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juillet – août septembre 2013 • n°16


L’Onr version mobile

Une nouvelle application iPad, une application iPhone améliorée, un site Internet optimisé mobile : l’Opéra national du Rhin version nomade accompagne les internautes où qu’ils soient, pour offrir toujours plus de contenu multimédia et d’interactivité.

Partenaire et éditeur de l’application iPhone / iPad de l’OnR


édito L’été bat son plein et l’Opéra national du Rhin a déjà prévu les spectacles qui égraineront je l’espère votre année de moments de plaisir et de qualité. Je vous invite à découvrir de page en page cette nouvelle saison placée sous le signe des « innocences ». C’est De la maison des morts qui ouvrira le programme et mettra un point d’orgue au cycle d’opéras de Leoš Janáček mis en scène par Robert Carsen. Bousculons si vous permettez les habitudes : l’œuvre contemporaine sera donnée en mai. Il s’agit de la création française de Doctor Atomic de John Adams. L’ouvrage étonnant évoque le premier essai de la bombe H. Ivan Cavallari, directeur artistique de la compagnie, vous dévoile le programme du Ballet de l’OnR, qui ne sera pas en reste : une saison que vous pourrez si vous le souhaitez savourer en famille. Elle conte de belles histoires d’étoiles, de petit homme en bois et de création du monde. Une façon de compléter la saison d’opéra destinée à notre jeune public qui salue le retour d’Aladin et la lampe merveilleuse. Le chorégraphe Thierry Malandain évoque ici son inspiration pour Le Sang des étoiles, premier programme de danse plein de poésie. Bien sûr la tradition des récitals et des concerts apéritifs est toujours vive pour cette saison. Que ces innocences soient les synonymes de curiosité et d’ouverture d’esprit. Au travers de ces lignes, je vous souhaite de bonnes raisons de vous réjouir de la rentrée et de passer d’ici là un bel été. Marc Clémeur Directeur général

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Conception graphique et secrétariat de rédaction Flora Klein - OnR Impression Gyss Imprimeur Obernai Journal imprimé à 15 000 exemplaires ISSN : 2103-981X Licences 2-1055775 et 3-1055776 photos : couverture frédéric godard et p.3 hervé petit


2013 2014 Innocences

Abonnez-vous, il est encore temps ! ... et dès la rentrÊe,

ouverture billetterie

photo nis & for

strasbourg 9 sept. mulhouse 3 sept. colmar 16 sept.


06

12

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Sommaire 2013-2014

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Une saison percutante et foisonnante

côté danse

09

Une saison effervescente

de la maison des morts

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16

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22

tous à l’onr... en images

25

philippe utard

26

12 Des étincelles dans la nuit 14 Une prison mentale

récital christoph prégardien

29

JEUNE PUBLIC Voyage, voyage...

17

le sang des étoiles De chair et d’astres

les nouveaux visages du ballet

30

les secrets de cendrillon

17

fidelio 4 questions à... Mathieu Schneider lA PRESSE EN PARLE

18

de G. à d. : photos frédéric godard, photo Olivier Houeix, illustration anne-Sophie Tschiegg

20

les brèves

L’Opéra national du Rhin est composé des Villes de Strasbourg, Mulhouse et Colmar et subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Alsace , associée à l’ensemble des actions programmées dans le cadre de la saison 2013-2014, le Conseil général du Bas-Rhin, le Conseil général du Haut-Rhin. L’Opéra national du Rhin tient à remercier l’ensemble de ses partenaires, entreprises et particuliers, pour leur confiance et leur soutien.

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Croisements • 5


innocences

2013-2014 Une nouvelle saison percutante et foisonnante

Innocences… Sous ce signe s’annonce une nouvelle saison tout à fait passionnante à l’OnR ! Marc Clémeur, Directeur général, nous en parle.

Marc Clémeur : Un juste équilibre peut-être entre œuvres classiques et découvertes, tradition et modernité. Cette nouvelle saison 20132014 ne fait pas exception : j’ai souhaité que se côtoient sur nos scènes les grands classiques du répertoire que sont La Cenerentola de Rossini, mis en scène par Sandrine Anglade et dirigé par Enrique Mazzola ; Rigoletto de Verdi, une nouvelle production signée Robert Carsen, créée en juillet 2013 au festival d’Aix-en-Provence ; Der fliegende Holländer, qui séduira à n’en pas douter les passionnés de musique wagnérienne – comme les néophytes ; ou encore Platée de Rameau, dans l’inoubliable mise en scène de Mariame Clément (création en 2009 à l’OnR). Face à ces « monuments » lyriques, place à l’étonnement et à la création – française – avec Doctor Atomic de John Adams, sur un livret de Peter Sellars. Lucinda Childs s’attaquera pour nous à la tristement célèbre machine à tuer. Enfin, comme à l’habitude, je relève le

défi de remettre sur le devant de la scène une œuvre du répertoire français trop rarement jouée, Le Roi Arthus d’Ernest Chausson, nouvelle production mise en scène par Keith Warner et dirigée par Jacques Lacombe. Unique opéra du compositeur, son intrigue se rapproche pour beaucoup du célèbre Tristan et Isolde. Ainsi, cette saison, ce ne sont pas moins de sept nouvelles productions, dont une création française, que nous proposons à un public toujours plus nombreux et enthousiaste.

F. K. : Vous ouvrez votre nouvelle saison avec… une fin ! N’est-ce pas là un paradoxe ? M. C. : Et quelle fin ! Effectivement, De la maison des morts (voir p.12) signe l’achèvement du cycle Janáček, cinquième épisode d’une série* qui restera pour longtemps gravée dans les mémoires. À la mise en scène, fidèle depuis le début de l’aventure, Robert Carsen s’attaquera dès la rentrée à la rigueur et la cruauté du quotidien d’un camp de prisonniers. à cette occasion, Marko Letonja sera à la tête de « son » Orchestre philharmonique de Strasbourg.  Jenůfa (2009-2010), L’Affaire Makropoulos (2010-2011), Kat’a Kabanova (2011-2012) et La Petite Renarde rusée (2012-2013)

*

6 • Croisements • Saison 2013-2014

photo frédéric godard

Flora Klein : L’OnR a été classé par Le Figaro dans la catégorie « Le trio d’excellence » des meilleurs Opéras de France. Une reconnaissance qui vient confirmer la pertinence et le succès de votre programmation depuis votre arrivée en 2009. Quel est votre secret ?


Mon secret ? Un juste équilibre peut-être entre œuvres classiques et découvertes, tradition et modernité. Cette nouvelle saison 2013-2014 ne fait pas exception.

Les décors et costumes, quant à eux, seront respectivement l’œuvre de Radu et Miruna Boruzescu, qui ont déjà exprimé toute l’étendue de leur talent avec L’Affaire Makropoulos – et que nous retrouverons pour la nouvelle production de Rigoletto. Inspiré par la prose de Dostoïevski, ce dernier opéra du compositeur promet de ne laisser aucun spectateur indifférent…

F. K. : L’Opéra Studio, basé à Colmar, connaît un immense succès et propose des productions de qualité, plébiscitées aussi bien par le public que par la critique. Quelles sont les grandes lignes de la programmation 2013-2014 ? M. C. : Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la saison dernière, nos jeunes chanteurs et pianistes ont donné treize représentations dans le cadre des productions de l’OnR, trente-sept dans le cadre de leur propre saison, dix-huit récitals et concerts et dix interventions au titre de l’action pédagogique et culturelle. Dès la rentrée, cinq nouveaux chanteurs – Gaëlle Alix, Lamia Beuque, Jean-Christophe Born, Sunggoo Lee et David Oller Martínez – et une pianiste – Amandine Duchênes – viendront rejoindre Kristina Bitenc, Sévag Tachdjian, Alexander Schuster et Alice Meregaglia, qui entament leur deuxième année. Au programme, La Colombe de Gounod et Le Pauvre Matelot de Milhaud – sur un livret de Jean Cocteau. Deux courts opéras autour des différents visages de l’amour. Nous les entendrons également à la veille des fêtes de Noël avec l’inoubliable Aladin et la lampe merveilleuse de Nino Rota (création en 2009 à l’OnR), mis en scène par Waut Koeken. Une invitation pour petits et grands à voyager dans l’univers féérique des Mille et Une Nuits, à voir ou à revoir… Nous aurons aussi le plaisir de les écouter lors des traditionnels concerts et concerts apéritifs, également servis par nos Chœurs et les enfants de la Maîtrise.

platée et aladin, photos alain kaiser - sphères et innocences, photos nis&for

F. K. : L’OnR, c’est aussi une tradition de récitals ? M. C. : Oui, et je me réjouis d’accueillir chaque saison notre public fidèle et séduit par ces rendez-vous intimistes. Christoph Prégardien ouvrira la saison avec un programme dédié à Schubert (voir p.16). Nous découvrirons la jeune soprano allemande Mojca Erdmann, habituée des plus grandes scènes internationales, puis l’Autrichienne Angelika Kirchschlager, qui nous offrira un programme consacré aux compositeurs de son pays. Le timbre envoûtant du grand wagnérien Albert Dohmen et la voix de miel de Stéphane Degout se feront écho, respectivement en mars et mai. Nous terminerons la saison avec la grande Sophie Koch qui interprètera pour nous les Wesendonck Lieder de Wagner.

F. K. : Et pour finir, un souhait à formuler pour l’avenir ? M. C. : Du haut de ses 41 ans, l’Opéra national du Rhin se porte admirablement bien, grâce notamment au précieux soutien de ses partenaires, à la dynamique de ses équipes et à l’enthousiasme de ses spectateurs, avertis ou néophytes, adultes ou enfants. Souhaitons que cette équation perdure et que notre maison reste pour longtemps ce lieu ouvert à tous, de découverte, de partage, d’apprentissage, de réflexion… d’émerveillement aussi ! Propos recueillis en mai 2013.


Rig

ole tto

aperçu En images...

2013-2014 selon Marc Clémeur

Platée

un mot : innocences, bien sûr ! une couleur : gris argent une ambiance : la tension un sentiment : la passion

maquette de radu boruzescu - platée et aladin, photos alain kaiser

Aladin


ballet

Côté danse Une saison effervescente La saison chorégraphique 2012-2013 portait le signe du changement avec l’arrivée d’Ivan Cavallari à la direction du Ballet de l’Opéra national du Rhin. 2013-2014 s’annonce comme le temps du renouvellement et des découvertes. Ivan Cavallari nous parle de sa programmation en crescendo…

La saison 2012-2013 du Ballet en chiffres • 1 nouveau directeur • 4 nouveaux danseurs à découvrir • 55 levers de rideau • 10 % de progression de la fréquentation

photos p.9-10 : frédéric godard - pinocchio, west australian ballet, photo jon green

• 40 % de jeunes de moins de 26 ans aux représentations de danse • 23 % de public allemand et suisse • Près de 5 000 personnes touchées par l’action culturelle

Louise Devaine : Votre première saison à la direction artistique du Ballet de l’Opéra national du Rhin s’achève. Qu’en retenez-vous ? Ivan Cavallari : Les changements de direction impliquent toujours de grands bouleversements pour tout le monde. La première année, on est submergé. Cependant, cette première saison s’est révélée riche en événements et très importante pour moi. Elle m’a permis d’identifier clairement ce que je voulais apporter à la compagnie. Surtout, j’ai pu établir un lien très fort avec les danseurs et les équipes du Ballet. J’ai notamment découvert que cette compagnie ne regroupait pas seulement des danseurs mais aussi des artistes aux multiples talents. Or, tout mon parcours se construit autour de la mise en valeur des artistes. J’entends contribuer à leur visibilité et à leur rayonnement : affirmer l’implantation du Ballet de l’OnR à Mulhouse et en Alsace tout en le faisant voyager pour développer sa renommée en France et dans le monde.

L. D. : Comment voyez-vous l’avenir ? Quel est votre projet artistique pour la saison danse 2013-2014 ? I. C. : L’avenir sera passionnant. Je vais poursuivre mon objectif principal : constituer un répertoire unique pour une compagnie unique avec la volonté de développer une dynamique en crescendo qui motive les danseurs. Ainsi, on commencera avec Le Sang des étoiles, pièce de Thierry Malandain qui se joue avec malice des conventions classiques tout en les intégrant à une vision moderne de la danse qui met en valeur le corps, la gestuelle et la musicalité. Côté danse • Croisements • 9


La musique et la danse sont comme des sœurs siamoises, on ne peut pas les séparer. Quand on a la chance de danser sur de la musique vivante, on vit deux fois. Chaque représentation est unique et originale.

2013-2014 selon Ivan Cavallari un mot : crescendo une couleur : rouge sang une ambiance : la convivialité un sentiment : la ferveur

Cette chorégraphie permettra de donner à voir la ligne que je dessine pour l’avenir de la compagnie. Pinocchio ouvrira un second temps fort : celui de l’interprétation jouissive où les danseurs pourront déployer leur personnalité et leurs talents d’artistes. Je suis certain qu’ils pourront parfaitement s’emparer de ma pièce. Avec l’histoire universelle de Pinocchio, je cherche à toucher le public le plus large possible. Le conte de Collodi est magique, c’est une fable sur l’humanité. Il narre ce moment de vie crucial que chacun traverse, ce passage initiatique de l’enfance à l’âge adulte. Ensuite, le point d’orgue de la saison sera atteint avec Die Schöpfung (La Création), chorégraphie d’Uwe Scholz sur le somptueux oratorio d’Haydn. Ce ballet est emblématique de l’esprit que je cherche à donner à la compagnie. D’abord, son académisme et son exigence technique font travailler tous les danseurs et possèdent réellement le pouvoir de modifier leur physique. En outre, programmer l’œuvre fondatrice de l’un des plus grands chorégraphes allemands dont la création fut donnée à Zurich, c’est aussi une façon de renouveler l’ouverture du Ballet de l’OnR aux frontières suisses et allemandes. Enfin, je me réjouis de pouvoir associer à cette production l’excellent Orchestre de chambre d’Alsace, La Follia, les solistes lyriques Hanne Roos (soprano), Mark Van Arsdale (ténor) et Norman Patzke (basse) et les Chœurs de l’OnR. En effet, j’accorde beaucoup d’importance à la musique vivante. La musique et la danse sont comme des sœurs siamoises, on ne peut pas les séparer. Quand on a la chance de danser sur de la musique vivante, on vit deux fois. Chaque représentation est unique et originale. Enfin l’année s’achèvera avec Genesis, un programme qui me tient particulièrement à cœur car il réserve une place de choix à la danse contemporaine et met à l’honneur les jeunes talents de la compagnie. Je souhaite que ce rendezvous unique permette l’éclosion des grands noms de la danse française de demain. L. D. : Un an après, que pensez-vous de l’Alsace et de son public ? Vous sentez-vous chez vous ? I. C. : Partout où je travaille, je cherche à me sentir chez moi. Il est essentiel pour moi d’instaurer des relations solides et durables avec les gens qui m’entourent. Dans la même ligne, je souhaite renforcer les liens tissés entre le Ballet et son public en multipliant les rencontres et les moments de partage. Propos recueillis en mai 2013.

10 • Croisements • Côté danse


Attention, nouveautés !

Jeunes chorégraphes 2014

Genesis

Le Ballet de l’OnR multiplie les rencontres et moments de partage pour vous accompagner dans l’aventure de la danse. Aux répétitions publiques et conférences dansées à l’université s’ajoutent cette saison de nouveaux rendezvous avec Genesis, les séances de dédicaces et les présentations des spectacles.

Vivier et soutien de la création chorégraphique, le Ballet de l’Opéra national du Rhin met ses jeunes talents à l’honneur avec Genesis. Un programme pour suivre la genèse d’œuvres chorégraphiques très variées et assister à la naissance des grands noms de la danse française de demain. Deux temps et deux lieux différents du processus de création à découvrir. Avec Genesis Studio d’abord, les jeunes chorégraphes offrent un avant-goût de leur travail sur leur lieu de création, au Centre chorégraphique. Ensuite, Genesis leur donne l’occasion de se produire sur scène. Deux moments uniques de découvertes et de dialogue avec les artistes de la compagnie.

Genesis studio

genesis

mulhouse centre chorégraphique

opéra strasbourg salle Ponnelle

lu 26 mai 19 h ma 27 mai 19 h me 28 mai 19 h

je 12 juin 20 h ve 13 juin 14 h 30* sa 14 juin 15 h & 20 h me 18 juin 15 h & 20 h

Représentations données avec des musiques enregistrées.

Spéciales dédicaces Pendant les représentations de Pinocchio, profitez de l’entracte pour rencontrer deux danseurs du Ballet et leur faire signer vos programmes ou calendriers…

MULHOUSE La Filature, Hall COLMAR Théâtre, Hall STRASBOURG Opéra, Salle Bastide

Le calendrier 201

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Présentation des spectacles

Pour vous accompa gner au quotidien , les danseurs de la compagnie vous co ncoctent un calen drier avec des imag inédites et insolites es  !

photo nis & for

Parlons peu… mais parlons danse : une heure avant chaque représentation dans les foyers des théâtres.

>> Plus d’infos : www.operanationaldurhin.eu Côté danse • Croisements • 11


de la maison des morts

Des étincelles dans la nuit On s’étonne parfois de la couleur terriblement sombre du dernier opéra de Leoš Janáček. Pourquoi cette affaire de bagne, avec ce qu’elle comporte de violence constante, d’absence d’espérance, de réduction de l’humanité à l’asservissement et à des comportements souvent simultanément naïfs, injustes, absurdes ? Pourquoi, pour l’établissement du livret de ce que Janáček pressentait comme sa dernière œuvre lyrique, le choix du texte de témoignages dans lequel Dostoïevski, en 18601862, relatait sa propre détention en Sibérie pendant quatre longues années ? Pourquoi le peintre engagé et plein d’empathie de Jenůfa, de Kát’a Kabanová, de la petite renarde, d’Emilia Marty, décrit-il à présent un univers déserté de toute présence féminine ? En 1926-1927, quand il entreprend l’écriture de l’œuvre, Leoš Janáček n’est-il pas au sommet de sa gloire, enfin reconnu, apprécié, honoré ? Ne parvient-il pas, sur le plan personnel, à rendre compatibles vieillissement et vitalité, quiétude institutionnelle et passion amoureuse ? Pourquoi alors un testament d’enfermement, de misère, de dénuement sans rémission ? Quand ses opéras précédents confrontaient drame et espoir, tragédie et évocation d’un temps de justice désiré, sinon attendu, Janáček se serait-il in fine convaincu que son époque était désormais inéluctablement celle de l’inégalité, du pouvoir arbitraire, de la domination imposée au nom d’une totalité éliminant les différences, réprimant les individus, faisant taire les singularités multiples ? L’univers concentrationnaire serait-il devenu pour lui l’image même du siècle ? Loin d’être un lieu de réparation, de rédemption, de rééducation à la vie sereine, pacifique, respectueuse des personnes et des biens, le bagne représente le point d’aboutissement de la violence, de l’injustice, du mépris : leur expression brute, absolue car déliée de toute perspective, de toute finalité ; un espace clos, sans autre à accueillir, sans temps à préparer. Janáček a-t-il voulu suggérer que la puissance de cet absolu-là achevait désormais de cantonner les humains dans une aire confinée, ceinturée d’infranchissables murailles ? Mais n’est-ce pas précisément dans une telle situation sans recours, au cœur apparemment sans ouverture de cet enfer de réclusion, que le moindre acte d’humanité sincère, que la plus faible parole de reconnaissance ou de compassion acquièrent une dimension irréfutable, témoignent d’une persistance irrépressible, manifestent une authenticité indubitable ? Lorsqu’il parle du livre de Dostoïevski, c’est précisément cela que Janáček dit en avoir retenu, comme dans cette lettre à Max Brod de 1927 – « (…) je me sens proche de F.M. Dostoïevski. 12 • Croisements • De la maison des morts

photo frédéric godard

par Daniel Payot


Lui a trouvé dans la Maison des morts une bonne âme même en Bakluchine, même en Pétrov et Isaïe Fomich. » – ou dans un entretien publié en 1928 : « Tenez, Dostoïevski – quelle littérature ! Dans toute créature – une étincelle divine – ce sont des gens de très bon cœur – et survient un hasard, je dirais une piqûre du destin, une seule – et ils sont condamnés à souffrir. Arrive l’expiation, alors que ces gens sont taillés directement dans de l’or 1. ». Ces déclarations nous rappellent l’autre conviction, tenace, chevillée, admirablement têtue, de Leoš Janáček. Elle concerne l’humanité dans son essence, le fond d’innocence et de bonté censé se trouver en chaque être humain quel qu’il soit, quels qu’aient été ses actes, quel que soit son degré d’émancipation ou de servitude ; elle affirme la présence dans la nuit la plus opaque d’étincelles qui, peu ou prou, peuvent venir interrompre les obscurités les plus épaisses et poindre comme autant de petites lueurs. Ces clartés sont éphémères, certes, elles ne s’imposent pas comme des états stables, comme des normes garanties ; elles n’en sont que plus magnifiques : leur fragilité même constitue leur valeur de témoignage, elles sont d’autant plus authentiquement humaines qu’elles exposent, avec la lumière, la finitude et la faiblesse de ceux qu’elle traverse et révèle. Chez Janáček, la vérité est dans la suspension, dans l’écartement fulminant, dans le surgissement qui déchire l’intolérable et délivre d’un trait les voix oubliées ou réprimées des vivants. Dans De la maison des morts, cette vérité fulgurante advient chaque fois qu’au milieu de la rudesse et de l’arrogance ordinaires s’exprime une attention portée à autrui, la reconnaissance explicite ou étouffée de la part maintenue en lui de beauté et d’innocence. Cela est évident dans l’adresse de Gorjantchikov à Aljeja au tout début du deuxième acte, cela s’entend aussi au troisième acte, quand la mort de Luka et la révélation simultanée de sa crapulerie d’antan inspirent au vieillard, témoin de la scène, un « Lui aussi est né d’une mère » plus qu’émouvant. De telles étincelles s’allument tout au long de l’œuvre, fortuitement, dans l’intérêt que portent les détenus aux récits de leurs compagnons d’infortune ou dans des élans de compréhension et de sympathie que le plus souvent ils ne savent pas expliciter, mais qui peut-être se forment en eux à leur insu. Lueurs aussi tous les mots et tous les gestes qui ont pour motivation un désir de transmission, le don à l’autre d’un savoir, d’une expérience, d’une sagesse quelconque. Là encore, la proposition que Gorjantchikov fait à Aljeja au début du deuxième acte de lui apprendre à lire et à écrire et la confirmation de cet apprentissage, pleine de naïveté et de véracité, au début du troisième, font figures d’exemples. Mais elles éclairent aussi, par échos, d’autres séquences, minuscules mais réelles, qui relèvent d’une même propension généreuse ainsi désignée et amplifiée. Sans doute convient-il d’inscrire dans cette même rubrique des moments de vérité éclairant l’obscurité du bagne l’étonnant épisode, au deuxième acte, de la représentation théâtrale. Qu’ils soient en effet dérision ou catharsis, allégories du désespoir ou formulation vivace d’une surabondance rêvée, qu’ils témoignent de la persistance d’un désir de liberté ou que leur extravagance relève d’un fantasme d’indigence définitive, ce Jeu de Kedril et de don Juan et cette Pantomime de la Belle Meunière sont d’abord l’occasion d’un rassemblement de tous autour d’un même objet, d’une même scène, d’une même intrigue. Le spectacle, qui n’est autorisé au camp qu’en un jour de fête, explicite la possibilité exceptionnelle d’inscrire, dans l’interruption du cours habituel des choses, un événement qui dise cette interruption momentanée, qui la convertisse en prétexte à divertissement et à intérêt communs, qui en fasse une référence adressée à chacun, proposée au partage de tous. Et c’est l’évocation en creux, brève nécessairement, précaire et encore bien abstraite, d’une autre socialité. 1. Leoš Janáček, écrits, Fayard, 2009, p. 489 et p. 441-442.

Qu’elles soient empathie, transmission ou expérience commune, ces advenues impromptues impliquent les individus en ce qu’ils sont essentiellement, personnellement, singulièrement, là où d’ordinaire les prisonniers ne sont traités que comme des numéros, sommés de taire ce qui les distingue de tous les autres, requis dans la masse anonyme qu’ils forment aux yeux de leurs geôliers. Elles manifestent en cela une force de résistance à la fatalité, à la nécessité aveugle, à la totalité homogène. Tel est peut-être l’ultime message que nous adresse l’œuvre tardive de Janáček, en quoi elle participe sans doute de ce que Jean-François Lyotard appelait le grand récit moderne de l’émancipation. Mais Leoš Janáček a une façon bien à lui d’exprimer cette aspiration fondamentale à la liberté et à la justice. Pas de grand élan mystique, ni de verve révolutionnaire exaltée, pas de romantisme emphatique ; le salut n’est pas une affaire de mobilisation massive, peut-être parce que toute mobilisation de ce type comporte le risque d’une négation du singulier au nom d’un universel univoque, le danger d’un

Si rédemption il y a, elle se prouve à la mesure et à l’échelle de chacun, par les moyens limités mais effectifs dont il dispose, là où il se trouve, dans l’élément même de sa finitude, de ses particularités et de ses faiblesses. écrasement des subjectivités au nom d’une totalité s’érigeant en Sujet collectif exclusif. Si rédemption il y a, elle se prouve à la mesure et à l’échelle de chacun, par les moyens limités mais effectifs dont il dispose, là où il se trouve, dans l’élément même de sa finitude, de ses particularités et de ses faiblesses. Si nous n’avions plus la force de telles preuves, alors nous guetterait l’asservissement. L’éviter est l’affaire de chacun : précisément là où semblent faire défaut toute liberté, toute possibilité, toute justice, là il incombe à chacun de retrouver l’expérience du temps (alors que tout semblait achevé), de l’espace (alors que le confinement paraissait irrémédiable), de l’autre humain (là où toute singularité se trouvait niée), à l’exemple de ces veilleurs qui dans l’obscurité distinguent encore les lueurs qui scintillent. La composition de l’œuvre, succession d’épisodes sans fil directeur, sans trame continue, séquences musicales qui s’affirment dans une apparente indépendance, sans se fondre dans un tout qui formerait un récit homogène et orienté, est à la mesure adéquate du propos. Les opéras antérieurs présentaient déjà cette particularité, qui est l’une des spécificités de l’art de Janáček ; avec De la maison des morts, celui-ci, dans une sorte de dernier souffle admirable, va plus loin encore que jamais dans la superposition exacte de sa pensée de la vérité musicale et de sa conviction d’une vérité humaine plus profonde que la détresse extrême. Les étincelles dans la nuit, dont chaque être abrite en lui la chance, sont aussi les éléments constitutifs de l’écriture musicale, et la musique s’illumine des lucioles qui ça et là s’allument au tréfonds de la condition humaine.

Daniel Payot est vice-Président de l’Opéra national du Rhin. Il est adjoint au maire de Strasbourg, en charge de la culture.


Nouvelle production

De la maison

des morts Une prison mentale Jenufa ˚ , L’Affaire Makropoulos, Kat’a Kabanova, La Petite Renarde rusée… De la maison des morts achève le cycle Janácek ˇ confié à Robert Carsen. Monumental.

Toucher l’enfer

Robert Carsen, maître de la scène

Elle a la simplicité et l’ampleur des dernières œuvres des grands artistes : ultime opéra de Janáček, De la maison des morts fait en cela écho au sublime Quatuor n°2, qui lui est contemporain, et auquel il s’apparente à bien des égards. Omniprésents dans l’œuvre de Janáček, les thèmes de la misère humaine, du poids de la faute et de la culpabilité prennent ici une nouvelle dimension. La prison des mœurs, celle qui entravait Jenůfa ou Kat’a Kabanova, s’est muée en véritable prison. Le sujet : un camp de prisonniers en Sibérie. Dans cet espace hors temps, ces hommes à qui l’on a tout enlevé égrènent les jours, entre accès de folie, torture d’un aigle blessé qui a eu le malheur d’arriver là, et souvenirs de leur vie, celle d’avant, et des crimes qui les ont conduits dans cet enfer. Sans espoir de salut, morts pour le reste du monde, les personnages représentent toute l’horreur dont l’humanité est capable : humiliation, jalousie, cruauté, perversion. Et pourtant… au cœur de ce tableau implacable, subsiste l’amitié de Gorjantchikov pour le jeune Aljeja, à qui il apprend à lire. « Dans chaque Créature, une étincelle divine », écrit Janáček. Les jours passent, l’aigle, indompté et guéri, s’envole. Gorjantchikov, que le commandant n’a pas réussi à dépouiller de son savoir, de ses rêves, est libéré. Aljeja, à nouveau seul, sait lire. La voix tonitruante du gardien rappelle les prisonniers au travail.

Personnage emblématique de la scène actuelle, prolifique et inspiré, on ne présente plus Robert Carsen. Le chemin est long, depuis le quasi mythique Mephistofele de 1988 à Genève, ou le cycle Puccini, né à l’instigation de Marc Clémeur à l’Opéra de Flandre. En 1991, Le Songe d’une nuit d’été au festival d’Aixen-Provence lui ouvre le cœur du public français. Depuis, avec plus de 80 mises en scènes, aux quatre coins du monde et sur les plus grandes scènes, Robert Carsen est partout. Régulièrement reprises, ses productions, intemporelles et éclairées, traversent les années sans prendre une ride. « Robert Carsen, c’est d’abord une démarche profondément respectueuse des interprètes, de la musique de l’œuvre – plutôt que d’imposer ce qui serait son style, il s’adapte chaque fois à l’ouvrage, et pense sur mesure pour lui. » 1

Venus de Roumanie, ils ont posé leur valise à Paris et c’est côte à côte qu’ils travaillent pour le spectacle vivant. Pour l’opéra, le théâtre, le cinéma et la danse, il conçoit les décors, elle signe les costumes. Ils travaillent en étroite collaboration avec Robert Carsen depuis de nombreuses années. Richard III et L’Affaire Makropoulos à l’OnR, c’était eux… A.G. 1. Marc Clémeur, in Robert Carsen, L’Avant-Scène Opéra n°269

14 • Croisements • De la maison des morts

maquette de radu boruzescu

Radu et Miruna Boruzescu, couple à la vie et derrière la scène


opéra strasbourg

ve 27 septembre 20 h di 29 septembre 15 h ma 1er, je 3, sa 5 octobre 20 h

la filature mulhouse

ve 18 octobre 20 h di 20 octobre 15 h

rencontre

avec Marko Letonja et Robert Carsen animée par Marc Clémeur je 26 septembre 18 h 30 entrée libre

Nicolas Cavallier À presque cinquante ans – « l’âge d’or pour les basses », comme il le dit lui-même –, Nicolas Cavallier fait partie de ces rares chanteurs pour qui la voix n’est pas une fin en soi. Formé auprès de Daniel Mesguich avant de se consacrer à l’opéra, notre baryton-basse sait ce qu’incarner un personnage veut dire. Le public alsacien a d’ailleurs plusieurs fois eu l’occasion d’admirer la force de ses incarnations, dont ce Philippe II de Don Carlos, tout d’intériorité, roi impérieux et prisonnier à la fois, prisonnier de son amour, de son devoir. Dans La Nuit de Gutenberg, c’était là encore à une incarnation que l’on pouvait assister, l’artiste pliant toujours sa grande et belle voix aux exigences d’un personnage, de sa caractérisation, de ses états d’âme. Sans chercher à faire du beau son une fin en soi. On attend avec impatience son Alexandr Petrovitch Gorjantchikov de De la maison des morts, le « prisonnier politique » dont il devrait révéler avec force et tendresse l’humanité. J.-J.G.

Cet opéra me donne beaucoup de travail. Comme par degrés, il me semble que j’y descends de plus en plus bas, et que je marche dans les bas-fonds les plus misérables des êtres humains ! Et c’est une démarche très pénible. Janácek à Kamila ˇ

Z Mrtvého Domu, Opéra en trois actes de Leoš Janáček Livret du compositeur, d’après Fedor Dostoïevski

Direction musicale Marko Letonja Mise en scène Robert Carsen Décors Radu Boruzescu Costumes Miruna Boruzescu Lumières Robert Carsen et Peter Van Praet Dramaturgie Ian Burton Alexandr Petrovitch Gorjantchikov Nicolas Cavallier Aljeja Pascal Charbonneau Filka Morosov (Luka Kuzmitch) Peter Straka

> Playlist De la maison des morts CD :

• Direction Bohumil Gregor, Chœur & Orchestre du Théâtre National de Prague (Supraphon 1964) • Direction Vaclav Neumann, Chœur & Orchestre de la Philharmonie Tchèque (Supraphon 1979) • Direction Sir Charles Mackerras, Chœur du Wiener Staatsoper, Wiener Philharmoniker (DECCA 1980)

DVD :

• Direction musicale Pierre Boulez, Mise en scène Patrice Chéreau, Mahler Chamber Orchestra, Arnold Schoenberg Chor (DG 2008)

Quatuor n°2 de Janácek ˇ

photos dr

• Quatuor Belcea (ZigZag 2001) • Quatuor Diotima (Alpha, 2007)

Peter Straka Depuis quelques années déjà, Peter Straka incarne aux yeux du public l’idéal du ténor tchèque : voix claire, puissante, timbre capable du cri rayonnant comme de la plus douloureuse nostalgie, il fut ici même un déchirant Laca de Jenůfa (2010). Mais Peter Straka ne s’est jamais cantonné aux seuls rôles d’opéras tchèques, interprétant avec autant de facilité Monteverdi (avec Harnoncourt !), Mozart, Beethoven, Verdi, Puccini, Wagner ou encore Berg. De la maison des morts est toutefois un de ses opéras fétiches : tout au long de sa carrière, il aura en effet été amené à y interpréter presque tous les rôles de ténor, Skuratov à Palerme et Zurich, le Grand forçat à Milan et Berlin, ou comme ici, Filka Morosov. Rappelons que c’est lui qui incarne le Grand forçat dans l’unique captation DVD de cette œuvre, récemment enregistrée sous la direction de Pierre Boulez dans la mise en scène de Patrice Chéreau (DG, 2008)… J.-J.G.

Le grand forçat Adrian Thompson Le petit forçat Enric Martinez-Castignani Le commandant Patrick Bolleire Le très vieux forçat Rémy Corazza Skuratov Andreas Jäggi Tchekunov Peter Longauer Un forçat Jean-Gabriel Saint-Martin Kedril / Une voix Gijs Van der Linden Chapkine Guy de Mey Chichkov / le prêtre Martin Bárta Tcherevin Philip Sheffield Chœurs de l’OnR Orchestre philharmonique de Strasbourg édition critique de Sir Charles Mackerras et John Tyrrell Universal Edition A.G., Vienne

Croisements • 15


récital Christoph Prégardien

Opéra Strasbourg

sa 28 septembre 20 h

ténor

Michael Gees piano

Christoph Prégardien Chants de voyage et d’adieu

Au programme : FRANZ SCHUBERT (1797-1828) : LIEDER VON ABSCHIED UND REISE 1. Willkommen und Abschied, D767 2. Die Sterne, D939 3. Nachtstück, D672 4. Das Zügenglöcklein, D871 5. Der Wanderer, D489 6. Wanderers Nachtlied, D224 7. Über Wildemann, D884 8. Der Geistertanz, D116 9. Erlkönig, D328 10. Wanderers Nachtlied, D768 11. Sehnsucht, D879 12. Der Musensohn, D764 Entracte 13. Auf der Bruck, D853 14. Im Abendrot, D799 15. Rastlose Liebe, D138 16. Lied des gefangen Jägers, D843 17. An die Türen will ich schleichen, D479 18. Der Wanderer, D649 19. Der Wanderer an den Mond, D870 20. Der Einsame, D800 21. Der Schiffer, D536 22. An Schwager Kronos, D369 23. Der Doppelgänger, D957 Nr.13 24. Nacht und Träume, D827 16 • Croisements • Récital

Il est considéré comme l’un des meilleurs ténors lyriques de notre temps. Outre ses interprétations des grands oratorios et passions des périodes baroque, classique et romantique, ainsi que des œuvres du XVIIe siècle (Monteverdi, Purcell, Schütz) et du XXe siècle (Britten, Killmayer, Rihm ou Stravinsky), Christoph Prégardien est particulièrement apprécié pour ses prestations dans le domaine du lied allemand. Il donne des récitals dans toute l’Europe ainsi qu’au Japon et aux États-Unis et revient à l’OnR pour la quatrième fois, accompagné par son fidèle pianiste Michael Gees. Sa discographie comprend plus de cent vingt titres et englobe la majeure partie de son répertoire actif. Ses enregistrements du lied romantique allemand ont été récompensés par de nombreux prix internationaux. Prégardien, éternel voyageur, donnera ce même programme, avant Strasbourg, à Londres au Wigmore Hall le 25 juillet. Il interprète aussi Le Voyage d’hiver toujours de Schubert à Anspach en juillet dans la version Zender, aux Schubertiades de Schwarzenberg en août (sur le thème « le père et l’enfant »), le War requiem de Britten à Trèves, puis au festival de Rheingau, de Gstaat, et donne des masterclasses à Oxford et à Aldeburgh… Comme le disait Schumann, « La musique de Schubert est aussi multiple que sont variés les efforts et les rêveries de l’Homme ». Les lieder du programme choisi par Christoph Prégardien et Michael Gees en sont une parfaite illustration. Sur les thèmes du voyage et du départ, thèmes chers au compositeur, on entendra ainsi tout le spectre de ces émotions, les élans du cœur, ses aspirations, ses espoirs et ses déceptions aussi. Avec le lyrisme et la tendresse qu’on lui connaît, Schubert nous fait passer de la confiance (Die Sterne) à la mélancolie (Nachtstück, Wanderers Nachtlied), en passant par la rêverie élégiaque (Nacht und Träume, Im Abendrot), le désespoir aussi (Der Wanderer ou bien encore le célébrissime Erlkönig) et la révolte (Über Wildemann), le tout chaque fois sous les auspices du voyage, du départ pour un ailleurs rêvé et fantasmé, un départ qui semble souvent d’emblée voué à l’échec. Car qui peut s’éloigner de soi-même et de son propre malêtre ? On l’aura compris : dans ce paysage, les moments de pleine et franche gaieté, comme le fiévreux Musensohn et l’espiègle Auf der Bruck, seront d’autant plus enthousiasmants qu’ils seront rares… L’occasion d’apprécier une fois encore tout l’art de ce grand artiste. M.H.

photo marco borggreve

Christoph Prégardien n’est pas un inconnu pour les fidèles des cycles de récital de l’OnR. Il est venu trois fois déjà nous enchanter par son art consommé du lied, et tout le monde se souvient ici de ses interprétations de Schubert : La Belle Meunière (1993) et Le Chant du cygne (2010) et de Schumann : Dichterliebe (1995). Un récital à ne pas manquer !


jeune public

Voyage, voyage... ... dans l’univers des Mille et Une Nuits, au pays des jouets, au cœur des étoiles, aux origines de la création ou tout simplement à la découverte de l’opéra et de la danse. à chacun sa destination ! 2 • pinocchio 3 • en famille

1 • aladin

jeune

public 4 • mercredis

de gauche à droite : photos alain kaiser • jon green • frédéric godard • aladin : els dezwarte • illustrations anne-sophie Tschiegg

découverte

6 • projets pédagogiques

5 • albums

1 • Lorsqu’il s’agit de conquérir une belle princesse et de faire fuir le méchant magicien, deux bons génies valent mieux qu’un ! Aladin et la lampe merveilleuse, un opéra pour enfants de Nino Rota mis en scène par Waut Koeken, à découvrir à partir du 18 décembre. • 2 • Un petit morceau de bois dont le nez s’allonge à chaque mensonge : rendez-vous avec le malicieux Pinocchio et les danseurs du Ballet de l’OnR du 31 janvier au 21 février. • 3 • La Cenerentola, Le Sang des étoiles, Die Schöpfung, Platée, Genesis : des programmes « tout public » à apprécier en famille. • 4 • Les mercredis découverte : trois ateliers de pratique pour s’initier au spectacle vivant et percer certains mystères de sa création. Les 11 décembre, 9 avril et 21 mai. • 5 • Une collection de livres illustrés dès 5 ans, pour poursuivre l’aventure de l’opéra. • 6 • Autour des spectacles de la saison, les groupes scolaires et associatifs sont invités à construire un parcours ponctué de diverses activités pédagogiques, telles que la visite du théâtre, l’accès à des répétitions, etc. Contact : jeunes@onr.fr • 03 88 75 48 54 / 79 > Plus d’infos : www.operanationaldurhin.eu

Jeune public • Croisements • 17


Créée en 2004, la pièce chorégraphique de Thierry Malandain s’inspire du mythe de Callisto, où deux êtres de chair et de sang sont métamorphosés en ours avant de devenir des étoiles : la Grande Ourse et la Petite Ourse.

Le Sang des étoiles De chair et d’astres La tête dans les étoiles

La Grande Ourse est peut-être la plus célèbre constellation de l’hémisphère Nord. Sans doute parce qu’elle est visible quelle que soit la période de l’année. Sept de ses étoiles, qui composent sa célèbre forme de chariot ou de casserole, sont assez brillantes pour être vues même si les conditions d’observation ne sont pas idéales. Cette constellation est associée à de nombreux mythes et légendes chez tous les peuples de l’hémisphère Nord (Grecs, Romains, égyptiens, Indiens d’Amérique, etc.). Un peu plus difficile à apercevoir, sa version réduite est la Petite Ourse. Ces deux constellations gravitent autour de l’étoile Polaire, symbole universel pour l’homme qu’elle guide au milieu des ténèbres. La Grande Ourse change de nom en fonction des pays ou même des régions, quelques exemples : • The Plough (la charrue) au Royaume-Uni • The Big Dipper (la grande cuillère) aux états-Unis • Karlavagen (le wagon de Charlemagne) en Scandinavie • Karr kamm (le chariot tordu) ou Lost-arar (le bout de la charrue) en Bretagne • Sapta Rishi (les sept sages) en Inde • Haft Awrang (les sept trônes) en persan Quelle est l’origine du nom de la Grande Ourse et de la Petite Ourse ? Quel lien ont-elles l’une avec l’autre ? Quel rapport avec l’ours ? La mythologie grecque nous éclaire à ce sujet…

Mais ses malheurs ne s’arrêtent pas là. Héra, l’épouse de Zeus, apprend que la nymphe a accouché et décide de se venger : elle la transforme en ourse pour lui ôter sa beauté qui a bien involontairement séduit le dieu des dieux. Arcas, un jour qu’il chasse, croise une ourse. De peur d’être attaqué, il décoche une flèche en direction de l’animal, qui n’est autre que Callisto sa mère. Zeus voyant la flèche, a le temps de la dévier et sauve Callisto d’une mort certaine. Pour la protéger, il décide de la placer dans le ciel sous la forme d’une constellation, et pour qu’elle soit toujours avec son fils, il décide de placer Arcas aux côtés de sa mère, sous la forme d’une petite ourse. Ils peuvent encore aujourd’hui rester côte à côte pour l’éternité.

Callisto quitte le royaume de son père Lycaon pour aller vivre dans la forêt, où elle rencontre Artémis et ses muses. Artémis accepte qu’elle les rejoigne à une condition : elle devra renoncer à l’amour des hommes et lui rester fidèle. Plusieurs années passent. Alors que Callisto se repose sur les berges d’une rivière, Zeus l’approche en prenant l’apparence d’Artémis pour ne pas l’effrayer et commence à la séduire. Mais il se trahit au milieu de l’acte, et malgré la résistance de la nymphe, la viole. Callisto tombe enceinte. Trahie par cette infidélité, Artémis la chasse de son clan. Callisto s’exile dans la forêt, et neuf mois plus tard, met au monde un garçon, Arcas. 18 • Croisements • Le Sang des étoiles

Mais Héra, toujours furieuse, n’en reste pas là : elle déplace les deux constellations l’une à l’opposé de l’autre, afin qu’elles ne se rejoignent jamais dans le ciel. Et pour se venger définitivement, elle condamne la Grande Ourse à tourner autour de l’étoile Polaire, ne pouvant jamais se reposer sous la mer (la constellation de la Grande Ourse ne passe en effet jamais sous la ligne d’horizon dans les pays d’Europe occidentale). Ainsi la Grande Ourse tourne autour de la Petite Ourse, sans jamais l’approcher, pour l’éternité. M.B.

de gauche à droite : photo Olivier Houeix - photo Jose Usoz

Comment naissent les étoiles ?


mulhouse la sinne

me 16, je 17, sa 19 octobre 20 h

danse à l’université

théâtre colmar

di 3 novembre 15 h ma 5 novembre 20 h

Université de Haute-Alsace Gymnase universitaire je 3 octobre 18 h 30

répétition publique

La Sinne sa 12 octobre 18 h 30 entrée libre

Thierry

Malandain

opéra strasbourg

me 13, je 14, ve 15, sa 16 novembre 20 h di 17 novembre 15 h

danse à l’université Université de Strasbourg Le Portique me 6 novembre 18 h 30 entrée libre

Danseur et chorégraphe, Thierry Malandain fait partie des figures les plus importantes de la danse française. Son histoire croise plusieurs fois celle du Ballet de l’OnR. Le Sang des étoiles est une belle occasion pour écrire une nouvelle page sur les relations du chorégraphe avec notre compagnie.

Plus riche et plus léger à la fois

CHORÉGRAPHIE Thierry Malandain MUSIQUE Gustav Mahler Richard Strauss Emile Waldteufel Léon Minkus DÉCORS ET COSTUMES Jorge Gallardo LUMIÈRES Jean-Claude Asquié ASSISTANTE à LA CHORÉGRAPHIE

Françoise Dubuc

Ballet de l’OnR Spectacle présenté avec des musiques enregistrées Créé au Malandain Ballet Biarritz

photo Fred NERY

Louise Devaine : C’est à Biarritz que vous créez Le Sang des étoiles en 2004. Quelle a été votre inspiration ? À partir de quel matériau travaillez-vous pour une création chorégraphique : un texte, une musique, une histoire, un mythe ? Thierry Malandain : Le Sang des étoiles est un cas particulier. D’habitude, ma source d’inspiration part principalement de la musique. En général, même si elle n’est pas rattachée à une dramaturgie, elle me donne toujours une certaine vision d’une trame narrative. Avec Le Sang des étoiles, c’était différent. J’avais une idée fixe : faire un ballet avec des ours sur le Stabat Mater de Rossini. Mais à Biarritz, le temps que je peux consacrer à la création est très réduit. La compagnie est tout le temps en tournée, le rythme est infernal. Ce projet était très ambitieux. En proie au doute, j’ai appelé une amie, voyante à Nancy. Elle m’a dit qu’elle ne voyait rien avec des ours ni avec Rossini mais plutôt un ballet sur le thème d’Adam et Ève. Très peu convaincu par ce nouveau projet, je décide par association d’idées de créer une chorégraphie sur Les Créatures de Prométhée de Beethoven, ce qui a donné Les Créatures. Un an plus tard seulement, après avoir découvert Ovide et Les Métamorphoses, j’ai ressorti mon histoire d’ours en la reliant au mythe autour de la constellation de la Grande et de la Petite Ourses. Ce mythe me passionne, j’en retiens que deux mortels se sont métamorphosés en ours puis en étoiles pour l’éternité. Autrement dit, en chaque homme réside une part

d’éternité. Ce n’est qu’après, en fonction de ce que je voulais exprimer dans la pièce, que j’ai choisi les musiques. Pour les épisodes concernant le mythe, j’ai utilisé Gustav Mahler. Tandis que les valses de Strauss permettent d’évoquer le mouvement constant des constellations, leur tournoiement. C’est aussi l’insouciance de la musique du Second Empire, on danse, on fait la fête avant que les événements terribles du XXe siècle n’arrivent. La joie au bord du gouffre en quelque sorte. J’ai voulu discrètement mettre en scène cette inconscience de l’humanité car parler des ours, c’est aussi parler de tout un règne naturel en voie de disparition à cause de l’action humaine, sans que l’homme ne s’en préoccupe. L. D. : Pourquoi cette obsession pour les ours ? T. M. : À Biarritz, nous sommes en terres basques, près des Pyrénées où vivent encore quelques ours. Les Basques sont habitués à vivre près des ours, leurs légendes en sont peuplées. On trouve par exemple plusieurs histoires de femmes qui auraient eu des relations avec des ours et qui auraient donné naissance à une progéniture étrange. On considère également que l’ours est l’autre de l’homme : il se tient sur deux pattes, omnivore, il a à peu près le même régime alimentaire que nous. Propos recueillis en mai 2013. Croisements • 19


les brèves Vus à l’inau guration du magasin Printemps...

Marianna Chelkova  Une femme de mérite

photo DR

Passionnée de culture, Marianna Chelkova est une femme engagée : elle a été enseignante, traductrice, journaliste. Elle poursuit aujourd’hui son engagement dans la culture en tant qu’adjointe en charge du développement culturel à la Mairie de Colmar, coordinatrice artistique du Festival International de Colmar et Présidente de l’OnR. Le 18 avril dernier, Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication, l’a faite chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, une distinction bien méritée !

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L’Opéra en ville ! Pour le lancement de la saison 2013-2014, l’OnR a investi les villes : trams de Strasbourg, Mulhouse et Bâle, réseaux d’affichage, etc.

à bâle

à mulhouse

La Filature : 20 ans déjà ! Du 13 au 15 septembre, La Filature fête ses 20 ans. C’est tout naturellement que les artistes de l’OnR — Opéra Studio et Ballet de l’OnR — s’associent à ce grand événement !

Parmi les festivités : David Lescot, artiste associé à la Scène nationale, vous guidera lors d’une « visite théâtralisée » avec des comédiens de sa troupe, ainsi que les artistes de l’Opéra Studio. Le Ballet de l’OnR proposera une classe à la barre ouverte à tous et des ateliers d’éveil à la danse, l’occasion de vous glisser dans la peau d’un danseur. Et à ne pas manquer pour clore ces festivités, une reprise exceptionnelle des Variations Goldberg d’Heinz Spoerli par la compagnie. Les Variations Goldberg, BOnR, photo JL Tanghe 20 • Croisements • Les brèves

> Plus d’infos : www.lafilature.org


Les nouveaux visages du Ballet Grégoire Lansier Signe distinctif  ? Je n’aime pas passer inaperçu, enfin la discrétion n’est pas mon fort. Pourquoi avoir choisi de devenir danseur ? Je suis devenu danseur pour faire comme ma cousine et passer plus de temps avec elle. Si tu étais un personnage de Ballet classique ? Je serais Coppelius, un vieil homme farfelu. Pourquoi le Ballet de l’Opéra national du Rhin ? Le Ballet a un très beau répertoire. Il a su garder une orientation classique.

Valeria Quintana Velasquez

Ninon Fehrenbach Signe distinctif  ? Je viens d’une famille de 6 enfants et mes parents sont musiciens, j’ai donc rarement eu l’occasion de vivre au calme. Pourquoi avoir choisi de devenir danseuse ? Très honnêtement pour les costumes, j’adorais me déguiser étant petite et je trouvais ça génial de porter des costumes tout en dansant. Si tu étais un personnage de Ballet classique ? J’ai une sœur jumelle, nous sommes de fausses jumelles et très différentes l’une de l’autre mais nous sommes inséparables et ensemble on adore embêter nos frères et sœurs ! Je nous ai souvent identifiées à Javotte et Anastasie, les horribles sœurs de Cendrillon. Le meilleur moment de ta carrière ? Le premier pas de deux de Who cares? de Balanchine sur la musique de Gerschwin The man I love pour mon prix d’interprétation au CNSMDP avec un ami. Il y a beaucoup d’humour et de glamour dans ce pas de deux ! Mais je ne crois pas qu’on puisse encore parler de « carrière » dans mon cas… Le meilleur reste à venir !

Signe distinctif  ? Ma personnalité « romantique », sensible et en même temps déterminée. Pourquoi avoir choisi de devenir danseuse ? Pour l’énergie qui me porte chaque fois que je monte sur scène. Je ne me sens jamais aussi libre que quand je danse. Si tu étais un personnage de Ballet classique ? Je refuse de choisir ! Mon rêve serait d’incarner Juliette, la romantique mais aussi Kitri, la charismatique, et bien sûr m’essayer au dédoublement de personnalité en interprétant Odile et Odette dans Le Lac des cygnes. Pourquoi le Ballet de l’Opéra national du Rhin ? Pour son répertoire très vaste qui ne se limite pas au classique mais aborde aussi d’autres styles. J’aime les qualités humaines d’Ivan Cavallari : son humilité et l’attention qu’il porte aux danseurs.

yann lainé Signe distinctif  ? Je suis un gentil. Pourquoi avoir choisi de devenir danseur ? Parce que je n’étais pas bon à l’école ! Ma maîtresse pensait que je devais suivre un cursus artistique. Si tu étais un personnage de Ballet classique ? Rien ne me vient à l’esprit. Peut-être qu’il faudrait en inventer un pour moi : un grand rêveur… Le meilleur moment de ta carrière ? Casse-Noisette en Australie. C’était la première fois que j’avais le rôle principal. Pourquoi le Ballet de l’Opéra national du Rhin ? C’est une compagnie à deux visages qui interprète aussi bien le classique et le contemporain.

Les nouveaux visages du Ballet • Croisements • 21


retour en images...

Tous à l’OnR Opéra... tion réussie ! Pour cette manifestation d’envergure européenne, l’OnR avait choisi, entre autres, de faire vivre ses visiteurs au rythme de la création de l’opéra de Bizet Les Pêcheurs de perles. Ainsi, invités à prendre place dans la grande salle de l’Opéra, nous avons levé un coin de rideau sur cette production en pleine évolution en décryptant avec les chefs de service concernés quelques secrets de la machinerie, des éclairages et de la vidéo, mais aussi en ouvrant au public une répétition accompagnée de l’Orchestre symphonique de Mulhouse, moins d’une semaine avant la première. Au même moment, l’atelier de perruques et maquillage avait pris ses aises en plein air pour permettre de suivre minute après minute la transformation des artistes costumés.

Sur la place

Dans la grande salle

à l’extérieur, le service maquillage et perruques s’active à la transformation.

Maquillés, costumés, transformation réussie !

Daniel Grossi, chef du service éclairages, envoie des effets de lumière


... et la Brocante ! Nombreux sont ceux qui sont repartis avec un peu d’histoire de l’OnR : costumes, coiffes et masques, accessoires et même éléments de décors comme des toiles peintes. Des « trésors » attachés au travail de nos équipes depuis des années. Au total, quelque 8 700 visiteurs dont beaucoup n’avaient jamais passé le pas de notre maison...

Les trésors Quelques pièces ayant fait le bonheur des visiteurs...

En salle Ponnelle

photos frédéric godard

La brocante : à la recherche du trésor à emporter


L’Opéra à votre table Dîners lyriques sur scène

Strasbourg Opéra

© frédéric godard

me 14, je 15, ve 16 mai 19 h 15

renseignements Direction de la communication et du mécénat fidelio@onr.fr +33 (0)3 88 75 48 95 / 40 www.operanationaldurhin.eu

Sur le plateau de l’Opéra tel que vous ne l’avez encore jamais vu, les artistes de l’OnR interprètent les plus grands airs du répertoire lyrique. Un événement gastronomique et musical devenu incontournable ! Les bénéfices de la soirée seront entièrement consacrés au soutien des projets artistiques de l’OnR.


Philippe Utard L’homme oiseau

Pendant douze années, il a mis son savoir à la disposition des élèves avec passion et conviction. Philippe Utard, fondateur et directeur musical de la Maîtrise de l’OnR, a décidé de partir vers d’autres horizons, d’autres conquêtes. Avant son départ en septembre, il se confie à nous.

Philippe Utard vu par les chanteurs de la Maîtrise... Si Philippe était... ... un personnage d’opéra ?

Virginie Marco : Que vous ont apporté ces 12 années à la tête de la formation ? Philippe Utard : Le bonheur de voir tant de visages heureux, tant de sourires. Autant du côté des choristes bien entendu, que des parents et également du public. Faire de la musique est d’abord une rencontre de l’Autre. V. M. : Racontez-nous une de vos plus belles expériences avec les enfants ? P. U. : Chaque moment tendant vers une production est beau. Stressant aussi, mais l’adrénaline fait avancer les choses. Le plus beau moment est à chaque fois renouvelé, c’est ce moment de grâce où l’on est en concert, où mon regard croise celui des choristes, le bonheur simple de goûter à ce que nous avions patiemment préparé ensemble.

photo jean-marc loos

V. M. : Quel est votre plus beau souvenir ? P. U. : Celui de cette dame âgée qui venait de perdre son mari quelques temps après avoir fêté leurs noces d’or. Elle sortait pour la première fois à nouveau et se disait qu’elle voulait simplement se changer les idées en allant à un concert. Elle est venue me voir à la fin pour me remercier. Ces mots d’une grande simplicité furent si beaux, si humains, la racine même de la vie. Les moments forts sont nombreux. Je n’oublie pas de dire à mes choristes qu’il importe peu de chanter devant 1 000 personnes ou… 10 personnes. Il faut donner avec le même amour parce que nous ne savons pas ce qui se trame dans le cœur de chacun et ce que peut apporter à l’auditeur le son de nos voix. V. M. : Comment envisagez-vous votre avenir ? P. U. : Après avoir quitté mes fonctions, je pense que j’aurai des moments difficiles, tout s’arrêtera alors. Mais c’est un choix que j’assume et qui me permettra d’aller écouter d’autres musiciens, de lire tous ces livres qui m’attendent et de prendre le temps de rencontrer les autres, bref de m’inscrire davantage dans la Vie et de l’enrichir encore. Propos recueillis en mai 2013.

Sylvia : Il serait Colline, le philosophe de La Bohème de Puccini. Isaure : Urs Khan dans Ali Baba (avec des petits voleurs, nous...). Iona : Papageno, c’est son rêve, et Philippe en plumes avec un air coquin, cela lui colle bien ! Edgar : Papa-geno (!) car il a un look pareil à lui avec ses chaussettes de plusieurs couleurs comme le plumage de Papageno. Herrade : Papa-geno (!) car il est marrant, ronchon et en plus, il en rêve. Il est un homme oiseau qui transmet le chant d’année en année comme une lettre d’amour.

... un sentiment ? Isaure : L’allégresse. Silvia : L’enthousiasme. Elisa : Il serait un bon sentiment, comme la joie ! Sylvia : Il serait l’humeur pétillante. Iona : La détermination mêlée à la folie. Edgar : La motivation. Herrade : L’amour car il aime la Musique comme il nous aime et il nous aide à nous former.

... un instrument ?

Isaure : Le piano, parce qu’il va du grave à l’aigu (la joie). Silvia : Il serait un piano. Elisa : Il serait une guitare ou un piano. éléna : Une belle trompette. Iona : Le saxophone. Il est jazzy. Edgar : La trompette car il donne toujours du peps dans les répétitions et dans les musiques. Herrade : L’harmonica car il joue aigu et grave comme si c’était gentil et grognon.

Votre plus beau souvenir avec Philippe ? Isaure : Les tournées. Silvia : La belle aventure de la représentation de La Flûte enchantée à Nice (promenades sur la plage sous un doux soleil d’hiver, fous rires autour d’un bon plat au restaurant, émotions dans les coulisses, bonheur sur scène, en se tenant la main au moment des saluts). Elisa : Le concert de fin d’année (de cette année-ci), parce que c’était drôle, il nous a fait rigoler. Il a pris les lunettes de Noé et il nous a fait des grimaces pendant que nous chantions. Sylvia : Les 60 jours de tournées passés avec lui aux quatre coins de l’Europe. Philippe Utard • Croisements • 25


les coulisses de la création

Les secrets de Cendrillon

C’est au premier épisode d’un feuilleton que nous vous invitons dans ce numéro de Croisements : les aventures d’une production. L’Opéra national du Rhin a en effet la possibilité de créer de bout en bout un spectacle complet : construction des décors, confection des costumes, des perruques, des masques et des accessoires. Suivez pas à pas le mode d’emploi du montage de La Cenerentola, production qui sera créée fin octobre à Strasbourg.

épisode 1 : le dépôt de maquette Le dépôt de maquette est un rendez-vous qu’attendent la direction et tout le personnel de l’Opéra concerné par le projet, les chefs des différents services : décors, costumes, perruques et maquillages, accessoires, machinerie, lumières, ressources musicales, communication, etc. Il est l’occasion de découvrir les partis pris de l’équipe artistique du spectacle —  composée du metteur(-euse) en scène, du décorateur(-trice), du costumier(-ère) et de l’éclairagiste — et le travail à effectuer.

Le décor Pour le décor, l'équipe a imaginé des modules, comme des minimaisons. Ces boîtes, qui ont chacune leur fonction, peuvent pivoter sur elles-mêmes et laisser apparaître des faces aux aspects différents.

Pour l’équipe artistique réunie par Sandrine Anglade, metteuse en scène, Claude Chestier son décorateur et costumier et Eric Blosse qui assure la lumière, cette Cenerentola, l’histoire de Cendrillon, est celle d’une rêverie vers l’ailleurs. Une mise en abyme au cœur d’un récit à la fois merveilleux, drôle et cruel. Ainsi passe-t-on de la truculence de la commedia dell’arte à la profondeur des sentiments, dans un monde nimbé de merveilleux, d’envolée féérique.

L’action en quelques mots L’opéra se raconte du point de vue du personnage principal, La Cenerentola, dont personne, hormis Alidoro, ne cite le vrai nom (Angelina, petit ange), seulement à la fin de l’œuvre. Elle est une jeune fille perdue, à qui la vie refuse une identité : son père et sa mère sont morts, et son beau-père l’a spoliée de tous ses biens et même de son vrai nom. Dans la nuit, rêvant dans un fauteuil, elle se souvient du temps où, petite fille, son père lui racontait l’histoire de Cendrillon. La puissance du rêve va faire apparaître ce père en la personne du personnage Alidoro. Celui-ci revient vers elle pour l’emmener ailleurs, de l’autre côté du miroir, dans le monde imaginaire des contes où les petites filles rencontrent des princes. Ainsi, Alidoro, un philosophe précepteur du prince, est l’équivalent de la fée marraine dans le conte de Perrault. Il fait le lien entre la déchéance de la maison de Magnifico et les fastes du palais du prince. Et c’est précisément sur ces deux aspects, deux paradigmes, que l’équipe artistique a bâti son projet.

26 • Croisements • Les secrets de Cendrillon

Un des côtés évoque la maison de Magnifico : elle est couverte de suie, salie par le temps et par la ruine de la maison dont Magnifico et ses filles sont responsables. Tout est cassé ou abîmé. Sur les étagères, celles qui n’ont pas été utilisées comme bois de chauffage, sont placés des accessoires et des costumes, qui entrent en jeu dans la mise en scène. On trouve aussi, entre autres, un vaisselier, un placard à balais et un portrait de la mère de Cenerentola en deuil. La face opposée laisse apparaître les splendeurs du palais du prince, avec un décor similaire mais plus prestigieux, évocation de la maison au temps de la présence maternelle, de la douceur du cocon familial, avec le même portrait de la mère, mais cette fois en robe de mariée. Les modules peuvent s’allumer ou s’éteindre à divers niveaux, être montrés sur leurs côtés uniquement, délimiter des passages, inventer des espaces. Ils sont coiffés de frises de bois qui évoquent à proprement parler le conte de Cendrillon. Le plancher a un aspect crasseux lui aussi, mais Cendrillon tente de redonner du lustre : on y voit des traces de nettoyage. Les fauteuils ont une forme particulière, hexagonaux, et peuvent s’imbriquer pour former une assise à trois côtés. H.P.


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La lumière joue évidemment un rôle essentiel elle aussi, y compris dans les costumes, dont certains sont équipés de systèmes lumineux pour raconter le passage de la trivialité du quotidien à la magie du conte.

Ci-contre : les maquettes de costumes pour le personnage de Dandini. Chaque croquis est annoté : coupe, tissu, couleur, époque, etc.

Ainsi en est-il de ces fraises lumineuses, éléments qui rendent exceptionnelles certaines tenues très sobres.

Les fauteuils

La maison de Don Magnifico

maquette de décors et de costumes de claude chestier

Le palais du prince

Ci-dessus, les plans préparatoires à la maquette réalisés par le décorateur, Claude Chestier, en collaboration avec Sandrine Anglade. Y figurent les dimensions et plusieurs vues en coupe. Ces documents ont été transmis, comme les maquettes, aux différents ateliers de l’OnR afin d’y être exploités.

> Dans le prochain numéro : le travail aux ateliers

Les secrets de Cendrillon • Croisements • 27


Monkey, S and L by Kay Bojesen (Rosendahl)

Kompotti Chopping boards (Marimekko)

5 quai des Pêcheurs, 67000 Strasbourg · Tél. 06 08 86 67 30 · info@lamaisonscandinave.fr www.lamaisonscandinave.fr · Horaires d’ouverture: mardi – samedi 10h – 18h30

Annie Voegel

LE PONT DES VOSGES R E S TA U R A N T

Cuisine chaude jusqu’à 24 h Fermé le dimanche 15, quai Koch - 67000 Strasbourg Tél. 03 88 36 47 75 - Fax : 03 88 25 16 85 E-mail : pontdesvosges@orange.fr


4 questions à...

fidelio Quel rôle allez-vous jouer ? Vous êtes passionné d’opéra, de danse, et souhaitez vous engager aux côtés de l’Opéra national du Rhin en participant à sa stratégie de mécénat ? Rejoignez dès à présent Fidelio, la seule, l’unique association des fidèles de l’OnR. Témoignez ainsi votre attachement à l’une des premières maisons d’opéra d’Europe et contribuez à la soutenir dans ses défis d’avenir.

Adhérer à Fidelio, c’est : Faire avancer les secteurs de la musique et de la culture ▪ S’engager de façon concrète pour l’une des plus grandes maison d’opéra en Europe ▪ Partager et faire partager des idées, des valeurs convergentes ▪ Ouvrir et élargir l’accès de l’opéra à de nouveaux publics

Découvrir la vie du théâtre de l’intérieur ▪ Assister aux répétitions ▪ Visiter les coulisses ▪ Dialoguer avec les artistes et les artisans des spectacles ▪ Bénéficier d’invitations, pour vous et vos proches ▪ être au cœur de l’actualité du théâtre

Et contribuer à soutenir l’OnR dans ses défis d’avenir

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▪ Des projets dans les domaines sociaux, éducatifs et artistiques ▪ Des artistes émergents, des créations et des tournées

Rejoignez-nous !

Mathieu

Schneider

Vous aimez la musique, comment êtes-vous tombé dedans ? Je ne viens pas à proprement parler d’une famille de musiciens ou de mélomanes, même si mes deux grands-pères jouaient du violon et si mon père se mettait de temps en temps à la guitare pour son plaisir. La vraie révélation ne vint toutefois que plus tard, lorsque je fréquentai les classes à horaires aménagés. Notre professeur de chant choral nous avait sollicités pour la création d’un poème lyrique sur un texte de Jean Arp, Les Musiciens arrivent, composé par le directeur du conservatoire de l’époque, Jean-Paul Baumgartner. Cette œuvre nécessitait la présence d’un chœur d’enfants et c’est ainsi qu’à neuf ans, je montais pour la première fois sur scène. Je fus comme submergé par l’océan musical dans lequel je me retrouvai d’un coup plongé. Je savais alors que l’amour pour la musique ne me quitterait plus. L’avenir me donna raison. Quel est votre plus beau souvenir ? Que dire ? La Septième de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Strasbourg sous la baguette d’E. Inbal en 1993, le King Lear de Chostakovitch par C. Abbado pour son dernier concert à la Philharmonie de Berlin en qualité de chef permanent en 2002, le Ring de David McVicar et la Kat’a Kabanova de Robert Carsen à l’OnR, et bien d’autres encore… Mais je vous surprendrai sûrement en vous avouant que, de toutes les expériences musicales que j’ai eues depuis que je vais au concert et à l’opéra, la plus émouvante fut un cadeau d’anniversaire inattendu pour mes seize ans : une descente au soleil couchant sur les hauts de la vallée de Munster, avec pour toile de fond la dentelle étincelante des glaciers de l’Oberland bernois et, comme la résonance évidente de ce magnifique paysage, le son lointain d’un cor des Alpes. La nature s’était faite musique. Si vous étiez un instrument ? … je serais un cor anglais. Celui de l’« Allegretto » de la Symphonie en ré de Franck, de la « Scène aux champs » de Berlioz et du troisième acte de Tristan. C’est à mon sens l’instrument de la nostalgie et du rêve, par excellence. Une sorte de quintessence de ce que représente pour moi la musique.

La brochure et le bulletin d’adhésion sont disponibles sur simple demande :

Si vous étiez un personnage lyrique ?

Opéra national du Rhin 19 place Broglie BP 80320 67008 Strasbourg cedex Tél. : +33 (0)3 88 75 48 40 fidelio@onr.fr ou sur www.operanationaldurhin.eu [rubrique Soutenir l’Opéra]

Mathieu Schneider est musicologue et maître de conférences à l’Université de Strasbourg. Il est l’auteur de plusieurs publications sur Wagner et ses héritiers et collabore régulièrement avec l’OnR, notamment en réalisant les entretiens avec les chefs d’orchestre pour les programmes de salle.

Fidelio

photo frédéric godard

Je peux être naïf comme Alberich (Ring de Wagner), mais je rêverais d’être aussi sage, vertueux et endurant que Florestan (Fidelio de Beethoven).


La presse en parle... Owen Wingrave

Tannhäuser Constantin Trinks, dont la direction musicale ne manque ni de lyrisme ni de souffle, et les Chœurs de l’OnR, proprement fabuleux. Jean-Luc Macia

Le spectacle mis en scène par Keith Warner éclipse largement un certain nombre de productions cérébrales d’un passé récent. Mûrement réfléchi, il tient parfaitement la route. Et surtout : c’est du théâtre, raconté de façon captivante. Heinz Werner Koch

Barbara Haveman est une Elisabeth touchante et décidée et Jochen Kupfer excelle en Wolfram. Bruno Serrou

Béatrice Uria-Monzon campe une Vénus d’une force de séduction irrésistible. Michel Le Naour

Des Chœurs de l’OnR magnifiques de présence et de densité sonore. Yannick Million

Trinks fait ici preuve d’un rare talent et d’une musicalité sans faille. Leszek Bernat

Un OPS étincelant et passionné et un Chœur de l’OnR à la vaillance et à la plénitude sidérantes. Dramaturgie pertinente et efficace, beauté constante de la plastique, excellente direction d’acteurs. François Lehel

Le chef Davis Syrus emmène tout son monde avec dextérité, souplesse et inspiration. L’OSM acquiert une transparence et des sonorités instrumentales dignes de la partition. Elisabeth Bouillon

Magnifique prestation de Laurent Deleuil dans le rôte-titre. Pierre Benveniste

Un spectacle taillé sur mesure pour l’Opéra Studio. Marc Munch

Une direction d’acteurs qui s’intéresse à chacun en ne quittant jamais des yeux l’ensemble. Chantal Cazaux

Une production efficace qui vous prend aux tripes, qui vous touche au plus profond de vous-même. Manfred Langer

Une cohésion d’ensemble impressionnante des artistes de l’Opéra Studio. Florent Coudeyrat

Les jeunes artistes de l’OS sont aussi doués vocalement que scéniquement. Georg Rudiger

30 • Croisements • La presse en parle

Michel Thomé

Un très fort moment d’émotion. Marc Munch

La puissance sonore et l’équilibre harmonieux des chœurs préparés par Michel Capperon sont franchement renversants. Alexander DICK

Le chœur, bien équilibré dans tous les pupitres, a communiqué une splendeur remplissant tout l’espace. Udo Klebes

Le style de direction du jeune chef Constantin Trinks est remarquablement suggestif, et l’OPS a suivi cette nouvelle étoile du firmament des chefs wagnériens avec une inspiration qu’on ne lui avait pas connue depuis longtemps. Dagmar Guilcher


Les Pêcheurs de perles La direction confirmant que l’on tient en Patrick Davin un chef qui non seulement ne méprise pas ce répertoire mais en maîtrise toutes les règles et subtilités : c’est bien simple : il a transfiguré l’OSM. Christian Merlin

Annick Massis fabuleuse dans le rôle très exigeant de Leïla et Étienne Dupuis, formidable Zurga capable de chanter avec une riche palette de nuances dans toutes les positions. Nicolas Blanmont

Patrick Davin, clé de voûte de la soirée, baguette subtile, attentive aux nuances de la partition. Gilles Charlassier

Suprême, le chant rejoint la volonté allégorique du metteur en scène, apportant à cette production une magnifique cohérence Christophe Rizoud

Annick Massis, un portrait complet et mémorable de Leïla. Michel Thomé

Vincent Boussard a choisi de ne pas céder aux sirènes de l’exotisme colonialiste contemporain de Bizet – on l’en remercie. Clément Rochefort

Le Nadir de Sébastien Guèze éclate de jeunesse, non seulement par une prestance associant drame et fragilité, mais surtout par la juste intonation et le maniement expert de la voix de tête. Jean-Pierre Robert

Annick Massis démontre à nouveau sa place au panthéon des grandes artistes de notre époque. Nicolas Grienenberger

à l’Athénée Paris

La Folie dans la danse Cette soirée éclectique a montré que les danseurs du Ballet du Rhin sont capables de maîtriser différents styles de chorégraphie. C’est un bon départ pour la nouvelle direction. Emmanuèle Rüegger

Surprenant, piquant, drôle… Après 2 h 20 on en redemande. Marie Antoine

Blanche-Neige La mise en scène de Waut Koeken, avec ses miroirs innombrables, tels un labyrinthe de palais des glaces, et une ambiance gothique à la Tim Burton, fait mouche. Marie-Pierre Ferel

Ce spectacle frais et sans prétention, mais non sans exigence ni subtilité, est un vrai enchantement. Plus que tout, peut-être, la réalisation éblouissante de Waut Koeken, dans des décors et costumes d’une rare inventivité, colle magnifiquement au projet.

Succès garanti – et mérité ! Gilles Haubensack

Dans ce vivifiant mélange agité par des interprètes comme à l’habitude parfaits, on puise énergie et chaleur. Claudine Studer-Carrot

Ivan Cavallari nous a offert un crescendo de folie créatrice et nous avons hâte d’applaudir de nouveau Stephen Thoss et Marco Goecke, deux chorégraphes à suivre absolument ! Angélique Lagarde

photos opéra : alain kaiser - photo danse : jean-Luc tanghe

Thierry Guyenne

L’intelligente collaboration que l’Opéra Studio de l’OnR et l’Athénée ont mise sur pieds est un exemple à méditer. Alain Cochard

Nulle crainte de s’ennuyer avec les jeunes chanteurs de l’Opéra Studio de l’OnR dans une musique tour à tour espiègle, naïve ou menaçante, qui galvanise l’histoire des frères Grimm. Claire Wyniecki

Un spectacle malin, susceptible de faire sourire petits et grands. Le conte est bon. Philippe Venturini

La presse en parle • Croisements • 31


DES PHOTOGRAPHES RENCONTRENT DES ARTISTES COLLECTION WüRTH WWW.MUSEE-WURTH.FR TÉL. : 03 88 64 74 84

Toutes les activités du Musée Würth France Erstein sont des projets de Würth France S.A.

E. L. Kirchner, Waldinneres mit rosa Vordergrund (détail), 1913/1920 – Jean-Michel Basquiat par James Van Der Zee (détail), 1982 © Donna Mussenden Van Der Zee

5 JUIN 2013 > 5 JANVIER 2014

Croisements16 bd  
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