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Dossier pédagogique

Saison 2014-2015

Colker

En deux mots Des cordes, des nœuds (du portugais « Nó ») arpentent la scène et deviennent l’outil des danseurs. Entre plaisir et souffrance, violence et délicatesse, la danse incarne le désir dans toute sa complexité.

Contacts Flora Klein • tél + 33 (0)3 88 75 48 54 • courriel • fklein@onr.fr Hervé Petit • tél + 33 (0)3 88 75 48 79 • courriel • hpetit@onr.fr Opéra national du Rhin • 19 place Broglie BP 80 320 • 67008 Strasbourg Photo Nis & For

www.operanationaldurhin.eu


re-création

Mulhouse la filature

je 6 novembre 20 h ve 7 novembre 20 h sa 8 novembre 20 h

Chorégraphie Deborah Colker Musique Berna Ceppas Décors Gringo Cardia Costumes Alexandre Herchcovitch Lumières Jorginho de Carvalho Assistante à la chorégraphie Jacqueline Motta

STRASBOURG opéra

je 20 novembre 20 h ve 21 novembre 20 h sa 22 novembre 20 h di 23 novembre 15 h lu 24 novembre 20 h

Ballet de l’Opéra national du Rhin

COLMAR

théâtre

sa 29 novembre 20 h di 30 novembre 15 h

Créé par la Companhia de Dança Deborah Colker Directeur exécutif João Elias

Spectacle présenté avec une musique enregistrée

Durée approximative : 1 h (sans entracte) Conseillé à partir de 14 ans : collège (3ème) et lycée


En quelques mots Samba, Forro, Lambada, Bossa nova… Le lien qui associe le Brésil à la danse ne date pas d’hier mais on est souvent loin de soupçonner la diversité des créations qui font bouger ce vaste pays. Deborah Colker en est un exemple survolté. Ardeur et virtuosité sont les ingrédients de sa danse athlétique au vocabulaire gestuel d’une beauté insolite. Danse, théâtre, cirque... La chorégraphe brésilienne aux multiples facettes se renouvelle sans cesse. Elle réinvente son Nó tonitruant et provocateur pour le Ballet de l’OnR afin de libérer avec toujours plus d’intensité désirs, pulsions et répulsions. Elle y brise tous les tabous à commencer par ceux du monde du spectacle et suspend sur le plateau des cordes – mot défendu sur scène – comme s’il en pleuvait. Métaphores d’amour et de haine, de soumission et de domination, elles évoquent avec force la société dans laquelle nous vivons. Âmes frileuses, s’abstenir.

L’érotisme en deux actes Le spectacle se déroule en deux actes. Dans le premier, un danseur est attaché à une sorte d’arbre composé de 120 cordes accrochées au plafond. Les danseurs s’enchevêtrent et se heurtent dans celles-ci, symboles à la fois de plaisir et de douleur. Les cordes, instrument de fétichisme et de sadomasochisme, s’apparentent à des corps : « ils sont sinueux, ils se penchent, ils s’étirent ». L’acte II donne à voir un énorme cube de verre. Les danseurs sont enfermés ou circulent autour de ce cube, à l’image du Red-light district d’Amsterdam. Dans une effusion d’érotisme, les danseurs se pressent et se heurtent contre les murs transparents de la boîte.

L’inspiration Deborah Colker, dans sa pièce Nó, est entièrement inspirée par le désir. Elle explique que c’est une composante de la condition humaine : « nous naissons en désirant, nous passons notre vie à apprendre à vivre avec nos désirs ». Nó s’apparente à une exploration des désirs les plus secrets et les plus enfouis de l’homme, ceux-ci sont parfois plus assumés que l’on ne le pense. Deborah Colker, à travers Nó, traduit et transforme cette idée en mouvement. Elle figure dans la danse les notions de domination et de soumission caractéristiques de ces désirs « enfouis ».

L’importance de la philosophie Propos de Deborah Colker dans le programme de Nó avec le Dance Consortium, 2006 : « Quand j’ai commencé la création de Nó, j’ai pensé que la Compagnie devait être nourrie d’autres types d’activités que l’activité physique. J’ai compris qu’il était important que nous étudions et développions des activités intellectuelles ensemble. J’ai parlé avec Flavio, mon frère, qui m’a présenté Fernando Muniz, un professeur de philosophie spécialisé dans la philosophie grecque. Je lui ai expliqué que j’étais fatiguée d’enseigner le thème du désir dans la danse à mes danseurs toute seule. Avec sa collaboration j’ai eu l’opportunité de comprendre que la connaissance rend l’homme meilleur, plus heureux et plus capable de s’exprimer. La Compagnie continue de prendre des leçons de philosophie. étudier les grecs c’est étudier les fondements et les débuts de l’art. Même si je savais que le challenge avec Nó était plus d’ordre esthétique, la philosophie a beaucoup aidé. »


à propos de la musique Propos de Deborah Colker dans le programme de Nó avec le Dance Consortium, 2006 : « La danse et la musique ont leur propre force. Parfois l’une travaille pour l’autre et parfois elles sont les faces opposées d’une même entité, mais jointes ensemble pour former une création plus dense. Lorsque je travaillais sur la chorégraphie, la musique avait une certaine indépendance. Elle fonctionnait comme une atmosphère, un environnement, une texture, un rythme et, dans Nó, comme la dynamique du désir. Berna Ceppas et moi avons réalisé la bande-son de Nó ensemble. On s’adore et on se dispute beaucoup en ce qui concerne notre travail artistique. Au final, on ose essayer toute sorte de choses et nous ne sommes pas effrayés à l’idée de faire des erreurs. Il a beaucoup de goût en tant qu’artiste et il s’y connait en musique. Il savait exactement ce que je voulais communiquer au public avec Nó. »

La Companhia de Dança Deborah Colker La Companhia de Dança Deborah Colker est une intitiative de Deborah Colker en 1994. Cette compagnie se caractérise par la volonté d’établir un nouveau langage chorégraphique au moyen d’une scénographie originale. Elle cherche à combiner le traditionnel et le contemporain sur des thèmes proches du spectateur et dans lesquels celui-ci peut s’identifier. La compagnie a été créée au Casa do Minho, un centre de danse à Rio de Janeiro au Brésil. Elle fait ses débuts au Globo em Movimento festival dans le théâtre municipal de Rio. Elle gagne rapidement en notoriété, notamment après avoir été sponsorisée par Petrobras, une entreprise brésilienne de recherche et de vente de pétrole. La Companhia de Dança Deborah Colker a donné des spectacles dans les quatre coins du globe : Canada, Australie, France, Allemagne, Japon, Mexique, Portugal, etc.

Deborah Colker Chorégraphie Née en 1960 à Rio de Janeiro d’un père violoniste et chef d’orchestre, elle reçoit ses premières leçons de piano à huit ans et joue dans un orchestre dès l’âge de 14 ans. Parallèlement à sa carrière de pianiste, elle étudie la psychologie à l’Université Catholique. Son intérêt pour la danse naît en 1980 lorsqu’elle intègre le Grupo Coringa aux côtés de la chorégraphe uruguayenne Graciela Figueora. Dès 1984, elle signe des chorégraphies pour des comédies musicales, des spectacles, des émissions de télévision, des films. En 1994, elle crée la Companhia de Dança Deborah Colker et présente sa première chorégraphie Vulcao au City Opera de Rio de Janeiro avec la compagnie Momix. Elle crée en suite Velox (1995), Mix (1996), Rota (1997), Casa (1999), 4 por 4 (2002), Nó (2005), Dinamo (2006) et Cruel (2008). Danse, théâtre, vidéo-clip, cirque… Deborah Colker est une chorégraphe aux multiples facettes à la reconquête du mouvement à l’état pur. En février 2003, elle est l’invitée du Ballet de l’Opéra de Berlin pour lequel elle crée ELA. Elle reçoit de nombreux prix pour sa création artistique dont celui accordé par le Ministre de la Culture du Brésil et le Laurence Olivier Award 2001, la plus haute récompense britannique des Arts de la Scène. En 2009, elle chorégraphie et met en scène Ovo, spectacle du vingt-cinquième anniversaire du Cirque du Soleil. En septembre 2010, elle propose à la Biennale de la Danse Partida, un spectacle créé avec des interprètes issus de son centre de formation pour jeunes en difficulté.


Prolongements pédagogiques Arts du son

éducation musicale et danse (EPS) > Musiques, rythmes de danses brésiliennes : samba, bossa nova, forro, etc. > Découvrir les instruments de musique brésiliens, ateliers de pratique, projets musicaux autour des Batucadas

Arts du langage > Philosophie en terminale : le désir > Les Liaisons dangereuses, un roman de Laclos (1782), un film de Frears (1988) : introduire les axes d’étude des deux œuvres (dossier de l’académie de Créteil destiné à des classes de terminale) > Travaux d’écriture ou discussions avec des intervenants : entre amour et haine, soumission et domination

Histoire/géographie > Le Brésil

Arts du spectacle vivant > Le cirque, l’acrobatie (Cirque du soleil) > Mots tabous et « rituels » du monde théâtral (mot « corde », etc.) > Danse et virtuosité : la chorégraphie de Deborah Colker

Arts du visuel et arts de l’espace > Arts plastiques : arts et tabous


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