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Le magazine 100% dédié au football féminin français et international

Football féminin

N°2 - Septembre 2011

POSTER DéDICACé LOUISA NECIB page 30

U A E UV

NO

N°2

Freestyle

Quand les filles font le show ! page 8

Equipe de France

Merci les bleues ! Rétrospective de la Coupe du monde page 21

L 11226 - 2 - F: 3,80 € - RD

Toulouse

Zoom sur...

Champion d’europe !

La guadeloupe !

page 43

page 54


EDITO « Une nouvelle ère » « Magiques » « Enchanteresses »

« Comme on vous aime » Les mots bleus ont coulé sur la performance collective et maîtrisée de l’équipe de France féminine, en Allemagne, lors de la dernière Coupe du monde qui a envoyé le Japon sur le toit, les Etats-Unis, la Suède dans la maison et les coéquipières de Louisa Necib dans un beau et spacieux jardin. Surfant sur la vague bleue et lyonnaise, le football féminin a poursuivi, durant l’été, son ascension irrésistible. De nouvelles portes et

fenêtres vont donc désormais s’ouvrir pour les protégées de Bini et tous ceux et celles qui ont accompagné ce mouvement, loin d’être anodin, anecdotique… mais simplement historique. Le championnat de France sera ainsi diffusé pour la première fois, cette saison en clair sur France Télévisions, mais aussi sur Eurosport. Un bel hommage cathodique en somme, une vraie reconnaissance en soi. Certes, le changement de présidence au sein de la FFF, comme une savante coïncidence, n’a pas tardé à épouser les courbes dorées et à dresser les perspectives d’avenir d’un football

qui ne demande qu’à se professionnaliser davantage, à se populariser aujourd’hui et demain encore plus qu’hier. WISmag, qui se veut l’humble écho de cette forte résonnance s’associe à cette nouvelle ère, cette jeunesse d’aujourd’hui, ce football d’hier qui retrouve son essence, dans les parfums d’aujourd’hui. Oui, nous tenions à saluer le parcours de ces héroïnes du quotidien, ces gardiennes du temple qui ont su si bien décliner, valoriser l’image de la France, de son football et de sa féminité. La vague bleue n’est pas prête de retomber. Certes, les lendemains qui chantent sont

souvent difficiles. Mais nous sommes convaincus d’une chose : c’est que la cause en vaut vraiment la peine. Et pour les dernières résistances – masculines – il faudra composer avec ce nouvel adage, ce couple, ce mariage de cœur et de raison  : oui, le football se conjugue au féminin. Merci les Bleues. Merci l’Olympique Lyonnais. Merci le football féminin amateur. Merci pour tout. Et ce n’est que le début. Edouard Caudet, Directeur de la publication.

Merci les Bleues ! (2011) WISmag - Miya / Duracelle - Paroles : Manu Magot - Musique : Prince Vasco

4 rue du Général Leclerc 77170 Brie Comte Robert Directeur de la publication : Edouard Caudet Assistante de Direction : Sabrina Treguer Direction artistique et maquette : Kynova - www.kynova.com Rédacteur en chef : René Zyserman

Gardez le rythme !

Merci les Bleues !

Sur une initiative d’Edouard Caudet, directeur de la publication de WISmag, notre magazine 100% dédié au football féminin français et international a voulu, à sa façon, musicale, rendre un vibrant hommage aux Bleues de la Coupe du monde 2011. Une spéciale « Dédicace », harmonieuse, rythmée et joyeuse, dont le but est de mettre à l’honneur ces héroïnes qui nous ont tant fait vibrer. Qui ont su apporter un vent de fraîcheur, un élan sincère et passionné sur la terre ferme du football. Oui, « On a tous la même passion », « Vous nous avez rendu si fiers », « Merci les filles ». Et gardez le rythme ! Retrouvez « Merci les Bleues » et son clip amateur sur : www.wis-mag.com (rubrique : Merci les bleues) En téléchargement sur les plateformes légales (FNAC, Deezer, iTunes,... : à partir de 0,49 € par téléchargement).

Ont participé à ce numéro : Mathilde Zaragova Samira Ouled-Dhaher Olivier Charolles Wilfried Corvo Photos de couverture : Presse Sports Imprimé en Espagne

WISmag - N°2 - Septembre 2011

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Sommaire

Equipe de France

Merci les Bleues !

Rétrospective de la Coupe du monde

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Zoom sur... La Guadeloupe

Freestyle Quand les filles font le show !

49 4

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6 Le foot féminin dans le monde 16 Enquête. Quel impact pour le football français ? 34 Tout sur le Championnat de France 2011/2012 56 Jeux et Footoscope 58 Offre d’abonnement

Un jour, un club FCF Juvisy Essonne

WISmag - N°2 - Septembre 2011

poster Louisa Necib

mini-poster Gaëtane Thiney


Courrier des lecteurs Vous êtes passionné(e) de football et vous souhaitez agir pour le foot féminin... Vous souhaitez vous exprimer, intervenir au sujet d’un reportage, nous aider à améliorer ce magazine, ou simplement donner votre avis...

Envoyez votre courrier à :

WISmag Rédaction 4 rue du Général Leclerc 77170 Brie Comte Robert « Oui, on peut aimer le foot, porter des talons hauts, se passionner pour la psy & philo, accompagner le combat des femmes avec un grand respect pour les hommes ! Bravo pour ce que vous faites.... et très longue vie brillante à WISmag ! » Cécile. « Bonjour, Bravo, enfin un magazine sur le foot féminin. »

Cette fois encore, vous avez été nombreux à réagir à l’arrivée de WISmag... « Je viens de recevoir le numéro de juin de WISmag. Je vous en remercie et pense qu’il vient à point nommé. J’ai découvert par hasard l’équipe de France des Bleues sur France-Football. J’ai tout de suite pensé qu’un magazine exclusif sur elles serait le bienvenu. Et voici le vôtre ! J’ai suivi les six matchs qu’elles ont joués et été émerveillé par la très grande qualité de leur jeu. Il est dommage que la défense n’était pas tout à fait au même niveau. Sans cela, avec une créativité et un panache semblables aux Japonaises, j’imagine leurs regrets. Mais rien n’arrive en un seul jour. Finir quatrième à un niveau mondial si élevé et se qualifier pour les Jeux Olympiques est un achèvement de haute volée. Surtout si l’on considère qu’elles ont vécu quelque peu dans l’ombre jusqu’à présent. Il faut œuvrer de tout cœur pour que cela ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Je tire mon chapeau à ce cher Bruno Bini et à cette belle équipe qu’il a si bien su mettre sur pied. Je les suivrai pas à pas dans leur progression. J’aimerais, pour finir, qu’un livre ou deux sortent sur leur odyssée allemande. L’un sur leurs six matchs avec profusion de photos, l’autre écrit sur leurs personnalités, etc. afin de les faire mieux connaître. Je vous salue et vous fais part de tous mes meilleurs vœux de succès ! Allez les Bleues ! » Jean.

« Bonjour à tous, Nouveau abonné, je viens de recevoir le N°1, et je l’ai dévoré d’admiration. Et je ne regrette pas de vous avoir fait confiance. Alors continuez comme cela ! Vivement le N°2 et les statistiques de la Coupe du monde. A bientôt avec WISmag. »

Patrick. « C’est génial d’avoir fait un magazine consacré uniquement au football féminin !!! Personnellement je fais du foot, la saison précédente je faisais partie d’une équipe mixte, bon dans ma catégorie (U15) il y avait 30 garçons et j’étais la seule fille. A certains moments c’était un peu dur à supporter, en plus j’étais la plus grande et j’avais 2 à 3 ans d’écart avec les garçons, mais bon ça s’est bien passé. La saison qui vient je ne vais jouer qu’avec des filles, tant mieux... Mon rêve est d’évoluer en équipe de France, et soit à Lyon ou à Montpellier. Alors j’espère que le football féminin va être davantage médiatisé, grâce à vous en partie. Donc bonne chance pour la suite. A bientôt. » Manon.

Retrouvez prochainement le courrier des lecteurs sur notre site internet : www.wismag.com

L’invité du mois

Photo : DR

MicKAëL LANDREAU Champion de France en titre avec Lille, mais aussi avec le FC Nantes en 2001, le gardien international qui totalise plus de 500 matchs en Ligue 1, joués sous les maillots de Nantes, du PSG et de Lille, nous a livré sa vision du football féminin et son analyse de la Coupe du monde.

A chaque numéro de WISmag, retrouvez l’analyse et les commentaires de notre invité du mois tout au long du magazine. WISmag - N°2 - Septembre 2011

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En direct / Le foot féminin dans le monde

L’actualité

En france et à l’étranger Bleue comme Bollaert Le vendredi 24 août, l’équipe de France féminine affrontait la Pologne à Lens, au stade Bollaert. Louisa Necib et ses partenaires vont tenter de rester sur leur lancée tout en surfant sur la même dynamique de la Coupe du monde. Rappelons que les Bleues sont parvenues jusqu’en demi-finale lors du mondial en Allemagne.

L’UEFA se fixe des objectifs Karen Espelund est la première femme à rejoindre le comité exécutif de l’UEFA. Elle est chargée de la stratégie du développement qui devrait avoir des effets importants sur le football féminin et sur l’ensemble du sport. Par l’intermédiaire de son programme d’assistance HatTrick, entre 2012 et 2016, l’UEFA s’est engagée à dépenser 100 000 € par association membre par an sur le développement de la discipline.

Les Bleuettes y ont cru Décidément, le football féminin tricolore traverse une excellente période. Après la sélection de Bruno Bini, les Bleuettes affrontaient l’Espagne le 31 juillet, à Nyon, en finale de l’Euro des moins de 17 ans. Les joueuses de Paco Rubio se sont inclinées face aux tenantes du titre. Les Espagnoles ont inscrit l’unique but de la rencontre dans le temps additionnel.

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L’équipe de France au premier plan ? Le parcours des Bleues lors de la Coupe du monde en Allemagne devrait faire évoluer certaines mentalités concernant le football féminin et augmenter le nombre de licenciés dans les clubs de football. C’est ce que souhaitent les dirigeants de nombreux clubs français.

Universiade : la France finit quatrième Battues 4-1 par le Brésil, la France revient de Chine sans médaille de l’Universiade. Une fin en queue de poisson malgré un joli parcours. Les universitaires tricolores imitent leurs brillantes aînées, qui ont achevé la Coupe du monde 2011, en Allemagne, à la même place. Face à la formation sud-américaine, les protégées de Julie Soyer, malgré leur bonne volonté, ont dû s’incliner. Quatre buts d’Oliveira (23e) et Wiggers (67e, 83e, 89e) ont mis un terme à la belle aventure tricolore. Fanny Tenret (68e) a sauvé l’honneur du camp bleu. En demi-finale, deux jours auparavant, la France s’était inclinée (3-2) face au Japon après avoir été menée (3-0). Une saine réaction d’orgueil signée Sarah Palacin, puis Astrid Chazal entretenait l’espoir. Malgré une pression quasi insoutenable, le Japon conservait son maigre avantage.


Les clubs surfent sur la vague La Coupe du monde qui s’est déroulée cet été en Allemagne a montré que le football peut allier des notions de féminité et de qualité de jeu. De nombreux clubs veulent poursuivre une politique de recrutement de jeunes talents. C’est le cas du club de FC Les 2-Ponts qui va proposer plusieurs axes de développement pour cette nouvelle saison. Ainsi, sur les installations du stade de Nohic aura lieu dès le 11 septembre un tournoi de football féminin senior. Il a également été mis en place le jeudi un créneau horaire pour les joueuses souhaitant pratiquer le football. Adolescentes et adultes auront leur place lors de ces mêmes séances. Elles pourront en outre participer chaque mois à des rassemblements avec le district de Tarn-et-Garonne.

Couac Un tournoi international de football féminin, qui devait avoir lieu en juillet à la Réunion, a été annulé une semaine avant le début de la compétition. En effet, la coupe COSAFA (Council of Southern Africa Football Association) est un tournoi féminin opposant des équipes nationales d’Afrique. La ligue réunionnaise de football qui devait organiser la compétition en juillet a planté tous les participants à la dernière minute. C’est le Zimbabwe qui a remplacé au pied levé la Réunion pour pallier à cette déception. La sélection réunionnaise qui a toutefois été conviée à participer, a décliné l’invitation en prétextant «  des délais liés aux vaccinations obligatoires et recommandées pour toute visite dans ce pays ».

Les Bleues enchantent Bollaert France-Pologne (2-0) FRANCE Deville (puis Benameur 46e) Lepailleur (puis Viguier 46e) Renard (puis Georges 46e) Meilleroux (puis Le Sommer 46e) Bompastor Franco (puis Pizzala 66e) Soubeyrand (cap.) Abily (puis Boulleau 66e) Thiney Bussaglia Thomis

POLOGNE Kiedrzynek Konsek Mika Pawlak Siwinska Stobba (cap.) (puis Tarczynska 90e) Zyla (puis Salata 46e) Zelazko Pozerska (puis Fryc 75e) Winczo Chudzik (puis Gawronska 92e)

Non, la vague bleue n’est pas retombée en cette période de vacances. Mercredi 25 août, c’était encore la fête avec cette équipe de France qui a réitéré ses élans de poésie, son jeu en mouvement, juste et précis, dans une ambiance on ne peut plus joyeuse et populaire. A Bollaert, devant un public lensois conquis d’avance, la formation de Bini, qui a fini à la quatrième place au Mondial allemand a mis 35 secondes pour se mettre en orbite. C’est Elodie Thomis qui s’y est collée, glissant le ballon entre les jambes de la gardienne polonaise. Il a fallu patienter jusqu’à la 36eme minute pour voir Sandrine Soubeyrand, capitaine du navire tricolore, pensionnaire de Juvisy, expédier un amour de frappe sur la barre qu’Elise Bussaglia a judicieusement accompagné jusque dans les buts. Quelques gestes de classe de Gaëtane Thiney ou d’Elodie Thomis ont égrené une rencontre fort agréable, même si les Bleues retombaient quelquefois dans leur travers mondialiste en ne concrétisant pas davantage leurs promesses et surtout leurs occasions de but. Cette équipe-là, qui a désormais besoin d’ « engranger de l’expérience » face à des équipes de très haut niveau, « comme la Suède ou le Brésil », dixit le sélectionneur, doit conserver ce formidable état d’esprit tout en continuant à progresser pour être à la hauteur des attentes qu’elles ont suscitées ici et là. Car, en ligne de mire, il y a en effet les JO de Londres... C’est déjà demain.

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Mélo (à gauche) et Bambiball (à droite) sont les deux seules filles membres de la S3 Society, mais la relève pointe le bout de son nez chez les jeunes

Quand les filles font

le show

avec un ballon ! Membres du groupe Street Style Society, Mélo et Bambiball sont deux freestyleuses hors-pair. Deux filles qui transforment les sourires railleurs des garçons en sourires d’admiration quand elles démarrent leur show. WISmag les a rencontrées cet été du côté de la Villette à Paris. Elles nous expliquent comment elles en sont venues à mélanger foot et spectacle, pour se produire au sein de la S3 Society. Interview à deux voix… 8

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AFP/KIRK GLYN

Découverte / Quand les filles font le show avec un ballon !

WISmag : On va commencer par les présentations. Qui êtes-vous les filles ? Mélo : « Mélodie Donchet, 21 ans, membre de la S3 depuis septembre dernier. » Bambiball : « Sandy Levittas, 26 ans, j’ai intégré l’équipe en mai 2010. » Pour Mélo, on comprend, mais pourquoi « Bambiball » ? Bambiball : « En fait, ça vient d’une journée test organisée lors de la Coupe nationale des 16 ans. Nous faisions un test qui consiste à partir du milieu du terrain, en jonglant jusqu’à la surface, puis à tirer, le tout étant chronométré. Dès le début des jongles, mon ballon est parti loin devant et j’ai fait une sorte de saut de biche pour le rattraper. Mes co-équipières de la Ligue de Paris m’ont alors donné le surnom de Bambi. Quand j’ai cherché un nom pour mes shows, j’ai pensé à Bambiball pour me démarquer des garçons, qui eux choisissaient de rajouter

«inho» à la fin de leur prénom. » Vous avez toutes les deux un passé de footballeuse. Racontez-nous votre parcours ? Mélo : « Moi j’ai commencé le foot à 5 ans. J’ai joué 10 ans avec les garçons, avant qu’on m’oblige à jouer avec des filles. Je dis « oblige » parce que je préférais jouer avec les garçons ! J’ai joué en DH avec Saint-Léonard dans le Pas-de-Calais. J’ai participé à la Coupe Natio-

nale des 16 ans. Et j’ai joué jusqu’à 18 ans. Je me suis arrêtée après une rupture du ligament croisé. » Bambiball : « Moi j’ai débuté le foot plus tard. J’ai commencé à 16 ans en club à Vaires-sur-Marne, en Seineet-Marne. Avant je tapais déjà dans le ballon, mais je faisais aussi du basket, du hip-hop. Tout ça m’a servi par la suite. A Vaires, j’ai joué en DH, et ensuite je suis partie à Tours en D2 et j’ai été recrutée à Saint-Brieuc en D1. J’ai joué en club de 16 à 23 ans en fait. »

Et comment chacune d’entre-vous est passée du foot en stade au foot freestyle ? Mélo : « Joueuse, j’avais déjà acheté des DVD de freestyle. Mais ça me plaisait pas trop au départ, parce que je voulais être joueuse pro. Quand j’ai été blessée, j’ai ressorti les DVD et j’ai commencé à reproduire les figures. J’avais une attelle et je faisais ça avec ma tête et mes mains ! Je suis ensuite passée de ma chambre au jardin, puis dehors. Et quand j’ai été réta-

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Découverte / Quand les filles font le show avec un ballon !

Avec la S3 Society, les deux filles se sont déjà produites un peu partout à travers le monde : Japon, Canada, Qatar, Allemagne, Belgique…

blie, je n’ai pas resigné pour une saison en club, parce que je voulais faire du freestyle.» Bambiball : « J’ai commencé le freestyle toute seule dans mon coin en regardant les premières vidéos qui sortaient. C’était vers 2004, à l’époque des pubs pour Nike, où on voyait des joueurs qui réalisaient des figures. J’avais interrompu ma carrière pro pour terminer mes études et ça a démarré bizarrement. J’ai été filmée par quelqu’un alors que je m’amusais devant chez moi à Tours. Cette personne a mis cette vidéo sur Youtube sans me demander mon avis. L’Equipe Magazine l’a contactée et ils m’ont retrouvée via mon club. Un peu plus tard, j’avais 5 pages dans l’Equipe Mag’ ! »

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A quand remontent vos débuts dans le groupe Street Style Society ? Mélo : « J’ai commencé à rencontrer les gens de la S3 dès 2009. J’étais fan et un jour ma mère m’a emmenée à une compétition sur le parvis de Bercy. J’ai participé à des démonstrations, à des compétitions et un jour Séan m’a proposé d’intégrer la S3. J’ai commencé en septembre 2010. » Bambiball : « Au sujet de Mélo, je peux ajouter qu’elle a eu une progression tellement fulgurante que ça aurait été dommage de passer à côté. Quant à moi, j’ai intégré la S3 en mai 2010 à la fin de mes études. Avant, j’en faisais seule de mon côté, j’avais envie de rester indépendante. »

Et les garçons, quel regard portent-ils sur vous quand ils vous voient avec un ballon ? Mélo : « Au début ils rigolent ! Et après ils ferment leurs bouches ! J’ai déjà joué avec ça sur un plateau télé. L’animateur demande si quelqu’un veut tester le foot freestyle. Je suis dans le public et je me lève. Et ça fait rire tout le monde qu’une fille se propose. Je fais quelques jongles, je dis que ça me plaît et que je veux bien continuer. Et là, je lance le show ! » Vous participez aussi à des compétitions ? Bambiball : « Oui, mais elles sont encore mixtes. C’est donc un peu compliqué

pour nous. Mais notre palmarès dans les shows est inégalable (sourire) ! » Quand on vous voit en show, tout ça a l’air facile, mais il y a derrière des heures d’entraînement sans doute ? Mélo : « Il y a nos années de foot d’avant qui comptent, mais c’est vrai que là je m’entraîne pas mal. Quatre à cinq heures par jour ces derniers temps. » Bambiball : « Pour moi, c’est moins d’entraînement que ça. Mais à l’entraînement individuel il faut rajouter les séances en commun avec les autres membres de la S3, pour nous synchroniser. On se voit deux fois par semaine en général. »


Le freestyle, on arrive à en vivre ? Mélo et Bambiball : « Oui, ça va pour l’instant ! La S3 totalise plus de 250 shows en deux ans, un peu partout à travers le monde. On se produit sur des festivals urbains, des tournois de foot, des shows télé, des clips vidéos et même dans les rayons de supermarché ! Nous nous produisons aussi régulièrement pour « France 98 », nous avons participé par exemple au jubilé de Bernard Lama. Et nous avons pas mal tourné en juin-juillet en Allemagne à l’occasion de la Coupe du monde féminine. » Propos recueillis par Olivier Charolles

+ sur : la S3 Society Le groupe Street Style Society (S3) est un collectif proposant un concept original et unique (le mélange du football, du basket et de la danse) étant composé de freestylers professionnels internationaux qui sont des références dans chacune de leurs spécialités dont Séan, champion du monde de freestyle 2008 et double champion de France 2009 et 2010. Vous pourrez retrouver toutes l’équipe dont Mélo et Bambiball sur le site de la S3 Society à l’adresse suivante : http://www.streetstylesociety.com/ et sur la page Facebook : https://www.facebook.com/streetstylesociety.

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Reportage / Les jeux mondiaux militaires à Rio

Les Brésiliennes

championnes à domicile

Remerciements à Denis Dujardin pour sa participation

La 5e édition des Jeux mondiaux militaires s’est déroulée du 16 au 24 juillet 2011 à Rio de Janeiro. Près de 7 000 athlètes venus d’une centaine de pays sont venus se confronter dans 23 disciplines dont le football féminin tout en respectant le slogan du CISM*, amitié par le sport.

P

endant cette compétition, les sportifs militaires ont pu utiliser des installations sportives de tout premier plan qui serviront également pour les futurs Jeux Olympiques ou la Coupe du monde de football, comme le stade Olympique Joao Havelange, le stand de tir, la piscine ou encore la salle de volley, le Maracanazinho au pied du célèbre Maracana, encore et toujours en travaux.

À couper le souffle

C’est dans un stade olympique plein comme un œuf qu’a eu

...

lieu la cérémonie d’ouverture avec une ferveur populaire indescriptible, tout un peuple vêtu de vert et jaune vibrant aux rythmes de la samba en attendant le début des festivités, avec de nombreuses personnalités civiles et militaires dont Dilma Roussef, la présidente brésilienne et le colonel Hamad Kalkaba-Malboum, président du CISM. La lumière s’est éteinte, la nuit était tombée pour voir se produire sur la pelouse différentes musiques militaires sur de magnifiques jeux de lumière. Après le décompte fatidique, la garde aux drapeaux a fait son entrée pour hisser les pavillons du Brésil et du Comité olympique sur les

mâts prévus à cet effet devant la flamme. La cérémonie pouvait se poursuivre par l’entrée des délégations sur la pelouse. Derrière leurs pavillons et pancartes respectives, l’ensemble des nations a salué les autorités et le public  : une vraie communion s’est installée. Sur le terrain, était projetée la carte du monde que les athlètes contournaient lors de leur passage. Cela s’est ensuite poursuivi par un magnifique spectacle son et lumière avec des tableaux réalisés par des milliers de volontaires : la fête était complète. Avant que la présidente brésilienne et le président du CISM ne déclarent ouverts ces 5e jeux mon-

diaux militaires, le pavillon du CISM a fait son entrée sur le stade et a été hissé. Une athlète et un arbitre ont prêté serment au nom de l’ensemble des sportifs et des officiels avant le moment tant attendu : l’allumage de la vasque. Un secret avait été bien gardé : le nom du dernier relayeur de la vasque. La lumière s’est posée sur lui au dernier moment, il s’agissait du plus grand footballeur de tous les temps, Edson Arentes do Nascimento  : le roi Pelé. Les spectateurs et les athlètes n’en croyaient pas leurs yeux et une immense clameur est montée dans le stade, le temps qu’il gravisse les marches et allume la vasque. Comme toujours au Brésil, tout s’est terminé en musique, sur des rythmes de samba lors d’un grand concert final. Que le spectacle sportif commence !

On prend les mêmes et on recommence

Le tirage au sort des groupes du football féminin avait eu lieu en mai dernier lors de l’assemblée générale du CISM à Séoul. À la surprise générale, aucune équipe coréenne n’est inscrite : ni la Corée du Nord vainqueur de l’édition 2007 en Inde, ni la Corée du Sud fina-

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* Comité International des sports militaires


liste des deux derniers championnats du monde militaire. La compétition ne rassemblera donc que 6 équipes réparties en 2 groupes. Comme l’an dernier, à Cherbourg, on retrouve dans le groupe A : le Brésil, double champion du monde en titre, la France et le Canada ; et dans le groupe B : l’Allemagne, la Hollande et les USA. Le Brésil, s’annonce comme le grand favori à domicile car il a pris dans ses rangs, certaines filles évoluant en Europe dont Katia, l’attaquante du PSG et ancienne lyonnaise. Dans le groupe B, le groupe s’annonce plus ouvert entre ces trois formations de valeur égale. La France a le malheur (ou le bonheur !) de commencer la compétition face aux Brésiliennes dans le prestigieux stade de Vasco de Gama, un stade art-déco aux couleurs noir et blanc de ce club mythique du championnat de Rio.

Comme dans tous les grands clubs brésiliens, un hommage est rendu aux grandes figures du club. La tribune principale est pavée de tous les noms des grands joueurs ayant porté ce maillot noir et blanc. Pour le meilleur d’entre eux, Romario, une statue a été érigée sur le terrain ! L’an dernier, lors des championnats du monde qui ont eu lieu en France, les deux formations s’étaient quittées sur un score nul de 1-1. Devant plusieurs centaines de supporters Auriverde en folie, les Françaises vont vite s’apercevoir de la supériorité des locales. Sur leur 1e corner, à la 3e minute, Katia saute plus haut que tout le monde, coupe la trajectoire au premier poteau pour inscrire le premier but. Les Bleues sont dominées mais tentent de maitriser leurs adversaires. À la 15e minute, Ludivine Diguelmann part sur son aile gauche, centre pour Laura Pichonnier qui manque

La sélection

française... Gardienne GAV - Delphine Saez (Nîmes – D2) CPL - Pauline Ducroux Défenseur CCH - Stéphanie Groisil (Hyères – Ligue) GAV - Laura Martinez (Saint-Etienne – D1) GAV - Elodie Lizzano (Moulins Yseure – D1) CCH - Justine Gourvil SCH - Katia De Grande (Compiègne – D2) Milieu de terrain Gend - Isabelle Lommelais (Valence – DH) GAV - Adeline Bansard (Condé sur Noirot – D1) Gend - Carole Granjon (Nîmes – D2) CPL - Marie Blot GAV - Ludivine Diguelmann (Montpellier – D1) GAV - Salma Amani (Saint-Brieuc – D2) Gend - Ingrid Pinto Attaquante GAV - Laura Pichonnier (Condé sur Noirot – D1) SCH - Dolores Silvestri (Moulins Yseure – D1) GAV - Cynthia Djétou (Moulins Yseure – D1) CPL - Léonie Fèvre (Epinal – DH) Gend - Hélèna Salmon (Saint Herblain – D2)

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Reportage / Les jeux mondiaux militaires à Rio

malheureusement l’égalisation. Les Françaises ont laissé passer leur chance. Dans les minutes suivantes, les Brésiliennes inscrivent deux nouveaux buts pour porter le score à 3-0 à la mi-temps. En seconde période, les vagues jaune et verte se succèdent et un 4e but arrive. La France ne réduit la marque que dans les dernières minutes par Cynthia Guéhou-Djétou par un tir croisé des 18 mètres. Score final : 4-1. Après une journée de repos, la France s’attaque à l’équipe la plus faible de son groupe : la Canada. L’entraîneur, Philippe Lemain, a fait tourner son effectif. En moins de 10 minutes, Dolorès Silvestri marque à deux reprises. Elle réalise même le coup du chapeau avant la mi-temps. À la 55e minute, les Canadiennes réduisent la marque pour faire douter un peu les Françaises. Elles repartent de plus belle avec deux nouveaux buts par Carole Granjon et Katia De Grande sur pénalty. Les Bleues ont retrouvé le sourire et assuré la 2e place du groupe. En effet, le dernier match entre le Brésil et le Canada a été une simple formalité puisque les Brésiliennes ont cartonné : 10-0.

Départagées au goal average Le coup d’envoi des Jeux mondiaux militaires s’est déroulé au mythique stade de Joao Havelange (nord de Rio de Janeiro) en présence de la légende du football brésilien Pelé.

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Dans l’autre groupe, l’Allemagne jouait contre la Hollande. Après un début de match favorable à la Mannschaft qui ouvrait le score, la Hollande réagissait en inscrivant 3 buts en moins de 15 minutes. Peu avant la pause, les coéquipières de Kerstin Steggemann reviennent à 3-2. En seconde mi-temps, plus rien ne sera inscrit. Les Américaines font leur en-

trée dans le tournoi en jouant contre les Allemandes. Les US girls ont encore en mémoire leur match de l’an dernier en France où elles avaient dominé les Allemandes, en tirant à trois reprises sur les montants. Le réalisme allemand avait fait le reste : trois incursions dans le camp américain, 3 buts. Cette année, le même scénario repart. Le jeu mis en place par l’entraîneur américain Augustin Mendez permet à ses filles de dominer les Allemandes. Comme d’habitude, sur une balle perdue, les Allemandes ouvrent le score d’une tête qui trompe Erin Wallace. Les Américaines repartent à l’assaut et égalisent par Cianna Weikle. Malheureusement, dans les dernières minutes de la première période (41e et 48e minute), les US girls encaissent deux nouveaux buts sur deux erreurs. En seconde mi-temps, la Mannschaft marque un 4e but avant que Britt Perkowski ne ramène le score à 4-2. Le dernier match entre la Hollande et les USA sera décisif pour la qualification. Tout est encore possible pour les trois équipes. Si les Américaines gagnent, les trois équipes auront une victoire chacune et trois points au compteur. Tout se jouera au goal-average. Pour se qualifier, les Américaines doivent gagner par 2 buts d’écart. Le match qui se déroule au pied du célèbre Pain de sucre dans l’école de l’armée de terre part à cent à l’heure. Dès la première minute, sur leur premier corner, Wendy Emminger marque de la tête et trompe la gardienne Petra Dugardein. Encore un but et les Américaines sont en demi-finale. Malheureusement, les filles d’Augustin Mendez ont beau produire un jeu attractif et construit, elles ne passeront pas. Le classement final est le suivant : 1. Allemagne 3 pts (+1), 2. PaysBas 3 pts (0), 3. USA 3 pts (-1).


Comme les dernières années, les Américaines joueront le match de classement contre le Canada.

Le Brésil reçu 5 sur 5

Les demi-finales sont donc les suivantes : Brésil-Hollande et Allemagne-France. Comme en poule, les Brésiliennes déroulent leur jeu malgré une bonne résistance des Oranje. Mais, comme en poule, elles inscrivent leur «  minimum syndical  »  : 5 buts et le Brésil obtient son billet pour la finale. L’autre demi-finale est un classique du genre entre la France et l’Allemagne. Dans les rangs des Allemandes figurent quelques internationales ou anciennes internationales (Kerstin Steggemann compte plus de 200 sélections dans la Mannschaft et a arrêté sa carrière internationale il y a trois ans, Connie Pohlers, actuellement pensionnaire de l’équipe nationale, joue en 1ère division allemande). L’entame de match est à l’avantage des Al-

lemandes et Vanessa Skradde ouvre la marque dans le 1er quart d’heure. Les Françaises poussent pour égaliser. Il faut attendre un corner et une tête d’Elodie Lizzano pour voir les Françaises revenir à 1-1. Tout s’équilibre et Delphine Saez fait bonne garde. Mais, à l’heure de jeu, l’internationale Connie Pohlers redonne l’avantage aux Allemandes. Les tricolores tentent le tout pour le tout pour revenir au score et obtenir leurs billets pour la finale. Mais, les vice-championnes du monde en titre, craquent dans les dernières minutes. Alors que l’arbitre allait annoncer le temps additionnel, la défense française perd une balle à 20 mètres de ses buts et Connie Pohlers en profite pour réussir le doublé. Les Françaises sont totalement abattues. Sur l’engagement et une nouvelle perte de balle, Connie Pohlers trompe de nouveau la vigilance de la défense française pour réussir le triplé. Franck Woycke peut entrer sur le terrain pour féliciter ses filles qui rencontreront le Brésil en fi-

nale. Du côté des Françaises, les filles resteront de longues minutes sur le terrain à errer et à pleurer. Inconsolables. Il faudra se remobiliser pour décrocher la médaille de bronze face à la Hollande, le remake d’il y a 4 ans en Inde, à Hyderabad. À cette époque, la France s’était imposée 2-1 dans les dernières minutes. Les Françaises ont tout tenté mais sans réussite devant le but. Les Hollandaises se sont imposées 2-0 et remportent ainsi la médaille de bronze. Le titre est revenu au Brésil qui a largement dominé l’Allemagne 5-0. La 5e place est revenue aux USA qui ont battu le Canada 4-1. Paradoxe du classement, la France se classe 4e avec une seule victoire et les USA sont 5e avec deux victoires.

De Rio à Mungyeong

Quant à la cérémonie de clôture, elle a été conçue pour être une grande fête populaire et elle l’a été bien au-delà des espérances. Pour cette céré-

monie, plus de défilé officiel, plus d’uniforme, de pavillon ou de pancartes nommant les pays. Tous les athlètes étaient en survêtement. Ils étaient réunis dans un seul but : qu’ils puissent faire la fête et que le public puisse les remercier pour leurs performances. Tout le monde est entré sur le stade, appareil photo ou caméra à la main pour graver ces moments inoubliables. L’amitié par le sport voulue par le CISM depuis 1948 n’est pas simplement un vain moment mais une réalité. Le président Kalkaba a ensuite proclamé la fermeture de ces jeux, le pavillon du CISM a été affalé. La délégation brésilienne l’a transmis à la délégation sud-coréenne qui organisera la 6e édition en 2015 à Mungyeong. Le spectacle a repris jusqu’au bout de la nuit, le stade se transformant en une gigantesque piste de danse. Merci Rio, rendez-vous dans quatre ans en Corée du Sud.

Qu’est-ce que le CISM ? Le Conseil international du sport militaire (CISM) a été créé le 18 février 1948 à Nice par le chef d’escadron Henri Debrus en présence de 6 nations : la France, la Belgique, le Luxembourg, le Danemark, les Pays-Bas et l’Italie. Au sortir de la Seconde guerre mondiale, le but était de rassembler les militaires de tous les pays sur des terrains de sports plus que sur des champs de batailles. Sa devise est : Amitié par le sport. Au fil des années, cette institution a grandi. Elle compte désormais 133 pays membres, les derniers à les avoir rejoints sont Monaco et l’Indonésie. Tous les ans sont organisés des championnats du monde militaires dans une vingtaine de disciplines. L’ancien président du CISM, le général Gianni Gola a créé les Jeux mondiaux militaires qui se déroulent tous les 4 ans en année préolympique. La première édition a eu lieu en 1995 à Rome. Il y a eu ensuite Zagreb (1999), Catane (2003), Hyderabad (2007). Le foot féminin a fait son apparition aux Jeux mondiaux militaires en 2007 où la Corée du Nord s’était imposée. Les championnats du monde avaient été créés quelques années auparavant. Au début, il n’y avait que 4 équipes : USA, Canada, Allemagne et Pays-Bas. La France est arrivée en 2006, le Corée du Sud en 2008 et le Brésil en 2009. D’autres pays ont également participé : la Bulgarie (2008) et la Belgique (2010). La prochaine édition des Jeux mondiaux se déroulera en 2015 en Corée du Sud alors que les prochains championnats du monde se feront en 2012, en Allemagne, à Warendorf. WISmag - N°2 - Septembre 2011

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Enquête / L’après Coupe du monde - Allemagne 2011

Quel impact pour le

foot féminin ?

Par Mathilde Zaragova

Jusqu’à présent, le football féminin évoluait dans l’ombre du football masculin. Personne ne connaissait les visages et les grands noms de ce sport. Mais il a pris une nouvelle tournure en 2011. La victoire de l’OL en Ligue des Champions d’abord puis le beau parcours de l’Equipe de France en Coupe du Monde ont changé les regards. Décryptage.

Direct 8, le visionnaire, ouvre la voie Direct 8 a décelé le potentiel du football féminin bien avant tout le monde. Tout commence en 2009 : en répondant à l’appel d’offre de la Fédération Française de Football pour retransmettre les matchs de l’Equipe de France féminine jusqu’en 2014, la chaine de la TNT a réalisé une excellente opération et gagné son pari audacieux.

Ainsi, lors du quart de finale de la Coupe du Monde en Allemagne, entre l’Angleterre et la France, la chaîne de la TNT bat des records d’audiences  : le match a réuni 1  058  000 téléspectateurs, soit 7,9% de part de marché. Le summum est atteint lors de la séance de tirs au but : 2,4 millions de personnes étaient devant leur télé. Un record absolu ! L’engouement populaire et médiatique pour les Bleues est donc allé au-delà de toutes les espérances. Le directeur des sports de Direct 8, Thierry

Cheleman s’en félicite : « Les performances de l’équipe de France et les succès d’audience qui les ont accompagnées viennent donner raison à notre engagement dans le football féminin. Nous serons aux côtés de la Fédération Française de Football et de l’Équipe de France sur les matchs de qualification à l’Euro 2013 et nous remercions très chaleureusement cette équipe pour la qualité des matchs qu’elle a livrée lors de ce mondial ». La chaine de Vincent Bolloré a

donc cru très tôt au potentiel du football féminin. Direct 8 a vu ses audiences augmenter au fur et à mesure lors de ces deux dernières années. Mais tout s’est accéléré lors de la campagne européenne de l’Olympique Lyonnais. L’OL, qui a misé très tôt sur son équipe féminine, avait déjà réalisé un très beau parcours en Ligue des Champions la saison dernière en atteignant la finale. En mai dernier, Direct 8 dépasse déjà le million de téléspectateurs avec la belle victoire de Lyon en Ligue des Champions contre Postdam.

La D1 féminine diffusée !

Alors que Direct8 diffuse déjà les matchs de l’Equipe de France, France Télévisions et Eurosport retransmettront des matchs de la première division de la saison 2011/2012...

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WISmag - N°2 - Septembre 2011

Le football féminin a connu un autre virage capital après la Coupe du monde 2011. Probablement l’une des conséquences du joli parcours de l’Equipe de France, le championnat de D1 va être diffusé en clair sur deux chaines. L’appel d’offre lancé par la FFF a été remporté par France Télévision, qui diffusera six rencontres, trois sur France 4 et trois en décrochage régional, et Eurosport, cinq matchs en direct et six en différé. Le


« Ce n’est que le début... » président de la Fédération Française de Football, Noël Le Graët, s’est réjoui de cette nouvelle : « Ce n’est que le début. Je suis ravi que des chaines qui diffusent en clair aient répondu positivement ». Le montant du contrat était bien inférieur à celui du championnat masculin, soit 110  000€, mais c’est une grande première pour le football féminin. Le début d’un grand changement ! Le président Le Graët souhaite d’autres changements dans le football féminin. Il espère d’abord vivement que chaque club professionnel dispose d’une section féminine. Le Breton a nommé Brigitte Henriques (ancienne internationale), secrétaire générale de la 3F. Mais il a surtout annoncé plusieurs initiatives pour soutenir le foot féminin et éviter que l’engouement médiatique suscité ne retombe comme un soufflé. «  Les Bleues réussissent à attirer les médias et font franchir un pas à ce sport. C’est un nouveau départ. On n’a pas assez de licenciées en France  ». Le président de la 3F a aussi annoncé la mise en place d’un comité chargé de promouvoir la pratique féminine qui rassemblera des professionnelles et des amateurs, et le président de l’OL, JeanMichel Aulas. « J’ai commencé à discuter avec le football professionnel, pour que chaque club imagine dans les trois ans qui viennent à animer une section féminine. Je regrette que les jeunes filles qui jouent, aujourd’hui, à dix ans, arrêtent parce qu’elles n’ont pas de club » a-t-il déclaré.

MicKAël Landreau

Ce qu’il pense du football féminin « J’avoue que je ne connais pas beaucoup, même si je côtoie des personnes qui évoluent dans le foot féminin, qui m’en parlent. On se croise aussi parfois à Clairefontaine, ou à l’occasion des formations d’entraîneur auxquelles je participe. J’ai vu quelques matchs quand j’étais à Paris, qui avait déjà son équipe féminine. C’est une discipline qui a connu une vraie évolution, qui s’est structurée. En revanche, je refuse de le comparer au foot masculin. Je déteste les comparaisons. C’est comme quand je compare le foot quand j’ai commencé il y a 15 ans et celui d’aujourd’hui. Ce n’est plus le même football. Il faut s’adapter ! »

De retour en France, les Bleues ont pu mesurer l’engouement soulevé par leur aventure en Allemagne.

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Enquête / L’après Coupe du monde - Allemagne 2011

Football féminin :

phénomène de mode ou réel intérêt ?

Par Mathilde Zaragova

Presse Sports

Sans gagner la Coupe du monde, les Bleues ont déferlé sur le territoire national. Présentes dans tous les médias, les footballeuses profitent d’une nouvelle notoriété. Reconnues par le monde du football, elles veulent surfer sur la vague. Mais est-ce seulement un phénomène de mode ou un réel intérêt ?

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O

n avait l’habitude de ne voir que des hommes en tenue de foot. Ce temps-là est révolu ! Si les Bleues n’ont pas gagné la Coupe du monde, elles ont conquis la reconnaissance et l’admiration du public jusquelà indifférent au football féminin. Les protégées de Bruno Bini ont tout gagné : elles ont mis en lumière leur discipline. Reste à savoir si cela va durer. Mais c’est ce qu’espère de tout cœur Eugénie Le Sommer, l’internationale tricolore  : «  J’espère que cela va continuer et ne pas être éphémère. Ce qu’il faut, c’est changer les mentalités car il y a des gens qui se battent depuis très longtemps. C’est dommage de ne le découvrir que maintenant, mais il n’est jamais trop tard et on espère que ça changera les choses  ». Ne pas se faire oublier : telle est la mission des filles. Le parcours de l’équipe de France, juste après la belle victoire de l’Olympique Lyonnais en Ligue des Champions, va permettre le développement du football féminin en France.

La mauvaise image du football masculin Mais la popularité du football féminin arrive à un moment où beaucoup de passionnés se sont lassés du football masculin et sont restés choqués par le fiasco de Knysna. Nombre d’entre eux retrouvent chez les filles des valeurs qui font cruellement défaut chez leurs homologues masculins. Les footballeuses ont une image radicalement opposée à celle des hommes. Ce sont des stars très bien payées s’opposant à des jeunes femmes qui, souvent, n’ont pas le statut professionnel. Cela force l’admiration d’un public lassé du football «  bling bling  » masculin et qui aime le côté «  travailleur  » des joueuses. D’ailleurs, le nombre de licenciées est en constante augmentation : en 1999, 31 756 jeunes pratiquaient le football dans un club en France alors qu’en 2010, elles étaient 55 605. En plus d’attirer le public, le football féminin attire depuis de plus en plus de femmes dans les clubs. C’est d’abord

par les résultats que cette discipline a séduit : l’émergence de Lyon avec ses excellents résultats y est pour beaucoup dans la mise en lumière d’un sport jusque-là très en retrait. Malgré cela, le foot féminin n’a rien à envier à celui des hommes : « Le football féminin est plus propre, les contacts sont moins rugueux. Et les filles n’ont plus rien à envier techniquement aux hommes. Le jeu est plus lent que celui du football masculin, mais il est plus tactique. Le football féminin est un retour aux sources  » analyse Sandrine Mathivet, entraîneur du FCF Juvisy Essonne.

La France à la traîne Le phénomène du football féminin est très récent en France. Les pionniers en la matière sont, bien sûr, les Etats-Unis. Le « soccer » féminin y est extrêmement populaire. A tel point que c’est le football masculin qui est relégué au second plan. D’ailleurs, les Etats-Unis sont considérés comme l’une des plus fortes nations du football féminin comme l’atteste son palmarès : deux titres en

Coupe du monde, trois titres olympiques, six titres en Gold Cup féminine et cinq titres en Algarve Cup. Cette nation est actuellement 1ère au classement FIFA devant l’Allemagne. En Allemagne aussi, le football féminin connaît un franc succès. Les stades sont régulièrement pleins lors des matchs de championnat. Mais la différence avec la France est d’abord culturelle. Il faut faire évoluer les mentalités pour empêcher de faire de ce succès un phénomène de mode. Il faut bannir les préjugés comme l’explique Sandrine Mathivet : « Nous le voyons dans les clubs : certaines jeunes filles n’osent pas encore venir au football à cause de l’image de «  garçon manqué  » qui leur sera attribuée  ». Pour combler son retard et capter un réel intérêt du public, c’est la Fédération Française de Football qui doit mettre les moyens. Avec la diffusion de la D1 féminine sur France Télévions et Eurosport, on pourra se rendre compte réellement de l’impact du parcours des Bleues et de la victoire de la Ligue des Champions de l’OL.

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Enquête / L’après Coupe du monde - Allemagne 2011

L’OM s’y met aussi ! Par Mathilde Zaragova

Décidément, le parcours des Bleues en Coupe du monde en aura inspiré plus d’un. Alors que des gros clubs comme Paris et Lyon sont, depuis quelques années, des valeurs sûres de la D1 féminine, l’Olympique de Marseille n’avait même pas d’équipe féminine. L’erreur est rectifiée : cette saison, l’OM se déclinera au féminin !

«C

ette création est une bonne chose, pour le foot féminin à Marseille. Elles vont reprendre le flambeau ». C’est en ces mots que JeanCharles de Bono a présenté le projet de section féminine de Marseille. Il y a trois mois, les premières détections ont commencé et ce sont 300 jeunes filles qui ont passé le test devant l’œil avisé de José Anigo, le directeur sportif de l’OM.

étaient aussi présentes pour sélectionner les heureuses élues : « Nous avons eu énormément de jeunes femmes motivées qui se sont présentées pour ces détections. Nous ne nous y attendions pas du tout. Elles sont venues de toute la France avec un gros engouement et une volonté de porter fièrement les couleurs phocéennes. J’ai été épatée par leurs qualités techniques, mentales, et physiques ».

Deux joueuses de l’OM des années 1980, Josiane Marcassoli (ancienne gardienne de but olympienne et Equipe de France A) et Valérie Mannoni

L’engouement créé par le titre des Lyonnaises en Ligue des Champions et la fabuleuse épopée des Bleues au mondial allemand ont donné un coup

de pouce médiatique à cette discipline encore confidentielle il y a quelques mois, et a bien aidé le club marseillais à mettre en place ce projet. Grâce aux Bleues, de nombreuses jeunes filles ont poussé la porte des détections. Les barrières des préjugés ont été brisées. Beaucoup ont suivi attentivement le parcours en Coupe du monde et se sont prises au jeu. « La Coupe du Monde des féminines, c’était extraordinaire à regarder : ce sont des filles bien préparées physiquement et qui ont une adresse technique remarquable avec un sens tactique largement audessus de la moyenne. Elles

ont montré des phases de jeu de même type que les grands matchs professionnels. On s’aperçoit que cet événement a été suivi par des millions de téléspectateurs du monde entier et beaucoup de monde dans les stades, ce qui a permis d’avoir un autre regard sur le foot féminin et bon nombre de préjugés sont tombés. Cela permettra à des gens d’inscrire leur fille dans les clubs de foot. Et à l’OM pourquoi pas  ?  » a déclaré Jean-Charles De Bono. Marseille part évidemment de loin (District régional). Mais l’objectif est d’abord de construire une équipe compétitive et réussir cette première saison pour monter rapidement. Christophe Parra, le futur entraîneur, nourrit de grandes ambitions pour son équipe : « Je pense avant toute chose qu’il faut installer cette équipe au sein du club et montrer qu’une section féminine peut et doit trouver sa place dans une entité telle que l’Olympique de Marseille, comme cela l’a été dans les années 70 où elles ont été championnes de France ». L’arrivée d’un club comme l’OM dans le foot féminin est une autre preuve de la dimension qu’est en train de prendre la discipline en France.

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Dossier / Retour sur la Coupe du monde

Retour sur la

Presse Sports

AFP

Coupe du monde

MicKAël Landreau

Ce qu’il pense de l’Equipe de France « Je n’ai pas pu voir tous les matchs, parce que nous avions déjà repris les entraînements du côté de Lille. Leur parcours est forcément positif, parce qu’il a permis de montrer que l’équipe de France existait au plus haut niveau, sur le plan international. C’est positif pour tous ceux qui s’y sont investis. Les résultats des Lyonnaises avaient déjà permis d’améliorer la médiatisation de la discipline »

Par René Zyserman et Olivier Charolles

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Dossier / Retour sur la Coupe du monde

Japon,

le soleil après la tempête C

’est leur première couronne et elles s’en souviendront longtemps. Face aux doubles championnes du monde qui n’avaient jamais perdu face à elles, le Japon, admirable de courage et d’abnégation, est devenu le 4ème pays à inscrire son nom au palmarès de la Coupe du Monde féminine. Après les Etats-Unis (1991 et 1999), après la Norvège (1995) et après l’Allemagne (2003 et 2007). Emu, Norio Sasaki, le sélectionneur japonais, n’arrivait pas à réaliser pareil exploit : «  Nous avons combattu jusqu’au bout et nous sommes devenus champions du monde. Avant le match, nous avons vu à la télévision des reportages à propos de ce qui se passe au Japon. Nous voulons remercier les gens au Japon pour leur soutien. Compte tenu de la situation chez nous, ça a été un grand succès pour notre pays. Je veux remercier tout le monde pour ce soutien ». De son côté, Pia Sundhage, sélectionneuse des Etats-Unis, se montrait fair-play : «  Nous avons donné un beau match au public.

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C’est une finale dont on se rappellera. Je suis bien sûr déçue de ne pas avoir gagné. Une finale c’est le plus haut niveau, il faut concrétiser ses occasions, c’est ce qui nous a manqué. Le Japon est à l’aise avec le ballon, elles ont gardé leur style, leur technique. C’est bon pour le développement du football féminin. »

AFP

Que l’histoire est belle ! Les Japonaises ont crée la surprise en remportant la finale de la Coupe du monde 2011, en Allemagne, à Francfort, face aux Américaines, à l’issue d’une rencontre renversante, dont le sort fut scellé lors des fameux tirs aux buts. Félicitations aux nouvelles reines de la planète !

Quatre mois après le drame

Pourtant, rien n’était gagné d’avance. Surtout au regard des événements précédents et dramatiques pour un pays touché de plein fouet après le séisme ayant entraîné l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima. Enchaînant les exploits, d’abord face à l’Allemagne, pays organisateur et lauréat des deux dernières éditions, en quarts de finale, puis face à la Suède au tour suivant, le Japon a construit son succès héroïque, soulevant un trophée qu’il mérite amplement. Dans l’Arena de Francfort, l’Asie a donc remporté sa première Coupe du monde de football,

hommes et femmes confondus. Symbole de cette formation au courage indescriptible, Homare Sawa, qui termine meilleure buteuse de la compétition avec cinq réalisations. Désignée meilleure joueuse du tournoi devant les Américaines Abby Wambach et Hope Solo, la capitaine nippone aura illustré la vaillance et l’esprit du jeu de son équipe.

Quatrième aux Jeux Olympiques 2008, quatrième au classement FIFA avant de se rendre en Allemagne, le Japon qui avait déjà pris part aux cinq premières Coupes du monde, a montré du caractère, du réalisme et de la force. C’est la victoire de tout un pays, quatre mois après des événements encore dans toutes les têtes nippones…


Une victoire en Phase de Groupes

4

JAPON-Nouvelle-Zélande 2-1 Buts : Yuki NAGASATO (6e), Aya MIYAMA (68e) pour le Japon ; Amber HEARN (12e) pour la Nouvelle-Zélande JAPON-Mexique 4-0 Buts : Homare SAWA (13e 39e 80e), Shinobu OHNO (15e) Angleterre-JAPON 2-0 Buts : Ellen WHITE (15e), Rachel YANKEY (66e)

Finale

actes Quart de finale Allemagne-JAPON 0-1 But : Karina MARUYAMA (108e)

Demi-finale JAPON-Suède 3-1 But : Nahomi KAWASUMI (19e 64e), Homare SAWA (60e) pour le Japon ; Josefine OQVIST (10e) pour la Suède

JAPON-USA : 2:2 a.p. (1:1, 0:0) 3:1 t.a.b. Buts : Aya MIYAMA (81’), Homare SAWA (117’) pour le Japon ; Alex MORGAN (69’), Abby WAMBACH (104’) pour les USA

Quelle finale ! U

n vrai sommet mondial, pour le football et la cause féminine confondus. Pas de doute, ce dimanche 17 juillet 2011 restera gravé dans les mémoires et dans le marbre de la Coupe du monde. Pour une première, le Japon a frappé fort. Alors que les Américaines, archi-favorites, semblaient vouloir et pouvoir inscrire leur nom sur la plus haute marche, voilà que le Japon, mélange de vitesse, de rigueur, de jeu et de créativité, vient lui damer le pion. Les Etats-Unis, qui n’ont plus remporté une telle épreuve depuis douze ans peuvent encore s’en mordre les doigts. Comment ont-elles fait pour lâcher ce titre qui semblait ne plus leur échapper ? Ainsi, à la 69ème minute, Alex Morgan pensait avoir fait le plus dur. Sur un contre, l’attaquante du Western New York Flash trompe d’une frappe limpide et croisée la gardienne nippone (0-1). Mais c’était sans connaître la détermination et la persévérance des troupes de Homare Sawa. Profitant d’une absence coupable de la défense américaine, Aya Miyama, en renard des surfaces,

convertit l’incroyable offrande. A dix minutes de la fin du temps réglementaire, tout est à refaire et rien n’est joué. Les quelques minutes suivantes ne changeront guère la donnée d’une rencontre plus indécise que jamais. Quelques minutes auparavant, en début de rencontre, les troupes de Abby Wambach avaient pris les choses en main, maintenant une pression constante sur leurs adversaires. Une frappe de l’attaquante américaine, repoussée par Kaihori et une pluie d’occasions avaient, en effet, presque fait tomber le mur japonais. Ne manquaient plus que l’adresse et le réalisme. Pressées par des Américaines expérimentées, les Nadeshiko pliaient mais ne rompaient pas sous les assauts répétés de Rapinoe dont les bonnes intentions se heurtaient au poteau gauche (18e). Wambach testait sa puissance même si sa frappe échouait à son tour… sur la barre transversale (29e). Mais cette domination stérile se heurtait à la résistance héroïque d’une formation asiatique bien décidée à en découdre jusqu’au bout.

En deuxième période, Morgan, à peine entrée à la pause, trouvait le poteau sur un centre-tir aussi subtil qu’inattendu. Le temps passait jusqu’à l’ouverture du score par Morgan suivie, donc, de l’égalisation de Miyama.

Jusqu’au bout du suspense Il fallut alors passer par l’interminable séance des prolongations. Sous la domination athlétique des Américaines, les Japonaises cédèrent de nouveau sur une tête de Wambach (1-2, 104e). Là encore, les jeux semblaient quasiment faits. C’était sans compter sur la vo-

lonté des troupes de Sawa, laquelle déviait astucieusement dans le but de Solo un corner venu d’ailleurs ! Incroyable. A trois minutes de la fin des prolongations, le Japon arrachait le droit de disputer la séance des tirs au but. Pour les Stars and Stripes, cela commence mal. Par deux fois, elles manquent leurs tentatives. Ayumi Kaihori repousse un nouvel essai de Tobin Heath. Cette fois, c’est quasiment plié. Le temps pour Saki Kumagai de valider l’impensable sentence. Le Japon n’a pas volé sa finale. C’est un sourire qui restera longtemps gravé sur le visage de cette Coupe du monde.

MicKAël Landreau Ce qu’il pense du Japon

« C’est une équipe atypique, avec une explosivité et une vraie générosité. Elles jouent un football frais. C’est génial qu’elles aient été récompensées. »

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Dossier / Retour sur la Coupe du monde

Etats-Unis, ème

Une 3

finale

en trois éditions !

Le triplé ne sera pas pour cette fois pour les « Stars and Stripes ». Après 1991 et 1999, les Américaines rêvaient d’un troisième titre mondial à ajouter à leur impressionnant palmarès. Malgré un gros parcours, les joueuses de Pia Sundhage ont été surprises par des Japonaises en constante progression depuis plusieurs années.

C

’est encore un parcours exceptionnel qu’ont signé les Américaines pour cette sixième Coupe du monde. Toujours présentes et toujours dans le dernier carré, elles ont juste concédé une défaite dans leur groupe face à la Suède. Tombeuses en quart d’une très attendue équipe du Brésil emmenée par Marta, les « Stars and Stripes » ont fait preuve de réalisme dans leur demi-finale face à des Françaises qui étaient parvenues à revenir à 1-1 à la 55e minute. Mais Wambach (2e meilleure réalisatrice à égalité avec Marta avec quatre buts), puis Morgan éteindront les ambitions des petites françaises, qui rêvaient déjà de venir à bout des Etats-Unis, la nation pionnière et ses 6 millions de licenciées. Les pronostiqueurs ne donnaient pas cher des joueuses du Pays-Levant, même si les « Nadeshiko » pointaient à la 5e place avant la compétition. Pour preuve, en 25 rencontres, les USA l’avaient emporté 22 fois, pour trois matchs nuls. Surprises par la fougue des Japonaises, les grandes américaines ont vu revenir leurs adversaires au score après

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chaque but marqué (2-2). Jamais découragées, mais agacées de ne pas dominer le jeu comme elles avaient l’habitude de le faire auparavant, les coéquipières de Hope Solo - désignée meilleure gardienne du mondial - ont été contraintes d’aller jusqu’aux tirs au but. Une épreuve fatidique pour les « Yankees » particulièrement maladroites. La première nation sacrée championne du monde en 1991 devra donc patienter pour signer un triplé. En attendant, c’est un quadruplé qu’elles vont désormais viser. Plus accro aux titres olympiques qu’aux titres mondiaux, c’est toute une nation qui attend désormais de ses joueuses une quatrième victoire aux J.O. de Londres l’été prochain !

Le parcours des Américaines en Coupe du monde • • • • • • •

Victoire 2-0 le 28 juin contre la Corée du Nord (match de poule) Victoire 3-0 le 2 juillet contre la Colombie (match de poule) Défaite 2-1 le 6 juillet contre la Suède (match de poule) Victoire le 9 juillet en quart de finale contre le Brésil, 5-3 aux tirs au but (2-2 à l’issue du temps réglementaire) Victoire 3-1 en demi-finale contre la France le 13 juillet Défaite le 17 juillet en finale contre le Japon, 3-1 pour le Japon aux tirs au but (2-2 à l’issue du temps réglementaire) Les Etats-Unis terminent donc à la 2e place de la Coupe du monde 2011


France,

Merci et encore bravo ! On y a cru. Toute la France y a cru. Supportées par toute une nation qui les découvrait ou presque, les coéquipières de Camille Abily et Gaëtane Thiney ont réalisé un parcours exceptionnel en Allemagne. Si les Bleues ont finalement buté en demi-finale, elles ont tout de même ouvert une nouvelle ère pour le football féminin français...

O

n les sentait prêtes, affûtées, complices, bien dans leur peau… Depuis plusieurs mois, les protégées de Bruno Bini enchaînaient les victoires. Dans les phases de qualification, puis dans les matchs amicaux. Ouvertes et jamais avares d’un sourire, elles affichaient également, à chaque rencontre avec le public, une vraie sérénité. Des signes prémonitoires sans doute. Un peu partout chez les spécialistes du football féminin, on commençait à dire que

cette équipe de France 2011 pouvait aller loin dans la compétition. Des ambitions confirmées d’entrée de jeu le 26 juin contre le Nigéria, puis contre le Canada quatre jours plus tard. Battues par l’Allemagne, grande favorite à domicile, dans leur dernier match du groupe A, elles ont finalement évité l’un des outsiders de la compétition, un certain Japon, qui allait réaliser de grandes choses par la suite… Et c’est finalement l’Angleterre de Kelly Smith qui va faire les

frais de la surprise bleue en quart de finale. Menées, les Françaises vont une nouvelle fois revenir au score sur une lucarne d’Elise Bussaglia à la 88e minute. Les prolongations n’y feront rien, c’est aux tirs au but que Françaises et Anglaises devront se départager. Une séance d’anthologie qui va mal démarrer, le premier tir de Camille Abily étant dévié. Rien de bien grave, puisqu’à ce petit jeu-là, les Anglaises vont rater leurs deux derniers tirs, laissant aux Françaises le billet pour une demi-finale. C’est donc un 13 juillet historique qui s’annonçait pour les filles de Bruno Bini. Mais l’histoire devra repasser. Les Françaises, volontaires et suivies par une moyenne de 2,3 millions de téléspectateurs conquis ( Direct 8 a enregistré

ce soir là un pic à 3,3 millions, soit sa meilleure audience depuis sa création !) n’ont pas trouvé les armes pour prendre la forteresse américaine. Cheney dès la 10e minute va laisser entrevoir les capacités offensives d’une équipe qui trône à la place n°1 du classement de la Fifa… Et c’est sans aucun complexe que Sonia Bompastor réplique à la 55e. A 1 partout, les supporters français y croient. C’était sans compter sur le réalisme américain. Wambach à la 79e puis Morgan à la 82e viendront éteindre les ambitions de nos petites françaises dans un match « avec une intensité exceptionnelle », comme le qualifiera Bruno Bini en conférence de presse. Un sélectionneur qui ajoutait avec son franc-parler : « Les filles

Bruno Bini

reconduit pour deux ans C’est sans surprise que Bruno Bini, le sélectionneur des Bleues a été confirmé à son poste le 19 juillet dernier, après un entretien avec Noël Le Graët, le président de la FFF. Son contrat a été prolongé de deux ans et la 3F ajoute dans un communiqué que « dans l’hypothèse d’une qualification pour le Championnat d’Europe féminin de l’UEFA, son contrat sera prolongé de deux années supplémentaires, jusqu’à la Coupe du monde de la FIFA, qui se déroulera au Canada en 2015 ». WISmag - N°2 - Septembre 2011

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Dossier / Retour sur la Coupe du monde Les Bleues déjà sur le terrain ! Après quelques vacances bien méritées, les Bleues se seront déjà retrouvées une fois en ce mois d’août, à l’occasion d’un match de préparation, le 24 août, à Lens contre la Pologne. Car si elles sont qualifiées pour les Jeux de Londres en 2012, il leur faut désormais entamer la campagne de qualification pour l’Euro 2013 qui se déroulera en Suède. Premier match officiel le 14 septembre prochain en Israël.

Une troisième place que les Françaises n’arriveront finalement pas à accrocher. Le but d’Elodie Thomis ne suffira pas à se défaire de Suédoises bien décidées à revenir, après quelques années un peu ternes, dans le top 3 international. Une défaite 2-1 pour les Françaises qui pourront tout de même nourrir quelques regrets au regard d’un arbitrage qui ne leur a pas toujours été favorable. Mais c’est la loi du football ! Pas de quoi ternir ces deux se-

maines magiques et cette magnifique campagne allemande qu’ont mené les coéquipières de Sandrine Soubeyrand. «  Dans une société où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, où il n’y a pas beaucoup de boulot, les Français ont vu 21 filles simples se mettre «  minables  » jusqu’au bout. Ils ont vu 21 filles ordinaires avec un coach ordinaire, ça leur a bien plu », ajoutera en guise de conclusion un Bruno Bini toujours aussi philosophe.

Des gens ordinaires ? Un coach ordinaire ? En quelque sorte, mais un groupe finalement pas si ordinaire que ça pour pouvoir rentrer dans le dernier carré d’une Coupe du monde 2011. Une performance qui est aussi synonyme de qualification pour les Jeux Olympiques de Londres qui auront lieu dans moins d’un an. Londres 2012, le rendez-vous est pris. Et on compte bien une fois encore sur les Bleues pour nous faire vibrer !

AFP

ont gagné sur elles-mêmes, elles ont vu qu’elles pouvaient faire des choses exceptionnelles. On ne maîtrise pas ce qui se passe en France. Mais si nous avons pu susciter des vocations, par l’état d’esprit et la gaieté du groupe, c’est très bien. Il ne faut pas que les joueuses baissent la tête. Il y a deux mois, personne ne misait trois kopecks sur nous. Nous sommes qualifiés pour les Jeux Olympiques, nous allons jouer la 3e place, elle n’est pas belle la vie ? »

Le parcours des françaises en Coupe du Monde

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Victoire 1-0 le 26 juin contre le Nigéria (match de poule) Victoire 4-0 le 30 juin contre le Canada (match de poule) Défaite 4-2 le 5 juillet contre l’Allemagne Victoire aux tirs au but 4-3 (1-1 à l’issue du temps réglementaire) le 9 juillet contre l’Angleterre en quarts de finale Défaite 3-1 le 13 juillet contre les Etats-Unis en demi-finales Défaite 2-1 le 16 juillet en match de classement contre la Suède. L’équipe de France se classe donc 4e de cette Coupe du monde 2011


Un Mondial

de toutes les émotions La Coupe est pleine, n’en jetez plus. Les seize équipes qui se sont escrimées sur le sol allemand durant plus d’une quinzaine de jours nous ont offert un spectacle haut en couleur. Dignes représentantes du football féminin dans ce qu’il a de plus épuré et moderne. Certes, un seul vainqueur (et quel vainqueur !) est parvenu à s’extirper de cette épreuve ô combien défiante, magique et périlleuse, mais force est de constater que les autres formations ont parfaitement tenu leur rang. Derrière l’or du Japon, l’argent des EtatsUnis ou le bronze de la Suède, sans oublier la vaillance de la France, il y avait du spectacle à revendre. Petit retour en arrière.

GROUPE A

Dans ce groupe que certains observateurs n’ont pas hésité à qualifier de « groupe de la mort », deux rescapés ont bel et bien sauvé leur peau. Certes, l’Allemagne était considérée comme la favorite de l’épreuve, mais encore fallait-il qu’elle le démontre sur le terrain. La France, elle, a surpris tout son petit monde, s’emparant de la deuxième place avec détermination et créativité. Tenant du titre mondial, le pays hôte n’a pas versé dans le sentimentalisme, s’emparant de la première place avec le maximum de points. Lors du match inaugural, devant 73 680 spectateurs massés dans un Stade Olympique de Berlin bien garni, la Mannschaft féminine n’a pas manqué son départ. Loin de là… Après son succès face au Canada et au Nigeria, l’Allemagne s’est en effet imposée face à la France (4-2) au terme d’une rencontre haletante et inspirée. Quant aux Bleues (voir par ailleurs), elles ont offert un spectacle digne de ce nom, un football d’un autre temps peut-être, fait de technicité et d’inventivité. Comme l’illustre sa parfaite feuille de route face aux Canucks (4-0). Ces dernières, par contre, sont passées à côté de leur sujet. Avec zéro point dans l’escarcelle, elles ont sans doute beaucoup appris, mais n’ont pas atteint les objectifs escomptés. Champion d’Afrique, le Nigéria était, quant à lui, attendu au tournant. Malgré son élimination - somme toute logique - au premier tour, il a au moins eu le mérite d’avoir tenté quelque chose, étalant certaines promesses qui auront besoin d’être cependant validées dans l’avenir. Mais ça, c’est une autre histoire.

Classement

GROUPE B

Un groupe « faussement » ouvert, puisque les deux favoris logiques, à savoir l’Angleterre et le Japon, ont franchi avec brio les obstacles. Mais les apparences ont été trompeuses. Hormis la correction infligée par la formation nippone au Mexique (4-0), la lutte fut ainsi serrée jusqu’au bout comme en témoignent les scores, souvent indécis. Face aux outsiders, la Nouvelle-Zélande et le Mexique, qui n’avait pas disputé d’épreuve mondiale depuis douze ans, le Japon et l’Angleterre ont dû en effet batailler rudement. Face aux Néo-Zélandais, les Nadeshiko ont fait la différence grâce à Aya Mitama, laquelle inscrivait un magnifique but sur coup franc. Par contre lors de la deuxième journée, ce fut un récital asiatique (4-0) aux dépens d’une formation sud-américaine amorphe et dépassée par les évènements. Quant aux Anglaises, si elles terminent à la première place du groupe, elles sont montées en puissance tout au long de cette première phase de poule avant de tomber face… aux Françaises. Ainsi, lors de l’ultime journée, les « Lionnes » ont imposé leur force athlétique face aux courageuses Japonaises (2-0). Malgré leur élimination, le Mexique et la Nouvelle-Zélande n’ont pas été ridicules, offrant les ultimes garanties d’un football qui ne demande qu’à progresser.

Classement 1. Angleterre 7pts 2. Japon 6 pts 3. Mexique 2 pts 4. Nouvelle-Zélande 1 pt

1. Allemagne 9 pts 2. France 6 pts 3. Nigeria 3 pts 4. Canada 0 pt

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Dossier / Retour sur la Coupe du monde GROUPE C

Un groupe de combattantes. Doubles championnes olympiques, les Américaines semblaient intouchables. De même, la Suède, considérée comme l’un des fleurons mondiaux de la discipline, ne manquait guère d’arguments pour décrocher la première place. Pour la Colombie et la RDP Corée, la mission s’annonçait particulièrement périlleuse. Elle le fut. En dépit de leur bonne volonté et de leurs efforts, il n’y eut pas vraiment de suspense dans cette poule. Pour les Scandinaves, victorieuses des Stars and Stripes (2-1), le contrat était rempli. Et la première place du groupe on ne peut plus méritée. Numéro un au classement mondial, les Etats-Unis, qui n’ont plus été championnes du monde depuis 1999, voulaient redorer leur blason. Les troupes de Pia Sundhage, qui échoueront finalement en finale, ont balayé les Coréennes (2-0), avant de s’imposer face à des Cafeteras trop vertes (3-0). A Wolfsburg, c’est la Suède, donc, qui a obtenu le dernier mot, disposant des Yankees (2-1) un peu trop brouillonnes. Juste une mise en bouche…

Classement 1. Suède 9 pts 2. États-Unis 6 pts 3. RDP Corée 1 pt 4. Colombie 1 pt

GROUPE D

Le Brésil seul au monde ? Pour les troupes de Marta, l’heure de la consécration allait-elle enfin sonner ? Alors que leurs homologues masculins n’en finissent pas d’empiler les titres mondiaux, pas un seul pour la sélection féminine. Lors de cette première étape, la Seleçao n’a pas eu grand mal à obtenir son précieux sésame pour le tour suivant, récoltant le maximum de points et montant en puissance au fil de la compétition. Mais la grande surprise est venue de… l’Australie qui a soufflé le show et le froid, surtout sur la Norvège, qui a dû plier bagage bien avant l’heure. Une surprise de taille qui montre que le football n’est pas une science exacte. Une seule victoire dans la musette pour les Scandinaves face à la Guinée équatoriale. Et c’est tout. C’est donc l’Australie qui a suscité moult éloges. En s’imposant (2-1) face à la Norvège, les Matildas démontraient qu’elles possédaient un football plein de ressources. Malgré l’absence de points, les Équato-Guinéennes, qui disputaient en effet leur première Coupe du monde, n’ont pas démérité, s’inscrivant dans une dynamique faite de promesses et de talents indéniables.

Classement

1. Brésil 9 pts 2. Australie 6 pts 3. Norvège 3 pts 4. Guinée équatoriale 0 pt

QUARTS DE FINALE De belles affiches en perspective. Du spectacle assurément. Le 9 juillet, à 20h45, le temps s’est presque arrêté. Surtout pour l’Allemagne sorti par le Japon, devant son public. Un comble. Au terme d’une rencontre où le suspense s’est invité jusqu’au bout, les futures championnes du monde ont évincé les favorites de l’épreuve (0-1 après prolongations). Rien que cela ! Un véritable exploit en soi. D’autant que jamais les Japonaises n’avaient triomphé face à une formation européenne lors d’une Coupe du monde en onze confrontations. Quant à la France, malgré quelques frayeurs, elle s’est finalement imposée au terme d’une séance de tirs au but plus que renversante (1-1, 4 tirs au but à 3). Si la Suède s’est qualifiée sans surprise aux dépens de l’Australie (3-1), le Brésil a subi la même punition face aux Etats-Unis, toujours à l’issue des tirs au but (2-2, 5 tirs au but à 3). Du suspense jusqu’au bout, on vous dit…

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La Coupe du monde 2011

en chiffres 6 : c’est le nombre de demi-finales disputées par les

Américaines en… six éditions. Les « Stars and Stripes » ont jusqu’à présent disputé trois finales, en remportant deux.

8 : c’est le nombre d’équipes qui ont participé à toutes les

éditions de la compétition. Une liste qui comporte donc le Brésil, l’Allemagne, le Japon, la Norvège, le Nigéria, la Suède, les ÉtatsUnis et la République Populaire de Chine. Mais en 2011, les Chinoises ne s’étaient pas qualifiées.

12 : C’est le nombre de joueuses de l’Olympique Lyonnais

qui ont disputé la Coupe du monde. Du coup, le club français, vainqueur de la Ligue des Champions était le plus représenté du tournoi, toutes nations confondues.

13 : c’est le nombre de buts marqués par les Etats-Unis,

premiers au classement des buteurs. Le Japon suit avec 12 buts, la France en a totalisé 10, comme la Suède. La meilleure buteuse est la Japonaise Homare Sawa, avec 5 réalisations.

16 : c’est l’âge de la plus jeune joueuse de cette Coupe du

monde 2011. Il s’agissait de Christelle Ngo Nyepel, qui évoluait sous les couleurs de la Guinée Equatoriale.

26 : c’est le nombre de rencontres jouées entre les Etats-

Unis et le Japon, finale 2011 incluse. Le bilan avant la finale était à 22 succès et 3 matchs nuls en faveur des Américaines… Les «  Nadeshiko » ont désormais une victoire à leur compteur face aux USA . Et quelle victoire !

1 800

: C’est le nombre de personnes qui ont été accréditées pour les différents médias de cette Coupe du monde (presse écrite, radios, télévisions, sites internet…). Une édition 2011 qui a battu là-aussi un record.

7 186

: c’est le nombre de tweets échangés à la seconde pendant la finale USA-Japon. Un record mondial, puisque le précédent record était « détenu » par le match Brésil-Paraguay en Copa America (7 166 tweets/seconde), suivi par l’échange des vœux du Nouvel An au Japon (6 939 tweets/seconde).

4,5 millions : c’est le nombre de pochettes d’images qui

ont été vendues en Allemagne, avant la Coupe du monde, par Panini, obligeant la maison d’édition italienne à réimprimer dans l’urgence un million d’images supplémentaires. On reste tout de même loin des 90 millions de pochettes qui s’étaient écoulés rien qu’en Allemagne pour la précédente Coupe du monde masculine.

14 millions : c’est l’audience moyenne (en téléspectateurs) en

Allemagne des quatre matchs de l’équipe hôte. Aux Etats-Unis, ESPN qui diffusait la finale a enregistré une audience de 13,5 millions de téléspectateurs, avec un pic à plus de 21 millions lors de la séance de tirs au but en finale USA-Japon. Au Japon justement, la finale a attiré une moyenne de 10,4 millions de téléspectateurs. Une audience plus de 50% supérieure à celle enregistrée à l’occasion de la finale de la Coupe du Monde en Afrique-du-Sud. En France, la demi-finale contre les Etats-Unis a rassemblé 2,3 millions de personnes. C’est bien moins, mais c’est aussi un record!


LAURE BOULLEAU Latérale de l’équipe de France féminine, Laure Boulleau, née le 22 octobre 1986, qui évolue au PSG, revient sur le formidable parcours des Bleues pendant la Coupe du monde en Allemagne. Elle nous transmet sa vision et ses rêves d’avenir. livrance. Ensuite, l’épreuve des prolongations et les tirs au but. On était dans tous nos états. Il y avait tellement de joie, d’émotions fortes. Un bonheur irréel. Vous dites que les mentalités changent. Vous le ressentez comment ? Dans les discussions, le regard des gens. Le quotidien. Partout. Oui, le parcours des Bleues a eu un impact sur la manière dont est perçu le football féminin. WISmag : Laure, depuis votre formidable épopée avec les Bleues, votre vie a-t-elle changé ? Laure Boulleau : Non, rien n’a changé. Ah, si ! Je donne davantage d’interviews (rires). Je vais vous raconter une petite anecdote. Avant la Coupe du monde, quand j’arrivais à mon travail (ndlr : elle est stagiaire en kiné), on ne prêtait guère attention au fait que je pratiquais le football à un haut niveau. Maintenant, je ressens davantage d’intérêt. Tout le monde m’en parle. Les mentalités changent. Et c’est tant mieux. C’était vraiment une belle aventure. Mais la saison est déjà terminée. Une autre va bientôt commencer. Il faut retrouver d’autres défis. Entre les qualifications, les Jeux Olympiques, on va être bien occupé. Quelle image forte retiendrez-vous de ce Mondial allemand ? Celle du France-Angleterre (ndlr : 1-1, victoire des Tricolores aux tirs au but). A la 87e minute, on était virtuellement éliminé. Et puis il y a eu ce but de la dé-

pour y parvenir. Que vous a-t-il manqué ? Pas grand-chose. De la concentration sur quelques situations. De la rigueur défensive et un peu d’expérience internationale aussi. Vous avez impressionné par votre niveau et la qualité technique de votre jeu ? Avec le Japon, nous étions les mieux armées sur ce terrain-là,

France, les Jeux Olympiques à Londres, le Championnat et les Coupes. Mais j’aime ça. Lyon est-il intouchable ? Je ne sais pas trop. Je crois que nous possédons une excellente équipe capable de les titiller jusqu’au bout. Face à l’OL, les matchs seront intenses. On peut les battre. Elles ne sont pas invincibles, les Lyonnaises ! Il ne faut pas croire ça.

« Les mentalités changent, profitons-en ! » Et le succès de Lyon en Ligue des Champions également. Je pense que des murs de préjugés tombent. Les commentaires sont moins machistes. Désormais, les hommes nous regardent différemment. Ils ont été séduits par nos qualités, notre parcours. Il faut en profiter. Comment vit-on de l’intérieur une Coupe du monde ? C’est spécial. Mais pas tant que ça. Nous, on était un peu dans notre bulle. Quand on est dedans, les matchs, les entraînements, tout s’enchaîne. Plus la compétition avance, plus ça devient fou. Nourrissez-vous quelques regrets de ne pas être allées jusqu’au bout de l’épreuve ? Oui. On aurait pu gagner la Coupe du monde. On sent que l’on avait vraiment le potentiel

certainement. Mais il n’y avait pas que la qualité technique de notre football. Il y avait surtout l’envie de jouer. ça s’est ressenti, je crois. Qu’avez-vous pensé des Etats-Unis, un pays où le foot est roi et surtout professionnel ? Là-bas, les femmes sont fortes, athlétiques, c’est sûr. On l’a payé cash. Elles ont exploité les moindres failles pour faire la différence. C’est une grande nation. Aujourd’hui, quels sont vos nouveaux objectifs ? Reprendre l’entraînement et la compétition avec mon club, le PSG. Nous avons le privilège de disputer la Ligue des Champions. Il faut y aller à fond. C’est une saison chargée. Il ne faudra pas se blesser. Entre les qualifications avec l’équipe de

Le Championnat de France de D1 va avoir droit aux honneurs des télévisions. Heureuse ou inquiète ? Pas inquiète du tout. L’impact des Bleues et de l’OL se fait sentir à tout niveau. Profitonsen. Cela ne va-t-il pas trop vite ? Je crois qu’il faut laisser les gens se familiariser avec le football féminin. Il ne faut certes pas diffuser tous les matchs du Championnat. D’ailleurs, ce n’est pas ce qui est prévu, je crois. Mais commencer par en sélectionner quelques-uns pour véhiculer une bonne image de notre discipline à ceux qui la découvrent. Et petit à petit, on va réussir à entrer dans le cœur des Français. Il faut prendre le temps de construire tout cela. On est sur la bonne voie. Propos reccueillis par René Zyserman WISmag - N°2 - Septembre 2011

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Coupe du monde - Allemagne 2011

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Que d’émotions ! De France en Allemagne en passant par Clairefontaine et les Champs-Elysées, les Bleues de Bruno Bini sont passées par toutes les étapes, toutes les couleurs, toutes les émotions. Après un Mondial séduisant, qui leur a permis d’achever l’épreuve à la quatrième place - record historique - les Françaises sont par-

ties à la rencontre de leurs nombreux supporters pour partager avec eux des moments magiques, rares dans un bain de foule inoubliable. Elles ont ainsi pu mesurer toute l’affection que la foule leur portait, ainsi que leur nouvelle cote de popularité et... de notoriété. Ah, l’amour des Bleues, ça vous gagne !

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Dossier / Championnat de France - Ligue 1

Retour de la

D1 Féminine Une nouvelle saison se profile mais depuis quelques années, un club a quelque peu tué le suspense dans ce championnat. En effet, l’Olympique Lyonnais a glané les cinq derniers titres et il semble difficile de voir l’hégémonie lyonnaise brisée encore cette année.

M

algré cela, l’incertitude du sport fait espérer que les outsiders habituels – PSG, Montpellier et Juvisy – ... puissent la contester. Une espérance dans un contexte où le football féminin prend une place de plus en plus importante dans l’hexagone après les brillantes

L’attaquante, Zohra Ayachi, manquera la Ligue des Champions en quittant le PSG, un club de haut de tableau, pour rejoindre Rodez

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campagnes de l’OL et des Bleues. Et ce n’est pas tout  : certains matchs de Championnat seront diffusés sur de grandes chaînes à des heures de grande écoute via Eurosport et surtout, France Télévisions (France 4 et France 3 Régions). Avec des rencontres diffusées sur le service public,

un maximum de téléspectateurs pourront découvrir l’élite française du football féminin. Le moment ne peut pas être plus propice après les bonnes audiences des matchs de l’équipe de France pendant la Coupe du monde en Allemagne. Après un été fort en émotions

pour les joueuses de l’équipe de France, la D1 féminine va bientôt faire son retour. Et cette fois-ci, ce sera de moins en moins dans la stricte confidentialité. En effet, l’année 2011 est celle du football féminin en France. A tel point que la discipline a enfin acquis un espace médiatique hors des compétitions internationales. Pour 110 000 euros et pour un contrat d’un an, France Télévisions et Eurosport ont obtenu les droits de la Division 1 Féminine. CFoot diffusera le Challenge de France sauf la finale, diffusée par France Télévisions en direct. Une décision saluée par le président de la FFF, Noël Le Graët sur le site de la fédération : « Je suis à la fois content, car c’est la première fois qu’un championnat féminin va être diffusé, ensuite sur des chaînes en clair, c’est la première fois que les chaînes répondent. Ensuite, on va mécaniser beaucoup plus activement sur les semaines à venir  ». La France qui plafonne en-dessous des 60 000 licenciées quand l’Allemagne en dénombre environ un million. En espérant aussi que cela rééquilibre les forces en présence en Championnat. Depuis plusieurs saisons, comme pour les hommes à une certaine époque pas si lointaine que cela, les Fémi-


Emmené par sa capitaine emblématique, Sandrine Soubeyrand, Juvisy vise encore l’une des deux premières places qualificatives pour la Ligue des Champions

nines de l’Olympique Lyonnais dominent outrageusement la concurrence.

Les outsiders ? Les équipes à pouvoir espérer lutter avec Lyon en championnat sont les mêmes que la saison dernière : Le PSG, Montpellier et Juvisy. Le club parisien a été l’un des premiers à renouer avec la compétition avec une victoire aisée, le 8 juillet, sur les Féminines du

FC Bruges (4-0) en match de préparation. Les internationales comme Elise Bussaglia ou Caroline Pizzala ont été ménagées. Des mondialistes, qui ont par ailleurs décidé de continuer leur aventure avec le club de la capitale. Le résultat est de bon augure avant ce début de saison où elles devront ajouter des matchs de Ligue des Champions à leur calendrier. Montpellier a entamé sa phase de préparation avec peu de changement pour le moment sauf le départ de sa gardienne, Céline Deville pour Lyon. Juvisy

a fait un recrutement jeune. Des joueuses qui pourront être encadrées par des internationales comme Gaëtane Thiney ou Sandrine Soubeyrand. Pour ces équipes, il faudra se montrer irréprochable pour espérer titiller l’ogre lyonnais, cette saison. Pour les autres, il sera difficile d’accrocher le wagon de tête.

La lutte pour le maintien

club est promu dans l’élite, son objectif est avant tout de s’y maintenir. Ce sera le cas pour l’AS Muret, Soyaux et le FC Vendenheim, champion de Division 2, la saison dernière. Le club alsacien a disputé son premier match de préparation face au SC Fribourg, club de deuxième division allemande. Vendenheim a débuté par une défaite (3-4) plutôt encourageante. Une autre formation a perdu en match de pré-saison. Il s’agit de Hénin-Beaumont, lourdement corrigé par le Standard de Liège (6-0). Les Nordistes ont certes commencé leur pré-saison à la mijuillet. Mais c’est tout de même une cuisante défaite qui ne les place pas dans les meilleures dispositions pour entamer la phase de préparation avant leur première rencontre en Championnat. Saint-Etienne devrait parvenir à se maintenir après une dernière saison dans le ventre mou du Championnat, mais surtout sa victoire au Challenge de France. Concernant Rodez, SaintBrieuc et Yzeure, la lutte pourrait être longue comme l’année dernière où le maintien fut validé lors des ultimes journées.

Il n’y a pas de secret. Lorsqu’un

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Dossier / Championnat de France - Ligue 1 Calendrier 2011/2012 de la Ligue 1 Féminine

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1re journée le 04/09/2011

7e journée le 30/10/2011

Vendenheim – Lyon (3/09/2011) Saint-Etienne – PSG Saint-Brieuc – Muret Montpellier – Rodez Hénin-Beaumont – Yzeure Juvisy – Soyaux

Saint-Brieuc – Vendenheim PSG – Lyon Muret – Juvisy Saint-Etienne – Hénin-Beaumont Montpellier – Soyaux Rodez – Yzeure

2e journée le 11/09/2011

8e journée le 06/11/2011

Rodez – Saint-Etienne PSG – Saint-Brieuc Lyon – Henin-Beaumont Soyaux – Muret Juvisy – Vendenheim Yzeure – Montpellier

Montpellier – Saint-Etienne Juvisy – PSG Soyaux – Yzeure Vendenheim – Muret Hénin-Beaumont – Saint-Brieuc Lyon – Rodez

3e journée le 25/09/2011

9e journée le 13/11/2011

Saint-Brieuc – Rodez Saint-Etienne – Yzeure Montpellier – Lyon Hénin-Beaumont – Juvisy Vendenheim – Soyaux Muret – PSG

PSG – Vendenheim Muret – Hénin-Beaumont Yzeure – Lyon Saint-Etienne – Soyaux Rodez – Juvisy Saint-Brieuc – Montpellier

4e journée le 2/10/2011

10e journée le 27/11/2011

Rodez – Muret Lyon – Saint-Etienne Vendenheim – Hénin-Beaumont Soyaux – PSG Juvisy – Montpellier Yzeure – Saint-Brieuc

Soyaux – Lyon Juvisy – Yzeure Vendenheim – Rodez Montpellier – Muret Hénin-Beaumont – PSG Saint -Brieuc – Saint-Etiennne

5e journée le 9/10/2011

11e journée le 04/12/2011

Hénin-Beaumont – Soyaux PSG – Rodez Saint-Etienne – Juvisy Montpellier – Vendenheim Muret – Yzeure Saint-Brieuc – Lyon

Lyon – Juvisy PSG – Montpellier Yzeure – Vendenheim Rodez – Hénin-Beaumont Soyaux – Saint-Brieuc Muret – Saint-Etienne

6e journée le 16/10/2011

12e journée le 11/12/2011

Lyon – Muret Vendenheim – Saint-Etienne Yzeure – PSG Juvisy – Saint-Brieuc Soyaux – Rodez Hénin-Beaumont – Montpellier

Muret – Soyaux Saint-Etienne – Rodez Saint-Brieuc – PSG Montpellier – Yzeure Hénin-Beaumont – Lyon Vendenheim – Juvisy

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13e journée le 08/01/2012

19e journée le 15/04/2012

Yzeure – Saint Etienne Lyon – Montpellier Soyaux – Vendenheim Juvisy – Hénin-Beaumont PSG – Muret Rodez – Saint-Brieuc

Vendenheim – PSG Montpellier – Saint-Brieuc Lyon – Yzeure Juvisy – Rodez Hénin-Beaumont – Muret Soyaux – Saint-Etienne

14e journée le 15/01/2012

20e journée le 06/05/2012

PSG – Soyaux Saint-Etienne – Lyon Montpellier – Juvisy Hénin-Beaumont – Vendenheim Muret – Rodez Saint-Brieuc – Yzeure

Saint-Brieuc – Saint-Etienne Muret – Montpellier Rodez – Vendenheim Yzeure – Juvisy Lyon – Soyaux PSG – Hénin-Beaumont

15e journée le 22/01/2012

21e journée le 27 mai 2012

Yzeure – Muret Soyaux – Hénin-Beaumont Vendenheim – Montpellier Juvisy – Saint-Etienne Rodez – PSG Lyon – Saint-Brieuc

Montpellier – PSG Juvisy – Lyon Saint-Brieuc – Soyaux Saint-Etienne – Muret Vendenheim – Yzeure Hénin-Beaumont – Rodez

16e journée le 05/02/2012

22e journée le 03/05/2012

Rodez – Soyaux Saint-Etienne – Vendenheim PSG – Yzeure Montpellier – Hénin-Beaumont Saint-Brieuc – Juvisy Muret – Lyon

Soyaux – Juvisy Muret – Saint-Brieuc PSG – Saint-Etienne Lyon – Vendenheim Rodez – Montpellier Yzeure – Hénin-Beaumont

17e journée le 12/02/2012

Si le programme de la D1 féminine s’annonce, une

Lyon – PSG Juvisy – Muret Yzeure – Rodez Hénin-Beaumont – Saint-Etienne Soyaux – Montpellier Vendenheim – Saint-Brieuc

fois de plus, cette saison, alléchant, on scrutera avec

18e journée le 25/03/2012

qu’aujourd’hui. Mais on compte sur les ambitions

Yzeure – Soyaux PSG – Juvisy Muret – Vendenheim Saint-Etienne – Montpellier Saint-Brieuc – Hénin-Beaumont Rodez – Lyon

le suspense d’un Championnat qui ne manquera ni

attention la rivalité (voir par ailleurs) entre l’Olympique Lyonnais et « le reste du monde ». Une rivalité exarcerbée par le fait que les championnes d’Europe et de France en titre n’ont jamais été aussi fortes du PSG, de Juvisy et de Montpellier pour relancer d’intérêt, ni de curiosité, ni de spectateurs. Même si ce calendrier peut évoluer au cours de l’année.

Alors, à vos marques, prêts, partez !

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Dossier / Championnat de France - Les transferts

Le mercato de la D1 L’été est synonyme d’une nouvelle phase pour le football. Celle du mercato. C’est donc l’heure des transferts et pour les joueuses de changer de club ou de prolonger leur bail. Cependant, tout n’est pas comparable entre les footballs féminin et masculin. D’une part, la plus évidente est économique. Le championnat élite féminine n’est pas professionnel comme c’est le cas aux Etats-Unis, 100 % professionnel ou en Allemagne et en Angleterre, où les championnats sont semi-professionnels.

C

’est donc deux types de clubs que l’on voit en D1 féminine. D’un côté, des petits clubs comme Rodez, Saint-Brieuc, Yzeure, Hénin-Beaumont ou les promus, Soyaux, Vedenheim et Muret, qui auront pour principal mission de jouer le maintien ou le milieu de tableau, au mieux. De l’autre, il y a l’ogre de l’Olympique Lyonnais, le Paris

Saint-Germain, Montpellier et Saint-Etienne, qui profitent de la structure professionnelle et financière de leur club même si la section masculine est privilégiée. A l’image de Lyon, seul club à statut complètement professionnel, quand JeanMichel Aulas met les moyens, les Lyonnaises obtiennent des résultats : championnes de France depuis 2007 et la Ligue

PSG

Statu quo au Paris Saint-Germain. Cinq mondialistes étaient en fin de contrat avec le club de la capitale. La gardienne titulaire de l’équipe de France, Bérangère Sapowicz, les défenseurs, Laure Boulleau et Laure Lepailleur, ainsi que Elise Bussaglia au milieu de terrain et l’attaquante, Caroline Pizzala, ont toutes prolongé leur contrat. Un moyen d’aborder la nouvelle saison dans la continuité avec la Ligue des Champions en point de mire. A noter également l’arrivée de la milieu de terrain de Toulouse, Solène Barbance. Elle sera accompagnée de Delphine Blanc et et Kenza Dali, de Rodez. Un club que va rejoindre Zohra Ayachi.

Lyon

Comme à Paris, le club rhodanien a tenu à faire prolonger certaines joueuses cadres. Ainsi, la Suissesse, Lara Dickenmann, la Costaricienne, Shirley Curz Trana, Aurélie Kaci et l’attaquante internationale, Sandrine Brétigny, prolongent au club jusqu’à l’été 2012. Lotta Schelin, troisième du Mondial avec la Suède, fait mieux en prolongeant son bail jusqu’en 2013. L’évènement, c’est surtout la signature de Céline Deville,

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des Champions en 2011. Seule exception, le Juvisy FCF est un club exclusivement féminin depuis sa scission avec l’ES Juvisy-sur-Orge en 1971. Pourtant, le club est multiple champion de France et joue le podium chaque saison avec ses internationales. Mais comme cela a été le cas en Ligue 1 masculine cette dernière décennie, les yeux se

tournent vers un club, l’Olympique Lyonnais, qui arrivent à attirer les meilleures joueuses et quelques internationales de grand cru. La dernière en date : Céline Deville en provenance de Montpellier et gardienne remplaçante de l’équipe de France, quatrième de la Coupe du monde en Allemagne

JUVISY FCF

Quelques nouvelles joueuses font leur apparition au sein de l’effectif du club essonnien. Les milieux de terrain, Inès Dhaou formée au CNFE Clairefontaine et Stéphanie Léocadie, en provenance de Bagneux, rejoignent Juvisy, après un test concluant lors d’une rencontre amicale contre l’équipe des sapeurs-pompiers de l’Essonne. Elles sont rejointes par la jeune défenseur, Adeline Rousseau (20 ans), qui reste en D1 après la relégation de son ancien club, La Roche-sur-Yon, et de la gardienne, Marion Mancion, transfuge de Hénin-Beaumont comme son équipière, Julie Debever. Quant à Margaux Medjadji (17 ans), qui évoluait avec les moins de 19 ans, elle serait en passe d’intégrer l’équipe première.

gardienne n°2 avec les Bleues. Titulaire à Montpellier, elle viendra faire concurrence à Sarah Bouhaddi, elle-même internationale mais non sélectionnée par Bruno Bini pour la Coupe du monde en Allemagne. L’internationale norvégienne, Ingvild Stensland, est retournée au Kopparbergs/FC Göteborg en Suède, après deux années de bons et loyaux services.


Saint-Etienne

Vendenheim

Soyaux

Montpellier

Muret

Saint-Brieuc

Hénin-Beaumont

Yzeure

Apr��s les départs de Pauline Court et Laëtitia Agab au Puy-en-Velay en Division 2, le club du Forez a vu beaucoup d’arrivées. Rose Lavaud, Charlotte Lorgeré et AnneMarie Banuta arrivent du Toulouse FC. En plus de Sarah Palacin (ex-Issy), Laura Bruchet revient renforcer l’attaque des Vertes, après un intermède d’une saison à Saint-Julien Chapteuil. Caroline Lavilla et Laura Martinez (internationale militaire) arrivent en défense et Laury Jésus, au milieu de terrain. Un recrutement résolument jeune puisque aucune de ces joueuses ne dépasse les 23 printemps.

Emma Laizé-Laplagne part du club pour Toulouse, Michèle Ngono Mani, rejoint le FC Monteux en D2, tandis que Priscilla Bencin met fin à sa carrière. Dans le même temps, le promu recrute surtout à l’étage inférieur. Fidélia Poussil, Audrey Soulétis et Eva Sumo arrivent de Mérignac Arlac. Marie-Aurelle Awona évite la descente de son ancien club du Mans. Elodie Nakkach (Limoges Landouge) et Anaïs Bounouar (Rennes Bréquigny) complètent le chapitre des arrivées.

Après sa place définitivement acquise en D1 devant le CNOSF, l’AS Muret s’est mis au recrutement. Mathilde Rieux (Toulouse) et sa coéquipière Sandra Garberoglio ont été recrutées. Charlotte Fromentin et Mylène Morda sont également arrivées dans le club entraîné par Majid Allouche.

Suite à l’annonce de son départ, Philippe Piette est remplacé par Yannick Ansart comme entraîneur. Marion Mancion et Julie Debever signent à Juvisy, alors que Laurie Dacquigny fait un saut de puce à Arras (D2). Même chose pour Latifa Abdallah, qui rejoint Leers d’où la gardienne de but, Maureen Staquet, Tiffany Monsauret et Céline Musin font le trajet inverse.

C’est l’internationale algérienne, Lilia Boumrar (22 ans), qui va prendre les rênes de l’attaque alsacienne pour son retour parmi l’élite après être passée par Bagneux. Avec elle, elle emmène Leïla Meflah, qui quitte son club de toujours. Jeanne Haag a repassé la frontière du Rhin pour rejoindre le champion de D2 après quelques saisons avec Fribourg en Bundesliga féminine. La jeune attaquante, Fanny Bovalo (19 ans), intégrera l’équipe des moins de 19 ans. Comme elle, Pauline Jaeck et Ornella Moretto quittent Bischheim pour jouer en Division 1.

Le fait de l’été est évidemment le départ de Céline Deville chez l’ogre lyonnais. Marine Caccaguierra part en D2 dans le club de Nîmes. Pour le moment, au niveau des arrivées, c’est le calme plat. Même s’il est bien fourni, quelques recrues pourraient arriver en prévision des joutes du haut de tableau. A noter la grande nouvelle : la prolongation de contrat jusqu’en 2014 de l’avant-centre internationale de l’équipe de France, Marie-Laure Délie.

Le club breton est allé chercher l’ancienne espoir lyonnais dans les buts, Emmeline Manguy, partie s’exiler en Espagne, pour peut-être mieux revenir en Bretagne. Nolwenn Jéhan (ex-Rennes) pourra la soutenir en défense. Aude André et Karine Ferré arrivent de Croix-Lambert. Anaïs Ribeyra part pour un autre club de l’élite avec Yzeure.

Yzeure voit l’arrivée de l’attaquante réunionnaise, Anaïs Ribeyra, suivie de Tatiana Solanet, de Rodez, et Claire Guillard (La Roche ESOF). Un changement à la tête de l’équipe puisque c’est désormais Patrice de Gironde qui sera l’entraîneur en remplacement de Johnny Kari, qui reste dans l’encadrement du club. Stéphanie Maitre arrive de Compiège au milieu de terrain et Elodie Lizzano vient du club de Nîmes. La gardienne Candelaria Rosillo Martin tire sa révérence.

Rodez Outre les départs de Delphine Blanc et Kenza Dali pour le PSG, et celui de Tatiana Solanet pour Yzeure, Dina Jeanjean s’en va rejoindre Toulouse et la deuxième division. Inversement pour

Audrey Cugat et Karima Benameur, comme pour Zohra Ayachi (PSG). Elles sont rejointes par Julie Perthuis, désormais ancienne attaquante de Tours en D2.

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Dossier / Championnat de France - Ligue 2

LE CALENDRIER POUR LA LUTTE EN DIVISION 2 C’est donc Toulouse, Le Mans et La Roche-sur-Yon, qui redescendent d’une division pour cette saison à venir...

C

lement grandement perturbée par les pénalisations de points dues au non-respect des effectifs concernant certaines classes d’âge pour certains clubs. Une décision compréhensible du point de vue du règlement mais difficile à appliquer vu les moyens dont disposent la plupart des clubs de football féminin. La victoire de l’OL en Ligue des champions en 2011 et le

es trois clubs partent logiquement favoris avec Le Mans dans le groupe A, la Rochesur-Yon dans le groupe B et Toulouse dans le groupe C. Pour autant, rien n’est acquis et d’autres clubs comme Issy Football Féminin (2e du groupe B en 2010/2011) ou le FCF Monteux ne sont pas passés si loin de l’accession dans l’élite. Une saison éga-

parcours des Bleues en Allemagne pourraient impulser un nouvel élan, mais la situation de ces clubs ne changera pas du jour au lendemain. Les clubs de Leers (grp. A) et Besançon (grp. C) sont descendus à la dernière journée accompagnés par Aulnat (grp. C), Templemars, lanterne rouge du groupe A, ainsi qu’Arlac Mérignac et Limoges Landouge Foot dans le groupe B. Cette saison, ils seront remplacés par Amiens Montières et Gonfreville l’Orcher dans le groupe A, Herblay et l’ES Poitiers pour le groupe B, et enfin, l’US

Puy-en-Velay et Saint-Simon Toulouse, qui retrouvera d’ailleurs le Toulouse FC dans le groupe C. Dans ce groupe, le mot « derby » prendra donc tout son sens pour les deux clubs de la ville rose. Le calendrier pour la saison de Division 2 Féminine a été décidé depuis le mois de juin et on connaît les rencontres depuis la fin des différents championnats et l’accession confirmée de l’AS Muret après saisie du CNOSF. Les 22 journées de championnat se joueront du 4 septembre au 27 mai.

Groupe A 1ère journée le 4/09/2011 Gravelines – Bagneux Compiègne – Bischheim Cormelles – Arras Rouen – Le Mans Amiens Montières – Dijon Gonfreville l’Orcher – Algrange 2e journée le 11/09/2011 Bischheim – Algrange Dijon – Gonfreville l’Orcher Arras – Rouen Bagneux – Cormelles Compiègne – Gravelines Le Mans – Amiens Montières 3e journée le 25/09/2011 Amiens Montières – Arras Gonfreville l’Orcher – Le Mans Algrange – Dijon Gravelines – Bischheim Rouen – Bagneux Cormelles – Compiègne 4e journée le 2/10/2011 Bischheim – Dijon Bagneux – Amiens Montières Le Mans – Algrange Gravelines – Cormelles Arras – Gonfreville l’Orcher Compiègne – Rouen 5e journée le 9/10/2011 Rouen - Gravelines Gonfreville l’Orcher – Bagneux Dijon – Le Mans Amiens Montières – Compiègne Algrange – Arras Cormelles – Bischheim 6e journée le 16/10/2011 Gravelines – Amiens Montières Arras – Dijon Cormelles – Rouen

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Bischheim – Le Mans Bagneux – Algrange Compiègne – Gonfreville l’Orcher 7e journée le 6/11/2011 Le Mans – Arras Gonfreville l’Orcher – Gravelines Dijon – Bagneux Rouen – Bischheim Amiens Montières – Cormelles Algrange – Compiègne 8e journée le 13/11/2011 Compiègne – Dijon Rouen – Amiens Montières Bagneux – Le Mans Cormelles – Gonfreville l’Orcher Gravelines – Algrange Bischheim – Arras 9e journée le 27/11/2011 Algrange – Cormelles Gonfreville l’Orcher – Rouen Le Mans – Compiègne Dijon – Gravelines Arras – Bagneux Amiens Montières – Bischheim 10e journée le 4/12/2011 Cormelles – Dijon Compiègne – Arras Bischheim – Bagneux Amiens Montières – Gonfreville l’Orcher Gravelines – Le Mans Rouen – Algrange 11e journée le 11/12/2011 Bagneux – Compiègne Bischheim – Gonfreville l’Orcher Le Mans – Cormelles Dijon – Rouen Arras – Gravelines Algrange – Amiens Montières

12e journée le 15/01/2012 Amiens Montières – Le Mans Algrange – Bischheim Gravelines – Compiègne Gonfreville l’Orcher – Dijon Rouen – Arras Cormelles – Bagneux 13e journée le 22/01/2012 Bagneux – Rouen Bischheim – Gravelines Le Mans – Gonfreville l’Orcher Dijon – Algrange Compiègne – Cormelles Arras – Amiens Montières 14e journée le 5/02/2012 Algrange – Le Mans Rouen – Compiègne Amiens Montières – Bagneux Dijon – Bischheim Gonfreville l’Orcher – Arras Cormelles – Gravelines 15e journée le 12/02/2012 Bischheim – Cormelles Compiègne – Amiens Montières Bagneux – Gonfreville l’Orcher Arras – Algrange Le Mans – Dijon 16e journée le 4/03/2012 Dijon – Arras Le Mans – Bischheim Amiens Montières – Gravelines Algrange – Bagneux Gonfreville l’Orcher – Compiègne Rouen – Cormelles 17e journée le 18/03/2012 Bagneux – Dijon Gravelines – Gonfreville l’Orcher Compiègne – Algrange

Bischheim – Rouen Arras – Le Mans Cormelles – Amiens Montières 18e journée le 25/03/2012 Arras – Bischheim Gonfreville l’Orcher – Cormelles Dijon – Compiègne Amiens Montières – Rouen Le Mans – Bagneux Algrange – Gravelines 19e journée le 15/04/2012 Compiègne – Le Mans Bischheim – Amiens Montières Bagneux – Arras Rouen – Gonfreville l’Orcher Cormelles – Algrange Gravelines – Dijon 20e journée le 22/04/2012 Dijon – Cormelles Le Mans – Gravelines Gonfreville l’Orcher – Amiens Montières Algrange – Rouen Bagneux – Bischheim Arras – Compiègne 21e journée 20/05/2012 Rouen – Dijon Gravelines – Arras Amiens Montières – Algrange Gonfreville l’Orcher – Bischheim Cormelles – Le Mans Compiègne – Bagneux 22e journée le 27/05/2012 Le Mans – Rouen Bagneux – Gravelines Algrange – Gonfreville l’Orcher Dijon – Amiens Montières Arras – Cormelles Bischheim – Compiègne


Groupe B 1re journée le 4/09/2011 Saint-Herblain – Rennes La Roche-sur-Yon – Tours Montigny – Corné Poitiers – Issy Blanquefort – Condé Herblay – Angers 2e journée le 11/09/2011 Condé – Saint-Herblain Angers – Blanquefort Poitiers – Herblay Rennes – La Roche-sur-Yon Tours – Montigny Issy – Corné 3e journée le 25/09/2011 Saint-Herblain – Angers Herblay – Issy Blanquefort – Poitiers Corné – Tours Montigny – Rennes La Roche-sur-Yon – Condé 4e journée le 2/10/2011 Herblay – Blanquefort Issy – Tours Condé – Montigny Rennes – Corné Poitiers – Saint-Herblain Angers – La Roche-sur-Yon 5e journée le 9/10/2011 Montigny – Angers Saint-Herblain – Herblay Tours – Rennes Blanquefort – Issy Corné – Condé La Roche-sur-Yon – Poitiers 6e journée le 16/10/2011 Blanquefort – Saint-Herblain Herblay – La Roche-sur-Yon Poitiers – Montigny

Angers – Corné Issy – Rennes Condé – Tours 7e journée le 6/11/2011 Rennes – Condé Saint-Herblain – Issy Corné – Poitiers Tours – Angers La Roche-sur-Yon – Blanquefort Montigny – Herblay 8e journée le 13/11/2011 Herblay – Corné Issy – Condé Blanquefort – Montigny Saint-Herblain – La Roche-sur-Yon Poitiers – Tours Angers – Rennes 9e journée le 27/11/2011 Condé – Angers Montigny – Saint-Herblain Rennes – Poitiers La Roche-sur-Yon – Issy Corné – Blanquefort Tours – Herblay 10e journée le 4/12/2011 Saint-Herblain – Corné La Roche-sur-Yon – Montigny Herblay – Rennes Issy – Angers Poitiers – Condé Blanquefort – Tours 11e journée le 11/12/2011 Tours – Saint-Herblain Issy – Montigny Rennes – Blanquefort Corné – La Roche-sur-Yon Condé – Herblay Angers – Poitiers

12e journée le 15/01/2012 Saint-Herblain – Condé Blanquefort – Angers Corné – Issy Montigny – Tours Herblay – Poitiers La Roche-sur-Yon – Rennes 13e journée le 22/01/2012 Condé – La Roche-sur-Yon Issy – Herblay Rennes – Montigny Poitiers – Blanquefort Angers – Saint-Herblain Tours – Corné 14e journée le 5/02/2012 Corné – Rennes La Roche-sur-Yon – Angers Blanquefort – Herblay Saint-Herblain – Poitiers Tours – Issy Montigny – Condé 15e journée le 12/02/2012 Rennes – Tours Herblay – Saint-Herblain Angers – Montigny Condé – Corné Issy – Blanquefort Poitiers – La Roche-sur-Yon 16e journée le 4/03/2012 Tours – Condé Montigny – Poitiers Rennes – Issy Corné – Angers Saint-Herblain – Blanquefort La Roche-sur-Yon – Herblay 17e journée le 18/03/2012 Herblay – Montigny Angers – Tours Blanquefort – La Roche-sur-Yon

Issy – Saint-Herblain Poitiers – Corné Condé – Rennes 18e journée le 25/03/2012 Montigny – Blanquefort Condé – Issy La Roche-sur-Yon – Saint-Herblain Rennes – Angers Tours – Poitiers Corné – Herblay 19e journée le 15/04/2012 Herblay – Tours Blanquefort – Corné Poitiers – Rennes Angers – Condé Issy – La Roche-sur-Yon Saint-Herblain – Montigny 20e journée le 22/04/2012 Montigny – La Roche-sur-Yon Condé – Poitiers Angers – Issy Tours – Blanquefort Corné – Saint-Herblain Rennes – Herblay 21e journée le 20/05/2012 Blanquefort – Rennes Herblay – Condé Poitiers – Angers Saint-Herblain – Tours Montigny – Issy La Roche-sur-Yon – Corné 22e journée le 27/05/2012 Angers – Herblay Issy – Poitiers Condé – Blanquefort Tours – La Roche-sur-Yon Corné – Montigny Rennes – Saint-Herblain

Groupe C 1re journée le 4/09/2011 Claix – Monteux Flacé Mâcon – St-Simon Toulouse Arpajon – Blanzy Le Puy-en-Velay – Toulouse Châtenoy – La Véore Albi – Nîmes 2e journée le 11/09/2011 Flacé Mâcon – Albi Nîmes – Châtenoy La Véore – Claix Monteux – Le Puy-en-Velay Toulouse – Arpajon St-Simon Toulouse – Blanzy 3e journée le 25/09/2011 Claix – Nîmes Le Puy-en-Velay – La Véore Blanzy – Toulouse Arpajon – Monteux Châtenoy – Flacé Mâcon Albi – St-Simon Toulouse 4e journée le 2/10/2011 Monteux – Blanzy Albi – Châtenoy Nîmes – Le Puy-en-Velay Flacé Mâcon – Claix St-Simon Toulouse – Toulouse La Véore – Arpajon 5e journée le 9/10/2011 Claix – Albi Toulouse – Monteux Arpajon – Nîmes Châtenoy – St-Simon Toulouse Blanzy – La Véore Le Puy-en-Velay – Flacé Mâcon 6e journée le 16/10/2011 Châtenoy – Claix Nîmes – Blanzy St-Simon Toulouse – Monteux Albi – Le Puy-en-Velay

Flacé Mâcon – Arpajon La Véore – Toulouse 7e journée le 6/11/2011 Arpajon – Albi Blanzy – Flacé Mâcon Le Puy-en-Velay – Châtenoy Toulouse – Nîmes Monteux – La Véore Claix – St-Simon Toulouse 8e journée le 13/11/2011 Nîmes – Monteux Flacé Mâcon – Toulouse Châtenoy – Arpajon St-Simon Toulouse – La Véore Albi – Blanzy Claix – Le Puy-en-Velay 9e journée le 27/11/2011 Arpajon – Claix Monteux – Flacé Mâcon Le Puy-en-Velay – St-Simon Toul. Toulouse – Albi La Véore – Nîmes Blanzy – Châtenoy 10e journée le 4/12/2011 Châtenoy – Toulouse St-Simon Toulouse – Nîmes Albi – Monteux Claix – Blanzy Flacé Mâcon – La Véore Le Puy-en-Velay – Arpajon 11e journée le 11/12/2011 Monteux – Châtenoy Blanzy – Le Puy-en-Velay St-Simon Toulouse – Arpajon Nîmes – Flacé Mâcon La Véore – Albi Toulouse – Claix

12e journée le 15/01/2012 Le Puy-en-Velay – Monteux Claix – La Véore Arpajon – Toulouse Albi – Flacé Mâcon Châtenoy – Nîmes Blanzy – St-Simon Toulouse 13e journée le 22/01/2012 Nîmes – Claix La Véore – Le Puy-en-Velay St-Simon Toulouse – Albi Flacé Mâcon – Châtenoy Toulouse – Blanzy Monteux – Arpajon 14e journée le 5/02/2012 Toulouse – St-Simon Toulouse Châtenoy – Albi Blanzy – Monteux Claix – Flacé Mâcon Arpajon – La Véore Le Puy-en-Velay – Nîmes 15e journée le 12/02/2012 Nîmes – Arpajon Albi – Claix Monteux – Toulouse Flacé Mâcon – Le Puy-en-Velay St-Simon Toulouse – Châtenoy La Véore – Blanzy 16e journée le 4/03/2012 Monteux – St-Simon Toulouse Claix – Châtenoy Le Puy-en-Velay – Albi Arpajon – Flacé Mâcon Blanzy – Nîmes Toulouse – La Véore 17e journée le 18/03/2012 Flacé Mâcon – Blanzy St-Simon Toulouse – Claix Nîmes – Toulouse Châtenoy – Le Puy-en-Velay

Albi – Arpajon La Véore – Monteux 18e journée 25/03/2012 Arpajon – Châtenoy Blanzy – Albi Monteux – Nîmes La Véore – St-Simon Toulouse Toulouse – Flacé Mâcon Le Puy-en-Velay – Claix 19e journée le 15/04/2012 Flacé Mâcon – Monteux Claix – Arpajon Albi – Toulouse Châtenoy – Blanzy Nîmes – La Véore St-Simon Toul. – Le Puy-en-Velay 20e journée le 22/04/2012 Nîmes – St-Simon Toulouse Monteux – Albi Blanzy – Claix Arpajon – Le Puy-en-Velay Toulouse – Châtenoy La Véore – Flacé Mâcon 21e journée le 20/05/2012 Le Puy-en-Velay – Blanzy Claix – Toulouse Albi – La Véore Châtenoy – Monteux Flacé Mâcon – Nîmes Arpajon – St-Simon Toulouse 22e journée le 27/05/2012 La Véore – Châtenoy Nîmes – Albi Monteux – Claix St-Simon Toulouse – Flacé Mâcon Blanzy – Arpajon Toulouse – Le Puy-en-Velay

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GaĂŤtane thiney


Reportage / Toulouse - Les Championnes d’Europe

Au bonheur de ces Dames D.R.

Par René Zyserman

C’est un sentiment de fierté pour ce groupe de filles hors norme (dont Solène Barbance soulevant le trophée avec le brassard de capitaine habituellement dévolu à Marie-Pierre Castera) qui ont réussi à créer une belle cohésion entre elles, sur et en dehors du terrain.

En s’imposant en Turquie en finale du Championnat d’Europe face à Mayence (5-0), l’Université Paul-Sabatier de Toulouse est définitivement entrée dans l’histoire du football français. Retour sur un odyssée moderne qui fera date.

U

ne saison… au paradis. Tel pourrait être le titre du recueil poétique et footballistique qu’ont soigneusement composé, jour après jour, exploit après exploit, les filles de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse (UPS). La saison de tous les records, où les émotions et les souvenirs, les faits d’armes se sont disputés à qui mieux mieux. Et se sont multipliés aussi sous les pieds agiles et victorieux

de ces championnes du courage, ces maîtresses d’un destin unique que personne ne pourra leur ôter. L’odyssée - car on peut désormais l’appeler ainsi - des Toulousaines s’inscrit dans une durée et une logique bien définie. Tout a commencé par l’obtention d’un titre de champion de France universitaire glané à Montpellier le 26 mai dernier grâce à une victoire 3-0 face à Grenoble, avec 3 buts de Fanny Tenret,

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Alexandra SAINT-JOURS (ALBI) Solène BARBANCE (TFC futur PSG) Rose LAVAUD (TFC futur St-Etienne) Sidonie DEMARLE (TFC) Marie PAPAIX (TFC) Laura ASENSIO (MURET) Aïvi MITCHAI (MURET) Fanny TENRET (MURET) Marion MORDA (MURET) Marie- Pierre CASTERA (Ste Christie)

D.R.

QUI SONT LES CHAMPIONNES D’EUROPE 2011

?

D.R.

Reportage / Toulouse - Les Championnes d’Europe

Elodie ESPIAU (Ste Christie) Aurore GASTAL (Ste Christie) Saliha AARASSE (St SIMON) Manon GUITARD (RODEZ) Noémie CALMELS (RODEZ) Laêtitia COLL (CASTRES) Marjorie DELPEUCH (ALBI) Sonia DELMOND (TFC) Dounia LARAICIA (TFC) Sherazed SEKKAK (MURET)

D.R.

Sabrina PAECH (étudiante allemande ERASMUS)

Que ce soit en match officiel, en Allemagne, où elles ont supporté les Bleues, ou à l’entraînement, c’est toujours la joie et la bonne humeur pour les étudiantes toulousaines.

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s’il vous plaît ! Un titre national obtenu 13 ans après le dernier et permettant aux Toulousaines de se qualifier pour le championnat d’Europe... Tel un parcours initiatique, pavé de mystères et de défis de toutes sortes, les étudiantes françaises ont su ensuite construire leur succès, bien aidées par leur entraîneur et guide éclairé, Sylvain Blaise qui a su leur montrer la voie : « Nous sommes partis au début de l’aventure dans l’inconnu et nous avons acquis des certitudes au fur et à mesure. »

Comme un ouragan Des certitudes qui n’ont cessé de progresser tout au long de la compétition. Invaincues et premières de leur groupe, les toulousaines nourrissent de folles ambitions avant d’entamer l’ultime ligne

droite qui doit les mener vers la quête du Graal. En demifinale, au terme d’une rencontre haletante et indécise face à l’ogre allemand Wurtzbourg, le salut des étudiantes émanera de Laura Asensio et Sidonie Demarle. Ouf ! La finale est une toute autre histoire. Face à Mayence, autre formation d’outre-Rhin, les coéquipières d’Alexandra Saint-Jours plieront vite l’affaire (5-0). Comme un ouragan, Toulouse balaie de son football inspiré et inspirant une Europe conquise… qui n’en demandait pas tant. Le bilan de ces petites reines du ballon rond est sans appel : cinq victoires, quinze buts inscrits… et aucun encaissé. Un parcours de championnes pour un premier titre continental ! Historique. Grâce à cette feuille de route impeccable, les troupes de Sylvain Blaise valident du même coup leur précieux sésame pour disputer leur premier Jeux Universitaires en Espagne, à Cordoue, en juillet 2012. Vivement la suite…

Lettre des championnes d’Europe aux Bleues

M

onsieur Bini, Chères joueuses de l’équipe de France,

Fraîchement sacrées championnes d’Europe Universitaires pour la première fois dans l’histoire d’une équipe française, mes joueuses et moi-même souhaitons vous transmettre nos ondes positives... Après le titre historique des Lyonnaises, le nôtre historique également, nous souhaitons de tout coeur que le dicton « jamais 2 sans 3  » se réalise car il semblerait que ce soit l’année des premières pour le football féminin français sur le plan international... La citation qui a marqué notre

aventure fantastique est : «  Visez la lune car à défaut de l’atteindre vous atteindrez les étoiles  »... Sachez que nous sommes très bien sur la Lune et que nous vous y attendons de pied ferme !!!!!!! Nous allons essayer, dans la mesure du possible, d’organiser un déplacement en Allemagne pour vous transmettre directement ces émotions positives... Allez les filles, les roses toulousaines sont avec vous, la France est derrière vous, pour confirmer que l’année 2011 est l’année du football féminin français et pour qu’il soit enfin reconnu à sa juste valeur...

RESULTATS Championnat d’Europe

Samedi 25 Juin 2011 Finale

TOULOUSE b Mayence (ALL) 5-0 (3-0) Buts : Marie-Pierre Castera, Manon Guitard (2), Rose Lavaud, Saliha Aarasse TOULOUSE : Alexandra Saint-Jours ; Marie Papaix (Laura Asensio), Aïvi Mitchaï (Elodie Espiau), Sidonie Demarle (Aurore Gastal), Rose Lavaud, Manon Guitard (Saliha Aarasse), Marie-Pierre Castera (Noémie Calmels). Entr.: Sylvain Blaise

Vendredi 24 juin Demi-finale TOULOUSE b Würzburg (ALL) 2-0 Buts : Laura Asensio, Sidonie Demarle TOULOUSE : Alexandra Saint-Jours ; Marie Papaix (Laura Asensio 40’), Aïvi Mitchaï, Sidonie Demarle, Rose Lavaud, Manon Guitard (Saliha Aarasse 45’), Marie-Pierre Castera. Entr.: Sylvain Blaise Poule

Mercredi 22 juin

TOULOUSE b München (ALL) : 3-0 Buts : Marie Papaix, Marie Pierre Castera, Noémie Calmels TOULOUSE : Alexandra Saint-Jours ; Aïvi Mitchai (Laura Asensio), Marie Papaix (Elodie Espiau), Sidonie Demarle (Marion Morda), Rose Lavaud (Laëtitia Coll), Manon Guitard, Marie-Pierre Castera (Noémie Calmels). Entr.: Sylvain Blaise

Mardi 21 juin 2011

TOULOUSE b Coimbra (POR) : 4-0 Buts : Marie-Pierre Castera, Rose Lavaud, Sidonie Demarle, Saliha Aarasse TOULOUSE : Alexandra Saint-Jours ; Aïvi Mitchaï (Elodie Espiau), Marie Papaix, Sidonie Demarle (Marion Morda), Rose Lavaud (Noémie Calmels), Manon Guitard (Saliha Aarasse), Marie-Pierre Castera (Laëtitia Coll). Entr.: Sylvain Blaise

Lundi 20 juin 2011

TOULOUSE b Sibérie (RUS) : 1-0 Buts : Sidonie Demarle s.p. TOULOUSE : Alexandra Saint-Jours ; Aïvi Mitchaï (Elodie Espiau), Laura Asensio (Marie Papaix), Sidonie Demarle (Aurore Gastal), Rose Lavaud (Saliha Aarasse), Manon Guitard, Marie-Pierre Castera. Entr.: Sylvain Blaise GROUPE B, à Marmara Classement : 1. TOULOUSE, 9 pts ; 2. München (ALL), 6 pts ; 3. Sibérie (RUS), 3 pts ; 4. Coimbra (POR), 0 pt

Allez les Bleues !

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Reportage / Toulouse - Les Championnes d’Europe

LE POINT DE VUE

DU COACH Sylvain Blaise, le jeune mais emblématique entraîneur de l’Université de Paul-Sabatier (UPS) qui, à partir de cette saison, va s’investir auprès des filles de l’AS MURET aux côtés de Madjid Alliche, évoque l’épopée de « ses » Bleues avec humilité, fierté et beaucoup d’humanité. Une vraie leçon de vie.

en haut de gauche à droite : DEMARLE, SAINT-JOURS, ESPIAU, AARASSE, MITCHAÏ, MORDA, TENRET, BARBANCE, DELPEUCH, COLL en bas de gauche à droite : PAPAIX, GUITARD, LAVAUD, GASTAL, CALMELS, CASTERA, ASENSIO, BLAISE

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« Être sérieux sans se prendre au sérieux » WISmag. Quel est votre sentiment après ce parcours couronné d’un titre de champion d’Europe universitaire ? Un sentiment de fierté pour ce groupe de filles hors norme, qui a su s’approprier cette aventure en créant entre elles une harmonie incroyable sur et en-dehors du terrain.

à Cordoba en juillet 2012, comme des J.O. (avec 10 sports représentés dont tous les sports collectifs). Nous allons donc nous faire un plaisir de remettre en jeu notre titre de championnes de France et de championnes d’Europe, avec beaucoup d’humilité mais toujours avec cette même envie et de l’ambition…

A quoi attribuez-vous ce succès ? La clé de la réussite est la force collective de cette sélection avec une double compétence  : la qualité sportive des filles, qui, individuellement et collectivement, ont apposé leurs empreintes sur le Championnat de France puis d’Europe. Et puis il y a aussi les valeurs humaines de cette équipe, tout aussi prépondérantes.

Comment avez-vous construit cette série de victoires sur le plan national et international ? Pour le Championnat de France, plusieurs rencontres ont été déterminantes pour l’obtention du titre : la première, lors du second match de poule (victoire face aux Montpelliéraines, championnes de France en titre). La deuxième, lors de la demi-finale (victoire face aux vice-championnes de France, Artois-Liévin 5 à 0 à Lille) et la finale bien sûr.

Quelles sont les valeurs qui incarnent votre équipe ? Elles ne diffèrent pas des miennes et je les ai totalement retrouvées dans mon groupe de filles et dans ce qu’on a pu voir aussi chez les Bleues lors de la Coupe du monde en Allemagne. Un mot résume tout  : plaisir. Celui de jouer, celui de vivre ensemble. D’autres valeurs telles la cohésion, la solidarité, la détermination, la persévérance, l’envie, l’humilité et l’ambition. J’ai une devise  : « Être sérieux sans se prendre au sérieux ». Comment envisagez-vous l’avenir ? Il se présente d’ores et déjà bien puisque nous avons en point de mire les 1ers jeux universitaires qui se dérouleront

Et en ce qui concerne le championnat d’Europe ? Le premier match a été accroché face aux Russes (victoire 1 à 0 sur un penalty transformé par Sidonie Demarle) et nous a permis de gagner en confiance et de monter en puissance. Quel a été le tournant de ce tournoi ? Incontestablement la demi- finale où nous avons arraché la victoire et évité l’épreuve incertaine des tirs aux buts dans les 2 dernières minutes avec 2 buts splendides... Nous avons été submergés d’émotion par cet épilogue... Enfin, la finale, que les filles ont maîtrisé à la perfection. Elles

ont offert un récital face aux Allemandes de Mayence.... Si vous aviez un message à délivrer, quel serait-il ? Je tiens à remercier tout simplement mes joueuses d’avoir cru en mon discours et de s’être autant investies dans cette aventure. Lors de la première causerie à Nantes, alors que nous nous connaissions très peu, je leur avais dit que le football universitaire pouvait leur faire vivre une aventure sportive et humaine unique... Elles sont allées au-delà de ce que je pouvais imaginer et de ce que j’avais vécu en tant qu’étudiant lorsque j’avais remporté deux titres de champion de France. J’en profite également pour remercier chaleureusement les différents coachs et souligner leur collaboration et leur ouverture d’esprit, qui a permis aux filles de concilier leur vie de club et cette aventure universitaire...et plus particulièrement les coachs de D1 et D2 (Madjid Alliche de Muret, Mathieu Vrilliard du TFC, Franck Plenecassagne de Rodez et Stéphanie Caraven d’Albi) pour qui les contraintes et la fréquence des entraînements et la gestion de la fatigue sont plus importantes. La suite fut également mémorable… Une de mes plus grandes satisfactions est d’avoir pu organiser dans l’urgence, notre déplacement en Allemagne pour aller supporter les Bleues lors du 1/4 de finale. Pour la petite histoire, notre bus couchette est tombé en panne en pleine nuit,

au milieu de nulle part, et nous avons attendu pendant 5 heures un autre bus. Nous avons failli rater le début du match et sommes arrivés 45 minutes avant le match... Rater la Marseillaise et le début du match aurait été insupportable ! Nous avons, du coup, vécu ce match encore plus intensément en chantant tout le match et en assistant probablement au match le plus palpitant de ce mondial... Nous avons pu, après le match, communier avec Sabrina Viguier (ndlr : défenseur de l’équipe de France) que nous remercions pour sa simplicité et sa disponibilité, ainsi que M. Bini, et rencontrer les autres joueuses.... Vous avez été inspiré par cette Coupe du monde qui peut changer les mentalités ? On dit parfois « La femme est l’avenir de l’homme  » (rires) et bien je suis convaincu que le football féminin est l’avenir du football. Cette Coupe du monde a permis de montrer à tous les sceptiques que le football féminin allie une qualité et des intentions de jeu très élevées, un état d’esprit et une envie irréprochables. Espérons que le début de prise de conscience des médias se poursuivra... Mais je crois que la qualification des Bleues pour les J.O. (et plus modestement la nôtre pour les 1ers jeux universitaires) va permettre de maintenir l’attention portée au football féminin. Pourvu que ce ne soit qu’un début et que cela s’amplifie pour que le football féminin obtienne la juste reconnaissance qu’il mérite...

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Reportage / Toulouse - Les Championnes d’Europe

Solène Barbance « Je suis marquée à vie » Championne d’Europe avec les U19 en 2010, championne d’Europe avec l’Université Paul-Sabatier de Toulouse en 2011, Solène Barbance, qui a fêté ses 20 ans le 13 août dernier, a signé au PSG cet été. Elle revient avec émotion et passion sur une aventure sportive et humaine unique. presque une sorte de culture à la française. Parvenez-vous à vous projeter pour la saison à venir ? Déjà, je continue de savourer celle qui vient de s’écouler. Mais j’ai d’autres objectifs.

WISmag : De cette épopée européenne, quel a été votre meilleur souvenir ? Solène Barbance : Il y en a tellement. Celui que je retiendrais  ? C’est le geste que les filles ont eu à mon égard après la finale. Un peu comme Eric Abidal (Ndlr  : joueur de Barcelone). Elles m’ont permis de soulever le trophée en m’offrant le brassard de capitaine. J’ai été très touchée. Et sur le plan collectif ? C’est bien sûr, d’être allées ensemble jusqu’au bout. Ce groupe est magique. Il y a un état d’esprit incroyable. Je suis marquée à vie par cette aventure. Vous évoquez l’état d’esprit de cette équipe de France. Pouvez-vous nous en dire davantage ? C’est un tout. Les principaux ingrédients ? C’est la joie sur et en dehors du terrain. Et aussi la bonne humeur. Il y a vraiment beaucoup de solidarité entre

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nous. C’est vital pour parvenir à un tel niveau. Nous ressentons ce plaisir sincère de nous retrouver. Mais c’est quelque chose qui ne s’improvise pas, mais se construit pas à pas. Tout au long de l’année, dans le quotidien. Vous avez également surfé sur une dynamique de victoires. Oui. Je pense en effet que les succès appellent les succès. C’est contagieux (sourire). Qu’avez-vous de plus que les autres équipes ? Une qualité technique et une identité réelle qui a primé. L’Allemagne est une formation qui se distingue sur le plan athlétique. Mais nous, on a essayé d’appliquer notre jeu, qui est fait de mouvement, de vitesse et de créativité. C’est un peu la marque de fabrique des équipes de France ? Oui, c’est cela. C’en est devenu

Lesquels ? (Sourire). Remporter les Jeux Olympiques Universitaires en juillet 2012. Rien que cela ! Vous avez signé au PSG cet été. C’est également un nouveau challenge pour vous ? Oui. Je vais avoir le privilège de disputer la Ligue des Champions. Cela va être un défi de taille. Mais j’aime ça. Cette saison s’annonce passionnante. C’est ce que je recherche avant tout. Ce sera aussi une première pour moi de jouer la C1. Que pensez-vous de Lyon ? L’OL a développé un beau football qui lui a permis de devenir le premier champion d’Europe de l’histoire du football français. C’est un exemple. Bien sûr, il dispose d’importants moyens. C’est le summum du professionnalisme. Les images du Championnat de France de D1 vont circuler cette année sur les chaînes de télévision. Estce une forme de reconnaissance ? Oui. Lyon et l’équipe de France

ont été de véritables pionniers en la matière. Grâce à ces deux locomotives, on a enfin parlé de football féminin. Il faut que cela continue. Tout le monde va en profiter. Et l’équipe de France A, qu’en avez-vous pensé ? Franchement, c’est la première fois, depuis 2006 (ndlr : Coupe du monde masculine en Allemagne où la France de Zidane a échoué en finale face à l’Italie) que j’ai vibré devant un match. C’était incroyable. Vous êtes également allées en Allemagne pour supporter vos homologues ? Oui. Cela a été un voyage mémorable. Un beau cadeau. Pour France-Angleterre, on avait crevé pendant la nuit sur la route. On est finalement arrivé au stade dix minutes avant le coup d’envoi. On ne l’a pas regretté. Cette équipe de France aurait-elle pu faire mieux ? Je ne sais pas. Les choses doivent se réaliser petit à petit. Cette équipe va remporter des titres, j’en suis certaine. Et vous, songez-vous à franchir un palier supplémentaire sur le plan international ? Bien sûr. C’est un de mes autres objectifs. Mais je ne veux pas brûler les étapes. Comme on dit  : chaque chose en son temps.


FCF JUVISY

ESSONNE

entre tradition et modernité Arrière cour

Par Wilfried Corvo et Samira Ouled-Dhaher

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Un jour, un club / FCF Juvisy Essonne

Créé en 1971, six fois champions de France, le FCF Juvisy Essonne est une particularité dans le paysage footballistique féminin. Savant mélange d’ambitions et d’authenticité, il s’est imposé depuis de longues années comme une vibrante réussite.

Une ambition intacte Le FCF Juvisy Essonne, club exclusivement féminin, est le seul à se mêler à la lutte pour le haut du classement avec le PSG, Montpellier et surtout Lyon, sections féminines de clubs professionnels. Quatrièmes la saison dernière, les Juvisiennes espèrent retrouver l’une des deux premières places qualificatives pour la Ligue des Champions. Dernier club champion de France en 2006 avant que l’ogre lyonnais ne mette le grappin sur le titre sans l’avoir depuis rendu, Juvisy est aujourd’hui un « historique » du Championnat de France. Emmené par ses internationales (Gaëtane Thiney et la capitaine Sandrine Soubeyrand), le FCFJ achève l’exercice précédent à la quatrième place derrière Montpellier. Juvisy s’est orienté vers un recrutement résolument jeune. La gardienne de 22 ans, Marion Mancion, quitte son Nord natal et HéninBeaumont pour rejoindre Juvisy comme le défenseur, Julie Debever (23 ans). Autre recrue : la prometteuse, Adeline Rousseau (Défenseur, 20

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ans), souvent sélectionnée et capitaine dans les équipes de France de jeunes. L’équipe entraînée par Sandrine Mathivet veut créer l’amalgame entre cadres expérimentés et jeunes talents. De grandes joueuses comme Stéphanie Mugneret-Béghé ou Marinette Pichon sont passées par Juvisy quand d’autres telles Sarah Bouhaddi ou Elise Bussaglia s’y sont révélées. Comme chaque saison, l’objectif est d’atteindre la Ligue des Champions. Un des autres objectifs du club francilien est bel et bien de se mêler à la lutte pour le titre, derrière l’intouchable OL. Dauphin en 2008 et 2010, Juvisy veut rêver encore plus loin.

Sandrine Mathivet, entraîneur de l’équipe A


Une histoire unique Le FCF Juvisy Essonne est unique. Non seulement il possède une culture, une identité spécifique, mais il est l’un des rares clubs à n’avoir évolué qu’en première division depuis sa création en 1971. Couronné à six reprises champion de France, Juvisy, qui a également été sept fois vice-champion, navigue toujours dans les hautes sphères de l’élite. La preuve…

1971

Naissance d’une section féminine.

1985

Devient indépendante et prend le nom de Football Club Féminin de Juvisy. Depuis sa création, a toujours eu une équipe évoluant à l’échelon national.

1986

Finaliste du championnat de France D2.

1989

1/2 finaliste du championnat de France D1.

1990

1/2 finaliste du championnat de France D1.

1991

1/2 finaliste du championnat de France D1.

1992

Champion de France D1.

1993

Vice champion de France D1.

1994

Champion de France D1.

1995

Vice champion de France D1.

1996

Champion de France D1.

1997

Champion de France D1.

1998

Vice champion de France D1

1999

3ème du championnat de France D1.

2000

Vice champion de France D1.

2001

3ème du championnat de France de D1.

2002

2ème du championnat de France National D1.

2003

Champion de France D1.

2004

3ème du championnat de France D1.

2006

Champion de France D1.

2007

3ème du championnat de France D1

2008

2ème du championnat de France D1

2009

3ème du championnat de France D1

2010

2ème du championnat de France D1

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Un jour, un club / FCF Juvisy Essonne

Interview

Marie-Christine

TerRoni La présidente du FCF Juvisy Essonne, s’est confiée à WISmag pour évoquer l’actualité et les ambitions, très élevées, du club francilien.

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WISmag : Deux joueuses de votre club, Sandrine Soubeyrand et Gaëtane Thiney, ont participé à la Coupe du monde en Allemagne. Comment ont-elles vécu cette expérience ? Marie-Christine Terroni  : Comme un rêve. Elles ne s’imaginaient pas accéder à une telle notoriété. Aujourd’hui, les gens ne cessent de les solliciter pour des autographes. Elles ne s’attendaient pas à voir autant de monde suivre le football féminin. C’est une reconnaissance. Elles n’ont pas envie que cela s’arrête. Cette expérience les a beaucoup marquées.

transmettre leur vécu.

Y a-t-il eu un impact positif sur le reste du groupe ? Le groupe était content de les voir rentrer à la maison. C’est toujours positif de pouvoir s’appuyer sur des internationales. En plus, on ne parle pas de n’importe qui ! Parmi elles, il y a quand même la capitaine de l’équipe de France. Mais les connaissant, je suis persuadée qu’elles désirent sincèrement partager leur expérience. On sent qu’elles ont hâte de nous

D’après-vous, le football féminin est-il sur la bonne voie ? Je le souhaite de tout cœur. Mais il était temps. Il a fallu que la Coupe du monde, formidablement relayée et médiatisée par les Allemands, puisse ouvrir les esprits. Enfin, certains se sont aperçus que le football féminin existait bel et bien. Les médias commencent enfin à s’intéresser à nous. Et pourtant cela fait quarante ans que

Depuis la Coupe du monde, remarquez-vous une plus grande motivation chez les joueuses ? Non, la motivation est la même. Vous savez, les acteurs et actrices du football féminin ont dû livrer un rude combat pour se faire une place, que ce soit au sein de la fédération ou en France. C’est bien de conserver un tel état d’esprit.

« Se qualifier pour la Ligue des Champions »


«Briser l’hégémonie lyonnaise » SOUBEYRAND, MIEUX QUE THURAM !

Le Championnat reprend dès le 4 septembre. Comment vous préparez-vous pour cette pour cette nouvelle saison ? Nous avons programmé une série de 3 à 4 matchs amicaux. Les joueuses s’entraînent sérieusement, quotidiennement.

Sandrine Soubeyrand, c’est un roc : 168 sélections avec l’équipe de France (contre 142 pour Lilian Thuram chez les Bleus). Capitaine indéboulonnable des Tricolores, fidèle à Juvisy depuis 2000, elle est le symbole d’un football féminin qui acquiert une notoriété nouvelle en France. A 37 ans, nombre de joueurs et de joueuses pensent à raccrocher les crampons quand ce n’est pas déjà fait. Au moment où Birgit Prinz, l’un des firmaments du football féminin mondial a mis un terme à sa carrière à 33 ans, Soubeyrand reste sur le pré, représentante vivante d’une sélection, qui se rapproche de plus en plus du sommet de la hiérarchie avec une quatrième place en Coupe du monde. Avant l’hégémonie lyonnaise, elle a tout de même remporté deux championnats de France avec Juvisy après avoir commencé son parcours au haut niveau au SC Caluire, près de Lyon. Chapeau ! Championnat de France : 2003 et 2006 avec Juvisy

1994-2000 : SC Caluire

Leur programme fut assez intense. C’est pourquoi nous avons décidé de leur accorder davantage de congés. Nous sommes partis trois, quatre jours en stage à Villa Léonie (partenaire du club) à Marcigny. Chacun sait ce qu’il doit faire. Les objectifs sont

Palmarés

Depuis 2000 : Juvisy FCF

Parcours

Juvisy existe. Et je ne parle pas des autres clubs qui font parti du paysage français depuis des années. Cela prouve qu’il faut continuer à se battre, sur le plan sportif pour continuer à susciter l’intérêt des médias. Mais j’espère que tout cet engouement autour du football féminin va se prolonger et ne sera pas un simple effet de mode ou un effet Coupe du monde. La FFF et son nouveau président (ndlr : Noël Le Graët) ont mis en place une stratégie payante, notamment en matière de droits télé puisque désormais des rencontres de D1 vont être retransmises sur les chaînes françaises publiques. C’est une excellente nouvelle. C’est historique ! Il était temps. A nous de justifier cette confiance.

Challenge de France : 2005 avec Juvisy Trophée UNFP de la meilleure joueuse de Division 1 en 2003 Record des sélections en équipe de France : 168 (hommes et femmes confondus)

d’ores et déjà fixés. On veut se qualifier pour la Ligue des Champions. Le but, c’est de se maintenir dans le haut du tableau, le plus près possible de Lyon. Et, pourquoi pas, de reprendre le flambeau. Il y en a un peu marre de voir toujours Lyon devant. On veut briser

l’hégémonie lyonnaise. Donc il faut s’en donner les moyens, et continuer à travailler. Sur le plan de la formation, on est compétitif. Nous tentons d’être un bon exemple pour les clubs qui veulent continuer de travailler au sein de l’élite.

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Zoom sur... / La Guadeloupe

La Guadeloupe

Le football féminin sous les tropiques Remerciements à Thierry Labirin pour sa participation

Nul n’est besoin de présenter les aspérités sportives des départements d’outre-mer français tant le vivier a régulièrement prouvé sa richesse effective et qualitative. La preuve avec la Guadeloupe.

Les joueuses de la « Solidarité 2000 de Petit-Canal » championnes de la Guadeloupe pour la saison 2010-11

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MicKAël Landreau

Ce qu’il pense... d’une équipe de foot féminine à Lille « Malheureusement, il n’y en a pas encore. La plus proche est celle de Hénin-Beaumont. Mais je trouve l’idée intéressante d’avoir une équipe féminine dans chaque club pro. Je suis un fervent supporter de tout ce qui peut développer le foot. »

L

a Guadeloupe a souvent démontré, de par « ses » Lilian Thuram, Jocelyn Angloma, Thierry Henry, William Gallas entre autres, qu’elle était un grand pourvoyeur de joueurs de dimension internationale. Dans la même lignée et bien plus d’actualité encore, le football féminin n’est pas en reste et c’est ainsi que la jeune Laura Georges a, encore une fois si besoin était, confirmé la réputation de cette petite île des Antilles. Ne pouvant se contenter d’un district, c’est une ligue qui régit le football amateur de la Guadeloupe dans sa globalité, d’où une commission s’attelle à régir, promouvoir et encadrer le football féminin. Après avoir longtemps été la cinquième roue du carrosse, le football féminin tend, petit à petit, à se frayer un chemin dans le paysage sportif local. Médiatiquement c’est le handball, le volleyball ou encore le basketball qui sont au devant de la scène des sports collectifs. Mais depuis quelques années, et avec l’avènement de nouveaux membres à la commission féminine ainsi que la nomination d’une conseillère technique voilà trois ans, le football conjugué au féminin peut espérer entrevoir des jours meilleurs.

Cercle vicieux

Deux divisions d’une dizaine de clubs chacune composent le championnat guadeloupéen. D’octobre à mai, les équipes de la division honneur, se disputent le titre de championne de la Guadeloupe, alors que les deux premières de la Promotion honneur, poule inférieure, accèdent à

la poule supérieure. Malheureusement, aucun championnat jeunes n’a pu voir le jour, faute d’implication des clubs et de véritable projet sportif de la part de la Ligue. Les chers et courageux responsables de la Ligue piétinent à mettre en place une politique de développement du football féminin : Ne serait-ce pas une défaillance du système footballistique féminin ? La Ligue espère pouvoir compter sur les responsables de club alors que les responsables de clubs comptent sur la Ligue. Néanmoins, la commission féminine demeure composée principalement de responsable de clubs. C’est un peu le chien qui se mord la queue. De ce fait, le peu de jeunes filles qui souhaitent s’initier au foot et développer une relève certaine, ne peuvent pas prétendre à faire de compétitions et finissent par se décourager et abandonner la discipline.

Engouement

Cependant, tout n’est pas si morose sous les tropiques car celles qui s’adonnent à ce sport et participent aux championnats, ont de nombreux atouts à faire valoir. Il suffit de se rendre à une rencontre pour s’apercevoir de l’engouement qui règne autour et sur le terrain. A ce jeu, quelques quatre ou cinq clubs tirent régulièrement leur épingle du jeu. Il s’agit de la Solidarité 2000 de Petit-Canal, de la MJC de Pointe-à-Pitre, de Madice de Sainte-Rose, de l’AS anonymes du Moule. Depuis près d’une dizaine d’années, ces clubs se partagent le palmarès sportif local. Championnat, Coupe de la Guadeloupe, tournois... Si, à chacune des

rencontres entre ces clubs, le spectacle est total sur le terrain et aux abords, les tractations d’intersaison n’ont rien à envier aux clubs professionnels de l’hexagone. Transferts, rondes des entraîneurs, tous les coups sont permis. Chaque année, deux ou trois nouveaux clubs voient le jour pour pallier, le plus souvent, aux trois ou quatre ayant déclaré forfait en cours de saison. Cette année, après le passage de Laura Georges à la Ligue, après la très médiatique Coupe du monde en Allemagne, une fraîche motivation a eu l’air d’avoir pénétré les rangs des responsables du football féminin.

Merci Laura Georges

Lors d’un entretien de plus d’une heure, cette ambassadrice de choix a longuement évoqué les problèmes du football féminin avec Guy Roch, le président de la Ligue de football de la Guadeloupe. Cette dernière a été assez directe dans ses propos et a posé les bases d’un partenariat solide. On la savait bonne pratiquante sur le terrain mais pas forcément détenir une telle maîtrise de la politique sportive du football féminin. En venant à la rencontre des footballeuses de la Guadeloupe, nul doute que son passage devrait rebooster cette discipline qui manque cruellement de repères.

Guadeloupe

Les clubs... Solidarité 2000 de Petit-Canal Madice de Sainte-Rose Mjc de Pointe à Pitre As Anonymes du Moule Jsvh de Vieux-Habitants JBA de Baie-Mahault As Moro du Gosier MGFF de Marie-Galante Good-Luck du Gosier Solidarité Scolaire de Baie-Mahault ASCFM du Moule Juventus de Sainte-Anne Club Sportif Capesterrien de Capesterre belle-eau Club Amical de Marquisat de Capesterre belle-eau SLAC de Marie Galante JTR de Trois-Rivières ASSC de Saint-Claude

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DIVERTISSEMENT / WISmag Le Footoscope ! Prédictions ou simples conseils, WISmag vous donne la tendance du mois. Toute correspondance avec des faits rééls ne serait que pure coïncidence...

(21 mars - 20 avril) Après des vacances bien méritées, la nouvelle saison s’annonce aussi riche et passionnante que la dernière. Prêt à relever les défis, vous avez rechargé vos batteries au maximum. Attention tout de même à ne pas trop en faire, la saison est longue.

(23 août - 22 septembre) Vous n’êtes pas d’accord avec les choix de votre entraîneur. Vous voulez jouer à gauche, il vous dit de jouer à droite. Certains sacrifices sont nécessaires pour (21 avril - 20 mai) Nouveau club, nouveau job, vous venez de réaliser le transfert de vos rêves. Le plus dur reste tout de même à faire : construire votre réputation. Vous en êtes capables, ce ne sont pas les atouts qui manquent.

le bien de l’équipe. Ne soyez pas égoïste, donnez le meilleur de vous-même, à la fin du match on vous remerciera.

(21 mai - 21 juin) Que ce soit sur le terrain ou en dehors, vous aimez vous rendre utile auprès de votre entourage, ou de vos coéquipiers. N’oubliez pas qu’il faut parfois temporiser, pour mieux attaquer par la suite.

(22 juin - 22 juillet) D’un naturel nerveux et impulsif, vous devez apprendre à vous contrôler. Certains actes et certains mots peuvent blesser, et peuvent avoir comme conséquence des matchs de suspension, alors qu’on a besoin de vous en ce début de saison.

(23 juillet - 22 août) Une blessure et tout s’écroule autour de vous. C’est peut-être une façon que trouve votre corps pour vous dire de freiner. Profitez de cet instant de repos pour reprendre des forces et revenir ensuite au meilleur niveau.

(23 septembre - 22 octobre) Une saison ne se joue pas que sur le terrain, il faut tout donner à l’entraînement et avoir une bonne hygiène de vie, car parfois le talent ne suffit pas. Il faut se donner les moyens de réussir et ne pas s’endormir sur ses lauriers. Une nuit blanche la veille d’un match n’a rien de bon.

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(22 novembre - 20 décembre) Il faut aller au bout de ce que vous entreprenez. Même si cela doit vous conduire aux tirs aux buts, il ne faut pas abandonner, il ne faut rien lâcher. L’important est de participer, l’important est de persévérer aussi ! Courage, votre travail finira par payer.

(23 octobre - 21 novembre) Restez fairplay envers vos adversaires. Le respect est un des principes de base du football, personne ne veut d’un joueur hautain, qui ne pense qu’à lui-même.


SUDOKU Remplissez les grilles... Mais attention, chaque ligne, colonne et carré ne doivent contenir qu’une seule fois les chiffres 1 à 9 ! Cette fois, à vous de jouer !

... (21 décembre - 19 janvier) Coup de foudre ou coup de cœur, quoi qu’il en soit, il faut rester concentré en toute circonstance sur le terrain. Une mésentente avec un coéquipier peut vous coûter très cher, à vous et à votre équipe.

Niveau amateur

4 9

7 7

8 9

7

5

3 8

3 6 9 4 7 8 5 1 2

2 7 3 5 6 1 8 9 4

1 8 4 3 9 2 6 7 5

6 9 5 7 8 4 1 2 3

7 3 1 6 2 5 9 4 8

...

8 4 2 9 1 3 7 5 6

9 5 6 8 4 7 2 3 1

2

9

4

5

3

7

Niveau PROFESSIONEL

...

7

8

9

...

Niveau PROFESSIONEL

...

7 2 5 1 6 8 3 4 9

8 9 6 7 4 2 5 1 3

3 5 2 6 8 4 7 9 1

6

3

4 6 7 3 9 1 2 8 5

9 1 8 5 2 7 4 3 6

2 4 1 8 3 5 9 6 7

5 7 3 9 1 6 8 2 4

7

8

9 3

7

2

6 1

7

2

9

1 3 4 2 5 9 6 7 8

6 8 9 4 7 3 1 5 2

6

...

8

Solutions des grilles du numéro précédent : Niveau amateur

9

1

1

4 2 8 1 5 9 3 6 7

5

8

6

6

...

2

1

5

(19 février - 20 mars) L’esprit d’équipe est très important, il ne faut pas hésiter à faire une passe pour multiplier les chances de victoire. Dribbler un, deux ou trois joueurs c’est bien, mais ne pas perdre le ballon c’est mieux. Passeur ou buteur, le plus important c’est les trois points.

5 1 7 2 3 6 4 8 9

9

4 5

2 7

1

7

6

9

1

5

(20 janvier - 18 février) La confiance est primordiale entre vous et votre coach. Il faut se dire les choses telles qu’elles sont pour pouvoir avancer dans les meilleures conditions. Cette confiance se verra sur le terrain, et les résultats n’en seront que meilleurs.

6

...

4 6

8

2

9 5

5

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WISmag - N°2 - Septembre 2011

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