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29 rue Ed 9 2 23 0 G m o n d d a r ∫ ois e n n e v il lie r s T 0 1 47 9 0 49 0 3 F 0 1 47 m s o lg e n 3 3 6 0 9 3 n @ fr e e. fr

AGRÉÉE PAR LA FONDATION ABBÉ PIERRE

LES GENS DE L’OUBLI

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Signé :La capitaine en partance.

arrêt sur vısages

94 ARRIVÉE « HEUREUSE » - DÉPART « HEUREUSE » par Régis Toulemonde, président En ce début du mois octobre, Ghislaine Valadou me résume ainsi sa carrière de directrice de la Maison de la Solidarité depuis ses débuts en 1995 : «Arrivée Heureuse - Départ Heureuse ». Et pourtant, ces quatre mots cachent tant de réalisations, tant d’émotions, tant de peines, tant de silences, tant de joies partagées depuis février 1995 !

Une arrivée heureuse pour la Maison de la Solidarité : l’embauche

La présidente Joëlle Abancourt écrit le 23 décembre 1994 : « Nous avons décidé l’embauche d’une personne à mi-temps. Nous avons eu la chance de rencontrer quelqu’un dont les qualités humaines et l’expérience professionnelle sont en harmonie vive et chaleureuse avec les objectifs essentiels du projet. »

Un départ heureux pour la Maison de la Solidarité : l’ouverture

C’est le 1er février 1995 que Ghislaine, alors salariée à temps partiel, reçoit les deux premiers accueillis, un couple : Andréa et Patrick. Ils boivent ensemble leur premier café. Le lendemain, ce sont deux autres personnes qui découvrent les lieux. Et ce nombre progresse très vite. Vingt personnes différentes ont franchi la porte de la Maison en février, trois cent neuf au cours de cette première année. Ghislaine ne compte pas son temps, comme l’explique encore Joëlle Abancourt dans son Bilan d’activités 1995 : « Elle a travaillé seule, comme permanente, jusqu’en septembre. Il faut dire que si, en plus de la grande qualité de son travail, elle n’avait pas donné beaucoup plus de son temps que ses heures payées, nous n’aurions pas tenu. »

Heureuse –ment culturelle

Le projet social, les missions de la Maison de la Solidarité ont été écrits par ses fondateurs en 1994. Mais il faut maintenant tout inventer, tout concevoir, tout débattre sur le fond, tout construire, tout organiser, bref tout faire. C’est aussi le désir de traduire dans les faits la volonté de donner une dimension culturelle à l’action pour que la Maison soit un lieu de ressource, un relais pour les plus démunis, un lieu de solidarité créative et re-créative de lien social, permettant au projet de ne pas sombrer dans l’assistance, la consommation de produits et de services. Ghislaine, plasticienne artistique de formation, anime le premier Atelier d’écriture. Il y en aura cinq en 95, donnant ainsi naissance au journal « Les gens de l’oubli ». Ces Ateliers, sous son impulsion, ont permis d’éditer à ce jour deux livres : « Perdus qui comme Ulysse » et « Ville des Villes », et l’animation de soirées de lecture. Il faut également citer, parmi d’autres réalisations, la sculpture « Spirale», le Café-philo pendant quatre ans, les voyages à Théoule et à Sanary, la fresque exposée sur le mur extérieur, etc.

Un « chantier » mal-heureux

Chaque année, Ghislaine propose un thème pour l’animation des Ateliers culturels. Pour 1999 : « Chacun cherche son toit – Du réel à l’imaginaire  ». Il s’agit de mener une réflexion non sur le logement en tant que tel mais bien plus largement sur la notion d’habiter et des manières différentes d’habiter. Pour l’année 2000 : « Chacun cherche son toit – De l’impossible au possible ». Voici maintenant cinq ans que la Maison a ouvert ses portes. De nombreux problèmes ont évolué et sont maintenant réglés. Les équipes sont en place et les services tournent à fond. Mais le logement reste au cœur des préoccupations. Ghislaine porte d’ailleurs toujours sur son corsage le badge de la Fondation Abbé Pierre : Un Toit C’est Tout.

Alors, les « agités du bocal », comme ils se désignent, veulent imaginer autre chose. Il s’agit des architectes agitateurs menés par Ghislaine qui en veut et qui, à l’image de Zorro, signe : « J’ai le ciment qui commence à prendre, Truellement vôtre. » Tous pensent à un espace d’habitation avec un espace ouvert à la ville, aux rencontres, à la créativité, situé de façon conséquente… Le projet « Habitat – Culture » voit le jour. Ce sera la grande déception pour tous, et particulièrement pour Ghislaine qui s’y est beaucoup investie, quand il faudra admettre, en 2005, que le projet n’a pas reçu les soutiens décisifs nécessaires à son lancement.

Une journée heureuse à la Maison

Ghislaine arrive à l’heure de l’ouverture. Elle a un chapeau noir sur la tête. Pas de problème pour la reconnaître parmi les groupes. Elle porte toujours une grosse fleur de couleur vive à la boutonnière, et fume la cigarette au bout d’un porte-cigarette. Si vous ne voyez pas cette fleur, regardez ses chaussettes. C’est maintenant volontaire. En effet, un matin, Ghislaine a mis par erreur des chaussettes dépareillées. Or, parlant avec une accueillie, Leila, qui ne s’exprimait jamais, cette dernière l’a soudainement interrompue pour s’exclamer : «Tiens, vous avez mis deux chaussettes de couleurs différentes ! » Encore une recette de trouvée. Vous pouvez également regarder sa main gauche. Ghislaine y inscrit les prénoms des nouveaux venus et des numéros de téléphone à rappeler. Ghislaine a une grande capacité d’écoute et un tempérament toujours optimiste. C’est son coté « verre d’eau » toujours à moitié plein ! Pourtant, tous les jours arrive le lot de souffrances et de déceptions du coté des accueillis. Mais Ghislaine sait les surmonter, convaincue qu’une cause n’est jamais définitivement perdue d’avance quelle que soit l’immensité de la tâche ou du problème à résoudre. suite en dernière page


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Bernadette Salipur

’habite à Gennevilliers, au Luth.

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Chantal Delval

e lieu vivant, gai, triste, inquiétant Ce lieu de souvenirs, de couleurs, de chaleur. Quoi que je regarde dans ce lieu, un souvenir me revient Ce lieu ! C’est la « Maison » Le « coeur du monde » comme dit Ghislaine. Dans ce lieu où je me retrouve, où j’ai posé mes marques, C’est là que je travaille. Et oui, me croirez-vous si je vous dis que l’on peut travailler dans un lieu pareil, s’y plaire et s’y épanouir ? Et cette chaleur que dégage ce lieu et les personnes qui l’occupent ! Chacun d’entre nous est un maillon qui fait de cette Maison un endroit si chaleureux… Et l’aventure continue…

Je suis bénévole à la Maison de la Solidarité depuis bientôt deux ans. Je viens une matinée par semaine. J’aime bien venir à la Maison pour retrouver et bavarder avec toutes ces personnes qui se sentent plus ou moins exclues. En parlant avec eux, c’est comme si ils étaient mes frères. Tout le monde y est chaleureusement reçu, bénévole ou non.

Quoi que je regarde dans ce li Ce lieu ! C’est la « maison » Le « coeur du monde » comme di Dans ce lieu ou je me retrouve C’est là que je travaille. Et oui me croirez-vous si je v travailler dans un lieu pareil ? Les souvenirs matin, ici fleuris en p Et cette chaleur que dégage ce l’occupent ! Chacun d’entre nous est un mai J un endroit si chaleureux… F À chaqueAinstant, au détour sour Jel’ai voulais de l’humain, j’en trouvé ; je voulais agi cela ne me manque pas. Je vou fait très Non je laisse à Ghislaine l Benjamin Stein∫erg

e suis le doyen, ce n’est pas que je m’en flatte mais voilà, de toute façon les cheveux blancs qui me restent encore m’interdisent de le cacher … ! Je suis présent depuis neuf ans, membre du Conseil d’Administration ; je viens régulièrement chaque jeudi et participe à la réunion hebdomadaire qui, ce jour là, est ouverte à tous, pour parler de tous les sujets « qu’on a sur le cœur ».

Depuis peu, pour mieux comprendre et utiliser notre langue, les volontaires, les curieux, se rassemblent chaque matin pendant une heure sous « Un arbre à histoires »… Je leur lis des fables de Jean de la Fontaine : « Le corbeau et le renard », « La cigale et la fourmi », etc. Je crois que cela plaît bien. Moi, depuis neuf ans, je suis heureux d’être là !

Bernard Legrand

Christine Chandemerle

près quelques années hospitalières, j’ai rejoint le monde associatif et, par la même occasion, découvert la Maison de la Solidarité. Le médical et le social vont de paire, la santé passant par le bien-être moral… Depuis ce temps, nous organisons dès que possible débats, consultations, parcours santé… Même si c’est parfois « lourd » à organiser, c’est toujours dans la joie et la bonne humeur propres à ce lieu particulier.

un vélo, un sac à dos aire du vélo, c’est rouler, se déplacer, avancer… Avancer quand ça monte, quand le vent se dresse debout devant vous, c’est baisser la tête pour le fendre, lutter, suer…

Parfois aussi c’est un petit vent qui vous souffle dans le dos, qui se glisse dans vos cheveux, les soulève, caresse les mollets, le visage… Le vélo, c’est aussi partir quand on veut sans attendre le bus, s’arrêter, regarder, c’est la liberté… Faire du vélo, c’est un peu tout cela… Pourquoi ne pas repartir - comme à Sanary mais plusieurs jours. Un sac à dos avec sa réserve d’outillage (clés, pinces, marteau, tournevis…) pour démonter, remonter, adapter, arranger, « faire avec » avec, dedans aussi, un restant d’énergie, parfois une dose d’énergie nouvelle, celle du vieil âge, avec sa part de lucidité et d’illusions… encore !


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Fatima Chahid

epuis maintenant bientôt un an, j’accompagne les personnes sur le quai de la gare de la Solidarité. Tous les matins, je les vois arriver avec leurs bagages, souvent lourds car la nuit a été rude, et repartir avec un peu de chaleur humaine et l’espoir qu’au bout du chemin, il y a toujours un terminus lumineux.

Henri Villeroy

’ai 38 ans, trois enfants, et travaille depuis quatorze ans au sein d’une entreprise du bâtiment. Ayant découvert la Maison de la Solidarité à l’occasion de mon arrivée sur Asnières en 2006, je suis depuis avril dernier membre du Conseil d’Administration et apprends à connaître progressivement ce lieu de joie et de rencontre qu’est la Maison. L’enthousiasme communicatif de Ghislaine et son équipe, la qualité de l’écoute réservée aux accueillis, la dimension culturelle du projet de la Maison, me donnent chaque jour davantage envie de m’investir.

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Claudine Muller

’entame mon deuxième mois à la Maison de la Solidarité et les souvenirs ne manquent déjà pas !

Les souvenirs ici fleurissent comme les humains, chaque matin, en poussant la porte de la Maison. Ça sent le café, le manque de sommeil, le froid dans les yeux rougis de ceux qui viennent se réchauffer le corps et l’âme, après des nuits difficiles parfois. À chaque instant, au détour d’un regard, d’une main, d’un sourire, d’un «comment vas-tu ? ».

Je voulais de l’humain, j’en ai ; je voulais du terrain, je l’ai trouvé ; je voulais agir, j’agis. Je voulais du sens, cela ne me manque pas. Je voulais de la chaleur humaine, il fait très bon ici, et je m’y sens bien. Alors mes souvenirs ? Non je laisse à Ghislaine le bonheur de me faire partager les siens ; le temps viendra où je vous conterai les miens.

uand je suis arrivé à la Maison de la Solidarité comme psychologue, que connaissais-je du lieu, moi qui pratiquais confortablement en cabinet privé ? J’avais ma petite idée : cette Maison accueille des personnes confrontées à des situations de précarité : précarité sociale bien sûr, mais aussi précarité de corps et de parole ; aussi allais-je établir un espace privilégié au sein de cette Maison, où chacun pourrait venir s’entretenir intimement sur ses tracas, ses blessures, ses drames. Cela a lieu depuis maintenant un an et demi. Pour l’essentiel, mon objectif est resté intact. Bien sûr, j’ai du m’adapter aux demandes parfois plus pragmatiques que psychologiques ; j’ai dû provoquer certaines rencontres en quittant mon bureau ; j’ai dû, tout simplement, rester ouvert à la rencontre, toujours possible. Aujourd’hui, après un an et demi de présence, je dirais tout simplement que ce lieu porte formidablement son nom, eu égard notamment à ma fonction. Je m’explique : nous disons d’abord « maison », et en effet, c’est avant tout un lieu de vie. Ceci est pour moi capital. Et de même, lorsqu’une personne s’adresse à quelqu’un, qu’elle décide de parler, vraiment, quelque chose du vivant l’anime, immanquablement.

Ensuite, la « maison », n’est-ce pas le lieu qui reste toujours à la même place ? Quoi qu’il arrive, elle sera toujours là. C’est un lieu sûr, solide. On y est à l’abri. Et bien le psy a lui-même quelque chose de cette présence et de cette permanence. Maintenant, « solidarité » : n’est-ce pas ce qui évoque pour nous le soutien et le lien ? N’est-ce pas encore ce que je peux, moi aussi, offrir aux accueillis ?

Maïté Naude

e viens à la Maison de la Solidarité, comme bénévole, depuis septembre 2003.

J’essaye d’être présente une fois par semaine, le mercredi ou le jeudi matin, mais voilà : je suis à la retraite et je fais des petites escapades en province de temps en temps. C’est un vrai bonheur que de venir dans cette Maison, lieu de rencontres et d’amitié ; je ne me sens jamais contrainte à assurer ma permanence. Les sourires, les échanges avec les accueillis sont une vraie force de vie. J’espère apporter un peu de chaleur aux accueillis et contribuer au bon fonctionnement de la Maison.


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Dominique Ro∫ineau

omme je n’ai pas toujours bénéficié du confort habituel d’un citoyen, je me sens en empathie avec ceux qui vivent dans la précarité. Quand je suis arrivée, en bénévole, dans cette maison, je pensais y élargir ces accointances d’une façon plus efficacement utile que par l’échange, avec un sans-logis, d’une cartouche de butane contre quelques branches du buisson qui l’habite.

En fait, ce ne fut pas évident. Sous l’œil critique des professionnels de la Solidarité Organisée, mon assurance s’évanouit illico. Toute société a ses règles de vie – c’est indispensable. Devant la nécessité de rester conforme aux usages de la Maison – qu’on détaille au nouvel accueilli mais, faute de temps, jamais au nouvel accueillant – je découvre vite que la spontanéité n’est pas de mise.

L’arrivée d’une pile de crêpes chaudes, le matin du Mardi-gras, provoque peut-être l’enthousiasme des accueillis mais pas vraiment celui de la Direction ! Pas prévu : ça fait désordre ! Quelques temps plus tard, le « pain perdu » préparé par une autre bénévole est mieux apprécié… Perplexe, je n’innove plus. Je me tais, j’observe, j’écoute… J’écoute les malheurs d’un homme séparé depuis longtemps de sa petite fille parce que… « Qui a laissé ce verre sale dans l’évier ? » ! La permanente démasquera coûte que coûte l’auteur du délit. Elle a raison, c’est primordial. Mais je ne connaîtrai pas le nœud de l’angoisse entrevue. Les confidences interrompues pour établir son innocence – il a bu son café dans un bol - ce père en détresse ne les reprendra pas de sitôt. J’en souffre avec lui ; je me sens coupable, j’aurais dû mieux surveiller l’évier. Se cantonner aux tâches matérielles génère moins de risques. Encore que !… faire chauffer le lait, couper le pain… c’est dans mes cordes… Par contre, le lave-linge… une éducation spartiate m’a appris à m’en passer et j’en ignore le fonctionnement ; les petits dépannages en couture, dans cette salle sombre, requièrent une concentration incompatible avec la convivialité en usage ici. D’ailleurs, maintenant, des permanents sont préposés, l’une à la cuisine, l’autre au sous-sol. La bénévole doit recreuser sa place sans empiéter sur leurs prérogatives. Se taire… Rester disponible aux usagers des lieux…. J’envie les gens qui, avec aisance, engagent la conversation par les banalités usuelles – qui me hérissent quand on me les adresse – ou par des questions directes, gênantes… qui obtiennent pourtant des réponses… Trop discrète pour les imiter, je me tais. Je m’écrase sous mon inutilité. Enfin ! quelqu’un sollicite mon aide pour rédiger une lettre administrative. Mohamed souhaite obtenir la preuve que son père a servi dans l’Armée Française. Ce serait un atout pour régulariser sa situation de « sans-papier ». Il faut rechercher l’identité exacte du harki dans cette liasse de papiers jaunis, écornés ; transcrire lisiblement les informations utiles… Ne rien oublier surtout.

S

V

Pierrette Sorin

oilà déjà quelques années que je joue « La fée du logis ». Et oui, on ne voit qu’elle dans la cuisine. Lorsque l’on m’a demandé de venir comme bénévole à la Maison de la Solidarité, on m’a dit : « Tu peux bien venir servir un café à ceux qui n’ont rien ». Pourquoi pas, me suis-dit. Depuis, je viens régulièrement non seulement servir des cafés mais aussi aider à tenir la maison propre. De temps en temps, il y également une photocopie à faire, une feuille d’impôt à compléter, laquelle pour une fois, ne rapportera pas grand chose à l’Etat ! Et puis, quelques échanges avec les accueilli(es) quand ils en ont envie et que le besoin s’en fait sentir. Je ne crois pas nécessaire de citer mon nom, on m’aura reconnue.

Hachouma Ezzahhaf

ituée au fond de l’impasse Edmond Darbois, cette petite maison aux couleurs chatoyantes accueille toutes les personnes en détresse.

Dix ans bientôt de souvenirs, de plaisir à rencontrer des personnes si différentes, aux histoires de vie si trépidantes. Je n’aurais jamais penser y rester si longtemps. J’ai été conquise par sa magie solidaire.

Deux mois plus tard, Mohamed est radieux : « La lettre : ça a marché ! J’ai reçu les papiers militaires de mon père. Dans une semaine, je vais chercher ma carte pour rester en France ». Il y a quand même des satisfactions dans ce métier. Comme le jour où Nordine me présente à sa compagne : « Dominique, c’est une fille bien ! c’est la plus sympa ! » Surprise, un peu gênée, j’essaie de tempérer un peu son jugement : - Il y a beaucoup de gens sympas ici, quand même ! - Non, pas comme toi. Tiens M. L. elle parle, elle m’oblige à parler, elle pose des questions que je veux pas lui répondre… elle force les gens pour savoir ce qu’on veut pas dire… toi, tu es sympa. Tu me laisses me taire ! Ah Nordine, je t’embrasserais ! Heureusement que j’ai perdu toute spontanéité, ça ferait désordre…

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Ritva Se∫∫An

ccueillante bénévole depuis deux ans et quelques mois, principalement active dans la cuisine le mercredi matin, et le lundi soir pendant les mois d’hiver.


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Michèle Jou∫eaux

etite à lunettes, encore vive et dynamique, mettant de l’ordre dans les placards et la réserve avec persévérance au risque d’agacer ! Je pense déjà être reconnue mais j’insiste. Je peux aussi : tirer l’aiguille pour tous ceux qui ont pantalons à raccourcir ou allonger, participer à la préparation du petit-déjeuner, vider les lave-linge et remplir les sécheuses, écrire une lettre, compléter un dossier, participer aux Ateliers, accompagner individuellement ou en groupe, être membre du Conseil d’Administration. Avant tout être disponible et attentive aux accueillis(es), partager avec eux les sourires, les pleurs, les angoisses, les émotions, les découragements, les espoirs, les fous rires, les colères, les mots, les langues, les regards. Ceux et celles qui ont traversé, habité la Maison, ont laissé leur empreinte, leur marque, ils ont fait la richesse, la chaleur du lieu, et c’est pour cela que je l’aime.

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Jean-Baptiste Berder

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e suis Gennevillois et j’ai découvert la Maison de la Solidarité par sa revue et des amis. Etant pédicure-podologue, un mardi matin sur deux, je sais combien l’accès aux soins est difficile pour certains. C’est la deuxième année que je propose au sein de l’Association des soins de pédicurie. L’équipe est chaleureuse, et il y règne un climat propice à l’échange.

Luc Barré

e suis devenu architecte parce que mon grandpère disait toujours : « Si votre fils est un bon à rien faites-en un architecte... » Puis on m’a dit: « L’architecte c’est le chef d’orchestre, c’est lui qui dirige... » Puis est venu 68, et nos profs nous disaient : « Les architectes sont les crayons de leurs clients. » Comme je n’avais pas de clients, je cherchais des affaires moi-même, je trouvais les terrains ou les bâtiments, les gens pour les occuper ; c’était ce qu’on appelait des opérations « autogérées », j’en ai monté une bonne douzaine. Tout le courant autogéré s’est cassé la gueule à l’arrivée de Mitterrand au pouvoir. Un jour j’ai été « vidé » d’une opération que je montais avec des gens pas forcément faciles, et pour me le signifier ils m’ont dit : « Tu ne fais pas assez l’architecte, tu ne donnes pas assez ton avis, tu ne nous imposes pas assez de choses : alors comme on ne sait pas, ça fait des conflits entre nous, à cause de toi ! » Autrement dit, je n’étais pas assez autoritaire. C’était une bonne leçon. Depuis, ça va mieux, je suis de venu très autoritaire. J’ai un métier extraordinaire. Un vrai métier d’équipe. Et plus ça va, plus je choisis les gens avec lesquels je travaille, les clients, les entrepreneurs, des gens avec lesquels je me sens bien...

Jean Claude Le∫rasseur

’ai eu connaissance de l’existence de la Maison de la Solidarité par deux relations de mon épouse. J’ai pris contact lors du Forum des associations du 8 septembre, et je m’y suis rendu pour la première fois le 17 septembre où j’ai été « accueilli » de façon sympathique.

Depuis cette date, jusqu’à fin octobre, j’ai considéré que j’étais en « essai » d’accueillant bénévole et fin octobre, j’ai pris ma décision de devenir accueillant bénévole « titulaire », si toutefois mes compétences pour préparer les petits-déjeuners, recevoir et écouter les accueillis, tout en essuyant les bols, étaient reconnues. Il faut savoir qu’ayant été expert comptable pendant près de trente-cinq ans, j’ai pratiqué le bénévolat dans des associations que je qualifiais « d’extra professionnelle » mais aux antipodes de la Maison de la Solidarité. Depuis deux mois, ma hantise a été de commettre une quelconque erreur aux conséquences dramatiques ; à ce jour, je reste vigilant mais je suis nettement plus serein. Quel que soit mon avenir auprès de tous, c’est-à-dire accueillis, accueillants bénévoles et permanents, ces deux mois passés m’auront apporté une autre vision de l’homme, de sa complexité et de ses difficultés.

I

Saad A∫ssi

ncontestablement, décrire le mérite de l’existence de la Maison de la Solidarité de Gennevilliers en quelques lignes est très difficile. En effet, les réalisations de la Maison ont pour but de soulager la souffrance de tous les accueillis, quelle que soit la nature de leur souffrance et quelle que soit leur origine. Le mérite de la Maison est de permettre à ces déshérités de se retrouver dans un endroit où ils peuvent s’exprimer, chacun dans son domaine. En plus des services, dont ils ont besoin.

Bien sûr, cela était possible grâce à la disponibilité des bénévoles de bonne volonté à qui il faut rendre hommage, car la tâche d’accueillir des hommes et des femmes dans un grand besoin n’est pas facile. Un hommage particulier à la persévérance des dirigeants de la Maison et à sa directrice.


Je tenaà vous lie Ce soir remercie vous, t Que imà ce qu’on dire, Je suis «

Michèle Maffre

La souffrance au travail » a donné lieu à de multiples débats, polémiques, conférences de consensus (ça, c’est pour Ghislaine ). A-t-on déjà évoqué la question du bonheur au travail ? J’apporte ici soutien à tous les camarades salariés ou bénévoles qui partagent avec moi (depuis déjà dix-neuf mois) l’insoutenable plaisir de s’affairer à la Maison de la Solidarité. Toutefois, une ombre de tristesse se profile enfin puisque Ghislaine s’en va jubilacionner ailleurs. Mais je crains que les couleurs qu’elle a données à la Maison (tu vois Ghislaine, même le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir etc. s’accorde avec tes couleurs) ne laissent traces et pour longtemps d’une joyeuse émotion…

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Michèle Chinès

e fais partie des quelques personnes du tout début, et même d’avant la création de la Maison de la Solidarité. Nous étions tous réunis (associations gennevilloises et particuliers) dans une salle, rue Victor-Hugo, je crois, lorsque nous avons voulu, tous ensemble, la naissance d’une nouvelle association avec but culturel, pour répondre aux besoins criants existant déjà à l’époque. Nous avons tout de suite voulu l’appeler « maison », avec le vœu étrange de la voir fermer le plus vite possible. Force est de constater que douze ans après, la Maison de la Solidarité est toujours là et n’est malheureusement pas prête de fermer. Dès le début, Ghislaine est venue et en a fait sa renommée, comme une association essentielle dans la ville et alentours. Pour ma part, je suis partie loin d’ici durant plusieurs années et, une fois revenue, j’ai retrouvé tout naturellement la Maison de la Solidarité. À l’heure actuelle, je suis un des rouages et m’occupe de la trésorerie de l’association.

Jeannine Ga∫Et

eannine a 70 ans. Dans une vie antérieure, elle faisait dans la comptabilité. Depuis dix ans, elle est accueillante et membre du Conseil d’Administration à la Maison de la Solidarité de Gennevilliers. Mais attention, l’hiver seulement car dès que fleurissent les jonquilles, elle retourne au pays de ses ancêtres d’où elle ne revient qu’après avoir gaulé les dernières noix. Pendant cette période estivale, elle rejoint une autre boutique de solidarité de la Fondation Abbé Pierre. Même esprit, même ambiance ; elle n’est jamais dépaysée. A Gennevilliers, elle ne vient pas à jour fixe : elle bouche les « vides » au tableau des présences des bénévoles. Elle n’a pas de mission définie mais s’adapte aux besoins du jour. Elle râle souvent mais cela passe très vite. Elle n’aime pas que l’on essuie la vaisselle avec un torchon non repassé : c’est la raison pour laquelle on laisse toujours le fer à sa disposition. Elle pense qu’à la Maison de la Solidarité, on ne peut pas faire semblant : on aime ou on n’aime pas les femmes et les hommes qui y sont reçus. Si on n’y est pas bien dans sa peau, mieux vaut capituler car les accueillis sont trop fragiles pour avoir à subir nos états d’esprit. Pour cette année, elle revient pour la dixième fois. C’est plutôt bon signe !

D

Régis Toulemonde

evenu tout jeune retraité début 2002, Michel de La Villéon m’a incité à rejoindre l’équipe de la Maison de la Solidarité développant le projet « Habitat - Culture ».

Or, après toute une carrière dans l’industrie privée où je me suis occupé de logistique, que pouvais-je donc apporter, moi, dans ce secteur social et humanitaire dans lequel évolue notre Maison, secteur dont l’organisation sur le plan national est si vaste et si complexe et à laquelle je ne comprenais rien ( c’est encore le cas ) ? Mais, heureusement, la Maison de la Solidarité c’est la Maison de la Solidarité ! J’y ai d’abord été accueilli et progressivement, faisant connaissance, j’ai découvert comment il était possible de partager les joies, mais aussi les peines, des personnes accueillies. Il y a trois ans, le président Alain Renaot s’est installé en Bretagne. J’ai alors été sollicité pour prendre le relais, et la bonne ambiance m’a convaincu d’accepter. L’animation des équipes, le suivi des objectifs du projet et les diverses petites tâches demandent beaucoup de temps. Mais je tiens tout autant à satisfaire le besoin d’aller serrer dans mes bras mes deux petits-enfants qui sont à 8.000 kms d’ici.

N

Ro∫ert Gastone

é le 17 décembre 1936 à Tunis. Marié, divorcé, remarié, deux enfants à moi, et trois petits enfants par procuration. Diplômé de la faculté de Médecine de Rennes en 1968. Interne des Hôpitaux de Tunis entre 1965 et 1968. Médecin pour la Croix Rouge Française au Biafra, de septembre 1969 à janvier 1970 (j’ai quitté le Biafra pour cause de défaite militaire).

Médecin généraliste à Bougival (Yvelines) de 1970 à 1997 (en même temps médecin de la communauté Emmaüs de la ville). Médecin à la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis pendant cinq ans de 1998 à 2002 (dont, pendant trois ans, médecin-chef de la Maison d’arrêt des femmes).


à cœur eejedire, vous etravaill de porte r n peut e venue Q

ui suis-je ? Un vieux et fier de l’être, et qui s’amuse de voir comment on ne sait plus quels noms leur donner parce que ça paraît inconvenant de dire ça. Bref ! je m’appelle Pierre, et j’ai eu la joie d’assister à l’accouchement de ce beau bébé qui aujourd’hui est devenu adulte. À sa naissance nous lui avons donné le nom de Maison de la Solidarité, et il le porte d’ailleurs très bien. Il faut dire qu’il a toujours été bien entouré par sa famille : Conseil d’Administration studieux et efficace, une directrice qui nous aura toujours étonnés par ses capacités à insuffler la vitalité dont tout le monde fait l’éloge. Elle nous quitte mais elle passe le flambeau à une autre qui est tout autant passionnée par la mission qui lui est confiée. Des permanents qualifiés et « bien dans leurs baskets » et une équipe de bénévoles heureux de vivre quelques moments privilégiés avec des accueillis qui, souvent, nous étonnent par la richesse dont ils sont porteurs et que les aléas de la vie ou la dureté de nos sociétés ont enfouie, et que l’accueil qui leur est fait ici réveille parfois de façon surprenante. Merci pour cette aventure que j’espère poursuivre tant que je pourrai...

Pierre Andrieux

Stéphanie Cornuet

Ç

a s’est passé un mardi Un mardi rue Edmond-Darbois

Il a suffi d’une discussion autour d’un thé Pour me la faire rencontrer Elle était rue Edmond-Darbois Et moi, pas loin, sous un autre toit Ça s’est passé un mardi Un mardi rue Edmond-Darbois

Willy Honnet

E

DES CHIFFRES ET DES LETTRES

n cette année-là, (2005)*, au sein de la Maison je fis mes premiers petits pas.

À la retraite depuis janvier 2003. Depuis je suis administrateur et médecin de la communauté Emmaüs de Trappes. Je fais de la médecine itinérante dans les camps ROMS de la région parisienne pour le compte de Médecins du Monde , et ai une consultation hebdomadaire de médecine à la Maison de la Solidarité de Gennevilliers. La partie la plus intéressante de ma carrière médicale : mes trois ans à la Maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis. J’ai vraiment eu le sentiment d’y être utile.

Je partage mon temps entre mon pays d’adoption, la France, et mon pays natal, la Tunisie, ce qui me rend proche des Magrébins de France. Autrement, j’accompagne ma femme à l’Opéra : c’est sa passion et je collectionne tout et n’importe quoi : actuellement les cartes postales anciennes … de Tunisie, bien sûr !

Comme le forgeron forge les fers aux seules lueurs de son brasier ; je balbutie les « contes » et autres nouvelles dans la lumière des caractères de mon alphabet, chiffres et nombres qui se seront dévoilés et me conteront leur propre histoire, la vie de notre Maison. Compteur, je suis en jouant avec mon abaque ; conteur, je serai en m’amusant à vous traduire les chiffres et nombres en lettres et mots compréhensibles par tous. « Trois, c’est beaucoup trop pour un tango … ». Et puis, un « 28 » je fis le « Premier pas »…

Quel est votre chiffre fétiche ? Le mien est le sept. Pourquoi donc ? Le vôtre, vous révèlera ses « Secrets ».

« Vous donnez bien peu lorsque vous donnez de vos biens. C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez vraiment… » Khalil Gibran. Personnellement vôtre.

(*) L’addition de ces quelques chiffres nous donne, le sept ; La « Genèse » nous dévoile que la création du Monde s’est faite en sept jours ; La semaine comporte sept jours ; Les sept pêchés capitaux et puis …. L’âge du Petit Poucet.

Elle avait mis sa robe blanche Sous la neige en avalanche Elle semblait me plaire Mais encore fallait-il…

Ça s’est passé un mardi Un mardi rue Edmond-Darbois

Derrière ses fenêtres elle attendait Un regard profond vous pénétrait Des voix, des sons pour entendre Des odeurs, des couleurs pour surprendre Ça s’est passé un mardi Un mardi rue Edmond-Darbois

Elle avait un bon accueil Et un visage sans rancœur J’ai franchi la porte « Bonjour à vous tous que je ne connais pas » Ça s’est passé un mardi Un mardi rue Edmond-Darbois

Là, une nouvelle expérience va naître Accueillir, écouter les peines, les joies Se tenir disponible Belles victoires mais aussi défaites Ça s’est passé un mardi Un mardi rue Edmond-Darbois

Elle avait tout pour me plaire Mais je dois aussi lui plaire Recevoir et donner aux êtres Gageure pour ces moments de vie


«  l’une de mes plus ∫elles histoires d’amour, c’estvous ...»

de mes lus ∫el les his toi

suite de la première page

D’ailleurs, n’est-ce pas dans ce contexte que notre regretté Noël a écrit cette phrase, en septembre 1998 : « Tu as tant de soleil dans tes yeux, d’un seul regard je bronze.»

Départ heureux ? Combien de temps encore  !

Aujourd’hui je termine mon voyage avec vous. Je voudrais vous dire combien j’ai aimé ce voyage avec vous. Les murs de cette maison sont remplis de vos histoires. Cette Maison sans vous serait une valise vide, une toile blanche ou une corbeille sans pain le matin. Avec vous, je n’ai pas vu passer le temps, nous avons passé 4 380 jours ensemble.

Nous avons découvert ensemble des chemins de traverse, sur des routes parfois caillouteuses, mais souvenez vous , comment après ces montées rudes et froides, nous avons découvert des paysages si beaux qu’ils effaçaient notre fatigue. Certains d’entre vous nous ont quittés pour d’autres rives, d’autres ont été gagnés par la fatigue, et d’autres encore nous ont quittés pour le dernier voyage sans billet de retour. Quelle belle histoire j’ai vécu avec vous, vous êtes mes féminins, masculins – oh combien singulier et pluriel. Et maintenant je vais refaire mes bagages, je vais reprendre la route après cette halte de 12 ans, je vais voir d’autres visages, mais aucun ne sera aussi beau que Vous. Aucun ne parviendra à m’émouvoir autant que vous. Vous m’avez enchaînée sans vous en rendre compte par les liens du cœur, je vous emporte pour toujours avec moi. Et j’emprunte le texte de la chanteuse Barbara : « Je tenais à vous le dire, Ce soir je vous remercie de vous, Qu’importe ce qu’on peut en dire, Je suis venue pour vous dire, l’une de mes plus belles histoires d’amour, c’est vous... » à Vous en solidarité.

Nous parlons avec des mots, je parle aussi avec des images, chacune d’elle raconte un fragment de moi et de vous. Les images sont des histoires, des histoires à voyager dans ce monde si mystérieux de notre espace psychique. Avec ces images, je vous donne à vous raconter vos propres histoires. Car comme dit le proverbe : « Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur ». Ghislaine Valadou

L’ informatique : une évolution heureuse

Qui aurait cru que Ghislaine avait une allergie très affirmée contre l’usage de l’informatique ? Elle ne voulait pas en entendre parler et encore moins y toucher. Ça ne devait servir à rien. Or chacun sait le travail que représente la rédaction du Bilan annuel d’activités. Chacun sait aussi comment chaque journée de la vie de la Maison y est illustrée, et documentée. De ce fait, la frappe et la mise en page doivent être faites minutieusement et prennent beaucoup de temps. C’est donc en regardant faire Danièle Briffault, sa secrétaire, que Ghislaine s’est aperçue tout de même des facilités que cette technique de travail offrait tant sur le plan de la communication externe avec les e-mails que pour la frappe et la mise en page de divers documents. L’achat d’un appareil photo numérique (pour satisfaire les besoins de photos d’identité des accueillis) est une première étape. Son coté artistique a alors pris le dessus. Ghislaine a trouvé là un moyen supplémentaire de s’exprimer et de laisser libre cours à sa créativité artistique. Elle est maintenant une inconditionnelle de l’informatique, les logiciels Photoshop, Easy-Print, Easy Video Creator, Video-Shot et autres, lui ayant révélé tous leurs secrets.

Un départ « heureuse » et donc une arrivée « heureuse » quelque part !

Bien sur, nous tenons ici à exprimer à Ghislaine toute notre reconnaissance pour ce formidable travail réalisé. Un départ préfigure toujours une arrivée. C’est, pour beaucoup, l’occasion de découvrir de nouvelles activités. Pour d’autres, c’est enfin la possibilité de lâcher les freins pour une passion contenue en attendant la retraite. Ghislaine, seule peut-être aujourd’hui, sait quelle porte elle poussera et pour quelle activité. De tout cœur la Maison de la Solidarité lui souhaite une heureuse arrivée, sans manquer de lui rappeler que tout abus peut nuire à la santé.

« Que venga duice ju∫ilación y que mis ∫razos te a∫rasen ! » (« Viens, douce retraite, que je te saisisse dans mes bras ! »)

DEPUIS 1995… Depuis 1995 : 5 700 personnes différentes sont venues. Depuis 1999 (installation du logiciel) : la porte s’est ouverte 122 812 fois.

Projet culture 2008 « Le temps travaille sur la ligne 13 » : Ecriture, photographie, sculpture. Début des ateliers d’écriture : décembre 2007, en soirées. Le jour reste à définir.

HORAIRES D’ACCUEIL D’HIVER (du 17 décembre 2007 au 31 mars 2008) lundi à vendredi : 8 h – 16 h et 18 h – 21 h 30

SOURCES DE FINANCEMENT ET MÉCÉNAT Financements : Fondation Abbé Pierre, Conseil général des Hauts-de-Seine (PDI), DDASS, Politique de la Ville, Mairie de Gennevilliers, DRAC. Mécénat : Fondation Julienne Dumeste, Ikea, Centre d’Entraide 72, BUT International, C&A. Nous remercions tout particulièrement pour leur fidélité tous nos adhérents et donateurs ainsi que Sébastien et Jacques Briffault et Charly Charneau pour leur disponibilité et leur aide précieuse.

LES GENS DE L’OUBLI - n°26 Directeur de publication et président de l’Association Régis Toulemonde Comité de rédaction du n° 26  : Jeanine Boisard, Bernard Legrand, Benjamin Steinberg, Ghislaine Valadou Notre joyeuse frappeuse de textes  : Michèle Maffre Notre fidèle correctrice  : Jeanine Boisard Pour toute remarque, contactez-nous au 01 47 90 49 03. Directrice de la Maison : Ghislaine Valadou jusqu’au 21 décembre. Claudine Muller, depuis le 8 octobre Crédits photos : © Maison de la Solidarité, D.R. Imprimé sur Cyclus print 90g/m2 – papier 100 % recyclé – merci à DALUM pour leur soutien. http://www.dalumpapir.dk

impression Gerfau conception graphique © design les graphistes rübimann janvier 2008 http://design.lgr.free.fr/

Ghislaine Valadou

Pour fêter les dix ans d’ouverture de la Maison, Ghislaine a choisi d’occuper l’Espace des Grésillons toute la journée du 17 octobre sur le thème : dix ans n’ont pas suffi, combien de temps encore ? Au programme une exposition « Boîtes-alerte » préparée avec les accueillis sur les thèmes qui ont interpellé la Maison depuis son ouverture, c’est-à-dire le toit, l’égalité, le travail, la rue, le corps, et résister. Puis un débat sur le thème : « Peut-on vivre dans la précarité et en sortir ? », avec intervention, en cours du débat, de plusieurs des accueillis, suivi d’ un goûter. Et enfin un dîner-spectacle avec interprétation de chansons écrites dans les Ateliers culturels par des accueillis. Un programme et une organisation qui ont valu à Ghislaine de chaleureux remerciements.

les gens de l'oubli n°26  

Arrêt sur visages est un numéro qui parle de ces personnes qui travaillent à la Maison de la Solidarité.

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