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Jeudi 6 juin 2013 - N° 1997 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro

La finance n’est pas la solution

c’est le probléme


actualité Réforme ferroviaire

Prendre le temps du débat public Le poids de Bruxelles ou celui des agents et des usagers ? La présentation de la réforme du système ferroviaire en conseil des ministres a coïncidé avec la publication des «recommandations» de politique économique de la commission de Bruxelles que le gouvernement français devrait appliquer, contrepartie du délai de 2 ans octroyé pour ramener le déficit public sous les 3 %. La commission y réclame « l’ouverture des transports intérieurs de passagers à la concurrence » et « que le nouveau gestionnaire unique des infrastructures reste indépendant de l’opérateur historique, afin de garantir un accès équitable et non discriminatoire aux nouveaux entrants sur le marché ». Et, illico, le gouvernement de préconiser le maintien de la séparation de l’infrastructure (RFF) et de l’exploitation (SNCF) dans deux EPIC* différents.

Pourtant, l’expérience de ces dernières années devrait conduire à d’autres conclusions : • La séparation de la SNCF et de RFF et le cloisonnement par activité de la SNCF ont démontré leur inefficacité. Les usagers l’ont payé au prix fort. • L’expérience de l’ouverture à la concurrence du fret démontre que celle-ci n’a pas permis d’atteindre l’objectif affiché de développement du fret ferroviaire. Au contraire, depuis, celui-ci est en chute libre. En concentrant le trafic sur les axes « rentables », l’ouverture à la concurrence du trafic voyageurs aura les mêmes conséquences. Pour répondre aux attentes d’aménagement du territoire, d’égalité de traitement et de sécurité, il est indispensable de redéfinir la SNCF comme entreprise ferroviaire publique intégrée.

Une autre voie est possible Le ministre des transports eut rétablir l’équilibre avec les mêmes recettes inefficaces : productivité et efforts supplémentaires demandés aux cheminots. Aucune réflexion n’est menée sur la transformation de la dette du système ferroviaire en dette publique (dette d’État liée à la création de la LGV dont les intérêts et charges équivalent au déficit du système ferroviaire). Il y a un an, les sénateurs communistes et républicains ont déposé une proposition de loi sur le système ferroviaire, sa gouvernance et son financement. Cette proposition peut servir un débat contradictoire, indispensable au regard des enjeux, avant toute décision. Les communistes sont prêts à y participer et soutiennent les mobilisations du 13 juin prochain. * Etablissement public à caractère industriel et commercial

Intersyndicale

Dans l’action le 13 juin Communiqué commun aux organisations syndicales régionales des cheminots CGT-SUD Rail-UNSA-CFDT « Le Ministre des transports vient de présenter au conseil des ministres un projet de réforme du système ferroviaire qui prévoit notamment de transférer à RFF plus du tiers des effectifs (150 000) cheminots de la SNCF. Cela signifierait l’éclatement de notre entreprise, publique et intégrée, conçue pour répondre à l’intérêt de la nation dans le domaine du transport par voie ferrée des voyageurs et des marchandises. Alors que rien ne l’y oblige… l’annonce ministérielle confirme également la décision du gouvernement d’ouvrir les transports intérieurs par rail à la concurrence, dès 2019, malgré l’exemple désastreux de l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire français en 2006 (baisse de la part modale ferroviaire de 16% à moins de 10%…). Quant à la dette supportée par le système ferroviaire (40 Mds d’€), le gouvernement ne propose pour toute solution qu’une productivité à réaliser sur les cheminots… qui s’ajouterait à tous les autres (moins 40% d’effectifs, en 30 ans à trafic constant). Cela ne pourrait que générer une dégradation, supplémentaire et importante, de la qualité et de la sécurité du service rendu aux usagers. Si ce projet devait se concrétiser : il sonnerait le glas de l’ambition affichée du report modal, de la route vers le fer ; il mettrait en péril l’unicité du système, permettant de faire circuler des TER et des TET (trains d’équilibre du territoire) sur les lignes dites peu rentables (par ex : Libourne-Sarlat, Bayonne-St Jean pied de Port, Bordeaux-La Rochelle, Pau-Oloron…) au prix d’une aggravation de la fracture sociale et territoriale de notre pays C’est inacceptable pour les 4 organisations syndicales régionales représentatives à la SNCF qui appellent les cheminots à agir par la grève le 13 juin prochain pour exiger une réelle réforme permettant le développement du service public ferroviaire dans le respect de conditions sociales, pour les cheminots, compatibles avec la production des trains en qualité et en sécurité sur le réseau. Bordeaux, le 3 juin 2013

Cheminots Cgt

Le gouvernement doit revoir sa copie La CGT exige que le Gouvernement et la direction de la SNCF mettent en oeuvre des choix permettant de développer le service public ferroviaire et d’améliorer les conditions sociales des cheminots (emploi à statut, salaires, conditions de travail, fret…) C’est ce qu’exprimeront les cheminots le 13 juin par la grève, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales. Dans un communiqué, la fédération CGT des cheminots dénoncent la soumission aux exigences de Bruxelles : « Une réforme du système ferroviaire est indispensable mais avec l’ambition de répondre aux besoins de la Nation et des usagers. Cela ne peut s’envisager qu’à partir d’une entreprise ferroviaire publique intégrée, la SNCF, seule capable de répondre aux enjeux de sécurité, d’aménagement du territoire et d’égalité de traitement. » Rappelant qu’elle « condamne l’organisation du système ferroviaire en 2 EPIC, depuis la séparation de l’infrastructure (création de RFF en 1997) et de l’exploitation (SNCF) », la Cgt alerte sur le danger d’éclatement avec 3 EPIC « dans le cadre de l’ouverture ou non à la concurrence dont la responsabilité revient au gouvernement ». Une régression sociale « Cheminots et usagers continueraient de faire les frais du refus de l’Etat de soutenir la dette issue des créations de lignes à grande vitesse qu’il fait supporter au système ferroviaire depuis les années 80. Le projet du gouvernement encourage la finalisation de l’organisation cloisonnée construite au fil des années par la direction de la SNCF, des séparations structurelles qui handicapent lourdement la production ferroviaire en empêchant les cheminots de travailler ensemble. L’harmonisation sociale préconisée se traduirait par une régression sociale. Le gouvernement ne peut se considérer quitte. Il doit réécrire sa copie ! Dans le cadre des débats ouverts par le gouvernement, la CGT a fait une proposition complète qui allie efficacité pour un meilleur service public et un financement pérenne du système ferroviaire en améliorant les conditions sociales et de travail des cheminots. Ce projet, conforme à la réglementation en vigueur, est basé sur le travail collectif et mutualisé de tous les cheminots avec comme finalité, faire du Service Public SNCF (fret et voyageurs) une réponse aux besoins des populations.

Egalité des droits

Marche des fiertés LGBT

Samedi 8 juin à Bordeaux, départ 14h

Place de la République

Marche des femmes contre l’austérité

Femmes contre l’austérité : nous refusons de trinquer !

Marchons le dimanche 9 juin à Paris Signez l’appel sur : http://www.femmescontreausterite.com

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a c t ua l i t é

Editorial

Politique familiale

L’opération de division

Qui est responsable du déficit de la branche famille ? Le gouvernement ne touchera pas aux allocations mais au quotient familial. C’est ce qu’a annoncé Jean-Marc Ayrault le 3 juin. Alors que les deux solutions étaient débattues, c’est l’augmentation des impôts pour les familles les plus «riches» qui a été choisie, au lieu de toucher à l’universalité des «allocs». Une augmentation de 64 euros en moyenne d’impôt sur le revenu qui touchera 12% des ménages avec enfants Cette mesure, mise en place pour ramener la branche famille de la Sécurité sociale à l’équilibre, devrait rapporter 1 milliard d’euros dès 2014. Concrètement le plafond du quotient familial est abaissé de 2 000 euros à 1 500 euros par demi part fiscale. Une famille de deux enfants dont le revenu est de 6 500 euros par mois bénéficiera de 3 000 euros de réduction d’impôt grâce au quotient familial contre les 4 000 euros actuellement. La réduction d’impôt pour les frais de scolarité des enfants au collège et au lycée est elle supprimée. Ainsi 1,6 million de familles verront en moyenne leur impôt sur le revenu augmenter de 12 euros par mois. Le montant de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) est aussi raboté. Pour les ménages dont les ressources dépassent un certain seuil (entre 3 250 euros et 4 000 euros de revenu mensuel) la

Paje sera divisée par deux. Cette mesure ne s’appliquera qu’aux nouveaux bénéficiaires, soit 12% des ménages éligibles. Plus de places en crèches et une revalorisation du complément familial Pour 385 000 familles vivant sous le seuil de pauvreté, le complément familial sera majoré. De même l’aide versée aux familles monoparentales sera relevée de 25%, en plus de l’inflation, à l’horizon 2017. Enfin le gouvernement annonce 275 000 places en plus dans les crèches au cours des cinq prochaines années. Aux familles de supporter l’effort En renonçant à moduler les allocations familiales en fonction des revenus, le gouvernement semble avoir renoncé à porter atteinte à l’universalisme de la politique familiale hérité de la période de la Libération. Une atteinte d’autant plus problématique qu’en remettant en question une prestation sociale versée en lieu et place de l’impôt payé, il se serait ainsi attaqué au principe selon lequel c’est de l’impôt que procède la redistribution. Il reste cependant qu’avec la modulation du quotient familial, c’est bien la famille en tant que telle qui va devoir ouvrir sa bourse. Par le biais de l’impôt, certes, et cela fait indiscutablement une différence, mais il s’agit bien tout de même d’installer le fait comme l’idée que c’est au fond

Les allocations familiales sont d’abord un droit universel, dû à chaque enfant. C’est pour cela que le PCF, avec d’autres, exige depuis longtemps que ce droit s’applique dès le 1er enfant, sans aucune condition de revenu.

Allocations familiales

Où sont les riches ? Les annonces du gouvernement s’inscrivent dans une logique purement d’économie avec le seul objectif de gagner 2 milliards d’euros sur les politiques familiales Pour le PCF « cette politique ne repose sur aucune vision d’ensemble de l’avenir de la société, si ce n’est sur la volonté de répondre aux injonctions européennes de rigueur budgétaire ». Alors qu’une loi sur la famille est annoncée pour fin 2013, le gouvernement fait le choix d’une réforme avancée des allocations, excluant par là-même tout débat et toute réflexion globale. « Si le gouvernement souhaite trouver de l’argent, qu’il s’attelle à lutter contre les 80 milliards de fraude fiscale et à mettre en œuvre une large réforme de la fiscalité. Ce sera plus efficace économiquement et plus juste socialement. »

aux familles de supporter l’effort. Il est vrai que le premier ministre a annoncé en même temps, la création de 100 000 places en crèche, la scolarisation de 75 000 enfants de deux à trois ans supplémentaires, la création de 100 000 solutions d’accueil auprès d’assistantes maternelles, des mesures pour les familles monoparentales et celles sous le seuil de pauvreté. Mais hélas ces mesures ne sont pas datées, et surtout qui va payer ? Les collectivités locales ? Avec pour effet de reporter sur l’impôt ces efforts supplémentaires ? Il y a dans ce choix de faire payer les familles, même « aisées », une sorte d’opération idéologique, amenant en quelque sorte à les rendre responsables du déficit de la branche famille, quitte à se serrer un peu la ceinture pour aider les familles les plus démunies. Mais outre que ce déficit est construit par le fait que la branche famille supporte des charges indues, l’ensemble de ces mesures fait entendre un silence assourdissant sur une vraie progressivité de l’impôt sur le revenu comme sur les cotisations des entreprises, dont Jean-Marc Ayrault dit pourtant qu’elles sont aussi la nation. Il est vrai que le Medef estime que les entreprises n’ont rien à voir avec la famille et ne devraient pas payer du tout !

Rassemblons le peuple de gauche contre l’austérité Le gouvernement Ayrault et sa majorité socialiste et verte ont voté le TSCG, aujourd’hui nous en mesurons les premières conséquences. Le président Hollande est convoqué tel un vulgaire délinquant européen pour rendre des comptes sur la situation française… Nous sommes loin du 0,5% de déficit ! Aussi la troïka européenne, qui n’a aucune légitimité démocratique et populaire, intime à la France de respecter ses engagements. Pour réduire les déficits et la dette, ils ont des suggestions… les même recettes appliquées à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne ou à Chypre avec les résultats calamiteux que l’on sait pour les peuples : nouvelle réforme des retraites et de l’assurance chômage, attaques contre le SMIC, déremboursement de médicaments, déréglementation des prix du gaz et de l’électricité,  privatisation du rail, augmentation de la TVA, réduction du service public dans les collectivités... Ce n’est pas ce programme pour lequel ont voté les millions de Français le 6 mai dernier, ce n’est pas pour cette Europe que les Français se sont prononcés en 2005 en votant NON… Alors quelle alternative à cette austérité ? La mobilisation ne cesse de se développer et de grandir même si les médias le nient. Le 5 mai dernier ce sont bien des dizaines de milliers de personnes issues de toute la gauche qui sont descendues dans la rue pour dire stop à cette accélération de l’austérité. Le 9 juin prochain à Paris ce seront les femmes, premières victimes de cette politique qui marcheront pour dénoncer les attaques contre l’emploi, la santé, les salaires, la politique familiale sacrifiée au nom de l’austérité. Enfin le 16 juin, plus de 40 organisations politiques à gauche, syndicales, associatives, des personnalités débattront pour créer des convergences pour changer de cap pour la France et l’Europe. L’ensemble des forces du Front de gauche, Europe Ecologie Les Verts, Gauche Avenir, ATTAC, Copernic, des syndicalistes de la CGT, de Solidaires, de la FSU seront présents, avec tous les citoyens et les citoyennes qui le souhaitent. Au programme 8 tables rondes pour débattre, réfléchir et construire une alternative de progrès et non de récession ou de régression sociale… Quelle république ? Comment s’émanciper des marchés financiers ? Quelle politique alternative à l’austérité pour la France et l’Europe ? Ce sera aussi l’occasion d’aborder les questions de l’emploi, des retraites, de la transition énergétique... Plus que jamais, il est temps de rassembler à gauche, partout dans nos communes, pour bâtir avec les citoyens des remparts contre l’austérité et construire une société de progrès où l’Humain d’abord sera la priorité. Rappelons-nous du Conseil National de la Résistance, de son programme et de ses conquêtes sociales.. Certains, y compris à gauche, aimeraient le jeter dans les oubliettes de l’Histoire.

Stéphane Le Bot membre du conseil départemental du PCF 33 Section Nord Médoc

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q uand bruxe l l es serre l a v i s , i l fau t d é v e l opper Cub et logement social

Sortir de la voie austéritaire L’objectif de 5 000 logements dans l’année butera sur l’austérité si les parlementaires ne se ressaisissent pas L’élu communautaire Vincent Maurin est intervenu le 31 mai pour dire l’urgence de répondre à la crise du logement : « Quand 60% des ménages girondins ne peuvent pas consacrer plus de 600 euros pour un T3 et qu’aucune des opérations d’aménagement ne dépasse 25% de logements sociaux, c’est que nous avons un sérieux problème avec l’état réel de la société que nous sommes censés représenter ». A rebours des élus de droite comme d’habitude contre le logement social, l’élu considère avec son groupe que « la crise sociale prend une dimension tout à fait particulière sur la question du logement, au point qu’avec le travail, il devient un des facteurs principaux d’exclusion ». C’est pour cela que « l’objectif [de la Cub] de conventionner 5 000 logements sociaux en 2013 est très ambitieux, voire inégalé » dit-il, des objectifs que son groupe soutiendra. Interroger les opérations en cours « Ce ne sont pas les opérations d’accession dite « sociale » à la propriété qui pourront y répondre. Dans ce contexte de crise, l’accession « sociale » et les loyers PLS ne sont plus considérés comme relevant du logement social. Et surtout pas par les organismes sociaux ni les associations qui œuvrent sur le sujet. Ainsi, la communication du maire de Bordeaux qui annonce partout qu’il réalise 55% de logements sociaux dans ses grandes opérations, n’a aucun rapport avec la réalité: il faut y retrancher les 20% d’accession « sociale » et les 10% de PLS ! Cet objectif de 5 000 conventionnements peut être salvateur « en nous permet-

tant d’interroger ou réinterroger chaque commune sur ses opérations comme nous l’avons fait notamment sur les opérations conduites à Bègles, Floirac ou Bordeaux. »   Castéjà expérience pilote ? En cœur de ville de Bordeaux, un important chantier de réhabilitation s’ouvre sur le site de l’ancien commissariat Castéja « un quartier particulièrement dépourvu en logements sociaux et dans une ville encore très en-dessous (16%) des exigences de la loi SRU » souligne V. Maurin. « Cette opération peut être une expérience pilote : réalisons à Casteja 100% de logements sociaux au lieu des 20% aujourd’hui programmés » même si « nous savons que, très soucieux de conserver ses ghettos de riches, le maire de Bordeaux argumentera qu’il n’est pas question de créer des ghettos de pauvres » sourit l’élu, tout en rappelant que « 60% de girondins sont très loin des seuils nécessaires pour accéder au logement locatif dans ces quartiers-là ». Faire sauter le verrou austéritaire Citant la délibération qui invite à « veiller au bon emploi des deniers publics » dans un contexte de « raréfaction des moyens »,

de « durcissement du contexte économique rencontré par les opérateurs de logement social » Vincent Maurin souligne que s’il est très bien que la Cub « suggère aux collectivités de passer la vitesse supérieure en termes de construction de logements sociaux », ce serait encore mieux de « leur en donner les moyens financiers ». Or, poursuit-il, « le gouvernement et la ministre Cécile Duflot vont dans le mauvais sens en réduisant sensiblement (de 10 000 à 6 500 euros) les aides aux conventionnements », prisonniers de l’injonction à la réduction des dépenses publiques impulsée par Bruxelles. « C’est donc bien l’austérité qui met en péril les objectifs d’une loi Duflot que nous avons pourtant salué. Disons le tout net, cela risque d’être une impasse ! » L’occasion pour l’élu d’appeler ses collègues de gauche, en particulier les parlementaires présents « à se ressaisir et à prendre conscience que la voie austéritaire n’est pas la bonne » et que maintenant « ce sont maintenant les mal-logés, les travailleurs pauvres et les familles exclues des centresvilles qu’il faut entendre ! Il en est encore temps. »

Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, UNSA, membres de la CES, s'inscrivent dans la campagne en vue du Conseil européen des 27 et 28 juin 2013 qui doit examiner une feuille de route pour une dimension sociale de l'Union économique et monétaire (UEM). Les politiques d'austérité font la démonstration de leur inefficacité, l'Europe doit changer de cap. Si les politiques économiques coordonnées et l'objectif d'assainissement des finances publiques sont nécessaires, les organisations syndicales françaises membres de la CES considèrent cependant qu'il est urgent de mettre fin à des coupes injustes dans les dépenses publiques qui contribuent à augmenter le chômage, les inégalités, la pauvreté, dégradent les services publics et aggravent la récession. Elles se prononcent en faveur d'une politique d'investissements favorisant une croissance et des emplois durables, des mesures permettant de mettre fin à la concurrence en matière de salaires et de conditions de travail, à la concurrence fiscale, à la fraude et à l'évasion fiscale. C'est le sens de la proposition de contrat social pour l'Europe qu'elles soutiennent. Cela doit se traduire notamment par l'instauration d'un salaire et de revenu minimums dans chaque Etat européen et la mise en oeuvre d'initiatives en faveur de l'emploi des jeunes. La dimension sociale de l'Europe doit faire partie intégrante de la gouvernance économique et budgétaire. Dans cet objectif, les partenaires sociaux doivent être associés au niveau national et au niveau européen, aux différentes étapes des processus d'élaboration des politiques au sein de la gouvernance économique et sociale européenne. Le dialogue social doit permettre d'apporter des solutions justes aux problèmes auxquels sont confrontés les salariés. A leur demande, la CES et les organisations syndicales françaises qui en sont membres seront reçues par le Président de la République le 19 juin. Elles lui feront part de leurs demandes et attendent du chef de l'Etat et du gouvernement qu'ils portent ces objectifs et ces priorités lors du Conseil européen des 27 et 28 juin 2013. En appui à cette démarche, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, UNSA organisent un rassemblement à Paris le 19 juin.

Se mobiliser

pour nos bureaux de poste

Un défi à relever avec les citoyens

4 • Les Nouvelles 6 juin 2013

Rassemblement le 19 juin

Services Publics de proximité

Densité et nature

Claude Mellier participe à la démarche « 55 000 hectares pour la nature ». L’élue de Mérignac a souligné qu’elle devait maintenir son objectif d’allier ville et nature, comme social et écologie. Avec l’objectif « 50 000 logements autour des principaux axes de transport en commun », il s’agit de maintenir et valoriser les espaces naturels, agricoles, forestiers, dans le cœur des villes. « Comment faire ? Pour ma part, la complémentarité s’est révélée des savoirs et des usages, l’utilité

Confédération européenne des syndicats

de tous les intervenants, que ce soit les prestataires, les techniciens (pédagogues et disponibles) et les élus. Un bémol : la période de juillet 2012 à mars 2013 est un peu longue, voire lourde. Sur la démarche, je citerai un prestataire : « Il serait illusoire d’imaginer qu’un ensemble aussi considérable puisse revenir à la seule compétence de la CUB, différents niveaux de régie, communautaire, municipal, associatif, de quartier doivent intervenir ». C’est un chantier complexe sur nos territoires car il doit associer

la densité d’habitations, la nature urbaine et la pérennisation de l’activité économique. Mais c’est un chantier passionnant, car il ne pourra se réaliser qu’en associant les citoyens. Un aspect enfin mérite d’être souligné : l’engouement pour les jardins familiaux, les AMAP, le développement de l’agriculture urbaine, avec le besoin de convivialité mais aussi une prise de conscience, au fil des scandales touchant l’agro-alimentaire, de la nécessité d’un meilleur contrôle de la production agricole. »

Le Comité talençais de défense des services publics organise un rassemblement devant la poste centrale de Talence le 18 juin à partir de 17 h Le prétexte de la fermeture du bureau de poste Santillane serait le loyer trop élevé du local alors que l'objectif serait de récupérer 3,5 emplois. Or ce bureau traite en moyenne 120 actes par jour. La direction de la Poste y a supprimé, il y a deux ans, les instances (retraits de lettres recommandées) parce que ça amenait trop de monde par rapport aux personnels en poste ! Quant au bureau de Thouars, malgré la promesse de renforcer le bureau, il n'y est prévu aucune création de poste. Actions prévues : - Rassemblement devant la poste centrale de Talence le 18 juin à partir de 17 h - Tenue de permanences les 6, 7 et 8 juin (et peut-être davantage) devant le bureau Santillane ; - Courriers au maire, au député, au conseiller général, au directeur de la Poste ; - Courrier à la « commission de la Poste »

pour nos trésoreries Après le vote de motions dans plusieurs communes et au département, une pétition est en cours demandant le retrait du projet de restructuration des Trésoreries de la CUB, leur maintien avec toutes leurs missions et les personnels titulaires nécessaires à leur bonne exécution. L’objectif est qu’une résolution des élus municipaux et des conseillers généraux, des députés soit portée au Préfet avec le soutien de la population.


opper l es ser v i c es e t l es po l i t i q ues pub l i q ues Lignes ferroviaires

Pour une refondation de la ligne SNCF Bordeaux-Agen Pierre Augey, conseiller général de Langon, répond à Gilles Savary, député PS de la 9e circonscription, sur l’avenir de cette ligne « Vous me proposez d’être cosignataire d’une lettre que vous adressez à Monsieur Frédéric Cuvillier, Ministre des Transports, de la Mer et de la Pêche dans laquelle vous invitez l’Etat à prioriser la modernisation de la ligne ferroviaire existante Bordeaux Langon sans attendre une hypothétique réalisation des LGV du Grand Projet du Sud Ouest (GPSO). Je suis évidemment favorable à une telle démarche puisqu’elle correspond à la position défendue, depuis de nombreuses années, par des associations d’usagers, de syndicats de cheminots et d’élus locaux qui regrettent que l’Etat et les grandes collectivités locales, jusqu’à ce jour, n’aient conditionné l’amélioration des conditions de transport des usagers du TER qu’à la réalisation de la LGV « permettant de libérer des sillons ». Mais reconnaissons que nous avons perdu énormément de temps puisque déjà en 2007 le Contrat de Plan Etat Région 2007-2013 indiquait que «Le développement de l’offre des services TER, notamment en Zone périurbaine, ne pourra se faire qu’avec des infrastructures disponibles, non saturées en heure de pointe.» Aussi pour satisfaire cet objectif  le CPER 2007-2013 prévoyait la création d’une voie d’évitement à Beautiran qui n’a pas été réalisée, RFF privilégiant finalement le projet d’installation d’IPCS (installation permanente de contre sens). Vous reprenez

cette vieille solution technique à votre compte qui ne représente qu’une modernisation à minima de l’axe Bordeaux Agen. Pour ma part, avec mes amis élus du front de gauche du Lot et Garonne Raymond Girardi et Bernard Faucon Lambert, animateurs de l’association Alternative LGV, je partage l’ambition d’une véritable refondation de la ligne existante, en réaffectant tout de suite les sommes dépensées par l’Etat et les collectivités locales dans une LGV de plus en plus virtuelle et hypothétique. Car il serait dramatique d’attendre, encore une fois, l’annonce inéluctable de l’abandon de ce projet pour engager les investissements lourds indispensables à une véritable modernisation de cet axe ferroviaire structurant pour notre territoire. Il serait temps de faire preuve de réalisme et de lucidité et d’acter cet abandon, dès aujourd’hui, permettant de réclamer à l’Etat les investissements réellement à la hauteur des besoins et de soulager les finances de nos collectivités

11 vice-présidents de conseil régional en charge des transports alertent : L’austérité généralisée menace le Transport Express Régional ! De nouvelles sources de financement sont nécessaires pour le développement du TER. « L’Association des Régions de France propose l’instauration d’un versement transport régional qui permettrait de mobiliser 800 millions d’euros. Il s’agit d’une mesure de bon sens qui ne ferait qu’aligner le transport ferroviaire régional sur le transport public urbain. » (…) Forts de nos expériences régionales, nous pensons que l’absence d’innovations en matière de modes de financement risque de nous précipiter dans un processus de contraction, nous éloignant d’un système ferroviaire à la hauteur des enjeux de notre siècle. (…) Les questions en jeu sont d’une telle importance qu’elles appellent un débat public, qui dépasse le cercle des spécialistes. Nous appelons aux rassemblements et aux actions les plus larges sur tous les territoires, des usagers, des élus, des cheminots… Il y a urgence ! L’intégralité de l’appel http://gironde.pcf.fr/40946

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locales des engagements liées à la LGV qui obèrent leurs capacités d’investissements sur leurs propres compétences de façon dramatique. Je partage l’idée de réclamer à l’Etat des investissements pour un début de modernisation de cette voie permettant une amélioration des conditions de transports des usagers du TER dans un délai raisonnable, mais je pense que les installations demandées s’inscrivent dans le cadre d’une politique d’austérité gouvernementale qui ne permettra pas à l’avenir une ambition pour notre réseau ferré. Ainsi les élus du front de gauche font des propositions pour dégager des moyens financiers permettant de maintenir et conforter un système ferroviaire à la hauteur des enjeux de notre siècle : 1. la création d’un livret d’épargne sur le même principe que le livret A pour mobiliser l’épargne populaire afin de moderniser et développer les infrastructures ferroviaires 2. l’instauration d’un prélèvement sur les bénéfices des sociétés autoroutières, dédié au financement du TER et cela sans attendre la reprise en gestion publique des autoroutes que nous préconisons 3. la mise en place d’un pôle public bancaire pour que le système bancaire remplisse sa mission au service d’un système ferroviaire structurant pour la vie quotidienne de la population comme pour le développement économique et l’aménagement du territoire. J’espère que vous pourrez monsieur le député défendre ces propositions progressistes dans votre travail parlementaire afin de dégager les moyens nécessaire pour les investissements utiles à une vraie modernisation de l’axe ferroviaire Bordeaux Toulouse. »

Santé

7 milliards de dépassements d’honoraires

Sur les 13 milliards en frais de santé non remboursés en 2012 par l’Assurance maladie et restés à la charge des patients ou de leurs mutuelles, « plus de 7 milliards sont imputables aux seuls dépassements d’honoraires »*. Ces dépassements d’honoraires par les professionnels de santé libéraux ont augmenté de 9% en deux ans pour les seuls médecins spécialistes, selon les chiffres obtenus par l’intermédiaire de l’Institut des données de santé (IDS), dont le CISS est membre. Selon ces chiffres: • les dépassements des médecins spécialistes (notamment des chirurgiens, anesthésistes, obstétriciens) ont augmenté de 9% en deux ans et ont totalisé 2,3 milliards en 2012 • la palme revenant aux soins dentaires pour lesquels les dépassements d’honoraires représentent 82% du restant à payer. Inégalités face aux dépassements Selon cette étude, ces frais qui restent à charge des patients touchent à peu près tout le monde. Mais si pour 70% des assurés ayant consommé des soins en 2008, ces restes à charge n’ont pas dépassé les 500 euros en 2008, 10% ont eu à débourser plus de 1 000 euros de leur poche. Quant aux patients de Paris, Lyon et des Alpes-Maritimes, ils sont les plus touchés par ces frais supplémentaires non couverts. * Première étude de l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé, dont 60 millions de consommateurs, le Collectif interassociatif sur la  santé  (CISS) et Santéclair, société spécialiste du risque santé, ont annoncé la création.

« Ma chère opération »

L’exemple d’un patient parmi tant d’autres dans une clinique girondine pour une opération courante Dépassements d’honoraires pris par le chirurgien : 331,09 € par l’anesthésiste : 165,50 € par le pathologiste : 150 € Au titre de «complément d’honoraires» au chirurgien dû au temps supplémentaire «du fait de l’utilisation du système robotique» et de «surcoûts techniques» : 1003,50 € Total des dépassements d’honoraires : 1650,09 € « Ces trois praticiens pratiquent le secteur II et appliquent le tarif usuellement pratiqué dans la région» est-il mentionné sur la «facture» et «Ces montants peuvent éventuellement être remboursés par votre mutuelle» Dans le cas de ce girondin, sa mutuelle rembourse 400 € de dépassements pour une année.

Reste à charge pour le patient : 1250,09 € Dans le cas de ce patient, comme pour beaucoup d’autres, il est suivi depuis plusieurs années par un même praticien, lequel, souvent aussi, lui a été «recommandé». Où est le choix ? Lorsque l’opération s’est avérée nécessaire, il peut, certes, en toute «liberté», faire le choix de changer pour un praticien de secteur I. C’est alors que s’exerce l’odieux chantage à la confiance face à une anxiété légitime. Sans compter les «compétences» et la «technicité» et les «équipements» qui rassurent quant à la qualité du résultat. Ce n’est jamais formulé ainsi, bien sûr, mais induit, voire auto-suggéré par le patient en souffrance. Enfin, changer de praticien, c’est aussi quasiment repartir du début pour l’analyse, le diagnostic, l’opération. Vous n’avez pas les moyens ? C’est prévu : sur place, un conseil en financement vous oriente vers des sociétés de crédit. Vous n’avez toujours pas les moyens ? Vous changez de praticien et d’une certaine manière, allez «vous faire voir ailleurs». Les Nouvelles 6 juin 2013 • 5


retraites : un enjeu de civilisation Sondage

L’avertissement des Français

Mettre à contribution les revenus financiers : 64%

Alors qu’une nouvelle réforme est en vue, les Français expriment une très vive inquiétude et une forte disponibilité à la mobilisation sociale, selon un sondage CSA-l’Humanité. Pour assurer l’avenir du système, ils privilégient la taxation des revenus financiers à l’allongement de la durée de cotisation. Plus de 8 Français sur 10 (83%) se déclarent aujourd’hui inquiets pour leur retraite. Parmi eux, un fort bloc (35%) se dit même « très inquiet ». Alors que le chantier de la réforme n’est pas encore officiellement ouvert, c’est un niveau de préoccupation « particulièrement élevé », note CSA, 18 points audessus de ce qu’il était en 2010, en pleine bataille contre la réforme Fillon. Les plus inquiets sont les 25-49 ans. Les femmes (86%) se montrent davantage soucieuses que les hommes (80%). Rien d’étonnant au regard de l’enjeu d’un tel dossier pour la vie de nos concitoyens. À quel âge pourrais-je décrocher d’un travail qui, souvent, apporte davantage de souffrances que de satisfaction ? Quel sera alors, et pour une période de vie qui, par-delà de fortes inégalités, s’allonge, mon revenu garanti ? Ces questions taraudent légitimement les Français, d’autant plus que les précédentes réformes (1993, 2003, 2010) ont toutes été synonymes de réduction des droits, de durcissement des conditions d’accès à la retraite. Et que le gouvernement Ayrault semble, en la matière, vouloir s’inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs. S’il n’a pas encore explicitement abattu ses cartes, la répétition de ses appels aux « efforts », au motif d’éponger le déficit, ne laisse guère de place au doute. Deux pistes austères sont, de toute évidence, dans les tuyaux : l’allongement de la durée de cotisation et la désindexation des 6 • Les Nouvelles 6 juin 2013

pensions par rapport aux prix. Et le patronat pèse déjà de tout son poids sur le débat, en prônant une durée de cotisation de 43 ans, et un report de l’âge légal à 65 ans. Davantage prêts à se mobiliser qu’en 2010 Les Français se disent à 78% prêts à se mobiliser pour défendre le niveau de leur retraite. Une disponibilité en hausse de 20 points par rapport à ce qu’elle était au printemps 2010. C’est un très net avertissement pour tous ceux qui se prépareraient à imposer, ou à accompagner, de nouveaux mauvais coups contre le droit à la retraite. Et un encouragement pour ceux qui rappellent qu’il sera indispensable de mobiliser : « Aucune avancée ne sera obtenue sans l’instauration d’un rapport de forces », pointe Éric Aubin, en charge du dossier des retraites à la direction de la CGT. De l’avis de beaucoup d’analystes, la mobilisation de 2010 a pesé lourd dans la défaite de Sarkozy deux ans plus tard. Détail qui n’échappera pas aux observateurs politiques : si, selon le sondage, les électeurs du Front de Gauche en 2012 sont très massivement disposés à se mobiliser (84 %), ceux de François Hollande (au 1er tour de la présidentielle) ne sont pas en reste (77 %). Logique dans la mesure où, eux aussi, après avoir pris part au grand mouvement de 2010, ont voté pour le changement, et non pour la poursuite des attaques contre notre système de retraite. Solutions : il n’y a pas que l’austérité ! Les réponses à la troisième question posée par l’institut CSA présentent au moins autant d’intérêt : c’est l’état financier du système de retraite, et donc son déficit (13,2 milliards en 2011 pour

l’ensemble des régimes), qui est avancé par les pouvoirs publics pour justifier la future réforme. Pour le résorber, il n’y aurait le choix, dit-on, qu’entre plusieurs remèdes plus ou moins douloureux : allongement de la durée de cotisation obligatoire pour avoir droit à une pension à taux plein (actuellement de 41 ans), diminution des pensions, hausse des cotisations. Les solutions alternatives défendues, notamment par le Front de gauche, des économistes, et, dans le mouvement syndical, la CGT, sont le plus souvent tenues à l’écart du débat. C’est pourtant l’une d’entre elles, la mise à contribution des revenus financiers, qui obtient le plus de suffrages parmi les personnes sondées par CSA, avec 64 % de faveurs, soit 14 points de plus qu’en 2010. Là aussi, les électeurs de François Hollande sont au diapason de ceux du Front de Gauche, alors qu’à droite, les sarkozystes, sans surprise, donnent leur préférence à l’accroissement de la durée de cotisation.

La taxation des revenus financiers des entreprises au même niveau que les cotisations sociales acquittées par les salariés rapporterait environ 20 milliards d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale. Soit l’essentiel du déficit des régimes de retraite… L’option allongement de la durée des cotisations arrive loin derrière (39 % des réponses). Une raison de plus, s’il en fallait, pour réclamer du gouvernement l’ouverture d’un débat sans tabou sur les moyens d’assurer l’avenir de la retraite par répartition.

Pour une réforme de progrès Les retraites sont présentées comme une charge, alors qu’articulées à une politique familiale moderne ainsi qu’à un financement nouveau lié à la promotion de l’emploi et des salaires, elles contribueraient à une issue de progrès à la crise systémique. Notre projet c’est une transformation sociétale de très grande ampleur, c’est un véritable enjeu de civilisation. Nous voulons un service public des personnes âgées, articuler une sécurisation tout au long de la vie et promouvoir des activités créatrices des retraités et des dépendants. Répondre aux besoins liés à la démographie La part des 60 ans et plus augmente mais l’accroissement de l’espérance de vie permettrait la conquête sociale d’une retraite active. Les retraites permettent le remplacement et le renouvellement de la force de travail. Les retraités à la durée de vie allongée participeraient à des activités sociales utiles et créatrices (formation, vie associative et culturelle). Il s’agirait de financer de façon solidaire le risque dépendance et de créer un nouveau service public de l’autonomie. Contre les inégalités de la retraite Combattre les inégalités d’espérance de vie : 7 ans entre les ouvriers et les cadres supérieurs, plus élevées encore pour l’espérance de vie en bonne santé. Il faut revaloriser les pensions les plus basses, concernant particulièrement les femmes, inférieures de 38 % à celles des hommes. Rompre avec la régression du pouvoir d’achat des retraites Loin d’être des « nantis », on voit resurgir l’importance des retraités pauvres. Il faut revaloriser les pensions : 75 % du revenu net d’activité pour une carrière complète. L’avancement de l’âge de la retraite pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et la reconnaissance effective de la pénibilité du travail. Nous refusons l’augmentation de la durée de cotisation, nous défendons la retraite à 60 ans. Sécurisation de l’emploi et de la formation, de tous les âges de la vie et de l’avenir des retraites. Pour les jeunes, nous proposons une allocation-autonomie-formation et la prise en charge comme période cotisée de leurs années d’études. Rompre avec l’éviction des travailleurs vieillissants. 2/3 des salariés sont sortis du monde du travail, avant l’âge de la retraite (retraite anticipée ou forcée, chômage, RSA…). Cela est aggravé par le report de l’âge de la retraite et entraîne des cotisations en moins pour le système de retraite et des prestations chômage en plus. La sécurisation de l’emploi et de la formation sécurise les cotisations, outre la prise en charge par des cotisations des années d’interruption de la carrière. Un nouveau financement de la retraite par répartition La retraite par répartition repose sur la solidarité intergénérationnelle : les cotisations d’aujourd’hui sont immédiatement versées à ceux qui sont en retraite. Elles alimentent la consommation, la croissance réelle et l’emploi. Alors que la capitalisation repose sur l’épargne individuelle et les placements financiers, au détriment des retraites, de l’emploi et de la croissance réelle. Garantir le financement par la promotion des cotisations sociales Les salariés cotisent en fonction de leur capacité contributive et reçoivent des prestations sociales en fonction de leurs besoins. Nous sommes opposés à la fiscalisation de la protection sociale (CSG, TVA) qui vise la réduction des cotisations sociales notamment patronales, la pression sur les salaires et les retraites. Cela réduit les gestions paritaires. La CSG ne repose que sur les ménages (pour 88 % sur les salariés et les retraités), les revenus financiers des ménages ne contribuent que pour 11 %. Dégager de nouveaux moyens de financement On peut pour cela réformer l’assiette des cotisations patronales, accroître le taux et la masse des cotisations sociales patronales, en modulant le taux en fonction du rapport Salaires/VA afin de relever la part des salaires dans la valeur ajoutée. Les entreprises qui relèvent cette part, en développant l’emploi, les salaires, et la formation, seraient assujetties à un taux de cotisation relativement abaissé, tandis que l’accroissement des salaires, de l’emploi, permettrait des cotisations accrues. Inversement, les entreprises qui licencient, réduisent la part des salaires dans la valeur ajoutée, seraient assujetties à un taux de cotisation beaucoup plus lourd. Une nouvelle cotisation sur les revenus financiers des entreprises et des institutions financières Ceux-ci s’élèvent à plus de 300 milliards d’euros par an. Ils échappent largement aux prélèvements sociaux. Nous proposons de les soumettre au taux de la cotisation patronale sur les salaires, 10 % pour les retraites, ce qui apporterait plus de 30 milliards d’euros au système de retraites. Cela contribuerait à la croissance réelle, contre la financiarisation.


PCF Mariage pour tous

A qui profite la polémique ? Communiqué de Vincent Maurin, conseiller municipal de Bordeaux Abordée lors du conseil municipal du 27 mai, « la question du mariage pour tous a suscité depuis une polémique, certains insinuant que lélu serait favorable à la mise en place d’une « clause de conscience » telle qu’évoquée par François Hollande il y a quelques mois. Vincent Maurin a tenu à réagir  : « A l’image des élu(e)s du Front de gauche, je suis particulièrement favorable à l’extension du droit au mariage républicain à l’ensemble des couples. Comme elles et eux, j’étais bien sûr opposé à l’inscription d’une « clause de conscience » dans le texte de loi. Je m’inquiète aujourd’hui du recul du gouvernement et des parlementaires socialistes concernant l’extension de la PMA aux couples lesbiens. Ma conviction de communiste est que l’égalité est un principe qui ne doit souffrir d’aucune exception. Je me félicite donc que cette bien mauvaise idée de « clause de conscience » n’ait pas été reprise par les parlementaires qui ont voté en faveur de ce projet. Quand j’invite le maire de Bor-

deaux à « tout mettre en œuvre pour que la loi soit appliquée », cela signifie donc qu’il ne saurait y avoir de « clause de conscience » qui puisse tenir, conformément à ce que nos parlementaires ont décidé. Les textes un tant soit peu émancipateurs votés par la représentation nationale sont bien trop rares pour que je boude mon plaisir. Seule une conception privilégiant les aspects stratégiques de l’action politique sur les questions de fond peut me faire dire ce que je n’ai pas dit, que je soutiendrais le droit de certain(e)s élu(e)s à ne pas célébrer les mariages d’une partie de la population. Ce n’est ni faire honneur à la fonction d’élu(e) ni à celle de journaliste que de tomber dans ces travers. Seu l u n tot a l ma nque de conscience de la responsabilité des femmes et des hommes engagés en politique peut permettre d’accepter cette illégale « clause de conscience », et donc le risque de légitimer d’inacceptables sentiments et actes lesbophobes, homophobes ou transphobes.

Hugues Martin (UMP) et Mathieu Rouveyre (PS) sont restés ensemble le matin du 27 mai, à l’issue de la réunion des présidents de groupes politiques. Se sont-ils mis d’accord, pour tenter de faire le buzz, en séance, en lisant leurs déclarations préparées, sur la question du mariage pour tous ? Pourquoi Verts et PCF en ont-ils écartés ? Et c’est, au final, l’attitude d’Alain Juppé qui en sort grandie. Les opposants à la loi Taubira jubilent. Le débat, clos par la loi, a été relancé ! La droite et le PS ont, de plus, évité, ce jour-là, que les citoyens s’interrogent sur la portée du programme du Conseil national de la Résistance, dont c’était le 70ème anniversaire. Pour lequel je fus le seul à évoquer les valeurs émancipatrices. Valeurs fortement malmenées ces dernières années et dont on attend du PS au pouvoir national et local, de l’UMP au pouvoir bordelais, une autre considération ! »

Dimanche 16 juin à Montreuil

Plus de 40 organisations, politiques, syndicales, associatives, personnalités… pour changer de cap en France et en Europe

9h30/12h30 : 8 tables rondes 1- Quelles ruptures démocratiques, quelle république ? 2- Comment s’émanciper des marchés financiers ? 3- Retraites : vivre plus longtemps, faut-il travailler plus longtemps ? 4- Quels nouveaux droits pour une véritable égalité ?

Bordeaux 6e canton Jeudi 13 juin, 19h, bar Le Bistroquet, 173, cours de l’Yser - L’emploi, le chômage, la politique de pôle emploi - Municipales 2014 et questions diverses Auberge espagnole (chacun amène de quoi partager le repas)

Ambarès Jeudi 13 juin, 20h à 22h, salle Lucien Rispal (à côté du pôle Evasion) Première réunion d’échange et de présentation de la démarche : « La parole aux Ambarésiens» afin de décider ensemble des thèmes principaux à aborder au cours des prochaines assemblées : démocratie locale, emploi, vie sociale, enseignement, jeunesse, recettes et dépenses municipales, services municipaux, transports, écologie, culture, loisirs, sport…

Bègles Samedi 15 juin, à partir de 14h, complexe Langevin, salle n° 1, rue de Lauriol «Bègles change, mais ces changements ne nous échappent-ils pas ?» L’Assemblée Citoyenne du Front de Gauche de Bègles invite à une première rencontre publique pour participer à la construction démocratique d’un nouveau projet municipal.

Pauillac Médoc Jeudi 20 juin, 19h, salle des fêtes du Pouyalet

Assises citoyennes L’ensemble des forces du Front de gauche, Europe Ecologie Les Verts, Gauche Avenir, ATTAC, Copernic, des syndicalistes de la CGT, de Solidaires, de la FSU...seront présents, avec tous les citoyens et les citoyennes qui le souhaitent, le dimanche 16 juin à Montreuil.

Assemblées citoyennes et rencontres publiques

«Comment mieux vivre ensemble à Pauillac» organisé par le collectif citoyen «Vivre ensemble à Pauilac»

Blanquefort Jeudi 27 juin, 20h, maison des services publics à Caychac «Pourquoi une 6e République ? »

5- Quelles ambitions pour l’emploi ? 6- Transition écologique- industrie : même combat ? 7- Réchauffement climatique : du local au global quelle alternative ? 8- Combattre le marché transatlantique ? 13h30 - 16h 30 plénière 1- Quelle politique alternative à l’austérité pour la France et l’Europe ?

2- Comment changer de cap ? Halle Dufriche 128 rue de Paris Montreuil Bus : 102, 115, 122, 127, 318 Route : Porte de Montreuil Métro : Ligne 9 Robespierre Les assises sont ouvertes à toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’y joindre. Pour participer : www.assises16juin.fr

Castelnau Médoc Vendredi 28 juin, à partir de 20h, salle des associations (ancien collège) salle n° 10 La commune rempart contre l’austérité : Le PCF et le Front de Gauche s’adressent aux habitants pour connaître leur vision et leurs besoins en matière de gestion communale, avec un questionnaire et un premier débat.

@

Près de 200 personnes le 2 juin à Bordeaux à l’initiative de la coordination girondine du Front de Gauche, pour une flash mob en face du grand hôtel.

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cultures & solidarités Coopération avec Tubas en Palestine

Bègles

Le livre de l’eau

Lundi 10 juin, 17h, mairie de St Pierre d’Aurillac

Vendredi 7 Samedi 8 juin au stand du PCF Bègles

«L’eau ici et là-bas, les enfants palestiniens et français parlent de l’eau» est un livre qui a été réalisé dans le cadre du projet de coopération décentralisée entre les municipalités de St Pierre d’Aurillac, Fargues de Langon et Tubas (Cisjordanie) dont les maires, Jean Corbanèse, Pierre Augey et Okab Daraghme ont le plaisir de vous inviter à l’occasion de sa présentation en mairie de St Pierre d’Aurillac Contact : 05 56 63 30 27 commune-de-st-pierre-daurillac@wanadoo.fr http://st-pierre-daurillac.fr

Restaurant des communistes béglais

"La Morlache" à partir de 19h 12, rue du Prêche

Menu 18 € 15 € pour 10 repas commandés ensemble

Amitié franco-vietnamienne

Film-Débat « L’agent Orange »

Mercredi 19 juin, 18h, M.N.E.* à Bordeaux, 3, rue de Tauzia L’AAFV* Comité Bordeaux Gironde organise en partenariat avec l’association Orange Dihoxyn une projection/débat dans le cadre de l’Université Populaire de l’Environnement. Suite à la projection d’un film documentaire, « L’agent Orange» entre arme de destruction massive et bombe à retardement, M. Hai Quang Ho débattra sur le

sujet de ce défoliant tristement célèbre, produit par une grande firme américaine de l’industrie agro-chimique. Orange Dihoxyn est une organisation non gouvernementale dont l’objet est de rassembler des personnes qui désirent aider les victimes vietnamiennes de l’Agent Orange face aux conséquences sociales et environnementales

toujours actuelles*- indépendamment de leur sexe, âge, religion, opinions philosophiques et politiques. * Maison de la Nature et de l’Environnement, 3 Rue de Tauzia, tram C, arrêt Tauzia. * Association d’Amitié FrancoVietnamienne

Loupiac

Fête du Feu

La commune de Loupiac serait heureuse de votre présence à sa troisième Fête du Feu (site à côté de l'église) avec la participation du groupe Son Neto et la pyrotechnie d'Auzier.

Cuba solidarité Le soutien à la reconstruction se poursuit solidarité lancé dans les colonnes du journal «l’Humanité» après le passage du dévastateur ouragan Sandy qui a particulièrement touché la province de Santiago de Cuba, sans que les grands médias bien pensants y accordent la moindre attention (130 000 maisons ou bâtiments en partie détruits, ainsi que des forêts et des récoltes). Après avoir constaté, sur place l’ampleur des dégâts, ils lancent un nouvel appel pour essayer de recueillir la somme de 15.000 € qui serviront à reconstruire les lo-

Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest S.A.S. au capital de 37 000 euros Associés (à parts égales) : L. Chollon, F. Mellier, S. Laborde Directeur de la publication : Frédéric Mellier Abonnement 1 an : 25 euros. Abonnement de soutien : 40 euros Rédaction, composition, impression : S.A.S. Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Tél. 05 56 91 45 06 - Fax 05 56 92 61 01 - Annonces légales : annonces@nbso.fr Comptabilité : compta@nbso.fr - Redaction/Proposition d’article : redaction@nbso.fr Publicité : Aquitaine Conseil Publicité 6, rue du Prêche 33130 Bègles - Tél. 05 56 49 69 45 Commission paritaire de presse : 0113 C 85932

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Menu enfant 8 € Animation Contact/Inscriptions 05 56 49 44 79 (répondeur) 12, rue du Prêche - 33130 Bègles lamorlachebegles@orange.fr

Samedi 15 juin à partir de 20h

Appel aux dons

Des communistes des Landes, des Pyrénées-Atlantiques, de la Gironde et du Lot-et-Garonne ont effectué un voyage à Cuba, ponctué par la manif du 1er Mai à La Havane. De nombreuses rencontres avec les paysans, dans des hôpitaux, des écoles, à l’ambassade de l’Equateur, avec de hauts fonctionnaires de Cuba, leur ont permis de mieux comprendre et appréhender la réalité cubaine et sa culture. Ils ont également remis l’intégralité des dons suite à l’appel à la

Fête de la Morue

caux syndicaux de la CTC (Centrale des Travailleurs Cubains) des mines et de l’énergie de la Province de Santiago de Cuba. Dons à faire parvenir à : Henri Destouesse 1 Allée de l’Alios Appt.207 40220 Tarnos Chèques à l’ordre de : PCF TARNOS annonces légalEs AVIS DE DISSOLUTION EURL LE CANCUN SARL à associé unique Au capital de 5 000 € Siège social : 8 Z.I. Les Platanes 33360 CAMBLANES ET MEYNAC RCS BORDEAUX 500 475 116 Aux termes d’une AGE en date du 15/05/2013 les associés ont décidé la dissolution anticipée de ladite société. La société subsistera pour les besoins de la liquidation jusqu’à sa clôture Mlle ACEVEDO Alexandra demeurant au 26 chemin de Rambal 33360 LATRESNE est nommée liquidateur. Le siège de la liquidation est fixé au 26 chemin de Rambal 33360 LATRESNE. C’est à cette adresse que la correspondance devra être adressée et que les actes et les documents devront être notifiés. Pour avis et mention Le Liquidateur

Renseignements / Réservations pour les escargots (10€ l'assiette avec un verre de vin) avant le 7 juin au 05 56 62 99 62

Nouvelles 1997  

Nouvelles N°1997 du 6 juin 2013

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