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Bonjour à tous pour notre nouvelle édition du Menhir, Voici le temps de Beltaine et les promesses du printemps se métamorphosent dans le chant des oiseaux et les bourgeons multicolores.

Rendons honneur au Roi Vert et à la Reine des Fleurs, et prions pour la Terre et la paix dans le monde. Le Menhir est votre journal, vous êtes donc les bienvenus pour étoffer l’ avec vos avec photos, dessins, poésies, ainsi que (envoyez-moi vos contributions à

annonces, vos témoignages, pour contribuer à la les rubriques et saille.tuteur@yahoo.fr ).

Vous retrouverez dans cette édition le trombino de vos tuteurs, car Pascal est venu rejoindre le groupe : nous lui souhaitons la bienvenue.

Redacteurs

Sommaire

Traductrices des textes anglais: Dominique Goedert, Jody Mohammadioun Le Menhir : Annick Jacq Célébrations : Annick Jacq/ Jody Mohammadioun Symboles : Dominique Paquot Notre carte du ciel : Myrdhin Dossier archéologie : Annick Jacq/ Jody Mohammadioun Dossiers : Dominique Goedert/Pascal Eloy/Jody mohammadioun Le Monde des plantes sauvages : Florence Laporte Conte celtique et breton : Jody Mohammadioun/Philippe le Maréchal Mise en page et graphisme : Annick Jacq

- Le site du Paly (photo de couverture) - Célébration d’Alban Hefin - Notre ciel pour la fête de Beltaine - Touchstone : Et avec votre protection, la force - Dossier : Jean-Louis Brunaux et les druides - Archéologie : Rebâtir le dolmen - La Plume du Barde - Conte breton : Le dragon de l’Elorn - Tableau de Dominique Dages : Le Dragon - Bon mots - Conte breton : Ar Rannou - Le pissenlit - A découvrir : Les Vagues à l’âme - Vos tuteurs - Les échos des Clairières - Les Clairières de l’OBOD

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Menhir du Paly En cette période de Beltaine, j'ai choisi de vous Claire Dequéker, dans son article Les chemins et présenter un site représentatif des énergies masculines et féminines. Situé sur la commune de Milly-la-Forêt (Essonne), c'est un mégalithe imposant, haut de 4 mètres, planté au milieu de la plaine non loin du chemin de Grimery. Solaire, phallique, chargé d'énergie positive, il est en résonance avec une dalle horizontale, féminine – une étrange roche creusée de cupules et bosselée de mamelons. Le lieu est connu pour les rites de fécondité qu’il attire depuis toujours.

les saints, mémoire du Néolithique. Terroirs à organisation calendaire et mégalithisme en vallée de l’Essonne paru dans Mythologie Française, parle du

Selon les observations de Duncan Caldwell, «

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ALBAN HEFIN La Lumiere de l’ete

Alban Hefin signifie ‘Lumière de l’Été’ ou ‘Lumiè- Nous célébrons, au solstice d’été, les quatre feux re du rivage’. Nous voici au moment de la plus grande Lumière, du jour le plus long et de la nuit la plus courte. Le Mabon a vaincu l’obscurité, il se situe au plus haut de sa course, mais cette victoire est aussi le signe de son déclin. Traditionnellement, lors du renouveau druidique, cette fête se pratiquait sous forme de trois parties, la vigie qui correspondait à une veille, une personne ou le groupe attendaient l’aube. Puis le rituel du matin au lever du soleil et enfin le rituel à midi.

de la roue de l’année. Le feu de l’ouest et de l’automne, le feu du nord et de l’hiver, le feu de l’est et du printemps et enfin le feu du sud, de l’été, le feu suprême.

Le solstice d’été correspond pratiquement à la St Jean (24 juin) et, traditionnellement, certaines plantes médicinales étaient récoltées, dont le millepertuis aux fleurs jaunes comme autant de soleils. Les plantes de la St Jean peuvent pour l’occasion être rassemblées en offrande ou en sachets de protection, car ces plantes magiques sont traditionnellement remplies de l’énergie du soleil à son apogée, et transformées à présent en bénédictions vertes pour le règne humain.

Une couronne de chêne est constituée et passée autour d’un bâton ou d’une épée : ceux-ci symbolisent la couronne et l’axe. Par ce geste, nous couronnons du Roi du Chêne, Dieu de l’Année Croissante qui doit céder devant son jumeau, le Roi du Houx, Dieu de l’Année Décroissante, puisque désormais les jours iront en diminuant.

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Les plantes de la St Jean On en décompte beaucoup, et elles changent selon les régions. Elles doivent être cueillies au matin et selon les règles en vigueur. En voici quelques-unes.

: Courage, amour, clairvoyance et protection. Petite plante que l’on trouve sur le bord des routes et des chemins. Délicate et protectrice, elle peut faire partie d’un sachet de protection ou encore disséminée à terre pour protéger un endroit. Très discrète aux feuilles délicatement découpées, cette plante est liée au sang, tout d’abord pour les coupures et ses propriétés hémostatiques, et dans

: Elle joue un rôle essentiel dans les plantes de la St Jean et possède pratiquement tous les pouvoirs. Dédiée à Vénus, et aussi à Artémis dans un des ses multiples noms, elle est très féminine et aphrodisiaque paraît-il. J’en accrocherais plutôt un bouquet dans la maison pour son pouvoir protecteur (et peut-être au dessus du lit !). J’aime ces grandes plantes qui poussent dans les talus, avec leurs tiges rougeâtres.

: Courage et pouvoirs psychiques. Ayez de la Bourrache fraîche sur vous chaque fois que vous prenez des risques Difficile a utiliser dans les sachets de protection, car elle doit être utilisée fraîche.

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: Chance, gains matériels, affection et purification. La Camomille est réputée attirer l'argent et un bouquet de camomille suspendu au-dessus de la porte d’entrée protège des sortilèges. Voici une discrète ! Je l’utiliserais plutôt en infusion, et son odeur est reposante ; je l’aime dans un bain, car elle est relaxante et apporte un bon sommeil.

: Invisibilité, magie de la pluie, fertilité et clairvoyance. Porter de la Fougère sur soi est censé vous guider vers des trésors cachés, et la personne qui casse le premier brin de Fougère du printemps aura beaucoup de chance. Voici une plante que j’aime, incontournable dans les sachets de protection et en bouquets dans la maison. A utiliser aussi sans retenue en fumigations.

: Purification et protection. Herbe le plus couramment utilisée dans les rituels de purification. Mise en sachets, on l'ajoute à l'eau du bain; infusée, on en asperge les objets ou les personnes que l'on désire purifier.

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: Protection, amour, chasteté, bonheur et paix. J’adore la lavande, sa couleur, son odeur, elle attire l’amour, nous protège et nous assurera un sommeil paisible. A utiliser sans modération. Un bain à la Lavande est excellent avant une séance de méditation.

: Amour, succès et guérison. Stimulante et paraît-il aphrodisiaque, elle sera plus particulièrement utilisée pour la guérison. La Menthe verte (Mentha spicata) est utilisée depuis longtemps dans les potions et les mélanges de guérison, et on la porte au poignet pour s'assurer de ne pas tomber malade.

: Protection et divination La particularité du Millepertuis a été exploitée par les oracles depuis les temps les plus reculés : les ' trous ' disent si les récoltes seront bonnes ou mauvaises ; si une épidémie va s'étendre ou régresser; si les armées vont connaître la victoire ou la défaite, etc. La feuille sera oraculaire, les bouquets suspendus dans la maison pour la protéger. Sans oublier l’huile rouge, faite avec ses fleurs, pour les petits problèmes de peau. Il est la plante du solstice.

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: Protection, guérison, santé, sommeil et purification. Protecteur, dans les sachets et purificateur en fumigation. Incontournable et hautement vibratoire, après une fumigation il laisse son empreinte. Éparpillé sous le lit, il protège le dormeur de tout danger. En bains purificateurs aussi, pour assurer le futur, ajoutez une infusion de Romarin à votre bain.

: Protection et guérison. Elle aussi est incontournable, pour ses bienfaits en premier lieu. Son nom issu de “sauver” n’est pas usurpé. La Sauge a longtemps été utilisée pour s'assurer une longue vie, parfois même l'immortalité. Utilisée pour son pouvoir purificateur en fumigation et à ne pas oublier dans le sachet de protection.

: Tonifiant, puissance, bonheur, prospérité matérielle et clairvoyance. Une de mes préférées, j’ai une véritable passion pour la verveine. Pour ses bienfaits en tisane bien entendu. Mais elle est aussi incontournable dans le sachet de protection, et de même pour purifier les lieux et les autels. Enfin, son odeur légèrement citronnée est merveilleuse. A consommer en eau de toilette, en savon, dans le bain et vous verrez l’effet sur votre conjoint !

Photos : Atlas de poche des plantes des champs, des prairies et des bois de PAUL KLINCKSIECK 1895

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Beltaine degres symboliques Pour une celebration le 1er mai 2016 À 10° du Taureau, le beau Belenos joue avec deux femmes toutes joyeuses malgré la présence d'un serpent.

° d'appetits physiques À 9° en Gémeaux, Eskia assise sur son trône bigarré, avec en main, coupe et globe lunaire.

° de renommee À 20° du Scorpion, le soleil se lève sur la mer doucement agitée. Bran, assis sur son cheval regarde l'horizon. Son visage est éclairé par le soleil levant, œil de l'Inconnaissable.

° d'illumination

° de constante elevation

À 14 ° du Bélier, Borvo rayonnant sort d'un cellier et présente une coupe d'hydromel. à ses côtés, un À 16° en Taureau, Au milieu de Brocéliande, chien et un renard se regardent avec un air de deux blanches biches ignorent un sanglier qui les bonne entente. guette , prêt à bondir. Derrière un buisson, Lug incline l'une vers l'autre deux asphodèles, l'une ° de merite conscient blanche, l'autre sombre.

° de bonheur menace À 27° des Poissons, Sirona frappe de nuit à la porte d'une maison au moment même où un soudain tremblement de terre fait s'écrouler les arbres alentours.

° de Revers

À 7° des Poissons, Manannann Ab Llyr tient à la main un superbe saumon qu'il vient de retirer du lit du Scorff.

° de gastronomie À 12° du Capricorne, De nuit, un chien excité par Béli poursuit un renard qui a pris de l'avance et gagne encore du terrain.

À 11° de la Balance, Esus, la figure noire, simple° de scelerite ment vêtu d'une peu de sanglier, essaie en courant de se hisser sur l'arrière-train d'un Centaure qui On notera , en positif, les trigones Soleil/Pluton et bande son arc. Lune/Mars. Les sextiles Soleil/ Jupiter et Mercure Jupiter. Et en négatif, le toujours difficile carré ° de dualite Mars/pluton. À 14° du cancer, Arcturus éclaire un parterre de bruyères. Taranis allongé sur les herbes porte une couronne, ornée d'une étoile à 5 branches. Page 9

Myrdhin


Et avec votre protection, la force Tout a commencé par une rencontre avec le Cerf. J’ai fait de nombreux voyages chamaniques au long des années, et j’ai eu la chance de passer pas mal de temps en compagnie de cerfs sauvages : aussi m’attendais-je simplement à reprendre contact avec un vieil ami. Après nous être rencontrés sur une colline couverte de bruyère, il m’a emmenée voir le rut d’automne et j’ai été stupéfaite de la révulsion viscérale que ce spectacle m’a inspirée. Mon seul désir, c’était que ce voyage prenne fin dès que possible et, au retour, ma réaction à la démonstration de force dont j’avais été témoin me plongea dans un état de grande confusion.

Lorsque je pense au monde extérieur, cette réaction devient plus compréhensible. Lisez les journaux, surfez sur le net ou regardez les actualités télévisées et vous verrez des exemples sans fin de la manière dont les forts blessent et victimisent les faibles. Qu’il s’agisse de nations, d’organisations ou d’individus, il semble qu’être fort revient à faire souffrir et à opprimer les autres. Toujours est-il que cela me pose question, parce que je fais souvent la prière des Druides qui commence par « Accordeznous, dieux/ déesses/ grand esprit votre protection et avec votre protection la force… ». Alors, qu’est-ce que je demande, au juste ?

J’ai décidé de prendre la carte de la Force du Tarot des druides comme source d’inspiration quant à ce que cela signifie vraiment d’être fort. Je l’ai fourrée dans mon chaudron cérébral et je l’ai laissé mijoter quelques jours tandis que je menais ma vie quotidienne normale. Je suis quelqu’un de très visuel : aussi le résultat m’est-il d’abord apparu sous la forme de deux images supplémentaires avec lesquelles j’ai dû travailler pour gagner en compréhension, comme je le voulais : un arbre et une balance démodée représentant le signe de la Balance

Les racines de l’arbre m’ont dit que la force implique un sens de l’enracinement, de la stabilité et de la solidité. Lorsque nous sommes forts, nous pouvons résister à la pression qui nous voudrait inauthentiques, qui nous amènerait à nous transformer en ce que les autres pensent que nous devrions être, à feindre d’être quelque chose que nous ne sommes pas. Nous avons un sens clair de l’être et nous savons que c’est ok d’être nous. Non pas que nous tombions dans le piège de penser que nous sommes parfaits ! Oui, il y a toujours un travail intérieur à faire, mais nous réalisons et acceptons notre droit d’être vrais envers nous-mêmes. Ce sens de l’enracinement nous permet de nous fixer des buts et de les atteindre, parce que nous avons une fondation solide sur laquelle construire. Cela nous permet d’accepter nos échecs et d’en tirer la leçon parce que ces racines continuent de nous nourrir et de nous revitaliser, de sorte que nous sommes prêts pour le prochain projet, la prochaine idée, la prochaine phase. Nous sommes même capables de reconnaître ouvertement que nous avons commis une faute, plutôt que de la dissimuler ou d ‘essayer d’en faire porter la responsabilité à quelqu’un d’autre. Ce sentiment d’être à l’aise avec la personne que nous sommes nous apporte une telle assurance que, de la même manière que nous n’avons pas besoin d’abandonner notre intégrité pour faire plaisir aux autres, nous ne leur demandons pas non plus d’abandonner leur intégrité pour être exactement comme nous. Seuls les faibles sont menacés par la différence et ont besoin que les autres soient exactement comme eux pour se sentir confortés et sûrs d’avoir fait les bons choix.

Le tronc de l’arbre me dit que la force peut être la détermination à continuer malgré les rudes combats ou face aux obstacles. La vie nous teste tous, et

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parfois ces épreuves arrivent en vagues, au point que nous nous demandons si elles ne finiront jamais. Lorsque cela arrive, être fort peut consister simplement à se lever le matin et à faire de son mieux jusqu’au soir, à mettre son attention dans chaque petit pas en avant, en espérant atteindre des eaux plus calmes. Les pas peuvent être chancelants parfois et même imperceptibles mais on doit continuer néanmoins à les enchaîner.

Les branches de l’arbre donnent un potentiel d’air et d’ouverture, s’étirant comme elles le font dans toutes les directions. La force ne doit pas être confondue avec la friabilité ou la rigidité. Être fort ne veut pas dire qu’on soit toujours figé, immuable ou fossilisé dans sa manière d’être et d’interagir avec le monde. Cela signifie plutôt que nous devons adopter les changements intérieurs qui se produisent parce qu’ils nous rendent plus authentiquement nous-mêmes. Nous adoptons aussi les changements extérieurs qui se produisent dans nos corps comme nous prenons de l’âge, parce que nous n’avons pas besoin de nous raccrocher à une image de notre jeunesse pour sentir que nous avons de la valeur. Les branches donnent aussi une capacité à être curieux de nous-mêmes et des autres et capables de trouver du délice dans la diversité. Parce que le sens de soi que nous avons est sain, nous sommes capables de faire des compromis quand il est sage de le faire, plutôt que d’essayer de forcer les autres à se plier à notre volonté. Nous faisons notre possible pour défendre et protéger les personnes vulnérables, mais nous réalisons que, dans la vie, tout n’a pas à être un combat et qu’il est parfaitement acceptable que, quelquefois, les choses ne se passent pas comme nous le souhaitons.

Les feuilles de l’arbre véhiculent aussi, selon moi, quelque chose qui a à voir avec la force. De la même manière qu’un arbre perd ses feuilles sans drame et sans douleur, nous aussi, lorsque nous incarnons la force, nous pouvons aussi facilement perdre ce qui ne nous est plus utile. Nous ne ressentons pas le besoin de nous accrocher aux vieilles blessures et déceptions, de les porter comme un insigne, de leur permettre de prendre le pas sur notre identité. Cela ne veut pas dire que nous nions ces sentiments ; être fort ne nous transforme pas en machines. Mais nous les reconnaissons, les explorons, les guérissons de toutes les manières possibles, de sorte que nous apprenons de notre expérience et avançons sans entrave. L’image de la balance met l’accent sur un point précis, concernant la force. C’est la voie médiane entre les extrêmes, entre la faiblesse et l’agression, entre le manque d’estime de soi et l’arrogance. Incarner la force est un équilibre constant qui doit être surveillé de sorte à ne pas aller inconsciemment trop loin dans une direction ou dans l’autre. Pour moi, c’est comme marcher sur une corde ; si nous allons trop loin, nous tombons. Formulé ainsi, cela sonne un peu comme si incarner la force était une corvée, et une corvée plutôt dangereuse. Mais les alternatives sont encore plus périlleuses, et je préfère voir cette tâche comme plutôt joyeuse et intéressante, parce qu’après tout, plus on pratique le funambulisme, plus cela devient facile et gracieux. Et qu’en est-il de l’image originale qui m’a permis d’explorer ainsi cette qualité, celle de la carte de tarot elle-même ? La femme se tient debout, une main sur le cou d’un sanglier. Elle lui tourne le dos, parce qu’elle ne ressent aucune crainte en sa présence, aucun besoin non plus de lui faire mal pour se protéger. De son côté, le sanglier autorise volontiers ce contact. Aucun des deux n’est subjugué par l’autre, ils sont plutôt tous deux en position de profonde confiance.

Cette image, qui représente les aspects civilisés et instinctifs de la nature humaine, nous informe que, pour être fort, nous devons réconcilier les deux, pour qu’ils puissent travailler ensemble harmonieusement. Réprimer l’un ou l’autre cause un déséquilibre, avec comme résultats évidents la victimisation, la tyrannie ou la maladie. Au contraire, lorsque ces deux aspects sont reconnus et peu-

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vent dialoguer, nous devenons d’efficaces « os creux ». La tension due à l’effort d’essayer de dissimuler ces aspects de l’être se dissipe et laisse place à une ouverture relaxée qui permet à la Nwyfre de circuler librement à travers nous. Avec ce dialogue et ce flot sans entrave éclot la compassion, qui nous enrichit, nous et, en même temps, la communauté élargie. Notre force est bénéfique au monde.

Mon exploration de la force a approfondi la manière dont j’ai recours à la prière des druides. Il m’a aussi inspirée dans ma contemplation de chacune des qualités qu’elle implique. Ma rencontre difficile avec le Cerf s’est finalement révélée le début de tout un voyage et j’en suis extrêmement reconnaissante.

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Jean-Louis Brunaux

et les druides

Ce

troisième et dernier article consacré à JeanLouis Brunaux traite de son ouvrage Les Druides (Seuil, 2006). Ceux qui ont lu les articles sur Les Celtes y retrouveront un certain nombre de thèmes, de procédés, d’obsessions, de convictions chers à l’auteur. Cette familiarité instaurée au fil des livres permet au lecteur plus de distance… et de second degré !

Brunaux

situe son sujet au second âge du fer (- VIe/-Ve siècle jusqu’au début de notre ère) dans les Gaules principalement ; le livre est publié en 2006 et, à l’époque, Brunaux considère que «

» ; en dehors des Gaules et de la Bretagne, rien n‘atteste que l’institution druidique ait existé.

Les textes classiques

Un

mémoire pythagoricien rédigé, d’après les philologues, au Ve siècle avant notre ère, mentionne déjà les druides. Les mentions suivantes datent du IIIe siècle. Le traité anonyme De l’art des Mages et La Succession des philosophes de Sotion d’Alexandrie citent les druides celtes, à côté des mages de Perse, des devins chaldéens, des gymnosophistes indiens… Alexandre de Milet rapporte que Pythagore fut instruit par l’Assyrien Zaratos et « » (1). De l’art des Mages, compilé plus tard par Diogène Laërce, affirme que la philosophie a d’abord fleuri chez les Barbares et qu’elle n’est arrivée en Grèce que plus tard. En réalité, certains textes reprennent cette hypothèse (que Pythagore aurait été instruit par des druides, des mages, des brahmanes…) et certains autres la contredisent et

prétendent que Pythagore a enseigné aux druides. Comme toujours, on se demande si tous ces sages n’auraient pas pu s’enrichir mutuellement lors de leurs rencontres (intellectuelles ou réelles, en Grèce continentale, en Italie du Nord ou à Marseille) et pourquoi il faudrait absolument que certains aient été les maitres ou les disciples des autres. Jean-Louis Brunaux, de son côté, n’a pas l’ombre d’une hésitation : il est sûr que Diogène Laërce ne peut pas croire lui-même à l’hypothèse extravagante qu’il expose, d’une activité philosophique née chez les Barbares avant de s’épanouir en Grèce.

Très rapidement, selon Brunaux, les choses commencent à se compliquer. Poséidonios fait une description riche et vivante des druides qu’il a pu observer autour de Marseille et avec lesquels il s’est manifestement entretenu, mais il ne nous en reste que des bribes dans les résumés « » qu’en font César, Strabon et Diodore. Il rapporte leurs croyances en l’au-delà, en la transmigration des âmes, leur conception cyclique de la vie, la réunion annuelle des Carnutes, les sanctuaires aux têtes coupées ; mais, d’après l’archéologie, nous dit l’auteur, certains éléments de sa description sont plus anciens que le 1er siècle avant notre ère et viennent forcément de textes antérieurs, Timée peut-être, voire même Ephore : ils correspondraient davantage à la société du IIIe siècle avant notre ère. C’est d’autant plus problématique que, comme on vient de le voir, plusieurs historiens à venir vont s’inspirer de Poséidonios.

La longue mention que César fait des druides dans le livre VI de La Guerre des Gaules – ce qu’on appelle son « excursus » ethnographique – est, note Brunaux, directement issu du livre XXIII des Histoires de Poséidonios, et la double fonction de cet excursus est d’une part de meubler l’année -53,

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qui ne se distingue par aucun succès militaire, et de se présenter aux sénateurs comme fin connaisseur des Gaulois. Sa description des druides est positive car «

Diviciac et le declin des druides «

» (2)

Diviciac

». (4)

Cicéron entend probablement parler des druides Jean-Louis Brunaux n’a pas seulement, comme on vers -77/-76 lorsqu’il se rend à Rhodes pour suivre l’enseignement de Poséidonios. L’avocat est d’abord très dur avec la religion gauloise. C’est classique : l’activité savante des druides a immédiatement été dénigrée par les latins et l’accent mis sur la cruauté des sacrifices humains. Plus tard, cependant, dans son De divinatio, il entretient son frère Quintus de l’éduen Diviciac et de ses activités divinatoires : vers -62, Quintus a hébergé le druide Diviciac, qui s’était réfugié à Rome pour échapper aux prises d’otages ordonnées par les Séquanes après leur victoire sur les Eduens. Vers -60, Diviciac retourne chez lui. En -58, lors de la migration annoncée des Helvètes, Diviciac vient demander l’aide de César. Or, contrairement à Cicéron, César, lorsqu’il relate cet épisode, ne mentionne pas que Diviciac est druide. C’est donc, déduit Brunaux, que l’éduen ne s’en vante pas ou, probablement, qu’il ne l’est plus. Et il commente : étant vergobret, où trouverait-il le temps d’être druide ? Au mieux, fait-il peut-être de temps à autre un peu de divination… Et, si Diviciac n’est plus druide, c’est donc, pour faire un raccourci, qu’il n’y a plus de druides en Gaule ! CQFD. «

». (3)

l’a vu précédemment, une connaissance intime du for intérieur des auteurs classiques et des personnages antiques ; le voici, littéralement, dans le secret des dieux ! Ainsi, Diviciac «

». (5) Pour résumer la situation : Diviciac est un menteur ; César le propagandiste et le retors Cicéron font passer pour contemporaine une description de la société gauloise qu’ils ont tous deux « pompée » sur Poséidonios, lequel, des décennies plus tôt, mêlait à ses enquêtes bien réelles sur le terrain des informations piochées dans des textes antérieurs datant parfois de plusieurs siècles… Un enchaînement aussi échevelé paraît peu plausible, mais cela ne prouve pas, toutefois, qu’il soit impossible. Du coup, Jean-Louis Brunaux, historien désabusé par ses sources, décide d’y aller de sa propre version. Dans Les Gaulois, il distingue trois périodes, d’après les restes matériels des pratiques cultuelles en Gaule : la plus ancienne est une sorte de préhistoire où cohabitent des pratiques magico-religieuses populaires et une première forme de culte organisé. Puis, entre le Ve et le IIe siècle, ont lieu le développement et l’hégémonie du druidisme. Puis, juste après cet apogée, le brutal déclin du druidisme et l’influence de la religion romaine et de son panthéon.

Ce déclin, il le situe après l’invasion des Cimbres et des Teutons, qui a dû réduire la représentativité des druides aux assises du pays carnute ; cela semble une raison un peu maigre pour un tel retournement de situation car, selon cette hypothèPage 14


se, le déclin advient dans la foulée de l’apogée ! En tous cas, d’après lui, le druidisme ne survit pas aux menaces germaines, et la fourchette qu’il propose pour cette sortie de scène va de -120 à -70 : d’ailleurs, la preuve en est que si, dans la partie ethnographique de La Guerre des Gaules, les druides sont omniprésents, ils sont absents du reste de l’ouvrage ! L’auteur, qui a en César une confiance confondante, suppose que c’est parce qu’entre Poséidonios et César, l’institution druidique s’est effondrée. Avec la conquête, les derniers garants de l’authenticité des doctrines sont évanouis dans la nature : « nous dit Brunaux, mystérieusement informé

». (6)

». (9)

La

guerre des Gaules dans une version « On achève bien les chevaux » !

Comme

il le faisait dans Les Celtes, Brunaux dénonce le manque de fiabilité des textes classiques, pourtant abondamment cités, et les erreurs des autres spécialistes du sujet, avec lesquels il est immanquablement en désaccord ; ici, par exemple, Vendryes, « g » qui, dans La religion des Celtes note « ». Dans Les Druides, Brunaux joue sur les siècles comme il joue dans Les Celtes sur les frontières de la Celtique, fixe de nouveaux critères qui lui sont spécifiques et, ici comme là, dénonce une imposture : si l’on parle encore de druides en Gaule, après la conquête, il ne s’agit forcément que de « ».

En tous cas, il décide d’utiliser Diviciac comme Cependant, de nombreux auteurs classiques contisymbole et comme pivot historique : « ». (7) Et, chez les Eduens, qui sont « », (ce qui équivaut, pour l’auteur, à pro-Romains) : «

nuent de mentionner les druides au Ier siècle de notre ère et au-delà, même si leur situation s’est considérablement dégradée. C’est le cas de Pline, Tacite et Lucain dont les textes, assez courts « », s’expliquent sans doute par le fait que «

». (8). Parce que, cela n’échappe à personne, cette datation a le mérite, contrairement à l’idée communément admise, d’exonérer Rome de toute responsabilité dans la disparition du druidisme : «

» : Pline est né à Côme dans l’ancienne Cisalpine, Lucain en Espagne à Cordoue et Tacite en Italie transpadane ou, peut-être même, en Narbonnaise. «

». (10) Ils ne sont donc pas romains « de souche » ! A propos de Tacite, qui, comme les autres, décrit des druides à une période où Brunaux n’en admet pas, il remarque : Page 15


« ». (13)

Pline l’Ancien – « » – dans son Histoire naturelle (vol. 30) affirme que ce n’est qu’avec le principat de Tibère que «

». (11)

La rapidité du déclin des druides diffère selon les

» ; Brunaux commente : «

régions : «

» (14). Puis, continuet-il, non sans mauvaise foi, que veut dire Pline par « » ?, puisque, d’après Suétone, Claude devra avoir recours à de nouvelles mesures pour « » la religion des druides qui, sous Auguste, n’avait été interdite qu’aux seuls citoyens ? « » (12).

? (…) » (15)

Dans une métaphore de la seconde guerre mon-

Ce qui embarrasse notamment l’auteur, ce sont les textes de Pline l’Ancien et de Suétone, au début de notre ère, qui mentionnent qu’Auguste interdit le druidisme aux citoyens romains, que Tibère, puis Claude, par décret, font interdire les pratiques druidiques. Pourquoi trois empereurs se seraient-ils à ce point soucié d’une religion déjà disparue ? Brunaux commence par contester. Dans sa Vie des douze Césars (vol.V), Suétone note que l’empereur Claude « ». Notre auteur trouve cette assertion « ». Il considère que, lorsque Suétone dit « », il veut seulement parler du culte public gaulois, mais il doit ajouter : «

diale, Brunaux précise que la Gaule était, alors, « » et évoque la « » des Gaulois. Le moins qu’on puisse dire est que l’extrême bienveillance qu’il manifeste pour l’occupant ne l’aurait pas naturellement porté vers l’armée des ombres : «

» (16)

Le choix du mot «

» est savoureux mais tout à fait assumé par l’auteur qui, ailleurs, remarque : «

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«

» et il conclut sur cette phrase qui laisse pantois : «

» (17)

Voilà pour Auguste et Tibère

»

! Quant à Claude :

«

(20)

Dans l’histoire que nous raconte Brunaux, il est difficile de savoir si les Gaulois sont pressés d’échapper à l’emprise du druidisme ou toujours attachés à leurs druides et comment ces derniers incarnent encore les valeurs celtiques en un temps où, d’après l’auteur, ils ont disparu de la circulation, au point que César Jules n’a pu en rencontrer aucun. Il insiste sur le fait que la conquête romaine n’a pas impliqué d’acculturation, parce qu’il ne restait alors pas grand-chose de la culture gauloise et que la Gaule était travaillée par le désir de devenir romaine. Son ouvrage sur L’Univers spirituel des Gaulois s’achève d’ailleurs sur ces mots : « ». Dans Les Gaulois, pourtant, Brunaux notait que «

» (18).

» : le désir de devenir romain n’était donc pas si général que ça ! Pris dans l’enthousiasme de son constant hommage à Rome, l’auteur ajoute qu’«

D’après lui, les Gaulois trouvent très séduisants les nouveaux dieux romains : ils peuvent enfin voir «

» (19). Il faut croire qu’ils ont oublié le rire de Brennus à Delphes ! Mais ces Gaulois sont décidément versatiles : des décennies avant la guerre des Gaules, ils étaient las de la métaphysique panthéiste et abstraite des druides et rêvaient des représentations anthropomorphes de Mercure. Et puis…

» (21), ce qui vient contredire l’idée que rien ne s’est transmis de la Gaule antique… Mais, on l’a vu, Brunaux ne déteste pas les contradictions. Il peut, à propos de la Gaule d’avant la conquête, parler de « » (22) et, ailleurs, écrire : «

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» (23)

Des textes latins relatent que des druides auraient lutté, plus ou moins ouvertement, contre Rome, que d’autres auraient assuré un enseignement dans la clandestinité, pendant toute la durée de l’empire. On raconte qu’après s’être réfugiés dans les îles britanniques, les druides gaulois se seraient rendus chez les Pictes, au-delà du mur d’Hadrien, puis dans la lointaine Irlande. Brunaux n’y croit pas une seconde : «

que. Ce glissement, de la philosophie et de la théologie vers le politique, pourrait sembler logique mais, dans le cadre de la « théocratie » qu’installe, d’après Brunaux, le druidisme, quel bénéfice y aurait-il eu à devenir vergobret ? Une autre des raisons invoquées, plus plausible, est que, via le rapide développement du commerce, l’institution druidique a souffert de l’influence grandissante de Rome sur la société gauloise. Enfin, il y a cette hypothèse chargée d’angélisme : le druidisme , durant le deuxième âge du fer, a fait passer la Gaule d’un culte privé, réservé aux chefs et aux grands propriétaires qui jouissaient de tombes « princières » (les tombes à chars du Hallstatt, par exemple Vix), à un état plus « démocratique » avec un culte public qui s’adressait à tous, dans de grands sanctuaires, avec des cimetières aux nombreuses tombes modestes, avec une justice rendue par les druides et non plus par les rois etc. ; à un stade de cette évolution, qu’ils avaient voulue et mise en œuvre, les druides auraient réalisé que leur autorité devenait désormais un obstacle à cette marche vers le progrès social et la liberté individuelle ; aussi l’institution druidique se serait-elle, en quelque sorte, auto-dissoute (entre nous, au pire moment qui soit, entre les Cimbres, les Teutons, les Germains, et Rome dont le pied s’était déjà largement introduit dans la porte entrouverte). Brunaux paraît parfois idéaliser les druides : «

». (24)

Notons qu’il ne s’est pas écoulé tant de siècles avant que les prophéties de ces Cassandres ne se réalisent ! Les raisons qui, selon Brunaux, expliquent le déclin des druides sont assez discutables ; par exemple : si les druides influencent fortement l’aristocratie et les chefs de guerre, leur abstraction métaphysique est trop intellectuelle et trop rationnelle pour des individus qu’ils n’ont pas formés, à savoir le peuple, frustré, entre autres, par l’interdit de la représentation divine. Ou bien : comme les pythagoriciens, les druides ont un projet politique : », « « » leur imposent un devoir moral ; ils développent une éthique. A force de vouloir rendre le monde meilleur, ils finissent, comme Diviciac, par choisir d’occuper une position politi-

» (D333).

Le fait qu’ils soient exemptés du service militaire et

qu’ils occupent une fonction de diplomates ne fait pas des druides des non-violents, convaincus de ». Brunaux prétend « que, dans la triade druidique rapportée par Diogène Laërce et qui énumère les règles de base : « », chaque élément concerne une classe de la société trifonctionnelle. Tout le monde doit honorer les dieux mais seuls les guerriers doivent Page 18


s’exercer à la bravoure et seuls les druides doivent ne pas faire le mal (on peut préférer traduire par « »). Il serait surprenant qu’une civilisation guerrière considère que tuer un homme à la guerre, c’est faire le mal... Même dans le christianisme, qui peut présenter un dieu de miséricorde, on a vu des membres du clergé prendre les armes (dès le Ve siècle, où Martin, évêque de Cyrène, et Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont, défendent, les armes à la main, l’empire romain menacé d’effondrement et jusqu’à aujourd’hui).

Pour Strabon, «

ovates)

».

Pour Diodore « les Gaulois

Il convient aussi de rappeler que Jean-Louis Brunaux, même s’il veut faire une « », dispose strictement du même corpus d’écrits classiques que ses confrères et que ses prédécesseurs. De même, son activité d’archéologue l’amène, lors des fouilles qu’il dirige, à des découvertes matérielles qui lui donnent des indications, des informations, qu’il est réduit à interpréter de son mieux. Enfin, lui-même, en reconstituant les étapes de l’emprise des druides sur la société gauloise, précise que ce qu’on ignore, c’est la durée de chacune de ces étapes : « .» (26). Cela relativise toute chronologie précise !

. Mais dans un fragment de Poséidonios, recopié par Athénée, un barde est décrit comme un parasite… Brunaux en déduit aussitôt que cette époque marque la fin des bardes. Et des vates aussi ! La preuve ? « César

Les fonctions des druides

Les

fonctions des druides constituent un autre point de désaccord entre les auteurs latins et Brunaux. César note que « ». Comme Amédée Thierry (et d‘autres) avant lui, Jean-Louis Brunaux considère que cette religion est le produit de la superposition de deux niveaux distincts, correspondant à des états successifs, dont le premier s’est partiellement fondu dans le suivant. Le plus ancien est un polythéisme très influencé par le culte des puissances naturelles et visibles (le soleil, les forêts, les sources…). Il est l’héritier direct des croyances préhistoriques. Le second est une forme de panthéisme diffusée par les druides selon laquelle la puissance divine est présente dans l’ensemble de l’univers. Les Grecs, eux, qualifient les druides de philosophes ou de théologiens « » (27) Page 19

» (28)


Les historiens latins tiennent pourtant à classer les druides avec les vates et les bardes. Pour être honnête, énumérer ces trois catégories comme étant à part ne revient pas nécessairement à faire des bardes et des ovates des classes druidiques. Brunaux s’oppose avec virulence à la conception du druide-prêtre : lorsque César dit que « les Gaulois », cela ne signifie pas, pour Brunaux, que le druide remplit la fonction de prêtre : ce sont les vates qui exécutent les sacrifices, peut-être en présence d’un druide, en tout cas, tergiverse-t-il, avec son accord. Quand César précise que les druides ont la charge du culte, de toutes les fêtes religieuses et des sacrifices, il «

». (29)

Selon

l’auteur, les druides ont bien affaire à la religion, mais parmi d’autres préoccupations, alors que Poséidonios et ceux qui s’inspirent de ses écrits laissent entendre qu’ils la contrôlent. Pour Brunaux, dès le départ, leur qualité d’astronomes fait des druides des prédicateurs scientifiques. Ils réalisent le calendrier : les dates remarquables vont devenir des fêtes. Les druides peuvent rattacher des cérémonies religieuses aux événements astraux. Puis, grâce à leurs compétences de géomètres, ils vont réaliser des lieux de cultes pérennes, monumentaux, liés à la marche des astres. «

» (30) Mais aux IVe et IIIe siècles, ces lieux de culte de grande dimension se sont multipliés dans le Nord de la Gaule, permettant un véritable culte public ou d’état, liant étroitement affaires religieuses et affaires publiques. Les données de l’archéologie permettent d’affirmer que les druides ont organisé ce culte public et fait disparaître certaines formes privées de religion. La création et le formidable développement de ces sanctuaires leur reviennent clairement «

» Leurs fonctions ne s’arrêtent pas là : «

» (31). Théocratie est un mot fort !

Comme

les pythagoriciens, résume l’auteur, les druides proscrivent toute forme de représentation divine, portent des toges blanches et célèbrent la pureté, s’intéressent fort aux nombres, délivrent un enseignement exclusivement oral et forment leurs disciples d’étape en étape. Leur savoir et leur rationalité les opposent d’emblée au savoir, immédiatement accessible par l’intuition et la transe, des bardes et des ovates, avec lesquels ils entrent très vite en rivalité. Pour schématiser, les druides qui pratiquent la divination par les nombres et par les astres tiennent en piètre estime les vates qui lisent dans les viscères d’animaux. Dans le passé, des « proto-druides » réunissaient toutes ces fonctions: «

» (32)

On est en droit de trouver ce dernier point vaguement spécieux : si le titre des druides avait dû expressément énumérer toutes leurs fonctions, ç’aurait été un mot à multiples tiroirs ! L’auteur ajoute un autre argument discutable : «

» (33)

Si l’on suit bien son idée, les druides décident des

occasions, des lieux, du public devant lequel on sacrifie le mouton, et la cérémonie doit s’effectuer en leur présence mais ils n’égorgent pas eux-mêmes Page 20


le mouton ; donc, il n’y a pas de religion druidique. Leur activité de théologiens confine à la « théocratie » mais il n’y a pas de religion druidique ! C’est comme avec la frontière septentrionale de la Celtique ou la datation de la disparition des druides, on a d’abord l’impression que l’auteur pinaille excessivement sur un point de détail jusqu’à ce qu’on en saisisse les implications. Ces sacrifices sont « ». C’est une formulation assez étonnante : on aurait mieux compris « », par exemple, mais il est important pour Brunaux de dissocier les druides de la religion gauloise. Aussi, non seulement ses druides n’ont pas partie liée avec les bardes et les vates, mais ils les combattent et souhaitent leur disparition. Ils réussissent à écarter les bardes du jeu politique en se consacrant au sort des guerriers et en leur accordant une place originale dans leur conception de l’au-delà mais « » (34)

» (35)

Bien sûr, certains druides gaulois ont pu se réfugier en Bretagne après la conquête de la Gaule et, de là, constituer des collèges fermés, «

» (35). Ils ignorent manifestement ce qu’affirme parfois Jean-Louis Brunaux : qu’ils n’ont plus, à cette date, d’homologue sur le continent ! D’ailleurs, les druides de Bretagne sont, eux aussi, en voie de disparition. A propos des druides de Mona que décrit Tacite dans ses Annales (XIV, 29), l’auteur remarque qu’«

L’origine du druidisme

D’après

César, on pense que la doctrine des druides a été découverte dans l’île de Bretagne et que, de là, elle a été apportée en Gaule ; Brunaux s’étrangle – et pourtant, c’est César ! Il émet alors une supposition peu plausible : César reproduit probablement là une information de Poséidonios, qui n’aurait évoqué la croyance en cette origine que pour la mettre en doute, comme il le faisait souvent, et César, étourdi, n’aurait conservé que la première partie de l’exposé ! On peut trouver plus pertinente une autre hypothèse de l’auteur : les idées diffusées par les druides ont en fait gagné la Bretagne en même temps qu’un grand nombre de Celtes belges lors de leur migration à la fin du IVe et au début du IIIe siècles. Mais, comme souvent, l’auteur va plus loin : les Celtes qui se sont installés en Bretagne sont des branches des peuples Belges du Nord de la Gaule, Atrébates, Catuvellauni, Parisii… «

» (36)

Puis, conclut Brunaux

: « ». Quant

à l’Irlande, «

» (37) Ce n’est pas du chauvinisme, parce que Brunaux peut être aussi désobligeant avec les Gaulois Belges ; c’est que, quel que soit le degré de celticité, ce qui importe, pour le druidisme comme pour le reste, c’est la proximité de Rome et de la Grèce ! « » (38) s’interroge ingénument Brunaux. On lui répondrait bien : parce qu’il y a, après tout, de bonnes chances pour que ce soit des druides qui aient influencé Pythagore ! Mais il continue :

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«

». (39)

D’après lui, Dumézil, en comparant des mythes gaulois de l’Antiquité et irlandais du Moyen-Age, semble croire que les mêmes dieux se sont perpétués pendant mille ans en s’accompagnant de cultes plus ou moins inchangés, nécessitant la même organisation sacerdotale. «

» (40). Brunaux, comme dans Les Celtes, pêche par excès inverse, en passant sous silence les échos évidents entre Lugos et Lugh, entre Ogmios et Ogma, entre « druide » et « drui ».

Tout comme il énumérait quatre sortes de Celtes, il liste trois sortes de druides : le druide historique (gaulois), le druide littéraire (mythologie irlandaise) et le druide mythique (contemporain). Que l’objet de son étude soit les Celtes ou les Druides, il finit toujours par tenter de le déréaliser en le qualifiant de « ». C’est un joker qu’il sort régulièrement. Le premier chapitre de son livre s’intitule « », démontrant qu’il ne réserve pas ce traitement aux seuls druides contemporains. Endossant dès l’introduction le costume de « » qui séduit tant les média, il affirme : «

» (41).

Le titre de son livre pourrait être

n’est pas, dans l’Antiquité, aussi agressivement insultant qu’aujourd’hui, est une onomatopée, un borborygme évoquant les sons discordants des langages non hellénistiques ; on y retrouve les mêmes arrière-pensées condescendantes que dans le verbe français « baragouiner ». Pour Brunaux, les druides sont l’expression même de l’influence grecque en Gaule. S’ils sont inconcevables en Irlande, moyennement convaincants en Bretagne et chez les Gaulois Belges, c’est que les druides de Brunaux sont des philosophes grecs, plus royalistes que le roi, d’un rationalisme à tout crin qu’insupportent bardes et vates.

Lorsque l’auteur adopte une vision plus modérée des choses, plus raisonnable, nous pouvons tomber d’accord avec lui : «

» (42)

Disons que les druides sont celtes, que les mages sont perses, que les gymnosophistes sont indiens, que les pythagoriciens sont grecs et que la sagesse est universelle !

Les druides modernes A la fin du XVIIe et durant le XVIIIe siècle, les scientifiques et les philosophes, qui se heurtent encore à une censure entretenue par le pouvoir royal, se réfugient dans des cercles fermés, des sociétés secrètes. Ainsi, à Oxford, John Aubrey et d’autres créent le « Mont Haemus » où, parmi d’autres préoccupations, on se passionne pour les anciens druides. En 1716, John Toland lance un appel aux druides d’Angleterre, d’Irlande et de Bretagne afin de fédérer les « bosquets » déjà existants, en leur donnant une perspective philosophique et panthéiste. Il crée le Druid Order. L’un des successeurs de Toland n’est autre que le poète William Blake, qui dirige l’Ordre de 1799 à sa mort en 1827. Comme les textes classiques mentionnent, à côté des druides, les bardes et les vates, les ordres dits néo-druidiques intègrent ces trois niveaux : bardes, ovates et druides. En 1781, Henry Hurle fonde l’Ancient Druid Order. En 1792, Edward Williams, plus connu sous son nom

Les Druides, tout simplement. Ce terme est précis et gaulois mais c’est dans son sous-titre que Brunaux donne sa perspective : des philosophes chez les barbares ; deux mots étymologiquement grecs. Barbaros, qui Page 22


de druide, Iolo Morganwg, crée la Gorsedd des bardes de l’île de Bretagne, qui a pour but de restaurer une vieille tradition galloise médiévale, l’Eisteddfod. En 1899 est créée la Gorsedd de Bretagne (continentale). Certains spécialistes de la Celtique antique (Brunaux, évidemment, mais, aussi bien, Leroux et Guyonvarc’h qu’il n’apprécie guère) refusent qu’on applique l’appellation « druidique » à l’époque moderne. L’auteur nie toute continuité entre les druides de l’Antiquité, les druides irlandais, les bardes gallois médiévaux, la renaissance druidique du début du XVIIIe siècle. En France, selon lui, les druidisants veulent montrer à tous que, «

» (43). Les historiens les plus populaires, Michelet, Lavisse, Jullian «

» (43)

Pour la période contemporaine, Brunaux ne fait appel à aucune source et, dans sa bibliographie, ne se réfère à aucun ouvrage, considérant sans doute que le sujet n’en est pas un. C’est commode : notant que les partisans du panceltisme convoquent les druides comme « » (44) et, en cela, leur font jouer un rôle majeur dans le mouvement, il ajoute qu’Henri Hubert (qui est le premier à utiliser le terme « ») « » (45) et que, si Hubert prenait grand soin de parler de « », certains à sa suite écriront « » (45). «

». (46)

Voilà de nouveau qu’affleurent les complots et les relents extrême-droitiers (néo-fascistes ou néo-nazis) péniblement obsessionnels chez Jean-Louis Brunaux. Il déclare que l’activité savante des druides a été « ». (47) C’est indéniable, hélas : certains druides ont pris des positions révoltantes durant la première moitié du XXe siècle. Pendant la guerre, un archidruide a dû mettre sa clairière en sommeil parce que deux des druides de son Ordre avaient appelé à la collaboration ; à la libération, le grand druide Taldir de la Gorsedd de Bretagne a été accusé de collaboration et condamné à de la prison avant d’être gracié quelques mois plus tard. Mais sur combien de collaborateurs ? Et sur combien de druides ? Ce phénomène est resté très minoritaire ; des reproches similaires ont pu être adressés à l’Eglise, et il n’était d’ailleurs pas nécessaire d’appartenir à une chapelle pour collaborer ou faire preuve d’antisémitisme. Même aujourd’hui, on peut trouver sur certains forums celtiques des réflexions racistes et discriminantes ; c’est navrant, mais c’est rare, et on n’en trouve pas davantage que sur des forums non celtiques. On ne va pas reprocher à Brunaux de dénoncer la haine de l’autre et la prétention à une quelconque supériorité raciale : au contraire ! mais il néglige de préciser que ces idées circulent en France comme à l’étranger, et ceci, malheureusement, sur tous les continents ; laisser penser qu’elles sont, proportionnellement, plus représentatives des milieux celtisants / druidisants n’est pas honnête. Précisant lui-même dans Les Celtes que ces dérives radicales identitaires sont marginales et inoffensives, il fait cependant reposer sur elles toute son argumentation idéologique et feint de confondre le refus d’une suprématie romaine, à l’époque de la Guerre des Gaules, avec une volonté de vivre en vase clos, de manière quasiment

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consanguine. Cela le mène une fois de plus à dénoncer le fantasme d’une « » et ses conséquences racistes. Le concept de race est, scientifiquement, sujet à caution, le concept de race pure est absurde, le concept de race supérieure est stupide. La vie naît de l’hybridation ; une langue pure est une langue morte ! Il n’y a pas de civilisation pure. Il n’y a pas de Celtes génétiques, même si, sur Internet, on propose des tests ADN censés déterminer si on est celte ! La civilisation celtique, comme les autres, est ouverte et évolutive. L’archéologie ne cesse de mettre en lumière les multiples contacts culturels entretenus d’un bout de l’Europe à l’autre et au-delà. Mais il y a des apports extérieurs mieux acceptables que les armées romaines ! On peut se sentir des racines tout en étant accueillant, en sachant intégrer l’autre et s’adapter. Tout cela devrait aller sans dire. Mais, en matière de Celtes comme de druides contemporains, Jean-Louis Brunaux aime se cantonner à une grossière caricature. La posture de chevalier blanc qu’il adopte est intéressante chez quelqu’un qui, d’un livre à l’autre, s’enthousiasme, au nom de la civilisation, pour l’empire et l’impérialisme et décrit les peuples du Nord d’une manière à peine plus nuancée que G.R.R. Martin les sauvageons du Nord du mur dans Game of Thrones !

En

ce qui concerne l’Antiquité, on a vu que l’auteur cite beaucoup, le plus souvent pour conclure au manque de fiabilité des auteurs classiques : «

» (48) C’est ballot. D’autant que les auteurs en question les présentent comme bien vivants… Au lieu d’appuyer son argumentation sur ses citations, comme la plupart des historiens, Brunaux argumente MALGRE elles, ce qui lui vaut quelques acrobaties. Mais, en ce qui concerne notre époque, il travaille sans filet. Le seul ouvrage sur le druidisme contemporain qu’il semble avoir eu entre les mains est La Force des Celtes de Paco Rabanne. Comme il s’agit d’entretiens (du couturier qui annonça la fin du monde pour 2012 et dont seul le nom figure sur la couverture, c’est vrai, ce n’est

pas de chance !) avec Philip Carr Gomm, on s’étonne que cette lecture n’ait pas rectifié certains de ses clichés sur le druidisme ; c’est qu’il ne l’a pas ouvert : «

du druidisme ». Philip expose pourtant clairement sa position sur les dérives nationalistes et racistes qui semblent tant préoccuper Brunaux, mais ce dernier ne la lit pas, parce qu’il n’est pas convaincu par la quatrième de couv ! « , ajoute-t-il dans une note de bas de page qui constitue son seul commentaire de l’ouvrage,

(48). Comme je suis à l’OBOD depuis belle lurette sans avoir jamais été sollicitée financièrement d’une manière ou d’une autre, cette note a éveillé ma curiosité, et je suis allée vérifier dans ma bibliothèque : dans l’édition de poche de la Force des Celtes, il n’y a rien qui puisse, de près ou de loin, s’apparenter à un appel aux dons.

Si Jean-Louis Brunaux vérifiait davantage ses affirmations, cela lui éviterait aussi d’écrire que le druidisme, qui a obtenu le statut de religion en 2010 au Royaume Uni (et, avant cela, en 2004 au Québec), est considéré en France comme une secte. Le site de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) se refuse à publier une liste de mouvements sectaires, mais énumère les dérives sectaires qui les caractérisent : déstabilisation mentale, exigences financières exorbitantes, rupture avec l’environnement d’origine, embrigadement des enfants, discours antisocial, atteintes à l’intégrité physique… Quant à la liste publiée en 1996 par le rapport parlementaire (Assemblée nationale), qui comprend Moon, la Scientologie, Raël, les Témoins de Jehovah, la Soka Gakkai, la Wicca et bien d’autres…, je n’ai trouvé que l’Ordre monastique d’Avallon qui, à sa création en 1970, était de filiation chrétienne orthodoxe et néo-druidique, qui a disparu en 1993 et dont le nom a été repris par un de ses fondateurs engagé dans la médecine alternative. En revanche, le nombre de sectes para-

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chrétiennes est important ! Il arrive à Jean-Louis Brunaux de prendre ses désirs pour des réalités et de présenter ses hypothèses comme des faits avérés.

Comme celui des Celtes, le ton des Druides est péremptoire ; il relève plus de l’essai que de l’étude scientifique et, éventuellement, plus de la reconstitution libre que de l’essai. Il est difficile de contredire l’auteur parce qu’à la vérité, il n’y a pas tant d’éléments qu’on connaisse avec certitude, concernant les druides. A partir de ces éléments, les historiens du XIXe siècle ont brodé à plaisir et peint avec emphase le monde gaulois, loin d’être parfait mais encore porteur d’une part d’innocence, l’épopée héroïque des guerriers rassemblés par Vercingétorix, victorieux à Gergovie, défaits à Alésia, à jamais emblématiques de la résistance à toute ingérence étrangère. Et les druides, ces sages, ces érudits, qui assuraient la liaison, collectaient des fonds, offraient au combat un supplément d’âme. A partir des mêmes éléments, le « roman » de Jean-Louis Brunaux fait entendre un autre son de cloche : des bourgeois enivrés par les bénéfices que fait miroiter le développement du commerce avec Rome, fascinés par la mode romaine (les monuments, les statues…) parce que Rome symbolise le pouvoir ; une population frustrée, lassée par une religion trop intellectualisée et trop interventionniste ; une terre fatiguée par les migrations, les invasions, les guerres ; des druides sous influence grecque , coupés du peuple, prêts à faire carrière dans la politique, pavant la voie romaine de la colonisation qui vient, « » !

(Histoire ; 8105), et, dans le dossier consacré dernièrement par la revue l’Archéologue à la religion celte : guerre et sanctuaires gaulois, il est responsable de deux des trois articles. Personne, aujourd’hui, à ma connaissance, n’a davantage publié que lui sur la religion gauloise. C’est dire à quel point, même sans tenir compte de sa valorisation médiatique, il est incontournable dans ce domaine. Il est préférable, à mon sens, d’avoir une vue générale sur son œuvre et d’en suivre l’évolution depuis sa première publication jusqu’à la plus récente, pour mieux débusquer les contradictions, se frayer un chemin entre les faits objectifs et ses interprétations personnelles, trop souvent cousues d’un fil blanc partisan. A ces conditions, ses livres peuvent se révéler très instructifs, par leur érudition, leur apport archéologique, mais aussi parce qu’ils ont le mérite de nous rappeler que, dans les domaines de l’Histoire et de l’archéologie, l’objectivité ne va pas de soi.

Notes :1 :D p.107 ;2 :D p.15 ;3 : D p.46 ;4 et 5:D p.316 ; 6 :D p.341 ;7 :D p.332 ;8 :D p.318 ;9 :D p.319 ;10 D p.47 ;11: D p.57;12 : D p.318;13 :D p.336 ;14 :D p.334 ;15 :D p.336 ;16 :G p.54 ;17 :D p.337 ;18 :D p.338 ;19 :D p.340 ;20 :D p.322 ;21 :G p.54 ;22 :USG p.9 ;23 :USG p.19 ;24 :D p.323 ;25:D p.333 ;26 :USG p.37 ;27 :D p.114 ;28 :D p.229 ;29 : D p.45 ;30 :USG p.38 ;31 :D p.253 ;32 :D p.143 ;33 :D p..255 ;34 :USG p.34 ;35 :D p.351 ;36 :D p.355 ;37 :D p.357 ;38 :D p.358 ;39 :D p.361 ;40 :D p.93 ;41 :D p.16 ;42 :D p.368 ;43 :D p.15-16 ;44 :D p.14 ; 45 :D p.15 ;46 :D p.322 ;47 :D p.18 ;48 :D p.322 ;49 :D p.74 C p.345

La même année, Brunaux publie un article tout à fait intéressant dans Religion et société en Gaule (Errance, 2006) : Religion et sanctuaires (sur les fouilles de Ribemont et Gournay), nettement plus modéré et argumenté, plus contrôlé, même s’il conserve les mêmes hypothèses chronologiques. Loin de ses emportements d’historien, qui s’emballe et parfois décolle carrément, l’archéologie ancre l’auteur dans le concret, l’arrime, l’oblige à, concrètement, toucher terre. Et tout le monde s’en trouve mieux ! Durant la seule année 2015, Brunaux a publié un ouvrage : L’Univers spirituel des Gaulois (Archéologie nouvelle), un Hors-série de la Documentation française : La Gaule : une redécouverte Page 25


Rebatir le dolmen Il était une fois, à flanc de colline dans une terre de Beauce, un petit dolmen. N’est-ce pas toujours comme ça que débutent les belles histoires, et cela depuis la nuit des temps [mais ces nuits-là, n’avaient-elle pas, tout comme aujourd’hui, autant de jours que de nuits ?]. En fait, ce n’était qu’un simple coffre à quatre côtés : des blocs de grés posés sur le côté et qui ont dû être cariés non loin de là. La structure était modeste, certes, bâtie par une communauté de cultivateurs non moins modeste, pour y déposer dignement leurs morts en assurant le leur passage vers les rives de l’AutreMonde.

Nous voici vers 2800 av. J.-C., à ce qui s’appelle le Néolithique final. À leur insu, bien sûr, dans un avenir proche une ère nouvelle verra le jour. Des peuples arrivant de l’est apporteraient avec eux la technologie du Bronze et, partant, des mœurs bien autres - richesses artistiques certes, mais classes sociales et surtout aussi... la guerre. Mais nos paysans paisibles étaient loin de pouvoir imaginer de pareils bouleversements.

Ce fut un archéologue local, Léon Petit, qui est « l’inventeur » officiel de notre dolmen, qui entre temps avait été baptisé du nom de « la Pierre Frite ». Celui-ci a fait l’objet de visites de la part de parisiens, venus meubler utilement, et intellectuellement, une dimanche à la campagne. Puis l’archéologue a fini par le fouiller sommairement vers 1928, pratiquant une tranchée le traversant de part en part. Ne trouvant rien de bien intéressant, il passa son chemin. Et le dolmen a retrouvé son existence paisible, vécue de moisson en moisson.

Et

les temps ont passé, et ont fait leur œuvre. Notre dolmen abandonné au milieu de ses champs a connu des fortunes diverses au fil des millénaires. Ses pierres ont été, pour certaines, basculées, éloignées, recouvertes de terre et de végétation. En somme, il a fallu attendre les 19° et 20° siècles pour que des « érudits » se mettent à s’intéresser à ces ouvrages frustes d’un autre âge, et non, comme parfois, d’en réutiliser les pierres à leur convenance.

L’archéologie, entre temps, a accompli bien des progrès. De chasses aux trésors, souvent, mais au fil des années, les objectifs des chercheurs ont foncièrement évolué. L’homme moderne a fini par s’attacher à comprendre. Comprendre ce qui s’est

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passé là, et quand, et qui a investi de tels efforts et pourquoi. Une technologie en évolution constante a fourni des outils précieux permettant d’apporter bien des réponses à ces questions, même si sur certaines zones d’ombre la voile ne sera sans doute jamais levée. Et, finalement, n’est-ce pas normal que les anciens conservent leur petite part de secret:?

Aussi, en 2001, une équipe d’une vingtaine de fouilleurs, étudiants pour la plupart, mais pas exclusivement, a entamé des campagnes de fouilles en période estivale, campagnes qui se sont succédées jusqu’en 2008. Ceci, bien sûr, sous un bon encadrement professionnel.

Pour protéger la fouille en cours, une grande tente a été érigée (remplacée hors période fouilles par une protection plus fruste mais plus durable).

Au fur et à mesure de l’avancement des travaux, les gros blocs de grès dont était bâti le dolmen ont été progressivement enlevés et mis de côté. Ce n’était pas une mince affaire, nécessitant l’intervention d’une grue. Il est devenu rapidement évident qu’un pavage, ou « blocage », avait été mis en place sur plusieurs mètres autour du monument. Visiblement, il s’agissait d’une aire d’activités et rendue nécessaire par la nature du sol, une terre glaise très collante lorsqu’elle est humide.

On identifiait par place des trous de poteaux, témoins de structures passagères de fonction inconnue. Tout ce blocage a été soigneusement fouillé. Il recélait de nombreux vestiges dont des fragments d’os, des outils et des éléments de parure. Cette couche a fini par être totalement démontée à la faveur de l’avancement des travaux, pour finir par laisser place nette.

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Pour ce qui est de l’emprise du dolmen lui-même, le contenu resté sur place était assez fruste. Ce n’est pas par hasard, mais ceci explique le peu d’intérêt que lui avait porté Léon Petit. La raison en est simple. Bien des éléments indiquent clairement que le dolmen aurait été tout simplement vidé de son contenu par la communauté dont il relevait, avant d’être remodelé, définitivement « condamné », puis abandonné. Quant aux « locataires », ils n’ont laissé guère de trace, ou si peu... Personne ne sait pourquoi, actuellement, mais c’est un phénomène souvent rencontrés durant cette période.

nation », alors que durant l’époque d’utilisation devait exister une couverture en matières facilement amovibles.

Déclarer que le dolmen était pour ainsi dire vide ne serait pas exact, pourtant. En geste ultime, les utilisateurs ont choisi de laisser un mini-ossuaire jouxtant une des orthostates et présentant une épaisseur de quelques dizaines de centimètres. C’est un témoignage difficile à pénétrer, mais émouvant.

Quant au bâti, une des pierres (ou orthostates), celle de l’est, a été basculée, une autre, celle du sud,

Ayant à l’issu des fouilles laissé une aire dépouillée

déplacée et couchée. La modification sans conteste la plus importante, et nécessitant un effort immense, c’est qu’une dalle de couverture massive a été mise en place sur le dessus, en guise de « condam-

de tout objet, ceci pour apprendre tout ce qui pouvait l’être, avec les moyens actuellement disponible, concernant ce modeste monument, notre équipe a pourtant tenu à en laisser un témoignage digne à l’intention des générations futures. Aussi le dolmen a-t-il été « rebâti ». Il a donc été remis en place sous la forme où les Néolithiques l’avaient laissé : dalle de couverture reposant sur trois orthostates, avec une couchée au sud. Quant à moi, pour en finir, j’ai tenu personnellement à mettre en place un dallage de petites plaquettes de calcaire, tout comme celui qu’il y avait eu à l’origine, afin de le meubler dignement.

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Le Monde est la Parure de Brahman-Uxellimon !

Ô Brahman-Uxellimon ! (1) Tout apparaît comme ta Parure, à celui qui voit l’essentiel, à celui qui ne voit que Toi !

Aucune Beauté n’est égale à ton Diadème ! La vie, la survie, la mort, la vie encore, encore et encore… Toujours la Vie !

Le regard de la biche au fond des bois, le bond de la gazelle dans la dune du désert, la langue gloutue du caméléon, sous son camouflage, les panégyriques des crapauds sages, entre eux ! (2)

Et puis… l’envol du corbeau, (3) qui va porter le message des activités des hommes, au Maître de la Formule !

Ô Quelle BEAUTÉ de la chose, à travers le regard cristallin de Ton OEIl Divin ! Vivance & Reliance de l’Ensemble !

Quelles larmes de sensibilité, quel dessein de ton règne fin, qui ne peut s’éteindre, ni s’étreindre, par les atteintes d’un fol instinct primate !

Dès lors, Tu as emplis mes yeux de Ton Amour, quand alors, plus ‘Rien’ ne pouvait me mordre !

Improvisation en fin d’un d’après-midi enSOIlleilé, Bretagne sud - 1er Juillet 2015

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Petit glossaire : 1 - Premier aspect de la Monade non-dualiste et non-monothéiste, dans la ‘Vivance poétique’, des Rishis védiques et des Druides antiques 2 - Référence au 103ème hymne du 7ème livre du RIG VEDA, intitulé le ‘Panégyrique des crapauds’ et qui assimile ceux-ci aux prêtres védiques 3 - Clin d’oeil à BRAN DU, l’oiseau intelligent et messager de LUGH

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Solstices Il est un bois vert et une clairière Où on allume les antiques feux. Ils ne sont ni pour les navigateurs du ciel Ni pour rôtir les viandes de festins

Mais pour l'accomplissement de l'amour Humain, conçu par les races celtes et saxonnes.

Il est aussi des jets de cailloux blancs Dans les ruisseaux et vers les falaises Qui portent les voeux des individus De tout le peuple

Mais pour l'accomplissement final de l'amour Divin, décrit dans l'Ecriture et l'Apocalypse.

Il est encore une fête près de l'autre solstice Où l'humain a servi le divin. Car c'est ainsi que le divin a voulu Servir les humains.

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Pa enne Du temps où la langue m’était familière Du temps ciselé et courbe comme un torque Du temps de la cavale sacrée et de Dana la Terre Du temps des pierres levées et du monde enchanté Du temps où l’arbre était un frère Du temps du barde Taliesin et de Myrdhin le sage Du temps des philtres d’herbes aux fêtes solsticiales Du temps où notre histoire n’était pas encore légendaire Ni bannie du réel ni étrangère au ciel de Dieu Du temps où nous avions la main Du passé dans ma chair Inscrit profond tel une écharde De la nostalgie bue depuis jusqu’à la lie Du massacre des druides sur l’île de Mona Du temps d’avant les voies romaines Et la vie à la petite semaine Montent l’appel poignant des carnyx Et les cris de ralliement et les chants fiers Du Tir na nOg au loin, les morts se dressent Et, par delà les mers de brume, nous invitent à danser.

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Benedictions Bennozh An Nenv hag an Douar ! Bennozh an Douar, Bennozh an Dour, Bennozh an Aer, Bennozh an Tan, Bennozh ar Oabrenn … AWEN … AWEN … AWEN …

Bénédictions de la Terre, Bénédictions de l’Eau, Bénédictions de l’Air, Bénédictions du Feu, Bénédictions de la Nwyvre … AWEN … AWEN … AWEN …

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Le Firmament Ces étoiles brillantes seront très épuisés quand les crayons d’un millier de mains trouvent reste. Elles trembleront en se levant d’un bain comme l’Ophélie de John Everett Millais.

Quand les chevalets avant la scène agreste se plient sur jambes de bois si fatiguées, ces étoiles, en train de faire le baisemain, fermeront les pages de notre Almageste.

Les feux d’airain du ciel s’éteindront certes enfin quand les artistes de Terre auront dessiné aux villes et aux champs leur modèles célestes qui seront devenus eux-mêmes les fusains.

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Les quatre joyaux A celui en quête de vérité par Lug et Ana il se laisse éclairer

Le grimoire du temps s’est ouvert et la voix de nos Ancêtres par delà les millénaires perce nos Âmes.

Les quatre talismans sont quatre joyaux de la sagesse. Ils sont l’emblème du mythe, ils transcrivent la vérité.

Par l’Epée de Nuada qui tranche les Fomoirés, il est dit que le courage représente le premier pas vers la paix.

Par la Pierre de Fâl qui se manifestera pour la royauté, il est dit que la vibration est premier principe de vie.

Par la Lance de Lug, qui tue et guérit, il est dit que la mort est premier pas vers la renaissance.

Par le Chaudron du Dagda, qui apporte abondance, il est dit que nos cœurs sont coupes de sagesse.

Là où soufflent les quatre vents, là où règnent les quatre Eléments, il est quatre joyaux. Pour quête qu’il faut trouver, au fond de nous il faut les démasquer.

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Hommage aux cheminants vrais et sinceres J'ai rêvé d'un Monde bleu. D'une source chantante Aux clapotis joyeux, Tout juste sortie du ventre D'une Déesse-Mère,

D'un Monde rougeoyant. D'un forgeron divin, D'un potier façonnant Un Monde étincelant, Où Lug à la Longue Main Veille sur nos destins.

J'ai rêvé d'un Monde blanc. Où règne la sagesse, Où prêtres et prêtresses Honorent les Dieux d’antan. Un monde de Lumière, D'Amour et de prières.

D'un Monde de nuit et d'ombre, Comme une grotte sombre, Domaine d'Andrasta. Des sorcières en sabbat, Par une Lune d'argent, Y tissent la Roue du Temps.

J'ai rêvé d'un Monde Celte, Souverain, tolérant. Aux Dieux et aux Déesses Régissant le vivant. De Druides fiers et droits Dans l'Awen et la foi.

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Je me suis réveillée A coup d'intolérance, D'égoïsme, de violence, Et ce monde m'a déçue. Les Celtes ne seraient plus Les Rois qu'ils ont été ?

Aurions-nous oublié La spiritualité ? Je veux croire que non Grâce à vous mes amis. Druides ré-enchantez Ce monde de folie.

Pour notre Tradition Reprenons le bâton Du sage, du Merlin. Que revienne l'harmonie, En spirales sans fin, Sur nos rêves, sur nos vies.

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Parfois un dieu sauvage . . . Parfois un dieu sauvage s’invite à ta table Il est maladroit et ne connaît pas les bonnes manières De la porcelaine, de la fourchette, de la moutarde et de l’argent Sa voix tourne le vin en vinaigre.

Lorsque le dieu sauvage arrivera à la porte Tu le craindras probablement Il te rappelle quelque chose de sombre Que tu as peut-être rêvé Ou un secret que tu ne souhaites pas voir partagé.

Il ne sonnera pas à ta porte Il grattera plutôt de ses doigts Laissant du sang sur la peinture Bien que les primevères poussent En cercle autour de ses pieds.

Tu n’as pas envie de le laisser entrer Tu es très occupé Il est tard, ou tôt et d’ailleurs… Tu ne peux pas le regarder dans les yeux Parce qu’il te donne envie de pleurer.

Le chien aboie Le dieu sauvage sourit Tend la main vers lui Le chien lèche ses blessures Et le conduit à l’intérieur.

Le dieu sauvage se tient dans ta cuisine Le lierre envahit ton buffet Le gui a migré sous les abat-jours Et les roitelets se sont mis à chanter Une vieille chanson dans le bec de la bouilloire.

Je n’ai pas grand-chose, dis-tu Et tu lui donnes la pire nourriture que tu aies Il s’assied à la table, saignant Page 38


Il tousse des renards Il y a des loutres dans ses yeux.

Lorsque ta femme, depuis l’étage, t’appelle Tu fermes la porte et Tu lui dis que tout va bien Tu ne la laisses pas voir L’étrange invité à ta table.

Le dieu sauvage demande du whisky Et tu lui verses un verre Puis te verses un verre Trois serpents commencent à nicher Dans ton larynx. Tu tousses.

Tu tousses de nouveau, Expectores les serpents et Coupes le whisky avec de l’eau En te demandant comment tu es devenu si vieux Et où s’en est allée ta passion.

Le dieu sauvage attrape un sac Fait de peau de taupe et de rossignol Il en tire une flûte à deux anches Hausse un sourcil Et tous les oiseaux se mettent à chanter

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Le renard bondit dans tes yeux Des loutres surgissent des ténèbres Les serpents ruissellent à travers ton corps Ton chien hurle et en haut Ta femme exulte et pleure à la fois.

Le dieu sauvage danse avec ton chien Tu danses avec les moineaux Un cerf blanc prend un tabouret Et brame des hymnes aux enchantements Un pélican saute de chaise en chaise.

Au loin des guerriers sortent de leur tombeau L’ancien or pousse comme l’herbe dans les champs Tout le monde rêve les paroles de chansons depuis longtemps oubliées Les collines en résonnent et les pierres grises retentissent De rire et de folie et de douleur

Au milieu de la danse La maison décolle de terre Les nuages grimpent par les fenêtres La foudre martèle la table de son poing La lune se penche à l’intérieur par la fenêtre.

Le dieu sauvage désigne ton flanc Tu saignes abondamment Cela fait longtemps que tu saignes Peut-être bien depuis que tu es né Il y a un ours dans la blessure. « Pourquoi m’as-tu abandonné à la mort ? » Demande le dieu sauvage et tu dis « J’étais occupé à survivre Tous les magasins étaient fermés Je ne savais pas quoi faire. Je suis désolé »

Ecoute-les Le renard dans ta gorge et Les serpents dans tes bras et Le roitelet et le moineau et le cerf… Les grandes bêtes innommables Dans ton foie et tes reins et ton cœur…

Il y a une symphonie de hurlements Une cacophonie de désaccord Le dieu sauvage hoche la tête et Page 40


Tu te réveilles sur le plancher, à la main un couteau Une bouteille et une poignée de fourrure noire.

Ton chien est endormi sur la table Ta femme s’agite, loin en haut Tes joues sont humides de larmes Ta bouche est meurtrie d’avoir tant ri et crié Un ours noir est assis près du feu.

Parfois un dieu sauvage s’invite à ta table Il est maladroit et ne connaît pas les bonnes manières De la porcelaine, de la fourchette, de la moutarde et de l’argent. Sa voix tourne le vin en vinaigre Et ramène les morts à la vie.

Site web : https://coyopa.wordpress.com/

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Le Dragon de l'Elorn Les histoires de dragons, gardiens de trésors ou Neventorius demanda à Elorn les causes de son terreurs d'une région et qu'auraient vaincus les saints et les chevaliers, sont nombreuses en Bretagne. Sans parler du Morault dont triompha Tristan, du dragon que Gildas enchaîna lors de son arrivée dans la presqu'île de Rhuys ; de celui que combattit Arthur et que terrassa Efflam ; du monstre à neuf têtes, qui habitait la grotte de Saint-Marc à Belle-Isle-enMer ; des serpents que noyèrent Tugdual de Tréguier et saint Pol de Léon, voici le récit type pourrait-on dire, d'un combat livré et d'une victoire remportée sur l'un de ces monstres sans doute imaginaires, mais qui pouvaient être aussi les derniers représentants des grands sauriens disparus.

acte désespéré et celui-ci lui répondit : «

Deux chevaliers, Neventorius et Derrien, chevauchaient le long de la rivière de Dour-Doun, entre Pont-Christ et le château de Roch Morvan, dont les ruines imposantes se voient encore, à côté d'une délicieuse église, toute proche de la station même de la Roche-Maurice, un peu avant d'arriver à Landerneau.

Tout à coup, Neventorius et Derrien aperçurent, entre les créneaux d'une des tours, le seigneur de Roch-Morvan qui se nommait Elorn. Ils le virent enjamber le parapet et se précipiter dans la rivière qui coulait au pied même du rocher, sur lequel était bâti son castel. C'est depuis que cette rivière a changé son nom de Dour-Doun (eau profonde) pour celui d'Elorn.

Les deux chevaliers, à toute bride, se portèrent au secours du malheureux seigneur. Ils le tirèrent, quelque peu blessé, hors de l'eau et le transportèrent dans sa demeure.

»

Le seigneur Elorn était païen. Neventorius et Derrien lui promirent, s'il se convertissait et s'engageait à construire une église sur ses terres, qu'ils le délivreraient à tout jamais de son dangereux voisin. Elorn leur donna l'assurance qu'il se sentait tout prêt à partager leur foi.

Les deux chevaliers se rendirent à la caverne du dragon. Ils lui firent, au nom du Christ, commandement de paraître. Le monstre sortit et son sifflement effroyable jeta l'épouvante parmi les assistants. Il était long de cinq toises et gros par le corps comme un cheval ; sa tête ressemblait à celle d'un coq gigantesque, son corps était cuirassé de dures écailles qui se hérissaient, sa gueule s'ouvrait si grande que, d'une seule bouchée, il avalait une brebis, ses yeux lançaient des éclairs qui tuaient les oiseaux et les enfants. A sa vue, Derrien mit Pied à terre. Son cheval pris de peur, s'échappa et courut à toute bride à travers le pays.

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Neventorius et Derrien, sans hésiter, s'avancèrent

commandèrent au dragon de se jeter dans la mer. au devant du dragon qui, n'osant plus bouger, se Ce qu'il fit. Depuis, ce port s'est appelé Poulbeunlaissa approcher et passer un licol. L'enfant Riek le zual, c'est-à-dire port où fut noyée la bête, nom qu'il porte encore, en la commune de Plounéour-Trez. prit alors par la bride et le conduisit au château.

Les chevaliers et le comte Elorn se rendirent chez le Bristokus avec leur capture, puis à Tolente où habitait le prince Jugomus, et, enfin en un havre voisin où leur navire se trouvait à l'ancre. Là, ils

‘Légendes traditionnelles de la Bretagne’ Page 35, Coop Breizh éditeurs

Dessin extrait de : La Roche - 9 siécles d’histoire - R.Braz/P.Kernevez

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Dragon

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Entendu en passant dans un salon de tatouage Menhir 1

entièrement recouvert, pas une place de libre. Des arcs concentriques à ne plus finir.

: On ne te voit pas bien souvent dans ce secteur. Qu’est-ce qui t’amène ?

Menhir 2

: Ce sont leurs couleurs. J’sais pas c’que tu trouves, mais pour moi, leurs couleurs ne tiennent pas trop. J’dois sans cesse revenir donner un coup d’éclat.

Menhir 1

: Là, j’suis d‘accord. Faut qu’on leur touche un mot entre quat’ zyeux. Et au prix qu’ça coûte...

Menhir 1

: D’un douteux, leur goût - pure ostentation. Mais ce sont des marins, quoi. Faut pas s’étonner.

Menhir 2

: De plus, ça doit valoir la pierre des f... Sans compter l’entretien.

Menhir 1

: Et le clou, tu sais quoi ? Y’en a d’autres qui ne sont même pas de vrais mecs. Ils s’font faire, - j’te donne en mille, - une paire de seins !

Menhir 2

: De plus, j’en rajoute pas. Que « Maman » sur mon cœur. Et une petite hache polie emmanchée sur chaque épaulement.

Menhir 2

: Et pire, ça s’arrête pas toujours là. Ils (elles ?) poussent le mauvais goût jusqu’à en rajouter toute une série...

Menhir 1

: Moi n’en plus. Je reste dans la sobriété... et dans le classique.

Menhir 1

Menhir 2

: J’comprends pas certains. J’en connais, qui logent du côté de Gavrinis. Le corps

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: On s’demande. Qu’inventeront-ils encore pour se faire mousser ? L’écriture ? Non mais !


Ar rannou

- La serie du Druide et de l’enfant Une fois leur flotte détruite, les Celtes n'avaient plus les moyens de lutter et se rendirent. César, vainqueur, fit alors exécuter tous les membres du Sénat vénète ; le reste de la population fut déporté et réduit en esclavage.

D

D

D Selon La Villemarqué, avec les dix vaisseaux ennemis arrivant de Nantes dans la capitale des Vénètes, pour le malheur des habitants, nous semblons quitter le domaine de la mythologie pour entrer dans celui de l’histoire.

Selon notre étude, le symbole du Dix correspond

O E

D

à la Fin et au retour au centre du Un, un nouveau point de départ. Nous voici indubitablement dans un épisode de la Guerre des Gaules qui a vu la Selon La Villemarqué, les onze Bélek, ou Prêtres, défaite des Vénètes. César se rend vite compte que débris de trois cents, qui reviennent de Vannes, où les sièges sont vains et décide de mener une bataille ils ont été vaincus, comme l’atteste leur bâton de navale. La flotte romaine, commandée par Junius coudrier, symbole celtique de la défaite ? Mais Brutus Albinus, fait face à 220 gros navires gaulois. d’abord quelle est la vraie signification du mot L’affrontement a lieu l’été, dans un espace maritime bélek ? Si aujourd’hui il veut dire prêtre en général, limité par Houat, Hoëdic, l’île Dumet, Sarzeau et au quatrième siècle il avait une signification plus l’entrée du Golfe. Les projectiles tirés des navires précise : il indiquait un ministre du dieu Bel. Le romains ne peuvent atteindre les navires gaulois, témoignage d’Ausone est formel. Il croit faire honbeaucoup plus hauts, alors que les Gaulois peuvent neur à un professeur de rhétorique de son temps attaquer facilement les Romains. Le seul moyen en lui disant : « Ô toi, qui, né à Bayeux, descends d'attaque des Romains, une sorte de faux utilisée d’une famille de Druides, tu tires ton origine sacrée pour sectionner les voiles et immobiliser les navires du temple de Belen ; à ce dieu devaient leur nom vénètes, les rendant ainsi impuissants et permettant ceux qui étaient ses ministres, comme tes ancêtres. aux soldats romains plus aguerris d'envahir les » Ce fait admis, me serait-il permis de hasarder une bateaux, se révèle cependant très efficace. Lorsque hypothèse? On sait que la flotte de César partit de le vent tombe alors que les Gaulois commençaient la Loire, et peut-être de Nantes même, pour venir à battre en retraite, ces derniers se retrouvent sans attaquer la capitale des Vénètes ; on sait qu’il moyen d'attaque maritime : ils sont vaincus. Page 46


anéantit leur puissance maritime, qu’il vendit à l’encan tous ceux dont il put se rendre maître, qu’il fit égorger leur sénat et leurs prêtres. Les dix vaisseaux ennemis mentionnés par le poète armoricain ne représenteraient-ils pas la flotte romaine tout entière, et les onze bélek fugitifs, les débris dispersés du collège druidique ? César dit, à la vérité, que les Druides étaient étrangers à la guerre, et ceux-ci sont armés; mais il dit aussi qu’à la mort de l’archidruide, ils mettaient souvent l’épée à la main pour disputer l’autorité suprême; à plus forte raison durent-ils prendre les armes pour détendre leur patrie en danger.

Selon notre étude, le symbole du Onze, ajouté à la plénitude du Dix, est la démesure et le conflit. Et là, les choses se précisent. Ceci n’est-il pas une métaphore : les épées brisées ne sont-elles pas le symbole de leur culte brisé ? Les robes ensanglantées des Druides et le petit nombre de survivants permet de comprendre la violence. Les béquilles de coudriers pourraient être en rapport avec la magie utilisée par les Druides dans les combats, et qui ne leur a pas servi.

D

présage de la révolution des douze signes du zodiaque et même de la fin du monde. Il est curieux de le voir donner pour présage de cet événement le meurtre de la Vache sacrée des Bretons, de « la vache noire à l’étoile blanche, » ainsi que la désigne expressément un ancien barde gallois ; de la vache « vigoureuse, vigilante, bonne, belle entre toutes, sans laquelle le monde périrait. » Nous voyons, au quatorzième siècle, un poète cambrien, qui survécut à la persécution de ses confrères, peindre en traits prophétiques le soleil détourné de sa course et perdu dans les airs, les astres désertant leur orbe et tombant, comme une conséquence de la chute des bardes nationaux, et nous l’entendons s’écrier, avec désespoir : « C’est la fin du monde ! » Cette concordance de doctrine est frappante. Évidemment l’auteur cambrien connaissait une partie des secrets dont l’Armoricain fait un si pompeux étalage, et il avait puisé au même courant traditionnel. Les bardes gallois du moyen âge, il ne faut pas l’oublier, étaient les descendants convertis des Druides, prêtres du dieu Bel, et les paysans du Gladmorgan, sans comprendre la portée du terme, donnent encore à ceux d’aujourd’hui le nom trèscaractéristique d’initiés de la vallée de Bélen. Le barde armoricain le mériterait bien plus.

Selon notre étude, les symboles du Douze sont nombreux : Les 12 zodiaques, le cycle des 12 réincarnations des hindouistes. Produit des 4 points cardinaux par les 3 plans, les 12 chevaliers de la table ronde. Il est évident qu’ici se trouve la fin. Fin d’un monde symbolisé par la mort de la Vache dans un climat d’apocalypse (feu et tonnerre …) Il ne s’agit pas de la fin du monde, mais de la fin du Druidisme, fin du culte de la Déesse. La Vache, productrice de lait, est le symbole de la Terre nourricière : Bo Winda, la vache blanche (sacrée) des indo-européens, qui devient Bo Ann (Boand, Boinn, Boyne). Seule chose, la vache est ici noire (comme la Morrigan), mais elle sort de la forêt des Dépouilles, que j’assimilerais à un champ de bataille. Est-ce le sagittaire qui a porté le coup fatale, parce qu’il est porteur de l’arc ? ou le signe qui se termine au solstice d’hiver ? Mais tous les signes sont en guerre.

D L L D L

D Selon La Villemarqué, quoi

qu’il en soit, il est curieux de voir le poète armoricain regarder la mort violente des prêtres du dieu Bel comme le Page 47

Dianann


Le Pissenlit, vainqueur du cancer ?

Sur le plan nutritif, le pissenlit est très riche en minéraux et en vitamines. Ses points forts sont le fer, le calcium, le potassium, la vitamine A, la vitamine C et la vitamine K. Sa grande richesse en minéraux et en vitamines lui donnent des propriétés reminéralisantes et régénérantes.

Le

pissenlit est une plante très alcalinisante : Indice PRAL : -7,94 (la valeur neutre étant zéro, au-dessus les aliments sont acidifiants, en dessous, ils sont considérés comme alcalinisant).

tenir un état de santé optimum, on aura tout intérêt à lui donner une place importante dans notre vie !

Plus particulièrement, la racine de pissenlit est un stimulant hépatique, dépuratif, conseillée en cas de constipation, de conditions toxiques chroniques comme les inflammations articulaires, l’eczéma, l’acné. Depuis des siècles, elle a été employée en Chine pour certains types de cancers. Elle contient des doses incroyablement élevées de potassium et de Vitamine A, entre autres choses.

Caroline Hamm est une cancérologue qui s’occupait d’une personne âgée souffrant d’une LMMC (leucémie myélomonocytaire chonique). Celle-ci suivait une chimiothérapie qui ne donnait pas de résultat. Cette patiente s’est mise à consommer un « thé » aux racines de pissenlit. L’emportant avec elle dans la salle d’attente, où elle buvait son « thé » en attendant son tour, elle l’a conseillé à d’autres patients…

Cette petite plante, qui parait si banale, et que certains prennent pour une mauvaise herbe, a une action globale sur l’ensemble du corps et des organes. Il stimule le travail de l’estomac, les secrétions du foie, du pancréas, et de l’intestin. Quand on sait à quel point ces organes sont essentiels pour main-

A partir de ce moment, Caroline Hamm a constaté, sans vraiment comprendre pourquoi, que l’état de santé de sa patiente s’améliorait. Un autre patient, qui s’était mis, lui aussi, à consommer le « thé » de pissenlit, se mit également à aller mieux… Ces deux personnes ont alors décidé d’arrêter leur chimiothérapie.

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Intriguée par cette guérison, le docteur Hamm en a informé le professeur Siyaram Pandey, biochimiste à l’université de Winsdor, qui décide aussitôt d’entreprendre des recherches avec son équipe.

Ils ont rassemblé des cellules sanguines de patients atteints de leucémie, ont fait de l’extrait de racines de pissenlit fraichement arrachées, et l’ont appliqué aux cellules dans une boite de culture. Dans les 24 heures, on a observé un suicide cellulaire. « », a déclaré Pandey. « »

Après avoir renouvelé l’expérience avec d’autres cellules cancéreuses, les résultats venaient confirmer que l’extrait de racine de pissenlit cible et détruit uniquement les cellules cancéreuses, sans abîmer les cellules saines, ce qui n’est pas le cas de la chimiothérapie qui tue tout sur son passage.

Les

chercheurs en déduisent qu’un traitement continu avec l’extrait de cette racine peut détruire la plupart des cellules cancéreuses, et au vu de ces résultats, l’équipe de chercheurs a reçu des fonds pour poursuivre les recherches sur l’action du pissenlit. Ces études suscitent de grands espoirs pour les personnes atteintes d’un cancer. «

chronique (LMMC) 48 heures seulement après assimilation.

Le pissenlit est contre-indiqué en cas d’occlusion des voies biliaires, d’obstruction intestinale, de calculs biliaires ou d’ulcères du duodénum. En cas d’insuffisance rénale ou de trouble s cardiaques, consulter un médecin avant la prise de pissenlit.

John DiCarlo, 72 ans, avait une leucémie. Après trois années de traitement avec chimiothérapie, il est renvoyé chez lui pour y passer ses derniers jours… Les médecins lui ont alors conseillé de boire régulièrement du « thé » de pissenlit. Depuis trois ans, il est officiellement reconnu guéri de la leucémie. DiCarlo a été interviewé par CBC News pour faire connaître ce succès.

Un autre cas, particulièrement connu est celui du fermier George Cairns des USA. Il a guéri son cancer de la prostate très douloureux avec de la poudre de racine de pissenlit. Il a pris cette décoction pendant trois ans, mais ses douleurs avaient commencé à disparaître quelques jours après le début de sa cure. Maintenant, il a 80 ans et il est complètement guéri. Désireux de partager son expérience et d’en faire profiter le plus grand nombre, il a ensuite rédigé des instructions dans un journal local.

Même si ces expériences semblent très prometteu-

», a proclamé Sirayam Pandey, directeur des recherches, à l’université de Windsor, au Canada.

Au cours de leur étude, les chercheurs canadiens ont démontré les effets cytotoxiques (qui inhibent ou empêchent le bon fonctionnement des cellules) de la décoction de racine de pissenlit sur ces trois maladies. L’extrait permettrait de détruire jusqu’à 96% des cellules de la leucémie myélomonocytaire

ses, elles n’ont pas encore été validées par un grand nombre de personnes. Le contexte émotionnel, l’environnement, la nourriture, sont autant de facteurs qui peuvent influencer la guérison. Il est important d’en tenir compte.

Quoiqu’il en soit, la nature est toujours présente pour nous aider et nous accompagner… Ce sont les plantes les plus communes qui sont quelquefois les plus efficaces, et c’est à nous de changer le regard que nous portons sur elles…

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Curieusement, le pissenlit semble de plus en plus commun dans les villes, sur les pelouses, dans nos jardins ! Serait-ce le propre de l’humain de considérer que seules les choses rares et chères ont de la valeur ?

En savoir plus : Voici les conseils de Georges Cairns :

Florence Laporte, est guide Nature depuis plus de 15 ans. Ce site est dédié à la formation en ligne interactive « Au bonheur des Plantes » pour vous permettre de découvrir, reconnaître et utiliser les plantes sauvages médicinales et comestibles.

http://www.bledition.org/medias/files/la-racine-de- pissenlit-pourguerir-le-cancer.pdf

Retrouvez

Florence sur son site http://www.aubonheurdesplantes.net/

web

:

* Du 29 avril au 1er mai : Niveau 2 : Cuisine et bien-être avec les plantes sauvages médicinales et comestibles * Du 26 au 28 mai : Arbres Maîtres - Arbres guérisseurs * Dimanche 29 mai : La roue des Arbres - L'Aubépine * Dimanche 19 juin : La roue des Arbres - Le Chêne * Du 27 juin au 1er juillet : Découverte des plantes sauvages médicinales et comestibles * Du 8 au 12 août : Découverte des plantes sauvages médicinales et comestibles Et découvrez les autres dates sur son blog : http://www.plantessauvages.fr/

J’ajouterai que Florence est une amie, qu’elle fait un travail remarquable dans un lieu magique et qu’elle est membre de l’OBOD.

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Les Vagues de l'ame - Carnet de bord interieur À

la suite de "Nos Fleurs de Rêves - Bouquet d'Idées", voici le second ouvrage de Philippe Le Maréchal (Saorsa Aum), avec la participation de Parantap Mishra (Manoj) de culture indienne, en compagnie d'autres invités. Aurora Heinimann fait vibrer en couleur, comme en noir et blanc, des mondes naturels d'une beauté infinie. Myrdhin, le célèbre harpiste et fondateur de rencontres internationales de la harpe celtique à Dinan, a rédigé le prélude de ce recueil de non-dualité, qui mêle la poésie, la philosophie de vie et l'art photographique.

L’ouvrage a été produit par Philippe Le Maréchal (Saorsa Aum). Il comprend 40 poèmes sur dix chapitres et plus de 65 photographies en couleur. Éditions Saorsa Aum - Mars 2016 - Relié cartonné, 120 pages papier couché satiné, couleur - ISBN : 978-2-9552024-1-8 / Prix de vente : 26,80

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Dianann

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Dominique

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Pascal

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Le Souffle de l’Ourse Calendrier des célébrations en forêt de Mormal (59)

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Les Etoiles d’Artio

Clairiere des Carnutes

Le Souffle de l’ourse

Bugale Lou

Carnutes - Breizh

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