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Plan Info L’information des Marraines, Parrains et DonActeurs de Plan

MAI 2014 - N°47

EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS Mettons fin au fléau !

Nouveauté : envoyez un email à votre filleul ! - p6

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Retour sur le typhon aux Philippines

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Coupe du monde : un événement à haut risque -p16


Chers parrains et donateurs,

EDITORIAL

Dans quelques semaines, les caméras du monde entier et des centaines de millions de téléspectateurs auront le regard rivé sur les stades du Brésil, à l’occasion de la Coupe du monde de football.

SOMMAIRE

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Mais cette grande fête des nations ne doit pas faire oublier une autre réalité. Dans certains cas, l’afflux massif de supporters lors des grands événements sportifs augmente la prostitution infantile. Certains supporters, pris dans l’ambiance festive, ne se soucient pas des conséquences de leurs actes.

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Cette pratique odieuse, générant un véritable commerce des corps, est l’une des pires formes de travail des enfants. Elle déstabilise durablement les victimes et, au-delà, fragilise la jeunesse, hypothéquant ainsi l’avenir de tout un pays.

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Présent au Brésil depuis 17 ans, PLAN se mobilise, en vue de la Coupe du monde 2014 et des Jeux Olympiques de 2016, pour que ces grands évènements sportifs restent une fête pour tous. Nous renforçons nos actions, dans plusieurs régions du pays, pour sensibiliser à la fois les autorités, la société civile et les entreprises de tourisme, afin de protéger les enfants. Nous vous invitons à découvrir notre dossier consacré au fléau de l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que les actions menées grâce à vous pour prévenir des abus aussi intolérables et secourir les enfants victimes. Dans ce combat contre la traite des mineurs, votre soutien est plus que jamais précieux. Merci encore pour votre générosité et votre fidélité.

Alain Caudrelier-Bénac Directeur de Plan France

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Actualités

Nouvelles subventions, nouveaux partenariats, mobilisation des parrains, découvrez nos dernières actualités.

Le parrainage en action

Correspondez avec votre filleul(e) par email !

Zoom sur

3 pays d’Amérique centrale : Guatemala, Nicaragua, Salvador.

Retour sur

Les actions de PLAN aux Philippines après le typhon Haiyan.

Dossier

Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. Focus sur ce fléau, notamment à l’approche de la Coupe du monde.

Ils font valoir leurs droits

Regards croisés sur la lutte des enfants pour les droits des filles, à Yaoundé au Cameroun mais aussi à Strasbourg.

Simple et pratique Accédez à des vidéos pour aller plus loin dans la lecture de votre magazine. Pour cela : 1 - Téléchargez l’application « Flash mailing » sur votre smartphone ou votre tablette depuis App Store ou Google Play. 2 - Avec l’application, prenez une photo de cette page et accédez à du contenu en ligne et à de nouvelles fonctionnalités.

Plan Info est une publication de Plan France – ONG de solidarité internationale. Mai 2014. Conseil d’administration : Pierre Bardon, Damien Bachelot, Philippe Baetz, Nicolas Baverez, Pierre Chastagnier, Ghislaine Costantini, Pascal Houssin, Dominique Martin, Chantal Nedjib, Lionel Requillart, Frédérique Schlumberger, Pierre Siquier. Directeur de la publication : Alain Caudrelier-Bénac. Comité de rédaction : Norah Bilet, Anne Caillebotte, Isabelle Dalle-Piagge, Diane Daul, Marion Filliol, Philippe Granjon, Sophie Lenglet, Michelle Perrot, Laurence Ravinet, Yvan Savy, Hélène Souchon. Conception graphique : Sylvain Lefebvre. Contact : Plan France - 14, Boulevard de Douaumont - 75017 Paris / contact@planfrance.org / Tél : 01 44 89 90 90 / www.planfrance.org

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ACTUALITÉS - ACTUALITÉS - ACTUALITÉS - ACTUALITÉS - ACTUALITÉS - ACTUALITÉS - ACTUALITÉS

La 4ème édition de la Women’s Cup, rendez-vous incontournable des filles qui naviguent, s’est tenue les 8 et 9 mars derniers à Pornichet. Au programme : un beau match sur l’eau entre les 18 équipages, des tables rondes sur le parrainage d’enfants, l’intervention de PLAN aux Philippines et la place des femmes dans la voile féminine. Sans oublier 1 500 € collectés pour soutenir des projets pour la défense des droits des filles dans les pays en développement et 200 femmes relais de notre campagne. Un grand merci aux organisatrices !

ACTUALITÉS

Une nouvelle édition de la Women’s Cup

PLAN au Rallye des Gazelles Durant 10 jours d’aventure en plein désert marocain, Virginie et Nadège ont porté haut les couleurs de PLAN. Elles participaient au Rallye des Gazelles, le 1er rallye 100 % féminin qui rassemble des femmes de 33 nationalités différentes, et avaient décidé de donner une dimension humaine à leur aventure.

Les parents de Virginie sont parrains d’une petite fille au Népal depuis de nombreuses années, c’est comme ça que nous avons connu PLAN. Mettre en avant PLAN nous est tout de suite apparu comme une évidence, parce que l’ONG défend les droits des filles et œuvre en faveur de l’éducation des enfants, et que ce sont eux l’avenir. Nadège

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ACTUALITÉS

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nouvelles subventions pour PLAN

Le projet mené par PLAN en Tanzanie pour éradiquer les pires formes de travail des enfants dans la région de Geita a obtenu une subvention de 180 000 € de l’AFD (Agence Française de Développement), qui vient s’ajouter à celle de 800 000 € accordée par l’Union Européenne. Le projet, qui a débuté le 1er janvier 2012, se terminera en décembre 2014.

Du shopping solidaire avec Lullaboo Lullaboo est une entreprise spécialisée dans la fabrication et la distribution en ligne de prêt-à-porter et accessoires pour bébés et prématurés. Son crédo : choyer les tout-petits grâce à des produits en viscose de bambou spécifiquement conçus pour eux.

L’AFD vient également d’accorder un financement de 281 358 €, soit 50 % du budget total, à un projet d’insertion socioéconomique des jeunes urbains vivant dans les 3 agglomérations du Caire, d’Alexandrie et d’Assiout, en Egypte. Ce projet débutera en mai 2014, pour une durée de 3 ans.

C’est donc tout naturellement que l’entreprise a décidé d’aider les enfants les plus vulnérables en reversant 5 % de l’ensemble des ventes réalisées sur son site internet aux projets de PLAN. Une bonne façon de joindre l’utile à l’agréable !

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Vous êtes plus de 17 000 à avoir accepté de revaloriser votre don de parrainage à 28 €. Merci ! Sachez qu’afin de garantir l’envoi maximum de fonds sur le terrain, nous avons entrepris des efforts importants pour réduire nos frais de fonctionnement : déménagement dans de nouveaux locaux en janvier 2014, renégociation des contrats avec nos principaux prestataires, généralisation de l’utilisation d’Internet pour réduire les frais postaux…

ACTUALITÉS

Votre parrainage à 28 € !

Nos efforts conjoints permettront de garantir un avenir meilleur aux enfants les plus vulnérables. Vous souhaitez revaloriser votre parrainage ? Rendez-vous dans votre Espace parrain : espaceparrain.planfrance.org rubrique « Mes versements ».

2e Forum mondial des femmes francophones Les 3 et 4 mars, à Kinshasa au Congo, PLAN, représenté par Michelle Perrot, a été invité par le Ministère des Affaires étrangères français pour participer à des débats dont le thème principal était « Les femmes, actrices du développement ». Les échanges ont porté en grande partie sur la scolarisation des filles, clef d’un avenir meilleur. Ainsi, PLAN a participé à l’atelier « Femmes et Education », à l’issue duquel des recommandations ont été formulées pour alerter les gouvernements et la société civile afin qu’ils puissent œuvrer en faveur de l’égalité homme-femme.

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LE PARRAINAGE EN ACTION

ECRIRE A VOTRE FILLEUL(E) PAR EMAIL, C’EST DESORMAIS POSSIBLE ! Rendez-vous dans votre Espace parrain. Beaucoup d’entre vous souhaitaient pouvoir communiquer par Internet avec leurs filleul(e)s. C’est maintenant chose faite pour les parrains au Bénin, Guatemala, Kenya, Népal, Vietnam et Sénégal. Ils peuvent correspondre avec leur filleul(e) par email depuis leur Espace parrain. Nous travaillons à la généralisation de l’email à tous les pays et nous vous tiendrons informés dès que ce sera le tour du pays de votre filleul(e).  Si vous n’avez pas encore d’Espace parrain, nous vous invitons à en créer un en quelques clics sur espaceparrain.planfrance.org  Vous ne nous avez pas encore transmis votre adresse email ? Envoyez-la à contact@planfrance.org en précisant votre numéro de parrain ou flashez cette page avec votre mobile.

Langues des échanges

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Il est préférable de ne pas utiliser de traducteurs automatiques sur Internet. Si vous ne pouvez pas écrire dans la langue de votre

4 raisons de préférer l’envoi d’un email plutôt que d’un courrier : Les délais de communication sont considérablement écourtés. Grâce à l’échange par email, il faut désormais compter environ 2 mois pour avoir une réponse de votre filleul(e).

Vous pouvez envoyer très facilement 2 pièces jointes à votre email (photos, dessins scannés de vos enfants…) pour illustrer vos échanges et les rendre plus concrets.

Les coûts d’acheminement de courriers postaux sont réduits. C’est autant d’argent économisé que nous pouvons affecter à la mise en place de projets sur le terrain.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des échanges avec votre filleul(e) en quelques clics, grâce au système d’archivage des emails dans votre Espace parrain.

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filleul(e), ni en anglais, préférez la rédaction de votre email en français. Notre équipe de bénévoles s’occupera de la traduction pour vous.

Les astuces de la correspondance parrain-filleul Restez simples dans vos courriers, parlez de votre famille, de vos loisirs, de votre région. ■ N’hésitez pas à faire parvenir une photo ou une image à votre filleul(e) et à la commenter. Raconter en images est une belle façon d’échanger. ■ Vous pouvez écrire autant d’emails que vous le souhaitez, votre filleul(e) répondra à 5 par an. ■ N’oubliez pas que les échanges sont à votre initiative, votre filleul(e) ne vous écrira pas spontanément. ■ N’hésitez pas à faire participer vos enfants à la correspondance. Si toutefois vous n’avez pas Internet et souhaitez continuer à correspondre avec votre filleul(e) par voie postale, c’est toujours possible ! Le processus d’échange est expliqué en détail dans votre guide du parrainage. Notre adresse : Plan France - 14 Boulevard de Douaumont - 75 017 PARIS. ■


LE PARRAINAGE EN ACTION

Le chemin de votre email

3.

2.

Votre email est relu, traduit (si besoin) et enregistré

Vous recevez un accusé de réception confirmant l’envoi de votre email

@

A だ

1.

Vous écrivez un email à votre filleul(e) depuis votre Espace parrain. Possibilité de joindre deux fichiers à votre email

4.

Votre email est envoyé sur le terrain

5.

Il est imprimé, traduit (si besoin), enregistré et distribué à votre filleul(e)

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6.

Vous recevez la lettre sur votre boite email et une copie est archivée dans votre Espace parrain

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Votre filleul(e) écrit sa lettre

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L’email est traduit (si besoin) et enregistré

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Elle est envoyée par email à Plan France

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Elle est traduite (si besoin), enregistrée, scannée dans le pays de votre filleul(e)

NB : Votre filleul(e) ne vous écrit pas directement un email ! Sa lettre de départ est scannée et ensuite envoyée sur votre boîte email.

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Zoom sur…

Zoom sur le Nicaragua, le Guatemala et le Salvador Dans ces trois pays d’Amérique centrale où la santé infantile, l’éducation pour tous et la lutte contre la violence sont de véritables enjeux, PLAN travaille avec les communautés pour qu’elles soient elles-mêmes actrices d’un changement sur le long terme. Zoom sur trois projets.

nicaragua

Une sexualité sans danger

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ans la communauté de Miskito, 22 adolescents se réunissent chaque semaine pour être formés sur les Infections Sexuellement Transmissibles et les grossesses adolescentes. Ces formations, mises en place par PLAN, permettent ensuite aux adolescents de former leurs pairs et les aident à vivre une sexualité sans risque. Elles sont aussi l’occasion pour eux de se retrouver pour débattre de sujets qui les concernent.

Des adolescentes pendant une formation

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Madeline, juge communautaire, pense que c’est grâce à la formation et au travail de sensibilisation mené par les adolescents qu’il n’y a pas de cas de grossesses précoces répertoriés dans la communauté. Grâce au travail de PLAN, Ana connait aujourd’hui ses droits : « Si mon copain veut me forcer à avoir un rapport sexuel, je sais maintenant que j’ai le droit de dire non. » En plus de la formation des jeunes, PLAN soutient les politiques publiques de santé visant une meilleure utilisation des préservatifs et des autres méthodes contraceptives afin de prévenir les grossesses précoces et les infections chez les adolescents et les jeunes.


Norma et ses deux enfants

SALVADOR

Vaincre les obstacles à l’apprentissage Zoom sur…

A

lors qu’il vit dans une communauté isolée dans la région de Cabañas, Carlitos, neuf ans, est atteint de surdité.

Il y a trois ans, il a dû quitter l’école maternelle car elle ne lui offrait pas le soutien spécifique dont il avait besoin et qu’il n’y avait pas de matériel adapté à son handicap. PLAN a lancé un projet pour investir dans la santé, l’éducation et le bien-être des jeunes enfants. Un centre a été ouvert et Carlitos s’y rend trois matinées par semaine. Il peut ainsi jouer avec 15 autres enfants et apprendre les bases de la lecture, de l’écriture et des mathématiques. Maria, qui est en charge d’accueillir les enfants, a été formée par PLAN et ses partenaires pour leur apporter les soins et la stimulation nécessaires pour rester en bonne santé et les préparer à rejoindre le système scolaire. Désormais, Carlitos interagit avec d’autres enfants, sa confiance en lui est meilleure et son développement est en adéquation avec son âge.

GUATEMALA

Formation des mères à la santé

N

orma vit avec ses deux enfants dans un village d’Alta Verapaz.

Cette chef de communauté fait partie des neuf femmes ayant monté un groupe pour les mères vivant dans les villages qui ne disposent pas de crèches ou d’écoles maternelles. Après avoir été formées par PLAN à la nutrition, à la santé infantile et aux droits de l’enfant, ces mères se réunissent chaque mois pour échanger. Elles sont aujourd’hui enthousiastes. L’une d’elles explique ce qui a changé : « Nous avons appris à espacer les naissances pour que les enfants se développent bien. La santé de nos enfants s’est améliorée : maintenant, ils sont rarement malades et quand ils le sont, nous les amenons au centre de santé et nous savons suivre les prescriptions des médecins. »

Carlitos dans le centre d’accueil

Norma veut aussi encourager davantage de femmes à prendre confiance en elles dans d’autres aspects de leurs vies : « Nous devons former les femmes pour qu’elles sachent que ce n’est pas seulement les hommes qui peuvent travailler et qu’elles puissent aller de l’avant. »

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Retour sur…

Retour sur... le typhon Haiyan aux Philippines Le typhon Haiyan, qui a frappé les Philippines le 8 novembre 2013, a été totalement dévastateur : près de 15 millions de personnes ont été touchées, parmi elles 5 millions d’enfants. Grâce au soutien des parrains, marraines et donateurs du monde entier, PLAN s’est efforcé dans un premier temps de répondre à l’urgence. Dès février, 43 377 familles avaient reçu des kits d’hygiène, 18 réservoirs d’eau avaient été installés et 5 495 enfants avaient bénéficié de « kits de retour à l’école ».

L’action de PLAN a permis : 1. Nourriture et abris  7 478 tonnes de nourriture ont été distribuées à 79 000 familles  30 325 familles ont été soutenues dans la reconstruction d’abris temporaires  23 095 enfants ont reçu des biscuits à haute valeur énergétique 2. Education  335 assistantes-maternelles ont été engagées dans 4 municipalités de Samar-est pour les enfants en bas-âge  21 973 kits « retours à l’école » ont été distribués aux enfants 3. Eau, assainissement et hygiène  2 339 toilettes individuelles et 91 toilettes communautaires ont été réparées ou construites dans la province de Leyte  43 148 familles ont reçu des kits d’eau potable 4. Protection  101 « espaces amis des enfants » ont été construits pour des activités récréatives et psychosociales  20 175 enfants ont déjà participé à des activités dans ces espaces 10

Les équipes de PLAN sur le terrain travaillent désormais à la reconstruction du pays et après avoir réalisé une évaluation des besoins, elles ont mis en place un plan de réhabilitation sur 5 ans touchant 360 000 personnes, soit 75 000 familles dans 4 provinces (Samar est, Samar ouest, Leyte et Cebu).

Merci

aux 985 parrains et marraines d’enfants philippins pour votre précieux soutien aux enfants et leurs familles dans ces circonstances difficiles. Un dernier courrier personnalisé sur la situation suite à la catastrophe vous a été transmis début mai. Nos collègues philippins ont repris les activités liées au parrainage et nous vous encourageons donc à correspondre à nouveau avec votre filleul(e).

Flashez cette page avec votre mobile ! Pour cela, référez-vous aux explications en page 2 de votre magazine


DOSSIER

EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS Protégeons la jeunesse de ce fléau L’exploitation sexuelle est l’une des pires formes de travail des enfants. Elle touche tous les pays et progresse avec l’essor du tourisme. D’où une responsabilité encore plus évidente des contrées du Nord. En fragilisant la jeunesse, ce commerce odieux affaiblit l’avenir des pays en développement. Grâce au soutien de ses partenaires et donateurs, PLAN offre aux familles un autre choix face à la pauvreté.

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DOSSIER

L’exploitation sexuelle à des fins commerciales Deux millions d’enfants seraient victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales dans le monde. Des pratiques criminelles provoquant des souffrances intolérables. Ce phénomène a fortement augmenté ces dernières années, favorisé par des inégalités toujours plus grandes et la mobilité accrue des personnes, au point de devenir l’un des trafics les plus lucratifs.

Définition et lois L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales se définit comme l’abus sexuel d’un enfant par un adulte en échange d’une rémunération. Les victimes sont, le plus souvent, forcées par des exploitants ou des groupes mafieux, qui les utilisent en tant qu’objet sexuel et commercial. Les gouvernements ont, pour la première fois, reconnu publiquement ce phénomène lors du premier Congrès Mondial contre l’Exploitation Sexuelle des Enfants et Adolescents à Stockholm en Suède, en 1996. Ce congrès s’est achevé par l’adoption d’un Agenda pour l’action, adopté par 122 gouvernements. Depuis, de nombreuses entités gouvernementales et non gouvernementales ont uni leurs forces afin d’assurer aux enfants le droit de vivre à l’abri d’une telle souffrance. 12

SAVIEZ-VOUS QUE… Il est très difficile de déterminer le nombre d’enfants abusés. Non seulement, il n’existe pas de définition internationale permettant de mesurer l’ampleur du phénomène, mais il s’agit en plus d’activités clandestines, que les victimes préfèrent souvent cacher.


Trois formes d’exploitation sexuelle prédominent. n La prostitution infantile, notamment dans le cadre du tourisme. De nombreux hommes ou femmes étrangers n’hésitent pas à se rendre dans des pays tels que la Thaïlande ou le Brésil pour avoir des relations sexuelles avec des enfants (lire en page 4). n La traite d’enfants à des fins sexuelles : les enfants sont vendus à un exploiteur ou un groupe mafieux, qui les force à travailler dans le domaine du sexe. n La pornographie mettant en scène des enfants s’adonnant à des activités sexuelles, réelles ou simulées, ou toute représentation des organes sexuels d’un enfant.

Les causes du fléau Plusieurs facteurs aggravent la vulnérabilité des enfants à l’exploitation sexuelle. En voici les principaux : n La pauvreté : c’est le facteur majeur. Alors que les familles luttent pour survivre, les enfants, et en particulier les jeunes filles, doivent commencer à travailler très tôt pour subvenir aux besoins de leur famille. N’ayant pas un niveau d’étude suffisant pour accéder à des emplois stables, certains se tournent vers des exploiteurs sexuels, croyant qu’ils leur trouveront un travail décent et rémunéré.

n Le développement du tourisme a fait exploser le nombre d’enfants victimes de touristes sexuels.

Les conséquences n Les traumatismes psychiques : les enfants perdent toute confiance envers les adultes. Ils se sentent rejetés, trahis et développent une agressivité contre l’extérieur (violence, délinquance…) ou contre eux-mêmes (drogues, autodestruction…), ainsi que des dépressions, des phobies, des troubles post-traumatiques…

DOSSIER

Pas une, mais des exploitations sexuelles

n Les traumatismes physiques : les enfants risquent de contracter des maladies sexuellement transmissibles comme le VIH et de les propager. Sans oublier les blessures physiques, les dépendances… Les filles sont particulièrement vulnérables, les grossesses précoces constituant un grave danger pour leur santé. n Le manque d’avenir : en empêchant les enfants d’aller à l’école, l’exploitation sexuelle les maintient dans une situation d’infériorité qui les rend alors plus vulnérables.

n Une éducation de mauvaise qualité : l’école ne répondant pas aux attentes des familles, elles recherchent des revenus immédiats avec la mise au travail de leurs enfants. n La pandémie du VIH/sida : les enfants qui se retrouvent orphelins doivent parfois se prostituer pour survivre. n Les crises humanitaires : la pauvreté généralisée, la rupture de l’administration et de l’ordre civil laissent se développer la traite et/ou la prostitution des enfants.

n Nidhi Pundhir Spécialiste de la Protection de l’enfant - Plan International

La violence sexuelle contre les enfants est un problème profondément enraciné dans certaines communautés. Nous devons lutter contre l’absence de système juridique, le manque de volonté politique, les normes sociales… Le plus troublant c’est qu’il existe parfois une véritable acceptation par les adultes de cette violence. Elle est justifiée au travers de mythe, par exemple « avoir des relations sexuelles avec une jeune fille vierge vous libère de tout péché ». C’est là notre plus grand défi.

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DOSSIER

Protéger les enfants de tout abus sexuel Face à l’ampleur du fléau de l’exploitation sexuelle des enfants, PLAN favorise des actions collectives et à tous les niveaux. C’est en agissant ensemble, avec les gouvernements, les autorités et communautés locales, les familles et les enfants eux-mêmes, que l’on peut parvenir à protéger les mineurs les plus vulnérables.

Travailler avec les gouvernements Selon l’article 34 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, « Les Etats parties s’engagent à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle ». PLAN incite ainsi les gouvernements à créer des plans d’action nationaux incluant : n le renforcement du cadre juridique, afin de poursuivre les auteurs d’abus sexuels ; n des services de protection pour porter assistance aux enfants exploités, favoriser leur reconstruction et leur réinsertion ; n la collaboration avec la société civile, les ONG et le secteur privé. 14

Les enfants ne peuvent jouir de leur droit de vivre à l’abri de l’abus et de l’exploitation sexuels que lorsqu’un environnement favorisant leur épanouissement est renforcé.

Faire changer les mentalités Les communautés éprouvent souvent des difficultés à intervenir dans des affaires d’exploitation sexuelle, par manque de connaissance des préjudices causés aux enfants, par peur, pour des raisons économiques, et parce que ce sujet est tabou. PLAN et ses partenaires utilisent notamment le théâtre pour briser le silence et informer les communautés sur l’existence de tels abus. Des actions sont également menées pour diffuser des informations


sur ces pratiques, inciter au signalement des enfants exploités et à la dénonciation des exploitants… La participation des enfants et des jeunes est partout favorisée. Elle a déjà permis des résultats tangibles pour faire changer les mentalités et prévenir ainsi de tels abus.

L’objectif est de rendre l’école attractive et utile pour la vie, afin d’inciter les parents à scolariser leurs enfants. Du matériel pédagogique qualitatif est ainsi mis à disposition des écoles, des formations organisées, des cantines scolaires mises en place… Des programmes sont développés pour tenter de garder les filles à l’école et de favoriser ainsi l’égalité et l’autonomisation des femmes.

DOSSIER

Favoriser une éducation de qualité

Philippines : Lutter contre la traite après le typhon Haiyan « Nos expériences de situations d’urgence nous ont montré que les risques de traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, augmentent après une crise humanitaire telle que le typhon Haiyan de novembre 2013 », précise Carin Van der Hor, directrice de PLAN aux Philippines.

Travailler avec les membres de l’industrie des voyages Des procédures de protection des enfants sont instaurées, telles que : n l’introduction d’une clause dans les contrats stipulant le rejet de l’exploitation sexuelle des enfants ; n la sensibilisation des voyageurs via la diffusion de brochures et d’affiches dans les hôtels, restaurants et taxis ; n l’information du personnel d’accueil touristique local. Dans les pays de provenance des touristes sexuels, comme dans les pays touchés par l’exploitation sexuelle des enfants, PLAN mène également des campagnes en insistant sur les risques encourus par les auteurs d’abus sexuels sur mineurs. Ces campagnes visent à mieux faire comprendre le phénomène, afin de mieux le combattre et de dissuader les éventuels touristes sexuels de passer à l’acte.

Les enfants se retrouvent souvent seuls, parce qu’ils ont perdu leurs parents ou parce que ces derniers sont partis chercher du travail. Les adolescents, en particulier les filles, courent un risque accru d’exploitation, et notamment d’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Nos actions « PLAN a donc étendu et intensifié son projet de lutte contre le trafic aux Philippines pendant deux ans, avec un accent sur le contexte postcatastrophe », ajoute Carin Van der Hor. Nous agissons pour : n prendre en compte les besoins spécifiques des filles afin de les inciter à rester dans les camps : toilettes séparées, personnel féminin à qui se confier… ; n renforcer, avec le gouvernement, les mécanismes de lutte contre la traite ; n sensibiliser les communautés ; n donner aux adolescentes des opportunités génératrices de revenus, en les faisant participer au travail de reconstruction.

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Brasil

2014

DOSSIER

Une Coupe du monde à haut risque Dans quelques semaines, la Coupe du monde de football sera une grande fête. Mais l’afflux de touristes risque de faire augmenter la prostitution infantile. Dans certaines régions du Brésil, comme celles du Nord Est, pauvreté, chômage et manque de perspectives d’avenir amènent beaucoup de jeunes à se prostituer : 500 000 enfants seraient concernés. Le pays est ainsi devenu une destination attrayante pour les touristes à la recherche de sexe « bon marché ». Présent au Brésil depuis 1997, PLAN anime environ 50 projets, bénéficiant à plus de 70 000 enfants et adolescents. À l’approche de la Coupe du monde, PLAN veut intensifier son action afin de s’assurer que les enfants et les adolescents, particulièrement les filles, soient mis à l’abri de l’exploitation sexuelle. L’objectif est aussi d’accroître la sensibilisation à l’échelle mondiale sur la protection des enfants lors de grands événements sportifs. PLAN a donc mis en place, avec plusieurs partenaires, un projet majeur répondant à ce double objectif :  Sensibiliser, dans les pays du Nord, les supporters qui se rendront au Brésil, pour qu’ils aient conscience des risques encourus et des conséquences pour les victimes.  Réduire l’exploitation sexuelle des enfants, dans plusieurs régions du Brésil, avec une action globale : 1. sensibiliser les communautés aux risques d’exploitation sexuelle des jeunes ; 2. promouvoir un renforcement des mesures punitives nationales et internationales ; 3. améliorer les mécanismes de protection des jeunes vulnérables ; 4. promouvoir l’éducation et la formation des jeunes ; 5. travailler avec des entreprises de tourisme internationales pour qu’elles renforcent leur vigilance face aux risques d’exploitation sexuelle, notamment lors de grands événements sportifs ; 6. permettre aux filles de mieux s’intégrer et de renforcer leur estime en pratiquant un sport traditionnellement réservé aux garçons, le football. 16


Aidez-nous à réduire les risques d’exploitation sexuelle La ville de Salvador (État de Bahia - Brésil) accueillera certains matchs de la Coupe du monde, dont celui de la France contre la Suisse le 20 juin. Notre projet vise à renforcer la capacité des populations locales à protéger les enfants, tout en incitant les entreprises de tourisme à renforcer leur position éthique, et notamment à signaler tout cas d’exploitation sexuelle.

APPEL À DON

APPEL À DON

 1 200 enfants et jeunes issus de familles à faible revenu apprendront à se protéger contre l’exploitation sexuelle ;  des jeunes suivront une formation spécifique, qui leur permettra de sensibiliser à leur tour les autres jeunes ;  des représentants des collectivités locales, des associations partenaires et des professeurs verront leurs Ce connaissances ; appelé « carte de vulnérabilité », est réalisé par la population document,renforcées également  lespour hôtels, restaurants, barszones et compagnies de les taxivoies recevront du matériel sensibilisation et sauront leur identifier les de sécurité, à suivre en cas de d’urgence... Il permet comment alerter les autorités. également aux membres de la communauté de prendre des décisions, par exemple sur Ce projet débutera à l’occasion leurs de la Coupe du en monde et sécurité. se poursuivra après1. l’endroit où construire maisons toute

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vous fournissez un kit d’information et de prévention à 1 hôtel.

2

vous offrez à 8 jeunes les moyens de sensibiliser un public à risque pendant 1 semaine.

vous informez 50 jeunes vulnérables sur les risques d’exploitation sexuelle.

Un don de 45 € soit 15,30 € après réduction fiscale

Un don de 80 € soit 27,20 € après réduction fiscale

Un don de 150 € soit 51 € après réduction fiscale

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D’avance, un grand merci ! Retournez le bulletin de don joint ou faites un don en toute sécurité sur www.planfrance.org (1) (2)

Vous pouvez suivre l’évolution du projet sur une page dédiée sur le site planfrance.org, rubrique « Sur le terrain ». Vous bénéficiez d’une réduction fiscale de 66 % du montant de vos dons dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.

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Ils font valoir leurs droits

A STRASBOURG, les enfants se mobilisent pour la cause des filles

Martin (11 ans), Julie (4 ans), Sélim (8 ans)…1, au total ce sont des dizaines d’enfants strasbourgeois du centre de loisirs « Le Croisillon » qui ont fait le choix de s’engager pour les filles au Cameroun.

Après avoir été sensibilisés par Barbara, - correspondante bénévole régionale de PLAN sur les discriminations dont sont victimes les filles à travers le monde, ces enfants ont souhaité à leur tour sensibiliser leurs camarades. Ils leur ont posé des questions et ont débattu sur les difficultés rencontrées par les filles pour faire respecter leurs droits. Les enfants ne se sont pas arrêtés là. Accompagnés par les animatrices du centre de loisirs et les bénévoles de PLAN, ils ont organisé un marché solidaire. Ils ont fabriqué des objets et ont aussi cuisiné des gâteaux pour les vendre à leur entourage. Ces ventes ont permis la collecte de 600 € pour le projet de scolarisation des filles au Cameroun. Les enfants étaient tellement enthousiastes qu’ils se sont eux-mêmes adressés à la presse régionale pour parler de leur projet.

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“Quand on nous a expliqué ce qu’il se passait pour certaines filles au Cameroun, on a tout de suite voulu les aider. Les filles ont autant le droit que les garçons d’aller à l’école. Le marché solidaire nous a permis d’être utiles à la cause des filles et en plus c’était chouette de vendre des objets que nous avions fait nous-mêmes. Quand on aide les autres, on se sent bien.” Barbara et Geneviève, bénévoles dans la région de Strasbourg, estiment à ce jour avoir sensibilisé plus de 1 000 enfants sur les droits des filles. Mais aussi Justine (10 ans), Mathilde (11ans), Emma (9ans), Diane (11 ans), Tom (8 ans), Matéi (8 ans), Hélène (9 ans), Anna (9 ans), Romane (10 ans), Sascha (8 ans), Pauline (6 ans), Arthur (11 ans), Léane (6 ans), Timéo (4 ans), Louis (5 ans), Capucine (5 ans), Léo-Paul (6 ans), Manelle (3 ans), Eliott (5 ans), Alba (4 ans), Matteo (5 ans).

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Ils font valoir leurs droits

A YAOUNDE, Fatimata est une ministre engagée

Elève de CM1, Fatimata fait partie d’un des Gouvernements d’enfants mis en place par PLAN dans les établissements scolaires de Yaoundé (Cameroun).

Ces gouvernements favorisent l’accès des enfants, et en particulier des filles, à une éducation de qualité. En effet, en leur permettant de participer à la gestion de leurs établissements, ils peuvent faire entendre leurs voix, partager leurs problèmes et participer à leur résolution. Une fois élus par les autres élèves, les membres des gouvernements d’enfants élaborent un plan d’action répondant à différents besoins : organisation d’activités de sensibilisation au sein des écoles, de campagnes de nettoyage ou encore d’activités de plaidoyer auprès des enseignants. Pour mettre en place leurs plans d’action, les gouvernements d’enfants se répartissent les domaines d’intervention : les ministres de l’éducation sensibilisent les élèves à l’importance de l’éducation ; les ministres de la santé font la promotion de la santé et de l’hygiène ; les ministres de la discipline font des médiations lors de conflits entre élèves.

Fatimata s’est mobilisée pour la promotion de l’hygiène dans son école. Elle raconte : « J’ai remarqué que les repas ne respectaient pas toujours les règles d’hygiène. Parfois le poisson contient encore du sang et quand il y a beaucoup d’enfants, nous sommes servis avec des assiettes sales. J’ai donc décidé de faire changer les choses et nous sommes allés voir la directrice ». Grâce à l’intervention du Gouvernement d’enfants, la Directrice a fait en sorte que la situation s’améliore.

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Grâce au parrainage, Loun* a pu accéder à un centre pour la petite enfance : soignée de la malnutrition dont elle était victime, elle est aujourd’hui en pleine santé pour aller à l’école.

Plan Info n° 47  

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