Issuu on Google+

La gouvernance mondiale de l'agriculture

Une solution pour améliorer la sécurité alimentaire (Xinhuanet 22/04/2011) La crise dans le secteur de l'agriculture constitue une grave menace pour la sécurité alimentaire de l'humanité toute entière, selon les experts et spécialistes qui viennent de participer au Forum international appelé « Dakar Agricole ». Comme alternative, ils proposent entre autre solutions, l'avènement d'une agriculture performante et la gouvernance mondiale de l'agriculture. D'après les experts, les statistiques établissent qu'il faut accroître la production de 70% d'ici 2050 pour nourrir les neuf milliards d'habitants de la planète. Et déjà 1,5 milliards de personnes meurent de faim soit près de 40 000 tous les jours. Et la situation , disent-ils, «est particulièrement désastreuse pour le continent africain ». Selon le président du comité scientifique du Dakar Agricole, le Pr Moustapha Kassé, les émeutes de la faim confirment à elles seules, l'impérieuse nécessité de réussir la sécurité et la souveraineté alimentaires et de les mettre au coeur des politiques de développement. Cela en explorant trois directions explique l’universitaire. Il s'agit de l'élaboration de politiques agricoles qui permettraient de lever, précise-t-il, les contraintes qui bloquent l'avènement d'une agriculture performante, moteur de la croissance économique. Il faut ensuite, selon M. Kassé, instaurer la gouvernance mondiale de l'agriculture et les pays en développement entreprennent les réformes de leur agriculture pour les réorienter vers la production vivrière qui puissent leur assurer une autosuffisance alimentaire et parallèlement développer des cultures de rente. Le troisième volet doit être consacré, a-t-il ajouté, à des réformes qui exigent la mise en place d'outils de régulation des marchés agricoles. Ce qui permettra de ne plus laisser l' agriculture aux seules mains des multinationales. Car le constat des experts et chercheurs est que jusque là, « les réformes des institutions internationales n'ont pas été capables de prévoir, d' empêcher ni de gérer les crises agricoles ». Sous ce rapport, le chef de l'Etat sénégalais qui présidait l'ouverture du Forum, dénonce le gaspillage des institutions internationales dans le domaine de l'agriculture. « Il y a trop de gaspillage et trop de doublons dans le système des Nations unies en ce qui concerne l'agriculture », affirme-t-il. Abdoulaye Wade propose la création d'une organisation mondiale de l'agriculture qui n'a pas vocation à être une institution internationale supplémentaire. Mais précise-t-il « qui sera une plateforme de coopération et de décision dans le domaine agricole regroupant toutes les compétences pour statuer sur l'avenir». Pour lui, il n'existe pas de gouvernance mondiale pour l' agriculture. Car «aucune institution internationale n'est en effet chargée d'évaluer la santé des marchés 1


agricoles, ni de proposer une politique économique adaptées », constate Wade. Selon le président sénégalais, par ailleurs économiste, la régulation des marchés agricoles apparaît aujourd'hui comme une nécessité pour combattre la volatilité excessive des prix et ainsi faire face aux crises. M. Wade propose également à l'Afrique de créer une institution financière dont les fonds seront destinés à financer les activités du secteur agricole. C'est pourquoi « l'effort doit être particulièrement porté sur une meilleure modélisation économique et des indicateurs capables de bien éclairer les débats internationaux », estime Abdoulaye Wade. Selon l'autrichien Franz Fischler, candidat au poste de directeur général de la FAO, il est impératif de lutter contre la faim et la malnutrition. Et surtout de lancer des initiatives pour rattraper le retard dans la réalisation des OMD (objectifs du millénaire pour le développent). « Les effets dévastateurs de catastrophes naturelles, la crise des prix des denrées alimentaires en 2008 ainsi que la menace de sa répétition en 20011 nous rappellent d'urgence que l'agriculture est l'un des facteurs principaux qui influent sur la stabilité économique, sociale et politique » a-t-il déclaré. Publié sur www.africatime.com

2


La gouvernance mondiale de lagriculture