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Vous avez la parole Les doux rêveurs de la parole symétrique > par Philippe Breton, Chercheur au CNRS, Ecrivain. Serions-nous, dans nos sociétés modernes, régi par un paradoxe majeur que l’on pourrait résumer ainsi : "Parlez mais taisez-vous" ? La parole, sous sa forme orale, écrite, ou encore par l’image, est en effet au centre de la plupart des institutions. Elle est au cœur des relations sociales. Elle est l’objet même des médias. Elle constitue le fondement de la démocratie. Plus que jamais, c’est notre parole, ce que nous disons, qui nous représente. Elle est l’instance à travers laquelle on nous recrute, on nous juge, on nous aime. Pour être, il faut donc parler. Plus la marée de l’autorité est censée reculer, plus elle libère de grands espaces pour la parole. En théorie du moins. Car l’exercice concret de la parole est le siège d’une terreur fondamentale : toutes les enquêtes le montrent, la plus grande peur des français, qui confine souvent à la souffrance, est précisément de prendre la parole, pire, de prendre la parole en public. Nous sommes là au cœur d’une difficulté de l’être contemporain. Le paradoxe est étonnant et cette difficulté frise l’incompétence, démocratique comme relationnelle. Il faut dire que, contrairement d’ailleurs au monde anglo-saxon, on ne nous a pratiquement jamais appris à prendre la parole, et que l’école, curieusement est probablement le dernier lieu où l’élève parle. Donc parlez, mais taisez-vous ! La question n’est pas d’ordre psychologique et ne saurait s’expliquer par la “timidité”, véritable cache-misère d’un problème

bien plus fondamental. Comment s’étonner, dès lors, du succès du lieu commun, qui est à peine une parole, du consensus permanent, qui neutralise tout en n’impliquant personne, ou, pire encore, du poids croissant d’une parole hiérarchique dissimulée comme telle, qui, quand elle n’est pas pure violence, ne connaît que deux postures, la dominante ou la soumise, en oubliant la richesse de l’humain. Face à cela, on a envie de se rappeler Pascal, qui disait finement "j’élève celui qui s’abaisse, j’abaisse celui qui s’élève". Et on se prend à rêver, doucement, d’une parole plus symétrique, tenue de l’un à l’autre, directement, sans porte-parole, sans piédestal, sans évitement, sans commander ni obéir, sans que la parole nous soit "donnée", sans souci irréaliste d’une égalité abstraite et utopique. Une parole qui se tiendrait en face, du lieu intérieur où nous sommes le plus humain et qui viserait ce qui est le plus humain en l’autre, en contournant ce qui est trop commun en nous. On peut rêver à de modestes inclusions, dans notre monde si conventionnel et si brutal à la fois, de bulles provisoires où chacun pourrait, simplement, parler à chacun, dans un commerce de parole qui, comme le disait le philosophe Levinas, "est précisément l’action sans violence quand (l’être humain) a renoncé à toute domination, à toute souveraineté, et s’expose déjà à l’action d’autrui, dans l’attente de la réponse". Le rêve, en somme, d’une société de temps en temps plus douce à vivre grâce à la parole.

Julie Cherrey gagne le 1 prix de la Nouvelle littéraire Omnis er

Agenda La Soirée des Partenaires Omnis Jeudi 27 janvier 2005 Les Soirées thématiques Jeudi 3 février, jeudi 7 avril 2005 Les stages de techniques théâtrales Samedis 29 janvier et 30 avril Les Jeudis littéraires 3 mars, 2 juin et 30 juin 2005 Les Salons de l'Orientation Vendredi 25 et samedi 26 février 2005 Vendredi 20 et samedi 21 mai 2005

> L’énigme Omnis < Un homme se présente à une agence de voyage. On refuse de lui vendre le billet qu’il demande, alors qu’on accepte de le vendre à d’autres. L’homme repart bredouille, mais quelque temps après, ce refus le remplit de joie. Pourquoi ? (d’après Hubert Jaoui)

Vous trouverez la réponse à cette énigme sur notre site www.omnis.edu

Omnis, Révélateur de Talents 6 Avenue de la Liberté 67000 Strasbourg site www.omnis.edu Tél 03 88 25 88 88 e-mail : omnis@omnis.edu

Nous vous adressons nos documentations sur simple demande

• La nouvelle de Julie Cherrey est jointe à la présente lettre. Vous pouvez consulter les autres récits récompensés par le jury sur le site Omnis (www.omnis.edu). Julie Cherrey, 21 ans, élève de 2ème année de BTS Assistant de Gestion est la gagnante du 1er Concours de la Nouvelle littéraire Omnis, catégorie "étudiants". Après deux années d’études en faculté de droit, Julie a rejoint Omnis et aimerait faire carrière dans le domaine juridique. Lectrice assidue, elle nous confie avoir eu beaucoup de plaisir à écrire sa nouvelle. "J’en écrirai d’autres" nous dit-elle en souriant. "L’histoire m’est venue tout simplement en rédigeant… et ce 1er prix ne peut que m’encourager à recommencer !"

Nous adressons à Julie toutes nos félicitations et tous nos encouragements. • Les trois étudiantes récompensées : - Julie Cherrey, Grand Prix (Prix de 500 €) - Stéphanie Genty, Prix du Jury (100 €) - Lisa Drexel, Prix de l’Originalité (50 €) • La gagnante catégorie "grand-public" : - Emmanuelle Urien (Prix de 500 €) Le concours de Nouvelles 2005 organisé par Omnis a pour thème : "Le Mensonge". Un bulletin de participation peut être demandé au 03 88 25 88 88.

Lu pour vous

LE JOURNAL DE B.J. AU BUREAU Par Bertrand Jouvenot / Editions Maxima, 2004

Le management, ce n’est pas compliqué, ça peut même être cocasse. Voilà le message que Bertrand Jouvenot adresse aux jeunes cadres qui débutent. Il décrit l’entreprise comme un lieu de contrastes, qui peut être générateur de bonheur mais aussi de grandes souffrances.

TRAVAILLER EN RESEAU par Guy Le Boterf / Editions d’Organisation, Paris, 2004 S’organiser, c’est apprendre à travailler ensemble. Il est de plus en plus difficile en effet, d’être compétent tout seul. Ce livre analyse les enjeux de l’organisation et met l’accent sur les moyens qui favorisent la collaboration.

Nous sommes à votre disposition pour vous rencontrer et vous informer sur l’ensemble des activités et des services Omnis. Nous vous attendons sur notre site

www.omnis.edu “la lettre Omnis” est éditée par OMNIS, Ecole Supérieure de Commerce et de Management Cabinet-Conseil en Développement des Ressources Humaines. Elle est diffusée gratuitement auprès de nos partenaires, étudiants, clients, chefs d’entreprises, personnels et collaborateurs.

Directeur de la publication : Robert Fedida Rédactrice en chef et coordination : Josiane Maîtrot e-mail : omnis@omnis.edu Mise en page : Bernadette Bayle Communication La reproduction des articles de ce journal est autorisée avec la mention obligatoire «Source : Lettre Omnis»

OMNIS / RCS Strasbourg B 422 799 627


Omnis

N°3 - janvier 2005

La lettre Omnis www.omnis.edu

Ecole Supérieure de Commerce et de Management - Cabinet Conseil en Développement des Ressources Humaines

“ L’Homme est ce qu’il fait “

Editorial

L’

exigence porte ses fruits. L’implication de nos équipes pédagogiques, l’accompagnement et la constante motivation de nos étudiants, nos partenariats avec des entreprises qui leur ouvrent leurs portes, apportent aujourd’hui d’excellents résultats. De même notre activité de Conseil en Ressources Humaines, qu’il s’agisse de management ou de recrutement de jeunes diplômés, est en totale adéquation avec les besoins croissants des entreprises. Elles attendent de nous disponibilité, écoute et compétences. En 2005, nous poursuivrons dans cette voie en consolidant encore nos qualités, pour être toujours plus proches de leurs besoins. Nous avons perdu avec Michel Stourm un collaborateur précieux. Passeur d’idées, animateur talentueux, homme de réseau, il savait mieux que quiconque enrichir nos relations humaines. Puis-je me permettre, à son sujet, de rappeler cette phrase de Michèle Bur, femme de grand talent : "Je crois aux réseaux et à la contagion des idées et des exemples. Le réenchantement du monde est un chantier où sont convoqués de multiples acteurs". Omnis, un lieu, un lien, un creuset

Robert Fedida, Directeur

Au sommaire ■ "Le monde appartient aux audacieux…" une interview de Evelyne Katz, Directrice de Alsace Création. - pages 1 et 2

■ Michel Stourm - page 2 ■ Les délocalisations sont-elles fatales ? une interview de Serge Vendemini, Professeur des Universités de Nancy II. - pages 2 et 3

■ Un sans faute pour Anne Oberbach - page 3 ■ Cérémonie de remise des diplômes - page 3 ■ Julie Cherrey gagne le 1er prix de la Nouvelle littéraire Omnis - page 4

■ Les doux rêveurs de la parole symétrique Par Philippe BRETON, Chercheur au CNRS - page 4

■ En bref… , Lu pour vous… , agendas , Enigme Omnis page 4

André Malraux.

Vie économique

"Le monde appartient aux audacieux…" ALSACE CRÉATION a pour objectif d’accompagner des projets d’entreprises qui participeront activement au développement du tissu économique alsacien. Encore faut-il que ces projets soient solides, innovants, menés de manière professionnelle et en adéquation avec leur marché. Nous avons rencontré Evelyne Katz, Directrice d’Alsace Création, pour mieux comprendre le fonctionnement et les missions de cet organisme. Bonjour ! Pouvez-vous nous dire comment est née Alsace Création ? EK / Alsace Création a été créée en 1999 à l’initiative de la Région Alsace avec, à parts égales, des actionnaires publics et privés.

De quelle manière peut-on vous définir ? EK / Nous sommes une Société de capital-risque régionale. Notre raison d’être est le renforcement des fonds propres des petites entreprises qui se créent ou qui cherchent à mettre en œuvre de nouveaux projets. Nos interventions se font sous la forme soit d’une participation en capital, soit d’une intervention en obligations convertibles jusqu’à 300 000 € par projet.

Pourquoi les petites entreprises "seulement" ? EK / Les sociétés de capital-risque traditionnelles ne s’intéressent pas aux petites entreprises, parce que le montant de l’intervention est trop faible, et qu’une jeune entreprise n’offre pas suffisamment de visibilité.

Votre rôle économique est-il important ? EK / Nous soutenons les projets à fort potentiel, ceux qui ont la capacité de devenir à moyen terme des entreprises employant une dizaine de personnes, voire beaucoup plus pour certains. Ces projets ne représentent qu’un très faible pourcentage des créations d’entreprises, mais sont essentiels en termes de création de richesses et d’emplois.

Quels sont les pays les plus performants dans ce domaine ? EK / Les Espagnols créent 3 fois plus d’entreprises que les Français, les Anglais et les Italiens 2 fois plus, les Allemands 2,4 fois plus. Les Alsaciens font encore moins bien, puisque l’Alsace représente 2 % des créations d’entreprises en France, alors qu’elle pèse 3 % du PIB français !

Comment les projets qui vous sont soumis sont-ils évalués ? EK / Nous évaluons pour chaque dossier l’équipe, le produit, le marché, les besoins

financiers… Le projet est soumis à un comité d’investissement de 10 personnes dont 3 sont des chefs d’entreprise qui ont été eux-mêmes créateurs d’entreprise.

Quelle est la forme de ce partenariat ? EK / Notre vocation est d’accompagner un projet, et non de nous substituer au management et à l’actionnaire principal qui restent les seuls maîtres à bord. Notre participation reste toujours minoritaire (jusqu’à 40 % du capital). Elle est temporaire aussi : une fois le projet mené à bien, après 5 à 10 ans, nous souhaitons nous retirer, pour réinvestir dans un autre projet.

Après 5 ans d’existence peut-on faire déjà un bilan de l’activité d’Alsace Création ?

EK / Nous avons investi à ce jour 2 800 000 €. Sur 24 entreprises accompagnées, 17 figurent toujours dans notre portefeuille et ont permis de créer 182 emplois. Deux participations ont été revendues avec plus-value, une a été déclarée en liquidation amiable et 5 en liquidation judiciaire. Je crois pouvoir ajouter qu’Omnis, qui a été notre tout premier dossier, a réalisé un très beau parcours.

Pouvez-vous nous citer un exemple récent d’intervention ? EK / Alsace Création va faire bénéficier la Société FLYING ROBOTS, créée en juin 2004, d’une intervention en obligations convertibles de 300 000 €. Le projet consiste à développer un drone paramoteur civil à usage d’observation ou de surveillance : surveillance des feux de forêts, des zones de pêches, de la pollution marine, des oléoducs, des gazoducs… Il n’existe sur le marché aucun engin présentant les mêmes caractéristiques techniques avec un prix de l’heure de vol aussi performant. L’entreprise prévoit de réaliser un CA de 1,3 million d’euros en 2006.

OMNIS a été la première à obtenir le soutien d’Alsace Création au travers d’une participation et est un de ses plus beaux fleurons.

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Parole d’expert > Serge Vendemini Professeur des Universités à l’Université de Nancy II Aujourd’hui, professeur invité à l’Université de Bologne

Auteur de plusieurs ouvrages, notamment avec Mme le Professeur Sabine Urban de l’Université Robert Schuman de Strasbourg, sur les coopérations inter-entreprises et les stratégies d’alliance. Profitant de sa présence en Italie, il a approfondi le fonctionnement des districts industriels (sorte de coopérations sur-déterminées par la proximité géographique) et publiera prochainement un ouvrage qui décrira les mécanismes de ces fonctionnements en district.

"Les délocalisations sont-elles fatales ?" Le grand débat sur la globalisation s’est amplifié, voici quelques mois, dans le contexte notamment de l’élargissement de l’Union Européenne. L’année de la France en Chine intensifie au plus haut niveau, depuis quelques semaines, les contacts entre industriels français et chinois et accentue encore le débat. Incontestablement dans un contexte de croissance ralentie, le différentiel des coûts salariaux (devenu encore plus criant avec les nouveaux entrants ou encore avec des pays comme la Chine) et les différentiels de taux de fiscalité suffisent à certains pour prédire un vaste mouvement de délocalisation vers ces nouveaux pays et un déclin fatal de nos industries occidentales. Pourtant ces différentiels ne datent pas d’aujourd’hui et il nous semble donc utile de développer trois idées pour éviter tout fatalisme.

fait de l’importance des facteurs "hors coût" et désormais on assiste plus à une imbrication simultanée des contraintes et à un empilement de ces classiques distinctions. La productivité classique, opératoire, technique, a de plus en plus besoin de productivité des interfaces (ex : communiquer mieux avec toutes les parties du système de production, depuis l’amont jusqu’au client, en plus de produire bien et au moindre coût). L’efficacité, en fait, passe de plus en plus aussi par le relationnel et la capacité de coopération dégage de réelles nouvelles productivités.

■ La réalité des mouvements de délocalisation

Les districts ou pôles de compétitivité territoriaux ou aires-système semblent être particulièrement efficaces pour absorber toutes ces contraintes nouvelles et permettent aussi l’éclosion de ces nouvelles productivités. Pourquoi ? • ils favorisent les interactions de proximité et interactions de proximité sont source d’innovations. • ils créent une atmosphère propice aux affaires. Marshall s’interrogeait sur l’alchimie qui caractérise ces aires systèmes et avançait : "les secrets de l’industrie cessent d’être des secrets, ils sont pour ainsi dire, dans l’air … et si quelqu’un trouve une idée nouvelle, celleci est aussitôt reprise par d’autres et combinée avec des suggestions de leur propre cru ; elle devient ainsi la source d’autres idées nouvelles”. • ils permettent une réduction notoire des coûts de transaction (dans les relations donneurs d’ordre sous-traitants, dans la recherche d’information …). • ils bénéficient d’un lubrifiant essentiel dans les affaires qui s’appelle la connaissance de l’autre, la confiance, le pacte, la convention. • ils reposent sur un vaste champ de coopérations permettant de concevoir à moindre risque, et/ou de produire mieux et moins cher, d’inventer des formes d’apprentissage et de flexibilité originales, de vendre mieux, moins cher et plus loin, etc … La préservation et la prospérité de notre potentiel industriel passe donc par cette renaissance des "économies-territoires", c’est à dire un type de coordination où les entreprises, parce que plus proches géographiquement, sont capables d’inventer une compétitivité originale. On parlera alors de compétitivité enracinée plutôt que de compétitivité d’assemblage (modèle à l’ancienne). Toutefois, l’assise et la cohérence de ces pôles de compétitivité reposent aussi sur un certain rôle joué par les institutions et exigent une certaine excellence territoriale (moyens d’accès, environnement recherche, qualité de la formation, vivier de main d’œuvre qualifiée...).

S V / On aurait pu croire que sous l'effet de la mondialisation, des délocalisations, l'industrie française ait perdu des emplois. Sur la période 1978–2002, la DATAR fait le constat que l'emploi en France a affiché un solde positif de 3 millions de postes industriels. Ceci correspond à une mutation industrielle et une redistribution des métiers, de la production vers les services amont et aval de cette production, par exemple, et aussi à une redistribution géographique des activités. De 1995 à 2001, les nouveaux entrants de l'Union européenne ont été les champions de la croissance des emplois, mais la France a affiché dans le même temps un solde positif (3,7 %) et contribué pour 16,3 % à la valeur ajoutée industrielle de l'UE (à 15) au 3ème rang derrière l'Allemagne et le Royaume Uni qui, eux, ont affiché un solde d'emplois plus défavorable. Malgré une grande disparité des résultats suivant les secteurs industriels et géographiques, l'industrie française a su jusqu'à présent s'adapter, maintenir sa place et rester attractive aux investissements internationaux. Ce même rapport de la DATAR de février 2004 intitulé «La France puissance industrielle», mentionne en effet qu’en 1999-2000 les délocalisations représentaient moins de 5 % des investissements directs à l’étranger sur les marchés proches (PECO, Maghreb) et moins de 1 % sur les marchés lointains. Par ailleurs, ces investissements seraient plus faibles dans l’industrie que dans les services. Ces quelques chiffres suffisent à montrer que le mouvement de délocalisation reste mesuré. Toutefois, ces délocalisations constituent toujours un traumatisme pour les salariés concernés et créent toujours une fort sentiment d’insécurité sociale.

■ Il existe bien en Europe des modèles de développement industriel efficaces S V / En regardant plus finement les réussites et les échecs industriels, la DATAR fait l'inventaire des ingrédients qui ont été les plus favorables au développement industriel sur un territoire et dresse un portrait robot des modèles efficaces :

• masse critique du tissu industriel et massification par le travail en réseau des entreprises (district ou clustering pour les anglo-saxons) • haut degré d'innovation des entreprises par une main d'œuvre hautement qualifiée et une valorisation de la recherche • forte présence de la recherche favorisant la coopération et le transfert technologique, le rayonnement international des savoir-faire scientifiques et industriels du territoire • moyens d'échange de l'information, des personnes et des biens • gouvernance autour de stratégies et d'objectifs concertés entre les acteurs économiques La conjugaison de ces ingrédients sur un territoire et un secteur d'activité donnés permettrait l’éclosion d'un pôle de compétitivité. Des travaux analogues sont menés notamment en Italie et démontrent que l’emploi dans l’industrie a décliné de 10 % durant la dernière décennie, alors que dans les 90 districts industriels, l’emploi industriel a progressé de l’ordre de 2 % .

■ Les dessous de ces modèles efficaces de développement industriel résistant aux délocalisations S V / Deux facteurs ont en fait considérablement modifié les termes de la compétitivité ces dernières années : • l’ouverture des marchés a complexifié l’univers de la concurrence et mis au premier plan, dans de nombreux secteurs, l’exigence simultanée du prix, de la qualité, de la variété et de la réactivité (drôle d’équation à résoudre parfois au sein d’une même structure) • des changements techniques accélérés qui ont modifié en profondeur les façons d’accéder aux performances industrielles, bien plus compliquées que les classiques méthodes tayloriennes (choix d’une technologie, respects de normes de travail …). Les logiques de compétitivité par les coûts et les prix qui s’opposaient à la logique différenciation sont devenues moins pertinentes, du


Zoom parcours

Un "sans faute" pour Anne Oberbach • Après un bac littéraire et un DUT Information Communication à l’Université Robert Schuman au cours duquel Anne Oberbach a découvert le métier de communicant en entreprise, elle a rejoint Omnis pour y préparer un Master en Marketing et Management afin de tout mettre en œuvre pour réaliser son projet professionnel. "Communication et marketing sont deux facettes complémentaires. Je souhaitais élargir mes compétences, et grâce à Omnis j’ai obtenu un diplôme qui m’a bien servi "

Nous avons perdu Michel Stourm

• Anne a choisi une formation alternée, en entrant au service communication de Sorral, une société spécialisée dans l’acier. "Ce fut un bon apprentissage. On m’y a laissé beaucoup d’autonomie et d’initiatives. Deux ans dans la même entreprise, c’est le minimum nécessaire pour se faire une idée de son fonctionnement et du métier qu’on souhaite exercer. J’ai vraiment pu bénéficier des compétences des professionnels en place !".

Intervenant chez Omnis en " Techniques de prise de parole ", Michel Stourm était à la fois un professeur proche de ses étudiants, un collègue précieux, et un homme qui ne manquait ni d’idées ni de projets.

• Dès le mois d’avril, Anne s’est mise à la recherche d’un emploi en répondant à une annonce de la Ville de Haguenau qui recrutait un responsable communication. Après un entretien et un test de rédaction, elle obtient le poste devant 152 candidats ! "Je pense que j’ai su transmettre ma motivation et prouver que mon expérience et mon caractère me permettaient d’endosser de telles responsabilités. Ma formation chez Omnis fut un atout supplémentaire".

■ Docteur en Sciences Politiques, auteur de

• «Aujourd’hui, à 23 ans, je gère, avec un assistant spécialisé en multimédia, la communication externe de la Ville, avec notamment la rédaction du journal "Haguenau Infos", la gestion du site internet, les relations avec la presse, l’organisation d’événements comme les festivités du 14 juillet, ou encore la communication de proximité auprès des administrés. C’est un poste très diversifié, excellent pour élargir sa culture générale. Les sujets à traiter vont de la petite enfance à l’assainissement en passant par l’urbanisme ou la culture… Après 3 mois d’embauche, je viens de faire un point avec mon responsable : il apprécie mon sens de l’organisation, mon relationnel avec les différents intervenants et mon implication… Je crois qu’il ne regrette pas de m’avoir choisie !»

Cérémonie de remise des diplômes

romans et de pièces de théâtre, consultant en entreprise, acteur actif de la vie sociale et culturelle régionale, Michel était présent sur tous les fronts. Mort brutalement à 56 ans, ses cendres ont été dispersées au large de St Tropez, ville pour laquelle il nourrissait depuis longtemps une véritable passion. Voici quelques lignes qu’il écrivit avant de s’éteindre :

Mon voyage sur cette terre a pris fin. Mes cendres sont allées rejoindre ma chère Méditerranée. Mon esprit restera avec celles et ceux qui m'ont aimé. Mon âme est allée découvrir le mystère de l'Orient éternel. Merci pour tous et à bientôt, peut-être...

Le 18 mai dernier, les élèves reçus au Master Marketing Management étaient réunis au Château de l’Ill pour la remise de leurs diplômes. Entourés de 130 étudiants et en présence de René Malatrait, Directeur Régional de l’AGEFOS PME, la soirée s’est déroulée dans une ambiance particulièrement conviviale.

René Malatrait a salué l’esprit de conquête d’une jeunesse motivée et déjà impliquée dans la vie économique. Il a souligné l’importance des liens tissés entre les élèves : ils constituent l’un des éléments de leur future réussite professionnelle, grâce aux réseaux et aux contacts ainsi créés. La réunion de tous les étudiants présents lui semblait un bel exemple d’implication de tous. Puis, en citant les dirigeants d’Infogram et de Rhône Poulenc, il a rappelé qu’il faut savoir garder son sérieux sans trop se prendre au sérieux, mieux vivre avec les autres pour mieux travailler ensemble. Enfin René Malatrait a fait remarquer que "le principe du savoir-être mis en œuvre chez Omnis porte ses fruits : la motivation des étudiants est perceptible et constitue une des clés de leurs succès futurs".

Palmarès de la Promotion Omnis 2003 Ken BALA, Michael BENSIMON, Anne BOSSERT, Stève BOHN, Sébastien CLAUSTRE, Thomas DE GRUTTOLA (major de promotion), Hamady DIALLO, Maryline DOS SANTOS, Mathieu FREYSZ, Franck HEILMANN, Catherine JEULIN, Maryline KNITTEL (major de promotion), Mathieu LAMBOUR, Oxana LYSTOPAD, Guillaume MAITRE, Zoranka MATOVIC, François MILLET, Emmanuel PINGAUX, Magali SCHMITT, Céline UTER,Valérie VIVOT, Virginie WENGLER.

Nous rendons hommage à cet homme de cœur, qui nous a donné sans compter le meilleur de lui-même.

En bref / En bref / ... Omnis reçu au CIAL La séance inaugurale du 1er cycle Omnis s’est déroulée au CIAL le 28 septembre dernier. Thierry de Follin, Directeur Régional, a accueilli cette nouvelle promotion dans la magnifique Salle du Conseil puis a offert le verre de l’amitié au nom de sa Banque, partenaire d’Omnis.

NOUVEAU ! Retrouvez sur le site Omnis les fiches techniques Omnis FICHE TECHNIQUE OMNIS N°1 : L’entretien d’appréciation annuel Un outil de management pour le dirigeant, une opportunité d’évolution pour le salarié, de Jean Seyller / www.omnis.edu


La lettre Omnis

Omnis N°3 - janvier 2005

Voyage en train

Une nouvelle de Julie Cherrey, Gagnante du Concours de la Nouvelle Omnis, Juin 2004

L

Elle ne voulait pas lui faire de peine car elle pen-

Les paroles du juge lui revenaient sans cesse à l’esprit : “… mère sujette à des troubles de la personnalité engendrés par une enfance difficile et une tendance à l’alcoolisme …“, “danger pour l’enfant et la société…“. C’est à cause de cela qu’on l’avait mise dans un hôpital psychiatrique ! Elle l’avait accepté sans histoire, pensant que les juges réviseraient leur verdict et que les médecins s’apercevraient qu’elle allait très bien et n’avait absolument pas de troubles mentaux. Mais ces deux mois dans la clinique n’avaient pas vraiment eu les effets escomptés. Bien au contraire ! Les infirmières la droguaient pendant que les médecins la violaient.

L e train poursuivait sa route. Elle leva les yeux et

e train était bondé. Heureusement, elle avait réservé une couchette. Elle chercha son compartiment puis y installa les quelques affaires qu’elle avait pu emporter. Elle venait de divorcer et son mari avait obtenu la garde exclusive de Guillaume, leur unique enfant.

Comble de l’horreur, son ex-mari lui annonça un

jour qu’il partait avec son fils pour une destination inconnue. Il voulait l’éloigner du “comportement malsain“ de sa mère. Et le juge ne fit rien pour l’en empêcher. Elle le soupçonna même d’être à l’origine de ce départ soudain. Christian, son ex-mari, n’avait jamais aimé voyager. Le lendemain, en proie à une crise de démence, elle tua le médecin qui voulait la rejoindre sous la douche. D’un coup violent, elle le frappa à la tête. Puis elle s’habilla comme si de rien n’était et sortit à l’insu de tout le monde. Elle savait que son geste n’allait pas tarder à être découvert et qu’elle aurait de très gros ennuis avec les autorités. Elle fonça droit vers la gare et pris le premier train en partance pour la Russie, son pays natal. Heureusement, il n’y avait pas de queue au guichet. Il ne restait qu’une place, toutes les autres étaient réservées. Elle serait allée plus vite en avion, mais elle pensa que le train était un moyen de transport plus discret avec moins de contrôles. Le train démarra. Elle pensa à sa vie d’avant. Son mari, son fils, sa maison, leurs projets… Tout était fini maintenant ! Cinq ans de sa vie partis en fumée. En réfléchissant bien, ils n’avaient jamais été véritablement heureux. Elle l’avait épousé par peur de le perdre et de se retrouver seule.

sait qu’il l’aimait. Et pourtant, depuis leur mariage, il ne s’était pas gêné pour la faire pleurer ! Il était accro à l’alcool et la trompait souvent. Puis un jour, il y a deux ans, Christian perdit son travail pour faute grave : il avait mis en danger la vie de ses collègues en oubliant de couper le courant pendant qu’ils travaillaient sur une installation électrique. Heureusement, il n’y avait pas eu de blessé, mais Christian n’en avait pas moins été licencié. Leur vie commença à devenir un enfer. Il devenait violent et interdisait à Guillaume d’approcher sa mère. Il voulait faire de lui “un homme“ et pour ce, le frappait régulièrement. Puis, Alicia avait trouvé le courage de divorcer et avait demandé la garde exclusive de Guillaume au motif que son mari était violent. Mais le juge était un vieil ami de Christian. Il statua donc en faveur de son copain et fit semblant de croire aux mensonges de celui-ci.

s’aperçut que son voisin la regardait avec insistance. Gênée, elle détourna le regard, mais celui-ci continuait de plus belle. Sur les couchettes au-dessus, une mère tentait de calmer ses deux enfants qui se disputaient un jeu vidéo. La dernière couchette était occupée par un très vieux monsieur. Les compartiments de nuit ne sont pas censés être mixtes, mais elle ne s’attarda pas sur cette idée, se disant que les contrôleurs et le personnel n’avaient sans doute pas pu faire autrement. “Excusez-moi, puis-je vous demander votre nom ?“ Elle leva les yeux. Le jeune homme en face d’elle la regardait, attendant une réponse. “Alicia. Et vous ?“ “Moi, c’est Antoine. Vous êtes russe ou allez-vous là-bas en voyage ?“ “Je suis russe. Ma famille est là-bas et je vais la rejoindre“ Il continua à la dévisager. Plus elle le regardait, et plus elle avait l’impression de le connaître. Ces grands yeux bleus acier, ces cheveux noirs légèrement ondulés … Un frisson lui parcourut le dos lorsqu’il lui dit : “C’est marrant de se revoir après toutes ces années. Tu n’as pas changée !“ “Excusez-moi, on se connaît ?“

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Omnis Voyage en train

Une nouvelle de Julie Cherrey, Gagnante du Concours de la Nouvelle Omnis, Juin 2004

L es enfants au-dessus d’elle venaient de s’endor- Elle ouvrit les yeux péniblement et aperçut son fils mir. Le vieux monsieur également. Il ronflait très fort. La mère de famille, quant à elle, commençait à goûter un repos bien mérité. L’homme la regarda avec amusement, sortit une cigarette de son paquet et alla la fumer dans le couloir. Alicia le suivit. Il lui tendit son paquet. Elle y prit une cigarette et l’alluma avec le briquet du bel inconnu. Elle n’avait jamais vu de briquet semblable. Avec une tête de tigre qui rugissait.

“Puis-je savoir où l’on s’est rencontrés ? Votre visage m’est familier, mais je n’arrive plus à savoir d’où je vous connais.“ “Tu ne me reconnais pas ? Je suppose que c’est normal après tout… Je connais toute ta vie. Depuis ta naissance. Mais ce n’est pas pour te raconter ça que je suis revenu. Sais-tu ce qui va se passer Alicia ? Tu veux aller en Russie, mais tu n’y arriveras jamais ! Ton train aura un accident, il n’y aura aucun survivant et Guillaume sera malheureux avec un père qui le maltraite. Est-ce cela que tu veux ? Regarde ta vie depuis ton mariage. Es-tu vraiment heureuse ? Ne fuis pas, Alicia. N’abandonne pas ton fils ! Es-tu prête à te battre pour lui ?“ Elle le regarda éberluée, se demandant comment cet inconnu pouvait savoir tant de choses sur elle. Mais elle se rendait bien compte qu’il avait raison : elle ne devait pas abandonner son fils. “Oui“, répondit elle, “je suis prête à me battre“. Le train continuait sa course dans la nuit. Il klaxonna. D’un geste vif, l’homme la saisit par le bras et la poussa hors du train. Elle hurla. Tout alla très vite. Elle eut l’impression d’être dans un long couloir. Puis tout à coup, elle entendit une voix : “Maman ! Maman ! Réveille-toi !“

Julie Cherrey Etudiante à l’Ecole Supérieure de Commerce et de Management OMNIS. Elève de 2ème année de BTS Assistant de Gestion - 21 ans. Gagnante du 1er Concours de la Nouvelle littéraire Omnis, catégorie "étudiants".

qui la regardait. Elle essaya de bouger, mais sa tête et l’ensemble de ses membres refusaient de lui obéir. Une infirmière se pencha sur elle. “Ne vous inquiétez pas, tout va bien.“ “Que s’est-il passé ?“ “Vous vous êtes fait renverser par une voiture en sortant de l’hôpital psychiatrique. Cela fait quinze jours que vous êtes dans la coma.“ “Mais alors, vous avez conclu que je n’étais pas folle ?“ “C’est exact“. “Et le médecin que j’ai tué ?“ “Vous n’avez tué aucun médecin. Sans doute avez-vous rêvé pendant votre coma. Cela arrive fréquemment.“ Elle ferma les yeux. Elle était perdue. Aurait-elle rêvé toute cette histoire ? Elle n’avait pas tué le médecin, n’avait jamais pris le train. Et cet homme qu’elle avait rencontré ? Peut-être n’était-ce que sa conscience ? Etait-elle divorcée ? “Le jugement du divorce va être révisé. Vous avez de grandes chances d’obtenir la garde du petit, mais il va falloir être forte pour affronter votre exmari à la barre“, lui dit l’infirmière, comme si elle avait deviné sa question. L’enfant embrassa sa mère puis l’infirmière le fit sortir. Alicia décida de s’occuper de Guillaume et d’oublier Christian. Elle allait vivre à présent, grâce à “cet inconnu“, inventé de toutes pièces, qui l’avait sauvée de son coma. Elle comprit qu’elle avait fabriqué cette histoire au moment où son cerveau commençait à abandonner la lutte. Elle se leva, chercha ses cigarettes. C’est alors qu’en ouvrant le paquet, elle trouva le briquet à tête de tigre de l’inconnu du train. En regardant par la fenêtre, elle vit un homme aux cheveux noirs ondulés et aux yeux bleus qui la regardait. Elle se retourna l’espace d’un instant et l’inconnu disparut. Elle observa le briquet. La tête de tigre lui souriait à présent. Strasbourg, Mai 2004

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Lettre Omnis 3  

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