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© José Maria Dias

bataille importante était du devoir de toute famille noble, Napoléon Bonaparte demandait à chaque nouvelle recrue recommandée par courrier d’un influent : « Il a une belle famille, de belles lettres et de beaux diplômes, mais, a-t-il de la chance ? ». Incontestablement Thomas en a. Certes il n’est pas né dans le baquet d’une F1, mais la piste est gratuite. Se moquant des pronostiques, de Corneille et de ses proverbes, ce jeune Sablais n’a pas attendu le nombre des années pour prouver sa valeur. Et de ses parents, il dispose du meilleur des atouts : le soutien. Il n’avait pas 4 ans, quand il bouclait son premier tour de piste dans un karting. Il n’avait pas 18 ans quand il était sacré champion du monde en KZ2. Et ses 23 ans n’arrivent toujours pas que son nom sillonne déjà la gomme qu’il laisse sur les circuits d’endurance du monde entier en LMP1. L’Imsa, ce rêve n’est peut-être plus si loin. UNE LIGNE NON LOIN D’ARRIVER…

© MPS AGENCH

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Depuis quatre ans qu’il a cédé le kart pour la voiture, Thomas a déjà fait du chemin. Le parcours est beau à raconter dans les journaux. Mais en coulisse, la bataille est rude. En plus de courir les pistes, Thomas doit courir les sponsors. Heureusement, ce bouffeur de bitume continue pour l’instant de faire ce qu’il sait faire de mieux : piloter. Et le comble pour un coureur à quatre roues : ça marche ! Au volant, tout s’envole. A commencer par Thomas luimême. Un as du volant qui ne craint pas la crevaison (eh oui, le roi du mille bornes est bel et bien Sablais !). Multiple champion régional, national et international en karting, son évolution en voiture ne souffre pas de la montée en puissance du moteur. Quelle que soit la cylindrée, le Sablais est à l’aise dans un cockpit comme à la maison. Repéré par la Jacky Chan DC Racing, il fait ses premiers essais sur le mythique circuit du Mans avec une voiture de classe LMP3. Trois courses. Trois pôle-positions. Trois victoires. Un bon début… UN SPRINTER EN LIGNE DROITE Malgré quelques dos d’âne, la suite est tracée comme une ligne médiane. Thomas enchaîne les courses et les médailles et Jacky Chan lui offre son premier championnat du monde LMP2. Le talentueux coureur peine à trouver des sponsors de dernière minute, mais signe sa plus belle saison. 2017 : quatre victoires en neuf courses ! Thomas Laurent est sacré vice-champion du monde pour quelques points sacrifiés sur un abandon dans la dernière course pour un accrochage. Après ses victoires d’étape et ses titres en LMP2 et EMLS (Européan Le Mans Série), l’écurie Suisse du Rebellion Racing, son rival victorieux, remporte finalement ses faveurs pour concourir en LMP1. L’embauche est assortie d’une belle voiture de fonction. La Rebellion R13-Gibson fait des Merveilles. Chez Rebellion, Thomas doit faire équipe avec Gustavo Nemesez, son ancien rival. Les deux roockies ont appris à se connaître et font vite parler d’eux. A deux courses de l’arrivée, les petits bleus pointent l’aileron à la troisième place du classement, devant la première voiture de l’écurie. Le talent contre l’expérience. Verdict aux 24h du Mans, dernière et emblématique course de la saison. Mais si l’on s’en fie aux pronostiques, le rêve de l’Imsa n’est peut-être pas beaucoup plus loin qu’une portée de roues. Après tout, d’autres marins sont bien partis des Sables pour faire le tour du monde... 17 | LES SABLES MAGAZINE • n°21

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Editions OFFSET 5

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