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Organisation d'entraide internationale

Février 2018 | N° 166

ÉDITORIAL Ethnies : des grilles d’analyse différenciées Décidément les volontés indépen­ dantistes se sentent pousser des ailes ces derniers mois en Europe. Une déclaration d’indépendance unilatérale en Catalogne, des ten­ sions persistantes entre Wallons et Flamands en Belgique, l’Écosse qui se tâte, la Lombardie et la Vénétie en quête de plus d’autonomie… Ces évé­ nements rappellent que les fron­ tières nationales ne sont pas gravées dans le marbre et qu’elles ont régu­ lièrement évolué au gré de l’histoire. Deux poids, deux mesures Tous les mouvements autonomistes ont des points communs, mais aussi leurs spécificités. Mon propos n’est pas de juger si ces quêtes sont légi­ times ou pas, mais de m’attarder sur les grilles d’analyse déployées par les observateurs. De nombreux élé­ ments explicatifs sont mobilisés pour nous faire comprendre la com­ plexité des enjeux. Toutefois, le fac­ teur « ethnique » n’est jamais énoncé. Trop exotique pour l’Europe ? Sup­ posons que les revendications se situent sur le continent africain  : quelle serait l’analyse ? L’aspect eth­ nique ferait certainement rapide­ ment son apparition comme facteur explicatif. C’est un terme à usage non universel. Je n’ai jamais entendu un journaliste mentionner l’ethnie catalane, wallonne, flamande ou même jurassienne dans un de ses articles ! Serait-ce tabou ? Ne pas céder à la simplification Toute tentative explicative à travers le prisme ethnique est réductrice et masque les véritables raisons qui ont mené à ces situations. En s’éman­ cipant de cette explication, on remarque rapidement que les ques­ tions économiques, sociales, poli­ tiques et juridiques sont les véri­ tables vecteurs de tensions. L’ethnie est un concept figé qui nie à l’être humain sa faculté d’adaptation à son milieu de vie. Une analyse raisonnée permet donc d’éviter certains pièges et, surtout, elle doit s’appliquer à toutes les régions du monde. La radicalisation récente du mouve­ ment pour créer l’Ambazonie dans les régions anglophones du Came­ roun, une volonté sécessionniste chez certains habitants de Casa­ mance au Sénégal et des rêves d’autonomie de l’État de Chin au Myanmar nous confrontent à des situations délicates. Elles doivent être prises en compte dans notre manière d’intervenir. En identifiant les raisons précises du malaise remettant en cause une coexistence, nous pouvons intervenir pour sou­ tenir indirectement des solutions pacifistes. ■ Xavier Mühlethaler

Rédacteur responsable : Philippe Randin Adresse : Av. Boveresses 24 1010 Lausanne Tél. 021 881 23 80 np@nouvelle-planete.ch www.nouvelle-planete.ch

Aidez les enfants à apprendre à lire et à écrire GUINÉE La situation du village de Fandjéta dépasse l’imaginable : plus de 300 élèves ne sont pas scolarisés… par absence totale d’école ! Fandjéta est un village adossé aux contre­ forts d’une colline dans une nature luxu­ riante. La sérénité qui s’en dégage à pre­ mière vue est trompeuse. Le désarroi de la population est grand et les habitants ont l’impression d’avoir été abandonnés à eux-mêmes. Ces laissés-pour-compte nous relatent l’histoire tragique de la situation éducative dans leur village.

Des efforts vains « Nous avons essayé d’organiser l’éduca­ tion de nos enfants en 2007  », nous raconte un villageois. « Nous avons alors construit une salle de classe en terre. 64 élèves y ont suivi les cours durant deux ans jusqu’en 2009. Mais le bâtiment a rapidement succombé aux aléas clima­ tiques. À l’époque, nous avions formé l’as­ sociation des parents d’élèves de Fandjéta. Elle est restée active jusqu’à nos jours, en quête de solutions durables. Mais l’ab­ sence de moyens et de soutien ne nous a pas permis d’ériger l’infrastructure nécessaire jusqu’à présent. »

Des chiffres qui font frémir Les écoles les plus proches se trouvent à Sorondo (7,3 km), à Khönia (10 km) et à Maléya (15 km). Autrement dit, Fandjéta se trouve dans un trou noir dans le domaine de l’éducation. En effet, un enfant en âge d’aller à l’école ne peut pas effectuer l’aller-retour chaque jour. Selon

L’école de Kondéa a été assainie en 2013.

les dernières estimations, plus de 150 enfants de Fandjéta en âge de scolarisa­ tion au niveau primaire restent sur le car­ reau. À ce chiffre, il faut ajouter les enfants des hameaux de Fiili, de Feinka et de Tougui Kerein. Au total, environ 300 enfants ne sont pas scolarisés dans cette région !

Une solution se dessine Pour résoudre ce problème prioritaire, également reconnu récemment par l’au­ torité sous-préfectorale, trois salles de

Avec CHF 68.–, vous contribuez à l’acquisition d’un table-banc pour accueillir les futurs élèves de l’école dans des conditions favorables à l’apprentissage.

classe vont être construites. Comme le cycle primaire guinéen dure six ans, il sera possible de dispenser les cours en multigrades, tout en garantissant l’entier du cursus scolaire avec des leçons entre 8h et 12h30 et entre 15h et 18h. Toutes les salles de classe seront dotées de 24 tables-bancs, de deux tableaux noirs et d’un bureau avec chaise pour l’ensei­ gnant. La construction de toilettes est également prévue. La direction souspréfectorale de l’enseignement élémen­ taire a déjà garanti l’affectation des enseignants nécessaires à la bonne marche de l’école.

Comme la population n’a pas l’habitude d’envoyer les enfants à l’école, nous allons accompagner le projet d’une dizaine de campagnes de sensibilisation à la scolari­ sation auprès des parents avec un accent spécifique sur les filles. Un changement notable au niveau de la scolarisation se prépare donc dans le vil­ lage de Fandjéta. Les villageois sont heu­ reux d’entrevoir enfin le bout du tunnel. Nouvelle Planète et les habitants vous disent mille fois inou walli. ■ Xavier Mühlethaler

Pour soutenir ce projet, il vous suffit d’indiquer « Fandjéta » sur votre bulletin de versement. Plan de construction pour l’école de Fandjéta.

SOMMAIRE

ég a l su is se-s én

« Nous avions les larmes aux yeux » Page 4

La nouv elle à la fêt école e Page 2

Sur le pont Hai Dung, on y de roule ! Page 3

ontre À la renc aïf S . M de Page 3

Aidez le s en à appren fants à lire et dre à écrire Page 1

Dix ans après Page 2

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Reboisement et agricoles se co activités mplètent Page 2

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Février 2018 | N° 166

La nouvelle école à la fête BURKINA FASO Inauguration de l’école de Sabouli. Les élèves du village étudient maintenant dans de bonnes conditions. L’accueil est grandiose : nous sommes tout d’abord reçus à la mairie. Il s’agit de former un convoi avec les véhi­ cules du maire, du préfet et celui de la police. En route pour le village de Sabouli, situé au nord du Burkina Faso dans la commune de Ségué­ néga. Un nuage de poussière est sou­ levé par les voitures sur la piste. À l’approche de la localité, des villa­ geois armés nous escortent. Ils tirent

pour annoncer notre venue. Le vil­ lage que nous traversons est désert car la population entière s’est ras­ semblée devant l’école. Les enfants forment une haie d’honneur sur près de 200 mètres et chantent pour nous souhaiter la bienvenue.

Le développement par l’éducation Pour les 2500 habitants, la scolarisa­

tion des enfants est une priorité. Les responsables du village le répètent lors des discours : « C’est un rêve qui se réalise. » Ils espèrent que, grâce à l’école, leurs enfants pourront amé­ liorer leur niveau de vie. Le maire relève le dynamisme des habitants. Ce sont eux qui ont construit les pre­ mières classes avec des murs en pisé (boue et paille) et un toit de paille. Ils ont alors dû faire de nombreuses demandes auprès des autorités pour que l’État mette à disposition un enseignant. En 2014 enfin, leurs démarches ont porté leurs fruits. Mais il y avait une condition  : les classes ne pouvaient pas rester en l’état et il fallait loger l’enseignant.

Un bâtiment et des enseignants supplémentaires Nouvelle Planète a accepté de répondre à la demande des villageois et a construit une école en dur com­ posée de trois salles de classe. Les échanges préalables avec toutes les parties ont permis de développer des aspects intéressants. Par exemple, la commune a accepté de fournir les

L’ancienne école…

Dix ans après MYANMAR Nous intervenons au Myanmar depuis dix ans. 42 projets y ont été réalisés. Aujourd’hui, nous vous proposons un retour sur le premier projet.

… et la nouvelle, lors de l’inauguration.

tables-bancs et les enseignants ont mis l’accent sur la sensibilisation à des aspects du quotidien. Ils ont ins­ tallé un système permettant aux enfants de se laver les mains  : un bidon et du savon se trouvent désor­ mais à l’entrée des classes. Enfin, ils ont aussi mobilisé les élèves pour qu’ils plantent des arbres. Bientôt, les manguiers ombrageront le préau. Chaque enfant a également pu emporter des plants d’arbres à la

maison. Ils les ont plantés et doivent les entretenir. En effet, dans cette région directement confrontée à l’avancée du désert, chaque geste est important. Les femmes chantent. On prépare à manger. La fête va durer toute la journée.

■ Philippe Randin

Reboisement et activités agricoles se complètent CAMEROUN Les conséquences de la déforestation sont bien réelles au nord-ouest du pays. Pour cette raison, les projets de Nouvelle Planète intègrent la plantation d’arbres.

Les filles apprécient leur logement.

Le village de Payataung est mécon­ naissable. De nombreux bâtiments ont été érigés et la pagode, en construction durant de nom­ breuses années, est achevée. Sa flèche dorée et parsemée de clo­ chettes s’élance vers le ciel. Jadis, des tractations étaient nécessaires pour entrer dans le territoire de la minorité ethnique Pao et pour rejoindre Payataung. Aujourd’hui, un hôtel sur pilotis vient d’ouvrir à quelques encablures. La région du lac Inle est devenue en quelques années l’attraction touristique du Myanmar. Elle accueille dans son écosystème fragile plus de 200 000 touristes par an !

Un développement réjouissant Lors du passage de Willy Randin en 2007, le monastère accueillait 32 jeunes filles en pensionnat. Suite à cette visite, Nouvelle Pla­ nète a financé la construction d’un logement de deux étages pour que les jeunes filles issues des minori­ tés ethniques provenant des mon­ tagnes puissent accéder à la scola­ risation. Aujourd’hui, 50 filles y vivent. D’autres donateurs ont pris le relais et ont financé l’extension de l’infrastructure. Désormais, le monastère accueille 1300 élèves, dont une majorité de filles ! La col­

laboration entre l’école publique et la structure d’accueil monastique fonctionne toujours à merveille.

Garantir les acquis Le monastère jouit désormais d’une importante notoriété grâce, entre autres, au livre « Children of the Revolution » écrit par Feroze Dada (2014) retraçant l’histoire de ce lieu. Ce développement fulgu­ rant a engendré une augmentation importante des frais de fonctionne­ ment. Pour garantir la pérennité financière sur le long terme, une ONG anglaise a appuyé la mise en place d’une unité de mise en bou­ teilles d’eau potable estampée « Ko Yin ». Une fois cette assise finan­ cière acquise, un projet supplé­ mentaire a été lancé avec un méde­ cin écossais pour créer une petite clinique et inaugurer une école pour les infirmières. Notre cher moine, toujours aussi dynamique, n’est jamais à court d’idées nova­ trices. Le travail de pionnier opéré par Nouvelle Planète il y a dix ans porte ses fruits jusqu’à aujourd’hui. ■ Xavier Mühlethaler (Sur la base du récit de Myriam Birchmeier)

Chaque groupement reçoit des arbres « écologiques ».

Lorsqu’on entend le mot déforesta­ tion, ce sont des images de destruc­ tion massive des forêts qui viennent à l’esprit. Mais à une échelle plus réduite, les effets se font également sentir et sont non moins dramatiques. Dans la région d’intervention de Nou­ velle Planète, près de Bamenda, le bois est utilisé pour cuisiner, pour construire des maisons, confection­ ner des objets d’artisanat ou est encore vendu à destination des villes environnantes. Mais cette pratique a un prix.

La qualité des sols se détériore Les conséquences de la déforestation sont nombreuses pour la population et plus particulièrement pour les agri­ culteurs qui ont besoin de sols fer­ tiles. Or, la coupe d’arbres induit un lessivage des sols, ce qui diminue le potentiel de régénération des forêts

et la fertilité des sols pour des activi­ tés agricoles. Les agriculteurs, dont beaucoup de femmes, n’arrivent que rarement à résister à cette dégrada­ tion des sols et continuent à déboiser d’autres terrains. S’ensuit alors un véritable cercle vicieux ! Les apicul­ teurs et les chasseurs sont aussi tou­ chés par ce phénomène : le gibier se fait rare et la diminution d’arbres mel­ lifères et nectarifères réduit la polli­ nisation et par conséquent la produc­ tion de miel. Quels sont les moyens à disposition pour renverser la ten­ dance ?

comme l’eucalyptus, qui a besoin de beaucoup d’eau. Il faut alors choisir des arbres « écologiques », qui pré­ servent la nappe phréatique et main­ tiennent le niveau d’eau. Dans les pro­ jets d’apiculture, les responsables locaux privilégient des arbres produi­ sant du nectar. Ils protègent aussi les sources par des plantations, pour que les adductions d’eau potable durent longtemps. Ce sont habituellement les villageois qui plantent ces arbres. Il s’agit de leur contribution au projet, sous la supervision d’un agroforestier spécialisé.

Distribution d’arbres « écologiques »

De pair avec une sensibilisation sur les questions environnementales, le reboisement dans ces projets contri­ bue, à son échelle, à enrayer la défo­ restation au Cameroun.

Le reboisement est primordial et est inclus dans chaque projet de Nou­ velle Planète. Le choix des arbres est déterminant. En effet, certains d’entre eux ne sont pas adaptés,

■ Roman Twerenbold


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Des épidémies révélatrices MADAGASCAR/GUINÉE Mettre en place des structures de santé de proximité semble vital, vu l’apparition de certaines épidémies. Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. Désormais, c’est l’épidémie de peste à Madagascar, plus virulente que d’habi­ tude, qui nous tient en haleine depuis quelques mois.

Une couverture sanitaire lacunaire

Le nouveau centre de santé de Madina Fanta en Guinée.

Des informations inquiétantes nous pro­ viennent régulièrement de nos pays d’intervention concernant la propagation de maladies hautement contagieuses. Quelques gros titres paraissent dans nos médias, une peur diffuse s’installe, puis

petit à petit les pays retombent dans l’ano­ nymat total. Vous vous rappelez le virus Ebola qui avait laissé planer le spectre d’une épidémie mondiale il y a deux ans ? Des efforts considérables avaient été déployés pour juguler sa propagation en

L’OMS incarne le fer de lance de ces batailles. Des moyens colossaux sont libé­ rés momentanément pour venir à bout de ces épidémies. L’intervention urgente est certes nécessaire, mais il serait grand temps de tirer des leçons de ces tragédies. Ces épidémies et surtout leur envergure ne sont pas dues au hasard. Une couver­ ture sanitaire de base défaillante, aussi bien à Madagascar qu’en Guinée, n’a pas permis de détecter rapidement l’étendue de la diffusion de la maladie ni d’organiser

une riposte coordonnée. C’est pour cette raison que nous travaillons d’arrache-pied pour améliorer la couverture sanitaire dans nos zones d’intervention.

Les États aux abonnés absents L’exemple de la rénovation du centre de santé d’Andrakodavaka est éloquent. Il vient d’être achevé dans la commune d’Ambano à Madagascar avec le soutien de Nouvelle Planète. Pour une commune peuplée de 50 000 habitants, on dénombre désormais deux centres de santé en fonction ! En Guinée, les situations dans les sous-pré­ fectures de Samaya et Bangouya sont com­ parables. Les trois centres de santé érigés à Kondéta, Dinkie Madina et Madina Fanta ont permis d’effectuer les premiers pas

dans la bonne direction, mais ils sont encore insuffisants. Le manque de struc­ tures de santé est inquiétant. Dans le cas de maladies hautement transmissibles comme le virus Ebola et la peste pulmo­ naire, c’est fatal. Il ne faut pas oublier que les structures sanitaires de proximité auraient pu diffuser des informations et des comportements préventifs lors de campagnes de sensibilisation. Où sont au juste les investissements étatiques ? Que diraient de la situation actuelle les docteurs Girard et Robic qui ont mis au point le vaccin antipeste EV en 1935 à l’Ins­ titut Pasteur d’Antananarivo ? Ils seraient certainement pensifs…

■ Xavier Mühlethaler

Sur le pont de Hai Dung, on y roule ! VIETNAM Les rivières du delta du Mékong sont une source d’accidents lorsque les villageois empruntent des ponts en mauvais état. Grâce à la rénovation du pont de Hai Dung, la population pousse un ouf de soulagement. … au pont en béton armé Des discussions sur la manière de le rénover ont duré plusieurs semaines. Il fallait trouver la solution la plus économique possible tout en ayant un pont fonctionnel et de qualité, qui réponde aux besoins locaux. Utiliser au maximum la structure déjà existante tout en permettant le passage de piétons, de vélos et de motos était également important. Au final, les habitants ont opté pour un pont en béton armé. 4 mètres de chemins de chaque côté ont été aménagés et goudronnés. Aujourd’hui, 640 habitants en profitent tous les jours. Parmi eux, une centaine d’écoliers et une trentaine de personnes âgées.

Enfin ! Après de nombreuses années d’at­ tente, le petit Hung peut dorénavant partir le cœur léger. Il n’aura plus à s’inquiéter lorsqu’il traverse le pont le menant à l’école. Avant notre intervention, de nombreuses personnes n’étaient plus capables de traver­ ser le cours d’eau, car c’était bien trop dan­ gereux. Les enfants devaient faire un détour conséquent.

Du tronc de cocotier… Pour les habitants de Phung Son B, la recons­ truction du pont Hai Dung était une priorité

pour le développement de leur village. Une enquête réalisée par notre coordinatrice au Vietnam avait confirmé l’importance de ce projet aux yeux des villageois. L’état de déla­ brement du pont de Hai Dung était particu­ lièrement frappant : les villageois l’avaient construit en bois en 2003, puis réparé à quatre ou cinq reprises avec les moyens du bord. Avant le début du projet, un tronc de cocotier permettait de relier les deux extré­ mités du pont. Il était alors grand temps d’agir.

Hung peut désormais se rendre en toute sécurité à l’école et n’a plus besoin d’être accompagné par ses parents. Des motos et des vélos circulent également, ce qui était impossible auparavant. Les personnes malades ou accidentées ont aussi un par­ cours facilité pour se rendre au dispensaire et des médecins peuvent aller au village sans difficulté.

Données techniques du pont : • 26 mètres de long • 2,2 mètres de large • 2 mètres de haut

On sous-estime parfois l’importance d’un bon réseau de chemins pour le développe­ ment villageois. Le contexte du delta du Mékong renforce encore cette nécessité. ■ Roman Twerenbold

640 habitants empruntent quotidiennement le pont de Hai Dung.

À la rencontre de M. Saïf SÉNÉGAL L’unité de transformation de noix de cajou de Simbandi Balante vient de décrocher le titre de meilleure unité du Sénégal. Une silhouette élancée se détache du mur de l’unité de transformation de noix de cajou et se dirige d’un pas solennel à notre rencontre. C’est M. Saïf, le gérant emblématique de l’unité. Il trépigne d’impatience de nous dévoiler les dernières nouveautés. À chaque visite, il nous surprend, il est insatiable. Sa quête d’amélioration n’a aucune limite. Cette fois, c’est la surprise ; il brandit un certificat : « Meilleure unité de transformation de noix de cajou du Sénégal  ». Cette distinction exceptionnelle l’a amené à participer à la World Cashew Convention à Singapour  ! On n’en croit pas nos yeux, lorsqu’il montre fière­ ment quelques clichés de son voyage.

Le fonctionnement ordinaire Après cette séquence émotion, notre discus­ sion se focalise sur le fonctionnement quoti­ dien de l’unité. La période de transformation s’étale entre octobre et juin. 25 femmes et 4  hommes y travaillent alors quasi quoti­

diennement. La production annuelle s’élève aux alentours de 1,5 t., mais l’inflation des prix des noix brutes cause des soucis. Le prix au kilo est en effet passé de FCFA 600.– à FCFA  900.– en 2016 pour atteindre FCFA 1200.– en 2017, soit environ CHF 2.10. Ce doublement du prix d’achat de la matière première a nécessité de suspendre la production et de n’honorer pour l’instant que les commandes fermes. Le chiffre d’affaires annuel se situe actuellement aux alentours de FCFA 3 500 000.–, soit plus de CHF 6200.–.

Développement futur En six ans de fonctionnement, l’assemblée générale a validé plusieurs investissements pour développer l’unité : nouvelles tables de décorticage, une bouilleuse de 400 kg et dernièrement deux tables en inox. M. Saïf explique que le but des prochaines années est de mettre l’unité aux normes internatio­

nales d’hygiène pour répondre à des com­ mandes venant d’Inde. Pour cela, il faudra aussi augmenter la production annuelle à au moins 5 t. de produits finis. Une feuille de route précise existe. Elle prévoit l’acquisition d’un four électrique d’une capacité de 300 kg et d’une décortiqueuse électrique. La suite des aventures s’annonce palpitante. ■ Xavier Mühlethaler

Vous avez envie de déguster des noix de cajou de Simbandi Balante ? Pas de souci. Commandez un sachet de dégusta­ tion à CHF 5.– (+ CHF 3.– d’envoi) auprès de Nouvelle Planète np@nouvelle-planete.ch ou au 021 881 23 80.

Les noix de cajou sont décortiquées à la main.


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« Nous avions les larmes aux yeux » SUISSE-SÉNÉGAL Dominique Steimer se souviendra encore longtemps de l’expérience poignante de son voyage d’entraide au Sénégal. En octobre dernier, un groupe de neuf adultes, dont faisait partie Dominique Steimer, s’est envolé pour le Sénégal. Celle-ci a accepté de partager ses impressions sur cette expérience hors du commun. Quelles étaient vos motivations à participer à un voyage d’entraide avec Nouvelle Planète ? Je voulais pouvoir m’appuyer sur une organisation qui me donne l’occasion d’être au cœur d’un pays, dans un village, de sortir des sentiers battus. Avec Nouvelle Planète, c’est un processus complet : il y a une recherche de fonds et un engagement de sa personne au niveau du travail, mais en échange on reçoit beaucoup de la population locale.

Vous êtes partie au Sénégal. Comment avez-vous choisi cette destination ? Le choix s’est opéré en priorité par rapport aux dates qui me convenaient. L’important pour moi était l’Afrique, mais pas un pays en particulier.

Avez-vous l’habitude de voyager hors des sentiers battus ? J’ai beaucoup voyagé, mais dans le cadre de voyages plutôt balisés. J’ai vécu éga­ lement une expérience de trois mois comme volontaire dans une école à Mada­ gascar, mais je m’y étais rendue seule. Ce qui m’a plu avec Nouvelle Planète, c’est de vivre une expérience en groupe.

Avez-vous été surprise à votre arrivée au Sénégal ? En ayant beaucoup voyagé, on connaît le choc thermique, la foule, l’aéroport. Mais l’arrivée dans le village était hors du commun. Nous nous y sommes rendus avec trois voitures et nous avons fait le dernier bout de route à pied. Les gens nous attendaient sur le chemin : des femmes, portant leur bébé sur le dos, des enfants, des personnes âgées. Je me souviens du son des djembés. C’était incroyable au niveau de l’émotion. On avait tous les yeux humides.

Le groupe devant la case de santé de Keur Sette Awa (2017).

Comment imaginiez-vous le Sénégal avant votre voyage ? Malgré toute la préparation avec Nouvelle Planète, qui est pourtant d’une grande qualité, nous ne pouvions pas nous attendre à vivre des choses aussi fortes. Je n’avais pas imaginé toutes ces émotions.

Quel aspect du voyage a été le plus difficile à gérer pour vous ?

Nous vous suggérons de nous aider à faire connaître nos efforts et à proposer des soutiens pour nos actions. N’hésitez pas à nous demander des exemplaires des documents suivants. Nous vous les enverrons volontiers gratuitement. 

exemplaires du dernier journal pour distribution gratuite

dépliants Nouvelle Planète

derniers rapports annuels Nouvelle Planète

Si vous deviez résumer votre voyage en un mot, ce serait ?

dossiers d’information sur le projet en vue d’un soutien

Le mot «  partage  ». Partage au sein de notre groupe, partage avec le groupe local, avec l’équipe de coordination, avec les femmes, avec la population en général.

dépliants « Voyages d’entraide »

dépliants « Voyages-découvertes »

invitations pour les prochains Voyages d’entraide. Tenez-moi au courant !

Pouvez-vous partager avec nous la scène de votre voyage la plus forte en émotions ?

listes d’artisanat pour la vente (y compris prix)

listes des cadeaux symboliques (y compris prix)

L’arrivée dans le village, mais surtout le départ. Les adieux, c’était encore plus fort. Nous nous sommes beaucoup attachés aux gens durant notre séjour.

fiches d’inscription pour le bénévolat (y compris les conditions)

dossiers d’information sur les legs et héritages

fiches d’information sur les actions spécifiques pour des anniversaires, des mariages, en cas de deuil ou autre

De l’avis général, la chaleur. Nous n’avions pas imaginé avoir aussi chaud tout le temps, 22 heures sur 24 ! C’est ce qui nous a le plus éprouvé.

à (pays)

■ Julie Zufferey

ojet d’entraide ! Vous aussi, participez à un pr Vivre trois semaines au rythme de la population locale, mettre la main à la pâte sur l’un de nos chantiers, découvrir d’autres façons de voir le monde. En bref : changer de perspective. Si l’expérience vous tente, nous vous invitons à la soirée de lancement des voyages d’entraide adultes/seniors

LE MERCREDI 2 MAI À 18H À L’ESPACE DICKENS À LAUSANNE. Au programme 2018 : • Burkina Faso (jardins potagers) • Madagascar (adduction d’eau) • Myanmar - Birmanie (école) Vous aurez l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les voyages prévus en automne 2018 et, pourquoi pas, de vous inscrire à l’un d’entre eux. Pour plus d’informations d’ici là, consultez notre site www.nouvelle-planete.ch sous la rubrique : « Voyages d’entraide ».

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À envoyer à Nouvelle Planète, avenue des Boveresses 24, 1010 Lausanne, ou directement par e-mail à np@nouvelle-planete.ch, tél. 021 881 23 80

Notre journal paraît cinq fois par an. Prix du numéro : CHF 2.– (EUR 1.90). Abonnement annuel : CHF 10.– (EUR 9.50). Un versement plus important, ce que nous souhaitons, servira au financement des actions dans les pays du Sud. Chaque donateur peut choisir un programme précis et affecter son don à celui-ci. Son vœu sera respecté.

Dons : CCP 18-5792-6 / IBAN CH12 0900 0000 1800 5792 6 Chèques : (en CHF, EUR, USD) à l’ordre de Nouvelle Planète Changements d’adresse : Nouvelle Planète, avenue des Boveresses 24, 1010 Lausanne Impression : Genoud Arts graphiques SA (Imprimé sur papier 100 % recyclé, certifié FSC)

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