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Jeudi 5 juin 2014 - N째 2049 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro


EN LUTTE Lesbian & Gay Pride Bordeaux

Marche des fiertés Samedi 7 juin, 14h, place de la République Arrivée aux Quinconces où vous attendront les associations, des préservatifs et un concert . Le mot d’ordre de la Marche est «La Famille Pour Tous». La soirée officielle de cette édition 2014 prendra place au STEREO KLUB et s’achèvera pour ceux qui le souhaitent en after au Sauna Hugo.

ACTUALITÉ Salariés d’Elior et de Bagatelle, même combat

Tous concernés !

En grève depuis le 14 mai, soit plus de 20 jours, les salariés restent déterminés à faire respecter leurs revendications, malgré la surdité de la direction d’Elior et de Bagatelle qui ne veulent rien céder.  La médiation ordonnée par le TGI s’est révélée sans résultat devant le mépris affiché par Elior Services. «Comme l’ensemble des soignants, nous participons aux soins en évitant, entre autres, les infections nosocomiales. La direction de Bagatelle a ses responsabilités dans ce conflit : c’est elle le « donneur d’ordre », car c’est elle qui a décidé d’externaliser le service de ménage pour tirer les salaires vers le bas sur notre dos » estime la CGT. ASH, soignants, ouvriers, administratifs, patients : tous concernés ! «Comme nous, vous subissez la politique de santé qui veut qu’on soigne les patients à moindre coût en réduisant au maximum les effectifs, les moyens et qui impose des cadences de travail incompatibles avec la qualité du travail. Ces choix sont scandaleux ! Ils mettent en danger la vie de la population et dégradent nos conditions de travail à tous, ASH, aides-soignants, administratifs, infirmières, ouvriers…» clament les ASH en grève qui se sont installés à l’entrée de Bagatelle. 

Nous ne sommes pas condamnés à subir ces choix «Nous avons choisi de travailler dans la santé pour exercer une profession proche de l’humain et nous voulons que cette dimension soit respectée par nos directions respectives» disent ces femmes et des hommes qui triment avec des horaires insupportables pour une moyenne de 900 euros par mois. «Les directions font tout pour essayer de nous isoler, nous diviser, en tentant de laisser s’enliser le conflit alors qu’ils ont les moyens d’augmenter les salaires. Comment peut-on croire qu’une société comme Elior, qui va être cotée en Bourse, ne pourrait pas nous payer décemment ? Quant à l’activité de Bagatelle, elle est en augmentation» dénonce la CGT. Devant cette situation de blocage, les grévistes décident de durcir le ton en élevant et élargissant la mobilisation. Le 2 juin, une assemblée générale de tout le personnel (ASH, soignants, administratifs, ouvriers) était prévue au sein de Bagatelle. Rappel des revendications : - 100 € mensuels d’augmentation - Clause de non mobilité - 3 créations de postes à temps plein et discussions sur l’organisation du travail - Paiement des jours de grève Contact et soutien : cgt.bagatelle@gmail.com

EXAPAQ Tresses

En grève Le 3 juin, les salariés du groupe EXAPAQ ont débrayé à plus de 50 %, rejetant la proposition de la direction de Bordeaux d’une augmentation de 1%, en dessous des autres sites nationaux, dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO). Ils refusent les différences de traitement et les inégalités et demandent, avec la CGT, la revalorisation salariale pour toutes les catégories de salariés et la mise en place d’un 13ème mois, et organisaient un rassemblement devant l’entreprise pour obliger la direction à négocier. D’autres sites nationaux ont aussi appelé à la grève le même jour, à Fresnes, Toulouse, Montpellier, Nîmes, Avignon, Lézignan, Perpignan, Rodez, Montauban.

Espaces Marx

Rendez-vous de juin • Vendredi 6 juin, 18h, Emission Radio à RIG 90.7, animée par Joël Guerin. Invité Jean Casset, auteur de « L’Argent dans la grande distribution », locaux de RIG à Blanquefort • Mercredi 18 juin, 12h15, Bureau d’Espaces Marx, Bistrot des Bouchons, Talence • Vendredi 20 juin, 18h30, Atelier économie-politique : Dominique Levy « La grande bifurcation », librairie La Machine à Lire • Lundi 30 juin, 19h, Bistrot politique d’Espaces Marx, Bistrot des Bouchons, Talence

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Historique du syndicat de site Cgt Bagatelle

2005 fut le commencement de leur histoire, voici leur parcours. 135 salariés de Bagatelle furent externalisés, ils se sont résignés, car comme leur disait la direction de Bagatelle «il faut faire des sacrifices, nous sommes en déficit, nous avons choisi une société qui reflète les valeurs de Bagatelle». Après une année dans la nouvelle société qui les avait repris, il n’existait que mensonges, pressions et brimades. Leur force fut leur rassemblement quand en 2006 ils ont dit «STOP». Stop à cette pression, ce sentiment de subir sans pouvoir agir. Ils étaient un peu éparpillés dans leurs idées, entre un sentiment d’injustice et de colère. Ils ont fait grève 8 jours et pour se structurer ils ont adhéré au syndicat CGT. Chacun d’entre eux a pu constater que ce qu’ils avaient vécu chacun-e dans leur isolement, ils ne le voulaient plus. Ils ont appris à se battre ensemble. Diviser pour mieux régner 2008. Ce fut l’appel d’offres : ce ne sera plus 1 société pour 135 salariés, mais 3, toutes dans des

domaines spécialisés, Hôpital Services pour le ménage, Altys pour le technique et Médirest pour la cuisine, le standard fut internalisé. Cette division les a fragilisés dans leur groupe puisqu’ils n’étaient plus dans la même entreprise, donc plus les mêmes conventions collectives. 2009 Les salarié(e)s d’Hôpital Service on fait grève pendant 6 jours pour tenir tête a leur employeur, des femmes d’un courage et d’une dignité exemplaires (souvent seules avec des enfants et un seul revenu familial). Ils se sont  battus dans leurs nouvelles sociétés respectives, et ont remporté les élections des délégués du Personnel Altys, Hôpital Service, Médirest, mais cette sensation d’isolement était à nouveau présente. Quelle solution pouvaient-ils avoir ? C’est la CGT qui en écoutant leurs parcours a proposé de créer un syndicat de site et ainsi le syndicat de site Bordeaux Bagatelle est né, regroupant Hôpital Service, Altys, Médirest compass-groupe, et la fondation Bagatelle et tous ses sites.


ACTUALITÉ

Editorial

Commission européenne

Respecter le vote des électeurs. Le président de SYRIZA et candidat de la gauche européenne pour la présidence de la Commission européenne, Alexis Tsipras, commentant les discussions en cours concernant la désignation du successeur de José Manuel Barroso, a déclaré qu’il relève de : « Jean-Claude Juncker, en tant que chef du parti qui a remporté les élections, de solliciter la majorité requise pour sa propre désignation, et qu’en tout état de cause, le futur Président de la Commission doit  être choisi nécessairement parmi les personnes qui ont mené la campagne des élections européennes ». «Ma position est que le Conseil européen ne devrait pas proposer à la présidence de la Commission un candidat qui n’a pas participé à cette élection. Ma position est que le Parlement européen ne devrait pas approuver un candidat qui n’a pas participé à cette élection », a indiqué Alexis Tsipras. Pour la candidature de Jean-Claude Juncker, il a ajouté que ses désaccords politiques avec le chef de file du Parti populaire européen «continuent

et continueront d’exister». Cependant, puisque «le PPE a remporté la victoire des élections européennes, il lui appartient d’entamer les négociations avec les autres groupes politiques afin de dégager la majorité requise». «L’irruption de toute autre personne pourrait être perçue comme un acte de rabaissement des résultats de la dernière compétition électorale et tourner en dérision le principe même des élections européennes. Il s’agit du respect d’un principe démocratique fondamental. Et le Conseil Européen est moralement obligé de proposer le nom du candidat arrivé en tête des élections « a-t-il fait remarquer. Alexis Tsipras a en outre rappelé que «conformément au traité de l’UE, le Parlement Européen a le droit d’approuver –  et par conséquent – le droit de rejeter la nomination par le Conseil européen du président de la Commission européenne». Traduction : Vangelis Goulas et Vasiliki Papadaki

Nous sommes l’alternative ! A l’heure de la célébration du 70ème anniversaire du débarquement, la France de 2014, encore sonnée après les terribles résultats des élections européennes, s’apprête à envoyer 24 députés du Front National au Parlement Européen. Triste commémoration… Voilà le résultat de dix ans de mépris. Après la négation du « non » des Français au referendum de 2005, nous payons le résultat de politiques ultralibérales menées par les gouvernements de droite et leur poursuite par le gouvernement Valls qui trahit les aspirations progressistes du 6 mai 2012. La situation du pays se détériore de jour en jour, on licencie à tour de bras, les actionnaires se gavent, et les scandales politico financiers éclatent au grand jour avec l’affaire Bygmalion. Le résultat ? Le voici : le FN atteint 25 % aux élections européennes. Comment ne pas y voir l’expression d’un désespoir profond, d’une perte de confiance en un avenir meilleur ? La situation politique est grave. Pourtant et malgré la double sanction sortie des urnes lors des élections municipales et européennes, le Président de la République annonce le maintien de sa politique. Nous somme face a un double enjeu : un cataclysme pour la vie politique française, et des menaces de fortes régressions telles que les droits des femmes en Europe. Le FN se réclame d’une France conservatrice où la base de la société est la cellule familiale et la domination patriarcale. Il l’a clamé, avec d’autres, lors des manifestations contre le mariage pour tous.

Européennes

La Cgt appelle à un changement radical de politique L’organisation syndicale s’emploie à créer les conditions du rapport de force en développant les luttes sociales pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail, le service public, la politique industrielle et la protection sociale. La semaine d’action et de mobilisation du 23 au 27 juin sera l’occasion de mettre en débat ses propositions, sur les lieux de travail, avec une journée forte de manifestation et de grève le 26 juin. Analysant les résultats des élections européennes en France, la CGT souligne «une crise démocratique grave et profonde qui nécessite de changer totalement les orientations actuelles en matière économique, industrielle et sociale». Inquiète de la «forte abstention» qui selon elle «confirme le rejet grandissant de la population pour cette Europe des marchés financiers, face à l’arrivée en tête de scrutin de l’extrême droite, elle estime que «ce vote est une impasse», car ce parti «sur fond de misère sociale … ne propose que le repli sur soi». Quant au faible résultat du parti au pouvoir, il montre «une nouvelle fois, le désaveu des choix gouvernementaux», alors qu’il décide après la débâcle des municipales «d’accélérer ses réformes, menaçant l’avenir des jeunes, des retraités, des plus

pauvres et octroyant toujours plus de cadeaux au patronat». La CGT, avec la Confédération Européenne des Syndicats, porte un projet européen qui constitue une véritable alternative de sortie de crise et de progrès social. Ce projet permettrait la création de 11 millions d’emplois en relançant l’économie par un effort important d’investissement de l’ordre de 260 milliards d’euros par an pendant dix ans. Cette somme équivaut à 2 % du PIB européen soit deux fois le budget annuel de l’Union européenne. Pour la CGT, la solution pour l’Europe passe par un socle social commun avec un haut niveau de protection sociale, un égal accès à des services publics de qualité, une politique industrielle ambitieuse au service de la croissance, de l’emploi et des salaires. A la logique de dumping social faisant du travail un coût, elle oppose une juste répartition des richesses et pose clairement le problème du coût du capital. Les luttes sont nombreuses : «C’est quand les salariés s’y engagent, avec la CGT, qu’ils se donnent les meilleurs moyens de les gagner, comme les salariés de SAM technologie en Aveyron ou ceux des Fralib.»

Nous ne devons pas minimiser le vote du FN mais plutôt contrer chaque argument. Contre ses idées rétrogrades et xénophobes qui se banalisent, redonnons vie à nos valeurs de solidarité, d’égalité et de tolérance! La jeunesse a su réagir, dans toute la France, et a montré sa détermination face au danger que représentent les idées d’extrême droite. En Europe, les résultats de Syriza en Grèce et d’Izquierda Unida en Espagne nous donnent le sourire et de l’espoir contre les politiques d’austérité en Europe. En France, le parti communiste avec le front de gauche doit être force de proposition. Redonnons espoir. Nous sommes la seule alternative à gauche et nous devons être la réponse a gauche ! Dans cette société où les injustices perdurent, notre rôle doit être affirmé. Nous sommes là et serons toujours présents pour dénoncer et proposer des alternatives utiles et nécessaires à un véritable changement de société bénéfique au peuple.

Sophie Elorri, Membre du comité exécutif du PCF 33

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TAFTA Traité transatlantique

7 Français sur 10 exigent la transparence Un référendum s’impose L’inquiétude sur le contenu des négociations pour la création d’un espace de libre-échange entre l’UE et les EtatsUnis devient majoritaire. Les gouvernants redoutent le spectre d’une campagne référendaire citoyenne comme en 2005. Encore inconnu d’une majorité de Français, le grand marché transatlantique (GMT) voit le mur du silence érigé autour de lui se fissurer pour laisser place aux critiques. 55 % des Français ignoreraient encore totalement de quoi il retourne. Et même parmi les 44 % de sondés qui en ont entendu parler, sa notoriété reste encore chancelante : 28 % d’entre eux ne savent « pas vraiment de quoi il s’agit ». « Compte tenu de sa confidentialité relative jusqu’à ces dernières semaines, ce résultat montre que le sujet est en train de gagner en puissance au sein de l’opinion publique » (enquête CSA). Sans doute échaudés par la « concurrence libre et non faussée » qui leur a déjà été imposée à l’échelle européenne, les Français se méfient des conséquences concrètes de cette potentielle nouvelle zone de libre-échange. Selon une majorité d’entre eux, celle-ci profiterait davantage aux États-Unis (pour 63 %) et serait « plutôt une menace » pour l’Europe (45 %) et la France (50 %). La proportion est d’ail-

leurs plus importante parmi ceux qui ont entendu parler du traité : 76 % estiment que ce serait une chance pour les ÉtatsUnis et respectivement 52 % et 55 % pensent que le traité constitue une menace pour l’Europe et la France. Le secret qui se veut « stratégique » autour des négociations fait figure de grave problème démocratique  : 70 % considèrent cette situation comme anormale. L’importation de produits alimentaires aux normes américaines (type poulets lavés à l’eau chlorée, bœufs aux hormones, OGM…) est « un vrai sujet de crispation, un casus belli » : 60 % des sondés estiment que ce ne serait « pas du tout acceptable » et encore 24 % que ce ne le serait « pas vraiment ». De même, la possibilité pour des entreprises d’attaquer un État devant un tribunal arbitral suscite la désapprobation de 71 % des Français interrogés. La campagne des élections européennes a été l’occasion de lever un coin du voile dont la Commission européenne espérait couvrir ses négociations avec les ÉtatsUnis pour la création d’une zone de libre-échange entre les deux continents. Les sympathisants du Front de gauche et d’EELV, deux formations qui se sont emparées de la question, figurent parmi les mieux informés, à hauteur respecti-

vement de 73 % et de 61 %. À l’inverse, l’électorat moins structuré du FN - qui nationalement pousse des cris d’orfraie mais vote localement contre les résolutions qui s’opposent à la négociation du traité est plus ignorant. 40 % en ont entendu parler. « L’électorat du FN a certes des préoccupations économiques et sociales mais son principal carburant reste les questions liées à l’immigration et à l’insécurité. Le traité n’y faisant pas écho, il a moins retenu leur attention », estime Yves-Marie Cann du CSA. Comme en 2005, cette appropriation citoyenne se fait contre la pensée dominante. Car la question du grand marché transatlantique a été la grande absente de la campagne du PS ou de l’UMP. Une discrétion qui, s’ajoutant au secret imposé des négociations, encourage la méfiance.

L’opinion la plus éclairée s’avère bel et bien la plus opposée à ce qui se trame. Les journaux ressortent pourtant l’artillerie lourde à l’instar du Monde, qui titrait récemment « Halte aux fantasmes sur le traité transatlantique ». « Une argumentation, estime Yves-Marie Cann, qui reviendrait à dire à ceux qui s’opposent au traité : « Vous n’avez rien compris, vous êtes des imbéciles », réactiverait la fracture entre une partie de l’élite et le peuple en général. » Un référendum s’impose, comme sur le projet de Constitution européenne. Alors que la proposition de résolution déposée par les députés Front de gauche pour demander la suspension des négociations sur le traité transatlantique a été vidée de son sens à coups d’amendements par la majorité socialiste, à l’échelon local, des élus demandent « la diffusion publique immédiate » des textes en négociation.

CUB

Le Tafta ne les dérange pas Avec le groupe des élus écologistes (EELV), le groupe communiste a soutenu lors du dernier conseil de CUB, une motion portant rejet de la façon dont se mènent les négociations du traité sur la zone de libre échange transatlantique (TAFTA). Une motion rejetée par la majorité d’Alain Juppé ainsi que par le groupe des élus socialistes. Par la voix de Claude Mellier, vice-présidente, le groupe des élus communistes avait pourtant soutenu « sans aucune retenue » cette motion : « Nous profitons de cette motion pour saluer le travail des députés communistes et Front de gauche à l’Assemblée Nationale ainsi qu’au parlement européen. Le 24 avril, dans l’hémicycle du palais Bourbon, s’est tenu un débat suite à une résolution européenne déposée par André Chassaigne. Depuis des mois, ce traité est négocié en catimini entre les salons de Washington et ceux de Bruxelles sans qu’à aucun moment les représentations nationales et européenne n’aient été informées du contenu. Il a fallu une bataille acharnée de députés, d’associations, de partis politiques pour faire éclater au grand jour son contenu. Et à la lecture de celui-ci, on comprend bien le « pourquoi » du secret. Comme il est évoqué dans la motion, ce traité mettrait à mal les règles sociales, économiques, sanitaires, culturelles et environnementales qui restent dans notre pays ou sur le continent. Il consacrerait les multinationales comme seules détentrices du 4 • Les Nouvelles 5 juin 2014

pouvoir, pouvant s’attaquer à n’importe quel État risquant de faire obstacle à leurs profits, à leurs intérêts. Ce traité s’inscrit, en franchissant une nouvelle étape, dans la suite des traités européens de Maastricht ou de Lisbonne qui, au nom de la concurrence libre et non-faussé, écrasent les peuples, organisent le dumping social et fiscal, détruisent les services publics. Le TAFTA aujourd’hui, comme Maastricht ou la constitution européenne hier, n’ont qu’un seul but, celui de favoriser les profits des Banques et des marchés financiers, ceuxlà même qui sont responsables de la crise que nous subissons encore aujourd’hui et immanquablement nous conduiront dans une nouvelle crise. Car là est le vrai problème, l’austérité que nous subissons n’est pas dûe au laxisme des États comme on aime à nous le répéter. Cette austérité, c’est celle de la crise financière, qui a étouffé les économies, mis à genoux de nombreux pays. Avec l’austérité de F. Hollande comme celle de N. Sarkozy hier, nos concitoyens payent deux fois l’addition de la crise de 2008, alors que les plus responsables se voient offrir des allègements de cotisations sociales avec le pacte de responsabilité, qui ne feront que nourrir la bulle financière. C’est dans ce nouvel engrenage que veut nous conduire la commission européenne et les chefs d’état européens. Nous le refusons, nous voterons pour cette motion, et ferons les gestes nécessaires pour que nos concitoyens repoussent ce traité. »

USA-BNP

Un acte de guerre économique La multinationale bancaire française BNP-Paribas est menacée d’une amende pouvant atteindre 10 milliards de dollars et d’une interdiction, permanente ou temporaire, de gérer des opérations en dollars. De la part des États-Unis, il s’agit d’un acte de guerre économique caractérisé. Après avoir lourdement contribué, comme les autres banques européennes, à la crise financière et aux dégâts politiques et sociaux qui en ont résulté, BNP Paribas est aujourd’hui dans le collimateur des autorités américaines. Pour détruire tout ce qui pourrait faire concurrence aux mastodontes financiers de Wall Street, Washington utilise tous les moyens à sa disposition, en commençant par son hégémonie monétaire qui fait du dollar une monnaie commune mondiale. Et qu’importe, aux yeux des dirigeants américains, si la déstabilisation d’un des principaux établissements financiers d’Europe met en péril l’équilibre de tout le système financier du «vieux continent», avec des conséquences potentiellement

dévastatrices pour l’ensemble de l’économie mondiale. Les leçons de la crise financière de 2007-2008, de la « grande récession » qui l’a suivie et de la crise de l’euro ne sont manifestement pas tirées, ni d’un côté de l’Atlantique, ni de l’autre. Il est urgent que les peuples imposent une alternative à cette logique de guerre économique qui conduit le monde à la catastrophe. BNP Paribas et les banques européennes doivent cesser d’alimenter le cancer financier et mettre le crédit au service de la sécurisation de l’emploi, de la formation, du développement des services publics et de la préservation des ressources naturelles. Les mobilisations populaires peuvent les y contraindre en s’appuyant sur de nouveaux moyens d’intervention des travailleurs et des citoyens : une transparence sur l’activité des banques dans les entreprises et les bassins d’emplois, des fonds régionaux et nationaux pour l’emploi et la formation, un pôle financier public, une nouvelle

sélectivité de la politique monétaire, au service de l’emploi et de la création de richesses dans les territoires. Mettre fin à l’hégémonie du dollar La création d’un nouvel instrument de réserve international est à l’ordre du jour du G20, avec le soutien de la Chine et des pays émergents. Comme le proposent le Parti communiste et le Front de gauche, il pourrait prendre la forme d’une monnaie commune mondiale développée à partir des droits de tirage spéciaux du FMI. Elle servirait à financer de façon sélective, à des taux d’intérêt très bas, les investissements nécessaires au développement de tous les habitants de la planète, au lieu d’entretenir la croissance malsaine des activités financières. La France, l’Union européenne doivent agir dans ce sens au lieu de servir de supplétifs à la domination américaine dans le monde. La refondation de l’Europe au service des peuples passe aussi par là.


RÉFORME TERRITORIALE Réforme territoriale

la nouvelle carte des régions proposée par Hollande François Hollande propose de ramener de 22 à 14 le nombre de régions métropolitaines. Il affirme que «la nouvelle carte sera soumise au débat parlementaire et appelle à ne pas tergiverser». Il souhaite que les 14 nouvelles régions aient «davantage de responsabilités». «Elles seront la seule collectivité compétente pour soutenir les entreprises et porter les politiques de formation et d’emploi, pour intervenir en matière de transports, des trains régionaux aux bus en passant par les routes, les aéroports et les ports. Elles géreront les lycées et les collèges. Elles auront en charge l’aménagement et les grandes infrastructures». «Pour remplir leur rôle, elles disposeront de moyens financiers propres et dynamiques. Et elles seront gérées par des assemblées de taille raisonnable. Ce qui veut dire moins d’élus» explique F. Hollande. Il annonce la suppression progressive des conseils généraux, les nouvelles régions et les intercommunalités devant absorber l’essentiel des compétences des départements. A terme, une réforme constitutionnelle devrait être adoptée pour supprimer le conseil général à l’horizon 2020. Il déclare que le département devrait cependant demeurer une circonscription de référence pour l’État autour du préfet. François Hollande souhaite que les prochaines élections régionales se tiennent dans le cadre des nouvelles régions. Pour cela, les élections devraient être reportées à l’automne 2015 (au lieu de mars 2015). Des élections départementales devraient également être organisées à cette date.

Les régions qui restent inchangées :  Bretagne  Pays-de-la-Loire  Aquitaine  Nord-Pas-de-Calais  Corse  Ile-de-France  Provence-Alpes-Côte d’Azur Les régions qui fusionnent :  Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon  Bourgogne et Franche-Comté  Picardie et Champagne-Ardennes  Auvergne et Rhône-Alpes  Alsace et Lorraine  Poitou-Charentes, Centre et Limousin  Basse et Haute Normandie

PCF

Une réforme hypocrite et dévastatrice Le Président de la République n’aura donc rien changé à ses objectifs initiaux, comme d’habitude. Et la méthode qu’il dévoile ce matin pour la réforme territoriale se situe dans le registre du cirque ! C’est l’un des symptômes de la crise démocratique profonde que nous traversons et dont les deux dernières élections ont à nouveau montré la gravité. Aucune leçon n’est tirée. A l’endroit où il faudrait rechercher un nouvel élan démocratique, sa réforme territoriale n’affiche pas d’autre ambition que l’austérité accrue pour les budgets publics et l’accroissement de la compétition entre territoires, conformément aux injonctions européennes. Cela se fait au prix d’une aggravation de l’autoritarisme inhérent à la Vème République et de la mise en place de pouvoirs de plus en plus technocratiques abrités de la souveraineté populaire. Si la démarche présentée est si acrobatique, c’est pour éviter une validation démocratique aux résultats incertains. Ainsi, on redécouperait les régions au gré des vents avant même que de définir les missions des collectivités. Tout serait imposé sans s’appuyer sur le bilan de l’action menée dans les diverses collectivités et sur la créativité qui a fait la force de la décentralisation. Nous n’acceptons pas le doublelangage qui consiste à décréter que les communes sont «une petite République dans la grande» tout en augurant leur démantèlement. Le fait de plonger les départements en respiration artificielle relève de la même démarche

de duplicité. Au final le projet est complètement contraire au renouveau de la République, à l’égalité entre territoires, à l’égalité en droits de toutes et tous. Enfin, présenter en soi la suppression d’élus du peuple comme un progrès démocratique et une illusoire source d’économies substantielles ravira la droite et l’extrême droite quoiqu’elles en disent : c’est leur inépuisable fonds de commerce. La République a besoin d’un sérieux coup de jeune - de passer la 6eme - or il s’agit là d’un acte de destruction qui conduit à une nouvelle concentration des pouvoirs. Une fois de plus, il s’agit de répondre au mieux aux exigences grandissantes des forces patronales et de la finance dont l’emprise s’accroît au fur et à mesure. Les hommes et les femmes de notre pays et de notre continent ont chaque jour qui passe le sentiment accru que le pouvoir est ailleurs, qu’il s’exerce sans eux, qu’ils évoluent dans une démocratie d’apparence. Aucune modification des règles de la démocratie ne peut se faire sans démocratie. Nous exigeons des référendums pour chaque modification et, c’est essentiel, un grand débat, animé par une Constituante, pour refaire de la République notre bien commun et redonner à l’action publique toute l’efficacité que peut revêtir le pouvoir quand il est réellement exercé par le peuple. Pierre Dharréville Responsable de la commission République, démocratie et institutions au PCF

Politiques territoriales de santé

Pour un Pacte d’avenir Le PCF soutient le Pacte d’avenir proposé par le mouvement des centres de santé. Le Plan Valls de 50 milliards d’économie met en cause les politiques territoriales de santé. Le plan général d’économie de 23 milliards sur la Sécurité sociale réduira d’autant les capacités d’accès aux soins de la population par la baisse de sa solvabilité. Celui de 11 milliards sur les structures de santé réduira partout les capacités d’accueil des patients, et les centres de santé ne sauront pas faire ce que l’hôpital ne fera plus, tandis que les 10 milliards d’économie sur les collectivités territoriales vont diminuer leur capacité à soutenir les services publics. Or, après les élections municipales, face au développement des dépassements d’honoraires des libéraux et face à la déserti-

fication médicale, beaucoup de projets de centres de santé ont vu le jour. Faute de moyens, ils risquent de ne pas être au rendez-vous et ceux qui existent verront leurs moyens amputés. De même les autres actions des collectivités en faveur de la santé comme les PMI ou les actions de santé publique vont souffrir. Ainsi les patients moins remboursés, moins accueillis et victimes de la désertification médicale verront les politiques territoriales de santé s’affaisser. A l’heure où s’ouvre une renégociation de la convention entre centres de santé et Sécurité sociale, le PCF demande un changement de cette politique absurde qui tourne le dos aux besoins de la population et soutient le Pacte d’avenir proposé par le mouvement des centres de santé. Les Nouvelles 5 juin 2014 • 5


EN DÉBAT

SOLIDARITÉS

En débat

Le Front de gauche en quête de rebond Les principaux animateurs du Front de gauche se sont réunis le 1er juin en vue de tirer les enseignements des élections municipales et européennes et de dégager des pistes pour l’avenir du rassemblement, confronté au défi de son élargissement. C’était un rendez-vous attendu après l’onde de choc des résultats aux élections municipales et européennes qui ont laminé la gauche et installé l’abstention et l’extrême droite en tête. Pour Olivier Dartigolles, porteparole du PCF, « l’ambiance n’était pas au règlement de comptes », mais « à la gravité, à l’écoute et à la volonté d’approfondir le débat ». Pour la première fois depuis des mois, notaient même certains participants, ses composantes ont « réussi à assumer le fait que s’aiguise le débat entre eux ». Un tournant dans les relations au Front de gauche ? Les participants ne partaient pas de rien : ceux qui se reconnaissent dans le rassemblement, y militent ou en attendent un renouveau de la gauche s’étaient déjà exprimé ces dernières semaines par des tribunes dans la presse, billets de blogs, points de vue d’élus, et particulièrement depuis le « choc » des européennes. Non que le Front de gauche ait démérité : il s’en sort avec une légère progression en voix et en pourcentage par rapport aux précédentes élections de 2009 (6,61% et 1 200 000 voix, soit +0,14 point et +80 000 voix), véritable exception dans un paysage sinistré à gauche. Mais, ramenés aux objectifs de « bousculer le rapport de forces à gauche en (sa) faveur » dans son texte stratégique de janvier 2013, on est très loin du compte. Certains parlant d’« échec » en la matière. « Le Front de gauche n’a toujours pas réussi ni à incarner une alternative crédible ni à capitaliser la colère populaire et le rejet de la Constitution libérale européenne qui s’était manifesté en 2005 », constatait ainsi, au soir de l’élection, Lucien Jallamion, de la petite formation République et socialisme, pour qui « ce scrutin nous renvoie à nos propres responsabilités : la reconstruction de la gauche ». « Notre espace politique reste en deçà de ses possibilités », observaient les animateurs d’Ensemble, la dernière-née des composantes du Front de gauche, lesquels appelaient les « composantes du Front de gauche à prendre la mesure des efforts de réorganisation interne et d’ouverture à produire ». Même si l’échec a aussi des causes externes, comme le fait qu’« un gouvernement applique, au nom de la gauche, une politique de droite », selon Éric Coquerel, secrétaire national du Parti de 6 • Les Nouvelles 5 juin 2014

gauche (PG), l’historien Roger Martelli souligne dans Regards que « la galaxie du Front de gauche doit se convaincre en tout cas que le virage social-libéral du pouvoir (…) ne conduit pas mécaniquement au renforcement d’une gauche bien à gauche. Si la colère ne s’adosse pas à la perception d’une alternative tout aussi possible que nécessaire, la voie est ouverte à l’amertume et au ressentiment ». Comment réussir les convergences à gauche ? Tout le monde s’accorde donc à dire en son sein que « le Front de gauche doit continuer mais différemment, en étant capable d’un rassemblement plus large », souligne Éric Coquerel. Mais le débat s’aiguise sur la façon de réussir ces convergences à gauche pour imposer une autre politique. Pour certains, c’est en priorité le fonctionnement du mouvement qu’il faut revoir pour lui permettre d’irriguer la société. Clémentine Autain, d’Ensemble estime urgent de « tirer des enseignements sur ce qui n’a pas fonctionné en interne ces dernières années. » … « Il faut trouver une architecture nouvelle, avoir des instances de fonctionnement plus inclusives, une coordination nationale qui se réunit régulièrement, des fronts thématiques avec des moyens de fonctionner, un conseil national qui a une vraie fonction, des structures locales avec un statut… » Autant de questions qui, avec celle de l’« adhésion directe », reviennent régulièrement depuis le lendemain du scrutin présidentiel. Au-delà, le débat porte sur le rapport aux autres forces politiques et sociales, que tous invitent au rassemblement. Pour le Parti de gauche, la « prise de distance vis-à-vis du gouvernement » doit primer. « La condition n’est pas que le députés frondeurs rendent leur carte du PS, mais qu’on entame les discussions sur la base d’un refus de la politique de Valls et de Hollande », explicite Éric Coquerel : « Que va-t-il se passer lors du vote du collectif budgétaire, par exemple ? » Pour le PCF, on envisage l’avenir sur un autre plan : « La question n’est pas d’améliorer le Front de gauche, mais de faire une proposition politique de même force que celle qui a correspondu à la créa-

tion du Front de gauche », estime Olivier Dartigolles. Un tel acte est une nécessité pour « que d’autres soient disponibles et se sentent à l’aise dans un rassemblement coconstruit », selon le porte-parole du PCF. « Le problème, c’est qu’il faut aller bien plus loin que le Front de gauche », abonde le porte-parole de la Gauche unitaire, Christian Picquet. La discussion s’est posée dans des termes semblables à la veille de chacune des manifestations que le mouvement a organisées ces dernières années : faut-il prendre l’initiative et inviter les autres à s’y rallier pour lancer la dynamique, ou coconstruire pour élargir en amont au maximum le nombre d’acteurs susceptibles de participer ? La question devient cruciale au moment où les appels à la convergence autour d’une politique en rupture avec l’austérité montent des rangs de toute la gauche. D’EELV à l’aile gauche du PS, en passant par des initiatives locales comme celles du président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS), qui propose « des États généraux de la gauche », ou encore du sénateur du Pas-de-Calais, Dominique Watrin (PCF), qui invite ses concitoyens à élaborer un « plan de redressement national ». Si une telle situation est positive, « le risque, prévient Olivier Dartigolles, c’est que la kyrielle d’initiatives de ceux qui sont contre l’austérité et qui prennent au sérieux le danger de la situation politique ne trouve pas d’espace politique pour converger et faire force. Il ne faudrait pas que le Front de gauche se contente d’y ajouter sa petite musique ». Pour l’instant, le débat ne fait que commencer et il demande à être « prolongé, on ne va pas régler toutes les questions politiques en une réunion », insiste le dirigeant communiste. En attendant la prochaine rencontre prévue à la mi-juin, toutes les composantes du Front de gauche s’accordent sur la nécessité de continuer dès maintenant à agir « contre le Traité transatlantique (TAFTA) », ou encore pour « la nationalisation d’Alstom ». à partir de «l’Humanité» du 2/05/2014

Espagne

Aux peuples de décider ! L’association Ay Carmela, membre de la coordination «  ¡ Caminar ! », appelait «tous les descendants des exilés de l’Espagne Républicaine, toutes les associations mémorielles amies, tous les Républicains démocrates et amis de l’Espagne» à manifester le 4 juin de la place Jean-Moulin au Consulat d’Espagne suite à l’abdication du roi d’Espagne en faveur de son fils, prince des Asturies, et à la décision de Mariano Rajoy, chef du gouvernement, de convoquer le congrès pour ratifier cette décision. «Rien de plus facile puisque la constitution exige une majorité simple qu’il détient seul avec le Parti Populaire. Ainsi, en Espagne, on hériterait des plus hautes fonctions de l’Etat comme on hérite d’une propriété !» s’indigne l’association, ajoutant : «Le Parti Populaire, qui n’a recueilli que 26,06 % des votes lors des élections européennes du 25 mai 2014, avaliserait le bon vouloir du monarque et déciderait de l’avenir de l’Espagne en lieu et place de son peuple !»     

Pour elle «c’est aux peuples d’Espagne qu’il incombe de dire si cette monarchie, héritière du franquisme, obsolète, déconsidérée et corrompue, doit se perpétuer ; c’est aux peuples d’Espagne seuls qu’il appartient de se déterminer souverainement, au terme d’un processus constituant, entre Monarchie et République. Plus que jamais nous pouvons aider les Espagnols à se réapproprier leur destin.» PGE Le Parti de la gauche européenne soutient la démarche du Parti communiste d’Espagne, de la Gauche Unie et de EUIA qui revendiquent légitimement une consultation référendaire pour permettre au peuple espagnol de choisir son avenir. Presque 40 ans après la mort de Franco, les espagnols doivent pouvoir choisir entre le régime actuel, oligarchique et dominé par le bipartisme, ou un processus constituant visant l’avènement d’une nouvelle République.

Projection-débat

Les « Sans papiers » Selon les données du ministère de l’intérieur, il y aurait en France entre 300 000 et 400 000 « Sans-papiers ». Apparu à partir de 1972 lors des mobilisations contre les circulaires Marcellin-Fontanet qui conditionnent le contrat de travail au titre de séjour, le terme « Sans-papier » désigne toute personne étrangère vivant en France sans titre de séjour. Il est entré dans le langage courant pour dénoncer les situations de ces étrangers femmes, hommes et enfants qui vivent dans des conditions abominables. En 1981, la légalisation des centres de rétention administrative marque une nouvelle ponctuation de l’actualité des « Sanspapiers ». En 1996, le terme fait la une de l’actualité, pour rendre compte de l’occupation de l’église Saint-Bernard à Paris par les « Sans-papiers ». Enfin le 15 avril 2008, 300 travailleurs « Sans-papiers » se mettent en grève et occupent leurs entreprises, en région parisienne. Ces grèves révèlent que de vastes pans de l’économie française tirent leur compétitivité de la surexploitation de ce sous-prolétariat. En solidarité à ces mobilisations, s’élaborent des actions

citoyennes, au nombre desquelles on peut citer les maillages des territoires et les créations de réseaux, l’accueil, l’information et l’orientation des migrants, les parrainages républicains, les permanences juridiques, etc. Celles-ci témoignent de la permanence de la question et de la diversité des actions entreprises pour répondre aux besoins juridiques, sociaux, sanitaires, psychologiques et financiers que ces situations irrégulières impliquent. Sénéfesti 2014 Samedi 21 juin, 17h30, château du parc Palmer à Cenon L’Union des travailleurs sénégalais en France (UTSF) souhaite sensibiliser sur ces actions citoyennes qui s’organisent pour marquer sa solidarité aux « Sanspapiers ». Lors de ce temps fort animé par Abdourahmane Ndiaye, Sénéfesti 2014 accueille différents acteurs : Mamadou Kouma (CISE), Maitre Gnilane Lopy (avocate, membre de l’Institut de Défense des Étrangers), Régis Paul (Comité de soutien à Bègles), Odette Toulet (RESF), Mélanie Mauge-Baufume (La CIMADE).


PCF Projection/Débat

Réaction

Non, les communistes ne justifient pas la haine Je veux donner mon opinion à propos de l’article «Je hais les indifférents» des «Nouvelles» du 29 mai, page 7. Peut-être la déception ou la colère ont-elles fait dépasser la pensée de l’auteur ? Pourtant il répète : «Alors oui, je le dis, je hais les indifférents». D’abord sur le fond, l’adversaire de classe ne sont ni les indifférents, ni les abstentionnistes, ni même ceux qui se trompent de bulletins. Mais je ne développe pas, chacun a compris. Par contre sur la forme, faire état de sa haine, quel que

soit le sujet, n’est pas acceptable. Les communistes ne sont pas haineux, (les mots ont un sens) ils sont solidaires, rassembleurs et fraternels. Dans les pires moments les communistes ont su rejeter la haine. Souvenons-nous du vers d’Aragon* à propos de l’exécution de Manouchian : «Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand». Guy Joubert * Le roman inachevé

Assemblées des communistes

Parole aux Déportés

Quelques remarques : 1/ C’est enfoncer des portes ouvertes que de dire que les SS se déchargeaient sur les détenus de l’administration interne du Camp. Au fil des ans, les « Politiques » avaient pu prendre le dessus sur les « Droits communs » et avaient réussi à instaurer un minimum de règles pour rendre la survie moins difficile. C’est aussi grâce à eux que la résistance au nazisme a pu se poursuivre à l’intérieur des camps. Rappelons que si Buchenwald n’était pas un camp d’extermination comme Auschwitz,

c’était un camp de la mort lente, les nazis ayant programmé cette survie à 9 mois ! 2/ La phrase en exergue, « Chaque fois qu’un interné des autres nationalités était arraché à un transport, c’était un Français qui partait à sa place », est heureusement complétée par ce que déclarait Marcel Paul, un des principaux fondateurs du Comité des Intérêts français au sein de la Résistance intérieure. Mais celui qui se contente du chapeau et cette phrase se ferait une piètre idée des déportés. 3/ Ministre communiste du Général de Gaulle, Marcel Paul a été l’objet dès son retour du KLB d’attaques insidieuses auxquelles il a été répondu par le Livre blanc de Buchenwald dans lequel on lit nombre de témoignages en sa faveur. Ce sont les interventions du CIF (ce comité qu’il a voulu d’emblée pluraliste et représentatif des toutes les tendances de la résistance française) qui ont permis aux résistants de France, arrivés au camp en nombre dans les dernières années de la guerre, d’être respectés par les autres nationalités ! (Voir le livre de Pierre Durand : La Résistance des Français à Buchenwald et à Dora).

PCF Gironde

2 rendez-vous importants La situation politique, d’une extrême gravité, appelle à une profonde réflexion de notre part. Deux rendez-vous importants : Mercredi 11 juin, 18h30 à 21h : Conseil départemental sur l’ensemble de ces questions avant la tenue du conseil national du PCF des 14 et 15 juin prochain.

Samedi 28 juin : Journée d’étude

avec comme axes de réflexion : - Quel rôle du PCF dans la période, quelle activité communiste dans les territoires ? - Quelle structuration dans le département ? - Comment mener la bataille dans la durée, quel rassemblement ?

Mercredi 18 juin, 18h30, local PCF/ FdeG, projection du film «La stratégie du choc» suivi d’un débat apérocasse-croûte Le choc, c’est l’austérité, c’est le chômage, c’est la casse des services publics, c’est la pensée unique, c’est la finance, c’est les médias, c’est la casse des territoires, c’est le désespoir, c’est la démission du pouvoir en place, c’est la montée du FN… Comment en est-on arrivé là ? N’y a t-il plus d’espoir ? En Grèce, le Front de Gauche est en tête des élections…

Courrier à « Sud Ouest » L’article de Sud-Ouest Dimanche du 25 mai consacré au camp de Buchenwald, s’appuyant sur l’étude de Sonia Combe, me semble pour le moins tendancieux en cela qu’il laisse planer l’idée que certains déportés avaient droit de vie et de mort sur leurs compagnons d’infortune alors que seuls les SS en disposaient... et en usait… Et à quelle échelle ! Je trouve intolérable qu’on puisse écrire « … là où le système totalitaire conduit les victimes à collaborer avec leurs bourreaux », tant ce verbe «collaborer » renvoie à la période noire que nous avons pu connaître ici.

St Pierre d’Aurillac

Bègles 4/ Les déportés qui sont revenus (et pour la plupart dans quel état !) mettaient l’accent sur la solidarité qui régnait entre eux et qui pouvait prendre des formes multiples : du soutien moral au quignon de pain qu’on partageait. Ces petits gestes étaient toujours des actes de résistance à l’entreprise d’avilissement de la machinerie nazie. 5/ Il aurait fallu mentionner dans cet article que Buchenwald a été libéré par les déportés eux-mêmes quelques heures avant l’arrivée des troupes américaines, acte militaire dirigé par la Résistance clandestine dans laquelle les « Politiques » incriminés étaient particulièrement actifs. Paul Eluard a écrit à propos des Déportés : « Si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons. » Certains sont toujours parmi nous et leur mémoire ne faiblit pas, loin des images d’Epinal comme de toute approximation ou malveillance. Il est encore temps de donner la parole à ces témoins directs des atrocités nazies. En espérant que vous tiendrez compte de ce courrier, veuillez croire… Jean-Jacques Crespo (Blanquefort)

Jusqu’au 20 juin, des assemblées générales des adhérents-tes sont organisées, quartier par quartier, afin de débattre des résultats électoraux, d’examiner les résultats bureau de vote par bureau de vote, de définir le rôle et l’activité du PCF et la question du rassemblement après cette séquence électorale où l’abstention domine au profit de la droite et de l’extrême droite au plan national. Rien n’est plus urgent que de conforter la proximité avec les citoyens, d’entendre leurs préoccupations et de construire des alternatives avec eux.

Médoc Dimanche 29 juin, à St Estèphe (cabane de Robert Baudouin). 9h30, assemblée générale, retour sur les scrutins municipaux et européens 12h, repas fraternel (pensez à réserver : 06 15 12 47 10)

Bordeaux 6e canton Assemblée citoyenne Jeudi 12 juin, 19h, bar Le Bistroquet, 173, crs de l’Yser Thème du jour : L’emploi en Europe, Européennes 2014, Questions diverses suivie d’une auberge espagnole (emmener de quoi partager)

Souscription Elections 2014 Ils ont donné un total de

1045 €

M. CERE Guy, Biganos M. CRESPO J-Jacques, Blanquefort M. DE CARLO Alain, St Denis de Pile M. DE CASTRO Manuel, Bordeaux M. DESFORGES André, Bordeaux M. GARCIA Henri, Bassens M. GRATCHOFF Patrick, Bassens Mme GUERSTEIN Marie Madelaine, Bordeaux Mme HOUDRE Lucile, Bordeaux M. LANAU Gishlain, Guitres Mme MANCIONE THIRY Annick, Bordeaux M. ORTIZ François, Bordeaux M. OTHILY Jean Louis, Ambarès Mme PISSOT Françoise, Beduer M. POURTY Christian, Blanquefort M. SAUS Frédéric, Bordeaux M. TREILLE Jean Yves, Bordeaux M. WROBLEWSKI Vincent, Bègles

Je verse ……………………………… € (ma remise d’impôt sera de 66% de ce montant)

Nom-Prénom ……………………………………………… Adresse …………………………………………………… ……………………………………………………………… Chèque à l’ordre de ADF PCF 33

Retournez à PCF - 15, rue Furtado - 33800 Bordeaux

Les dons sont limités à 7 500 € par personne Les versements ouvrent un droit à déduction de 66% du don dans la limite de 20% des revenus nets imposables. Ainsi, un don de 100 € permettra une réduction d’impôt de 66 €

Les Nouvelles 5 juin 2014 • 7


CHRONIQUE

CULTURES ET SOLIDARITÉS Palestine

Pour les enfants de Gaza… L’Association « Solidarité Al Qarara » en collaboration avec « l’association pour les droits humains » de Gaza  prépare la venue de trois adolescents palestiniens du village d’Al Qarara (Gaza), accompagnés par Ibrahim Khashan, du 27 juin au 8 juillet. Au-delà de ces trois jeunes, c’est tout un réseau de Paix que nous souhaiterions impulser pour qu’ adolescents du Sud-Gironde et de Gaza se parlent, plaisantent, échangent, fraternisent directement par Skype, Facebook et tous les moyens modernes qui

peuvent permettre de rompre le blocus et l’isolement inhumain et illégal de Gaza… L’association organisait cette semaine un «contact skype» (discussion par internet) pour tenter d’entrer en contact avec ces trois jeunes de Gaza pour préparer leur venue en France, une soirée ouverte à tous : «particulièrement aux jeunes de 15 à 75 ans …vive la Paix !» se réjouissent les animateurs de l’association Al Qarara, fiers que Zebda et Ronaldo soient acquis à la cause palestinienne.

St Pierre d’Aurillac

Programme du Festival des sous-fifres Vendredi 27 juin 19H02 : Apéro swing - Inauguration 21H07 : Cabaret Déglingué L’Ile en chantier / Karaboudjan / Denis Pean / René Lacaille / Jean-Luc Thomas / Michel Godard / Gavino Murgia / Linda Bsiri / Zambrical et Jennifer François (trapèze fixe), Clémentine Lamouret (corde lisse), Jonathan Guichard (fil) Thibault Clerc (corde volante) 22H48 : Pyrotechnie Hommage à Bizu 23H48 : Minimum Fanfare Samedi 28 juin 10H32 : Les enfants de l’école de Saint Pierre et spectacle 15H33 : Ateliers danses trad. animés par Marylin Simon et ses musiciens 15H à 18H : Atelier de fabrication de Pifanos du Brésil Par Joao du Pifre 19H06 : Apéro swing avec les Sous-Fifres de Saint Pierre et Joao du Pifre Brésil 21H01 : Grand banquet de l’Alose 21H45 : Bal gascon avec le Folk Amadeus Gang

22H58 : Joao du Pifre A M’ment donné... : Alose des Fuego par la Cie des Palombes et Célestin T 23H42 : Mister Klof

Voyage en «Terre sainte»

Appel à la reconnaissance de deux États, en paix

Le pape François a appelé les autorités palestinienne et israélienne à «mettre fin à une situation inacceptable», en demandant à chacune des parties de reconnaître le droit pour un État d’Israël et un État palestinien de vivre en paix et en sécurité. Lors de sa rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbbas, le pape François a déclaré : « Le courage de la paix s’appuie sur la reconnaissance de la part de tous du droit de deux États à exister et jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues […] Je souhaite vivement qu’à cette fin on évite de la part de tous des initiatives et des actes qui contredisent la volonté déclarée d’arriver à un vrai accord et qu’on ne se lasse pas de poursuivre la paix avec détermination et cohérence […] »

Dimanche 29 juin 11H35 : Conférence sur les pifanos du  Nordeste par Pagina 21 de Recife Brésil  12H30 : Apéro swing, discours etc. SousFifres de Saint Pierre + invités (Occitanie)  13H03 : Banquet des fifrayres en musique  15H02 : Rondo Bigarrat  15H02 : Atelier de fabrication de pifanos du  Brésil par Joao du Pifre  16H05 : Aventi Josem et Godard & Co  17H01 : JJoao du Pifre, Banda Imaos 17H35 : Mamar Kassey 19H03 : Rondo final avec tous les musiciens présents 21H05 : Final brésiliens Matchs Joutes Nordeste / Gascogne et Les Pieds dans l’Herbe http://www.sous-fifres.fr

SPF

Grande braderie Dimanche 15 juin 2014 de 10h à 17h, au centre Jean Lurçat, rue Pierre Curie à Begles.

ANNONCES LÉGALES

Défilé de mode

Maître Otxanda IRIART Avocat au Barreau de Mont de Marsan 12 rue Victor Hugo 40000 Mont de Marsan

À 11h30 et 14h30

DEMANDE DE CHANGEMENT DE PATRONYME

Monsieur Eric LARRY, né le 16 mars 1958 à Sale (Maroc), de nationalité française, salarié, demeurant 8 rue du Général de Gaulle, appartement N° 304, 33270 Floirac. Ayant pour Avocat Maître Otxanda IRIART Il résulte que Monsieur Eric LARRY demande à Madame le Garde des Sceaux la substitution du nom patronymique ALAOUI à son nom patronymique actuel LARRY, outre l’extension de plein droit à ses enfants Yasmine, Anas et Mounir LARRY. La présente demande est faite conformément à l’article 61 du Code civil et au décret N° 94-52 du 20 janvier 1994. Pour extrait certifié sincère, à Mont de Marsan le 22 mai 2014 AVIS DE CONSTITUTION Aux termes d’un acte sous-seing privé en date du 09 mai 2014, il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :

Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest S.A.S. au capital de 37 000 euros Associés (à parts égales) : L. Chollon, F. Mellier, S. Laborde Directeur de la publication : Frédéric Mellier Abonnement 1 an : 25 euros. Abonnement de soutien : 40 euros Rédaction, composition, impression : S.A.S. Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Tél. 05 56 91 45 06 - Fax 05 56 92 61 01 - Annonces légales : annonces@nbso.fr Comptabilité : compta@nbso.fr - Redaction/Proposition d’article : redaction@nbso.fr Commission paritaire de presse : 0113 C 85932

8 • Les Nouvelles 5 juin 2014

Dénomination social : « NEW-TECHNOLOGIC » Forme juridique : E.U.R.L. Capital social : 5 000 € Siège social : 14, cours de l’Yser 33800 Bordeaux Objet : vente et réparation de matériel informatique, de téléphonie, de consommables. Durée : 99 ans à compter de son immatriculation Gérant : MBEZELE BENEDICTE, divorcée, née le 26 septembre 1983 à Yaoundé Cameroun de nationalité camerounaise et domiciliée 29, avenue François Mitterrand 33700 MERIGNAC ASSOCIEE UNIQUE. Immatriculation de la Société au Registre du Commerce et des Sociétés de Bordeaux. Pour avis,

NOUVELLES IDÉES REÇUES par Gérard Loustalet Sens

Le « Roman national » Arme absolue, croient-ils, des néoréactionnaires, le Roman national est le récit mythique et édifiant -dont l’ancêtre est Ernest Lavisse- d’une histoire de France conçue comme l’évangile d’une sorte de religion nationale séculière. Ce récit instrumentalise un mélange de mythes et de faits plus ou moins avérés pour en faire une espéce de légende censée être dépositaire de l’identité nationale et ferment de la cohésion nationale. On y exalte, bien sûr, les « racines chrétiennes » de la France ainsi que les 40 rois qui, paraît-il, l’ont faite. On peopolise l’histoire à la Stéphane Bern, histoire qui n’est que celle des princesses et de leurs « secrets »... d’alcôve le plus souvent : c’est très vendeur, sans oublier néanmoins tous les saints, Denis, Rémi... Cette histoire légendaire est «  une vision téléologique de l’histoire de France, rythmée par des grandes dates sacralisées, visant à démontrer la continuité historique d’une France éternelle » (William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin, Les historiens de garde, Editions Inculte, 2013). Les rôles sont distribués, bons et méchants, périodes de gloire et moments d’épouvante : Marie-Antoinette versus Robespierre ; merveilles de la cour de Louis XIV ou épopée napoléonienne versus horreur de la Terreur ou effroi de la Commune de Paris ! Cette histoire est celle des Grands et des élites, le peuple n’y est jamais convié qu’en des occasions sacrificielles comme la guerre de 14-18... Le problème est que les faits historiques sont le plus souvent gravement malmenés par cette rhétorique. Il faut lire l’excellent ouvrage de l’archéologue JeanPaul Demoule (On a retrouvé l’histoire de France, Robert Laffont, 2012) qui remet à l’endroit quelques mystifications et impostures. Ainsi il n’y a jamais eu de chute de l’Empire romain dont on veut nous présenter la prétendue décadence comme ce qui attend l’Europe aujourd’hui. Il n’y a pas eu de soudaines « invasions barbartes » mais une lente intégration de peuples germaniques au monde romain. Par exemple, lorsque les Wisigoths s’installent en Aquitaine, vers 418, ils étaient déjà christianisés : était-ce un progrès civilisationnel ? On ne posera pas la question. L’horrible Attila était en fait un prince romanisé et très cultivé. A la bataille des Champs catalauniques, en 451, dont on a fait le symbole d’une victoire de la civilisation contre la barbarie asiate, il y avait des « Barbares » et des Huns dans les deux camps et les Huns étaient même minoritaires dans l’armée d’Attila. Celui-ci et le général romain Aetius avaient été compagnons d’armes dans leur jeunesse (www.histoiredumonde.net). Et l’histoire du baptême de Clovis... Une vaste blague ! On apprend à l’école que, après la victoire de Tolbiac, quelque part sur le Rhin, en 496 ou 506, ce chef Franc, qui aura tout de même le titre de consul romain, aurait « embrassé le culte de Clotilde avec 3 000 de ses guerriers ». D’où le baptême, Reims, Rémi et le reste, c’est-à-dire la soi-disant naissance de la nation française. En fait, on n’est sûr de rien, ni de la date, ni du lieu, ni des circonstances. Un mythe intégral. On subodore cependant un deal, une opération politique, l’Eglise monnayant son influence contre l’extirpation par le fer d’une hérésie, l’arianisme, qui dominait chez les Wisigoths vaincus par Clovis en 507 à Vouillé. Quant à la nation française, un successeur de Clovis, un certain Charlemagne, 300 ans plus tard, était tout autant allemand sous le nom de Karl der Gross, sa capitale que l’on appelle Aix-la-Chapelle était la ville allemande d’Aachen ! Charlemagne était le petit-fils de Charles Martel. Autre légende. La fameuse bataille de Poitiers, en 732, ne fut qu’une escarmouche où Charles Martel, maire du palais, avant d’aller ravager la Septimanie, mit fin à la razzia de trop engagée par l’émir Abd er-Rahman. On en a fait le mythe de l’Europe sauvée de l’invasion arabe... Des crétins islamophobes y voit encore un rempart victorieux et exemplaire contre la sauvagerie des hordes mahométanes. Ce qui prête à rire. Le califat omeyyade d’Al Andalus d’où venait Abd er-Rahman, même si ce n’était peut-être pas tout à fait le paradis de tolérance que l’on dit parfois, était un lieu des sciences et des arts combien plus civilisé et raffiné que les cours aux moeurs encore bien frustes des derniers rois mérovingiens dits « rois fainéants ».

Nouvelles N° 2049  

Nouvelles N° 2049 du 6 juin