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Jeudi 1er novembre 2012 - N째 1966 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro

Dessin : Urbs / www.cgt-aquitaine.fr/tous-les-dessins.html


a c t ua l i t é Banque publique d’investissement

Capacité d’action trop limitée Le conseil des ministres envisage la création de cette BPI pour « corriger les défaillances du marché » Le projet gouvernemental se contente d’essayer de corriger à la marge ces défaillances qui s’illustrent par exemple par le refus des banques de faire crédit pour le développement économique et les PME « pour cause de rentabilité insuffisante ». Pour le PCF, il aurait été nécessaire de développer les moyens d'une maîtrise nouvelle du crédit bancaire pour sécuriser l'emploi et la formation, engager une transition écologique, et impulser un nouveau type de croissance réelle avec les investissements nécessaires en France et en Europe. L’objectif central de la BPI sera seulement le soutien à l'investissement des entreprises innovantes et exportatrices sans aucune conditionnalité en matière d'emploi, de formation, de progrès écologiques. Les ressources de la BPI seraient limitées avec, au bout du compte, une capacité de financement de 30 milliards d’euros en prêts et garanties auxquels s' ajouterait une capacité d'intervention en fonds propres de 10 milliards d’euros. Le PCF dénonce la minceur de ces moyens, comparés avec l'encours de crédits aux entreprises qui se chiffrait à plus de 1 007 milliards d'euros en août dernier ! Enfin cette BPI, pour se refinancer, disposerait d'une réaffectation partielle des sommes collectées en Livret A et LDD*, mais, pour l'essentiel, ferait appel au marché financier, ne pouvant accéder à la

monnaie créée par la BCE. Ses opérations, conditionnées par la rentabilité financière, ne stimuleraient donc aucun changement des critères du crédit et des relations banques-entreprises et n'auraient aucun lien avec la politique monétaire de la BCE, tandis que l'octroi de quelques pouvoirs aux régions s'inscrirait

dans une « gouvernance  » très centralisée. Le PCF soutient la demande formulée par le collectif, pour un pôle financier public au service des droits, ainsi qu’un vaste débat public sur ce sujet sous égide du Parlement. * Livret Développement Durable

Mobilisation TPE

Dans les unions locales

La Cgt poursuit sa campagne pour que s’expriment les salariés des Très Petites Entreprises (moins de 11 salarié-e-s) Les Unions Locales continuent d’organiser sur leur territoire des distributions de tracts et rencontres des salarié-e-s des TPE

Novembre Samedi 3 : UL Pauillac Mercredi 7 : Marché des Pins Francs Place Eugène Gauthier 33200 Bordeaux Caudéran de 9h30 à 11h Vendredi 9 : marché du soir Allée de Serre Samedi 10 : UL Blaye Mercredi 14 : UL Pauillac Vendredi 16 : UL Mérignac et UL Pessac (Talence/Gradignan) Samedi 17 : affichage UL Bègles / St André de Cubzac Jeudi 22 : UL Mérignac Dimanche 25 : Foire Ste Catherine Blaye Mercredi 28 : UL Pessac (Cestas/Canejan). Vendredi 30 : UL Mérignac

Décembre http://pourunpolepublicfinancier.org

Propositions du PCF

• Mobilisation des moyens d'intervention économique des Régions dans des Fonds régionaux pour l'emploi et la formation qui, par bonification du taux d'intérêt des crédits, soutiendrait les projets d'investissement matériel et de recherche des entreprises et programmeraient plus d'emplois et de formations. • Création d'un pôle bancaire et financier public permettant notamment à la Caisse des dépôts, à Oseo, à Ubifrance, à l'AFD, à la Coface, à la Banque de France, aux instituts d'émission d' Outre-mer et aux services de Bercy de travailler en réseau pour développer cette sélectivité nouvelle du crédit aux entreprises favorable à l'emploi. •  Réorientation de la BCE et de sa politique monétaire afin de favoriser l'emploi en quantité et qualité et l'expansion des services publics.

Exposition et cycle de débats proposés par

Motion à la CUB

Une banque publique pour sauver le Crédit Immobilier de France L’Etat doit jouer tout son rôle via une banque publique pour le Logement Début octobre, le conseil de CUB adoptait à l’unanimité une motion sur l’avenir du Crédit Immobilier de France (CIF). Au nom du groupe communiste, le vice-président Max Guichard a précisé que sauver cette institution de la crise nécessiterait de sortir véritablement des logiques des marchés financiers. Le CIF a comme activité principale le prêt immobilier à destination des ménages modestes, ne disposant quasiment pas d’apports personnels et exclus des prêts bancaires «classiques». Principal financeur de l’accession sociale et de la primo-accession, le CIF n’exige pas de domiciliation bancaire de ses emprunteurs. Après la dégradation de sa note

ça approche !

par l’agence de notation Moody’s fin août 2012, le CIF s’est retrouvé dans l’impossibilité d’obtenir des liquidités sur les marchés. Menacé de faillite, il a bénéficié de la garantie de l’Etat, obtenue en contrepartie d’un engagement d’extinction progressive de son activité. Les élus de la CUB estiment que sa disparition menace les salariés de l’établissement financier de perte d’emplois, en particulier les 93 personnes employées en Gironde. Elle serait également destructrice pour les politiques locales de l’habitat, contraignant de nombreux ménages à renoncer à l’accession à la propriété pour solliciter un marché locatif déjà en difficulté. En outre, ils craignent une incidence sur la construction de

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avec le soutien de

logements et donc sur l’emploi dans le secteur du bâtiment et les recettes fiscales des collectivités territoriales. Enfin, la disparition du CIF affaiblirait les sociétés anonymes coopératives d’intérêt collectif pour l’accession à la propriété (SACICAP) qu’elle soutient et dont la mission consiste à réhabiliter le parc privé des propriétaires modestes. Les élus communautaires ont demandé au gouvernement d’étudier la création d’une Banque Publique pour le Logement qui reprendrait les activités du Crédit Immobilier de France ainsi que ses salariés. http://blog.aquit.fr

Jeudi 6 : UL Mérignac 10 : UL Mérignac Les 1, 3, 8 et 10 : permanence UL Bègles votes TPE (infos et aides aux votes)

Expo / Cycle Débats Jusqu’au 16 novembre

Raconte-moi ma France

de la révolution industrielle à la désindustrialisation Exposition/Débats à la Bourse du Travail, à l’initiative de l’UD-CGT et l’IHS* CGT Gironde

BOURSE DU TRAVAIL 44, cours Aristide Briand à Bordeaux Du 29 octobre au 18 novembre 2012

EXPOSITION

ÅÉ| @ x à Ç É v t e

Ma France

de la révolution industrielle à la désindustrialisation Union Départementale CGT Gironde Bourse du Travail 44 cours A. Briand CS 21685 33075 Bordeaux http://www.cgt-gironde.org - ud@cgt-gironde.org - Tel: 05.57.22.71.40 - Fax: 05.56.02.38.19

avec le soutien de la Mairie de Bordeaux, le Conseil général de la Gironde, la Région Aquitaine et la CUB

Lundi 12 novembre, 17h à 20h. Débat « Ce qui a fait et défait l’industrie en Aquitaine » à l’initiative de l’IHS CGT 33 en partenariat avec l’UD-CGT 33 Vendredi 16 novembre, 14h à 17h. Débat «Quel nouveau développement humain durable pour nos territoires ?» avec notamment la participation de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT * Institut d’Histoire Sociale


a c t ua l i t é

Editorial

Ford

Une série à scandale ! Si la quête de profits n’a pas de frontières, la solidarité non plus ! Des collectivités locales qui déploient les grands moyens… des travailleurs et des syndicats qui acceptent tous les compromis… un groupe international qui décide de fermer leur site ! Tel est le scandaleux scénario de la fermeture annoncée du site Belge de Ford, à Genk. Gilles Penel, salarié et syndicaliste de Ford, conseiller municipal de Blanquefort et communautaire, a exprimé sa solidarité lors du conseil de Cub : « 4 500 travailleurs belges seront mis à la porte en 2014, et près de 5 000 emplois indirects menacés. Une décision que le constructeur américain a préféré annoncer en Espagne, faisant miroiter aux représentants des salariés qu’ils pourraient ainsi récupérer la fabrication de 3 modèles de voitures, soit 1 400 emplois… Le lendemain, avec la même froideur, Ford annonçait 1  500 suppressions d ’emplois au Royaume-Uni. Pourtant ces pays

s’affichent comme les champions de la compétitivité, on en mesure le résultat ! En France, les salariés, leurs représentants et les politiques ne doivent pas être dupes. La quête de profit n’a pas de frontière et les mauvais coups tombent toujours sur les travailleurs. C’est la raison pour laquelle le groupe des élus communistes et républicains tient à exprimer sa plus grande solidarité avec les travailleurs frappés de plein fouet. Les peuples d’Europe doivent gagner l’interdiction de licen-

ciement dans les entreprises qui réalisent des profits. C’est ce que réclament les députés du Front de gauche à l’Assemblée nationale. Enfin, notons que les syndicats belges avaient concédé nombre de sacrifices, notamment sur les salaires, et que les collectivités publiques du pays n’avaient pas hésité à financer les «  plans d’avenir » de Ford à Genk. Voilà le résultat de cette politique de compromis. Les élus de la CUB et d’Aquitaine doivent se montrer fermes avec la direction de Ford sur les engagements pris à Blanquefort, continuer d’exiger du préfet de mettre en place le comité de pilotage début décembre afin d’obtenir les assurances nécessaires sur les 1000 emplois et sur le retour du logo. »

Subventions publiques

Les travailleurs attendent le changement ! Atteindre l’objectif de 75 000 emplois d’ici 2030 Notre pays vient de traverser 10 années de gouvernement de droite, 10 années de libéralisme, d’exonérations de cotisations sociales et de cadeaux fiscaux aux grands groupes de l’industrie et de la finance. 10 ans pour un résultat : 4,5 millions de chômeurs, des plans de licenciements en pagaille et des territoires abandonnés. Et les territoires aquitains, girondins et de la CUB ne sont pas épargnés  : 56  157 demandeurs d’emplois pour notre seule agglomération, soit 16,4% de la population active. Pire, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi n’ayant plus aucune acti-

vité salariée (catégorie A) a augmenté de 8,8% en un an. Voilà donc le résultat des politiques d’accompagnement de la rentabilité financière. C’est la raison pour laquelle le groupe des élus communistes et apparentés s’oppose systématiquement aux inefficaces systèmes d’exonérations de cotisations et à la substitution de l’argent privé par l’argent public. C’est le cas des aides financières aux entreprises bénéficiaires : aider les projets industriels prometteur est une chose ; mais verser, sans contreparties réelles  2,5 millions à un géant mondial comme Ford,

Euromobilisation syndicale

Contre l’austérité, pour une Europe vraiment sociale Mercredi 14 novembre à l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats

En France, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa ont décidé de faire du 14 novembre une grande journée de mobilisation interprofessionnelle des salariés publicprivé, retraités et chômeurs pour obtenir des réponses concrètes aux difficultés que vivent tous les travailleurs en France et en Europe, en solidarité avec les travailleurs espagnols, portugais et grecs.

qui montre plus d’empressement à verser de généreux dividendes à ses actionnaires qu’à tenir ses engagements de réimplanter 1 000 emplois sur Blanquefort, cela tourne à l’indécence. C’est pourquoi les élus du groupe avaient proposé que plus aucune subvention ne soit accordée par la CUB à des entreprises versant des dividendes à ses actionnaires, malheureusement sans être entendus. Les entreprises françaises, dont toutes les études montrent qu’elles disposent d’une main d’œuvre des plus productive, n’ont pas besoin de cela. Et il faudra bien que la gauche prenne la décision d’inverser les logiques. Qu’elle se montre ferme face aux appétits des marchés financiers et du Medef ; qu’elle redonne un avenir à une industrie puissante, innovante, respectueuse des hommes et de leur environnement. C’est ce type de changement qu’attendent les travailleurs de ce pays et qui permettra d’atteindre l’objectif de 75 000 emplois créés sur la CUB d’ici 2030. Groupe des élus communistes et républicains à la CUB

Une leçon de volonté politique C’est à un événement hors du commun que les citoyens bordelais et girondins ont pu assister la semaine dernière en bord de Garonne. L’arrivée, puis la pose de la travée centrale du nouveau pont qui reliera les quartiers Bacalan et Bastide, a en effet été suivie par des milliers de citoyens et appréciée pour ce qu’elle est : c’està-dire une prouesse technique et technologique hors du commun. La naissance de ce pont levant ne peut que forcer l’admiration ; elle donne à voir ce que la conjugaison de l’intelligence et du travail des Hommes peut créer. Et ce faisant, cette réussite met en évidence le gigantesque gâchis que représentent les fermetures d’usines industrielles, comme PSA à Aulnay-sous-bois ou Ford à Genk (Belgique), ou les suppressions massives d’emplois comme celles annoncées chez Alcatel-Lucent. Mais cette réalisation technique prouve aussi le rôle de la volonté politique quand elle est déterminée. En ces temps de « rigueur juste », comment en effet ne pas apprécier que 156 millions d’euros sont ici dépensés par la puissance publique, au service des populations. De l’argent qui crée aujourd’hui de l’emploi et contribuera à améliorer demain la vie des habitants. Volonté politique aussi car cela fait près de 30 ans que les élus communistes de l’agglomération bordelaise militent pour la création d’une traversée du fleuve à cet endroit. Une revendication partagée avec les syndicalistes cheminots qui, avec les communistes, répètent inlassablement qu’une infrastructure de service public exceptionnelle pourrait ainsi être revitalisée et bouclée : la ligne de ceinture ferrée. Ecologique, sûre, rapide, efficace, économique, elle pourrait devenir l’épine dorsale d’un réseau non plus organisé à partir d’une ville-centre saturée mais drainant les bassins à flots, Cracovie-Bruges, Caudéran, Arlac, Pessac, St JeanEuratlantique, Benauge, Cenon Pont-Rouge et Bastide-Niel, avec les lignes de bus en correspondance. Cette bataille reste à mener. Mais nous n’avons jamais été aussi proches de sa concrétisation. Ce sont maintenant les citoyens qui doivent s’approprier cette bataille pour que l’objet de curiosité devienne source de satisfaction. Car sans leur intervention, aucun changement ne sera arraché. C’est une leçon qui vaut pour bien d’autres domaines.

Claude Mellier membre du comité exécutif du PCF 33

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L E S c ho i x po l i t i ques des Région Aquitaine

Sortir de l’impasse austéritaire En séance plénière le 22 octobre, le groupe Front de Gauche avance des propositions de développement économique

Education nationale

Ambition ou austérité, il faut choisir ! L’avis du Réseau Ecole du PCF Il est à noter un changement de discours par rapport à ce que 10 ans de droite ont été en terme d’accentuation des inégalités sociales et scolaires, comme un certain nombre de mesures en écho aux propositions portées par les organisations syndicales ou de parents d’élèves. Le débat ouvert pose un certain nombre de questions. Le partage des savoirs dans toute la société est aujourd’hui un des enjeux de civilisation que la crise du capitalisme rend encore plus urgente à résoudre. Cela concerne l’école, mais aussi la formation professionnelle, l’accès aux savoirs et à la formation tout au long de la vie. C’est un enjeu démocratique, social, économique. Ce défi ne pourra être relevé dans un contexte de politique d’austérité et de mise sous l’éteignoir des aspirations populaires. Ouvrir une nouvelle phase de démocratisation scolaire est aujourd’hui une nécessité. Pour relever ce défi, il ne faut pas moins d’école, mais plus d’école et affirmer qu’il est possible d’élever le niveau de formation d’une classe d’âge dans son ensemble, qu’il faut construire une école pour celles et ceux qui n’ont que l’école pour acquérir ce niveau ambitieux de formation. Donc des moyens et une volonté politique affichée et assumée qui ne contourne pas les véritables débats qui se font jour dans la communauté éducative. C’est l’ambition des communistes d’être utiles à ce débat et aux transformations de l’école. Des questions vont se poser très vite : • L’acte 3 de la décentralisation induit le risque d’accentuer le démantèlement du service public de l’éducation et de consacrer les inégalités territoriales. • Le débat sur les rythmes scolaires doit s’ancrer sur une idée force : il faut plus et mieux d’école. • La question des moyens ne peut être contrainte par le dogme de la réduction des deficits publics. • La question des programmes doit se mener à partir de l’idée d’élever pour tous le niveau de culture commune en une école obligatoire de 3 à 18 ans. • Dès aujourd’hui, la question de la difficulté scolaire doit être la priorité du gouvernement pour les années qui viennent : repenser sa prise en charge et son redéploiement doit être une exigence. Poser dans le débat public des propositions qui donnent sens et corps à ces ambitions, qui sont très largement partagées dans la communauté éducative et dans la société, sera donc utile à ces avancées. 4 • Les Nouvelles 1er novembre 2012

Alain Baché, président du groupe Front de Gauche, a exprimé au nom du groupe la nécessité de véritables ruptures avec les politiques d’austérité imposées par des structures européennes. Revenant sur l’attitude que devrait avoir la Région en direction des salariés, ceux qui manifestent dans ce pays pour l’emploi, l’industrie, les services publics et la formation, il soulignait que les orientations budgétaires sont impactées par la baisse des dotations de l’Etat et le manque de fiscalité nouvelle. « Les signes du changement se font attendre dans notre région. La rareté du crédit des banques privées amène à porter la proposition de fonds régionaux pour l’emploi et la formation mais surtout la création d’un pôle financier public, avec des garanties d’emprunt ou/et des bonifications d’intérêt, permettant la réalisation de projets soutenus par les salariés dans les entreprises, par les citoyens dans leurs quartiers. » Sur la santé, il a proposé l’ouverture d’un débat avec les citoyens, les élus, les professionnels et émis l’idée d’organiser des assises régionales de la santé, en raison des difficultés des citoyens à se soigner et des fractures territoriales que subit notre région. Propositions pour le développement économique Le groupe Front de Gauche propose que la Région s’engage sur la filière du bois, la relance du gemmage et mène une réflexion sérieuse sur la déconstruction des navires en fin de vie, en lien avec le grand port maritime de Bordeaux. De même, il évoquait la rénovation thermique de l’habitat avec un plan de formation, alors que le gouvernement PS/ EEVL a baissé de 8% le budget alloué aux énergies renouvelables, faisant également écho à la proposition du président Rousset sur le développement de la voiture électrique ou au bioéthanol basse consommation. Alain Baché a dénoncé les hésitations de l’Etat quant au développement des circuits courts, l’agriculture raisonnée, la gestion de l’eau, de la forêt, l’aménagement de l’espace, le développement et l’entretien du réseau ferré, pointant le projet LGV « qui pompe beaucoup d’argent aux collectivités ». Enfin le groupe avance des pistes pour l’emploi industriel «  en

aidant certaines PME/PMI, en arrêtant par exemple de verser des aides économiques aux entreprises qui versent des dividendes (+ de 4 millions d’euros depuis début 2012). Pour cela, il est urgent de « mettre en place rapidement de nouveaux critères sociaux et écologiques dans l’attribution des aides allouées aux entreprises ». Des exigences Réussir le changement implique - le paiement des dettes de l’Etat aux collectivités, - le report du vote du budget régional 2013 afin de permettre aux parlementaires d’obtenir des amendements sur la loi des finances 2013, - la création d’un versement transport régional (VTR qui fait déjà consensus dans les régions), - la taxation des transactions financières, - la péréquation entre les régions, - la détermination de critères sur un strict respect du principe de laïcité pour interdire toute subvention à une association dont le lien avec un culte quelconque peut être établie, - la mise en œuvre de critères stricts qui empêchent toute subvention supplémentaire aux lycées privés au delà des obligations légales, - l’intégration des actifs financiers des entreprises pour contribuer au financement des collectivités. Pour la région, les propositions et exigences du groupe Front de gauche passent par un dialogue apaisé avec les personnels et les organisations syndicales. Les votes et débats Sur la reconduite des tarifs de la TIPCE*, le groupe s’est abstenu en raison du manque de dotations de l’Etat, pour gagner la bataille sur le versement transport. *Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques

Isabelle Larrouy, nouvelle élue du groupe Front de gauche, a porté de nouvelles propositions concernant les conditions de travail des saisonniers et le soutien au développement du tourisme social. Mais aussi des inquiétudes sur le cadrage national des diplômes dans la formation professionnelle et le passage à la Région de pans importants du service public de l'Education Nationale, dénonçant la création et le financement par la Région d’un internat d’excellence à Pau à la place même du collège public Jean-Monnet. Stéphane Guthinger pointait alors le manque de moyens en direction

de l’Insertion par l’activité économique (IAE), espérant que la région soit le porte-parole de cette question, rappelant le soutien du groupe au « Pass Conduite ». La présentation du «  Schéma régional climat air énergie » a permis au groupe FdeG de souligner le caractère universel de l’accès à certaines ressources énergétiques. Puis il a en toute logique voté contre le financement des établissements privés sous contrat d’association avec l’Etat. Dans le cadre de « L’acte III de la décentralisation  », le président Rousset a souhaité que les régions obtiennent un pouvoir réglementaire ainsi que l’ensemble des compétences en matière de formation professionnelle, d’orientation, d’accompagnement des demandeurs d’emploi et l’ensemble des politiques liées au développement économique. La région aurait en charge la gestion des fonds européens. Il confirmait sa confiance d’obtenir la présidence du conseil d’orientation de la prochaine Banque Publique d’Investissement (BPI). Sans surprise, l’UMP a approuvé la baisse et le gel des dotations de l’Etat aux collectivités, préconisé la baisse des moyens humains et regretté la disparition du projet des conseillers territoriaux. Le Modem appelait quant à lui à «  une certaine rigueur  », se félicitant de voir se restreindre les dépenses publiques de l’Etat. Rappelant le carcan du TSCG dans lequel les politiques publiques sont enfermées, Alain Baché interrogeait  : «  Je n’entends personne expliquer que l’austérité est bonne pour l’économie. Si elle n’est bonne ni pour l’économie, ni pour les salariés, ni pour la quasi-totalité des travailleurs, pour qui donc est-elle bonne ? » Loïc Boisson


or i en t a t i ons budg é t a i res ANECR

Conseil général

L’Etat doit assurer la solidarité nationale Les familles et les politiques sociales attendent le changement La séance plénière du 26 octobre a abordé les orientations budgétaires et la programmation pluriannuelle des investissements. Le groupe Front de Gauche-PCF a présenté ses propositions en alertant sur l’asphyxie des politiques départementales avec le spectre du pacte budgétaire européen. Jean-Jacques Paris, vice-président, a porté l’appréciation de son groupe sur les politiques d’austérité qui gagnent tous les pays européens avec une récession qui ravage l’emploi et le travail, que les restrictions budgétaires 2013 des collectivités locales vont encore aggraver. « Sans décision immédiate du nouveau gouvernement, les services publics locaux verront leurs moyens régresser aggravant les difficultés des citoyens dans leur vie quotidienne et des agents territoriaux dans l’exercice de leurs missions. » Le groupe estime que les 170 millions d’euros débloqués par l’Etat sont « une goutte d’eau… alors que le montant des allocations sociales versées par les Départements en application de la loi (APA-RSA-PCH) va atteindre 15 milliards d’euros, soit plus de 4,4% par rapport à 2011  » (+ 59% entre 2004 et 2011). A quand le changement pour le departement ? La dette de l’Etat aux conseillers généraux ne s’est pas évaporée. En Gironde, le différentiel constaté pour la seule année 2011 sur le compte administratif, est de 97 millions dont : 32,5 au titre du RSA, 27,6 au titre de l’APA, 23,4 au titre de la PCH, 10 au titre du personnel ATTE, TOS. Le fossé continue à se creuser et approchera les 500 millions en 2013. Sortir de la dépendance aux choix

gouvernementaux Elle s’est aggravée par la suppression de la Taxe Professionnelle, la baisse des dotations et les politiques d’austérité qui freinent la croissance. Cette faiblesse entraînera moins de recettes fiscales puisque la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) est aussi le produit de la situation économique. Or les investissements déjà engagés restant à financer sont concentrés à 70% sur la période 2013/2015 et 25% recouvrent la LGV et le PPP (Partenariat Public Privé) pour les Maisons Départementales de la Solidarité et de l’Insertion (MDSI). Les élus doivent avoir le choix ! « Ne sommes-nous pas entrés dans une ère de soumission organisée pour répondre à l’intérêt des grands groupes ? L’agence de notation, nous dit de baisser nos prévisions de recettes. Ne va-t-elle pas nous recommander demain de baisser nos dépenses salariales ou d’augmenter la fiscalité ? » alerte le groupe.

- emprunter raisonnablement pour ne pas ralentir nos investissements contrairement à ce qu’il est proposé dans les orientations budgétaires, - ne pas augmenter davantage la taxe du foncier bâti, contrairement à l’an dernier (+ 5,6%) en la maintenant à 2%, plus adapté au pouvoir d’achat de nombreuses familles, dans l’attente d’une réforme de la fiscalité. « Si nous renouvelons notre solidarité à cette majorité, c’est une solidarité qui nous laisse une liberté de dire, d’agit, dans un pluralisme dont nous avons bien besoin dans l’espace politique » a conclu JeanJacques Paris pour le groupe FdeG/PCF.

A partir de l’étude du budget, les élus FdeG/PCF proposent : - une rallonge de 2 à 3 millions d’euros, notamment face aux besoins des services sociaux, - abonder de 800 000 euros la dotation au SDISS dont le budget est à 80 % consacré aux salaires et aux charges sociales des pompiers. - maintenir nos efforts en matière de culture mais aussi de sport et de la vie associative car ce sont ces politiques publiques qui participent du lien social, plus nécessaire que jamais dans une période de crise et de récession,

Saint Caprais de Bordeaux

« Pour un audit citoyen de la dette publique » C’est la première commune de Gironde dont le conseil municipal a adopté ce label Depuis des mois, le CAC 33 se mobilise pour dénoncer la propagande des grands patrons, des politiques et des médias qui veulent nous faire baisser les bras devant l’argument soi-disant « incontournable  » qu’il faut réduire la dette ! Mais d’où vient cette dette ? Qui l’a contracté et auprès de qui  ? Pour quoi faire ? Là, tous les convaincus du « On ne peut pas faire autrement que de réduire la dette  » sont plus discrets, et refusent même le débat ! C’est pour cela que le CAC 33 s’est engagé, en autres actions, dans un processus d’interpellation des maires et de leurs conseillers municipaux.

Le CAC 33 s’adresse au Maire pour lui proposer d’adopter une délibération et informe les groupes politiques de gauche et écologistes pour qu’ils accompagnent cette démarche. Après Talence, Bordeaux puis Mérignac, ces derniers mois, les militants du CAC 33 seront présents le 15 novembre à Pessac, à 17h30, à l’occasion du Conseil municipal. Et Saint Caprais de Bordeaux dans cette affaire ? Après la journée de sensibilisation/mobilisation contre le TSCG et les différentes déclinaisons de la dette publique, organisée par le CAC 33, le 22 septembre, à Bègles, à laquelle il participait, notre

camarade Jean-Paul Petit, maire de Saint Caprais de Bordeaux a abordé le sujet avec son bureau municipal puis fait adopter une délibération en Conseil municipal qui « affirme publiquement que sa politique d’endettement … rejette toute forme d’endettement à caractère spéculatif »… «met en demeure l’Etat de transformer les prêts «toxiques» en prêts classiques » … Félicitations et espérons que d’autres municipalités s’engagent à leur tour. Michel Dubertrand

gironde.pcf.fr/30565

La bataille des élus avec les citoyens Déclaration de Jean-Jacques Paris, secrétaire de l’ANECR L’Etat doit assurer la solidarité nationale et la cohésion sociale, et remplir ses engagements en direction des Conseils Généraux| Les dépenses d’aide sociale assumées par les Conseils Généraux sont passées à plus de 34 milliards en 2011 soit la moitié des budgets de fonctionnement des conseils généraux. Dans le même temps les compensations dues par l’Etat n’ont jamais été à la hauteur. Elles plafonnent à 55% soit 8,6 milliards et ce sont les Départements qui doivent couvrir le différentiel toujours plus lourd alors que les possibilités fiscales qui leur restent, les obligent à peser toujours plus sur le foncier bâti payé par les ménages ne leur laissant que très peu de marge. De plus la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises et le produit des droits de mutation sont au rythme de la situation économique et sont touchés par la récession en cours. Par contre le transfert des compétences de l’Etat a contraint à des recrutements nécessaires et dont le financement est complètement occulté. Ajoutons à toutes ces considérations financières, l’accumulation des nouvelles normes environnementales, certes utiles, mais qui génèrent de lourds investissements tant en matière d’infrastructures, de transports, d’équipements ou de logements. Il faut préciser que les départements ont entamé une baisse de leur budget d’investissement en 2011 qui va se poursuivre en 2012 à un rythme de 3% et que rien à ce jour ne permet de penser qu’il en sera autrement l’année prochaine. On peut mesurer l’urgence qu’il y a, à faire des choix différents de ceux d’une austérité à marche forcée telle que définie par le traité budgétaire européen. Bien au contraire les départements comme toutes les collectivités doivent retrouver leurs marges de manœuvre et leur libre administration pour maintenir, voir développer les services publics dont le pays, ses habitants et ses entreprises ont le plus grand besoin. Il s’agit de retrouver un niveau suffisant de croissance utile pour l’emploi et la protection sociale, mais aussi pour dégager de nouvelles richesses vers la formation, la recherche et l’éducation. L’ANECR et ses élu-e-s vont intensifier leur engagement pour faire entendre des solutions allant dans ce sens, tant dans les mobilisations sociales que dans les institutions. Tout doit être mis en œuvre pour que le projet de loi qui sera présenté au mois de janvier 2013 au Parlement prenne en compte ces considérations, afin que les départements puissent remplir pleinement leur rôle social, mais aussi économique grâce à leurs investissements. Les Nouvelles 1er novembre 2012 • 5


l u t t es e t so c i é t é Laboratoires de Recherche publique

Les CDD se rebiffent !

Leur mouvement collectif a l’ambition de faire coïncider l’intérêt de tous les personnels et l’avenir de la recherche française. Qui sont ces jeunes de 29/30 ans, surqualifiés et sous payés, jetables à tour de rôle ? Tour de chauffe pour les CDD de la Recherche publique en manifestation le 25 octobre pour préparer la mobilisation nationale du 26 novembre. L’occasion de regrouper les personnels confrontés à la loi Sauvadet qui, sous couvert de diminuer la précarité en limitant les CDD, ne fait qu’augmenter leur «turn-over». L… fait partie des animateurs de ce collectif. « Le mouvement a commencé il y a plus d’un an à l’INRA* qui anticipait cette loi. C’est ainsi qu’un doctorant a failli ne pas pouvoir finir sa thèse parce qu’il arrivait à la 6e année fatidique, sauvé in extremis par dérogation. Depuis la loi en mars, on a tous été obligés de demander des dérogations. En juillet, on a demandé une rencontre avec la hiérarchie suite aux décisions prises sans explications. Puis en septembre, lors des Assises territoriales de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à Bordeaux, nous sommes intervenus et l’accueil applaudi de notre contribution nous a encouragés à poursuivre la bataille. Des collectifs se sont créés un peu partout en France (Lyon, Marseille, Toulouse, Paris, Versailles…) avec une première réunion intercollectifs mi-octobre pour préparer un grand mouvement national le 26 novembre ».

Ces jeunes contractuels de 29/30 ans, diplômés et qualifiés, représentent environ 25% des personnels des universités et 30% des EPST*. I…/ Bac+10, doctorat bio informatique, 7 ans en en postdoc (post doctorat) en EPST au CNRS, à l’INRA, à l’Université : « Après 13 mois de contrat, je suis partie en congé maternité. Au retour, la loi Sauvadet en vigueur, mon CDD n’était plus ouvert et les portes du CNRS, INSERM ou INRA fermées. J’ai été obligée de devenir auto-entrepreneur et suis aujourd’hui prestataire de service pour l’Inra Pierroton où je travaille dans les mêmes conditions qu’avant, les mêmes revenus, avec les mêmes collaborateurs, sur les mêmes projets ! Les CDD sont très bien formés, mais n’ont aucune issue puisqu’il n’y a pas d’ouverture de postes. Aucun développement de carrière non plus, alors que nos compétences évoluent. Nous sommes des éléments-clés des labos, et on nous jette pour ne pas nous recruter en CDI ou statutairement. Puis on reprend des CDD, qu’on reforme… Cette loi est une horreur pour la recherche française. M… / Bac+5, Master 2, ingénieur d’étude à l’INRA Villenave d’Ornon : « Je suis en CDD depuis 4 ans et demi. 5 ans, c’est le maxi en tant qu’ingénieur, et il n’y a pas

Ils ont porté leurs revendications à la Préfecture afin qu’elles soient transmises sous la forme d’une lettre ouverte adressée à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Ils demandent : - De toute urgence l’instauration d’un moratoire sur le non-renouvellement des contrats CDD dont le financement est assuré par le laboratoire ou l’agent. - Une augmentation significative du nombre de postes aux concours dans toutes les catégories afin de résorber réellement la précarité. - L’ouverture de discussions spécifiques sur l’emploi scientifique. Collectif Aquitain des Contractuels de la Recherche : Contact : coacore@gmail.com - Blog : http://coacor.blogspot.fr/ Signez la pétition en ligne : http://petition.precarite-cnrs.fr/?petition=4 6 • Les Nouvelles 1er novembre 2012

de possibilité de Cédéisation ni d’ouvertures de postes titulaires au concours. C’est le blocage total, le chômage, la reconversion professionnelle ou l’expatriation… On se bat pour garder nos CDD, mais ce n’est pas non plus la solution, car on ne peut faire aucun projet d’avenir. » A… / Bac+3, BTS Anabiotech, licence professionnelle : « Je suis en CDD depuis 2 ans sur la plateforme Pierroton Cestas. Encore 1 an, et soit je me reconvertis soit je m’expatrie. Je gagne 1 421 euros net par mois. » S… / Bac +2, BTS Anabiotech, à l’Inra Pierroton : « Je suis titulaire depuis 2009, après 5 ans de CDD, aucun poste ne correspondant à mon profil jusque-là. Avec la loi Sauvadet, on voit passer les CDD qui acquièrent des compétences, on travaille en équipes, puis ils disparaissent, parce que l’Inra a pris des mesures pour ne pas prolonger les CDD au-delà de 3 ans. Je manifeste ici ma solidarité avec mes collègues. » A…/ Directeur de recherche à l’Inra Pierroton : « Dans le laboratoire où je travaille, sur les arbres forestiers, j’emploie des personnes depuis plusieurs années sur des contrats de recherche financés sur projets via l’Union Européenne ou l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Ces personnels ont acquis des compétences que personne d’autre n’a au labo, on pourrait continuer à les employer, on trouve les financements pour les contrats, mais le nouveau «statut» nous oblige à les licencier. Ils ont 29-30 ans, ont fait une thèse, mais après 3 ou 4 ans, ils ne peuvent continuer qu’en CDI, mais il y a peu de propositions. Ces jeunes font des études jusqu’à 30 ans et se retrouvent face à un mur, c’est stupide et abject ! On se demandera pourquoi de moins en moins de jeunes étudient les sciences  ! Je suis là en solidarité et pour donner mon avis à notre hiérarchie pour qu’elle agisse sur cette situation. » Y…/ Directeur de recherche, département d’écologie dont 50% est basé à l’INRA Pierroton : « La recherche est touchée de plein fouet. On forme des gens sur plusieurs années, ils sont hyper compétents dans leur domaine. Et on oblige les équipes à se séparer puisque la règle est devenue de 3 à 5 ans en CDD. Même si on arrive à obtenir les crédits pour cela, on peut critiquer la manière dont l’Etat gère les crédits de recherche avec l’ANR avec cette démarche

de projets et de contractualisation exacerbée. Ce sont des ouvertures de postes qu’il faudrait et c’est l’inverse qui se produit avec cette loi Sauvadet qui va à l’encontre totale de la pérennisation des équipes et en tant que scientifiques, nous-mêmes sommes bridés. Je ne sais pas si le chercheur ne va pas devenir

un fossile. Dans d’autres pays, on voit se constituer des groupes de recherche de 50 personnes où seuls le professeur et sa secrétaire sont titulaires, tous les autres contractuels. Je ne veux pas aller vers ça. »

*Institut National de la Recherche Agronomique *Etablissements Publics à caractère Scientifique et Technique

Pour l’INRA, il y a eu 25 postes ouverts au concours cette année, contre 36 en 2011, 54 en 2010, remplacés par des contrats précaires.

5 milliards d’euros par an : c’est le montant du «Crédit impôts recherche» donné aux entreprises pour faire de la recherche,

sans aucun contrôle ni aucune exigence de retombée territoriale, notamment en terme d’emplois.

Cette somme pourrait financer 100 000 postes par an.

La cour des comptes a dénoncé que le principal bénéficiaire est le secteur banques/assurances.

La cgt vole dans les plumes du Medef ! La CGT a rassemblé près d’un centaine de militants le 25 octobre lors de la venue de Mme Parisot à Bordeaux, militants du livre, des cheminots, des retraités, de Ford, etc. Les manifestants ont revendiqué une autre politique économique et sociale de la part des syndicats d’employeurs et du gouvernement. Le travail n'est pas un coût. Au contraire, c'est lui qui crée des richesses. Par contre, le capital est un coût et il rend le travail malade. La flexibilité du travail tant réclamée par le MEDEF ne fera qu'aggraver les conditions de travail et de vie des salariés. Les mesures mises en place à la demande du patronat  (loi TEPA, flexibilité, assouplissement des 35 heures, exonérations de cotisations sociales, etc.) n'ont fait qu’aggraver le chômage dont les chiffres sont éloquents. Il faut arrêter de distribuer les richesses créées par les salariés aux actionnaires !! Elles doivent servir à l'emploi, à l'investissement productif, aux salaires, à la formation afin de relancer l'économie et sortir ainsi de la crise. L'austérité n'est pas la bonne réponse. La CGT le rappellera le 14 novembre lors de la mobilisation à l'appel de la Confédération Européenne des Syndicats.


3 6 e c ongr è s du P C F Contributions

Participer à l’Humanifeste Le 36e congrès en questions à Sébastien Laborde, secrétaire du PCF 33, membre du conseil national Le PCF tient son congrès en février prochain. Quels en sont les enjeux ? La crise continue de s’aggraver, des millions de gens voient leurs conditions de vie se dégrader. Il s’agit d’ouvrir aujourd’hui un espoir de changement véritable. Pour cela il y a la question du projet, du dépassement du capitalisme, et des propositions crédibles, tout de suite, qui rompent avec les politiques d’austérité ainsi que celle du rassemblement, pour parvenir à imposer le changement. Le rassemblement c’est le Front de gauche ? Le Front de gauche rassemble des forces politiques, des citoyens, des intellectuels. Il doit entrer aujourd’hui dans une nouvelle phase d’élargissement. Nous ferons lors du congrès des propositions pour que cet élargissement soit populaire et s’inscrive dans la durée. La période qui s’ouvre, hors élection, n’est pas simple pour personne. Les assemblées citoyennes au plus proche des gens doivent être un outil contre l’austérité mais aussi contre le fatalisme. Mais en terme de rassemblement, il faut aussi parler du rassemblement des salariés, du monde du travail et de la création autour d’un projet commun au service de leurs intérêts. Construire une nouvelle conscience de classe, c’est l’ambition affichée du projet de base commune voté par le conseil national (CN). En quoi le salariat est-il divisé aujourd’hui ? Tout est fait pour le diviser : entre fonctionnaires et salariés du privé, entre hommes et femmes, entre français et etrangers, entre CDI et contrats courts. Les transformation des modes de production induisent aussi une individualisation importante, un isolement des salariés, et aussi des aspirations communes qui émergent mais ne font pas projet aujourd’hui. C’est un enjeu important que de travailler à des propositions qui rassemblent plutôt que celles qui opposent et divisent. La question de la solidarité notam-

ment doit être remise sur le devant de la scène. Comment le PCF sort-il de cette période ? En regardant les listes d’adhésions, une chose est frappante : 1 communiste sur 3 en Gironde n’était pas adhérent avant 2005. Cette année, nous en sommes à plus de 140 nouvelles adhésions, et la plupart sont de jeunes salariés, beaucoup sont syndicalistes. Le PCF se transforme donc et il s’agit au travers de nos statuts mais aussi du débat sur notre façon de militer, de faire de la politique, de permettre à tous ces jeunes et nouveaux adhérents de prendre toute leur place dans le parti, de libérer l’activité militante et l’initiative. Lors des derniers congrès, le changement de nom du parti, sa disparition étaient posés… Et aujourd’hui ? La question de l’existence du PCF est réglée positivement. Y compris d’ailleurs dans le Front de gauche où toutes les organisations qui le composent voient dans cette diversité d’organisations un atout. Pour l’heure, c’est la question de ses transformations qui est posée. Nous devons relever un triple défi : celui de la démocratie dans toute ses dimensions, celui du redéploiement et de la structuration sur tout le territoire, et celui du militantisme, de la place de l’individu, de l’adhérent dans ce collectif. Concrètement, ça veut dire quoi ? Nous avons depuis le congrès de Martigues beaucoup évolué, et aujourd’hui la diversité d’opinions est vécue comme une force. Mais on doit mieux faire dans l’organisation des processus de décision, pour qu’ils soient le plus collectifs et le plus riches possible, comme dans l’application des décisions majoritaires à tous les niveaux. Le projet de base commune réaffirme la nécessité de la prise de décision collective, c’est essentiel. Dans ce processus et dans nos transformations, la place de l’adhérent est centrale. Elle renvoie à nos pratiques mais aussi à tout ce qui dans la société empêche

l’émancipation des individus. La délégation de pouvoir, le patriarcat, les transformations du monde du travail, l’accès aux savoirs. C’est une grande ambition que de vouloir construire un parti de masse, dont la démocratie et le militantisme sont les moteurs de l’action. C’est, je crois, la volonté partagée de tous les communistes. Et en terme d’organisation ? Beaucoup de sections réfléchissent à leur organisation sur le territoire, la place des nouveaux adhérents, la forme de nos réunions, notre façon de militer. Nous devons faire du commun sur toutes ces questions et partager nos expériences positives ou négatives, y compris après la période d’intense activité que nous venons de vivre. Il ne s’agit pas de définir un modèle de section appliqué partout, mais de réfléchir notre structuration dans le sens d’une efficacité politique sur tout le territoire, en tenant compte justement des spécificités de ces territoires et de la nécessité de proximité. Pour aller vite, on ne milite pas de la même façon dans un canton rural que dans un quartier de Bordeaux. Mais on fait de la politique partout. Nous affichons l’ambition de redevenir un Parti de masse. L’organisation du parti au plus proche des gens est un élément essentiel pour y parvenir.

L’hebdo « Les Nouvelles » ouvre une page aux contributions individuelles et collectives

Parution des contributions : 2 500 signes maximum, espaces compris (la «suite» pouvant être consultée sur le site du PCF) A envoyer Par courrier : PCF 33 - « 36e Congrès » 15, rue Furtado - 33800 Bordeaux Par internet : gironde.pcf@gmail.com et s’inscrire sur http://congres.pcf.fr A lire sur le site du PCF 33 gironde.pcf.fr rubrique «36e congrès»

Le projet de base commune sera disponible à la fédération à partir du vendredi 9 novembre Le congrès en Gironde Calendrier Dès maintenant. Ouverture de la phase des contributions individuelles et collectives 17 novembre. Date limite de dépôt de textes alternatifs 21 novembre. Adoption du projet de base commune par le CN 14 et 15 décembre. Vote des communistes sur le projet de base commune En janvier. Ouverture de la phase des Congrès de sections, amendements sur la base commune, élections des délégués au congrès départemental. 26-27 janvier. Congrès départemental : discussion, votes, élection de la délégation au congrès. 7 au 10 février 2013 : Congrès national du PCF à Aubervilliers

Assemblée citoyenne

Pacte budgétaire européen Une vingtaine de personnes ont débattu et décidé d’actions anti-austérité

Accueil national des nouveaux adhérents Samedi 10 novembre à Paris 10 girondins-nes y seront présents

Jeudi 25 octobre, à Floirac, René Di Roberto, professeur d’Economie à la Faculté de Sociologie de Bordeaux 2, a introduit le sujet sur le TSCG et le pacte budgétaire européen en donnant les principales dispositions de ce Traité, son origine idéologique et les conséquences économiques et sociales qu’il faut redouter. S’en est suivi un débat très intéressant entre les présents qui ont décidé de se retrouver pour fixer les actions à mener pour combattre le budget 2013 et les mesures d’austérité.

Le nombre important de nouvelles adhésions (6 000 depuis le début de l’année) montre que l'engagement dans le combat pour l'émancipation est toujours d'actualité. La dynamique initiée avec le Front de Gauche a donné des envies, ouvert des possibles. Le 36e congrès et les initiatives qui en découlent sont l'occasion pour inviter de nombreux autres à nous rejoindre, à venir partager et faire vivre avec nous leurs combats. Dans cet objectif et dans le cadre de notre processus de congrès, le PCF organise une matinée de rencontre et de débats avec les nouveaux adhérents au PCF, à laquelle participeront 10 nouveaux et nouvelles adhérents-tes girondins-nes. Les Nouvelles 1er novembre 2012 • 7


c u l t ures e t so l i dar i t é s

NOUVELLES IDÉES REÇUES

Projection / Spectacle

Une soirée avec le cirque Romanès Lundi 12 novembre,20h30, cinéma Utopia Bordeaux Les Romanès : Film documentaire de Jacques Deschamps - France 2011 1h15 Projection unique du film suivie d’un spectacle du Cirque Romanès. Loin du gigantisme des cirques d'aujourd’hui, le Cirque Tzigane Romanès redonne ses lettres de noblesse au cirque familial. Ici, pas de lions ni de tigres, ni de hordes de voltigeurs mais plutôt une chèvre, un chat ou une jeune fille de corde qui viendra tutoyer les étoiles. Des choses simples et vraies que l'on dirait improvisées au soir le soir. Car au Cirque Romanès, l'ambiance est première, à la fois chaleureuse et rêveuse. Dès le début, toute la troupe est là pour vous accueillir. En première ligne, la belle Délia à la caisse et ses prophéties de gitane, et Alexandre, son mari depuis vingt ans, fils Bouglione qui fut jadis dompteur et compagnon de route du poète Jean Genet. Puis le charme du Cirque Romanès opère, grâce notamment à la présence constante de la musique tzigane qui accompagne les numéros, fait chanter les uns et jongler les autres, qui fait lever toute

la famille le temps d'un chorus et qui entraîne le public dans ses effluves voyageuses. Pour ce documentaire, Alexandre et sa femme Délia, les fondateurs du cirque Romanès, ont ouvert leur chapiteau à la caméra de Jacques Deschamps, nous invitant à entrer dans l'intimité de leur fabrique de rêve, au cœur du quotidien de ces acrobates et musiciens qui revendiquent chaque soir le droit d'être nomades et libres. Tarif unique : 8 euros Achetez vos places à l’avance, à partir du Vendredi 2 Novembre. À 18h, salle de la cheminée, en partenariat avec La Machine à Lire, Rencontre et dédicace avec Alexandre Romanès - Entrée Libre Né en 1951, Alexandre Romanès est issu d'une grande famille du cirque, dont il s'éloigne à l'âge de 25 ans afin de retrouver la culture gitane. Poète salué par Jean Grosjean ou Christian Bobin, il a publié, aux éditions Gallimard, Paroles perdues (2004) et Sur l'épaule de l'ange (2010).

Aragon aujourd’hui

Un mois et une semaine Le 24 décembre 1982, Aragon disparaissait. 30 ans plus tard le poète, le romancier et le combattant politique continue à nous parler, échappant au fil du temps et à l'oubli. Le PCF, à l'occasion de ce trentième anniversaire, lui rend hommage pendant un mois, au siège du conseil national du PCF. Les communistes girondins lui consacreront une semaine culturelle du 14 au 20 décembre.

Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest S.A.S. au capital de 37 000 euros Associés (à parts égales) : L. Chollon, F. Mellier, S. Laborde Directeur de la publication : Frédéric Mellier Abonnement 1 an : 25 euros. Abonnement de soutien : 40 euros Rédaction, composition, impression : S.A.S. Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Tél. 05 56 91 45 06 - Fax 05 56 92 61 01 - Email : nouvellesbordeaux@yahoo.fr Publicité : Aquitaine Conseil Publicité 6, rue du Prêche 33130 Bègles - Tél. 05 56 49 69 45 Commission paritaire de presse : 0113 C 85932

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CHRONIQUE

Chapiteau Cirque Romanès Quai Deschamps (à côté du Parc Relais de Stalingrad) Bx-Bastide Tram A : arrêt «Stalingrad» Réservations : 06 99 19 49 59 06 07 08 79 36 www.cirqueromanes. com

par Gérard Loustalet Sens « Pigeons » ou rapaces ?

Cela commence à bien faire ! Il y en a assez de tous ces privilégiés du fric qui s'accrochent à leur magot avec une rare indécence et se présentent, sans le moindre scrupule, comme des victimes. Il y a les restaurateurs qui se cramponnent à leur TVA à 7% pour mieux réchauffer les plats de la cuisine industrielle et qui menacent de licencier les salariés qu'ils n'ont pas embauchés... Il y a les médecins spécialistes qui s'agrippent à leurs dépassements d'honoraires souvent exorbitants mais toujours immoraux car faisant ainsi payer, sans vergogne, au prix fort, un savoir-faire qu'ils ont acquis gratuitement, avec l'argent public, dans les centres hospitalo-universitaires... Mais l'épisode récent le plus crapoteux a sans doute été cette sordide affaire des prétendus « pigeons ». On en connait l'origine, la simple application d'un principe on ne peut plus légitime : imposer les revenus du capital au même niveau que les revenus du travail. Emoi dans les portefeuilles ! « Erreur économique... Effets catastrophiques... », clame dame Parisot. Dans le cas précis, il s'agissait de faire passer de 34,5% à 58% la taxe sur les plus-values de cession (c'est-àdire de revente) de sociétés ou de parts de sociétés. Horreur chez les possédants privés peut-être de la joie raffinée des ventes et reventes spéculatives et ne trouvanr pas anormal que les plus-values de cession imposées à 45% dans la Silicon Valley ne le soit qu'à 34,5% jusqu'alors en France (Le Monde, 18.10.2012). Moi qui croyais qu'un authentique entrepreneur créait une société avec pour objectif avant tout de la développer dans un domaine donné, certes pour gagner de l'argent, mais aussi parce qu'il était un passionné de ce domaine... Il s'avère que les « pigeons » en question sont plus préoccupés de la revente de leur entreprise que de son activité... Et ces particuliers investisseurs que l'on appelle business angels sont moins des pigeons que des rapaces à l'affût de la bonne affaire à revendre au bon moment en se faisant un « max de thunes », comme dit J-E Ducoin dans éditorial de l'Humanité (08.10.2012). Bref tout à fait le genre « prend l'oseille et tire-toi ! ». Rien n'est plus pertinent que d'imposer très fortement ce genre de manoeuvres dont le caractère spéculatif n'échappe à personne en dépit des grandes envolées sur l'emploi et l'investissement dans les « start-up » innovantes de ces jeunes (?) gens aux dents longues et à l'avenir radieux... Mais qui sont donc ces faux pigeons ? J-E Ducoin parle avec justesse d'un « quarteron de petits ultralibéraux à l'angoisse fiscale développée ». Encore que « petits », c'est à voir... Quand les patrons de Meetic, Virgin Mobil ou Clipperton Finance (une boîte qui gère les fusions-acquisitions et vit donc de la vente et revente de sociétés) viennent se présenter en exploités, on se dit que c'est bien eux qui nous prennent pour des pigeons ! Ainsi que le remarque l'économiste Thomas Piketty, « les pigeons en question sont souvent des gros spécimens dont la colère (témoigne) aussi du sansgêne de certains hauts revenus irrités de payer plus (?) que d'autres » (Le Monde, 7/8.10.2012). Le comique, c'est de voir tout ce patronat bling bling jouer à la guerre fiscale en dentelles... Fronde, jacquerie, révolte... Ah, les rebelles ! Soulevé d'enthousiasme, Le Point (11.10.2012) pousse le ridicule jusqu'à parler d'une « des plus importantes révolte fiscale depuis celle du papier timbré en 1675 » sous Louis XIV ! Rien que ça ! Il est évident qu'à côté de l'imposition des plus-values de cession d'aujourd'hui, la taille, la dîme et la gabelle d'autrefois n'étaient que d'aimables et joyeuses contributions du bon peuple au bonheur de la Cour, de la noblesse et du clergé et n'ont jamais suscité le moindre mécontentement. Le Point ajoute, il est vrai, que la « fronde anti-impôt a porté ses fruits ». Tout le monde l'a remarqué, « le gouvernement a été bien prompt à donner du grain aux pigeons » (Le Monde, 21/22.10.2012). Une nouvelle fois un gouvernement socialiste a capitulé devant le pouvoir de l'argent... Et cela parce qu'il adhère pleinement à toute une mythologie de l' « entrepreneur » qu'il est temps de démonter...

Nouvelles N°1966  

Nouvelles 1966 du 1er novembre 2012