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COMMUNIQUÉ

RHÔNE-ALPES

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SPÉCIAL DEVELOPPEMENT DURABLE ALIAPUR, ATC, OSSABOIS, PATAGONIA… LES ENTREPRISES RÉGIONALES MONTRENT LA VOIE ! COMMUNIQUÉ RHÔNE-ALPES DU 25 SEPTEMBRE 2008


RHÔNE-ALPES • DÉVELOPPEMENT DURABLE

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Les nouveaux géants verts Industrie, énergie, immobilier, loisirs… Dans tous les secteurs d’activité, les entreprises régionales rivalisent d’ingéniosité et d’audace pour préserver ou recycler les richesses de notre planète. La preuve par sept en Rhône-Alpes.

Ossabois, leader dans sa branche ascal Chazal voit l’avenir en rose. Ossabois, l’entreprise qu’il a fondée il y a vingt-sept ans à Noirétable (Loire), est aujourd’hui leader sur le marché de la construction bois. Une position que la société maintient en poursuivant son développement. En 2006, elle a agrandi son usine historique du Haut-Forez et repris fin 2007 l’ancienne usine vosgienne de Seb avec ses quarante salariés. L’ouverture d’un nouveau site de production est par ailleurs annoncée pour le début 2010 en Aquitaine, où elle dispose déjà de deux implantations commerciales. Avec ses 250 salariés, la société ligérienne vise un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros en 2008, soit 10 millions d’euros de plus qu’en 2007. « Le bâtiment n’a pas connu sa révolution industrielle, observe Pascal Chazal. C’est le moment que les produits évoluent ! » L’objectif du P-dg est clair : apporter des réponses au Grenelle de l’environnement. Ce qu’il a déjà commencé à faire. Notamment à Saint-Priest, dans le Rhône, où Ossabois a inauguré le 17 juin dernier la maison témoin des Hauts de Feuilly. Une vitrine haut de gamme de l’écohabitat qui est aussi le premier lotisse-

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Les hauts de Feuilly à Saint-Priest, vitrine haut de gamme de l'éco-habitat. ment privé de maisons passives en France. Ossabois vient également de lancer une gamme de maisons à basse consommation d’énergie destinées aussi bien aux particuliers qu’à l’habitat social. Un produit courant proposé au prix du marché. « Avec les nouvelles réglementations, il

devient de plus en plus compliqué de faire de la construction traditionnelle », note Pascal Chazal. Une aubaine pour Ossabois qui, pour les petits budgets, commercialise ses maisons à partir de 98 000 euros clés en main. • Yann Petiteaux 25/09/08 - RHÔNE-ALPES • 3


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COMMUNIQUÉ

Robert Combes et Christophe Aussenac, co-dirigeant du groupe ATC.

ATC, la pub et la récup’ eader français du marquage automobile et de la signalétique, le groupe ATC a décidé il y a deux ans de devenir le chef de file du 100 % écologique, dans une industrie qui n’utilise

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comme matières premières que les encres, les solvants, le PVC… « Nous avons investi dans la seule machine en Europe capable d’imprimer avec des encres végétales et nous réduisons progressive-

ment l’utilisation de toutes les matières polluantes. » Pour Christophe Aussenac, co-dirigeant du groupe, l’écologie, à prendre au sens global du terme n’est ni une mode ni une danseuse. Pour preuve, avec un investissement de plus de 500 000 euros, ATC voit son chiffre d’affaires en constante hausse. « Petit à petit, les clients sont sensibilisés à notre démarche et acceptent de payer environ 5 à 10 % supplémentaires pour l’utilisation de nos produits ». Sans parler des nouveaux clients, telle cette marque de cosmétiques, attirée par l’éco-attitude d’ATC pour l’habillage de ses 1000 boutiques dans le monde. « Notre objectif est de supprimer toutes les encres

à solvants d’ici à deux ans, et nous ne relâchons pas la pression, notamment en ce qui concerne le recyclage. » Ainsi, les bâches qui initialement couvrent les immeubles en chantier sont confiées à un designer qui les commercialise en objets de maroquinerie. Moins glamour mais aussi essentiel, les palettes de stockage ne s’entassent plus devant l’usine, elles sont broyées en copeaux destinés à l’isolation des massifs de fleurs ou la constitution de matelas de protection des aires de jeux pour enfants. « Nos plus grandes fiertés, c’est l’accueil que nous ont réservés les clients, et l’adhésion totale de nos 79 salariés, parce qu’on est arrivés à leur donner la foi ! » • C.A.R

Plein soleil pour Tenesol et Evasol u départ, il s’agissait d’aider les villages isolés des pays en voie de développement à se doter de l’électricité. Épaulés par le groupe Total, une poignée de chercheurs se mettent alors en quête de la solution optimale en se fondant sur un brevet déposé au XIXe siècle par Becquerel. Vingt-cinq ans plus tard, Total Énergie devenue Tenesol revendique la place de premier ensemblier mondial de systèmes photovoltaïques et équipe, entre autres, le stade Geoffroy-Guichard ou la gare de Vaise. Installée à La-Tour-de-Salvagny en banlieue lyonnaise, la société se concentre désormais sur la fabrication de solutions pour les professionnels et leur installation. Sans compter la recherche

où le nouveau défi en passe d’être relevé consiste à améliorer le rendement des panneaux en diminuant la quantité de silicium qu’ils contiennent, donc leur coût. Sa petite sœur, Evasol, créée en mars 2007 à Limonest, commercialise la technologie de Tenesol sur le marché des particuliers et des installations inférieures à 80 mètres carrés. Deux segments en plein développement. « Notre succès réside dans notre offre clé en main, de l’étude de faisabilité à la maintenance », analyse Stéphane Moreau, directeur général d’Evasol. Ainsi, les panneaux solaires installés par les sociétés sœurs sont contrôlés à distance par un système de télésurveillance capable de donner

l’alerte au moindre incident. « Bien souvent, il ne s’agit que de problèmes mineurs que nos clients peuvent résoudre euxmêmes, comme des feuilles mortes posées sur les panneaux », constate le DG d’Evasol

qui, face à la demande, prévoit de multiplier son activité par cinq cette année. • Françoise Sigot

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Tri-Vallées recycle les vieilles planches

Bonne tenue de route pour Aliapur

mplantée à Gilly-sur-Isère, près d’Albertville, la société Tri-Vallées est spécialisée dans la gestion des déchets. « En 2003, la Communauté de communes du canton d’Aime, où se trouve La Plagne, nous a sollicités pour que nous récupérions les vieux skis chez les loueurs, explique Gauthier Mestrallet, chargé du développement. Elle regrettait qu’ils finissent à la déchetterie sans aucune valorisation. » Tri-Vallées a étudié le dossier et testé différents broyeurs. Aucun ne donnait satisfaction avant que la perle rare ne soit découverte… à Albertville ! « Un ski compte en moyenne douze couches de matériaux, détaille Gauthier Mestrallet. Nous procédons à sept broyages consécutifs qui réduisent les skis en particules de 0,5 à 1 centimètre de diamètre. En 2005, La Plagne a servi de station pilote et nous avons récupéré 8 tonnes de skis sur

l n’y a pas si longtemps, les pneus usagés finissaient souvent abandonnés dans une décharge ou brûlés à l’air libre. Prise de conscience écologique oblige, depuis décembre 2002, un décret relatif à l’élimination des pneumatiques usagés prohibe ces pratiques d’un autre temps et aboutit à la création d’Aliapur, société lyonnaise chargée de mettre en place un outil efficace de collecte et de valorisation. « Même usé, le pneu conserve de nombreuses qualités. Ne restait plus qu’à organiser la filière », résume dans un sourire Eric Fabiew, directeur général d’Aliapur qui reconnaît avoir parfois eu le sentiment d’être le « Kofi Annan » du pneumatique… Premier défi, et pas des moindres, faire s’entendre les sept plus gros manufacturiers de pneumatiques (Bridgestone, Continental, Dunlop, Goodyear, Kléber, Michelin et Pirelli), tous membres fondateurs d’Aliapur, mais surtout redoutables concurrents.

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Cette année, 200 tonnes de skis devraient être récupérées. un potentiel annuel estimé à 1 500. En 2006, nous sommes montés à 12 tonnes. En 2007, le périmètre a été élargi à d’autres stations avec plus de 50 tonnes récupérées. Cette année, un partenariat a été conclu avec les magasins Skiset et nous devrions arriver à 200 tonnes ! » Chaque paire de skis est détruite en deux minutes. Les particules de ferraille sont envoyées dans des fonderies alors que les autres matériaux servent de combustible pour les cimenteries Vicat. Trois tonnes de skis broyés correspondent à une tonne de pétrole ou deux tonnes de charbon ! « Nous sommes de plus en plus sollicités, notamment par la Suisse et l’Italie », se réjouit Gauthier Mestrallet qui aimerait voir « les fabricants s’orienter vers le principe de l’écoconception afin que le recyclage soit pensé dès la naissance du ski »… • Christian Dybich

« Il a également fallu bousculer toutes les contraintes de la distribution ». Ces difficultés n’ont pas empêché Aliapur de devenir, en quelques années, le leader national de la valorisation des pneus usagés. « Depuis notre création, nous gérons chaque année près de 82 % du total des pneus usagés et avons collecté, au total, plus d’un million de tonnes de pneus », se félicite Eric Fabiewl. Des pneus transformés en gazon synthétique pour les stades, en sols souples pour les aires de jeu, en murs anti-avalanche ou encore utilisés comme combustible de substitution pour les cimenteries ou chaufferies urbaines… « Notre département R&D est sans cesse à la recherche de nouvelles voies de valorisation », commente Eric Fabiew qui s’attaque désormais à la résorption des stocks historiques de pneus, véritables « décharges à ciel ouvert ». • C.F.

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À VENIR


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Lafuma, succès durable uand un acteur majeur de l’outdoor se préoccupe de l’avenir de la planète, il ne fait pas les choses à moitié. Premier industriel français du sport et premier européen de l’outdoor, avec près de 121 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 40 % à l’international, Lafuma, fondée en 1930 à Anneyron dans la Drôme, n’a pas attendu que le vert soit à la mode pour faire du développement durable son cheval de bataille. « Nous sommes engagés dans le développement durable depuis 15 ans », précise Diane Maniouloux, responsable développement durable du Groupe Lafuma. En 1992, à une époque où cela n’était pas évident sur le plan commercial, la marque sort son « Greenbag », premier sac en coton recyclé et invente l’éco-conception. Depuis Lafuma n’a de cesse d’« offrir plus avec moins » : plus de polyvalence, de confort, de sécurité, de fonctionnalité avec moins de matière, d’énergie… « Logistique, transports, ressources humaines… le développement durable est un ancrage fort tant en interne qu’en externe qui impacte toutes les entités

de l’entreprise », fait valoir Diane Maniouloux. Après la mise en place d’un système de navette vers les gares qui évite aux salariés de Lyon ou Valence de prendre leurs voitures pour venir travailler, l’entreprise s’est dotée d’un éco-restaurant unique en son genre où tout est pensé pour minimiser pollution et consommation d’énergie : 50 % des besoins en eau chaude sont assurés par des panneaux solaires installés sur le restaurant, tout le matériel de cuisine a été renouvelé pour être moins gourmand en électricité et les salariés sont incités à trier les déchets grâce à un espace de tri sélectif particulièrement pédagogique où l’on apprend par exemple qu’« avec 670 canettes, on fait un vélo ». • C.F.

Les panneaux solaires produisent la moitié des besoins en eau chaude du restaurant.

Patagonia : L’ascension verte ’est la raison d’être de Patagonia depuis sa création en Californie en 1973 par Yvon Chouinard, grimpeur d’origine québécoise : concevoir les meilleurs produits possibles en limitant leurs impacts sur l’environnement ; du choix des matières premières au recyclage en passant par les procédés industriels, la durée de vie... On doit ainsi à cette entreprise, spécialisée dans les vêtements de sportsnature,

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les premières polaires fabriquées à partir de bouteilles plastiques recyclées ; soit, quinze ans après ce lancement, le « détournement » de 92 millions de bouteilles PET de la décharge, à raison de 25 par polaire ! « Nous intégrons aujourd’hui du polyester recyclé dans un nombre croissant de produits, même techniques comme nos vestes imperméables, notre gamme de sous-vêtements… », détaille Isabelle Suzini, directrice environnement de Patagonia Europe, basé à Annecy-leVieux (Haute-Savoie). Et si 52 % des articles de la collection textile hiver 2008 (contre 42 % en 2007) contiennent des matières recyclés, 53 % peuvent également pré-

tendre à une seconde vie en fin de carrière (contre 34 %) : « Nous collectons, dans nos magasins, les vêtements usagers en polyester, nous nous chargeons de leur transformation en fibres que nous utilisons dans la fabrication de nouveaux vêtements. Nous ne cessons d’enrichir notre gamme en ce sens. Cet hiver, nous lançons par exemple les premiers ensembles de ski recyclés et recyclables ». Et l’activité de cette société, toujours propriété de son fondateur, ne cesse de progresser avec un chiffre d’affaires de 296 millions de dollars sur l’exercice clos au 30 avril 2008 (contre 267 sur le précédent) ; 1 % des ventes allant à des associations de protection de l’environnement.• Hélène Vermare DR

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À VENIR


RHÔNE-ALPES • INTERVIEW

Christophe Thévenon : « les collectivités doivent montrer la voie » effets de la crise énergétique. Les explications de Christophe Thévenon, directeur général d’Elyo Centre-Est Méditerranée (groupe Suez)

À l’initiative d’Elyo Suez, Lyon accueillera le 24 octobre prochain les Rencontres Energies Citoyennes. Au centre des débats, la stratégie des collectivités territoriales pour atténuer les

Quelle est la finalité des Rencontres Energies Citoyennes? Echanger avec les représentants des collectivités territoriales du quart Sud-Est sur les effets de la crise énergétique et des solutions à mettre en œuvre avec l’expertise d’Elyo. Une thématique qui prend tout son sens dans le contexte actuel : hausse des prix, raréfaction des énergies fossiles, difficultés d’approvisionnement et réchauffement climatique. Face à cette situa-

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tion, les collectivités doivent montrer la voie et s’appuyer sur toutes les compétences locales. Outre leurs propres bâtiments techniques, elles gèrent en effet un parc immobilier important. Il faut qu’elles donnent un signal politique fort tout en assurant leur équilibre budgétaire. En chiffres, comment ce souci de rationalisation se traduitil? Le patrimoine immobilier que nous gérons a une consommation énergétique d’environ 15 % inférieure au patrimoine global. C’est l’effet de nos savoir-faire dans ce domaine. Cela passe aussi par une réflexion sur quelques idées simples. Dans le tertiaire, par exemple, un bâtiment n’est pas occupé plus de 25 % du temps, en prenant en compte les nuits et les weekends. On peut donc faire d’importantes économies en

réduisant la consommation énergétique des locaux, notamment de chauffage et d’éclairage à ces moments là. Songez, par ailleurs, que le simple fait de baisser la température d’un degré réduit la facture énergétique de 7 %. À plus long terme, quelles sont les pistes explorées par Elyo ? La démarche 3E (Efficacité Energétique et Environnementale) que nous proposons peut se résumer en « 3 moins » : moins de consommation, moins de dépense, moins d’émission de gaz à effet de serre. Bref, maîtriser sa facture énergétique et préserver l’environnement. Pour cela, on passe des contrats de long terme avec les collectivités dans lesquels figurent des obligations de résultats. Cela implique d’avoir une approche globale sur toute la chaîne énergétique, de la

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Bois, panneaux solaires, façades végétalisées… intègrent de plus en plus les programmes neufs.

Quand logement rime avec environnement Cette fois c’est certain, la haute qualité environnementale (HQE) ne se résume plus seulement à des normes, référentiels et autres guides. Pour s’en convaincre, il suffit de pousser la porte de nombreux logements de la région. a HQE ? Si jusqu’au début de ce siècle, le sigle s’est contenté d’exister, il est désormais vraiment mis en pratique. Et cette mise au diapason de la haute qualité environnementale des constructions neuves comme anciennes passe bien souvent par la remise au goût du jour de règles de bon sens et de matériaux oubliés. Bois et végétaux, peu gourmands en eau, signent ainsi un retour en force. Pionnier en matière de HQE, le promoteur grenoblois Villes et Villages Créations privilégie ainsi chaque fois que l’occasion lui en est donnée le traitement des façades et toitures de ses programmes neufs en végétaux. « Cela permet un confort thermique et acoustique hors pair », assure Lydianne Vincent, responsable qualité du groupe. Pour laisser passer la lumière naturelle, tout en garantissant une occultation et une protection contre les rayons du soleil, on installe des bandes de bois sur la quasi-totalité des balcons. Et surtout, la nature devient le meilleur allié des promoteurs. « Aujourd’hui, chaque fois que nous achetons un foncier, nous réalisons des études en amont de la construction afin de définir le contexte climatologique du lieu et d’identifier les ressources du site pour savoir si, par exemple, nous DR

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pouvons avoir recours à la géothermie. Nous sommes également très attentifs à l’implantation des bâtiments et à leur orientation pour tirer le meilleur parti de l’ensoleillement et favoriser une aération naturelle », confie Lydianne Vincent. À Meylan, Villes et Villages livre un nouvel ensemble labellisé HQE qui intègre entre autres des panneaux solaires pour l’eau chaude sanitaire, un bassin de récupération d’eau pluviale pour l’arrosage des espaces verts, des toitures et façades végétalisées, une isolation par l’extérieur pour éviter les ponts thermiques, des huisseries de 16 mm d’épaisseur avec de l’argon qui permet de teinter la vitre en extérieur et de bénéficier de la clarté à l’intérieur. À Lyon, sur la ZAC du Bon Lait, à Gerland, cinq promoteurs ont également accepté de relever le défi de la HQE. Panneaux solaires pour l’eau chaude sanitaire, double façades, brise-soleil, absence de climatisation, utilisation du chauffage urbain, isolation par l’extérieur équiperont les immeubles de ce nouveau quartier qui sortira de terre à partir de 2010. Depuis deux ans, le bailleur social lyonnais Alliade s’est aussi mis au diapason de la HQE. « C’est après un diagnostic de site que nous décidons de l’implantation du

bâtiment, de l’organisation interne des logements et de la nature des équipements de chauffage et de production d’eau chaude », explique Elisabeth Devalmont, directrice de la stratégie et du patrimoine d’Alliade. La réhabilitation à la traîne Des éléments bien plus délicats à prendre en compte dans les programmes de rénovation. ICF, filiale immobilière de la SNCF qui vient de livrer à Sainte-Foy-lèsLyon une trentaine de logements réhabilités et labellisés HQE, a tranché. « Si la réhabilitation d’un bâtiment selon les normes HQE est trop chère, nous démolissons et nous reconstruisons en densi-

Les capteurs solaires permettent la production d'eau chaude sanitaire.


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La caserne de Bonne à Grenoble : une réhabilitation où le HQE va de l’isolation à la production d’eau chaude en passant par les ampoules basses consommation ou les mousseurs au robinet. series extérieures en double vitrage peu émissif à lame d’argon. La HQE ne s’arrête pas sur le seuil de la porte d’entrée. Et là, dans les constructions neuves comme les réhabilitations, « les petits riens » font des prouesses en matière d’économies.

Ainsi, ampoules basse consommation, mousseurs sur robinets, chasse d’eau à double fût, dispositifs centralisés de coupure de veille sont désormais des incontournables chez les promoteurs comme chez les bailleurs sociaux. • Françoise Sigot

Combien ça coûte ? Se mettre au diapason de la HQE signifie accepter de faire des efforts d’investissement car si les équipements environnementaux extérieurs et intérieurs sont économes à l’usage, ils sont loin d’être bon marché. Ainsi, les acteurs de la construction estiment entre 5 et 15 % le surcoût HQE dans le neuf et l’évaluent sensiblement plus élevé en matière de réhabilitation. Mais lorsqu’il s’agit de chiffrer la baisse des charges, on parle à l’unisson de 30 à 35 % de gain. Le programme Praly, à Meylan, annonce même 62 % d’économie d’énergie par rapport à un logement standard. Comment ça marche ? On connaissait le manuel d’utilisation des appareils électroménagers ou hifi, il est désormais décliné pour le logement. « Nous accompagnons toutes nos livraisons d’un livret de l’usager. Un outil indispensable pour tirer le meilleur parti des installations HQE », explique Lydianne Vincent. Un recueil de bonnes pratiques et de conseils pour limiter ses consommations énergétiques et savoir se servir d’équipements souvent précurseurs. « L’utilisation de ces équipements n’est pas encore entrée dans les pratiques de nos locataires. Il est donc primordial de les sensibiliser à la préservation de l’environnement et leur expliquer comment, à travers des gestes simples, ils peuvent préserver la planète et réduire leurs charges », abonde Elisabeth Devalmont. DR

fiant, ce qui est aussi un moyen de préserver notre environnement en consommant moins de foncier », fait valoir Alain Surdon, P-dg d’ICF. « Souvent la base est très contraignante et il est difficile de procéder au traitement des façades ou à l’installation de panneaux solaires », reconnaît aussi la responsable qualité de Villes et Villages Créations. Dans certains cas, le challenge est même impossible à relever. « La plupart du temps, les architectes des bâtiments de France nous interdisent de poser des doubles vitrages et plus encore des panneaux solaires ou des systèmes d’isolation extérieure », déplore Gilles Oziol, responsable de programme chez Sogim, groupe lyonnais spécialiste de la réhabilitation de bâtiments classés. Cela étant, Villes et Villages vient de réhabiliter le Carré Mansart au sein de la caserne de Bonne, à Grenoble. Une trentaine de logements équipés de la production d’eau chaude sanitaire par capteurs solaires installés en toiture, d’une isolation thermique et acoustique en ouate de cellulose pour les toitures, de menui12 • L’EXPRESS RHÔNE-ALPES - 25/09/08


EASY JET


RHÔNE-ALPES • AGENDA

CULTURE > GRENOBLE BIO-ART AU MUSÉE

PUCES DU CANAL

Réveiller les consciences par la voie de l'émotion, voici ce que propose Wolfgang Laib depuis plus de trente ans. Artiste rare, personnalité inclassable, le sculpteur allemand offre au public une reflexion spirituelle sur la planète et ses ressources. Cire d’abeilles, pollen et même du lait donnent une saveur particulière à ses œuvres. Plus qu’une simple expérience artistique, c’est une approche très spirituelle de l’art, un bon début pour méditer sur la relation de l'homme avec son univers. Exposées jusqu'au 28 septembre au Musée de Grenoble. www.museedegrenoble.fr/laib.htm

> CHAMBERY DÉCOUVERTES Depuis sa création en 1996, le festival Bel-Air est devenu un incontournable pour tous les amoureux de la musique classique. Dans des lieux uniques et intimes, c’est l’occasion de découvrir, en première française des artistes qui ont déjà conquis l’Europe telle Martha Argerich avec son Trio de Chostakovich, mais aussi des jeunes talents prometteurs comme la violoncelliste Marie Elisabeth Hecker, premier prix du dernier concours Rostropovitch. Du 1er au 6 septembre. www.rencontresbelair.com

> LYON PHOTOS D’IDENTITÉS

À VENIR

> AMBRONAY LES FEMMES D’ABORD À l'aube de sa trentième édition, le festival d’Ambronay donne la parole au génie musical des femmes. Ce magnifique festival de musique ancienne nous emmène dans les répertoires et les destins d’artistes féminines exceptionnelles et pourtant méconnues. Femmes d’hier, avec Fanny HenselMendelssohn ou Barbara Strozzi, et d’aujourd’hui sur les airs arabo-musulmans de Houria Aïchi, à découvrir dans le cadre majestueux de l’Abbaye et du patrimoine d’Ambronay. www.ambronay.org

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Vernissages, expositions et rencontres avec les photographes du 16 septembre au 31 octobre. www.lebleuduciel.net/html/ biennales.htm

© Tokyo Municipal of Art Tokyo 2003 - Sonja Werner - Balkova, Masks 3, 2005

Recherche, questionnement et émerveillement sont les principales qualités du festival « Lyon Septembre de la photographie ». Autour du thème de l’identité et du territoire européen, 63 artistes confrontent leur subjectivité à la mondialisation des identités dans une trentaine de lieux de la ville et de l’agglomération.


COMMUNIQUÉ

> BELLEY SCARABEATS Quatre garçons dans le vent ressuscitent les mythiques Beatles et revisitent les tubes légendaires des « Fabulous Four ». Ça sent bon le vinyle et les années 60, rien ne manque, des coupes « Moptop » aux costards à cols de velours. Une énergie contagieuse, un répertoire impressionnant avec des inédits jamais chantés, de quoi rendre fou le plus sage des fans des scarabées.

symbole de la lutte contre les mines anti-personnels et les bombes à sous-munitions. Jusqu’au 28 septembre www.ville-romans.com www.histoiredechaussure.com

> BERNARD BUFFET LITHOGRAPHIES

Le 19 septembre à L’intégral. Réservations : 04 79 42 31 88 www.belley.fr

ROMANS COUP DE PIED Amour, indifférence, plaisir ou symbole, quelle relation entretient-on avec nos chaussures ? Un début de réponse avec l’exposition « Histoire de chaussure, des photographes s’engagent pour Handicap international » au Musée international de la chaussure de Romans.

© Giorgio De Chirico - DR

L’entrée est libre mais le livre « Histoire de chaussure » est édité au profit d’Handicap international, qui en a fait le

Bernard Buffet fait partie de ces peintres talentueux et précoces qui connaissent un succès fulgurant avant d’être boudés par la critique. Peintre de l’après-Seconde Guerre mondiale, personnage complexe et solitaire, son œuvre reflète l’angoisse existentialiste propre à l’être humain, partagé entre l’amour et la haine, la vie et la mort. Désormais reconnu comme l’un des plus grands peintres du XXe siècle, l’artiste aurait 90 ans cette année et comme un cadeau, la galerie Michel Estades l’expose. Immanquable. Jusqu’au 10 octobre à la galerie Estades, Lyon 1er. www.estades.com

• Quentin Duquenoy

Dossier conçu par Partenaire

Ont collaboré à ce numéro :

www.partenaire.fr

Catherine Auch-Roy, Christian Dybich,

Édition : Amélie Baghdiguian

Quentin Duquenoy, Catherine Foulsham,

Rédaction : Objectif Une

Yann Petiteaux, Françoise Sigot

www.objectifune.fr

et Hélène Vermare.

Rédacteur en chef : Pascal Auclair

Publicité : Régie Partenaire

Adjointe : Véronique Maugé

15, rue Louis Blanc - 69006 Lyon

Direction artistique :

Elodie Dupard et Bénédicte Francesia

www.presso.fr

Tél. : 04 72 83 96 96

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APICIL AGIRA

Express Rhône-Alpes  

25 septembre 2008

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