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Coton : le malheur des uns fait le bonheur des autres Depuis de nombreuses années, des réflexions surgissent ici et là concernant la surévaluation du CFA, elle-même dépendante de sa parité fixe avec l'euro, comme un boulet que traînerait l'Afrique de la zone CFA. Pour les sociétés africaines exportatrices de coton, les malheurs survenus à la zone euro, notamment depuis la crise grecque, sont du pain béni. En effet, depuis le début du mois de janvier 2010 jusqu'à fin mai, le dollar est passé d'environ 1.42 à 1.22 contre l'euro, le 25 mai, soit une appréciation du dollar d'environ 14%. Baisse des stocks mondiaux On imagine aisément le coup de fouet sur les recettes d'exportation, mais aussi, comme le fait remarquer l'estimé journal Cotlook, l'effet bénéfique sur la production de coton graine de la zone, qui croîtrait de l'ordre de 25%, passant de 479 000 tonnes de fibre en 2009/2010 à 590 000 tonnes estimées pour la saison prochaine. Bien sûr, on est encore loin des niveaux de production de 2004/2005, qui étaient de près du double de ceux cités plus haut pour la saison 2009/2010. Mais, il est rare de voir une saison commencer sous des auspices aussi heureux, car, un bonheur n'arrivant jamais seul, les prix du coton eux-mêmes sont très élevés, 92,05 cts/lb pour l'indice A, en date du 21 mai, épaulé aussi par le marché à terme de New York, très ferme. Cette hausse trouvant son origine dans des statistiques faisant état d'une baisse des stocks mondiaux, tant pour cette récolte que pour la prochaine. Moteur d'exportation Enfin, la demande réelle, celle qui émane de la filature, notamment chinoise, semble se satisfaire de cette double hausse, mais pour combien de temps? En effet, il ne faut pas oublier que les marchés d'Extrême-Orient (Chine, Inde, Pakistan) sont interventionnistes et qu'ils peuvent changer la donne à tout moment. Il y aura de même avec la concurrence des fibres synthétiques, qui peuvent prendre des parts de marché au coton lorsque les prix du pétrole baissent, subissant les effets d'une faible croissance mondiale. Gageons que cet effet d'aubaine que la Grèce a déclenché puisse être, pour la zone CFA, un puissant moteur d'exportation, tout en espérant que ses producteurs retirent durablement une meilleure redistribution de la hausse des prix du coton, de telle sorte que les besoins agronomiques des sols soient eux aussi satisfaits, après tant d'années de diète. Si cette heureuse conjonction devait durer, on peut aussi s'attendre à un intérêt encore plus soutenu pour la terre africaine !! À suivre. Ph. Bourgeois

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