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Jeudi 15 février 2018 - N° 2242 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX - Prix : 0,80 euro

SANTÉ :

LE SERVICE PUBLIC

POUR L’ÉGALITÉ D’ACCÈS AUX SOINS

MOUVEMENT SOCIAL

DANS LA RUE À BORDEAUX

DU 6 AU 8 AVRIL

Un appel à la convergence de la CGT

Toujours des mineurs isolés, et des centaines de migrants dans un camp de fortune

Escale du livre

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ACTUALITÉ SOCIAL

MOUVEMENT SOCIAL

Ça chauffe sur les salaires

L’appel à la convergence de la CGT

« À force de dire que la croissance repart, les salariés demandent leur dû. À l’occasion des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires qui pourraient désormais n’avoir lieu que tous les quatre ans – merci Macron ! – les conflits se multiplient », indique avec pertinence une brève dans le dernier Humanité Dimanche qui fait notamment référence au conflit de la SAFT (voir notre précédente édition). On peut y ajouter, pour la Gironde, la grève des agents de nettoyage au CEA-Cesta (Commissariat à l’énergie atomique – Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine) qui sous-traite le nettoyage de ses locaux à Elior Services. Le collectif CGT du personnel des entreprises du nettoyage y a entamé une grève pour dénoncer leurs conditions de travail, ainsi que la précarité de leur situation. Ce sont les nouvelles conditions de travail stipulées par le contrat signé avec le CEA qui ont mis le feu aux poudres et provoqué la colère des salariés, qui pointent du doigt les nouveaux rythmes horaires, dont ils ne veulent pas. Mais la majorité des revendications concerne leur pouvoir d’achat : revalorisation des paniers repas à 8 € (au lieu de 4 € bruts) pour tous les salariés, revalorisation des primes de transport et de salissure à 8 €, obtention d’une prime de 250 € pour tout nouveau marché signé « grâce au travail des salariés » et surtout une augmentation du taux horaire. Cette semaine, ce sont les salariés de la Société Santerne Aquitaine à Bruges qui se sont mis en grève pour défendre leur pouvoir d’achat, la direction ayant refusé de faire le moindre geste dans le cadre des dernières NAO. « La Direction a attribué une augmentation de 1,8% de la masse salariale. Certains des salariés ont perçu un petit plus, et d’autres rien du tout », explique le syndicat CGT de l’entreprise. Là-dessus, « quelques misérables primes » versées à quelques-uns ont fait monter la colère. « Un groupe comme VINCI dont Santerne est une filiale a racheté 200 millions d’euros de ces propres actions émises pour les détruire, ceci afin d’augmenter mécaniquement le bénéfice pour les actionnaires. Cela correspond à combien d’années de travail de chacun si nous regardons le résultat de chaque société faisant partie de ce groupe ? Interroge la CGT. 200 millions d’Euros c’est environ 10 500 salaires annuels au Smic ou 250 salariés au Smic pendant 42 ans ». « La France est le pays en Europe où les entreprises côtées versent le plus de dividendes à leurs actionnaires, poursuit le syndicat. Au total, les entreprises en France ont versé 34,5 milliards de dividendes au deuxième trimestre 2017, contre 29 milliards en Allemagne et 27,6 milliards au Royaume-Uni. VINCI n’est pas en reste avec +16,7 % par action en 2017 pour un résultat net de 2,7 milliards d’euros (soit +15,2) ». Les salariés de Santerne Aquitaine demandent des augmentations de salaires pour tous et plus conséquentes, la mise en place d’une prime d’éloignement, l’augmentation de l’indemnité de grands déplacements, la réintégration de l’activité pour les salariés Santerne Aquitaine en diminuant la sous-traitance…

EHPAD, cheminots, surveillants pénitentiaires, salariés de carrefours, retraités, enseignants… Dans le public et le privé, ce début d’année est marqué par de fortes mobilisations que la CGT voudrait voir converger pour gagner. C’est ce jeudi que les cheminots devaient savoir à quelle sauce le rapport Spinetta propose de les manger et d’ouvrir le rail français à la concurrence. Après l’annulation de la manifestation nationale du 8 février pour cause d’intempéries, la fédération CGT des cheminots déclarait 13 000 cheminots mobilisés qui se joindront, du coup, à la journée de mobilisation unitaire du 22 mars dans la Fonction publique à l’appel de 7 organisations syndicales. Mais en mars, il y aura aussi le 8, journée internationale de lutte pour les droits

des femmes qui doit permettre de porter, notamment, la question de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes et le 15 mars avec les retraités, dans l’unité, pour leur pouvoir d’achat. « Quand le PDG de Carrefour annonce 2400 suppressions d’emplois, l’action du groupe en bourse s’envole et les actionnaires perçoivent 500 millions d’euros de dividendes, rappelle la CGT. Quand le Gouvernement refuse de satisfaire les revendications des personnels pénitentiaires ou dans la santé, le Président de la République reçoit royalement les patrons des plus grandes entreprises mondiales dont la plupart ne payent pas d’impôt dans notre pays. Dans le même temps, les services publics ne peuvent plus répondre aux besoins immenses des citoyens, par manque de moyens. Le projet du gouvernement “Action Publique 2022” affiche clairement

RENCONTRE RURALE DE SAINT-SYMPHORIEN

Appel contre les produits chimiques et phytosanitaires

15 FÉVRIER À BORDEAUX

Manifestation pour l’assurance chômage Communiqué de presse d’AC ! Gironde, APEIS, Mncp, Squid, Attac 33, Solidaires Sud Pôle emploi, Solidaires Sud Educ, Npa, Rps-fiers « Depuis des mois une importante réforme de l’assurance chômage est annoncée – rien de moins que son remplacement par un système d’assistance publique – et depuis début janvier les partenaires sociaux – entendez patronat et syndicats agréés – sont censés négocier les à-côtés de  cette réforme (ou contre-réforme) majeure. Mais rien ne filtre vraiment des vraies intentions du gouvernement et de l’entre-soi des partenaires sociaux. Les syndicats concernés avouent ne pas vraiment savoir où l’on va, alors que les cotisations pour l’assurance chômage ont d’ores et déjà été  supprimées et remplacées par la CSG. Des échéances sont fixées : les négociations doivent se terminer jeudi 15 février et un projet de loi est annoncé pour le Conseil des ministres du 21 mars. À ce jour, les organisations de chômeurs, chômeuses et précaires (seule la CGT chômeurs est représentée par la confédération aux négociations) n’ont été  consultées ni par le gouvernement ni par les partenaires sociaux, malgré leurs demandes. À ce rythme, une réforme concernant tout le monde du travail va être imposée sans le moindre débat public. La fausse négociation est une vraie mascarade. Depuis des mois les organisations de chômeurs appellent les syndicats et les partis politiques à agir aux côtés des privés d’emploi pour la défense de leurs droits. Aujourd’hui nous prenons l’initiative d’organiser l’action pour nos propositions, le développement de l’assurance chômage et pour l’indemnisation de toutes les formes de chômage. Des initiatives unitaires sont prévues pour les prochaines semaines et prochains mois.  Nous invitons salarié-e-s, chômeurs et chômeuses, retraité-e-s, étudiant-e-s à manifester le jour de la négociation officielle : jeudi 15 février 2018 à 17h, place de la Victoire à Bordeaux. » 2 • Les Nouvelles 15 février 2018

une volonté de nouveaux abandons. Un récent sondage montre un soutien massif, 87% des Français interrogés, aux derniers mouvements sociaux dans l’administration pénitentiaire et dans les EHPAD. D’ailleurs, 64% de ces mêmes personnes considèrent que ces mobilisations pourraient se développer ». Face à ce mécontentement généralisé, le syndicat souhaite agir autour de propositions concrètes pour « améliorer le quotidien du monde du travail », pour « la création de milliers d’emplois et un autre projet de société de progrès social ». L’organisation aspire à « faire converger ces luttes, sans globaliser les problèmes », en « construisant une journée d’action interprofessionnelle dans les prochaines semaines », « un tous ensemble où chacune et chacun pourrait inscrire ses propres revendications et s’inscrire dans un processus pour gagner ».

Le 2 février dernier, à Saint–Symphorien, se tenait une « rencontre rurale » à l’initiative du PCF consacrée au thème : « glyphosate, produits phytosanitaires, agriculture, sylviculture : l’urgence de changer de modèle ». Elle s’est conclue par un appel aux citoyens, aux producteurs et aux élus locaux du Sud Gironde à s’engager pour la fin de l’utilisation des pesticides dans les forêts et l’agriculture. Responsables politiques, élus locaux, représentants du secteur agriculture et sylviculture, militant associatifs, simples citoyens ont participé à cette première rencontre rurale organisée à Saint-Symphorien. Le représentant du PCF Gironde, Stéphane Lebot, a fait état du combat engagé dans le Médoc contre l’utilisation récurrente des pesticides dans la viticulture et qui associe des citoyens, des élus, des environnementalistes, des viticulteurs aussi. Il a montré les avancées qu’a permis cette mobili-

sation : dans la protection d’abord des personnes exposées (viticulteurs, salariés agricoles, familles…) mais aussi pour modifier les pratiques dans la viticulture pour respecter l’homme et la nature. Mais il affirme aussi que la question du « changement de modèle » reste à gagner et à inventer. Cela passe par une autre logique que la rentabilité et le « court-termisme » qui domine aujourd’hui. Jean-Pierre Duluc a exposé la situation difficile de l’apiculture en Sud Gironde. Le cheptel d’abeilles se réduit, ainsi que la production de miel. Ce territoire qui était autrefois grand producteur (Le miel c’était le sucre d’alors) souffre de l’utilisation régulière et intensive des pesticides et autres produits chimiques dans la forêt. C’est la conséquence d’une conception intensive de la sylviculture, très concentrée entre les mains de quelques-uns et qui « sacrifie » les sous-bois, la flore, au profit d’une pousse artificiellement « forcée » de la forêt, d’un abandon de la main

d’œuvre pour plus de rentabilité. Une contribution de Jacques Hazera (qui était excusé) – expert forestier qui pratique et mène un combat pour une autre sylviculture, dite « ProSylva » – a été lue et particulièrement appréciée par l’assistance. Il démontre qu’il est possible de faire vivre une sylviculture respectueuse de la nature et l’environnement, une sylviculture de production qui valorise mieux la forêt, une sylviculture qui a de véritables potentialités en terme économique et social, dès lors que les critères d’évaluation s’inscrivent dans le sens de l’intérêt général et le temps long. Dans le massif landais, des lobbys s’opposent à cette vision, pourtant la sylviculture Pro-Sylva est appréciée partout en Europe. Dans le débat, s’est largement exprimée la volonté partagée qu’il faut aller vers l’interdiction de ce type de produits, ce qui suppose de changer en profondeur le modèle agricole, de le rebâtir sur la base d’autres critères. Se dégage un double constat : d’abord il s’agit d’un combat difficile parce qu’il se heurte à des intérêts de grandes puissances ; ensuite, nous vivons l’émergence d’une conscience citoyenne qui aspire à ces transformations. Cette conscience citoyenne grandit, c’est notre force essentielle. L’assemblée propose de faire connaitre le contenu de cette rencontre rurale et lance un appel aux citoyens, aux producteurs, aux élus locaux du sud Gironde à s’engager pour la fin de l’utilisation des pesticides dans les forêts et l’agriculture, à s’investir pour un autre modèle d’agriculture et de sylviculture. Julien Ruiz


ACTUALITÉ

Editorial

DANS LA RUE À BORDEAUX

Toujours des mineurs isolés, et des centaines de migrants dans un camp de fortune Alors que Gérard Colomb, en plein plan grand froid, affirme que les mineurs isolés étrangers qui sont toujours dans la rue sont ceux qui refusent d’être hébergés, des associations bordelaises multiplient les appels à hébergement solidaire et alertent sur la situation du « camp de sahraouis » qui s’est reformé sur la rive droite. Sur la boîte mail de la rédaction, nous recevons un mail des Hébergeurs solidaires présentant la situation d’Oumar, un jeune guinéen de 17 ans que le collectif « se trouve dans l’obligation de mettre à l’abri en assurant son hébergement », avec la copie d’un courrier adressé à Mme Ajon de la protection de l’Enfance, au Département, au Procureur de la République, au Juge des Enfants, au Préfet et au Défenseur des Droits. En soutien de cette démarche sont cités : ASTI Bordeaux, RESF33, Médecins Du Monde délégation Aquitaine, Bienvenue aux réfugiés en Gironde, LDH, DAL33, La Cimade, des associations bien connues pour leurs activités de soutien aux migrants et d’accès aux droits. Contactée par téléphone, Emma Deleris, cofondatrice du réseau d’hébergeurs solidaires est ravie de notre intérêt, nous sommes les seuls ou les premiers à réagir à ce mail. Elle nous explique le parcours d’Oumar, qui ressemble malheureusement à celui de beaucoup d’autres. « Il est Guinéen, né le 3 février 2001 mais une évaluation l’a déclaré majeur, comme 70 % des jeunes présentés, cela a entraîné un refus de prise en charge de l’Aide sociale à l’enfance. Il va saisir le juge des enfants qui, comme dans 80 % des cas, le reconnaîtra mineur, il a un acte de naissance original en sa possession, et entraînera sa prise en charge. Mais en attendant, Oumar est considéré comme majeur. Avant de nous rencontrer, il a alterné les nuits dans la rue et dans des foyers où il a été confronté à des personnes plus âgées, parfois agressives, sous addiction, etc. » Un traumatisme de plus dans un parcours qu’Emma, qui a été bénévole à l’ASTI avant de créer le réseau d’hébergement, connaît bien.

La plupart de ces jeunes quittent leur pays suite à une rupture familiale, un isolement et pour des raisons économiques. Souvent, ils partent chercher du travail dans un pays voisin, s’enchaîne un « parcours aléatoire de survie ». « C’est les rencontres, souvent mauvaises, qui les amènent de plus en plus loin, avec toujours à un moment un enlèvement, des violences, des passeurs, et ce, qu’ils arrivent par le Maroc ou la Lybie », explique Emma. Un état physique et psychique que l’errance en France n’arrange pas. Et c’est pour soulager un peu cette misère et cette injustice que le réseau de solidarité soutenu par le collectif d’associations a démarré il y a un an. Une association est désormais déclarée depuis quelques semaines. « Plusieurs associations travaillent déjà à l’accompagnement des mineurs isolés étrangers mais nous nous sommes aperçus que l’hébergement était vraiment un problème en attendant la décision du juge pour enfant. Nous avons donc fait appel à des familles d’accueil solidaires*. Il y en a une trentaine et une dizaine de membres actifs dans l’association pour suivre les situations, proposer des sorties, etc. Les familles accueillent pour 3 semaines au plus, s’il faut nous faisons un roulement. Et nous ne prenons que 10 jeunes en charge, nous n’avons pas les moyens de faire plus. Mais nous savons que d’autres mineurs isolés étrangers sont encore à la rue, le squat spécialisé La Ruche ou le Squid en voit passer régulièrement ». En effet, le SQUID, Centre Social Autogéré Bordeaux a lancé un appel sur les réseaux sociaux affirmant voir

passer des enfants et des jeunes de 10 à 17 ans et être dans l’impossibilité d’héberger la vingtaine de « jeunes ados » arrivés dans la semaine. « N’ importe quel mineur arrivant sur notre territoire devrait être pris en charge jusqu’à ce qu’on ait prouvé qu’il ne l’est pas s’il y a un doute mais pas le contraire ! s’emporte Emma. Le département agit en toute illégalité pour des raisons financières parce que héberger, scolariser et suivre sur le plan administratif demande des moyens ». 250 à 300 personnes dans un camp de fortune

Quai des champs à Bordeaux, non loin de l’ancien « camp des sahraouis » qui avait été évacué et détruit, des cabanes de bric et de broc ont poussé. Y vivraient 250 à 300 personnes, essentiellement des hommes, des Sahraouis, mais aussi des réfugiés, des demandeurs d’asile, des apatrides. Depuis décembre où on leur a coupé l’électricité, ils sont sans chauffage et un seul point d’eau alimente le camp. DAL33 et la LDH ont réactivé le collectif d’associations et de citoyens pour organiser la solidarité autour du camp et pour interpeller les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation. Christelle Danglot

* Pour accueillir un jeune mineur isolé : astiaccueilmie@gmail.com

ASSOCIATION MÉMOIRE ET PARTAGE

Réparer l’oubli du passé esclavagiste L’association « Mémoires et Partages » mène depuis des années un travail de reconnaissance face aux panneaux urbains faisant référence à l’esclavage. Donner du sens à ces vestiges d’une autre époque, tels sont les objectifs de l’association qui se bat pour faire émerger la mémoire de l’esclavage dans l’espace public. À Bordeaux, nombreux sont les

lieux portant le nom de négriers : Place Lainé, Rue Baour ou encore rue Gramont, pour ne citer qu’elles. Après avoir lancé en décembre 2017 un « plaidoyer national » sur les vestiges de l’histoire coloniale à la Rochelle, l’association a pu obtenir de la ville de Nantes, après une rencontre avec les élus municipaux le 18 janvier, la décision d’édifier des signalétiques à côté des panneaux de rues portant le nom de négriers. Cette victoire est inédite : après presque 10 ans de com-

bat, une mairie décide officiellement de réparer des siècles d’injustice. Loin d’être un aboutissement de la bataille menée, cette décision est un encouragement à aller encore plus loin, comme à Bordeaux où doit se tenir le 19 février à 11h30 une rencontre avec les habitants de la Place Lainé. Cette réunion sera l’occasion de sensibiliser les habitants à ce devoir de mémoire nécessaire qui doit rendre visible, avec pédagogie, le passé esclavagiste de notre ville.

Il est urgent de stopper la machine Macron ! Chez ceux qui doutaient de la capacité de Macron à détruire nos acquis, aujourd’hui le doute ne peut subsister. Alors qu’il a commencé à s’attaquer aux salariés en cassant le Code du travail, aux retraités par l’augmentation de la CSG, sans parler de la casse des services publics et du statut des fonctionnaires, il continue son entreprise auprès de la jeunesse ! Macron et son gouvernement avancent, doucement mais sûrement, tels un colosse. Si nous n’arrêtons pas la machine infernale, véritable machine à tuer nos acquis sociaux, les jours heureux s’éloigneront encore un peu plus. Machine à tuer car le secteur de la santé n’est pas épargné, laissé peu à peu à l’abandon et auquel la machine Macron veut aussi s’attaquer. Mais à côté les luttes fleurissent un peu partout dans le pays telles que dans les EHPAD, les hôpitaux, les transports publics, les lycées et les facs… Les annonces des suppressions d’emplois n’en finissent pas mais les salariés de ces entreprises n’ont pas dit leur dernier mot ! Si la situation du pays est plus que morose et la perte de l’espoir d’un avenir meilleur continue à gagner du terrain dans la tête du peuple, il y a des luttes et des victoires à valoriser, il ne faut pas compter sur la télé pour en parler mais elles existent bel et bien ! La tâche politique qui est devant nous est donc de penser les initiatives qui permettront de construire un nouveau progrès social pour la France, à une nouvelle dynamique dans laquelle chacun et chacune se reconnaissent et reprennent espoir. Cela peut être autour de la reconquête des services publics utiles et nécessaires à la population pour répondre aux exigences sociales d’égalité et de solidarité. Il est urgent de combattre la politique systématique de baisse des dépenses publiques. Aujourd’hui, le gouvernement commence à rencontrer de fortes résistances à ce sujet : - dans la santé, à l’hôpital public, qui est durement touché depuis de nombreuses années, et dans les EHPAD, pour le respect du travail des soignant-e-s et de la qualité des soins aux patients ; - dans l’éducation et l’enseignement supérieur, où de premières manifestations se sont tenues, pour la réussite de toutes et tous à l’opposé des réformes qui organisent une individualisation accrue du rapport au savoir et trient socialement les étudiants avec des dispositifs comme « Parcours sup » ; - dans le service public ferroviaire pour défendre l’entreprise publique SNCF, les droits et le statut des cheminots, pour exiger un développement du rail, un désendettement de l’entreprise… On pourrait encore citer les mobilisations à La Poste, à EDF, dans les prisons et tant d’autres. Le PCF a un rôle important à jouer afin de développer des fronts de lutte, obtenir des victoires, travailler à la convergence de ces luttes pour un service public : notre bien commun à tous.

Sophie Elorri membre de l’exécutif du PCF 33 et du Conseil national

Les Nouvelles 15 février 2018 • 3


SANTÉ : LE SERVICE PUBLIC PO EN RURALITÉ

OFFRE DE SOINS

C’est tout le système de santé qu’il faut revoir Annie Namin, secrétaire de section PCF Vélines Pays foyen

« Stop aux déserts médicaux » « Nous avons adressé une lettre aux élus de la Communauté de communes du Pays foyen parce que, si ça continue, l’hôpital de Sainte-Foy-la-Grande ne sera plus qu’une grosse maison de retraite. Sur notre territoire, à cheval sur la Dordogne et la Gironde, la population se paupérise mais l’offre de soin se dégrade de plus en plus. Entre Bergerac et Libourne, il n’y a quasiment plus d’ophtalmos, de gynés et si une personne âgée se brise un membre à l’EHPAD de Sainte-Foy, il faut l’emmener à Libourne… À Velines (Dordogne), nous avons une maison de santé mais les médecins y pratiquent des dépassements d’honoraires. C’est pourquoi nous avons voulu interpeller les élus sur le besoin pour notre territoire d’un centre de santé où les médecins et spécialistes sont salariés (que ce soit par une association ou une commune), ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires et où le tiers payant est généralisé. La création d’un centre de santé polyvalent au sein de l’hôpital de Sainte-Foy-la-Grande mis en place par une collectivité territoriale serait un atout de taille pour préserver l’égalité des soins pour les plus démunis. Ce serait aussi un atout pour mettre en place des politiques de prévention, d’éducation et d’action sociale. Si ça n’avance pas avec les élus, nous lancerons une pétition auprès de la population. »

Stéphane Denoyelle, maire de Saint–Pierre d’Aurillac

« Il y a un décalage entre la réalité vécue par les habitants et ce que dit l’ARS » « Pour l’ARS, le Sud Gironde ne connaît pas de risque de désertification médicale. Pourtant les professionnels nous disent de plus en plus avoir des difficultés à trouver un-e remplaçant-e lorsqu’ils partent à la retraite et les habitants ont de plus en plus de difficulté à trouver un médecin généraliste référent. Les élus du secteur travaillent à un contrat local de santé en cours d’élaboration et de diagnostic mais il manque la prise en compte du vécu des gens. Dans notre secteur, plusieurs professionnels aspirent à travailler au sein d’une structure collective qui leur permettrait d’avoir des horaires plus compatibles avec une vie de famille et de mutualiser les moyens administratifs. Sur la zone des Coteaux macariens (ex Communauté de commune), un collectif d’une trentaine de professionnels, dont 7 généralistes et une dizaine d’infirmier-e-s portent un projet. La municipalité est sensible à leur volonté de travailler en équipe, en réseau, d’échanger, de partager les diagnostics mais l’ARS est frileuse. La commune a décidé de les accompagner, avec l’aide de la Communauté de commune, notamment par la mise à disposition de moyens humains pour la réalisation des dossiers administratifs qui sont très lourds. Nous leur proposons aussi un terrain pour un euro symbolique afin que la structure puisse s’installer en plein centre bourg. Par ailleurs, nous intervenons pour que le dialogue s’élargisse aux structures telles que le CCAS ou notre centre d’aide à domicile qui rayonne sur 7 communes. Il est important d’intégrer ce volet social. »

Véronique Lavaud, adjointe au maire de Saint-André de Cubzac

« Une maison de santé ne garantit pas des horaires de garde » « L’offre de soin dans notre secteur est surtout concentrée sur notre commune de 11000 habitants, où médecins et spécialistes s’installent facilement. Mais dans les zones rurales alentour, les médecins qui partent à la retraite ont beaucoup de mal à se faire remplacer, les gens viennent donc ici se faire soigner et parfois, cela sature. Une maison de santé ne garantit pas qu’il n’y aura pas de dépassement d’honoraires, qu’il y aura le tiers payant et des horaires de garde. Ce qu’il faudrait, c’est un vrai centre de soins, adossé à un hôpital, qui permettrait de gérer les petites urgences, de faire le relais avec les hôpitaux qui sont éloignés et de soulager le SAMU ou les pompiers. La proximité, c’est moins de transports, moins de pollution, moins de malades, tout se tient. Quand il y a un réseau de santé et un réseau social sur un secteur, cela permet de faire des liens entre les deux. Nous sommes par exemple en train de mettre des choses en place autour de la prise en charge des violences familiales. Mais faute de structures, dans les secteurs plus ruraux, les gens sont obligés de s’organiser eux-mêmes, comme cette association qui met à disposition des taxis pour amener les gens se faire soigner et qui permet de faire des navettes entre le médical et le social. » 4 • Les Nouvelles 15 février 2018

Si on prend la situation de l’offre de santé par les urgences hospitalières, on savait qu’elles étaient de plus en plus saturées, mais aujourd’hui la tendance est de les éloigner de plus en plus, même dans les zones à forte progression démographique comme c’est le cas à Bordeaux avec la fermeture envisagée à Saint-André et Robert Picqué. Mais si les urgences saturent, c’est aussi que la médecine de ville peine à répondre aux besoins des patients par manque de médecins et de lits d’hôpitaux disponibles. Depuis des dizaines d’années, la protection sociale et de santé se dégrade, faisant la part belle aux solutions marchandes comme c’est déjà largement le cas dans la prise en charge de la perte de l’autonomie. Avec une médecine libérale qui pratique des dépassements d’honoraires à tout va, un tiers du secteur de l’hospitalisation en établissement privé à but lucratif et une couverture sociale qui repose de plus en plus sur un marché très inégalitaire d’assurances complémentaires, tout le monde n’a plus le même accès au soin. C’est donc bien tout le système qu’il faut revoir en s’appuyant sur le service public et la solidarité. INTERVIEW

Trois questions à Maryse Montangon Au moment où les députés communistes entament un tour de France des hôpitaux et que le gouvernement se penche (aïe) lui aussi sur l’hôpital, nous avons interrogé Maryse Montangon*, sur l’offre de soins en Gironde.

NBSO : Maryse, quel diagnostic peut-être porté sur l’offre de soins de proximité en Gironde ? Maryse Montangon. L’offre de soins de proximité, caractérisée en premier lieu par l’offre de soins primaires, de premier recours, témoigne aujourd’hui de graves difficultés accentuant de plus en plus les inégalités sociales et territoriales d’accès aux soins de la population. L’explosion des maladies chroniques, le vieillissement de la population, le virage vers l’ambulatoire, nécessitent aujourd’hui plus de professionnels et de moyens pour garantir l’égalité des soins pour toutes et tous, partout sur le territoire. Les gouvernements successifs qui, les uns après les autres ont promis de faire de la lutte contre les inégalités d’accès aux soins une priorité, n’ont cessé de chercher à diminuer les dépenses de santé, de sacrifier l’hôpital public au bénéfice des établissements privés commerciaux. À cela, s’ajoute la situation de la démographie médicale très préoccupante, sachant qu’après le départ en retraite des derniers médecins généralistes formés avant la mise en place du numérus clausus, de plus en plus d’habitants des villes et des campagnes n’auront plus de médecins traitants. La désertification médicale, associée généralement à la désertification économique, devient une préoccupation majeure pour les populations, les collectivités et les professionnels de santé qui ne trouvent pas de successeurs. Qu’en est-il en Gironde ? Même si les chiffres officiels des organismes chargés de cartographier les densités médicales divergent, la Gironde et la Nouvelle-Aquitaine apparaissent comme ayant

une densité de médecins généralistes supérieure à la moyenne nationale (153.2 pour 100 000 hab. en France métropolitaine contre 179.3 pour 100 000 hab. en Gironde - Chiffres DREES). Cependant, notre département n’échappe pas, comme partout ailleurs, à une inégale répartition des professionnels sur le territoire. Des cantons, des communautés de communes tels la CC du Fronsadais, le canton de St Savin, la CC rurales de l’Entre deux Mers, celle du Val de l’Eyre, sont classés en situation très défavorisée. D’autres bassins de vie (une dizaine) sont qualifiés en situation défavorisée. Le directeur général de l’ARS Nouvelle Aquitaine, Michel Laforcade, a déclaré faire de l’accès aux soins la priorité des priorités en 2018. Encore des belles paroles ! Il compte s’appuyer sur une nouvelle technologie permettant aux ARS de déterminer les zones jugées prioritaires définies d’après un arrêté de zonage, l’APL (accessibilité potentielle localisée). Cette méthode est très contestée par la Fédération nationale des centres de santé et d’autres organisations et associations. En effet, ne tenant aucun compte des inégalités sociales de santé, les territoires les plus défavorisés sont ainsi exclus des aides conventionnelles destinées à l’installation des professionnels de santé et à leur maintien.

NBSO : Que penser des intentions du gouvernement en matière de développement de la télémédecine ? M.M. Lors de l’adoption du PLFSS 2018 (loi de financement de la Sécurité Sociale), l’article 36 a été modifié faisant ainsi basculer certains actes de télémédecine dans le financement de droit commun, abrogeant ainsi les expérimentations de financement de la télémédecine qui avaient été prévues par l’article 36 de la PLFSS pour 2014. C’est une des dispositions préconisée par la ministre de la santé Agnès Buzin afin de répondre à la désertification médicale avec, entre autres, le doublement des maisons de santé pluridisciplinaires et l’incitation des médecins libéraux à cumuler retraite et activité. Mais qu’entend-on par télémédecine ? Elle regroupe l’ensemble des pratiques médicales (téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance médicale,…) qui permettent aux patients d’être pris en charge à distance. Ces nouvelles pratiques, censées être une des solutions à la désertification médicale, posent de nombreuses questions, notamment sur la garantie du secret médical lors de l’usage des transmissions médicales par internet, sur la réalisation d’actes médicaux par des non-médecins, sur les réponses à ces téléconsultations dans les hôpitaux de référence dans un contexte de manque de médecins spécialistes surchargés de travail. Elles constituent un enjeu de pouvoir et de profit entre entreprises et nation. Le président du G5 santé (les 8 principales entreprises françaises de la santé) déclarait que « les nombreux produits innovants et beaucoup d’usages du numérique sont des leviers d’efficience puissants, des moyens d’obtenir des économies importantes, à condition d’anticiper, de réorganiser et de mettre en place les parcours de soins adaptés. » Le coût estimé par le gouvernement pour les téléconsultations est de 10,8 millions d’euros à l’horizon 2021. Ces pratiques, qui n’ont donné aucune preuve de leur efficacité et de leur sécurité, vont


UR UN ÉGAL ACCÈS AUX SOINS néanmoins être développées et financées par l’Assurance Maladie. L’État devrait avoir un rôle déterminant pour que ces technologies évaluées en milliards d’euros soient protégées et que l’appât du gain ne prenne pas le pas sur les besoins réels de santé. Faire croire que la réduction des inégalités d’accès aux soins, qu’elles soient sociales ou territoriales, passera par la télémédecine est un mensonge de plus, mêlant déshumanisation de la médecine à un contrôle inquiétant des usagers notamment dans l’observance de leur traitement. NBSO : quelles sont les propositions du PCF en matière d’offre de soins de proximité et particulièrement en Gironde ? M.M. Pour le PCF, le modèle de l’organisation des soins primaires est aujourd’hui à repenser complètement, sur les bases d’un service public de la santé qui mette en lien soins et prévention, hôpital et soins ambulatoires, médical et médicosocial pour un accès aux soins de proximité pour toutes et tous. Le maillage du territoire par des centres de santé assurant un service public territorial de soins primaires est une réponse à l’urgence sanitaire d’aujourd’hui. Besoin des populations en matière de soins primaires et de prévention, tiers payant généralisé, aspirations des jeunes médecins au travail en équipe, à l’exercice de la médecine et non à celui de la gestion, à avoir des congés et donc à être salariés ; autant d’impératifs satisfaits dans un centre de santé qu’il faut différencier des maisons de santé

développées par les gouvernements successifs, assemblages de professionnels libéraux profitant de la manne publique, sans garantie de durabilité. Les centres de santé répondent aux problématiques que pose la crise de l’ambulatoire libéral et élargissent le service public de santé. En Gironde, comme ailleurs sur le territoire, nous devons défendre cette alternative pertinente à la désertification médicale. Récemment, l’ARS Nouvelle Aquitaine a accompagné une initiative innovante dans laquelle un hôpital (hôpital de Libourne) et une commune (Coutras) fondent ensemble une association Loi 1901 avec pour objectif la création d’un centre de santé. Divers sont les projets de centres de santé en France, tel celui du département de Saône & Loire qui a créé un réseau de centres de santé territoriaux de proximité en réponse aux besoins des zones fragiles. Partagé avec les élus locaux qui participeront à la mise en place des infrastructures, le projet de santé s’appuie sur l’analyse de la réalité démographique, sociale, économique et sanitaire du département. Il aboutirait à la décision d’ouvrir en 2018, 4 centres de santé, chacun doté de 5 annexes pour irriguer les territoires au plus près des habitants. Je pense qu’en Gironde de tels projets peuvent être portés et que nous devons, au PCF, les impulser. Propos recueillis par Jean-Jacques Bordes

ÉVOLUTION DE L’OFFRE DE SOIN HOSPITALIÈRE À BORDEAUX BRUGES

POLYCLINIQUE BORDEAUX RIVE-DROITE ouverture, face à la clinique, d’un cabinet de médecins urgentistes

POLYCLINIQUE BORDEAUX-NORD restructuration terminée

CENON

BORDEAUX HÔPITAL SAINT-ANDRÉ fermeture des urgences d’ici 2021

PESSAC

FONDATION BAGATELLE accueil des urgences de Robert-Picqué et réorganisation du site d’ici 2022

NOUVELLE POLYCLINIQUE DU TONDU déménagement à Floirac cette année près de l’Arena

HÔPITAL ROBERT-PICQUÉ fermeture d’ici 2021

HÔPITAL HAUT-LEVÊQUE accueil des urgences de Saint-André en 2021

BÈGLES

Redéployer l’offre de soin en intégrant les cliniques privées, comme on le voit nettement sur cette infographie, c’est défendre un système de santé inégalitaire. Ce dont a besoin la population, toujours plus nombreuse à Bordeaux, c’est d’offre de proximité accessible à tous, donc de service public. Ce que n’ont pas manqué de relever militants et élus communistes de la Métropole à l’annonce de la fermeture de Robert Picqué puis des urgences de Saint-André (à lire les interventions sur : communistes.bordeaux-metropole.org).

* Membre du conseil national du PCF et de la commission santé

CGT

Formation pratique pour sauver les urgences de Saint-André

La CGT Santé et l’UD Gironde organisaient le 5 février une formation sur le thème « Santé et territoires », dans les locaux de l’hôpital Saint-André agité depuis plusieurs semaines par une grève des urgences. Formation à laquelle est venue s’ajouter un zeste de travaux pratiques… « Excusez-nous pour ce léger retard », sourit l’animatrice de l’après-midi de formation dans les locaux de l’hôpital Saint-André. Les pauses déjeuner des journées de formation de la CGT peuvent être plus animées qu’indiqué sur le déroulé… Les participants de celle organisée le 5 février par la CGT de l’hôpital de Bordeaux-centre, l’union départementale et l’USD Santé-action sociale l’ont appris et en sourient encore. « Santé et territoire », tel en était le thème, parfaitement en symbiose

avec les questions posées par le mouvement de grève qui agite les urgences de Saint-André depuis fin 2017. Au cœur des revendications des infirmières et aides soignants, les effectifs ou plutôt le sous-effectif chronique qui grignote les vies privées et dégrade les soins prodigués. Depuis décembre, le mouvement se fraye un chemin, entraînant le soutien des médecins et de la population. Et au fil des discussions, personne ne trouve de logique autre que bassement comptable au projet de fermeture en 2021 de ce service d’urgences en cœur de ville ; surtout quand celui de Pellegrin est déjà saturé et que les urgences de Haut-Lévèque (Pessac) ne peuvent pas répondre au besoin de proximité. À la pause déjeuner donc, les participants à la journée de formation ont accompagné les deux animatrices du syndicat CGT et les personnels

de urgences de Saint-André partis envahir le comité hygiène et sécurité (CHSCT) qui devait se tenir dans une salle d’à côté. Près d’une heure durant, les arguments ont fusés, les mines des membres de la direction de l’hôpital se sont refermées face à la détermination qui leur était opposée. Dans les couloirs, certains soignants refusent de participer à la discussion… « Trop, c’est trop, y’a des choses que je ne veux plus entendre », dit une infirmière au bout du rouleau. Mais au final, la secrétaire générale de la CGT, Véronique Stevens revient la mine enjouée : « on leur a montré qu’on ne lâcherait pas et qu’on avait des arguments. » Et s’il faudra encore batailler pour obtenir les postes revendiqués (5 au total), elle note quelques avancées, notamment sur la pérennisation de la permanence d’accès aux soins (PAS) qui sonne comme un aveu du besoin de maintien du service des urgences. Revenus en salle de formation, les syndicalistes échangent sur leur quotidien et sur le sens qui s’échappe de leur travail au fur et à mesure que la logique comptable progresse. « On est devenus des cadres de santé mais en fait, on est là pour gérer la pénurie », dit le secrétaire général du syndicat de l’hôpital psychiatrique de Cadillac, Laurent Laporte. « C’est ce que j’ai fait, rappelant les infirmières pendant

leurs jours de congés pour qu’elles assurent des gardes supplémentaires ; jusqu’au jour où l’une d’entre elles m’a dit qu’elle devait juste faire garder sa fille de 4 ans par son garçon de 7 ans. Ce jour là, j’ai dit non. J’ai dit stop. » Depuis, la CGT de Cadillac fait valoir le risque d’un « danger imminent », lié au sous-effectif et à la maltraitance des malades, pour convoquer des CHSCT et contraindre la direction à s’expliquer. Maltraitance ? « Oui, tranche Laurent Laporte, car en psychiatrie, moins on a de moyens plus ce sont les techniques de contention et la violence institutionnelle qui progressent. » Même constat à l’hôpital de SainteFoy-la-Grande où Christine Cassiau décompte seulement deux aides soignantes pour un service de médecine qui est accaparé par la gériatrie. « Mais qui dit gériatrie dit qu’il y a besoin d’une présence permanente pour les soins, la toilette, les petites choses du quotidien… Et elles ne sont que deux pour le service ; comment faire dans ces conditions ? » À Sainte-Foixla-Grande, la population réclame l’ouverture d’une maison de santé où l’ensemble des spécialités seraient regroupées. « Bien sûr, il faut ouvrir ce type de structures, dit Christophe Prudhomme, urgentiste (CGT) parisien invité à la formation. Mais il faut mettre ces structures sous l’égide

des hôpitaux parce que c’est ce qui est le plus efficace et le plus “rentable”, comme ils disent. Nous, dans les hôpitaux, nous savons faire et nous avons les structures pour. » Une vision ambitieuse pour l’avenir que partage Véronique Stevens, pour les urgences de Saint-André : « Cet hôpital, il a près de 600 ans d’histoire alors il en a connu des changements et ce n’est pas ça qui nous fait peur. Nous, on veut bien qu’il change mais pour le mieux ! » À la fin de la journée, l’idée d’un comité de soutien alliant praticiens, personnels et population du centre ville germait et chacun repartait avec en tête les mots de Laurent Laporte : « L’hôpital aujourd’hui, il ne tient que grâce au dévouement et à la culpabilité des médecins, infirmiers et aides soignants. » Un dévouement qui révèle l’attachement au service public hospitalier en même temps qu’il masque l’état réel de l’hôpital en France… Un dévouement que la CGT entend bien capitaliser non seulement pour défendre l’hôpital mais aussi pour porter des revendications ambitieuses. Et attention, ses formations comprennent maintenant autant de parties théoriques que de travaux pratiques ! VB. Les Nouvelles 15 février 2018 • 5


INTERNATIONAL AMÉRIQUE CENTRALE

SYRIE

Ni morts ni vivants, les disparus du Mexique

Le déclin de Daech ravive les appétits des puissances régionales

En dépit des menaces et d’une indifférence quasi institutionnalisée, les familles des 34 000 victimes de disparitions forcées sont parvenues à faire adopter une loi qui reconnaît enfin ce délit. Mais la militarisation du pays risque de compromettre cette timide avancée. (…) En 2006, le président Felipe Calderon a engagé son gouvernement dans une stratégie belliciste qui, douze ans plus tard, est une tragédie nationale. La prétendue guerre totale contre les cartels s’est soldée par une atomisation du crime organisé, qui a prospéré grâce à la complicité des pouvoirs politiques, policiers, et militaires. Officiellement, 200 000 personnes ont été tuées, dont la majorité sont des civils, victimes d’un conflit qui ne dit pas son nom. (…) Stratégie de la terreur psychologique

(…) Un Mouvement pour nos disparus regroupe 52 comités locaux et plus d’une trentaine d’ONG engagés contre les disparitions forcées. Selon plusieurs organismes de défense des droits de l’homme, les disparitions forcées pourraient être autrement plus conséquentes, certains avançant le nombre de 180 000 depuis 2006. Jusqu’il y a peu, les familles de victimes se sont heurtées à une montagne d’indifférence au point que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a sommé l’État mexicain de prendre des dispositions pour endiguer le fléau des disparitions. Après deux ans de pressions, de manifestations et d’interpellations des pouvoirs publics, le Mouvement pour nos disparus et d’autres

collectifs citoyens sont parvenus à leurs fins.

Des militaires israéliens, sur le plateau du Golan.

Mettre un nom sur un délit

La Chambre des députés a en effet adopté en octobre 2017 une loi sur les disparitions forcées. (…) Reste encore à connaître dans la durée le montant des budgets dégagés au niveau fédéral et des États afin de mener à bien les investigations, par exemple la localisation des trop nombreuses fosses communes qui ont essaimé, les excavations et les analyses ADN des dépouilles qui y seront retrouvées. L’autre faille, et non des moindres, est l’adoption en décembre 2017 de la loi dite de sécurité intérieure. Présentée comme « une nécessité impérieuse » par le président Enrique Peña Nieto, elle offre désormais un cadre légal à l’armée dans les actions de la sécurité publique, officialisant ainsi la militarisation initiée par son prédécesseur, Felipe Calderon. Cette loi contestée par la majorité des organisations sociales mexicaines, qui ont déposé des recours auprès de la Cour suprême de justice, a été également critiquée par les organismes des droits de l’homme de l’ONU, qui demandent à l’exécutif de revoir sa copie après douze ans de militarisation qui s’est soldée par un flot continu de tortures, de féminicides, de crimes, et près de 300 000 déplacements forcés… (…) L’insécurité mais surtout le déploiement sécuritaire constituent un juteux négoce, au point qu’au Mexique, on parle de crime autorisé, pourvu qu’il rapporte… Avec l’article de Cathy Dos Santos, l’Humanité du 13/02/2018

Israël a lancé, dans la nuit du vendredi 9 février au samedi 10, une série de raids aériens de grande ampleur en Syrie. L’un de ses F-16 a été abattu. La Turquie poursuit son offensive sur la région d’Afrin, tenue par les Kurdes, au nord du pays. L’armée israélienne a procédé, dans la nuit de vendredi à samedi, à une campagne de raids aériens de grande envergure en Syrie. Officiellement, Tel-Aviv a réagi au survol de son territoire par un drone iranien. Celui-ci aurait été abattu au-dessus de la vallée du Jourdain. Il aurait décollé d’une « base iranienne » proche de Palmyre, en Syrie. Il s’agirait là de « la violation la plus flagrante et la plus grave de la souveraineté israélienne de la part de l’Iran ces dernières années, c’est pourquoi la riposte israélienne est aussi forte », a affirmé le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, qui oublie un peu vite que, à des dizaines de reprises depuis le début de la guerre, en 2011, l’aviation israélienne est intervenue chez son voisin, notamment contre des installations ou convois du Hezbollah, une milice chiite libanaise que son pays considère comme le bras armé de l’Iran en Syrie. (…)

L’Iran, le Hezbollah et la Russie, alliés du gouvernement syrien, ont dans un communiqué de leur commandement conjoint nié toute violation de l’espace aérien israélien. « Les allégations à propos du survol d’un drone iranien sont trop ridicules », a déclaré Bahram Ghassemi, porte-parole de la diplomatie iranienne. La Russie a, elle, dans un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, appelé à « faire preuve de retenue ». « Il est absolument inacceptable de créer des menaces contre la vie et la sécurité des soldats russes » engagés en Syrie, alerte le communiqué. La base T4, prise pour cible par Israël, héberge également des soldats russes. Avec cette offensive, Israël cherche à s’inviter à la table de ceux qui dessineront la Syrie et le ProcheOrient de l’après-Daech. L’un des axes intangibles de la politique extérieure israélienne est d’isoler l’Iran, dont l’influence s’est accrue dans la région, avec son appui aux gouvernements irakien et syrien dans la lutte contre Daech. Cette politique d’endiguement iranien a conduit Tel-Aviv à un rapprochement avec les monarchies conservatrices et islamistes du Golfe, notamment l’Arabie saoudite. « Israël veut la paix, mais nous continuerons à nous défendre avec détermination contre toute attaque et contre toute

tentative de l’Iran de s’ancrer militairement en Syrie ou ailleurs », a prévenu Benyamin Netanyahou dans un communiqué. Il a enregistré le soutien de Washington. Samedi, le département d’État a dit soutenir « fermement le droit souverain d’Israël à se défendre » et a critiqué « les activités nuisibles de l’Iran dans la région ». Depuis le début de son mandat, le président des ÉtatsUnis cherche à revenir sur l’accord sur le programme nucléaire iranien, l’une des (rares) réussites diplomatiques de la présidence Obama. Israël n’est pas la seule puissance régionale à s’inviter sur le terrain syrien. Les monarchies du Golfe avaient parrainé, dès 2011, certains groupes armés d’opposants à Bachar Al-Assad. Et la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, après avoir elle aussi soutenu des groupes armés, vient de lancer, le 20 janvier, une offensive contre l’enclave d’Afrin au nord-est de la Syrie, tenue par les Forces démocratiques syriennes, une coalition arabo-kurde dont elle estime qu’elle menace la sécurité à sa frontière. En vue de modifier les rapports de forces, la coalition dirigée par les États-Unis a bombardé des positions de l’armée syrienne près de Deir-ezZor, la semaine dernière. Le Conseil de sécurité de l’ONU planche sur un projet de résolution, déposé par la Suède et le Koweït, qui prévoit un cessez-le-feu de trente jours, la livraison d’aide humanitaire, la fin de tous les sièges et une évacuation médicale des blessés. Une urgence, alors que l’ONU a recensé « plus de mille victimes civiles de frappes aériennes (…) durant la première semaine de février ». Gaël De Santis, l’Humanité, 12/02/2018

IRLANDE

Le Sinn Féin fait sa mue sur le droit à l’IVG Mary Lou McDonald place le parti dans la campagne pour abroger l’interdiction de l’avortement.

NIGERIA

Un appel de fonds de 1 milliard de dollars « Il faudra 1,05 milliard de dollars pour répondre aux besoins humanitaires de 6,1 millions de personnes. » Par la voix de son coordinateur humanitaire au Nigeria, Edward Kallon, les Nations unies ont lancé jeudi un appel de fonds de 1 milliard de dollars pour venir en aide aux victimes du groupe djihadiste Boko Haram, dans le nord-est du Nigeria. C’est dans les états de Borno, Yobe et Adamawa, qu’« une aide vitale d’urgence pour les populations les plus vulnérables » est « une priorité immédiate », indique le plan de réponse humanitaire au Nigeria pour 2018. Selon ce rapport, « des millions de personnes souffrent d’une réelle insécurité alimentaire et la moindre perturbation 6 • Les Nouvelles 15 février 2018

du processus d’aide peut les faire tomber dans le seuil d’urgence ». Au moins 943 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. L’appel de fonds lancé en 2017 n’avait été financé qu’à 70 %, mais c’était « un des appels de fonds les mieux financés au monde ». Le conflit avec Boko Haram, qui dure depuis 2009, et sa répression par l’armée ont fait au moins 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés. Le groupe continue de multiplier les attentats-suicides et les raids contre des villages ou des postes militaires. Damien Roustel, l’Humanité, 9/02/2018

Mary Lou McDonald a pris le 10 février la succession de Gerry Adams à la tête du Sinn Féin, le parti républicain irlandais, ancré à gauche sur une ligne anti-austérité et progressiste (lire l’Humanité du 7 février), et elle va avoir du pain sur la planche : au nord de l’île, avec sa camarade Michelle O’Neill, elle va devoir mener des négociations ardues avec les unionistes du DUP afin de rétablir un gouvernement à Belfast ; elle va également devoir veiller au grain pour éviter qu’à l’occasion du Brexit se réalise la menace d’une « frontière dure » au cœur de l’Irlande, émise par Michel Barnier, le négociateur en chef des institutions européennes ; tout en se positionnant pour rentrer dans un exécutif, au sein d’une coalition si nécessaire, à Dublin, le parti va sous sa houlette continuer de

prêcher pour une réunification. Mais comme elle est la première femme à diriger le Sinn Féin et qu’elle a, tout au long de sa carrière jusqu’ici, mis en avant des revendications aux accents féministes, c’est sur le droit à l’IVG que Mary Lou McDonald est très attendue dans l’immédiat. « Faire enfin prévaloir la compassion et la confiance pour les femmes »

Les conservateurs au pouvoir en Irlande viennent, fin janvier, d’accepter d’organiser à la fin du printemps prochain un référendum visant à abroger le fameux huitième amendement de la Constitution qui, adopté en 1983, instaure un droit égal à la vie entre la mère et l’enfant en gestation, interdisant de facto l’avortement dans le pays. Mary Lou McDonald a placé cette perspective au cœur de son discours d’investiture. « Le débat référendaire sera sur une question de santé publique,

de santé des femmes et de notre droit à décider de ces choix pour nous-mêmes, a-t-elle lancé. Le référendum nous offre une opportunité historique de faire enfin prévaloir la compassion et la confiance pour les femmes. Le Sinn Féin va battre campagne avec enthousiasme pour abroger le huitième amendement. » Lors de son dernier congrès, en novembre dernier, la majorité du parti a déjà adopté une motion imposant une discipline drastique de vote à ses parlementaires dans les débats sur le sujet. Mais tout n’est pas réglé au sein du Sinn Féin, car ses députés se sont ensuite abstenus lorsqu’une commission parlementaire irlandaise a préconisé, en décembre, un droit sans restriction à l’avortement jusqu’à douze semaines de grossesse. Mary Lou McDonald va devoir s’employer pour faire aboutir la mue du Sinn Féin. Thomas Lemahieu, l’Humanité du 12/02/2018


PCF CONTRE LES BOUCHONS

21 FÉVRIER

Les communistes girondins à l’offensive

Commission « Entreprises »

La Commission transport du PCF 33, qui s’est réunie le 1er février dernier, vient de sortir un flyer « Pour supprimer les bouchons, développons les transports collectifs et alternatifs » et une pétition à signer en ligne. L’objectif de la commission est d’aller sur le terrain à l’écoute des problématiques rencontrées par les Girondins sur l’ensemble du territoire et d’apporter des propositions de solutions alternatives pour sortir de la galère vécue au quotidien par les habitants du département pour rejoindre leur travail ou leur lieu d’étude. Les communistes investissent ainsi depuis plusieurs jours les gares, points de rencontre multimodaux, les parkings relais, etc., pour écou-

ter, échanger et mettre en débat les propositions qu’ils portent pour en finir avec les bouchons sur la rocade. Le développement des trains du quotidien comme celui du fret pour mettre les camions sur les trains ou les péniches font partie des principales revendications. Mais plus généralement, les communistes souhaitent des engagements forts en terme de transport collectif sur tout le territoire, avec des tarifs uniques, incitatifs pour pousser les girondins à abandonner leur voiture. Privilégier les transports collectifs est un engagement social mais aussi écologique !

La réponse à ces besoins passe par un service public des transports efficace

avec des moyens importants en terme de matériel, d’infrastructures et de salariés. L’inverse des orientations prises aujourd’hui par le gouvernement, la SNCF et les Régions. Beaucoup, comme la Nouvelle Aquitaine, songent à ouvrir le réseau TER à la concurrence, à l’occasion de la renégociation des conventions. Cela ferait exploser la notion de service public national et l’égalité d’offre de transport public sur tout le territoire national. La commission Transport du PCF 33 a aussi acté l’organisation de rencontres publiques sur les territoires avec des usagers, des salariés des transports, des élus pour, ensemble, construire des réponses aux besoins. Une première réunion est fixée à Libourne le 2 mars prochain, salle du Verdet. Des actions symboliques sont aussi envisagées. Prochaine Commission Transport du PCF33 (ouvert à tous) : jeudi 15 mars à 18h à la Fédération. Contact : Stéphane Le Bot, commission transport PCF 33 : gironde.pcf@gmail.com Pétition sur change.org > Pour des transports modernes et utiles : Stop aux bouchons sur la métropole bordelaise !

Suite au Conseil départemental et à la réunion de l’exécutif du PCF 33, les communistes veulent relancer un travail d’intervention et d’activité en entreprise. Ils ont bien conscience que la tâche peut s’avérer difficile mais une réflexion peut être menée sur la forme que cette intervention peut prendre. Si la section des cheminots a repris des couleurs, il ne s’agit pas de s’arrêter là, c’est une bataille essentielle dans le projet de transformation du PCF. Au niveau national des réseaux aéro, cheminots existent, les banques réfléchissent à structurer de nouveau les communistes. Un premier échange est donc proposé aux militants et responsables autour de ces questions dans les locaux de la fédération le mercredi 21 février à 18h30. Contact : Frédéric Mellier.

COGITATIONS MILITANTES

Actualités de la lutte des classes en France Jeudi 1er mars, de 18h30 à 21h30, 15 rue Furtado à Bordeaux « Les cogitations  » ça continue, avec la grande question des classes sociales et la participation de Fanny Chartier, coordinatrice de la revue Progressistes. Quelles sont les classes aujourd’hui ? Peuple/classes où est la pertinence politique? Quelle forme prend la lutte des classes ?

PCF

Formation

TURQUIE

Le PCF aux côtés du HDP pour la démocratie et la paix

Une délégation du Parti communiste, avec le secrétaire national Pierre Laurent, Pascal Torre et Sylvie Jean, a réussi à passer les barrages d’Erdogan pour accéder au congrès du Halkların Demokratik Partisi – HDP. Dans les colonnes de l’Humanité du 13 février, Pierre Laurent explique l’engagement du PCF auprès du HDP. « La première raison est que le combat du peuple kurde et la situation en Turquie se trouvent dans un moment extrêmement important, explique le secrétaire national du PCF. La persécution politique contre le HDP s’est

amplifiée de manière considérable depuis les dernières élections en Turquie. Leurs dirigeants sont systématiquement emprisonnés et tout est fait pour les empêcher de développer leurs activités politiques. La tenue de leur congrès, malgré ces persécutions et la répression, qui a réuni 32 000 participants, a été un succès impressionnant. Seconde raison, l’offensive d’Erdogan à Afrin est aussi extrêmement inquiétante. Elle appelle, de la part de tous les démocrates et des forces progressistes françaises et européennes, un engagement total pour dénoncer cette opération militaire et appeler la France et l’Europe à une fermeté sans ambiguïté, ce qui est loin d’être le cas ».

Le PCF va amplifier la bataille pour exiger que la France et l’Union européenne prennent des positions claires pour stopper l’offensive d’Erdogan et pour l’isoler sur le plan international. Il veut mobiliser en France pour que la dénonciation et la condamnation de l’opération militaire à Afrin – dans une situation très instable et très dangereuse pour la paix dans la région – montent dans le pays. « La France doit renforcer son rôle pour réunir autour de la table l’ensemble des protagonistes et revenir au plus vite à des processus politiques de paix, poursuit Pierre Laurent. La situation créée par l’élection de Trump est dangereuse pour la paix du monde en général. La France doit vraiment jouer son rôle pour mobiliser un maximum de pays au plan international autour de véritables solutions de paix. Malheureusement, en poursuivant toutes ces années le commerce des armes, elle a noué des relations avec plusieurs puissances de la région impliquées dans les guerres, ce qui est un handicap pour la paix. La France ne doit pas jouer au jeu de partage des puissances internationales et régionales mais, au contraire, retravailler à des solutions politiques dans lesquelles les peuples de la région retrouvent la souveraineté sur l’avenir de leur pays ».

Plus de trente militants communistes girondins sont inscrits cette année pour un cycle de formation qui a commencé vendredi dernier avec Jean-Michel Galano et se poursuivra les 9 et 10 mars. Introduction à la pensée de Marx, histoire du mouvement ouvrier, économie politique, rôle de l’argent et de la monnaie, crises, stratégie du pcf… Le programme est chargé mais les militants ont trouvé le contenu « intéressant », « instructif » voire « passionnant », la qualité de l’intervenant et des discussions en ont fait un moment apprécié par tous.

SOUSCRIPTION

Tout versement par chèque ouvre droit à une réduction fiscale de 66% du montant versé. (chèque à l’ordre de ADF PCF 33). Les ressources financières du Parti communiste sont transparentes. Votre don, aussi modeste soitil, contribuera effica- cement à la démocratie, à l’expression et la prise d’initiative du Parti communiste. Cet ensemble sont les éléments majeurs pour continuer notre combat dans l’ambition d’une gauche forte et alternative. La fédération de la Gironde du PCF, lance une souscription afin de mener nos prochaines échéances politiques, notre objectif est de 70 000 euros.

Les Nouvelles 15 février 2018 • 7


CHRONIQUE

CULTURE & SOLIDARITÉ ESCALE DU LIVRE

par Jeanne R.M.

Festival littéraire & salon du livre Du 6 au 8 avril 2018, Bordeaux (Place Renaudel / Quartier Sainte Croix) Depuis 16 ans L’Escale du livre fait découvrir la diversité de la littérature française et étrangère, graphique et jeunesse et celle de l’édition tant nationale qu’en régions, au travers d’un festival littéraire et d’un salon du livre. L’Escale du livre c’est : plus de 130 auteurs et illustrateurs français et étrangers, des auteurs reconnus ou qui marqueront le paysage littéraire de demain, des débats, lectures, rencontres, expositions, ateliers, performances et spectacles, des créations inédites, des rendez-vous pour la jeunesse… et un « village littéraire » réunissant une dizaine de librairies indépendantes, plus de soixante dix maisons d’édition et deux cents éditeurs représentés. Questionner, découvrir, solliciter l’imaginaire, divertir, telles sont les inspirations qui agitent et animent L’Escale du livre. Un avant goût de cette 16e édition à venir avec quelques temps forts : Des lectures et des formes spectaculaires originales - La venue de François Morel, pour une lecture musicale autour de son livre à paraître en mars prochain C’est aujourd’hui que je vous aime (édition Le Sonneur) et d’une rencontre sur ses univers littéraires* ; - la création d’une lecture dessinée de Gramercy Park (Gallimard BD) avec Timothée de Fombelle et Christian Cailleaux ;

- une performance d’Alice Zeniter avec le chorégraphe Orin Camus ; - la première d’une lecture musicale avec Marie Cosnay autour de sa nouvelle traduction des Métamorphoses d’Ovide (L’Ogre) ; - la création d’une lecture en musique et en images de Climats de France (Sabine Wespieser) avec Marie Richeux ; - un concert dessiné Regarde moi mieux avec Mathieu Boogaerts, David Prudhomme et François Olislaeger ; - L’Escale by night : une soirée «inattendue» à la Chapelle du CROUS, avec une lecture musicale par Philippe Katerine autour de son livre Ce que je sais de la mort, ce que je sais de l’amour (Hélium), suivie d’un concert dessiné avec Rubin Steiner aux platines et Charles Berberian aux pinceaux + DJ Set + Foodtruck & Bar ; - des spectacles jeune public : avec le dessinateur Marc Boutavant, créateur du célèbre Ariol ; avec Marie Desplechin et Magali Le Huche autour de Verte (Rue de Sèvres), l’apprentie sorcière… Des débats de société, comme le cycle de rencontre Demain : le monde en 2118 avec le paysagiste-jardinier Gilles Clément, le mathématicien Hervé Lehning, les écrivains Stéphane Servant et Philippe Baqué, la philosophe Corine Pelluchon… des grands débats sur le thème des migrants avec les écrivains Marielle Macé, Omar Youssef Souleimane… et les illustrateurs Baudoin et Lisa Mandel… La présence d’auteurs étrangers  comme Pete Fromm dont le

Un chèque a été remis à l’antenne du Secours populaire français de Villenave d’Ornon par la boulangerie Maylina, dans le cadre de sa participation à l’opération « Galette Solidaire ». Cette opération a été lancée en partenariat avec la société Panessiel, qui fournit des fèves aux boulangers pour leurs galettes de l’Épiphanie. Le logo du SPF figure sur toutes les fèves. Les boulangeries qui participaient à l’opération s’engageaient à reverser 0,50€ à 1€ à l’association pour chaque galette vendue. La boulangerie Maylina a donc remis un chèque de 1 500 € au titre des 1 200 galettes vendues et de sa propre participation solidaire de 300 €.  Depuis le début de cette opération, la boulangerie donne par ailleurs le pain invendu tous les jeudis pour l’aide alimentaire des personnes accueillies par l’antenne du SPF. Sur la photo de gauche à droite : Claude Latrille, Emilie Kounvonlasy (propriétaire), et Alain Salineres.

prochain roman paraît chez Gallmeister en avril, Fernando Aramburu (Patria - Actes Sud) qui a reçu le Prix national de littérature narrative en 2017 en Espagne, Esther Kinsky (La rivière - Gallimard), Rachid El Daïf (La Minette de Sikirida - Actes Sud), Willis from Tunis du collectif Cartooning for Peace… Les auteurs qui font la rentrée éditoriale d’hiver comme Olivier Adam, Julien Bouissoux, Marc Boutavant, Geneviève Brisac, Claudine Desmarteau, Marie Desplechin, Patrick Grainville, Emmanuel Guibert, Jean-Baptiste Harang, Eric Holder, Marion Montaigne, Christine Montalbetti, Marie-Aude Murail, Yves Pagès,  Jean-Noël Pancrazi… La remise du Prix des lecteurs et du Prix des lecteurs lycéens - Escale du livre, auquel participent 26 bibliothèques et médiathèques de la métropole et du département et deux lycées de la Métropole. 5 romans ont été sélectionnés : Sucre noir (Rivages) de Miguel Bonnefoy, La nuit des béguines (Liana Levi) d’Aline Kiner, Pourquoi les oiseaux meurent (Finitude) de Victor Pouchet, Le camp des autres (Alma) de Thomas Vinau et L’art de perdre (Flammarion) d’Alice Zeniter.

* À noter, les places sont d’ores et déjà en vente sur : escaledulivre.com

BORDEAUX

Des rendez-vous d’Espace Marx - jeudi 22 février, à 18h30 à l'Amphi Denucé, place de la Victoire à l'Université de Bordeaux : premier rendez-vous Découvrir Marx à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, Lecture d'extraits du Manifeste du Parti Communiste. - lundi 26 février, à 19h, à la salle de conférences, 15 rue Furtado à Bordeaux, se tiendra le Bistrot politique d'Espaces Marx autour du thème : « Comment reprendre l'offensive pour la Révolution et la Transformation Sociale ? Comment s'attaquer à la ségrégation sociale dans l'accès aux études supérieures ? ». Soirée animée par Dominique Belougne, secrétaire d'Espaces Marx Aquitaine.

« Corpus Christi » Dans l’alcôve, rideaux enfin baissés, instants interdits, les nôtres, tu me suppliais. Ces moments, clos entre les clos, où nul n’avait droit de regard ni d’écoute, nous deux, seuls. Ce confessionnal charnel, ton corps sous mes mains, les yeux dans les miens. J’avais besoin de toi. Création divine, ta vie s’imposait à la mienne. Je ne l’avais pas prévu, ce n’était pas dans mon calendrier mais ce fut. Ton corps tu me le donnais, il serait mien. Tout entier, intégral, sans retour possible. Ton corps, l’esprit déjà ailleurs, la peau recouvrant toute ta vie. Les cicatrices, les morsures, plaies et bosses de l’enfance, tu me donnais tout. Je ne t’ai rien demandé, mon ange, mon Gabriel, entré par une lucarne que je ne soupçonnais pas, par en haut, sur la gauche. Entré dans mon corps, lumière aveuglante, tu me donnerais le tien. C’était pour toi évident, il en serait ainsi, tu l’avais toujours voulu. Tu le proclamais à qui voulait bien entendre cet affront, cet impossible, inimaginable don de toi. Élevée par les miens et « notre corps nous appartient », je ne savais d’abord que faire du tien. Il ne pouvait pas, ma chose, sujet devenu objet, te posséder, ma propriété devenue légitime par ta volonté. J’avais déjà des difficultés à définir le contour du mien, à en connaitre ses lisières dans notre monde. Je méditais encore sur mes compétences et mes limites, parfois ahurie par ce potentiel humain. Tu étais tout, l’esprit, ma culture, mes manifs, mes pavés, ma plage. Ton corps me fredonnait, m’entrainait vers ces doux rêves, ces lendemains qui chantent. Il était l’idéal humain, l’infinie bonté, altruiste jusqu’au bout de toi. Ton humanité et ta bienveillance m’apaisaient, m’apprenaient tous les jours. Sous mes mains réparatrices tu cherchais aussi. Mon corps contre le tien, le tien sous le mien, intervalles réguliers, obligés du soin, nous envisagions cet avenir. Tu seras mon Adam, j’ouvrirai ton côté avec mon scalpel le plus fin, lame 11 de diamant royal. Aucune pince, aucun instrument, toi pour moi. Je plongerai mes mains dans ton corps vierge et pur, j’y sonderai les profondeurs interdites et comprendrai l’âme humaine. Tu me donnes tout, je prendrai, t’effleurerai, caressé enfin sans autre pudeur que ton infini respect de la vie. J’extrairai les douleurs, les injustices et les fléaux imposés. Je te regarderai une dernière fois, temps suspendu à jamais. Je refermerai de cette délicatesse apprise et laverai ton corps, ultime étreinte, pour le départ vers l’ailleurs inconnu.

ANNONCES LÉGALES

49 jours, carnets d’une faiseuse d’anges

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Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest S.A.S. au capital de 37 000 euros Associés (à parts égales) : L. Chollon, F. Mellier, S. Laborde, M. Lavallée Directeur de la publication : Frédéric Mellier Abonnement 1 an : 25 euros. Abonnement de soutien : 40 euros Rédaction, composition, impression : S.A.S. Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Tél. 05 56 91 45 06 - Fax 05 56 92 61 01 - Annonces légales : annonces@nbso.fr Comptabilité : compta@nbso.fr - Redaction/Proposition d’article : redaction@nbso.fr @nvlbx Les nouvelles de bordeaux nbso.fr Commission paritaire de presse : 0123 C 85932

8 • Les Nouvelles 15 février 2018

Avis est donné de la constitution de la SARL «Wild Note» Sous le sigle «WN» Capital : 1 500 € Siège social : 20 rue Sanche de Pomiers – 33 000 Bordeaux. Objet : la vente de produits d’épicerie fine végétalienne ainsi que la production, la vente sur place et à emporter de produits alimentaires d’origine végétale. Durée : 99 ans à compter de l’immatriculation au RCS de Bordeaux. Gérant : M. Mattia Layle, demeurant au 182 boulevard Albert 1er – 33 000 Bordeaux Pour avis,

et

Eva Humana est, Les petites nouvelles de Jeanne R.M

14€

19€

Disponibles à la fédération de Gironde du PCF 15 rue furtado 33800 BORDEAUX

Nouvelles N° 2242  

Nouvelles N° 2242 du 15 fév.

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Nouvelles N° 2242 du 15 fév.

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