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Réformer la fiscalité, objectif final de Nicolas Sarkozy t Vers un « nouvel impôt sur le patrimoine » ; l’ISF et le bouclier fiscal seraient supprimés t Dépendance : des décisions « à l’été 2011 »

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auf imprévu… » Ce ne fut qu’une précaution oratoire du chef de l’Etat, mardi 16 novembre, au fil de son entretien télévisé avec trois journalistes, pour nuancer en toute honnêteté le vœu clairement affirmé de conserver jusqu’au terme de son quinquennat le nouveau gouvernement Fillon. Ce pourrait être la devise d’une fin de mandat qui s’annonce complexe pour Nicolas Sarkozy, et pas seulement au niveau national. Sauf imprévu, donc, le lourd dossier de la fiscalité va être mis sur la table. Supprimer et le bouclier fiscal et l’impôt surla fortune (ISF) ? Créer un « nouvel impôt sur le patrimoine » et taxer les « revenus et les plus-values » dudit patrimoine ? S’atta-

quer plus frontalement que jamais au « problème de la France » : « trop de dépense publique » ? Tenir l’engagement renouvelé : « Il n’y aura pas d’augmentation d’impôts » ? Deux points au moins ne sont pas imprévus : l’âpreté des débats à venir et l’allure générale de cette série de problèmes – la quadrature du cercle. Il pourrait bien en aller de même des modalités de financement futur de la dépendance, inévitablement de plus en plus coûteuse dans une France vieillissante. « Le chômage reculera l’année prochaine », a encore assuré le président de la République. Là encore : sauf imprévu. p Lire pages 8 à 10

Un vendeur de journaux, lundi 15 novembre, à Dublin PETER MORRISON/AP PHOTO

Les Etats-Unis enjoignent les Européens de voler au secours de l’Irlande t Les pays de la zone euro peinent à passer des intentions aux actes Page 15 K Contre-enquête Crise de la dette: les Européens peuvent-ils éviter la contagion? K Comment fonctionnent les mécanismes de sauvegarde? Pages 16-17

Intérêt national et clientèles électorales

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’est évidemment son caractère. C’est aussi sa conviction depuis longtemps. Pour Nicolas Sarkozy, l’instauration du quinquennat modifie en profondeur l’exercice du pouvoir présidentiel: non seulement en plaçant le chef de l’Etat en première ligne, au risque – assumé – de cristalliser contre lui le mécontentement du pays ; mais aussi en transformant son mandat en une campagne électorale permanente. Il en a refait la démonstration lors de son entretien télévisé, mardi 16 novembre : il a clairement tracé la stratégie qu’il espère gagnante en 2012 et qui va charpenter son action et sa communication durant les dix-huit prochains mois. Tant il ne fait pas de doute, en dépit de ses dénégations convenues, que cette échéance l’occupe tout entier. L’argumentaire n’est pas sans

habileté, mais repose sur une contradiction majeure. Depuis le début de cette année, méthodiquement, le chef de l’Etat s’emploie à installer l’image, et à adopter la posture, d’un président protecteur, au service de tous les Français – et pas seulement des « riches», comme il lui a été beaucoup reproché. Cette rhétorique classique de tous les présidents de la Ve République est désormais son leitmotiv. La réforme des retraites? «L’intérêt général ». Le chantier ouvert

Editorial de la prise en charge de la dépendance des personnes âgées ? Encore « l’intérêt national ». La réforme annoncée de la fiscalité du patrimoine ? Toujours « l’intérêt du pays ». Bref, le « combat pour la France » doit effacer la défense

des intérêts particuliers, a-t-il martelé avec insistance. Parfait! A ceci près que les réformes annoncées pour la fin de mandat vont en sens inverse. Le socle de l’électorat de Nicolas Sarkozy en 2007 – celui qui a à peu près résisté jusqu’à présent et qui sera décisif au premier tour de l’élection de 2012 – est constitué de Français âgés de plus de 60 ans et de ceux qui sont fortunés, aisés ou au moins confortablement installés dans la vie. Or, c’est à ces deux « clientèles»-là, presque exclusivement, que s’est adressé le chef de l’Etat. Les réformes des retraites, de la dépendance ou de la fiscalité sont bien entendu des enjeux nationaux. Mais qui sont leurs bénéficiaires éventuels? D’une part les personnes de plus de 60 ans (qui sont à la retraite ou en approchent et qui sont confrontées à la prise

en charge de leurs parents plus âgés), d’autre part ceux qui bénéficient d’un patrimoine ou de revenus éligibles à l’impôt de solidarité sur la fortune ou au bouclier fiscal, soit moins de 600 000 foyers fiscaux. Qu’en est-il du reste de la société ? Les jeunes ? On leur promet, pour la énième fois depuis vingtans ou plus, le renforcement des formations en alternance. Le chômage structurel aggravé par la crise ? Il va baisser, assure le président, comme il l’avait déjà dit en janvier, contre toute évidence. L’emploi? C’est affaire de compétitivité, ce qui n’est pas faux, mais pas non plus suffisant. Quant aux difficultés quotidiennes vécues par les classes populaires et une bonne partie des classes moyennes, elles sont occultées. A ce stade, l’intérêt national invoqué reste donc un leurre. p

Eric Woerth devant la Cour de justice de la République? Justice Le procureur général de la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, cherche à établir si un délit de « prise illégale d’intérêts et de favoritisme » est établi dans l’affaire de la cession de l’hippodrome de Compiègne. Il a saisi la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR). Elle devra décider s’il y a lieu, ou non, de poursuivre M. Woerth et de le renvoyer, pour un procès, devant la CJR. Page 11

Le retour en vogue des photographes de mode Marché Paris Photo, le Salon qui se tient du 18 au 21 novembre à Paris, confirme l’engouement des collectionneurs pour la photographie de mode. Dénigré hier comme commercial plutôt qu’artistique, le travail d’Irving Penn, Richard Avedon ou Guy Bourdin dormait dans les archives des magazines, parfois depuis les années 1950. Leurs tirages atteignent aujourd’hui des cotes considérables. Page 24

Le Royaume-Uni attend sa princesse roturière t Emoi : le prince William annonce ses noces avec Kate Middleton

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es marchands de souvenirs kitsch avaient préparé depuis longtemps les assiettes, tasses ou mugs peints à l’effigie du couple. L’annonce officielle, mardi 16 novembre, du mariage en 2011 du prince William, deuxième dans l’ordre de succession à la Couronne, avec sa fiancée de longue date, Kate Middleton, a tourneboulé le

Retrouvez-nous page 14

RoyaumeUni. Images en boucle, presseintarissable, jusqu’à la reine, qui n’a pas caché son parfait enthousiasme : « C’est une excellente nouvelle. » Les médias se sont déjà entichés de leur future princesse, qui n’est pasissuedel’aristocratie,maisn’est pas spécialement aux pieds nus : Kate est la fille d’un couple d’entrepreneurs fortunés, et les deux jeunes gens se sont rencontrés en 2001 à la prestigieuse université Saint Andrews. Depuis lors, les tabloïds

ont glosé sur les chances de « Waitie Katie » (« Katie en attente ») d’intégrerlafamilleroyale. Mardi, un fait hautement symbolique n’a échappé à aucun observateur : Kate Middleton est apparue avec la bague en saphir que portait Lady Diana, la princesse de Galles. La nouvelle decette union divertit des préoccupations économiques du moment, alors que le pays est engoncé dans une des pires récessions de son hisPage 7 et toire.p le billet de Robert Solé page 29

Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane 2,00 ¤, Autriche 2,40 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 500 F CFA, Canada 4,25 $, Côte d’Ivoire 1 500 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 25 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 500 F CFA, Grande-Bretagne 1,50 £, Grèce 2,20 ¤, Hongrie 700 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,20 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Malte 2,50 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 25 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 1,90 ¤, Sénégal 1 500 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 30 KRS, Suisse 3,00 CHF, Tunisie 2,00 DT, Turquie 6,00 TL, USA 3,95 $, Afrique CFA autres 1 500 F CFA,


24 heures dans le monde

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Les gens

Les faits

t Jean-Paul Delevoye président du CESE

aInternational Le choléra se propage d’Haïti à la République dominicaine

Par 170 voix sur 233 (et 57 bulletins blancs), le médiateur de la République et ex-ministre (UMP) Jean-Paul Delevoye a été élu, mardi 16 novembre, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), assemblée consultative parfois saisie par le gouvernement. Son seul adversaire, le président de la Mutualité française Jean-Pierre Davant, 65 ans, a jeté l’éponge dans la matinée, n’étant pas parvenu à rassembler derrière lui les syndicats. Agé de 63 ans, M. Delevoye, fidèle de l’ex-président Jacques Chirac, a été ministre de la fonction publique et de la réforme de l’Etat (2002-2004).

t Vincent Giret va dirigerla rédaction de «Libération» L’ex-patron de la rédaction de France 24, licencié en septembre, va occuper le poste de directeur délégué de la rédaction du journal Libération, au côté du directeur de la publication, Laurent Joffrin. M. Giret, âgé de 49 ans, a été présenté, mardi 16 novembre, à la rédaction du quotidien, qu’il dirigera à partir du 1er décembre. Il reprend ainsi le poste laissé vacant, en mars 2009, par Didier Pourquery, devenu rédacteur en chef du Monde Magazine.

t Jean-Michel Olivier, lauréatdu prix Interallié2010

Les chiffres

n Sur Lemonde.fr : les internautes définissent leur conception du « repas à la française »

LeConseilconstitutionneldevrase prononcersurlemariagehomosexuel Le tribunal de grande instance de Reims a transmis, le 24 août, à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité concernant les articles du code civil qui excluent du mariage des personnes de même sexe. Pour les demandeurs, ces articles sont anticonstitutionnels parce qu’ils « limitent la liberté individuelle d’un citoyen français ». Dans un arrêt rendu mardi 16 novembre, la première chambre civile de la Cour de cassation a estimé que le mariage homosexuel faisait « l’objet d’un large débat dans la société, en raison, notamment, de l’évolution des mœurs ». Elle a donc décidé de transmettre au Conseil constitutionnel, auquel il reviendra de trancher. (PHOTO AFP) Lire page 12 Un premier cas de choléra a été constaté, mardi 16 novembre, en République dominicaine, qui partage l’île d’Hispaniola avec Haïti, où plus d’un millier de personnes ont déjà succombé à la maladie. Le ministre dominicain de la santé a annoncé qu’un ressortissant haïtien avait été hospitalisé dans le pays, malgré les mesures de prévention mises en place par Saint-Domingue. Le dernier bilan, établi mardi, faisait état de 1 034 morts et 16 799 hospitalisations en Haïti, depuis le début de l’épidémie mi-octobre. (PHOTO AFP) Lire page 4

Nicolas Sarkozy a défendu, mardi 16 novembre, le maintien à Matignon de François Fillon, présenté comme « le meilleur premier ministre pour la France», et fixé sa feuille de route jusqu’en 2012. En matière de fiscalité, il a répété qu’il n’y aurait pas d’augmentation des prélèvements mais s’est prononcé pour la création en 2011 d’un « nouvel impôt sur le patrimoine », à la place du très contesté bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune (ISF) dont il a implicitement confirmé les suppressions. Il a assuré que « le chômage reculera l’année prochaine » et annoncé la généralisation du contrat de transition professionnelle pour les licenciés économiques ainsi que le « doublement » du nombre de jeunes en alternance. La réforme de la dépendance sera effective en 2012, a indiqué le président, en annonçant l’ouverture d’une « grande consultation » durant six mois pour des « décisions à l’été 2011 ». La réforme doit remettre à plat le financement de la prise en charges des personnes âgées dépendantes, qui seront de plus en plus nombreuses dans les années à venir. Lire pages 8 et 9

Société éditrice du « Monde » SA Président du directoire, directeur de la publication : Eric Fottorino Vice-président, directeur général : David Guiraud Secrétaire général du directoire : Pierre-Yves Romain Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer Editeur : Michel Sfeir Directrice de la rédaction : Sylvie Kauffmann Directeurs éditoriaux : Gérard Courtois et Alain Frachon. Rédacteurs en chef : Jean-Jacques Bozonnet, Michel Kajman, Franck Nouchi, Isabelle Talès, Didier Pourquery (« Le Monde Magazine »). Chef d’édition : Françoise Tovo. Directrice artistique : Sara Deux. Veille de l’information : Eric Azan. Secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président. Gilles van Kote, vice-président Le Monde est édité par la Société éditrice du «Monde» SA Durée de la société : 99 ans à compter du 15 décembre 2000. Capital social : 149 017 497 ¤. Actionnaire principal : Le Monde SA. Rédaction :80,boulevardAuguste-Blanqui,75707Paris Cedex13 Tél. :01-57-28-20-00 ;télécopieur :01-57-28-21-21 Abonnements :partéléphone:deFrance0-825-000-778. (0,15TTC/min) ;del’étranger:(33)3-44-31-80-48ou www.lemonde.fr/abojournal/Changementd’adresse etsuspension :0-825-022-021(0,15TTC/min)

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est édité par la Société Editrice du Monde (SA). La reproduction de tout article est interdite sans l’accord de l’administration. Commission paritaire des publications et agences de presse n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037

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Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a annoncé, mardi 16 novembre, avoir saisi la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) du cas de l’ancien ministre du travail, Eric Woerth, dans une affaire de favoritisme et de prise illégale d’intérêts. M.Woerth, maire de Chantilly et, à l’époque, ministre du budget, est soupçonné d’avoir bradé, en mars, une parcelle de la forêt de Compiègne (Oise) comportant un golf et un hippodrome. L’affaire avait été révélée en juillet par le Canard enchaîné. La CJR est la seule juridiction habilitée à juger les ministres pour des crimes ou délits commis durant l’exercice de leurs fonctions. Egalement mis en cause dans l’affaire Bettencourt, M. Woerth a quitté le gouvernement, dimanche 14 novembre, lors du remaniement ministériel. Lire page 11

Le repas gastronomique des Français inscrit au Patrimoine de l’humanité Le repas gastronomique des Français a été inscrit, mardi 16 novembre, au Patrimoine immatériel de l’humanité par un comité intergouvernemen-

t Social

22% des Français ont traversé une période de «pauvreté» Selon l’étude « France, portrait social 2010 » publiée par l’Insee et présentée mardi 16 novembre, 22 % des Français de plus de 16 ans ont connu entre les années 2004-2007 (durée de l’étude) au moins une année de pauvreté, souvent de manière temporaire notamment pour les jeunes ménages. Seuls 4 % sont restés dans cet état durant les quatre années. Le nouvel indicateur de l’Insee, « la pauvreté en conditions de vie », mesure les privations d’éléments de bien-être de la vie quotidienne.

t Emploi

44600 postes créés en France au 3e trimestre

aFrance M.Sarkozyprometunebaissedu chômageetuneréformedelafiscalité

Eric Woerth menacé de renvoi devant la Cour de justice Le Suisse Jean-Michel Olivier, 58ans, a reçu, mardi 16 novembre, le prix Interallié pour L’Amour nègre (éditions de Fallois, 346 p., 18,50 euros). Le jury a choisi l’écrivain et journaliste genevois au quatrième tour, par six voix contre cinq à Claude Arnaud pour Qu’astu fait de tes frères? (Grasset, 368 p., 19euros). Le prix Interallié récompense, depuis 1930, les romans écrits par des journalistes. Son attribution clôt la saison des distinctions littéraires. (PHOTO AFP)

tal de l’Unesco, réuni à Nairobi. Les experts de l’organisation onusienne ont estimé que celui-ci, avec ses rituels et sa présentation, remplissait les conditions pour rejoindre la liste, considérant qu’il relève d’une « pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes ». Le compagnonnage et la dentelle au point d’Alençon, autres dossiers présentés par Paris, ainsi que l’art du tapis en Azerbaïdjan, l’acupuncture chinoise, le pain d’épices du nord de la Croatie et la cuisine traditionnelle mexicaine seront aussi inscrits sur la liste générale du patrimoine immatériel.

aEconomie L’Europe et le FMI prêts à aider l’Irlande, qui temporise Réunis à Bruxelles, les ministres de l’économie et des finances des pays de la zone euro se sont dits prêts, mardi 16 novembre, à voler au secours du secteur bancaire irlandais mais Dublin ne décidera que « dans les prochains jours » si cette aide est souhaitée, alors que l’union monétaire est à nouveau menacée par des turbulences, six mois après le sauvetage financier de la Grèce. Le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, a estimé que la zone euro jouait « sa survie », tandis que la Banque centrale européenne (BCE) s’inquiétait d’un risque de contagion des difficultés irlandaises au Portugal, à l’Espagne et à toute la zone. La situation des banques irlandaises, plombées par l’éclatement d’une bulle immobilière, et le déficit public abyssal du pays (32 % du PIB) ont fait grimper les taux d’intérêt. Lire pages 15 à 17 n Sur Lemonde.fr : entretien avec Jérôme Creel, économiste à Sciences Po

Lactalis dépose une offre sur la totalité du capital de Yoplait Lactalis a annoncé, mercredi 17 novembre, avoir déposé une offre en vue de mettre la main sur la totalité du capital de Yoplait, numéro deux mondial des produits laitiers frais derrière Danone. Selon une source proche du dossier, le groupe lavallois dirigé par Emmanuel Besnier serait prêt à débourser 1,3 milliard d’euros pour racheter Yoplait, détenu à parts égales par la coopérative agricole Sodiaal et le fonds de capital-investissement PAI Partners qui souhaite céder sa part. Lire page 18

L’emploi salarié des secteurs marchands a progressé de 0,3 % en France au troisième trimestre 2010 par rapport au trimestre précédent, avec 44 600 créations d’emplois, selon des données provisoires annoncées, mardi 16 novembre, par le ministère du travail et de l’emploi. Sur un an, l’emploi salarié dans les secteurs marchands affiche une progression de 0,6 %, correspondant à 98 600créations de postes. Le projet de budget 2011 table sur 80 000 créations nettes d’emplois marchands, après une chute de 337 000 en 2009.

t Russie

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agglomérations géantes voulues par le Kremlin La Russie envisage d’abandonner la politique de peuplement de son territoire, héritée de l’époque soviétique, en encourageant le développement de 20agglomérations géantes (de plus d’un million d’habitants), selon un projet du Kremlin exposé, mardi 16 novembre, dans le quotidien économique Vedomosti. Ces nouveaux foyers de population voulus par la présidence russe sont essentiellement regroupés dans la partie occidentale du pays et le sud de la Sibérie.

L’histoire Jean-Jacques Larrochelle

Les scores

Lemonchois et l’art du nœud de capucin

Cannes chute en Ligue des champions

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l a la mine bougonne, mais son œil bleu est pétillant. Lionel Lemonchois dit de lui qu’il est un mauvais garçon qui a réussi sa vie. Il aurait aussi pu se définir comme un malchanceux qui sait se donner les moyens de gagner. Car, outre Franck Cammas, le plus rapide à avoir rallié, cette année, Pointe-à-Pitre depuis Saint-Malo sur son trimaran géant, le Normand est l’autre grand vainqueur de la 9e édition de la Route du rhum. Les Anglais, dit-il, n’aiment pas le hasard des courses solitaires. Ils préfèrent manœuvrer les bateaux en équipage, comme s’ils partaient à la guerre. Lionel Lemonchois est plutôt de la trempe des aventuriers pacifistes. S’il doit mener un combat, ce serait plutôt contre lui-même. A cet égard, l’histoire qu’il a vécue dans l’océan mérite d’être racontée. Alors leader de la classe des « multi 50 » (des trimarans de 15 m de long), l’opiniâtre quinquagénaire a eu la désagréable surprise de voir, dès le troisième jour de la course, le pont principal de Prince de Bretagne, son voi-

lier, submergé par sa grand-voile. Le système de « lashing », servant à retenir l’immense tissage de carbone, venait tout juste de céder. Une catastrophe. Lionel Lemonchois annonce alors devoir abandonner la course, et fait route vers l’Espagne. Obligé, malgré tout, de faire avancer sa monture, il décide de monter en tête de mât pour effectuer une réparation de fortune.

Une remontée d’anthologie L’affaire n’est pas simple. Après avoir grimpé 25 mètres à la seule force de ses membres, il reste plus de trois heures suspendu comme un pendule. D’autant que le bateau, soumis à un léger tangage, joue au métronome et fait balancer notre homme dans un mouvement « largo ». Il y a fort à parier que sont alors nombreux les noms d’oiseaux qu’il profère, perché comme eux au-dessus des vagues. Cet inconfortable bricolage en altitude lui permet néanmoins, grâce à un nœud de capucin (de la famille des nœuds de

pendu), de raccrocher sa grand-voile. Sa descente est particulièrement laborieuse. Mais il se remet, annonce-t-il, en « configuration course ». Reparti bon dernier, il effectue une remontée d’anthologie en zigzagant au milieu de l’Atlantique, à l’affût du moindre brin d’air. La justesse de sa détermination qui l’a fait arriver en tête de sa catégorie, lundi 15 novembre à Pointe-à-Pitre, devrait rester dans les annales de la reine des transatlantiques. Il explique : « Je n’avais pas vraiment la haine, plutôt l’envie de monter sur le podium. Il fallait que je rattrape tout le monde. » Lionel Lemonchois n’en est pas à son premier coup d’éclat sur la Route du rhum. Depuis 2006, il est détenteur du record de la course, que même les grands voiliers de la classe « ultime » n’ont pu encore contester. Peu sensibles aux honneurs, les loups de mer de sa trempe sont de plus en plus rares dans les grandes compétitions hauturières. Ils n’en sont que plus indispensables. p

t Volley-ball

Les volleyeurs de Cannes se sont lourdement inclinés (3-0), mardi 16 novembre, sur leur parquet, face aux Russes de Kazan, lors de la première journée de la Ligue des champions.

t Football Les Bleus renoncent à leurs primes du Mondial 2010 Les 23 joueurs de l’équipe de France qui avaient participé, cet été, au Mondial en Afrique du Sud, ont accepté de renoncer aux primes de droit à l’image liées à la compétition et aux matches de préparation de la Coupe du monde, a annoncé, mardi 16 novembre, à Londres, le président par intérim de la Fédération française de football (FFF), Fernand Duchaussoy. Le montant global de ces primes, estimé à 3 millions d’euros, devrait être reversé au monde amateur.


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Céférina Cordoba pensait avoir trouvé le remède miracle contre son obésité. Elle souffre de graves séquelles. Et leur cause est enfin identifiée

Vivre après le Mediator Brest Envoyée spéciale

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lle avaitpris 20 kgen six mois. La faute à sa dépression. Céférina Cordoba était hospitalisée en clinique, c’était en 2006. Le soir, elle dînait avecune damequi luiparlait d’un coupe-faim miraculeux. Alors, en sortant de clinique, Mme Cordoba s’est fait prescrire le fameux Mediator. Un médicament des laboratoires Servier destiné aux diabétiques en surpoids, mais dont l’usage était détourné par des femmes souffrant d’obésité. Céférina Cordoba, 56 ans, a pris

« J’espère qu’ils tremblent dans leurs caleçons, au laboratoire Servier » Céférina Cordoba

Céférina Cordoba porte aujourd’hui un pacemaker, et deux de ses valves ont été remplacées par des valves mécaniques. DOMINIQUE LEROUX/SIGNATURES/POUR « LE MONDE » mère est morte. Trois procédures civiles, dont celle concernant Mme Cordoba, sont en cours. Les victimes s’interrogent maintenant sur la pertinence d’une action pénale, et envisagent un recours contre l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Depuis que l’ancienne Agence du médicament a admis, mardi 16 novembre, qu’au moins 500 personnes seraient mortes d’avoir consommé du Mediator, Céférina Cordoba se sent mieux. « J’espère qu’ils tremblent dans leurs caleçons, au laboratoire Servier », dit-elle. « Les victimes sont soulagées, on arrête de les prendre pour des gogos, témoigne Me Joseph-Oudin. Elles ont le sentiment que les autorités ont enfin compris l’ampleur du scandale de santé publique. »

Irène Frachon, la pneumologue de Brest, partageait cette impression mardi, en sortant d’un rendez-vous organisé le jour même avec le tout nouveau ministre du travail, de l’emploi et de la santé, Xavier Bertrand. « C’est la première fois que je discute avec un responsable de santé publique qui ne me parle pas la langue de bois, affirmait-elle après une rencontre de quarante-cinq minutes. J’ai pu lui parler “cash”, et il a tout entendu. » Un retournement pour la « sonneuse d’alarme » du Finistère, après trois années consacrées à prouver l’aspect néfaste du médicament, à essayer de le faire interdire, puis à combattre le déni des autorités sanitaires et du laboratoire Servier. Mais cette victoire, qui ne sera consacrée qu’avec une réforme

du système de pharmacovigilance, est aussi celle d’une équipe. Celle du CHU de Brest, d’un député socialiste opiniâtre (Gérard Bapt), des victimes et de leur avocat. Mardi, Céférina Cordoba avait un

www.citroenselect.fr

NORMALEMENT, IL EST DE BON TON DE CACHER LE PRIX DES CADEAUX s Ouver

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no

Renforcer la surveillance des médicaments sur le marché À PEINE NOMMÉ à la tête du ministère de la santé, Xavier Bertrand a tenté de déminer l’affaire Mediator. Mardi 16novembre, il a invité tous les Français ayant pris ce médicament à consulter leur médecin. La veille, l’Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps) avait estimé qu’en trente-trois ans le médicament du groupe Servier, retiré du marché en novembre 2009, aurait provoqué au moins 500 décès et 3 500 hospitalisations pour problèmes cardiaques. «Ce message s’adresse à ceux qui en ont pris pendant trois mois durant les quatre dernières années », a précisé M.Bertrand lors d’une conférence de presse mardi, après avoir rencontré Jean Marimbert, directeur de l’Afssaps, et Didier Houssin, le directeur général de la santé. Les médecins devront rechercher tout symptôme ou signe évocateur d’une

atteinte des valves du cœur, comme un essoufflement à l’effort, un œdème des membres inférieurs, une fatigue inexpliquée… D’ici quelques jours, des courriers personnalisés devraient être envoyés par l’assurance-maladie dans la mesure du possible. Le nombre de patients ayant pris du Mediator pendant plus de trois mois est estimé à 2,9 millions.

Un comité de suivi Au moment de l’arrêt de la commercialisation, plus de 300 000 étaient sous traitement. Lors du retrait du marché, l’Afssaps avait recommandé qu’un point soit fait entre médecins et patients. «Nous pensons qu’un certain nombre n’ont pas dû consulter, c’est cette population qu’il faut toucher», estime M. Marimbert. Un comité de suivi va être mis en place. Le ministre a aussi annoncé qu’une mission de l’Inspection

générale des affaires sociales allait être lancée. Attendue avant le 1er janvier 2011, elle devra proposer, à la lumière de ce qui s’est passé avec le Mediator, des recommandations sur les moyens de renforcer les études concernant les médicaments déjà sur le marché, afin d’identifier les signaux d’alertes faibles, voire très faibles. Pendant la séance des questions, à l’Assemblée nationale mardi, le député PS de Haute-Garonne Gérard Bapt, qui se bat depuis sixmois au côté de la pneumologue Irène Frachon pour faire reconnaître la nocivité du Mediator, a interpellé le ministre Bertrand : comment se fait-il que de si graves carences de notre système de pharmacovigilance puissent, une fois de plus, aboutir à un drame sanitaire? Qu’un médicament désigné en 1999 par la Commission de la transparence comme sans intérêt de santé publique contre le diabète

ait pu être prescrit pendant dix ans de plus et remboursé au taux maximal de la Sécurité sociale jusqu’en 2009 ? Pourquoi une prise de conscience si tardive ? Interrogé au cours de sa conférence de presse sur les déclarations du groupe Servier, qui a indiqué que les chiffres sur les décès étaient «des hypothèses fondées sur des extrapolations », le ministre s’est montré tranchant : « On a surtout besoin de la collaboration» du laboratoire. «Le ministre a l’air de vouloir agir, j’espère qu’il le fera jusqu’au bout », constatait en fin de journée M.Bapt, critiquant « la proximité entre les experts des commissions de l’Afssaps et le laboratoire Servier». Aller jusqu’au bout, constate le député, «ça heurte les intérêts d’une entreprise bien installée dans le paysage politique français». p Laetitia Clavreul et Marie-Pierre Subtil

rendez-vous au CHU. Les cardiologues qui la suivent « étaient contents », raconte-t-elle à son retour, « ils ont été une pierre dans le mur qui a été bâti ». p M.-P. S.

Porte

peut plus laver le sol, elle est tout de suite à bout de souffle : deux de ses valves ont été remplacées par des valves mécaniques, et elle porte un pacemaker. En novembre 2009, le Mediator a enfin été interdit de commercialisation, mais Céférina Cordoba ne veut pas en rester là. Parce qu’« “ils” savaient ». Parce que « rien sur la notice n’indiquait le risque de valvulopathie ou d’hypertension artérielle pulmonaire ». « J’étais si bien dans mon boulot… Ils m’ont mise dans la panade », se désole-t-elle. A la mi-septembre, le tribunal de Brest a accepté qu’un expert soit nommé pour étudier son cas. Grâce à son assureur, elle a pu saisir un avocat, Me Charles JosephOudin. Celui-ci compte douze clients victimes du Mediator, parmi lesquels une famille dont la

tes

du Mediator pendant vingttrois mois. Au bout d’un an, elle toussait tous les jours, elle était à bout de forces. En octobre 2008, elle a dû abandonner son travail d’« hôtesse de caisse », et se faire hospitaliser d’urgence au centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest. « Je m’en rappellerai toujours », raconte-t-elle. Le cardiologue avait préconisé une échographie du cœur et un scanner du thorax. Il a lancé à un de ses collègues : « Appelle le maître ! Ça va lui plaire ! » La malade, qui a tout perdu sauf son sens de l’humour, s’est dit : « A mon âge, il ne parle pas de mes seins… » Le médecin parlait des valves de son cœur. Dans son malheur, la patiente a la chance d’habiter à Brest. Et à Brest, les cardiologues portent alors une attention particulière aux valves des patients qui ont consommé du Mediator : depuis un an, une pneumologue du CHU, Irène Frachon, a établi un lien entre la prise de ce médicament et la valvulopathie, une atteinte des valves du cœur (Le Monde du 16 octobre). « Si je ne m’étais pas trouvée à Brest, un jour, mon cœur se serait arrêté. On aurait dit “arrêt cardiaque”. Il y en a eu combien comme ça ? », se demande Mme Cordoba. « On finira par le savoir », juge-t-elle dans le studio où elle est confinée, au rez-de-chaussée de petits logements sociaux des faubourgs de Brest. Depuis son opération, elle ne

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4 Planète

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Villes aérées

Gros émetteurs

Une soixantaine de villes, dont Paris, Montréal, Séoul, Porto Alegre, Stuttgart ou Dakar, vont prendre un engagement de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, lors du Sommet mondial des maires sur le changement climatique, le 21 novembre à Mexico.

Les Emirats arabes unis, l’Australie et les Etats-Unis sont, par habitant, les premiers pays émetteurs de gaz à effet de serre, selon une étude d’un cabinet britannique prenant en compte les rejets actuels et passés. La Chine, premier émetteur en volume total, est au 26e rang.

www.rte-france.com Observer en temps réel la consommation française d’électricité, la part du nucléaire, du charbon ou de l’éolien, les émissions de CO2 générées: c’est ce que propose le Réseau de transport d’électricité surson site Internet avec le dispositif «éCO2mix».

Le thon rouge semble sauvé de l’extinction Les scientifiques saluent le succès des quotas mis en place, au moment où les pays pêcheurs se réunissent à Paris

L

e thon rouge va mieux. Alors que s’est ouverte, mercredi 17 novembre à Paris, la réuniondes48membresdelaCommission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat), qui devrait une fois encore être le théâtre d’un affrontement autour des quotas de pêche pour 2011,lesscientifiquesdressentpour la première fois un bilan relativementoptimiste del’état de santé de ce grand poisson migrateur, très lucratif, devenu un symbole de la surexploitation des ressources marines. Il était au bord de l’extinctionen2008,lorsdeladernièreévaluation du comité scientifique de l’Iccat, qui rassemble les meilleurs spécialistes mondiaux de l’espèce. «Le stock ne court plus de danger d’extinction si l’on reste dans les niveaux actuels de quotas de pêche et qu’ils sont scrupuleusement respectés », estime Alain Fonteneau, professeur émérite à l’Institut de recherche et de développement (IRD),représentantdel’Unioneuropéenne (UE) au comité scientifique de l’Iccat. Leschercheursappuientleurdiagnosticsurplusieursélémentspositifs. Des observations aériennes montrent une augmentation significative du nombre de jeunes thons en mer et les rendements de certaines techniques de pêche traditionnelles (pêche sportive, madragues, palangres), dont les prises sont considérées comme des échantillonnagesfiables,sontenaugmentation. Enfin, alors que la surexploitation et le non-respect des quotas étaient de règle entre le milieu des années1990 et 2007, le comité relève une baisse importante des prises.«Unediminutionsignificativea lieu en 2008 et 2009, souligne JeanMarc Fromentin, de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), rapporteur dugroupedetravailsurle thonrouge de l’Iccat. Ce sont les premiers effets du plan de sauvegarde mis en place en 2007, qui comprenait une baisse des quotas et des mesures de contrôle. La pêche illégale n’a sans doute pas complètement disparu, mais elle n’atteint plus les mêmes niveaux.»

M. Fromentin tient à tempérer le constat. « On observe une amélioration sensible, mais pas encore suffisante, prévient-il. Il ne faut pas relâcher la pression et il faut maintenir le plan pendant encore probablement une dizaine d’années. » Le stock actuel ne représente encore que 30 % de la biomasse souhaitable, à même de supporter une exploitation de façon durable. Les scientifiques préconisent donc un quota compris entre 0 et 13 500 tonnes pour les années 2011 à 2013. « Dans tous les cas, on obtient une reconstitution du stock, mais plus ou moins rapidement, explique M. Fromentin. La détermination du chiffre relève de choix politiques. »

Des prises encadrées 2007 La pêche illégale du thon rouge de Méditerranée culmine. Les prises réelles sont estimées à 60 000 tonnes, pour un quota de moins de 30 000 tonnes. Un plan de reconstitution est lancé par l’Iccat. 2008 Le quota est de 29 500 tonnes alors que les scientifiques recommandent 15 000. 2009 Le quota baisse à 22 000 tonnes. 2010 Sous la menace d’une inscription de l’espèce à l’annexe 1 de la Commission sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (Cites), le quota passe à 13 500 tonnes.

«On nous dit que les choses s’améliorent, mais les scientifiques ont très peu de données. Et il ne faut pas oublier la pêche illégale »

Mars La proposition d’inscription à la Cites est largement repoussée à Doha (Qatar). Novembre Les scientifiques dressent un bilan moins sombre de l’état de l’espèce et préconisent un quota de 0 à 13 500 tonnes.

Une écologiste Avec un moratoire, les chances de reconstitution atteignent 60 % – un chiffre considéré comme élevé par les scientifiques – en 2019. Avec 13 500 tonnes, l’échéance est reculée à 2022. Ce quota, défendu par la France au nom de « l’équilibre entre économie et protection de l’environnement » est jugé « suffisamment bas et précautionneux » par M. Fonteneau. Ce discours tranche avec celui des associations de protection de l’environnement, qui font pression depuis des années pour la sauvegarde de l’espèce, et continuent à réclamer la fermeture de la pêche industrielle. « Pour être en conformité avec la directive européenne sur la stratégie marine, la reconstitution doit être atteinte en 2020, donc le quota ne doit pas dépasser 6 000 tonnes allouées à la pêche artisanale », affirme François Chartier, chargé du dossier chez Greenpeace.

Thons bagués pour attester de leur passage au contrôle des affaires maritimes. A. GUILHOT/FEDEPHOTO Les écologistes mettent aussi l’accent sur les incertitudes dans les travaux scientifiques. « Il faut lire entre les lignes, estime Sue Liebermann du Pew Environment Group. On nous dit que les choses s’améliorent, mais on s’aperçoit qu’ils ont très peu de données. Et il ne faut pas oublier l’existence de la pêche illégale. » Cette ONG américaine réclame la fermeture totale

de la pêche au nom du principe de précaution. Les scientifiques ne nient pas ces imperfections. « Pendant des années, les sous-déclarations étaient la règle, donc on connaît très mal le passé, reconnaît M. Fonteneau. Par ailleurs, les modèles ne peuvent pas prendre en compte les mouvements de cette espèce qui est particulièrement imprévisible. »

L’épidémie de choléra, qui a déjà fait plus de 1000 morts en Haïti, gagne la République dominicaine voisine Saint-Domingue renforce les contrôles à ses frontières pour limiter la propagation de la maladie Saint-Domingue Correspondant

L

’épidémie de choléra, qui a débuté en Haïti, mi-octobre, a déjà fait plus de 1 000 morts dans l’île et près de 17000 personnes ont été hospitalisées. La maladie s’étend désormais à la République dominicaine voisine. A Saint-Domingue, le ministre de la santé, Bautista Rojas, a annoncé, mardi 16 novembre, qu’un premier cas de choléra avait été confirmé à Higuey, dans la province de La Altagracia, à l’est du pays, où se trouve le principal pôle touristique, Bavaro-Punta Cana. Agé de 32 ans, de nationalité haïtienne, le malade est un ouvrier employé dans le secteur de la construction. L’homme s’est rendu en Haïti pour apporter de l’argent à sa famille. Souffrant de nausées et de violentes diarrhées à son retour en République dominicaine, il a été hospitalisé dans une cli-

nique de Higuey. Ses jours ne sont pas en danger. Selon Bautista Rojas, la République dominicaine, qui partage l’île d’Hispaniola avec Haïti, se trouve dans une « phase pré-épidémique ». En liaison avec l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), un système de vigilance a étémis en place, obligeantles hôpitaux et les cliniques à notifier tous les cas de diarrhées. Le dispositif militaire dominicain a également été renforcé le long de la frontière de 380 kilomètres entre les deux pays pour tenter de freiner l’immigration clandestine et la propagation du choléra. Les autorités dominicaines ont interditla vente de vêtements et de chaussures d’occasion sur les marchés qui se tiennent deux fois par semaine dans trois villes frontalières. Trois cas de choléra ont été confirmés à Ouanaminthe, une ville située du côté haïtien de la frontière, au nord de l’île. Environ un million d’Haïtiens,

pour la plupart en situation irrégulière,résident en Républiquedominicaine. Après avoir été longtemps cantonnés comme ouvriers dans les plantations sucrières, ils sont aujourd’hui nombreux à travailler dans d’autres cultures comme le café ou la banane, ainsi que dans la construction et le commerce informel. Des dizaines de milliers de sanspapiers haïtiens ont été employés par les grandes chaînes hôtelières pour construire les complexes touristiques qui bordent les plages de l’est dominicain. Beaucoup sont restés dans la région à l’achèvement des travaux.

« Motivation politique » En Haïti, le président René Préval a lancé un appel au calme aprèsles violentesémeutes qui ont fait deux morts et une vingtaine de blessés à Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, et à Hinche (Plateau central). Les manifestants dénonçaient la gestion gouvernementale

de la crise sanitaire et accusaient lescasquesbleus népalaisdela Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), installés sur le Plateau central, d’avoir introduit le choléra sur l’île : la maladie serait partie de leurs latrines installées au bord du fleuve Artibonite. Ces allégations, qui circulent depuis une quinzaine de jours, ont été démenties par les Nations unies. « La façon dont les événements se sont déroulés porte à croire que ces derniers ont une motivation politique, qui vise à créer un climat d’insécurité à la veille des élections [prévues pour le 28novembre] », aaffirmé laMinustah dans un communiqué. Selon Edmond Mulet, le chef de la Minustah, « des empêcheurs de tout acabit, d’anciens membres de l’armée haïtienne, certains responsables politiques, des criminels, des groupes hostiles aux élections, se cachent derrière ces incidents ». p Jean-Michel Caroit

Uneréalité qui a toujours existé. « Tout avis scientifique comporte des incertitudes, cela ne l’invalide pas pour autant, souligne M. Fromentin. Mais ces incertitudes sont souvent utilisées par certains groupes d’intérêt pour discréditer un avis, quand il dérange. » « Le combat des écologistes, qui a été très utile à l’espèce, s’est longtemps appuyé sur les travaux scientifi-

ques, observe M. Fonteneau. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Les pêcheurs, eux, estiment que « les scientifiques sont d’accord pour 13 500 tonnes », un quota qui permettrait aux thoniers-senneurs de poursuivre leur activité. «Désormais, il y a des observateurs à bord de tous les bateaux, le quota a été divisé par deux, l’avis scientifique est positif, énumère Bertrand Wendling, directeur de l’armement Sathoan. Mais les écologistes sont pris dans une fuite en avant. » L’UE, qui doit parler d’une seule voix à l’Iccat, est une fois de plus diviséeentrepaysdu Nord,qui souhaitent une diminution du quota, et pays du Sud, qui prônent son maintien. La commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki, a proposé une « baisse », sans donner de chiffres. L’UE ne devrait fixer de position commune qu’au tout dernier moment. p Gaëlle Dupont

Agriculture Pas de crise alimentaire en vue, selon la FAO Après l’annonce par plusieurs grands pays producteurs d’une révision à la baisse de leurs récoltes, les cours mondiaux de la plupart des produits agricoles ont grimpé en flèche au cours des derniers mois, alimentant la crainte d’une nouvelle flambée des prix. Dans son rapport sur les « perspectives alimentaires », publié mercredi 17 novembre, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime cependant la situation moins alarmante qu’il y a deux ans, en raison de réserves plus abondantes. « Le fait que les stocks de riz, de blé et de maïs, principales cultures des pays émergents, soient plus importants, diminue le risque d’une répétition de la crise de 2007-2008 », relève-t-elle, précisant que la récolte de 2011 sera cependant « décisive pour la stabilité sur les marchés internationaux ».

Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet devrait conserver les négociations sur le climat Interrogé le 16 novembre par le député Bertrand Pancher (UMP, Meuse) à propos du périmètre du nouveau ministère de l’écologie, le premier ministre, François Fillon, a affirmé que les négociations internationales sur le climat continueraient à être menées par la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet. Les questions énergétiques, qui dépendant désormais du ministère de l’industrie, devront être traitées en relation étroite avec elle, a ajouté M. Fillon.

Climat Le monde des affaires demande un accord ambitieux à Cancun Deux appels simultanés du monde des affaires appellent la communauté internationale, mardi 16 novembre, à conclure un accord ambitieux à la conférence sur le climat de Cancun qui débute le 29 novembre. Le premier, lancé par l’association d’investisseurs Principles for Responsible Investment, demande l’adoption de politiques encourageant les investissements privés dans une économie décarbonnée. Le second, rédigé par le Corporate Leaders Group on Climate Change, de l’université de Cambridge, affirme que « le risque de l’inaction est bien plus important que le coût de l’investissement aujourd’hui » et que « les milieux d’affaires continuent de penser qu’une approche fondée sur le marché est fondamentale pour le succès à long terme ».


International 5

0123 Jeudi 18 novembre 2010

L’ONU refuse d’enquêter sur les violences au Sahara occidental La politique d’«obstruction» de la France, qui soutient le Maroc, est mise en cause par des diplomates onusiens

R

éuni à huis clos, mardi 16novembre, sur la question du Sahara occidental, le Conseil de sécurité des Nations unies a «déploré» les violences survenues huit jours plus tôt à El-Ayoun, lors du démantèlement d’un camp de protestataires sahraouis par les forces marocaines, mais a refusé d’ouvrir l’enquête réclamée par le Front Polisario. « Nous aimerions bien savoir ce qui s’est passé », a lâché à l’issue des discussions, dépité, l’ambassadeur d’Ouganda auprès de l’ONU. Ruhakana Rugunda comptait parmi les diplomates soutenant la requête du Polisario d’envoyer une mission d’enquêteàEl-Ayoun,principaleville du Sahara occidental, après l’assaut donné par la police marocaine contre le camp de tentes d’Agdim Izik, où plusieurs milliers de Sahraouis s’étaient installés depuis le 10octobre pour protester contre leurs conditions de vie. Depuis,lesdeuxparties,quis’opposent depuis trente-cinq ans sur le statut du Sahara occidental annexé par le Maroc en 1975, s’accusent mutuellement et se renvoient des chiffres contradictoires sur le nombre de victimes. Selon les autorités marocaines, douze personnes ont péri dans les affrontements – dix membres des forces de sécurité et deuxcivils;pourlePolisario,trentesix Sahraouis auraient été tués et des centaines d’autres blessés.

Mardi, après avoir écouté le compte rendu du numérodeux du département des Opérations de maintien de la paix, l’Indien Atul Khare, et de l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara, l’Américain Christopher Ross, les quinze pays membres n’ont pas souhaité aller plus loin. Le représentant du Polisario à l’ONU, Ahmed Boukhari, qui parle de «massacre», et cite des cas de Sahraouis battus et torturés par

Le Polisario accuse le Maroc d’avoir torturé des Sahraouis après leur arrestation les forces marocaines après leur arrestation, a fait savoir que son organisationcontinueraitàdemanderl’ouvertured’uneenquête,soulignant que ses conclusions «auront un impact sur le processus de paix». De son côté, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, MohammedLoulichki,aassuréquesongouvernement n’avait «rien à cacher». Pour le ministre des affaires étrangères marocain, Taib Fassi Fihri, qui s’est exprimé lundi à Rabat, « l’Algérie et le Polisario ont adopté une stratégie de la diversion en faisant valoir tantôt la question des droits de l’homme, tantôt l’exploitation des richesses naturelles [du Sahara occidental] dans le but

d’éviter de véritables négociations ». Sous l’égide de l’ONU, ces dernières portent sur le statut du Sahara: plan d’autonomie pour le Maroc qui refuse toute idée d’indépendance ; référendum d’autodétermination pour le Polisario. Fidèle alliée du Maroc, la France, qui dispose du droit de veto au Conseil de sécurité, s’oppose systématiquement à toute démarche susceptible de froisser la monarchie marocaine, au point d’être devenue la bête noire des défenseurs de la cause sahraouie. Des diplomates disent regretter la politique d’« obstruction » de la diplomatie française. «Sous la pression de certains membres permanents, traditionnellement favorables au Maroc, il a été décidé que la moindre déclaration forte serait contre-productive,carellerisquerait de pousser l’une des deux parties à adopter des mesuresdrastiques, voireàexigerledépartdel’ONUduterritoire», confiait ainsi l’un d’eux. Exitdonc uneenquête. Exitaussi l’idée d’élargir le mandat de la mission des Nations unies au Sahara occidental au respect des droits de l’hommesurleterrain.Unerevendication formulée de longue date par le Polisario, et soutenue par plusieurs pays membres de l’ONU, dont le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Autriche, le Panama, le Costa Rica et l’Ouganda, mais régulièrement mise en échec. Une position égale-

Des heurts ont opposé la police marocaine et des Sahraouis à El-Ayoun, le 8 novembre. AFP ment défendue par le RoyaumeUni. « Nous soutenons depuis longtempsl’idéequ’ilyaitunesurveillancedesdroitsdel’homme,etlesévénements de ces derniers jours ont renducette nécessité encore plus urgente », avait déclaré le secrétaire d’Etat britannique chargé du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Alistair Burt, lors de sa visite à Alger, le 12 novembre. « C’est la

seule mission de maintien de la paix dépourvue d’un volet droits de l’homme, soulignait, mardi, dans un communiqué l’organisation Human Rights Watch (HRW). Résultat: l’ONU est restée aveugle quand, lors du plus important mouvement de protestation sahraoui depuis le cessez-le-feu de 1991, le camp de tentes a été brutalement démantelé. » Sur place, à El-Ayoun, l’enquêteur

Un mois de tensions autour du camp Agdim Izik 10 octobre Début de l’installation, près d’El-Ayoun, du camp de tentes Agdim Izik qui accueillera jusqu’à 15 000 Sahraouis. 4 novembre Echec des négociations entre les autorités marocaines et les représentants du camp. 6 novembre 24e anniversaire de la

Marche verte, célébrée par un discours du roi Mohammed VI, sur l’annexion du Sahara par le Maroc. 8 novembre Evacuation du camp sahraoui par la police et la gendarmerie marocaines. Peu après de violents affrontements éclatent à El-Ayoun où plusieurs bâtiments et voitures sont incendiés.

de HRW, Patrick Bouckaert, dit ne pas être en mesure de confirmer la mort de plus de deux civils, mais il rapporte des violences contre des Sahraouis et leurs maisons commises par des policiers et des civils marocains. Devant les 15 pays membres, Atul Khare a reconnu l’impossibilitépourlamissiononusiennedecollecter des informations sur les violences du 8novembre. Ainsi, le jour même du démantèlement du camp sahraoui, les casques bleus ont été priés d’annuler leurs patrouilles quotidiennes dans la zone. Le chef de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, l’Egyptien Hany Abdel Aziz, s’est rendu sur le campement trois jours après son évacuation. p Alexandra Geneste (à New York, ONU) et Isabelle Mandraud

Le gouvernement espagnol sous pression Madrid Correspondance

Les critiques ne cessent de pleuvoir contre le gouvernement espagnol depuis le début de la crise au Sahara occidental. Accusé à sa gauche comme à sa droite de manquer de fermeté pour condamner les atteintes aux droits de l’homme et à la liberté d’information commises par le Maroc, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) se trouve dans une impasse. La ministre des affaires étrangères, Trinidad Jimenez, a été sommée, mardi 16 novembre, de s’expliquer devant le Parlement et face au Sénat, tandis que le ministre de l’intérieur et vice-président du gouvernement, Alfredo Perez Rubalcaba, recevait son homologue marocain, Taib Cherkaoui, pour aborder

la question de la coopération policière entre les deux pays. Mme Jimenez a demandé aux députés de parler avec «prudence », car « il n’y a pas de données avérées ni confirmées» par les organismes internationaux. La ministre a également défendu la position du gouvernement, jugée « responsable » et «sérieuse ». Son discours se situe dans la même lignée que celui tenu par le chef du gouvernement, la semaine dernière. José Luis Rodriguez Zapatero se contentait d’exprimer sa «profonde préoccupation» quant aux «événements graves » advenus lors du démantèlement du campement d’El-Ayoun, tout en soulignant que la relation avec le Maroc est «prioritaire» pour l’Espagne. Le pays collabore étroitement avec le Maroc dans la lutte contre

Sur France Info Olivier Emond

“En direct du Monde” du lundi au vendredi à 21h25 avec

le terrorisme, l’immigration illégale ou le trafic de stupéfiants. Il n’en fallait pas plus au Parti populaire (PP, droite) pour accuser le gouvernement socialiste de troquer « les droits de l’homme contre la raison d’Etat », une critique également lancée par le parti écolo-communiste de la Gauche unie (Izquierda Unida, IU), qui a demandé à l’Espagne de cesser de vendre des armes au Maroc.

Des liens maintenus Pour sa part, M. Rubalcaba a affirmé, mardi soir, avoir abordé avec le ministre de l’intérieur marocain la question du Sahara. Il aurait obtenu que le Maroc mène une enquête complète afin d’éclaircir les conditions du décès, lundi à El-Ayoun, du citoyen espagnol d’origine sahraouie Baby Hamday Buyema. Il aurait aussi plaidé pour l’entrée de journalistes espagnols au Sahara occidental. Depuis le début du conflit, les médias espagnols sont interdits d’entrée à El-Ayoun, et plusieurs journalistes ont été expulsés du pays, accusés de « manipulation de l’opinion publique espagnole » et de « dérive raciste ». L’Espagne nourrit des liens encore très forts avec son ancienne colonie du Sahara occidental et un sentiment de culpabilité pour l’avoir « abandonnée » en 1975. Le pays compte près de 400 associations de solidarité avec le Sahara occidental, dont plusieurs se sont mobilisées, samedi, lors d’une grande manifestation à Madrid. En tête du cortège, qui rassemblait plusieurs milliers de personnes, se trouvaient de nombreux artistes, mais aussi des leaders syndicaux et des hommes politiques. Mais aucun représentant socialiste n’était présent, bien que la défense des droits des Sahraouis ait longtemps été un des signes d’identité du PSOE.p Sandrine Morel

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6 International

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Face à la Chine, les Etats-Unis déploient Conakry turbulente une nouvelle stratégie en Asie du Sud-Est et divisée après Washington renforce ses liens avec les pays de l’Asean, inquiets du poids grandissant de Pékin la présidentielle Analyse

D’importantes forces de sécurité ont été déployées dans la capitale de la Guinée

La stratégie américaine en Asie du Sud-Est

Bangkok Correspondant

JAPON

L

’administration Obama vient d’amorcer le retour des Etats-Unis en Asie du SudEst, tablant sur le fait qu’un nouvel engagement dans une région au fort potentiel de développement contribuera à équilibrer l’irrésistible montée en puissance de la Chine. L’Asie du Sud-Est avait été ignorée par George Bush, qui préféra se concentrer sur l’Inde, le vieux rival prosoviétique de l’Amérique au temps de la guerre froide, mais désormais perçue par les EtatsUnis comme l’un des contrepoids à la République populaire. Le récent voyage de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, au Vietnam, au Cambodge et en Malaisie, précédant, la semaine dernière, la tournée asiatique du président Barack Obama, a démontré sans ambages le nouvel intérêt des Etats-Unis pour cette partie de l’Extrême-Orient. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) est certes un sous-ensemble flou réunissant des pays qui se vouent parfois une solide inimitié et éprouvent souvent les plus grandes difficultés à trouver un terrain d’entente diplomatique. Mais cet appendice du continent asiatique, fort de plus de 580 millions d’habitants, présente aux yeux des Américains un intérêt stratégique non négligeable. L’Asean est, en effet, en partie une région maritime, surtout l’immense archipel indonésien composé de 15 000 îles et où Barack Obama vient de se rendre. Cette réalité géopolitique est au centre des préoccupations américaines : M. Obama avait rappelé avant d’entamer sa tournée que les Etats-Unis sont une puissance maritime. Il sous-entendait ainsi que Washington a tout lieu de s’inquiéter des capacités à venir de la marine chinoise, à un moment où Pékin se concentre sur la modernisation de cette dernière dans le but

CHINE

Yokohama

Séoul Mer de Chine orientale

New Delhi INDE

LAOS

BIRMANIE VIETNAM

Bombay

THAÏLANDE CAMBODGE

Pays de l’Asean

PHILIPPINES Mer de Chine méridionale

Iles Spratley

SRI LANKA

MALAISIE

Zone de tension INDONÉSIE

Revendication maritime chinoise 500 km

avoué, à plus ou moins long terme, de faire pièce au contrôle du Pacifique par les Américains. La nouvelle agressivité chinoise en mer de Chine du Sud, où les îles Spratley et Paracel, archipels inhabités mais faisant l’objet d’un conflit territorial mettant aux prises la Chine, le Vietnam, Taïwan, les Philippines, la Malaisie et Brunei, inquiète également certains pays de l’Asean, par ailleurs de

L’Asie du Sud-Est avait été ignorée par le président George Bush au profit de l’Inde plus en plus dépendants de leurs relations économiques avec Pékin. Les Etats-Unis comptent sur cette inquiétude pour pousser leurs pions. Christian Caryl, de Foreign Policy Magazine, remarquait récemment que « les revendications chinoises en mer de Chine du Sud ont été élevées à un niveau d’“intérêt national primordial” comparable au Tibet et à Taïwan ; cela a provoqué la colère des pays de la région ».

Djakarta

Robert D. Kaplan, auteur d’un ouvrage sur l’océan Indien et l’importance qu’il revêt pour le « futur du pouvoir américain », renforçait la logique d’un réengagement américain en Asie en écrivant dans l’International Herald Tribune que les « divisions artificielles » de l’Asie héritées de la guerre froide ne sont plus de mise : « Désormais, avance-t-il, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et l’Asie de l’Est font partie d’un même continuum. En termes géopolitiques, la visite du président [américain] dans quatre pays [asiatiques] est centrée sur un seul défi : la montée en puissance de la Chine sur terre et sur mer. » Un observateur étranger résidant à Djakarta estime que, même si les échanges commerciaux sinoindonésiens atteindront cette année une trentaine de milliards de dollars, l’Indonésie a besoin des Américains. Ne serait-ce que pour éviter une trop grande dépendance à l’égard de la Chine qui lui fournit des centrales thermiques. Quelques jours avant l’arrivée du chef de l’exécutif américain, le Jakarta Globe insistait sur la rivalité sino-américaine en Indonésie. Il rappelait que le président

Conakry Envoyé spécial

L

Iles Paracel

Voyage de Barack Obama

Reportage

de l’Assemblée populaire de Chine, Wu Bangguo, venait de se rendre en visite officielle à Djakarta où il avait évoqué la perspective d’investissements chinois en Indonésie à hauteur d’une cinquantaine de milliards de dollars d’ici à 2014. Chercheur au Centre des études stratégiques et internationales indonésien (CSIS), Evan A. Laksmana, a une vision plus nuancée de la réponse indonésienne à la « séduction » américaine : « L’Indonésie ne se sentirait pas à l’aise si elle devait se prononcer entre la Chine et les Américains (…) Mais il est vrai que les pays de l’Asean possédant une surface maritime n’ont nulle envie d’étreindre une Chine qui peut se montrer très arrogante. » Membre de la même institution, Jusuf Wanandi ajoutait, dans un éditorial du Jakarta Post, que « le président Obama a compris que les Etats-Unis doivent dépendre [dans la région] d’alliés et d’amis. Et la présence américaine en Asie orientale est importante parce que cela permet à l’Indonésie de mener une politique étrangère indépendante ». p Bruno Philip

es rues principales des quartiers de Bambeto et d’Hamdalaye, à Conakry, portaient, mardi 16 novembre, les stigmates des incidents qui ont accompagné l’annonce, la veille, de la victoire d’AlphaCondéàl’électionprésidentielle du 7novembre : verres brisés, pneus brûlés, pierres sur la chaussée. Mais les jeunes membres de la communauté peule (environ 40 % de la population) fidèle au perdant de la présidentielle, Cellou Dalein Diallo, n’ont pas pour autant gagné la bataille de la rue. Mardi, l’armée, les gendarmes et la police déployés en force quadrillaient ces quartiers populaires en ce jour de fête musulmane du Tabaski. Le déploiement de force laissait penser qu’une partie de la capitale était soumise à un couvrefeu de facto alors que l’autre fêtait bruyamment la victoire d’Alpha Condé. Mardi à Hamdalaye et Bambeto, des tirs isolés éclataient ainsi dans les ruelles. Le jeune Abdoul Aziz (7 ans) a été tué, lundi, dans son sommeil, touché par une balle perdue. Il a été enterré mardi dans le recueillement. Trois autres personnes auraient été tuées et des dizaines de jeunes gens arrêtés. On est loin cependant des interventions meurtrières de l’armée qui a réprimé dans le sang les mouvementsde contestationdecesdernières années dans le pays. « Ceux qu’on attrape, on les chicote bien, bien, puis on les relâche », expliquait un officier en montrant les lanières de caoutchouc que la plupartdes hommesen uniforme portent attachées à leur poignet. Consigne semble avoir été donnée aux forces de sécurité de se comporter avec retenue. Le 28 septembre 2009, plus de 150 oppo-

sants avaient été assassinés par la garde présidentielle du chef de la junte militaire au pouvoir, déclenchant une enquête préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI). La démonstration de force des autorités de transition qui gouvernent le pays depuis dix mois à Conakry n’est pas la seule explication au calme relatif régnant dans les quartiers peuls de la capitale contestant l’élection d’Alpha Condé. « Les imams et les sages ont profité du jour de Tabaski pour faire passer un message clair et calmer les jeunes », explique Alpha Ibrahim Barry, le propriétaire d’un magasin de vidéo dans le quartier de Bambeto.

« Surenchère délirante » Cloué dans un fauteuil roulant par la poliomyélite, Alpha Ibrahim Barry est persuadé que « ce n’est pas en lançant des pierres (…) que l’on parviendra à renverser le résultat du scrutin ». « Même si nous ne sommes pas d’accord avec ce scrutin et si nous ne pouvons admettre qu’ils pillent des maisons au nom du maintien de l’ordre », ajoute-t-il. En signe d’apaisement, des habitants des quartiers ont déblayé les routes barrées la veille par leurs enfants. Cela n’a pas empêché Cellou Dalein Diallo d’affirmer, mardi, qu’une « tentative de génocide » contre la population peule était en préparation. « Cette surenchère délirante démontre qu’il est sur la défensive. Il ne contrôle pas non plus une partiede ses troupes», estime un diplomate occidental. Au cours de la nuit de lundi à mardi, Cellou Dalein Diallo, avait lancé « un appel pressant » à ses électeurs pour qu’ils « évitent les provocations et les violences de toute nature » en attendant que ses « réclamations » pour « fraudes » soient examinées par la Cour suprême.p Christophe Châtelot

La Serbie cherche à évacuer l’obstacle kosovar dans sa marche vers l’Union européenne La normalisation des rapports avec le Kosovo et l’arrestation de Ratko Mladic sont deux conditions incontournables avant l’entrée dans l’Union

S

es visites sont attendues, ses mots disséqués. Lundi 16 novembre, le procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Serge Brammertz, s’est rendu à Belgrade pour évaluer les efforts dans la traque de Ratko Mladic, l’ancien chef

militaire des Serbes de Bosnie, recherché par le TPIY. Selon lui, la piste privilégiée demeure que le fugitifse trouve en Serbie etbénéficie de complicités. Mais elle n’est pas exclusive : d’autres points de chute sont étudiés. Désormais, 10 millions d’euros sont promis

par Belgrade pour sa capture. Le procureur adjoint serbe pour les crimes deguerre, Bruno Vekaric, a qualifié l’arrestation d’« obligation morale ». Morale et politique. M. Brammertz présentera ses conclusions aux Nations unies début décembre. Or, fin octobre, les ministres européens des affaires étrangères ont demandé à la Commission d’engager l’examen de la candidature de la Serbie à l’Union européenne (UE). Reste une condi-

Important trafic d’organes au Kosovo mis au jour Plusieurs médecins et un responsable du ministère de la santé du Kosovo sont mis en cause dans un réseau international de trafics d’organes, organisé au Kosovo. Les donneurs, originaires de Moldavie, du Kazakhstan, de Russie et de Turquie s’étaient vus promettre environ 15 000 euros pour leurs organes, dont la transplantation était facturée six fois plus cher à Pristina. Deux hommes, un médecin turc et un ressortissant israélien, chargés de repérer les clients, sont visés par un mandat d’arrêt international. Cinq personnes ont déjà été inculpées. Cette enquête, qui avait conduit en novembre 2008 à la fermeture de la clinique, est aujourd’hui conduite par la mission européenne Eulex.

tion: à chaque étape, la «pleine coopération» avec le TPIY sera vérifiée. Depuis un an, la Serbie a multiplié les gestes symboliques pour montrer son esprit d’ouverture et sa volonté d’avancer vers l’UE. Le dernier a été, le 4 novembre, le voyage du président Boris Tadic à Vukovar, ville martyre pendant la guerre dans l’est de la Croatie. Mais les deux dossiers sur lesquels la Serbie doit donner des gages restent l’arrestation de Mladicet l’ouvertured’undialogue viable avec le Kosovo.

« Solution négociée » Sur ce dossier aussi, une évolution se dessine à Belgrade. En s’adressant en 2008 à la Cour internationale de justice (CIJ) sur la légalité de l’indépendance, le président BorisTadicachoisidesortirleKosovo du champ de la politique intérieureserbe,hautementinflammable. L’avis de la CIJ, rendu en juillet, qui légitimise la proclamation de l’indépendance, a obligé la Serbie à bouger. Elle a accepté de présenter devant les Nations unies une proposition commune inédite avec l’UE appelant au dialogue Pristina. Problème inattendu : la crise politique au Kosovo. Le président Fatmir Sejdiu a démissionné fin septembre, entraînant la tenue d’élections législatives, le 12 décembre. Ce n’est qu’à cette date que le dialogue, sous l’égide

de l’UE, pourrait se nouer. « Je veux résoudre le conflit historique entre Serbes et Albanais, mettre un terme aux meurtres, aux expulsions et aux biens brûlés », a confié récemment M. Tadic au quotidien Vecernje Novosti. « L’opinion publique est prête à une solution négociée, explique le politologue Ivan Vojvoda. Les pourparlers montreront jusqu’où on pourra aller. Il faudra commencer par l’électricité, l’eau, le téléphone, les personnes disparues, avant d’envisager un autre niveau.» Le pouvoir penche en faveur d’une partition du Kosovo, souvent évoquée mais toujours rejetéepar Pristina. Washington n’y est pas davantage favorable. Selon un haut responsable serbe, interrogé par Le Monde, Belgrade serait ouvert à cette option, qui conduirait à une reconnaissance de l’ancienne province. La seule autre issue serait, à l’écouter, la définition par l’ONU d’un nouveau statut international, qui serait moins qu’une indépendance mais plus qu’une région autonome. En cas de partition, le nord du Kosovo (15 % du territoire), peuplé de 40 000 Serbes habitant autour de Mitrovica-Nord, serait rattaché à la Serbie. Celle-ci céderait en échange une grande partie de la vallée de Presevo, composée à 90 % d’Albanais. Belgrade souhaiterait aussi obtenir des garanties

Belgrade

Population serbe au Kosovo

SERBIE

SERBIE Mitrovica-Nord MONT.

Mitrovica

Pristina Pec

KOSOVO Prizren

A L BA N I E 25 km

Vallée de Presevo M AC É D O I N E

concernant les monastères orthodoxes au Kosovo. BorisTadicdoitavancerprudemment. Le lien émotionnel avec le Kosovoestbienmoinsfortqu’auparavant,maisl’opinionpublique,fragilisée par la crise, demeure à fleur de peau. C’est ce que montre le rapport annuel Gallup Balkan Monitor sur l’état des opinions publiques danslesBalkans,révéléle17novembre. En un an, la part des Serbes qui se sentent attendus et désirés au sein de l’UE a baissé de 53 % à 41 %. Seulement 44 % estiment qu’une intégration serait une bonne chose, un chiffre en baisse constante ces dernières années, même si une large majorité se dit prête à voter oui lors d’un référendum. p Piotr Smolar


International & Europe 7

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Ladroitepopulistehongroiseréduitles compétencesdelaCourconstitutionnelle L’opposition dénonce l’affaiblissement d’un contre-pouvoir essentiel en cas de dérive autoritaire Vienne Correspondante

L

a bataille autour de la Cour constitutionnelle occupait depuis trois semaines les médias. Mardi 16 novembre, un nouveau pas a été franchi dans la «révolution nationale » menée par le premier ministre conservateur, Viktor Orban : le Parlement de Budapest a adopté une loi qui prive d’une part de ses prérogatives cette instance, dans laquelle l’opposition voyait l’ultime rempart contre une dérive autoritaire. Des 407 députés, 261 ont voté pour, soit tout le groupe du Fidesz, le parti de M. Orban, et leurs alliés chrétiensconservateursaugouvernement. Les socialistes du MSZP, renvoyés dans l’opposition lors des législatives d’avril, ont voté contre ainsi que les écologistes libéraux du LMP. L’extrême droite, le Jobbik, s’est abstenue. Désormais, la Cour ne pourra plus s’exprimer sur des questions touchant le budget, la fiscalité ou le régime de cotisations sociales, sauf siétaientviolés« lesdroitsde l’homme,ledroit àla vie età ladignité », la protection des données relatives à la vie privée, ou « la liberté de religion et de conscience ». Malgréce correctif,une partiede l’opinion s’est émue d’entendre le chef de la fraction parlementaire du Fidesz, Janos Lazar, affirmer que « grâce à la consolidation de l’Etat dedroit[depuislachuteducommunisme en 1989], des compétences aussi étendues pour la Cour constitutionnelle ne sont plus justifiées aujourd’hui». Il faut «changer les vieilles règles qui nous entravent », a renchéri M. Orban. Pour le président du LMP, Andras Schiff, il s’agit d’un « coup de semonce » adressé à toutes les institutions du pays afin de leur montrer « ce qui va arriver si elles veulent s’opposer à la politique du gouvernement ». «Disposer d’une majorité constitutionnellene confèrepas ledroit de toucher aux garanties démocratiques », a observé le juriste Daniel Karsai, spécialiste des droits de

L

PARIS. La France a dénoncé, mardi 16novembre, des violences commises dimanche à Téhéran, à l’entrée de la résidence de son ambassadeur. «Des incidents particulièrement graves se sont produits», a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Bernard Valero. L’accès de l’ambassade «a été entravé par des services de sécurité non identifiés, qui ont procédé à l’arrestation de personnes invitées par l’ambassadeur de France et se sont livrés à des actes de violence inacceptables, y compris contre des personnels diplomatiques français ». Au moins deux diplomates français ont été agressés par des agents en civil, alors que plus d’une centaine de personnes, dont des diplomates étrangers et des Iraniens, avaient été invitées à un concert. Les autorités iraniennes ont mis en garde contre la fréquentation des ambassades étrangères, que Téhéran a accusées de soutenir l’opposition au président Ahmadinejad. – (AFP.) p

Moscou condamne l’extradition du trafiquant d’armes Viktor Bout NEW YORK. Le trafiquant d’armes russe Viktor Bout est arrivé à New York, mardi 16 novembre, après son extradition de Thaïlande. « Viktor Bout a été inculpé aux Etats-Unis, mais les activités de trafic d’armes dont il est soupçonné ainsi que le soutien aux conflits armés en Afrique ont préoccupé le monde entier. Son extradition est une victoire pour l’Etat de droit dans le monde entier », a indiqué le ministre américain de la justice, Eric Holder. Moscou a vivement réagi. « Il est profondément regrettable que les autorités thaïlandaises aient cédé à une pression politique venue de l’extérieur et procédé à l’extradition illégale de V.A. Bout », a déclaré le ministère russe des affaires étrangères. La Russie « continuera de soutenir [M. Bout] par tous les moyens », a assuré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. – (AFP, Reuters.) p

Manifestation du Jobbik (extrême droite) devant le Parlement, le 16 novembre. L. BALOGH/REUTERS l’homme, dans le quotidien de gauche Nepszabadsag. Même les médias favorables à M. Orban ont accusé le coup. Le Magyar Nemzet, quotidien proche du Fidesz, a jugé cette initiative «mal venue ». L’éditorialiste de l’hebdomadaire de droite Heti Valasz, Andras Stumpf, en a critiqué vertement la logique populiste et s’inquiète de la suppression de tout contrepoids, qui nuira au Fidesz si la gauche revient au pouvoir.

« Parachutes dorés » Le Parlement a également voté mardi,cettefoisavec l’appuiduJobbik, une deuxième mouture de la loi sur la taxation des indemnités dedépartdesemployés etfonctionnaires, devenue un enjeu politique. La première version imposait à 98 % ces indemnités à partir de 2 millions de forints (7 500 euros). Elle visait les « parachutes dorés » dont ont bénéficié de hauts cadres du secteurpublicet qui ont scandalisé l’opinion. Mais l’imposition aurait également affecté des milliers de fonctionnaires, dont plusieurs ont

déposé un recours constitutionnel. En annulant à l’unanimité cette loi, le 26 octobre, les magistrats ontmanifesté une résistanceinédite depuis le retour de M.Orban aux affaires. Ils ont aussi fourni le prétexteàcequecertainsmédiasqualifient de «putsch ». Le Fidesz a cependant revu sa copie. Le seuil d’imposition a été relevé à 3,5 millions de forints (12 659 euros) pour les salariés du privé. Mais la loi est rétroactive sur cinq ans, à dater du 1er janvier 2005 : droite et extrême droite veulent ainsi faire rendre gorge aux « profiteurs » qui se sont enrichis grâce aux prébendes socialistes. Le LMP était lui aussi d’accord avec une loi rétroactive, sur trois ans. Quant au MSZP, il avait proposé de remonter jusqu’à 2002 – c’est-à-dire à l’époque du premier gouvernement Orban. Celui-ci s’efforce de boucher les trous du budget en ponctionnant les banques et les chaînes de supermarchés, contrôlées à 80 % par des capitaux étrangers, notamment français. La Hongrie, a déclaré M.OrbandevantlaConférencepan-

Le prince William et Kate Middleton s’uniront au printemps ou à l’été 2011

es Britanniques avaient fini par l’appeler Waitie Katie (« Kate en attente »). Mardi 16 novembre, Kate Middleton, la petite amie du prince William depuis huit ans, a cessé d’attendre: sonmariageaveclefilsaînéduprince Charles et de Lady Diana, le deuxième dans l’ordre de succession à la couronne, a été annoncé pour le printemps ou l’été 2011. «Ils se sont entraînés assez longtemps », a plaisanté le prince de Galles. Mardi, les futurs époux, âgés tous deux de 28 ans, ont fait leur première apparition devant la presse. La jolie Kate, ses longs cheveux bruns détachés, portait une robe drapée bleu roi assortie à la bague que William lui avait offerte durant leur voyage de fiançailles en octobre au Kenya. Un saphir serti de diamants, celui-là même que son père avait choisi pour celle qui n’était encore que Diana Spencer, avant leur mariage à l’été 1981. C’est « ma façon de faire en sorte que ma mère [MORTE EN 1997]ne rate pas ce jour », a expliqué le prince. Kate a reconnu que la perspective de rentrer dans la famille royale était « assez intimidante ». Il faut

La France dénonce des violences devant son ambassade à Téhéran

Etats-Unis – Russie

La presse britannique et la City saluent le mariage royal annoncé à Londres Londres Correspondante

Iran

dire que la jeune femme ne vient pas du même milieu que son futur mari. Du côté des grands-parents, on trouve une famille de mineurs, des ouvriers du bâtiment, mais aussi un homme d’affaires. Ses parentsse sontrencontrés chez British Airways : la mère y était hôtesse de l’air, le père steward. Ils ont ensuite créé une entreprise de vente par correspondance – aujourd’hui très florissante – spécialisée dans les fêtes pour enfants et où travaille aujourd’hui Kate.

Spéculations et paris Cette roturière, qui sera peutêtre un jour reine d’Angleterre, n’est pas totalement étrangère aux manières de l’aristocratie britannique. A l’école privée de Marlborough, elle a côtoyé des mieux nés qu’elle. Et rêvé du prince William qu’elle n’avait pas encore rencontré, selon le témoignage de l’une de ses amies de lycée. L’idylle a éclos en 2001, quand ils sont tous deux entrés à l’université de Saint Andrews, en Ecosse, pour étudier l’histoire de l’art. De Buckingham à Downing Street,de Sydney à Ottawa, les messagesde félicitations ont fusé, mardi. Aux Etats-Unis, « Good Morning America », l’émission phare de la chaîne ABC, a ouvert sur des

images du couple royal, sur fond de trompettes en fanfare. Tout l’après-midi, la BBC n’a parlé que de l’heureux événement. Les spéculations sur la robe de la mariée ont commencé. Les spécialistes de la mode imaginent un modèle classique et sage. Les bookmakers n’ont pas non plus perdu de temps. Les paris sur la date et le lieu du mariage sont ouverts : une cérémonieàl’abbaye de Westminster, le 13 août, a leur faveur. Et on trouve déjà sur eBay des souvenirs – tasses en porcelaine, T-shirts – à l’effigie de Kate et William. « Un mariage royal apportera beaucoup d’argent à une économie britannique qui en a bien besoin. Et sera un divertissement bien plus agréable pour le pays que toutes les délégations d’hommes d’affaires conduites par M. Cameron à Pékin ouàNewDelhi»,s’estréjouiel’agence financière Dow Jones Newswires. Le Daily Telegraph qui, début novembre, appelait de ses vœux un mariage royal pour mettre un peu de baume au cœur des Britanniques, est exaucé. « Quel meilleur moyen pour remonter notre moral touchéparla récessionque de papoter sur un trousseau, des chapeaux et une lune de miel », écrivait alors le quotidien de droite.p Virginie Malingre

hongroise, ne doit pas craindre d’être la première à prendre ce type de mesures fiscales « que tous les pays européens devront tôt ou tard imiter». Il se prépare aussi à assumer, le 1er janvier 2011, la présidence de l’Union: après la Chine et l’Ukraine, le chef de la « révolution de 2010 », selon le terme désormais consacré en Hongrie, doit se rendre ce jeudi à Paris,oùilserareçuparleprésident Nicolas Sarkozy.p Joëlle Stolz

Belgique

«Accord éventuel» entre les partis BRUXELLES. Johan Vande Lanotte, le dernier « conciliateur » nommé par le chef de l’Etat belge, le roi Albert II, a estimé, mardi 16 novembre, que «les contours d’un accord éventuel » se précisaient en Belgique sur plusieurs sujets qui divisent partis francophones et néerlandophones. A savoir, une nouvelle répartition des compétences entre l’Etat fédéral et les régions, la scission du dernier arrondissement électoral bilingue (Bruxelles-Hal-Vilvorde) et une nouvelle éthique en politique. M. Vande Lanotte va poursuivre sa mission, malgré le pessimisme affiché par le principal parti de Flandre, la Nouvelle Alliance flamande de Bart De Wever. Le conciliateur espère pouvoir élaborer un modèle pour la loi de financement des régions, sujet qui continue d’opposer les négociateurs des deux communautés. M. Vande Lanotte a en main des études chiffrées du programme des différents partis.p Jean-Pierre Stroobants


8 France

0123 Jeudi 18 novembre 2010

L’entretien télévisé du chef de l’Etat Réforme fiscale et financement de la dépendance : les enjeux financiers de la fin du quinquennat CE QUE RAPPORTENT À L'ÉTAT LES IMPÔTS SUR LE PATRIMOINE, en millions d'euros, chiffres 2007

L'ÉVOLUTION DE L'IMPÔT SUR LA FORTUNE DEPUIS 2007

CE QUE COÛTE À L'ÉTAT LE BOUCLIER FISCAL par année d'imposition

Nombre de contribuables

Nombre de bénéficiaires

600 000 Impôt de solidarité sur la fortune Taxes foncières

562 000

4 031 18 256

2008

2009

2010

Recettes fiscales, en milliards d’euros

8 969

2

9 516

Prélèvements sur revenus de l'épargne

24 200 64 972, soit 3,43 % du PIB

2007

3,3

3,3

2008

2009

578

585

2008

2009

300

2010

11 990 2 082

679

2007

Reboursement moyen, en euros par bénéficiaire

40 000

5 842

5854

20 000 0

2007

2008

2009

2010

SOURCE : MINISTÈRE DU BUDGET

30 593

35 780

36 186

21 585

SOURCE : ESTIMATIONS DE LA DIRECTION DU BUDGET, POUR 2009

2008

20 à 59 ans

plus de 60 ans

2010 2020 2040

16 328 2007

91

moins de 20 ans 2010

8 000

6 732

Autres

LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION en % de la population

Imposition moyenne, en euros par contribuable

7 637 4 000

7 422

Total

246

2010

0 SOURCE : CONSEIL DES PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES, RAPPORT MARS 2009

2009

600 3,8

0 2007

2008

Remboursements, en millions d’euros

4

0

Total

Soins

Aide à la personne

15 000 500 000

4,03 Droits de mutations à titre onéreux

18 764

Hébergement

2007

Droits de mutations à titre gratuit

20 000

LE POIDS DES DÉPENSES PUBLIQUES EN FAVEUR DE LA DÉPENDANCE, en millions d'euros

2009

SOURCE : MINISTÈRE DU BUDGET

2010

0

20

40

60

80

100

SOURCE : INSEE

ISF, bouclier fiscal, dépendance: les chantiers de 2011 Nicolas Sarkozy veut placer la fin de son quinquennat sous le signe de la réforme des prélèvements

R

emettre à plat la fiscalité, tout particulièrement celle du patrimoine ; installer un système de prise en charge de la dépendance. Voilà le double chantier qui va mobiliser le gouvernement dans les mois qui viennent, a annoncé Nicolas Sarkozy, mardi 16 novembre, lors d’un long entretien télévisé destiné à préciser la feuille de route de son nouveau gouvernement. A moins de dix-huit mois de l’élection présidentielle, le chef de

M.Sarkozy veut rapprocher le système fiscal français du système allemand, qu’il présente comme plus performant l’Etat a choisi de s’attaquer à des sujets lourds, politiquement et financièrement. Des décisions sur ces deux dossiers seront prises respectivement au printemps et à l’été 2011. Certaines pistes apparaissent très précises d’autres moins. Deux débats cruciaux vont animer la précampagne présidentielle : M. Sarkozy va-t-il pouvoir tenir sa promesse de ne pas augmenter les impôts, comme il l’a de nouveau affirmé mardi soir ? Qui seront les gagnants et les perdants de la nouvelle fiscalité ?

Le chef de l’Etat a implicitement « enterré » le bouclier fiscal et remis en question l’impôt sur la fortune (ISF) : ils céderont la place à un «nouvel impôt sur le patrimoine », qui portera à la fois sur les revenus tirés du patrimoine (intérêts, dividendes notamment) et les plus-values réalisées sur ce même patrimoine. Sur le plan politique, la suppression du bouclier, dispositif qui plafonne l’impôt à 50 % des revenus d’un contribuable, devrait provoquer peu de remous. Alors que des efforts sont demandés aux Français pour redresser les finances publiques, cette mesure phare du début du quinquennat, qui a coûté 679 millions d’euros à l’Etat en 2009 (pour 18 764 contribuables), est devenue symbole d’injustice. La gauche l’a dénoncée. Les élus de la majorité ne veulent plus la porter. Il était politiquement urgent de s’en débarrasser. Toucher à l’ISF s’annonce plus compliqué. Surtout à quelques mois de l’élection de 2012. Jacques Chirac, qui s’y était risqué, l’avait payé cher à la présidentielle de 1988. Dans la majorité, nombre de parlementaires estiment néanmoins qu’il faut agir car, soulignent-ils, l’ISF taxe aussi du patrimoine qui ne procure pas de revenus. Reste l’aspect financier : compenser la disparition de l’ISF revient à trouver 4 milliards d’eu-

ros par an. Les parlementaires de la majorité ont proposé au gouvernementla mise en placed’une nouvelle tranche d’imposition pour les hauts revenus, une taxation supplémentaire des plus-values mobilières et immobilières, la suppression de la déductibilité de la CSG sur les revenus du patrimoine et une majoration des droits de successions. M. Sarkozy a repris une partie de ces pistes en réaffirmant qu’il n’entendait pas augmenter les impôts. « Si on augmente, on aura moins de croissance et donc moins d’emplois », a-t-il argumenté. Le chef de l’Etat n’a pas caché ces dernières semaines aux élus de la majorité qu’il est hostile à la création d’une tranche supplémentaire d’impôt pour les hauts revenus.

Taxer davantage les revenus et plus-values du patrimoine reviendra malgré tout à payer plus d’impôt pour ceux qui seront concernés. C’est donc en fait une stabilité de la pression fiscale globale que M. Sarkozy prétend vouloir assurer. Cela vaudra pour la réforme de la fiscalité qu’il a annoncée et qui sera plus large que la seule question du bouclier et de l’ISF. Il l’avait déjà indiqué mi-octobre devant sa majorité. Il l’a redit mardi : il s’agit de repositionner le système fiscal français par rapport au système allemand qu’il présente comme plus performant sur le terrain de la compétitivité. Sa volonté est de « créer une zone à fiscalité relativement homogène ». Alors que l’Allemagne a relevé certaines tranches d’imposition

Le calendrier fixé par le chef de l’Etat Bouclier fiscal et ISF Au printemps 2011, un projet de loi de finances rectificatif sera déposé pour réformer la fiscalité du patrimoine. « L’erreur qui a été faite dans les années passées, c’est de taxer le patrimoine, alors qu’il vaut mieux taxer les revenus du patrimoine et les plus-values du patrimoine », a déclaré Nicolas Sarkozy mardi 16 novembre. Sa volonté est de créer un « nouvel impôt sur le patrimoine » en supprimant l’impôt sur la fortune (ISF) et le bouclier fiscal.

Dépendance A l’été 2011, un dispositif sera proposé pour assurer le financement de la dépendance. Il sera intégré au projet de loi de financement de la Sécurité sociale. D’ici à là une consultation de six mois sera engagée avec les conseils généraux, les associations de personnes âgées et les syndicats. « Je souhaite la création d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale, le cinquième risque » a déclaré le président de la République sans se prononcer sur les solutions.

«Le choix d’un premier ministre, ce n’est pas un choix de confort, ce n’est pas le bon plaisir»

des revenus ou augmenté la TVA, il a précisé qu’il ne s’agit pas de « tout faire comme les Allemands », mais d’arriver à ce que les fiscalités des deux pays soient « comparables et compatibles ». Il a laissé entendre que des réajustements d’assiette et de taux interviendront : « L’Allemagne a une assiette d’imposition large et des taux bas, la France une assiette faible et des taux hauts ». Cela « vaut notamment pour l’impôt sur les sociétés », a-t-il précisé. La réforme de la fiscalité ne peut être dissociée de l’autre chantier : celui de la prise en charge de la dépendance. Pour créer une « nouvelle branche de la Sécurité sociale », il faudra en effet trouver des sources de financement. Selon l’Insee, la part des personnes âgées de plus de 75 ans devrait passer de 8,8 % en 2010 à 15,6 % en 2050, soit une progression de plus de 75 %. La facture pourrait être lourde. Selon la mission sénatoriale sur le cinquième risque de 2008, le budget dépendance devrait passer de 21 à 30 milliards d’euros d’ici à 2025. Créée après la canicule de 2003, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie est moins alarmiste : l’effort « à l’horizon d’une génération », équivaut, selon elle, à environ 5 milliards d’euros par an. Pour le financer, M. Sarkozy a tracé quelques pistes. Il a cité l’aug-

mentation de la CSG, ce qui reviendrait à augmenter l’impôt, mais il propose également de s’en remettre au système assurantiel ou d’instaurer une forme de recours sur succession. Dans un rapport rendu public à l’été 2010, la députée (UMP) Valérie Rosso-Debord a écarté toute forme de prise en charge publique : elle propose de substituer à l’actuelle allocation personnalisée pour l’autonomie (APA) une assurance obligatoire imposée à tous les plus de 50 ans. En attendant que ce nouveau système ait trouvé son régime de croisière, elle propose d’étendre la Contribution solidarité autonomie – la journée travaillée supplémentaire – aux non-salariés (artisans, professions libérales agriculteurs et retraités) et d’augmenter la CSG sur les pensions de retraite. En 2008, la mission sénatoriale sur le cinquième risque avait proposé une autre source de financement : la mise à contribution les patrimoines les plus importants. L’APA serait maintenue mais à domicile, la personne âgée aurait le choix entre une prestation à taux plein – l’Etat, après le décès, se remboursant des sommes versées dans la limite de 20 000 euros – ou une demi-prestation – avec l’assurance, cette fois, de transmettre ses biens. p Anne Chemin et Philippe Le Cœur

Profil bas sur les questions d’emploi et de chômage

Verbatim Principaux extraits de l’entretien télévisé de Nicolas Sarkozy, mardi 17novembre Remaniement

Le choix d’un premier ministre, ce n’est pas un choix de confort (…), ce n’est pas le bon plaisir. (…) Ce qui pèse c’est le choix de l’intérêt général. (…) François Fillon est très compétent (…) J’ai une grande confiance en lui. (…) Jean-Louis Borloo et moi, nous sommes en situation de très grande confiance. (…) J’aurais d’ailleurs souhaité qu’il restât au gouvernement.(…) Il a jugé lui-même qu’il serait plus utile, y compris à moi, en redevenant parlementaire. (…) J’ai une grande confiance dans Eric Woerth qui est un homme parfaitement honnête (…). Ce gouvernement sera le dernier du quinquennat, sauf imprévu. »

Y

« C’est normal qu’en période de crise, le président, qui est responsable, soit celui qui porte la colère. »

Impopularité

2012 « Je prendrai ma décision

quelque part à l’automne de l’année 2011. » Front national « Je ne crois pas à une alliance possible avec le Front national. » Immigration « Le système fran-

çais d’intégration est en panne. (…) Si on ne maîtrise pas les flux migratoires, on organise le “collapse” de notre système d’intégration, les ghettos aux portes de nos villes. »

Retraites « Nous avons fait cette réforme considérable sans violence. (…) Il y a un certain nombre de grands sujets sur lesquels chacun, me semble-t-il gagne en crédibilité en faisant l’effort de dire la vérité aux Français. (…) Expliquer qu’en mettant dehors un homme de 55 ans on crée un emploi pour un homme de 25 ans, c’est une absurdité. (…) C’est aussi absurde que l’affaire des 35 heures, qui ont été une erreur économique considérable et une erreur sociale qu’ont payée cher les ouvriers. »

Identité nationale « J’ai renoncé à

l’identité nationale comme mots parce que cela suscite des malentendus, mais sur le fond je n’y renonce pas (…). » Islam « Chacun peut vivre sa reli-

gion, mais nous voulons un islam de France, pas un islam en France. (…) Nous ne voulons pas, sur le territoire de la République, de femmes enfermées derrière une prison, fût-elle de textile. »

Fiscalité « Je ne peux pas accepter

les déficits de compétitivité avec l’Allemagne (…). Il vaut mieux taxer les revenus du patrimoine et les plus-values du capital que le capital. (…) Il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. » Dépendance « Nous allons organi-

ser une grande consultation qui va durer six mois (…) Faut-il un système assurantiel ? Faut-il obli-

ger les gens à s’assurer ? (…) Faut-il augmenter la CSG ? Faut-il avoir recours à succession ? » Justice « Je demanderai au garde

des sceaux et au premier ministre de conduire une réforme de la justice pour rapprocher la justice des citoyens. » Emploi « Le chômage reculera l’année prochaine. » Enquêtes sur les journalistes

«Jamais, à aucun moment, d’aucune façon, je me préoccupe de près ou de loin, des téléphones, des lieux et des rencontres des journalistes français, étrangers, ou européens. » Otages « Je suis spécialement inquiet pour nos otages au Mali. » Urbanisme et logement « J’aimerais que dans l’année 2011, on puisse conduire une action inédite qui consisterait(…) à supprimer des lois existantes en matière d’urbanisme et de logement. » p

L’EMPLOI a beau être l’un des défis majeurs du nouveau gouvernement, il n’a guère inspiré Nicolas Sarkozy, mardi 16 novembre, . Il y a consacré une brève partie de son intervention télévisée, évoquant la généralisation du contrat de transition professionnelle (CTP), destiné aux licenciés économiques, et le doublement du nombre des formations en alternance pour les jeunes. « Le chômage reculera l’année prochaine. L’économie repart, est en train de repartir, on peut s’en sortir », a assuré le chef de l’Etat. « Je ne crois pas qu’on a tout essayé contre le chômage », qui fera l’objet d’un « engagement total du gouvernement », a-t-il ajouté. Invité de l’émission « A vous de juger » sur France 2, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a critiqué un « service minimum d’annonce » et « deux mesures riquiqui ». L’Etat saisit l’occasion de la négociation patronat-syndicats sur l’assurance-chômage, qui s’ouvrira avant Noël, pour proposer la généralisation du contrat de transition professionnelle. Il s’agit de faire en

sorte, a précisé M. Sarkozy, qu’il n’y ait plus de licenciés économiques au chômage. Introduit progressivement ces dernières années dans les bassins d’emploi sinistrés, le CTP permet aux licenciés économiques de toucher l’équivalent de 80 % de leur salaire pendant un an en échange d’une formation. Le projet de loi de finances pour 2011 n’a pas prévu pas de le généraliser. Le chef de l’Etat compte, pour ce faire, sur l’aide financière l’Unedic. « On oublie 80 % des chômeurs, les jeunes, les précaires, les personnes sortant d’un contrat à durée déterminée (CDD) etc., qui ne seront pas concernés par la mesure », a observé M. Chérèque. M. Sarkozy a par ailleurs proposé le doublement du nombre de places en formation en alternance (600 000 actuellement). Les jeunes qui en sortent, ont « 70 % de chance de trouver un emploi », a-t-il déclaré « Mais on n’arrive même pas à atteindre les objectifs prévus faute de places suffisantes dans les entreprises ! », s’est exclamé le numéro un de la CFDT. p Claire Guélaud


France 9

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L’entretien télévisé du chef de l’Etat

«Déterminé», mais «pas entêté», le président prétend corriger son style De l’ISF en Allemagne à Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy a multiplié les inexactitudes

Vers l’introduction de jurés populaires dans les tribunaux Le président veut des citoyens en correctionnelle et dans les juridictions d’application des peines

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A l’Elysée, mardi 16 novembre. AFP/FRANCE 2

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icolas Sarkozy a commencé l’émission un brin crispé, un peu comme Jacques Chirac, lorsqu’il a fallu répondre aux questions qui animaient depuis des mois le tout-Paris sur le remaniement. « Ne confondez pas les Français et les commentateurs », s’est-il agacé mardi soir, sur TF1, France 2 et Canal+, justifiant le maintien de François Fillon à Matignon. « Le choix du premier ministre, ce n’est pas le bon plaisir du président », a-t-il expliqué, ajoutant que M. Fillon resterait jusqu’au bout « sauf imprévu ». Comme à chaque émission depuis 2007, il a voulu incarner le président qui comprend la complexité de la France. Défenseur de l’« intérêt général », il a estimé qu’« une certaine stabilité est de nature à apaiser un pays qui en a besoin ». Et pour contester le recroquevillement du gouvernement sur l’ex-RPR, M. Sarkozy a exagéré la réduction des effectifs du gouvernement, qui n’est pas de 30 % mais de 19 %. Soudain, M. Sarkozy trouve son ton, pour justifier la suppression du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. « Le mot “identité nationale” a provoqué un malentendu. Mais sans doute qu’on s’y est mal pris. Peu importe. Dans la vie, il faut être pragmati-

que. Quand il y a quelque chose qui n’est pas compris, il faut prendre une autre voie », explique-t-il. M. Sarkozy s’en sort sur l’été sécuritaire et les Roms. Tout est parti des télévisions, qui ont ouvert leurs journaux sur l’émeute des gens du voyage de SaintAignan. Elle s’est soldée par « deux carreaux de cassés » à la gendarmerie. Lui n’a rien dit de mal le 30 juillet. « Dans le discours de Gre-

Un imparfait du subjonctif, une locution latine, et un superbe lapsus: «Ma détermination n’a rien changé» noble, il n’y a pas une outrance », assène M. Sarkozy. Nul ne rappelle qu’il a introduit le concept de « Français d’origine étrangère », susceptibles d’être déchus de leur nationalité. On collectionne un imparfait du subjonctif pour Jean-Louis Borloo, dont il aurait « préféré qu’il restât », une locution latine, avec le pape cité « expressis verbis » sur l’immigration et un superbe lapsus : « Ma détermination n’a rien changé. »

Au contraire, M. Sarkozy veut réformer jusqu’au bout. Sur les retraites, il appelle à son secours Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard qui fut selon lui « consterné » par la décision de ramener l’âge de la retraite de 65 à 60 ans prise par François Mitterand – « paix à son âme ». Surtout, M. Sarkozy annonce trois chantiers : la réforme de l’ISF, la dépendance et le rapprochement de la justice avec les citoyens. Bref, des mesures à destination des personnes âgées, clientèlede la droite, tandis que les jeunes ont la simple promesse du doublement des formations en alternance. Le président n’a plus de tabous, saufun : « Il n’y aura pas d’augmentationd’impôts.»Pourtant,seprofilent des taxes ou des prélèvements obligatoires. Qu’il s’agisse de financer la dépendance ou de l’aide à l’Afrique, depuis que M. Sarkozy s’est fait le champion des financements innovants, dans le sillage de Jacques Chirac qui inventa la taxe sur les billets d’avion pour lutter contre le sida et le paludisme. Mais le lien n’est pas fait. La pédagogie du chef de l'Etat pêche par approximations. Les socialistes allemands ont supprimé l’ISF, assène M. Sarkozy. C’est le conservateur Helmut Kohl qui l’a fait. L’euro n’a pas été introduit à

Dominique Strauss-Kahn, allié et rival

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es mots flatteurs. « Un homme pour qui j’ai beaucoup de considération », qui « fait parfaitement son travail ». « Je vous rappelle qu’il était mon candidat au FMI ». Nicolas Sarkozy n’a pas eu de mots assez aimables pour Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et possible rival pour 2012. Les deux hommes devaient se retrouver, mercredi 17 novembre, à l’Elysée, pour discuter des travaux du G20 dont la France a pris la présidence. Le chef de l’Etat, qui affirma n’avoir aucune « arrière-pensée », n’ignore rien des contradictions de son interlocuteur.A seize mois de l’élection présidentielle, le favori des sondages, le possible candidat de la gauche est obligé de s’affi-

cher, de travailler et de s’accorder avec le président de la République. M. Sarkozy a bien l’intention de mettre en scène son partenariat avec le leader socialiste. L’exercice est périlleux pour DSK, à l’heure où la gauche du Parti socialiste rêve de faire barrage à ce candidat trop libéral à son goût.La gauche de la gauche, JeanLuc Mélenchon en tête, en a fait « l’affameur de la moitié du monde ». DSK est désormais contraint de prouver qu’il est bien « un homme de gauche ». Lundi, invité de France Inter, le patron du FMI avait tenté d’éclaircir sa position, assurant qu’il ne devait pas sa nomination à M. Sarkozy, même si celui-ci avait été « beau joueur » et lui avait apporté son soutien. « Il faut rendre à César uniquement ce qui lui

appartient, pas plus ». Sur ses relations avec le chef de l’Etat, DSK, s’efforce d’afficher de la distance. « Je suis sûr qu’on va travailler correctement ». Le patron du FMI est enfermé dans un dilemme : il ne peut honorer jusqu’à son terme – 2012 – son mandat à la tête du FMI et concourir à l’élection présidentielle. Il devra choisir. Mais le plus tard possible, au risque de trop retarder la mise en ordre de bataille du PS. A force d’attendre, le parti s’enlise. L’affiche DSK-Sarkozy ne fait pas sourire ses camarades. « Le calendrier de DSK embourbe tout le monde. Nicolas Sarkozy est affaibli, Dominique a un boulevard devant lui et il n’en profite pas », peste un socialiste. p Sophie Landrin

parité avec le dollar, mais à 1,18 dollar. Il n’est pas monté à 1,42 mais 1,60 en juillet 2008. M. Sarkozy n’a « pas souvenir » d’avoir dit quoi que ce soit sur Dominique de Villepin depuis son élection. Il avait traité de coupables les prévenus du procès Clearstream endirect deNew Yorken septembre 2009. Le journaliste de France 2 David Pujadas, critiqué pour ne pas avoir été assez pugnace lors de sa précédente interview en juillet, a bûché ses dossiers. Il pousse le président dans ses retranchements sur les relevés téléphoniques des journalistes du Monde dans l’affaire Woerth-Bettencourt. Le président fait diversion sur les écoutes judiciaires de PhilippeCourroye, pour mieux faire oublier celles de la police sur le conseiller technique de Michèle Alliot-Marie. Il finit par être « libéré » par Claire Chazal, de TF1, qui l’interroge sur les otages français. Enfin, M. Sarkozy retrouve sa tendance naturelle à s’épancher. Il met en scène son épouse Carla Bruni, qui a eu au téléphone la dissidente birmane libérée Aung San Suu Kyi. Il était intervenu pour elle auprès des Chinois. Assertion invérifiable, comme celle qui consiste à avoir parlé des droits de l’homme au président chinois, Hu Jintao. Il refuse de dire un mot sur le prix Nobel emprisonné Liu Xiaobo. « Si on veut compliquer les choses, on fait un petit coup d’image, on bloque le système. » On finit sur la solitude de l’homme d’Etat. « Sur les grands sujets, je deviens moins influençable », affirme M. Sarkozy, après avoir précisé : « Quand on a la chance d’être marié avec une femme qui a beaucoup d’intelligence, ça serait un grand dommage de ne pas écouter. » Il se dit « déterminé », mais essaie de « ne pas être entêté ». Le ton se veut sincère. « Est-ce que j’ai eu des moments de découragement ? A la vérité, parfois, mais je dois convenir qu’ils ne durent pas longtemps », explique-t-il. Puis il prétend ne pas penser à l’élection présidentielle de 2012. Il prendra sa décision « quelque part à l’automne 2011 ». Il reste tant de temps. « Si vous pensez qu’un an et demi c’est court pour le chef de l'Etat, c’est que vous n’avez pas été chef de l’Etat. » p Arnaud Leparmentier

icolas Sarkozy assure vouloir « rapprocher le peuple des magistrats » : il s’agit plutôt, bien qu’il s’en défende, de rapprocher les magistrats, jugés laxistes, du reste des Français. Le chef de l’Etat souhaite ainsi adjoindre aux juges des « citoyens » dans deux domaines, les tribunaux correctionnels et les juridictions d’application des peines, qui décident des libérations conditionnelles. « Je crois qu’il ne serait pas maladroit d’imaginer un système, pour les délits les plus graves, dans les conditions que le garde des sceaux débattra, où il y ait matière à faire entrer des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels », a déclaré Nicolas Sarkozy, mardi 16 novembre. Les jurés ne sont aujourd’hui présents que dans les cours d’assises, qui jugent les crimes – sauf en matière terroriste où la cour ne comporte que des professionnels. Ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat souhaite faire entrer des jurés en correctionnelle, qui juge des délits passibles de moins de dix ans de prison. Il avait lancé « cette piste de réflexion » le 9 septembre en recevant à l’Elysée un groupe de députés UMP après le meurtre d’une joggeuse près de Lille par un homme déjà condamné pour viol. « Il a dit qu’il estimait que le peuple n’était pas assez associé aux décisionsde justice,et souhaite rapprocher le peuple de la justice, a dit Lionnel Luca, député des AlpesMaritimes. Il s’est demandé s’il ne faudrait pas réfléchir à ajouter des juges non professionnels – il a parlé d’échevins –, auprès des magistrats professionnels, pour introduire un peu plus de sens du terrain. » L’ancienne ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, avait indiqué au début de l’été qu’il n’était pas envisagé de supprimer les jurés populaires dans les cours d’assises, comme l’avait proposé un groupe de réflexion sur la réforme des procès pénaux. En revanche, elle avait confirmé étudier la création d’un « tribunal criminel », intermédiaire entre le tribunal correctionnel et la cour d’assises, pour lutter contre « le phénomène inquiétant de la déqualification de certains crimes en délits ».

Le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, avait repris en septembre l’idée de jurés en correctionnelle, et suggéré « d’associer le peuple à la sortie de prison des condamnés », après la vague de critiques policières en réaction à la remise enliberté del’undesbraqueursprésumés du casino d’Uriage (Isère). M. Sarkozy avait jugé la décision «difficilement compréhensible ». Le chef de l’Etat y est revenu mardi.«Il y a eu beaucoup d’incompréhension ces derniers temps, notamment sur les libérations conditionnelles. Je souhaite que nous réfléchissions à un système où désormais, au côté du juge d’application des peines, il puisse y avoir des citoyens qui prennent avec lui, professionnel, la décision de libérer ou non des criminels. »

« Des petits pois » Le chef de l’Etat se défend cependant de juger les magistrats trop laxistes. « Je ne me permettrais pas de dire ça, a-t-il repris. Je pense que les 8 000 magistrats français sont des genspour l’essentiel trèscompétents, parfaitement honnêtes, mais qu’il faut rapprocher le peuple des magistrats professionnels. » Le chef de l’Etat fait désormais attention à ne pas froisser un corps qu’il avait comparé le 7 octobre 2008 à « des petits pois », ayant « la même couleur, le même gabarit, la même absence de saveur ». Christophe Régnard, le président de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), s’est interrogé mardi sur « la cohérence de ces annonces successives », rappelant qu’en 2009 le gouvernement avait envisagé de supprimer les assesseurs citoyens des tribunaux pour enfants. Pour le magistrat, les déclarations du chef de l’Etat « sont destinées à cacher l’abandon » de la réforme de la procédure pénale, et notamment la suppression du juge d’instruction, dont le chef de l'Etat n’a pas dit un mot mardi. Nicolas Sarkozy n’a pas non plus évoqué la modification de la garde à vue qui doit intervenir avant l’été, après les condamnations du Conseil constitutionnel, de la Cour de cassation et de la Cour européenne des droits de l’homme. p Franck Johannès

Le président se défend de surveiller les journalistes INTERROGÉ sur les soupçons de surveillance de journalistes par des policiers et hors cadre légal, Nicolas Sarkozy a assuré, mardi 16 novembre, que «jamais, à aucun moment, d’aucune façon, je ne me préoccupe de près ou de loin, des téléphones, des lieux et des rencontres des journalistes ». Le Monde a déposé plainte, le 20 septembre, pour violation du secret des sources. Courant juillet, l’Elysée, irrité des fuites mettant en cause Eric Woerth, a demandé au contre-espionnage, au mépris de la loi – Matignon l’a confirmé dans un courrier en octobre –, d’identifier les sources de notre collaborateur Gérard Davet. Interrogé pour savoir s’il estimait possible que des services de police aient pu violer la loi, Nicolas Sarkozy a pourtant répondu: « Non, je ne l’imagine pas, je ne le crois pas et, de surcroît, cela ne servirait à rien parce que tout se sait et parce que ce qu’un journaliste pense, il l’écrit.» Ses interlocuteurs journalistes l’ont également questionné sur l’affaire des vols d’ordinateurs de

rédacteurs du Monde, de Mediapart et du Point. «Pourquoi me concernerait-elle? Vous voulez que je m’en occupe ? De savoir si un de vos confrères a perdu son portable ou son ordinateur ou s’il se l’est fait voler?», a rétorqué le chef de l’Etat. Il a également réagi sur les initiatives du procureur de Nanterre Philippe Courroye, qui a exigé de la police qu’elle obtienne les factures téléphoniques détaillées de nos collaborateurs, Jacques Follorou et Gérard Davet: « Dans le cadre d’une procédure judiciaire, pour violation du secret de l’instruction, qu’un juge ou le procureur de la République demandent [l’analyse des factures détaillées], peut-être. Ce sont leurs affaires. Ce n’est pas la mienne.» M.Sarkozy a ajouté : « Le procureur a été en situation de montrer qu’un magistrat communiquait avec des journalistes alors que [l’enquête] est couverte par le secret de l’instruction. » Le Monde a déposé une seconde plainte pour violation du secret des sources dans cette affaire. p Service France


10 France

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A l’UMP, amertume Le Parti socialiste acte son virage et déception après idéologique sur la question de la sécurité Sous la pression des élus locaux, les socialistes veulent passer à la «culture du résultat» le remaniement Députés centristes et libéraux dénoncent le retour du «tout-RPR»

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a coince et ça grince, c’est la soupe à la grimace. Au surlendemain du remaniement ministériel, la droite a mal à son centre. Il ne faut pas presser bien fort,mardi 16novembre, à l’Assemblée nationale, pour que transpirent les humeurs des « baffés », selon l’expression de François Sauvadet, le président du groupe Nouveau Centre, pour qui le nouveau gouvernement est « un mauvais signal ». « Le signal donné est celui d’un repli vers l’aile la plus à droite de lamajorité»,explique M. Sauvadet, lors de son point de presse. La réunion du groupe UMP a, elle aussi, laissé apparaître les cicatrices provoquées par cet épisode. Tandis que les supporteurs les plus fervents du premier ministre reconduit se dressent à son arrivée salle Colbert pour lancer la claque, certains boudent ostensiblement. Les vieilles étiquettes ressortent. « Tiens, on est à une réunion du RPR», grince le libéral Nicolas Forissier (UMP, Indre). Les libéraux joignent leur voix aux centristes de l’UMPpourdénoncer«unrétrécissement au RPR ». «Il y a rupture dans la logique qui a présidé à la constitutionde l’UMP,insiste M.Forissier un peuplustard.Ilnefautpassous-estimerlesentimentdeblessuredescentristes. C’est encore plus valable danslafamilleindépendante,libérale et humaniste.» Le chef de file des «réformateurs»,HervéNovelli,sortidugouvernement,aprévuderéunir son courant mercredi aprèsmidiàl’Assemblée.Thèmedelaréunion: «Peut-on gagner en 2012 sans les libéraux?» Le président du groupe, JeanFrançois Copé, en partance pour le secrétariat général UMP, s’inquiète de voir se cristalliser des « déceptions » et des « amertumes » qui menacent de parasiter l’élection de son successeur, prévue mardi 23. L’installation dans son fauteuil de son bras droit Christian Jacob n’est pas acquise, comme il avait pu l’imaginer. Le radical Jean Leonetti

se pose en concurrent sérieux et agrège les suffrages de tous ceux qui s’opposent au « tout-RPR ». « Je souhaitequeJeanLeonettisoitprésident du groupe, pour un bon équilibre, et j’attends que Copé fasse un geste et le dise à son tour», prévient l’ex-UDF Pierre Méhaignerie. « Le pacte fondateur du groupe serait rompu si Jean n’était pas élu», ajoute Louis Giscard d’Estaing. Lors de son point presse hebdomadaire, M. Copé se dit « blessé par les accusations de “tout-RPR” ». « C’est une élection », rappelle-t-il, se défendant de pouvoir influer sur le résultat. « Sinon, il m’aurait nommé, c’est évident », plaisante M. Leonetti. « Il faut rapidement que se dissipent les divergences et les déceptions qui sont apparues après le remaniement », note Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale, inquiet du climat qui est en train de s’installer dans la majorité.

Rassurer les siens François Fillon lui-même a fort à faire pour tenter de rassurer les siens. « J’ai besoin de vous pour assurer l’unité du mouvement », lance-t-il aux députés de l’UMP lors de la réunion du groupe. Le premier ministre multiplie les messages d’« amitié » et de « respect » à l’égard de Jean-Louis Borloo, l’ancien ministre d’Etat qui a choisi de claquer la porte du gouvernement après s’être consumé dans la course à Matignon. Défendant lacomposition de son gouvernement, « équilibré et soudé », le premier ministre assure que « c’est une équipe où tout le monde rame dans le même sens ». « En choisissant de me renommer, le président de la République a choisi la cohérence et la continuité. Nous avons besoin de stabilité », martèlera plus tard M. Fillon lors de la séance des questions au gouvernement. L’« instable » et l’« incohérent » appréciera.p Patrick Roger

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’est le talon d’Achille du PS, peut-être une des causes des deux défaites électorales aux élections présidentielles de 2002 et de 2007. En 2002, Lionel Jospin, premier ministre de cohabitation de Jacques Chirac, avait avoué : « Sur la sécurité, j’ai péché par naïveté. » En 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait fait de la sécurité son arme de campagne. Malgré son « ordre juste » et « l’encadrement militaire » des jeunes délinquants, Ségolène Royal

Le PS, qui n’avait pas planché sur ce sujet depuis près de dix ans, propose une politique «globale» n’avait pas réussi à contrer le procès fait à la gauche « d’angélisme » et de « laxisme ». Mercredi 17 novembre, à l’occasion d’un forum sur la sécurité organisé à Créteil (Val-de-Marne), les socialistes devaient acter leur virage idéologique sur la question de la sécurité en proposant un « pacte national de protection et de sécurité publique ». Le PS a tiré la leçon de ses échecs, grâce notamment à la pression de ses élus locaux, obligés dans leur ville à unegestion rigoureuse de cesquestions. L’objectif est affiché : les socialistes veulent inventer « une nouvelle politique de sécurité ». Les travaux ont été confiés au sénateur et maire de Dijon, François Rebsamen, partisan depuis longtemps d’un discours décomplexé sur le sujet, et à Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et secrétaire national à la sécurité. Les socialistes veulent inverser le rapport de force avec la droite au moment où le bilan du chef de l’Etat en matière de lutte contre la délinquanceest contesté. «La sécurité est un droit fondamental au même titre que l’éducation et la santé. (…) Nous refusons la société de la violence et des zones de nondroit », affirme en préambule le

Une patrouille de la police municipale de Toulouse, en septembre. CHRISTIAN BELLAVIA/FEDEPHOTO POUR « LE MONDE » texteavant de pourfendre la politique de Nicolas Sarkozy, une politique « d’opérations spectacles », « de discours vengeurs médiatisés à l’outrance », « relevant d’une gesticulation visant à donner l’illusion de l’action ». A cette politique d’« affichage et de l’agitation » le PS veut opposer « l’efficacité ». Le parti affirme vouloir s’attaquer « aux racines de l’inégalité ». Mais les socialistes sont prudents.«Des réponsesexistent.Aucune n’est miraculeuse », prévient le texte. « Le mal est profond et il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que la mesure magique n’existe pas », estime Martine Aubry. Le PS, qui n’avait pas planché sur ce sujet

depuis près de dix ans – le dernier texte remontait à mars2001 –, propose une politique « globale», fondée sur quatre piliers : prévention, dissuasion, sanction, réparation. Il comporte 22 propositions. Pour les socialistes, la sécurité publique passe par l’accroissement de « la présence des gendarmes et des policiers dans la rue ». Cela suppose de revenir « sur les milliers de suppressions d’emplois », tout en favorisant une meilleure intervention de l’Etat dans « les endroits les plus dégradés », comme le relève Jean-Jacques Urvoas. « L’Etat n’est pas tenu partout de la même manière », explique l’élu.

Aussi le projet évoque des « zones prioritaires » à l’intérieur desquelles un magistrat du parquet sera « spécialisé et désigné comme référent ». Sans revenir à la police de proximité, créée par JeanPierre Chevènement en 1999, – « l’argent public se raréfie, on n’aura pas les moyens de financer 20 000 adjoints de sécurité comme cela avait été le cas», note Jean-Jacques Urvoas – les socialistes veulent déployer «une police des quartiers » qui aura « pour mission de témoigner de l’engagement durable de l’Etat ». Le projet socialiste prévoit de porter « l’effectif total des gendarmes à 100 000 et celui du corps d’encadrement et d’application de la police nationale [gardiens de la paix] à 105 000». En matière de répression, le document souligne la nécessité d’ouvrir un « éventail de réponses pour une sanction proportionnée de chaque acte ». L’un des premiers objectifs est de « répondre à chaque acte par une sanction rapide et juste ». En ce qui concerne les jeunes et les auteurs d’infractions mineures, le PS préconise de développer « des travaux d’intérêts éducatifs» dans les établissementsscolaires et des « travaux d’intérêt général » pris en charge dans des « lieux de réparation ». Au plan législatif, le texte indiqueque « la gauche n’est prisonnière d’aucun dogmatisme et saura opérer le tri nécessaire pour garder ce qui fonctionne ». « Mais ce qui doit être changé ou abrogé le sera », est-il précisé. Afin de clarifier « les rôles des forces de sécurité qui interviennent sur le territoire », les socialistes élaboreront une loi d’orientation qui fixera «la répartition des compétences entre l’Etat et les entreprises de sécurité privée ». Le PS souhaite que les maires puissent « coordonner la politique territoriale publique de prévention ». Les missions des polices municipales devront être « recentrées sur leurs fonctions de tranquillité publique ». Le PS ambitionne de passer « de la politique du chiffre à la culture du résultat ». p Yves Bordenave et Sophie Landrin

Mme Montchampoules Le feuilleton parlementaire de la réforme reniementsduremaniement des collectivités territoriales prend fin

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e jour de son anniversaire, Dominique de Villepin a eu en cadeau une nouvelle trahison. Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République solidaire, ce petit parti qui vivote derrière les envolées de l’ancien premier ministre, est entrée au gouvernement le 14 novembre. C’est l’époque qui veut cela. Il y a encore dix ans, un tel lâchage aurait choqué et provoqué une salve de condamnations. Depuis qu’Eric Besson a abandonné en 2007 avec fracas la gauche pour la droite, il a placé la barre si haut que les reniements sont devenus d’une banalité désolante.

« Indocile » Marie-Anne Montchamp était l’une des plus virulentes villepinistes contre Nicolas Sarkozy. Le jour où elle rallia l’ex-premier ministre, elle donna le ton: « Regardez Villepin, il dit “la France” et, de l’autre côté, on a le marketing, la segmentation. Moi, je vais du côté où l’on dit “la France”.» Au Monde, qui avait fait son portrait (Le Monde du 5 janvier), cette «indocile» s’était dite «révulsée par un certain cynisme en politique qui consiste à se couler dans le moule quoi qu’il en coûte de contorsions.» Cet été, elle fustigeait la «position démagogique de l’Elysée».

Les nouvelles dispositions d’une loi qui comprend 90 articles devaient être ratifiées le 17 novembre Et puis, on l’a moins entendue. Lorsque la réforme des retraites a été votée, on a trouvé sa voix parmi les «oui », alors que Villepin prônait l’abstention. Quand l’ancien premier ministre a publié son réquisitoire contre le président, intitulé De l’esprit de cour (Perrin, 224p., 18 euros), elle a appelé « Dominique » à « sortir de l’antisarkozysme». Chaque fois, pourtant, que la rumeur a couru de sa possible entrée au gouvernement, les villepinistes ont dit qu’on la « salissait ». Au siège de République solidaire, à Paris, sur le site Internet du parti, on s’est insurgé contre ceux qui imaginaient que la plus flamboyante égérie villepiniste puisse céder pour un maroquin. Personne n’a rien vu venir. Nicolas Sarkozy s’était attelé à la convaincre en toute discrétion. Il a trouvé en quelques semaines la voie à suivre. Depuis qu’elle a été secrétaire d’Etat de Jean-Pierre Raffarin, en 2004, Marie-Anne Montchamp s’est engagée en faveur des handicapés. Le président lui a donc proposé un secrétariat d’Etat auprès de Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale, en charge du dossier. Elle a dit « oui», après « avoir téléphoné à Dominique ». p Raphaëlle Bacqué

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l aura fallu plus d’un an pour que leprojet de réforme des collectivités territoriales, déposé le 21 octobre 2009, soit définitivement adopté. Après le Sénat qui, mardi 9 novembre, a voté de justesse le compromis laborieux issu de la commission mixte paritaire, l’Assemblée nationale devait à son tour ratifier, mercredi 17 novembre, la dernière version du texte. Farouchement opposés à cette réforme, les parlementaires de gauche ont annoncé leur intention de mener une ultime bataille en déposant une série de recours devant le conseil constitutionnel. Le « big bang territorial » engagépar Nicolas Sarkozy pour simplifier le « millefeuilles » des structures locales aura essentiellement buté sur la création du conseiller territorial, une nouvelle catégorie d’élus siégeant à la fois au conseil général et au conseil régional. Mais la loi, qui comprend au total 90 articles, introduit de nouvelles dispositions, plus consensuelles, en faveur des communes et de leurs groupements. Le conseiller territorial pour le département et la région A l’ori-

gine, la volonté du chef de l’Etat était de réduire le nombre d’élus

siégeant dans les assemblées départementales et les régionales. Au final, 3 496 conseillers territoriaux devraient remplacer les 4 037 conseillers généraux et 1 880 conseillers régionaux actuels à l’issue des élections du printemps 2014. Ils seront élus dans de nouvelles circonscriptions cantonales, selon un scrutin uninominal à deux tours. Un système de pénalité a été instauré pour favoriser la

La réforme encourage la fusion et la création de structures locales, entre communes, départements, voire de régions paritémise à mal par ce type d’élection. Des dispositions complémentaires devront être adoptées pour Paris, où les conseillers municipaux sont conseillers généraux, la Corse ainsi que pour les départements d’outre-mer. Le texte renvoie au 1er janvier 2015 la redéfinition des compétences entre les départements et les régions. Initialement, le projet avaitprévu de limiter leurs respon-

sabilités d’intervention au strict cadre légal. La suppression de la « clause de compétence générale » pour les départements et les régions avaient suscité des craintes dans les milieux associatifs, du sport, de la culture et du tourisme fortementdépendants des subventions des collectivités locales. Métropoles, pôles et syndicats

La réforme réaffirme le rôle majeur des 36 682 communes, cellule de base de l’organisation territoriale. Toutefois, il prévoit de réduire, d’ici à juin 2013, le nombre des quelque 15 378 syndicats et groupements de communes à 3 000 à 4 000 déterminés par des commissions départementales. A partir de 2014, le scrutin de liste, avec l’obligation de la parité, sera institué dans les communes de plus de 500 habitants au lieu de 3 500 actuellement. Les élus des structures intercommunales seront « fléchés » en tête de liste. Parmi ses priorités, la commission Balladur avait érigé la création de métropoles consacrant le « fait urbain » de grandes agglomérations de taille européenne. Le texte propose un échelon supplémentaire : des métropoles, sur le modèle de super-communautés

urbaines dotées de pouvoirs renforcés pouvant inclure des transferts avec les régions et les départements. Avec un seuil minimum de 500 000 habitants, cette nouvelle collectivité ne devrait concerner que 8 grandes agglomérations hors Paris : Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes et Strasbourg. Pour les autres grandesvilles, la réforme prévoit l’institution de « pôles métropolitains » pour favoriser les rapprochements et coopérations d’agglomérations, à l’image de Nancy et Metz. Fusion de communes, départements et régions A l’issue d’ulti-

mes discussions avec l’association des maires de France, la réforme encourage la fusion et la création de nouvelles structures locales, entre communes, départements, voire de régions. Ces projets restent solidement encadrés, sur la base du volontariat. Le premier exemple pourrait venir de l’Alsace où le président (UMP) du conseil régional, Philippe Richert, devenu ministre des collectivités locales, est un farouche partisan de la fusion des départements du Bas et du Haut-Rhin.p Michel Delberghe


France 11

0123 Jeudi 18 novembre 2010

La Cour de justice de la République saisie d’une affaire visant Eric Woerth Le procureur général de la Cour de cassation a transmis à la commission des requêtes le dossier de l’hippodrome de Compiègne, pour des soupçons de «favoritisme» et de «prise illégale d’intérêts»

A

peine « exfiltré » du gouvernement, Eric Woerth, ancien ministre du travail, est mis en cause par le procureur général près la Cour de cassation, JeanLouis Nadal. Ce dernier, qui avait déjà réclamé, en vain, l’ouverture d’une information judiciaire dans le dossier Woerth-Bettencourt, a ouvert, mardi 16novembre, la voie à un éventuel procès devant la Cour de justice de la République (CJR), dans une affaire concernant lesconditions decessiondel’hippodrome de Compiègne. Dans un communiqué, il a fait état de soupçonsde « prise illégale d’intérêts » et de « favoritisme » liés à la vente d’une parcelle de la forêt de Compiègne, et annoncé la saisie de la commission des requêtes de la CJR.

Jean-Louis Nadal explique avoir reçu, le 21octobre, de François Baroin, «copie du complet dossier de la cession» Il s’agit là d’un nouveau front judiciaire menaçant pour M. Woerth. Il était déjà difficile pour Nicolas Sarkozy de conserver ce fidèle, ancien trésorier de l’UMP, dans les rangs de ses ministres, sur lequel pèsent des soupçons de trafic d’influence et de financement politique illégal dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Il est maintenant aussi susceptible d’être mis en cause dans un dossier distinct, lié à ses activités au gouvernement. Toutefois, M. Woerth n’est pas encore poursuivi sur le plan judiciaire. Dans le dossier de l’hippodrome, Jean-Louis Nadal a simplement saisi la commission des requêtes de la CJR, qui doit examiner la recevabilité de sa saisine et les qualifications proposées. Si elle l’estime non recevable, l’affaire ne

connaîtra pas de développements. En revanche, si la commission des requêtes juge que les arguments avancés par M. Nadal sont probants, alors le procureur général sera fondé à saisir la commission d’instruction de la CJR. Une enquête pourra débuter, confiée à trois magistrats de la Cour de cassation, et aboutir à l’éventuel renvoi d’Eric Woerth devant la CJR, pour un procès qui n’aura de toute façon pas lieu avant plusieurs années – les procédures devant la CJR sont longues et complexes. Cette juridiction d’exception, dans laquelle siègent parlementaires et magistrats, est la seule habilitée à juger les ministres pour des crimes ou des délits commis pendant leurs fonctions. «Jesuisassezsurprisdecettedécision mais j’en prends acte », a confié à l’AFP l’avocat d’Eric Woerth, Me Jean-Yves Le Borgne, qui se dit « complètement confiant (…) pour la suite des événements », tout en reconnaissant un « brin de lassitude » de son client. Selon Me Le Borgne, «il n’y a rien dans ce dossier de Compiègne concernant M. Woerth. Il y aura peut-être une enquête mais, entre une enquête et une inquiétude, il y a une différence ». Le 13 juillet 2010, Le Canard enchaîné avait accusé Eric Woerth, maire de Chantilly (Oise), d’avoir bradé, en mars, pour 2,5 millions d’euros, une parcelle de la forêt de Compiègne comportant un golf et un hippodrome, lorsqu’il était ministre du budget. M. Woerth avait vivement contesté la version de l’hebdomadaire. Fin août, le journal satirique avait pourtant publié une lettre de l’ex-ministre de l’agriculture Hervé Gaymard. Dans ce courrier daté du 13 août 2003 et adressé à l’exprésident de la Société des courses de Compiègne, Armand de Coulange, M. Gaymard refusait la vente, estimant qu’elle n’était « pas possible » du point de vue légal. Cet été, l’eurodéputée Corinne

Lepage avait écrit au procureur général près la Cour de cassation pourquesoient éclaircies lesconditions dans lesquelles Eric Woerth avait cédé « l’hippodrome du Putois ». Après avoir vainement demandé au parquet de Paris de lui communiquer tous les documents en sa possession sur cette affaire, Jean-Louis Nadal s’est finalement tourné vers les autorités de Bercy. Dans son communiqué, il explique avoir reçu, le 21 octobre, de François Baroin, ministre du budget, « copie du complet dossier de la cession de l’hippodrome du Putois ». Or, « l’analyse de l’ensemble des documents ainsi communiqués fait apparaître que les conditions de la vente d’une partie de la forêt domaniale de Compiègne effectuée par Monsieur Eric Woerth, alors ministre du budget, au profit de la Société des courses de Compiègne, seraient susceptibles de consti-

tuer des indices d’atteintes aux règles régissant la liberté d’accès et l’égalitédes candidats dansles marchéspublics etlesdélégationsde service public [délit de favoritisme] ». Il suspecte également M.Woerth du délit connexe de prise illégale d’intérêts. En effet, ajoute-t-il, « l’examen de ces pièces met également en évidence la nécessité defairevérifier,auregarddes dispositions du code pénal relatives à la prise illégale d’intérêts, l’existence ou l’absence de liens d’intérêts entre le ministre du budget et les bénéficiaires de cette vente ». La Cour de cassation devait examiner par ailleurs, mercredi 17 novembre, une demande de dépaysement vers une autre juridiction des autres volets de l’affaire Bettencout susceptibles d’impliquer l’ancien ministre, qui étaient jusqu’alors suivis à Nanterre. p Gérard Davet

Fait divers

Deux interpellations dans l’enquête sur l’incendie d’un foyer à Dijon Deux personnes ont été interpellées, mardi 16 novembre, dont une dans un hôpital psychiatrique, après l’incendie à Dijon d’un foyer de travailleurs immigrés qui a fait sept morts durant le week-end. « L’enquête s’oriente vers la piste criminelle », a déclaré le procureur de Dijon, Eric Lallement. Selon le ministère de l’intérieur, 61 personnes restaient hospitalisées mardi, dont quatorze dans un état grave et huit dans un état critique. Parti d’un feu de poubelles, l’incendie, attisé par le vent, s’est rapidement propagé aux neuf étages de l’immeuble. – (AFP.) p

Justice Pierre Falcone reste en prison La cour d’appel a rejeté, mercredi 17 novembre, la demande de remise en liberté déposée le 10 novembre par Pierre Falcone. L’homme d’affaires avait été condamné, le 27 octobre 2009, à six ans de prison dans l’affaire de l’Angolagate. Il devrait être rejugé à la fin du mois de janvier 2011.

Politique Rapprochement entre Hervé Morin et Jean-Louis Borloo L’ancien ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo, candidat malheureux à Matignon, et l’ancien ministre de la défense Hervé Morin se sont rencontrés, mardi 16 novembre, pour «trouver des convergences» entre centristes, à l’heure où cette famille ne s’estime pas assez représentée au sein de la majorité. M. Morin, qui dirige le Nouveau Centre, va être invité à se rendre au comité exécutif du Parti radical. M. Borloo, patron du Parti radical, se rendra aussi devant les dirigeants du Nouveau Centre.

Santé Les syndicats de l’hôpital Tenon réclament des embauches Les syndicats SUD et CGT de l’hôpital Tenon à Paris ont réclamé, mardi 16 novembre, un plan d’embauches et un plan d’organisation du travail pour sortir de la crise. En raison du manque de personnel, le nombre de lits y a été réduit et des infirmières sont en grève depuis septembre.

En 48heures, les politiques ont tourné la page Woerth

E

n trois phrases, prononcées mardi 16 novembre par le président de la République lors de son entretien télévisé, Eric Woerth est passé dans la case pertes et profits du monde politique, malgré un hommage appuyé : « Je lui ai fait valoir que, pour la nouvelle équipe gouvernementale, c’était mieux aussi que nous n’ayons pas, en plus de toutes les difficultés, à gérer les rendez-vous judiciaires inévitables dans la situation qui est la sienne. » Nicolas Sarkozy a assuré que l’ancien ministre du travail, désormais visé par la saisine de la Cour de justice de la République pour l’affaire de l’hippodrome de Compiègne, jugeait « plus simple pour lui de se défendre s’il n’était plus ministre». A rebours de toutes les déclarations publiques et privées de M.Woerth jusqu’au jour du remaniement. Certes, avec une pointe d’émotion, M. Sarkozy a précisé : « C’est l’une des décisions les plus difficiles que nous ayons dû prendre avec François Fillon, parce qu’elle touchait à l’humanité de quelqu’un. » Et parce que le président avait toujours soutenu, afin que M. Woerth conduise la réforme des retraites, que renvoyer l’ancien trésorier de l’UMP serait signifier sa culpabilité. Il a donc une nouvelle fois proclamé son innocence : « J’ai une grande confiance en Eric Woerth, qui est un homme parfaitement honnête, qui a été un formidable

ministre du travail et qui a suscité mon admiration pour son courage et sa dignité lors de la réforme des retraites.» Le président a conclu qu’il espérait retravailler avec lui.

« Bon courage » L’intéressé assure n’éprouver « aucune acrimonie », et affiche une sorte de fatalisme: « Je ne vais pas commenter mon départ, ni commenter la justice, c’est ainsi, c’est tout. » M. Woerth assure recevoir « plein de marques de soutien», comme il en a reçu durant ces derniers mois. A Anne Méaux, la patronne de l’agence de communication Image 7, qui lui a à nouveau proposé gracieusement son aide, il a dit qu’elle était « adorable», et l’a remerciée pour sa « fidélité» et sa « gentillesse». « Bon courage», lui a aussi souhaité Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP. Mais la nouvelle de la saisine de la Cour de justice de la République est tombée dans une indifférence abyssale du monde politique. « Toute l’énergie est tournée vers l’autonomie du centre, les aigreurs et les rancœurs, les candidatures au groupe UMP, constate M.Paillé. Très sincèrement, cette question, je ne l’ai vue soulever par personne.» Effacé, rayé, oublié, en 48heures? « Les politiques sont dans la cuisine politique. J’ai déjeuné avec Hervé Novelli, on n’a pas un instant parlé de ce truc», dit M.Paillé. Ainsi passe la gloire d’un ministre. p Béatrice Gurrey

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12 France

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Pour l’Aïd, les musulmans s’adaptent bon gré mal gré aux nouvelles réglementations Depuis mardi 16novembre, une dizaine d’abattoirs agréés d’Ile-de-France accueillent des milliers de fidèles venant acheter des moutons Reportage

D

es enfants contemplent les moutons qui s’ébattent pour quelques minutes encore dans l’enclos improvisé aux abords de l’abattoir Kissi de Montereau-Fault-Yonne (Seine-etMarne). A quelques mètres de là, la distribution des bêtes a commencé et les pères de familles repartent, un mouton mort sur l’épaule, pour célébrer l’Aïd el-Adha, la fête du sacrifice qui marque dans le monde musulman, la fin du pèlerinage à La Mecque, les 16, 17 et 18 novembre. A l’intérieur de l’abattoir, depuis 9 heures du matin, juste après la prière de l’Aïd, un imam sacrificateur, agréé par la mosquée d’Evry, égorge les bêtes à la chaîne, sans un bruit. Il leur tourne la tête vers La Mecque et officie en prononçant une bénédiction «au nom de Dieu ». Le rituel est respecté,sous l’œil des services vétérinaires du département. En ce mardi 16 novembre, premier jour de fête, un millier de moutons seront emportés par des particuliers et des associations musulmanes de la région parisienne ; quelques centaines les deux jours suivants. Sur le parking de l’abattoir, qui fournit toute l’année de la viande exclusivement halal, une sandwi-

cherie accueille les clients d’un jour. Téléphone vissé à l’oreille, un fidèle rompt le jeûne qu’il observait depuis la veille en dégustant un morceau de foie, premier morceau, que, selon la tradition, le prophète Mahomet mangea après avoir sacrifié l’agneau. Venu en famille de Noisy-leGrand (Seine-Saint-Denis) à une heure de route, il s’efforce de perpétuer la tradition de l’Aïd, en dépit d’une réglementation de

«Si je ne peux pas égorger le mouton moi-même, l’Aïd reste une demi-fête» Un étudiant algérien plus en plus « draconienne ». Née en France, sa sœur, Zahra Belahbib, ambulancière de 31 ans, se souvient avec nostalgie des Aïd de son enfance. « On allait dans des fermes et nos parents égorgeaient eux-mêmes le mouton. Aujourd’hui, c’est industriel. Chacun charge son mouton et s’en va », regrette la jeune femme. Convaincue qu’en France, « les musulmans sont restreints dans leurs pratiques religieuses », elle tient pourtant à transmettre à ses trois enfants cette tradition. « Ce jour-

là, ils portent des vêtements neufs et ils ne vont pas à l’école. Ce soir, on distribuera des morceaux de viande aux nécessiteux. On préparera un couscous pour vendredi [jour de la grande prière] ; le reste on le mettra au congélateur. » Les trois foyers de la famille ont dépensé chacun 230 euros pour leur mouton. Abdelkader Walili regrette, lui aussi, la « professionnalisation » de l’Aïd, destinée à mettre fin aux égorgements clandestins, caricaturés par l’expression « le mouton dans la baignoire », et effectués en dehors de toute norme d’hygiène. En 2008, 33 sites clandestins avaient été découverts dans 19 départements. Cet informaticien reconnaît que, jusqu’à récemment, il se retrouvait chaque année avec une dizaine d’amis pour égorger eux-mêmes leur mouton dans le garage d’un de leurs pavillons, tapissé pour l’occasion de bâches en plastique. « Pour nous, d’un point de vue religieux, le plus important ce n’est pas de manger la viande, mais de perpétuer le geste du sacrifice, la tradition d’Abraham. Aujourd’hui, on risque 750 euros d’amende si on est arrêté avec un mouton dans la voiture. Les pouvoirs publics ont décidé d’interdire mais n’ont pas pro-

Distribution de moutons à la mosquée de Grigny (Essonne), le 16 novembre. E. GARAULT POUR « LE MONDE » posé de solutions », déplore-t-il. « On est tous d’accord pour respecter les règles mais il est anormal que les musulmans ne trouvent pas d’abattoirs à leur portée et soient obligés de faire plusieurs centaines de kilomètres pour acheter un mouton. Pour ces trois jours, il faudrait réquisitionner les abattoirs existants », estime M’Hamed El Koulali, de l’association musulmane de Vigneux-surSeine (Essonne). Aujourd’hui, en région parisienne, où vit la majeure partie des quelque cinq millions de musulmans de France, une dizaine d’abattoirs sont agréés. Quatre sites mobiles prêtent main-forte aux cinq abattoirs permanents. « Insuffisant », pour la plupart des

responsables musulmans qui soulignent que le marché progresse. Durant les trois jours d’abattage, quelque 130 000 moutons sont tués à travers la France, et vendus à des prix qui passent du simple au double, ou au triple. Pour répondre en partie à ces insatisfactions, le Conseil régional du culte musulman (CRCM) d’Ilede-France-Est, par le biais d’associations musulmanes locales, proposent de servir d’intermédiaire entre les fidèles et les abattoirs. « Les interdictions sont tombées avant que l’on trouve des alternatives », confirme Abdellak Edouk, imam de Grigny (Essonne) et secrétaire du CRCM. « Plutôt que de se lamenter, l’association musulmane de Grigny a cherché des solu-

Une boucherie halal sur Internet

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Des pratiques nouvelles correspondant au profil des jeunes couples musulmans, urbains, actifs, apparaissent sur le marché de l’Aïd el-Adha. « Représentant de cette génération de consommateurs halal », Samir Amdouni a créé, il y a deux ans, le site Dinam, une « boucherie halal sur Internet ». A partir de mercredi 17 novembre, deuxième jour de l’Aïd, il pro-

pose pour 230 euros des moutons « sacrifiés selon le rituel, découpés et livrés » pour 20 euros de plus, le tout payable en ligne. Il organise aussi le don aux associations pour ceux qui veulent respecter la tradition de l’aumône durant l’Aïd. Cette année, à la veille de la fête, « 200 personnes avaient réservé leur mouton sur Internet », selon le jeune entrepreneur.

tions. » Depuis deux ans, il propose aux fidèles de choisir et de réserver leur mouton à l’avance auprès de l’abattoir. Puis, l’association se charge de les leur livrer le premier soir de l’Aïd. Cette année, une soixantaine de familles ont opté pour cette solution. Mais les plus religieux rechignent devant ces arrangements. « Si je ne peux pas égorger le mouton moi-même, l’Aïd reste une demi-fête », regrette un étudiant algérien. Il participe toutefois à la distribution des bêtes à la mosquée de Grigny, afin de partager les valeurs de « solidarité, de partage et d’obéissance », portées par ce jour de fête. D’autres s’adaptent. Ceux qui peuvent rentrent au pays pour « se sentir musulmans à 100 % et parce que c’est une fête familiale », explique Mme Belhabib. Face à la flambée des prix au moment de l’Aïd, certains préfèrent envoyer une somme d’argent « au pays », où l’on sacrifiera un animal en leur nom, ou faire un don à une association caritative. « C’est dommage, relève Abdeljalil Hmich, un fidèle de Grigny, car l’Aïd représente un potentiel commercial que les éleveurs et les abattoirs français pourraient davantage exploiter ». p Stéphanie Le Bars

Le Conseil constitutionnel va devoir se prononcer sur le mariage homosexuel La Cour de cassation lui a transmis une question prioritaire de constitutionnalité

L Du 25 au 28 novembre

erte f f o e c a l ée = 1 p partout en France mbre t e h c a e rts ove 1 plac 0 et 17 n 50 conce

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con es e icip leless ssaalllles partr/96heuresde z e v z u e v o u r .f ReRt etro rama ww.tele et sur w

e Conseil constitutionnel devra, dans les mois qui viennent, dire si l’interdiction, en France, du mariage homosexuel est conforme à la Constitution. Mardi 16 novembre, les « sages » de la rue de Montpensier ont en effet été saisis par la Cour de cassation d’une question prioritaire de constitutionnalité sur le mariage homosexuel. « Cette décision est une bonne nouvelle pour les trois millions de lesbiennes et de gays qui ne peuvent se marier », a estimé l’avocate Caroline Mécary, spécialiste des droits des homosexuels. Instaurée par la réforme constitutionnelle de l’été 2008, la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) permet à un justiciable, à l’occasion d’une procédure judiciaire ou administrative, de soulever la constitutionnalité d’une loi qui lui est applicable. Cette petite révolution juridique a permis de déférer aux « sages » des dizaines de textes qui avaient jusqu’alors échappé à leur vigilance : depuis l’entrée en vigueur de la réforme, le 1er mars, toutes les lois, y compris les plus anciennes, peuvent être passées au crible du Conseil. La Cour de cassation a été saisie, le 24 août, par le tribunal de Reims de la question du mariage homosexuel : deux jeunes femmes dénoncent l’impossibilité qui leur été faite de se marier. Dans son

arrêt, la Cour estime que la constitutionnalité des textes interdisant le mariage des couples de même sexe est à la fois « nouvelle » et « sérieuse ». Le mariage homosexuel fait « aujourd’hui l’objet d’un large débat dans la société, en raison, notamment, de l’évolution des mœurs et de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe dans les législations de plusieurs pays étrangers ».

Le mariage gay fait « l’objet d’un large débat dans la société, en raison de l’évolution des mœurs» La Cour de cassation Le seul mariage homosexuel qui ait jamais été célébré en France a eu lieu le 5 juin 2004, à Bègles (Gironde), sous les flashs de photographes du monde entier. Malgré l’opposition du procureur de Bordeaux, le maire de la ville et député (Verts) Noël Mamère avait uni ce jour-là Stéphane Chapin et Bertrand Charpentier. Ce mariage avait cependant été annulé par le tribunal et la cour d’appel de Bordeaux, qui ont tous deux affirmé que le mariage, en France, devait

unir un homme et une femme. Ce raisonnement avait été repris deux ans plus tard par la Cour de cassation. Dans un arrêt sur le mariage de Bègles rendu le 13 mars 2007, la première chambre civile avait estimé que, « selon la loi française, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme ». « Ce principe n’est contredit par aucune des dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme et de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui n’a pas, en France, de force obligatoire. » Depuis le mariage de Bègles, le paysage international s’est profondément transformé. Aujourd’hui, huit pays européens – les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, la Norvège, la Suède, le Portugal, l’Islande et le Royaume-Uni–ontouvertlemariage aux couples de même sexe. La Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg devra en outre se prononcer un jour sur le mariage de Bègles : saisis en septembre 2007 d’une requête de Stéphane Chapin et Bertrand Charpentier, les juges devront dire si l’interdiction, en France, du mariage homosexuel viole les articles de la Convention européenne de 1950 sur le droit à une vie familiale, le droit au mariage et la non-discrimination. p Anne Chemin


Economie 13

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Les cours du jour ( 17/11/10, 09h54 )

En hausse General Motors

En baisse Roche

Face à une demande plus forte que prévu après son introduction en Bourse, GM a augmenté de 31 % le nombre d’actions sur le marché et le prix a été fixé à 33 dollars (contre 26 à 29 initialement).

Le groupe pharmaceutique suisse a annoncé, le 17 novembre, la suppression de 4 800 emplois dans le monde (6 % des effectifs), pour surmonter la baisse du prix des médicaments.

Euro 1 euro : 1,3612 dollar (achat) Or Once d’or : 1349,00 dollars Pétrole Light sweet crude : 81,50 dollars Taux d’intérêt France : 2,967 (à dix ans) Taux d’intérêt Etats-Unis : 2,760 (à dix ans)

Schneider Electric a tourné la page de la crise Jean-Pascal Tricoire, à la tête du groupe depuis 2003, prévoit de nouvelles acquisitions dans les pays émergents Entretien

E

ntré en 1988 chez Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire, 47 ans, en a été nommé directeur général délégué en 2003 puis président du directoire en 2006. Il a mené une politique active d’acquisitions, dont l’achat, en 2010, de la branche transmission et distributiond’Areva. Le chiffre d’affaires du groupe est passé de 8,7 milliards d’euros, en 2003 à près de 16 milliards d’euros, en 2010. Schneider Electric est le leader mondial de la moyenne tension.

Pour Schneider Electric, la crise est-elle terminée ?

Dès le premier trimestre 2010, nous avions renoué avec la croissance. Celle-ci s’est amplifiée aux deuxième et troisième trimestres, atteignant un rythme de 12 %. A la fin de l’année, Schneider Electric retrouvera des niveaux d’activité et de rentabilité relativement comparables à ceux d’avant-crise. Effacer la crise en deux ans est une réussite remarquable, mais c’est en partie un effet d’optique car elle a bouleversé une partie importante de notre environnement et a validé trois de nos hypothèses. D’abord, l’importance des nouvelleséconomies qui tirent la croissance mondiale : près de 40 % de notre chiffre d’affaires sont désormais réalisés dans les pays d’Asie (hors Japon et Australie) en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et en Amérique latine. Ensuite, tous nos clients veulent réduire leur facture énergétique : ils se rendent compte que l’énergie devient chère et parfois rare. Elle le sera de plus en plus, sous la pression de la demande grandissante des pays émergents. Enfin, il faudra gérer l’énergie de façon différente, notamment grâce aux réseaux électriques

re évoluer nos outils de production et former nos collaborateurs pour les activités du futur, en particulier les services. Si nous ne le faisons pas, nous ne répondrons pas à la demande de nos clients. Schneider change et s’adapte pour répondre aux défis futurs. Je regrette simplement que la France soit l’un des pays où les évolutions prennent plus de temps qu’ailleurs pour être réalisées.

intelligents, les smart grids, pour optimiser la génération d’énergie et sa consommation. Nous constatons que l’écart entre les pointes et les creux de consommation augmente, ce qui oblige les producteurs d’électricité à faire appel de façon temporaire à des sources d’énergies très carbonées. Or, tout en utilisant au mieux l’éolien, le solaire, il devient possible, dans les bâtiments et usines « intelligents », de consommer beaucoup moins en heures de pointe.

Payez-vous beaucoup d’impôts, en France ?

Schneider Electric va-t-il poursuivre ses acquisitions dans les pays émergents ?

Oui, car c’est là que se trouvent beaucoupdes besoins et de la croissance. En Russie, où nous venons de conclure un accord portant sur l’acquisition de 50 % d’Electroshield-TM Samara, nous devenons leader dans le domaine de la moyenne tension. C’est un pays riche de pétrole, de gaz et de minerais, où les infrastructures électriques doivent être entièrement rénovées.Chacunedestroisraffineries de la région de Samara nécessite près d’un milliard de dollars (750millions d’euros) d’investissement pour leur mise aux normes.

Selon M. Tricoire, « près de 40 % du chiffre d’affaires de Schneider Electric sont désormais réalisés dans les pays d’Asie (hors Japon et Australie) ». PHILIPPE POUPIN POUR « LE MONDE » règles internationales de propriété intellectuelle et participera même à leur élaboration.

Présent en Chine depuis de nombreuses années, Schneider a été poursuivi en justice pour contrefaçon en 2007, cela vous a-t-il amené à revoir votre stratégie ?

Vous cherchez à réduire les coûts, notamment en France, en y supprimant certains sites de production. Ne participezvous pas à la désindustrialisation de la France ?

Pas du tout. En 2008, la Chine, où nous comptons 22 000 salariés, est devenue le deuxième marché du groupe derrière les EtatsUnis. Nous avons contesté la conformité de ce jugement – il nous a coûté 17 millions d’euros – aux règles internationales en cours sur la propriété intellectuelle et avons tourné la page. Je suis sûr que la Chine, qui, désormais, dépose des brevets, sera de plus en plus attentive à la conformité aux

Non, absolument pas. Au contraire. Nous continuons d’investir et de nous développer dans l’Hexagone dans la domotique, le contrôle des bâtiments, l’efficacité énergétique, le véhicule électrique et les services. La France est notre troisième marché mondial. Nous y réalisons 10 % de notre chiffre d’affaires. Nous avons certes dû y réduire nos effectifs, mais moins qu’ailleurs dans le monde, et nous y comptons désormais 18 % des

salariés de Schneider Electric, hors Areva, contre 17 %, avant 2008. Dans notre centre mondial de recherche, à Grenoble, nous avons investi 60 millions d’euros en 2007 et nous allons faire de l’usine de Carros (Alpes-Maritimes), qui

CALVI 8H15

Wall Street s’interroge sur la signification des dernières opérations de Warren Buffett Le milliardaire a notamment investi dans des banques commerciales

Q

ue manigance encore Warren Buffett ? L’octogénaire, réputé pour son sens des affaires qui a fait de lui l’un des hommes les plus riches du monde, a dévoilé, lundi 15 novembre, les derniers investissements de son fonds d’investissement, Berkshire Hathaway. La communauté financière a, comme à son habitude, scruté ces opérations : révèlent-elles la confiance de M. Buffett dans la reprise américaine ou, au contraire, sa crainte que les Etats-Unis n’aillent droit dans le mur ? Jusqu’à présent, le « papy de la finance » s’est rarement trompé. Depuis son arrivée dans le monde de la finance, en 1965, son fonds a engrangé des milliards de dollars. Et malgré la morosité ambiante, le cours de Berkshire Hathaway a pris 21 % depuis le début de l’année. Mais les dernières nouvelles en provenance d’Omaha, cette ville du Middle West où réside M. Buffett, laissent certains experts de Wall Street perplexes. Au derniertrimestre, il a notamment vendu des actions du spécialiste américain du bricolage, Home Depot, du fabricant de vêtement de sport Nike et du vendeur de voitures CarMax, pour acheter, entre autres, des titres des banques (Wells Fargo, Bank of New York Mellon…) et du géant des pro-

duits d’hygiène grand public Procter & Gamble. « A première vue, on pourrait en déduire que M. Buffett n’est pas très optimiste sur l’avenir de l’économie américaine », observe Timothy Griskey, gérant du fonds d’investissement Solaris à New York. Home Depot est, en effet, considéré comme un baromètre de la conjoncture, Nike est sensible aux aléas de la consommation tandis que Procter & Gamble est une « valeur plus défensive, indique-t-il. Le groupe vend des produits dont les ménages américains ne peuvent se passer. »

L’« oracle d’Omaha » coûte cher à Goldman Sachs Goldman Sachs aimerait bien se débarrasser de Warren Buffett. En pleine crise, le financier avait renfloué la banque américaine aux abois en achetant 5 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) d’actions préférentielles. Mais cette « aide » coûte cher : 10 % d’intérêt par an, soit 15 dollars versés chaque seconde à M. Buffett. Goldman Sachs voudrait rembourser au plus vite, mais elle doit obtenir le feu vert de la Réserve fédérale américaine qui, selon le Wall Street Journal, hésite, car cela abaisserait le niveau de fonds propres de la banque.

Seulement voilà, tout le monde à Wall Street sait que M. Buffett est plutôt confiant sur l’avenir des Etats-Unis. Investir dans des banques de détail comme Wells Fargo ou Bank of New York Mellon en est le signe. Pour lui, la crise financière sera bientôt oubliée. Et grâce à la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale américaine, « les banques qui ont survécu ont les moyens de gagner beaucoup d’argent », estime Guy Spier, gérant du hedge funds Aquamarine à Zurich. Pour Gilbert Martin, professeur à la Kogod Business School de l’American University à Washington, rien ne sert d’interpréter le sens économique de ces opérations, car elles servent un autre objectif : préparer le terrain à Todd Combs, ce gérant de hedge funds, jusqu’ici inconnu, désigné pour prendre la succession de l’octogénaire. Au total, M. Buffet a acheté pour 611 millions de dollars (453 millions d’euros) et vendu pour 1,82 milliard de dollars. Selon M. Martin, interrogé par Bloomberg, la trésorerie amassée permettra àson successeurde faire ses premiers investissements et ses preuves. A moins, avance-t-il, « que M. Buffett ait un autre projet : une grosse acquisition qui nécessite de mettre de l’argent de côté ». p Claire Gatinois

emploiera 800 personnes, une référence mondiale en automatismes industriels et une vitrine de notre savoir-faire environnemental. Nous prévoyons d’y investir 12 millions d’euros. En France, comme ailleurs, nous devons fai-

Plus d’infos sur rtl.fr

Nous avons le sentiment de contribuer fortement à la richesse nationale à travers les emplois, les salaires, les charges sociales, les impôts locaux, les taxes et les impôts que nous payons en France. Sans compter les dividendes que nous versons à nos actionnaires français (50 % du total), sur la base de nos profits réalisés à 90 % hors de France. Quant à l’impôt sur les sociétés,nous bénéficionsencore d’un report de déficit lié à notre perte lors de la revente de Legrand, ordonnée par la Commission européenne. Nous nous félicitons de la réforme de la taxe professionnelle, dont l’assiette n’est plus l’investissement, ainsi que de la création du crédit impôt-recherche.p Propos recueillis par Isabelle Rey-Lefebvre


Nous sommes la Fondation d’un rêve. Un rêve aussi vieux que l’humanité. Ce qui est nouveau, c’est qu’il devient aujourd’hui une nécessité. Ce rêve, c’est celui de l’économie sociale. Une économie dont les acteurs : entreprises coopératives, associations, mutuelles, organismes d’intérêt général sont au service des hommes et non pas du profit à tout prix. Une économie qui représente aujourd’hui 10 % du PIB en France, et qui crée des milliers d’emplois chaque année. Pas mal, pour des rêveurs... La Fondation d’entreprise Crédit Coopératif soutient la recherche, le développement durable, la lutte contre l’exclusion, l’accès à la citoyenneté des personnes handicapées, ou encore la solidarité internationale. Elle est donc logiquement partenaire de la 13è édition du Prix Le Monde de la recherche universitaire. Parce que les progrès du savoir doivent contribuer à faire avancer l’économie dans le bon sens. Ce qui est une bonne nouvelle.

www.credit-cooperatif.coop/fondation/

BythewayCreacom – Fondation d’entreprise Crédit Coopératif - BP 211 - 92002 Nanterre Cedex - Crédit photo : Getty image

Puisse l’avenir s’inspirer de nos rêves…


Economie 15

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Washington exhorte l’Europe à agir «très, très vite» pour sauver l’Irlande Dublin refuse toujours l’activation du plan en préparation. L’euro a fortement baissé Bruxelles bureau européen

U

ne assistance financière en faveur de l’Irlande actée surle principe,mais pas formellement activée : c’est la réponse que les ministres des finances ont tenté, mardi 16 novembre à Bruxelles, d’apporter aux marchés affoléspar lacrise de la dettesouveraine au sein de la zone euro. Mais sans être en mesure à ce stade de forcer le gouvernement irlandais à demander le moindre soutien. « Nous confirmons que nous agirons (…) pour préserver la stabilité financière de la zone euro si nécessaire et que nous avons les moyens à disposition pour le faire », a indiqué le président de l’Eu-

Standard & Poor’s abaisse la note de Chypre L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a abaissé, mardi 16 novembre, de A + à A la note de la dette de la République de Chypre, membre de la zone euro, en raison de la fragilité de son système financier. Selon S&P, cette décision a été prise en raison des « vulnérabilités croissantes » du système financier chypriote et de « l’impact que cellesci pourraient avoir sur les finances publiques » du pays. L’endettement des ménages y atteint 280 % du produit intérieur brut.

rogroupe Jean-Claude Juncker à l’issue de la réunion mensuelle des grands argentiers de l’union monétaire. Il a été convenu, en accord avec l’Irlande, d’envoyer dès jeudi 18 novembre à Dublin, une mission conjointe de la Commission, de la Banque centrale européenne (BCE), et du Fonds monétaire international (FMI) pour négocier un programme de restructuration du secteur bancaire, mais aussi les modalités d’une assistance budgétaire, « en cas de demande », a indiqué Jean-Claude Juncker. Dans la soirée, le FMI a confirmé sa participation « afin de déterminer le meilleur moyen de fournir, si nécessaire, un soutien permettant de contenir les risques sur les marchés ». L’Eurogroupe concluait à peine ses délibérations sur l’Irlande que Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, conseillait aux Européens d’agir « très, très vite ». Dans l’esprit des Etats-Unis, comme de la Banque centrale et de la Commission européennes, et d’un nombre croissance d’Etats, il s’agit d’aller vers une activation la plus rapide possible du plan d’aide afin d’éviter une contagion de la crise à l’ensemble des maillons faibles de la zone euro, comme le Portugal ou l’Espagne. Or le calendrier reste des plus flous, faute de requête irlandaise. D’après Jean-Claude Juncker, le

Jean-Claude Juncker et Jean-Claude Trichet, mardi 16 novembre, à une réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles. GEERTVANDEN WIJNGAERT/AP gouvernement irlandais « doit se former une opinion définitive dans les prochains jours ». « C’est une question de jours », a aussi espéré Christine Lagarde, la ministre française de l’Economie. Dans son entourage, on indique qu’un plan pourrait«probablement»être activé avant le 7 décembre, date prévue de l’adoption en Irlande du vaste paquet d’économies que le gouvernement concocte pour ramener son déficit en deçà de 3 % du PIB d’ici à 2014 – contre 32 % cette année. Une assistance n’est « pas inévitable », a au contraire clamé le ministre irlandais des finances, Brian Lenihan, à la sortie de la réunion. Juste avant le rendez-vous, le premier ministre irlandais, Brian Cowen, avait martelé lui aussi que

son pays n’avait pas l’intention de solliciter une quelconque intervention. L’Irlande estime qu’elle n’a pas besoin d’aller sur les marchés

Ils’agitd’allerversune activationrapidedu pland’aidepouréviter unecontagiondela criseàtouslesmaillons faiblesdelazoneeuro avant le début de l’année prochaine. Très affaibli politiquement, son gouvernement entend par ailleurs prendre lui-même les mesures d’économies promises aux partenaires européens. Car en

cas d’assistance financière, certaines des intentions prêtées aux pays de la zone euro – comme la hausse de l’impôt sur les sociétés, une des clés du miracle irlandais – demeurent taboues. Les pays de la zone euro, comme le FMI, ont convenu en mai, lors de la mise en place des outils de gestion de crise, d’imposer desconditions très strictes en échange de leur intervention. C’est l’une des exigences posées par les Etats, Allemagne en tête, qui contribuent aux différents instruments désormais à la disposition des Européens pour agir : le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté d’une part de 440 milliards de garanties des Etats de la zone euro pour lever de l’argentsur lesmarchés, et le méca-

nisme européen d’assistance (60 milliards d’euros), qui repose sur la garantie du budget communautaire. Le directeur général du FESF, Klaus Regling, a précisé qu’il serait en mesure de mobiliser « des sommes significatives », et cela « rapidement », dans un délai de cinq à huit jours après activation du dispositif. Mercredi 17 novembre, les ministres des finances des Vingt-sept devaient de surcroît discuter de l’éventuelle contribution de pays non membres de la zone euro, comme le Royaume-Uni, éventuellement sous forme de prêts bilatéraux. Les investisseurs restaient nerveux, mercredi matin. L’euro, qui avait plongé la veille, s’inscrivait sous la barre des 1,35 dollar. p Philippe Ricard

Berlinn’exerceofficiellement La BCE ne veut pas être la seule à éteindre l’incendie aucunepressionsurDublin Berlin Correspondant

Promis, juré, l’Allemagne n’exerce aucune pression sur l’Irlande. Tel est le message que martèle l’entourage de Wolfgang Schäuble, le ministre des finances. Le gouvernement allemand affirme faire confiance aux Irlandais pour gérer à court terme la crise qui frappe actuellement leur pays. Mardi 16 novembre, la chancelière Angela Merkel a même indiqué « ne pas voir actuellement » d’Etat qui ait besoin d’une aide. Berlin ne serait pourtant pas opposé, par principe, à intervenir. Et pas seulement parce que, selon les résultats des tests de résistance bancaire communiqués en juillet, les banques allemandes étaient alors à peine moins exposées au risque irlandais que les établissements britanniques. Contrairement à ce qui s’était passé au début de la crise grecque, l’Allemagne n’hésite plus désormais à se porter au secours des Etats de la zone euro en difficulté. Depuis la déclaration franco-allemande de Deauville (Calvados) du 18octobre et le conseil européen de Bruxelles du 29 octobre, Berlin a même théorisé ses interventions. Mme Merkel en a rappelé les fondements, lundi 15 novembre, lors du congrès de la CDU : « Si l’euro échoue, l’Europe échoue. » Or l’Europe, c’est la paix, la liberté, le bien-être. L’Allemagne n’a donc rien à gagner à une crise de l’euro. Bien au contraire. Dans un article publié dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung le 9 novembre et largement diffusé dans les milieux diplomatiques, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, complète cette argumentation: « Que cela plaise ou

non, notre position géographique et notre taille nous obligent à accepter une responsabilité particulière. Cette obligation est sérieuse, car il n’y a presque aucune décision politique prise exclusivement au niveau allemand qui reste sans conséquence sur le monde qui nous entoure; il n’y a presque aucune décision purement européenne qui n’ait d’impact sur nous. » Mme Merkel tire de cet état de fait une conséquence : son gouvernement a « une mission : ancrer une nouvelle culture de la stabilité en Europe», selon les termes qu’elle a employés devant les membres de son parti. D’où son exigence de renforcement des sanctions dans les traités. Peut-elle y parvenir seule ? Or malgré la déclaration de Deauville, la chancelière cite rarement la France dans ses discours les plus récents. Sur ce point, Wolfgang Schäuble est moins ambigu. «Il faut garder à l’esprit qu’exercer une domination internationale en matière de politique économique s’est toujours accompagné d’un leadership en matière de politique étrangère ou de sécurité. (…) Or l’Allemagne ne peut ni ne veut jouer ce rôle. Intensifier notre collaboration avec la France est plus prometteur. Non pour exercer une hégémonie commune mais comme deux chefs de file qui tirent dans la même direction », écrit-il. Si l’Allemagne n’a pas encore fait pression sur l’Irlande, il est donc probable que cela ne saurait tarder. La ministre française de l’économie, Christine Lagarde, ayant à plusieurs reprises indiqué vouloir travailler en étroite coopération avec son homologue M. Schäuble, la France devrait, en toute logique, faire de même. p Frédéric Lemaître

LA BANQUE centrale européenne (BCE) peine à dissimuler son impatience devant la gestion chaotique de la crise irlandaise. Ces derniers jours, des responsables de l’autorité monétaire sont montés au créneau pour pousser Dublin à réclamer l’assistance financière de l’Union européenne (UE). Un appel à l’aide du gouvernement irlandais « stabiliserait la situation », a encore indiqué le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, mardi 16 novembre, quelques heures avant l’ouverture de la réunion entre les grands argentiers européens, à Bruxelles. Le message est clair : l’institution de Francfort refuse d’être la seule à soutenir le système financier de la zone euro, fragilisé par la déroute des banques irlandaises. Elle voudrait que Dublin puise dans le fonds d’aide européen pour ensuite renflouer ses établissements. « Ceux-ci semblent avoir davantage un problème de solvabilité que de liquidité, ce qui n’est plus franchement de son ressort », explique Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities. Faute de pouvoir se refinancer normalement sur le marché interbancaire, les banques irlandaises sont aujourd’hui sous perfusion de la banque centrale. A elles seules, elles captent près de 25 % du total de la liquidité accordée au système bancaire européen. La BCE s’inquiète de cette « addiction » à ses opérations de prêts à taux fixe et à volume illimité. Un programme généreux mis en place après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers et dont elle voudrait sortir peu à peu. « La suppression progressive de nos mesures de soutien financier va se poursuivre après la fin de ce trimestre », a réaffirmé mardi le chef économiste de l’institut d’émission, Jürgen Stark. Mais la BCE est face à un dilem-

me : doit-elle couper le robinet, au risque d’asphyxier les banques irlandaises ? Ou bien continuer à jouer les pompiers au point de s’exposer elle-même dangereusement ? « Elle possède l’arme finale si elle veut forcer Dublin à demander de l’aide. Mais cela pourrait avoir des répercussions dangereuses pour l’ensemble du système européen », analyse Gilles Moëc, chez Deutsche Bank. Selon l’économiste, il y a, au sein de l’institution, « une certaine frustration » devant la difficulté des Européens à trouver un modus operandi.

Risques de propagation Le patron de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait bien tenté de mettre en garde le Conseil européen, fin octobre, quand celui-ci annonçait vouloir faire participer le secteur privé à la résolution des crises financières à venir. Une demande portée par les Allemands et les Français et que M.Trichet jugeait susceptible de raviver l’inquiétude des investisseurs. Rabroué par Nicolas Sarkozy, il a finalement vu sa prédiction se réaliser avec les attaques sur l’Irlande. La BCE s’inquiète maintenant qu’à trop tergiverser, la crise se diffuse aux autres Etats dits « périphériques » de la zone euro, tels le Portugal et l’Espagne. Une contagion qui la contraindrait sans doute à intervenir plus massivement sur le marché obligataire. Au moment du sauvetage de la Grèce, il avait été convenu que la Banque centrale agisse en première ligne de défense, via le rachat de titres de dette des pays en difficulté. Une façon de calmer les marchés le temps que le Fonds européen de stabilité (FESF) fonctionne et qu’elle puisse lui céder la main. Dans les faits, cette facilité financière a beau être opérationnelle depuis fin juillet, la BCE continue à précéder le mouvement.

Elle a repris début novembre ses achats d’obligations après des semaines d’interruption. Mais ce programme est contesté au sein de l’institution, notamment par le

patron de la Bundesbank, Axel Weber, qui réclame une frontière nette entre politique monétaire et politique budgétaire.p Marie de Vergès

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Contre-enquête Economie

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K Crise de la dette: l’Europe peut-elle éviter la contagion? K Après la Grèce, l’Irlande et le Portugal, d’autres pays de la zone euro sont-ils menacés? K Comment fonctionne le mécanisme de sauvegarde? Décodage

D

éficits gonflés par la récession, attaques spéculatives, risque de contagion : la zone euro a bien du mal à surmonter la crise des dettes souveraines qui la secoue comme jamais depuis près d’un an. Mardi 16 novembre à Bruxelles, les ministres des finances de la zone euro n’ont pu forcer l’Irlande à demander l’activation d’un plan d’aide, elle qui voit ses emprunts d’Etat flamber sur les marchés financiers et son déficit public atteindre des sommets – 32 % du produit intérieur brut (PIB) attendus en 2010 – à cause des difficultés récurrentes de ses banques. Les dirigeants européens ont pourtant multiplié les réunions d’urgence et les annonces spectaculaires pour tenter d’endiguer la marée montante des marchés déchaînés. Sans réussir, à ce stade, à inverser durablement la tendance. L’épreuve a commencé à l’automne 2009, lorsque le gouvernement socialiste de Georges Papandréou lance une vaste opération d’assainissement budgétaire enGrèce. Un an après,le pays est sous assistance financière, en échange d’un plan drastique d’économies et de réformes, mais l’Irlande et le Portugal, voire l’Espagne, sont toujours sur la sellette. A en croire Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, la zone euro en serait encore à jouer « sa survie ». Un plan de sauvetage inventé dans l’urgence Les Européens ont mis du temps à

prendre la mesure du défi grec et à faire front. Car l’Union monétaire a longtemps

vécusuruneillusion :lepacte destabilitéet de croissance devait contraindre les membres de l’euro à tenir leurs engagements budgétaires.Maisleseulinstrumentdedisciplinecollectiveexistantn’ajamaisétécorrectementappliqué,avant sonassouplissement en 2005 sous la pression conjointe de la France, de l’Allemagne, et de l’Italie, qui n’arrivaient pas à le respecter. Le traité interdisait de surcroît toute perspective de renflouement d’un Etat aux abois. Voici un an, la zone euro ne disposait donc d’aucun mécanisme de sauvetage. Il a fallu en inventer un dans l’urgence pour voler au secours de la Grèce, au mois de mai.La chancelièreallemande,AngelaMerkel, a d’abord traîné des pieds, et menacé d’« exclure » de la zone euro les pays les moinsvertueux.Ellecraignaitquelasolidarité envers un pays qui avait maquillé ses comptes pour intégrer la zone ne soit désavouée par l’opinion publique. Le spectre de la contagion La solution a

été trouvée in extremis sous forme de prêts bilatéraux, pour un montant total de 110 milliards d’euros sur trois ans, dont 80milliards à la charge des Etats de la zone euro, et 30 milliards à celle du Fonds monétaire international (FMI). L’intervention en Grèce démontre alors pour la première fois aumarché quelespays delazoneeuropeuvent être solidaires entre eux, et que le retrait forcé d’un pays membre n’est pas à l’ordre du jour. Mais comme l’aide est activée avec retard, lesEuropéens constatent aveceffroi qu’ils ne sont pas à l’abri d’une contagion auxautrespays ébranlésparla crise:l’Espagne, le Portugal et l’Irlande. Plus grave, la défiance commence à paralyser les échan-

Le dispositif d’aide potentielle valable jusqu’en 2013 MÉCANISME EUROPÉEN D’ASSISTANCE FINANCIÈRE

60 milliards d’euros Il est financé par des emprunts réalisés par la Commission sur les marchés, garantis par le budget communautaire. Il est activé à la majorité qualifiée des Vingt-Sept.

FONDS EUROPÉEN DE STABILITÉ FINANCIÈRE (FESF)

440 milliards d’euros Cet instrument, qui n’a pas encore fonctionné, peut voler au secours d’un Etat en difficulté après avoir emprunté de l’argent sur les marchés grâce aux garanties apportées par les Etats de la zone euro. Le FESF, mis en place en mai pour une durée de trois ans, est activé à l’unanimité des États participants.

Montant maximal des prêts

750 milliards d’euros

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL (FMI)

250 milliards d’euros SOURCE ET INFOGRAPHIE LE MONDE

ges monétaires entre les banques au point de précipiter, les 7 et 9 mai, une riposte encore plus massive. En un week-end, pour éviter l’implosion de l’euro, un dispositif de 750 milliards d’euros est annoncé. Deux fonds européens sont créés qui agiront en association avec le FMI. Sous la pression de ses partenaires européens et des EtatsUnis, l’Allemagne cède, à condition de limiter à trois ans la durée de vie de ce mécanisme. Chacun espère, sans trop y croire, que ces instruments ne seront jamais utilisés. Les marchés gagnés par le doute Le troi-

sième acte survient cet automne. L’accalmie est fragile, mais les Vingt-Sept veulent ouvrir le chantier d’un mécanisme perma-

nent de gestion de crise. A Deauville, mi-octobre, NicolasSarkozy et Angela Merkel se prononcent en faveur d’une réforme limitée des traités, et d’une mise à contribution du secteur privé à tout dispositif pérenne de sauvetage. Deux demandes formulées de longue date par la chancelière allemande. La première est acceptée sans enthousiasme par les autres Etats, lors du Conseil européen du 29 octobre, en dépit des réserves suscitées par le « diktat » franco-allemand. La seconde affole les marchés financiers, car elle signifierait que les détenteurs d’emprunts d’Etat perdraient une partie de leur investissement. Ce jour-là, Jean-Claude Trichet a bien tenté de mettre en garde les dirigeants

européenscontre cette option: pour le président de la Banque centrale européenne (BCE), évoquer une participation du secteur privé risquait de semer la panique. Au détriment des pays, comme l’Irlande, mis à terre par la crise. La prophétie du patron de la BCE s’est réalisée. Les marchés ont aussitôt douté de la capacité des maillonsfaibles de la zone euro à rembourser leurs dettes. Deux semaines plus tard, les Européens redoutent une nouvelle crise meurtrière pour l’Union monétaire. Comme s’ils ne parvenaient pas à dominer une épreuve sans précédent qui mine leur cohésion et leur crédibilité. p Philippe Ricard (Bruxelles, bureau européen)

Les banques françaises sont très exposées à la dette des pays fragiles de la zone euro Zoom

L

’Histoire bégaie. Comme ce fut le cas lors de l’effondrement de la Grèce, à l’automne 2009, les déboires de l’Ir-

landeetle risquedecontagion rapide au Portugal, voire à l’Espagne et l’Italie, suscitent la crainte d’une nouvelle crise bancaire grave dans la zone euro. Poumon de l’économie, les banques – à peine remises de la plus importante crise financière mondiale depuis la Grande Dépres-

LA DIFFERENCE C’EST LA VIGILANCE

Isabelle Giordano

Service Public 10h franceinter.com

FRANCE INTER LA DIFFÉRENCE franceinter.com

sion– sont les principales créancières des ménages et des entreprises européens, à qui elles accordent des prêts, et des Etats, dont elles achètent les titres de dettes. Les banques françaises et allemandes sont les plus engagées dans les pays « périphériques » de la zone euro, à la santé fragile, même si elles n’ont eu de cesse d’y réduire leur présence depuis la crise financière, en 2008. Selon des données d’octobre de la Banque des règlements internationaux, le secteur bancaire français détient le plus grand stock de créances publiques et privées sur la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne, soit 726 milliards de dollars (537,8 milliards d’euros), contre 549milliards pour lesecteur bancaire allemand et 361 milliards pour les banques du Royaume-Uni. Ces chiffres méritent d’être affinés, puisque ce stock n’est pas concentré dans les pays présentant le plus de risques (Grèce, Irlande et Portugal, pour 145 milliards de dollars), mais en Italie (419 milliards) et en Espagne (162 milliards). Les banques anglaises et allemandes sont, elles, les plus exposées sur le pays qui cristallise l’inquiétude des autorités européennes et du Fonds monétaire international, l’Irlande, à raison de 149 milliards de dollars pour les premières et 139 milliards pour les secondes. L’exposition des banques françaises à l’économie irlandaise est

EXPOSITION DES BANQUES EUROPÉENNES À LA DETTE SOUVERAINE IRLANDAISE en milliards d'euros

marchés ont été soulagés d’apprendre que toutes les dettes émises jusqu’à la mi-2013 seraient remboursées»,préciseM.Jacq.LaurenceBoone, économiste chez Barclays, renchérit : « L’ensemble des risques est mieuxcerné qu’ily aun an, lefiletde

DANEMARK

0,7

PAYS-BAS

0,5

5,4 5,3

ROYAUME-UNI

IRLANDE

ALLEMAGNE

12,3

Les établissements anglais et allemands détiennent le plus gros stock de créances irlandaises

BELGIQUE

0,6

2,4 FRANCE

AUTRICHE

0,1

ITALIE

PORTUGAL

0,1

ESPAGNE

0,8

0,8

CHYPRE

0,4

SOURCES : COMMITTEE OF EUROPEAN BANKING SUPERVISORS, FINANCIAL TIMES IN LES ÉCHOS

limitée à 50 milliards de dollars. De plus, tenant compte de la vive dégradation des finances publiques, la sphère bancaire française a réduit son exposition à l’Irlande (– 36 %) et à la Grèce (– 29 %), entre septembre2009 et juin 2010. Pour les économistes, il n’y aurait pas péril en la demeure. «Les banques françaises semblent les plus exposées en valeur absolue, maispassi l’on serapporteà lataille de leur bilan », souligne Patrick Jacq, économiste chez BNP Paribas. BNP Paribas est devenue, depuis la crise, la plus grande banque mondiale, avec 3 200 milliards de dollars d’actifs, soit autant que Bank of

America, le numéro un américain, et Morgan Stanley réunis. La crise des dettes publiques n’aurait donc pas d’effet déstabilisant pour les banques les plus exposées. Surtout, l’engagement pris vendredi12 novembre par les cinq pays européens les plus puissants (Allemagne,France,Royaume-Uni,Espagne et Italie) de ne pas mettre à contribution les créanciers privés pour sauver les Etats en difficulté, avant 2013, rassure. « Même si l’incertitude prévaut pour l’après-2013 [lorsque sera désactivé le Fonds européen de stabilité financière, le fonds public d’urgence pour la zone euro], les

sécuritéestenplaceetprêt àêtreutilisé, et la menace d’une restructuration des dettes s’éloigne.» Mais il reste l’après-2013. Nul ne connaît le scénario privilégié pour la mise en place du futur mécanisme permanent de résolution des crises, que veulent créer les dirigeants de la zone euro. Les déclarations de l’Allemagne, qui veut associer les banques à l’effort de sauvetage, laissent à penser que celles-ci pourraient, en cas de « faillite » d’un Etat, devoir abandonner une partie de leurs créances. De quoi raviver le stress autour des banques. « Une restructuration de dette est un processus gagnantgagnantpourledébiteuretlecréancier, qui préfère retrouver 80 % de son argent plutôt que de tout perdre», tempère Mme Boone. p Anne Michel


Contre-enquête Economie

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«Pas de risque d’expansion à toute la zone euro» Peter Kennen, économiste américain procédures financières du FMI.

Entretien

I

l a dirigé le département de finances internationales de l’université de Princeton de 1971 à 1999, menant parallèlement une carrière de conseiller (à la Maison Blanchesous JohnF.Kennedy, au Fonds monétaire international, à la Réserve fédérale, à la Banque d’Angleterre…). Il est l’auteur, entre autres, de The Theory of Optimum Currency Areas (La théorie des zones monétaires optimales, qu’il a développée avec le Prix Nobel Robert Mundell). Son dernier ouvrage (2008), publié avec Ellen Meade, s’intitule Regional Monetary Integration (« L’Intégration monétaire régionale », Cambridge University Press).

Croyez-vous à un risque de contagion de la situation irlandaise au reste de la zone euro ?

Clairement : non ! On ne peut parler de risque sérieux d’expansion à toute la zone euro alors que les problèmes restent circonscrits à sa périphérie. Tant qu’aucun des grands pays ne sera affecté, l’idée d’une « contagion » ne sera pas d’actualité, ni celle, parfois évoquée, d’une « explosion » de la zone euro. Le risque est celui des courants contraires qui agitent cette zone. Comment définiriez-vous ce problème ?

Un fonds de sauvegarde destiné à venir en aide aux pays à risque devrait disposer de pouvoirs d’intervention considérables pour s’imposer à chaque pays pris séparément. Or, lors de la crise grecque, pourquoi a-t-on fait appel au FMI ? Pas parce que l’Europe manquait des fonds nécessaires pour soutenir les Grecs. Mais parce qu’on avait besoin du rôle politique du FMI pour imposer ses conditions. Avec la crise irlandaise, l’Europe se retrouve dans la même situation. Tant qu’elle n’aura pas érigé en son sein un organe capable de s’imposer aux souverainetés nationales, la zone euro se trouvera confrontée au risque de voir se reproduire le « cas grec ». Si ce cas se répète trop, à un moment, la manière dont il a été résolu ne sera plus reconductible. Comment remédier à cette situation ?

Les problèmes de transfert de souveraineté sont les plus difficiles à régler. Il n’est pas sûr que, en l’état, le remède aux difficultés internes européennes existe. Pour le moment, faute d’alternative, la seule option consiste à combiner les mesures européennes de sauvegarde d’urgence avec les

Le coût ponctuel du renflouement de pays comme la Grèce ou l’Irlande est relativement modeste pour les Européens. Le problème principal réside-t-il dans la dette ou bien dans la pression que l’absence de « confiance » des marchés fait peser sur certains pays de la zone euro ?

Vu l’impact que détiennent désormais les marchés sur les transactions des devises et la notation de la dette, je ne vois pas d’autre politique publique possible aujourd’hui pour les pays européens que de batailler pour réduire la taille de leurs déficits. La confiance en une devise est effectivement la question centrale. Mais l’idée qu’elle est instaurée soit par la puissance publique soit par les marchés est erronée. Lesdeux s’alimentent mutuellement. Contrairement à ce qu’on entend parfois auxEtats-Unis, les mesures institutionnelles pour défendre l’euro ne sont pas une diversion. Restituer la confiance des marchés et préserver l’intégrité de la zone euro ne sont pas des enjeux antagoniques, au contraire. L’intégration monétaire est un atout essentiel pour assurer la confiance en une devise. Rétrospectivement, les Britanniques ont-ils été plus « avisés » en refusant d’adhérer à la zone euro, préservant en particulier leur capacité à dévaluer leur monnaie le cas échéant ?

On se fait une fausse idée des motifs qui ont poussé le RoyaumeUni à refuser l’adhésion à l’euro. Je travaillais pour la Banque d’Angleterre à l’époque des négociations pour le traité de Maastricht. Nous n’avons jamais été l’objet de pressions pour nous prononcer dans un sens ou un autre. Maisle problème n’était pas financier, il était politique. La portée symbolique de l’abandon de la livre sterling était insurmontable. Faudrait-il modifier le fonctionnement de la zone euro pour que des pays puissent y adhérer, mais aussi en sortir ou en être exclus, quand ils ne respectent pas de manière récurrente les critères d’appartenance ?

En théorie, ce n’est pas inimaginable. Mais ce serait politiquement trop dangereux. Le retour d’un pays à son ancienne devise créerait une énorme onde de choc. Une mécanique très défavorable à l’Europe s’enclencherait. Personnellement, je pense que le bien de l’Europe passe au contraire par un renforcement de la zone euro, et même que cet objectif est essentiel. p Propos recueillis par Sylvain Cypel

Les chantiers navals de Perama, près d’Athènes, sont touchés de plein fouet par la baisse d’activité. YANNIS KONTOS/POLARIS POUR « LE MONDE »

Victimes de la crise, les Grecs se résignent à la précarité Reportage

L

e Parthénon victime de la crise financière grecque ? Depuislami-novembre,l’accès à la colline de l’Acropole est fermé dès 15 heures. « A cause des réductions de personnel», affirme Georgia Evange. Fin octobre, la jeune femme a été licenciée, comme près d’une centaine de contractuels, par le ministère de la culture, après sept années passées à orienter les touristes et à faire en sorte qu’ils ne dégradent pas le site antique. « Aujourd’hui, il y a tellement peu de gardiens sur l’Acropole qu’un touriste peut emporter un morceau de marbre. Personne n’y verra rien», jure-t-elle. Mais la conservation du site n’estplussapréoccupation première. C’est sa survie à elle qui est en jeu, et celle de ses deux enfants. Georgia gagnait 850 euros par mois. Le montant des allocations chômage qu’elle va percevoir pendant une année lui impose de vivre avec moitié moins. « Ensuite, plus rien», ajoute-t-elle. Les histoires comme celle de Georgia vont se multiplier, tant la Grèce est embourbée dans une crise à la fois financière et économique dont la population fait les frais. Savas Robolis en sait quelque chose. Professeur d’économie à l’université d’Athènes depuis les années 1970, il a vu, comme tous les fonctionnaires, son salaire baisser : il est passé depuis juillet de 3 200 euros nets à 2 600 euros.

Dans le privé, les bulletins de salaire n’ont pas été touchés, mais la précarité devient la règle. « Le smic grec était un plancher ; il est devenu un plafond », note Savas Robolis, par ailleurs directeur de l’Institut du travail, un centre d’études lié à un syndicat proche des socialistes du Pasok actuellement au pouvoir. Les jeunes de moins de 26 ans sont les premiers touchés. Aussi diplômés soient-ils, ils peuvent être embauchés pour 534 euros par mois, dans un pays où la vie n’est pas bon marché.

Des amortisseurs existent : le recours à la famille, un deuxième métier. Et l’économie parallèle Dans la vaste remise en cause des règles qui ont gouverné la Grèce pendant des décennies, aucun salarié n’est à l’abri. « Sur recommandation de nos bailleurs de fonds [l’Union européenne et le Fonds monétaire international], le Parlement se prépare à voter une loi qui permettra aux entreprises de dénoncer les conventions signées avec les syndicats de branches’ils les jugent trop contraignantes. Certaines firmes sont déjà passées à l’acte », assure M. Robolis. La Grèce tout entière est secouée par la crise. « L’immobilier neuf a perdu jusqu’à 30 % de sa valeur », dit Michael Hatsios, le directeur d’un cabinet d’architecture qui a mis un pied dans la pro-

« La France… le G20, plus efficace ? Oui, non, enfin sans dou ute… »

motion immobilière. Depuis près de trois ans, son entreprise est « scotchée » à un projet immobilier de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés au Pirée, dans la banlieue d’Athènes, faute d’appui bancaire. Même complainte dans le tourisme. Patron, comme avant lui son père et son grand-père, d’une taverne où s’active une armée de serveurs, Andonis Skiathas jure que depuis le début de la crise, au printemps 2009, les Athéniens ont déserté les restaurants, et que les touristes sont de plus en plus pingres. « Mon chiffre d’affaires a chuté de 30 % à 40 % », assure-t-il. Pour débusquer des statistiques plus désespérantes les unes que les autres, Vassilis Kordikis est la personne idéale. Président de la Confédération nationale du commerce grec (syndicat qui regroupe le tiers des entreprises du pays), l’homme aligne les mauvais indices: un magasin sur cinq qui a baissé le rideau, un taux de chômage qui grimpe inexorablement pour atteindre, estime-t-on, 15 % de la population active en 2011, des impôts qui augmentent, des retraites qui baissent… « Dans un an, la machine économique sera arrêtée », pronostique cette nouvelle Cassandre. Sur les chantiers de réparation navale de Perama, à deux pas du Pirée, c’est déjà – presque – le cas. Car à la politique d’austérité mise en œuvre par le gouvernement est venu s’ajouter, ici, le contrecoup de la globalisation du fret maritime. La nouvelle redistribution des cartes amène la flotte commercia-

le grecque – la première au monde – à déserter Perama au profit des chantiers de réparation turcs ou chinois, plus compétitifs. D’où l’impression de tristesse qui, ce matin de novembre, flotte sur ces quais interminables, moins animés que naguère. Non pas que les travailleurs des chantiers navals aient déserté. Ils sont toujours là, mais entassés dans l’unique café du chantier dans l’attente qu’une entreprise en quête d’un mécanicien, d’un soudeur, d’un peintre vienne les chercher. Pour tuer le temps, on y fume, on y boit entre hommes, en parlant bruyamment d’un monde qui disparaît et des difficultés de la vie quotidienne. L’un, Manolis, parle des dixsept maigres journées de travail à son actif depuis janvier, bientôt insuffisantes pour obtenir le remboursement des médicaments, un autre, Kostas, des banques qui le harcèlent tous les jours, un troisième de l’Etat qui a fait une croix sur les chantiers de Perama… Ainsi passent les matinées, jour après jour. Toute la Grèce est concernée, et pourtant,malgré lapurge administrée par le gouvernement de Georges Papandréou, le pays n’est pas à feu et à sang. La raison ? Des amortisseurs existent, qui atténuent la dureté des temps : le recours à la famille en cas de difficultés financières, la pratique – courante – d’un deuxième métier. Et, au-delà, l’importance de l’économie parallèle. Celle-là même que l’Etat cherche à faire disparaître. p Jean-Pierre Tuquoi (Athènes, envoyé spécial)

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18 Economie SFR lance une nouvelle box pour contrer l’arrivée de Google sur le secteur

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Le groupe Lactalis lance les enchères pour la conquête de Yoplait

Le marché de l’offre groupée Internet, téléphone Le fonds PAI va céder ses 50% dans le spécialiste du yaourt. De nombreux acteurs sont intéressés et TV sature. L’opérateur veut fidéliser ses clients

L

e lancement est plus stratégique qu’il n’y paraît. SFR a annoncé, mardi 16 novembre, la commercialisation immédiate de sa nouvelle « box ». Il s’agit de la sixième génération depuis l’apparition, chez l’opérateur, du « triple play » : connexion à l’Internet haut débit, réception de la télévision par Internet et téléphone fixe illimité. En fait, l’opérateur lance deux boîtiers d’un coup. Un modem, pour l’accès à Internet, plus compact, plus puissant et moins gourmand en énergie que le précédent. Et un décodeur pour la réception du contenu audiovisuel (vidéo à la demandeou VoD, télévision de rattrapage, etc.), promettant « une nouvelle expérience de navigation » sur le petit écran. Pour l’opérateur, l’enjeu est triple. Il veut fidéliser ses 4,8 millions de clients triple play (un peu plus de 20 % de parts de marché), dans un contexte concurrentiel de plus en plus tendu. Beaucoup de foyers français sont déjà équipés (20,3 millions) et le marché sature. « Les opérateurs cherchent aussi à augmenter leur revenu par abonné en mettant par exemple en avant leurs offres de VoD », ajoute Jean-MarieLe Guen,du cabinetspécialisé NPA Conseil. Pour 5 euros par mois en plus des 29,90 euros du triple play, SFR propose ainsi, avec son nouveau décodeur, toute une palette de services avancés (télévision HD, etc). « Avant, on offrait tout pour le même prix, aujourd’hui, tout le monde est en trainde segmenter son offre », commente Alexis Bodoy, directeur

marketingde laLivebox chezOrange, principal concurrent de SFR, avec Iliad (Free). Enfin, SFR anticipe la concurrence des géants du Web, qui veulent conquérir les écrans de télévision désormais connectables à Internet pour les modèles haut de gamme, et risquent de court-circuiter l’opérateur. Google a lancé en octobre sa « Google TV » aux Etats-Unis, qui propose un moteur de recherche sur la télévision.

Ergonomie Pour ce faire, l’opérateur mise beaucoup sur l’ergonomie. Mardi, ses équipes ont présenté une télécommande simplifiée, avec un boutoncentral permettant de revenir à la page d’accueil et d’accéder à toute l’offre TV en un ou deux clics. Il veut croire qu’il a une longueur d’avance par rapport à des acteurs venus de l’informatique, qui auraient du mal à comprendre l’univers de la télévision, beaucoup moins « geek ». SFR n’a rien d’une exception : tous ses concurrents travaillent à améliorer leurs box, pour les mêmes raisons. Certains, comme Orange, qui a lancé la dernière version de sa Livebox mi-2009, ou Numericable, préfèrent pour l’instant proposer des remises à jour au fil de l’eau. D’autres, comme SFR, préparent une nouvelle génération de machines. Iliad, qui fut le premier à proposer des offres triple play en 2002, pourrait dévoiler sa nouvelle Freebox avant la fin de l’année, mais ne confirme rien à ce stade. p Cécile Ducourtieux

Le point de vue des chroniqueurs de l’agence économique

Reuters Breakingviews L’Espagne doit préparer de nouvelles mesures de rigueur

L

’Etat espagnol affirme ne pas avoir besoin de « plan B » pour retrouver la maîtrise de son déficit budgétaire. Il est certain que, s’il reconnaissait officiellement qu’il en a un, son « plan A » paraîtrait forcément insuffisant. Mais au final, Madrid pourrait bien ne pas avoir le choix. Au printemps, l’Espagne a échappé au courroux des marchés en s’infligeant de sévères réformes et mesures d’austérité. Jusqu’ici, les marchés ont eu l’air de croire qu’elle s’en sortirait. L’écart de taux – le « spread » – entre le Bund allemand et les emprunts d’Etat espagnols est deux fois moins élevé que celui des obligations irlandaises ou portugaises. L’Espagne peut emprunter au taux raisonnable de 4,6 %. Mais il existe une différence fondamentale entre l’Irlande et l’Espagne : cette dernière ne peut pas se passer des marchés obligataires. Elle les sollicitera à hauteur de 192 milliards d’euros l’an prochain, dont 150 milliards au titre du refinancement. Si elle veut conserver les bonnes grâces des investisseurs, elle doit les convaincre de sa capacité à ramener son déficit public à 6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2011. Le hic, c’est que le gouvernement table sur une croissance de 1,3 % pour l’an prochain, un chiffre bien plus optimiste que le consensus. L’Espagne devra peut-être aussi procéder à de nouvelles injections de capitaux dans ses banques. Les grands établissements espagnols sont certes en bonne santé et capables de se financer par eux-mêmes, mais la plupart des caisses d’épargne sont trop fai-

bles ou trop petites pour émettre de la dette à plus long terme, alors qu’elles auront de gros besoins de refinancement en 2011 et 2012. Pour l’instant, leur capital a été consolidé de 14 milliards d’euros, mais certains analystes pensent qu’il leur faut deux fois plus. Si le gouvernement devait leur fournir quelques milliards supplémentaires, il devra faire des coupes budgétaires du même montant.

Discipline budgétaire Un bon « plan B », c’est d’abord un plan qui respecte scrupuleusement les principes du « plan A », y compris en ce qui concerne les réformes sur les retraites. Il le compléterait par d’autres mesures de réduction des dépenses ainsi que par des augmentations d’impôts. La TVA, actuellement fixée à 18 %, est plutôt basse par rapport à celle des autres pays de l’Union européenne. La dépense publique pourrait être canalisée en dégageant des économies sur le budget du système de santé ou en restreignant les investissements d’infrastructure. Il faut aussi que le gouvernement central s’assure que les provinces appliqueront bien la discipline budgétaire requise. Le problème n’est pas de savoir si l’Espagne a oui ou non besoin d’un « plan B », mais plutôt quand il entrera en vigueur. Madrid serait très naïf de ne pas en avoir un en réserve. p Fiona Maharg-Bravo (Traduction de Christine Lahuec)

n Sur BreakingViews.com Plus de commentaires sur l’actualité économique et financière.

L

e groupe français Lactalis, leader européen du fromage, a annoncé, mercredi 17 novembre, le lancement d’une offre sur la totalité du capital de Yoplait, numéro deux mondial des yaourts derrière Danone. Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, serait prêt à débourser, selon Les Echos, jusqu’à 1,3 milliard d’euros pour racheter Yoplait, détenu à parts égales (50 %-50 %) par la coopérative agricole Sodiaal et le fonds d’investissement PAI Partners dirigé par Lionel Zinsou. Cette offre, qui surgit deux semaines avant l’ouverture officielle de la mise en vente, illustre les convoitises que suscite Yoplait depuis que PAI Partners a annoncé, il y a quelques semaines, son intention de céder sa participation de 50 % dans cette entreprise miraculeusement redressée. Car Yoplait, c’est l’histoire d’un sauvetage. En 2000, Sodiaal, actionnaire principal de la société, perd de l’argent sur ses demi-produits (poudre de lait, caséine…) et n’en gagne pas suffisamment sur

ses produits de marque (Candia, Yoplait…) pour rembourser une dette de 100 millions d’euros. Le Crédit agricole, créancier de Yoplait et engagé à hauteur de plusieursmilliardsd’eurosdanslafilièrelait,craintquela chutedeSodiaal ne déséquilibre tout le système. UnesolutionesttrouvéeavecLactalis – déjà – qui rachète le foyer de perte (les demi-produits). Mais les producteursde lait, actionnaires de Sodiaal, se méfient, refusent l’accord et renvoient les dirigeants. Le Crédit agricole fait alors pression pour céder Yoplait. Le groupe américain General Mills (franchisé de Yoplait outre-Atlantique), le britannique Dairy Crest ou le suisse Nestlé regardent alors le dossier du bout des lèvres. Mais General Mills est occupé au rachat de Pillsbury et les autres industriels, victimes de la vogue des marques de distributeurs, croient que racheter encore des marques revient à aller à contre-courant de l’histoire. Le fonds PAI, qui vient de revendre le producteur de moutarde Amora avec une marge de 95 %, se

montre intéressé. Soulagé, le Crédit agricole, qui réclamait 100 millions d’euros à Sodiaal, finance alors un rachat par endettement (LBO) à 130 millions d’euros sur Yoplait. Selon M. Zinsou, les producteurs de lait comprennent instantanément qu’en cédant 100 % de la marque, ils se retrouvent, grâce au LBO, propriétaires de 50 % du capital avec l’espoir que cette moitié vaudra plus que les 100 % qu’ils ont au départ.

Amélioration des process Les techniques de redressement de Yoplait sont basiques : hausse des dépenses marketing, suppression des intérimaires, fermeture d’un site à Compiègne (Oise)… Mais surtout, PAI embauche des experts pour améliorer le process industriel: fabriquer les meilleurs yaourts du marché en réduisant la matière première. Une expertise qui sera revendue aux franchisés : General Mills, qui fournit la moitié du chiffre d’affaires de Yoplait depuisles Etats-Unis,gagne en productivité et augmente ses royal-

ties. En 2009, Yoplait génère assez decash pour racheterpour63,5millions de livres (68,6 millions d’euros) les 49 % détenus par Dairy Crest dans leur coentreprise Yoplait Dairy Crest. Une situation assainie qui incite PAI à chercher une porte de sortie: «Le marché est porteur, les marques sont valorisées et les candidats ne manquent pas », explique M. Zinsou. Qui est intéressé par les 50 % de PAI ? Sodiaal, qui vient de racheter les fromages Entremont, n’a plus les moyens. Les potentialités de Yoplait en Amérique latine et en Asie pourraient intéresser General Mills, Nestlé ou un industriel d’un pays émergent. Mais les pouvoirs publics français, qui soutiennent la filière laitière, ne seront peut-être pas d’accord. D’autres fonds d’investissement pourraient se mettre sur les rangs. Et bien sûr Lactalis car Yoplaitluipermettrait derentabiliser sa chaîne du froid aux Pays-Bas et en Italie tout en changeant de dimension, aux Etats-Unis. p Yves Mamou

Conjoncture et entreprises Conjoncture La Chine prête à prendre des mesures contre l’inflation Le gouvernement chinois prépare une série de mesures visant à endiguer la hausse des prix à la consommation a déclaré, mercredi 17 novembre, le premier ministre, Wen Jiabao, s’efforçant de calmer l’irritation d’une population confrontée à la flambée des prix alimentaires. Ces propos ne manqueront pas d’alimenter les craintes de voir la Chine, moteur de la croissance économique mondiale, donner un tour de vis monétaire au cours des prochains mois.

Energie

Le gouvernement ne modifiera pas les tarifs du gaz d’ici au mois d’avril Le ministère de l’économie a annoncé, mardi 16 novembre, que les tarifs du gaz resteront inchangés en janvier 2011. Il a également indiqué qu’aucune modification des tarifs réglementés de GDF Suez, détenu à 35 % par l’Etat, n’interviendra avant le 1er avril. D’ici là, la formule des tarifs, largement indexée sur les prix moyens des produits pétroliers calculés sur les six mois écoulés, sera modifiée. Elle prendra en compte à hauteur d’environ 10 % le prix du gaz sur les marchés ; il a fortement baissé depuis le pic de mi-2008 en raison d’une surproduction mondiale, alors que les cours du brut retrouvent des niveaux élevés. De son côté, GDF Suez négocie avec ses fournisseurs (Gazprom, Sonatrach, Statoil…) les volumes et les prix du gaz inscrits dans ses contrats à long terme. p de 0,2 % après sept trimestres consécutifs de baisse. – (AFP.)

Le PIB de l’Espagne fait du surplace La reprise de l’économie espagnole a marqué un coup d’arrêt au troisième trimestre, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) nulle par rapport au trimestre précédent, selon les chiffres définitifs publiés mercredi 17 novembre par l’Institut national de la statistique. Sur un an, le PIB repasse dans le vert, en hausse

Transports La Cour des comptes critique la SNCF et la RATP Un rapport de la Cour des comptes sur les transports ferroviaires en Ile-de-France, révélé mercredi 17 novembre par Le Parisien, est accablant pour la RATP et la SNCF. Il met en lumière des réseaux saturés, des dysfonctionnements

Marchés

Le gouvernement de la ville de Guangzhou (Chine) cherche à ven-

La banque Crédit mutuel devrait prendre le contrôle du groupe Est républicain, dont il possède 29 % du capital, en rachetant les 44 % détenus par Gérard Lignac. Un conseil d’administration est convoqué le 25 novembre.

Publicité Publicis rachète une agence chinoise Publicis, troisième groupe publicitaire mondial, a annoncé, mercredi 17 novembre, l’acquisition de l’agence chinoise Eastwei Relations spécialisée en relations publiques et communication stratégique. Elle emploie 120 personnes.

LES BOURSES DANS LE MONDE 17/11, 9h54

Mercredi 17 novembre 9h45 ACCOR .........................◗ AIR LIQUIDE .......................◗ ALCATEL-LUCENT ...........◗ ALSTOM ............................◗ ARCELORMITTAL ................ AXA ....................................◗ BNP PARIBAS ACT.A ........◗ BOUYGUES .......................◗ CAP GEMINI ......................◗ CARREFOUR .....................◗ CREDIT AGRICOLE ............◗ DANONE ............................◗ EADS ...................................◗ EDF ......................................◗ ESSILOR INTL ....................◗ FRANCE TELECOM ............◗ GDF SUEZ ...........................◗ LAFARGE ...........................◗ L’OREAL ............................◗ LVMH MOET HEN. ............◗ MICHELIN...........................◗ NATIXIS ..............................◗ PERNOD RICARD ...............◗ PEUGEOT............................◗ PPR .....................................◗ PUBLICIS GROUPE ...........◗ RENAULT............................◗ SAINT-GOBAIN..................◗ SANOFI-AVENTIS .............◗ SCHNEIDER ELECTRIC .....◗ SOCIETE GENERALE .........◗ STMICROELECTR. .............◗ SUEZ ENV. ..........................◗ TECHNIP.............................◗ TOTAL .................................◗ UNIBAIL-RODAMCO ........◗ VALLOUREC .......................◗ VEOLIA ENVIRON. .............◗ VINCI...................................◗ VIVENDI ..............................◗

Banque BPCE sur les rangs pour prendre une part dans Bank of Guangzhou

Presse Le Crédit mutuel veut prendre le contrôle du groupe Est républicain

Retrouvez l’ensemble des cotations sur notre site Internet :http://finance.lemonde.fr

VALEURS DU CAC40 Valeur

et des sous-investissements. Les 25 projets réalisés après un contrat signé par l’Etat avec la région sur la période 2000-2006 ont coûté, en moyenne, 92 % plus cher que ce qui avait été annoncé, souligne notamment la Cour.

dre 20 % de Bank of Guangzhou à des investisseurs étrangers pour un montant de 850 millions de dollars (630 millions d’euros), selon une source proche du dossier, qui a précisé que le français BPCE et le canadien Bank of Nova Scotia seraient sur les rangs. – (Bloomberg)

Pays

Dernier cours

Cours préc.

% var. /préc.

% var. 31/12

Plus haut

Plus bas

30,82 91,42 2,19 33,05 24,60 12,86 51,75 32,40 33,85 37,93 11,01 46,19 17,36 32,75 48,09 16,55 26,77 42,81 84,63 114,95 55,82 3,90 62,86 28,24 114,85 34,31 40,97 35,16 49,22 101,15 41,03 6,41 13,81 60,37 38,32 142,50 72,60 21,56 39,12 19,84

30,92 90,90 2,15 33,10 24,35 12,87 51,53 32,34 33,69 37,87 11,00 46,23 17,19 32,60 47,97 16,58 26,85 42,80 84,86 115,00 55,32 3,88 62,53 28,39 115,00 34,26 40,92 35,01 48,66 101,30 40,68 6,39 13,78 60,61 38,45 141,50 73,44 21,66 39,26 19,86

-0,31 0,57 1,49 -0,18 1,03 -0,08 0,43 0,20 0,49 0,16 0,09 -0,08 0,99 0,46 0,25 -0,21 -0,32 0,02 -0,27 -0,04 0,90 0,59 0,53 -0,55 -0,13 0,18 0,10 0,41 1,14 -0,15 0,86 0,17 0,29 -0,40 -0,34 0,71 -1,14 -0,48 -0,33 -0,13

17,82 17,63 -8,27 -32,64 -23,56 -22,25 -7,42 -11,05 5,88 13,02 -10,92 7,84 23,25 -21,20 15,19 -5,08 -11,62 -25,95 8,50 46,66 7,85 10,09 4,92 19,33 36,34 20,40 13,16 -7,66 -10,61 23,69 -16,18 -0,31 -14,33 22,21 -14,85 -7,29 14,29 -6,77 -0,87 -4,62

32,17 96,93 2,70 55,14 35,45 17,60 60,38 40,56 40,30 41,28 13,78 47,95 19,70 42,84 51,17 17,92 30,77 63,00 88,00 120,50 64,49 4,90 68,64 30,44 120,50 37,61 43,80 40,28 58,90 106,50 53,12 8,08 17,86 65,90 46,73 167,00 81,61 26,49 44,98 21,47

22,25 70,59 1,83 32,88 21,33 11,51 40,81 30,40 30,20 31,81 7,87 39,34 13,29 30,14 40,84 14,01 22,64 35,57 70,90 74,19 48,12 3,06 54,89 17,92 81,00 27,66 26,56 27,81 44,01 72,00 29,70 5,16 12,46 45,14 35,66 119,85 60,35 17,96 33,01 16,18

Divid. net

1,05 2,25 0,16 1,24 0,16 0,55 1,50 1,60 0,80 1,08 0,45 1,20 0,17 0,60 0,70 0,60 0,83 2,00 1,50 1,30 1,00 0,45 0,73 1,50 3,30 0,60 3,80 1,00 2,40 2,05 0,25 0,06 0,65 1,35 1,14 20,00 3,50 1,21 1,10 1,40

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DAX Index

6676,84 17/11

0,20

6812,96 15/11

5433,02 5/2

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FTSE 100 index

5679,77 17/11

-0,04

5902,11 9/11

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Dow Jones ind. 11023,50 17/11

FRANCE ALLEMAGNE

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20 Décryptages Enquête

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Refoulés àBamako

Les migrants refoulés sont embarqués dans des camions. Alors commence la longue descente du Sahara, avec des arrêts de ville en ville. CÉLINE LIXON

Elise Vincent Bamako (Mali) Envoyée spéciale

D

ans les faubourgs en terre rouge de Bamako, il y a de plusen plus d’histoirestristes de jeunes gaillards, tout droit sortis du Sahara. Des migrants las, amaigris, qui refont le film de leur aventure avortée vers l’Europe.Ilsse racontentparfois leurhistoire, près des gares routières où ils errent, le jour, cherchant à se refaire. Puis ils s’affalent, le soir, sur les bancs des marchés désertés, plongés dans la torpeur propre aux égarés. Ils ne sont pas maliens mais nigérians, ivoiriens, camerounais, originaires de toute l’Afrique en fait. Au Mali, on les appelle les « refoulés », et tout le monde sait qu’ils viennent de ces convois d’Algérie et de Mauritanie qui rejettent chaque mois, par camions entiers, des centaines de Subsahariens dans le désert de la frontière nord. De ce territoire, refuge aride des Touareg et d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), des migrants arrivent. Certains comme Abderrahmane, 31 ans, n’ont plus que la moitié de leurs dents. Lui a rejoint Bamako après plusieurs semaines passées à aller de bus en bus. Il avait été débarqué au poste-frontière de Tinzawaten, où sont abandonnés les refoulés en provenance d’Algérie. « Juste un désert, décrit-il. Même pas de quoi s’acheter à boire. » La police y vit sous un « toit en paille » et, ditil, rackette les nouveaux entrants. De ce voyage, Abderrahmane est ressorti avec seulement son short et sa sacoche en bandoulière. Dans les camions, les migrants sont embarqués tels qu’ils sont lors de leur interpellation. Dans son convoi, certains n’avaient même pas eu

Les chauffeurs des convois vers le Mali ont fini par surnommer ce pays la «poubelle» de l’Afrique le temps d’emporter leurs chaussures. Lui, « le refoulement [l’a] pris » alors qu’il embarquait sur une pirogue en Algérie. « Les passeurs nous avaient dit d’attendre au bord de la mer. » En lieu et place, c’est la police qui est arrivée. Quatre ans qu’Abderrahmane arpentait le Maghreb à la recherche d’une brèche pour l’Europe. Il a été rattrapé par ce

Dans leur odyssée vers l’Europe, les milliers de migrants subsahariens interpellés au Maghreb sont presque tous refoulés vers le Mali. Ayant souvent tout perdu dans leur tentative, ils y végètent dans des conditions sordides, avec l’espoir de retenter leur chance que les associations de défense des migrants appellent l’« externalisation des frontières ». L’afflux de migrants a conduit, ces dernières années, les pays du Maghreb à conclure des accords avec les Etats européens. En échange d’un soutien financier, ils se sont engagés à mieux contrôler leur façade maritime. Ainsi s’est mis en place le système du « refoulement » vers le Mali. Mais à la différence de l’Europe où une stricte procédure administrative et judiciaire encadre les expulsions, l’Algérie et la Mauritanie font simple. Les personnes interpellées sur leur territoire sont réexpédiées sans distinction de nationalité vers le Mali. Les Marocains, les Tunisiens et les Libyens renvoient aussi fréquemment les migrants arrêtés le long de la frontière algérienne vers l’Algérie, qui les refoule vers le Mali. Au point que les chauffeurs des convois ont fini par surnommer le Mali la « poubelle » de l’Afrique. A force d’aventures, Abderrahmane s’était inventé un surnom, « le mort ».

Mais le refoulement, jure-t-il, « ç’a été le plus dur ». Il n’en revient toujours pas de cette descente du Sahara, de ville en ville, dans des camions à bestiaux fermés à clé. Des cellules de prison où il dormait à même le sol avec « le robinet à 2 mètres des toilettes ». Des « repas », « un petit pain par jour avec un paquet de lait pour cinq ». Puis l’attente, chaque cellule devant atteindre un quota de 90 personnes, avant de repartir vers la ville suivante. Peu de chiffres existent sur le nombre de refoulés au Mali. L’Association malienne des expulsés (AME), une structure qui accueille, avec le soutien de Médecins du monde, une partie d’entre eux à Bamako et dans les deux villes les plus proches des frontières mauritanienne et algérienne donne seulement quelques indicateurs. Entre septembre 2009 et juillet 2010, elle en a hébergé un peu plus de 900. Confronté à cet afflux, le Mali connaît des tensions qu’il ignorait jusqu’alors. Durantl’été, legouverneur deGao, première grande ville du nord avant le Sahara, a assuré que les migrants étaient « devenus plus nombreux que la population locale ». A tel point que la Croix-Rouge, unique structure à venir en aide aux migrants dans le désert, a été sous la menace de la suspension de ses activités. A la présidence de la République, on assure ne plus vouloir que le Mali devienne « un dépotoir ». Les migrants sont pourtant parfois prêts à risquer plusieurs fois le refoulement. Ils retentent leur chance vers le Maghreb dès qu’ils le peuvent. Tant pis s’il faut à nouveau tenter la mort. Se guider à tâtons dans le désert au gré des halos de lumière des villes qu’indiquent les passeurs. Trébucher sur les « cercles de pierre » qui signalent les endroits où sont enterrés ceux qui se sont perdus. Et voir « la mort devant soi », comme raconte Orlando, un Libérien de 23 ans qui rêvait de jouer au football en Europe. « C’est que le Mali, décrypte Boris, un Camerounais,grand costaud de 33 ans arrivé pieds nus – il travaillait sans papiers en Algérie –, c’est un trou : quand tu y tombes, tu t’embourbes. » Le pays est classé 171e sur 177 d’après l’indice de développement humain (IDH). Les possibilités de travail son quasiment nulles pour les étrangers. Les représentations diplomatiques de pays africains rares. Un pays « entonnoir » en somme, où les chances de se refaire sont presque inexistantes. Ainsi d’Arouna, 25 ans, un Ivoirien. Faute d’argent, chaque soir depuis quatre mois, il se terre pour dormir sous la remor-

que abandonnée d’un camion. Défiguré par une maladie de peau contractée lors de son « aventure », il porte malgré la chaleur un bonnet et un sweat-shirt à manches longues pour dissimuler ses pustules. En août, la saison des pluies est arrivée, et il ne compte plus les nuits blanches et les piqûres de moustique. Arouna parle d’une voix que la frayeur enroue. Il a été refoulé alors qu’il venait de passer huit mois au Maroc, près de la barrière qui isole les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. « Deux fois », il a tenté sa chance – « Une fois à minuit, le 1er décembre, une autre pendant la finale de la Coupe du monde. » Deux fois, il s’est emballé les mains dans des tee-shirts en guise de gants, a enfilé « neuf » jeans pour ne pas se trancher sur les barbelés. Deux fois, il a été arrêté et contraint à refranchir la barrière dans l’autre sens.

A

Bamako, Arouna est devenu comme une « bête », se lamente-t-il. Il tourne en rond, mais se refuse à la mendicité. Ses journées sont émaillées d’accrochages « avec les petits délinquants maliens qui veulent faire payer la place ». A son arrivée, une association tenue par d’anciens «refoulés » l’a pris en charge pendant trois jours dans une maisonnette excentrée de la capitale. Mais depuis, fautede moyens, elle ne peut lui offrirque l’accès aux douches et un repas par jour. « Du coup,quand ily a trop demonde, je ne mange pas », se désole-t-il. Les refoulés déambulent à Bamako, l’air de pas-grand-chose et c’est comme une petite société qui se bâtit à part, lentement. Chacun parle de ses histoires, de ses tuyaux. Comme compagnon d’infortune, Arouna s’est trouvé un Nigérian de son âge, Alassane. Maigre comme un clou, celui-ci a été expulsé il y a un mois après avoir tenté sa chance à cinq reprises à « la barrière ». « Quand il y a des nouveaux venus, ça te permet de savoir qui a réussi ou qui est mort dans l’eau », raconte Arouna. Jusqu’à son évacuation, il y a un an, un « ghetto » s’était constitué, à Bamako, dans un immeuble aujourd’hui empuanti par les crottes d’oiseaux. Une sorte de squat, très organisé, comme il en existe un peu partout pour les migrants en route vers la Méditerranée. César, un Centrafricain de 30 ans et l’un des plus anciens refoulés de la capitale, en était « le patron ». Il avait atterri au Mali en 2007 après un périple rocambolesque entre le Sahara occidental et la Mauritanie. « C’est vraiment dommage », regrette-t-il.

Là, chacun avait son « tour de nettoyage ». Un « salon de coiffure » improvisé devant l’entrée avec une chaise et trois planches permettait de récolter un peu d’argent. Avant ça, César, boxeur de métier, avait longtemps dormi à la gare routière, longtemps espéré, comme les autres, le « je-ne-sais-quoi » qui lui aurait permis de repartir. Aujourd’hui, il se démène pour monter une association où les migrants « mettraient en commun leurs compétences ». Les anciens formeraient les nouveaux et « on pourrait ouvrir nos propres commerces », espère-t-il. Très peu de femmes dans cet universlà. Cette fois, il y avait seulement Michelle, 25 ans, au Mali depuis deux semaines. Camerounaise, elle avait été refoulée à peine arrivée à Tamanrasset dans le Sud algérien. Mais, le regard noir, elle dit que, dans le désert, elle n’a eu peur que du « soleil » – les camions de refoulement n’étaient pas bâchés – et de l’eau – « Elle était de mauvaise qualité et il fallait payer pour en avoir de la meilleure. » Dans les cellules pour femmes, Michelle a vu plusieurs filles malades s’évanouir.

Confronté à cet afflux de migrants, le Mali connaît des tensions qu’il ignorait jusqu’alors Chez les nouveaux refoulés, il y a en tout cas un ferment qui prospère. C’est la haine des « Arabes ». Lors de leurs mois d’aventure, tous ont entendu les mêmes insultes : « sales nègres », « esclaves »… «Les Arabes disent qu’ils ne sont pas africains », déplore Alassane. « Il y en a, s’ils voient passer un Arabe dans la rue, qui sont prêts à aller lui taper dessus », assure-t-il. Plusieurs incidents ont eu lieu dans la capitale ces derniers mois. Parmi tous les migrants rencontrés, Abderrahmane, César, Orlando, Boris, Michelle, Arouna, Alassane, seuls les deux derniers souhaitaient pourtant rentrer chez eux. Arouna, aîné de trois enfants, se demandait juste si les siens, sans emploi, l’admettraient avec ses pustules. Alassane, fils d’agriculteurs, avait hâte de revoir sa femme et sa fille de 2 ans. Mais pour les autres, comme résumait César : « Retourner, ce serait repartir à zéro. » Sur la route qui mène à l’Europe, le Mali les rapproche malgré tout un peu plus du but. p


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22 Décryptages Débats

0123 Jeudi 18 novembre 2010

BoycotterIsraël,uneluttepourunepaixjuste L’Europe est impuissante face à la guerre des monnaies

U

ne arme indigne. » Telle seraitla naturedela campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) contre Israël, d’après les signataires d’une tribune publiée dans Le Monde du 2 novembre. Ses auteurs n’hésitent pas à accuser les acteurs de la campagne BDS de prendre le parti de la « censure », de la « séparation » et de la « haine »… Cette lourde charge contre BDS n’est pas la première du genre, mais la longue liste des signataires lui confère une portée singulière, qui appelle commentaires et éclaircissements. Tout d’abord, les signataires du texte omettent, ou dissimulent, le caractère international de la campagne BDS, en réponse à un appel émanant de la société civile palestinienne en 2005. Cette « entreprise qui commence à faire parler d’elle en France », selon leurs termes, fait en réalité parler d’elle depuis plusieurs années aux quatre coins du monde. Du Canada à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, l’Amérique latine et l’Europe, c’est un mouvement international, non violent et populaire qui se développe. Syndicats, ONG, associations, Eglises, universités, municipalités, personnalités de renommée mondiale et simples citoyens se retrouvent pour défendre un même objectif : l’application du droit. En effet, et c’est un deuxième oubli notable de cette tribune, la campagne BDS a pour seule exigence qu’Israël « honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international ». La campagne BDS n’est pas l’expression d’une haine irrationnelle d’Israël. Comme l’écrit John Berger, écrivain britannique et membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, « BDS n’est pas un principe, mais une stratégie ; ce n’est pas Israël qui est visé, c’est sa politique ; si la politique change (dans le bon sens), le BDS prendra fin ». Les signataires de la tribune le répètent : « Nous sommes pour la paix. » Mais pensent-ils que la paix est possible sans la justice, c’est-à-dire sans l’application du droit ? Car c’est bien ici que se situe le nœud du problème. Israël refuse depuis des décennies de se soumettre aux règles les plus élémentaires du droit international. Ce sont ainsi plus de 30 résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a refusées ou refuse encore de respecter, attitude pour le moins paradoxale de la part d’un Etat créé par une résolution des Nations unies. Chaque jour, avec la colonisation, ce sont les conventions de Genève qui sont violées. En juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) demandait à Israël de détruire le mur construit en Cis-

Collectif Clémentine Autain, directrice de « Regards » ; Mouloud Aounit, coprésident du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples ; Omar Barghouti, Palestinien, membre fondateur de la Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel ; Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste ; Alima Boumédiène-Thiery, sénatrice (Les Verts) ; Patrick Braouezec, député (ex-PCF) de Seine-Saint-Denis ; Monique Cerisier Ben-Guiga, sénatrice (PS) ; Scandar Copti, Palestinien, réalisateur ; Annick Coupé, porte-parole nationale de l’Union syndicale Solidaires ; Mireille Fanon-Mendès France, Fondation Frantz Fanon, membre de l’Union juive française pour la paix ; Monseigneur Jacques Gaillot, evêque ; Eric Hazan, éditeur ; Nicole Kiil-Nielsen, députée européenne (Les Verts) ; Patrick Le Hyaric, député européen (Gauche unitaire européenne) ; Yael Lerer, Israélienne, éditrice ; Juliano Mer Khamis, Palestinien, acteur et réalisateur, fondateur du Théâtre de la liberté à Jénine ; Eyal Sivan, Israélien, réalisateur et membre de la campagne Boycott From Within ; Stéphane Tassel, secrétaire général de la FSU ; Gérard Toulouse, directeur de recherche au CNRS ; Michel Warschawski, Israélien, journaliste, membre fondateur du Centre d’information alternative et de la campagne Boycott From Within.

n Sur Lemonde.fr Vous pouvez retrouver la pétition ainsi que la liste complète des signataires

jordanie : le mur est toujours là, et continue de s’étendre… Que font nos gouvernements ? Que font les représentants de la communauté des nations ? Exercent-ils des pressions sur Israël ? Non. C’est fort de ce constat que la société civile palestinienne, un an après l’avis de la CIJ concernant le mur, a invité la société civile internationale à se charger elle-même de faire pression sur Israël et sur nos gouvernements, pour que l’impunité cesse. La fin de cette impunité est la seule voie possible vers une paix réelle, où le droit et la justice seraient des principes intangibles et non pas, comme c’est le cas à l’heure actuelle, des objets de négociation. S’ils ont jugé nécessaire d’avoir recours à l’arme du boycott international, les animateurs de la campagne BDS ne confondent pas tout, contrairement aux signataires de la tribune du 2 novembre. Evoquant la charte de la campagne BDS France (www.bdsfrance.org), ces derniers affirment en effet que « [pour ses initiateurs], tout ce qui est israélien serait coupable ». Ils auraient été mieux inspirés s’ils avaient consulté ladite charte, dans laquelle on peut lire que « ce boycott ne vise pas

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la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans ». Notre combat n’est pas fondé sur le rejet d’un peuple. Il s’agit d’exercer une réelle pression sur l’Etat d’Israël, en développant un boycott économique, diplomatique, et un boycott des institutions académiques, sportives et culturelles israéliennes. Ces institutions sont en effet trop souvent utilisées par Israël pour soigner son image et mieux masquer sa politique à l’égard des Palestiniens et son mépris des règles internationales. Michel Platini, président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), l’a compris, menaçant d’exclure l’Etat d’Israël de l’UEFA s’il continuait d’entraver le développement du sport palestinien. Desmond Tutu, archevêque sud-africain récompensé par le prix Nobel de la paix en 1984 pour son combat contre l’apartheid, s’est de son côté élevé contre la visite prochainement prévue, en Israël, de la troupe de l’Opéra du Cap. En tant que soutien actif de la stratégie BDS, Desmond Tutu mérite-t-il aussi les titres de saboteur et de naufrageur d’espoir ? A ceux qui s’inquiètent de la dégradation de l’image d’Israël et qui accusent la campagne BDS d’en être responsable, nous disons qu’Israël est le seul auteur de cette dégradation. En violant chaque jour le droit international, en commettant des actes criminels comme les bombardements massifs sur Gaza en 2008-2009 ou l’assaut sanglant contre la Flottille de la liberté, en poursuivant le blocus de Gaza, la construction de colonies et l’arrachage des oliviers, Israël ne peut susciter qu’un rejet de plus en plus fort. Au-delà de ce rejet, cette fuite en avant meurtrière met en danger la population israélienne ellemême: c’est pourquoi à l’intérieur d’Israël se développe le mouvement de Boycott From Within, au sein duquel des pacifistes, intellectuels, artistes… se sont regroupés pour appeler la société civile internationale à amplifier BDS. Pour toutes ces raisons, nous affirmons : tant que l’Etat d’Israël ne respectera pas le droit international et tant que nos gouvernements n’exerceront pas de véritables pressions pour qu’il le fasse, nous développerons BDS. Nous savons, fort du précédent sud-africain et de la campagne victorieuse de boycott contre le régime d’apartheid, que cette arme, loin d’être indigne, peut être noble et efficace lorsque les circonstances l’exigent. C’est le cas aujourd’hui.La campagne BDS estl’expression de la volonté de tous ceux quipensent qu’il est encore possible d’agir et d’éviter le pire pour les peuples de la région. Car tant que le droit sera bafoué et que l’impunité durera, aucune paix ne sera possible. p

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Depuis le 3novembre, la planche à billets s’est à nouveau emballée» Siriennebouge ;si lesrobots-tradersdes marchés financiers continuent d’échanger chaque année plus d’un million cinq cent mille milliards de dollars sur le marché des devises, déconnecté du réel ; enfin, si nos démocraties occidentales continuent d’ignorer aussi splendidement les intérêts des nouvelles puissances, au point de ne pas leur donner toute leur place dans les institutions mondiales, faut-il s’étonner quela réalité dumonde se vengedecesartifices monétaires et financiers ? Faut-il s’étonner que les nouvelles puissances émergées méprisent chaque jour davantage nos modèles économiques et sociaux, qui touchent aujourd’hui leurs limites ?

Edouard Tétreau Gérant de Mediafin (conseil en stratégie) Auteur de « 20 000 milliards de dollars » (Grasset, 275 p., 18,50 ¤), fondateur du site www.etatsunisdeurope.com Faut-ils’étonner que l’on se fasse demain la guerre,la vraie, d’abord à coups de mesures protectionnistes – l’Amérique et la Chine ne sont pas les dernières dans ce registre –, ensuite à coups de canon ? « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » L’adage militaire, vite oublié en Europe ces soixante dernières années, est tout aussi vrai en matière monétaire. Or, que fait l’Europe,faceàlachutedudollar,àlamanipulation assumée du yuan, au rétablissement du contrôle des changes au Brésil, à la dévaluation compétitive de la livre sterling ? Elle se chamaille et se tire des balles dans le pied avec enthousiasme. LadispendieuseCommissioneuropéenne de M. Barroso s’amuse à infliger des amendes ici et là, pour faire sentir son pouvoir de bureaucratie non élue, affaiblissant les entreprises européennes leaders mondiaux. Quand, à la Banque centrale européenne(BCE), successionde M. Trichet oblige, la course à l’orthodoxie monétaire est ouverte, est-ce vraiment une bonne politique pour notre croissance et nos emplois, notamment industriels ? Lorsque le mondeentierjoueavecsamonnaie,est-ilopportun d’être le seul acteur vertueux? Le pire n’est pas toujours sûr. Des solutions existent. Le futur G20 de Nice pourra notamment regarder du côté de l’idée géniale du Britannique Keynes, concernant le bancor, idée hélas négligée à Bretton Woods. Mais, en attendant l’avènement de cette période d’après-dollar, l’urgence, si l’on veut que l’Europe conserve sa protection sociale, sa paix et sa prospérité, est ailleurs. Si l’on veut que l’Europe soit écoutée dans les organisations mondiales, elle doit apprendre à parler d’une seule voix. Si l’on veut que l’Europe ait une vraie monnaie et une réelle capacité de sécurité militaire et civile ; si l’on veut que ses 500millions d’habitants et son PIB de première puissance économique mondiale comptent dans le XXIe siècle des Etatscontinents, elle doit se hisser au-dessus d’elle-même. Elle doit devenir les EtatsUnis d’Europe. p

f Sur Lemonde.fr Retrouvez l’intégralité du texte

Restitution des manuscrits royaux coréens, un geste historique

... à l’Odéon-Théâtre de l’Europe Pour assister à une représentation de

I

l y a quelque chose de familier et de faussement rassurant dans la litaniedessommetsduG20.Lecinquième du genre depuis 2008 s’est achevé la semaine dernière sur les mêmes images et déclarations de principes : pas moins de huit leaders de nationalité européenne sur la photo de famille, et un catalogue de bonnes intentions à défaut de propositions d’actions concrètes. Le G20 de Séoul, copie conforme de l’Europe de Bruxelles ? Ce serait drôle et courtelinesque si le sujet à l’ordre du jour n’était aussi grave. Car la guerre des monnaies, puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, a déjà commencé. Et ces guerres-là annoncent souvent la guerre tout court. Je rentre de trois années passées aux Etats-Unis, avec un livre et une conviction aussi ferme que celles qui m’avaient poussé à prédire le krach de la bulle Internet de mars 2000, ou la chute du Vivendi de M. Messier en mars 2002 : les Etats-Unis, malgréleurformidablecapacitéderéinvention, sont désormais incapables de rembourser leurs dettes qui se chiffrent en dizaines de milliers de milliards de dollars. Avecuntauxd’épargne à5 %,25millions depersonnes ensous-emploiou auchômage, et une panne flagrante de leadership politique, l’Amérique n’a pas d’autre choix raisonnableque defaire défautsur sadette. Ou, plus précisément, de la rembourser en monnaie de singe. C’est le paradoxe et la folie monétaire du moment : plus l’Amériqueproduit despertes,pluselles’autorise à fabriquer de nouveaux dollars. Depuis le 3novembre,la plancheàbilletss’estemballée avec l’injection programmée de 600milliards de dollars par la Fed, la banque centrale des Etats-Unis.

l’occasiondudéplacement du président de la République, Nicolas Sarkozy, à Séoul pour le G20, un ancien différend entre la France et la Corée du Sud a connu un heureux dénouement : unaccordaenfinpuêtretrouvépermettant le retour sur le sol coréen des manuscrits royaux de la dynastie Joseon. Cette collection unique de manuscrits est aujourd’hui divisée entre Séoul et Paris. Près de 300 volumes précieux ont en effet été emportés en France à la fin du XIXe siècleparl’amiral Roze,àla suited’uneexpéditiondel’arméefrançaise en Corée. Or, ces manuscrits, conservés à la Bibliothèque nationale de France, constituent un témoignage historique tout à fait unique et essentiel pour la Corée, car ils recensent en détail les prescriptions protocolaires, les cérémonies, la vie de la cour sous la dynastie Joseon, de 1392 à 1910. Ils mélangent textes et illustrations réalisés avec minutie par les meilleurs calligraphes. Un tel patrimoine documentaire n’a pas d’équivalent dans le monde, ni en Orient ni en Occident, et

Vincent Berger, président de l’université Paris-Diderot, président de l’Association pour la réunification en Corée du Sud du Fonds documentaire des protocoles royaux de la dynastie Joseon ; Jack Lang, député (PS) du Pas-de-Calais ; Jean-Loup Salzmann, président de l’université Paris-XIII l’Unesco l’a d’ailleurs inscrit au registre international Mémoire du monde. Ces manuscrits constituentl’un des ciments essentiels de l’identité historique et culturelle coréenne, et leur portée symbolique est, de ce fait, très importante au pays du Matin-Calme.

Long différend L’importance de ce fonds documentaire historique pour la mémoire du peuple coréen est telle que son statut est sans commune mesure avec celui d’autres œuvres patrimonialesquifontl’objetdedifférends ici ou là. Cette histoire ne ressemble donc en rien à une restitution d’œuvres d’art classique.

En 1993, François Mitterrand avait ouvert la voie et remis un premier volume à la Corée, malgré les réticences des conservateurs des bibliothèques français. Il avait aussi promis que le reste des manuscrits retrouverait le sol coréen. En permettant le retour des manuscrits encore conservés à Paris,souslaformed’unprêtrenouvelable tous les cinq ans à la Corée, le président de la République ne tient pas seulement une promesse de son prédécesseur : il accomplit un geste unique, souverain, un geste d’amitié symbolique fort envers un pays qui suscite un intérêt grandissant chez nous, les effectifs sans cesse croissants d’étudiants inscrits en coréen à l’université le démontrant. C’est un beau succès pour les diplomaties de ces deux pays. Les signataires de cet article, amis de la Corée, qui ont beaucoup milité pour le retour des manuscrits dans leur pays, se félicitent qu’une issue positive soit parvenue à clore ce long différend. Ils sontconvaincusquelasolutionainsi trouvée ouvrira un chapitre plus fructueux encore des relations culturelles et intellectuelles entre la France et la Corée. p


Analyses DĂŠcryptages 23

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Parti socialiste: Martine Aubry place le curseur Ă gauche M

artine Aubry et Dominique StraussKahn sont-ils des candidats socialistes interchangeables pour la prÊsidentielle de 2012 ? Alors que le Parti socialiste ne profite pas de l’affaiblissement de Nicolas Sarkozy et qu’il s’interroge sur la pertinence d’un calendrier qui le verra adopter son projet prÊsidentiel en avril 2011 et organiser une primaire pour le choix de son candidat dans un an, la question se pose. En confiant la convention sur  l’ÊgalitÊ rÊelle , fixÊe au 11 dÊcembre, à BenoÎt Hamon, animateur de l’aile gauche du PS, Mme Aubry a placÊ le curseur à gauche. Reste à savoir s’il s’agit d’une stratÊgie de diffÊrenciation destinÊe à empêcher une candidature de M. Strauss-Kahn ou d’un simple gage donnÊ à ses alliÊs. Le 9 novembre, lors d’un conseil national

marquÊ par un absentÊisme record – moins du quart des membres du  Parlement  du PS Êtait prÊsent –, le texte sur  l’ÊgalitÊ rÊelle  a provoquÊ un sÊrieux accroc à l’unitÊ affichÊe depuis septembre. Pour la première fois depuis l’Êlection, en novembre 2008, de Mme Aubry, douze Êlus, pour la plupart membres de sa majoritÊ, se sont abstenus. Parmi les  rebelles , qui s’inquiÊtaient du manque de hiÊrarchie  et de crÊdibilitÊ Êconomique de ce catalogue de promesses  pour cinq, dix, quinze ans , figuraient trois candidats potentiels à la primaire : François Hollande, Pierre Moscovici et Manuel Valls. AmendÊ et adoptÊ par 59 votants, le texte de M. Hamon se fixe l’ambition de  construire l’Etat social moderne et efficace qui se donne les moyens de prÊvenir la crÊation des inÊgalitÊs et qui,làoÚellesexistent,lesrÊpare entenant compte des spÊcificitÊs des territoires et des êtres humains . Il prÊvoit  une intervention publiqued’ampleur,toutensoulignantqu’unegrande rÊforme fiscale dÊgagera des marges de manœuvre.Une partiede cesnouvellesressources, est-il prÊcisÊ, sera consacrÊe à la rÊduction

Vie moderne Sandrine Blanchard

FertilitĂŠ en danger?

S

tedu PS. Ces propos onttroublÊ lesstrauss-kahniens. Depuis le congrès de Reims, en novembre 2008, ils ont ÊclatÊ en trois branches : les amis de Jean-Christophe CambadÊlis sont dans le premier cercle de Mme Aubry ; M. Moscovici prÊtend rÊunir la majoritÊ de l’ex-courant ; les anciens rocardiens sont regroupÊs autour de Michel Destot, le maire de Grenoble.

Analyse Michel Noblecourt Editorialiste

des dÊficits et de l’endettement, mais une part significative restera disponible pour les mesures ambitieuses attendues par les Français.  L’exigence d’ÊgalitÊ rÊelle  devient une reconnaissance de la  dette  de la sociÊtÊ vis-à -vis de tous ses membres. Les amis de M. Hamon ont rappelÊ que, en juillet 2004, M. Strauss-Kahn avait rÊdigÊ une note pour la Fondation Jean-Jaurès intitulÊe  Pour l’ÊgalitÊ rÊelle . De fait on y trouve des convergencessurlanÊcessitÊd’attaquerlesinÊgalitÊs à la racine, [de] prÊvenir avant de guÊrir, [de] s’intÊresser aux prÊventions autant qu’aux protections ousur lesprioritÊs– Êducation,jeunesse, santÊ, logement – pour lesquelles il faut rÊinvestirdansles servicespublics . Maisune diffÊrence de philosophie apparaÎt dans le soustitre de la brochure de M. Strauss-Kahn :  ElÊments pour un rÊformisme radical . Pour M. Strauss-Kahn,  ce rÊformisme radical est d’abord un rÊformisme : fondÊ sur l’Êquilibre entre justice sociale et Êconomie de marchÊ, il ne se rÊfugie pas dans la promesse d’un grand soir toujours remis à plus tard, d’une rupture illusoire avec lecapitalisme . RÊformisme ou Êtatisme? Dans sa dÊclaration de principes, adoptÊe à l’unanimitÊ, en juillet 2008, le PS s’affiche comme rÊformiste. Depuis, le mot, même accolÊ à l’adjectif radical, a disparu des textes officiels. En rÊpliquant aux abstentionnistes, Mme Aubry a dÊfini ainsi la voie du PS :  ForcÊment à gauche car c’est cela qui portera notre crÊdibilitÊ.EtM. Hamon lesa qualifiÊs d’ ailedroi-

 ForcÊment à gauche , Mme Aubry veut-elle se diffÊrencier par rapport à un directeur gÊnÊralduFondsmonÊtaireinternational(FMI)soupçonnÊ d’être moins à gauche ? La galaxie autour deDominique Strauss-Kahn estperplexe.  L’objectif de Martine, explique une strauss-kahnienne, c’est d’Êjecter Dominique. Elle veut rendre sa candidature impossible. Même si, comme candidate, elle aura un discours rÊformiste.  Aubry a trop laissÊ la bride sur le cou à Hamon, observe un autre strauss-kahnien. Il ne faut pas que le PS se dÊporte trop à gauche. Hamon n’est pas le centre de gravitÊ du parti.  Mais, ajoute-t-il, il n’y a pas de guerre larvÊe entre Martine et DSK. C’est l’entente cordiale, oÚ chacun veut montrer qu’il est le plus fort, pas non plus l’amour fou. Tactique ? Chimère ? Pour lever le doute, M. Strauss-Kahn, le 15 novembre, sur FranceInter, a flirtÊ avec la ligne jaune du FMI en proclamantcombienilÊtaitimportantpourlagauche mondiale d’organiser la rÊgulation . Le 4 novembre, à Alger, Dominique Strauss-Kahn avait fait de la rÊpartition Êquitable des richesses le  dÊfi le plus fondamental . Mme Aubry et M.Strauss-Kahn ont promis de ne pas s’affronter. On ne connaÎt pas la fin de cette histoire. Mais, en 1994, le PS avait jouÊ avec les oxymores, adoptant une ligne  à gauche toute  tout en appelantJacquesDelors,partisand’uneouverture au centre, à se prÊsenter à l’ElysÊe. Et, là, la fin de l’histoire est connue. p Courriel : noblecourt@lemonde.fr

i jamais nos fils, quand ils seront devenus grands, rencontrent des difficultÊs à avoir des enfants, ils risquent fort de poser beaucoup de questions à leurs mères. J’ose espÊrer, en Êcrivant cela, que je dramatise. Mais franchement, si l’on additionne toutes les Êtudes scientifiques publiÊes ces dernières annÊes sur ce qui peut altÊrer la fonction de reproduction masculine et la qualitÊ des spermatozoïdes, il y a de quoi s’interroger. La dernière Êtude en date, rendue publique le 9 novembre, a ÊtÊ la goutte d’eau qui fait dÊborder le vase de la culpabilitÊ des femmes. Des scientifiques nous annonçaient que  la prise d’antalgiques lÊgers (aspirine, ibuprofène, paracÊtamol) au cours de la grossesse constitue un facteur de risque d’anomalies du dÊveloppement de l’appareil reproducteur des garçons  (Le Monde du 10 novembre). Il ne manquait plus que ça ! Après la confirmation des risques sanitaires liÊs au bisphÊnol A, du faisceau d’indices sur la nocivitÊ des parabens et des phtalates, voici que des mÊdicaments courants pourraient être des perturbateurs endocriniens susceptibles de nuire à la fertilitÊ masculine. Ainsi, durant mes grossesses et les premiers mois de vie de mes enfants, j’ai eu, sans le savoir, tout faux. Petite consolation, je ne dois pas être la seule. Lorsque j’Êtais enceinte, j’ai pris plusieurs fois des antalgiques pour attÊnuer des douleurs banales (maux de tête, mal de dos). Après leur naissance, j’ai nourri mes enfants à l’aide de jolis biberons en plastique (solides

et transparents grâce au bisphÊnol A) que je rÊchauffais au microondes (il paraÎt que c’est pire) ; j’ai nettoyÊ leurs fesses avec des lingettes parfumÊes (composÊes de phtalates) avant de les envelopper dans des couches en plastique super-absorbantes (grâce à des produits chimiques); je les ai lavÊs de la tête aux pieds avec un gel-douche (bourrÊ de parabens) et ils ont jouÊ avec des jolis hochets en plastique (encore des phtalates). Cela vous rappelle des souvenirs ? Ça me rassure. Et maintenant que l’aÎnÊ est devenu adolescent, il faut lui dire de ne pas mettre l’ordinateur sur ses cuisses et de ne pas glisser, en permanence, le tÊlÊphone portable au fond des poches de son panta-

Des mÊdicaments courants pourraient être des perturbateurs endocriniens lon. Le plus dÊsespÊrant est d’entendre le plus jeune demander : Sinon, pas de bÊbÊ ?  Bon, arrêtons de nous culpabiliser et d’inquiÊter les plus jeunes. Nos enfants sont en forme, ils grandissent à vue d’œil (on a l’impression d’ailleurs qu’ils seront tous plus grands que leurs parents) et n’ont pas envie de se laver au savon de Marseille. Reste que sur le bisphÊnol A, les scientifiques  lanceurs d’alerte  avaient raison. Le Canada vient de le classer comme une substance toxique. p Courriel : blanchard@lemonde.fr

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24 Culture

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Lesphotographessurpapierglacéséduisentlemarché A Paris Photo et dans les ventes aux enchères, les artistes publiés dans les magazines voient leur cote s’envoler

L

’image la plus chère du Salon Paris Photo, qui se tient du 18 au 21 novembre à Paris, sera certainement Woman in Moroccan Palace, de l’Américain Irving Penn (1917-2009). La galerie britannique Hamilton’s en veut 477 000 euros! L’image,priseen1950pourlemagazine Vogue, montre la femme de Penn, Lisa Fonssagrives, qui pose au Maroc. Ce prix exceptionnel est en phase avec la cote de l’artiste : selon le site Artprice, Penn se classe au deuxième rang des photographes dans les ventes aux enchères en2010. Une autre épreuve decette image est partie à 328 600 euros chez Christie’s, en avril, à New York. L’envolée des prix d’un Penn, vedette de Vogue dans les années 1950 et 1960, confirme le succès de photographes qui ont mené une carrière dans les magazines après la guerre, livrant des imagesde mode, d’actualité, de publicité, des portraits de célébrités. Le 20 novembre, Christie’s vendra à Paris 65 images d’une autre star des magazines, l’Américain Richard Avedon (1923-2004). Collaborateur du Harper’s Bazaar et du New Yorker, il est connu pour ses portraits grand format et ses vues de mode tourbillonnantes.En2005,sonimage en quatre morceaux des Beatles a été vendue 341800 euros. La Fondation Avedon attend 5 millions d’euros de cette vente. Parallèlement, elle a fait un don de onze images au Centre Pompidou, qui les expose du 17 novembre au 13 février 2011, à côté de Picasso. Tout un symbole. Car il fut un temps où ces photographes dits

Avant les années 1970, voire 1980, les tirages étaient réalisés pour être reproduits dans des magazines, pas pour être exposés. «Ces tirages ne sont pas toujours de première qualité, et ils sont souvent en mauvais état», explique Simone Klein, de Sotheby’s. On ne sait pas forcément combien il en existe.

« Sans titre », de Guy Bourdin, vers 1977. Tirage 2010 vendu 13 100 ¤ par la galerie Michael Hoppen à Paris Photo. ESTATE GUY BOURDIN « commerciaux » étaient ignorés des institutions. Et peu appréciés desgrandscollectionneurs,quileur préféraient des artistes « purs ». Le galeriste Tim Jefferies, de Hamil-

ton’s, défend depuis des années ces photographes. Et se réjouit : « Le temps a permis de reconnaître les grands artistes comme Richard Avedon ou Helmut Newton.»

Christie’s est la première maison de ventes à miser fort sur les Américains Avedon et Penn, l’Allemand Helmut Newton, les Français Guy Bourdin et Jeanloup Sieff –têtes d’affiche de ce marché. Quatre ventes ont été organisées pour disperser la collection de l’homme d’affaires allemand Gert Elfering, tournée vers la mode et le glamour. Les trois premières ont rapporté plusde10millionsd’euros.« Collectionneurs et conservateurs ont pris conscience que la photo de mode était un aspect essentiel de notre société, indique Philippe Garner, de Christie’s. Le vrai médium du XXe siècle a été la page imprimée.» La dernière vente liée à la collection Elfering a eu lieu cet été à Paris : 67 œuvres du Français Jeanloup Sieff, mort en 2000. Ce photographe connu pour ses nus coquins était méprisé du monde de l’art. La vente a pourtant rapporté 416 000 euros, et son portrait nu d’Yves Saint Laurent (1971) a atteint 39 400 euros. En 2008, la vente de la collection de l’Américain Leon Constantiner a aussi permis à Helmut Newton de battre un record avec son double portrait de femmes nues et habillées (1981), vendu 487 800euros.

Pour le galeriste américain HowardGreenberg,qui proposeun tirage d’Irving Penn à 63000 euros à Paris Photo, tous ces succès s’expliquent par l’abondance des tirages de ces artistes, à un moment où la plupart des bonnes photos du XIXe siècle et des années 1930 sont rares sur le marché. Mais il cite aussi l’arrivée d’une nouvelle génération de collectionneurs, des gens «plus jeunes, qui ne s’intéressaient pas à la photographie il y a dix ans. Ils aiment les photos grand format d’Avedonparcequ’ellesontdel’allure sur leurs murs ». Le collectionneur qui veut acheter des photos de mode ou de presse a pourtant de quoi s’y perdre.

Archives de magazines Mme Klein soulève aussi les problèmes de droits d’auteur. Nombre de tirages, jugés longtemps sans valeur, ont dormi dans les archives de magazines… avant de se retrouver en vente dans les galeries ou auxenchères. Maisàquiappartiennent-ils? Agences de presse, magazines, photographes, collectionneurs en revendiquent la propriété, et les procès ont fleuri. En octobre, la veuve de Newton a gagné un procès contre l’agence H & K, qui distribuait les images de l’artiste. Autre problème. Pour certains photographes de mode des années 1950-1980, il existe peu de photos en couleur, car ils travaillaient en diapositive, sans faire de tirages. Ce qui incite les héritiers à réaliser des tirages posthumes – une pratique très contestée. Le fils de Guy Bourdin, connu pour ses mises en scène destinéesaumagazineVogue,aainsiéditédesépreuvescouleurnumérotées à partir des fonds de son père. Sur le stand de Michael Hoppen,àParisPhoto,voisinentuntirage de Bourdin d’époque (1957), en noir et blanc, et deux photos couleur tirées par le fils de l’artiste. Les photographes les plus cotés sont souvent ceux qui ont réalisé des tirages de collection en grand format : Irving Penn, Richard Avedon, Helmut Newton, Horst P.Horst. La photo de Penn (Woman in Moroccan Palace) vendue sur le stand de Hamilton’s est ainsi un tiragedesannées1980:lephotographe a réalisé des séries tardives au platine, technique appréciée des collectionneurs pour son rendu et sa longévité. Et, contrairement à la tradition, ces images-là sont plus chères que les plus anciennes. p Claire Guillot

Pléthore de ventes autour du Salon Paris Photo Salon Paris Photo Du 18 au 21 novembre. Carrousel du Louvre, Paris 1er. 106 exposants. L’Europe centrale à l’honneur. De 9 ¤ à 35 ¤. Parisphoto.fr Salon Photo off A La Bellevilloise, 21, rue Boyer. Paris 20e. Du 18 au 21 novembre. Photooff.com Vente de photographies de la Fondation Richard Avedon Le 20 novembre, chez Christie’s,

Paris 8e. Christies.com Vente de photographies. Sotheby’s Les 18, 19 et 20 novembre, chez Sotheby’s, Paris 8e. Sothebys.com Piasa Le 19 novembre, Drouot-Richelieu, Paris 9e. Piasa.fr Ader et Kapandji Le 21 novembre, Drouot- Richelieu, Paris 9e. Ader-paris.fr et Kapandji-morhange.com

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Le mystère de la «Blanchisseuse»

D

eux coups de chapeau. Le premier à Didier Rykner, le créateur du site Internet «La Tribune de l’art » (Latribunedelart.com) qui a dévoilé le retrait in extremis de la vente impressionniste du 3novembre à New York d’un tableau d’Edgar Degas, intitulé, cela ne s’invente pas, Blanchisseuse souffrant des dents, et qui s’est avéré avoir été volé au musée duHavre en 1973. Le second coup de chapeau à l’amateur inconnu – non pas un Havrais, comme il a été écrit –, un homme qui a contacté spontanément Annette Haudiquet (directrice du Musée du Havre). Et qui, selon elle, a révélé une réelle érudition concernant leurs collections. Erudition doublée d’un « œil »: reconnaître, trente-sept ans après les faits, en ouvrant le catalogue de ladite vente, le Degas disparu n’est pas donné à tout le monde. A celui-là revient tout le mérite: « Les conservateurs des musées, qui reçoivent tous nos catalogues, ne s’étaient aperçus de rien », relè-

ve Guillaume Cerutti, président de Sotheby’s France, qui plaide la bonne foi de sa société dans cette affaire. La philippique ne peut s’adresser à Mme Haudiquet, qui n’était évidemment pas en poste à l’époque du vol, et a fait diligence dès que prévenue pour récupérer le tableau. Elle a contacté les autorités, lesquelles ont négocié avec Sotheby’s le retrait de la vente.

Liste d’œuvres volées Pour Jeremiah Evarts, l’expert de Sotheby’s, c’est précisément le caractère public de la vente qui exonère sa société : « Heureusement, la nature publique du processus des ventes, qui inclut une distribution générale de nos catalogues, est la raison pour laquelle l’attention a été attirée sur ce cas. » Et il n’a pas démérité, en ce qui concerne les recherches préalables, selon M. Cerutti : « A chaque vacation, nos spécialistes opèrent un certain nombre de vérifications, notamment sur la provenance des œuvres. Nous consultons

ainsi systématiquement le “Art Loss Register”, une base de données qui regroupe la liste des œuvres volées, y compris celles diffusées par Interpol. » Or le Degas n’y figurait pas. Pourquoi ? Parce que le Musée du Louvre, auquel appartenait le tableau avant son dépôt au Havre, et le Musée d’Orsay, auquel il a été reversé, tout volé qu’il fût à l’époque, ont mal fait leur travail. L’œuvre figure bien sur l’inventaire d’Orsay, mais sous un titre erroné, le titre du catalogue raisonné n’apparaissant qu’en second, et en petits caractères. Il est répertorié comme peint sur carton, alors qu’il s’agit d’une toile. Même la date du larcin est fausse d’un an. Surtout, la fiche, de création récente, n’a pas été transmise à Interpol. Cette dernière institution ne mérite pas non plus de félicitations : sa liste d’œuvres volées a commencé en 1975, sans qu’elle ait les moyens de lui donner un caractère rétrospectif. p Harry Bellet


Culture 25

0123 Jeudi 18 novembre 2010

Pierre Perret, un dévergondé soucieux des femmes Dans son 25e album, «La Femme grillagée», le chanteur dénonce la burqa et vante le pouvoir du sexe Musique

V

ingt-cinq albums, 500 chansons au catalogue : Pierre Perret pourrait partir à la retraite et buller en Normandie. Mais il publie simultanément un disque, La Femme grillagée, et un livre de cuisine, Tous toqués (Le Cherche Midi, 433 p., 25 ¤). Il prépare un recueil d’anecdotes sur la pêche en mer, autre passe-temps : « Pour raconter mes relations avec les poissons », dit en rigolant l’auteur, compositeur et interprète, qui a pris son indépendance discographique dès 1963 en fondant le label Adèle. Tout artiste est un personnage public, il défend un style, une image. Celle que Pierre Perret, 76 ans, a adoptée, parce qu’elle correspond à son tempérament, est d’être à la fois bon vivant, aimant la bonne chère et la belle chair, critique de son époque et chanteur rigolo. La Femme grillagée ne déroge pas au principe de la variété. Perret y titille les amateurs de Cul, texte très cru écrit (« La chanson avait neuf couplets, j’ai dû élaguer ») à la suite du Plaisir des dieux (2007) et des Dieux paillards (2008), deux recueils de chansons paillardes. Il ravira ceux qui aiment les chansons « de société », sur le modèle des incunables Lily, Mon p’tit loup et horripilera un peu plus les contempteurs du Zizi. «Dire qu’il faudra partir un jour, alors que tant de gens continueront à faire l’amour ! », écrivait Paul Léautaud (Propos d’un jour, 1947). DansLaFemme grillagée (le titre de l’album est aussi celui d’une chanson contre la burqa), Pierre Perret ose, sans s’encombrer des pudeurs de l’époque. « On parle peu de sexe

dans la société, on peut discuter des goûts culinaires, de littérature, de politique, d’amour, mais tout le monde est assujetti au sexe, à ses débordements,dissimulations,inhibitions. Je n’aurais pas pu faire ce constat il y a vingt ans avec autant de lucidité », explique-t-il, cheveux à boucles, œil pétillant, un soupçon anticlérical (La Vie du pape). Chanteur populaire, habile à écrire des mélodies et refrains faciles à retenir. « Je m’en suis aperçu, dit-il, un jour [en 1957] à Courbe-

Bon vivant, aimant la bonne chère et la belle chair, critique de son époque voie. Je gare ma vieille bagnole, je suisdoublépar unvélo,letype chante : “Moi j’attends Adèle pour la bagatelle.”C’étaitdrôle.»Quarantetrois ans après Adèle (« Elle sait qu’c’est pour ça qu’elle vient/Pas besoin d’lui faire un dessin »), voici la très crue Clémentine, chantée en swing manouche. Entre-temps, il y aura eu Fernande (1972) de Georges Brassens, que Perret a bien connu, et admiré, avant de le traiter de grand jaloux (desesventes)danssonautobiographie, A cappella, parue en 2008 (Le Cherche Midi). Ce crime de lèsemajesté a valu des ennuis à Pierre Perret.LeNouvelObservateurl’accusaitenjanvier 2009d’affabulation: ilauraitmentisursesrelationsavec sonmentor,lepoète PaulLéautaud, dans les années 1950. En mars 2009, le chanteur a riposté en déposant plainte auprès du tribunal de grande instance de Parispour « injures publiqueset dif-

FRANCK JUERY POUR « LE MONDE »

famation » contre l’hebdomadaire, qui reprenait la thèse de la légataire universelle de l’écrivain, Marie Dormoy,niantlaréalitédesrencontres entre Perret et le poète misanthrope. L’audience du tribunal,

«oùtoutvas’éclaircir »,prometPerret, est prévue le 22 mars 2011. En attendant, il a écrit une chanson à ce sujet : « Si la race des cons/N’est jamais éteinte/C’est que la mère des cons/Est toujours enceinte. »

Les chansons des Beatles sont disponibles depuis mardi 16 novembre sur iTunes, la boutique en ligne de téléchargement de fichiers musicaux de la compagnie américaine Apple Inc. Les spécialistes s’étaient interrogés sur plusieurs possibilités en tête desquelles un site musical sur abonnement et une extension des offres de vidéos. Les chansons des treize albums studios des Beatles, parus entre1963 et 1970, sont disponibles à 1,29euros chacune (le tarif le plus haut sur iTunes), les albums à 12,99 euros, le prix fort là aussi. L’arrivée du catalogue des Beatles sur iTunes avait été évoquée à plusieurs reprises depuis la création du site en janvier 2001 mais avait régulièrement été repoussée en raison de plusieurs conflits entre Apple Corps-Apple Records, fondé par les Beatles en 1968 et Apple Inc., fondé en 1976 par Steve Jobs et Steve Wozniak: utilisation d’un logo (une pomme) et du nom Apple; engagement d’Apple Inc. à ne pas se développer dans le secteur de la musique ; question centrale du montant des droits d’exploitation du catalogue des Beatles pour iTunes. Aucun représentant d’Apple Records, de son distributeur de disques EMI, des Beatles et leurs ayants droit ou d’Apple Inc. n’a fait la moindre déclaration sur ce qui a débloqué la situation. Moins de vingt-quatre heures après leur entrée sur iTunes, les albums des Beatles sont en tête des téléchargements. Trio gagnant: Abbey Road, l’« album blanc » et Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. p Sylvain Siclier

La Femme grillagée, 1 CD Adèle/Naïve.

Cinéma L’affiche du film « Dernier étage gauche gauche » met les huissiers en colère

Les Berlinois, symbole du rock industriel des années 1980, fêtent leurs 30ans à la Cité de la musique

U

n rappel, après une heure et demie de spectacle, comme pour condenser en deux titres trente ans de carrière. Le premier, piloté par une basse massue, estuneorgie destridences,fracas et glapissements.Lesecondproclame «Silence is sexy » au son d’une cigarette en train de se consumer – basse caressante et chant murmuré. Mardi 16 novembre, le groupe allemand Einstürzende Neubauten donnait, à la Cité de la musique, le premier de ses deux concerts parisiens (complet le 17 novembre) célébrant trois décennies de bruit

et de poésie. Ces immeubles neufs (Neubauten) en train de s’effondrer (Einstürzende) étaient ceux d’une Allemagne d’après-guerre reconstruite à la hâte. Autant, dans les années 1970, à Düsseldorf, les électroniciens de Kraftwerk proposaient une vision ironiquement idéalisée de la modernité associée à la propreté clinique de leurs ordinateurs. Autant Einstürzende Neubauten agitait le Berlin du début desannées 1980, en se livrantà une apologie de la destruction et de la décrépitude industrielle, pour se confronter à l’abrasivité de matériaux de récupération devenus leurs instruments.

Sur scène, on trouve plaques de métal, bidons, tuyaux de plastique, perceuses,chaînesoucâbles d’acier transformés en orgue, contrebasse ou percussions de fortune par N. U.Unruh, 53 ans, membre cofondateur au crâne dégarni mais à l’énergie intacte, secondé par un autre percussionniste, un guitariste, un bassiste et un clavier. On perçoit dans cette agitation bruitiste, une inspiration dadaïste, les échos du Berlin de l’effervescence anar, quand cette vitrine de l’Ouest était encore isolée par le Mur. Lors de leur premier concert à Paris, en 1983, au Centre Pompidou, les Berlinois avaient attaqué

L’humour glaçant de «Tout va bien» Inspirée de l’univers de «Full Metal Jacket», la pièce part en tournée Danse

T

out va bien », clame le chorégrapheAlain Buffard:il aintitulé ainsi, sur un ton de fausse bonne santé fanfaronne, sa nouvelle pièce pour huit interprètes. Comprenez évidemment que tout va mal, très mal même, au pays d’Alain Buffard. Au garde-à-vous, mitraillette au poing – des pieds de micro, mais l’effet est presque plus agressif –, la bande armée qui marche au pas militaire sur le plateau annonce le pire. Et le pire arrive. Tout va bien a été présenté au Centre Pompidou, à Paris, dans le cadre du Festival d’automne, du 13 au 17 octobre, avant une tournée en France à partir du 20 novembre. Cette pièce condense les obsessions et la marque stylistique d’Alain Buffard autour d’un motif quilui estcher:celuide l’apprentissage, du dressage, déjà présent, entre autres, dans Good Boy (1998) ou dans Dispositifs 3.1 (2001). Qui dit dressage, dans le contex-

te militaire du spectacle, dit haine del’autre,désirde lemater,dele briser en l’humiliant. Cela donne lieu à des scènes ciselées où la violence laplusfranche, laplusperverse aussi, se lit de façon oppressante.

Victime et bourreau Au centre de certaines manœuvres de coercition, Buffard pose le sexe comme but. La mitraillette, dans la bouche ou entre les cuisses, sert à tout. Dompter l’autre, c’est l’avilir en lui faisant peur d’abord, en le contraignant sexuellement ensuite. Les protagonistes de cette ronde nocturne endossent tour à tour les rôles de victime et de bourreau, dans un tournoiement de jouissance et de cruauté qu’Alain Buffard articule avec méticulosité. Tout va bien suggère des faits qui font la « une » de l’actualité (on ne peut s’empêcher de penser aux imagesdeGuantanamo). On reconnaît la griffe esthétique de Buffard : une élégance stricte dans la silhouette, une menace dans le

comportement, quelque chose d’intimement sous contrôle qui peut exploser à tout moment. L’humour, par exemple, est sur tous les visages, mais reste le plus souvent glaçant. Prendre au pied de la lettre une expression comme « kiss my ass » (« embrasse mon cul») entraîne des situations presque burlesques. Plus c’est ludique, plus c’est sadique, lorsqu’on sait qui est le chat et où est la souris. C’est en silence, dans un silence au nuancier subtil (d’angoisse, de plomb, de mort…), sans aucune bande-son extérieure, que le bruit des bottes, des voix déformées par la peur, emporte Tout va bien sur le grand air des Marines Mon fusil est mon meilleur ami. p Rosita Boisseau « Tout va bien », d’Alain Buffard. En tournée : 20 novembre, Le Phénix, Valenciennes. Les 8 et 9 décembre, Théâtre de Nîmes. Les 6 et 7 janvier, MC2, Grenoble. Les 4 et 5 février, CDC, Toulouse. Les 7 et 8 avril, Lieu Unique, Nantes.

un mur au marteau-piqueur (bon prince, le conservateur de l’époque leur avait demandé de signer le trou). L’architecture de Portzamparc n’a eu cette fois à subir aucun outrage.

Dandy en costume A l’image de l’autre membre d’origine du groupe, le chanteur Blixa Bargeld, 51 ans, ex-punk émacié devenu dandy en costume, a depuis longtemps habillé sa violence d’ambiances mélodiques et poétiques plus reptiliennes. Après avoir mené en parallèle une carrière de guitariste au côté de l’Australien Nick Cave, Bargeld a

Les Beatles disponibles sur iTunes

Il y a une forme d’humanisme de proximitéchez Pierre Perret :les manifestants contre la réforme de la retraite sont d’ailleurs revenus à 1968 en reprenant Cuisse de mouche (« On l’appelle Cuisse de mouche fleur de banlieue/Sa taille est plus mince que la retraite des vieux »). Il y a de l’argot et dulibertinage chez Perret, mais pas d’esprit «copainsd’abord »,oùlagentféminine est souvent trouble-fête, posture courante chez les chanteurs de sa génération. La chanson la plus réussie du nouvel album s’adresse aux femmes battues, « Tabassée à mort par amour/Paraît qu’c’est courant de nos jours/Le métier d’épouse n’est pas sûr ». Moquées au commissariat, honteuses en société, jugées coupables. Il y a aussi une bossa aérienne, Les Enfants d’là-bas, ceux à qui on « Ne dit pas tiens-toi droit à table/Bois ton bol de lait », parce qu’ils n’ont rien. « Cette chansonlà, elle est fringuée d’une façon magnifique », se réjouit l’artisan, qui a confié les arrangements à Frédéric Manoukian (déjà présent sur Les Dieux paillards) : du jazz, du swing, de la java, une valse (Chansonminable); descordes,dela clarinette, des sons orientaux. «Depuisla mort,en2000,de Bernard Gérard [arrangeur de Michel Magne, de Gréco, de Lily], je n’avais pas rencontré une telle qualité, dit Pierre Perret. La vertu du travail rend heureux, et permet de s’échapper de la médiocrité. Manoukian a toutciselé. Et moi, Femmes battues, j’en ai fait trente versions avant d’arriver à être concis. »p Véronique Mortaigne

L’élégance punk du groupe allemand Einstürzende Neubauten Musique

Musique

abandonnélasix cordes pourdevenir à plein-temps le conteur du groupe. Aidé par un autre ancien, le formidable bassiste Alexander Hacke, il juxtapose délicatesse onirique et groove tétanisant. Sa sombre élégance ne manque pas d’humour. « Et souvenez-vous, glisse-t-il en conclusion, quand, un jour, vous rencontrerez notre Créateur, de lui dire : “j’ai vu ton groupe préféré”. »p Stéphane Davet Einstürzende Neubauten Le concert du mardi 16 sera en écoute gratuitement pendant quatre mois sur le site Citedelamusiquelive.tv

La Chambre nationale des huissiers de justice a demandé l’interdiction de l’affiche du film d’Angelo Cianci, Dernier étage gauche gauche. On y voit un huissier, (incarné par Hippolyte Girardot) ligoté et bâillonné dans une baignoire, avec, en sous-titre «Cité Villon, on sait recevoir les huissiers… ». L’image porterait atteinte à l’intégrité physique des huissiers et constituerait un «trouble manifestement illicite ». Mardi soir 16 novembre, les affiches ont été retirées du métro parisien, la campagne prenant naturellement ce soir-là. Elles resteront apposées dans les 34 salles de cinéma qui projettent la comédie. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris devait rendre sa décision finale jeudisoir 18novembre. – (AFP)

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Pour surfer sur le macadam Ceci n’est pas un exemplaire unique mais bien un vélo

de série. Sa couleur et ses courbes ont été savamment étudiées et son nom, Tiki Mood, soigneusement choisi en référence à l’esprit Surfin’ USA des Beach Boys. Subtil mélange de tradition californienne et de luxe à la française, ces vélos sont sortis de la tête d’un duo improbable composé d’un ancien pilote de rallye (Renaud Poutot) et d’une diplômée en design des Beaux-Arts de Bordeaux (Hélène Ramy). Après trois ans de recherche, United Cruiser se targue d’être la première marque à proposer une collection de vélos pour hommes et femmes où même les vis sont en aluminium. La gamme comprend 17 modèles : quatorze cruisers, deux fixies (vélos à pignon fixe) et un cubike (vélo pliable). Tous ces prototypes ultralégers (environ 15kg) et technologiquement très élaborés sont en vente dans la plupart des magasins spécialisés. Si leur prix (de 449 à 1 349 euros) peut en freiner certains, difficile de ne pas succomber au slogan d’United Cruiser : « L’aventure commence au coin de la rue… » p Nicolas Garcia (PHOTOS DR) Unitedcruiser.com

Ces stations de ski qui explorent de nouvelles pistes Près d’une centaine d’événements culturels et sportifs sont programmés pour capter la clientèle en basse saison

C

ritérium de la première neige, festival de cinéma, tournoi de poker, concours de sculptures sur glace… A quelques jours de l’ouverture de la saison de ski, les agendas des stations françaises sont bien remplis. Au total, près d’une centaine de manifestations sportives et culturelles sont organisées sur les pistes et dans les villages pour tenter d’attirer une nouvelle clientèle pendant les mois de décembre et janvier, moins fréquentés que ceux de février et mars, exception faite de Noël et du Nouvel An.

Si le ski reste la première motivation pour les séjours à la montagne, la tendance a fortement évolué. « La durée moyenne d’une journée de ski est passée de sept heures dans les années 1970 à quatre heures aujourd’hui, déclare Didier Arino, directeur de Protourisme, un cabinet d’étude. Une personne sur deux ou trois qui passe ses vacances à la montagne ne skie pas », précise ce spécialiste du secteur touristique. Les activités hors ski connaissent par conséquent un succès croissant. Au fil des ans, décembre est devenu le mois des grandes courses sportives – la France accueille-

ra cet hiver sept étapes de la Coupe du monde de ski alpin à Vald’Isère, Courchevel (Savoie) et Chamonix (Haute-Savoie) et une étape de la Coupe du monde du ski de fond à La Clusaz (Haute-Savoie). Ce type d’événement « permet de gagner en notoriété », assure JeanMarc Silva, directeur de France Montagnes, le centre d’information sur le ski et la montagne : « Certaines stations comme Vald’Isère ou Chamonix ont renforcé leur image de marque avec les grandes courses de ski. » Les retombées en termes de fréquentation ne sont pas pour autant automatiques. « Certains

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événements peuvent même avoir un contre-effet », ajoute M. Silva, conscient que de grosses manifestations comme les Jeux d’hiver de Vancouver ont dissuadé une partie des touristes, pas friands des grands ramdams planétaires. « Mais, poursuit-il, cela reste très important, en termes d’image, de faire venir les mordus et les médias. » Pour asseoir leur notoriété, d’autres stations jouent la carte du septième art. Les vacanciers non skieurs pourront profiter cette saison du Festival du film de montagne à Autrans, dans le Vercors, du 1er au 5 décembre, et de son festival off « Les bobines de l’extrême », du Festival du film freeride à Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées), du 9 au 11 décembre, et du Festival du cinéma européen aux Arcs (Haute-Savoie), du 18 au 24 décembre. Uncréneauparfaitementexploité par la station d’Avoriaz (HauteSavoie). Son image, associée pendant vingt ans au Festival du film fantastique – Gérardmer (Vosges) a pris le relais en 1994 –, a permis de faire connaître le site au niveau international. « La fréquentation dela station passait de 50% à 100 % pendant la semaine du festival, se souvient Stéphane Lerendu, directeur de la station d’Avoriaz. L’Alpe-d’Huez (Isère) propose chaque hiver, depuis douze ans, le seul Festival du film de comédie, En 2011, il se tiendra du 18 au 23 janvier. Dans les Alpes du Sud, près de la frontière transalpine, Montgenèvre (Hautes-Alpes) programme un Festival des arts cinématographiques italiens, du 23 au 28 janvier 2011. La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc, une course internatio-

nale de chiens de traîneaux à travers les Alpes françaises et suisses, devrait doper elle aussi le tourisme alpin. Créée en 2005 par Nicolas Vanier et Henry Kam, la course rassemblera, du 8 au 19 janvier 2011, 22 des meilleurs mushers

Pour asseoir leur notoriété, plusieurs sites jouent la carte du septième art (conducteurs de traîneaux) du monde. L’édition précédente de ce marathon des neiges avait attiré plus de 60 000 spectateurs. La montagne surfe sur les dernières tendances : le poker avec la Poker Week aux 2 Alpes (Isère), du 25 au 29 janvier 2011 et le Poker

Tour International à Montgenèvre en janvier, le bien-être à Tignes (Savoie)… ou encore le premier championnat de France d’escalade sur glace à Champagny-en-Vanoise (Savoie), les 12 et 13 février 2011. La dernière surprise de l’hiver sera probablement sonore. Elle viendra du domaine des Portes du Soleil, qui organise le premier Festival de concerts sauvages, du 2 au 9 avril 2011. Pendant une semaine, les douze stations franco-suisses des Portes du Soleil vont organiser, sur des scènes éphémères construites en pleine nature, des concerts pop-rock. Pour jouer au maximum avec l’effet de surprise, les festivaliers ne seront prévenus que quelques heures avant le début du concert, par SMS, du lieu où il se déroulera. p Martine Picouët

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Tarifs 2010 (prix à la ligne) Naissances, Anniversaires de naissance, Mariages, Fiançailles‌ : 18  TTC DÊcès, remerciements, Avis de messe, Anniversaires de dÊcès, Souvenirs : 24  TTC Thèses : 15  TTC RÊduction abonnÊs Un justificatif d’identitÊ sera demandÊ.

Vous pouvez nous transmettre vos annonces la veille pour le lendemain :  du lundi au jeudi jusqu’à 18 h ;   

           jusqu’à 16 h.

Elisabeth Vaugelade, son Êpouse, Denis ConduchÊ, son fils, CÊcile ConduchÊ et Antoine MinÊ, sa fille et son gendre, Marguerite, sa petite-fille, Marthe ConduchÊ, sa mère, Dominique et Jean-Pierre Aupest, Daniel ConduchÊ, Pierre ConduchÊ et Roselyne Le Cornec, sa sœur, ses frères et leurs familles,

AU CARNET DU ÂŤMONDEÂť

Naissances Les grands parents, Audrey IORO et Gauthier BARICHEFF sont heureux d’annoncer la naissance de leur fille et petite-fille,

François CONDUCHÉ, survenu le samedi 6 novembre 2010. Les obsèques ont eu lieu dans l’intimitÊ. 3, place d’Italie, 75013 Paris.

RenÊ COTTIN, ancien combattant, prisonnier de guerre 1939-1945, conseiller municipal durant six mandats, nous a quittÊs le 14 novembre 2010, entourÊ de son Êpouse, de ses enfants et de ses petits-enfants, dans sa quatre-vingtdix-huitième annÊe. La cÊrÊmonie religieuse aura lieu le jeudi 18 novembre, en l’Êglise de GÊmages, à 15 heures. 61130 GÊmages. 61, rue Blomet, 75015 Paris. M. et M Philippe Pascal, M. et Mme François Droin, M. et Mme (†) Pierre Bourgeois, M. Emmanuel Droin, ses enfants, Ses douze petits-enfants Et vingt-quatre arrière-petits-enfants, ont la tristesse de faire part du retour à Dieu de

M. Philippe DROIN, le 11 novembre 2010, dans sa quatre-vingt-treizième annÊe. La cÊrÊmonie religieuse sera cÊlÊbrÊe le jeudi 18 novembre, à 10 heures, en l’Êglise Saint-Louis en l’Ile, Paris 4e, suivie de l’inhumation au cimetière de SaintValÊry-en-Caux (Seine-Maritime).

Margot, le 10 novembre 2010, Ă Pau.

DÊcès

Cet avis tient lieu de faire-part.

L’Organisation Mondiale de la SantÊ Animale (OIE), Ses anciens confrères Et collaborateurs, Les personnels de l’OIE,

La direction Et les collaborateurs de la sociĂŠtĂŠ Spie Batignolles Sud Est,

sont attristĂŠs par la disparition de

ont la tristesse de faire part du dÊcès de leur collègue,

Jean BLANCOU, docteur-vÊtÊrinaire, directeur gÊnÊral honoraire de l’OIE, chevalier dans l’ordre de la LÊgion d’honneur, chevalier dans l’ordre national du MÊrite, commandeur dans l’ordre du MÊrite agricole. Ils rendent hommage à son action en faveur de la santÊ animale dans le monde et s’associent à la douleur de sa famille et de ses proches. Concarneau. Mme Henriette Bloch, son Êpouse, Catherine, Gilles, Alain, ses enfants, ont l’immense tristesse d’annoncer le dÊcès de

M. Jean BLOCH, survenu dans sa quatre-vingt-sixième annÊe. Un dernier hommage lui est rendu au crÊmatorium de Lorient, ce mercredi 17 novembre 2010, à 14 heures. Ni fleurs ni couronnes. Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciements. Pierre et Monique Laffargue, Michel et Elisabeth Borgetto, ses enfants, Sophie et Bertrand, StÊphanie, Laura, Julien, ses petits-enfants, Constance, son arrière-petite-fille, ont la grande tristesse de faire part du dÊcès de

Marguerite BORGETTO, nÊe ROUSSET, survenu dans sa quatre-vingt-huitième annÊe. La cÊrÊmonie religieuse sera cÊlÊbrÊe le jeudi 18 novembre, à 14 h 30, en l’Êglise Notre-Dame de l’Assomption, 88, rue de l’Assomption, Paris 16e.

ont la profonde tristesse de faire part du dÊcès de

Philippe HELLMANN, prĂŠsident Le Grand Rex Paris, UGC Ph.,

survenu le 12 novembre 2010. La cÊrÊmonie religieuse sera cÊlÊbrÊe le jeudi 18 novembre, à 10 h 30, en l’Êglise Saint-Roch à Paris.

ont la douleur de faire part du dÊcès de

me

01 57 28 28 28

Bruno Blanckaert, Albert Darcel, Toute l’Êquipe du Grand Rex Paris, du Rex Club Et d’UGC Ph.,

Eric FLEAU,

ingÊnieur des Mines de Douai, Nous prÊsentons à son Êpouse et ses enfants ainsi qu’à ses proches nos plus sincères condolÊances. Château-Landon (Seine-et-Marne). Paris 5e. Elisabeth et Philippe RÊtière, ses enfants, Ses petits-enfants Et son arrière-petite-fille, Mme Suzanne Alix-Iragorri, sa sœur Et toute la famille, ont la tristesse de faire part du dÊcès de

Mme Anne FOURNY, nĂŠe ALIX,

survenu le samedi 13 novembre 2010, à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Les obsèques civiles auront lieu le vendredi 19 novembre 2010, à 15 h 45, au crÊmatorium d’Amilly (Loiret), 400, rue de Pisseux, oÚ l’on se rÊunira. Cet avis tient lieu de faire-part. Pompes funèbres Claude Brillant, 77570 Château-Landon. TÊl. : 01 64 29 30 41. ChambÊry. Paris. Nous avons la tristesse de faire part du dÊcès survenu le 13 novembre 2010, à l’âge de quatre-vingt-onze ans, de

M. Pierre GUISE, chevalier de la LÊgion d’honneur, commandeur de l’ordre national du MÊrite, ingÊnieur ECP 1944, IHEDN 18e session, colonel de rÊserve. De la part de Son Êpouse, Ses enfants, Ses petits-enfants et arrière-petitsenfants. La cÊrÊmonie religieuse sera cÊlÊbrÊe le vendredi 19 novembre, à 14 h 30, en l’Êglise Saint-Pierre de LÊmenc (ChambÊry). 9, rue de Budapest, 73000 ChambÊry.

Les familles Issa, Ubaysi et Al-Mousa, ont la douleur de faire part du dÊcès de

M. Samir ISSA, survenu le 14 novembre 2010. La cÊrÊmonie aura lieu le jeudi 18 novembre, à 9 heures, à la maison funÊraire, 7, boulevard de MÊnilmontant, à Paris 11e. Ni fleurs ni couronnes. Vous pouvez adresser vos dons à la fondation Emmaßs. Annie Charlot-Kohler, son Êpouse, Elisabeth Kohler, Mireille Kohler, ses filles, Jadwiga Kohler, sa belle-fille, Manon Kohler, Andris Kohler, ses petits-enfants, ont la tristesse de faire part du dÊcès, survenu à Besançon, le 7 novembre 2010, de

Me Albert-Maxime KOHLER,

avocat honoraire, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Besançon, adjoint aux affaires culturelles et aux affaires Êconomiques de la ville de Besançon de 1953 à 1989. L’inhumation a eu lieu dans l’intimitÊ familiale. 111, Grande Rue, 25000 Besançon. Sa famille a le chagrin de faire part du dÊcès de

M. Guy OGEZ, survenu le 13 novembre 2010, dans sa quatre-vingt-septième annÊe. Le service religieux sera cÊlÊbrÊ le vendredi 19 novembre, à 14 h 15, en l’Êglise Saint Clodoald de Saint-Cloud. Yves Ogez, 4, avenue Nationale, 91300 Massy. NÎmes. Bures-sur-Yvette. Montpellier. Mme Anne-Marie Quiot, son Êpouse, Marie-Noelle et Bruno Morato et leurs enfants, Emma et Eliot, Jean-SÊbastien et Christine Quiot et leur fils, Maxime, Vincent et SÊverine Quiot, et leurs enfants, AurÊlien et Romane, Mme Paulette Dumas et toute sa famille, Les familles Quiot, Vermoyal, Parents et alliÊs, ont la douleur de faire part du dÊcès de

M. Bernard QUIOT, survenu subitement, le 16 novembre 2010, à l’âge de soixante-six ans. La cÊrÊmonie religieuse sera cÊlÊbrÊe le jeudi 18 novembre, à 15 h 30, en l’Êglise Saint-Luc, rue Bonfa, à NÎmes, suivie de l’inhumation au cimetière Saint-Baudile.

Alain Moatti Et toute l’Êquipe de l’agence Moatti et Rivière, ont la douleur de faire part du dÊcès soudain de

Henri RIVIĂˆRE. ÂŤ Henri, tu avais du talent, le talent du crĂŠateur et de la relation humaine, que tu exerçais avec gĂŠnĂŠrositĂŠ et passion chaque jour Âť. Nous partageons cette peine avec Sophie, son ĂŠpouse, ClĂŠment, son fils ainsi qu’avec sa maman, Suzanne Rivière. La cĂŠrĂŠmonie religieuse sera cĂŠlĂŠbrĂŠe le lundi 22 novembre 2010, Ă 14 heures, en l’Êglise de Saint-Denys-du-SaintSacrement, 68, rue de Turenne, Paris 3e.

ont l’immense douleur de faire part de la brutale disparition de

Henri-AndrĂŠ RIVIĂˆRE, le 14 novembre 2010, Ă l’âge de quarante-cinq ans. ÂŤ Tu es toujours lĂ  dans notre cĹ“ur, notre souvenir, notre espĂŠrance. Âť La cĂŠrĂŠmonie religieuse sera cĂŠlĂŠbrĂŠe le lundi 22 novembre, Ă  14 heures, en l’Êglise de Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, 68, rue de Turenne, Paris 3e. Des fleurs blanches sont souhaitĂŠes. 40, rue de Fontarabie, 75020 Paris.

Rencontre-Lecture Courrier inetrnational et les Êditions des Syrtes, vous invitent à une rencontre-lecture avec Florina Ilis, laurÊate du prix Courrier international du meilleur livre Êtranger 2010 pour son roman La Croisade des enfants (Êditions des Syrtes), le jeudi 18 novembre 2010, à 19 heures, à l’Institut culturel roumain. EntrÊe libre. Institut culturel roumain, 1, rue de l’Exposition, 75007 Paris. TÊl. : 01 47 05 15 31.

s’associent au deuil de la famille et des proches au lendemain du dÊcès de

Pierre Claude DUPRAT, membre du comitĂŠ exĂŠcutif, conseiller fĂŠdĂŠral et administrateur fondateur.

Communications diverses

Avis de messe Le 10 fĂŠvrier dernier, nous quittait

Les familles Isnard, Verron et Hirstein nous prient d’annoncer le dÊcès de

Michel ROETHEL, libraire-expert, survenu le 10 novembre 2010. Un recueillement aura lieu au crÊmatorium du cimetière du PèreLachaise, Paris 20e, le jeudi 18 novembre, à 14 h 45. Cet avis tient lieu de faire-part. Mme Maxime Verron-Roethel, Librairie Jules Verne, 7, rue Lagrange, 75005 Paris. On nous prie d’annoncer le rappel à Dieu de

M. Alexandre

THOMAULT-TOMOROVEANU, survenu le 5 novembre 2010, à l’âge de soixante-huit ans. Un recueillement est prÊvu le vendredi 19 novembre, à 13 h 30, à l’Institut mÊdico-lÊgal, 2, place Mazas, à Paris 12e. La levÊe de corps aura lieu à 14 heures, le même jour, suivie de l’inhumation au cimetière des Batignolles, à 15 heures, oÚ l’on se rÊunira (8, rue Saint-Just, à Paris 17e, mÊtro Porte de Clichy).

Arlette BUSER, nĂŠe ROUGEUL,

Rencontres des Ateliers

notre Êpouse, mère, grand-mère et sœur. Une cÊlÊbration aura lieu en son souvenir, le samedi 20 novembre 2010, à 10 heures, en l’Êglise Saint-Jacques du Haut-Pas, 252, rue Saint-Jacques, Paris 5e.

CÊrÊmonies religieuses Le grand rabbin, Josy Eisenberg, Marc, Eric et Nathy Eisenberg, ses enfants, très touchÊs par les très nombreuses marques de sympathie qui leur ont ÊtÊ tÊmoignÊes à l’occasion du dÊcès de leur fille et sœur,

Muriel, Ruth TAYLOR, nĂŠe EISENBERG,

le 20 octobre dernier, à JÊrusalem, à l’âge de cinquante-trois ans, invitent leurs proches à la cÊrÊmonie des chlochim (fin du mois de deuil), le dimanche 21 novembre, à 9 h 30 prÊcises, en la synagogue de Neuilly, 12, rue Ancelle, Neuilly-sur-Seine. Correspondance à : eisenbergmarc1@gmail.com

Colloques

Deux minibus seront à la disposition au dÊpart de l’Institut mÊdico-lÊgal. Une messe sera cÊlÊbrÊe ultÊrieurement, on associera à son souvenir celui de son père, le colonel Ion TOMOROVEANU, (†) 1969, ancien attachÊ militaire en France ainsi que sa mère, Mme Ortansa TOMOROVEANU, (†) 2003, ancienne prÊsidente de l’Association des femmes orthodoxes roumaines.

A l’occasion du 60e anniversaire de la mort de LÊon Blum, la Mairie du 3e organise, les 19, 20 et 21 novembre 2010, un colloque sur le thème : LÊon Blum, notre contemporain. Inscription obligatoire au 01 53 01 75 45. Programme sur mairie3.paris.fr

ConfĂŠrences

 Je suis avec vous  Matthieu, 28, v.20. CondolÊances sur registre au cimetière. Cet avis tient lieu de faire-part. Catherine Vignal, nÊe Graff, son Êpouse, Anne et Jean-Charles Leclerc, Pablo, Maïa et MaÍl, HÊlène et Olivier Nicaise, Mathias et Johanna, ses filles, gendres et petits-enfants, Marc Vignal, Idelette Kœnig, Francine et Paul Elzière, Jacques Graff, Bertrand et Elyse Graff, Elizabeth Graff, Anngret Vignal, ses frère, sœurs, beaux-frères et bellessœurs, Ses dix-huit neveux et nièces et leurs enfants, Violette Graff, sa belle-mère,

HAïTI À L’EHESS vendredi 19 novembre 2010, à 19 heures Haïti : les limites de la rÊsilience confÊrences par Evens Emmanuel, doyen de la FacultÊ des sciences, universitÊ de Port-au-Prince et Laennec Hurbon, CNRS et universitÊ de Port-au-Prince. Introduite par François Weil, prÊsident de l’EHESS.

survenu le 15 novembre 2010, à l’âge de soixante-six ans, qui a luttÊ avec luciditÊ et courage contre un cancer cÊrÊbral depuis trois ans. Un service religieux aura lieu le vendredi 19 novembre, à 11 heures, au Temple rÊformÊ de l’Oratoire du Louvre, 145, rue Saint-HonorÊ, Paris 1er, suivi de l’inhumation, à 16 h 30, au cimetière de Seine-Port (Seine-et-Marne), chemin de la Justice. Dons pour la Cimade, sercice œcumÊnique d’entraide. Catherine Vignal, 45, rue des Sorrières, 92160 Antony. catherine.vignal@dbmail.com Marc Vignal, 5, square de l’Aveyron, 75017 Paris. Idelette Kœnig, 19, avenue Jean Jaurès, 92260 Fontenay-aux-Roses. Francine Elzière, 32, rue AmÊdÊe Dufaure, 92500 Rueil-Malmaison. francine.elziere@wanadoo.fr

 Pour un design du design : le design en situation  Yann Moulier-Boutang, professeur des UniversitÊs en sciences Êconomiques universitÊ de technologie de Compiègne auteur de  L’abeille et l’Êconomiste  (Éditions Carnets Nord) Jeudi 18 novembre 2010, à 18 h 30, salle Charlotte Perriand. École nationale supÊrieure de crÊation industrielle 48, rue Saint Sabin - Paris 11e MÊtro Saint-Sabin (ligne 5) ou Chemin vert (ligne 8) www.ensci.com Institut universitaire d’Êtudes juives Elie Wiesel - Hommage à Albert Memmi - dimanche 21 novembre 2010  Albert Memmi, penseur de la dÊchirure et de la libertÊ  avec la participation d’Albert Memmi - 14 heures - vernissage de l’exposition  Regards sur Memmi  14 h 30 - Allocutions de bienvenue Edmond Elalouf, prÊsident, Robert Bismuth, prÊsident du Centre mondial du Judaïsme Nord-Africain -  La Hara, berceau d’Albert Memmi  par Mohamed Fantar  Evolution de la pensÊe d’Albert Memmi  par Guy Degas  Memmi et les intellectuels juifs de Tunisie  par Claude Nataf  Agar et la mixitÊ  par Afifa Marzouki  Memmi et les figures de la dÊpendance  par Franklin Rausky 119, rue Lafayette, 75010 Paris. TÊl. : 01 53 20 52 52 (PAF). Avec la collaboration du Centre mondial du judaïsme Nord-Africain. L’Institut du chiffre et du droit organise un week-end patrimonial, à Paris, le 19 et 20 novembre 2010. 12 heures de formation sur les thèmes :  Entreprise libÊrale et gestion du patrimoine familial   Aucun principe n’oblige un contribuable à payer le maximum possible d’impôts et de cotisations sociales , professeur Maurice Cozian (†) prÊsidence : docteur Jean-Jacques Saragoussi.

École des hautes Êtudes en sciences sociales, 105, boulevard Raspail, Paris 6e.

ConfĂŠrenciers et animateurs prestigieux : GĂŠraud Chambeiron, Jack Demaison, Emmanuel Douchet, RĂŠmi Dumas, Henri Hovasse, FrĂŠdĂŠric Lucet, William Nahum, Philippe Rebattet, Mme Dominique Ribaute, Mme Judith Sebillotte-Legris.

EntrÊe libre dans la limite des places disponibles, accueil vingt minutes avant le dÊbut de la sÊance. Inscription auprès de : cerclesdeformation@ehess.fr

Renseignements et inscriptions : Mme Jocelyne Deperrier TĂŠl. : 06 18 99 14 35 Fax. : 01 47 01 12 87 Email : icd92380@hotmail.fr

ont le chagrin de faire part du dÊcès de

Pierre VIGNAL, Sophie Elbaz-Rivière, son Êpouse, ClÊment Rivière, son fils, Suzanne Rivière, sa maman, en pensÊe avec Julien Rivière (†), son père, Toute sa famille, Parents, amis, alliÊs Et tous ceux qui l’aiment,

CondolÊances Le prÊsident de l’Union sociale pour l’habitat Et le comitÊ exÊcutif, La prÊsidente de la FÊdÊration nationale des sociÊtÊs coopÊratives Hlm Et le conseil fÊdÊral, Le prÊsident-directeur gÊnÊral de la SociÊtÊ de garantie de l’accession des organismes Hlm Et le conseil d’administration, Le personnel Et ses amis du Mouvement Hlm,

Le Carnet

Fa tes part de vos soutenances de thèse, de mĂŠmo re‌ Tarif 2010 : 15 î€

TTC

Prix Ă la ligne

Vous pouvez nous fa re parven r vos textes par : TĂŠl : 01 57 28 28 28 Fax : 01 57 28 21 36 E-mail : carnet@mondepub.fr


28 Météo & Jeux < -5°

0 à 5°

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Jeudi 18 novembre Faibles ondées en général

Ecrans

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Aujourd’hui

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Lever 15h07 Coucher 04h34

Vendredi

Le flux restera orienté au secteur sud-ouest faible. Cela ramènera encore de nombreux nuages sur la France, porteurs de faibles ondées éparses en général, sauf sur l'Aquitaine d'une part et sur les Alpes de l'autre, où les giboulées seront plus fréquentes et soutenues. On notera aussi des averses modérées sur le littoral Atlantique et de la Manche. Le soleil percera surtout dans le Midi. Températures de saison.

Jours suivants Samedi

Athènes

Tunis Tunis

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Rabat

Tripoli Tripoli

Jérusalem Le Caire

Le froid Scandinave envahira dès lundi la France Ajaccio

50 km/h

Lever 08h03 Coucher 17h05

Sainte-Aude Coeff. de marée 59

Anticyclone

En Europe

Températures à l’aube 1 22 l’après-midi

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éclaircies assezensoleillé bienensoleillé bienensoleillé pluiemodérée faiblepluie éclaircies risqueorageux éclaircies faiblepluie assezensoleillé averseséparses pluieetneige averseséparses éclaircies assezensoleillé assezensoleillé éclaircies éclaircies aversesmodérées bienensoleillé trèsnuageux bienensoleillé éclaircies pluiemodérée pluiemodérée

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Alger bienensoleillé Amman bienensoleillé Bangkok assezensoleillé Beyrouth bienensoleillé Brasilia risqueorageux Buenos Aires bienensoleillé Dakar beautemps Djakarta risqueorageux Dubai beautemps Hongkong assezensoleillé Jérusalem bienensoleillé Kinshasa risqueorageux Le Caire bienensoleillé Mexico trèsnuageux Montréal éclaircies Nairobi assezensoleillé

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Dans le monde

New Delhi New York Pékin Pretoria Rabat Rio de Janeiro Séoul Singapour Sydney Téhéran Tokyo Tunis Washington Wellington

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Cayenne Fort-de-Fr. Nouméa Papeete Pte-à-Pitre St-Denis

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Outremer

Météorologue en direct au 0899 700 703 1,34 € l’appel + 0,34 € la minute 7 jours/7 de 6h30-18h

Dimanche Lundi

Nord-Ouest

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Sud-Est

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BERLIN

PLUS SOUVENT

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by

VOLS PAR JOUR

airfrance.fr

Au départ de Paris. by Air France : signé Air France.

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Sudoku n˚10-275

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Match amical. Angleterre - France. 20.45 Coup d’envoi en direct du stade de Wembley. 23.05 Fringe. Série. La Rencontre V. De l’autre côté [1 à 2/2] U. (S2, 21 à 23/23). Avec Anna Torv (145 min).

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Moyen

Les résultats du Loto sont publiés dans nos éditions datées dimanche-lundi, mardi, mercredi et vendredi. Tous les jours Mots croisés et sudoku.

X Verticalement

1. Risque de vous mettre à nu. 2. Grand champ de noix. 3. Gros cœur. Suis les affaires de près. 4. Ont pris un coup de vieux. Long ruban italien. 5. Clos pour éviter le public. Dieu du Nord. 6. Renvoie vers la terre. 7. La Thaïlande hier. Tout un spectacle au Japon. 8. Grande et belle Citroën. Avancer point à point. 9. Mise en place… mais il ne faut pas le dire. Conjonction. 10. Avens en région. Raison du poète. 11. Ouvre les portes des cabinets. Prise de bien haut. 12. Renouvelions coup après coup. Philippe Dupuis

I. Informatrice. II. Neuvième. Ohm. III. Vise. Muse. Ob. IV. Egéries. Nasa. V. Né. Do. Ecaler. VI. Dugong. VII. Axes. Opprima. VIII. Nébuleuses. IX. Lue. Ili. Sens. X. Enthousiaste.

Mercredi17novembre

9

etez toute la 9 5 4 Compl´ grille avec des chiffres allant de 1 ` a 9. 3 4 Chaque chiffre ne doit ˆ etre utilis´ e qu’une 8 6 9 4 7 seule fois par ligne, par colonne et par 2 7 carr´ e de neuf cases. http://yangeorget.blogspot.com/2009/12/sudokus.html

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Horizontalement

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III

Solution du n° 10 - 274

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II

Horizontalement

9 6

I

I. A trouvé son autonomie en prenant de la bouteille. II. S’il n’est pas au parquet, il est plein d’affectation. Laisse sa trace. III. Propos du Sud. S’ouvrent vers le large. Comme un hareng vide. IV. Méthodes et moyens. V. Dans l’ensemble. Dans l’oasis. Point de suspension. VI. Bien dégagé. Bien plein. Encadre le noceur. VII. Alimente les caisses de Bercy. Bel équipage. VIII. Chez le cinéaste. Cube chiffré. Parle le kwa. IX. Résistible est son ascension. Des chiffres et une lettre. Cours européen. X. Ont retrouvé forces et soutien.

Solution du n˚10-274

TF 1

Retrouvez nos grilles sur www.lemonde.fr

2

l’heure d’Internet et du câble, mobiliser trois chaînes pour diffuser une intervention télévisée du chef de l’Etat a un petit côté suranné qui fleure bon sa Ve République. Le président parlait, ses sujets étaient instamment priés de l’écouter. Dans le cas contraire, il leur restait la possibilité de regarder « Les imitateurs font leur show » sur France 3 et « L’espoir de l’année » sur M6. Tout un programme. Blague à part, hier soir, pour qui saturait après l’interminable feuilleton du remaniement, ne restait plus qu’une solution : faire la cuisine. Des pâtes, par exemple, après avoir lu le premier numéro du magazine Zeste. Fort bien fait, tout ce que vous avez voulu savoir sur l’art et la manière de cuisiner les spaghettis. DSK devrait apprécier, lui qui, lundi matin 15 novembre sur France Inter, ne sachant plus comment ne pas répondre à « la » question, eut cette réponse : « Les statuts du FMI ne m’interdisent pas de dire des tas de choses, et pourtant je ne les dis pas. Ils ne m’interdisent pas de dire que j’adore les pâtes à la sauce tomate, et pourtant je ne le vous dis pas. » Il existerait donc une tentation des spaghettis, un peu comme la fameuse Tentation de Venise décrite par Alain Juppé dans un de ses ouvrages (Grasset, 1993). C’était l’époque où l’ancien premier ministre jurait, croix de bois, croix de fer, qu’on ne l’y reprendrait plus à déguster de la politique. Finalement, la politique, c’est comme les pâtes : on y revient toujours. Al dente, de préférence. Samedi soir 13 novembre, sur le

plateau d’« On n’est pas couché », Stéphane Guillon demandait à Dominique de Villepin s’il avait trouvé drôle la phrase de François Fillon à son propos : « J’ai un beau setter irlandais. Il est grand, beau et complètement fou. » La réponse vaut son pesant de spaghettis : « J’ai tout d’abord réagi en me disant que c’était affectueux. Puis s’est télescopée une autre histoire.

Finalement, la politique, c’est comme les pâtes: on y revient toujours Le matin du résultat de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy m’appelle et me dit : “Je viens prendre un petit déjeuner avec vous à Matignon”. Il débarque, il a toujours eu le goût de débarquer (…), et me dit : “Ça y est, j’ai formé mon gouvernement. Je vais choisir François Fillon comme premier ministre. Pourquoi ? J’ai beaucoup réfléchi, j’ai eu un chien, un labrador. Ce labrador était violent, méchant, et je suis arrivé à la conclusion qu’il ne fallait jamais mettre – et là il me regarde en face – deux mâles dominants dans la même pièce.” Je lui ai alors dit : “Mais qu’est-ce que vous avez fait avec le labrador ?” Là, il me regarde – ce n’était pas vraiment un croc de boucher que j’ai vu se dessiner dans ses yeux – et il me dit : “Je l’ai fait piquer.” » « Au fond, conclut M. de Villepin, François Fillon a eu l’humanité de trouver son chien stupide, mais de l’aimer quand même. » Les responsables politiques sont des grands fauves. p

Les soirées télé

Les jeux

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La tentation des spaghettis

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Châlonsen-champagne

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Chronique Franck Nouchi

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0123 Jeudi 18 novembre 2010

Verticalement

1. Invendable. 2. Neigeux. Un. 3. Fuse. Genêt. 4. Overdose. 5. Ri. Ion. Bio. 6. Mémé. Goulu. 7. Amuse. Plis. 8. Tes. Cape. 9. ENA. Rusa. 10. Io. Alaises. 11. Chose. Ment. 12. Embarrasse.

Rédaction : 80, boulevard Auguste-Blanqui,75707 Paris Cedex 13 Tél. : 01-57-28-20-00 ; télex : 202806F ; télécopieur : 01-57-28-21-21 Courrier des lecteurs : par télécopie : 01-57-28-21-74 ; Par courrier électronique : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Médiatrice : mediateur@lemonde.fr Abonnements : par téléphone : de France 0-825-000-778 (0,15 TTC/min) ; de l’étranger : (33) 3-44-31-80-48. Sur Internet : www.lemonde.fr/abojournal/ Changement d’adresse et suspension : 0-825-022-021 (0,15 TTC/min) Tarif 1 an : France métropolitaine : 394 ¤ Internet : site d’information: www.lemonde.fr finances : http://finance.lemonde.fr Emploi : www.talents.fr/ Immobilier: http ://immo.lemonde.fr Documentation : http ://archives.lemonde.fr Collection : Le Monde sur CD-ROM : CEDROM-SNI 01-44-82-66-40 Le Monde sur microfilms : 03-88-04-28-60

FRANCE 2

Jeudi 18 novembre TF 1 20.45 Profilage. Série (ép. 13, 14 inédit ; ép. 5). Renaissance U. Lame de fond. Quelqu’un de bien U. 23.35 Esprits criminels. Série. Les Profileurs. Par feu et par flammes (S1, 1 et 2/22). Avec Mandy Patinkin (105 min) U.

FRANCE 2

20.35 Les Méchantes.

20.35 Envoyé spécial.

Téléfilm. Philippe Monnier. Avec Marie-Anne Chazel, Pierre Arditi, Evelyne Bouix (Fr., 2010). 22.00 Contes et nouvelles du XIXe siècle. Série. Pour une nuit d’amour (S2). 23.05 Dans l’univers de... Lara Fabian. 0.50 Journal, Météo (15 min).

Des lunettes pas très nettes ; Chassé-croisé de ministres ; Les Irradiés du Kazakhstan. 22.50 Infrarouge. Le Mur de l’Atlantique. Documentaire (2010). 0.00 Les Filles des ruines. Documentaire U. 1.05 Journal, Météo (20 min).

FRANCE 3

FRANCE 3

20.35 Des racines et des ailes.

20.35 Space Cowboys pp

Passion patrimoine : de l’Ardèche à la Bourgogne. 22.30 Soir 3. 22.55 Ce soir (ou jamais !). 0.25 Vie privée, vie publique, l’hebdo. Spéciale télévision (70 min).

Film Clint Eastwood. Avec Clint Eastwood, Tommy Lee Jones (Etats-Unis, 2000). 22.40 Météo, Soir 3. 23.10 Ce soir (ou jamais !). 0.30 Tout le sport (25 min).

CANAL +

CANAL +

20.50 La Folle Histoire

20.50 24 heures chrono.

d’amour de Simon Eskenazy p Film Jean-Jacques Zilbermann. Avec Antoine de Caunes, Elsa Zylberstein (France, 2009). 22.15 Habillé(e)s pour l’été 2011. 23.15 Mon père, Francis le Belge. Téléfilm. Frédéric Balekdjian. Avec Pio Marmaï, Vahina Giocante (France, 2010, 90 min) V.

Série. 10 h 00 - 11 h 00. 11 h 00 - 12 h 00 (saison 8, 19 et 20/24, inédit). Avec Michael Madsen V. 22.15 Mad Men. Série. La Couleur bleue (S3, 10/13, inédit). 23.00 30 Rock. Série. Les Dessous de Kabletown. Floyd (S4, 15 et 16/22, inédit). Avec Michael Sheen (40 min).

ARTE

ARTE

20.40 Les Mercredis de l’Histoire.

20.40 La Vie des autres pp

Enfants de l’Holocauste. Le Refuge de Blankenese. 22.10 Mystères d’archives. 1967 : de Gaulle au Québec. Documentaire (France, 2009). 22.40 Le Dessous des cartes. 22.50 Il était une fois... « L’Empire des sens ». Documentaire (2010). 23.45 L’Empire des sens ppp Film Nagisa Oshima (coprod., 1976, 100 min).

Film Florian Henckel von Donnersmarck. Avec Ulrich Mühe, Sebastian Koch (All., 2006). 22.55 Le Dissident du KGB. Documentaire. Nicolas Jallot (France, 2009). 0.05 Tracks. Dario Argento : sexe et ténèbres. 1.05 Glen or Glenda ? Film Ed Wood (EU, 1953, N., v.o., 70 min).

M6 20.45 La France a un incroyable talent. Les Auditions. 22.30 « La France a un incroyable talent », ça continue. 23.30 Gad Elmaleh. La Vie normale. Spectacle en 2000 (115 min).

M6 20.45 Lie to Me. Série. Raison d’Etat. Casino royle (S2, 8 et 9/22, inédit) U ; Amnésie morale (S1, 2/13) U. 23.10 Sons of Anarchy. Série. Eureka. Représailles (saison 2, 4 et 5/13, inédit). Avec Katey Sagal (95 min) V.


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Jeudi 18 novembre 2010

Un million de photos d’Obama Lettre des Etats-Unis Corine Lesnes

A

peine rentré d’Asie, Pete Souza a mis une nouvelle rafale de photos de Barack Obama sur Internet : la visite au Raj Ghat, le lieu de la crémation de Gandhi, à New Delhi, une plate-forme de marbre où Michelle et Barack, pieds nus, ont dispersé des pétales de pétales de fleurs. La limousine américaine (« The Beast») encadrée par 24 chevaux de la garde d’honneur indienne, devant le palais présidentiel, une sorte de Versailles moghol (4 étages, 350 pièces, 700 millions de briques, des fontaines et jets d’eau jusque sur les toits). Les photos du G20 de Séoul sont nettement moins glorieuses. Barack Obama arbore un sourire presque contrit, aux côtés de Frau Merkel. Avec Hu Jintao, il se penche aimablement mais le dirigeant

chinois préfère regarder l’objectif, droit sur sa chaise. Après la chaleur de l’Asie du Sud, Barack Obama a été battu froid par ses collègues, furieux que l’Amérique fasse marcher la planche à billets tout en leur demandant de dépenser plus ou de faire une cure d’austérité… Ce à quoi le président nobélisé a répondu que tout ce qu’il fait est, par définition, pour le bien commun de la croissance mondiale… La Maison Blanche entretient sa propre « galerie » sur le site de partage de photos Flickr. Elle y ajoute 75 clichés par mois, destinés à montrer la présidence, côté coulisses. Le fonds contient déjà 2 500 photos dans lequel tout le monde peut puiser gratuitement, le public comme la presse. L’administration Obama se flatte d’une transparence sans précédent.

Billet Robert Solé

Ripoliner le Rocher CERTAINS JOURS, les événements se bousculent. On ne sait plus où donner de la tête. Nous apprenons simultanément : 1) Que l’actrice Eva Longoria et le basketteur Tony Parker sont sur le point de divorcer ; 2) Que le prince William, fils aîné de Charles et de Diana, va épouser une roturière ; 3) Que la principauté de Monaco a décidé de changer son image. Faute de place, on nous permettra de ne commenter que ce troisième événement, sans doute le plus lourd de conséquences. Les faits, d’abord (qui sont sacrés) : Albert II a commandé à l’agence de publicité TBWA-Paris une campagne de communication pour « faire évoluer la perception de Monaco ». Il s’agit de « sortir des clichés » et de « montrer en quoi cet Etat singulier agit dans le concert des nations ». Adieu presse people ! C’est désormais L’Osservatore Romano qui nous éclairera sur l’Amour selon Stéphanie. C’est dans les Actes de la recherche en sciences sociales que nous découvrirons la dernière toilette de Caroline. Et c’est dans Le Monde diplomatique, avec Albert et Charlene, que nous suivrons le rapprochement entre Monaco et l’Afrique du Sud par le biais de la natation. p

Les photos qu’elle diffuse en temps réel étaient jusque-là ensevelies aux Archives pour vingt ans. Toutes les semaines, elle met aussi sur le site WhiteHouse.gov un petit résumé en images, façon « actualités » des salles de cinéma des années 1950. La vidéo, « The West Wing Week » est vue par quelque 20 000 personnes en moyenne sur YouTube. Le producteur est Arun Chaudhary, un ancien de la campagne présidentielle. La plupart des photos sont l’œuvre d’un photojournaliste de 55 ans, Pete Souza, un homme qui a toujours l’air prêt à bondir sur l’instantané. Tout jeune, il a travaillé à la Maison Blanche de Ronald Reagan. Il a aussi couvert la chute de Kaboul et enseigné à l’université de l’Ohio. Il était photoreporter pour le Chicago Tribune quand Barack Obama a fait ses débuts à Washington début 2005. Fasciné, il a accompagné l’ascension du jeune sénateur et publié un livre qui montre en couverture le candidat escaladant les marches du congrès quatre à quatre. Comme souvent dans les photos de Pete Souza, Obama est vu de dos. Le spectateur le suit. Pete Souza estime faire œuvre d’historien et ses photos sont souvent figées dans le marbre, comme suspendues dans le temps. Barack Obama lui a donné un accès total, à condition qu’il ne trahisse pas les conversations. Il assiste à toutes les réunions et s’incruste autant qu’il lui plaît, même pendant les tête-à-tête. L’une de ses photos préférées est le gros plan

sur les mains de Michelle et Barack jointes sur le bastingage d’un bateau pendant la marée noire en Floride. Ou Bo, le chien d’eau portugais, couvert de neige. « Bo et moi, cela fait deux Portugais à la Maison Blanche », plaisante-t-il. Pour ce qui le concerne, l’héritage remonte à ses grands parents, qui ont émigré des Açores. Mais il a grandi dans le Massachusetts et la langue s’est perdue.

L’administration Obama se flatte d’une transparence sans précédent. Les photos qu’elle diffuse en temps réel étaient jusque-là ensevelies aux Archives pour vingt ans C’est John Kennedy qui a le premier eu un photographe en résidence permanente à la Maison Blanche. Depuis, Jimmy Carter est le seul à ne pas avoir succombé à la tentation de penser que tout ce qu’il faisait devait entrer dans l’Histoire et être répertorié. A une époque de tout-numérique, Pete Souza fait de 500 à 1 100 photos par jour, selon l’emploi du temps du président. Dans les grandes occasions, comme l’investiture de janvier 2009 ou le vote de la réforme de l’assurance-santé, il a fait plus de 1 500 clichés sur la journée. En moyenne : 20 000 photos par mois.

Au bout du mandat, à ce rythme-là, il aura accumulé près de 1 million de photos. Et en vertu de la loi sur les archives présidentielles, aucun cliché ne peut être effacé. La galerie de la Maison Blanche est une mine d’informations. Sur l’agencement des réunions sur l’Afghanistan (Tiens, Hillary n’était pas là ?). Sur les petits détails de l’ordonnancement (chaque membre du cabinet possède un fauteuil de cuir marqué d’une petite plaque à son nom, comme les réalisateurs de cinéma, et quand il quitte l’administration, il emporte la chaise avec lui). Avec Pete Souza, on est dans le bureau Ovale quand le fils d’un collaborateur, du haut de ses 4 ans, demande à voir si l’occupant a vraiment la même coupe de cheveux que lui. Ou à l’intérieur de la limousine quand le président, happé par toutes ses obligations, essaie de téléphoner tout en remercient les passants qui font une haie sur son passage. Mais on se demande où sont les clichés du reste de l’actualité à la Maison Blanche, les colères prêtées par la presse au chef de cabinet, les délibérations houleuses sur l’Afghanistan. Les soirs de défaite électorale. En date du 3 novembre, la photo du jour montre un Joe Biden en pleine hilarité, entre deux portes. Les photos de Pete Souza sont toujours très cadrées. Une fenêtre, un miroir, un pan de mur. Peutêtre parce qu’il se sent très encadré. p Courriel : lesnes@lemonde.fr

Parce que vous avez certainement manqué un épisode...

Le courrier du jour Economie Croissance et démagogie La commission pour la libération de la croissance, dirigée par Jacques Attali, avait fait 316 propositions en 2008. Combien ont été retenues ? Combien ont été appliquées ? Quels ont été les résultats ? Positifs ou négatifs ? Le vulgaire électeur lambda que je suis aimerait bien le savoir. Ancien instituteur (…), j’avais réagi à l’une d’elles, celle qui affirmait qu’il conviendrait d’entreprendre l’apprentissage de l’économie dès l’école primaire. Or, peu de temps avant, un rapport du très officiel Haut Comité à l’éducation reconnaissait : « 15 % des élèves sortant du primaire ne maîtrisent pas la lecture et l’écriture ni le calcul, et 25 % n’ont de ces savoirs de base que des connaissances “fragiles”. » J’avais alors estimé que ces « libérateurs de croissance » mettaient la charrue avant les bœufs. Comment apprendre l’économie sans savoir parfaitement lire, écrire et compter ? Cette commission vient de présenter 25 nouvelles propositions. L’une d’elles (n˚ 21) stipule qu’il faut « lutter contre l’échec scolaire et l’illettrisme à l’école primaire ».

Or, l’échec scolaire et l’illettrisme étaient tout aussi patents en 2008 qu’ils le sont en 2010, il était donc aberrant de proposer l’enseignement de l’économie en primaire. Question : S’agissait-il de libérer la croissance ou la démagogie ? Claude Bourse Montpellier

Libéralisme Le libéralisme est un fondamentalisme comme les autres (christianisme, islamisme, etc.), mais infiniment plus cohérent, car basé sur un dogme unique et son corollaire. Le dogme : rien, aucune activité, aucun service, aucune production, aucune ressource, aucun être humain ou non ne doit échapper aux actionnaires. Le corollaire : rien ni personne ne peut s’opposer au dogme. Dommage que le PS et les syndicats, CFDT en tête, se revendiquent libéraux, car, malgré le refus du peuple, c’est le boulevard ouvert à Sarkozy II et à son libéralisme débridé. Robert Nadot Arradon (Morbihan) Courrier et contributions des lecteurs : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Fax : 01-57-28-21-74

Demain dans 0123 « Le Monde des livres » Actualité de Sophie

et Léon Tolstoï ; littérature francophone ; le goulag ; rencontre avec Linda Lê pTirage du Monde daté mercredi 17 novembre 2010 : 372 909 exemplaires.

100 PAGES - 7,50  - EN VENTE CHEZ VOTRE MARCHAND DE JOURNAUX 123


6 5 AV E N U E D E S C H A M P S - É LY S É E S

Le monde  

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