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agenda Evénements, festivals et loisirs pour tous

EN DIRECT DES 7 PAYS

15 pages d’infos locales L’ILLE-ET-VILAINE EN MOUVEMENT

Le budget fait table rase

Comprendre

Un plan à 10 ans pour mettre nos poubelles au régime N° 91 • octobre-novembre-décembre 2010

Le magazine du Conseil général d’Ille-et-Vilaine

ESCAPADE

La Bogue d’Or de Redon www.nousvousille.fr

ALERTEZ LES BÉBÉS ! > POURQUOI L’ACTION SOCIALE COMMENCE À LA CRÈCHE > « PARLER BAMBIN » UNE IDÉE QUI VA FAIRE JASER

À table

A la crèche les P’tits loups du Rheu, Timothy, 21 mois.


SOMMAIRE ILS FONT L’ILLE-ET-VILAINE

L’ILLE-ET-VILAINE EN MOUVEMENT

Cécile Houget Son boulot : nous réconcilier avec les sciences. P.4

Virginie et Élodie Choupault

DR

Quand deux sœurs se lancent dans une belle aventure humanitaire. P. 5

APPRENDRE LES COMPORTEMENTS QUI SAUVENT

Cie Le Joli Collectif

Les sapeurs-pompiers font de la formation dans les collèges.

Un quatuor de choc fait revivre le Théâtre de Poche P. 5 de Hédé . PHOTO CHARLES CRIÉ

P. 6

LE DÉPARTEMENT CONTRE LA LÉGIONELLE L'Institut en santé agro-environnement traque la légionelle dans tous les établissements recevant du public. P. 8

COMMENT BOUCLER LE BUDGET DU DÉPARTEMENT ? Nous, Vous, Ille, le magazine du Conseil général d’Ille-et-Vilaine

Une remise à plat des dépenses pour reconstruire P. 10 le budget de 2011.

PHOTO FRANCK HAMON

PHOTO CHARLES CRIÉ

COMPRENDRE 1, avenue de la Préfecture, CS 24218, 35042 Rennes Cedex. Tél. : 02 99 02 35 32, redaction@nousvousille.fr Site internet : www.nousvousille.fr. Directeurdelapublication: Jean-Louis Tourenne. Directrice de la communication :

Catherine Durfort. Rédaction : service communication du Conseil général : Cécile C. Robin

(rédactrice en chef), Corinne Duval (rédactrice en chef adjointe), Sophie Lefèvre (démocratie participative). Mise en page : Candice Lesouef (CG35). Ont participé à ce numéro : Christine Barbedet, Olivier Brovelli, Nathalie Caillibot, Christian Dargelos, Alban Desile, Bruno Saussier. Direction artistique, édition et réalisation : Agence Cinquième Colonne. Photo de couverture :

Franck Hamon . Impression : Presses de Bretagne. Tirage : 466 000 exemplaires – ISSN : 0764-3926 – Dépôt légal : Octobre 2010. Nous Vous Ille est imprimé sur du papier PEFC, certifié gestion durable des forêts, pour plus d’infos : www.pefc.org

La crise de foie de nos poubelles On est foutu, on jette trop ? Le Département coordonne un plan de prévention et d'élimination des déchets.

P. 12-13

Mot de la rédaction es prochaines élections cantonales se dérouleront en mars prochain. Dans les six mois qui précèdent les élections, la loi impose aux élus une obligation de réserve et de neutralité en matière de communication. Soucieux de se conformer à cette loi, les trois groupes politiques du Conseil général : les socialistes et démocrates de progrès, les radicaux et républicains non inscrits, l’Union du centre,

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ont opté pour la suspension de leur page Opinion jusqu’à la date des élections. De la même façon, l’éditorial du président du Conseil général est supprimé, ainsi que la page « Face aux élus », qui donnait la parole à des conseillers généraux. Merci de votre compréhension. LA RÉDACTION


DOSSIER La solidarité, ça commence au berceau

C’EST VOTÉ Les décisions de l’assemblée départementale P. 20-21

OPINIONS Ecrivez au président P. 22

EN DIRECT DES PAYS

Les crèches doivent profiter aux enfants qui en ont le plus besoin. Le Département revoit ses critères d'aide : ses subventions ne seront versées en totalité qu’aux structures qui accueillent au moins 40 % d’enfants de familles vulnérables ou d’enfants handicapés. P. 14 à 19

L’actualité des 7 pays d’Ille-etVilaine P. 23-37

Magazine

P. 38-47

PHOTO FRANCK HAMON

GCBPV

ESCAPADE Comme marrons en foire Sucré, ben goutu avec un léger craquant, le marron est au coeur d'une tradition festive qui régale le pays de Redon. Point d'orgue de ce mois festif : la Foire Teillouse et la Bogue d'or. Chantons et dansons en pays de Redon ! P. 38-41

patrimoine Le Département expose son fonds en gallo dans le texte Les activités du quotidien : le travail côte à côte Deux profs font la rentrée : Laure Lucas et Yann Renault livres La sélection de la rédaction

MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE

MINORITÉ DÉPARTEMENTALE

LES 35 CONSEILLERS GÉNÉRAUX DE LA MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE

LES 18 CONSEILLERS GÉNÉRAUX DE LA MINORITÉ DÉPARTEMENTALE

François André, Gaëlle Andro, Philippe Bonnin, Jean-Luc Chenut, Christian Couet, Louis Dubreil, Louis Feuvrier, Martial, Gabillard, Michel Gautier, Rozenn Geffroy, Jean-François Guérin, Jeannine Huon, Armel Jalu, Maurice Jannin, Guy Jouhier, Didier Le Bougeant, Jacky Le Menn, André Lefeuvre, Jean-Pierre Letournel, Christophe Martins, Mireille Massot, Gilbert Ménard, Jean Normand, Michel Penhouët, Jean-Yves Praud, Yves Préault, Henry Rault, Pierre-Yves Reboux, François Richou, Marcel Rogemont, Marie-Thérèse Sauvée, Jean Taillandier, Clotilde Tascon-Mennetrier, Clément Théaudin, Jean-Louis Tourenne.

Thierry Benoit, Emile Blandeau, Jean-Claude Blouin, Jean-Luc Bourgeaux, Frédéric Bureau, Marie-Hélène Daucé, Marie Daugan, Pierre Després, Auguste Fauvel, Louis Hubert, Catherine Jacquemin, Isabelle le Callennec, Jean-Marc Lecerf, Alain-François Lesacher, Michel Pigeon, Jean-Francis Richeux, Joseph Tripon, Jean-Claude Vigour. Groupe Union du Centre > Tél. : 02 99 02 35 91

Groupe Socialiste et démocrate de progrès > Tél. : 02 99 02 20 64 Groupe Radical et républicains non inscrits > Tél. : 02 99 02 31 12

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ILS FONT L’ILLE-ET-VILAINE Cécile Houget Médiatrice scientifique à l’Espace des sciences (Rennes)

Cécile Houget, géologue de formation, bestiologue à l’occasion. PHOTO CHARLES CRIÉ

Elle passe la science à ses voisins  Aujourd’hui, elle est incollable sur les bestioles qui colonisent notre intérieur. Hier, elle connaissait sur le bout des doigts les techniques de la police scientifique. Auparavant, elle aurait pu discourir des heures sur le numérique, ou les mammouths… Chaque exposition à l’Espace des sciences est un défi pour Cécile Houget, médiatrice scientifique. « Nous proposons une nouvelle exposition tous les six mois. Une fois la sélection faite, il faut imaginer comment on peut l’implanter chez nous. Empruntée aux Danois, l’expo Bestioles à domicile occupait 600 m2. Il a fallu l’adapter à nos 250 m2 en conservant les éléments les plus ludiques et les plus innovants. » Tels cette colonie de fourmis sous verre, ou

« Je veux montrer que la science, ce n’est pas barbant. Les gens en face de nous n’ont pas de bagage scientifique. À nous de trouver les clefs. » ce labyrinthe olfactif. Les expositions sont parfois conçues de bout en bout à Rennes, en lien avec des scénographes. Roches armoricaines, qui occupe la salle de la Terre pour une année encore, a été pensée dès 1998. Cécile Houget est alors en DEA 4 NOUS VOUS ILLE OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010

de géologie au laboratoire Géosciences de Rennes 1. Elle est sollicitée pour la « cueillette » des pierres. Elle ne quittera plus le projet. Le cœur de son métier reste la médiation. À elle de concevoir des scénarios d’animation pour tous les publics. « Je travaille avec des enseignants mais aussi avec des chercheurs pour connaître les dernières avancées de la science. Le public est friand des applications de la recherche dans notre quotidien. Je participe également à l’organisation de la Nuit du festival des sciences de Rennes Métropole le 22 octobre. » Même si des animateurs sont recrutés tous les six mois, elle ne dédaigne pas de mettre la main à la pâte de temps à autre. « La présence humaine au sein d’une expo est indispensable. J’ai appris à vulgariser, à me reposer les questions de base. Je veux montrer que la science, ce n’est pas barbant. Les gens en face de nous n’ont pas forcément de bagage scientifique. À nous de trouver les clefs et les mots pour entrouvrir la porte et faciliter la compréhension. » Quand Cécile rentre chez elle, il n’est pas rare qu’elle se plonge dans un ouvrage sur les maths ou la biodiversité. Histoire de se familiariser avec les thèmes des deux prochaines expos… CORINNE DUVAL

www.espace-sciences.org


Virginie et Élodie Choupault Concurrentes du Raid 4L Trophy 2010

L’aventure les a rapprochées.

PHOTO CHARLES CRIÉ

Cie Le Joli Collectif À la tête du Théâtre de Poche à Hédé

Robin, Enora (au 1er plan), Damien et Vincent. PHOTO CHARLES CRIÉ

Deux sœurs, 4L

Théâtre tous risques

 « On a entendu parler du Raid 4L Trophy au salon de l'étudiant, à Rennes », se souviennent Virginie et Élodie Choupault. La première est en licence banque-assurances à Rennes, la seconde suit un master de marketing à Aix-en-Provence. En février les deux sœurs, leur 4L retapée et 70 kg de fournitures scolaires à distribuer ont quitté Vignoc pour rejoindre les 1 200 autres équipages de l’aventure. « Notre père pouvait nous aider à préparer la voiture. On savait changer une roue mais pas réparer un carburateur ou une fuite de liquide de frein… Trouver la voiture a été facile. Trouver des sponsors pour boucler les 7 000 €

 Le Théâtre de Poche rouvre ses portes à Hédé. Et pas pour une mini-saison. Créations théâtrales, accueils en résidence, spectacles jeune public, concerts ou expositions témoignent de la vitalité de l’endroit. C’est une jeune compagnie de théâtre rennaise qui assure la relève : Enora Boëlle et Vincent Collet, tous deux metteurs en scène et comédiens, fondent le Joli Collectif en 2003. Ils sont bientôt rejoints par Robin Lescouët, musicien et graphiste. Ces trois-là se sont rencontrés il y a 13 ans au lycée de Tréguier (Côtes d’Armor) et ne se sont jamais perdus de vue. Damien Krempf, programmateur danse, leur prête main forte

de budget, beaucoup moins. On a envoyé des mails, édité une brochure, relancé au téléphone… En comparaison, rouler 6 000 km et traverser le désert marocain a presque été une promenade. Une fois dans la course, on réalise que tous les équipages européens ont vécu les mêmes galères. Forcément, ça rapproche. » Entre sœurs aussi l'expérience les a rapprochées. « On ne sait toujours pas réparer un carburateur mais on sait sortir une 4L d'une poche de sable. Ça pourra être utile à notre petite sœur, Clémence, qui sera en âge de participer en 2013. C'est pour elle que nous avons gardé la voiture… » BRUNO SAUSSIER

pour cette nouvelle aventure. En habitués des lieux – ils sont passés par le festival de Poche en 2004 et ont enchaîné avec trois résidences de création au Théâtre de Poche – ils sont prêts à prendre des risques. « Nous voulons créer un véritable pôle culturel autour de la création contemporaine. » Dans le hall rénové et agrandi, où trône un bar flambant neuf, les spectateurs pourront se retrouver avant et après les spectacles, et rencontrer les artistes. Un dimanche par mois, le Café de Poche proposera des débats de société, des lectures et des concerts gratuits. CORINNE DUVAL www.theatre-de-poche.com

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L’ILLE-ET-VILAINE EN MOUVEMENT

Exercice Avoir les bons réflexes en cas d’accidents ou de tremblement de terre… Ça s’apprend avec les sapeurs-pompiers. Ici, au collège Saint-Yves de Mordelles.

Accidents, malaises, incendies : les collégiens apprennent à (bien) réagir Dans quatre collèges du département, à titre expérimental, les sapeurs-pompiers forment le personnel et des élèves volontaires aux comportements qui sauvent. ncendie, tempête, menace d’un nuage toxique ou simple malaise d’un camarade ou d’un enseignant… Comment se comporter ? Depuis la rentrée, les sapeurs-pompiers d’Ille-et-Vilaine vont à la rencontre des jeunes et du personnel des collèges pour leur enseigner les bons réflexes. Le Service d’incendie et de secours d’Ille-et-Vilaine est le 3e à franchir le pas, et s’appuie sur les expériences menées par les Sdis des Alpes-Maritimes et de Seine-et-Marne. « L’objectif est de délivrer une information préventive sur les comportements qui sauvent dans les 105 collèges publics et privés du département, annonce le commandant Alain Rebaudo, qui pilote le projet. Cette démarche s’inscrit dans la

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lignée de la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004. Elle précise que chaque élève doit bénéficier d’une sensibilisation à la prévention des risques et aux missions des services de secours dans le cadre de sa scolarité.

Quatre collèges-tests… Le projet est mené à titre expérimental depuis la rentrée dans quatre collèges : Jacques-Prévert à Romillé, La Binquenais à Rennes, Saint-Yves à Mordelles et Jeanne-d’Arc à Vitré. Un appel à candidatures a été lancé dans les centres de secours du département pour trouver les 50 sapeurs-pompiers prêts à devenir animateurs de « l’information préventive sur les

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comportements qui sauvent ». Ils formeront tous les adultes présents dans les établissements scolaires, de l’agent d’entretien au principal, ainsi que six élèves par classe, tous volontaires. Ces collégiens auront pour mission d’assister les adultes et de venir en aide à leurs camarades si un accident survient. Ils se verront délivrer une attestation officielle d’assistant de sécurité et pourront sensibiliser les élèves de leur classe dans le cadre d’un projet pédagogique. Et, pourquoi pas, les adultes de leur entourage.

Deux ou cinq heures de formation « Nous voulons créer une culture du risque pour amener chacun à adopter un compor-


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Rentrée des collèges : des chiffres très classe 50 000 collégiens, 12 000 Ordi 35, 14 millions d’euros de budget de fonctionnement… Une interro de maths ? Non : la rentrée 2010.

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tement adapté, que ce soit pour prévenir les accidents domestiques, pour y faire face ou répondre à un risque majeur. Cela va de l’alerte et de l’accueil des secours aux comportements à avoir face à une victime ou à un début de sinistre. L’objectif est de renforcer la capacité à réagir devant un événement inconnu ou soudain », détaille le major Joël Gouarin, en charge de l’éducation préventive. Cette démarche est différente de l’enseignement du secourisme qui est délivré directement par l’Éducation nationale ou confié à des associations agréées. Tous les adultes du collège recevront une formation de cinq heures. Après un rappel des éléments de sécurité de l’établissement et des responsabilités de chacun, des mises en situation permettront d’acquérir les gestes appropriés à différentes situations : fumées, explosions, produits dangereux… Les élèves apprendront les principes de mise en sûreté lors d’un incendie ou de risques majeurs. À l’issue de cette formation de deux heures, ils sauront aussi aller chercher de l’aide si un adulte fait un malaise, par exemple. Ce dispositif devrait être étendu à tous les collèges d’Ille-et-Vilaine dans les cinq ans à venir. Pas moins de 21 collèges seront concernés chaque année, soit environ 1 600 adultes et 2 400 jeunes. CORINNE DUVAL

Plus d’infos sur www.sdis35.fr

PHOTO FRANCK HAMON

9 875 collégiens, très exactement, ont fait leur rentrée en septembre dernier dans les 105 collèges publics et privés d’Ille-et-Vilaine. La grande nouveauté de la cuvée 2010, c’est le redéploiement des Ordi 35 décidé par le Conseil général. Plus de 12 000 ordinateurs sont redistribués aux établissements scolaires, pour compléter leur parc informatique, aux élèves handicapés des classes UPI (Unité pédagogique d’intégration), aux 2 500 boursiers de 6e, ainsi qu’aux familles et établissements qui accueillent des enfants relevant de l’aide sociale. Chaque établissement est également doté de périphériques (vidéoprojecteurs, tableaux numériques interactifs, imprimantes en réseau) et d’un stock complémentaire d’ordinateurs portables, avec connexion sans fil, installés dans deux chariots numériques.

14 millions d’euros de budget de fonctionnement Au titre des politiques éducatives volontaristes que le Département met en œuvre, citons également la poursuite de l’abonnement gratuit à un magazine d’actualité – mais pour les seuls élèves de 6e boursiers. Orientibus, la plate-forme de découverte des métiers, se rendra dans une trentaine de collèges. Elle accueillera aussi les adultes qui s’interrogent sur leur projet professionnel. Dans le cadre de ses

L’internat de respiration, deuxième saison L’internat de respiration ouvert en septembre 2009, à la base de plein air de Mézières-sur-Couesnon, accueille une 2e promotion de 15 élèves qui suivent leur scolarité dans les collèges de Saint-Aubin-d’Aubigné et Saint-Aubin-du-Cormier. Les résultats scolaires des premiers pensionnaires se sont améliorés. Ils ont pu prendre du recul et reconstruire une relation plus apaisée avec leur famille.

Le Département consacre 14 millions d’euros au fonctionnement des 105 collèges d’Ille-et-Vilaine.

compétences obligatoires, le Département prend en charge les dépenses de fonctionnement des collèges publics et privés, soit un budget de 14 millions d’euros en 2010. À noter aussi la décision de reconduire une dotation spécifique destinée à favoriser les projets d’ouverture culturelle ou sportive des établissements. Rappelons que le Conseil général subventionne les voyages éducatifs à l’étranger et prend en charge la moitié du coût du séjour des élèves boursiers.

Neuf collèges rénovés… et une création Enfin, le Département entreprend d’importants travaux de restructuration ou d’extension des collèges. Le programme d’investissement en faveur des établissements mobilise 12,4 millions d’euros en 2010. Les projets (voir les détails en pages Pays) concernent les collèges Noël-du-Fail à Guichen, Paul-Féval à Dol-de-Bretagne, Jacques-Brel à Noyal-sur-Vilaine, Les Gayeulles et Emile-Zola à Rennes, MartinLuther-King à Liffré, Gérard-de-Nerval à Vitré, Le Bocage à Dinard, ThéophileBriant à Tinténiac. Un nouveau collège de 600 places ouvrira ses portes à Crevin à la rentrée 2014. C.D. EN SAVOIR PLUS

> www.ille-et-vilaine.fr/education/

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L’ILLE-ET-VILAINE EN MOUVEMENT

Contre la légionelle, à vos rangs, prélevez ! La légionelle sera bientôt traquée dans tous les établissements recevant du public. L’Institut en santé agro-environnement du Département dispose de toutes les armes pour mener la chasse. PHOTO CHARLES CRIÉ

En mission Davide Bianco de l’Isae effectue un prélèvement pour une recherche de légionelles au collège Echange à Rennes.

ap sur le collège Echange à Rennes pour Davide Bianco, technicien à l’Institut en santé agro-environnement (Isae), un laboratoire qui dépend du Conseil général. Il doit effectuer un prélèvement pour une recherche de légionelles. Rien ne laisse suspecter que les installations d’eau chaude de ce bâtiment recèlent un grand nombre de bactéries. Mais un arrêté préfectoral impose une surveillance des légionelles dans tous les bâtiments du Conseil général : collèges publics (depuis 2007), centres départementaux d’action sociale, crèche du Département à Rennes Beauregard, agences départementales, archives et médiathèque départementales… L’objectif est de vérifier que les taux détectés restent en dessous du seuil de danger pour l’homme.

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Elle aime l’eau La légionelle, c’est cette bactérie qui élit domicile aussi bien dans les étangs que dans les piscines, les douches et les thalassos... avec une prédilection pour les systèmes de climatisation et les réseaux d’eau sanitaire. Elle est à l’origine de la légionellose, une infection pulmonaire non contagieuse. La transmission se fait par l’inhalation de microgouttelettes contaminées. Dans 95 % des cas, la personne infectée s’en tirera avec quelques symptômes grippaux bénins. 5 % pourront déclarer la « maladie du légionnaire » qui se caractérise par une pneumopathie aiguë, mortelle dans 5 à 10 % des cas. La légionellose touche deux fois plus d’hommes que de femmes. L’âge, le tabagisme et l’alcoolisme sont des facteurs aggravants. Les personnes immunodéprimées sont elles aussi plus sensibles aux bactéries. Sous surveillance « Tout établissement de santé et tout établissement recevant du public va devoir mesurer au moins une fois par an la présence de légionelles dans ses installations 8 NOUS VOUS ILLE OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010


d’eau chaude sanitaire, explique Catherine Loysance Paroux, ingénieur chef du service bactériologie à l’Isae. À compter du 1er janvier 2011, les campings, les résidences de tourisme et les hôtels, notamment, vont devoir se plier à la nouvelle réglementation. Ils pourront faire appel à l’Isae qui fait partie des organismes accrédités Cofrac (Comité français d’accréditation) pour les analyses mais aussi pour les prélèvements. » Retour à l’Isae pour Davide Bianco. Le

prélèvement d’eau est remis à l’équipe technique du service agroalimentaire. Il sera traité dans les 24 heures. Les résultats ne seront connus qu’au terme de dix jours d’incubation. S’ils se révélaient positifs, des analyses de confirmation seraient effectuées. Depuis le début de l’année, l’Isae a réalisé quelque 400 analyses de légionelles. CORINNE DUVAL

Comment l’Isae agit au nom du Conseil général Service du département créé dans les années 70, l’Isae – ex-laboratoire départemental – est aujourd’hui un service public indépendant de tous les donneurs d’ordres publics et privés. Il exerce une mission de santé publique et fournit des outils d’aide à la décision, nécessaires à la protection du consommateur, à la sécurité sanitaire des aliments, à la santé animale et la surveillance de la qualité environnementale. Il est agréé par plusieurs ministères et accrédité par le Cofrac.

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Le laboratoire dispose de deux sites : Combourg (agronomie, environnement et chimie alimentaire) et Rennes (biologie vétérinaire et alimentaire). Ses clients sont les éleveurs, les exploitants des stations d’épuration, les vétérinaires,

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les collèges, les laboratoires, les industriels, les collectivités, les services d’économie du ministère de l’Agriculture, les restaurants collectifs. En 2012, l’équipe rennaise déménagera à Javené, au sein de BioAgroPolis (lire ci-dessous). L’équipe se compose d’une centaine de personnes : experts scientifiques (virologues, microbiologistes, chimistes, vétérinaires…), techniciens (informaticiens, qualiticiens, préleveurs…) et agents administratifs.

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LE DÉPARTEMENT S’INVITE À LA FÊTE DE LA SCIENCE  Le Village des sciences installé sur l’esplanade du général de Gaulle à Rennes les 22, 23 et 24 octobre accueillera un stand du Conseil général. L’entrée est libre et gratuite. L’Institut en santé agroenvironnement proposera des animations ludiques et pédagogiques : analyses de sang de vaches, examens bactériologiques, détermination du pH d’échantillons de terre… Le service des espaces naturels sensibles présentera « Illeco, j’agis pour ma planète », un cédérom interactif d’éducation à l’environnement ; plus une maquette sur laquelle il faudra replacer les espèces dans leurs habitats respectifs, ainsi que des visites sur site. Rens. et réservations au 02 99 02 20 08.

Par mail com-developpement@cg35.fr Programme complet sur www.espace-sciences.org/festival PHOTO CYRILLE HERVÉ

CONTACT Institut en santé Agro-Environnement 24 rue Antoine Joly, 35031 Rennes Tél. : 02 99 14 27 00

La Magdeleine, 35270 Combourg Tél. : 02 99 73 02 29

BioAgroPolis sort de terre  BioAgroPolis regroupera, à proximité de Fougères, des chercheurs et des entreprises au service de la santé publique, de la santé animale et de l’agro-environnement à compter de 2012. Le 1er juillet dernier, la première pierre de ce pôle d’excellence en biotechnologies a été posée dans la zone de la Grande Marche à Javené. Un bâtiment de 8 000 m2 abritera l’Institut en santé agro-environnement (Isae), ex-laboratoire départemental et le laboratoire fougerais de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Quelque 250 m2 seront dévolus à la pépinière d’entreprises. Plus de 200 chercheurs et techniciens seront réunis dans ce bâtiment conçu selon une démarche de haute qualité environnementale. Le projet s’élève à près de 20 millions d’euros dont 12,2 millions financés par le Département, 3 millions par l’Etat, 1,5 million par la Région, un million par Fougères Communauté, 250 000 € par la chambre de commerce et d’industrie de Fougères et 2 millions de fonds européens Feder. CONTACT BioAgroPolis, 02 99 02 20 16.

AGENCE D’ARCHITECTURE LIONEL DUNET À SAINT-BRIEUC

L’aigrette garzette, une espèce protégée présente sur plusieurs espaces naturels du Département.

SEMAINE DE L’ALLAITEMENT  La Semaine mondiale de l’allaitement maternel a lieu du 17 au 23 octobre. Portes ouvertes, animations, débats, rencontres, échanges autour de l’allaitement, ateliers (massage des bébés, portage…), expositions sont proposés gratuitement par différents partenaires du réseau périnatal d'Ille-et-Vilaine. Programme dans les Pmi des Centres départementaux d’action sociale, les maternités, sur le site du réseau Bien Naître en Ille-et-Vilaine www.perinat35.org ou auprès d’Info sociale en ligne au 0 810 20 35 35 (numéro Azur).

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L’ILLE-ET-VILAINE EN MOUVEMENT

Comment boucler le budget du Département ? Cogitation collective Pour continuer d’agir en temps de crise, le Département a remis à plat toutes ses prévisions de dépenses. Il a aussi demandé aux habitants de fixer leurs priorités pour 2011. Et ils l’ont fait ! PHOTO FRANCK HAMON

Le budget 2011 est un défi

Participation

En 2011, le Département devra poursuivre son action au bénéfice du territoire et de ses habitants, mais avec moins de moyens. La réforme de la fiscalité locale, la crise économique et l’augmentation des dépenses sociales réduisent les marges de manœuvre financières, et obligent à faire des choix. Lesquels ? Pour boucler son budget sans renoncer à son projet, la collectivité s’est lancée dans un exercice approfondi de réflexion sur ses dépenses, appelé « budget base zéro », ou « BBZ ». Traditionnellement, le budget est conçu à partir de celui de l’année précédente. Pour l’édition 2011, on change de méthode : les compteurs sont remis à zéro et toutes les dépenses à nouveau justifiées et calibrées.

Avec les post-it, chacun donne son point de vue. Ici, des propositions sur le budget 2011.

Réfléchir à plusieurs Le Département n’a pas voulu réfléchir seul. Il a fait appel aux habitants. Des réunions publiques ont été organisées dans les sept pays d’Ille-et-Vilaine. Elles ont réuni plus de 600 personnes. À Guignen, Pipriac, Le Minihic-sur-Rance, Fougères, Montfort-sur-Meu, Chartres-de-Bretagne, Vitré, les habitants ont exprimé leurs attentes les plus fortes à l’égard du Conseil général : le transport et les services à la personne dans le pays des Vallons-deVilaine, l’emploi et le logement dans le pays de Saint-Malo, l’enfance et la jeunesse dans le pays de Rennes… Une action du Département « à la carte » selon les besoins et les territoires ? L’idée semble largement partagée.

Les comités consultatifs ont planché Pour compléter le dialogue avec les pays, le Département a aussi proposé aux comités consultatifs qu’il a mis en place depuis 2005 de plancher sur le prochain budget.

Ces groupes thématiques, dont la vocation est de faire tous les ans des propositions au Conseil général pour qu’il améliore son action, ont accepté le défi. Au prix de plusieurs dizaines d’heures de travail, ils ont élaboré un document à destination des élus du Département. Ils y tracent des pistes pour l’avenir. L’égalité des chances, le développement durable et solidaire, la solidarité entre les personnes et les territoires sont déclinés en de nombreuses priorités. Mais le Département est surtout encouragé à changer ses méthodes, à privilégier une vision à long terme, à se montrer audacieux, à agir le plus possible en partenariat avec les collectivités locales, les associations, les habitants.

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Au Conseil général de répondre Aujourd’hui, la balle est dans le camp du Conseil général. Il pourra puiser utilement dans les nombreuses propositions exprimées par les habitants, pour les budgets 2011 et au-delà. Ces habitants, le Département les souhaite aujourd’hui plus acteurs que simples usagers ou administrés. Il a besoin d’eux pour aller de l’avant. SOPHIE LEFÈVRE

DÉCOUVREZ LA CONSULTATION DES HABITANTS SUR

> www.ille-et-vilaine.fr/ democratieparticipative/


Arlequin en tournée dans le département PHOTO RMN - FRANCK RAUX

 « L’Arlequin de trickster » va sillonner cette saison les routes du département. Cette nouvelle tournée du Théâtre National de Bretagne débutera lors du festival rennais Mettre en Scène (du 9 au 13 novembre) et se poursuivra dans neuf communes d’Ille-et-Vilaine du 25 novembre au 12 décembre (lire en page Agenda). Acteur, auteur et metteur en scène, Didier Galas est cet Arlequin, icône de la commedia dell’arte sortie de son cadre traditionnel. Qui se cache derrière le masque de farce ? Au fil du spectacle, Didier Galas dévoile les fruits de son enquête menée sur plusieurs continents… Denis Créno, responsable de L’Odyssée à Dol-de-Bretagne, a vécu une belle aventure en accueillant la tournée pour la première fois l’an dernier. Il récidive cette année, séduit par la qualité du spectacle proposé et l’originalité du concept. « Avec les Faulty Optic en 2009, nous avons travaillé avec les scolaires, mis en place des ateliers de manipulation de marionnettes. En lien avec la médiathèque, nous avons pu diffuser des films d’animation. » Changement de registre avec « L’Arlequin de trickster », mais les ateliers et rencontres envisagés permettront cette année encore de tisser des liens entre l’artiste et son public. « Sans le soutien du TNB et du Conseil général, on aurait beaucoup de mal à faire venir ces artistes.

ÉTABLISSEMENTS POUR PERSONNES ÂGÉES : UN GUIDE ET DES FORMALITÉS SIMPLIFIÉES  Le Conseil général a pris deux nouvelles initiatives en matière d’accès ou de séjour des personnes âgées en établissement. Pour une demande d’admission dans plusieurs établissements d’Ille-et-Vilaine, il suffit désormais de remplir un seul dossier d’inscription, composé d’une fiche médicale de renseignements et d’un dossier administratif. Ce dossier peut être retiré dans les établissements pour personnes âgées, au Conseil général, auprès des Clic (centres locaux d’information et de coordination) et les principaux CCAS (centres communaux d’action sociale). Il est aussi téléchargeable sur le site du Conseil général.

Quant à les garder quelques jours sur notre territoire pour mener des actions autour du spectacle, ce serait mission impossible. »

 Un guide pour l’élaboration d’un contrat de séjour en établissement de personnes âgées vient également de paraître. Ce support commun à tous les établissements recense les aspects juridiques et les bonnes pratiques des « contrats de séjour ». Il doit permettre aux responsables d’organismes gestionnaires de garantir les intérêts des futurs résidents comme ceux des établissements qui les accueillent.

CORINNE DUVAL

PHOTO THOMAS CRABOT

Plus d’infos sur www.t-n-b.fr

INFO SOCIALE EN LIGNE VOUS ORIENTE ET VOUS CONSEILLE

DASTUM CONSULTABLE AUX ARCHIVES DÉPARTEMENTALES

 Vous avez des questions concernant la famille, l’éducation, la santé, le logement, l’emploi… ? Vous rencontrez des difficultés financières ou sociales ? Vous cherchez de l’aide et vous avez du mal à vous orienter dans le dédale des administrations ? Le service Info sociale en ligne du Département se tient à votre écoute du lundi au vendredi de 9 heures à 18 heures, et le samedi de 9 heures à 13 heures. Composez le 0 810 20 35 35 (coût d’une communication locale) ou rendez vous sur le site www.info-sociale35.fr. Ce service téléphonique du Département est complémentaire de l’offre de services sociaux disponibles en Ille-et-Vilaine.

 Le Conseil général vient de passer une convention avec l’association Dastum (« Recueillir » en breton) pour installer un point de consultation de ses documents sonores aux Archives départementales. Depuis près de quarante ans, Dastum collecte et recueille le patrimoine oral et musical breton. Une base de données documentaires est interrogeable sur le site de l’association http://www.dastum.net/FR/reseau-dastumpoints-consultation.php mais les archives sonores ne sont consultables gratuitement que dans quelques lieux, dont les Archives départementales… et l’université de Harvard ! Archives départementales, 02 99 02 40 00

www.archives35.fr

Plus d’informations auprès de la direction des personnes âgées du Conseil général, au 02 99 02 37 15.

EN SAVOIR PLUS

> www.ille-et-vilaine.fr/personnesagees/

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Comprendre À la déchèterie « Les Garennes » à Bruz (septembre 2010).

Le problème La solution omment faire face à l’afflux des déchets ? Le sujet est sensible. Pour preuve, différents projets de création de centres de traitement dans le département sont actuellement contestés, y compris par voie judiciaire. En 2007 pourtant, les habitants d’Ille-et-Vilaine ont produit 595 000 tonnes de déchets, soit une moyenne de 570 kg par habitant. D’ici à 2021, en tenant compte de l’augmentation probable de la population à 1,18 million d’habitants et si les pratiques de consommation ne changent pas, la production de déchets devrait atteindre 727 000 tonnes. Soit 610 kg par habitant… C’est une perspective inquiétante. Davantage de déchets, cela veut dire une consommation accrue des ressources

C

naturelles et une augmentation de la pollution. Les capacités actuelles de traitement n’y suffiront pas. Pour le tri et le recyclage, les installations existantes seront suffisantes. Mais les 20 000 tonnes de déchets verts et les 80 000 tonnes d’ordures ménagères résiduelles (celles qui ne peuvent être recyclées) poseront problème. Elles ne pourront être traitées dans le département. EXPORT. La conséquence ? Nous risquons d’« exporter » nos déchets vers des lieux de traitement éloignés, avec à la clé une probable hausse des coûts, fixés aujourd’hui à 85 € la tonne. Et le transport des déchets par camion représente une dépense d’énergie supplémentaire, et aggrave la pollution.

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omment éviter un tel scénario ? C’est tout l’enjeu de la révision du Plan de prévention et d’élimination des déchets ménagers et assimilés d’Ille-et-Vilaine (le PPEDMA), dont le Conseil général a la charge depuis 2006. Le plan associe les syndicats de collecte et de traitement, les associations d’usagers et de protection de l’environnement, les entreprises et l’État. Ensemble, ces partenaires fixent des objectifs et précisent les moyens qui doivent être mis en œuvre dans les dix prochaines années pour réduire et valoriser les déchets. L’Assemblée départementale validera la proposition finale. PRODUIRE MOINS. Première urgence : tout faire pour produire moins de déchets ! Cette démarche de prévention

C

est essentielle. Elle mobilise les collectivités locales, et le Grenelle de l’environnement a réaffirmé son urgence. Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas… Des actions sont déjà menées par certaines collectivités. Elles devront être développées si l’on veut atteindre l’objectif ambitieux fixé par le plan : diminuer de 12 % d’ici à 2021 le tonnage de déchets ménagers résiduels, de déchets issus de collectes sélectives et de ceux déposés en déchèterie. Mais cette diminution ne suffira pas : d’ici à dix ans, certaines des installations actuelles auront vieilli et nous manquerons tout de même de capacité de traitement et d’élimination. Il faut donc envisager la création de nouvelles unités de traitement, ou l’évolution de celles qui existent.


PHOTO CHARLES CRIÉ

Les habitants du département produisent de plus en plus d’ordures. Avant dix ans nos poubelles déborderont. Que faire ? c’est tout l’enjeu de la révision du Plan de prévention et d’élimination des déchets.

La crise de foie de nos poubelles PHOTO CHARLES CRIÉ

L’action Les déchets verts dans le rouge 98 854 tonnes, 95 kilos par habitant : c’est le volume de déchets « verts » (tonte de pelouse, taille de haies…) collecté en un an dans le département. Le plus gros tonnage des déchèteries. Et il augmente chaque année. Des pistes pour éviter l’indigestion ?  Tondre moins fréquemment et moins ras : c’est bon aussi pour la biodiversité.  Conserver les produits de tonte et de taille dans un coin du jardin. Avec les déchets de cuisine, ce compost est un excellent engrais naturel.  Utiliser ces déchets pour pailler le jardin : c’est très efficace contre les herbes indésirables et entre deux arrosages. Plus de conseils sur le site internet du Syndicat mixte de Fougères : www.smictom-fougeres.fr/reduire-c-est-l-avenir/ pourquoi/

EN SAVOIR PLUS

> www.ille-et-vilaine.fr/dechets/

our réviser le PPEDMA, le Conseil général et ses partenaires examinent les trois scénarios qu’a élaborés un bureau d’études spécialisé. Le principe est de n’exclure aucune technique de traitement : ni le tri mécano-biologique, ni la méthanisation, ni le compostage, l’incinération ou l’enfouissement. SCÉNARIOS. Le premier scénario propose d’accroître les capacités d’incinération, notamment par l’extension d’une usine existante. Le second envisage la création de deux installations de stockage de déchets non dangereux de taille moyenne. Le troisième scénario prévoit la construction d’une seule installation, plus importante. Comment choisir ? Les partenaires prendront en compte plusieurs variables. En premier lieu, les

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implications environnementales : quel est le scénario qui a le moins d’impact sur l’environnement ? Quel est celui qui limite le plus les nuisances ? Le bureau d’études mène une analyse spécifique. L’aspect économique comptera aussi. On examinera à la loupe le coût de chaque scénario, et le nombre d’emplois locaux qu’il pourra créer. La question est politique : elle concerne les élus, dont certains travaillent depuis plusieurs mois sur cette question. Elle est aussi citoyenne : tous les habitants sont concernés. Le PPEDMA encouragera les maîtres d’ouvrage à pratiquer la concertation avant toute décision de création d’une unité de traitement. Quant à la prévention, tout le monde est renvoyé à ses habitudes de consommation…

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Les crèches doivent profiter aux enfants qui en ont le plus besoin. Alors le Département revoit ses critères d’aide, et lance l’expérience du « Parler Bambin ».

La solidarité, ça commence au berceau UN DOSSIER DE CORINNE DUVAL PHOTOS FRANCK HAMON À LA CRÈCHE LES P’TITS LOUPS, AU RHEU

Compétences obligatoires… > En matière d’accueil familial, le président du Conseil général délivre les agréments des assistantes maternelles. En matière d’accueil collectif, le Département autorise la création, l'extension et la transformation des structures d'accueil (haltes-garderies, crèches et établissements multi-accueils). Il est également chargé du contrôle et de la surveillance de ces établissements.

’est quoi, une crèche ? Pour des parents qui travaillent tous les deux, c’est une bénédiction. Mais pour des parents qui ne travaillent pas – ils sont au chômage, en insertion, en formation –, c’est souvent un monde interdit. Alors qu’eux aussi pourraient en avoir besoin : on ne se rend pas à un entretien d’embauche, à des cours, avec un bébé dans les bras. L’accueil de la petite enfance relève des Départements. C’est aussi, pour eux, l’occasion de mettre en pratique les idées pour lesquelles une assemblée a été élue. L’Ille-et-Vilaine a choisi, et la crise financière l’a un peu aidée : depuis cette rentrée, et parce que les crèches doivent profiter aux enfants qui en ont le plus besoin , les critères d’aide aux établissements sont revus . Pour toucher l’entièreté de leur subvention, les structures d’accueil devront accueillir au moins 40 % d’enfants de familles vulnérables ou d’enfants handicapés. Sinon, les subventions sont réduites. Dans le même temps, dans le même esprit, le Département va tester le « Parler Bambin » dans plusieurs établissements. Les premiers mots sont aussi importants que les premiers pas. Mais sur ce plan-là, les enfants ne naissent pas égaux. Le « Parler Bambin » , une expérience née à Grenoble, est un programme visant à favoriser l’acquisition du langage chez les très jeunes enfants. Avec une idée en tête : les aider à entrer ensuite à l’école et prévenir l’échec scolaire. La politique de la petite enfance, vraiment, ça commence au berceau…

C

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1

De la « discrimination positive » dans les crèches du département En 2004, l’Ille-et-Vilaine avait en quelque sorte inventé le « bonus social » dans les structures d’accueil. Le Département offrait une prime aux établissements qui accueillaient au moins 30 % d’enfants issus de milieux défavorisés, ou handicapés. Résultat ? Très moyen. Seuls une quinzaine d’établissements en bénéficiaient. Alors cette année, on passe au « malus ». La subvention est versée dans son intégralité si la structure accueille au moins 40 % d’enfants de familles vulnérables ou d’enfants handicapés. Dans le cas contraire, elle diminue de moitié ou elle est supprimée si la structure en accueille moins de 25 %.

Un choix de société… bien assumé Début 2010, 43 structures sur 128 répondaient au critère des 40 %, 28 se situaient entre 25 et 40 %. Par ailleurs, un peu de souplesse a été apporté au dispositif actuel pour encourager les efforts des établissements existants, et laisser le temps aux nouvelles structures d’atteindre ce pourcentage. Quid des structures qui n’atteindraient pas le seuil fatidique des 40 % et pourraient être fragilisées financièrement ? Le Département se propose de les aider à travailler en réseau en s’appuyant sur les centres départementaux d’action sociale, les services de protection maternelle et infantile, les maisons de quartier, missions locales ou associations… Et ça peut marcher (lire le témoi-


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assistantsmaternels35.fr

C’est le nombre de places d’accueil collectif en Ille-et-Vilaine au 31 décembre 2009. Ce qui correspond à 147 établissements d’accueil. Au 2e semestre 2009, 129 établissements (3 000 places) bénéficient du soutien financier du Conseil général.

Ce site Internet est le fruit de la collaboration du Conseil général et de la Caisse d’allocations familiales d’Ille-et-Vilaine (Caf). Il affiche les coordonnées des assistantes maternelles du département et leurs disponibilités.

Pause Mélinda, directrice de la crèche Les P’tits Loups du Rheu, lit une histoire avant le coucher des enfants : « un temps calme qui permet de faire la transition en douceur entre deux activités ».

gnage de la directrice de la crèche des P’tits loups au Rheu en page 19). L’objectif du Département n’est évidemment pas de mettre en difficulté les structures d’accueil, mais de développer la prévention via l’éducation. En témoigne le budget consacré à l’accueil de la petite enfance, qui a été multiplié par six depuis 2004 pour atteindre 2 millions d’euros cette année. Quid des parents qui recherchent un mode de garde pour la simple et bonne raison qu’ils travaillent ? Dans un département qui compte plus de 12 0 00 assistantes maternelles, il doit être possible de faire garder son enfant sans trop de

difficultés. La majorité départementale l’affirme sans détours : l’accueil de la petite enfance a un coût. Dans un contexte financier difficile, l’argent public doit servir à plus d’harmonie sociale sous peine d’être gaspillé. Les enfants doivent pouvoir trouver au sein des crèches des moyens d’éveil et de socialisation qu’ils n’ont pas chez eux. Un choix de société bien assumé dans un contexte législatif qui remet en cause la scolarisation des 2-3 ans. Il apparaît d’autant plus indispensable que le Département aide les enfants de familles fragilisées à fréquenter les lieux d’accueil collectifs.

… et facultatives > Le Conseil général intervient en complément des aides versées par la Caf (Caisse d'allocations familiales) à la structure d'accueil, et cela qu’elle soit communale, intercommunale ou associative.

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Accueil

Jesse arrive à la crèche. Karine, sa maman, prend le temps de l’aider à enlever ses chaussures et déposer ses affaires dans son casier. Un petit cérémonial qui permet une séparation en douceur.

Grand air

11 heures : les enfants profitent du beau temps dans le jardin de la crèche. Petite pause lecture pour Louise, Shanna et Constance entre deux activités plus « remuantes ».

Entraide

11 h 20 : on n’apprend pas que des adultes. Noam et Mila aident Timothy et Camille à enlever leurs chaussures.

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Miam

Les repas sont préparés le matin. Les quantités sont évaluées en fonction de l’âge et des besoins de chaque enfant.

À table

11 h 30 : déjeuner des « grands ». Leur autonomie est favorisée. Christelle, assistante éducatrice, et Mélinda les accompagnent.

2 L’Ille-et-Vilaine se met au « Parler Bambin » « Parler Bambin » : le terme pourrait sonner comme une douce injonction. C’est l’intitulé choisi pour un programme qui vise à favoriser l’acquisition du langage chez les très jeunes enfants. Un moyen de lutter contre les inégalités sociales et l’échec scolaire.

Une expérience à Grenoble Les travaux de ces vingt dernières années montrent que favoriser l’acquisition du langage dans les premières années d’un enfant équivaut à favoriser son apprentissage scolaire. « Les enfants qui ont des niveaux faibles de langage à 3 ans ont trois fois plus de risques d’avoir des difficultés d’entrée dans l’écrit et de compréhension de l’écrit » , résume Michel Zorman, médecin de santé publique et chercheur associé à Cogni-sciences (laboratoire de sciences de l’éducation de l’Université Pierre-Men-

dès-France à Grenoble). En lien avec le centre communal d’action sociale (CCAS) grenoblois, Michel Zorman et son équipe ont piloté le programme « Parler Bambin » au sein d’une crèche test. Quels sont les grands principes du programme ? « Il faut parler avec les enfants, insiste Michel Zorman. Ce qui est très différent de “ parler à ”, de donner des ordres ou des consignes. Ça suppose d’avoir des conversations. Même au sein d’un groupe, on parlera successivement à chacun des enfants, en créant un véritable échange, en laissant, par exemple, suffisamment de silences pour attendre la réponse de l’autre ou sa réaction. » Pour développer ces interactions, des ateliers d’une trentaine de minutes sont animés par un professionnel formé au préalable. Des enfants âgés de 18 à 30 mois y participent trois fois par semaine par groupe de trois ou quatre. À l’aide d’un imagier ou sous forme de jeu (ferme, pâte à modeler…), l’enfant est invité à communiquer et à élargir son langage. Une évaluation a été menée avec deux groupes analogues d’une quarantaine d’enfants, un seul étant

Le poids de la subvention départementale > La subvention départementale à la structure d’accueil représente entre 10 et 90 % des 34 % qui ne sont pas financés par les familles et la Caisse d’allocations familiales via la prestation de service unique. Elle est modulée selon les territoires.

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Dodo

13 heures : Amélie, auxiliaire de puériculture, installe les enfants pour la sieste.

Avant/après

Lavage des mains avant le repas, nettoyage après. Des réflexes à acquérir tout petit.

Quid des maisons d’assistants maternels ? > Jusqu’à quatre assistants maternels pourront se rassembler dans un local. Ils pourront prendre en charge quatre enfants au plus chacun. C’est ce qu’autorise la loi du 9 juin 2010 relative aux maisons d’assistants maternels. Dans l’attente des décrets d’application, le Conseil général réfléchit à la mise en œuvre du dispositif avec ses partenaires de la Codaje (lire ci-contre). Le Département sera très vigilant sur le projet pédagogique, l’encadrement et la sécurité qui seront mis en œuvre dans ces nouveaux lieux.

Quand les acteurs de la petite enfance travaillent ensemble > Pour explorer de nouvelles pistes et améliorer l’accueil du jeune enfant en Ille-et-Vilaine, le Conseil général pilote une commission spécifique : la Codaje. La Commission départementale pour l’accueil des jeunes enfants, associe 35 membres, tous acteurs de la petite enfance en Ille-et-Vilaine. La Codaje propose des mesures permettant de favoriser notamment : • le développement des modes d’accueil et leur adaptation aux besoins et aux contraintes des parents ; • l’information et l’orientation des familles sur l’ensemble des dispositifs et des prestations mis en place ; • l’égalité d’accès aux modes d’accueil pour tous les enfants, notamment ceux souffrant d’un handicap, une maladie chronique, ou dont les familles rencontrent des difficultés ; • la qualité des différents modes d’accueil, ainsi que leur complémentarité et leur articulation.

soumis à l’expérimentation. « On a constaté une progression sur la partie langage du premier groupe alors que dans d’autres domaines, comme la motricité, les groupes étaient restés identiques. Ce sont les enfants les plus défavorisés qui ont connu la plus forte progression », précise Michel Zorman. Le programme sera étendu à toutes les crèches grenobloises au plus tard en 2011.

En Ille-et-Vilaine aussi Le Département d’Ille-et-Vilaine expérimentera la démarche début 2011. Une évaluation aura lieu dans les six mois qui suivront. Un appel à projet auprès de deux structures d’accueil, l’une en milieu urbain, l’autre en milieu rural, sera lancé dans les prochaines semaines. Une formation sera dispensée aux professionnels de la petite enfance qui animeront les ateliers de pratique langagière. Les parents seront également impliqués pour apprendre à stimuler le langage de leurs enfants dans la vie quotidienne. Dans un second temps, les assistants maternels et les assistants familiaux seront inclus dans le dispositif. Les services départementaux concernés – médecins, puéricultrices, infirmières de la protection maternelle et infantile, psychologues, agents de la médiathèque départementale – seront également associés à la démarche. Contact : service accueil du jeune enfant, Tél. : 02 99 02 38 15.

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Au revoir

Jeux

15 heures : les enfants expérimentent par le jeu en compagnie de Julie, éducatrice de jeunes enfants.

Interview

18 heures : retrouvailles entre Shanna et Séverine, sa maman.

Mélinda Le Hénanff Directrice de la crèche associative Les P’tits Loups au Rheu

« Les familles prioritaires ne se sentent pas autorisées à faire appel aux services d’une crèche. » En accueillant 40 % d’enfants en situation de vulnérabilité, selon les critères du Conseil général, vous faites partie des bons élèves…

Avec le président de la crèche, nous partageons les objectifs du Département. Les bienfaits de la collectivité, notamment pour les jeunes enfants en situation de vulnérabilité, sont nombreux : acquisition du langage et des règles de vie en commun, socialisation, environnement rassurant… Ils doivent pouvoir bénéficier d’un accueil qui les aidera à s’épanouir et facilitera leur entrée à l’école. Par ailleurs, nous avons besoin de la subvention du Conseil général pour fonctionner, en particulier si nous voulons conserver nos dix emplois et rester ouvert toute l’année comme c’est le cas actuellement. De crèche parentale, Les P’tits loups sont passés à un mode de gestion associatif. Qu’est-ce que cela a changé ?

Les parents ne participaient plus à l’encadrement des enfants ou aux tâches ménagères depuis 1997 mais le passage au statut associatif s’est concrétisé début 2009. Il a coïncidé avec mon arrivée et a été l’occasion de mettre en œuvre un nouveau projet. En crèche parentale, on peut avoir tendance à sélectionner un certain profil de familles, à rester « entre soi ». C’est une structure qui peut paraître assez fermée,

tisant. Néanmoins, c’est où il faut assurer des perl’un des premiers critères manences. Comme les pour être admis à la crèche. parents ne sont là que pour Nous devons également deux ans, il est plus diffidévelopper une autre cile de prendre des orienmanière de travailler. Les tations à long terme. Tout familles prioritaires, selon au long de l’année 2009, le les critères du Conseil fonctionnement a beaugénéral, n’ont pas le réflexe coup changé. Nous avons décidé de proposer un « Ils doivent pouvoir de faire appel aux services d’une crèche, surtout si l’un accueil entre un et cinq bénéficier des parents ne travaille jours par semaine. Avec un pas. Elles ne s’y sentent agrément pour vingt pla- d’un accueil qui les ces, nous avons pu répon- aidera à s’épanouir pas autorisées. A nous de renforcer la coldre aux demandes de 27 laboration avec les centres familles. Depuis un an, je et facilitera leur départementaux d’action travaille en réseau avec entrée à l’école. » sociale, les services de promes collègues de la crèche du centre intercommunal d’action sociale tection maternelle et infantile, ceux en et de la halte-garderie pour mieux répon- charge de l’insertion pour qu’ils nous dre aux besoins des familles et aux situa- adressent des familles. Ils sont à même de repérer les personnes qui ont besoin de tions d’urgence. souffler, qui entament une formation ou Comment faire pour toucher recherchent un emploi et qui pourraient les familles les plus vulnérables ? bénéficier de nos services. Nous réfléchisC’est très difficile, notamment sur notre sons aussi à la création d’une instance territoire où cohabitent deux crèches et qui regrouperait tous les acteurs de la une halte-garderie. Si nous voulons cha- petite enfance et pourrait traiter de ces cun atteindre le taux de 40 %, il nous faut questions. Enfin, dès que nous communirepérer un grand nombre de familles qui, quons sur la crèche, dans le guide des compte-tenu de leurs revenus, ne paie- associations par exemple, nous insistons ront pas plus de 80 centimes l’heure de sur cette ouverture à tous et la modulation crèche. Ce seul critère financier me sem- du tarif horaire (entre 0,34 et 2,67 euros) ble d’ailleurs un peu réducteur et stigma- selon les revenus. OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010 NOUS VOUS ILLE 19


C’EST VOTÉ

Les décisions de l’assemblée Le point sur les principales décisions prises lors de la dernière session du Conseil général. Prochains rendez-vous de l’assemblée : les 4 et 5 novembre et les 16 et 17 décembre (orientations budgétaires). Les séances sont publiques. N’hésitez pas à venir y assister. Renseignements au 02 99 02 34 84.

1 Une prime à la création d’emplois DR

pour treize entreprises Qui est concerné ? En juin dernier, le comité d’engagement du fonds de revitalisation d’Ille-et-Vilaine a décidé d’attribuer une prime à la création d’emplois à 13 entreprises du département :  ATF : 10 000 € pour 4 créations d’emplois à Montaubande-Bretagne ;  Teamcast : 35 000 € pour 14 créations d’emplois à Saint-Grégoire ;  Chatal : 80 000 € pour 32 créations d’emplois à Redon ;  V & N Consulting : 10 000 € pour 4 créations d’emplois à Rennes ;  Camping & Co : 7 500 € pour 3 créations d’emplois à Bonnemain ;  Pièces et Pneus : 30 000 € pour 12 créations d’emplois à Étrelles ;

 Géométal : 2 500 € pour une création d’emploi à La Selle-en-Luitré ;  Ademi : 10 000 € pour 4 créations d’emplois à NoyalChâtillon-sur-Seiche ;  Les Craquelins de SaintMalo : 7 500 € pour 3 créations d’emplois à Saint-Malo ;  Imprimerie Reuzé : 2 500 € pour une création d’emploi à Martigné-Ferchaud ;  BA Systèmes : 35 000 € pour 14 créations d’emplois à Mordelles ;  Simtec Élevage : 12 500 € pour 5 créations d’emplois à Montreuil-sur-Ille ;  Cimaprem : 5 000 € pour 2 créations d’emplois à Redon.

Ce qu’est le fonds de revitalisation Ce dispositif vise à recréer des

Avec les 80 000 € du fonds de revitalisation, l'entreprise Chatal de Redon (sous-traitance aéronautique) va pouvoir créer plus rapidement les 32 emplois dont elle a besoin.

emplois dans des bassins touchés par des destructions de postes. Le fonds est financé par des entreprises qui ont restructuré leurs implantations comme Motorola, Super Sport, Moreva, PSA Peugeot Citroën. La ges-

tion du fonds départemental de revitalisation a été confiée à Idea 35, l’agence de prospection économique d’Ille-et-Vilaine. SAVOIR + Idea 35, 02 99 53 65 65.

2 Des équipes mobiles d’adjoints techniques PHOTO THOMAS CRABOT

Des équipes techniques polyvalentes entretiennent l’ensemble des locaux départementaux.

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Pourquoi ?

Qui fait quoi ?

Le Conseil général a décidé de créer des équipes mobiles d’adjoints techniques (Emat) pour assurer un meilleur entretien des locaux sur l’ensemble du territoire. Le dispositif est mis en place progressivement suite au transfert des postes de techniciens et ouvriers de service (Tos) de l’État vers le Département. Les équipes implantées à Rennes et à Fougères sont opérationnelles depuis le mois de septembre, celles situées à Saint-Malo et à Bain-de-Bretagne le seront début 2011.

Six équipes de 3 à 5 personnes, soit 20 agents rattachés au service construction des agences départementales, assureront des travaux d’aménagement dans les collèges mais aussi dans les Centres départementaux d’action sociale (Cdas), les centres d’exploitation, à l’hôtel du Département… Sont concernés les travaux d’agencement intérieur, de peinture, d’électricité et de plomberie.

SAVOIR + Pôle construction du Conseil général, 02 99 02 34 05.


PHOTO FRANCK HAMON

3 Un soutien aux associations

pour le logement des plus démunis Qui est aidé ? Le Conseil général attribue des subventions pour un montant total de 512 168 € aux associations et aux organismes qui œuvrent pour le logement des personnes défavorisées. L’aide départementale bénéficie à l’Aivs (agence immobilière à vocation sociale), aux Clés de Haute-Bretagne et au Pact d’Ille-et-Vilaine, entreprises associatives pour l'amélioration de l'habitat et du cadre de vie, au service des particuliers et des collectivités locales. Ces associa-

tions conseillent et accompagnent les propriétaires bailleurs pour la mise en location de leurs logements auprès du public en difficulté. Le Département soutient également le Crij (centre régional d’information jeunesse) qui œuvre pour le logement des jeunes, l’AdoHLM dont un des chantiers est la mise en œuvre du fichier unique de demande de logements HLM, ainsi que l’Adil qui assure l’animation de l’observatoire de l’habitat.

Le Département œuvre pour le logement des jeunes via son aide au Crij.

SAVOIR + Service aménagement, urbanisme et habitat du Conseil général, 02 99 02 40 86.

4 Fonds de solidarité pour les petites communes :

premières réalisations De quoi parle-t-on ? Le Département a voté un fonds spécial de 2,4 millions d’euros pour aider les communes de moins de 2 000 habitants qui connaissent le plus de difficultés et dont les projets prioritaires sont prêts à démarrer dès 2010. Ce fonds doit permettre d’atténuer les effets de la crise et des mesures prises par l’Assemblée départementale lors de la

session du 27 novembre dernier (gel des subventions d’investissement en 2010). Il peut financer des projets d’équipement dans le domaine de la petite enfance, des contrats d’objectifs « développement durable », des bâtiments communaux, l’assainissement collectif, ainsi que les investissements dans les bibliothèques (projets mobiliers dans le cas d’un premier aménagement

et projets de construction ou de rénovation).

Les aides L’Assemblée départementale a attribué des subventions aux communes de : Domalain pour la 2e tranche de travaux de son église (106 585 €) ; Sains pour une opération d’acquisition et de rénovation de bâtiment afin d’assurer la transmission du dernier restaurant (23 995 €) ;

Saint-Brice-en-Coglès pour la requalification de la zone d’activités de la Croix Rouge (48 900 €) ; Saint-Symphorien pour des travaux de voirie (granit et sécurité) (17 701 €) ; Saint-Didier pour la construction d’une voie nouvelle au sud-ouest de l’agglomération (150 000 €). SAVOIR + Agences départementales, www.agences.ille-et-vilaine.fr

5 Le transport des élèves handicapés est facilité PHOTO THOMAS CRABOT

Les modifications Le règlement départemental concernant le transport des élèves et étudiants handicapés a été modifié lors de la session du 25 juin dernier. Depuis septembre 2009, les élèves dans l’incapacité d’emprunter les transports en commun en raison de la gravité de leur handicap, constatée par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), peuvent bénéficier du transport adapté. La référence à un taux d’invalidité est abandonnée. Compte tenu de l’importance de cette modification, sa mise en œuvre a fait l’objet d’une expérimentation en 2009-2010, qui se poursuivra en 2010-2011. Les familles dont les enfants prennent un taxi ne sont plus obligées d’avancer des frais souvent importants avant d’être remboursées par le Département : ce dernier peut régler directement le coût du transport.

Le Département prend en charge le transport de 608 élèves et étudiants handicapés vers 150 établissements scolaires ou universitaires.

SAVOIR + Service transports du Conseil général, 02 99 02 31 86 ou 02 99 02 32 08.

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OPINIONS

Ecrivez au président du conseil général Cette page est la vôtre. N’hésitez pas à vous en servir pour écrire à Jean-Louis Tourenne. Retournez-la à l’adresse indiquée en haut de la page. Tous les courriers recevront une réponse dans les meilleurs délais.

Monsieur le président du Conseil général 1, avenue de la Préfecture 35042 RENNES CEDEX Votre nom Votre prénom Votre adresse

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Les domaines d’intervention du Conseil général SOLIDARITÉ ET SANTÉ > Personnes âgées, personnes handicapées

ECONOMIE > Aides aux entreprises et aux parcs d’activités, aides

(hébergement, maintien à domicile, aides), insertion, famille (protection maternelle et infantile, santé, aide sociale à l’enfance, modes de garde) EDUCATION > Construction et entretien des collèges, transports scolaires, vie scolaire. ROUTES ET TRANSPORTS INTERURBAINS > Routes départementales, routes nationales d’intérêt local, transports interurbains (cars circulant hors des grandes agglomérations)

aux communes pour leur développement, commerce et artisanat. ENVIRONNEMENT > Espaces naturels départementaux, randonnées, eau, assainissement, qualité de l’environnement CULTURE > Lecture publique, patrimoine, écoles de musique, diffusion culturelle.

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Et aussi : agriculture, logement, sport, tourisme…


EN DIRECT DES 7 PAYS

Bonne Route ! Le 31 octobre, 83 skippers prendront le départ de la Route du rhum. Allez les saluer tout le long de la côte ! P. 30 > SAINT-MALO

PHOTO BRUNO SAUSSIER

> REDON

> RENNES

Tout le monde a droit à quelques fleurs, quelques pensées, une couronne, dit l’association Dignité Cimetière. P. 24 > FOUGÈRES

À Louvigné-duDésert, avec Bio Valeur, tout est bio dans le cochon. P. 33 > VALLONS-DE-VILAINE

Et aussi…  À Rennes à la fin du marché, les cageots ont droit à une nouvelle vie.

Les chevaux P. 25 abandonnés ont une bonne fée.  À Rennes l’Adec Elle s’appelle veille depuis 40 ans Mireille. P. 28 sur le théâtre amateur. P. 26 > VITRÉ-PORTE DE BRETAGNE  Pourquoi l’instituteur de Redon s’est mis au Les lycéens de breton. Vitré ne vendent P. 29 pas de cartes postales, mais des  Saint-Malo a ses crayons. Et c’est Enfoirés : courez à aussi une belle Cœurs en chœur ! chanson. P. 35 P. 31  À Montauban on biberonne sans risques. P. 37

> BROCÉLIANDE

L’économie sociale se fédère : voici les « Vallons solidaires » ! P. 36

Vivre et se cultiver au pays, c’est possible à Talensac, grâce à une association pleine de vie. P. 37

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> RENNES

> www.nousvousille.fr/paysrennes/

> pays-rennes@nousvousille.fr

À Rennes Dignité cimetière enterre l’indifférence PHOTO THOMAS CRABOT

SOLIDARITÉ Le collectif Dignité cimetière se bat pour offrir des obsèques dignes et une sépulture décente aux personnes démunies. À Rennes… et bientôt ailleurs dans le département.  En douze ans d’existence, le collectif Dignité cimetière a parcouru du chemin. Les enterrements à la va-vite, les obsèques anonymes, les pauvres sépultures de terre… voici une réalité presque enterrée. Grâce à la mobilisation d’une trentaine d’anciens SDF et de précaires, les personnes démunies s’en vont désormais avec les mêmes égards que les autres. Depuis 2002, une convention lie la Ville de Rennes et certains opérateurs funéraires. Elle procure aux indigents, gratuitement si possible, une toilette mortuaire, des obsèques civiles ou religieuses, une dalle, une plaque d’état civil, voire une croix. « C’est le mini-

mum pour partir en paix et permettre aux proches de faire le deuil, sans ressentir de honte. La mort ne doit pas être une forme d’exclusion supplémentaire », explique le collectif.

Des fleurs Plus récemment, le groupe s’est démené pour aménager la sépulture commune du cimetière de l’Est, désormais pourvue d’une belle sculpture en fer forgé et d’un jardin paysager. Il veille à ce que leurs compagnons de galère, même inconnus, ne quittent pas ce monde avec des habits sales et le visage mal rasé. « On entretient les sépultures, on fleurit les tombes et on

participe aux cérémonies pour témoigner de notre solidarité. » Dignité cimetière souhaite étendre son action au reste du département. Des contacts ont été pris à Vitré, Fougères et Redon. De petits groupes se constituent, des gestes encore modestes éclosent. En quête d’un partenariat avec les services sociaux, le collectif dit aussi manquer d’un référent bien informé pour retrouver la famille et évaluer les ressources du défunt. Des démarches sont en cours. OLIVIER BROVELLI CONTACT Collectif Dignité cimetière, 6 rue de l’Hôtel-Dieu à Rennes. Tél. : 06 23 92 15 97 et 06 27 11 07 36.

Partage

Parce que tout le monde a droit à une brassée de chrysanthèmes…

henri.descottes@orange.fr

À Melesse le domaine du Cap invente la maison des travailleurs du troisième type PHOTO THOMAS CRABOT

Fusion

Et si l’usine du XXIe siècle ressemblait à un lotissement d’architecte ?

tallé à l’entrée du domaine offrira une salle de réunion, un espace d’exposition, des copieurs, fax, de petits bureaux et même une gestion mutualisée du courrier. Ca vous rappelle quelque chose ? Normal : l’initiateur du projet est Daniel Jeulin, à qui l’on doit le concept de Cap Malo et celui de l’Espace performance de Saint-Grégoire. Tertiaire supérieur

Un concept inédit

L’ensemble résidentiel du Cap à Melesse et La Mézière, près du golf de Cap Malo, propose des logements conçus sur

mesure pour que leurs occupants puissent… travailler à la maison. D’ici à 2011, 105 maisons et 65 appartements devraient sortir de terre.

Dans chaque logement, il sera possible de faire fonctionner des ordinateurs en réseau grâce à un câblage local. Un bâtiment spécifique ins-

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Plusieurs maisons spacieuses ont déjà trouvé preneur, pour 300 à 350 000 euros. Les T2 (45 m2) sont vendus autour de 120 000 € et les T3 (65 m2) 160 000 €.

On peut aussi acheter le terrain nu et y construire une maison à moindre coût, à condition de respecter une architecture contemporaine validée par l’architecte conseil du Domaine du Cap. « Ce concept est proche de celui des pépinières d’entreprises. Il intéresse des ingénieurs informatiques, des consultants, des commerciaux, des représentants en assurances qui veulent travailler chez eux et bénéficier de services professionnels à proximité », explique Arnaud Jeulin, responsable commercial chez Performance Promotion. CÉCILE C. ROBIN


Le Festival national Une question à… Savary, président du film d’animation André de l’association locale s’installe à Bruz Artisans du monde  Implanté jusqu’à présent dans le Gers, le Festival national du film d’animation pose définitivement ses bobines dans l’agglomération rennaise. Il se tiendra au Grand Logis, à Bruz, du 14 au 19 décembre 2010. Organisé autour d’une compétition de courts métrages et de films de fin d’études, le festival propose des projections en pagaille, des rencontres avec des auteurs, des tables rondes et des ateliers pratiques pour tous les âges. Destiné à rendre compte de la vitalité du film d’animation à la française, il s’intéresse à toutes les techniques et tous les genres (publicité, générique, films institutionnels ou amateurs…).

Le Festival national du film d’animation est ouvert aux professionnels et au grand public. O.B.

Du 14 au 19 décembre, programmation sur www.afca.asso.fr

Quelle est l’originalité du magasin Artisans du monde ?

« Notre boutique propose à la vente des produits alimentaires et artisanaux, exclusivement issus du commerce équitable. En payant TC d’avance les commandes, en fixant un prix juste au travail fourni d’un « Changer les règles du bout à l’autre de la chaîne de commerce fabrication, nous nous engageons mondial » à procurer des revenus corrects aux petits producteurs des pays en développement. Notre but ? Changer les règles du commerce mondial. À Rennes, nous proposons un millier de références artisanales, renouvelées deux fois par an, et 120 produits d’alimentation courante (café, riz, chocolat, jus…). Cinquante bénévoles se relaient pour accueillir les clients, tenir la caisse et passer les commandes. L’an dernier, nous avons déménagé notre boutique pour investir un commerce plus grand (50 m2). Nous espérons avoir gagné en visibilité. » CONTACT Artisans du monde, 16 rue Hoche à Rennes. Horaires : 10 à 19 h du mardi au samedi, 14 à 19 heures le lundi. Tél. : 09 75 86 99 11. www.artisansdumonde.org

« TEMPS D’EXPOSITION » AUX ARCHIVES DÉPARTEMENTALES  Jusqu’au 26 novembre, une exposition dédiée à la photographie et scénarisée par l’école des Beaux-Arts de Rennes permet de découvrir les missions des Archives départementales. Plus de 200 000 clichés sont archivés par l’institution, du papier salé ou albuminé au numérique. « Temps d’exposition » propose aussi les clichés de 35 photographes amateurs, qui ont participé en mai dernier au concours « Que représentent pour vous les archives ? », parmi lesquels la Rennaise Elise Sanceaume, qui a remporté le premier prix. Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 rue Jacques-Léonard, à Rennes. Ouvert du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 17 h 30.

www.archives35.fr

A Rennes la solidarité fait feu de tout bois INSERTION Grâce au recyclage de cageots, l’association Agir procure un emploi à de jeunes handicapés.  Récupérer les cageots en bois abandonnés sur les marchés, les recycler et les revendre aux particuliers sous forme d’allumefeu pour cheminées, poêles et barbecues : tel est le projet FAGO. Il permet à des personnes souffrant d’un handicap intellectuel modéré de travailler. Serge Pathiaux et Maxime Landemaine ont entamé leur activité fin mars dans le quartier de Maurepas, à Rennes, au marché Alexis-Carrel. Encadrés par un technicien de l’entreprise d’insertion la Feuille d’Érable, avec le soutien de l’établissement d’aide par le travail (Esat) de la Mabilais à Thorigné-Fouillard,

PHOTO THOMAS CRABOT

Étincelle

Un plein cageot de bonnes idées… de recyclage.

les deux jeunes ont prévu d’étendre progressivement leur tournée à tous les marchés de Rennes et de la métropole. Produit dans l’entreprise

FTB à Availles-sur-Seiche, avec le concours de travailleurs handicapés pour le tri et le broyage des cagettes, l’allume-feu est entièrement naturel. Il

est imbibé de cire végétale et conditionné dans un sachet de papier cellulosique. Il sera distribué prochainement dans le réseau des magasins

Biocoop. « Un métier, c’est une utilité sociale, rappelle Claude Pathiaux, la présidente d’Agir. Ce sont aussi des échanges avec les commerçants, des déplacements dans la ville… Avoir une activité change la vie des personnes handicapées. » Écologique et solidaire, ce projet veut être économiquement viable. La phase expérimentale doit durer deux ans. Elle est soutenue par plusieurs partenaires publics et privés, dont le Conseil général. O.B. CONTACT Association AGIR Projet FAGO, 10 rue Gaston Tardif, tél. : 09 65 20 05 51.

agir-association@orange.fr

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> RENNES

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> pays-rennes@nousvousille.fr

À Rennes, depuis 40 ans, l’Adec tient la chandelle du théâtre amateur THÉÂTRE Dans les coulisses des 285 troupes amateur du département, il y a bien souvent l’Adec – Maison du théâtre amateur de la rue Papu. Depuis 40 ans, elle est au service des amoureux des planches. Visite.  Bâtie sur les fondations de l’éducation populaire, la Maison du théâtre amateur est le quartier général de tous les passionnés d’art dramatique qui aiment le théâtre sans prétendre en vivre. Installée depuis vingt ans rue Papu à Rennes, pourvue de sa propre salle (170 places) et d’une bibliothèque bien achalandée (18 000 références), la Maison reçoit les compagnies amateurs en quête de conseils pour développer leurs activités et faire progresser leur pratique. La documentation, la formation et l’aide à la diffusion sont les trois piliers de l’ancienne association Art Dramatique Expression Culture. Les 285 troupes du département – l’un des plus importants contingents de France –

PHOTO THOMAS CRABOT

Serge Saint-Eve, Suzanne Héleine (directrice de l’Adec) et Hubert Hervé.

peuvent compter sur l’appui de quatre salariés. Du jeu d’acteur aux costumes, de l’éclairage à la mise en scène, l’aide proposée porte sur tous les volets de la création

ENRICHISSEZ VOTRE BANQUE (ALIMENTAIRE)  Pour sa collecte annuelle de denrées auprès du public fin novembre, la banque alimentaire de Rennes recherche des personnes qui peuvent, ponctuellement, se rendre disponibles durant quelques heures. Fondée en 1998, la banque alimentaire dispose aujourd’hui d’un entrepôt de 750m2 comprenant deux chambres froides, et de trois camions ; 45 bénévoles et deux salariés participent à la réception, au tri et au stockage des marchandises et à la distribution de près de 400 tonnes de denrées par an, dans un esprit d’équipe et de générosité conforme au slogan de la Fédération française des banques alimentaires : « Ensemble, aidons l’homme à se restaurer ». Renseignements au 02 99 85 28 21

et de la représentation. « On épaule aussi les compagnies qui veulent monter un festival, qui rencontrent des problèmes juridiques ou administratifs… », énu-

BIBLIOTHÈQUES CHERCHENT BÉNÉVOLES  L'Association des bibliothèques et sonothèques des établissements hospitaliers de Rennes et sa région (ABHR) cherche des bénévoles pour participer à son action. Depuis plus de 30 ans, l'ABHR prête gratuitement livres, revues, CD et appareils d'écoute aux personnes hospitalisées dans une quinzaine de sites. ABHR, 2 rue de l'Hôtel-Dieu à Rennes, tél. 02 23 21 57 99.

abhrhd@chu-rennes.fr

mère Suzanne Héleine, directrice de l’association.

Reconnaissance Tout au long de l’année, des ateliers et des stages

UNE AIDE AUX FAMILLES DE MALADES ALCOOLIQUES  Les groupes Al-Anon (Alcooliques Anonymes) s’adressent à la famille et aux proches des malades alcooliques. Ils leur offrent écoute, partage et soutien. Les réunions ont lieu dans le plus strict anonymat, tous les vendredis du mois (sauf le 1er) 13 rue de Picardie à Rennes (Villejean) à 20 h 30.

sont organisés à l’intention des « théâtreux », pour les faire accéder à plus de compétences et de plaisir. L’Adec aspire aussi à faire découvrir les écritures contemporaines, éclairées par le regard de comédiens expérimentés. Pour les quarante prochaines années, l’ADEC a promis de tout faire pour attirer l’attention des institutions officielles et des festivals consacrés. Car malgré le travail accompli, le théâtre amateur attend toujours la reconnaissance méritée du théâtre professionnel. O.B. CONTACT Les 40 ans de l’Adec, du 10 au 14 novembre : spectacles, rencontres, lectures… À la Maison du théâtre amateur, 45 rue Papu, 35000 Rennes. Tél. : 02 99 33 20 01.

http://adec.mta.free.fr

ACCUEILLIR LES PROCHES DES DÉTENUS  L'association rennaise L’arc en ciel accueille et héberge des familles et proches de détenus dans la maison située au 53 rue Bigot de Préameneu. Afin d'assurer le fonctionnement de cette structure, elle cherche de nouveaux bénévoles disponibles pour 24 heures de permanence par mois (la maison étant ouverte 24 heures sur 24 et tous les jours de l'année). De nombreuses formations sont prévues à leur intention. Contact : 02 99 53 46 34

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À Rennes on attaque le cancer par la face courage INITIATIVE Grâce à des stages en montagne, la Cordée bretonne aide les enfants touchés par le cancer à remonter la pente. Guérir ou vaincre un sommet, c’est d’abord une question de persévérance…  Fondée en 2003, la Cordée bretonne est le relais local de l’association nationale A chacun son Everest, parrainée par le docteur Christine Janin, une alpiniste de renom. L’association accompagne les enfants et les adolescents atteints de cancer. Qu’ils soient malades ou en rémission, elle les aide à mieux vivre

leur guérison sous tous ses aspects biologiques, sociaux et psychologiques. Le principe

L’association établit un parallèle entre la difficulté de l’ascension d’un sommet en haute montagne et le difficile chemin vers la guérison. Pour aider les enfants à se dépasser, à retrouver

confiance dans leurs capacités, elle organise des stages sportifs d’une semaine à Chamonix. Au programme : randonnée avec des huskies, escalade, acrobranches… En France, 22 hôpitaux sont partenaires de l’opération, dont le CHU Rennes Sud, centre de référence en oncologie et hématologie.

Le rôle de la Cordée

Composée de 18 membres, parents et professionnels de santé, l’association aide chaque année à l’organisation d’une dizaine de manifestations sportives, culturelles, et de projets humanitaires scolaires pour récolter des fonds au profit de l’association PHOTO DR

mère. Elle accompagne aussi les enfants dans le train, en direction des Alpes. Les résultats

Chaque année, une quinzaine de jeunes bretons participent aux stages en montagne. Au printemps dernier, Alexis Jouve, 14 ans, était du voyage. Atteint d’un cancer à la hanche, il s’est battu contre la maladie pendant un an. « On a grimpé une face de l’Aiguille du midi, à 2 300 m, dans la neige. Avec ma prothèse, je ne pensais pas pouvoir le faire. Ce fut une très belle expérience. J’ai gagné en confiance et en liberté. Je suis plus sûr de mes capacités motrices. » O.B. Tél. : 02 99 96 30 66.

Victoire

http://lacordeebretonne.type pad.com

« J’ai gagné en confiance », dit Alexis.

MARMAILLE, 18E ÉDITION

TRAVAUX DANS LES COLLÈGES

 Du 19 au 29 octobre, le festival Marmaille jeune et tout public fête sa 18e édition avec des spectacles à Rennes et dans tout le département. 23 lieux sont partenaires dont Betton, Le Rheu, Liffré, Montours, Saint-Domineuc, Hédé, Chartres, Pacé, Mordelles, SaintAubin-du-Cormier… Le théâtre Lillico, cœur de la manifestation à Rennes, reçoit la compagnie Gare Centrale et son « Troubles » qui s’annonce comme un événement.

 Collège Jacques-Brel à Noyal-sur-Vilaine Les travaux concernent l’amélioration de l’accessibilité et des flux de circulation, la restructuration de la zone dédiée à l’administration, la modernisation et l’agrandissement des classes de sciences, la construction d’un ensemble sanitaire neuf. Coût : 3,7 millions d’euros. Début des travaux en janvier 2012.  Collège Les Gayeulles à Rennes Les travaux de mise en accessibilité et de restructuration de l’établissement commenceront en 2013. Coût : 3,3 millions d’euros.  Collège Emile-Zola à Rennes L’opération fait partie de la restructuration de la cité scolaire. Les travaux sont en cours : rénovation des salles de classe, du pôle administratif et du centre de documentation, ravalement de certaines façades. Les travaux devraient s’achever début 2012. Coût : 5,2 millions d’euros.  Collège Martin-Luther-King à Liffré Le projet d’extension doit permettre d’accueillir 750 élèves. Sont prévus la construction de vestiaires EPS, d’un foyer, de sanitaires et d’un préau extérieur, ainsi que la restructuration de la cuisine et des locaux annexes de la demi-pension. Les travaux, qui ont débuté en décembre 2009, devraient se terminer en février 2011. Coût : 3,6 millions d’euros.

Plus d’infos sur www.theatre-lillico.fr (lire aussi en pages Agenda).

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> REDON

> www.nousvousille.fr/paysredon/

> pays-redon@nousvousille.fr

À Langon les chevaux murmurent leurs peines à l’oreille de Mireille RENAISSANCES De chevaux fourbus, malades ou maltraités, Mireille Quentin, dans son ranch, fait de braves bêtes de randonnée. « Tout le monde a droit à une deuxième vie », dit-elle. Elle sait de quoi elle parle. PHOTO CHARLES CRIÉ

Ordonnance

De l’amour, du foin, de la patience : Mireille soigne les chevaux de retour.

 « Il y a quelques années, vous ne m’auriez pas reconnue. Je m’habillais en Chanel et je marchais en chaussures à talon haut. Je vivais en ville, j’animais des conférences. J’ai même fait de la politique. Mais la vie m’a bien secouée… » Cha-

peau de paille sur la tête, Mireille Quentin fait visiter son « ranch » en short de jean et débardeur. Au beau milieu des Corbinières, à Langon, elle a créé son haras, Kita, du nom d’une de ses premières juments. Elle le finance en proposant des

À PIPRIAC, UNE ÉPICERIE SOCIALE POUR LES PLUS DÉMUNIS  « Dans le canton, on n’avait aucune organisation caritative, pas de Resto du cœur. Pourtant, les besoins sont là », constate Marcelle Avenne. Elle préside l’épicerie sociale de Pipriac, baptisée Au Pain d’Épice. En décembre dernier, une poignée de bénévoles a entrepris de récolter des denrées CC alimentaires et des produits Marcelle Avenne, d’hygiène. Issus de dons, ils présidente de l’association. sont revendus à un prix symbolique, environ 10 % du coût réel. Et déjà, la demande est très importante. Les bénévoles font au mieux pour offrir, en prime, de la chaleur humaine. Le projet est d’aménager un véritable espace capable d’accueillir les bénéficiaires. Au Pain d’Épice ouvre deux vendredis par mois de 14 à 18 heures. Demandes à effectuer dans les mairies du canton.

balades à cheval et du débourrage de jeunes chevaux. « J’ai eu un coup de foudre pour cet endroit. » Mireille veille sur une trentaine de chevaux victimes de maltraitance. Elle a créé l’association « Ranch woman farmer » : « Je soigne ces

UN FORUM DES SERVICES À LA PERSONNE  Vous ne venez plus à bout de votre jardin ? Vous avez besoin d’une baby-sitter ou d’une nounou ? Vos parents vieillissants souhaitent rester chez eux, mais ne peuvent y parvenir sans aide ? Le 6 novembre tous les professionnels du territoire seront réunis pour répondre à vos questions, au cours du forum des services à la personne. De 10 heures à 17 h 30 à la maison des fêtes de Bellevue, à Redon. Organisé par la Coordination des acteurs de l'économie sociale du pays de Redon et Vilaine (Cades).

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chevaux physiquement et psychologiquement. Des vétérinaires, la SPA, des particuliers font appel à moi. » Elle a un don : celui d’entendre la souffrance des chevaux. Elle les comprend. « Quand ils arrivent ici, certains d’entre eux ne sont pas fréquentables. Ils sont agressifs, ils ont peur. » La recette de la guérison ? De l’amour et de la patience. Beaucoup de patience. La première à avoir bénéficié de ce traitement, c’est Kita, une jument traumatisée par un accident puis laissée pour compte. « Je l’ai remise sur pied. C’est devenu un cheval extraordinaire. » Une fois rééduqués et soignés, Mireille confie ses pensionnaires

à des familles d’accueil. « J’aime les chevaux. Ils sont le symbole de la liberté. » Mais celle-ci a un prix. « On m’appelle encore « la Parisienne », on a essayé de me faire partir… Cela m’a rendue plus philosophe… » Pour faire connaître ses activités, Mireille organise le premier dimanche de chaque mois une porte ouverte et un repas champêtre dans les cabanes où elle a recréé une ambiance Far West. « J’aurais aimé être une indienne », avoue-t-elle. NATHALIE CAILLIBOT Le 1er dimanche du mois, de 10 à 19 heures, à Bodiguel, près des Corbinières. 4 et 2 euros. Repas : 7 euros. Tél. 06 17 03 88 08.

leranchwomanfarmer.fr

UNE SEMAINE « ENVIE D’ENTREPRENDRE »  Une passion ? Un savoir-faire ? Une idée ? Ou l’envie de créer des emplois ? Autant de bonnes raisons de creuser l’idée d’une création d’activité… Des professionnels de l’accompagnement, collectivités et associations proposent, du 20 au 27 novembre, une « Semaine envie d’entreprendre en Pays de Redon – Bretagne Sud ». Ouverture samedi 20 novembre à Saint-Nicolasde-Redon avec le salon « Créer sa boîte », qui mobilisera structures d’accompagnement, financeurs, assureurs, banques, notaires, Urssaf, impôts, Pôle Emploi… Des réunions d’information et des conférences auront lieu à Maure et Grand-Fougeray le 22, à La Gacilly le 23, à Guémené-Penfao le 24, à Avessac le 27 et à Redon les 23, 25 et 26). On pourra trouver une idée de création, rencontrer des personnes ayant créé leur activité, en savoir plus sur les financements et les statuts. Des zooms seront proposés sur les services à la personne, les activités agricoles ou les activités culturelles. Pour faciliter l’accès à l’ensemble des manifestations, un service de covoiturage est organisé (Tél. : 02 99 35 10 77). Plus d’infos auprès de la MEDEFI (Maison de l’emploi, du développement, de la formation et de l’insertion) à Redon au 02 99 72 31 21. www.medefi.fr/see2010.asp


À Redon l’instit a appris le breton pour mieux l’enseigner à ses élèves CONVERTI En 2002, il a appris le breton. Aujourd’hui, il l’enseigne en classe bilingue. Une langue n’est pas faite pour séparer mais pour réunir. C’est « un ciment », dit l’instituteur de l’école Notre-Dame de Redon.  « On m’avait dit : À ton âge, c’est trop tard pour apprendre une langue. » Instituteur à l’école Notre-Dame de Redon, Xavier Guillotel a 35 ans lorsqu’il se lance, en 2002, dans une formation intensive de huit mois pour apprendre le breton. « Je ne le parlais pas du tout. Mais comme on avait ouvert la filière bilingue, c’était le moment ou jamais. » Aujourd’hui, non seulement il parle le breton, mais il l’enseigne. Cet engagement lui a valu d’obtenir le 3e prix de l’avenir de la langue bretonne, décerné par l’Office du même nom. Pourtant le sonneur du bagad Nominoë est né en pays gallo : « Mon

père est de Guer dans le Morbihan, ma mère de Rennes. Mais quand j’étais enfant on écoutait Alan Stivell à la maison. Aujourd’hui, je parle breton avec mes enfants. On

s’y est mis ensemble. » Xavier Guillotel reconnaît avoir fourni « un gros travail en moins d’un an ! Mais j’aime cette langue très imagée, ses expressions, ses pro-

verbes, ses maximes, ses intonations. C’est très chantant. » L’instituteur est convaincu des bienfaits du bilinguisme. « Quand ils découvrent qu’il existe une autre PHOTO CHARLES CRIÉ

Contagion

Tombé dans le breton à 35 ans, Xavier Guillotel partage sa passion avec ses élèves.

façon de nommer les choses, les élèves sont étonnés. Au début, ils perdent leurs repères. En progressant, ils découvrent le plaisir. » Sur 220 enfants, une centaine apprennent le breton. En 2011, l’école fêtera les dix ans de la section bilingue. Pour Xavier Guillotel, le breton reste une langue bien vivante. « Cette langue a traversé les siècles, même si elle est malmenée depuis quelques décennies. Elle reste une part de notre patrimoine. À nous de la perpétuer. Une langue unit : c’est un ciment. C’est fait pour vivre ensemble, pas pour diviser. » N.C.

À Guipry le parc de Courbouton passe la vitesse supérieure

PHOTO CHARLES CRIÉ

ÉCONOMIE Pipriac Communauté rénove, agrandit et embellit le parc d’activités de Courbouton. 25 lots seront proposés à des artisans ou industriels. Un atelier-relais accueille les créateurs d’entreprise. Hier

Ouvert il y a une vingtaine d’années, le parc d’activités de Courbouton (5 ha) est en bordure de l’axe Rennes-Redon, à Guipry. Il compte une centaine d’emplois dans des entreprises dédiées à l’industrie mécanique, au bâtiment et au recyclage de pneus. La plus grosse société, Lear Corporation, est un soustraitant automobile. Aujourd’hui

Deux nouveaux secteurs ont été ouverts à la commercialisation au prin-

temps dernier. Affectés à l’industrie et à l’artisanat, ils hébergeront jusqu’à 25 entreprises d’envergure locale ou nationale. L’offre est diversifiée : la surface des lots disponibles varie de 2 300 m2 à un hectare. « Les travaux entrepris pour améliorer l’accès au site par la voie rapide sont une promesse de développement », se réjouit Franck le Gall, le directeur par intérim de Pipriac Communauté, qui a bénéficié de l’accompagnement de l’agence économique

Sur la Z.A., le bâtiment de Modern Concept, qui aménage des containers maritimes en logements.

départementale Idea 35. L’aménagement d’un quatrième secteur, consacré à la logistique, est en projet. Le Conseil général finance l’opération à hauteur de 218 000 €. Demain

Pipriac Communauté convertit un bâtiment désaffecté de 2 500 m2 en atelier relais. Les loyers y seront modérés, pour permettre à des créateurs d’entreprise de se développer à moindres frais. Deux des cinq cellules ont déjà trouvé

preneur. À partir de juin 2011, elles accueilleront des sociétés spécialisées dans la construction de maisons en bois (Energos) et les solutions d’énergie durable (Nohéra).En 2011, le secteur existant sera entièrement rénové,

selon les critères de la démarche Bretagne Qualiparc. Objectif : améliorer l’intégration paysagère et écologique du site. Les études sont en cours. OLIVIER BROVELLI Rens. : 02 99 34 06 13.

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> SAINT-MALO > www.nousvousille.fr/payssaintmalo/

> pays-saintmalo@nousvousille.fr

A Saint-Malo le départ de la Route du Rhum est déjà une fête

Six skippers d’Ille-et

APPEL DU LARGE Le 31 octobre, 83 bateaux prendront le départ de la 9e Route du Rhum. Six skippers d'Ille-et-Vilaine en seront. Allez les encourager : tout est prévu !  Ce dimanche 31 octobre à 13 h 02, 83 concurrents franchiront la ligne de départ de l'édition 2010 de la Route du Rhum. C’est un record. Pour les organisateurs, qui souhaitent faire de ce grand rendez-vous maritime une fête populaire,

c'est un formidable succès. En 2006, 1,2 million de visiteurs se sont rendus au village de la course, au pied des remparts, et 250 000 spectateurs ont assisté au départ, sur les falaises de la pointe du Grouin et du Cap Fréhel. Visibles sur les bassins

Lors du départ en 2006.

PHOTO BRUNO SAUSSIER

Vauban et Dugay-Trouin dès le 22 octobre, les bateaux seront amarrés à quai et sur pontons. Bien sûr, les skippers seront passablement occupés. Mais nombreux sont ceux qui se déclarent prêts à jouer le jeu et promettent de rompre leur cycle de sommeil polyphasé pour rencontrer le public. Festive, la SaintMalo-Pointe-à-Pitre 2010 affiche un programme d'avant-départ chargé : régates en bassin, sons et lumières, expositions, concerts, déambulations et spectacles… Il est conseillé d’utiliser les transports en com-

mun, y compris le train et le bus de mer entre Dinard et Saint-Malo qui, pour l'occasion, étoffe ses navettes. BRUNO SAUSSIER Tél. 0825 135 200

www.saint-malo-tourisme.com Des spectateurs aux premières loges Le 31 octobre prochain, à 13 h 02, plusieurs dizaines de jeunes et leurs familles, assez peu coutumiers des privilèges, seront les spectateurs privilégiés du départ de la course du Rhum. Ils sont invités par le Conseil général au sémaphore de la Pointe du Grouin, propriété du Conseil général. Sans doute le plus beau point de vue sur la course !

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Nom Servane Escoffier (Saint-Malo) Age 29 ans Profession Navigatrice Bateau Saint-Malo 2015 Catégorie Ultime Cursus 1re Route du Rhum en 2006 (arrivée seconde de sa catégorie sur monocoque de 50 pieds). Atouts « Ma détermination et le soutien de tous mes partenaires. »

Une question à…

Linda Janvier, directrice de l'accueil des loisirs de Tinténiac Comment est née l'idée d'une semaine de l'Enfance ?

« Il existe beaucoup de structures dédiées à l'enfance et à la jeunesse sur notre territoire, mais tout le monde ne se connaît pas. Les BS familles ignorent parfois toutes les possibilités d'accueil et de L’association loisirs. Cette 6e semaine, du 20 Familles au 26 novembre, est dédiée aux Rurales 0-12 ans mais les spectacles organise l'événement peuvent plaire aux plus grands et en partena- à leurs parents. Des animations sont proposées aux enfants dans riat avec le SIVU Anim6. les écoles et les espaces jeux. Les samedis, dimanches et mercredis, la programmation est familiale. Au menu, massages pour bébé, baby gym, soirée jeux à frissonner, atelier trampoline, poterie, jeux de piste, fabrication de masques, jeux en bois, spectacle des « Voilà voilà »… À noter : nous ouvrons nos portes bien au-delà des six communes du SIVU Anim’6 : Hédé-Bazouges, La Baussaine, Saint-Domineuc, Saint-Thual, Québriac et Tinténiac. »

LES TRAVAUX DANS LES COLLÈGES  Collège Paul-Féval à Dol-de-Bretagne

 Collège Le Bocage à Dinard

 Collège ThéophileBriant à Tinténiac

Les travaux concernent la mise en accessibilité, la rénovation des classes, l’amélioration de la fonctionnalité des locaux, le remplacement des menuiseries extérieures pour économiser l’énergie, la création d’un foyer, la réalisation d’un préau avec sanitaires extérieurs, la construction d’un centre de documentation et d’un abri à vélos. Les travaux ont commencé en avril 2010. Ils devraient se terminer en juin 2011. Coût : 4,4 millions d’euros.

Les travaux à venir porteront sa capacité à 650 élèves, suivant les études et la concertation menées au 2e trimestre 2010. Sont prévus la requalification de l’établissement depuis la rue, la restructuration des salles de cours, l’agrandissement du préau, le déplacement et la redistribution des locaux des enseignants, la mise en accessibilité du site, la réalisation de foyers pour les élèves et l’agrandissement de la cour. Une fois le programme finalisé, les travaux devraient commencer en 2013.

L’extension du collège permettra d’accueillir 500 élèves. Le programme en cours d’élaboration concerne l’ensemble des pôles de l’établissement. Il comprend l’extension de la cantine, le réaménagement des classes, la sécurité et l’accessibilité pour les handicapés. Une extension est prévue pour accueillir les salles de sciences, une salle de permanence, des sanitaires et un préau. L’œuvre du peintre Geoffroy d’Auvergne sera restaurée. La maîtrise d’œuvre sera désignée en 2011. Début des travaux en 2013. Coût : 6,7 millions d’euros.

Programme complet sur le site www.anim6.fr

30 NOUS VOUS ILLE OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010


-Vilaine dans la transatlantique la plus célèbre de France

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Nom Gilbert Cholet (Saint-Père) Age 60 ans Profession Entrepreneur à la retraite Bateau Chimirec EVTV Catégorie Class 40 Cursus 1re participation. Atouts « Mon bateau, pas un des meilleurs mais loin d'être le plus mauvais. Et le fait d'être assez marin : je ne sais peut-être pas aller très vite mais je saurai éviter les pépins. »

Nom Franck-Yves Escoffier (Saint-Malo) Age 53 ans Profession Armateurnavigateur Bateau Crêpes Wahou 3 Catégorie C. Multi 50 Cursus 4e Route du Rhum. Vainqueur dans sa catégorie en 1998, 2002 et 2006. Atouts « Mon âge, qui commence à parler sur un départ. Et mon bateau, très léger, physique, mais rapide. »

BAIE DU MONT SAINT-MICHEL : L'AGNEAU DE PRÉS-SALÉS DÉCROCHE SON AOC  Après les moules de bouchot, les cocos de Paimpol, les camemberts de Normandie ou le cidre du pays d'Auge, c'est au tour de l'agneau de prés-salés de bénéficier de la prestigieuse Appellation d'origine contrôlée (AOC). Pour les éleveurs de la baie, c'est une reconnaissance de la qualité particulière de leurs produits. Obtenue le 9 juillet dernier après dix-sept années de mise au point, cette AOC va permettre à quatre éleveurs d'Ille-et-Vilaine et dix éleveurs de la Manche de mieux identifier leur production sur les étals. Trois à quatre mille agneaux sont commercialisés chaque année après un séjour sur les herbus de la baie. La chambre d'agriculture annonce, à terme, un potentiel d'une quarantaine d'éleveurs capables de répondre au très strict cahier des charges qu'implique cette AOC. PHOTO FRANCK HAMON

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Nom Jean-Paul Froc (Cancale) Age 56 ans Profession Dirigeant d'entreprise Bateau Eurosanit Catégorie Rhum Cursus 1re participation à la Route du Rhum Atouts « Je connais très bien mon bateau et j'ai une grande confiance en lui. »

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Nom Gilles Lamiré (Cancale) Age 40 ans Profession Skipper Bateau Défi Cancale Catégorie Ultime Cursus 1re Route du Rhum en 2006 en 21 jours, 10 h et 28 mn Atouts « Mon bateau est extraordinaire et mes futurs sponsors sont généreux. »

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Nom Loïc Fequet (Saint-Lunaire) Age 36 ans Profession Chef de projet informatique Bateau Maître Jacques Catégorie Classe Multi 50 Cursus 1re participation à la Route du Rhum Atouts « Mon sérieux, mon expérience, et un projet avec mon partenaire prévu jusqu'en 2014. »

À Saint-Malo trois bonnes raisons d'aller voir Cœurs en Chœur Parce que c'est pour la bonne cause

Lancé en 2000 à l'initiative de Charles Tharaux, alors étudiant, ce show musical caritatif avait pour but d'apporter un soutien à la campagne des Restos du Cœur. Prévu pour une édition unique, le concert a été réédité chaque année avec un auditoire toujours grandissant. Depuis leur lancement, les Cœurs en Chœur ont permis d'offrir 50 000 repas aux bénéficiaires des Restos du Cœur. Parce qu'il y a de la bonne musique

Comme les fameux Enfoirés, la vingtaine de musiciens, chanteurs et artistes qui se produiront sur scène revisitent les succès des années soixante à nos jours. L'édition 2011, sur le thème du voyage, permettra d'entendre des versions arrangées des standards de Noah, Bénabar, Trénet, Cabrel… Parce que c'est 10 euros

Deux heures de spectacle au théâtre de Saint-Malo avec de la musique, des décors, une mise en scène, une

bonne action et des bonnes volontés… pour à peine le prix d'une place de cinéma. Voilà qui mérite de bloquer son vendredi 28 ou samedi 29 janvier. Les places seront en vente dès le 15 novembre sur www.ticketnet.fr et à Cultura (centre commercial de la Madeleine à Saint-Malo). B.S.

OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010 NOUS VOUS ILLE 31


EN DIRECT DES 7 PAYS CONTACT

> SAINT-MALO > www.nousvousille.fr/payssaintmalo/

> pays-saintmalo@nousvousille.fr

À Vieux-Viel on cultive les Champs Photographiques « Nous ne sommes pas une galerie, mais nous voulons faire connaître le lieu. L'objectif est de mettre en place un festival chaque année avec des résidences d'artistes, des ateliers, des soirées documentaires et la publication d'un catalogue tous les trois ans. » L'idée peut paraître saugrenue, mais le photographe Denis Bourges, à l'origine du projet avec sa compagne la réalisatrice Murielle Schulze, en a fait une sorte de mission sacrée : il veut transformer en un carrefour culturel la maison du Bas-Rucé qu’il a héritée de sa tante Germaine. Pari audacieux, les Champs Photographiques démarrent dès cette année avec Envoie(s), une exposition qui mêle les images de Denis Bourges, Gilles

PHOTO BRUNO SAUSSIER

Clic-clac

Denis Bourges et Murielle Schulze donnent rendez-vous aux amoureux d'images à l'occasion de ce premier festival.

Coulon, Olivier Cullmann, Patrick Tourneboeuf et les films de Matt Jacob et Murielle Schulze. Le tout est visible chez Tante Germaine et dans son jardin, jusqu'au 3 novembre.

Lieu protéiforme, la ferme des Champs Photographiques ouvre grand ses portes les mercredis de 10 heures à 18 heures, les vendredis de 14 heures à 19 heures, et les samedis et

dimanches de 12 heures à 19 heures. Entrée libre. BRUNO SAUSSIER

www.leschampsphotographiques.com

croisent lors d’une formation horticole. L’idée de travailler dans une jardinerie ne leur dit rien. Elles décident de monter leur affaire. « Nous nous sommes aperçues que de nombreuses personnes PHOTO BRUNO SAUSSIER

Comme sur des…

Stéphanie Gagniou et Laurence Josselin ont déjà commercialisé 150 potagers roulants dans toute la France.

souhaitaient jardiner mais n'en avaient pas la possibilité faute d'espace ou de temps. » D’où l'idée d’« Un potager dans ma cuisine ». Vous n’avez pas de potager ? C’est le potager qui vient à vous. Sous la forme d’un bac mobile, avec ou sans roulettes, créé sur mesure par les deux entrepreneuses pour accueillir, suivant sa taille, herbes aromatiques, graminées, salades,fruits, légumes, voire tout à la fois. De hauteur et de profondeur différentes, les bacs à roulettes s'adaptent aux contraintes de place comme à celles du jardinier. « Notre clien-

32 NOUS VOUS ILLE OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010

 Créée voici 35 ans, l'association des Amis des bisquines et du vieux Cancale s’est donné deux missions : éditer des revues dans le cadre de sa série Les cahiers de la vie de Cancale et exploiter le musée des arts et traditions populaires, situé dans l'église SaintMéen (ouvert jusqu'au 2 novembre). La dernière livraison, le cahier 34, a été publié pour la première fois en qualité magazine. Les amateurs d'histoire locale peuvent se le procurer dans les librairies et maisons de la presse de Cancale et de Saint-Malo. L'association vient de sortir une nouvelle revue, En quête d'histoire, dont le premier dossier concerne la famille Hamon. Le prochain sera consacré à l'hôtel Duguesclin. CONTACT AABVC, rue Hamon Vaujoyeux, à Cancale. Tél. 02 99 89 79 32.

A Saint-Malo les courgettes ont des roulettes  La première était institutrice. La seconde, comptable. L’une et l’autre ont démissionné après avoir entendu l’appel de la nature. En 2008, Laurence Josselin et Stéphanie Gagniou se

À CANCALE, DES AMIS DU MUSÉE TRÈS RÉACTIFS

CLIC DE COMBOURG : LE BON NUMÉRO tèle est composée d'écoles, de particuliers, mais aussi de nombreuses maisons de retraite qui mettent en place des ateliers de jardins thérapeutiques. » Fabriqués en bois de châtaignier ou de padouk, les bacs sont assemblés et montés par Laurence et Stéphanie dans le garage de cette dernière. Déjà primées deux fois pour leur projet, les deux amies font gentiment pousser leur entreprise, et cherchent un nouveau local pour installer leur atelier. Avec jardin, bien sûr ! B.S. www.potager-dans-macuisine.com

 Les personnes âgées, les personnes handicapées et leurs familles habitant la région de Combourg ont à leur disposition un Centre local d'information et de coordination (Clic) situé 2 ruelle du Moutier à Combourg. Attention : certains documents imprimés par le Département portent malencontreusement des données inexactes. Ce Clic s'adresse aux habitants des cantons de Combourg, Dol-deBretagne, Pleine-Fougères, Tinténiac et des communes de Dingé, Hédé, Lanrigan et Québriac. Tél. : 02 99 73 43 23 ou 095 24 325 42.


> FOUGÈRES CONTACT

> pays-fougeres@nousvousille.fr

> www.nousvousille.fr/paysfougeres/ PHOTO THOMAS CRABOT

À Louvigné Bio Valeur met du porc bio dans les assiettes AGRICULTURE Les produits de la Société Bio Valeur sont distribués dans 300 magasins du réseau Biocoop en France.  Installée depuis une dizaine d’années à Louvigné-du-Désert, la Société Bio Valeur (SBV) est spécialisée dans la transformation de la viande porcine issue de l’agriculture biologique. L’an dernier, l’entreprise a été reprise par le groupement d’éleveurs Bio Direct, Le Porc biologique. Basée à La Gravelle (53), la filière regroupe 82 éleveurs installés essentiellement en Bretagne et dans les Pays de la Loire. « Auparavant, la totalité de notre production était vendue à Erca Bio, un grossiste implanté en Mayenne », explique Thierry Le Villoux, président de Bio Direct. « Nous avons décidé de lancer une activité de

transformation pour renforcer notre présence dans le réseau Biocoop. Actuellement, nos produits sont distribués dans 300 magasins en France sous la marque Ensemble pour plus de sens. Nous travaillons également pour la restauration collective partout dans le Grand Ouest. Nous livrons quelques grandes et moyennes surfaces en Ille-et-Vilaine et Mayenne. » Bio Valeur, qui emploie 13 salariés, a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires d’1, 5 million d’euros. L’entreprise transforme entre 40 et 45 porcs chaque semaine. « Actuellement, Bio Valeur valorise 7 à 8 % de la production des éleveurs.

À PARCÉ, TOUT SUR LE PATRIMOINE ORAL EN HAUTE-BRETAGNE  La Granjagoul, Maison du patrimoine oral en Haute-Bretagne, a ouvert ses portes le mois dernier dans le bourg de Parcé. Ancienne grange réhabilitée (d’où le nom Granjagoul, contraction de « grange » et « goule », « bouche » en gallo), le bâtiment de 180 m2 abrite un pôle d’exposition et un espace de documentation dédiés à la Le gallo a sa culture gallèse. maison. Elle est Des animations seront proposolaire ! sées tout au long de l’année : découverte du gallo, ateliers pédagogiques autour d’expositions temporaires, initiations aux musiques traditionnelles, animations autour du conte, résidences d’artistes, etc. Jusqu’à la fin décembre, la Granjagoul présente une exposition sur « Le pays gallo » conçue par l’Écomusée du pays de Montfort. La Granjagoul, 02 99 97 54 84. www.lagranjagoul.fr

Nous espérons atteindre 10 % d’ici trois ou quatre ans », annonce le président. Bio Direct s’en donne les moyens. Au printemps dernier, le groupement d’éleveurs s’est engagé dans la démarche Viande Bio de France afin d’offrir aux consommateurs encore plus de garanties sur la conduite des élevages biologiques. ALBAN DESILE CONTACT Société Bio Valeur, zone industrielle de La Basse Rouillais, Louvigné-du-Désert Tél. : 02 99 98 59 29.

www.porcbiologique.fr

Tout bon

Bio Valeur transforme près de 45 porcs chaque semaine.

UN CENTRE CULTUREL À LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT  Après plus de deux ans de travaux, le centre culturel de Jovence a ouvert ses portes l’été dernier à Louvigné-du-Désert. Le théâtre, entièrement

rénové, abrite désormais une salle de 199 places. En sous-sol, un vaste hall d’accueil a été créé, qui fait également office de salle associative. Une PHOTO THOMAS CRABOT

salle polyvalente, qui peut accueillir 900 personnes debout et 500 personnes assises, a été construite en extension. À l’arrière du bâtiment, deux salles de répétition ont été aménagées pour les groupes locaux et les musiciens en résidence. La programmation culturelle fait la part belle aux musiques actuelles. Elle est assurée par l’association Bivouac en lien avec la commune. CONTACT Centre culturel de Jovence, 02 99 98 50 08.

www.louvignedudesert.org, www.myspace.com/ centre.culturel.jovence

Un espace de diffusion dédié au spectacle vivant et aux musiques actuelles.

OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010 NOUS VOUS ILLE 33


EN DIRECT DES 7 PAYS CONTACT

> VITRÉ

> www.nousvousille.fr/paysvitre/

> pays-vitre@nousvousille.fr

À La Guerche-de-Bretagne G.H Diffusion emballe plus propre les emballages de vos plats cuisinés INNOVATION L’emballage 100 % papier destiné aux industriels de l’agroalimentaire conçu par l’entreprise a été primé au concours Crisalide. L’innovation ? Un passage obligé, dit le patron de la PME… PHOTO THOMAS CRABOT

 Créée en 2000 à La Guerche-de-Bretagne, l’entreprise G.H Diffusion est spécialisée dans le négoce d’emballages et de conditionnements industriels (carton ondulé, film étirable, papier kraft, film à bulles, etc.). Depuis 2003, elle développe une gamme d’emballages destinés à la filière agroalimentaire. La conception et la fabrication de barquettes, plateaux et autres supports alimentaires constituent 40 % de son activité. L’entreprise, qui souhaite devenir une référence en matière de protection de l’environnement, vient de mettre au point un nouvel emballage fabriqué à partir de fibres végétales.

Ce produit 100 % écologique a reçu en février dernier le trophée Crisalide, qui récompense les entreprises du grand Ouest les plus innovantes en la matière.

Circuits courts « Compostable et biodégradable, cette gamme offre les mêmes qualités de cuisson que les emballages traditionnels, explique Hervé Pelhate, dirigeant de G.H Diffusion. Nous n’utilisons que du papier traditionnel fabriqué en France. Le circuit d’approvisionnement court permet de réduire les transports au maximum. » Plusieurs années ont été nécessaires pour mettre au point le concept.

Aujourd’hui, le brevet est déposé. « L’outil de production est en cours de construction. La commercialisation sera lancée dès l’an prochain. » L’entreprise, qui emploie actuellement huit salariés, réfléchit à un nouvel emballage fabriqué à partir de lin, et à des produits à base de papier et de plastique bio. « Comme petite structure, nous n’avons pas d’autre choix que de mettre au point des solutions innovantes pour faire face à la concurrence… ». ALBAN DESILE CONTACT G.H Diffusion emballage – ZI. La Bougeoire, à La Guerche-de-Bretagne. 02 99 96 08 60.

Hervé Pelhate, dirigeant de G.H Diffusion.

www.gh-diffusion.com

La Chapelle-Erbrée se gondole avec les Cap’zélés  Cap ou pas cap ? Les comédiens amateurs de La Chapelle-Erbrée n’ont pas hésité longtemps. « J’ai fait partie de la troupe d’Ossé pendant cinq ans », raconte Fran-

çoise Sévin, la présidente des Cap’zélés. « Une habitante de La Chapelle-Erbrée est venue un soir me voir jouer. Ensemble, nous avons fait le pari de créer

une troupe de théâtre amateur dans la commune. » Fondés en 2006, les Cap’zélés regroupent actuellement huit comédiens (quatre hommes et quatre femmes) qui PHOTO THOMAS CRABOT

Beaux rôles Huit comédiens, et une vingtaine de bénévoles.

34 NOUS VOUS ILLE OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010

viennent d’horizons très différents. « L’ambiance est très familiale. C’est un vrai plaisir de se retrouver deux soirs par semaine pour répéter. »

Bouillotes en stock La réputation de la troupe ne cesse de grandir. Le spectacle annuel est devenu un rendezvous incontournable. « L’an dernier, nous avons refusé du monde. La Chapelle-Erbrée est une petite commune de 600 habitants. Nous sommes fiers de contribuer à son dynamisme. » Dans quelques semaines, la troupe va présenter son cinquième spectacle : « T’emballe pas », de Christian Rossignol.

Mise en scène par Françoise Sévin, cette comédie en trois actes raconte l’histoire d’une famille déjantée qui va tout faire pour sauver l’entreprise familiale de bouillottes. L’an prochain, la troupe devrait monter la première pièce écrite par Françoise Sévin. Une comédie légèrement surréaliste qui ne manquera pas de zèle ! A.D. T’emballe pas le vendredi 3 décembre à 20 h 30, les samedis 20, 27 novembre et 4 décembre à 20 h 30, les dimanches 21, 28 novembre et 6 décembre à 14 h 30 à la salle polyvalente. Tarif 5 euros et 3 euros pour les moins de 12 ans. Réservations le soir au 02 99 49 43 74.


La solidarité donne bonne mine aux lycéens de Vitré COULEURS Une vingtaine d’élèves ou anciens élèves des lycées de la ville vendent des crayons au porte-à-porte pour offrir des vacances à ceux qui n’y ont pas droit.  Âgés de 16 à 19 ans, une vingtaine d’élèves ou anciens élèves des lycées vitréens Bertrandd’Argentré et Jeanned’Arc se sont regroupés pour créer l’association Crions d’couleurs. Leur but : récolter des fonds pour offrir des activités de loisirs et des camps de vacances à des enfants en difficulté. « L’an dernier, j’ai présidé Retrousse tes manches, une association du lycée Jeanne d’Arc qui œuvre pour le Mali », raconte Vincent Jagline, coprésident de Crions d’couleurs. « Cela m’a donné le goût de la vie associative. Avec des amis, nous avons décidé de nous engager au profit des jeunes du pays de Vitré car il y a des besoins ici aussi. Dans le nom de

PHOTO THOMAS CRABOT

Assortis Créée en décembre dernier, Crions d’couleurs regroupe des jeunes des lycées public et privé de Vitré.

A.D.

l’association, le verbe « crier » exprime la joie. « Couleurs » témoigne de notre envie d’apporter

un peu de soleil dans la vie des jeunes. » En juin dernier, les membres de l’association ont

rencontré les élus et différentes associations humanitaires. « Depuis quelques mois, nous ven-

Le centre culturel Jacques-Duhamel fait peau neuve à Vitré PHOTO THOMAS CRABOT

820 places, toutes neuves !

des artistes en résidence. Dans la partie ancienne, la salle Louis-Jouvet a été réduite de 800 à 450 places. Elle devient une salle à vocation polyvalente. La partie qui abrite les écoles de formation artistique, l’artothèque et

l’auditorium (240 places) a été réaménagée. « Nous disposons désormais de trois salles de tailles différentes qui permettent de travailler sur toutes les formes artistiques. » Le nouveau centre culturel ouvre ses portes le

CONTACT Association Crions d’couleurs Tél. : 06 59 21 11 06 ou 06 88 96 55 69.

TRAVAUX

ÉQUIPEMENT Rénové et agrandi, le bâtiment abrite un nouveau théâtre de 820 places. Lever de rideau le 4 novembre, avec cinq journées portes ouvertes. Après deux ans de travaux, le centre culturel Jacques-Duhamel s’apprête à rouvrir ses portes à Vitré. « L’ancien équipement ne répondait plus aux normes de sécurité », explique Anne Collonnier, la directrice. « La structure a été entièrement réhabilitée et agrandie pour répondre au développement de la culture sur le territoire. » La partie neuve abrite sur 4 000 m2 un nouveau théâtre de 820 places doté d’un balcon. Des studios de travail ont été aménagés pour accueillir

dons des crayons de couleur au porte-à-porte pour récolter un peu d’argent. D’autres actions sont en projet. Nous allons probablement participer à la deuxième édition du concert solidaire Don Jigi Fest, qui aura lieu au printemps à Vitré. » Le premier camp de vacances est prévu l’été prochain à la base de plein air de Mézières-surCouesnon. « Tous titulaires du Bafa, nous avons le goût de l’animation. Nous allons mettre à profit cette passion pour offrir de belles vacances aux jeunes », souligne Vincent Jagline.

4 novembre. Pendant un mois, plusieurs spectacles festifs et populaires seront programmés pour fêter l’ouverture. Cinq journées portes ouvertes seront proposées. Ces festivités marqueront le coup d’envoi d’une saison culturelle très riche (lire en pages Agenda). A.D. CONTACT Centre culturel Jacques-Duhamel – 4, rue de Strasbourg, à Vitré Tél. : 02 99 75 02 25.

www.mairie-vitre.com www.vitrecommunauté.org

 Collège Gérard-deNerval à Vitré Les études sont en cours pour des travaux qui débuteront fin 2011 pour une durée de 20 mois. Sont prévus la mise en sécurité et la mise en accessibilité du site, l’aménagement d’un foyer pour les élèves, la construction de deux préaux, l’aménagement de locaux pédagogiques pour les enseignants. Après diagnostic environnemental, les menuiseries extérieures vont être remplacées afin d’améliorer le confort thermique et la luminosité des locaux. Coût : 3,2 millions d’euros.

OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010 NOUS VOUS ILLE 35


> VALLONS-DE-VILAINE CONTACT

> www.nousvousille.fr/paysvallonsdevilaine/

> pays-vallonsdevilaine@nousvousille.fr

L’économie solidaire se structure à Messac COLLECTIF En juillet douze associations ou coopératives ont créé ensemble l’association « Vallons solidaires », pour s’entraider et élargir l’audience de « l’économie sociale et solidaire ». PHOTO CHARLES CRIÉ

P'tit souffleur, Avec, La Marzallune, le Collectif des Vallons-de-Vilaine pour Haïti, La Bidouille, Empreinte, Mode d'emplois, Riv'en Zic, et Abbp 35. Le président est JeanYves Leclerc. Et l’association compte aussi plusieurs personnes physiques, membres à titre individuel.

En réseau Sylviane et Hélène, designers à Mode d’emplois

 Ce sont des associations, ou des coopératives. Elles sont actives dans les domaines de l’environnement, de l’insertion, de l’éducation populaire ou de l’agriculture bio. Leurs membres ou militants partagent la même conviction que « l’homme prime

sur le capital », et réinvestissent dans des projets d’utilité sociale le résultat de leurs activités. Désormais, dans le pays, ils marcheront ensemble au sein de Vallons solidaires. Installée le 1er juillet dernier, l’association sera le « pôle local de dévelop-

TRAVAUX

UN FORUM POUR LES PERSONNES ÂGÉES ET LEUR FAMILLE À GUICHEN

 Collège Noël-du-Fail à Guichen Les travaux concernent la mise en accessibilité du site, la réfection de la cour qui comprend la construction d’un préau et de sanitaires, la remise à neuf du réfectoire, l’agrandissement des salles de sciences, le regroupement des activités pédagogiques par pôle, le remplacement des menuiseries extérieures. Les travaux ont débuté en avril 2010 et devraient se terminer en juin 2012. Coût : 6,3 millions d’euros.

pement de l’économie sociale et solidaire » (ESS). Un secteur qui représente déjà 13 % des emplois salariés dans le pays des Vallonsde-Vilaine ! Les membres

Culture Bio, l’Admr 35, la MFR de Baulon, Le

 Le Clic (centre d’information et de coordination) des 4 Rivières de Guichen propose vendredi 26 novembre un forum baptisé « Entourâge ». Cette rencontre permettra aux personnes âgées du secteur, à leur famille ou à leur entourage, de trouver de l’information et des conseils et d’échanger LL avec des professionnels. Au programme : des conférences, des réunions d’information et des moments de convivialité. Des espaces spécifiques seront consacrés à l’accès au droit, à l’hébergement et au soutien à domicile. A noter : un atelier de mémoire olfactive fera dialoguer un « olfactothérapeute » et un conteur plusieurs fois dans la journée (réservation conseillée). Parmi les partenaires du forum, citons l'Agence départementale du pays des Vallons-de-Vilaine, l’ADMR, les établissements pour personnes âgées dépendantes du secteur. Rendez-vous à l’espace Galatée de Guichen de 9 h à 18 h. Renseignements au Clic, Tél. : 02 99 52 01 59.

36 NOUS VOUS ILLE OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010

Les projets

L’ordre du jour comprend un ciné-débat sur la finance solidaire, une démarche de sensibilisation des jeunes et un programme de formation des bénévoles. Vallons solidaires aide aussi deux projets innovants à voir le jour : le développement d’une filière bois de combustible, et l’ouverture d’une épicerie sociale. « Nous souhaitons aussi regrouper

nos moyens pour mieux gérer la comptabilité des associations », dit JeanYves Leclerc. Et par exemple créer un poste de comptable en additionnant des temps partiels. Les moyens

Un chargé de mission animera les activités de l’association à partir du 1er novembre. Dotée d’un budget de 70 000 €, Vallons solidaires est soutenue par plusieurs collectivités, dont le Conseil général (11 000 €). Son siège social est désormais basé à Messac. OLIVIER BROVELLI Rens. : 02 99 57 05 16.

www.ess.paysdesvallonsde vilaine.fr

MUSICOLE EN CONCERTS  Musicole, l’école intercommunale de musique du canton de Guichen, organise un concert des professeurs le dimanche 21 novembre à 16 heures à la salle des Lavandières à Goven, en partenariat avec l’orchestre d’harmonie Melting’Notes. A cette occasion, une œuvre musicale commandée au compositeur Baptiste Boiron sera créée. En décembre, deux concerts exceptionnels réuniront l’Ensemble vocal du Thabor et la chorale Musicole de Guichen, des professeurs et des élèves de Musicole et du Conservatoire à rayonnement régional de Rennes. Le premier aura lieu le 18 décembre à 20 h 30 à l’église Saint-Yves de Rennes, le second à l’église de Laillé le 19 décembre à 16 heures. Au programme : des extraits du « Messie » de Haendel et des chants populaires de Noël. Concerts payants. Renseignements et réservations au 02 99 57 36 97.


> BROCÉLIANDE CONTACT

> pays-broceliande@nousvousille.fr

> www.nousvousille.fr/paysbroceliande/

À Montauban bébé biberonne sans bisphénol RENAISSANCE Basée à Montauban-de-Bretagne, la société Actual Bib réinvente le biberon en verre, désormais incassable, et surtout garanti sans produits toxiques. PHOTO CHARLES CRIÉ

Médaille Le biberon a été récompensé lors du concours Lépine.

nation chimique. Depuis mars 2009, Actual Bib commercialise un biberon incassable, sous la forme d’un flacon en verre gradué, muni d’une tétine et d’une coque de protection en plastique. Dûment brevetée, l’invention a été récompensée par une médaille d’or au concours Lépine, l’an dernier. Les avantages et les inconvénients

Le contexte

Les biberons en plastique incorporent dans leur fabrication des composants chimiques. En contact avec le lait, le bisphénol A (BPA) et les

phtalates sont suspectés d’entraîner des troubles du système nerveux et des perturbations hormonales. Une loi de juin 2010 vient de suspendre la fabrication et la commer-

cialisation des biberons utilisant le bisphénol A. L’idée

Remettre au goût du jour le biberon en verre, exempt de toute contami-

Ainsi protégé, le biberon en verre ne se brise pas en cas de chute. Pourvu de deux anses, il offre une prise en mains facile. La coque de protection assure une bonne isolation thermique et prévient les fuites. Revers de la médaille, le biberon en

verre amélioré est plus lourd, et plus encombrant. L’avenir

Pour l’instant, Actual Bib commercialise ses produits sur Internet, en coffret de cinq flacons. La société cherche des distributeurs pour présenter ses biberons dans les grandes surfaces et les enseignes spécialisées en puériculture. Pour Loïc Gillouaye, le gérant de la PME, l’évolution législative ne change pas la donne. « Le BPA et les phtalates sont remplacés par d’autres molécules. A leur tour, elles seront peut-être jugées nocives pour la santé des bébés dans quinze ans. » O.B. Tél. : 06 98 79 22 69.

www.actualbib.com

Que fleurissent les talents de Talensac ANIMATION Des livres à la scène, l’association culturelle de Talensac se démène pour faire vivre la culture au cœur de son village.  Talensac, 2 400 habitants, et une salle polyvalente pour répondre à tous les besoins… C’est le lot commun des petites communes sans grands moyens. Est-ce une raison pour enterrer la culture en milieu rural ? Pleine de vie, l’association culturelle de Talensac se démène depuis trois ans pour faire vivre les arts tous azimuts. Créée en 1983 pour gérer la bibliothèque municipale, l’association a conservé cette prérogative, épaulée par une bibliothécaire professionnelle. Une dizaine de bénévoles donnent un coup de main pour suivre les prêts, ranger

les collections et accueillir les scolaires. En parallèle une poignée d’adhérents organisent des cours de danse irlandaise ou d’aquarelle, des ateliers de théâtre pour les enfants, des stages de photographie… À défaut d’être originale, la programmation s’avère précieuse. « On crée du lien, on suscite des échanges. Dans un village où tout le monde travaille à l’extérieur, la culture permet de faire connaissance », note Yvette Sauvage, dynamique présidente de l’association. Même si rien n’est facile. « On n’est pas à Rennes, rappelle-t-elle. Les tarifs doivent être très abordables.

Il faut aussi composer avec le planning des autres associations, l’absence de local, etc. » Les encouragements aidant, un petit festival de théâtre a vu le jour il y a deux

ans, au cœur de l’hiver. Talen’scène – c’est son nom – propose des œuvres souvent classiques, signées Molière, Beaumarchais ou Perrault, jouées par des pro-

fessionnels. Encore une pièce au puzzle du développement culturel. O.B. Prochain festival Talen’scène, du 19 au 22 janvier 2011. Tél. : 06 32 88 41 49. PHOTO CHARLES CRIÉ

Troupe Isabelle, Brigitte, Éric, Erwann… et la présidente, Yvette Sauvage.

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Pain de pauvres Jadis, on le ramassait par godelées — des sacs de huit kilos — pour prévenir la disette (2 et 4). Aujourd’hui, le marron prend des airs de fête à la Foire Teillouse (1). GCBPV

Comme marr Panier garni. Les fêtes de la foire Teillouse et de la Bogue d’Or se cueillent en octobre à Redon. Et sont les fruits d’une vieille histoire.

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l n’est pas beau mon marron ? » Sucré, ben goutu avec un léger craquant, le marron du pays de Redon se partage sans modération. Dernier baroud gustatif avant l’hiver, le fruit d’automne est au cœur d’une tradition festive qui régale le pays de Redon. Citons les Marronnaises sportives, les défis culinaires, les randonnées chantées… Point d’orgue de ce mois festif : la Foire Teillouse et la Bogue d’or. Cette année, ce sera les 22, 23 et 24 octobre. La Teillouse battra son plein dans les rues de Redon avec les vendeurs de châtaignes, les camelots en tous genres, la fête foraine et les métiers de bouche. Surtout, elle donnera de la voix avec la Bogue d’or : un grand rassemblement populaire conjoint durant lequel 700 chantous, contous et sonnous font vivre avec fierté la culture gallèse. De cabarets en concours, un joli vent gallo soufflera de bouches à oreilles à la Croix des marins et sous

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Croix des Marins À la Bogue d’or (3), on ripaille, on chante, on sonne et on danse sur le port de Redon, dans la rue ou sous les chapiteaux (6). Les vieux gréements (5) sont désormais de la fête. PHOTO MYRIAM JÉGAT

ons en foire les vieux gréements. Cette année, les finales de chants a cappella et de contes et menteries auront une saveur particulière : celle d’un anniversaire, et de la 35e édition…

Comment la Teillouse prit racine à Redon Le 24 octobre de l’an 847, dans la liesse générale, l’abbaye de Redon accueille le don du pape, les reliques de saint Marcelin. La foire Marceline est née. À la Révolution, elle prend le sobriquet de Teillouse. On y teille le chanvre, le dépouillant de sa filasse. Tayoux aussi pour « boueux » : Foire tayouse, foire pissouze, la Marcelline se fête les pieds dans la boue. Au fil du temps, la foire perd son marché aux bestiaux. La vente de la châtaigne du pays s’essouffle. Les exportations depuis le port à Rennes, Nantes ou Cardiff ne sont que souvenirs. Le sursaut vient du Comité interprofessionnel du marron de Redon. Créée en 1969 dans le cadre

de la politique de rénovation rurale, la coopérative rassemble les producteurs, transformateurs et consommateurs du pays. Le comité permet à la jeune génération de se lancer dans la castanéiculture. Des plants et des greffes de Saint-Jean, châtaigne au fruit cloisonné, et de Cruaud, marron au fruit unique, sont distribués pendant la foire. Chaque année, la vingtaine de producteurs livrent de 50 à 100 kg chacun. Hervé Ménager préside la coopérative depuis vingt-cinq ans. « C’est le ramassage à la main qui limite la production ! » Les fruits sont immergés neuf jours dans l’eau pour éliminer les véreux. « Calibrés et séchés, ils sont vendus aux associations locales. » La Taverne aux marrons de la Teillouse bat tous les records grâce à la cinquantaine de bénévoles mobilisés. « En deux jours, nous grillons 2,5 tonnes de châtaignes, accompagnées de cinq barriques de cidre ! » En 1983, autour de Jean-Yves Chatagner, les artisans de bouche OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010 NOUS VOUS ILLE 39


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Plats de riches

Millésime 1989

En macarons ( 7) comme en pains « bogués » (8) , grillées ou en terrines, les châtaignes continuent de régaler Redon. La Foire Teillouse est aussi et surtout une foire de la gastronomie.

Les anciens tels Anne-Marie Morin, Eugénie Duval, Louis Deffin, Joseph Guyot (10), ont marqué la voie. La Bogue reste une tradition vivante, festive et imaginative (9).

fondent la Confrérie du marron de Redon. En robe « verte comme la bogue, ocre comme la châtaigne et le marron, dorée comme la feuille d'automne jaunie par le temps », la confrérie tient son chapitre pendant le Mois du marron, cette année le 9 octobre.

Au bonheur des terrines Le Marron littéraire récompense un ouvrage en langue française illustrant l’art de vivre. Très attendu, le prix de la meilleure terrine de volailles aux marrons… Amateurs, charcutiers-traiteurs

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de châtaigne. À la Teillouse, toutes les envies de marron sont rassasiées. Que ce soit sur le pouce, à coups de marrons grillés, ou à table, avec des fruits cuisinés par les Toqués de la Bogue fédérés par notre restaurateur. Une quinzaine de tables, de la crêperie au restaurant gastronomique, proposent un menu de spécialités. Leur devise ? « Il faut savoir semer pour récolter. » La plus belle récompense pour le maître-cuisinier est l’engouement retrouvé pour le marron. « Si on vient à la Foire Teillouse, on entend un coup de bombarde

Être « bogué », c’est porter avec fierté le savoir populaire raillé hier. ou chefs de cuisine mettent les bouchées doubles pour le plus grand plaisir du grand maître gustateur, Jean-Marc Chandouineau. Il fut le premier à valoriser le marron redonnais dans une terrine. Sa recette régale depuis les papilles à la Foire Teillouse. Le restaurateur a fait ouvrir les halles aux dégustations-ventes des métiers de bouche. Depuis, 80 artisans répondent à l’appel du marron de Redon. Citons le Marronnais, spécialité sucrée à base de ganache de marron, ou les petits pains fondants à la farine 40 NOUS VOUS ILLE OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010

ou de biniou. Si on vient pour écouter la Bogue d’or, on prend une bolée à la Taverne aux marrons. Sans être baigné dans la culture bretonne, comme tout bon vivant, on finit par rester. »

La Bogue d’or au grand gallo Ce fut le cas d’Alain Le Nay, alias Calix, tombé dans la marmite, devenu conteur en 1978. « Je faisais partie de ceux qui vivaient la Teillouse avec une bande de copains, autour du fest-noz du Cer-


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Piliers

Nouvelle génération

La confrérie du marron de Redon porte beau (11) et se porte bien. La Bogue aussi a ses piliers (12) : Hervé Ménager, du comité, Calix le conteur, ou Fabienne Mabon, du groupement.

Les concours et concerts, sous chapiteau (13) ou en plein air (14) n’oublient pas les petits sonnous ou contous. La musique populaire est un héritage que l’on transmet de son vivant. PHOTO MYRIAM JÉGAT

cle celtique. J’aimais raconter et j’ai rencontré Alain Burban. Je suis devenu un bavou, comme on dit ici. » Le fest-noz du samedi soir n’a pas pris une ride, animé par les « jeunes » aux talents prometteurs. Calix est devenu l’une des chevilles ouvrières de la Bogue d’or qui fête sa 35e édition cette année. « La Bogue ? C’est l’enveloppe qui protège le fruit. » Et quel fruit ! La voix retrouvée de tout un peuple, celui du pays gallo. Des contous qui se retrouvent en assemblée le vendredi soir, et des chantous, encore plus nombreux le dimanche. Faire chanter a capella le répertoire populaire de Haute-Bretagne, sur scène et en concours, fut l’idée de génie de Jean-Bernard Vighetti, alors responsable du tourisme rural en Bretagne. À ses côtés, des collecteurs comme Albert Poulain. Le Groupement culturel breton des Pays-de-Vilaine fut créé en 1975. La Bogue d’or fut lancée à la Foire Teillouse. Un pari ! La honte de chanter des chansons de pays tenaillait les âmes. Pourtant, les anciens et leurs familles vinrent en nombre pour « des retrouvailles autour d’une identité retrouvée, celle du pays. Il y avait de la braise, il suffisait de souffler dessus », se plaît à dire le père de la Bogue.

c’est porter avec fierté le savoir populaire raillé hier. Et la Bogue d’or essaime : concours de biniou/bombarde ou de duos libres et de chant accompagné, ou cabaret et scènes ouvertes au port depuis deux ans, avec les vieux gréements qui paradent. Les jeunes pousses de l’école de musique du Groupement culturel se frottent au public et perpétuent la tradition orale. La fête bourdonne dans la cité avec les musiciens d’ici et d’ailleurs. De derrière les fagots, les associations sortent de nouvelles idées que 300 bénévoles enflamment. C’est la Joute chantée, où le pays de Saint-Malo n’en finit pas de se frotter au pays de R’don. Plus saugrenue ? La « Guerre de clochers » réinventée, où les communes s’affrontent de compositions chantées en dieries. Et pour la 35e édition ? Calix fait un vœu : « Une grande tablée où nos anciens aujourd’hui disparus prendraient place aux côtés des chantous et contous de c’t’heure pour fêter dignement ce qu’on aime dans not’ pays de Redon ! » Plus raisonnablement, Calix invite grands et petits à chanter à répondre, comme le veut la tradition, un air millésimé du grand cru de la Bogue d’or 2010. A télécharger sur www.myspace.com/boguedor. Qu’on se le dise ! CHRISTINE BARBEDET

Des sélections jusqu’à Paris « En dix ans, nous avons doublé les sélections, une vingtaine dans les quatre départements bretons et une à Paris », commente Calix. Les 500 candidats se préparent toute l’année, d’ateliers en veillées. Trente-cinq seront nominés pour la finale. Être « bogué »,

www.tourisme-pays-deredon.com www.gcbpv.free.fr www.comitedumarronderedon.com www.marron-redon.confreries.org

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patrimoine

Le Département expose son Les collégiens ne vont pas à l’art contemporain ? Alors l’art vient à eux, via la Et si l’on apprenait à regarder ? lles sont dix-sept, dixsept œuvres d’art : un dessin, trois vidéos, une aquarelle, des sculptures, un tableau en relief, une installation, une toile… et pour le reste, des photographies. Elles ont été créées par des artistes d’Ille-et-Vilaine (ou qui y ont travaillé en résidence), sélectionnées par un jury d’experts – élus, service culturel du Département, Fonds régional d’art contemporain Bretagne (Frac) et centres d’art d’Ille-etVilaine – et acquises par le Conseil général dans le cadre d’un appel à candidatures. Objectifs : donner un coup de pouce à la création contemporaine locale, et faire connaître un art réputé élitiste au plus grand nombre. Notamment à ceux qui en sont le plus éloignés. Les trois collèges publics de Combourg (Chateaubriand), Janzé (Jean-Monnet) et La Binquenais à Rennes seront les premiers à accueillir ces œuvres. En novembre et décembre prochains le Frac Bretagne, qui gère ce fonds pour le compte du Département, va les répartir entre ces trois établissements. Et les présenter aux élèves, avec la complicité des professeurs d’arts plastiques.

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 Des artistes jeunes et vivants Les dix-sept artistes de la collection ont entre 30 et 58 ans. Certains sont déjà bien connus du microcosme ; comme Muriel Bordier, Jocelyn Cottencin, JeanPhilippe Lemée ou Pascal Mirande… D’autres sont au début de leur parcours. Chacun suit sa propre voie. Leurs œuvres peuvent déconcerter. La mule en résine de Christine Crozat, le «discobarok» de Nikolas Fouré – une boule à facettes façon night-club encadrée comme au temps du roi Soleil– ou «Touch the sky», le dessin à la mine de

plomb d’Angélique LecailleGuilbert, ont besoin d’être décodés. Mais «il ne s’agit jamais d’un «coup», d’une création isolée, assure Brigitte Charpentier, la responsable du service éducatif du Frac Bretagne. Ces œuvres sont une image de la création à un moment donné. Au XIXe, les bourgeois aisés s’arrachaient l’art pompier et tordaient du nez devant Courbet ou les Impressionnistes. Le XXe siècle a changé

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de point de vue. L’art pompier reste quand même un témoignage intéressant de la création sous Napoléon III.»  Un fantôme ? Non, un sphinx Exposer ces œuvres dans les collèges, c’est apprendre aux collégiens à regarder, à s’affranchir de la peur ou des préjugés qui empêchent de bien voir. Pour preuve la sculpture de

Samir Mougas (photo). «La première réaction est souvent la même : « C’est quoi ce truc ? », explique Brigitte Charpentier.Pas question pour nous de donner une réponse. Mieux vaut avancer ensemble.» D’abord décrire : quelle est sa forme ? Sa matière ? Sa couleur ? Est-ce une cagoule ? Impossible, puisque c’est en bois. Un fantôme ? Il serait blanc. Et tout le monde sait que les fantômes n’existent pas. Une


En gallo dans le texte

fonds

VINCENT CHASSÉ

collection acquise par le Département. PHOTO FRANCK HAMON

Les activités du quotidien : le travail. Allons au chagrin, à l’usine, à la mine… mais en gallo !

J’vâ a l’ouvraij

Mystère Est-ce un fantôme ? Une pyramide ? une paire d'yeux ? Un sphynx, répond l'artiste, Samir Mougas...

pyramide ? Pas avec deux trous. S’agit-il d’yeux ? D’encoches pour passer les doigts, comme dans les boules de bowling ? Le titre donne une piste. Le sphinx, statue généralement monumentale, emblème égyptien et grec, est détenteur d’une énigme. Estil prêt à livrer ici tous ses secrets… ? Il faudra dire aussi la

démarche artistique qui se nourrit d’émotions, d’images, d’histoire personnelle et de mythologie collective. Suggérerque Samir Mougas, Rennais de 30 ans, joue avec le quotidien, le détourne jusqu’à en faire un objet unique. Qui vaut sûrementmieux qu’une réaction à l’emporte-pièce…

VOIR TOUTES LES ŒUVRES SUR

> www.ille-et-vilaine.fr/artcontemporain/

CÉCILE C. ROBIN

 Si vous êtes dans la « vie active» et que vous n’êtes pas au chômage, il vous faut vous mètt a l’ouvraij (mettre au travail) plusieurs jours de la semaine. Votre emploi du temps est ainsi largement rythmé par votre travây. Qae qs’ée vott métier (quelle est votre profession) ? Êtes-vous boulanjier(r), charqhutier(r) qouturier(r), ou bien ghimentier(r) (chargé(e) d’information et communication) ou encore ordrinier(r) (informaticien(ne)) ? Seriez-vous fezou ou fezouerr dë galètt (fabricant(e) de galettes) ? Ou bien vous travaillez dans une fezrî d’vouèturr (usine d’automobiles)… Certains sont dentist ou journalist. D’autres sont meqanisièn (ienn), eleqtrisièn (-ienn) ou teqnisièn (-ienn)… Il y a des pézan(n) (agriculteurs, -trices) et des medsin(n) (médecins hommes ou femmes). Il y a dz’avoqat et dé notérr… Si vous êtes a voutt grignot ou a voutt grouao bouyi (à votre compte),

votre gagn (rémunération) dépend du benefiss qui résulte de vos gagnaij (produits) et de vos chèrj (charges). Mais si vous êtes gaij(é)e (employé(e)) dans une entrprinzz, vous touchez probablement votre gaij (salaire) à la fin de chaque mois. Dans tous les cas, si vous ne dépensez pas tout, vous pouvez elije (épargner) de l’arjent (ou èrjent, dans tous les cas au féminin s’il vous plaît)… Si vous n’êtes pas un bouinou (ùnn bouinouzz) (un(e) mauvais(e) ouvrier, -ère) et que vouz’eplhètée a l’ouvraij (vous vous activez au travail), vous mériterez bien d’mètt a bâs (de faire une pause) de temps en temps… BÈRTRAN ÔBRÉE

Prononciation Comme dans «entrprinzz» ou «grouao», le «r» après consonne et avant consonne ou semi-voyelle (i, u, ou devant voyelle) a une valeur «syllabique» : on le fait sonner au point qu’un non-gallophone peut entendre un «e» devant.

TOUS AU GALLO ? BERTRAN OBRÉE RÉPOND SUR

> www.nousvousille.fr/vos messages/

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côte à côte

Vocation Même après vingt ans d’enseignement, l’enthousiasme de Laure Lucas est intact. « Je ne veux pas laisser s’installer la routine. Je ne refais jamais les mêmes choses d’une année sur l’autre. » THOMAS CRABOT

Éducation Laure Lucas, professeur de français, Yann R

Total respect… pour leur lle, c’est Laure Lucas. 43 ans, prof de français au collège Amand-Brionne de Saint-Aubin-d’Aubigné. Dans ses années collège, tout le monde a eu au moins une fois une Mme Lucas comme professeur : elle est le type même de la « bonne prof ». Elle y croit, malgré les difficultés. Lui, c’est Yann Renault. 35 ans, professeur agrégé de SVT (sciences et vie de la terre) au collège du Querpon, à Maure-de-Bretagne. Il s’est fermement ennuyé en classe, et jusqu’en fac. Alors aujourd’hui, il veut donner du sens à son enseignement, convaincre ses élèves que le savoir sert à être libre. C’est quoi un – ou une – « bonne prof » ? Quelques semaines après la rentrée, en voici deux.

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Laure Lucas est ferme sur le cadre

« Dès le premier jour, je rappelle les règles non négociables qu’il faudra tenir toute l’année. Cela passe par quelques rituels :

faire le silence avant de commencer le cours, vérifier que tout le monde est installé, a ses affaires… J’explique comment je fonctionne, ce que j’attends d’eux, je parle du respect mutuel que nous nous devons et du minimum de travail nécessaire pour progresser. J’instaure une forme de contrat. C’est ce qui permet d’établir la confiance de part et d’autre. » Madame Lucas vous fait passer l’envie des enfantillages. Vous tire vers le haut. Elle a une ambition : vous faire grandir. « Nous intervenons à une période cruciale de la vie des élèves. Celle où ils consolident les savoirs de base et se façonnent des clés pour la suite. Mon rôle est de les aider à passer de la dépendance à l’autonomie. »

« Ce qui me plaît, c’est de convaincre quelqu’un de réticent, d’emporter l’adhésion d’un groupe. De “donner envie de”. »

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Elle aime ce qu’elle fait

« Ce qui me plaît, c’est de convaincre quelqu’un de réticent, d’emporter l’adhésion d’un groupe. De « donner envie de ». Le français est une discipline centrale. Sans bagage, à l’oral comme à l’écrit, il est difficile de poursuivre ses études ou même de s’insérer dans la vie professionnelle. Rares sont les élèves qui y sont totalement réfractaires, les activités sont variées. » Cette année Laure Lucas travaille avec ses 3e sur la correspondance et les témoins de la guerre 14-18. Elle part d’une œuvre classique : A l’Ouest, rien de nouveau, d’Erich Maria Remarque. Elle ne s’interdit pas une incursion du côté de la littérature jeunesse, plus abordable pour les lecteurs rétifs. Des lectures de documents au CDI restituent le contexte. Ensuite, les élèves écriront leur propre lettre en endossant le rôle d’un Poilu ou d’une marraine de guerre. « Ce qui m’intéresse, c’est de générer de l’appétence pour la lecture. Au fil de l’année, je vais voir mes élèves progresser. Leur lecture se fera plus fine, leur écriture va se délier. Là, j’aurai fait mon boulot. »


Savoir(s) À l’IUFM, Yann Renault, prof de SVT, intervient sur le thème « Comment enseigner ses savoirs ? » Ce qu’il fait tout au long de l’annéeavec les élèves du collège Du Querpon, à Maure-de-Bretagne. THOMAS CRABOT

enault, professeur de sciences et vie de la terre

s élèves Elle croit en ses élèves

Yann Renault respecte ses élèves

Quand on est en confiance, on peut aller plus loin. Laure Lucas n’hésite pas à se mettre en danger. « En 2007, avec des collègues d’arts plastiques et de techno et un chorégraphe rennais, Stéphane Fratti, nous avons mis en place un projet pédagogique sur le thème : « C’est quoi, être un adolescent ? ». Pas facile de faire parler le corps de jeunes pousses de 14 ou 15 ans. « Beaucoup disaient : « Ça ne sert à rien votre truc, Madame. C’est pas pour les garçons ! Nous, on ne veut pas être des danseurs. » Profs et artiste insistent. Mime, écriture, création de décors, stage de danse : on s’apprivoise, on négocie. On esquisse des gestes. Au final, tout le monde jouera lors des portes ouvertes du collège. Rejouera même, lors du Carrefour des collégiens, devant plusieurs dizaines d’élèves et d’enseignants de tout le département. « Aujourd’hui, je reçois encore des mails d’anciens élèves qui m’en parlent. » Ils se souviendront longtemps de « l’année-oùils-ont-eu-Madame-Lucas. »

« Un prof ne transmet pas un savoir, il développe des compétences. Le savoir, on peut presque le trouver tout seul, dans les livres… J’essaie d’apprendre à mes élèves à comprendre le monde, à interroger ce qu’on leur dit, de façon scientifique. Dans le pays de Maure-de-Bretagne, il y a un projet de parc éolien. Certains le contestent. Que faut-il en penser ? Idem pour les OGM, le réchauffement ou l’agriculture biologique. Nous travaillons sur les fausses certitudes, dont celles qui sont relayées par les médias, sur la fiabilité de ce qu’on nous dit. Quand l’argumentation fait-elle appel à la raison ? Quand joue-t-elle sur l’émotion ? L’enjeu, c’est qu’ils se construisent un « savoir essentiel », utile, qui leur permette de devenir des citoyens, d’être acteurs de leur vie. » Et il a de l’ambition (pour eux)

« Ils ont présenté les conclusions de leurs recherches sur les OGM, le bio et le climat au conseil de la communauté de communes. C’est important, cette reconnaissance des adultes. Moi-même, je les respecte, je leur

témoigne de la considération. Je veux qu’ils aillent au bout de leurs ambitions, de leur liberté, qu’ils ne renoncent pas. J’essaie d’être imaginatif. En 2007, avec une classe de 6e, nous avons disposé d’un terrain communal. Les élèves ont créé un sentier botanique, décidé d’aménager des aires de pique-nique. Le projet a été couronné par le ministère de l’Éducation. Il associait le français, l’histoire-géo, les maths. Et bien sûr, la documentaliste du collège. Soit tous les ingrédients du « socle commun de compétences », comme disent les circulaires. C’est important, ce travail transversal. Mais « on ne naît pas prof, on le devient ». Au contact des élèves, des autres profs… Je suis formateur à mi-temps à l’IUFM (Institut de formation des maîtres). C’est une autre façon d’interroger ma pratique, de me former pour mieux former. Rien n’est acquis. Votre méthode peut fonctionner avec une classe, pas avec une autre. Mais je vous assure qu’on y met tous une sacrée bonne volonté. » PROPOS RECUEILLIS PAR CÉCILE C. ROBIN

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Bernard Marquet (président de la Cantine numérique), Karine Sabatier (directrice), Richard De Logu (association Bug) PHOTO FRANCK HAMON

Rencontre

L’association La Cantine numérique Pour ceux que les TIC démangent

La Cantine numérique veut mitonner nos futurs modes de vie ne connexion Internet, quelques tables, un coin café, un espace de réunion modulable… Installée sur 180 m2au rez-de-chaussée des Champs Libres, la Cantine numérique rennaise sera ce que ses hôtes en feront. Dédiée à l’innovation numérique, conçue comme un accélérateur de bonnes idées au service des technologies et des nouveaux usages, la Cantine n’est pas un cybercafé, ni un pôle multimédia. C’est un lieu de travail à vocation économique, financé par des fonds publics et privés, ouvert aux entrepreneurs du Web en quête de relations, de conseils et de discussions, pour faire mûrir leur projet.

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Le virtuel ne suffit pas « L’innovation se fait désormais en croisant les cultures, les métiers et les réseaux, rappelle Bernard Marquet, le président de l’association éponyme. Les échanges virtuels ne suffisent pas. Rennes avait besoin d’un espace physique de rencontre et de travail en commun. » Pour une demi-journée ou quelques mois, les expérimentateurs nomades pourront donc y installer leur bureau, y recevoir leurs collègues ou leurs clients. La Cantine propose plusieurs formules de location des espaces de travail et de réunion. Appelée à devenir le quartier

Sur le web 2.0...

I Le réseau social en ligne rennais www.ruche.org est un lieu de rencontre entre les habitants, les associations et les équipements de quartier, fort de 1850 adhérents. I Depuis mars 2010, le territoire rennais possède sa propre encyclopédie en ligne : www.wiki-rennes.fr, riche de 500 articles à ce jour. I RIV 35 est le 1er réseau social d’Ille-et-Vilaine. Créé en septembre 2009, il met en relation les habitants, les personnes qui travaillent dans le département, celles qui ont un lien affectif avec lui : particuliers, chefs d'entreprises ou salariés. (1 ¤/mois). www.riv35.com

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général des professionnels des TIC (technologies de l’information et de la communication) et une vitrine du savoir-faire local, la Cantine aspire aussi à diffuser plus largement la culture numérique. Des industriels viendront présenter une nouvelle technologie. Des chercheurs exposeront les résultats d’études en cours. Des associations pourront y organiser des débats, des rencontres et des ateliers. Toutes les communautés numériques du territoire pourront faire parler d’elles.

Innovation participative Mais la Cantine ne veut pas devenir le repaire des «geeks», ces accros aux nouvelles technologies. «Les porteurs de projet pourront tester leurs solutions auprès de leurs futurs utilisateurs, précise Richard De Logu, directeur de Bug, l’un des neuf cuisiniers de la Cantine avec le pôle Images et réseaux, Rennes Atalante, Meito, ESC Rennes, Marsouin, S.A.GA, Granit ou l’association Web2Rennes… La Cantine incarne l’esprit de l’innovation participative, un modèle ouvert de développement numérique.» OLIVIER BROVELLI La Cantine numérique ouvrira ses portes à la fin octobre et devrait être officiellement inaugurée début novembre. En attendant, rendez-vous sur :

www.facebook.com/pages/Pour-louverture-rapide-de-laCantine-Numerique-Rennaise/275814397939


Magazine Cette sélection est librement réalisée à partir des ouvrages reçus chaque trimestre par la rédaction de NOUS,VOUS,ILLE. Les auteurs et éditeurs ne sont pas liés au Conseil général mais résident en Ille-etVilaine ou traitent d’un sujet en rapport avec l’Ille-et-Vilaine. Enfants  Comment faire du plastique avec du lait ? Comment faire apparaître une encre invisible ? Comment fonctionnent les aéroglisseurs ? L’Espace des sciences et les éditions Apogée présentent leur nouvelle collection « Fais l’expérience ! » : une série de petits livres d’expériences illustrées, surprenantes et amusantes, décrites étape par étape, à réaliser soi-même dès 7 ans, avec les produits et objets de la maison.

livres

École  La Bretagne, terre d’excellence scolaire ? Bernard Pouliquen, secrétaire général de l’académie de Rennes entre 2001 et 2008, analyse la réussite scolaire sur le territoire breton. L’auteur met en avant des données spécifiques à la Bretagne comme le dualisme public-privé et la valorisation de l’école par les familles. Cependant, certains facteurs tels que la baisse du redoublement, la valorisation de la voie professionnelle, l’implication des familles ou l’étendue de l’offre scolaire, ouvrent une réflexion intéressante pour d’autres territoires. Construire l’excellence scolaire. L’exemple de la Bretagne Édité par le CRDP de Bretagne (12 ¤).

institutions doit analyser leur statut juridique pour distinguer définitivement le corsaire du pirate et du flibustier. Alain Berbouche, juriste, politiste et historien de formation, qui réside à Saint-Malo et enseigne à l’université de Rennes 1, s’y est attelé dans un ouvrage très documenté. À travers l’exemple des corsaires René DuguayTroüin et Robert Surcouf, il montre l’évolution de la Course sur un siècle. Pirates, flibustiers & corsaires, de René DuguayTroüin à Robert Surcouf – Le droit et les réalités de la guerre de Course Pascal Galodé éditeurs (21,90 ¤).

Fais l’expérience ! Le ballon et la fusée à réaction (tome 1), La paille et le château d’eau (tome 2), Le citron et le message secret (tome 3). 6,50 ¤ l’un.

Aux éditions Rives d’Arz (19,50 ¤).

 « Un marin au cœur de l’exode indochinois 1954-1955 », c’est le témoignage du Malouin Pierre-Jean Yvon. Engagé dans la Marine nationale, il part pour l’Indochine à 20 ans à peine. Le livre retrace son périple et les opérations menées sur place : transfert et échange de prisonniers, évacuation de villageois et de réfugiés… Aujourd’hui, Pierre-Jean Yvon mène de nombreuses actions au profit des enfants défavorisés dans les montagnes de l’est du Cambodge. Pascal Galodé éditeurs (19,90 ¤).

Nouvelles  Déjà auteur d’un roman en 2006, Gaétan Lecoq s’essaie à la nouvelle. Des fictions sombres, directement inspirées, pour trois d’entre elles, par sa pratique de médecin (il exerce à Betton). Folie passagère, jalousie, délire amoureux, envie de vengeance, dédoublement… Un médecin qui avoue sa part d’ombre et manie autre chose que le stéthoscope, c’est toujours intéressant. Editions Glyphe (16 ¤).

Handicap  En 1996, alors qu’elle n’a que 21 ans, Nadège Ohlmann est terrassée par un AVC qui la laisse gravement handicapée. Il y a quelques mois, nous l’avions rencontrée à l’occasion de l’ouverture d’un institut de beauté à Rennes (NVI 86). Hélas, l’aventure a fait long feu. Aujourd’hui, Nadège se raconte : l’accident, l’hôpital, le centre de rééducation, l’envie d’autonomie, les rapports avec l’entourage, les difficultés pour s’en sortir… Un témoignage recueilli par une amie, Marion Roussel Baert. Le cri de la muette Disponible à la librairie presse de l'Intermarché des Longs Champs et sur Internet (amazon.fr, alapage.fr ou edilivre.fr). (18,50 ¤).

sur sa sensibilité et l’inspiration que lui procure la nature. Édité à compte d’auteur, Murmures à la fontaine est disponible auprès de l’auteur : carmen.pennarum@wanadoo.fr

Saint-Coulomb  Annie Gillaizeau a consacré un ouvrage touristique à SaintCoulomb, sa commune d’adoption depuis plus de vingt ans. Deux circuits de découverte – l’un maritime, l’autre serpentant dans la campagne – sont proposés. Chaque pas effectué sur ces circuits est une invitation à découvrir un site, à évoquer un personnage ou une page d’histoire… Saint-Coulomb pas à pas (12 ¤), livre auto édité disponible à Saint-Coulomb (bureau de tabac, Comptoirs de Saint-Malo, campings Duguesclin et des Chevrets), à Cancale (Super U, librairie Autour des Lettres, Maison de la Presse, Musée de Cancale, galerie d'arts de la Bretonnière, camping Les Genests) et à Saint-Malo (librairie L'Epigraphe à Paramé, La Droguerie de Marine à Saint-Servan et Mag Presse à Rochebonne).

Saint-Malo  Sobrement intitulé « Andreas Von Aulock », l’ouvrage d’Éric Payle décrit l’itinéraire d’un officier prussien dans l’Europe du XXe siècle, nommé par sa hiérarchie à la tête de la Festung Saint-Malo en février 1944. Von Aulock avait reçu ordre de se battre jusqu’au dernier homme et jusqu’à la dernière pierre pour empêcher les troupes libératrices d’investir la cité corsaire. Mérite-t-il pour autant son surnom de « boucher de Saint-Malo » ?

La tentation de la folie

Disponibles en librairie, à la billetterie des Champs Libres ou sur www.espacesciences.org/boutique

Histoire maritime  Il n’y a pas de « bons corsaires » et de « méchants pirates ». Par-delà la fiction, l’historien des

Pâques » fait revivre les pêcheurs cancalais des années 20 et le moment particulier du dragage des huîtres…

Récits  L’éditeur malouin Pascal Galodé veut remettre en lumière les œuvres de Roger Vercel, prix Goncourt 1934 avec « Capitaine Conan » et ancien professeur à Dinan. « La caravane de

(20 ¤).

Poèmes  « J’ai froissé des mots pour en saisir l’essence », écrit Carmen Pennarum, auteur d’un recueil de poèmes. Elle espère susciter chez le lecteur le désir de lire de la poésie, même si elle est consciente que ce genre littéraire a perdu de son attrait. Pour mener à bien sa « mission », elle mise

C.C.R., C.D.

OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2010 NOUS VOUS ILLE 47


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