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Emploi des jeunes et financement du secteur privé

Les propositions d'approches pour la promotion des partenariats « La lutte contre la pauvreté pourrait se révéler être une opportunité d'investissements à condition de changer les mentalités des populations et promouvoir l'esprit d'entreprise », a déclaré la représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Nardos Békélé-Thomas. C'était à l'ouverture du forum Talent 2010 le jeudi 15 avril dernier où elle a fait un bref rappel de l'importance de l'emploi des jeunes au Bénin, une analyse de la problématique de financement du secteur privé avant de faire quelques propositions sur les approches de partenariat. Par Bruno SEWADE En dépit de son fort potentiel agricole et du dynamisme remarquable de son secteur informel, le Bénin reste toujours confronté à de sérieux problèmes de chômage et de sous-emploi notamment au sein de la jeunesse en âge de travailler. Dans son intervention le jeudi 15 avril dernier à l'ouverture du forum Talent 2010, la représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Nardos Békélé-Thomas, a rappelé que ceux d'entre les jeunes qui sont diplômés, rencontrent d'énormes difficultés quand arrive le moment de rechercher un emploi alors que nombre d'entre eux sont talentueux. Aujourd'hui, le Bénin dispose d'une population en âge de travailler qui représente 51% de la population totale. Le taux de dépendance des jeunes à l'égard de la population active est de 90%. Autrement dit, l'effectif des jeunes de moins de 15 ans atteint actuellement 90% de la population des personnes en âge de travailler (15-64 ans) contre une dépendance mondiale des jeunes de 41%. Malheureusement, une partie trop importante, près de 40% de la tranche des 15-64 ans subit le sous-emploi et le chômage En d'autres termes, à peine 20% de la population totale prend réellement en charge le reste des Béninois. Mais au nombre des personnes en âge de travailler et qui manquent d'emplois et d'auto-emploi, 72% ont moins de 35 ans. Nardos Békélé-Thomas estime que le système de formation actuel ne permet pas une bonne relation avec l'emploi. Aussi, les jeunes ne sont-ils pas formés pour s'auto employer, pour être des entrepreneurs capables de générer d'autres emplois Ils sont formés pour attendre l'emploi du ciel, vivant ainsi dans le fatalisme La conséquence est là, ils deviennent des parasites Le système de formation selon la représentante du PNUD au Bénin n'est pas à l'écoute des entreprises et ne répond pas à leur demande. Il n'a de relation ni avec le potentiel du pays ni avec la stratégie de croissance et de développement. Cette situation est une source d'inquiétude Car, elle conduit au développement d'activités illégales ou de survie avec comme conséquence, l'augmentation de l'insécurité C'est tout simplement une menace si des mesures hardies ne sont pas prises. Problématique de financement et propositions De l'avis de Nardos Békélé-Thomas, l'excellence et le talent s'expriment et s'épanouissent librement dans un environnement qui les y encourage par les ressources et opportunités qu'il met à leur portée Au nombre des moyens nécessaires, se trouvent les financements bancaires et non bancaires. Seulement, les jeunes talents qui souhaitent mettre en route et faire grandir des entreprises, sont confrontés à deux réalités antagoniques D'un côté, un contexte de sous-financement des entreprises et de l'autre, une surliquidité des banques. La conséquence. une bonne partie des besoins des entreprises locales reste 1


non satisfaite et parfois même des entreprises non résidentes viennent se faire financer auprès des structures financières locales. Les banques ont tendance à surestimer le risque associé au financement d'une grande partie des entreprises, surtout lorsqu'elles sont dirigées par des jeunes. Les risques identifiés sont également élevés lorsqu'il s'agit de certains secteurs clé comme l'agriculture. L'accès au crédit du secteur productif privé et des Petites et moyennes entreprises (PME) reste une difficulté à résoudre. Le besoin de financement des jeunes entrepreneurs reste pratiquement entier et il demeure indispensable de trouver des solutions plus appropriées pour ces promoteurs dont plusieurs font preuve de talents et de créativité. L'amélioration du climat favorable aux affaires devant accroître la rentabilité des investissements et la levée des paradoxes de ce point de vue, permettront au Bénin d'avoir une croissance économique rendant possible l'atteinte, en 2015, des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). La lutte contre la pauvreté selon Nardos Békélé-Thomas pourrait se révéler être une opportunité d'investissements à condition de changer les mentalités des populations et de promouvoir l'esprit d'entreprise. Pour y parvenir, elle propose la mise en place des plateformes de consultation et de concertation à plusieurs niveaux. D'abord, entre les institutions académiques, le secteur de la recherche et les acteurs du secteur privé, les hommes et femmes d'affaires notamment sur le thème « quels métiers pour la croissance durable au Bénin?». Ensuite, une consultation entre les différents ministères sectoriels et les entreprises opérant dans leurs secteurs respectifs. Et enfin, l'organisation de consultations et dialogues public-privé annuel de haut niveau avec le chef de l'Etat, le Conseil des ministres et les acteurs économiques du pays.

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Les propositions d approches pour la promotion des partenariats