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certains choisissent aujourd’hui plutôt l’Europe du sud. Enfin, il y a l’Asie du sud-est, le Viêt Nam et La Thaïlande notamment. C’est le choix de retraités aux pensions plus modestes. La contrepartie de cet expatriation, c’est l’éloignement. Ces retraités tentés par l’exil sontils de plus en plus nombreux ? On estime qu’ils sont environ 40 000 chaque année. Mais il faut distinguer trois catégories. Il y a, d’une part, ceux qu’on appelle les « remigrants », des Marocains, Algériens, Portugais, venus en France au moment des Trente glorieuses, qui ont été naturalisés français, et qui repartent dans leurs pays d’origine. Nous avons aussi les Français qui ont fait leur carrière professionnelle à l’étranger, et qui ont plus d’attaches dans leur pays adoptif qu’en France, et qui décident d’y rester. Enfin, il y a les Français qui arrivent à l’âge de la retraite et qui choisissent de partir. Il y a actuellement 1 % de la population française à l’âge de la retraite qui fait le choix de partir à l’étranger. On sera à 2 % dans dix ans. Mais ça reste tout de même une minorité.

Le phénomène va-til se poursuivre ? Oui, pour deux raisons essentielles. La population des plus de 60 ans va augmenter de 40 % entre 2010 et 2030. Au cours de cette même période, la population des moins de 60 ans va baisser de 1 %. L’autre moteur de cette accélération, c’est la baisse des pensions de retraite. Pour préserver leur pouvoir d’achat, un certain nombre de Français vont continuer de faire ce choix. Et ça va continuer d’augmenter dans les prochaines décennies, avec les nouvelles générations, qui parlent mieux les langues étrangères, l’anglais notamment, et qui a l’habitude des voyages et de la mobilité géographique. Un choix qui n’est pas sans conséquence, vis à vis de la famille notamment ? Oui, mais les Français s’adaptent. Et puis, que ce soit l’Europe du sud ou les pays du Maghreb francophone, ce n’est pas loin. Avec les compagnies low-cost, avec Skype, on peut rester assez facilement en contact avec ses enfants et ses petits-enfants. Demain, ce sera peut-être les hologrammes.

Reviennent-ils quand ils atteignent le « grand » âge, quand les premiers pépins de santé se dessinent ? On n’a pas encore assez de recul pour mesurer ce phénomène. Ce qu’on observe par contre, c’est que les Français qui s’installent à l’étranger ne s’éloignent jamais beaucoup des structures hospitalières. Nous leur conseillons d’ailleurs. Ces retraités qui quittent la France, c’est une « perte » pour la France ? Ils représentent une force vive, du pouvoir d’achat et de l’expérience ? Oui, ces retraités ont du pouvoir d’achat, et il ne profite pas à la France. L’Etat a plutôt tendance à fermer les yeux sur cette situation. Une commission s’était penchée sur la question voilà quelques années, mais il n’en était rien sorti. Pourtant, cette situation est symptomatique du désarroi de l’Etat français, coincé entre sa dette publique et le financement des retraites.

> Voir Conseil d’Experts p.62

N° 4 / Automne-hiver 2017 / J’OSE en Vendée

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J'Ose en Vendée n°4  

Editions Offset 5

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