonheur de leur travail auprès de cette dame. Avec la formation à l’ARS, les membres de l’équipe du 2C ont appris à donner leurs trucs à d’autres collègues. Lors des réunions hebdomadaires, les soignants discutent des problèmes rencontrés et ils trouvent eux-mêmes des solutions pour faciliter leurs journées. La relation entre les employés s’est aussi améliorée. Par exemple, deux Approche relationnelle de soins

collègues refusaient de travailler ensemble. À la suite de la formation, elles ont commencé à discuter en se centrant sur les besoins de leurs résidents. Ces discussions les ont amenées à trouver des solutions communes. Cela les a rapprochées. Depuis, elles travaillent plus en équipe et dans une nouvelle harmonie. Ainsi, les travailleurs ont développé différentes approches afin d’établir un meilleur contact avec les résidents. De plus, quelques modifications ont été apportées dans l’unité, tel l’ajout d’une douche et de nouveaux fauteuils berçants. En peu de temps et avec la meilleure volonté, le bonheur était au rendez-vous. Les employés se sentent écoutés et mieux soutenus. La communication entre les équipes s’est améliorée.

On ne lâche pas ! Nous sommes vraiment satisfaites des résultats. Bien sûr, le travail dans l’unité 2C demeure exigeant, mais le personnel apprécie mieux cette clientèle maintenant. Nous continuons à former et à informer nos collègues afin de diminuer leur anxiété et de trouver des solutions au défi que posent les soins aux personnes qui sont désorientées à cause d’une démence. Le travail devient plus léger et moins épuisant. Les soignants en sortent gagnants et fiers. Les personnes qui ont suivi la formation à l’ARS et qui l’utilisent sont heureuses des résultats et elles font part de leur bien-être à leurs collègues. Cette formation est une révélation qui a changé notre vision du travail. Malgré les contraintes de temps et le manque de personnel, nous poursuivons la réflexion sur ce que nous pouvons faire pour apporter des améliorations. K

L’ASSTSAS offre un programme de formation de formateurs à l’Approche relationnelle de soins visant à assurer de meilleures conditions d’exécution des tâches de soins, tant au plan physique que psychologique. Cette formation s’inscrit dans un contexte de projet organi­ sationnel. Son objectif consiste à soutenir les établissements et, plus directement, à outiller les soignants qui interviennent auprès de personnes vieillissantes présentant des symp­ tômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD). Grâce à des informations théoriques, mais surtout à partir de pratiques formatives avec des résidents, des élé­ ments de SST sont intégrés dans le quotidien des soins. Pour en savoir plus, consultez la rubrique FORMATION sur notre site : asstsas.qc.ca/formations/nos-formations

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Réunion hebdomadaire de l’équipe de 2C. : Danielle Hogue, préposée aux bénéficiaires, Chantal Lessard, thérapeute en réadaptation physique, Sonia Léonard, infirmière, Sylvie Papineau, préposée aux bénéficiaires. NO 1

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Le CoIn de la documentalIste Suzie Désilets sdesilets@asstsas.qc.ca

Désinfecter à s’en rendre malade ?

WEBER, D. J., et autres. “Occupational Health Risks Associated with the Use of Germicides in Health Care”, American Journal of Infection Control, 2016, vol. 44, suppl. 5, p. e85-e89.

KUROWSKI, A., et autres. “Injury Rates Before and After the Implementation of a Safe Resident Handling Program in the Long-Term Care Sector”, Safety Science, 2017, vol. 92, p. 217-224. Illustration : JEan Morin – ASSTSAS (AFFICHE A41)

Les risques infectieux importants dans les établissements de soins entraînent l’utilisation d’une panoplie de produits désinfectants plus ou moins puissants. Tous ces produits chimiques sont depuis longtemps soupçonnés de causer asthme et dermatite de contact. Qu’en est-il vraiment ? Des chercheurs se sont penchés sur la question. Ils ont conclu que l’exposition à certains désinfectants recommandés pour les surfaces en contact direct avec les patients peut causer des allergies respiratoires et cutanées, mais seulement si les mesures de protection appropriées ne sont pas appliquées. Ces allergies seraient extrêmement rares dans le cas contraire. Quant à l’exposition à des désinfectants utilisés pour les surfaces moins contaminées, elle ne présenterait pas un risque important de développer une dermatite ou de l’asthme.

Une entreprise privée de soins de santé aux États-Unis, propriétaire d’un important réseau de centres d’héberge­ ment, a déployé un tel programme : achat d’équipements spécialisés, formation des soignants et élaboration de protocoles sur l’utilisation et l’entretien des équipements. Ensuite, on a comparé les taux de demandes d’indemnité pour TMS avant et après l’implantation du programme, soit après 3 ans et après 4 à 6 ans. Les données proviennent de 136 éta­ blissements où 18 571 soignants (équivalents temps plein) travaillent annuellement. Résultat : le programme a permis de réduire considérablement les indemnités pour TMS, soit 11 % après 3 ans et 14% durant la seconde période d’éva­ luation.

Rentabilité d’un programme de déplacement sécuritaire des bénéficiaires Il ne fait maintenant aucun doute que de déplacer des clients sans l’aide des équipements appropriés accroît considérablement le risque de troubles musculosquelettiques (TMS) pour les travailleurs. Plusieurs études ont aussi démontré qu’un programme de déplacement sécuritaire réduit les coûts d’indemnisation et l’absentéisme, tout en augmentant la satisfaction des soignants et des clients.

HOWARD, N. “Safe Patient Handling & Mobility Programs and Policies: Short Term and Long Term Evaluation”, American Journal of Safe Patient Handling & Mobility, 2016, vol. 6, no 3, p. 130-131.

Virus dans la fumée chirurgicale Il est bien connu que le virus de l’hépatite B (HBV) se transmet par contact direct avec du sang contaminé. Il n’avait pas été clairement démontré que le virus puisse se retrouver aussi sous forme d’aérosol. Une équipe de chercheurs s’est donc employée à échantillonner et à analyser la fumée chirurgicale lors d’inter­ ventions par laparoscopie chez des patients porteurs du virus. Le HBV a été détecté dans la fumée chirurgicale de 10 cas sur les 11 cas analysés. Ils ont donc conclu que le HBV est décelable dans la fumée chirurgicale des patients infectés sous une forme aéorosolisée. KWAK, H.D., et autres. “Detecting Hepatitis B Virus in Surgical Smoke Emitted during Laparoscopic Surgery”, Occupational and Environmental Medicine, 2016, vol. 73, no 12, p. 857-873.

abonnez-vous au blogue Pour être informé chaque mois des publications récentes en SST, RENDEZ-VOUS au Coin de la documentaliste de l’ASSTSAS : HTTPS://asstsascoindoc.wordpress.com OP

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nouveautés PRODUITS GRATUITS

jusqu’à épuisement des stocks ou à télécharger asstsas.qc.ca

* disponibles en version anglaise GUIDE DE PRÉVENTION POSTE D’ACCUEIL Repères pour concevoir un poste sécuritaire et fonctionnel, pour corriger les déficiences d’un poste existant et pour définir le concept correspondant le mieux à vos besoins.

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En lien avec l’Approche relationnelle de soins, méthode qui facilite l’exécution des soins lorsque les rétractions chez certains clients représentent une contrainte. FT14

AFFICHE ÉQUIPEMENTS DE PROTECTION INDIVIDUELS Aide-mémoire des étapes à suivre avec les ÉPI : se préparer, mettre et retirer les ÉPI, se laver les mains. A70


L’ampleur, la gravité et la persistance des troubles musculosquelettiques (TMS), leurs conséquences néfastes pour les travailleurs et les organisations sont autant de motifs qui justifient les efforts importants à investir en prévention. Les colloques 2017 sont l’occasion de réfléchir au leadership en SST et aux stratégies à mettre en place pour cibler les TMS.

Les leviers de la prévention • Usez de votre influence

Coût

• Utilisez un argumentaire financier

• 150 $ Secteur

• Communiquez pour mieux prévenir les TMS

• 300 $ Hors secteur

• Découvrez les obstacles et les leviers pour l’utilisation des PDSB • Diagnostiquez les TMS liés à la manutention de clients • Observez les tendances en matière de déplacement de clients

Le programme complet ainsi que le formulaire d’inscription sont disponibles uniquement sur notre site Internet. asstsas.qc.ca – section ÉVÉNEMENTS

Quatre dates – Un même événement SONDAGE LES ÉQUIPEMENTS POUR LE DÉPLACEMENT DES BÉNÉFICIAIRES Vous travaillez dans un CISSS, un CIUSSS ou un CHU et le déplacement des bénéficiaires fait partie de votre tâche ? Faites-nous connaître votre opinion sur les différents équipements de déplacement. Les résultats du sondage seront présentés dans OP et lors des colloques régionaux 2017. asstsas.qc.ca/sondage-equipements

8 h 30 - 16 h 30

• Jonquière - 19 avril - Hôtel et centre des congrès Delta Saguenay • Lévis - 27 avril - Centre de congrès et d’expositions de Lévis • Mirabel - 2 mai - Club de golf Les quatre domaines • Longueuil - 9 mai - Hôtel Sandman Ces activités sont réservées aux cadres, aux travailleurs ainsi qu’aux représentants des associations patronales et syndicales, aux préventionnistes et aux membres des comités paritaires de SST des établissements du secteur de la santé et des services sociaux.

OP Vol . 40, No 1, Février 2017  

Dossier : La santé psychologique – Développez vos habiletés ! Ce dossier offre des indications pour améliorer vos aptitudes à reconnaître l...

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