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Jeudi 25 juillet 2013 - N째 2004 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro


q ue l q ue c ho s e de actualité ne U f e s t n é l or s de s A s s i s e s pour

Les forces existent pour conduire une vraie politique de gauche 2000 militants politiques, syndicaux, associatifs, citoyens engagés… sont venus de tout le pays, porteurs des exigences de changement pour lesquelles ils ont voté en 2012. Forts de leur diversité, ils ont en commun de refuser le fatalisme qui conduit la gauche à marcher dans les pas du libéralisme. Ensemble, ils affichent l’ambition de construire un nouveau projet politique et une majorité capable de le porter. « Des forces existent pour sortir notre pays de l’austérité. Des forces existent pour engager la France dans une autre voie que celle qui la condamne à avancer sous les injonctions de l’Union européenne et de la troïka. Des forces existent pour construire une véritable politique de gauche dans le pays. Nous ne sommes pas condamnés à subir. Nous ne voulons pas de cette situation, ni être de ceux qui constatent le déroulement de la catastrophe annoncée. Nous avons la responsabilité de modifier les choses. Depuis la formidable campagne que nous avons menée et qui nous a permis de battre Sarkozy, ces forces sont potentiellement majoritaires dans le pays. Mais il fallait leur donner la possibilité de se remettre en chemin et prendre pour cela une initiative. C’est ce que le PCF a fait. Que nous soyons si nombreux, que tant de forces, tant de personnalités aient répondu présent, malgré une indifférence médiatique générale, montre combien cela correspond à un besoin. Rien n’est plus urgent que de rassembler ces forces qui continuent de vouloir le changement, qui continuent de vouloir un autre chemin que celui de l’austérité et de la compétitivité qu’on veut nous imposer. C’est cette tâche que nous nous fixons et que nous avons commencée aujourd’hui. Non, notre peuple n’est pas résigné. Regardez la formidable grève que viennent de mener les cheminots. Regardez les mobilisations sur tous les fronts : social, économique, écologique…

Le peuple n’est pas résigné à l’austérité. Mais il faut l’aider à trouver les formes politiques afin qu’il puisse exprimer ses exigences. Nous allons prendre nos responsabilités. Les solutions existent. Mais aujourd’hui le système est verrouillé. Les leviers du système présidentiel sont confisqués et le système politique est bloqué. Il faut donc construire le chemin qui permette de déverrouiller la situation. Sinon, nous continuerons d’avoir les mêmes discours. Depuis 2008 on a l’impression que du côté des forces libérales, il n’y a pas d’idées nouvelles et beaucoup d’incompétence. A chaque fois ils nous expliquent qu’ils vont nous sortir de la situation. Mais à chaque fois, la situation s’aggrave. Il fallait donc rassembler et mettre en action la gauche vivante, la gauche politique et sociale et la faire travailler pour construire progressivement le front populaire - on l’appelle comme on veut - qui permettra de sortir de la situation. Ces idées-là existent dans notre pays. Elles sont travaillées par des forces immenses et la question qui se pose est de savoir jusqu’où ils sont capables d’aller pour empêcher ces solutions de prendre le pouvoir. Parce qu’à chaque fois que cette majorité s’exprime, ça a été le cas en 2005 puis en 2010 au moment de la bataille des retraites, ce fut encore le cas en 2012, ils cherchent par tous les moyens à étouffer cet élan démocratique. Nous ne pouvons accepter cette conduite autoritaire des politiques qui devient un mode de gouvernement. Ce que nous faisons aujourd’hui est donc aussi une oeuvre démocratique pour faire respecter le choix du peuple de notre pays et des peuples européens.

trente-trois pays d’Amérique du Sud et des Caraïbes - a refusé le grand marché de libre-échange proposé par les États-Unis. Alors, au nom de quoi les Européens ne seraient pas capables de le faire, eux aussi. Il n’y a aucune obligation. Il y a d’autres coopérations à construire en Europe et dans le monde. Enfin, il faut reconstruire la démocratie et la souveraineté du peuple.

D’autres solutions existent Il faut mettre au pas ces politiques d’austérité parce qu’elles enfoncent dramatiquement tous les peuples européens. Il faut les remplacer par des politiques de relance sociale massive. Les salaires sont trop bas dans ce pays. Les retraites sont à un taux inacceptable. Les gens n’en peuvent plus. Il n’y a pas de solutions à la crise sans un développement social durable. Nous ne pouvons construire une sortie de la crise qui s’oppose au développement social. C’est une aberration humaine. C’est une aberration économique. C’est une aberration financière. Nous proposons donc de prendre le problème à l’opposé de ce qui se fait aujourd’hui. Prenons le dossier des retraites. Le rapport Moreau avance l’idée qu’il y aurait plusieurs pistes de travail et qu’il faudrait choisir entre ces solutions. C’est faux ! Dans le rapport Moreau il n’y a qu’une alternative : celle de baisser les pensions avec plusieurs moyens de le faire. Mais c’est toujours la même solution. Nous en proposons d’autres. Parlons des recettes, de la qualité de l’emploi, de l’augmentation des salaires et on verra qu’il y a d’autres solutions que ce modèle de société qu’on nous propose et qui conduira à des millions de retraités pauvres pendant que les jeunes sont plongés dans la précarité et le chômage. La question des retraites est une question de société. C’est comme cela que nous entendons la traiter.

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C’est pourquoi nous refusons le débat à marche forcée pour boucler le sujet durant l’été. Ce n’est pas comme cela qu’il faut procéder. Nous voulons parler de relance industrielle qui permette de répondre aux besoins du pays et de conduire une transition énergétique réussie. La question industrielle et la question écologique doivent être traitées ensemble, car c’est une même et seule question. Si on affronte le débat ainsi, nous trouverons des convergences et des chemins plus intelligents que ceux qu’on nous propose aujourd’hui. Car chaque emploi supprimé c’est la note écologie de la France qui se dégrade parce que les produits dont nous avons besoin viendront de plus loin dans le monde et seront fabriqués dans des conditions sociales déplorables. Il nous faut remettre la main sur les ressources financières. Le gouvernement a raté de belles occasions de changer les choses. Il n’a pas fait la réforme fiscale attendue et les mesures contre la fraude fiscale ne ressemblent à rien de ce qu’il faut. Il faut reprendre ces deux chantiers. Il faut remettre la main sur le système bancaire et financier avec des critères différents afin de lutter efficacement contre la fraude fiscale qui se monte - tout le monde le reconnaît aujourd’hui - à 80 milliards d’euros. Il est urgent de réorganiser la maîtrise sociale, politique, nationale sur les ressources du pays. Il nous faut mener la bataille pour un nouveau projet européen. Nous n’acceptons pas les lois qui nous sont proposées. Un mot sur le grand marché transatlantique. L’Amérique latine tout entière -

C’est vrai au niveau européen. C’est vrai en ce qui concerne les décisions nationales. C’est vrai encore dans les communes dont on ampute sans cesse les pouvoirs. De ce point de vue, nous sommes très inquiets de ce qui se prépare avec l’acte III tel qu’il est aujourd’hui envisagé. Toutes ces idées sont mises en débat. A nous de nous mettre au travail, toutes les forces réunies ici et celles qui ne le sont pas mais qui veulent travailler avec nous, pour les rendre majoritaires et gagner le changement pour lequel les électeurs se sont prononcés à la présidentielle. Nous ne renoncerons jamais. Nous ne lâcherons rien. Nous allons continuer la bataille. » Pierre Laurent Secrétaire national du PCF Président du PGE


pour un c han g e m en t de c ap en F ran c e e t en E urope

Quelle politique alternative à l’austérité ? En direct des ateliers

Geneviève Azam (Attac) : « La crise que nous vivons n’est pas qu’une simple crise. C’est la décomposition d’un modèle. C’est la société dans son fondement qui est atteinte. Le changement ne sera effectif que s’il se réalise en même temps en haut et en bas. » Marie-Noëlle Lienemann (PS/ Gauche avenir): « Nous ne réussirons pas le pari du changement si nous ne construisons pas le rassemblement de toute la gauche. L’unité ne se construit pas sur une simple incantation. Nous avons le devoir de travailler à des convergences. » Annick Coupé (Solidaires) : « Les questions politiques ne sont pas l’affaire que des seuls partis politiques mais de l’ensemble du mouvement social. Nous n’avons pas les mêmes fonctions, ni les mêmes échéances, mais nous avons la même responsabilité, celle de changer les choses. »

Clémentine Autain (Fase) : « Nous ne demandons pas un peu plus. Nous demandons un changement de cap. Nous sommes en colère, mais la colère ne suffit pas. Ce que nous avons à faire, c’est transformer cette colère en alternative. » Pascal Durand (EELV) : « Personne n’a la solution tout seul. Parlons-nous. Construisons ensemble le monde de demain. L’histoire montre que lorsque la gauche est divisée, c’est la droite qui gagne. » Noël Daucé (syndicaliste FSU) : « Les droits sociaux les plus favorables doivent être élargis à tous les peuples européens. » Christine Poupin (NPA) : « Pour changer de cap, il faut arrêter de reculer. » Christophe Delecourt (syndicaliste CGT) : « Le monde du travail est intelligent. Il est donc amené à intervenir sur les prises de décisions au sein des entreprises et des administrations. » Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) : «  Nous ne pouvons pas continuer avec ce qu’est le capitalisme aujourd’hui. Ce modèle est en train de mourir. Nos anciens clivages, nos anciennes formes politiques meurent avec lui. Un

processus nouveau est engagé. C’est ce que nous appelons la révolution citoyenne. Elle est de nature différente de ce qu’on a connu dans le passé. » Stéphanie Treillet (Convergences et alternative) : « Il faut désobéir au traité européen et aux directives européennes. Une vraie politique de gauche devra aboutir à un affrontement avec les institutions européennes. »

Jean-Luc Gibelin (PCF) : « La bataille des retraites est un choix de société. Une société solidaire est possible. La retraite à 60 ans à taux plein est une idée d’avenir. » Serge Chabrol (syndicaliste FSU) : « La situation est d’autant plus complexe que le front syndical n’est pas unifié. Cela ne doit pas nous empêcher de mettre en partage des propositions alternatives.» Laurent Mirmont (Gauche avenir) : « Il faut un référendum sur les retraites. » Edwy Plenel (journaliste) : « Nous avons besoin d’un sursaut. Il n’y a qu’un seul levier: toujours plus de démocratie et l’élaboration collective. La confiance, c’est le rassemblement et l’audace. » Jean-Pierre Dubois (militant des droits de l’homme) : « Nous vivons dans une monarchie élective. Une oligarchie de dominants qui n’est plus supportable pour les individus informés que nous sommes. » Yvan Lemaitre (NPA) : « Il y a besoin de rassembler des forces pour inverser le cours des choses. » Patricia Téjas (syndicaliste CGT) : « Nous proposons de reclassifier tous les métiers à partir de l’exigence: à travail égal, salaire égal. » Pascal Joly (syndicaliste CGT) : « Il faut envisager une sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie. »

Christian Picquet (Gauche Unitaire) : « La France a perdu un an pour imposer le changement en Europe. Il y a besoin d’un nouveau front populaire. Ces assises sont la première marche d’un mouvement qui doit s’élargir. » Jérôme Guedj (PS/Gauche avenir) : « Nous plaidons nous aussi pour un nouvel équilibre à l’échelle de la France et en Europe. Je suis pour l’intervention publique. Nous avons remis dans la problématique politique la question des nationalisations. » Pierre Khalfa (Copernic) : « Ce tour de table montre qu’il existe des convergences importantes entre nous sur le contenu d’une politique alternative. Mais serons-nous capables de les porter ensemble ? Quel cadre unitaire pour cela ? »

La vidéo des Assises nationales www.pcf.fr/41669

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La voix des femmes

Jocelyne Roubeaudi (plate-forme IVG/contraception Isère) et Franca Basile (Planning familial) ne sont membres d’aucun parti, mais, pour elles, la politique a du sens. Une politique qu’elles envisagent d’ailleurs « de plus en plus à gauche ». Elles ont fait le voyage depuis Grenoble « pour faire entendre la voix des femmes ». Une parole qu’elles envisagent en lien avec leur « créneau » professionnel (IVG, contraception, santé…) mais aussi en lien avec leur expérience de terrain, dans les quartiers. Un vécu qui les fait côtoyer la précarité, les inégalités sociales, et parfois même les violences. Elles espèrent que ces assises permettront de faire entendre l’exigence de changement auquel elles aspirent. Car pour l’instant, rien n’a changé. C’est toujours la rentabilité qui impose sa loi : « On nous demande de faire toujours plus avec moins de moyens. C’est plus possible ! » «  Pourtant de l’argent il y en a, insiste Franca. Beaucoup d’argent même. Il doit être injecté là où il est utile. Dans le social, la santé, l’éducation… Les élus de gauche doivent entendre ces exigences. Oui, il est urgent de changer de cap. »

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le débat se poursuit maq-formation-2013_Mise en page 1 07/05/13 11:45 Page1

30, 31 août, 1er septembre

Les 30, 31 août et 1er septembre

Université d’été du PCF Inscrivez-vous ! L’effort de l’équipe de l’université d’été se poursuit pour qu’elle soit un lieu de référence intellectuel et militant avec des ateliers plus nombreux, une offre pratique renforcée, Plein feu sur les élections municipales en invitant des élus, des maires, des chercheurs qui innovent à montrer qu’il est possible de créer des politiques nouvelles. En tout domaine, démocratie locale, politique du logement, économie sociale et solidaire, écologie, l’Université d’été sera une boîte à outils pour penser notre action locale. La créativité des élus communistes - et au-delà - dans les communes révélera un continent, celui de l’action locale, souvent méconnu par les militant-e-s. International : un programme dense pour tous les continents Européennes : une plongée

dans les enjeux européens Et bien sûr décryptage et contre-propositions sur les retraites, état de la situation économique… Pour la deuxième année consécutive, l’université sera l’occasion d’une grande rencontre “en direct” des nouveaux adhérents avec Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Pour celles et ceux qui sont déjà venus à l’Université : parlez-en autour de vous et revenez, vous êtes les meilleurs ambassadeurs de ce rendez-vous militant de la rentrée politique. Les partenaires de l’université d’été : Les secteurs de travail du Conseil national du PCF, le LEM, La Revue du Projet, la Fondation Gabriel Péri, la revue La Pensée, Espaces Marx, l’ANECR, le MJCF, la revue Progressistes : science, travail et environnement

Aux Karellis à 18km de St Jean-de-Maurienne en Savoie

Université d'été 2013

démocratie citoyenne

communisme

concert InScrIPTIon En LIGnE Sur LE formuLAIre http://formation.pcf.fr/17710

Participation aux frais Adulte : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .140€ en chambre de 2 à plusieurs personnes

Adulte : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .240€ en chambre seul (se rapprocher ou gironde.pcf@gmai.com Enfants de de 2 à la 12 fédération ans : . . . . . du . . . .PCF . . . . . .: . 05 . . . . 56 . . . . .91 . . . .45 .90€06 garderie comprise aux ateliers sans pension complète : . . . . .60€ ou/etAccès de sasimple section

Participation simple aux ateliers, sans hébergement ni repas : 60 € (ticket repas supplémentaire 15 €, petitdéjeuner 5 €) Patrice Bessac Thomas Livonnet Gérard Pellois Pension en chambres collectives : 140 € -invité-es chambre seuleinscriptions : 240et€accueil directeur de l'Université, accueil des et intervenant-es, des participant-es pbessac@pcf.fr Tarif enfant : 90 € jusqu’à 12 ans tlivonnet@gmail.com gpellois@pcf.fr

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Nouvelles N° 2004