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Jeudi 16 février 2017 - N° 2190 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX - Prix : 0,80 euro

Logement FACE À L’URGENCE SOCIALE :

CONTRÔLE DES PRIX ET CONSTRUCTION MASSIVE DE LOGEMENTS VRAIMENT SOCIAUX !


ACTUALITÉ POSTE DE CAUDÉRAN

BORDEAUX

Une grève pour le service public

Le ras-le-bol à Orange

À l’appel de la CGT-FAPT, une cinquantaine de salarié-es se sont rassemblés, le 9 février, devant le bureau de poste de Caudéran menacé d’un projet de fermeture par la direction. Ils défendent le service public de proximité.

SUD SANTÉ SOCIAUX

La lutte paye !

Sur le piquet de grève, le 20 janvier, les ARM reçoivent de nombreux soutiens

Pour Mickaël Casimir de Sud santé sociaux, « c’est une belle et grande victoire ». Au terme de plusieurs semaines de grève (lire Les Nouvelles du 26 janvier), la lutte des ARM du centre 15 du SAMU 33 a abouti à une proposition de la direction d’embauche de 6 ETP, la confirmation du renfort d’un ETP ARM  supplémentaire  12 mois au titre de la « dette sociale », des équipes dédiées de nuit et de jour à constituer, le volontariat pour les nuits privilégié le temps de la montée en charge de l’équipe de nuit, un état des lieux sur la formation des ARM et un plan de formation spécifique à mettre en place… Bref, toutes les revendications ont été satisfaites, à un poste d’écart prés pour le renforcement de l’équipe. « Il y a bien longtemps qu’on avait pas obtenu 6 postes à temps plein, c’est un bel accord », commente le syndicaliste. « Deux temps plein avaient été obtenus par la lutte des ambulanciers, deux temps plein également pour les infirmiers. En tout, ce sont 10 postes obtenus par la lutte depuis octobre. Il y avait beaucoup de résignation, ça va faire un précédent, ça donne beaucoup d’espoir. »

À l’Unité d’intervention Aquitaine d’Orange, les salariés en ont assez de devoir s’adapter aux transformations de l’entreprise liées à la baisse « drastique » des effectifs : augmentation de la charge de travail, développement de la multi-compétence et de la polyvalence génèrent du stress. Et ce, « sans valorisation, sans promotion, ni même plan de formation », dénonce la CGT. Boulevard J.J. Bosc à Bordeaux, le 10 février, des drapeaux syndicaux décorent les grilles des locaux des services techniques d’Orange. À midi, une centaine de salariés est rassemblée et la CGT est sur le pont. Sud, FO et la CFDT ont aussi appelé à la grève. « Il y avait d’autres collègues ce matin, il y en aura d’autres encore cet aprèsmidi », Frédéric Dupin, de la CGT FAPT 33 et de l’Union départementale, est agréablement surpris de la mobilisation. À ses côtés Margot Schoendorff, déléguée CGT Orange, s’active pour l’organisation du piquenique. Dans cette Unité d’intervention Aquitaine (UIA), il y a 1 200 salariés

mais 800 équivalents temps plein en présence. Ce sont des techniciens, des conducteurs activité, du pilotage client et des chargés d’affaire. Parmi les grévistes, beaucoup de jeunes comme Maximilien, délégué syndical du site. « La syndicalisation chez les jeunes, ça marche bien, confirme-t-il, surtout à la CGT. Ils ont compris que la solidarité est importante ». Sur 22 000 départs en 5 ans chez Orange, 7 000 recrutements ont été effectués. L’UIA n’est pas épargnée. « En un an, la direction dit qu’il y a eu 100 personnes recrutées mais il y a eu 110 départs et 20 autres sont prévus », explique Frédéric Dupin. La diminution des effectifs implique des réorganisations. « C’est lissé, mais les salariés se rendent compte que tous les services sont touchés, poursuit Maximilien. Tous les six mois, un service est réorganisé. Un rapport de Secafi a fait remonter des situations de souffrance au travail. Les cadres, les managers se plaignent du manque de personnel dans leurs services, ça crée un malaise qui se répercute sur les équipes. La direction écoute mais n’apporte pas de moyens ».

Pas de loi travail dans la boîte À Ponticelli, le mardi 7 février, 95 % des salariés de Ponticelli présents sur la centrale nucléaire du Blayais se sont mis en grève contre le projet d’Accord Temps de Travail que leur direction nationale veut leur imposer et qui acte la fin de garanties collectives. La direction de Ponticelli veut imposer aux salariés le travail à la carte, les RTT à la disposition de la direction, des heures de modulation non majorées et à la disposition de l’employeur, l’obligation de faire des heures en haute activité et de les récupérer en périodes basses au bon vouloir de l’employeur, le travail obligatoire le samedi. La loi travail donne des ailes au patronat. «  Provocation supplémentaire, dénonce la CGT, les dirigeants de l’entreprise ont proposé une augmentation de 0,4 % lors des NAO, face à une inflation de 1,2 % et alors que la masse salariale des dix plus gros salaires de Ponticelli a augmenté de 43 % pendant les 2 derniers exercices ! ». 2 • Les Nouvelles 16 février 2017

Christelle Danglot

INTERSYNDICALE

Ford doit s’engager pour l’avenir, maintenant !

Jeudi 9 février, débrayage et rassemblement des salariés de Ford au moment de la visite de l’usine par les dirigeants de Ford Europe et de la réunion extraordinaire du CE.

PONTICELLI

Personne n’a oublié la vague de suicide dans l’entreprise il y a quelques années, si tous affirment que les tensions sont moins violentes, le sentiment de solitude, d’impuissance à faire correctement son travail chez ces salariés attachés au service public (60 % sont encore fonctionnaires), sont facteurs d’inquiétude. « Depuis les manifestations contre la loi El Khomri, les revendications locales et des alertes au CHSCT ont été posées, affirment les délégués CGT, mais celles-ci ne sont ni écoutées, ni suivies. Le CHSCT est devenu une chambre d’enregistrement. » « Derrière le discours de “l’enchantement client”, se cache pour nous de nouvelles connaissances à acquérir, de nouvelles applications informatiques, de nouveaux process… Tout cela, c’est du stress car on ne passe même plus par la formation, témoigne Fabrice. Nous sommes comme des hamsters dans la roue du projet. Ils nous ont sorti de nouvelles fiches de postes génériques, sans grade attaché, avec un flou total sur la rémunération liée. Il est devenu impossible de contester individuellement. On n’est plus dans une société de droit, on ne nous fait valoir que les devoirs. » Et là-dessus, les écarts entre ce qui est reversé aux actionnaires et ce qui revient à l’emploi et aux salaires restent en travers des gorges. Ce jourlà, les sites de Boulazac, Agen, Pau et Bayonne étaient également en grève.

Dans un communiqué du 13 février, l’intersyndicale CFE-CGC, CGT, FO, CFTC, se félicite des débrayages réussis de la semaine dernière et dénonce l’attitude de la direction qui fait la sourde oreille. Elle annonce plusieurs rendezvous qui prouvent que « les choses bougent ». La direction « voudrait nous faire travailler normalement, atteindre les objectifs alors que dans 18 mois voire beaucoup moins, nous ne savons même pas s’ il y aura du travail et pour combien de salariés », dénonce l’intersyndicale.

« Ford Europe doit comprendre, poursuit-elle, que le 23 janvier n’était pas une journée de mobilisation sans suite. Nous ne sommes pas juste inquiets. Maintenant, il n’est pas question pour nous de lâcher prise. » « Cela fait trop longtemps que les dirigeants de Ford ne respectent pas leurs engagements et qu’ils repoussent sans cesse les décisions concernant de futures activités. Cela fait trop longtemps qu’ils nous baratinent sur leur objectif de faire du site de Blanquefort un centre d’excellence des transmissions. Les années passent et le personnel diminue, vieillit, perd en compétences sans que rien ne se profile à l’horizon. » « Il y a un réel danger de liquidation,

de fermeture de l’usine tant les délais sont courts. Pour nous, il y a urgence et il ne faut pas laisser faire ou laisser trainer les choses ! » Plusieurs rendez-vous ont déjà eu lieu : le 9 février, entre Ford Europe et les élus du Comité d’Entreprise à FAI lors d’une réunion extraordinaire du CE puis entre le Préfet et Ford Europe à la préfecture et le 14 février, le ministère de l’Industrie a reçu à Bercy une délégation de l’intersyndicale. À venir, le 22 février, une rencontre entre le même ministère et Ford Europe et enfin, le 9 mars, aura lieu le comité de suivi à la préfecture avec les pouvoirs publics, les élus locaux, Ford Europe et les syndicats. « C’est un bon début, se satisfait l’intersyndicale. Les pouvoirs publics et les élus locaux se mêlent à nouveau du dossier Ford et cela ne peut que nous aider à ce que Ford réponde positivement à nos demandes. La suite, autant se le dire, dépendra surtout de notre capacité à nous faire entendre, à mettre la pression sur tout le monde pour que Ford décide rapidement d’investir, d’apporter de nouvelles activités qui assurent le maintien de tous les emplois et la pérennité de l’usine pour les prochaines années. »


ACTUALITÉ

Editorial

VIOLENCES POLICIÈRES

Une exigence de justice et d’égalité Debout pour la justice et l’égalité

Guillaume Roubaud-Quashie, professeur d’histoire-géographie, directeur de La Revue du projet a initié une pétition sur chanhe.org : Debout pour la justice et l’égalité. Extraits du texte.

Plusieurs rassemblements et manifestations ont déjà eu lieu à Bordeaux comme dans de nombreuses autres villes « contre les violences policierès », mobilisant souvent de très jeunes gens. Ici, le 12 février place de la Victoire, 100 à 150  personnes ont répondu à l'appel de la FIDL et de SOS RACISME.

Depuis le viol présumé par un policier de Théo Luhaka, à Aulnaysous-bois, au cours d’une arrestation violente, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger la justice et la fin des discriminations, des humiliations dans les villes populaires, notamment. Le jeudi 2 février dernier, un jeune homme, Théo Luhaka, a été victime d’un viol. Quatre policiers sont mis en examen, dont un pour viol. Cet événement a provoqué un vif émoi dans de nombreuses villes populaires. Des élus de Seine-Saint-Denis, dans un texte collectif soulignent le « courage » et « la responsabilité exemplaire » des proches, du jeune homme lui-même et des habitants de son quartier qui ont exprimé « leur volonté d’une application ferme des principes de justice ». « Ils ont fait preuve d’un courage et d’une responsabilité exemplaires en appelant au calme. Malgré les souffrances, ils refusent de transformer leur colère, légitime, en violence ». « La rage, la dignité et la conscience », c’est aussi ce que souligne le reportage à Aulnay-sous-Bois de Rosa Moussaoui, dans l’Humanité du lundi 13 février. Mais c’est un autre de ses articles qui fera du bruit en début de semaine. Elle y révèle que le commissaire de police d’Aulnaysous-Bois (Seine-Saint-Denis), où le jeune Théo L. a été gravement blessé lors de son interpellation le 2 février, avait été condamné, en 2008, à un an de prison avec sursis et un an d’interdiction d’exercer pour nonempêchement d’un délit. Trois autres policiers avaient été condamnés dans la même affaire pour violences volontaires, et l’un pour destruction de la vidéo de l’intervention policière. Le lendemain, la secrétaire générale du Syndicat national des commissaires de police, sur les ondes de France inter, qualifie l’information publiée par l’Humanité, et relayée par un nombre important de publications, de « mise en danger de la vie d’autrui ». Le directeur du journal, Patrick Le Hyaric a vivement réagit. « Nous respectons la police, ses agents, ceux qui les encadrent et leurs représentants

syndicaux. Notre journaliste n’a fait que son travail d’enquête : révéler des éléments importants sur le passé du commissaire divisionnaire ayant autorité à Aulnay-sous-Bois, utiles à la compréhension des événements. Il s’agit d’une atteinte grave et inacceptable à la liberté de la presse. L’actuel commissaire, promu dans ses fonctions à Aulnay après une grave condamnation pénale, par définition publique, n’a pas besoin de l’Humanité pour sortir de l’anonymat puisqu’il intervient sous son nom et à visage découvert dans des vidéos disponibles sur Internet. (…) L’Humanité est un journal sérieux qui vérifie ses sources et n’accepte pas les menaces. » La journaliste a également reçu le soutien de nombreux confrères et lecteurs. Toujours est-il que la réaction de la secrétaire générale du Syndicat national des commissaires de police est révélatrice, au mieux, d’un climat de déni. Un « déni des autorités de police » qualifié d’inacceptable par le Cran, la Ligue des droits de l’Homme, le Mrap, SOS Racisme, la CGT et la FSU qui appellent à de nouveaux rassemblements samedi. « Inacceptables pour les premiers visés, qui supportent quotidiennement des contrôles dont chacun sait qu’ils n’ont qu’un très lointain rapport avec la réalité de la délinquance. Inacceptables pour toutes celles et ceux qui souhaitent bénéficier d’une police respectueuse des personnes et de leurs droits, garante des libertés et de la sécurité publique. Inacceptables, enfin, pour la police elle-même, dont l’honneur est entaché par ces comportements. » Les élus de Seine-Saint-Denis proposent de construire « les missions de notre police républicaine avec les agents et leurs représentants mais aussi les citoyens, les acteurs spécialisés de la prévention, de l’éducation, dans un dialogue responsable et d’intérêt général ». « Inventons une nouvelle police de proximité formée pour les mener à bien. Il est par ailleurs possible d’instaurer dès maintenant le récépissé de contrôle d’identité ». Ces élus appellent également à la constitution d’une mission d’enquête parlementaire sur les pratiques policières.

« La situation est grave et appelle une réaction. En premier lieu, la justice doit faire son travail, tout son travail, avec la fermeté qui s’impose. » Le viol n’est pas une anecdote, un malentendu, un accident. Il est, selon l’article 222-23 du Code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». (…) Nous saluons le courage de Théo et nous mettons en garde tous ceux qui minimisent ce crime qu’est le viol : banaliser le viol nous met en danger toutes et tous. Le racisme n’est pas une anecdote, un malentendu, un accident. Un fonctionnaire de police, en aucun cas, quelles que soient les circonstances, quelle que soit la personne à laquelle il s’adresse, ne peut proférer d’injures racistes. Non, « bamboula », ça ne reste pas « à peu près convenable » comme l’a prétendu un policier du syndicat Unité SGP Police. (…) Le racisme est une arme de destruction massive : quand on est au service de la République, on ne le minore pas, on le combat avec la dernière des énergies. L’homophobie n’est pas une anecdote, un malentendu, un accident. Des humoristes en quête d’audience croient utile à leur carrière de faire rire sur ce drame et de donner dans une homophobie tranquille, associant viol et relation homosexuelle. C’est abject. Théo a été victime de sévices et d’insultes (« fiotte », « salope ») qui n’ont rien d’une relation homosexuelle mais tout d’un sadisme phallocratique. La discrimination n’est pas une anecdote, un malentendu, un accident. (…) A-t-on jamais entendu qu’un vieux banquier du 7e arrondissement de Paris avait eu l’anus accidentellement ravagé par une matraque policière lors d’un contrôle d’identité impromptu ? Ça suffit ! (…) Le peuple de France a fait 3 Révolutions, a fait surgir la Commune de Paris, a lutté dans la Résistance et mené tant de combats pour que ce mot figure au plus haut : l’égalité. Ce chemin révolutionnaire et républicain, tout montre que nous nous en sommes écartés. Il est grand temps de le reprendre. C’est un nouveau contrat qu’il faut forger, entre la police républicaine et notre peuple, entre les citoyens de ce pays quels que soient leur passé, leur couleur, leur sexe, leur lieu de vie, leur classe. (…)

« Nous sommes tous des bamboulas ! » L’actualité ne cesse de nous rappeler que « le ventre de la bête immonde est encore fécond », comme écrivait Brecht. Le racisme et la xénophobie se banalisent au cœur de l’Europe. Hongrie, Allemagne, Autriche… la violence contre les musulmans et les migrants s’affiche au grand jour. Les partis d’extrême-droite font des scores indécents aux élections. Sur fond de hausse du chômage, les inégalités sociales alimentent le sentiment de déclassement de populations fragilisées par la perte de repères. Moins de grandes usines, moins de services publics, moins de protections sociales, moins d’Etat, moins d’aides aux communes… le capitalisme réunit les ingrédients de la mise en concurrence des hommes et des territoires. Les conséquences sont terribles pour les peuples et les personnes les plus vulnérables. Car les idées qui ont noirci notre histoire mondiale refont surface. Un Donald Trump n’a aucune retenue dans l’abject quand il interdit l’accès des USA aux ressortissants musulmans de sept pays arabe. Le FN n’a pas d’état d’âme à surfer sur la misère pour pointer du doigt les migrants, suivi de près par la droite de Fillon, Sarkozy, Vauquier… Leurs prises de position décomplexent les faibles et encouragent les plus fachos. Le viol de Théo par des policiers est la preuve de l’absence de retenue dans l’abject. Sur fond ambigu de lutte contre le terrorisme, notre société distille violence et haine. Heureusement, notre jeunesse, pourtant elle aussi tombée à 30 % dans les bras du FN, n’accepte pas et relève le défi du vivre ensemble. Les manifestations de soutien à Théo ont montré la dignité de ces jeunes croyant en la Justice de notre République, dénonçant une politique d’apartheid économique et social dans certaines banlieues et scandant « nous sommes tous des bamboulas ». C’est ce levier démocratique qu’il nous faut travailler. Comment intervenir, idée contre idée, pour faire grandir la prise de conscience que la loi de l’argent, le libéralisme, et leurs suppôts politiques, ont besoin de diviser notre peuple pour mieux régner ? Comment convaincre que c’est par l’octroi de nouveaux droits pour tous, dont les jeunes et les étrangers, que nous réduirons les inégalités et renforcerons la sécurité de tous ? Par exemple, le PCF propose la reconnaissance de « citoyenneté de résidence » et le droit de vote des résidents étrangers. Il demande la remise d’un récépissé lors des contrôles d’identité. Il appelle à ce qu’une France pacifiste, respectueuse de la souveraineté des peuples, « jette les fondements d’une sécurité mondiale ». Jean-Luc Mélenchon incarne, à sa manière, cette espérance et ce besoin de résistance. Ses meetings bousculent l’ordre établi et créent un souffle que nos candidates et candidats, dans les circonscriptions législatives, doivent relayer et alimenter par leur ancrage dans les réalités communales, syndicales ou associatives.

Vincent Maurin membre de l’exécutif du PCF 33

Les Nouvelles 16 février 2017 • 3


LOGEMENT LE COMBAT DE LA CNL

RAPPORT 2017 DE LA FONDATION ABBÉ PIERRE

Une « Sécurité sociale » du logement

État du mal logement en France

La Fondation Abbé Pierre, dans son rapport annuel 2016, dresse un constat une nouvelle fois alarmant de la situation du mal-logement en France, estimant à 3.8 millions les personnes pas ou mal logées et 12.1 millions celles fragilisées. Car s’il manque de logements sociaux, ceux existants peuvent aussi masquer les difficultés que vivent leurs locataires au quotidien : surpeuplement, précarité financière, précarité énergétique, surendettement. C’est le quotidien des militants de la Confédération Nationale du Logement (CNL). Entretien avec Yannic Poulain, Président de la CNL Gironde.

NBSO : Présente-nous la CNL en Gironde Yannic Poulain. La CNL, en Gironde, ce sont 3 salariés, 800 adhérents et de nombreux bénévoles. L’activité de la Fédération vise d’abord la création d’amicales de locataires et de groupements d’usagers, puis les accompagne dans leur développement. Nous tenons des permanences juridiques dans cinq endroits du département : Bordeaux, Le Haillan, Libourne, Arcachon et Langon. Nous sommes également présents dans les instances départementales du logement (commissions d’attribution, commission de prévention des expulsions) et dans les conseils d’administration des organismes gestionnaires (OPH*, ESH**).

NBSO : Quel regard porte la CNL sur la situation du logement en Gironde ? Yannic Poulain. D’abord, il existe un manque cruel de logements sociaux (voir par ailleurs l’avis du CESER Aquitaine). Les communes du Département sont loin du quota des 25 % obligatoires en la matière. Le CESER estime à 75 000 les demandes de logements sociaux non satisfaites en Aquitaine. La CNL s’occupe plus particulièrement des locataires en place et qui sont confrontés à des difficultés avec leurs propriétaires : défauts d’équipements, d’entretien, contestation des

4 • Les Nouvelles 16 février 2017

niveaux de loyers ou de leur revalorisation, contestation des charges, manque de concertation avec les locataires, difficultés juridiques… La CNL apporte son aide dans la relation (confrontation !) locataires/ propriétaire car celle-ci est particulièrement déséquilibrée. Comme le constatent nos collègues d’Emmaüs, la pauvreté a gagné du terrain avec la crise économique et les expulsions locatives s’accroissent (cf. article de l’Humanité du 2.11.2016).

NBSO : Quels sont les principaux axes revendicatifs de la CNL ? Yannic Poulain. Il s’agit d’abord d’instaurer un réel Droit au Logement, une « Sécurité sociale du Logement ». Il s’agirait d’une caisse de solidarité alimentée par les bailleurs, les locataires, les banques et l’Etat en vue d’indemniser un ménage pendant une période déterminée lorsqu’un évènement dans sa vie lui fait courir le risque de perdre son logement. Pour cela, il faut construire un Service Public du Logement garant du respect des planchers de logements sociaux dans les communes, et dans tous les quartiers au sein des communes. Lutter contre le logement cher paraît une évidence au regard de l’appauvrissement de la population. Il s’agit d’encadrer les loyers du secteur privé et de combattre les ventes spéculatives. En juin 2016, à l’occasion de la discussion du projet de loi « Egalité citoyenne » à l’Assemblée Nationale, nous avons dénoncé son manque d’ambition, notamment en matière de mixité sociale et de démocratie pour donner plus de moyens aux associations représentatives des locataires.

* Offices Publics de l’Habitat : organismes rattachés à une collectivité locale (cf. Aquitanis, Gironde Habitat ** Entreprises Sociales pour l’Habitat : entreprises privées (cf. Domofrance, Clairsienne, Logevie, Mesolia)

Le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre dessine le portrait d’une France fracturée par la crise du logement : 4 millions de personnes sans abri, mal logées ou sans logement personnel. Outre ces situations les plus graves, 15 millions de personnes sont touchées à des degrés divers. Effort financier excessif, précarité énergétique, risque d’expulsion locative, copropriétés en difficulté, surpeuplement… À bien des égards, pour les pauvres, les classes populaires et moyennes, la situation tend à s’aggraver, en particulier depuis la hausse des prix de l’immobilier des années 2000 et le déclenchement de la crise économique en 2008. Le nombre de personnes sans domicile a augmenté de 50 % entre 2001 et 2012. Celui des personnes en hébergement contraint chez des tiers de 19 % entre 2002 et 2013. Les personnes en surpeuplement accentué sont de plus en plus nombreuses, alors que la tendance depuis des décennies était plutôt à la baisse : + 17 % entre 2006 et 2013 pour le surpeuplement accentué et + 6 % pour le surpeuplement modéré. Les locataires continuent de payer

leur loyer, puisque le nombre d’impayés semble stable. Mais à quel prix… Les Français sont 44 % de plus qu’en 2006 à se priver de chauffage à cause de son coût, 42 % de plus à subir un effort financier excessif pour payer son logement. Résultat, le nombre de personnes modestes ayant eu froid à leur domicile pour des raisons liées à la précarité s’est accru de 25 % entre 2006 et 2013. Un quinquennat en demi-teinte pour les mal-logés

Si la situation ne semble pas meilleure qu’il y a cinq ans pour les mal-logés, des graines ont indéniablement été semées et des avancées obtenues, en matière de loyers, d’orientation des attributions HLM, de gouvernance, de précarité énergétique… Mais elles ne suffiront pas face à l’ampleur du mal-logement, faute de priorité budgétaire accordée à ce sujet, de cap politique clair et stable et d’un partage des compétences suffisamment lisible et responsabilisant sur le terrain. La majorité des mesures esquissées ou mises en œuvre ces dernières années mériteraient d’être poursuivies et

amplifiées avec un volontarisme adapté à l’urgence de la situation. Mais il semble que bien souvent, face au mal-logement, les pouvoirs publics cherchent encore aujourd’hui à temporiser plutôt que tout faire pour que le droit au logement soit respecté. Mobilisation citoyenne

Ce tableau alarmant appelle une mobilisation de la classe politique mais aussi, dix ans après la mort de l’abbé Pierre, de la société tout entière. Ce rapport met en avant les initiatives qui marchent, en France ou à l’étranger. Et il appelle à en tirer les leçons, à les généraliser, à sortir de la simple expérimentation pour changer le braquet de la politique du logement. Logement d’abord, habitat indigne, éradication des passoires thermiques, mobilisation du parc privé… : il met en débat 15 grandes propositions pour faire reculer la crise du logement, et appelle chacune et chacun à s’en emparer. L'intégralité du rapport à télécharger sur :

www.fondation-abbe-pierre.fr

EN 2015

Les expulsions locatives battent des records À l’ouverture de la trêve hivernale en novembre 2016, la Fondation Abbé-Pierre soulignait la spectaculaire hausse du nombre de procédures d’expulsions en 2015, et appellait à améliorer très rapidement la prévention. « Un sombre record. » Alors que la trêve hivernale interdisant toute expulsion locative jusqu’au 31 mars débutait, la Fondation Abbé-Pierre (FAP) publiait des chiffres révélant la hausse spectaculaire de ces procédures. En 2015, 67 406 ménages ont fait l’objet d’un « commandement de quitter les lieux » à la suite d’une décision de justice, en augmentation de 13,5 % par rapport à l’année précédente. Ces chiffres viennent confirmer une longue tendance à l’inflation. Sur la période 20122015, ces mises à la porte ont bondi de 35,6 % ! Des opérations qui s’effectuent, de plus en plus souvent, manu militari. De fait, les expulsions locatives « avec intervention des forces de l’ordre » ont progressé l’an dernier de 24 %, pour s’établir à 14 363, encore un record… « Ces chiffres alarmants sont la conséquence de la montée de la précarité depuis la crise et de la hausse des loyers des années 2000, dans le parc privé mais aussi dans le parc social », analyse la fondation. Pour rappel, entre 1988 et 2006, les ménages locataires les moins aisés sont ceux qui ont subi la plus forte hausse de leur « taux

d’effort » (part du revenu consacrée au logement). Ce dernier est passé de 31 % à 40 % sur la période, contre 14 à 15 % pour les ménages les plus aisés. De leur côté, les associations de consommateurs constatent, année après année, une nette hausse du budget énergétique des ménages. La trêve hivernale offre un répit de cinq mois

Face à cette situation, la trêve hivernale, instaurée après l’appel de l’abbé Pierre à l’hiver 1956, offre un répit de cinq mois. Désormais, cette trêve concerne aussi les dépenses d’énergie : il est interdit pour les fournisseurs de couper l’électricité, le gaz ou le chauffage aux ménages ayant des factures impayées. « Cette période doit être l’occasion de se remobiliser pour éviter ces drames humains qui viennent alimenter la grande exclusion », souligne la FAP, très inquiète de l’explosion des chiffres. Elle insiste sur la prévention : « Cette dernière peut réellement être améliorée lorsque les acteurs mettent en œuvre des dispositifs ingénieux, comme des aides à la quittance dès les premières difficultés ou des permanences associatives d’accompagnement juridique des ménages à chaque stade de la procédure. » Et si cette prévention échoue, la FAP rappelle qu’aucune expulsion ne peut avoir lieu sans solution de relogement. Notamment pour les ménages éligibles au Droit

au logement opposable (Dalo), ce qui est loin d’être le cas actuellement. En 2015, 64 expulsions de bénéficiaires Dalo ont été réalisées, en hausse de 150 % par rapport à 2014… Face à ce constat, le gouvernement a lancé, en mars dernier, un vaste plan de prévention des expulsions locatives, dont il est trop tôt de tirer le bilan. Parmi la cinquantaine de mesures promises, le maintien des aides au logement pour les locataires de « bonne foi » en situation d’impayés, ou encore la mobilisation des logements vacants dans le parc privé… Un point qui reste l’une des principales revendications de Droit au logement (DAL). L’association, qui a lancé hier une campagne de réquisition, y voit un bon moyen, outre la multiplication des constructions d’HLM, d’empêcher les familles de se retrouver à la rue. Selon des chiffres de l’Insee, 2,9 millions de logements étaient vacants en 2015 contre 2 millions en 2005, soit une hausse de 45 % en dix ans, et l’équivalent de 10 % des résidences principales, 40 % du parc locatif privé et 55 % du parc HLM. Pour le DAL, cette situation favorise « une pénurie artificielle de logements locatifs, laquelle alimente la bulle immobilière, la hausse des loyers et la crise du logement ». avec l’Humanité du 02/11/2016 Laurent Mouloud


- EXCLUSION Sources 1 - Enquête Sans-domicile, Insee. Les sansdomicile, au sens de cette enquête, peuvent être sans-abri, en habitation de fortune, en hébergement collectif, à l’hôtel, en CADA ou hébergés dans un logement associatif. 2 - ENL 2013, calculs FAP. 3 - Recensement de la population 2006. Certaines personnes en habitations de fortunes sont également comptées parmi les sans-domicile. 4 - ENL 2013, calculs FAP. Ce groupe comprend un noyau dur (personnes de 17 à 59 ans hébergées par des personnes sans lien de parenté direct, qui n’ont pas les moyens de décohabiter) ainsi que les plus de 25 ans contraints, après une période de logement autonome, de revenir habiter chez leurs parents ou grands-parents faute de logement autonome, et les personnes de plus de 60 ans hébergées chez un tiers sans lien de parenté direct. À ce périmètre, semblable à celui des éditions précédentes défini par l’Insee, sont ajoutés les enfants non-étudiants de plus de 25 ans chez leurs parents qui n’ont encore jamais décohabité, souhaiteraient le faire mais n’en ont pas les moyens. 5 - ENL 2013, calculs FAP. Comprend les logements remplissant au moins un de ces critères : pas d’eau courante, douche, WC intérieur, coins cuisine, ou moyen de chauffage ou façade très dégradée. Notre définition de la privation de confort a évolué et n’est pas comparable à celle de l’édition précédente. 6 - ENL 2013. Ménages auxquels manquent deux pièces par rapport à la norme de peuplement. La norme de peuplement est la suivant : une pièce de séjour pour le ménage ; une pièce pour chaque couple ; une pièce pour

les célibataires de 19 ans et plus ; et, pour les célibataires de moins de 19 ans : une pièce pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou s’ils ont moins de sept ans ; sinon, une pièce par enfant. 7 - Ministère du logement, calculs FAP. Ce chiffre correspond au nombre de place d’accueil manquant fin 2013 par rapport aux objectifs des schémas départementaux (12 908), en comptant en moyenne 4 personnes par famille. 8 - Cilpi. Résidents déclarés des foyers de travailleurs migrants en attente de traitement. 9 - ENL 2013, calculs FAP. Il ne s’agit ici que des copropriétaires déclarant habiter dans une copropriété rencontrant des difficultés (impayés nombreux et fréquents, copropriété décrite comme fonctionnant très mal, absence de travaux d’entretien), et non des locataires. Cette définition n’est pas comparable à celle de l’édition précédente. 10 - ENL 2013, calculs FAP. 11 - ENL 2013, calculs FAP. Personnes appartenant à des ménages des trois premiers déciles de niveau de vie auxquels manque une pièce par rapport à la norme de peuplement, à l’exclusion des ménages d’une personne. 12 - ENL 2013, calculs FAP. En attendant qu’un décompte complet actualisé des personnes en précarité énergétique soit possible, il ne s’agit ici que des personnes appartenant aux trois premiers déciles de niveau de vie et déclarant avoir eu froid au cours de l’années pour des raisons liées à la précarité (privations financières, logement mal isolé ou mal chauffé). 13 - ENL 2013, calculs FAP. Personnes subissant un taux d’effort net supérieur à 35 %, leur laissant un reste-à-vivre inférieur à 650 euros par mois et par uc.

CESER

Traiter l’Habitat comme une grande cause nationale et régionale Lors de sa séance du 17 décembre 2015, le CESER Aquitaine pointait du doigt une insuffisance criante en matière de logement social de qualité. Extraits : « Si le logement est un droit, un habitat de qualité n’en reste pas moins une exigence. Or, ni l’un ni l’autre n’est à ce jour acquis pour l’ensemble des 1,48 million de ménages aquitains. (…) Dans un trop grand nombre de cas, les parcours résidentiels restent contraints ou bloqués, notamment du fait de la très forte hausse des prix de l’immobilier déconnectée de l’évolution des revenus dans les territoires les plus attractifs et de l’accroissement des situations de précarité ou de pauvreté. La dynamique de production de logements abordables, notamment dans le parc social, reste fortement tributaire de soutiens publics eux-mêmes soumis à des arbitrages budgétaires qui conduisent à un resserrement des priorités et à une accentuation des disparités territoriales. La fragilité du contexte économique, conjuguée à l’instabilité sinon à l’incohérence des politiques publiques et fiscales dans ce domaine, pèsent sur l’activité des opérateurs de la filière ».

« Le mauvais logement est une machine à briser les gens. » Paul Chemetov

« À l’échelle du territoire aquitain, ces enjeux s’expriment, entre autres, par : • Une demande sociale insatisfaite et des parcours résidentiels grippés 60 % des ménages aquitains sont propriétaires de leur logement, mais accéder à la propriété, surtout pour les jeunes ménages, devient très difficile, et même pour certaines catégories de ménages plus âgés, frappés par le chômage et/ou les séparations. Devenir propriétaire reste une aspiration inaccessible pour les plus modestes et propriété peut aussi se conjuguer avec précarité ». « Le stock de demandes en attente dans le parc social concerne 75 000 ménages aquitains mais le volume des besoins potentiels peut être estimé à 169 000 à minima, s’agissant principalement de locataires dans le parc privé disposant d’un revenu inférieur à 60 % du plafond social HLM. Dans ce contexte, le parc privé joue aussi un rôle induit de bailleur social et accueille 70 % des locataires bénéficiaires d’une aide au logement. Parmi ces derniers, 37 % affichent des taux d’effort supérieurs à 30 % et même supérieurs à 39 % pour 72 000 ménages 80 000 ménages aquitains vivent actuellement dans des logements inconfortables et/ou indignes et 36 000 dans un logement sur-occupé ». « Que dire de la situation de 11 000 à 15 000 personnes qui logent dans des habitations de fortune ou se retrouvent à la rue chaque année, sans solution d’hébergement ? Que dire de la trentaine de sans domiciles qui

décèdent chaque année dans la région au pied d’un immeuble ou dans un service de soin ? » • « Des disparités territoriales et des risques de ségrégation sociospatiale » « Les territoires “tendus” (métropole régionale, agglomérations bayonnaise et arcachonnaise) génèrent une sélectivité accrue des marchés immobiliers, conduisant à des phénomènes de ségrégation territoriale préoccupants. Il en résulte un impact fort de la demande sur les périphéries, produisant une urbanisation peu préparée et non maitrisée. Par ailleurs, les centres des petites villes et villes moyennes sont touchés par une déqualification du parc ancien, phénomène renforcé par le développement d’une offre défiscalisée à leur périphérie, inadaptée et déconnectée du marché local. Enfin, nombre de territoires ruraux sont marqués par une dépréciation forte du parc de logements dans des marchés souvent atones, pouvant conduire à une vacance importante du parc. Ils recèlent aussi bon nombre de propriétaires et locataires précaires. Face à ces situations dont elles sont en partie responsables, les collectivités territoriales sont souvent dépassées et confrontées à une inégalité de ressources et de moyens mobilisables ». En conclusion, le CESER Aquitaine affirmait que l’Habitat doit être traité comme une grande cause, un grand projet régional et national de long terme et comme une filière économique majeure. »

Contre l’exclusion, la grande pauvreté, pour un droit effectif au logement Dans le cadre de leurs propositions pour une « France protectrice et solidaire », les communistes proposent « un plan d’urgence contre l’exclusion et la grande pauvreté » avec : • la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité • l’interdiction des coupures d’énergie et d’eau • l’interdiction des expulsions locatives et de la privation de restauration scolaire pour cause de précarité… D’autres mesures doivent immédiatement être mises en œuvre dans les domaines suivants : participation à la vie politique et publique ; autonomie et indépendance ; vie familiale; éducation et culture ; logement et énergie ; santé : soins et prévention, alimentation, eau ; emploi et formation professionnelle ; protection sociale et services de proximité ; accès à la justice et protection contre la violence ; sensibilisation et solidarité de la société.

Un plan de mobilisation pour le logement : • La création d’un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville (pôle public financier, pôle public de la construction, agence nationale foncière, outils publics divers). • La construction de 200 000 logements sociaux par an et le renforcement de la loi SRU. • L’aide à la pierre à hauteur de 40 % du coût des opérations. • L’augmentation des taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires. • Un renforcement de l’encadrement des loyers avec l’objectif que la proportion du loyer et des charges dans le budget des familles ne dépasse pas 20 % de leurs revenus, la revalorisation de l’APL et la suppression de la caution dans le parc privé. Les Nouvelles 16 février 2017 • 5


LOGEMENT - EXCLUSION CONSEIL DE MÉTROPOLE

HÉBERGEMENT D’URGENCE

Rénover dans le centre Pour régler le problème, historique : une urgence sociale ! il faut régler celui du logement social Le conseil métropolitain étudie la poursuite de l’opération d’amélioration de l’habitat dans le centre historique de Bordeaux, mené jusqu’ici par In Cité. Cette opération sera poursuivie et élargie aux copropriétés et aux quartiers Bastide et Belcier. Pour Odile Blein, du groupe communiste, les objectifs sont bons mais le bilan pourrait être bien meilleurs, si on en donnait les moyens aux opérateurs. « Nous soutenons évidemment cette démarche qui vise à améliorer l’habitat dans des quartiers populaires du centreville et à y maintenir les populations les plus fragiles. Le travail réalisé jusqu’ici par In Cité, s’il n’est pas sûrement pas exempt de reproches, est de grande qualité. De même d’ailleurs que le rapport qui nous est présenté. Celui-ci fait cependant valoir des éléments qui doivent interroger, à commencer par le taux de réalisation des objectifs, qui n’a été que de 30 % en direction des propriétaires occupants et 43 % pour les propriétaires bailleurs. On comprend évidemment que les dossiers traités sont lourds et demandent du temps pour aboutir. Mais des niveaux aussi bas de réalisation doivent obligatoirement nous interroger sur les moyens mis à la disposition de l’opérateur et des services pour parvenir à des objectifs certes fixés par l’Etat, qui correspondent d’abord à des urgences sociales. Pas satisfaisant non plus, le taux de relogement définitif qui est d’à peine 25 %, même si une majorité des ménages semble trouver relogement dans le centre historique de Bordeaux. Enfin, on peut s’étonner de la tendance à l’augmentation des loyers, qui n’est pas compensée par la baisse des charges induite par les travaux de rénovation, énergétiques notamment. Ces remarques faites, nous nous félicitons de la poursuite de ce travail et de l’extension du périmètre concerné. Les

premiers éléments livrés par l’observatoire des loyers animé par l’A’Urba mettent en évidence que notre agglomération est championne du prix au m2 pour les loyers, loin devant Nantes ou Toulouse. Des prix qui ont augmenté de 11 % entre 2009 et 2014 pour les locataires entrants. Espérons que l’arrivée des données définitives de cet observatoire ne tarde pas afin que notre conseil puisse se prononcer sur la mise en place – urgente à notre avis, de l’encadrement des loyers sur la métropole. » « Du logement social pour les familles ! » C’est la droite bordelaise qui le dit…

Max Guichard, président du groupe communiste au Conseil de la métropole, interpelle Alain Juppé sur les propos d’une de ses adjointes qui confirme que c’est beaucoup plus de logements sociaux qu’il faut construire… « C’est d’habitude notre groupe qui intervient avec insistance sur la question du logement et je ne sais pas si ce n’est pas en fait une erreur… Je ne sais pas si nous ne devrions pas laisser faire vos adjoints… Oui, parce que j’ai lu un article fort intéressant dans Sud-Ouest cette semaine, concernant les nouvelles écoles à Bordeaux. Et c’est Mme Cuny qui, interrogée sur le sujet, expliquait qu’ il fallait plus d’ écoles là où on construit des logements sociaux. “Il y a davantage de familles dans les logements sociaux”, disiez-vous, madame. C’est sûrement lié au fait que 70 % des logements dits à prix “libres” sont en fait des produits pour investisseurs loués à des prix indécents… En tous cas, vos propos, Mme Cuny donnent du sens à ce que nous disons en permanence : c’est du logement social qu’il faut construire pour répondre aux besoins des familles. Il en faut donc dans des proportions beaucoup plus importantes que ce qui se pratique, dans votre ville comme dans d’autres. »

« Tout est mauvais dans la stratégie du logement », c’est ce qu’affirme Pascal Lafargue, le président d’Emmaüs Gironde. Le logement est trop cher, en sont exclus des personnes qui ne devraient pas être en situation de pauvreté et les structures d’hébergement d’urgence qui ne devraient accueillir que les publics les plus fragiles saturent. Pascal Lafargue s’est fait le porteparole des associations qui occupent la caserne Niel à Bordeaux, et auxquelles Bordeaux Métropole a demandé de quitter les lieux, dans le cadre de l’aménagement du quartier. L’association y tient un espace de vente. Elle y apporte aussi son expertise et son soutien au village d’accueil d’urgence mis en place par la fondation Darwin. Emmaüs, en ce début février, c’est 700 personnes logées en Gironde, c’est 195 places des 259 attribuées dans le cadre du plan hivernal. « En tant que président d’Emmaüs, je ne peut pas être contre la construction de logement, précise-t-il, mais nous essayons d’expliquer à la ville et à BMA qu’il serait judicieux de laisser vivre cet écosystème passionnant qui s’est installé à la caserne Niel parce que c’est une vitrine pour la ville, en France et même à l’international, parce qu’on se demande toujours comment donner une âme aux grands projets urbains, or ici elle existe déjà. Et puisqu’il s’agit

d’une ZAC (zone d’aménagement concerté), qu’au moins on respecte la concertation, qu’au moins il soit possible de vivre ensemble. » Et puis, même si l’association n’en est pas à l’initiative, ces logements d’urgence, de la Fondation Darwin ne sont pas de trop. « Il y a eu des améliorations ces 5 dernières années sur l’ hébergement d’urgence, et cette année en particulier sur la mise à l’abri en période hivernale. Mais le compte n’y est pas. Le problème c’est le coût du logement ». Avec un emploi, on devrait pouvoir se loger

Le président d’Emmaüs rappelle que depuis la loi SRU, les communes de plus de 3 500 habitants sont censées appliquer des quotas de 25 % de logements sociaux et qu’on en est qu’à 16-17 % à Bordeaux, même s’il est vrai que tous les nouveaux programmes incluent une volonté de s’en rapprocher. « Des personnes sont en difficulté parce que tout est trop cher. On reçoit 20 à 25 % de gens qui travaillent dans les centres d’hébergement. Dans une société qui prône la valeur travail, c’est incohérent. Ces personnes auraient un logement si les prix étaient raisonnables, au lieu de cela, elles se retrouvent dans des logements d’urgence ou dorment dans des garages, dans leur voiture… C’est un vrai problème de société ». Régler le problème de l’hébergement

d’urgence, cela passe donc par régler celui du logement social et des coûts sur le marché de l’immobilier. Mais dans la situation ou pour une partie des publics les plus fragilisés, marginaux qui ne rejoindront jamais les structures d’accueil, il faut mettre à l’abri quand il fait froid, c’est une question de vie ou de mort. « C’est indispensable de mobiliser des places nouvelles chaque hiver, sinon les gens meurent, insiste Pascal Lafargue. 3 000 ou 4 000 morts sur les routes, en France, et on déploie des moyens extraordinaires mais on accepte que 2 000 personnes meurent sur nos trottoirs alors que de mettre à l’abri ces personnes ne coûterait pas grand-chose. Et cela pourrait s’anticiper pour ne pas se contenter de mobiliser des gymnases. On met bien des refuges à la disposition des randonneurs en montagne. On pourrait imaginer des lieux dédiés à ces urgences dans chaque quartier de la ville, même s’ils ne sont pas ouverts toute l’année ou s’ils servent à autre chose le reste du temps ». Christelle Danglot Chiffres

Accueil d’urgence en Gironde Places permanentes ouvertes à l'année : 830

(plus de 95 % dans la métropole)

Places supplémentaires du plan hivernal : 259 (86 % dans la métropole)

Total de capacité : 1089 Données relatives à la nuit du 12/02/2017 au 13/02/2017, source Préfecture de Gironde, CAIO et 115.

MOBILISATION

De l’Humanité pour l’Alouette Le dimanche 5 février, un collectif citoyen a ouvert les portes de l’EHPAD de l’Alouette (locaux vides depuis près de 2 ans) situé dans l’enceinte du CHU, sur le site de Xavier Arnozan à Pessac, afin d’y héberger les familles qui se trouvaient, pour certaines, à la rue suite à l’évacuation du gymnase Grand Parc 2, conséquence de la fin de l’hébergement d’urgence « plan grand froid ». L’action s’est rendue visible le 8 février. La réaction immédiate du CHU a été la coupure de l’électricité suivit du déclenchement d’une procédure d’expulsion, prononcée sans débat contradictoire le 10 et applicable depuis le 13 février. De nombreuses protestations se font 6 • Les Nouvelles 16 février 2017

entendre depuis et l’élan de solidarité autour des familles s’est élargi. Dans un communiqué commun, les occupant-e-s de l’Alouette, familles, collectif de soutien, citoyens solidaires, syndicats CFDT, CGT, SUD du CHU de Bordeaux, Médecins du Monde Aquitaine, NPA Pessac, DAL 33 et RESF 33 appellaient à un rassemblement : le 15 février 2017 dès 14h, devant la Direction générale des hôpitaux de Bordeaux, entrée Cholet, 145 avenue de la vieille tour à Talence, Bus 8 arrêt Pelletan. « Face à l’état de nécessité des habitants de l’Alouette et à la mise hors service de l’électricité, nous nous mobilisons mercredi 15 dès 14h sous les fenêtres de M. Vigouroux, Directeur Général du CHU. Nous réclamons la remise en

électricité et en eau potable de l’ancien EHPAD ainsi que l’assurance d’une absence d’évacuation policière. Nous exigeons, pour ces familles en péril, des conditions de vie décentes. Nous voulons que pour elles soient trouvées des solution pérennes, permettant aux enfants de se construire sereinement. L’hôpital public doit être aidant pour tout le monde. Un peu d’ humanité pour l’Alouette ! » Les syndicats CGT, SUD et CFDT ont également adressé, le 13 février, un courrier au directeur général qui avait refusé de les recevoir dans l’urgence, malgré de multiples demandes. « Où sont les valeurs humanistes de l’ hôpital ? Comment une direction hospitalière de service public peut-elle demander l’expulsion de gens qui y

ont trouvé refuge sans se préoccuper de ce qu’ils vont devenir ? », interroge également l’Union sSyndicale départementale de la Gironde CGT santé et Action Sociale. Elle « condamne le

comportement de la direction du CHU et demande à ce que la situation de ces sans abri soit considérée avec humanité et que leur soient apportées des solutions dignes ».


PCF DÉCLARATION DU PCF

BORDEAUX-CENTRE // BASTIDE-SAINT-AUGUSTIN

Violences et discriminations policières : « Agir pour de vrai »

Pour la défense des services publics !

Les résultats d’une récente étude sur le contrôle au faciès montraient que 80 % des jeunes hommes noirs et arabes indiquent avoir été contrôlés au cours des cinq dernières années, contre 16 % pour l’ensemble du panel. Il s’agit donc d’agir pour de vrai et ne plus laisser se durcir une confrontation directe entre une partie de la population des quartiers populaires et une partie des forces de l’ordre. Le PCF propose d’agir dans trois directions : - Les violences policières partent le plus souvent de contrôles d’identité abusifs, au faciès, pour lesquels l’État

a déjà été condamné. Le récépissé lors des contrôles d’identité (promesse de Hollande non tenue) a prouvé son efficacité dans les pays où il est appliqué. - Les BST (brigades spécialisées de terrain) créées par Hortefeux sont composées d’agents majoritairement peu expérimentés, mal formés, avec des missions centrées sur la seule répression, avec l’objectif de faire « du chiffre ». Seule une police de proximité, avec des policiers formés, encadrés, peut recréer un lien de confiance avec la population. À l’échelle nationale, le PCF propose le recrutement et la formation de 20 000 policiers et gendarmes.

- Plus généralement, l’Etat doit mettre en oeuvre un plan de lutte contre le racisme : renforcement des sanctions, campagnes de communication inédites et formation des agents publics, singulièrement des forces de l’ordre, à la lutte contre tout propos ou acte raciste et à l’accueil des victimes du racisme. Ramener la gauche à gauche, c’est avoir une grande ambition politique pour les quartiers populaires et les services publics pour l’emploi, la formation, le développement économique, l’éducation, le logement, la culture. Le PCF propose un grand débat national sur ces enjeux.

Jeudi 23 février à 19h, 250 rue malbec (place nansouty) Réunion en présence de : Servane Crussière, syndicaliste de la CAF ; Maryse Dumas, retraitée de La Poste et syndicaliste CGT ; Bernadette Guerguy, porte parole du comité de défense de l’hôpital Robert Picqué, …

RIVE DROITE

Rencontrez nos candidats 23 février 2017, 18h, salle des Associations à Cenon Réunion en présence de : Berivan Bal et Christophe Bagilet

Le 4 février, 20 communistes girondins ont participé à une première session de formation des nouveaux adhérents. 27 sont inscrits pour la seconde partie le 4 mars.

PCF BASSIN D’ARCACHON

Quels députés, pour quelle politique ?

Le 4 février, les communistes tenaient une réunion publique, suivie d’un repas fraternel, « malgré tempête et épidémie de grippes », qui a rassemblé une trentaine de participants. Ce fut aussi l’occasion de présenter les candidats pour les prochaines élections législatives. Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix, a animé le débat sur la paix l’après-midi, à Arès, « où nous nous étions exprimés, en septembre, pour un accueil digne des migrants et réfugiés venant de Calais ». Militants, pacifistes ont affirmé leur

détermination et leur engagement « à gagner un monde sans guerre ». Ils se sont quittés avec l’intention de créer un comité pour la Paix et envisager d’autres initiatives. Mettant l’accent sur la gravité de la situation internationale, ils dénoncent l’utilisation de « sommes colossales consacrées à la mort plutôt qu’à la vie ».  Pour une autre politique, ils prennent appui sur une large majorité de la population française qui, à 80 %, est « favorable à la convention pour l’interdiction des armes nucléaires », à 75 % « pour la réduction des dépenses militaires » qui ont doublé en 12

ans (1 800 milliards de dollars) et à 66 % « défavorable à l’exportation des armes ». Des pétitions circulent, reprises par notre groupe à l’Assemblée Nationale, contre le doublement des crédits de l’arme atomique et contre l’augmentation de 31 % du budget annuel de la défense à l’horizon 2020, pour un traité d’interdiction des armes nucléaires que la France doit voter à l’ONU, pour la reconnaissance immédiate de l’État Palestinien. Pour les communistes, la sortie de l’OTAN et de l’Alliance Atlantique est un impératif. Roland Nivet a démontré que la Paix passe par des transformations sociales pour un projet de société libérée de la recherche effrénée de profits capitalistes. Il faut pouvoir se loger, se nourrir, travailler… en paix et en sécurité. Il a également fait le lien avec l’action du Mouvement de la Paix dans le cadre de l’éducation à la Paix et à la non-violence. Un arbre de la Paix a été échangé entre des enfants de Rennes et de Gaza. Un poste d’enseignant à Gaza sera financé par le Mouvement de la Paix.

Carnet BASSIN D’ARCACHON. « Notre Camarade Patrick Legeron, le « Capitaine », a brutalement quitté cette vie qu’il aimait tant, à l’âge de 60 ans. Dans la salle communale de Cazaux, nous étions plus de 500 à former son dernier « équipage des Copains d’abord », de tous âges, de toutes origines, de toutes professions (ostréiculteurs - pêcheurs - marins - transporteurs), des militants, des sportifs. Patrick, c’était la joie de vivre, la tendresse, la bonté, la volonté, la fidélité dans des valeurs. Les communistes du Bassin sont très tristes et tiennent à présenter à Cathy sa femme ainsi qu’à ses enfants, à Claudine sa maman, à Hervé son frère et à toute la famille, leurs plus sincères et fraternelles condoléances. Patrick, tu ne viendras plus avec ton camion, transporter du matériel pour les fêtes de l’Huma tant à Paris qu’à Bordeaux, mais pour toujours nous te disons : merci d’avoir été notre camarade. »

PCF RIVES DE DORDOGNE

Jeudi 23 février, 20h, salle du Verdet à Libourne Les communistes de la 10e circonscription poursuivent le travail en ateliers. Le 27 janvier, ils abordaient la question des services publics. Ils ont aussi travaillé sur un projet de loi en lien avec la transition de notre modèle agricole en s’appuyant sur les propositions mises en débat dans le livret La France en commun : Produire autrement pour l’Humain et la planète (page 64). Les particpants ont fait des propositions pour abonder un texte de loi créant un fond de solidarité agricole en cas de calamités agricoles d’origines climatiques ou épidémiques. Dans cette logique de construction de politiques alternatives, le 23 février, ils aborderont les questions de la santé et de la protection sociale. L’objectif de ces ateliers est, à partir de la situation locale et du vécu des participants,

d’élaborer le schéma de textes de loi qui seront, ensuite, proposés aux parlementaires pour être affinés et proposés au vote du Parlement. Par exemple, sur les questions de la santé, ils proposent la création de bourses d’études pour les étudiants en médecine qui, en échange, s’engageraient à exercer une durée donnée dans un territoire qualifié de « désert médical », notamment en zones rurales. Le 8 mars, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, la question de l’égalité Femmes-Hommes sera discutée. pcfrivesdedordogn@orange.fr

Communiqué : Des élus au service de la population

« La section des Rives de Dordogne tient à féliciter Monique Julien, conseillère

municipale communiste de Libourne, du travail remarquable qu’elle a accompli pour venir en aide à ses concitoyens dans le besoin, qui ne peuvent se soigner correctement. Depuis le 1er janvier, les habitants peuvent souscrire à une mutuelle communale, ce qui  leur permet grâce à des tarifs négociés, d’économiser entre 20 et 50 euros par mois. Déléguée aux achats et marchés publics, à l’espace famille, assistée du CCAS, elle a entrepris de mettre en oeuvre cette volonté municipale et a fait le choix de passer par un service de proximité, appartenant au secteur de l’économie sociale et solidaire, axé sur la prévention et surtout accessible aux bénéficiaires de l’aide au paiement d’une complémentaire santé à vocation universelle, donc sans condition de ressources. De plus cette mutualité propose aussi des mutuelles services pour les chômeurs, les étudiants, les indépendants et les retraités, qui sont particulièrement cibles par ce nouveau dispositif. »

Tout versement par chèque ouvre droit à une réduction fiscale de 66% du montant versé. (chèque à l’ordre de ADF PCF 33). Les ressources financières du Parti communiste sont transparentes. Votre don, aussi modeste soit-il, contribuera effica- cement à la démocratie, à l’expression et la prise d’initiative du Parti communiste. Cet ensemble sont les éléments majeurs pour continuer notre combat dans l’ambition d’une gauche forte et alternative. La fédération de la Gironde du PCF, lance une souscription afin de mener nos prochaines échéances politiques, notre objectif est de 70 000 euros.

ILS ONT DONNÉ 810 € : M. RIOLS Jean, Mérignac ; M. DAYGUESPERSE Jean, Bassens  ; Mme GAUTHIER Henriette, Talence ; Section de Coutras

Les Nouvelles 16 février 2017 • 7


CHRONIQUE

CULTURE & SOLIDARITÉ

NOUVELLES IDÉES REÇUES

CINÉMA BIGANOS

par Gérard Loustalet Sens

Projection de La Sociale, l’histoire d’une longue lutte vers la dignité Mercredi 22 février 2017, 21h, au Centre Culturel de Biganos, rue Pierre de Coubertin. Il y a 70 ans naissait la Sécurité sociale sous l’impulsion du mouvement ouvrier et d’ Ambroise Croizat. Un vieux rêve séculaire émanant des peuples : vouloir vivre sans l’angoisse du lendemain voyait enfin le jour. 1950, les derniers mots d’Ambroise Croizat à l’Assemblée nationale sont encore pour la Sécurité sociale : « Jamais nous ne tolérerons que soit mis en péril un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès ». Un cri pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée

au privé, mais reste ce qu’il a toujours voulu qu’elle soit : un lieu de solidarité, un rempart contre le rejet, la souffrance et l’exclusion. Pour comprendre les défis auxquels est confrontée toute la protection sociale aujourd’hui, il faut tout d’abord revenir sur son histoire ; celle des hommes qui bâtirent cette utopie devenue une grande innovation ; celle des grandes luttes sociales, de la Résistance, du Conseil National de la Résistance qui permirent aux ministres communistes à la Libération de bâtir « l’exception française ». Pour comprendre et défendre cette « exception française » basée sur un financement par cotisation salariale, sur la solidarité et la démocratie, les communistes de la section Bassin

Le business de la charité

Arcachon Val de l’Eyre invitent à un débat à l’issue de la projection.

BORDEAUX SOLIDAIRE

Crédit photo : Paguy

« Nous sommes tous des délinquants »

Place Pey-Berland, vendredi 10 FSU, la Cimade, la LDH, ASTI… février à 17h, une centaine de personnes se sont rassemblées et dé- Plusieurs rassemblements ont eu lieu clarées « délinquants solidaires » en France entre le 8 et le 10 février à l’appel de douze associations suite à la recrudescence de procès en Gironde dont Médecins du de personnes venues en aide à des de Bacalan personnesLaïque étrangères, de menaces monde, Réseau Sans Frontière, la L’Amicale

MARDI 21 FÉVRIER 2017

et la filière musique

de lourdes sanctions et de mesures d’intimidation, de condamnations à Calais, à Paris, à Norrent-Fontes, à Boulogne, à Loos, à Nice, à Perpignan, à St-Etienne, à Meaux… Plus de 350 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales, ont signé un manifeste publié le 12 janvier 2017. Elles organisaient partout en France des rassemblements pour en finir avec le délit de solidarité. À Bordeaux le Collectif Solidarité Réfugiés 33 dont l’objectif est de manifester une solidarité active envers les étrangers et qui réunit, notamment, des organisations ayant signé le manifeste, initié de rassemblement local en afirmant : « Si la solidarité avec les étrangers est un délit, alors nous sommes tous délinquants ».

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THANK YOUFerré Thank you FERRÉ L’Amicale Laïque de Bacalan et la filière musique de l’Université Bordeaux Montaigne vous proposent : Thank you Ferré, au théâtre Le Cerisier, 7 rue Joseph Brunet, 33300 Bordeaux. 18h7, :rue conférence audiovisuelle de Joseph Brunet Daniel Pantchenko autour de son

Théâtre

Le Cerisier 33300 - BORDEAUX

livre Léo Ferré sur le Boulevard du Crime au TPL - Déjazet de 1986 à 1992 20h30 : concert par les étudiants en licence musiques actuelles, jazz et chanson Renseignement : 05 56 50 85 60 PAF : 3€

©Hubert Grooteclaes

Imprimée par Pleine Page - 33300 BORDEAUX

18h00 - ConFERRErence audiovisuelle de Daniel PANTCHENKO

autour de son livre “Léo Ferré sur le Boulevard du Crime” Au TLP - Déjazet de 1986 à 1992

20h30 - Concert par les étudiants en licence Musiques actuelles, Jazz et Chanson

Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest S.A.S. au capital de 37 000 euros Associés (à parts égales) : L. Chollon, F. Mellier, S. Laborde Directeur de la publication : Frédéric Mellier Abonnement 1Renseignements an : 25 euros. Abonnement de soutien : : 05 56 50 85 60 40 euros Rédaction, composition, impression : S.A.S. Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Tél. 05 56 91 45 06 - Fax 05 56 92 61 01 - Annonces légales : annonces@nbso.fr Comptabilité : compta@nbso.fr - Redaction/Proposition d’article : redaction@nbso.fr @nvlbx Les nouvelles de bordeaux nbso.fr Commission paritaire de presse : 0118 C 85932

8 • Les Nouvelles 16 février 2017

ANNONCES LÉGALES AVIS DE CONSTITUTION Par acte SSP du 04/02/2017, il a été constitué une SASU dénommée : ENDEO Environnement Siège social : 13 rue Montesquieu 33400 TALENCE Capital : 3 000 € Objet : Bureau d’études conseil eau et environnement Durée : 99 ans à compter de l’immatriculation au RCS de Bordeaux  Président : M. Nicolas DION, 13 rue Montesquieu 33400 TALENCE Pour avis,

Parmi les multiples formes du mépris de classe cultivé par la classe dominante, l’une des plus méconnues est sans doute celle que l’on appelle aujourd’hui communément le business de la charité. En fonction des publics ciblés, on peut en distinguer trois sortes : les associations caritatives, les ONG, la philantropie (de milliardaires). Le fondement en est donc la charité, une des trois vertus théologales du christianisme avec la foi et l’espérance. La charité fonde l’amour du prochain en ce qu’il est l’image de Dieu. Ce qui est à la fois une garantie et une restriction. La charité chrétienne a des limites et surtout ne saurait être confondue avec la solidarité quoi qu’en dise Marcel Gauchet, hagiographe bien connu d’une démocratie libérale réduite à une alternance corsetée entre démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates afin que rien ne change (l’Obs, 26.01.2017). La solidarité se pratique entre égaux, la charité implique un rapport de dépendance entre celui qui donne et celui qui reçoit. C’est ce que traduisent toutes ces expressions insupportables de condescendance apitoyée : les plus démunis, les plus fragiles, les plus défavorisés… En outre -cela a déjà été formulé bien des fois- la charité chrétienne dans « l’assistance des pauvres » n’est pas désintéressée. Dans un article bien ancien, intitulé « La charité et les établissements d’assistance au temps de Philippe-Auguste », l’historien médiéviste Achille Luchaire écrivait par exemple : « (les contemporains de Philippe-Auguste) étaient convaincus que contribuer à la fondation, au développement ou à l’entretien des hôpitaux était une œuvre agréable à Dieu et un excellent moyen de faire son salut (…). Faire du bien aux pauvres, c’est mériter envers le Christ lui- même » (La Revue du mois, février 1907). Rien n’a changé depuis le XIIe siècle et la bourgeoisie catholique a toujours considéré que l’aumône et le secours aux pauvres n’étant que l’effet de son immense bonté, les bienfaits ainsi dispensés étaient une épatante monnaie d’échange pour le salut éternel au jour du Jugement dernier. Tout en perpétuant, double bénéfice, l’ordre établi ici-bas et en gardant une distance dissuasive et défiante avec une plèbe imprévisible et ingrate. C’est ainsi que début janvier M. F. Fillon, châtelain à Beaucé, son manoir, sa grande salle à manger avec cheminée, ses 14 chambres, sa chapelle, ses 6 hectares, son tracteur et ses 5 enfants, sans parler d’un goût un peu dispendieux pour les voitures de course, rendait visite, avec tout le paternalisme requis en ces circonstances, au centre Emmaüs du 19 e arrondissement de Paris et découvrait 9 millions de pauvres. Il déclarait vouloir ainsi « montrer son attachement au système de solidarité français », confondant délibérément solidarité et charité, Sécurité sociale et Emmaüs Je ne méconnais pas que bien des chrétiens entendent conjuguer charité et solidarité. On les désigne généralement comme des « chrétiens de gauche » : la conviction de leur croyance en une interprétation égalitaire du message évangélique ne saurait être sous-estimée et on ne reconnaîtra jamais assez le rôle éminent d’organisations comme l’Action catholique ouvrière, incontournable pépinière de militants courageux, dévoués, désintéressés… Mais comment ne pas voir qu’ils n’ont jamais été que tolérés par l’institution ecclésiale, voire marginalisés quand ce n’était pas condamnés (prêtresouvriers, théologie de la libération…) La charité peut soulager des souffrances, et ce n’est pas négligeable, elle n’en supprime pas les causes… Quand elle ne les entretient pas… Des icônes qui donnent bonne conscience à l’Occident chrétien sont sujettes à caution. Aroup Chattergie, auteur indien d’une biographie de Mère Teresa, a enquêté sur les dispensaires des Missionnaires de la Charité qu’elle a fondés. Des conditions de soin et d’hygiène douteuses ne la gênaient pas : « Mère Teresa a glorifié la souffrance car elle pensait que cela rapprochait de Jésus-Christ ». Elle a pris position contre l’avortement et la contraception, « elle n’a rien fait pour lutter contre le système des castes et transformer la société » (le Monde, 04/05.09.2017). La bonne conscience entretient une mauvaise mémoire et c’est bien le rôle des Organisations dites non-gouvernementales chargées de réparer tant bien que mal les dégâts déchaînés par les menées impérialistes de l’Occident capitaliste. Des imposteurs, tel Kouchner, ont même bâti toute une carrière politique sur l’enchantement éprouvé par les riches bourgeois des sociétés occidentales de se trouver si bons et charitables.

Nouvelles N° 2190  

Nouvelles N° 2190 du 17 février

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