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SOMMAIRE CHRISTOPHER WANJEK : « L’alimentation au travail, une question de santé, de sécurité, de productivité » L’alimentation c’est le stress ! (dossier) Concentration : du carburant pour le cerveau !

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TITRES RESTAURANT Les conseils d’utilisation de Florence Pujol, diététicienne

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Comment BOUGER en entreprise

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Comment gâcher la CONVIVIALITE d’un repas entre collègues ?

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CHRISTOPHER WANJEK « L’alimentation au travail, une question de santé, de sécurité, de productivité » Entretien avec le journaliste américain Christopher Wanjek, auteur, en 2005, de l’étude Food at Work, pour l’Organisation Internationale du Travail, la première à passer au crible les habitudes alimentaires sur les lieux de travail. «Dans le monde du travail, des programmes de restauration

médiocres et une alimentation pauvre sont à l’origine de nombreux problèmes: moral, sécurité, productivité et la santé à long terme des travailleurs et des nations ». Pourquoi une telle commande de l’Organisation Internationale du Travail (OIT)? La réponse courte à cette question est que l'OIT avait une chose à l'esprit: les droits des travailleurs et la sécurité alimentaire. J'ai découvert quelque chose de beaucoup plus important... Je ne savais pas par où commencer. Je pensais qu'ils allaient me donner toutes les infos, et que j'allais les compiler. Mais non. Ils voulaient me faire faire toutes ces études de cas. Mais quand j’ai commencé à me pencher sur la question, j'ai trouvé cela fascinant, et découvert un thème principal: l'alimentation au travail est une question de santé, de sécurité et de productivité. Cette notion n'existait pas vraiment avant 2005.

Personne n'a vraiment pensé à l'alimentation en conséquent faibles, ce qui engendre des bas salaires et une précarité de l'emploi. On parle de cycle de la pauvreté car ces données économiques engendrent à leur tour une mauvaise nutrition. Une bonne alimentation rime avec une bonne santé, de ce côté-là, c’est assez simple. La sécurité des travailleurs est en péril, c'est-à-dire que l’on constate une hausse des accidents, lorsque l’alimentation est négligée, et que la nutrition est pauvre. Une bonne alimentation joue aussi sur le moral des travailleurs, qui deviennent alors plus productifs. Concrètement, comment ce mécanisme se traduit-il? La société Husky au Canada est 3


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un bon exemple. Ils ont eu une grande cafétéria avec de la nourriture très saine, à des prix très abordables. Husky a le plus faible taux d'accidents et taux d'absentéisme dans l'industrie. Les employés ont plaisir à travailler là-bas. Il y a peu de turn-over. Partout dans le monde, j'ai trouvé que tous les programmes d'amélioration de l’alimentation ont été positivement associés à une plus grande productivité, un meilleur moral des travailleurs, et une baisse des accidents et du nombre de jours de maladie. Pays riches et pays pauvres sont-ils logés à la même enseigne? Le schéma est différent pour les pays pauvres. Il est basé sur le cycle de la pauvreté. L'anémie, les carences nutritionnelles et la faim, caractéristiques de ces sociétés, conduisent à une faible productivité. Une mauvaise alimentation, à un âge précoce, entraîne un retard de croissance physique et mentale, ce qui conduit à une main-d'œuvre moins productive. Les investissements dans le pays sont par conséquent faibles, ce qui engendre des bas salaires et une précarité de l'emploi. On parle de cycle de la pauvreté car ces données économiques engendrent à leur

tour une mauvaise nutrition. Vous dites que le lieu de travail est le meilleur endroit pour agir sur les comportements alimentaires. Pour quelles raisons? D'une certaine façon, c'est comme un repas à l'école. La plupart des travailleurs sont en captivité. Ils n'ont pas la possibilité de quitter le travail pour déjeuner. Des cafétérias qui sont chères ou insalubres, et une ville pleine de fast-foods favorisent les mauvaises habitudes. C'est ce qui se passe aux États-Unis. Les titres restaurant constituent une bonne solution, comme dans les villes françaises où le tissu de la restauration est important... et ce généralement, à quelques minutes de marche du travail. Disons-le de cette façon: si ce n'est pas au travail, alors où? Où une campagne de santé peut-elle être diffusée? Un effort national à la télévision? Vous pouvez créer des messages ciblés pour vos travailleurs, et vous pouvez fournir des examens de santé afin qu'ils puissent surveiller leur poids, la glycémie, de cholestérol sanguin, etc. Et voir, au fur à mesure, les améliorations. Quels pourraient être les acteurs appropriés à un tel changement? 5


Les véritables acteurs du changement que j'ai vu sont ambitieux, ce sont les employeurs eux-mêmes. Comme l'exemple canadien Husky. Ce type était un adepte de la vie saine, et il voulait vraiment que ses travailleurs soient en meilleure santé.

de leur côté de plus en plus faibles. Un de mes exemples favoris se situe au Guatemala. Les travailleurs pauvres avaient faim tous les jours; les nouveaux propriétaires d'une entreprise ont décidé de bien les nourrir. Résultat, la productivité est montée en flèche!

C’est souvent à cette condition, lorsque le chef, le directeur se soucie de la question que le changement se produit. Et à terme, ces chefs d'entreprise sont satisfaits de leur investissement. Husky débourse peut-être 2,5 millions de dollars pour son programme de bien-être, mais récupère 6 millions de dollars, en retour sur investissement. Les coûts supplémentaires de santé sont

Je sais que la nourriture peut être aussi un outil de recrutement. Les grandes entreprises telles que Google et Microsoft aux États-Unis ont toutes des programmes de repas.

FOOD AT WORK Workplace solutions for Malnutrition, Obesity and Chronic Diseases / 2005

L’alimentation au travail: des solutions contre la malnutrition, l’obésité et les maladies chroniques. Le site de Christopher Wanjek L’étude Food at Work Le communiqué de presse

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L’alimentation c’est le stress ! Le stress bouleverse également l’assiette du salarié. Selon les dirigeants européens sondés par l’OSHA (Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail) en janvier 2011, le stress représente la deuxième grande cause de risques en entreprise, juste après les accidents. Rencontre avec le diététicien Nicolas Rouig, spécialiste des interventions en entreprises sur les questions de stress et d’alimentation. Le salarié doit « cesser de manger avec ce qu’il

a dans la tête, mais en écoutant les besoins émis par son corps ». Comment reconnaître les effets du stress sur l’alimentation? Les réactions face à une situation de stress dépendent de la personnalité de chacun, mais pour beaucoup le stress va changer la façon de se nourrir, comme pour Sophie, 26 ans, office manager dans un cabinet de conseils en ressources humaines à Paris. « Je suis victime du stress

au travail! J'ai pris 5 kg depuis que j'ai commencé ce

boulot, ça va faire un an que j'ai commencé... Le stress me fait manger plus gras, plus de grignotage, pas mal de soda....le coca est une drogue! J’ai beau faire du sport, essayer de manger plus léger le soir, je ne perds pas un gramme. Alors qu’auparavant, je n'ai jamais connu ce problème de poids ». Nicolas Rouig, diététicien spécialiste dans les interventions en entreprises 7


sur les questions de stress et d’alimentation, décrypte ce témoignage. Pour lui, Sophie décrit deux caractéristiques courantes du stress: « D’abord il y a une hausse

des comportements compulsifs. Manger devient un besoin incontrôlable, qui n’a rien à voir avec la sensation de faim. Et lorsque l’on essaie de contrôler ce besoin, c’est encore pire. Et puis il y a aussi le grignotage: c’est le deuxième effet du stress sur l’alimentation. L’aliment devient une source de réconfort, c’est un calmant pour apaiser une tension ». « Cesser de manger avec ce que l’on a dans la tête… » Le stress contraint le salarié à manger différemment. L’approche comportementale pratiquée par Nicolas Rouig, comme par d’autres spécialistes de la nutrition, cherche à permettre au salarié de « cesser de manger

avec ce qu’il a dans la tête, mais en écoutant les besoins émis par son corps. Mon rôle c’est de prendre la part de psychologie dans notre acte de manger et d’agir » précise le diététicien. De plus en plus d’entreprises font appel à des professionnels de la nutrition, à des médecins ou encore à des psychologues spécialistes dans le bien être en entreprise. Revenons à l’exemple de

Sophie. Les raisons de son stress sont liées à une charge exponentielle de travail, mais elle évoque également le cadre de son entreprise qui ne l’aide pas à sortir de ce cercle infernal: « Comme nous sommes une petite

boite, on ne peut pas faire des rencontres entre collègues, comme dans une grande structure, où l’on peut avoir la possibilité de manger et d’échanger avec d’autres personnes de services différents ». L’environnement a lui aussi son importance dans la pause déjeuner des salariés. Mais comme le souligne Nicolas Rouig, le témoignage de Sophie est aussi très courant dans les grandes entreprises. L’enjeu pour le diététicien est de réapprendre aux salariés à prendre le temps de manger, ne serait-ce que pendant dix minutes, dans un endroit calme et déconnecté des tâches à accomplir. Des effets bénéfiques immédiats Si Nicolas Rouig déplore que certains salariés soient désabusés dès le départ par le temps qu’une approche comportementale peut prendre, par rapport aux nombreux régimes rapides et populaires, il assure que les premiers effets bénéfiques ne tardent pas. « Le salarié dont je vais

m’occuper a peut-être déjà entendu les conseils que je vais lui prodiguer, sans pour 8


autant les mettre en pratique. Seule l’expérimentation stimule les salariés, parce qu’ils voient que les premiers effets sont là. Parfois ils ont simplement besoin d’une aide extérieure pour mettre en place ces conseils ». Dans son témoignage Sophie confie qu’elle a beau faire beaucoup de sport, elle ne perd pourtant pas les kilos superflus. « C’est très bien qu’elle

fasse du sport, cela lui permet d’évacuer une partie de son stress. Mais tant que son alimentation sera

déséquilibrée, le sport ne la fera pas maigrir ! » Le diététicien montre ainsi le nécessaire échange entre lui et le salarié, pour déterminer l’ensemble des facteurs qui peuvent interagir avec cette situation de stress et de prise de poids. Le stress au travail est devenu une cause nationale depuis 2009, avec le Plan d’urgence contre les risques psychosociaux en entreprise. Le gouvernement a annoncé remettre, au printemps 2011, un bilan qualitatif des études menées sur le stress professionnel.

L’Institut Pasteur de Lille délivre une formation « La médecine du travail face à l’alimentation du salarié ». Questions à Jean-Michel Lecerf, chef du service Nutrition.

Comment est née cette formation? « Nous proposons cette formation depuis 15 ans. Elle s’adresse aux médecins du travail, à leurs associations ou aux grandes entreprises. La formation est assurée par un médecin nutritionniste et une diététicienne. La demande est forte de la part des médecins du travail, qui interviennent avant l’arrivée des pathologies ».

L’alimentation des travailleurs est-elle liée au stress? « Il existe une dualité profonde entre l’alimentation et le stress. Il existe aussi un bon stress: le stress motivationnel. Mais la tendance que l’on constate, c’est une hausse du stress au travail. Le stress social à un réel impact sur l’alimentation. Il est facteur d’une 9


alimentation inappropriée et d’une prise de poids. Le stress favorise aussi la production de cellules adipeuses, qui viennent se loger dans le ventre. En revanche, l’alimentation comme moyen de lutte contre le stress, c’est tout à fait mineur comme phénomène. Les médias ont tendance à l’exacerber. Le stress professionnel ou le stress social négatif, c’està-dire celui auquel on est soumis en entreprise, est plus insidieux et fait manger les gens. Surtout quand les gens sont en restriction, quand ils sont au régime. Alors là, les effets négatifs du stress sont accrus. Il existe une autre forme moins courante de stress, plus violente, qui conduit à des comportements alimentaires du type anorexie. Les conditions de travail agissent sur la nervosité des salariés et donc sur leur alimentation. Travail posté, travail de nuit, rythmes différents des conventions sociales etc. » Que viennent chercher les médecins du travail durant ces 2 jours de formation ? Elle permet à ces professionnels de la santé de prendre confiance en eux, et de se sentir légitimes pour répondre aux questions nutritionnelles des salariés. On leur donne un peu de

connaissance, car les problèmes nutritionnels sont assez complexes. Parfois, ils arrivent découragés. On leur redonne de la motivation, en leurs donnant des clefs, des portes d’entrées. Mais pas de solutions toutes faites, car elles n’existent pas! » Quels conseils pour un médecin du travail s’inquiétant d’un salarié stressé qui prend du poids? « Nous lui conseillons de reconstituer le passé pondéral du salarié, de répertorier les antécédents familiaux et les facteurs de risques; de chercher avec le salarié les raisons du stress qu’il éprouve, et comment celui-ci se manifeste: s’il mange plus, grignote, a des problèmes de rythme dans les prises de repas, a envie de manger plus sucré, plus gras ou encore plus vite. En fonction de cela, le médecin du travail peut orienter le salarié. Cela passe par des conseils pour mieux préparer ou choisir ses sandwiches, des conseils sur l’équilibre alimentaire et sur la façon de retrouver un bon rythme... Nous lui conseillons aussi d’agir sur les autres problématiques du quotidien du salarié: la sédentarité; Le salarié doit être encouragé à faire du sport, le soir, en rentrant même s’il est fatigué ». 10


Concentration : du carburant pour le cerveau ! Un coup de fatigue? Des trous de mémoire? Comment favoriser la concentration au travail? Si de bonnes conditions de sommeil et de santé sont indispensables pour l’attention, l’alimentation peut elle aussi favoriser une meilleure concentration. Quelques 40 nutriments impactent sur le fonctionnement complexe du cerveau. Fer, glucides lents, et vitamines C et B1 sont nos alliés! Le menu-type d’une journée de travail. L’alimentation sur une journée doit être guidée par un principe: le taux de glucide doit être constant tout au long de la journée, pour ne pas ressentir de coup de fatigue lorsque celui-ci chute. Ce sont les féculents, riches en glucides d’absorption lente (pain, pâtes, riz et céréales) qui permettent de garder ce taux, et donc sa concentration! Les boissons Les tissus du cerveau sont composés d’eau à 85%. L’eau permet de véhiculer les nutriments dans le corps et donc au cerveau. Boire de l’eau toute la journée est primordiale. Le café améliore la vigilance mentale et l’attention à court terme. Il est un bon stimulant s’il n’est pas consommé avec excès: 3 tasses maxi ne pas être surexcité et l’irritable.

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Le petit-déjeuner Il permet de garder un niveau d’énergie suffisant jusqu’au déjeuner. Il ne doit pas être pantagruélique mais complet! Rappelons que le corps sort d’un jeûne de plusieurs heures, imposé par une nuit de sommeil. 1. Un fruit pour la vitamine C: kiwi, poire, orange, pomme… ou encore un smoothie. 2. Un produit céréalier pour les glucides lents: deux tranches de pain complet, muffin anglais… 3. Un produit laitier pour les protéines: du lait, un yaourt ou du fromage. La collation Elle est loin d’être obligatoire et ne remplace pas le petit-déjeuner mais peut être une occasion d’alimenter son corps en fer, qui favorise la circulation des globules rouges, et donc l’oxygénation du cerveau. La plupart des individus sont en manque de fer, certains de façon plus importante: on appelle cela l’anémie. 1. En petite quantité, les abricots secs, les graines de sésame, les noisettes, les cacahuètes et le chocolat noir, par exemple… 2. Un jus de fruits ou un fruit frais, ou des crudités. Le déjeuner Léger et consistant à la fois, il ne doit pas être trop lourd sous peine de

somnolences de retour à votre bureau. 1. Une viande ou poisson riche en fer: porc, rognons, foie de veau, thon, sardines ou maquereaux 2. Des légumes riche en vitamine C qui favorise l’absorption du fer par l’intestin: brocolis, poivrons, chou-fleur, fenouil, épinard, mâche… ou un accompagnement riche en vitamine B1: lentilles, blé, petits pois etc.

3. Un fruit ou un yaourt en dessert si vous avez encore faim, sinon gardez-le pour le goûter en cas de fringale. Le goûter Il n’est pas réservé aux enfants! Si le corps a faim, une collation est tout à fait envisageable, sur le modèle de complémentaire, équilibré, et celle du matin. C’est un repas 12


et non une excuse pour grignoter des produits gras et très sucrés! 1. Un produit laitier de votre choix: un fromage individuel, un yaourt à boire, ou un verre de lait. 2. Une source de protéines: un morceau de pain pour accompagner un bout de fromage, du pain d’épice, des flocons d’avoine etc.

conséquent le lot nécessaire au corps et au cerveau de vitamines B1 et C, de fer et féculents.

EN SAVOIR PLUS Nourrir son cerveau, de Louise Thibault. 2003. Editions de l’homme.

En tout état de cause, il n’y pas véritablement de règles à suivre à la lettre. Une alimentation équilibrée est variée, et apporte par

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TITRES RESTAURANT Les conseils d’utilisation de Florence Pujol, diététicienne Peut-on manger équilibré avec un titre

restaurant? Pour la

diététicienne Florence Pujol, la réponse est OUI. Le titre restaurant n’est pas un obstacle au contraire. « Il contribue à atteindre une certaine liberté alimentaire. Il

répond au fait de pouvoir être libre de manger quand on a faim, contrairement au repas pris dans le cadre de restaurants d’entreprises ». D’une valeur variable, comprise généralement entre cinq et dix euros, le titre restaurant est un moyen de paiement accepté dans les boulangeries, les supermarchés, chez les traiteurs, depuis peu chez les primeurs etc. Le + de la nouvelle formule Florence Pujol souligne l’intérêt de la nouvelle formule du ticket restaurant. Depuis décembre 2010, le détenteur peut acheter des fruits, des légumes et des produits laitiers (même s’ils ne sont pas consommables dans l’immédiat), ce qui, selon elle, permet d’adapter facilement sa consommation sur le lieu de travail au rythme dicté par son corps, par les sensations de faim qu’il émet, en prenant, par exemple, une collation. Rien ne sert de manger

beaucoup le midi pour tenir jusqu’au soir. Pour la diététicienne, c’est dans ce genre de cas que le déséquilibre se créé puisque l’on tombe dans la surconsommation. De la même façon, on rajoute dans son menu des aliments qui iront au-delà de notre appétit, car ils entrent dans une catégorie de produits «conseillée» pour atteindre l’équilibre alimentaire. Florence Pujol pointe cette dérive et cherche ainsi à réapprendre aux consommateurs à se nourrir seulement quand leur corps en a besoin. Le ticket restaurant permet d’agir en ce sens: « on peut

désormais acheter ces produits –fruits et produits laitiersà l’heure du déjeuner, en même temps que le reste du repas, que l’on mangera plus tard, quand on aura de nouveau faim. C’est parfait! A la limite, 14


une portion individuelle de fromage, en open space, cela peut être dérangeant. Mais un yaourt ou un fruit feront très bien l’affaire! » Le moins (?): un risque de surconsommation? Nous avons confronté Florence Pujol a un cas pratique: Que faire des deux euros qu’il reste sur le titre restaurant, alors que le repas déjà choisi dans une boulangerie suffit pour le déjeuner? Rappelons que les commerçants ne sont pas autorisés à rendre la monnaie sur ce moyen de paiement. N’est-ce pas là une tentation à la surconsommation? Privilégier ce que l’on aime! Florence Pujol conseille avant tout «de savoir ce dont on a envie!»: « peut être un

fromage blanc pour la collation, ou encore un fruit, proposé de plus en plus par les boulangeries». La diététicienne insiste aussi sur la notion du plaisir: apprécier ce que l’on mange est capital et bien souvent relayé au second plan par les préceptes des régimes alimentaires, mais aussi par les effets de la société de l’abondance. La

boulangerie est garnie de mille et une douceurs devant lesquelles il est bien difficile de ne pas craquer. Florence Pujol propose donc de choisir « des pâtisseries en

miniatures, afin de goûter à plusieurs saveurs tout en mangeant à sa faim. De cette manière, ces mignardises font office de dessert et permettent d’arriver à satiété. C’est la même chose pour les mini viennoiseries : on peut en manger une au déjeuner et garder les autres pour plus tard, entre collègues par exemple, ou pour le petit déjeuner du lendemain matin ».

Dernier livre paru "Je mange et je suis bien", coll. Psychoguides, éd. PUF

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Comment BOUGER en entreprise Être assis devant son ordinateur, c’est brûler le même nombre de calories qu’en dormant, c’est-à-dire 0! A l’image de la dernière campagne de « Manger Bouger », Oh my Food vous invite à « bouger au quotidien ». Une demi-heure d’activité, cela veut simplement dire mettre son corps en mouvement et faire fonctionner ses muscles. Le temps préconisé est fractionnable sur la journée entière. Prêts à relever le défi? A la pause déjeuner Profitez de ce temps de répits, typiquement français, pour vous aérer et pour marcher quelques minutes. Rien de plus simple si vous choisissez de vous restaurer dans l’un des commerces adjacents. On jette le fascicule de livraison, et on sort l’acheter soi-même. Si votre restaurant d’entreprise se situe dans le même immeuble que votre bureau, ou que vous avez amené votre déjeuner préparé chez vous la veille, choisissez de prendre un quart d’heure à la fin de votre déjeuner pour faire un tour dans le quartier. Allez prendre le café dans la brasserie, allez acheter une baguette pour le diner, anticiper les courses pour le soir etc. Cette habitude aura un autre avantage sur vous: marcher quelques minutes après le déjeuner permet une meilleure digestion et évite le penchant à la sieste du début d’aprèsmidi…

L’astuce du coup de fil Dès que vous recevez un coup de fil qui se prolonge dans le temps de quelques minutes, levez-vous! Profitez-en pour faire bouger votre corps et promenez-vous tout en menant votre conversation. De la même façon, déplacez-vous quand cela est possible, pour parler avec un collègue auquel vous auriez machinalement passé un coup de fil, alors qu’il est à l’autre bout du couloir. Préférez vous rendre aux cabinets de toilettes les plus éloignés de votre étage. Renouvelée plusieurs fois par jour, cette astuce qui peut paraître dérisoire, vous fera finalement bouger un plus chaque jour! Appliquez la même technique pour aller chercher le café de 16h30 par exemple. A vous de trouver la formule qui vous convient. Pensez vos trajets différemment! Le temps de trajet depuis votre domicile à votre lieu de travail peut être aussi légèrement modifié pour favoriser une 16


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activité physique quotidienne. En transports, descendez à l’arrêt précédant le vôtre en allant au bureau, et finissez à pied! Pour ceux qui n’ont pas une minute de trop dans leur planning du matin, appliquez cette technique sur le trajet du retour. Le temps de marche est non seulement bon pour votre corps, mais il vous permet aussi de décompresser après la journée. Pour ceux qui viennent en voiture, garez-vous de façon délibérée plus loin que d’habitude, pour vous permettre de marcher quelques minutes supplémentaires. Encore mieux, enfournez votre vélo ou chaussez vos rollers! Les escalators et les ascenseurs, on oublie! A moins de travailler au 64e étage d’une tour, quelques marches ne peuvent pas être insurmontables.

Garder un œil sur les aiguilles de l’horloge. Toutes les heures, essayez de bouger de votre poste de travail. Le podomètre: et pourquoi pas? Pour les perfectionnistes, ceux qui ne peuvent entreprendre un changement sans en calculer l’exact efficacité, ou tout simplement pour ceux qui souhaitent s’encourager : pourquoi ne pas utiliser un podomètre? Chaque jour, il vous indiquera quelle distance à pied vous avez parcouru. C’est une façon comme une autre d’atteindre son objectif. Les modèles sont petits et légers et se portent de façon discrète.

// Pour plus d’informations, mangerbouger.fr

Ohmyfood.fr : la communauté Pour apprendre ensemble à mieux se nourrir

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Comment gâcher la CONVIVIALITE d’un repas entre collègues ? Au travail, de quel côté vous rangez-vous? De celui des salariés qui sont heureux d’aller déjeuner et apprécient ce moment pour décompresser, s’amuser, ou plutôt de celui de ceux qui ne redoutent qu’une seule chose: l’heure du repas entre collègues? La phobie des cantines existe bien! Mais de quoi les « cantinophobes » ont-ils peur? Voici 10 portraits types, ou comment gâcher la convivialité d’un déjeuner entre collègues. Monsieur Je-mâche-la-bouchegrande-ouverte Alors oui, mâcher est important dans le processus de digestion. Prendre son temps d’apprécier les aliments et les saveurs est bien sûr primordiale, on le sait! Mais par pitié, qui a dit qu’il fallait le faire la bouche grande ouverte? Un très bon remède pour couper l’appétit! Monsieur Je-parle-la-bouchepleine (cousin du précédent), offre le même genre de vision agrémentée d’un bonus non négligeable: la probabilité de réceptionner une partie de sa bouchée! Gare à celui qui est assis en face de celui-là! Madame Je-fais-la-morale Lorsque celle-ci s’invite à table, elle peut, elle aussi plomber une ambiance en quelques mots: « Tu ne devrais

pas manger ça, toi qui est au régime! Ah tu ne fais pas de régime… autant pour moi! » Le

menu choisi est bien souvent révélateur du mode de vie. Sentir un jugement porté sur son assiette peut être très désagréable. Monsieur Je-mange-comme-uncochon Non il n’a pas 5 ans, il connaît les bonnes manières, mais cela ne l’empêche pas de lécher son couteau, d’en mettre partout et de couper l’appétit à tous ceux qui assistent au spectacle! Mademoiselle Je-m-invite-à-tatable En voulant bien faire, peut gâcher un moment de tranquillité… Voyant très bien que son collègue mange seul, elle décide de l’accompagner pour le déjeuner. Voilà une belle initiative qui encourage les bons rapports entre collègues… Mais pas de chance, c’est justement le jour que vous avez choisi pour être seul. Respectez les mangeurs solitaires ! 20


Monsieur Pleure-misère a la manie de se plaindre à qui veut l’entendre, ou plus exactement à qui ne peut éviter de l’entendre! Chaque jour, à chaque repas, il se lamente. Son taux d’imposition est aujourd’hui au cœur de ses plaintes, alors que toute la tablée sait qu’il est celui qui gagne le plus! Les discussions autour des rémunérations en irritent plus d’un. Et à raison, non? Monsieur Je-suis-un-chefproche-de-mes-salariés s’invite une fois par mois à la table des collaborateurs. La pause déjeuner d’habitude détendue et conviviale se transforme en repas coincé pendant lequel chaque collègue tente tant bien que mal de ne pas sortir du rang…! Madame J-ai-tout-fait pourra briser toute tentative de dialogue lancée durant le repas. Le dernier best-seller? Elle l’a lu, il est incroyable! Un road trip en Europe de l’Est? Elle l’a fait, elle doit TOUT nous raconter. La théorie de la relativité d’Albert Einstein? Bien sûr

qu’elle la connait, elle a fait des études de physique, en plus de celles de philosophie, d’histoire et de lettres… Un déjeuner a priori agréable, finalement gâché par un monologue interminable. Mademoiselle Radio-Ragôts déverse un flot de rumeurs au cours du repas. Ça n’intéresse pas grand monde? Pas de quoi l’arrêter dans le déballage de la vie publique du comptable du 3e étage ou de la nouvelle stagiaire du service communication ! Monsieur 100-%-boulot n’arrive pas à décrocher, ne serait-ce que pour aller manger. Il relancera tel collègue à l’entrée, rappellera au moment du plat à un autre de ne pas oublier de répondre à son mail, et lancera au dessert une consultation générale sur ce que tout le monde a pensé des dernières directives. Le bol d’air du midi est compromis, il a réussi à stresser l’ensemble de la tablée.

EN SAVOIR PLUS

Le carnet du savoir-vivre au bureau, de Laurence Caracalla, éditions Flammarion

Toutes les clés du savoir-vivre en entreprise, Yves Maire du Poset, éditions Leduc

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En bref Le modèle français de la pause déjeuner! Selon une étude réalisée par le site internet Monster, 58% des travailleurs français s’accordent chaque jour une vraie pause déjeuner. Un score qui place la France en tête de ce baromètre mondial. Outre-Atlantique, plus d’un tiers des travailleurs américains et 25% de leurs confrères canadiens affirment manger un sandwich devant leur poste de travail! Les statistiques de nos voisins européens sont plus proches des habitudes des Français, sans pour autant les égaler. Cette étude prouve qu’il existe donc bel et bien un modèle français de la pause déjeuner.

L’huile de palme bannie des restaurants du groupe Compass Compass Group, un des acteurs mondial de la restauration collective concédée a annoncé retirer l’huile de palme de ses huiles de friture. Implantée dans les secteurs privés et publics, la firme gère plus de 2.400 restaurants en France. Elle est la première à annoncer une telle mesure. Pointée du doigt pour sa teneur élevée en « mauvaises graisses», à savoir en acides gras saturés, l’huile de palme est souvent déconseillée par le corps médical. Sa production participe également à la déforestation. Elle est aujourd’hui largement utilisée par les industriels, car elle favorise une conservation plus longue des aliments. Plus d’infos sur le site internet de Compass.

CréaMenu: le logiciel d’aide à la création des menus voit le jour Destiné aux restaurants d’entreprises, mais aussi à tout autre organe de la restauration collective, CréaMenu est un logiciel qui facilite la création de menus équilibrés sur le long terme. Créé par Davigel, l’application émane d’une idée du Groupe d’Etude des Marchés Restauration Collective et Nutrition (GEMRCN). Disponible dès le mois de mars 2011, cet outil informatique guide pas à pas, la confection de menus selon les nouvelles règles nutritionnelles. 22


Il s’adapte à tous les publics de la restauration collective, du nourrisson à la personne âgée. Lire la description du logiciel CréaMenu.

Une nouvelle formule de restauration au centre d’affaires de la Défense Le dernier né du groupe Flo s’appelle Red Hippo. Le concept de ce restaurant, installé depuis décembre 2010 au CNIT de la Défense, repose sur une restauration rapide « servie à table ou à emporter ». Le restaurant s’inscrit dans un registre plus haut de gamme que les fast-foods classiques. Les travailleurs pressés peuvent commander des hamburgers à emporter. On retrouve les mêmes types de produits que dans les restaurants de la chaîne Hippopotamus: viande rouge et accompagnements au choix. Un chef dijonnais lauréat du concours Gargantua Ghislain Moureaux a été sacré meilleur cuisinier de la restauration collective en gestion directe lors du salon SIRHA, en janvier dernier à Lyon. Le jury a apprécié son menu, pour son adéquation entre créativité culinaire et respect des impératifs liés à la restauration collective. Deux éléments étaient imposés aux concurrents: dos de cabillauds et biscuits cuillères. Le chef du restaurant « Ma Maison » des Petites Sœurs des Pauvres à Dijon a concocté pour le plat un Dos de cabillaud en écailles de pommes de terre, sauce Noilly et sa barre de légume. Suivi d’un dessert baptisé Douceur citronnée au chocolat blanc amaréna, en coques de biscuits cuillères.

La fondation PiLeJe, organisatrice d’événements sur l’alimentation santé La fondation PiJeLe propose d’organiser sur la demande d’une collectivité, d’une association ou encore d’une entreprise, des événements liés aux thématiques de l’alimentation et de la santé. Au programme, trois prestations: « Cuisinez votre santé », « Je me sens bien dans mon assiette » et « Ta santé dans ton assiette » destinée exclusivement aux jeunes adolescents. Conférence, débat animé par des professionnels de la santé, démonstration culinaire par des grands chefs, buffet de dégustation ou encore atelier cuisine. 23


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Merci aux partenaires d’Oh my Food!

Merci à Lucie Pezavant pour la rédaction de cet ebook.

Lucie Pezavant est journaliste. Elle collabore à Oh my Food depuis novembre 2010.

Crédits photos Licence Creative Commons Mistinguette18 Jk6864 Hello_winnie Brin de fantaisie 64k.be

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L'alimentation au travail  

Le 1er ebook d'Oh my Food! Votre communauté pour apprendre ensemble à mieux se nourrir.

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