Issuu on Google+


10, rue des Arts - 31 000 Toulouse Tél. 05 34 31 40 40 - Fax : 05 34 31 37 89 www.objectifnews.com DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Jean-Christophe Tortora jctortora@groupehima.com DIRECTRICE GÉNÉRALE Aziliz de Veyrinas aziliz.de-veyrinas@objectifnews.com DIRECTRICE GÉNÉRALE DÉLÉGUÉE Cendrine Martinez cendrine.martinez@objectifnews.com RÉDACTION redaction@objectifnews.com Rédactrice en chef Emmanuelle Durand-Rodriguez Tél. 05 34 31 40 42 emmanuelle.durand-rodriguez@objectifnews.com Journalistes Paul Périé Tél. 05 34 31 37 88 paul.perie@objectifnews.com Sophie Arutunian Tél. 05 34 31 89 46 sophie.arutunian@objectifnews.com Assistante de la rédaction Mélanie Galley Ont collaboré à cette édition Stéphanie de Balorre, Béatrice Girard, Catherine Sanson-Stern CONCEPTION Directeur artistique Rémi Benoit Graphiste Sylvie Chauveau Photographe Rémi Benoit PUBLICITÉ Directrices de clientèle Laetitia Bignolles Tél. 05 34 31 89 40 laetitia.bignolles@objectifnews.com Isabelle Quattrocolo Tél. 05 34 31 89 49 isabelle.quattrocolo@objectifnews.com Assistante pôle média et événementiel Émilie Prim Tél. 05 34 31 40 40 emilie.prim@objectifnews.comø PROMOTION – DIFFUSION Abonnements ABOMARQUE Objectif News CS 63656 31036 Toulouse Cedex 1 objectifnews@abomarque.fr Tél. 05 34 56 35 60 - Fax : 05 62 48 12 63 IMPRESSION Imprimerie Chabrillac / Groupe InforSud 19 chemin de la Garonne - 31200 Toulouse Objectif News.com est une publication d’Hima News dont les principaux actionnaires sont Groupe Hima, Ecopresse, Aziliz de Veyrinas 10, rue des Arts - 31000 Toulouse 488 553 249 R.C.S. Toulouse Service de presse en ligne d’information politique et générale CPPAP : 0617 Y 9147 Hima News est une filiale du Groupe Hima Jean-Christophe Tortora - Président Véronique Suberbielle - Directrice des Opérations Diffusion : distribution régionale Commission paritaire : 0216K89737 N° ISSN : 1969-3443 La rédaction n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes ou photos qui lui sont adressés pour appréciation. La reproduction, même partielle, de tout matériel publié dans le magazine est interdite.

Premier impératif anti-crise, changer On est tous les mêmes. Tiraillés entre le besoin de se faire peur et la nécessité de se rassurer. Quand il s’agit de la crise, c’est pareil. Combien de prophéties lugubres avez-vous entendu depuis début 2012 ? Vous auriez dû compter ! Depuis l’été c’est pire, on n’entend plus que les phrases « c’est compliqué », « on n’a encore rien vu », « 2013 sera pire » ou « la vraie crise c’est pour... » et à vous de remplir les pointillés : demain, en décembre ou l’année prochaine. Pour être sûr que tout le monde parle bien de la même chose, de la même situation économique et de la même région, nous avons voulu établir un diagnostic précis et objectif. Résultat ? Eh bien c’est vrai, l’économie régionale n’est plus préservée comme on pouvait encore le dire il y a un an. Le chômage a flambé, une centaine d’entreprises est sous l’œil de la préfecture de région et le bâtiment panique. Mais dans le même temps, l’économie régionale ne s’effondre pas, la production dans l’aéronautique a même fortement repris en septembre et le Tribunal de commerce ne constate pas d’explosion des défaillances d’entreprises. Alors que penser ? Nous avons demandé leur avis aux chefs d’entreprise, aux représentants des salariés, à des économistes et à des élus. Il en ressort une vision parfois contradictoire de la situation, mais en tout cas loin des clichés. Il en ressort également le sentiment que l’économie est au bord d’une révolution. Les modèles anciens et les recettes du passé ne fonctionnent plus. Quel que soit le secteur il faut s’adapter, changer les modes de production, les offres de produits et de services. Il faut changer les relations sociales, mieux communiquer dans l’entreprise, ne pas stigmatiser les patrons bien sûr mais aussi écouter les salariés. Car si la crise révèle les fragilités de l’entreprise, elle a aussi le mérite de faire naître les idées qui nous feront retrouver la croissance perdue. Emmanuelle Durand-Rodriguez emmanuelle.durand-rodriguez@objectifnews.com

Retrouvez Objectif News sur www.objectifnews.com OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 5


SOMMAIRE 50

36

Toulouse face à la crise, l’enquête qui dit tout sur la réalité des entreprises

26

Les bières régionales, le succès confirmé d’un secteur en ascension

44

ON / R. BENOIT ET DR

24

NEWS 8

Actualité L’actualité tout en images L’usine de l’A350 inaugurée Interview d’Éric Tardieu Chanel rachète les gants Causse L’actualité du Grand Sud

24 Entretien Daniel Benchimol Le président du cluster Digital Place dresse un état des lieux de la filière des TIC et de ses défis à venir 26 I mmobilier Loi Duflot Qu’y-a-t-il de nouveau dans la loi Duflot ? Comment réagissent les promoteurs ? Bureaux Rentrée difficile dans l’immobilier d’entreprise Fonds de commerce Les prix grimpent en Midi-Pyrénées Architecte - urbaniste Alain Marguerit mise sur un quartier « vivant » à la Cartoucherie 36 S  tratégie Les bières régionales Plus de 20 brasseries ont vu le jour

Daniel Benchimol, l’avenir du numérique

en Midi-Pyrénées ces dix dernières années. Décryptage d’un marché en croissance mais prudent : le projet gouvernemental d’augmentation de la taxe sur la bière pourrait assombrir les pespectives

BUSINESS 42 N  ouvelles entreprises Une toute nouvelle page consacrée aux entreprises en création 44 S  uccès Christophe Baron L’infatigable entrepreneur toulousain, renifleur de bonnes affaires, a ouvert un nouveau bar-restaurant dans les anciens locaux du Télégramme, à Toulouse 46 I nnovation Robotics Place Les robots ont aussi leur cluster BC Bio L’innovation est dans le nem

EN COUVERTURE

50 À la recherche de la croissance perdue Quel est l’état réel de l’économie

Christophe Baron, le restaurateur qui monte

régionale ? Chefs d’entreprise, salariés, économistes, livrent leur analyse de la situation économique 5 impératifs anti-crise Tableaux de bord de l’économie régionale

TERRITOIRES 64 G  rand Angle Mecamont hydro  Reportage photo à la station de ski du Mourtis, lors d’une opération d’inspection du télésiège

PHOTO DE COUVERTURE : RÉMI BENOIT

Loi Duflot : mode d’emploi et réactions des promoteurs

LIFESTYLE 72  La tournée des ballons Quatre vins à découvrir 74  Restaurants Les valeurs sûres de Toulouse

ÉVÉNEMENTS 76 R  etour en images sur les événements de ces dernières semaines 78 Agenda

Le prochain numéro d’Objectif News sera disponible en kiosque dès le

18

DÉCEMBRE

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 7


NEWS ACTUALITÉ

Novela. La 4e édition de La Novela s’est déroulée à Toulouse début octobre. Cette « fête de la connaissance », initiée par Pierre Cohen en 2009, propose des manifestations gratuites autour de la science et de l’innovation. Lors de la soirée d’ouverture à la Halle aux Grains, le robot humanoïde HRP2 a dansé en compagnie de Tayed Benamara, danseur hip-hop, grâce aux ingénieurs du LAAS-CNRS.

Cow Parade. Les Toulousains n’ont pas pu y échapper : une cinquantaine de vaches bariolées a envahi la Ville rose en septembre avec un certain succès, malgré quelques malveillances... La Cow Parade a été organisée par l’ancien rugbyman Cédric Soulette. Le 25 octobre, les 52 œuvres d’art ont finalement été vendues aux enchères au profit de 4 associations locales.

8 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012


NEWS ACTUALITÉ Octobre rose. Le Pic du Midi vêtu de rose pendant 3 jours : c’est l’initiative de la Ligue contre le cancer à l’occasion d’Octobre rose, dédié à la lutte contre le cancer du sein au niveau mondial. Un signe de « solidarité et d’espoir » alors qu’en France, chaque année, on recense plus de 53 000 nouveaux cas de cancer du sein. Yann Kersalé, expert international des illuminations, était en charge de cette mise en lumière.

PHOTOS : ON / RÉMI BENOIT ET PIC DU MIDI

Peine de mort. Á l’occasion de la journée mondiale en faveur de l’abolition de la peine de mort le 10 octobre, Amnesty International Toulouse s’est installé place Saint-Georges pour montrer aux passants ce qu’est la peine capitale et quelles sont les méthodes employées (électrocution, décapitation, lapidation). 139 pays appliquent la peine de mort.

Jumelage. À l’occasion des 50 ans du jumelage entre Toulouse et Tel Aviv, Pierre Cohen a reçu le 12 octobre au Capitole le maire de la plus grande ville d’Israël, Ron Huldai. Ce dernier est allé se recueillir au lycée Ozar Hatora. Les deux villes ont des échanges économiques et culturels depuis 1962.

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC.  2012· 9


NEWS ACTUALITÉ

Expo Reza. Jusqu’au 11 novembre, le photographe Reza expose 25 clichés grand format le long de la Garonne dans une expo intitulée « entre Guerres et Paix ». À l’issue de l’exposition, Reza propose une formation pédagogique destinée à une cinquantaine de jeunes. Les Ateliers de la Reynerie se dérouleront pendant 8 mois avec, à terme, une exposition des meilleures œuvres réalisées par ces photographes en herbe.

Redressement productif. Arnaud Montebourg était à Figeac le 5 octobre pour inaugurer les 14e rencontres d’affaires de la Mecanic Vallée. Il a été accueilli par une centaine de manifestants, principalement des syndicalistes de la CGT, venus en nombre pour lui exposer plusieurs problèmes rencontrés à Figeac et dans sa région, notamment sur des questions d’emploi et d’industrie.

10 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Sécurité. Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, était à Toulouse le 18 octobre. Après une visite à la préfecture et une rencontre avec la communauté juive, il s’est rendu au commissariat central où il a annoncé que les quartiers du Mirail et des Izards seraient prochainement inscrits en « Zones de sécurité prioritaire ».


NEWS ACTUALITÉ

Premier ministre. Venu inaugurer l’usine d’assemblage du futur long-courrier d’Airbus A350 XWB, à Colomiers, Jean-Marc Ayrault a évoqué le « symbole d’une Europe performante ». Il a été accueilli par Tom Enders, président du groupe EADS, et Fabrice Brégier, le CEO d’Airbus.

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC.  2012· 11

PHOTOS : ON / RÉMI BENOIT ET VILLE DE TOULOUSE

Manifestation. Entre 2 500 et 9 000 personnes ont manifesté le 9 octobre à Toulouse. Il s’agissait de la première mobilisation syndicale depuis l’arrivée du gouvernement socialiste au pouvoir. Des salariés de Sanofi, d’Air France et de Thales étaient notamment dans le cortège : « Pour nos emplois, les salaires, le service public, la reconquête industrielle et la protection sociale ».


NEWS ACTUALITÉ Toulouse accueille Aeromart

D

u 4 au 6 décembre prochain, Aeromart, convention d’affaires internationale des industries aéronautiques et spatiales s’installera à Toulouse. Plus de 750 entreprises d’une quarantaine de pays sont attendues au cœur d’Aerospace Valley, pôle de compétitivité Aéronautique, Espace, et Systèmes Embarqués. Pendant 3 jours, preneurs, donneurs d’ordres et institutionnels vont se rencontrer pour nouer des contacts, acheter ou vendre des compétences ou des savoir-faire. Aeromart est également l’occasion de valoriser le savoir-faire local et les acquis technologiques de la région. Deux pays sont à l’honneur cette année : le Canada et le Japon

Air France : 220 emplois menacés à Toulouse

L

ON / R. BENOIT

e plan de restructuration d’Air France, Transform 2015, menace 220 emplois sur 1 800 à Toulouse selon Vincent Salles, délégué CGT Air France Industries. Des postes répartis sur les 4 sites de la compagnie : sur l’escale à l’aéroport Toulouse-Blagnac, à Air France Industries à Blagnac, et sur les sites de Basso-Cambo et Barrigoude. Air France Industries est le site le plus menacé avec plus de 100 emplois supprimés à partir du 1er janvier 2013. « Plus de la moitié de l’activité (entretien des avions de la gamme A320, NDLR) est délocalisée à Casablanca au Maroc », dénonce Vincent Salles qui craint, à terme, un transfert de la totalité de l’activité. Les suppressions de postes devraient se faire via un plan de départs volontaires. 30 postes devraient également être supprimés sur la nouvelle base régionale d’Air France, à l’aéroport

Airbus, entreprise attractive

P

our la seconde année consécutive, Airbus s’est vu décerner le titre d’employeur le plus attractif de France dans le cadre du « Palmarès Employeurs 2012 », commandité par RegionsJob et réalisé sous le contrôle de l’institut d’études OpinionWay. Un panel de quelque 12 000 internautes, comprenant des salariés et des demandeurs d’emploi, a désigné les employeurs les plus attractifs de France sur la base de critères liés à la thématique RH comme les opportunités de carrière, l’image employeur, la diversité, le management. Cette année, l’avionneur toulousain devrait recruter plus de 4 000 personnes à travers le monde, dont environ 2 000 en France


NEWS ACTUALITÉ

L’usine A350 inaugurée sait en cinq étapes (production en étoile). Cette fois, inspiré par l’industrie automobile, Airbus se dote d’une chaîne d’assemblage « en L » qui permet de regrouper les différentes phases de développement de l’avion. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a fait le déplacement, il en a profité pour par-

ler compétitivité en évoquant la dimension partenariale PME / laboratoires en place chez Airbus : « la recherche et l’innovation sont déterminantes pour la compétitivité des entreprises », a-t-il déclaré. Le premier A350 pourrait voler lors du Salon du Bourget qui se tiendra du 17 au 23 juin 2013

ON / R. BENOIT

P

lus de 1 000 personnes étaient présentes pour l’inauguration en grande pompe de l’usine d’assemblage de l’A350 XWB d’Airbus le 23 octobre, à Colomiers. Une usine qui révolutionne la manière de travailler d’Airbus : jusqu’à présent, la production des avions se décompo-

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 13


NEWS ACTUALITÉ

L’ Agence économique de Toulouse et de la CCI est née

Toulouse Montaudran Aerospace Le choix de l’aménageur de Toulouse Montaudran Aerospace est attendu pour le mois de janvier. C’est l’urbaniste David Mangin qui dirigera l’ensemble du projet. L’Institut ClémentAder du Pres de Toulouse sera la première réalisation. Il devrait être livré en 2013.

Interview d’Éric Tardieu

DR

futur directeur général

Réindustrialisation de Freescale L’étude sur la requalification du site de Freescale, cofinancée par la Région, Toulouse Métropole et l’État, sera rendue fin janvier 2013. Lors de l’annonce de cette étude, le 20 septembre, Martin Malvy avait évoqué une réindustrialisation du site qui s’étend sur 20 ha, dans la zone Basso-Cambo de Toulouse.

Louis Gallois à Toulouse Ancien résident d’EADS et actuel Commissaire général à l’Investissement, Louis Gallois sera à Toulouse le 15 novembre, invité de la CCI. Il aura alors rendu son rapport sur la compétitivité au gouvernement.

L’ESC Toulouse rebaptisée Pierre Dreux, directeur du Groupe ESC Toulouse depuis le printemps dernier, travaille sur la nouvelle stratégie de la Toulouse Business School. Outre une réflexion pour passer du statut consulaire au statut associatif, l’établissement pourrait changer de nom. Une annonce est attendue début 2013.

14 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Quel sera le rôle de cette nouvelle agence ? L’Agence de développement économique que nous créons sera consacrée à la prospection internationale. Nous voulons attirer les investissements étrangers et les entreprises étrangères à Toulouse, et créer de l’emploi sur les différentes zones économiques de Toulouse : l’Oncopole, Montaudran Aerospace, mais aussi Toulouse Euro Sud Ouest autour de la gare Matabiau.

Comment l’agence va-t-elle fonctionner ? Notre but est de repérer des entreprises, à l’étranger, potentiellement intéressées par nos filières d’excellence. Pour l’Institut universitaire du cancer (IUC) qui ouvrira en septembre 2013,

nous sommes au moment idéal pour inciter des entreprises à s’installer à proximité et renforcer le positionnement sciences de la vie et lutte contre le cancer de Toulouse. Sur Montaudran Aerospace, nous lançons une étude de positionnement économique qui, finalisée dans trois mois, devra déterminer avec précision l’identité économique de cette zone, dont on sait déjà qu’elle accueillera l’IRT, le CEA et la plateforme Fahrenheit. L’agence ciblera également l’économie sociale et solidaire et les TIC appliquées, en particulier aux services urbains.

Quels seront les moyens dont l’agence disposera ? Son budget annuel sera d’1 million d’euros et, d’ici 2014, elle emploiera 10 personnes au maximum. Notre volonté est de mutualiser le plus possible de compétences avec la CCI de Toulouse, qui sera notamment chargée de la veille et de l’analyse économique et de la détection internationale. Nous nous appuierons aussi sur la Chambre via le Centre de formalités administratives. Pour l’instant, l’agence n’a pas de nom définitif et je pense qu’un nom lui sera donné le 15 novembre, jour de l’assemblée générale constitutive.

TSE lance son forum économique, le Tiger Forum

L

a Toulouse School of Economics s’est fixé une nouvelle ambition : « créer à Toulouse un rendez-vous annuel de dimension internationale sur la recherche économique », selon Marc Ivaldi, enseignant-chercheur à TSE. Ainsi, la 1re édition du Tiger Forum (Toulouse, Industry, Globalisation, Environment, Regulation) se tiendra du 4 au 8 juin 2013

et se veut « un forum d’échanges permettant de dégager les grandes tendances économiques de l’année à venir ». La première édition aura pour thème « Economic Growth : Challenges for regulatory change » et se penchera donc sur la refondation du système avec deux invités : Eric Maskin, prix Nobel d’économie en 2007, et Olivier Blanchard, chef économiste au FMI


NEWS ACTUALITÉ Multicroissance fête ses 25 ans Depuis sa création en 1987, la société de capital-investissement, filiale à 100 % de la Banque Populaire Occitane, a accompagné plus de 150 entreprises. Présidée par Philippe Jougla, elle est actuellement au capital de 52 entreprises régionales. En 2011 et 2012, Multicroissance a bénéficié de deux augmentations de capital de 10 M€.

ATR livre un avion aux couleurs des All Blacks

M

ardi 30 octobre, ATR a livré à la compagnie Air New Zealand, transporteur officiel des All Blacks, un appareil aux couleurs de l’équipe de rugby cham-

pionne du monde. Cette livraison est la première d’une commande pour sept ATR 72-600 de 68 sièges, qu’Air New Zealand a passée l’an dernier. Un contrat d’un montant de 270 M$

La 9e édition du salon Midinvest aura lieu le 20 novembre prochain, à Diagora Labège. Organisé par MidiPyrénées Expansion, ce rendezvous permet à des entreprises de demander des financements à leur projet auprès d’investisseurs présents sur le salon. Cette année, près de 60 dossiers ont été déposés et les organisateurs ont mis l’accent sur le coaching et l’accompagnement des dirigeants.

Recapitalisation de MP Croissance Fin 2012, Martin Malvy proposera aux élus régionaux la recapitalisation de Midi-Pyrénées Croissance, la société de capital investissement dont le Conseil régional est l’actionnaire majoritaire.

Pépinières d’entreprises Alain Sérieys, 1er vice-président de la Communauté d’agglomération du Sicoval, en charge de l’Économie et de l’emploi, a été élu président du Réseau de pépinières d’entreprises de Midi-Pyrénées, lors de l’assemblée générale mi-octobre.

16 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

L’ ATR 72-600 d’Air New Zealand a survolé Toulouse avant d’être livré

La nouvelle Cantine, laboratoire du numérique

P

ierre Cohen, maire de Toulouse, et Thierry Bardy, président de la Mêlée numérique, ont profité de La Novela pour inaugurer le 18 octobre les nouveaux locaux de La Cantine, rue d’Aubuisson à Toulouse. Financée par Toulouse Métropole et la Mêlée, La Cantine sera un lieu d’échanges, de rencontres et d’expérimentations ouvert aux passionnés du numérique. « Cet espace dédié au numérique permet de créer de l’innovation et des collaborations entre différents acteurs, assure Edouard Forzy, directeur de La Cantine

Toulouse. C’est la première fonction du lieu : le coworking. » La deuxième fonction de La Cantine sera d’être « un laboratoire des usages » sur le numérique dont le lancement est prévu courant 2013. « C’est le deuxième projet qui prend sens dans ce lieu d’échanges et de mixité », annonce Erwane Monthubert, conseillère municipale en charge de la politique numérique de la ville de Toulouse. Ce sera un lieu de démonstration d’applications numériques qui devra également faciliter le transfert d’innovations technologiques

PIERRE BARTHE

60 candidatures pour Midinvest 2012


So Toulouse, nouveau sponsor maillot du Stade Toulousain

L

DR

a marque développée par la mairie de Toulouse, pour promouvoir le tourisme dans la Ville rose, a désormais son logo sur le maillot des joueurs du Stade Toulousain pour les matchs de H Cup. Une première pour la SEM So Toulouse qui débourse 268 000 € pour ce partenariat. L’objectif, pour François Briançon, adjoint à la mairie de Toulouse en charge des Sports, est de « se servir de notre plus performant vecteur de communication à l’étranger : le Stade Toulousain ». La compétition européenne oppose des équipes d’Italie, d’Écosse, d’Angleterre, du pays de Galles et d’Irlande

Ligne vers Dubaï, Emirates choisit Lyon

L

DR

’augmentation constante du trafic à l’aéroport ToulouseBlagnac (+9,4 % en septembre) n’aura pas suffi à convaincre la compagnie Emirates d’y ouvrir une ligne vers Dubaï… Mais Catherine Gay, directrice Stratégie et développement de l’aéroport, ne s’avoue pas vaincue. « Bien qu’Emirates ait choisi Lyon au lieu de Toulouse, ils ont l’intention de s’implanter ailleurs en France et nous sommes toujours sur leur short-list avec Marseille, pour la prochaine implantation », assure-t-elle


ils s’en vont

ils arrivent…

Laboratoires Pierre Fabre Le Conseil d’administration de Pierre Fabre SA a nommé Didier Miraton au poste de Directeur Général de Pierre Fabre SA. Il succède à Jacques Fabre.

FRAM Le conseil de surveillance du voyagiste toulousain a décidé le départ du président du directoire Olivier de Nicola. Il est remplacé par Georges Colson, qui occupait jusqu’alors le poste de président du conseil de surveillance.

Toulouse Métropole

Éric Tardieu, actuel directeur général adjoint de la Communauté urbaine, en charge des questions liées au développement économique, est nommé directeur de la future Agence de développement économique.

FPI

Patrick Saint-Agne, PDG de Saint-Agne Promotion, devient président de la Fédération des promoteurs immobiliers de Midi-Pyrénées et succède à Philippe Poilleux.

Fenix Toulouse Handball

Philippe Dallard, PDG de Citroën Groupe Dallard, est le nouveau président du club de handball toulousain.

Castres-Mazamet Technopole

Virginia Doan, ancienne responsable du développement chez BioMedical Alliance, a été nommée directrice de Castres-Mazamet Technopole.

Actia Group

Aurélie Picart, ancienne responsable du pôle « Entreprises Emploi et Économie » à la Direccte, devient directrice du développement d’Actia Group.

Scop

ON / RÉMI BENOIT - DR

Rémi Roux a été nommé président de l’Union régionale des Scop de Midi-Pyrénées. Muriel Decout en est la nouvelle directrice.

CBS 

Philippe Prigent a été nommé directeur du pôle CancerBio-Santé. Il remplace Jean-Pierre Saintouil, parti prendre la direction du pôle santé de Toulouse Tech Transfer.


NEWS ACTUALITÉ Ils l’ont dit sur

TV

« Sanofi perd son éthique en s’alliant à Coca-Cola pour produire une ”boisson de beauté”, alors même que Coca-Cola fait des dégâts sur la santé avec ses boissons sucrées. Les chercheurs ont du mal à s’associer à cette image. » 

Pascal Delmas délégué CFDT et représentant de l’intersyndicale Sanofi à Toulouse « La clientèle affaires représente 80 % du chiffre d’affaires de l’hôtel. Toulouse, capitale aéronautique, draine une clientèle internationale très importante. Chez nous, un tiers est américaine. »

Didier Vincent directeur de l’hôtel 5* Crowne Plaza, à Toulouse « Midi-Pyrénées a eu l’impression d’être épargnée par la crise pendant plusieurs mois, c’est beaucoup moins le cas actuellement, l’augmentation du chômage est assez nette dans la région. Pour autant, l’aéronautique, le spatial et les systèmes embarqués représentent 2 500 créations d’emplois depuis le début de l’année. » 

Henri-Michel Comet préfet de la Haute-Garonne et de la région Midi-Pyrénées « Depuis notre création en 2009 nous avions la volonté de diversifier notre portefeuille client. Notre principal client est Airbus. Nous avons décroché un contrat avec Bombardier, c’est pour cela que nous implantons une usine au Québec. »

Christian Cornille président d’Aerolia « Nous avons développé une formation à destination des cadres et des dirigeants. Le but est d’aider les entreprises à décrypter leurs problématiques économiques pour qu’elles prennent les bonnes décisions. » 

Thomas-Olivier Léautier économiste-chercheur à la Toulouse School of Economics, spécialiste de la gestion des risques « Notre objectif est de faire en sorte que les résultats de la recherche publique régionale conduisent à de la richesse économique. Notre cible : les PME / TPE en recherche d’innovation. L’État nous a doté pour cela de 21 M€ pour les trois premières années. »

Pierre Dufresne président de Toulouse Tech Transfer Retrouvez tous les jours l’interview d’Objectif News dans la Newsletter de 18h et sur www.objectifnews.tv


NEWS ACTUALITÉ

L

« Nous étions déjà fournisseur de la maison Chanel, rappelle-t-il. Depuis 10 ans, nous avons une relation privilégiée avec Chanel : nous sommes un partenaire de longue date de Karl Lagerfeld et du studio de création de Chanel pour ses collections de haute couture et de prêt-à-porter. » Chanel est aussi le premier client en termes de chiffre d’affaires : « il y avait une vraie légitimité à se rapprocher ». Manuel Rubio assure que cette acquisition « ne changera rien au fonctionnement de l’entreprise » et a obtenu des « garanties concernant le maintien de l’emploi à Millau et l’autonomie de la direction »

CAUSSE GANTIER

a dernière manufacture de gants en activité à Millau, dans l’Aveyron, est depuis le 25 septembre une filiale de la célèbre maison de luxe Chanel. L’entreprise familiale Causse, qui fête son 120e anniversaire, emploie 40 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 2,8 millions d’euros. Depuis plusieurs années, cette entreprise familiale travaille avec des grandes marques de luxe comme Hermès, Vuitton et Chanel. L’acquisition de l’entreprise Causse par Chanel, le 25 septembre 2012, s’est donc réalisée « naturellement », aux dires de Manuel Rubio, directeur général de Causse depuis 2003.

Karl Lagerfeld, Madonna et Sharon Stone ont porté des gants fabriqués à Millau

Cahors : le grand réveil !

R

é n o v a t i o n d u c e n t r e - v i l l e, construction d’écoquartiers… Le Grand Cahors applique un plan local de l’habitat (PLH) ambitieux. « Cahors n’est qu’à 50 minutes de Toulouse, mais cela ne va pas encore de soi pour les gens de vivre à Cahors et de travailler à Toulouse… Nous mettons tout en œuvre pour que ça le devienne », résume Jean-Marc Vayssouze-Faure, le maire de la ville. Objectif  ? Se donner les moyens de loger correctement les 1 000 à

2 000 nouveaux habitants qui s’installent chaque année dans l’agglomération. La municipalité lance au centre-ville une opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH), inventaire du secteur sauvegardé pour lutter notamment contre la vacance immobilière. Par ailleurs, Cahors compte déjà plus de 20 % de logements sociaux et ne souhaite pas s’arrêter là : « et pour cause, 60 % des Cadurciens sont éligibles au logement social », indique le maire

en hausse Anne-Marie de Couvreur

ON / RB

Chanel devient propriétaire des ganteries Causse de Millau

La fondatrice de Mediameeting peut sourire : son entreprise est aujourd’hui le 1er opérateur français de radios et programmes radios pour entreprises et collectivités. Par ailleurs Médiamétrie a publié les résultats d’audience Médialocales sur la période septembre 2011- juin 2012. Les résultats sont très positifs pour les 3 radios du Groupe : 47 FM (74 % de progression d’audience), Toulouse FM (+68 %) et Gold FM (+20 %). Par ailleurs à l’occasion d’Octobre rose, Mediameeting a créé Radio Curie, web radio dédiée aux femmes atteintes d’un cancer du sein. Mediameeting a enregistré une croissance de son CA de 38% en 2011. Anne-Marie de Couvreur est distinguée, avec trois autres candidates, par La Tribune à l’occasion du Prix La Tribune Women’s Awards dans la catégorie « technos-médias ». C’est le vote des internautes, qui se déroule jusqu’au 25 novembre 2012, qui va permettre d’établir le classement.

en baisse Le J’Go Rentrée difficile pour la société J’Go, qui emploie 80 personnes entre Paris et Toulouse : elle a été placée en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce de Toulouse. Le restaurant de la place Victor Hugo est un haut lieu des afterworks toulousains. La procédure de redressement judiciaire a fixé la période d’observation à six mois, jusqu’à début mars.

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 21


NEWS ACTUALITÉ

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé le 16 octobre l’implantation de trois nouvelles plateformes du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Toulouse, Bordeaux et Nantes. 300 emplois de chercheurs pourraient ainsi être créés sur le site de Montaudran Aerospace. Pierre Cohen se félicite : « Une fois encore, Toulouse prouve qu’elle fait partie des métropoles européennes avec qui il faut compter. Avec l’arrivée du CEA, Toulouse devient un des sites d’innovation les plus importants de France. » Le montage financier du dossier reste à finaliser. Au printemps, précise le Conseil régional, un plan de financement à parité entre la Région et l’État avait été élaboré « à hauteur de 8,5 M€ pour chaque partie et à hauteur de 8 M€ pour les fonds européens territorialisés dont la Région assure la gestion. » La participation des fonds européens reste à confirmer.

Le Sommet économique du Grand Sud 2012 à Bordeaux

FOTOLIA

Le Centre d’énergie atomique s’implante à Toulouse

Bordeaux accueillera le Sommet économique du Grand Sud les 5 et 6 décembre 2012

A

près Toulouse l’an dernier, c’est Bordeaux qui accueille cette année le Sommet économique du Grand Sud, les 5 et 6 décembre prochains. L’événement réunit les entreprises du Grand Sud ainsi que les responsables économiques et politiques autour du thème des 4E : éducation, énergie e-business, emploi, et Europe des infrastructures. Le sommet est organisé par Objectif Aquitaine, Objectif LanguedocRoussillon et Objectif News (Midi-Pyrénées). L’an dernier, à Toulouse, 800 personnes étaient au rendez-vous. Parmi les invités cette année : Alain Juppé, Jérôme Cahuzac, Fleur Pellerin, Pierre Cohen, Martin Malvy et Alain Rousset

Météo France : 60 chercheurs s’installent à Toulouse

DOMINIQUE VIET

F

22 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

rançois Jacq, président directeur général de Météo France, a fait le déplacement à Toulouse le 17 octobre pour inaugurer les nouvelles infrastructures de l’organisme. En effet, depuis septembre 2012, les équipes de Météo France en charge des systèmes d’observation disposent de deux nouveaux bâtiments et d’un parc à instruments, à proximité immédiate des laboratoires. « Pas à pas, Météo France s’installe progressivement à Toulouse » a déclaré François Jacq. Une soixan-

taine de chercheurs en provenance de Trappes (Île-de-France) sont transférés à la Météopole, et viennent ainsi renforcer les équipes en charge des systèmes d’observation météorologique. Environ un millier de collaborateurs de Météo France travaille actuellement sur la Météopole et l’objectif est d’accueillir à Toulouse les activités de R&D. « L’un des gains majeurs sera le rapprochement des équipes afin de réaliser des synergies dans la recherche », assure le directeur général de Météo France


GRAND SUD

NEWS ACTUALITÉ

Montpellier (34)

Bédarieux (34)

« Montpellier Unlimited » : la nouvelle marque de Montpellier Agglomération

Paul Boyé Technologies modernise son usine héraultaise

MONTPELLIER AGGLOMÉRATION

Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération, a présenté sa nouvelle stratégie, portée par la marque Montpellier Unlimited.

L

e président de Montpellier Agglomération, Jean-Pierre Moure, a dévoilé le 17 octobre la nouvelle marque économique du territoire montpelliérain, 25 ans après la signature « Montpellier la surdouée » lancée par Georges Frêche.

« Il faut se projeter dans les 20 ans qui viennent, explique-t-il. Montpellier doit se caractériser par la priorité donnée à l’innovation, par les moyens mobilisés pour la croissance des PME, et par sa capacité à attirer de grands groupes, en positionnant des projets majeurs tels que OZ Montpellier Nature Urbaine (le quartier d’affaires prévu autour de la future gare TGV) et le projet ÉcoCité (concernant les communes de Castelnaule-Lez, Montpellier, Lattes et Pérols). Le lancement de la marque « Montpellier Unlimited » donne lieu à un affichage dans les aéroports de Roissy Charles de Gaulle et Orly du 18 au 31 octobre, dans le quartier d’affaires de La Défense à Paris, ainsi qu’à une campagne digitale, incluant les réseaux sociaux et la création d’un site web dédié

Marseille (13) et Bordeaux (33)

Marseille et Bordeaux visent le top 15 des écoles de commerce en Europe

B

ordeaux École de Management (BEM) et Euromed Management à Marseille donnent naissance à la « Kedge Business School ». Objectif : s’installer d’ici 5 ans dans le classement des 15 meilleures écoles européennes de commerce et de management. En fusionnant, ces deux écoles de commerce forment désormais le premier groupe de recherche français en sciences de gestion. Ensemble, elles disposent de 300 partenariats académiques à travers le monde. La nouvelle école compte ouvrir deux nouveaux campus : l’un en Europe fin 2013 et le second hors Europe fin 2014. Kedge cible les pays émergents, notamment en Asie.

Spécialisée dans les textiles techniques, le Toulousain Paul Boyé Technologies (200 salariés et 57 M€ de CA en 2011), a inauguré la version entièrement rénovée de son usine de Bédarieux le 26 octobre. En mars 2012, l’entreprise a signé un contrat de 96 M€ sur 4 ans auprès du Pentagone, le département américain de la Défense, pour la fourniture de tenues de protection.

Saint-Médard-d’Excideuil (24)

Repetto se lance dans le prêt-à-porter La marque de luxe spécialisée dans les produits chaussants, dont l’atelier de production est situé à Saint-Médard-d’Excideuil (300 salariés dont 200 en Dordogne), lancera, début décembre, sa première collection de prêt-à-porter féminin inspirée du monde de la danse et fabriquée en France et en Italie. Pour répondre aux besoins, 150 personnes seront recrutées en Dordogne d’ici 2015.

Lyon (69)

Lyon, la ville où il fait bon innover La ville se hisse à la première place du classement « des villes où il fait bon innover », publié en octobre par L’Entreprise. Lyon est suivie par Toulouse puis Lille. Trois critères fondamentaux ont été pris en compte : le tissu économique, la formation et l’innovation.

L’école espère passer de 170 à 200, voire 250 professeurs d’ici 2017 et doubler son budget de recherche, qui passerait dès lors de 6,5 M€ à 14,5 M€. La fusion juridique des deux entités sera effective en juillet 2013. En 2017, elles devraient compter 12 000 élèves pour un chiffre d’affaires de 150 M€

Page réalisée avec France Économie Régions composé d’Objectif Aquitaine, Objectif News, Objectif Languedoc-Roussillon, Méridien Mag et Acteurs de l’économie Rhône-Alpes

Toulon (83)

SMAC investit en R&D Le sous-traitant aéronautique toulonnais (45 salariés) appartient au cercle restreint des spécialistes mondiaux en matière de réduction des bruits et vibrations. L’entreprise a recruté 5 personnes en septembre et vient d’agrandir son laboratoire R&D. Un investissement de 80 K€. SMAC a remporté cet été un nouveau contrat avec Astrium Espagne pour la réalisation complète de kits de suspension destinés au lanceur d’Ariane V. OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 23


NEWS ENTRETIEN

DANIEL BENCHIMOL Président de Digital Place

« La seule limite aux applications du numérique, c’est l’imagination » Avec 3 000 entreprises et 28 000 salariés en Midi-Pyrénées, le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) est en plein essor. Pourtant, les start-up qui se lancent dans l’aventure rencontrent des difficultés de financement. C’est le principal cheval de bataille de Daniel Benchimol, président du cluster Digital Place, créé il y a un an et demi. Propos recueillis par Sophie Arutunian

24 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Le cluster Digital Place a-t-il des résultats concrets à son actif ? Nous avons organisé la première rencontre PME / laboratoires au mois de mai : 90 personnes, 40 entreprises et 20  chercheurs. Une vraie réussite quand on voit comme il est difficile de faire sortir les chercheurs de leurs laboratoires. Un autre exemple de réussite, c’est le projet SVC : un consortium de 8 entreprises du cluster, retenu dans le cadre des emprunts d’avenir pour sécuriser le cloud français. Un projet concret qui représente 14 M€ d’argent public, répartis entre laboratoires et PME. Dans le domaine de l’international, 8 de nos PME sont allées au Royaume-Uni le 23 octobre pour rencontrer d’autres clusters, de potentiels clients, des partenaires, etc. Pourquoi avoir créé votre propre fonds d’amorçage, DP Invest, doté de 300 000 € ? Après innovation et international, c’est notre « troisième i », l’investissement. Nos start-up ont besoin d’investir pour se développer, et pour investir il faut des sources

Digital Place

Le cluster des entreprises du numérique en Midi-Pyrénées > Création en mars 2011 > 130 entreprises > 40 % d’éditeurs de logiciels

de financement. La mission de DPI est d’exercer un effet de levier : pour 1 euro investi par DPI, 5 ou 10 euros devraient arriver d’ailleurs. Nous travaillons actuellement avec Capitole Angels. Eux, spécialistes de l’investissement, nous font confiance à nous, spécialistes du numérique pour soutenir les projets à fort potentiel. D’ici un à deux mois, je pourrai vous annoncer sur quel projet nous tavaillons. Avez-vous une réponse à la lettre que vous avez coécrite aux élus locaux pour dénoncer la taxation des plus-values sur les cessions d’entreprises ? Non, nous l’attendons ! Je pense que le projet de loi de finances dans sa première version décourageait les jeunes entrepreneurs, qui risquent de partir à l’étranger où on leur déroule le tapis rouge. Ce n’est pas parce que des gens achètent des actions dans des entreprises qu’ils sont de grands capitalistes. Je ne fais pas partie du mouvement des « pigeons » mais je suis solidaire de leur démarche. Il ne faut pas décourager la création d’entre-


ON / R. BENOIT

NEWS ENTRETIEN

prise ni les investisseurs. La réalité économique, c’est que nos entreprises ont besoin d’attirer des capitaux. Que pensez-vous de Fleur Pellerin, la ministre de l’Économie numérique ? Je l’ai rencontrée plusieurs fois en tant qu’administrateur du Syntec Numérique. Je lui ai expliqué que le projet de loi de finances 2013 ne correspond pas du tout à des petites entreprises en croissance. Elle est à l’écoute, elle a de bonnes idées, mais il faut voir si ses idées sont suivies par le gouvernement. En France, le numérique représente 6 % de l’économie, contre 13 % aux États-Unis, pourquoi ? C’est un problème culturel. En France, les médias et les politiques disent qu’il faut se battre pour réindustrialiser le pays. Mais n’est-ce pas trop tard ? L’industrie d’aujourd’hui, celle de l’avenir, n’est-ce pas le numérique ? Il est temps de concentrer les énergies sur ce secteur, qui représente aussi le devenir de l’industrie restante dans

notre pays. Par ailleurs, nous ne formons pas assez d’ingénieurs dans le numérique et il y a de moins en moins de filles dans la filière, nous y travaillons avec le Syntec. Par rapport à nos voisins européens, nous sommes en retard sur la capacité à travailler ensemble, à jouer collectif. Les autres pays ont une culture d’écosystème. Quel est le secret de réussite pour une entreprise qui se lance dans les TIC ? La recette, c’est penser global, «  worldwide », et envisager des gros budgets pour le développement et la commercialisation. Les États-Unis l’ont bien compris : là-bas, pour 1 € investi en R&D, 3 ou 4 € sont investis en développement commercial. Cette culture-là, il faut la comprendre. Quelles seront les applications du numérique dans les années à venir ? C’est le changement de tous nos usages qui est en jeu : toutes les applications mobiles, l’e-marketing, l’accès à l’infor-

Daniel Benchimol est né au Maroc il y a 58 ans. Diplômé de l’ESC Toulouse en 1977, il commence sa carrière dans l’informatique chez CCMC puis chez Sligos (qui deviendra par la suite Atos, le leader en France du paiement sécurisé en ligne pour les entreprises) et enfin chez Inforama. Il fonde en 1989 le groupe Eurogiciel, société de services en accompagnement de projet (SSAP), spécialisée dans les domaines de l’aéronautique et du spatial, de l’industrie et des télécoms, mais également dans le secteur tertiaire. Il en occupe toujours le poste de président-fondateur. Daniel Benchimol a participé activement à la genèse du cluster Digital Place et en est devenu le premier (et actuel) président en 2011. Il est aussi administrateur du Syntec Numérique, la chambre professionnelle des métiers du numérique.

mation, la communication de l’entreprise. Aujourd’hui, 70 % de la notoriété d’une entreprise viennent des réseaux sociaux et non plus des grands medias. Il y a donc des métiers qui se créent. En Midi-Pyrénées par exemple, l’accent est mis sur le tourisme avec un foisonnement d’applications numériques possibles : passer devant le Musée des Jacobins et être informé sur son mobile de l’exposition en cours, des concerts à proximité. Dans le domaine de l’emarketing, on peut imaginer passer devant une boutique et recevoir instantanément les promotions ciblées. Dans le domaine de la mobilité, il existera des applications mobiles qui informent en temps réel de l’arrivée du bus, à quelle heure et où prendre la prochaine navette aéroport, combien y a-t-il de retard par rapport à la circulation, etc. Il n’y a pas d’autres limites que l’imagination. Demain, il y aura des avions sans pilotes. Vous savez, en 1968, dans 2001 Odyssée de l’Espace, Kubrick décrivait le premier iPad ! C’était pourtant de la science-fiction… OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 25


NEWS IMMOBILIER

Investissement  Loi Duflot, mode d’emploi Certains l’attendent, d’autres la critiquent déjà. La loi Duflot entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Elle cible les logements neufs intermédiaires et permettra des réductions fiscales pour les investisseurs, mais dans un cadre beaucoup plus strict que le dispositif Scellier.

Par Béatrice Girard

Un nouveau barème de réduction d’impôt La loi Scellier classique permettait jusqu’à présent une réduction d’impôt de 13 % pendant 9 ans. Le futur dispositif Duflot, à première vue plus avantageux, prévoit une réduction d’impôt de 18 % pendant 9 ans pour l’achat d’un logement neuf plafonné à 300 000 €. Ce logement doit bien sûr bénéficier d’un label BBC ou respecter la réglementation thermique (RT) 2012, entrant en vigueur le 1er janvier prochain. Ce plafond de 300 000  € ne devrait pas poser de problème à Toulouse ni dans les autres grandes métropoles françaises.

Grevé par le plafonnement des niches fiscales Pour réduire le coût des niches fiscales, le gouvernement a choisi d’abaisser leur plafond global à 10 000 €/an, dès l’im26 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

position des revenus 2012 (au lieu de 18 000  € actuellement). Pour certains experts, cette réduction sera un frein à la loi Duflot qui entrera dans la limite de ces 10 000  €. « Prenons l’exemple d’un particulier qui investit dans du Duflot à hauteur de 300 000  €. Il peut déduire dans ce cadre 6 000  €/an de ses impôts pendant 9 ans, mais cela ne lui laisse plus que 4 000 €/an pour les autres dépenses comme la rémunération d’un employé de maison ou d’une

garde d’enfant, incluses dans les niches fiscales. C’est une réelle restriction à l’investissement immobilier », estime Ludovic Mounier, le fondateur du cabinet EGD Finances.

Des loyers plafonnés Autre spécificité de la loi Duflot : les loyers des logements neufs seront plafonnés et inférieurs de 20 % aux loyers du marché. Pour établir cette baisse de 20 %, le


NEWS IMMOBILIER

projet prévoit de prendre en référence le marché locatif local avec des modulations à préciser en fonction des agglomérations. « Cela semble flou et difficile, voire impossible à mettre en œuvre, estime Ludovic Mounier. Prend-on une référence quartier par quartier, rue par rue, en tenant compte de la vétusté de l’habitat ? Une chose est sûre, cela rend l’avantage fiscal moins intéressant. »

Un rendement moindre Le futur dispositif Duflot cible particulièrement les classes moyennes. Il sera donc réservé à des locataires bénéficiant de plafonds de ressources limités. Certains y sont favorables, comme Fabien Serieys, directeur général du groupe Ciléo qui regroupe plusieurs opérateurs de logements sociaux en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon : « Le Duflot concerne le marché privé. Néanmoins, il

va dans le sens de ce que nous faisons en tant qu’opérateurs publics. En effet, il y a aujourd’hui sur le marché une trop grande inadéquation entre les loyers affichés et les budgets de la majorité des salariés. Avec ce dispositif, la ministre du Logement montre qu’elle y est sensible  », estime-t-il. D’autres pointent au contraire un trop faible rendement pour les investisseurs, en cas de loyers et de revenus trop bas des locataires. « Aujourd’hui, nous ne connaissons pas encore la référence des loyers applicables dans le Duflot. Si elle est équivalente au Scellier intermédiaire, cela fonctionne, mais si elle est beaucoup plus basse, le rendement locatif pourra baisser de 0,5 ou 1 point. Cela n’incitera plus les gens à investir », observe le patron d’EGD Finances.

La loi s’appliquera aux logements rénovés Comme le Scellier ancien, la loi Duflot accordera une réduction d’impôt équivalente aux propriétaires d’appartements anciens « qui ne satisfont pas aux caractéristiques de décence », indique le texte. Elle englobe aussi les futurs logements avec changement de destination.  Un aspect intéressant qui vise à lutter contre la vacance immobilière et incitera les propriétaires à entretenir les constructions existantes.

ON / R. BENOIT

Objectif : 40 000 logements en 2013 Avec ce dispositif, le gouvernement table sur la construction de 40 000 logements en 2013, contre environ 30 000 Scellier cette année. Mais il prévoit aussi de se limiter aux zones tendues classées A bis, A ou B1, dans lesquelles les besoins en logements sont réels. Voilà qui exclut les zones B2 du dispositif. Seule exception : certaines communes de la zone B2, qui connaîtraient une tension locale du marché et pourraient alors bénéficier du dispositif sur décision du préfet. « Ce zonage ne devrait pas pénaliser la région Midi-Pyrénées », estime Nicolas Puglièse, le responsable de la Cafpi à Toulouse

François Payelle président national de la FPI

« Impossible de construire 40 000 logements / an si on exclut la zone B2 » « Nous sommes plutôt favorables au ciblage des classes moyennes de ce nouveau dispositif et nous militons pour recréer une offre de logements intermédiaires. En revanche, nous avons déjà demandé un aménagement par rapport au volet de la loi qui prévoit une restriction des zonages. Il ne faut pas perdre de vue qu’en France, de nombreuses zones B2 sont situées en zone urbaine. Elles disposent d’emplois et de services. Sur les 103 000 logements vendus au détail en 2011, 59 000 ont été vendus à des investisseurs. Or, nous enregistrons aujourd’hui un recul de 45 % des investisseurs et nous atteindrons 30 000 logements vendus à investisseurs à la fin du 3e trimestre 2012 sur l’ensemble du pays. Pour arriver à construire 40 000 logements par an, il est indispensable d’inclure des B2 dans le dispositif. »

Hervé Hatt

directeur général de Meilleurstaux.com

« Un dispositif intéressant mais assorti de conditions drastiques » « Nous manquons encore d’informations sur le dispositif Duflot. À première vue, il semble intéressant, mais il est assorti de conditions drastiques : notamment des loyers inférieurs de 20 % au prix du marché. Puis il entrera dans la somme des niches fiscales qui seront limitées. Ces limites conduisent à se demander quelle sera sa capacité à être appliqué. Aujourd’hui, il est impossible de dire quel sera son impact, mais une chose est sûre, tout cela va obliger les emprunteurs à se poser la question sur la vraie nature de leur projet. »

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 27


NEWS IMMOBILIER

ON / R. BENOIT

Année difficile pour l’immobilier de bureaux

Au troisième trimestre, l’activité a connu un recul significatif. Une baisse à relativiser puisque les chiffres annuels sont stables et que les investisseurs amorcent leur retour.

P

etite rentrée pour l’activité de l’immobilier d’entreprise. Elle a en effet baissé de 26 % au troisième trimestre avec 24 610 m2 commercialisés. « C’est la plus petite performance enregistrée depuis cinq ans sur la même période », observe Pascale Cieutat, la présidente de l’Observatoire toulousain de l’immobilier d’entreprise (OTIE). Un fléchissement que les professionnels du secteur tiennent cependant à relativiser. Ils pointent, en effet, une activité absolument stable par rapport à 2011 depuis le début de l’année, avec 91 000 m2 transactés, et même un niveau de commercialisation comparable à la moyenne des neuf premiers mois de l’année depuis 2008. Comment expliquer alors ce « coup de mou » de rentrée ? Il résulte de la conjoncture de plusieurs facteurs. D’une part, les transactions de seconde main ont connu la baisse la plus importante avec seulement 28 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

10 831 m2 transactés contre 18 804 m2 en 2011 et même 23 222 m2 en 2010, année de référence. Ensuite, contexte oblige, plusieurs opérations n’ont pas abouti dans les temps. D’autre part, les comptes propres n’ont généré que peu d’activité (2 732 m2) et l’OTIE n’a pas intégré le bâtiment de l’IRT (13 000 m2 à Montaudran) qu’il considère « trop typé université ».

Le stock baisse lentement Dans ce contexte, le stock a amorcé une baisse continue de 17 % depuis le début de l’année. Il atteint désormais 221 200 m2, dont 140 000 m2 d’ancien et 80 100 m2 de neuf. « La moitié du stock neuf se concentre toujours à Bordelongue avec 46 500 m2 disponibles, tandis que le nord-ouest de la ville en compte 25 000 m2. Au centre-ville, le stock de seconde main n’a pas bougé, il s’élève toujours à 37 000 m2 », détaille Pascale Cieutat. L’activité des transac-

tions de locaux d’activité est pour sa part en légère progression ce troisième trimestre, avec 18 053 m2 transactés (contre 14 462 m2 l’année dernière). Sur les trois premiers trimestres, le marché est cependant en repli de 20 % par rapport à la moyenne depuis 2008. Finalement, le stock immédiatement disponible fin septembre sur le segment des locaux d’activité atteint 180 000  €, contre 158 300  € au 3e trimestre 2011. Les stocks neufs de locaux d’activité sont principalement situés sur le nord-ouest, de Seilh à Colomiers, en passant par la ZAC de Saint-Martin-du-Touch avec 26 900 m2 dont 17 000 m2 de neufs. Bonne nouvelle en revanche sur le front des investisseurs, avec 130 M€ de transactions enregistrées sur les neuf premiers mois de l’année et un taux prime de 6,8 %, contre seulement 30 M€ d’investissements en 2011. « Nous l’analysons comme un vrai regain de confiance. Les investisseurs reviennent acheter du neuf et de l’immobilier de seconde main. Plusieurs transactions se sont concrétisées ce troisième trimestre », estime la présidente de l’OTIE

Par Béatrice Girard

SIMI 2012

L

’édition 2012 du Salon de l’immobilier d’entreprise aura lieu du 5 au 7 décembre prochain, Porte Maillot à Paris. Il rassemble tous les acteurs de l’immobilier tertiaire (immobilier de bureaux, logistique et d’activité, commercial, industriels dans les secteurs de la construction et de la performance énergétique). L’an dernier, l’événement a rassemblé 440 exposants et attiré plus de 22 000 visiteurs, soit une fréquentation en hausse de 18 % par rapport à 2010. Le Salon est aussi l’occasion, chaque année, de décerner les Grands Prix SIMI qui récompensent les immeubles de bureaux et logistique qui deviennent ensuite les immeubles de références tout au long de l’année. www.simi.salons.groupemoniteur.fr


NEWS IMMOBILIER Patrick Saint-Agne nouveau président de la FPI Le fondateur de Saint-Agne Promotion vient d’être élu à la tête de la chambre régionale des promoteurs immobiliers qui compte 32 adhérents. Il prend la suite de Philippe Poilleux et envisage sa mandature dans la continuité. À ses côtés, Christian Dubos vient d’être nommé délégué régional de la FPI. Sa mission  ? Représenter les promoteurs auprès des décideurs et dans toutes les instances de concertation (collectivités locales, associations de riverains, etc.)

Cessions de fonds de commerce les prix grimpent de 10 % dans la région

Le Crédit Immobilier de France, menacé de disparition dès la fin de l’été après que l’agence Moody’s a pointé son système de refinancement problématique et dégradé sa note, a finalement évité la banqueroute à la rentrée. L’État a dans un premier temps apporté une garantie à l’établissement spécialiste des crédits immobiliers, garantie invalidée par la Commission européenne. Une commission bancaire a depuis été mise en place au Sénat et à l’Assemblée nationale pour étudier une proposition de survie. Les salariés du CIF ont écrit une lettre ouverte au président de la République et espèrent être fixés sur leur sort en novembre. Dans le Sud-Ouest, 80  % des 250 emplois seraient en jeu.

Ozenne, le quartier le plus cher de Toulouse +4,6 % d’augmentation moyenne enregistrée sur le marché de l’ancien à Toulouse, entre juillet 2011 et juillet 2012, selon la dernière étude Perval publiée par la Chambre des notaires. Le marché est plus spéculatif que la moyenne nationale. À Toulouse, le prix moyen atteint les 2 582 €/m2. Le quartier Ozenne devient le plus cher de la ville (3  808  €/m2). Pour la première fois, neuf quartiers de l’hypercentre affichent des prix moyens de vente supérieurs à 2 500 €/m2. 30 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

ON / R. BENOIT

CIF : 200 emplois menacés dans le Sud-Ouest

Les prix montent, merci la crise ! Les entrepreneurs ne se bousculent plus pour créer des entreprises, ils se replient au contraire sur la reprise de fonds de commerce, plus sécurisante. Conséquence, les prix flambent et Toulouse n’y échappe pas !

L

e baromètre Bodacc (des ventes et cessions des fonds de commerce), réalisé par le cabinet Altarès et rendu public cet automne, dresse un bilan dynamique de l’activité. Au premier semestre 2012, en effet, le prix moyen de cession s’établit à 196 306  € au niveau national tous secteurs confondus (services, commerce, industrie…) soit une augmentation de 9,6 % par rapport à 2011. La région Midi-Pyrénées n’échappe pas à la tendance. Le montant moyen de la transaction y atteint 157 297 €, en hausse de 10 %. « La situation en Midi-Pyrénées est en ligne avec les autres régions françaises, observe Thierry Millon, directeur des analyses pour le groupe Altarès. Les volumes et les montants y sont concentrés sur les métiers lourds comme l’industrie. Ainsi, les prix les plus élevés de cessions de fonds de commerce concernent les pharmacies, avec des montants moyens à 600 000  € et 28 transactions enre-

gistrées ». Le deuxième secteur le plus onéreux est celui du tourisme (hôtels et campings). Les prix moyens des transactions s’y affichent à 245 000  €, avec 40 transactions enregistrées. Le secteur du prêt-à-porter n’est pas en reste : le tarif moyen de la transaction y atteint 172 000  € et 40 transactions ont été enregistrées depuis le début de l’année. « On assiste dans les centres-villes à beaucoup d’opérations de reprise par de grandes marques, analyse Thierry Millon. Cela crée une dynamique mais contraint aussi les indépendants à se rabattre sur les périphéries où les loyers sont plus supportables. » Selon le spécialiste, ce sont l’image et le dynamisme d’une ville qui attirent les marques. « Bordeaux et Nantes ont largement réussi à redynamiser leur image ces dernières années, mais Toulouse, ville universitaire et jeune, n’est pas en reste », affirme-t-il Béatrice Girard


NEWS IMMOBILIER

LES URBANISTES QUI FONT TOULOUSE Alain Marguerit travaille sur la ZAC de la Cartoucherie à Toulouse

Alain Marguerit Recréer la ville

Mandataire sur la ZAC de la Cartoucherie, le paysagiste et urbaniste Alain Marguerit réfléchit à l’avenir de tout le secteur Cépière-Garonne et travaille sur le renouvellement urbain de la Reynerie, avec l’architecte-urbaniste Bernard Paris.

L

a nature en ville et la mobilité sont les thèmes favoris du paysagiste Alain Marguerit. En tant qu’urbaniste, il travaille avec l’architecte Bernard Paris sur le renouvellement urbain de la Reynerie et sur la future ZAC de la Cartoucherie. Des quartiers qu’il connaît bien pour avoir grandi à la Fourguette, d’où il a vu se construire le Mirail. Son père, fonctionnaire des armées, a travaillé au service des essences de la Cartoucherie. C’est au début des années 2000 que le paysagiste et l’architecte remportent avec une équipe pluridisciplinaire le marché de définition de la Cartoucherie. Ils discutent beaucoup avec la municipalité de l’époque sur les questions de densité et de hauteur sur l’avenue de Grande-Bretagne. En 2008, la nouvelle équipe municipale, dirigée par Pierre Cohen, juge que le projet manque d’ambition et souhaite le remettre à plat. Un forum de concertation est alors organisé avec les différents acteurs : riverains, associations, promoteurs, hôpital…

32 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Une méthode qui convient bien à Alain Marguerit pour qui un projet urbain doit être le plus partagé possible. « Le projet a été redéfini, pas sur son tracé mais sur son impact global et sa relation avec son environnement, explique l’urbaniste-paysagiste. Nous avons aussi repensé la forme architecturale. » Leur mission s’élargit à tout le secteur Cépière-Garonne (300 hectares) afin de mieux intégrer le futur écoquartier de 33 ha dans son environnement. Ils interviennent comme urbanistes conseil auprès de la Communauté urbaine Toulouse Métropole sur tous les projets en cours autour de la Cartoucherie : sur le renouvellement du site de l’ICAM, sur le projet d’aménagement d’ensemble Lombez-Roquemaurel ou à Bourrassol, de l’autre côté de l’avenue de GrandeBretagne, où de nombreuses maisons vont être remplacées par des immeubles. « Nous faisons en sorte que les îlots à bâtir ne soient pas refermés sur eux-mêmes. Nous demandons aux promoteurs que les halls soient en contact avec l’espace

public, contrairement aux résidences-piscines qui se sont construites sur l’avenue de Lombez », explique Alain Marguerit. Compte tenu de la densité importante prévue pour la Cartoucherie (100 logements à l’hectare), la question de la présence du vivant s’est imposée avec des jardins en cœur d’îlots, des franges jardinées, des promenades et un parc. Alain Marguerit planche sur la transformation de l’ensemble constitué par le parc du Barry, le parc des sports Georges Aybram et l’école d’ingénieurs de Purpan, voisins de la Cartoucherie, en parc urbain accessible. « Les trois promenades est-ouest permettront de faire entrer le vivant dans la ville à partir du parc du Barry, tandis que les traversées nord-sud de Bourrassol à Lombez permettront la mobilité des personnes », décrit le paysagiste. Pour que la Cartoucherie soit vraiment un morceau de ville, vivant et connecté à son environnement Catherine Sanson-Stern


ATELIER MARGUERIT / ASYLUM

NEWS IMMOBILIER ALAIN MARGUERIT

VILLES NOUVELLES ET RENOUVELLEMENT URBAIN

14 avril 1952  naissance à Toulouse

1973

diplômé de l’École nationale supérieure du Paysage Versailles (ENSP)

création de Carré Vert, association de paysagistes avec Alexandre Chemetoff, Jacques Coulon et Claire Corajoud

1979

création avec Sonia Marguerit de l’Atelier des Paysages à Montpellier Enseignant à l’ENSP, responsable du site de Marseille

2007

prix de l’aménagement urbain du groupe le Moniteur, pour la recomposition urbaine du centre-ville de Vaulx-en-Velin, avec Bernard Paris (Atelier de la Gère)

Alain Marguerit

« Tendre vers le mieux vivre ensemble »

ALAIN MARGUERIT

1974

Alain Marguerit a participé à la reconversion du quartier de la Duchère à Lyon

Alain Marguerit a commencé à travailler sur la reconversion des grands ensembles et la question de leur intégration dans la ville à la fin des années 1970, avec trois cités de 1  000 logements chacune à Marseille. En parallèle, avec le projet de ville nouvelle de l’Étang de Berre, près de Vitrolles, il s’est penché sur la question de la recréation de la ville. « J’aménageais les espaces publics et on s’attachait beaucoup à la limite entre espace privé et espace public, raconte-t-il. Nous étions confrontés à des problématiques sociales difficiles : les gens sortant des grands collectifs ne voulaient plus vivre avec les autres. » À partir de 1999, il travaille sur un projet phare, rejoint en 2002 par Bernard Paris : le quartier de La Duchère à Lyon. Grand ensemble de barres bâti dans les années 60 sur une des trois collines de Lyon, logeant 12 500 habitants, à 80 % dans des logements sociaux, le quartier devait être repensé en raison des problèmes d’enclavement et de fragilisation socio-économique. Le projet urbain visait à améliorer les liens du quartier avec les communes voisines, à encourager la mobilité résidentielle et à renouveler la forme urbaine en renouant avec la ville ordinaire, en alliant mixité sociale et économique. Au fil des destructionsreconstructions (1 700 logements sociaux démolis puis reconstruits en accession ou location), la densité verticale est devenue horizontale. Il y a eu une recomposition complète du foncier avec des îlots dont le cœur propose un jardin, espace intermédiaire ouvert, en prolongement de l’espace public. Une expérience utile pour le travail sur la Reynerie et la Cartoucherie.

Comment un paysagiste se retrouve-t-il mandataire pour la conception d’un nouveau quartier ? Pour l’organisation d’une ville, il ne faut pas seulement une approche architecturale mais aussi une approche environnementale. Un projet de quartier est aussi le projet d’une ville : c’est vrai à la Reynerie comme à la Cartoucherie. Nous avons trouvé dans le nouveau projet ce qui nous intéressait, à savoir combiner les trois échelles agglomération-ville-quartier.

DR

Qu’est-ce qui a évolué depuis la commande initiale sur la Cartoucherie ? On nous demande de faire en sorte que la couture entre l’ancien et le nouveau se fasse mieux. Il faut que l’arrivée de 3 000 nouveaux habitants ait aussi des avantages pour ceux qui sont déjà là. La discussion avec les élus, les habitants, ceux qui

travaillent dans le quartier, permet la coproduction du projet. Rien n’est définitif tant qu’il n’a pas été partagé. Le processus du projet s’inscrit dans le temps long : on travaille sur la Cartoucherie depuis dix ans et on en a encore pour dix ans.

Quelle forme d’urbanisme pensez-vous souhaitable à Toulouse ? Comme les lotissements, les « résidences-piscines » ne sont pas un urbanisme souhaitable pour la vie sociale, même si beaucoup de gens y aspirent car ils veulent se sentir protégés. Il faut pouvoir offrir cela dans de la ville plus intense, tendre vers le mieux vivre ensemble. C’est ce que nous voulons faire à la Cartoucherie : un écoquartier avec une grande qualité d’usage et de vie dans les logements, une vie partagée dans les espaces publics, des services et des activités économiques qui sont la base de la ville. OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 33


NEWS STRATÉGIE

Le renouveau des brasseries régionales Depuis une dizaine d’années, le marché des bières régionales connaît une véritable croissance. En 2012, une trentaine de brasseries a vu le jour sur l’ensemble du territoire français. En Midi-Pyrénées, ils sont plus de vingt à avoir suivi cette voie. Qui sont-ils ? Quel avenir pour ce marché ? Décryptage de cette nouvelle tendance.

D

ans un marché de la bière en berne, un secteur bien particulier semble tirer son épingle du jeu. Les bières de spécialités et les bières régionales voient leurs ventes progresser depuis plusieurs années. Et le nombre de brasseries locales est lui aussi en constante augmentation. « On compte plus de 400 brasseries artisanales en France, explique-t-on chez Brasseurs de France, une association qui regroupe une centaine d’adhérents. Le secteur est très hétérogène. Il y a les grands brasseurs (Heineken, Kronenbourg) et les moyens brasseurs, souvent issus de lignées de brasseurs depuis plusieurs générations (Jenlain). Enfin, depuis une quinzaine d’années, des micro-brasseries ou brasseries artisanales ont vu le jour. Là aussi, il existe beaucoup de différences. Certaines 36 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Par Paul Périé

existent depuis plus de 10 ans, sont en phase de développement et produisent 1 000 à 2 000 hl par an. » Au début du XXe siècle, la France regroupait des milliers de brasseries. Beaucoup avaient disparu dans les années 1970-1980. Aujourd’hui, on en trouve dans toutes les régions, même celles qui ne sont pas traditionnellement

25 sites de production en Midi-Pyrénées des régions brassicoles, comme la Corse avec la bière Pietra. En 2011, MidiPyrénées comptait 25 sites de production qui ont sorti environ 10 000 hl. Cela va de la brasserie à la ferme-brasserie, qui propose généralement un restaurant, en passant par le bar qui brasse sa propre bière, à l’image de l’enseigne Frog and Rosbif à Toulouse. « C’est une tendance de

David Fouchard conseille ses clients dans la cave à bières le

LES AMATEURS DE BIÈRES, DES BUVEURS D’EAU !

L

’affirmation peut prêter à sourire. Pourtant, la bière est composée à 95 % d’eau. La fabrication d’une bière nécessite ensuite du malt, produit généralement à partir d’orge, du houblon, des levures et éventuellement du sucre et des arômes. Depuis un décret du 31 mars 1992, il existe en France une définition légale de ce qu’est une bière. fond depuis une dizaine d’années », assure l’association des Brasseurs de France. Un engouement confirmé par David Fouchard, gérant de la cave à bières Le


NEWS STRATÉGIE

« Les bières régionales, un marché de niche » Pascal Chèvremont La production de bière en France

450 16,3 millions hl

DR

brasseurs en 2011 en 2010

Quel est l’état du marché des brasseries artisanales ?

(15 % à l’export)

9 19,7 millions hl e

Nous assistons à une croissance exponentielle du nombre de brasseries artisanales en France. Sur l’année 2011, nous avons enregistré la création de 45 nouvelles brasseries. Certaines ont aujourd’hui 15 ans. Ce sont généralement des entreprises qui ont des taux de croissance à deux chiffres et qui surfent sur la tendance actuelle du retour au terroir, aux produits locaux. Pour autant, cela ne représente encore que 5 % environ de la consommation globale en France. C’est encore un marché de niche.

producteur de bière en Europe

consommés en 2010, baisse de 1,6 % par rapport à 2009

30l / an / hab

: consommation

Biératorium à Toulouse

Biératorium, à Toulouse. Ouvert depuis 5 ans, l’établissement propose toute l’année, au milieu des bières belges, tchèques ou allemandes, trois bières régionales : la Joli Rouge (lire p. 40), la Oc’ale et la Ratz (lire p. 39). « De temps en temps, je vends d’autres bières locales, comme la Caussenarde ou les bières de la Brasserie des Vignes. Je veux des produits de qualité et je teste tout ce que je propose », explique cet ancien portier. Les ventes et le chiffre d’affaires, qu’il préfère garder pour lui, sont en progression constante. Si les bières belges dominent les ventes, « la Joli Rouge fait de la concurrence. J’en vends environ 600 bouteilles tous les 10 jours, assure David Fouchard. Il existe une véritable clientèle pour ce type de produits. » Selon lui, la clientèle est la même pour les bières étrangères ou régionales, « seule la qualité importe. La majorité des clients recherche en priorité de la qualité et des conseils. » Preuve

de parts de marché pour les bières de spécialité

du renouveau des brasseries artisanales en Midi-Pyrénées, le dernier Salon de la qualité alimentaire, le SISQA, a accueilli pas moins de 11 brasseurs, dont 9 de la région sur un stand collectif.

Une association de brasseurs midi-pyrénéens Ces professionnels sont regroupés depuis 2009 au sein de l’Association des faiseurs de bières de Midi-Pyrénées, présidée par Michel Jouin, brasseur de la Biérataise, à Bérat. L’objectif est de faire connaître l’activité et de peser un peu plus. Malgré cette volonté, il est souvent difficile de concilier les emplois du temps des brasseurs, très pris par leur activité. « Nous sommes tous à des étapes différentes de notre développement, explique le président. Nous n’avons pas beaucoup de temps. » Huit brasseurs de la région avaient cependant fait le déplacement début octobre à Aurignac, à la limite de la Haute-Garonne

ON / RÉMI BENOIT

moyenne des Français

34 %

délégué général de l’association des Brasseurs de France

Comment expliquer cet engouement pour les bières régionales ?

Il y a une véritable notion de proximité, d’appartenance. C’est une tendance très forte dans tout l’agroalimentaire. Aujourd’hui, tous les brasseurs jouent sur l’ancrage local, même les plus grands. Les gens aiment aller à la rencontre des brasseurs et à l’heure actuelle, la bière utilise les mêmes codes que le vin, dans le côté terroir.

Quels sont les perspectives sur ce marché ?

Beaucoup de jeunes amateurs se posent la question de se lancer. Il y a quelques temps, je leur disais qu’il y avait une vraie opportunité. Malheureusement, le projet de taxe sur la bière est un véritable frein au développement de ce marché. Cela remet en cause tout le modèle. Pour beaucoup de petits brasseurs, les risques de faillite sont réels si le prix de la bière augmente trop. Ceux qui avaient prévu des embauches seront bloqués. Les professionnels sont inquiets et ne comprennent pas pourquoi on s’attaque à la bière. Les bières artisanales sont généralement plus chères et si elles augmentent encore, la consommation risque de baisser. Ce serait un sérieux coup pour ces gens qui s’investissent beaucoup, sachant que le prix de l’orge a déjà plus que doublé en quelques années. OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 37


NEWS STRATÉGIE Brasseurs de France. « Nous assistons à un déclin structurel du marché de la bière de -30 % sur 30 ans », assure-t-il. L’an dernier, le chiffre d’affaires du secteur s’est ainsi établi à 2 Md€, contre 2,3 Md€ pour 2010. Une situation qui s’inscrit dans le contexte d’une baisse générale de la consommation d’alcool au niveau mondial (de -3 % à -4 % entre 2009 et 2010).

LE SUCCÈS DES BARS À BIÈRES

D

Dans ce contexte morose, la perspective d’une hausse des taxes ne réjouissait pas les professionnels. Le gouvernement prévoyait en effet l’augmentation du droit d’accise sur les bières, actuellement de 2,75 € par degré d’alcool et par hectolitre. Avec cette hausse, les brasseurs seraient taxés à hauteur de 7,20 € par degré et par hectolitre. Dans le projet initial, les brasseries artisanales se voyaient exonérées à hauteur de 50 % et auraient été taxées de 3,60 € par degré et par hectolitre. À titre de comparaison, les droits d’accise sur le vin sont de 3,60 € par hectolitre. Au final,

L’ambrée et la St Patrick de Christophe Ratz, la Oc’ale et la Joli Rouge

bière artisanale. Stéphane Dumeynieu nous a beaucoup aidé. C’est un peu notre tonton en termes de brassage. » Pour aider un peu plus les brasseurs régionaux, l’Association des faiseurs de bières de Midi-Pyrénées aimerait relancer le Salon de la bière artisanale d’Auzeville-Tolosane.

Une consommation globale en baisse Chaque année, les Français consomment en moyenne trente litres de bière. Un chiffre qui nous place à l’avant-dernière place en Europe, loin derrière les Tchèques (135 l), les Allemands (107 l) ou les Autrichiens (106 l). Et la tendance est plutôt à la baisse, comme l’explique Pascal Chèvremont, délégué général des 38 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

les petites brasseries indépendantes vont être épargnées pour ne « pas mettre en danger » l’emploi dans ces sociétés selon Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Une exemption proposée par Gérard Bapt, député de la Haute-Garonne. L’État attendait 480 M€ de recettes supplémentaires. Selon l’association des Brasseurs de France, ce projet aurait été une « catastrophe pour la filière » et se serait traduit pour le consommateur par « une hausse des prix de 15 % en moyenne dans tous les circuits de distribution ». Les bières artisanales, souvent plus chères, auraient été encore plus touchées. Un coup dur évité de peu pour une filière en plein développement

ans la foulée des brasseries artisanales qui se créent chaque année, on assiste à un renouveau des bars et des caves à bières à Toulouse. Outre le Frog and Rosbif, qui propose sa propre bière, de nombreux bars sont spécialisés dans les bières de spécialités et les bières régionales. La Tireuse, rue Pargaminières, et L’Ancienne Belgique, rue de la Trinité, sont les plus connus de la Ville rose mais ils ne sont pas les seuls. La Dynamo, rue Amélie, la Dernière Chance, à Arnaud Bernard, ou le Bar de la Lune, rue Palaprat, sont des incontournables pour les amoureux de la bière. « La clientèle n’est pas la même, elle est souvent plus select que dans les caves à bières, assure Yann Gangneron, le brasseur de la Joli Rouge, qui préfère ne pas vendre dans les bars. Malgré tout, c’est une très bonne chose que cela se développe. Il se crée une véritable émulation. » Une dynamique que l’on retrouve du côté des caves à bières, puisque l’agglomération toulousaine en compte depuis quelques années une demi douzaine. La première, Mille et une bières, ouverte en 2006, a depuis fermé ses portes, mais plusieurs ont pris le relais. En centre-ville, on peut compter sur le Delect, aux Minimes, le Biératorium, rue Peyrolières ou la toute nouvelle Houblonnière, rue de la République, qui a ouvert ses portes en 2011. Pas vraiment de concurrence entre eux, assure David Fouchard. « Aujourd’hui, il nous arrive de passer des commandes ensemble avec Clément Condamines, le gérant de la Houblonnière », explique-t-il. Après Aucamville, la cave Autour d’une Bière, a choisi d’ouvrir une autre adresse avenue de Muret à Toulouse. Le V and B, à Purpan, propose vins et bières, « dans un concept plus supermarché », affirment plusieurs brasseurs ou cavistes. Cette recrudescence des caves à bières « est une très bonne chose, selon Yann Gangneron. Quand les premiers brasseurs se sont lancés, il y avait peu de circuits de distribution. Toutes ces caves nous permettent de nous faire connaître. »

ON / R. BENOIT

Pas de nouvelle taxe pour les brasseries locales

ON / R. BENOIT

et de l’Ariège, pour la deuxième édition du festival Aurignac sous pression. « Je viens pour la deuxième fois. Cela permet de se faire connaître. Ce n’est pas évident dans la région », explique Jack Courmont, originaire du Nord et brasseur de la Oc’ale à Lafrançaise (82) depuis 1998. Damien Chavent, de la Brasserie des Coteaux dans le Tarn, a lui choisi de diversifier son acitvité en 2006 et produit aujourd’hui 350 hl de sa Oxit chaque année. « Il y a de très bonnes relations entre les brasseurs, nous sommes collaborateurs », souligne Stéphane Dumeynieu, de la Brasserie des Vignes à Graulhet (81), qui propose 4 bières à l’année plus 3 événementielles. Cet ancien professeur de physique s’est lancé dans le brassage en 2005 par passion. « De la diversité naît la curiosité et de là se crée un développement économique », ajoute le vice-président de l’Association des faiseurs de bières de Midi-Pyrénées. Une bonne ambiance confirmée par Yann Gangneron, brasseur de la Joli Rouge. « Chaque nouveau brasseur donne un peu plus de visibilité à la


NEWS STRATÉGIE

Christophe Ratz, l’ingénieur brasseur

É

tudiant à l’INSA à Toulouse, Christophe Ratz découvre le monde de la brasserie au cours d’un stage en Belgique. Une véritable révélation. « Dans les soirées étudiantes, nous ne buvions que des bières de grandes marques. Je recherchais un produit plus goûteux, plus savoureux, et je l’ai trouvé avec les bières belges », explique cet ancien rugbyman. De là naît une passion qui l’amènera à travailler dans des brasseries artisanales en Belgique et en Angleterre. Jusqu’à ce qu’il décide de produire sa propre bière, la Ratz, en 2001. « La brasserie est une industrie lourde qui demande des investissements, insiste Christophe Ratz. Au départ, il faut un minimum de matériel même si on produit en petite quantité. » Depuis son installation, il a considérablement développé son activité. « Il y a un an, nous avons investi dans une nouvelle brasserie avec notamment un nouveau bâtiment de 1 000 m2 pour 1 M€, et de nouvelles machines pour un peu moins d’1 M€. » Les locaux accueillent ainsi les activités de production, de conditionnement, de stockage ainsi qu’un espace de vente et un bar de dégustation. Une vidéo permet même aux visiteurs de découvrir le processus de fabrication d’une bière artisanale. Un investissement indispensable selon Christophe Ratz. « Nous avons misé sur du matériel professionnel dans le but de gagner du temps et d’assu-

CHRISTOPHE RATZ

Plus gros brasseur de MidiPyrénées, Christophe Ratz est installé dans le Lot, à Cahors. Il produit aujourd’hui 3 500 hl par an, mais ce passionné « reste un artisan ». Rencontre.

Le mélange eau-malt est filtré à la fin de l’infusion

rer la qualité de notre bière, ce qui constitue la base de notre démarche. J’ai fait dix ans de sacrifices pour en arriver là », ajoute-t-il. Aujourd’hui, la brasserie Ratz compte huit salariés l’été et cinq en hiver, et propose une douzaine de bières différentes, avec des variétés bios, des bières spéciales et certaines produites pour la grande distibution, sous la marque Olta. Les bières Ratz sont distribuées à

Date de création : 2011 Production : 3 500 hl /an CA : environ 1 M€ 80 % dans le Lot, le reste dans le Tarnet-Garonne, l’Aveyron et à Toulouse. La brasserie ne néglige aucun créneau (caves à vins, cafés, restaurants, associations, salons, etc.) Même si son activité se porte bien, Christophe Ratz ne reste pas moins conscient de la fragilité du marché. « On surfe sur une niche mais cela reste compliqué. Les petits producteurs sont plus de 400 en France et représentent 1,5 % du marché seulement, assène ce passionné. Tous ensemble, nous sommes une force collective. Nous sommes là pour éveiller les papilles des consommateurs. Nous offrons une diversité de

gamme et les touristes recherchent des produits locaux. » Selon lui, pour que l’essor du marché des bières artisanales se poursuive, « il faudrait plus de reconnaissance des professionnels, notamment des débits de boissons qui n’innovent pas suffisamment et ne nous font pas assez confiance ». Et le projet gouvernemental d’une augmentation des droits d’accise n’est pas fait pour le rassurer. « On est en train de se faire surtaxer par l’État qui veut multiplier par 2,6 la taxe sur l’alcool dans les bières. Cela va réduire le pouvoir d’achat des consommateurs. » Inquiet sur l’évolution des ventes et sur la baisse de la consommation, il estime cependant que le succès des brasseurs artisanaux « repose sur la diversité des goûts. Nous proposons des produits faciles à boire, agréables, originaux, chose que les grands groupes français ne proposent pas. Les Belges, comme Leffe par exemple, offrent une gamme assez large. En France, les grands groupes ont voulu économiser sur la matière première », explique Christophe Ratz. Il convient que l’Association des faiseurs de bières de Midi-Pyrénées est une excellente initiative, même si « nous manquons tous de temps, car c’est un métier èxigeant ». Les brasseurs, toujours plus sous pression OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 39


NEWS STRATÉGIE

Trois brasseries régionales à suivre JOLI ROUGE

ON / R. BENOIT

Y

ann Gangneron et Sandrine Foubert ont ouvert cette brasserie en décembre 2011, à Canals, dans le Tarn-et-Garonne, au bord de la nationale. Brasseurs amateurs pendant huit ans, ils ont décidé de franchir le pas en voyant le succès de leur bière auprès de leurs amis. Dans une période creuse professionnellement, ils rachètent le matériel d’une brasserie gersoise qui ferme ses portes, La Flibuste. « En passant d’amateurs à professionnels, nous avons tout réappris, malgré nos connaissances théoriques », assurentils. Commence alors l’aventure de la Joli Rouge. Appelée à l’origine La Boucanière, elle a dû changer de nom en raison de la bière du Boucannier, déjà déposée. Alors pourquoi Joli Rouge ? « Nous voulions rester dans le champ sémantique de la piraterie, explique Yann Gangneron. Avant d’être noir, le drapeau pirate était rouge et les marins hissaient le Joli Rouge. » Aujourd’hui, dans leur brasserie qu’ils ont entièrement rénovée, Yann et Sandrine produisent deux bières différentes à

Yann Gangneron et Sandrine Foubert espérent produire 100 hl chaque année

chaque saison. Leur objectif est d’atteindre 100 hl à l’année. Ils font également cave à bière depuis le 16 juin et proposent un peu de restauration. La bière Joli Rouge se distingue par son packaging original. Elle est en effet commercialisée dans des bouteilles de 50 cl que les deux brasseurs sérigraphient eux-mêmes. « Les sérigraphies vertes

LA BIÉRATAISE

BRASSERIE GARLAND

40 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

L

Christian Garland produit lui-même son houblon

DR

J

’ai commencé à bricoler dans les années 1990. Ma première bière à la vente est sortie en 1994. » Installé dans le Tarn, Christian Garland est un précurseur en Midi-Pyrénées. À une époque où la bière revenait à la mode, « personne ne savait en faire », explique-t-il. Il trouve un livre sur le brassage et décide de se lancer. Agriculteur, il produit son propre malt dans sa malterie d’une capacité de 800 kg, « ce qui représente plus de 150 jours par an ». Mais le brasseur de la Karlande, qui travaille avec ses deux filles, veut « à tout prix conserver son autonomie, même si cela demande des sacrifices ». Il propose trois bières différentes pour une production d’environ 300 hl par an. La vente se fait essentiellement en direct, dans sa ferme bio située à Algans. Et Christian Garland constate « un véritable essor ces dernières années, de 10 % à 15 % par an, grâce à la notoriété du produit. On s’adapte à la demande. »

correspondent à des bières houblonnées et les rouges à des bières aromatisées », explique Yann, qui a fait les Beaux-Arts à Toulouse avant de travailler dans un atelier de sérigraphie-gravure. Aujourd’hui, 2/3 de la production sont vendus auprès des professionnels. L’ambition de la brasserie Joli Rouge est d’atteindre l’équilibre entre vente directe et vente au professionnel

’ idée de produire sa propre bière est née lors d’une manifestation autour de l’Irlande. Aujourd’hui, à Bérat (31), Michel Jouin propose 5 bières différentes : une blonde et une brune pur malt, une blonde à la violette, une ambrée à la figue séchée et une bio, lancée en 2012. Des bouteilles essentiellement commercialisées en Haute-Garonne, que l’on retrouve dans les épiceries fines, quelques bars et chez de nombreux cavistes. Le brasseur le plus ancien de Haute-Garonne reconnaît « être à un tournant. Nous avons changé le matériel cet été, ce qui représente un investissement d’environ 100 000 €. » En 2011, Michel Jouin a produit 830 hl. « L’activité est en constante croissance. Notre CA avoisine les 200 000 €. » Il explique « surfer sur le renouveau des produits du terroir, du bien manger. Les gens cherchent des produits de qualité. » Il a ajouté depuis peu une offre de restauration autour de la bière


BUSINESS NOUVELLES ENTREPRISES

Pink me Up : le nouveau mode de déplacement des entreprises DAVID BÉCUS

Moins chère que le taxi, plus conviviale que les transports en commun, cette PME toulousaine s’adresse aux entreprises pour les déplacements de leurs collaborateurs. CA espéré pour 2012-2013 : entre 150 et 200 K€.

plus », précise Sylvain Lazaro. En effet, le passager reçoit un SMS de confirmation de réservation avec l’heure, le lieu, le numéro de téléphone du chauffeur, il est prévenu 5 minutes avant de l’arrivée de la voiture, peut payer par carte bleue… « Et en plus, on est sympa », plaisante le jeune cofondateur de la société.

Démarrage en trombe

I

Sylvain Lazaro, l’un des deux fondateurs de la société

l y a un an, Sylvain Lazaro et Sara Ilunga, étudiants de l’ESC Toulouse, ont eu une idée : monter leur entreprise. Riches de leur expérience à l’étranger où les taxis sont nombreux et peu chers, et devant le constat que 15 000 personnes s’installent dans l’agglomération toulousaine chaque année (avec les problèmes d’embouteillages bien

connus que cela engendre), ils mûrissent leur projet et donnent vie à Pink me Up en mai 2012. La société travaille en partenariat avec une quinzaine d’entreprises de l’agglomération, principalement pour des trajets depuis ou vers l’aéroport Toulouse-Blagnac. « Le but, c’est de proposer un service moins cher que le taxi, et avec une multitude de petits services en

Pink me Up a été entièrement autofinancée à son démarrage grâce à des amis footballeurs professionnels, Herita Ilunga et Cyril Merville, qui ont apporté à eux deux 100 000 €. Aujourd’hui, l’entreprise possède trois voitures neuves (des monospaces), un site Internet qui sert de plateforme de réservation et fait travailler trois chauffeurs à temps plein. Elle assure en moyenne 15 trajets par jour et prévoit un CA compris entre 150 et 200 K€ à la fin du premier exercice. « Pour le moment, le but n’est pas de faire du chiffre mais de créer une image de marque, de fidéliser nos clients, de tester notre produit », affirme Sylvain Lazaro. Comptez 28,5  € pour un trajet Labège-Blagnac. La nuit, Pink me Up se transforme en taxi pour les jeunes fêtards grâce à un partenariat avec le club Room 157 Sophie Arutunian

Des outils informatiques « online » pour les PME avec Diva-Cloud Issue d’un projet de fin d’études, Diva-Cloud fournit un panel d’outils informatiques aux PME, associations et collectivités  qui n’ont pas les moyens d’investir dans les outils de gestion en ligne. 42 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

D

iva-Cloud répond à un réel besoin des petites entreprises » selon Aurélien Rauffet, cofondateur de la start-up tarnaise. Diva-Cloud, soutenue par l’incubateur Midi-Pyrénées et implantée dans la technopole CastresMazamet, propose tout un catalogue d’outillage informatique (gestion de projets, gestion RH, visio-conférence, etc.). La particularité de l’offre : il est possible de payer « à l’heure » ou « au mois »

des solutions prêtes à l’emploi sur un serveur sécurisé. Diva-Cloud, lancée au printemps dernier grâce aux fonds propres de trois associés (25 000  € investis) « devrait être rentable l’année prochaine », selon Aurélien Rauffet. La société compte une dizaine de clients en France et en Belgique et envisage une levée de fonds courant 2013 pour lui permettre d’embaucher des commerciaux S. A.


PUBLI-RÉDACTIONNEL


CHRISTOPHE BARON

Le Télégramme

Nouvelle L’homme des adresses toulousaines à succès, Christophe Baron, redonne vie au bâtiment du Télégramme, le siège du journal éponyme du début du XXe siècle transformé en bar-restaurant.


BUSINESS SUCCÈS

L

es ouvriers s’activent sur les échafaudages, une équipe place le mobilier et les lieux sentent encore la peinture. À quelques heures de l’ouverture, Le Télégramme bouillonne. Calme et serein, Christophe Baron est le chef d’orchestre de toute cette agitation, répondant à un téléphone qui sonne sans cesse et aux multiples sollicitations. Il tranche, donne les directives, est présent sur tous les fronts. L’homme des adresses branchées toulousaines est en passe de réussir son nouveau défi : lancer un lieu à la fois restaurant et bar, dans un bâtiment emblématique en lieu et place du journal Le Télégramme, 1 rue Gabriel Péri. « C’est ma sixième ouverture, mais la première de cette ampleur. 850 m2 sur trois niveaux, ouverts sept jours sur sept, pour le déjeuner, l’afterwork, le dîner et la nuit. »

De la petite adresse aux établissements reconnus À l’heure où les ouvertures de grands établissements se font rares, le pari ne l’effraie pas. « C’est une vraie gageure mais Le Télégramme répond à une demande et il n’y a pas de loi qui dit que seules les petites adresses fonctionnent. On trouve de très beaux établissements à Lyon, Bordeaux ou Paris. » Ses autres adresses du centreville (Côté Vin et le Saint-Jérôme) avec 50 places assises ne sont pas de la même dimension. Ici, 250 personnes seront accueillies autour des 3 bars, les mangedebouts et les tables basses. Ou dans le fumoir traité en atelier d’artiste cerclé de vitres. « C’est la première fois que j’ai l’opportunité de faire à la fois un bar et un restaurant, je n’ai plus à choisir, je retourne aux fondamentaux de mon métier. »

Olivier Saurat, un ami. L’idée est alors de proposer quelque chose de nouveau aux Toulousains habitués à grignoter des tapas espagnoles en sirotant leur verre de vin. Le Saint-Jérôme lance la mode des tapas gastronomiques « à la française », de véritables plats miniatures dressés dans des assiettes. Les associés travaillent les vins pour permettre une association parfaite avec l’offre culinaire. « À cette époque, on était tous en salle ou en cuisine avec quelques serveurs dont certains sont aujourd’hui responsables ou même associés. La bonne ambiance de notre groupe déteignait positivement sur la clientèle, on a réussi à créer un lieu de rendez-vous chaleureux. » Au bout de deux ans, la routine s’est un peu installée et la bougeotte reprend Christophe Baron. « Deux opportunités se sont alors présentées, on a foncé. C’était gros. Deux établissements phare du centre-ville sur la place Saint-Georges à reprendre quasiment en même temps, avec les travaux à gérer et les équipes à mettre en place. » Deux nouveaux associés arrivent, Atanas Boshnakov et Benjamin Serra. Le succès est au rendezvous une fois de plus, même si le boulot est énorme. « On a jonglé, d’autant qu’il fallait rester présent au Saint-Jérôme. Mais on avait l’énergie pour. Les clés du succès ? Un énorme investissement personnel, un besoin identifié et une réponse précise : deux entités différentes sur la même place, le Wallace en bar d’ambiance et restauration à midi, Monsieur Georges en restaurant sur quatre étages. »

Une forte envie de recentrage « C’est en 2010 que j’ai réalisé que petit à petit, je perdais le contact avec la clientèle. Et j’avais besoin de souffler un peu.

édition Un métier qu’il connaît bien. En 2004, à 26 ans, il crée avec Philippe Henriet, un copain de fac, le Velvet Café, un petit resto de 25 places qui se retrouve très vite plein midi et soir. En 2005, la petite entreprise grandit avec la reprise du Saint-Jérôme, rue Saint-Antoine du T. À l’équipe de départ se sont ajoutés Julien Bacquié, le chef, et

J’ai lâché la place Saint-Georges et décidé d’ouvrir une affaire qui me rapprochait de l’époque Velvet. Ç’a été Côté Vin avec une nouvelle associée, Magalie Fregeac. » 200 m2 rue Boulbonne avec une belle terrasse de 40 places qui s’étire sur le trottoir et est prise d’assaut tous les soirs. Une affaire qui tourne mais qui ne suffit plus, deux ans

2 M€ 850 m 30 2

coût total de l’opération de superficie employés

après, à ce boulimique de travail. Une fois de plus, l’opportunité se fait décisive. Ce sera Le Télégramme de l’autre côté des boulevards. Et Christophe Baron endosse une fois de plus les habits qui lui vont si bien, ceux du lanceur d’adresses à succès. Pour réussir cette aventure, Christophe Baron s’entoure de deux associés : Romain Pecqueret qui travaille depuis longtemps avec lui et Stéphane Ménoret, un entrepreneur tenté par la restauration. « Nous formons une équipe avec des savoir-faire complémentaires. Stéphane s’occupe de la communication, Romain est mon bras droit et mon homme de confiance. Moi, j’apporte l’expérience.  » C’est grâce à Hubert Garros, un promoteur toulousain propriétaire de l’immeuble qui a cru dans le projet, que l’affaire a pu se monter. Mais aussi avec l’appui de l’architecte Thomas Brassat, qui a conservé l’identité du lieu et son histoire en y apportant une vraie modernité. « Nous avons conservé le carrelage de l’entrée, les briques des murs, les planchers en bois massif et réorganisé un décor industriel. » Le résultat est à la hauteur de l’investissement global qui avoisine les 2 millions d’euros. « L’espace a été redéfini autour de trois étages qui accueillent indifféremment ceux qui veulent dîner ou seulement boire un verre. Le niveau intermédiaire est une scène destinée aux groupes de musique généraliste lors des soirées. » Tout a été pensé pour assurer le confort des clients : la disposition du mobilier, le nombre d’employés (17 en salle), le choix du chef François Mazzuchin (ex golf de Vieille-Toulouse et Firmin) à la tête d’une brigade de 12 personnes et une carte de restauration, de vins et d’alcool finement élaborée. Depuis le 23 octobre, la nouvelle édition du Télégramme est lancée. Elle devra faire ses preuves très rapidement. « La rentabilité doit être immédiate et la vitesse de croisière atteinte en un an. » En grand professionnel, Christophe Baron n’a rien laissé au hasard. L’expérience a parlé, le succès est à ce prix Stéphanie de Balorre

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 45


BUSINESS INNOVATION

Les Prix Galaxie remis en novembre Le Club Galaxie remettra ses Prix Galaxie du 15 au 18 novembre à la Cité de l’Espace lors du festival « Des Étoiles et des Ailes ». Il récompense des projets créateurs de valeur et d’emploi, dans le domaine des technologies spatiales. Les trois prix sont dotés de 1 000 à 10 000 €. Le thème de cette année est « Innovation et Espace au service de tous ». Les lauréats bénéficieront en plus d’une adhésion d’un an au Club Galaxie et seront parrainés par un ou deux chefs d’entreprise.

Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, était en visite à Toulouse le 24 septembre dernier. Elle a visité des PME innovantes de la TIC Valley, à Labège, notamment l’entreprise Nooméo (conception d’outils de mesure 3D qui s’appliquent au secteur de l’aéronautique). La ministre a exprimé son souhait « que l’innovation permette de créer du chiffre d’affaires et des emplois », contrepartie en échange de laquelle elle a garanti que l’État continuerait de financer les pôles de compétitivité français pour les trois ans à venir.

46 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

le cluster des robots

L

a robotique changera nos vies dans les 10 années à venir, comme l’a fait l’informatique ces 10 dernières années », affirme Philippe Roussel, président de la start-up Abankos Robotic et président du tout nouveau cluster midi-pyrénéen Robotics Place. Né le 30 août dernier, Robotics Place a pour vocation de faire émerger des start-up, d’accompagner les entreprises dans leur développement et d’animer la filière locale. « Le secteur de la robotique est historiquement très implanté en Midi-Pyrénées, avec un vrai mouvement de la filière ces trois dernières années », explique Philippe Roussel qui parle d’un marché « en pleine explosion ».

Une centaine d’entreprises innovantes dans la région Parmi les PME innovantes du secteur, Kinéo Cam fabrique des logiciels qui gèrent la façon dont les robots bougent leurs membres, Spikenet a développé une technologie permettant d’analyser des images comme le cerveau humain, Topchair a développé un fauteuil rou-

Le drone de Delair-Tech destiné à l’industie petrolière dispose d’une imagerie verticale en temps réelle

DR

Créée à Balma en 2006, Vexim, spécialiste de la microchirurgie du dos, annonce un CA de 1,1 M€ pour le 1er semestre 2012, en hausse de 93 % par rapport au 1er semestre 2011. Grâce aux 11 M€ levés lors de son entrée en bourse en mai dernier, Vexim va poursuivre son développement à l’international et renforcer sa R&D. Les ventes du Spine Jack, petit implant en titane destiné à redresser les vertèbres (technologie brevetée), ont été multipliées par 3,5 sur 12 mois.

Robotics Place,

lant permettant de monter des escaliers et Delair-Tech a conçu un petit drone pour inspecter les pipelines. Aujourd’hui Robotics Place compte une trentaine de membres. Il existerait dans la région une centaine d’entreprises susceptibles de rejoindre le cluster Sophie Arutunian

ON / R. BENOIT

Success story pour Vexim


BUSINESS INNOVATION

F

abriqué à Toulouse, chez Astrium, le satellite d’observation de la Terre, Pléiades 1B, est désormais opérationnel. Son lancement est prévu le 1er décembre 2012. De son côté, le satellite Spot 7 doit être livré d’ici l’été 2013. Complémentaires, les deux satellites offriront des images de haute et très haute résolution pour des clients du secteur public ou privé.

Un marché de 1,8 Md€

Pléiades 1B a quitté le site Astrium de Toulouse pour la Guyane

Surveillance d’un site militaire, industriel ou minier, cartographie, modélisation 3D, suivi quotidien de l’évolution d’un iceberg, agriculture… le marché de la géo-information concerne aussi bien le secteur public (défense, sécurité) que le privé. Et ce marché mondial est estimé à 1,8 Md€€ pour l’année 2012. « Ce marché est intéressant car il est en progression croissante (+7 % par an) et répond aux besoins de la communauté internationale », explique

BC Bio, l’innovation est dans le nem

Patrick Le Roch, directeur d’Astrium Services Géo-information. Avec les deux satellites Pléiades (1A et 1B) en service, 1 200 images par jour seront disponibles contre 600 actuellement. Quant au duo Spot 6 et Spot 7, il fournira 1 500 images par jour.

Concurrence « Nous représentons actuellement plus de 50 % des parts de marché dans le secteur de la haute résolution, indique Patrick Le Roch. Notre ambition est aujourd’hui de développer le secteur de la très haute résolution, où nous sommes encore aujourd’hui à moins de 1 % de parts de marché. » D’autant qu’un duopole semble se dessiner dans le secteur de l’image satellite. Face à Astrium, une fusion est programmée entre ses concurrents américains Digitalglobe et Geoeye… Sophie Arutunian

DR

ASTRIUM 2012

Décollage imminent pour Pléiades 1B, fabriqué à Toulouse

La société gersoise spécialisée dans la fabrication de produits traiteurs bios affiche un chiffre d’affaires de 1,6 M€. Un résultat dû en partie à une machine développée avec le CTCPA.

L

e succès de BC Bio repose sur une politique simple, « des produits frais et des matières premières de saison », explique l’un des trois fondateurs, Cyril Baland. Mais la société, qui fabrique des pizzas, des tartes salées et toute une gamme asiatique à base de produits bios, a également mis « la technologie au service de la qualité ». Pour fabriquer ses nems, la jeune entreprise auscitaine s’est en effet appuyée sur les laboratoires du CTCPA (Centre technique de la conservation des produits alimentaires). « Nous avons acheté une machine afin de fabriquer nos propres galettes de riz, de façon à être plus auto-

48 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

nome, plus écologique et mieux maîtriser la qualité de nos produits », précise Cyril Baland. Un investissement de 25 000 € pour la société. Le CTCPA a aidé BC Bio dans le choix du matériel, sa mise au point et le développement du process industriel. Pour le gérant, « c’est un atout incontestable d’être à côté de ces laboratoires ».

« Croissance exponentielle » À l’heure actuelle, BC Bio produit environ 50 000 nems par semaine, « toutes roulées à la main, assure Cyril Baland, car nous voulons conserver notre côté artisan ». Fondée en  mai 2011 par Cyril et Karine Baland, et Oli-

vier Lauzeille, l’entreprise connaît aujourd’hui « une croissance exponentielle ». Elle affiche un chiffre d’affaires de 1,6 M€ sur sa première année d’activité et emploie 22 personnes. BC Bio fournit notamment l’ensemble du réseau Biocoop en France et démarre le partenariat avec de grosses chaînes comme Naturalia. Installée au sein d’une pépinière d’entreprises, la société prévoit de déménager l’an prochain dans un local adapté de 1 000 m2. 2013 sera également l’occasion de lancer une gamme végétarienne à base de galettes de blé, « grâce à la nouvelle machine » Paul Périé


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

La dégradation de la conjoncture et la colère d’une partie des patrons ont marqué la rentrée économique, au point qu’un sentiment de panique gagne par endroits les esprits. Une analyse lucide montre pourtant que la situation n’est pas catastrophique et qu’il faut trouver de nouvelles solutions au manque de compétitivité. Par Emmanuelle Durand-Rodriguez

50 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

C

’est arrivé comme une gifle et ça fait mal. Brutalement, l’économie régionale s’est trouvée soufflée par la crise et deux annonces ont tout changé : Sanofi a dit son intention de fermer son centre de recherche toulousain et le chômage a bondi de 11,6 % en un an. À eux seuls, ces événements ont sonné la fin d’une sorte de parenthèse enchantée à laquelle les Midi-Pyrénéens avaient fini par croire, à force de l’entendre répétée. Oui mais voilà, malgré la bonne santé de l’aéronautique, Airbus, même à Toulouse, ne peut pas tout. Qui d’ailleurs pouvait sérieuse-

ON / R. BENOIT

À la recherche de la croissance perdue

ment croire que la région ne serait pas impactée, alors que tout autour n’est que tassement de la consommation, réduction des dépenses des collectivités, hausse des matières premières et crise de compétitivité des industries européennes ?

Pire en 2013 C’est un point qui rassemble syndicats patronaux et syndicats de salariés, la crise est bien là. « La situation est franchement difficile », affirment de concert le Medef, la CGPME et le Centre des jeunes dirigeants (CJD). « C’est dur et ce n’est que le début, insiste Serge Attia président du CJD. Je pense qu’on n’a pas vu le pire et que 2013 sera l’année la plus critique. » Anouk Déqué, présidente de la CGPME 31 approuve, ajoutant même,


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

100 entreprises touchées À la préfecture, où une cellule du Redressement productif a été mise en place en juin, le Secrétaire général pour les affaires régionales (Sgar) Vincent Roberti confirme « qu’une centaine d’entreprises est surveillée. Le cas d’une quinzaine d’entre elles est évoqué chaque semaine. » Parmi elles, il y a bien sûr Sanofi, le Crédit Immobilier de France, mais aussi des entreprises qui font tout pour que leur nom ne se retrouve pas dans la presse. « Elles ont justement besoin que leur cas ne soit pas médiatisé », précise Catherine d’Hervé, directrice régionale des entreprises à la Direccte. Pour autant, à la Direccte, à l’Insee ou au Tribunal de commerce, l’analyse de la situation économique est loin d’être catastrophique. Tous ces organismes confirment que les fondamentaux de l’économie régionale résistent. « Il y a une forme de contamina-

tion du sentiment de crise, pointe Patrick Berger, directeur régional de la Banque de France, mais sur le fond, le dynamisme de l’économie régionale est toujours là. En septembre, la reprise de la production a même été assez vive dans l’aéronautique et les carnets de commandes offrent toujours une très bonne visibilité, ce qui aura un impact positif sur l’emploi et l’investissement. N’oublions pas que l’aéronautique a un effet entraînant sur beaucoup de secteurs. Selon la note de conjoncture de l’Insee de mars 2012, pour une unité de valeur ajoutée (VA) produite par l’industrie aéronautique, cela induit 3,8 unités de VA supplémentaires. C’est probablement un peu plus encore en Midi-Pyrénées. » L’aéronautique n’est peut-être pas une assurance-vie éternelle mais pour l’instant en tout cas, ça continue !

Comme un air de lutte des classes « Ne nous laissons pas endormir par la bonne santé de ce secteur », prévient néanmoins Grégory Martin, secrétaire régional de la CFDT. « N’oublions pas les difficultés auxquelles sont confrontés les services et l’agroalimentaire, qui sont les secteurs les plus pourvoyeurs d’emplois de la région. Or l’emploi précaire flambe et c’est très inquiétant. » Interrogée également, Gisèle Vidallet, secrétaire générale de la CGT 31, estime que « la situation est grave. Nous demandons un moratoire sur tous les plans sociaux et une loi contre les licenciements boursiers. Les salariés sont à bout et ils vivent en plus très mal le fait que le patronat soit si revendicatif. Ils craignent d’être les perdants de la lutte des classes. Il faut bien voir que dans le mouvement des pigeons, ce sont les salariés qui sont les dindons de la farce. » Les pigeons ! Le mot est prononcé, c’est lui qui aura marqué la rentrée économique. Lancé à Paris, le mouvement a été très rapidement relayé par des entrepreneurs locaux et par le Medef  31. Son président, Philippe Robardey, a adressé début octobre une lettre à tous les parlementaires de la Haute-Garonne, les alertant notamment sur la modification de la fiscalité sur les plus-values de cession : « cette action est le signe d’une mobilisation patronale extrêmement forte aux plans local et

Une contamination du sentiment de crise

LE SYMBOLE SANOFI Sanofi a réalisé 5,7 Md€ de bénéfices en 2011 et prévoit 900 suppressions de postes d’ici 2015. Le dossier cristallise les inquiétudes des élus et des salariés.

U

ON / RB

sur la foi d’une enquête réalisée auprès de 800 patrons, que « 53 % des PME du département pourraient licencier d’ici le premier trimestre 2013 ». En cause ? Une série d’indicateurs effectivement inquiétants, en particulier dans le secteur bâtiment et travaux publics, où « le manque de visibilité se confirme dans toutes les branches », affirme la Banque de France dans sa dernière note de conjoncture Midi-Pyrénées (septembre 2012). Les carnets de commandes se sont encore rétrécis, la concurrence s’exacerbe et l’accès plus difficile des ménages aux crédits immobiliers (malgré des taux historiquement bas) finit de déprimer le secteur. « La restauration est elle aussi touchée par la crise », affirme de son côté Jacques Picard, président du Tribunal de commerce de Toulouse, qui cite à l’appui le cas du J’Go (80 employés), en redressement judiciaire. De manière générale, les PME, et surtout les TPE, absorbent plus difficilement les variations de carnets de commandes, la hausse des prix des fournisseurs ou même la hausse des prix des baux des fonds de commerce (lire p. 30). D’autres entreprises sont en difficulté, on pense en particulier à la Maison du Jambon à Albi, la base logistique d’Intermarché à Lectoure ou la papeterie Fibre Excellence (ex Tembec) à Saint-Gaudens.

ne loi « Sanofi » contre les licenciements boursiers verra-t-elle le jour ? C’était le souhait de Pierre Cohen en septembre dernier, lorsqu’il affirmait que les patrons du géant pharmaceutique se comportaient « comme des voyous ».  Une colère partagée par des élus de tous bords dont Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), venu à Toulouse affirmer qu’« il n’y a aucune raison que le site ferme sur la volonté d’une poignée de gens cupides ». Le cas Sanofi, symbole de la financiarisation de l’économie ? C’est également l’avis de Pascal Delmas, représentant de l’intersyndicale Sanofi Toulouse, pour qui la direction n’a qu’un argument financier pour justifier son plan de restructuration. Une procédure de droit d’alerte a été lancée pour la contraindre à justifier sa stratégie auprès d’experts. En revanche, pour Philippe Robardey, président du Medef 31, « c’est la décision régalienne de l’entreprise et un processus inéluctable. Ce n’est pas pour embêter monsieur le maire, c’est pour suivre une stratégie. » Malgré la succession des déclarations, les pouvoirs publics semblent impuissants : après une rencontre avec la direction, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s’est félicité en octobre que Sanofi n’opère aucun licenciement sec et réduise ses suppressions de postes. Une joie incomprise par les salariés pour qui rien n’a changé par rapport au plan initial. Pour Vincent Roberti, secrétaire général pour les affaires régionales Midi-Pyrénées, « Sanofi fait une erreur stratégique. L’écosystème industriel de Toulouse est un atout pour le groupe et pour les entreprises de santé. » Fin octobre, la direction de Sanofi a annoncé la création d’un centre mondial d’infectiologie à Lyon. 300 chercheurs de Toulouse pourraient y être transférés Sophie Arutunian

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 51


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE national qui atteste de l’inquiétude des chefs d’entreprise. Le discours du gouvernement doit changer, faute de quoi les reports d’investissements ou les relocalisations d’investissements vont s’accélérer. Moi, en tant que chef d’entreprise (Sogeclair, NDLR), je ne suis pas prêt à investir en France. Je préfère investir à l’étranger, c’est clair. Parce que je ne sais pas ce qui va se passer ici. » Le discours est alarmiste, peut-être même un peu trop, affirment d’autres chefs d’entreprise qui se demandent si le Medef ne fait pas feu de tout bois pour maintenir la pression sur le gouvernement en pleine discussion sur le projet de loi de finances. À la préfecture, on affirme en tout cas ne pas avoir constaté de mouvement important de relocalisations d’investissements. Nul ne peut nier cependant que le climat social s’alourdit. D’un côté, les patrons sont irrités par les mesures fiscales les concernant, de l’autre les salariés sont coincés entre la peur du chômage et le dépit de voir leurs salaires au mieux en panne, au pire rognés par la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires.

En Midi-Pyrénées comme ailleurs, la situation économique est complexe et suspendue aux annonces du gouvernement, notamment sur la compétitivité hors coût, celle qui ne concerne pas le seul coût des charges sociales.

LE BTP, VICTIME DE LA CONCURRENCE ESPAGNOLE

La porte de sortie de l’innovation Partant du principe que l’Europe ne fera jamais mieux en termes de coûts horaires que la Chine, il faut se différencier sur la qualité des produits ou des services. D’où les réflexions en cours pour accélérer l’innovation. Les entreprises qui performent actuellement en Midi-Pyrénées sont des entreprises innovantes. On pense aux start-up Prooftag, Sigfox, Vexim ou Noval, mais aussi aux ETI (entreprises de taille intermédiaire) prometteuses que sont Actia Group, DSI, Figeac Aero, le Groupe Cahors ou encore Sogeclair. Des entreprises qui, ayant elles aussi eu à faire face à des vents contraires, ont su s’adapter. Une qualité particulièrement précieuse en période de crise

ON / R. BENOIT

Entre patrons et salariés, le climat social s’alourdit

Le Tribunal de commerce ne constate pas une flambée des défaillances d’entreprises

52 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Les entreprises du bâtiment et des travaux publics tirent la sonnette d’alarme et font face aux baisses des commandes, aux défaillances d’entreprises et à la concurrence étrangère. « Dans le bâtiment, 1 500 emplois devraient être détruits d’ici fin 2012 », prévient Bruno Dumas, le président de la Fédération régionale du bâtiment. Même son de cloche à la Fédération régionale des travaux publics (FRTP), qui table elle sur la destruction de 500 emplois supplémentaires d’ici la fin de l’année. Pour les professionnels des travaux publics, l’attribution du marché du doublement de la rocade d’Albi à l’entreprise espagnole Comsa, au mois d’octobre, a été vécue comme le coup de grâce ! La DREAL a en effet accordé ce marché suite à un appel d’offres lancé selon le code des marchés publics européens. « Il faut bien réaliser que pour le groupement d’entreprises régionales qui avait répondu, il s’agissait d’un marché à 10 M€. Il a donc été attribué à une entreprise espagnole pour 1,1 M€ de différence. À côté de cela, le montant moyen d’un marché en travaux publics dans la région s’élève à 250 000 € », pointe Isabelle Ferrer la secrétaire générale de la FRTP. « Les retombées en termes d’emplois sont loin d’être négligeables et nous dénonçons des choix politiques contestables à un moment où le marché est déjà totalement déprimé. » Dans le bâtiment aussi, les exemples de marchés happés par la concurrence étrangère se multiplient : comme à Rodez, pour le marché serrurerie dans le cadre de la rénovation du Musée Soulages, ou dans le Comminges, pour une maison de retraite. « La situation est critique dans le piémont Pyrénéen où les entreprises étrangères font un carnage avec une main d’œuvre inférieure de 30 à 40 % aux prix français », observe même Bruno Dumas Béatrice Girard


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

Leur analyse sur la si Chefs d’entreprise, syndicalistes, élus, banquiers ou économistes, ils livrent leur analyse sur une situation économique particulièrement complexe. Ils dessinent des pistes de sortie de crise et appellent à bousculer les conservatismes de tous bords.

Gisèle Vidallet secrétaire générale de la CGT Haute-Garonne « 9 000 personnes ont manifesté à Toulouse en octobre alors que la période qui suit une élection présidentielle est souvent marquée par l’attentisme. 3 000 emplois ont été perdus au cours des 18 derniers mois dans le BTP, et on ne compte plus les entreprises ou organismes touchés : Sanofi, Freescale, Thales, Air France Industries, La Poste, etc. Les salariés vivent mal le fait que le patronat soit si revendicatif et qu’il martèle que le coût du travail est trop cher. Ils craignent d’être les perdants de la lutte des classes. Une journée européenne contre l’austérité aura lieu le 14 novembre. »

entreprises. Il comporte des dispositions néfastes pour l’entrepreneuriat et la compétitivité. La modification de la loi sur les plus-values a été un signal catastrophique adressé aux chefs d’entreprise. Il faudrait être bête pour créer une entreprise, si c’est pour avoir un taux de taxation président du Medef qui est plus de deux fois Haute-Garonne ce qui se fait ailleurs en « J’ai rarement vu Europe. Les entrepreneurs l’inquiétude patronale sont de droite ou de gauche, là n’est pas le à ce niveau-là. J’ai adressé un courrier aux débat. La question est parlementaires de la de savoir s’ils ont envie Haute-Garonne car je veux de mettre leur énergie, les alerter sur les risques leur talent et leurs actifs à risques pour être que le projet de loi de finances fait peser sur les maltraités, stigmatisés

et insultés par la classe politique. Si les chefs d’entreprises sont en insécurité et n’ont pas confiance, ils vont aller entreprendre ailleurs. Il y en a déjà qui sont partis et d’autres qui préparent leur départ. C’est une tendance, je peux vous le confirmer et c’est inquiétant pour MidiPyrénées. Il y a aussi des reports d’investissements et des relocalisations d’investissements. Par ailleurs, je pense qu’il faut faire un re-engineering complet de la dépense publique car il est certain qu’on ne va pas inventer de l’argent qu’on n’a pas pour financer les entreprises. »

Castagnac (commissaire au redressement productif), Catherine d’Hervé (directrice régionale des entreprises à la Direccte), Pôle Emploi, la Région, la Direction générale des finances publiques (DGFiP). C’est une cellule de veille qui doit détecter très en amont les entreprises en difficulté afin de proposer rapidement des solutions : rééchelonnement des cotisations et des dettes sociales, aides, primes, mises en contact avec Oséo ou la Caisse des Dépôts. Dans les cas les plus complexes, nous remontons les informations aux ministères. Aujourd’hui,

nous suivons de près une centaine d’entreprises et le cas d’une quinzaine d’entre elles est évoqué chaque semaine. Beaucoup tiennent à garder confidentielle leur situation. Aujourd’hui, c’est vrai que la situation économique est complexe, mais nous ne constatons pas de mouvements d’entreprises qui décident d’investir à l’étranger plutôt qu’en Midi-Pyrénées. Le sentiment de panique actuelle est lié au manque de visibilité. Les affaires ne sont pas mauvaises, mais les chefs d’entreprise n’arrivent pas à anticiper sur ce que réservent les prochains mois. »

Philippe Robardey

Bruno Cavagné président de la Fédération régionale des travaux publics « En Midi-Pyrénées, le chiffre d’affaires des entreprises des TP a baissé de 6 % entre 2007 et 2011. La concurrence étrangère, notamment espagnole, perturbe le marché en appliquant des prix anormalement bas. 84 % des entreprises ont un carnet de commandes inférieur à 6 mois. En 2009, la FRTP avait recensé 450 projets permettant de redonner un coup de fouet au secteur. Depuis c’est comme si je prêchais dans le désert. » 54 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Vincent Roberti secrétaire général pour les affaires régionales (Sgar) Midi-Pyrénées « Avec le ministre du Redressement productif, nous avons mis en place un dispositif offensif face à la crise. Chaque mercredi matin, une cellule se réunit dans mon bureau. Elle comprend Robert


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

tuation économique secrétaire régional de la CFDT « Je constate qu’il y a un décalage énorme entre la situation économique réelle, dans les entreprises, et la vision que les chefs d’entreprise et les élus en ont. J’ai pu constater, lors du Forum économique de Toulouse en septembre, qu’il y avait beaucoup d’autosatisfaction.

Patrick Berger directeur régional de la Banque de France en Midi-Pyrénées « L’économie régionale est marquée par un manque de visibilité. On observe une forme d’attentisme et la perception d’une atonie d’ensemble de la conjoncture. On voit

dé-rigidifier le système de formation. Aujourd’hui, seuls les gauchistes pensent qu’on peut freiner la mobilité des capitaux. Je dis qu’il faut accompagner cette mobilité et surtout anticiper. On ne pourra jamais se mettre au niveau du coût du travail en Inde ou en Chine, nous devons donc réfléchir à améliorer la compétitivité hors coût. Pour cela, il faut travailler sur l’accès à la recherche des petites entreprises et des entreprises éloignées de Toulouse. C’est au Pres de jouer un rôle dans ce domaine et il faut bousculer le monde universitaire qui a encore tendance à être conservateur. »

peu d’investissements, sauf dans l’aéronautique qui se porte très bien, comme le spatial. Dans la plupart des secteurs, les carnets de commandes diminuent. Deux secteurs sont particulièrement touchés : le bâtiment et les travaux publics. Nous avons quelques alertes sur l’industrie agroalimentaire. En cause : le prix des matières premières et les difficultés des professionnels à le répercuter auprès des distributeurs. Nous sommes également vigilants sur la politique de financement. Nous suivons de près les crédits accordés aux TPE

et PME. Le directeur régional de la Banque de France est aussi un médiateur du crédit et doit rapprocher les banques et les entreprises qui ont besoin de financement. Or les sollicitations du médiateur sont beaucoup moins nombreuses en ce moment : une quinzaine, contre 80 à 100 saisines par mois en 2008-2009. Pour une grosse part, il s’agit de crédits de trésorerie. Il y a des cas d’entreprises qui ont des difficultés d’accès au financement. Dans la région, la production de crédit de trésorerie aux TPE / PME est un point de vigilance. »

Alain Di Crescenzo président de la CCI Toulouse 31 « La situation économique nous préoccupe car jusqu’à présent nous étions habitués à surperformer dans tous les secteurs, par rapport aux indicateurs nationaux, voire mondiaux. Soit tout le monde baisse les bras, soit nous nous battons ! La CCI de Toulouse choisit la deuxième option. C’est pourquoi le Forum économique de Toulouse s’est intéressé à l’ « économie positive ». Être plus offensif que défensif, mais aussi révolutionner nos façons de faire et opter pour la « coopétitivité » : être à la fois compétitif et coopérer. Et puis bien sûr, il faut viser l’international et ne pas avoir peur de se lancer au-delà des frontières. »

Serge Attia président du Centre des jeunes dirigeants 31 « Je suis effaré par le désespoir de certains patrons. Des entreprises qui étaient sur des marchés porteurs se trouvent brutalement en situation très périlleuse. Malheureusement, pour réussir son business il ne suffit pas d’être très bon. Il faut être réactif, se mettre en position d’agilité et travailler sur le marketing de l’offre. Certaines entreprises échouent parce qu’elles n’ont tout simplement pas su écouter leurs clients. Je crois qu’il faut être très attentif à la concurrence, ne pas rester sur des positions figées ni sur le marché hexagonal. »

© PHOTOS : ON / R. BENOIT - DR

Grégory Martin

Or, la situation économique se dégrade et il faut rapidement prendre des mesures concrètes. Trois éléments sont très inquiétants : le chômage flambe depuis le début de l’année, le taux de récurrence (qui mesure la rapidité avec laquelle on retourne à Pôle Emploi après en être sorti) explose, et 77 % des offres d’emploi sont à durée déterminée. Face à cette instabilité du marché du travail, la CFDT veut faire reculer l’emploi précaire, anticiper les mutations économiques pour maintenir l’emploi, et mieux préparer les salariés. En région, je demande la création d’un fonds d’investissement sur la formation professionnelle. Il faut

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 55


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

Leur analyse sur la situation économique présidente de la CGPME 31 « En Haute-Garonne, il y a beaucoup d’entreprises en très grosse difficulté. Nous avons vu deux entreprises partir à la casse. Leur cas a été réglé en moins de 10 jours. Les patrons de TPE et PME sont fatigués et tendus. Le projet de loi de finances 2013 engendre de l’exaspération. Nous prenons des risques, nous nous investissons et on veut nous taxer à hauteur de 60 % à la revente. Nous sommes conscients que l’effort doit peser sur tout le monde. Mais il faut faire attention à ce que l’on demande aux entreprises. En France, le salaire moyen des chefs d’entreprise de TPE / PME est de 2 700 €/mois. Il faut faire preuve de bon sens et aider les entreprises qui créent de la richesse. C’est vital. »

Pierre Cohen maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole « La situation économique est inquiétante. Nous savions qu’à un moment ou un autre, l’écosystème toulousain serait à son tour rattrapé par la crise. Le bâtiment souffre depuis plusieurs mois déjà et d’autres secteurs sont maintenant concernés, comme le spatial ou le tourisme. C’est pour cette raison que nous venons de créer l’Agence de développement économique Toulouse Métropole. » 56 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Pierre-André Buigues professeur de stratégie au Groupe ESC Toulouse « La crise de compétitivité à laquelle la France est confrontée nous oblige à changer. Aujourd’hui, la politique industrielle soutient essentiellement les grands groupes et en particulier les entreprises du CAC 40 qui ont un accès direct au pouvoir politique. Avec le Crédit impôt recherche, elles ont bénéficié d’un effet d’aubaine que l’on ne peut plus se permettre en période de disette. La politique industrielle

doit désormais viser les PME. Parallèlement, il faut décentraliser le soutien aux entreprises. Les régions ne disposent pas de moyens financiers suffisants. La BPI est une bonne initiative, même s’il est difficile pour l’instant de voir concrètement comment cela va fonctionner. Nous sommes clairement les perdants de l’industrialisation, alors même que l’industrie continue de prospérer dans un croissant industriel européen : Allemagne, Autriche, Suède et Finlande. Je crois que notre industrie peut se relever à condition d’opérer les bons choix stratégiques, comme l’a fait par exemple la Finlande. Le budget y a été réduit de 10 %, des réformes structurelles fortes ont été menées et les dépenses de R&D ont significativement

Martin Malvy président du Conseil régional de Midi-Pyrénées « Je suis préoccupé par la situation économique. Dans chacun des 8 départements de Midi-Pyrénées, 5 ou 6 entreprises sont en difficulté. Raison de plus pour nous mobiliser et pour pousser des start-up à émerger. C’est pourquoi je me réjouis de la création de la BPI, la Banque publique d’investissement. Le rôle des régions y sera important puisqu’elles seront représentées aux comités

augmenté. Pour moi, le choc de compétitivité est impératif. Je suis d’accord avec Louis Gallois (commissaire général à l’investissement, NDLR) sur l’idée que la compétitivité ne se réduit pas au coût du travail. Mais je suis quand même favorable à un choc à court terme qui baisserait les coûts salariaux par un transfert sur la CSG et la TVA. Cette solution a l’avantage de pouvoir être lancée rapidement. Ses effets seront aussi plus rapides qu’un travail sur l’amélioration de la qualité par exemple. Il faut espérer que dans 10 ans notre part de marché à l’export aura vraiment progressé. Alors il pourra se passer ce qui s’est produit chez Audi, où les ouvriers ont reçu des primes très élevées au moment où la stratégie de montée en gamme a produit ses résultats. »

d’engagement de chaque antenne régionale. Via le président du conseil d’orientation qui sera un élu régional, les régions contribueront à définir les filières et les entreprises ciblées. Elles détermineront aussi la part de soutien à l’investissement et de soutien en fonds propres que la BPI devra réaliser. Avec la BPI, la Région, qui est devenue l’interlocutrice unique sur le développement, la modernisation et l’immobilier d’entreprise, va gagner en réactivité. La BPI devra aussi nous permettre une vraie mutualisation des mécanismes financiers déjà existants en région. » Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez et Paul Périé

© PHOTOS : ON / R. BENOIT - DR

Anouk Déqué


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

Tableau de bord de l’économ La région compte 219 800 demandeurs d’emploi, toutes catégories confondues, un chiffre jamais atteint. Selon les derniers chiffres de Pôle Emploi (septembre), 142 800 personnes sont inscrites en catégorie A, sans aucune activité, soit une augmentation de 11,6 % sur un an. Par Paul Périé

Les départements

ON / R. BENOIT

Chômage, la barre des 10 % dépassée

est également réparti entre hommes et femmes dans la région (respectivement 71 500 et 71 300). Cependant, les femmes sont moins touchées que les hommes par la hausse actuelle du chômage : +1,4 % contre +2,6 % sur un mois (9,7 % contre 13,5 % sur un an).

Les cadres

Les départements les plus touchés par cette hausse du chômage en catégorie A sont le Gers (+17,2 % sur un an), les Hautes-Pyrénées (+15,9 %), l’Aveyron (+15,7 %) et la Haute-Garonne (+12 %). À elle seule, la Haute-Garonne rassemble 67 800 inscrits (+1 000 par rapport à août). Le Tarn-et-Garonne (+6,6 %), l’Ariège (+8,7 %), le Lot (+8,9 %) et le Tarn (+9,3 %) s’en sortent mieux.

Le recrutement des cadres connaît de son côté une forte baisse selon les derniers chiffres de l’Apec, et ce dans tous les secteurs à l’exception du médicosocial. Seuls 49 % des entreprises envisagent ainsi d’embaucher un cadre d’ici la fin de l’année. Cela correspond à une baisse de 4 points par rapport à la même période en 2011.

Les seniors

Le chômage de longue durée

En Midi-Pyrénées, les plus de 50 ans sont les plus concernés par la hausse du chômage. L’augmentation mensuelle est de 3,2 % (+19,5 % sur un an). Ils sont ainsi 31 000 demandeurs d’emploi.

En Midi-Pyrénées, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi en catégories A, B et C depuis plus d’un an a augmenté de 11,5 % sur un an. La hausse est de 7,3 % pour les demandeurs inscrits depuis moins d’un an.

Les jeunes

Les entrées à Pôle Emploi

Avec les seniors, les jeunes de moins de 25 ans sont les plus touchés, avec une augmentation de 1,3 % sur un mois (+12,5 % sur un an). On compte 22 800 inscrits à Pôle Emploi dans cette catégorie d’âge.

Les premières inscriptions à Pôle Emploi sont en forte augmentation (+10 % par rapport aux 3 mois précédents) alors que les entrées pour licenciements économiques diminuent (-14,2 %). Les fins de contrats à durée déterminée augmentent également de 5,2 %. Parallèlement, le taux de récurrence explose, les personnes se réinscrivant rapidement à Pôle Emploi en raison de la prédominance

Les femmes Le nombre de chômeurs de catégorie A 58 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

des offres d’emploi à durée déterminée (77 %).

Les offres d’emploi Dans le même temps, le nombre d’offres d’emploi collectées par Pôle Emploi a diminué de 0,6 % au cours des trois derniers mois par rapport aux trois mois précédents. Une baisse qui concerne davantage les emplois durables (-3,7 %), alors que les offres d’emploi non durables s’accroissent (+2,1 %).

Les perspectives d’embauche D’après l’enquête 2012 de Pôle Emploi sur les besoins en main-d’œuvre, les perspectives d’embauche ont progressé de 2 % dans la région par rapport à 2011 (contre +4 % en France). On compte ainsi près de 82 000 projets de recrutement sur l’année. Les entreprises de moins de 10 salariés concentrent 51 % des projets de recrutement. Le surcroît d’activité est la première explication aux embauches possibles des entreprises et le secteur des services concentre 60 % des intentions. L’UIMM, qui représente 1 700 entreprises et 80 000 salariés, prévoit de son côté 9 000 recrutements pour les deux ans à venir. Selon l’organisation, 30 000 emplois sont à pourvoir dans la région car « un emploi industriel génère plus de 2 emplois dans les services ». À noter que le bassin toulousain concentre 38 % des projets d’embauches


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

La production industrielle

Les travaux publics

Elle est en augmentation, à l’exception du secteur de l’agroalimentaire. Le niveau des carnets de commandes se stabilise après des mois de baisse. Les stocks de produits finis restent stables à « un niveau correct ».

Malgré un léger regain d’activité, les carnets de commandes diminuent fortement dans le secteur des TP. Les prix s’orientent à la baisse et les défaillances d’entreprises augmentent. Au niveau du bâtiment, le gros œuvre est plus touché par la baisse d’activité avec des carnets de commandes qui se rétrécissent. L’activité repart à la hausse pour ce qui est du second œuvre.

L’automobile Comme à l’échelle nationale, la production a reculé dans l’industrie automobile. Les carnets de commandes sont à un niveau jugé « en-deçà de la normale ». La demande s’inscrit encore à la baisse même si l’export retrouve un peu de vigueur.

L’aéronautique et le spatial La situation reste bonne avec une reprise de la production aéronautique. Les carnets de commandes offrent une très bonne visibilité et les prévisions sont optimistes.

Le climat des affaires L’indicateur mesuré par la Banque de France était en baisse depuis plusieurs mois dans la région, il repart à la hausse dans l’industrie et les services marchands contrairement à la tendance nationale. L’activité est en repli dans le commerce de gros et les travaux publics. (Données de la Banque de France, septembre 2012)

Les chiffres clés

-11,47 %

82 000

84 %

de 3,08 % à 3,4%

baisse du nombre d’immatriculations d’entreprises sur les 9 premiers mois de 2012 (Tribunal de commerce de Toulouse)

des entreprises des travaux publics ont un carnet de commande inférieur à 6 mois (FRTP)

+11,6 %

progression du nombre de demandeurs d’emplois en Midi-Pyrénées de septembre 2011 à septembre 2012 (Pôle Emploi)

projets de recrutement pour l’année 2012 en Midi-Pyrénées (enquête BMO - Pôle Emploi)

taux de crédits immobiliers sur 20 ans à Toulouse (Meilleurstaux.com)

9,6%

Midi-Pyrénées représente 9,6 % des exportations de la France (Douanes, juin 2012)

ON / R. BENOIT

ie de Midi-Pyrénées

Vu du Tribunal de commerce

Le président du Tribunal de commerce de Toulouse, Jacques Picard, analyse les chiffres des trois premiers trimestres 2012 . L’économie toulousaine est-elle en souffrance ? Il n’y pas de signe annonciateur de grosse catastrophe mais il faut rester prudent. Nous n’avons pas eu à traiter de grosses affaires. Le cas Sanofi notamment ne relève pas du Tribunal de commerce. Pour l’instant, l’économie toulousaine tient le coup. Cependant, nous sommes de plus en plus impliqués dans la détection des entreprises en difficulté. C’est pourquoi nous envisageons la création d’une assurance santé entreprise, contractée alors que l’entreprise va bien, qui permettrait de l’aider en cas de difficultés.

Les entreprises en difficulté sontelles plus nombreuses ? Contrairement à la tendance nationale, sur les trois premiers trimestres, nous observons une baisse du nombre d’entreprises touchées, avec 856 procédures ouvertes contre 925 l’an dernier (baisse de 7,46 %). En revanche, le nombre de salariés concernés a plus que doublé (2 887 contre 1 407). Des entreprises de plus grande taille ont été touchées par des plans de licenciement cette année. Une partie seulement des 600 salariés du Claf, un organisme de formation qui travaille avec Pôle Emploi, a ainsi fait l’objet d’une reprise.

Les procédures amiables se multiplient… Nous assistons en effet à une explosion des procédures de prévention (+ 262,93 % depuis janvier). Le pire est l’ouverture d’une procédure de redressement et nous l’évitons dans deux tiers des cas OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012· 59


BUSINESS MIDI-PYRÉNÉES FACE À LA CRISE

Le pire qui pourrait arriver à l’économie serait de ne rien faire ! Pour ne pas écouter les oiseaux de mauvais augure et continuer à entreprendre, voici les cinq idées qui peuvent nous aider à rester déterminés face à la crise.

1. Rester motivé

C’est peut-être le plus compliqué ! Quand les mots « crise » et « chômage » sont sans cesse répétés, il faut avoir les nerfs solides pour rester motivé et continuer à motiver ses équipes. La solution ? Regarder la réalité en face, voir si l’entreprise est bien préparée à la crise et comparer froidement ses atouts et ses faiblesses. Un diagnostic partagé peut aider à retrouver de la combativité. Comme cela ne suffit pas, il faudra aussi préparer un plan de bataille pour le moyen terme. Pour faire face à la concurrence, l’entreprise doit avant tout s’adapter à ses clients, reconstruire son offre, se réorganiser en interne et révolutionner si besoin son ADN. Parfois, la peur d’être balayé par la crise peut faire sauter les verrous psychologiques qui, hors crise, peuvent complètement figer les ambitions.

2. Viser l’innovation

C’est en investissant sur l’innovation qu’on peut rester ou devenir compétitif. Tout le débat actuel tourne autour de la compétitivité hors coût qui ne se réduit pas à la baisse des charges sociales. Si on part de l’hypothèse lucide que jamais la France n’arrivera à des coûts du travail similaires à la Chine ou à l’Inde, il faut travailler sur d’autres leviers. L’innovation en fait partie. Selon Catherine d’Hervé, directrice régionale de la Direccte Midi-Pyrénées, « l’investissement dans l’innovation ne représente pas forcément un coût énorme 60 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

FOTOLIA

5 impératifs anti-crise

et peut concerner l’innovation organisationnelle ». « La crise est un accélérateur de mesures de changement », confirme Philippe Delmas, président de PHD Associates, conseil en stratégie industrielle, qui insiste aussi sur la nécessaire spécialisation des entreprises dans les domaines où elles excellent.

3. Utiliser les nouveaux outils

Depuis le début de l’année 2012, la création de nouveaux outils se multiplie en Midi-Pyrénées : Toulouse Tech Transfer, l’Agence de développement économique de Toulouse Métropole (lire p. 14), DP Invest, JD Invest, UIMM Invest, Irdinov, sans compter la très attendue BPI, Banque publique d’investissement, qui devrait être opérationnelle début 2013. Elle intègrera totalement le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et disposera de 42 milliards d’euros. Pour ne pas être exclues de l’innovation technologique, les PME ont par ailleurs tout intérêt à se tourner vers les plateformes d’innovation technologique. Celles-ci permettent d’éviter que chaque entreprise finance ses propres équipes de chercheurs. On peut citer les plateformes Guide (spatial), Fahrenheit (thermique) et Decidaie (agriculture raisonnée), en cours de création avec la Caisse des Dépôts.

4. Voir la formation autrement

« Le problème de la formation professionnelle, c’est qu’elle bénéficie à ceux qui n’en ont pas besoin ! » L’analyse, un rien provocante, émane du secrétaire régional

de la CFDT, Grégory Martin, qui insiste : « certains salariés sont de fait exclus de la formation. Le système est trop rigide et empêche les salariés de passer d’une branche professionnelle à l’autre. Or, pour s’adapter au marché du travail, il faudrait pouvoir se former facilement aux métiers qui recrutent. Pour cela, il ne faut pas laisser les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) gérer seuls les fonds de formation. » Autre point à améliorer : la gestion prévisionnelle des emplois qui fait partie de la compétitivité des entreprises. Quand on discute avec des managers, on comprend que leur problème numéro un est de construire leur équipe. Enfin, pas d’industrie sans métiers industriels et technologiques. L’industrie régionale peine à opérer les 9 000 recrutements qu’elle a prévus d’ici fin 2013 et l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) cherche, par la formation, à améliorer l’attractivité de ses métiers.

5. S’orienter solidaire

Depuis que l’économie sociale et solidaire a son ministère, le secteur commence à être pris au sérieux. 100 000 emplois pourraient y être créés dans les prochaines années et le succès de Scop (sociétés coopératives et participatives), comme Scopelec (électricité) ou Éthiquable, vient renforcer l’attractivité d’un secteur en émergence. On sait que la BPI (Banque publique d’investissement) devra financer l’économie sociale et solidaire. Le ministre Benoît Hamon a confirmé, lors de sa venue à Toulouse en octobre, que « 500 millions d’euros financeront les meilleurs projets. La Scop, où l’échelle de rémunération entre un dirigeant et les salariés doit être au maximum de 1 à 7, est un modèle à encourager. » Dans la région, précise Rémi Roux, nouveau président de l’Union régionale des Scop Midi-Pyrénées, « le chiffre d’affaires de toutes les Scop s’élève à 225 millions d’euros. C’est un modèle d’avenir. » Emmanuelle Durand-Rodriguez


GRAND ANGLE

MECAMONT HYDRO

prend de la hauteur (Re)montée mécanique.

Mecamont Hydro est une trentenaire dynamique ! Basée à Arreau, dans les Hautes-Pyrénées, l’entreprise créée en 1981 affichait en avril 2012 un chiffre d’affaires de 5 M€, un chiffre qui a doublé en trois ans. L’installation et l’entretien des câbles, des cabines et treuils des remontées mécaniques, telle est la vocation de la société de 41 salariés. Elle intervient sur les télésièges, les téléphériques, les téléskis, mais aussi sur les installations industrielles d’EDF ou de la SHEM dont le seul moyen d’accès passe par une remontée mécanique. C’est d’ailleurs cette diversification qui a permis à Mecamont Hydro de maintenir son activité en période de crise puisque 40 % de son chiffre d’affaires provient de la maintenance de centrales hydroélectriques. La société a des clients dans toute la France, notamment sur le massif pyrénéen français, andorran et espagnol. Le siège, à Arreau, est structuré autour de 2 ateliers de 1 000 m2, abritant un matériel important : 2 ponts roulants, des treuils, des dérouleuses pour travaux sur câbles, des machines-outils de mécanique générale, un banc d’essai de réducteurs, un magasin fortement pourvu d’outillages de levage et de manutention, et un large parc de véhicules comprenant pick-up, utilitaires et camions grues. Objectif News s’est invité lors d’une opération d’inspection du télésiège du Tuc de Pan, à la station de ski du Mourtis, en Haute-Garonne, opération qui n’a lieu que tous les…10 ans !

64 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012


GRAND ANGLE Grande Inspection.

Mecamont Hydro intervient sur la station du Mourtis pour une opération de « Grande Inspection ». Le client, la station de ski, est représenté par le maître d’œuvre, DCSA (société grenobloise de conseil-ingénierie dans le domaine du transport par câble). C’est lors d’un appel d’offres que Mecamont Hydro a obtenu la réalisation de la Grande Inspection du télésiège du Tuc de Pan, mais la station ayant réalisé un mauvais chiffre d’affaires l’année dernière, elle n’a pas soustraité le reste de la maintenance (sièges et gares de télésièges). « Nous sommes très impactés par les mauvais chiffres des stations de ski confie Hervé Blanchard, directeur de Mecamont Hydro. Avec le faible enneigement et la crise, il n’y a plus de dynamique d’investissement dans les remontées mécaniques, seulement de l’entretien. » Il y a 5 ans, les remontées mécaniques représentaient 50 % du CA de Mecamont Hydro, contre 35 % aujourd’hui.

Hélico & co.

Pour réaliser une opération d’inspection de télésiège, Mecamont Hydro loue un hélicoptère afin de récupérer en haut des pylônes les balanciers préalablement démontés, et les poser sur un camion qui les emmènera à l’atelier pour un check-up complet. La simple venue de l’hélicoptère coute 500 euros. Ensuite, c’est 25 € par minute, d’où la nécessité d’être rapide et précis. Une opération de ce genre est « une petite opération », selon Laurent Fourtine, conducteur de travaux. « Elle est facturée environ 40 000 €. » Un prix « dans la moyenne » des opérations réalisées par l’entreprise, selon le directeur Hervé Blanchard.

66 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012


Balanciers.

Les balanciers sont le mécanisme principal de la remontée mécanique, l’enchevêtrement de galets que l’on voit au dessus de nos têtes lorsque l’on atteint un pylône, assis dans un télésiège ! Ce sont eux qui réalisent la liaison entre le pylône et le câble. La mécanique ne pèse pas loin de 800 kg (la charge maximale que peut soulever l’hélicoptère est d’une tonne), elle est révisée tous les 10 ans. Il existe 3 types de balanciers, les balanciers « support », les balanciers « compression », et les « support-compression », selon que le câble passe au-dessus, en-dessous ou au milieu des galets. Lors de la Grande Inspection, les balanciers sont passés au crible dans les ateliers de Mecamont Hydro pour détecter les éventuelles fissures.

Les hommes.

Quarante cinq salariés travaillent chez Mecamont Hydro. « Quand j’ai pris la tête de l’entreprise en 1990, il y avait 5 salariés », raconte le directeur Hervé Blanchard. « Nous embauchons des personnes qui n’ont pas forcément réussi leurs études. Ce sont des gens qui aiment le grand air, la nature », précise-t-il. En revanche, Mecamont a des difficultés pour recruter du personnel qualifié pour son bureau d’études qui compte une douzaine d’ingénieurs et de dessinateurs de haut niveau.

Diversification.

« La diversification de notre activité nous a permis de survivre en temps de crise », confie Laurent Fourtine, conducteur de travaux. En effet, à l’origine dédiée aux remontées mécaniques, l’activité de Mecamont Hydro s’est tournée vers la maintenance de centrales hydroélectriques. Elle compte parmi ses clients la SHEM (2 M€ de CA en 2011), EDF, RTM et une dizaine de micro-centrales. Aujourd’hui, ce secteur représente 40 % de son chiffre d’affaires. « Avant les remontées mécaniques représentaient l’essentiel de notre chiffre. Depuis 3 ans, l’hydroélectricité est passée devant et les perspectives sont bonnes avec les efforts faits sur les énergies renouvelables », explique Laurent Fourtine. Malgré tout Hervé Blanchard, directeur de la société, se veut prudent pour les années à venir et évoque « le flou artistique » engendré par la crise.

OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC.  2012· 67


GRAND ANGLE

Développement durable.

Mecamont Hydro se décrit comme une entreprise citoyenne. Concrètement, elle s’efforce d’appliquer les trois principes fondateurs du développement durable : le social, l’efficacité économique, et l’environnement. Pour le directeur Hervé Blanchard, « au niveau sociétal, nous employons des jeunes de la vallée, une zone désindustrialisée où il y a peu d’emploi. Nous voulons éviter au maximum l’exode vers les grandes villes. » Sur le plan économique, « nous cherchons en permanence des astuces, développons la créativité pour s’adapter à une économie mouvante ». Enfin, l’aspect environnemental est au cœur de l’activité de Mecamont Hydro. « Nous travaillons sur des sites protégés, dans la nature, sur des pente enneigées. Notre devoir est de laisser le terrain propre. » Ce qui n’empêche pas les hommes du chantier de ramasser quelques cèpes dans la forêt en redescendant de leurs pylônes ! Textes : Sophie Arutunian - Photos : Fred Lancelot 68 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012


REPÈRES CONJONCTURE

Les impôts augmentent presque partout... et surtout en France En 2011, les impôts ont augmenté dans 20 pays de l’OCDE et ont diminué dans six. C’est en France que la hausse a été la plus importante, après le Chili.

F

ace à la crise, la plupart des pays industriels augmentent leurs impôts. C’est la conclusion à laquelle parvient l’OCDE, au regard des données concernant les prélèvements obligatoires, que l’organisation vient de publier. L’an dernier, 20 pays membres de l’organisation ont accru leurs prélèvements, contre 6 qui les ont diminués, en proportion du PIB. C’est au Chili que les taxes et autres contributions publiques ont le plus augmenté, de 1,75 point de PIB. Mais la France ne situe pas si mal, pourrait-on dire, de ce point de vue. Juste après le Chili, en fait. Les prélèvements obligatoires y ont augmenté de 1,35 point de PIB, passant de 42,9% à 44,2% de la richesse nationale. La République tchèque se situe juste après

(+1,1 point), suivie de près par l’Allemagne (+1 point). Cette évolution tient bien sûr à la contrainte de réduction des déficits publics, qui pousse les gouvernements à accroître la pression fiscale. Mais aussi, souvent, à diminuer la dépense publique. Ainsi, en Grande-Bretagne, les prélèvements obligatoires ont augmenté plus modérément (+0,7 point), le choix ayant été fait d’accentuer les efforts sur les dépenses. Difficile de dire que cette politique a été plus efficace que celle conduite en France : le déficit public britannique s’est à peine résorbé, en raison d’une croissance trop faible, inférieure à 1 %.

Le luxe suédois de baisser les impôts Certains pays se sont offert le luxe de pouvoir baisser leurs impôts, comme la Suède, où le taux de prélèvements a reculé sensiblement, d’un point de PIB. Une politique rendue possible par l’excellente situation des finances publiques suédoises... Elle est d’ailleurs poursuivie actuellement. Les prélèvements obligatoires y sont désormais proches du niveau français (44,5 % du PIB contre 44,2 % dans l’Hexa-

gone), alors que le taux record est constaté au Danemark (48,1 %). La forte hausse des prélèvements obligatoires, en France en 2011, la plus importante depuis Alain Juppé, en 1996, peut surprendre : les hausses d’impôt entrées en vigueur en 2011 ont tout l’air d’un simple apéritif, en comparaison de ce qui a suivi. Mais Nicolas Sarkozy avait tout de même avalisé une série de remises en causes de niches - ou considérées comme telles - dont certaines importantes, comme la remise en cause du calcul mensuel des baisses de charges ou la fin du taux réduit sur les abonnements internet ou les mobiles « triple play ». En outre, de nombreux mécanismes mis en place lors de la relance de 2009 ont pris fin. En tout état de cause, on peut parier qu’au titre de l’année 2013, la France, avec ses 30 milliards d’euros d’impôts en plus (1,5 point de PIB) aura droit à la palme des hausses des prélèvements au sein des 29 pays de l’OCDE... Même si certains pays d’Europe du sud, en situation difficile, ont fortement recours, également, à la fiscalité Ivan Best - La Tribune

La chronique de l’Ordre des experts-comptables Investissements pour le compte d’une société en formation : quid de la déduction de TVA ? Dans le cadre de la création d’une société, les premiers investissements sont bien souvent réalisés par les futurs associés. La question se pose alors de savoir si la TVA grevant ces dépenses ouvre droit à déduction. Le système commun de la TVA est fondé sur le principe de neutralité de la TVA dès lors que les activités économiques exercées par l’entrepreneur sont soumises à la TVA. Ainsi, le droit à déduction de la TVA ayant grevé les dépenses d’investissement réalisées préalablement à la création de l’entreprise est subordonné à l’accomplissement d’activités économiques,

permettant d’obtenir la qualité d’assujetti. Il ressort de la jurisprudence constante de la Cour de justice de l’UE que la qualité d’assujetti, et donc l’exercice du droit à déduction, n’est pas liée à la réalisation préalable et effective de recettes taxables à la TVA mais peut résulter de l’intention déclarée de réaliser des activités économiques futures, donnant lieu à des opérations imposables à la TVA. Dans un arrêt du 1er mars 2012, la Cour de justice de l’UE confirme que les premières dépenses d’investissement effectuées pour les besoins d’une entreprise

70 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

doivent être imputées aux activités économiques et que doit être considéré comme assujetti celui qui réalise des actes d’investissement étroitement liés et nécessaires pour l’exploitation future. Ainsi, les futurs associés, qui ont réalisé les investissements qui seront exploités par la société, peuvent être considérés comme des assujettis et sont habilités à déduire la TVA d’amont. La Cour a précisé que, si la législation nationale ne permet pas la déduction de la TVA par les associés (leur permettant d’en exiger immédiatement le remboursement), le droit à déduction doit être accordé à la

société une fois créée. À noter que ce droit à déduction ne peut pas être refusé du fait que les factures ont été établies au nom des associés et non à celui de la société, dès lors que les conditions de fond du droit à déduction sont satisfaites. Pour tout conseil n’hésitez pas à contacter votre expert-comptable

Immeuble Le Belvédère 11 boulevard des Récollets 31078 Toulouse cedex 4 Tél. 05 61 14 71 60 fax. 05 61 55 33 29 cro@oec-toulousemp.org www.ectoulouse.com


LIFESTYLE ON / R. BENOIT

VINS

La tournée des ballons Gaillac

Domaine de Labarthe Méthode ancestrale - Brut 2010 - 8,40 € 05 63 56 80 14 100 % mauzac. C’est le seul AOC en vin effervescent du Sud-Ouest. En bouche, de fines bulles apportent élégance et fraîcheur. Au nez se développent des arômes de pomme et de poire. La méthode ancestrale est une technique de production respectueuse du vin, sans ajout de sucre ou de liqueur. Cette vinification est antérieure à la production du champagne. Ce vin est peu alcoolisé (9 à 11°) alors pourquoi se priver !

À déguster entre amis à l’apéritif.

Côtes de Gascogne

Fronton

Château Laballe - « La Demoiselle de Laballe »

Château de Plaisance « Thibaut de plaisance »

Ce vin se drappe d’une belle robe jaune brillant, d’un nez subtil et intense sur des notes de fruits exotiques. L’attaque en bouche est fraîche, avec une belle amplitude et une belle longueur. Il trouve son équilibre entre douceur et vivacité. C’est un vin sucré, fruité et frais à la fois ! Laissez-vous surprendre par ce vin gourmand qui trouve son élégance dans le juste équilibre entre douceur et fraîcheur.

Château de Plaisance, l’un des leaders de l’appellation Fronton, est exploité par Marc Penaveyre, un vigneron passionné, gourmand, qui donne envie de déguster son vin tant il en parle avec emphase. Le nez est complexe, fait de fruits noirs et d’épices. La bouche est tendue, offrant un parfait équilibre entre la chair et la force des tanins. La négrette s’exprime pleinement sur ses arômes de violette et de fruits confits, la syrah apporte à l’assemblage le petit supplément de gras qui « fait le liant ». Potentiel de garde : 15 ans.

Rouge - 10 € 05 61 84 97 41

2011 - Blanc doux - 6,50 € 05 58 73 81 57

Servir frais à l’apéritif, sur un foie gras, une cuisine asiatique ou au fromage.

La cuvée Thibault de Plaisance est à boire sur un plat du terroir, comme un cassoulet.

Fronton

coup de cœur

Château la Colombière « Bellouguet » 2010 - Rouge - 16 € - 05 61 82 44 05

Bellouguet (beau petit lieu en occitan), est le nom historique du Domaine se trouvant sur le hameau du lieu-dit Bellouguet. Il s’agit d’un vin aux arômes de fruits noirs et d’épices, légèrement torréfiés. On note la présence de tanins frais et fins. Sa bouche volumineuse s’exprime sur des arômes de poivre et autres épices douces avec une finale saline. Potentiel de garde : 8 à 10 ans.

Servir à 18-20°C sur une viande de bœuf saignante, ou des gibiers à poils rôtis ou à la broche.

72 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

L'ABUS D'ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION


FOTOLIA

LIFESTYLE RESTAURANTS

Les valeurs sûres À TOULOUSE Pour une soirée exceptionnelle ou un repas d’affaires, Toulouse regorge d’adresses haut de gamme réputées qui ont su garder leur authenticité. Notre sélection. Restaurant Michel Sarran

Le chemin pavé d’étoiles de Michel Sarran en fait l’incontestable patron de la gastronomie toulousaine. Bien plus qu’une institutionon, son restaurant est un véritable acteur de la vie sociale des entreprises de la région. La carte est le parfait reflet de sa personnalité et tourne autour de tonalités asiatiques, ancrées dans le terroir Sud-Ouest et mêlées d’influences méditerranéennes. Pour le déjeuner, il propose un Menu Capitole, idéal pour les repas d’affaires avec la même exigence que pour la carte. Chaque semaine, une nouvelle carte propose deux entrées, deux plats (un poisson ou une viande), du fromage ou un dessert. Menu Capitole, 49 €, vin et café compris.

21 BD ARMAND DUPORTAL, TOULOUSE 05 61 12 32 32 - WWW.MICHEL-SARRAN.COM

L’Amphitryon

Un incendie avait ravagé les lieux. La ténacité du chef doublement étoilé Yannick Delpech et de son associée, Sandrine Batard, a permis à L’Amphitryon de renaître de ses cendres. Pour preuve, malgré des mois de fermeture, le guide Michelin a conservé les deux étoiles à l’établissement. À midi, Yannick Delpech a mis en place un menu à 34 €. « Pour les déjeuners d’affaires, le temps est compté et on sait qu’un long après-midi attend nos convives. Ce menu Amphi-citron répond à ces attentes ». Bouillon de crustacé au lait de coco et ravioles de foie gras, ou risotto accompagné d’une tartine de daurade sont quelques-uns des plats proposés. Avec l’arrivée de l’automne, place au gibier, aux

74 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

crustacés, aux champignons, au rouget barbet, aux coquillages. Des salons modulables peuvent être privatisés pour assurer une confidentialité aux moments professionnels.

CHEMIN DE GRAMONT, COLOMIERS 05 61 15 55 55 - WWW.LAMPHITRYON.COM

Le Py’r

Pierre Lambinon est l’un des jeunes chefs les plus prometteurs de Toulouse et son restaurant ne désemplit pas, avec une carte construite sur une cuisine intuitive à travers des plats justes et cohérents. Menu déjeuner : 26 €, menu Py’r : 42 €. Pour un repas confidentiel, demandez la table à l’étage. Si vous êtes nombreux, privatisez la salle du bas.

19 RUE DES PARADOUX, TOULOUSE 05 61 25 51 52 - WWW.PY-R.COM

Les Jardins de l’Opéra

En mars dernier, Stéphane Tournié a accroché une étoile à cette adresse phare de la place du Capitole. Cette distinction a permis aux Jardins de l’Opéra de devenir le rendez-vous d’une clientèle d’hommes d’affaires désireux de se retrouver autour d’une cuisine actuelle et sincère, aux goûts préservés et aux cuissons précises. Le chef aime travailler les produits bios et les poissons sauvages. Son menu à 29 € (entrée, poisson ou viande et dessert) et son menu dégustation à 59 € avec entrée, poisson, viande, dessert et mises en bouche, sont travaillés dans le même esprit que sa carte. On peut réserver une des deux tables installées un peu à l’écart dans une alcôve ou

choisir de privatiser l’ensemble de l’établissement.

1 PLACE DU CAPITOLE, TOULOUSE - 05 61 23 07 76 WWW.LESJARDINSDELOPERA.COM

L’Atelier de Jean

Tout nouveau dans le paysage gastronomique toulousain, l’Atelier de Jean ne passe pas inaperçu. La cuisine de Jean Tillot est un hommage rendu à Lucien Vanel et la carte fait accourir gourmets et gourmands : pieds de cochon désossés, poulardes en vessie, foie frais poêlé, côte de bœuf marchand de vin… À midi, menu à 14 €, le soir 29 €.

26 RUE RAYMOND IV, TOULOUSE 05 61 62 75 63 - WWW.LATELIERDEJEAN.FR

Le Bibent

La réouverture il y a 1 an du Bibent, par Christian Constant, avait créé l’événement. Aujourd’hui, l’engouement pour cette brasserie classée monument historique ne se dément pas. Du petit déjeuner au dîner, la qualité est toujours au rendez-vous. Les plats de saison y tiennent la vedette et le chef s’approvisionne chez les maraîchers, fromagers, bouchers ou boulangers du coin. Un salon au sous-sol d’une vingtaine de couverts accueille les repas d’affaires (60 €/pers) et la salle de restaurant, ouvrant largement sur la place du Capitole, est une magnifique vitrine de la Ville rose. Menus à 21 et 29 €.

5 PLACE DU CAPITOLE, TOULOUSE. 05 34 30 18 37 - WWW.MAISONCONSTANT.COM Par Stéphanie de Balorre


ÉVÉNEMENTS FORUM ÉCONOMIQUE DE TOULOUSE

Le 20 septembre, la 2e éditon du Forum économique de Toulouse a rassemblé 800 personnes. Organisée par la CCI Toulouse 31, cette rencontre avait pour thème « Économie positive : faire de l’avenir la plus belle des entreprises ». Alain Di Crescenzo, président de la CCI, a mis en avant la « coopétitivité », mélange de compétitivité et de coopération. Parmi les nombreux intervenants, Carlos Verkaeren (Poult), Christian Saint-Étienne (professeur CNAM) et Philippe Forestier (Dassault Systèmes) ont notamment donné leur vision de l’avenir des entreprises en Midi-Pyrénées

DR

800 participants

NOUVEAUX MANAGERS

ON / R. BENOIT

6 dirigeants réunis Objectif News a réuni, le 9 octobre, les nouveaux managers de la région. Isabelle Assassi, directrice du programme Grandes Écoles de l’ESC, Marie-Laure Mesnard, directrice commerciale régionale SFR, Serge Atia, nouveau président du Centre des jeunes dirigeants de Toulouse (CJD), Pierre-Antoine Lévi, responsable du pôle LCL Banque Privée Midi-Pyrénées, Jean-Luc Maté, président du Cluster Automotech, et Pascal Thévenet, directeur de l’agence Veolia Propreté Grand Toulouse, ont ainsi pu faire connaissance et échanger sur leurs actualités respectives.

ALLIANZ GOLF OPEN TOULOUSE MÉTROPOLE

Du sport et du business

DR

La 13e édition de cet événement s’est déroulée du 17 au 23 septembre au Golf international de Toulouse-Seilh. Cet open international qui réunissait 132 des meilleurs joueurs internationaux est inscrit au Challenge Tour européen. Au-delà du sport, l’Allianz Golf Open Toulouse Métropole est aussi un événement de relation publiques. Séminaires, réunions, déjeuners d’affaires étaient ainsi au programme de cette nouvelle édition.

76 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012


AGENDA

20 nov. 5

déc.

6

déc.

MATINALE OBJECTIF NEWS - CAISSE D’ÉPARGNE Invité de la rédaction : François-Xavier Desgrippes, président-directeur général d’Abrisud De 8h30 à 10h au Casino Théâtre Barrière de Toulouse Inscriptions : matinales@objectifnews.com SOMMET ÉCONOMIQUE DU GRAND SUD 2e édition de cette journée d’échanges réunissant plus de 800 décideurs d’Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. 5 déc. soirée d’ouverture dès 20h au Palais de la Bourse de Bordeaux 6 déc. journée de débats autour des "4E" : Europe des infrastructures, Emploi, Énergie et e-business, Éducation, de 9h à 17h au Palais des Congrès de Bordeaux-Lac Renseignements : www.sommeteconomiquedugrandsud.com

1er global média

de l’économie régionale AQUITAINE

MIDI-PYRÉNÉES

LANGUEDOC-ROUSSILLON

RHÔNE-ALPES

LES PARTENARIATS D'OBJECTIF NEWS

5

déc.

6

déc.

4

déc. au

6

déc.

6

déc.

SALON DE L’ENTREPRISE 10e édition du Salon de l’Entreprise Midi-Pyrénées 2 jours d’ateliers, conférences et tables rondes autour des thèmes de la création, du développement, de la reprise, du financement des entreprises et de la franchise. Au Centre de Congrès Diagora Labège Renseignements : www.sempy.com AEROMART TOULOUSE 9e édition de la plus grande rencontre d’affaires internationale de l’industrie aéronautique mondiale. 4 déc. : Aeromart Summit au Centre de Congrès Pierre Baudis, dédié à la supply chain 5 et 6 déc. : convention d’affaires au Parc des Expositions Renseignements et inscriptions : www.bciaerospace.com RENCONTRES DU CMRH 1er Congrès régional Midi-Pyrénées du Mieux Vivre en Entreprise  Sur le thème : « Mieux vivre en entreprise, la faute à qui ? » De 8h30 à 18h30 à l’Hippodrome de la Cépière 1, chemin des Courses - 31100 Toulouse Renseignements et inscriptions : www.cmrh.fr

TOUS LES SOIRS À

18H

PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR

LES RENDEZ-VOUS QUOTIDIENS Rejoignez gratuitement les 51 000 abonnés et recevez la newsletter de 18H

chaque soir le 1er quotidien de l'économie régionale

l’interview vidéo du jour www.objectifnews.tv Inscription sur www.objectifnews.com Devenez fan d'Objectif News sur Facebook Suivez @objectifnews sur Twitter 78 · OBJECTIFNEWS · N°24 · NOV. › DEC. 2012

Contact : Cendrine Martinez 05 34 31 40 41 cendrine.martinez@objectifnews.com



Numero 24