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URBANISME | IMMOBILIER | GRANDS PROJETS | MOBILITÉ

“Faire de Lyon la plateforme du tourisme régional”

Jean-Michel Daclin, Décembre 2018

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Les plus gros projets de 2019 09/11/2018 02:21


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Édito

À

© Pierre-Antoine Pluquet

l’heure où ces quelques lignes sont écrites, la journée de mobilisation des gilets jaunes contre la cherté de l’essence n’a pas eu lieu. Impossible de dire si les perturbations ont été fortes et si le mouvement a depuis pris de l’ampleur. Il a cependant eu ses premiers effets : la poursuite de la baisse de popularité d’Emmanuel Macron. Prolongeant la grogne sur le pouvoir d’achat, en particulier celle des retraités contre la hausse de la CSG. Il est bien sûr ici question de fiscalité – l’automobiliste vu comme le premier des contribuables – mais aussi de voiture. Le terrain est miné. Les exemples ne manquent pas, dans l’histoire récente : de l’instauration du permis à points à l’abaissement de la vitesse maximale sur les routes à 80 km/h en passant par la pose des premiers radars automatiques ou celle des portiques de l’écotaxe. Pourquoi le sujet est-il si sensible ? Sans doute parce que, derrière presque chaque Français, se cache un automobiliste. Peut-être aussi parce que la voiture reste un totem de liberté, celle d’aller et de venir, la facilité de se transporter schématiquement d’un point A à un point B sans dépendre d’horaires ou devoir subir la compagnie des autres. Cela s’entend. Pourtant, convenons-en, la voiture en ville n’a rien de désirable. Elle est responsable de bruit, de pollution, d’accidents, dégradant la santé publique et le cadre de vie. Cela fait beaucoup. Quand bien même l’on fantasmerait sur un futur peuplé de véhicules électriques ou à hydrogène parfaitement silencieux, à la conduite autonome donc totalement sûre, il reste un inconvénient : la voiture consomme de l’espace – trente places Bellecour pour les seules villes de Lyon et Villeurbanne. Pour toutes ces raisons, la politique de la contrainte va s’amplifier. 2018 a commencé avec l’instauration du forfait post-stationnement dans les villes de France (jusqu’à 60 euros à Lyon). Elle s’est poursuivie avec l’annonce de la mise en œuvre d’une zone de faibles émissions pour Lyon et Villeurbanne, avec les premières interdictions de circuler dès 2020. 2019 pourrait enfin s’engager sur le péage urbain. Un serpent de mer, selon Yves Crozet, professeur à Sciences Po Lyon, qui juge nos élus trop frileux pour l’adopter. Il raconte qu’il avait cependant retenu toute

URBANISME | IMMOBILIER | GRANDS PROJETS | MOBILITÉ

“Faire de Lyon la plateforme du tourisme régional”

Jean-Michel Daclin, Décembre 2018

LE MAGAZINE

#26

Only Lyon Tourisme

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Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 20 ans

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Tertiaire

Les plus gros projets de 2019

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Un serpent de maire ? l’attention de Gérard Collomb lorsqu’il lui avait présenté ses pistes d’action sur Lyon, évaluation des recettes financières à l’appui. Le maire n’avait toutefois pas donné suite. Le sujet revient à la faveur de la loi d’orientation sur les mobilités, qui va permettre aux villes de rétablir cette forme d’octroi. Pour l’heure, Lyon ne songe qu’à un péage de transit, uniquement pour les véhicules étrangers à l’agglomération. Ce n’est peut-être qu’un début… À regarder de près, toutes ces mesures ne sont pas à ranger dans le même sac. Écologiquement parlant, taxer n’a de sens que si c’est pour changer les comportements. De ce point de vue, le rattrapage de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence a sans doute été trop brutal. Particulièrement pour ceux qui ont acheté récemment leur voiture, à une époque où l’État incitait encore fiscalement ce type de véhicules. On rappellera – cela a été répété – que beaucoup d’automobilistes vivent loin des lignes de transport public et sont captifs de leur mode de transport. Donnons-leur le temps de changer. Il n’en va pas de même d’autres mesures coercitives. Interdire l’entrée des voitures les plus polluantes dans les centres-villes – où existent des réseaux de transport en commun et à la suite de primes de reconversion – ou imposer un malus pour les plus émissives – parallèlement à un bonus pour les plus vertueuses – appartiennent aux dispositions plus intelligentes. Le péage urbain, à certaines conditions, à certaines dérogations près, en fait aussi partie.

NOUVEAU LYON BP 62057 - 69616 VILLEURBANNE CEDEX | Directeur de publication & Rédacteur en chef : Fabien Fournier, fabien@nouveaulyon.fr | Rédaction : Alexandre Buisine, alexandre@nouveaulyon.fr / Sylvain d’Huissel, contact@lyonpoleimmo.com | Ont collaboré à ce numéro : Pierrick Eberhard et Gabriel Ehret | Directrice commerciale : Brigitte Honegger, bh.honegger@gmail.com | Publicité : Marie-José Gherardi, mgherardi@free.fr | Photographe : Pierre-Antoine Pluquet, contact@papluquet-photo.com | Maquette, rédaction technique et direction artistique : Jérôme Chion, jerome@clics.pro | Relecture : Vania Marhin | Imprimeur : Chevillon Imprimeur (Sens) | Distribution : SAD Vénissieux et Socadip Arnas | Magazine édité par Nouveau Lyon, SAS au capital de 10 000 euros. | SIRET : 81746411800014 RCS Lyon | Siège social : 162 rue Francis de Pressensé, 69100 Villeurbanne | Numéro ISSN : 2493-5247 | Numéro de commission paritaire : 0523 I 93056.

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Fabien Fournier

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Sommaire

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D ossier



PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO, L’ÂGE DE RAISON

© Pierre-Antoine Pluquet

Il y a vingt ans, les Lyonnais découvraient grâce à quelques précurseurs éclairés et à l’Unesco que leur ville, un ensemble deux fois millénaire cohérent, était belle. Histoire et défis actuels d’une inscription au Patrimoine mondial. Édito3 Un serpent de maire ?

News6 Parole de bâtisseur 16

NOS EXPERTS

Nicolas Bruno Jacquet, historien de la Confluence

Ils livrent leurs analyses dans ce numéro

Coulisses18 De la halle Girard à H7, totem de la French Tech

Me Thierry Chanceau

Président de la chambre des notaires. Le Rhône compte 325 notaires, 1 290 collaborateurs, répartis en 110 études. www.chambre-rhone.notaires.fr

La question 

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Un péage urbain à Lyon ?

Une ville

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Avocate associée Fiscalité immobilière, fiscalité patrimoniale, revenus fonciers et défiscalisation. www.dulatier.com ar@dulatier.com

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Sathonay-Camp voit double

© Pierre-Antoine Pluquet

Me Aude Ravaine

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Entretien

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Jean-Michel Daclin

© Jérôme Chion

président d’OnlyLyon Tourisme & Congrès

“On ne fait pas venir des touristes uniquement en leur disant qu’on est au Patrimoine mondial” Dans la capitale européenne du tourisme intelligent 2019, Jean-Michel Daclin tente d’éviter la saturation du Vieux-Lyon et imagine le tourisme de demain, en attendant que le continent américain soit enfin desservi par Saint-Exupéry.

Urbanisme 

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La lumière bouge

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© Pierre-Antoine Pluquet

Depuis le premier plan Lumière, la forme nocturne de la ville a pris du relief, tout en économisant l’énergie. Prochaine étape,la lumière connectée, source et émettrice d’information. Ce futur a un nom antique : candélabre.

Immobilier de bureaux 

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Les plus gros projets de 2019

Opérations exceptionnelles à la Part-Dieu, multiplication des lancements à Gerland et au Carré de Soie, Grand Parilly, étoffement autour du stade de Décines, projets à l’ouest : le développement de la métropole en 30 programmes.

En chiffres

75 78

Saint-Exupéry T1, décollage lancé

Une table

— Accueil physique

— Réservation de taxis

— Accueil téléphonique

— Gestion des statistiques appels et visiteurs

— Contrôle d’accès (parking)

Dernières statistiques de l’immobilier neuf et ancien

Architecture

POUR VOTRE ACCUEIL ? NOUS AVONS LE BON PROFIL.

80

— Édition de badges

— Gestion des plis et colis, suivi affranchissement

— Gestion des salles de réunion

— Tâches administratives annexes

— Petite conciergerie

Lassausaie, de l’assiette au tableau

Histoire82 Décembre 1988 – la halle Tony-Garnier change de destin nouveau Lyon 26 // Décembre 2018 // www.nouveaulyon.fr

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News

© Pierre-Antoine Pluquet

La gastronomie s’invite (enfin) à l’Hôtel-Dieu

Tandis que la brasserie Le Réfectoire vient d’ouvrir, les halles accueilleront le public à compter du 12 décembre.

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Après cette salle monumentale, le bar de l’étage, tout en bois, offre une ambiance cosy. L’Officine bénéficie en plus d’une terrasse avec vue directe sur le grand dôme. En sous-sol, également sous voûtes – basses, celles-ci –, un caveau privatisable.

SEPT ARTISANS SUR DEUX ALLÉES À compter du 12 décembre, les gastronomes pourront prolonger leur périple culinaire aux halles de l’Hôtel-Dieu, côté quai. Dans la partie XVIIIe de l’édifice, conçue par Soufflot, Albert Constantin s’est attaché à “retrouver la vocation initiale des lieux”. L’architecte rappelle que des boutiques étaient installées ici

dès l’origine, afin de générer de l’argent pour soigner les malades. Ces commerces ont tenu jusqu’au milieu du XXe siècle, avant de laisser place à l’extension de l’hôpital. Au rez-de-chaussée et à l’entresol, il a donc conçu deux longues allées – l’une sous les voûtes, l’autre sous un plafond à poutres apparentes – qui accueilleront une succession d’artisans renommés, une enseigne de fruits et légumes (Cerise & Potiron) et un bistrot (Le Théodore). Pignol (pâtisserie, charcuterie, traiteur), la Mère Richard (fromages), Trolliet (boucherie, volailles), Vianey (poissonnerie), Pozzoli (boulangerie), Voisin (chocolats) et Guyot (vin) vont aligner leurs étals côté cour, les espaces dégustation côté fenêtres donnant sur le quai.

DR

E 

n attendant l’ouverture de la Cité de la gastronomie et du restaurant de l’Intercontinental, l’Hôtel-Dieu change de dimension culinaire en cette fin d’année. Les chaînes de restauration voisinent désormais avec Le Grand Réfectoire et L’Officine. Porté par le duo du Hard Rock Café, Mathieu Cochard et Thibault Salvat, avec le chef barman Marc Bonneton (L’Antiquaire), le projet se décline sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée, l’ancien réfectoire des sœurs accueille la salle principale de la brasserie bistronomique. Avec quasiment une dizaine de mètres sous voûtes et ses vitraux, c’est l’un des deux lieux emblématiques de l’Hôtel-Dieu avec le grand dôme. Sous la surveillance permanente de l’architecte des Bâtiments de France et de l’architecte en chef des Monuments historiques, Franck Vella (HTVS) et Damien Carreres (agence Carreres) ont dû faire preuve d’une inventivité sans borne pour aménager les lieux sans rien toucher ou presque et travailler, par exemple, l’acoustique. La cour Saint-Henri sera désormais dédiée au restaurant, dont la carte conçue par le chef étoilé Marcel Ravin va quelque peu décoiffer les mordus de lyonnaiseries.

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Collomb réélu maire de Lyon Réélu maire de Lyon, Gérard Collomb l’a été le 5 novembre. Mais avec une majorité rétrécie : 41 voix, contre 48 en 2014. Les trois élus écologistes avaient décidé de ne plus le soutenir. Et quatre conseillers qui lui étaient a priori acquis ont fait de même. De son côté, Denis Broliquier, le maire (Divers droite) du 2e arrondissement, a recueilli huit suffrages. Au moment des prises de parole, Gérard Collomb a essuyé des critiques. Nathalie Perrin-Gilbert, la maire du 1er arrondissement (groupe Gram), a dénombré “15 000 raisons de ne pas revenir”, soit le nombre de jours écoulés depuis sa première élection en 1977. Françoise Chevallier (EELV) est revenue sur les raisons de la fin de “l’accord technique” noué aux municipales de 2014, évoquant notamment la loi Asile et immigration que l’ex-ministre de l’Intérieur a fait adopter. Denis Broliquier a vanté “la considération,

© Ville de Lyon

L’ex-ministre de l’Intérieur a retrouvé son fauteuil à l’hôtel de ville. Mais avec une majorité plus réduite qu’en 2014.

le dialogue, l’écoute, en un mot le respect” dont a témoigné Georges Képénékian durant son intérim de maire, autant de qualités qui font selon lui défaut à l’ex-numéro deux du Gouvernement. “Un sujet d’inspiration” pour l’avenir, a réagi l’intéressé, qui a assuré n’avoir aucune difficulté “à travailler ensemble” avec David Kimelfeld, qui reste

président du Grand Lyon. Dans une conférence de presse antérieure, Gérard Collomb était revenu sur les liens qui l’attachent à Lyon : “C’est de l’ordre de la passion”, avait-il dit. Soulignant le changement de la ville ces quinze dernières années, il estimait qu’il fallait “passer à une autre étape”, insistant sur la santé et la qualité de vie.

ABANDON DE L’A45 C’EST OFFICIALISÉ L’annonce de l’abandon de l’A45 Lyon/Saint-Étienne par la ministre des Transports ouvre la voie à des alternatives qui ont été réactualisées au cours des derniers mois.

© Pierre-Antoine Pluquet

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a décision était connue, il ne manquait plus qu’elle soit assumée. Elle l’a été dans une interview au Progrès le 18 octobre. Élisabeth Borne, ministre des Transports, a annoncé l’abandon du projet d’une nouvelle autoroute entre Lyon et Saint-Étienne. “On ne peut pas ignorer le prélèvement de terres agricoles, l’impact environnemental, l’absence du grand contournement de Lyon sur lequel l’A45 doit déboucher”, a-t-elle argumenté. Elle a souligné que l’État mettrait la somme prévue dans l’A45, soit 400 millions d’euros, dans ses alternatives. Comme nous le développions dans notre numéro de cet été, les solutions imaginées reposent tant sur l’infrastructure ferroviaire que routière, privilégiant une approche multimodale. Au niveau de l’A47, “le principal problème, c’est Givors-Ternay”, pointe un expert des transports. Si l’élargissement du pont actuel est possible, il est davantage question d’un deuxième ouvrage sur le Rhône, en amont de l’actuel, qui pourrait être réalisé à l’horizon 2025-2030, pour un coût de quelque 150 millions d’euros. Il servirait au trafic local, pour que l’A47 soit réservée au transit entre les agglomérations stéphanoise et lyonnaise. L’État souhaite aussi sécuriser l’autoroute actuelle, reconfigurer ses bretelles et aménager des bandes d’arrêt d’urgence.

La ministre des Transports entend également conforter la liaison ferroviaire, évoquant un doublement de sa fréquentation. L’arrivée de la nouvelle voie L à la Part-Dieu en 2022 peut apporter un bénéfice en termes de fiabilité. L’État songe à accroître les capacités, en augmentant le nombre de wagons par train. Un changement qui suppose l’achat de nouvelles rames (compétence de la Région), des locomotives plus puissantes et un allongement des quais dans les gares intermédiaires. Ces progrès pourraient être atteints d’ici à 2023 ou 2025.

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News

© Martyna Pawlak

“On va là où c’est complexe et pas forcément rentable” Établissement foncier d’État, acteur important pour faire face à la désindustrialisation de la Loire, l’Épora fête ses vingt ans. Entretien avec son président, Hervé Reynaud. À quoi sert l’Épora ? C’est un établissement foncier d’État, créé en 1998 pour résorber les friches industrielles de la Loire. On était en pleine désindustrialisation. Pour vous parler de la commune dont je suis le maire, Saint-Chamond, Giat Industries (ex-Creusot Loire), un site de 40 hectares en centre-ville, a fermé en 2004 et 2005. Le site renaît aujourd’hui. De 300 emplois en 2014, on en est à 1 200. On a aussi amélioré le cadre de vie avec un parc de 5 hectares. À chaque fois, l’Épora achète les tènements, dépollue, démolit, réalise le portage opérationnel et financier. On se partage le déficit avec les autres collectivités.

Ses missions ont-elles été élargies depuis vingt ans ?

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Oui. L’Épora a déjà élargi sa sphère géographique à l’Ardèche, la Drôme, le nord Isère et le Rhône hors métropole. On va là où c’est complexe et pas forcément rentable. On a aussi diversifié nos missions en faveur du logement, en travaillant avec les bailleurs sociaux. À Rive-de-Gier, nous avons démoli des immeubles situés au bord de l’autoroute. À Tarare, 110 logements ont été produits et un hôpital a été construit. À Villefranche, nous sommes intervenus sur trois secteurs, dont la Zac de la Quarantaine.

Comment vous financez-vous ? Par la taxe spéciale d’équipement, une taxe additionnelle à la taxe foncière, la taxe d’habitation et la cotisation foncière des entreprises. Et la revente de foncier. Ce sont des secteurs dépréciés qui, après notre intervention, peuvent redevenir attractifs.

Pourriez-vous intervenir sur le territoire du Grand Lyon ? Je souhaite rencontrer prochainement le président de la Métropole. Ils n’ont jusqu’ici pas eu besoin de nous car ils ont des promoteurs privés, comme à la Confluence. Mais il y a peut-être des secteurs un peu moins attractifs où notre expertise pourrait servir.

Un établissement foncier pourrait-il servir à réguler les prix ? C’est le marché qui détermine les prix. Vu la pression sur Lyon, c’est compliqué. Mais nos interventions visent à rééquilibrer les territoires, donc les prix.

* le lien malin | Elisa Bernard et Mathilde Cerf photographiées par Nicolas Dormont

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Fête des lumières : les 5 immanquables La Fête des lumières 2018 commence le 6 décembre. Cette année marque la réouverture du parc de la Tête-d’Or et le retour des Anooki. L’événement qui insuffle de la magie à la ville revient le 6 décembre, avec 80 œuvres lumineuses réparties dans le centre. Cette année, la place des Terreaux, en travaux, est mise en retrait. En revanche, le parc de la Tête-d’Or fait son grand retour. Les animations dureront jusqu’à 23h le jeudi et le dimanche, minuit le vendredi et le samedi. L’événement est financé pour moitié par le sponsoring d’acteurs privés (EDF, SNCF, Le Mat’électrique…)

Coup de froid sur les Jacobins : la fontaine s’irise aux lueurs d’une aurore boréale. Comme l’a confié Yann Cucherat, adjoint aux grands événements, le thème a été fantasmé par plusieurs créateurs, sans jamais avoir été réalisé. Il le sera cette année. Au cours de cette animation, un frémissement va réveiller le monument, qui se muera en phare éclairant les façades alentour.

Parc de la Tête-d’Or Présages La féerie et le merveilleux s’invitent au parc. Paillettes d’or et oiseaux majestueux s’élèveront dans les airs tandis que les spectateurs assisteront à la naissance d’une planète bleue, sur laquelle un magicien-danseur

surgi des eaux enverra une pluie de comètes. Une évocation, vous l’aurez compris, de la fragilité de notre écosystème.

Place Bellecour Une petite place pour de grands rêves Le site est mal adapté à la fête, avec des façades éloignées les unes des autres. Cette année pourtant, la programmation pourrait fonctionner, grâce au retour de fétiches espiègles : les Anooki, qui ont déjà sévi sur l’opéra et la gare St-Paul lors de précédentes éditions. Deux gonflables de vingt mètres de haut les représentant peupleront la place, l’un jouant avec Louis XIV comme d’un petit soldat de plomb. Et la grande roue servira de support à des projections.

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Place des Jacobins You and the night

Cathédrale St-Jean Pigments de lumière Un festival de couleurs va réveiller la façade de la cathédrale. Elle se parera de fleurs, de végétaux, de cours d’eau. L’artiste a reproduit une maquette 3D du monument, travaillant avec des encres, des pigments et une centaine de roses plongées dans de l’azote liquide. Le résultat pourrait être éblouissant.

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Grand Hôtel-Dieu Réflexions Après avoir vu sa façade animée l’an dernier, le Grand Hôtel-Dieu accueille cette année trois spectacles dans ses cours. On y retrouve notamment une référence à 2001 : L’odyssée de l’espace, le film de Stanley Kubrick.

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© Wilmotte & Associés Architectes

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LE CAMPUS NUMÉRIQUE À CHARBONNIÈRES 6 000 à 7 000 postes sont à pourvoir dans la filière du numérique en AuvergneRhône-Alpes. Pour structurer l’offre de formation, Laurent Wauquiez a souhaité installer un campus numérique sur le site de l’ancien conseil régional, à Charbonnières. En attendant sa traduction architecturale, l’équipement a ouvert provisoirement au King Charles, à la Confluence, en septembre 2017, rassemblant sept écoles résidentes. Parmi les métiers auxquels les élèves sont formés : développeur, webdesigner, administrateur de systèmes et de réseaux, chef de projet Web… Le 12 novembre, ont enfin été dévoilées les esquisses du futur campus (10 000 m2), dessiné par Jean-Michel Wilmotte. L’entrée est végétalisée, avec la suppression des voies routières. En perspective, l’Agora, nouveau cube vitré, trait d’union entre deux bâtiments existants. C’est le point d’entrée du complexe, un lieu de détente avec des espaces d’exposition et de coworking. L’édifice est coiffé par une canopée qui le dépasse de part et d’autre, une toiture numérique équipée de panneaux photovoltaïques et probablement de leds. Ailleurs, dans les bâtiments réhabilités, on promet des espaces flexibles et ouverts. La pose de la première pierre est annoncée pour le premier semestre 2019.

Le plan de Wauquiez pour sécuriser les gares sionnent de 6h45 à 22h15, sept jours sur sept, des images en provenance des gares et des trains. La collectivité ambitionne de déployer 1 900 caméras dans 123 gares. À Lyon, celles de Vaise, St-Paul et Jean-Macé sont concernées, ainsi que la Part-Dieu et Perrache qui étaient déjà partiellement équipées. Tous les TER devraient être surveillés par vidéo d’ici à 2021. Parallèlement, le nombre d’agents de la police ferroviaire sera doublé, passant de 80 à 160.

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© Pierre-Antoine Pluquet

La sécurité est l’un des leitmotivs de Laurent Wauquiez, qui décline cette priorité dans les champs de compétence de la Région, notamment les lycées (avec les portiques) et le transport ferroviaire. S’agissant de ce dernier, un plan de 85 millions d’euros a été engagé, d’ici à 2021. Il inclut la création d’un centre régional de sécurité des transports qui a été inauguré en octobre. Situé à la Part-Dieu, il est occupé par 24 écrans et 13 agents, qui vi-

© Jérôme Chion

DEUX NAVYA À DÉCINES

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Après le quai Rambaud à la Confluence, deux nouveaux véhicules autonomes vont être mis en fonctionnement dans l’agglomération. Dès le printemps 2019, les deux Navya participeront à une expérimentation entre l’arrêt du T3 Décines/Grand-Large et le stade de l’OL. “La circulation sur la voirie aux côtés des voitures, le franchissement d’un carrefour à feux tricolores et de ronds-points constituent un véritable challenge”, rappelle dans un communiqué le Sytral, acteur de cette initiative avec Keolis. L’expérience s’inscrit dans le cadre du projet européen AVENUE (Autonomous Vehicles to Evolve to New Urban Experience) qui ambitionne de faire de l’Europe le leader mondial de la navette autonome.

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C’est la baisse du trafic routier au niveau du tunnel de Fourvière en 2017, soit 113 500 véhicules/jour. Le chiffre est communiqué par Coraly, l’organisme chargé de la régulation des flux de circulation dans l’agglomération lyonnaise, et repris par le journal Le Progrès. La tendance est aussi à la baisse sur le périphérique Laurent-Bonnevay, mais en hausse sur la rocade Est. Globalement, le trafic a progressé en 2017 de 1 % par rapport à 2016. Une augmentation, certes, mais en cours de décélération.

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L’EM Lyon à Gerland le projet bientôt retenu

Après les opérations Bon-Lait et Girondins, c’est le dernier îlot à urbaniser au nord de Gerland. Un foncier de 4,3 hectares, occupé par Nexans (industrie du câble), qui va se libérer. La collectivité prévoit de prolonger la rue Félix-Brun et l’allée de Fontenay pour le desservir. Elle va bâtir, côté ouest, un collège et un gymnase. La partie Est (2,3 ha) est promise à l’EM Lyon. Le groupe, présent à Shanghai, Casablanca et Paris, a déjà pris 1 000 m2 à la Part-Dieu (Silex). Sa venue à Gerland correspond à son grand déménagement. L’établissement scolaire quitte en effet son siège d’Écully, mal desservi. “Les locaux sont aussi inadaptés”, nous dit un responsable. L’école rejoint le 7e arrondissement lyonnais, à proximité du métro B et de la halte ferroviaire Jean-Macé. Le nouveau campus (30 000 m2) ne comptera pas d’amphithéâtre mais des salles modulaires, pouvant accueillir de petits groupes d’étudiants et jusqu’à 600 personnes. Il est aussi question d’un hall d’exposition pour recevoir des événements, d’une brasserie ouverte sur le quartier et d’une salle de restauration (mais sans cuisine centrale, les plats étant préparés ailleurs). Pour le reste, tout est à écrire. Un appel à candidatures a été lancé en mai. Vingt dossiers ont été reçus et quatre promoteurs. présélectionnés : Kaufman (architecte Scau), Ogic/DBI (Snøhetta), Eiffage/M+M (BDP) et Altarea Cogedim (PCA Stream). La décision finale tombera en décembre ou janvier. Le campus sera livré en 2022, pour le 150e anniversaire de l’EM Lyon. 9 500 personnes y sont attendues.

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News

LE TERRAIN DES SOEURS NOUVELLE ADRESSE À VILLEURBANNE Près de 380 logements peupleront à terme, en 2021, cette entrée nord-est de Villeurbanne, à Croix-Luizet. Bâti sur un terrain ayant appartenu aux sœurs franciscaines, ce nouveau quartier facilitera la requalification des Buers nord en relogeant une partie des locataires des trois barres de la résidence Pranard (le long de la bretelle du périphérique) qui seront démolies. Pour autant, le taux de logement social sur le Terrain des Sœurs restera modéré (24 %). Un point d’étape était organisé en novembre. Les prochains mois seront consa-

crés à l’aménagement du parc Élie-Wiesel. À proximité sera construit un pôle petite enfance, regroupant une crèche et deux relais d’assistantes maternelles. Plusieurs résidences sont réalisées ou en voie de l’être, certaines étant dotées de services collectifs, comme une bibliothèque ou des vélos électriques partagés. Les commerces sont localisés sur l’avenue du 8-mai-1945, notamment une moyenne surface alimentaire, et sur l’avenue Salengro. L’hôtel un temps envisagé est abandonné au profit d’activités tertiaires.

© Fabien Fournier

Louer solidaire Étudiants, jeunes travailleurs, familles monoparentales, travailleurs indépendants… Nombreuses sont les personnes peinant à trouver une location dans le parc privé. Toutes ne relèvent pas du parc social, dont les délais d’attente sont par ailleurs importants. Appart & Sens, qui vient d’obtenir l’agrément “entreprise solidaire d’utilité sociale”, est positionnée sur ce créneau. C’est une agence immobilière qui loge ces publics grâce à la mobilisation de propriétaires bailleurs ayant une fibre sociale. “Nous demandons les mêmes garanties que les autres, précise toutefois Caroline Liby, sa présidente. On ne va pas au-delà de 30 % de taux d’effort, pour ne pas mettre en difficulté les locataires.” La société travaille avec la garantie locative Visale (Action logement) et le courtier Arilim. Les propriétaires sont aussi invités à modérer les niveaux de loyer (entre 10 et 12 €/m2) et à pratiquer un paiement à terme échu.

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ardins familiaux, jardin verticaux, jardins municipaux revisités par l’obligation du “zéro phyto”… Le développement de la verdure citadine se décline aussi d’une façon pas toujours visible depuis le sol : la végétalisation des toits et des terrasses sommitales. Amorcée voici une dizaine d’années, cette nouvelle facette des espaces verts a dépassé le stade expérimental mais reste assez résiduelle. À Lyon, un calcul a été fait. Selon Alain Giordano, adjoint au maire chargé des espaces verts, seulement 3 % de toits auraient été ainsi traités sur une centaine d’hectares “végétalisables” intra muros. Mais plusieurs signes permettent de penser que ces toits ne seront pas qu’une mode et une façon de se payer à grands frais une séance de green washing. Leur surface devrait augmenter grâce à la demande forte des citadins et aux progrès des techniques d’installation et de culture. Plusieurs réalisations récentes l’attestent : un potager créé au sommet de la résidence Les Hauts de Pressensé à Villeurbanne, le Jardin perché qui a poussé sur le toit de l’hyper Auchan à Caluire, les “maisons sur le toit” avec jardins proposées par plusieurs programmes immobiliers.

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© Pierrick Eberhard

PATRIMOINE VÉGÉTAL… PAR PIERRICK EBERHARD

Des jardins sur les toits

Mais c’est sur des opérations publiques et semi-publiques que l’on trouve les toits végétalisés les plus réussis. Comme ceux réalisés par le groupe Tarvel, un des leaders de ce marché de niche, à l’EM Lyon d’Écully et sur le dernier étage du terminal 1 de Saint-Exupéry. Livré fin 2017, cet équipement est des plus sophistiqué, proposant 5 000 m2 d’espaces verts constitués de variétés et d’espèces bien choisies pour s’épanouir dans un tel contexte (sédum, graminées, vivaces), poussant sur un substrat de 20 centimètres d’épaisseur, contribuant à améliorer l’isolation du bâtiment – un défi technique et

esthétique qui mériterait d’être mis au tableau d’honneur des “Rendez-vous aux jardins 1”. On est bien sûr très loin d’une ville dont les toits auraient viré du rouge et de l’ocre (couleurs dominantes des toitures de la région) au vert. Mais promoteurs, architectes et élus seraient bien inspirés d’accentuer le développement de ces expériences, qui contribuent à l’oxygénation des villes et à la valorisation de leur patrimoine végétal, donc à leur attractivité. 1. Manifestation organisée chaque année début juin par le ministère de la Culture pour faire mieux connaître les jardins.

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Deux millions de personnes attendent un logement : l’urgence est là. Processus législatif, décrets…des mots qui ne changent rien à une situation qui dure depuis trop longtemps. Pour tous, la loi ELAN, même si elle porte de vraies avancées, apparait comme une promesse abstraite. Que devons-nous faire ? Baisser les bras ? NON. Chez ALILA nous pensons que la loi ne peut pas tout, mais nous sommes convaincus qu’elle doit servir de déclic. Face à une situation dramatique, engageons une nouvelle dynamique. La seule réponse à la crise c’est de CONSTRUIRE PLUS. Aujourd’hui ALILA appelle à l’engagement réel de tous les acteurs du secteur. Promoteurs privés, bailleurs, collectivités, Etat, prenons nos responsabilités, et construisons des logements de qualité pour les gens, pas pour les investisseurs. Apportons des réponses concrètes à ceux qui ne peuvent plus attendre. Pour construire plus. Pour le logement pour tous. Hervé Legros Président fondateur d’ALILA

LE LOGEMENT EST UN DROIT Alila_NouveauLyon_210*275.indd 1 NL25 Alila 3eC.indd 13

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PORTE-DES-ALPES 2 NOUVEAUX BÂTIMENTS POUR L’ÉTÉ

Comment survivre au départ de Leroy Merlin et d’Ikea, en partance pour Vénissieux, dont les bâtiments seront détruits l’automne prochain ? L’équation est complexe pour Porte-des-Alpes. Comme nous l’écrivions le mois dernier, Ceetrus (ex-Immochan) va bâtir deux nouveaux centres commerciaux. Le premier (24 700 m2 de surface de vente), sur l’emplacement d’Ikea, est une extension de la galerie marchande actuelle. De forme circulaire, l’édifice s’élèvera sur deux niveaux. Selon le maire de Saint-Priest, Gilles Gascon, une cinquantaine de boutiques sont prévues, dont Kiabi qui se relocalise. Ce bâtiment sera coiffé par une ferme urbaine (végétale, il n’est question que de fruits et légumes). À la place de Leroy Merlin, quatre moyennes surfaces sont attendues, dont Boulanger, déplacé. Les constructions démarreront au printemps 2020. Pour faire de la place, un parking silo de 2 500 places sera bâti. L’ensemble est dessiné par Arte Charpentier, l’architecte de la tour Oxygène.

Les groupes Duval et Vilogia planchent sur la requalification d’une friche industrielle située au sud de l’avenue Berthelot, entre la rue PaulDuvivier, la route de Vienne et la rue de Cronstadt. Un groupe scolaire est aussi prévu. Sur une première tranche d’aménagement (6 000 m2), il est question de conserver l’âme faubourienne des lieux par une activité d’ateliers en rez-de-chaussée pouvant servir à des showrooms, des laboratoires ou du stockage, tandis que les étages seraient dévolus à des bureaux. Depuis cet été et pour quelques mois encore, un site de 1 600 m2 est mis à disposition d’artistes. Les bénéficiaires : la Taverne Gutenberg, les Ateliers La Mouche, Intermède, Mirage Festival, les galeries Françoise B et Le Bleu du Ciel.

© Lionel Rault

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LES HALLES DU FAUBOURG PRÊTÉES AUX ARTISTES

L’agression subie par Marin le 11 novembre 2016 a été le déclencheur d’une solidarité aussi immense qu’inattendue dans laquelle ses proches ont puisé force et courage. Aujourd’hui, l’association La Tête Haute “Je soutiens Marin” a choisi de faire partager son expérience et d’apporter son aide à ceux qui se retrouvent plongés dans une longue et douloureuse épreuve. Le premier projet de l’association, c’est le CAP (coffret d’aide aux patients) La Tête Haute. On y trouve un ensemble d’informations, de préconisations, de mises en pratique, d’analyses neuroscientifiques et de supports. En utilisant la musique, les massages, les odeurs, vous pourrez interagir et réinventer un lien avec votre proche. Ce coffret vise à apaiser votre proche et à établir une communication avec lui. Il a également pour objectif d’encourager la neuroplasticité cérébrale dans la phase complexe de reprise de conscience de soi.

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LES DERNIERS KALASH

© Hervé Nègre

LE COUP DE COEUR DE… BRIGITTE

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Ça se passe au musée des Confluences. Venez vivre les fêtes himalayennes et découvrir les derniers Kalash grâce à un trio de voyageurs lyonnais fascinés par ce peuple pakistanais. En quinze ans et huit séjours entre 1976 et 1990, Viviane Lièvre, Jean-Yves Loude et Hervé Nègre racontent l’histoire de cette population vivant à l’inverse des codes culturels de nos sociétés de consommation. Les photos d’Hervé Nègre sont somptueuses et vous invitent à rencontrer ces trois mille montagnards, pasteurs, agriculteurs restés fidèles aux croyances et coutumes dictées par les chamans. Faites un voyage exceptionnel sous la bienveillance des dieux, des esprits invisibles et autres divinités jusqu’à fin novembre 2019. www.museedesconfluences.com

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Bâtisseur

Nicolas Bruno Jacquet “La Confluence, un laboratoire pour transformer Lyon”

Alexandre Buisine. Comment avez-vous perçu la Confluence en arrivant à Lyon ? J’avais seize ans et ce site industriel très impressionnant a été ma première vision de la ville. C’était l’image négative par excellence. Je me suis ensuite rendu compte que ce non-aménagement urbain l’inscrivait justement dans une histoire.

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unique en Europe. Bien sûr, d’un point de vue urbain, c’est une catastrophe. Mais, comme outil logistique dans la ville à l’époque, ce n’était pas du tout une erreur. L’erreur, c’est le désintérêt et l’abandon collectif. Cette infrastructure, qu’on ne détruira pas, n’est pas utilisée pour son potentiel. 72 000 m2 sont disponibles ! C’est un bâtiment dont on a fait un problème à force de ne pas le regarder. Nous sommes maintenant dans la troisième phase, celle de la ville verte et intelligente qui veut attirer les entreprises créatives de l’avenir. La Confluence est un lieu artificiel dans lequel on peut expérimenter. Elle demeure un laboratoire pour transformer Lyon et l’adapter aux enjeux contemporains.

rentrent, dans une logique hygiéniste. Les îlots en construction côté Rhône s’en inspirent. La Zac 2 crée une continuité historique dans l’esprit du quartier Sainte-Blandine. N’y a-t-il pas un risque que la Zac 1 vieillisse mal ? On peut critiquer un côté bling-bling sur cette première phase, qui avait pour but de faire changer l’image de Lyon. Dans quinze ans, on dira : c’était l’architecture d’avant la crise de 2008, où la ville s’extravertissait et osait la couleur dans une période optimiste. Celle-ci s’inscrit néanmoins dans une certaine continuité avec les façades Renaissance en couleur. Sur la place nautique, des dégradés reflètent les nuances de la Saône au travers des saisons. Côté Rhône, c’est du blanc et du camaïeu à l’instar des façades Soufflot du XVIIIe.

Les habitations bon marché s’inscrivent-ils dans cette lignée ? Les tout premiers datent de 1911, avant même que la loi permette de construire du logement social. L’actuelle cité Perrache, c’est un modèle d’îlot ouvert pour que l’air et la lumière

“Avec la dame qui dit à la petite fille “Regarde là-bas au loin”, cette image parle d’avenir et symbolise pour moi l’idée de la Confluence” – Nicolas Bruno Jacquet

© Nicolas Bruno Jacquet

PAROLE DE BÂTISSEUR

N’est-ce pas Antoine-Michel Perrache le véritable créateur de la Confluence ? Avant lui, il y avait ici des bras de fleuve. Perrache a traduit l’ambition d’une époque – celle des Lumières – en concrétisant des projets antérieurs. L’originalité, c’est qu’il crée une compagnie avec des investisseurs locaux prêts à mettre de l’argent pour le devenir de la ville. C’est l’expression pure d’une société du tiers-état bourgeoise et marchande qui va trouver une solution par elle-même pour assurer son développement économique, loin du fait du prince.

À vous lire, on a l’impression que ça a toujours été un territoire d’expérimentation… Oui, à chaque étape importante du développement de la société. Après les Lumières vient la civilisation industrielle. La révolution du charbon, c’est l’arrivée du chemin de fer et de la gare, mais aussi des usines et des ateliers, comme en témoigne encore la halle Girard. L’ère du pétrole va générer le centre d’échanges de Perrache, qui est quasiment

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Historien de l’architecture et de l’urbanisme, Nicolas Bruno Jacquet retrace l’évolution de ce territoire artificiel, sur plus de 250 ans, dans un ouvrage richement illustré qui vient de paraître aux éditions Libel, Lyon Confluence, une conquête à contre-courant. Propos recueillis par

Comment percevez-vous le musée dans cet environnement ? Coop Himmelb(l)au était un des rares architectes à proposer de soulever la boîte du musée pour dégager la pointe et amener les gens à marcher dessus. Je crois que c’est ce qui a plu. Le bâtiment est petit mais, vu la puissance de ses formes, habite assez bien le lieu et dégage de l’énergie. Il symbolise la problématique du rôle de l’homme dans les aménagements. On sent là une relation entre la prétention humaine, une presqu’île artificielle, et la nature supposée qui a été domestiquée.

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Coulisses

L’ancien bâtiment industriel est complètement reconfiguré pour accueillir à partir d’avril 2019 entre 60 et 70 start-up, dédiées notamment au numérique. C’est le lieu totem de la French Tech. Par Fabien Fournier

De la halle Gira r 18 #26 Chantier.indd 18

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© Pierre-Antoine Pluquet

n édifice de 1856, devenir l’emblème de la French Tech ? C’est l’étonnant destin de la halle Girard, qui a connu plusieurs vies depuis son activité de chaudronnerie, jusqu’à récemment un parc de paintball. “Elle est plus vieille que la tour Eiffel”, sourit Julien Bourgeois, architecte chez Vurpas. Sa rénovation a été lancée début 2017, la maîtrise d’ouvrage étant assurée par la SPL Lyon Confluence. Ses espaces ont été reconfigurés de façon à accueillir, à partir d’avril 2019, entre 60 et 70 startup, conformément à ce label national représenté dans treize métropoles. Chacune dispose de son lieu totem. Celui de Lyon est au sud de la Presqu’île. Ce complexe a “pour objectif de fédérer un écosystème autour notamment du numérique”, explique Cédric Denoyel, président de H7, nouveau nom de l’entité. “L’objectif est de recevoir des entreprises en croissance, précise-t-il. Ce qui nous intéresse, c’est de les aider à passer des paliers supplémentaires.” Le bâtiment sera la propriété de la Métropole mais sera géré par le consortium H7, qui regroupe Arty Farty, SOS et Axeleo. Cet équipement marque une étape supplémentaire dans l’aménagement de la Confluence, bordant le quai Perrache, non loin de la future Cité de la lumière. La halle est positionnée à la frontière entre le quartier du Marché, habité et dense, et le Champ, un “bois habité”, à la pointe sud de la Presqu’île. Une zone encore peu définie. Une halle peut en cacher une autre : à côté de H7, trône la halle Caoutchouc, qui sera coupée et recevra le siège d’une grosse entreprise lyonnaise. a/ Façade – Vitrine de la halle Girard côté quai Perrache, la façade patrimoniale datant du début du XXe siècle est réhabilitée. “On refait les corniches”, précise Julien Bourgeois. C’est de ce côté que se situait la porte du directeur. Mais l’entrée principale se fera dorénavant côté ouest, depuis le coeur de la Confluence. Il est à noter que l’Hôtel 71, accolé à la halle (à gauche des échafaudages), est actuellement réhabilité par Z Architecture. C’est Arty Farty, coacteur de H7, qui pilote ce projet et y disposera son siège. À l’intérieur, sont attendues des entreprises culturelles, dont Radio Nova.

a rd à H7 nouveau Lyon 26 // Décembre 2018 // www.nouveaulyon.fr

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Coulisses

b/ Forum – Côté sud, le forum est ouvert sur le Champ, promis notamment aux arbres. Les portes en accordéon pourront être ouvertes à la belle saison. L’escalier d’époque a été restauré et rallongé, et sera surmonté de garde-corps qui n’existaient pas. Il a depuis été monté. Cette entrée donne sur les open spaces. c/ Toiture – La charpente, en bon état, a été conservée, même si certaines voliges ont été remplacées. Pour garder cette architecture d’origine visible, l’isolation de la toiture a été réalisée au-dessus, par l’extérieur. On y trouve aussi 1 000 m2 de panneaux photovoltaïques, qui devraient rendre l’espace tertiaire énergétiquement autonome.

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d/ Nef centrale – Jusqu’à 1 500 personnes peuvent se masser dans la nef centrale, pensée pour accueillir de l’événementiel (expositions, conférences, moments festifs…). Le chauffage est assuré par des panneaux rayonnants du plafond tandis que la ventilation fait redescendre l’air chaud. Aux beaux jours, les portes en accordéon peuvent s’ouvrir sur le food court et permettre d’atteindre une capacité de 3 000 personnes. Ces portes sont surplombées par des panneaux en polycarbonate, “plus léger et moins cher que le verre”, souffle Julien Bourgeois. Le shed nord, mitoyen, est tout aussi modulable, pouvant être scindé en trois salles.

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d e/ Open space – Le shed sud héberge deux open spaces coiffés par des mezzanines, qui totalisent 321 postes de travail. L’ensemble comprend aussi des bureaux fermés. Le bâtiment est dominé par le bois et l’acier. Les éléments métalliques neufs ont été oxydés, pour leur donner un aspect patiné. Quant au bois intérieur, il tranche avec l’existant, plus clair. Il s’agit de douglas du nord-ouest de Lyon. La toiture à redents est orientée nord. “C’est une lumière constante”, souligne Julien Bourgeois. Elle a pour avantage de ne pas générer de surchauffe l’été. f/ Transversale – Dans le plan de la Confluence, le bâtiment est tranché sur son flanc nordouest par la transversale, une diagonale prolongée côté Rhône et côté Saône par de futures passerelles. Une partie du shed a été démoli pour libérer cet espace public. À cette même fin, la toiture de la halle a failli être amputée. Finalement, si la halle sera bien traversée, le passage public sera couvert. Il est prévu d’y installer un food court, avec une cuisine partagée et six conteneurs aménagés en guérites. “Ils vont pouvoir changer tous les jours”, explique Cédric Denoyel. Pour y déjeuner, même en plein hiver, balayé par le vent du nord ? Il y a là un défi qu’Arty Farty devra relever !

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La question

Un péage ur b Alexandre Vincendet (LR) Maire de Rillieux-la-Pape

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e péage urbain à Lyon n’est pas acté qu’il a déjà un prix plafond : cinq euros. Ainsi en a décidé le ministère des Transports, dans la dernière version de la loi d’orientation des mobilités, sans cesse repoussée mais qui devrait bientôt être présentée. Le texte autorise les agglomérations qui le souhaitent à instaurer des péages sans barrière, par lecture des plaques d’immatriculation. Les montants forfaitaires sont encadrés, jusqu’à 2,50 euros pour les collectivités de moins de 500 000 habitants, 5 euros au-dessus. Ce tarif de congestion devrait directement abonder les budgets des autorités organisatrices des transports, en l’occurrence ici le Sytral. “Dans les études que l’on avait faites en 2013 ou 2014, nous avions prévu un péage d’un euro par jour, avec un système d’abonnement”, confie le professeur Yves Crozet, chercheur au laboratoire Aménagement Économies Transports. La zone était délimitée par le périphérique et le tunnel de Fourvière. Tout automobiliste y pénétrant ou vivant à l’intérieur devrait s’acquitter de ce droit à circuler. Selon ses calculs, il aurait rapporté 300 millions d’euros par an. Yves Crozet s’en était ouvert directement à Gérard Collomb, qui avait témoigné d’une écoute attentive. “Il avait été assez convaincu, car le péage permettait notamment de financer l’Anneau des Sciences. Plus le fait d’innover, comme Stockholm ou Londres par le passé. Mais son entourage l’avait ensuite dissuadé”, raconte le chercheur. Le Grand Lyon préfère au péage urbain deux autres dispositifs : la ZFE et le péage de transit. La zone de faibles émissions (ZFE) interdit aux utilitaires les plus polluants – non classés, Crit’Air 5 et Crit’Air 4 – d’entrer dans le centre de l’agglomération, un périmètre à peu près équivalent à celui de l’étude d’Yves Crozet. Elle prendra effet au 1er janvier 2020. À plus longue échéance, la Métropole songe à instaurer un péage de transit pour dissuader les poids lourds et les voitures particulières de traverser l’agglomération s’ils ne doivent pas s’y arrêter. Selon JeanLuc Da Passano, le vice-président métropolitain chargé des mobilités et de la voirie, le coût serait élevé, comparable au montant des amendes : “Ce ne serait pas deux ou trois euros.” Un projet qui laisse sceptique Yves Crozet. “Les gens sont persuadés que le transit est responsable du bouchon de Fourvière, alors que le matin c’est à 90 % du trafic local”, rappelle-t-il.

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“Deux catégories de citoyens”

“On est en train de créer une usine à gaz. La zone de faibles émissions est à l’intérieur du périphérique, alors que le Grand Lyon comprend 59 communes. Les véhicules polluants seront donc bloqués en périphérie. Pour moi, c’est pour tout le monde ou c’est pour personne. Il n’y a pas des métropolitains et des sous-métropolitains. Je suis contre le péage urbain pour les mêmes raisons. Cela crée deux catégories de citoyens, selon où l’on se situe par rapport au péage. En revanche, je suis d’accord pour que ceux qui ne font que traverser l’agglomération paient. Mais il faut surtout un choc d’investissement sur les mobilités. La subvention au Sytral a été baissée alors qu’on a seulement 30 kilomètres de métro quand Barcelone ou Stuttgart en ont près de 130. On n’a pas non plus traité la question de l’Anneau des Sciences.”

Pierre Hémon (EELV) Conseiller métropolitain

“Contre le péage urbain” “Le péage de transit, oui. Je suis en revanche contre le péage urbain qui touche tout le monde. Il faut être plus fin que cela. Je préfère la zone de faibles émissions qui discrimine, parmi les voitures qui rentrent, celles qui sont les plus polluantes. Je suis aussi pour que l’on rende plus difficile l’entrée des voitures au cœur de la métropole en rendant plus cher le stationnement. Il y a aussi des mesures positives à prendre, comme favoriser le covoiturage ou les transports en commun, en travaillant sur la sécurité, par exemple, des voyageuses le soir. Je crois aussi que l’on peut davantage accompagner les propriétaires des voitures les plus polluantes, en leur offrant six mois d’abonnement aux TCL par exemple et la location ponctuelle à Yea! ou Citiz.”

Fouziya Bouzerda (LREM) Présidente du Sytral

“Ne pas pénaliser les forces vives” “Je suis pour pénaliser le transit, pour ceux qui n’ont rien à faire à Lyon, qui n’y travaillent pas, n’y livrent pas, n’y déjeunent pas. Qu’ils soient poids lourds ou touristes, il n’y a pas

© Pierre-Antoine Pluquet / montage Jérôme Chion

La future loi d’orientation des mobilités permettra aux collectivités de plus de 100 000 habitants de faire payer l’accès à leur centre aux automobilistes. Le Grand Lyon préfère deux autres dispositifs : la zone de faibles émissions et le péage de transit. Explications. Par Fabien Fournier

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Le Lyon de demain, chaque mois, chez vous

nouveau

r bain à Lyon ?

L E de raison d’impacter l’environnement sans en payer le coût. Ce type de péage ne pénalise pas les forces vives du territoire. Ce qui est paradoxal, c’est la situation actuelle, où traverser le centre de l’agglomération ne coûte rien alors que le contourner [par l’A432 via Saint-Exupéry ou l’A46 nord, ndlr] coûte. Il faut aussi mettre en place la zone de faibles émissions, activer le plan Oxygène, renforcer l’action du Sytral, favoriser les modes doux, le covoiturage.”

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Vice-président du Grand Lyon

“Ponctionner ceux qui ne s’arrêtent pas” “Nous sommes pour une écologie plus incitative que punitive, par le développement des transports en commun, les parcs-relais, le covoiturage avec des voies réservées sur l’A6 et l’A7 à l’horizon 2020… On n’envisage pas de dispositif discriminatoire par l’argent. Nous voulons en revanche pénaliser ceux qui transitent par Lyon, par la Presqu’île, le boulevard Laurent-Bonnevay ou la rocade Est, par des péages à Anse et Chasse-sur-Rhône. Le dispositif fonctionnera par lecture des plaques d’immatriculation et en calculant le temps de parcours, afin de ponctionner ceux qui ne s’arrêtent pas. Une idée personnelle : cette amende pourrait être progressive en fonction du nombre de passages effectués dans l’année, pour frapper plus fortement le multirécidiviste. L’idée est de reporter ce transit sur l’A432 [qui longe St-Exupéry, ndlr] et l’A46 sud qui va être élargie à 2x3 voies.”

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Yves Crozet Professeur à Sciences Po Lyon

© Pierre-Antoine Pluquet / montage Jérôme Chion

“L’autre option, le péage temporel” “Il faudrait rendre payant le passage par Lyon et rendre gratuit le contournement. En matière de péage urbain, soit la zone est limitée et le prix est élevé comme à Londres, soit elle concerne une grande partie du trafic et le prix est plus bas. Mais il ne se fera jamais, sauf grosse contrainte budgétaire. C’est un serpent de mer. On n’a pas en France le personnel politique pour porter ce type de mesure. Regardez l’écotaxe ! Les collectivités ont de l’argent, elles vivent dans une certaine opulence, en dépit de ce qu’elles disent. L’autre option, c’est le péage temporel par la congestion et, de ce fait, le trafic se réoriente. C’est la transformation de l’autoroute en boulevard urbain qui va déplacer les flux.”

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Entretien

Jean-Michel Daclin

© Jérôme Chion

“OnlyLyon Expérience, première européenne” Face à la révolution que représente le numérique pour la fonction d’accueil et de conseil de l’office du tourisme, son président explique comment l’information va être donnée au visiteur avant même son arrivée à Lyon, grâce au système qui sera lancé en janvier. Jean-Michel Daclin revient également sur le titre de capitale européenne 2019 du tourisme intelligent que vient d’obtenir Lyon. Propos recueillis par Alexandre Buisine Combien de touristes viennent chaque année à Lyon ? Entre cinq et six millions, dont 65 à 70 % pour du tourisme d’affaires. De 2001 à 2008, nous avons développé les congrès et salons, suite à l’ouverture du centre de congrès de la Cité internationale. Avec un problème : les hôtels n’étaient pleins que du lundi au jeudi soir. Difficile d’équilibrer un compte d’exploitation avec quatre jours d’activité sur sept. À partir de 2008-2009, nous nous sommes donc focalisés sur le tourisme d’agrément, avec un positionnement sur le short break, c’està-dire le court séjour de week-end.

Un marché dont la croissance dépasse les 10 %. Les gens se changent les idées en partant trois jours à Barcelone, Bruxelles, ou maintenant Lyon. La ville a reçu en 2016 l’award de la meilleure destination de short break en Europe  ! Nous figurons parmi les acteurs majeurs du secteur. Certains week-ends, on refuse du monde en Presqu’île.

“65 à 70 % de tourisme d’affaires”

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Avez-vous d’autres perspectives ? Nous attaquons désormais la troisième étape  : travailler sur l’idée que Lyon peut être une plateforme formidable pour le tourisme dans la région, où les gens restent quatre

à six jours. C’est une ville animée, depuis laquelle on peut aller passer une journée d’œnotourisme dans les côtes du Rhône ou le Beaujolais, à la grotte Chauvet ou à Chamonix… Il existe beaucoup de possibilités à partir de Lyon. Nous essayons de les développer. Mais cela suppose de trouver des opérateurs.

Peut-on quantifier l’impact de l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco sur le tourisme ? C’est extrêmement difficile. Cette inscription a eu deux vertus. Elle a provoqué un déclic dans la tête des Lyonnais, qui se sont rendu compte que leur ville était belle. Ça nous a également permis d’upgrader notre proposition. Mais, avec

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plus de quarante sites français inscrits, on ne fait pas venir des touristes uniquement en leur disant qu’on est au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous leur expliquons qu’il y a un site historique formidable, mais aussi des restaurants, des magasins… Un des arguments de cette ville, c’est sa dimension humaine, qui est un concentré de l’art de vivre à la française. Les Français ne sont pas perçus comme accueillants et Lyon l’est, contrairement à l’image que l’on nous a collée pendant longtemps.

© Jérôme Chion

Rançon du succès, le VieuxLyon arrive aujourd’hui à saturation. Comment sortir de cette situation ? C’est notre job de bien maîtriser les flots touristiques. Problème : le numérique remet en cause la nature même de la fonction d’accueil et de promotion de l’office du tourisme. Si on ne fait rien, le touriste va se borner à se faire guider sur Internet par des gens qui n’auront que le profit en tête. Nous préparons depuis trois ans un projet qui va être mis en place en janvier. On a proposé à l’ensemble des acteurs locaux (hôtels, organisateurs de congrès, musées, opérateurs fluviaux…) de travailler à partir de leur fichier clients pour fournir des informations et ainsi préparer la venue des touristes, s’occuper d’eux quand ils sont là et garder ensuite le lien. C’est un système étanche. Chaque acteur reste propriétaire de son fichier, qui ne va pas à la concurrence. Ça va nous permettre de mieux traiter les touristes qui viennent et de leur expliquer par exemple que Saint-Jean c’est formidable mais qu’il y a d’autres lieux à voir à Lyon. OnlyLyon Expérience sera une première en Eu-

rope. Nous travaillons en lien avec Montréal, qui le fait déjà.

Peut-on quantifier l’impact de la Fête des lumières ? Si on veut être honnête, il y a trois millions de personnes dans les rues dont beaucoup de Lyonnais qui – parfois – viennent deux fois. Les hôtels sont quasiment pleins mais beaucoup de gens logent aussi dans les familles, ce que l’on peut difficilement comptabiliser. Lyon a acquis une notoriété grâce à cet événement festif, qui brise l’image d’une ville triste. La croissance a été forte et rapide. Depuis, il y a eu les attentats et une année sans Fête des lumières ainsi que de la concurrence avec plus de cent événements de ce type dans le monde. Lyon demeure la mère de la Fête des lumières, mais les croissances que l’on a connues sont finies. L’objectif est plutôt de se maintenir, avec nécessairement de l’innovation pour se renouveler.

essayons de maîtriser le phénomène AirBnB afin qu’il ne dérape pas vers une professionnalisation.

Avec la rénovation du Marriott, l’ouverture d’Intercontinental et la transformation du Boscolo, a-t-on rattrapé notre retard en hôtels haut de gamme ? L’ensemble de l’hôtellerie lyonnaise, toutes catégories confondues, a effectué un très gros travail de rénovation, alors que le parc était vieillissant il y a quinze ans. Ces enseignes de qualité amènent des clients qui ne seraient pas venus sinon. Des gens vont de Marriott en Marriott ou d’Intercontinental en Intercontinental. Cela change notre statut. Lyon fait aujourd’hui partie des villes où l’on doit s’arrêter. Vous avez quand même parallèlement un développement du low cost ou des auberges de jeunesse, donc une diversification extrêmement forte de l’offre. Je regrette toujours l’absence d’un hôtel de 300 ou 350 chambres. Pour les congrès, un tel établissement est important, avec l’effet “lobby”, l’endroit où les gens se retrouvent en dehors des séances, pour faire des affaires, par exemple.

Fête des lumières : “Les croissances que l’on a connues sont finies”

La collectivité essaie de contenir la vague AirBnB. Fait-elle vraiment des dégâts ? Ne faudraitil pas plutôt répondre à cette demande ? AirBnB correspond à une vraie demande, mais c’est également un très gros danger pour une ville. Pas tant sur le plan touristique que social. On constate aujourd’hui ce phénomène autour de la place Bellecour, où des gens que je ne citerai pas ont acheté plein d’appartements, ce qui fait monter les prix. Il faut veiller à ce qu’on ne se retrouve pas comme à Barcelone, où la ville se vide de ses habitants au profit du tourisme. Nous

Unesco : “Les Lyonnais se sont rendu compte que leur ville était belle”

Ne risque-t-il pas d’y avoir trop d’offre ? À la PartDieu, le projet prévu avec la deuxième tour de To-Lyon a été revu à la baisse… La présence sur le marché de chambres à 400 ou 500 euros est en train de faire exploser la demande. Les investisseurs voient tout à coup que cette ville a des débouchés. On me dit depuis longtemps qu’on fait trop de chambres. Les chiffres continuent à progresser, en dépit d’AirBnB. Leur offre a explosé, le nombre de chambres a augmenté, les

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Entretien

taux d’occupation demeurent bons et les hôtels se portent bien. Ça veut dire que les touristes viennent.

“L’offre AirBnB a explosé, [mais] les taux d’occupation demeurent bons”

Le tourisme est une industrie mondiale en plein développement. Il représente 7 à 8 % du PNB en France. Or, dans des villes comme Venise, Dubrovnik, Amsterdam, Berlin ou Barcelone, il y a des manifestations parfois extrêmes de rejet des touristes. Pour veiller au maintien de la qualité d’accueil, l’UE a décidé de décerner un prix qui est le pendant des capitales européennes de la culture. Nous travaillons depuis longtemps à la bonne intégration des touristes dans la ville. C’est donc une consécration d’avoir gagné, alors que 38 villes concouraient.

Lors de cette annonce, vous parliez de “créer le tourisme de demain”. Comment l’imaginez-vous ? Lyon a eu une croissance très forte autour d’une stratégie de marque, OnlyLyon, mais il faut s’adapter à l’évolution du monde. Paradoxalement, nous sommes convaincus que le tourisme de masse est en train de disparaître. Le développement s’appuie sur une attente d’émotions, de respect, de bonne intégration et de rencontres. Les touristes mettent en avant la qualité de l’accueil et le contact avec les habitants. À nous de changer les mentalités et notre approche, en termes de produits et de communication.

Que pensez-vous de la desserte aérienne de Lyon ? Quelles destinations manquent ? Dix millions de passagers, c’est déjà bien. Mais la desserte demeure insuffisante. Il y a un paradoxe de cet État-nation qui défend le tourisme

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© Jérôme Chion

L’Union européenne vient de décerner à Lyon le titre de capitale européenne 2019 du tourisme intelligent. Qu’est-ce que cela signifie ?

Publicitaire de profession, JeanMichel Daclin, 71 ans, a été adjoint au maire de Lyon et vice-président du Grand Lyon délégué aux relations internationales et à l’attractivité du territoire de 2001 à 2014. Il a notamment présidé LUCI, le réseau des Villes Lumières, et DÉLICE, le réseau mondial des villes gourmandes. Conseiller général jusqu’en 2015, il a été élu président d’OnlyLyon Tourisme et Congrès le 24 juin 2014.

en estimant que Paris est engorgé et qu’il faut alimenter le reste de la France. Car, dans le même temps, par l’intermédiaire de la Direction générale de l’aviation civile, il ne nous donne pas d’autorisations de vol, afin de préserver le monopole d’Air France qui n’a jamais voulu jouer la carte de Lyon. Regardez le combat mené pour qu’Emirates puisse simplement avoir un vol quotidien sur Dubaï ! Qatar Airlines avait également des projets. Le continent américain, qui nous fournit pas mal de touristes, devrait être ouvert…

Les nouvelles clientèles de touristes (Chine, Golfe…) ont-elles des demandes spécifiques et Lyon peut-il les intéresser ? Les Chinois, qui étaient jusqu’ici plutôt une clientèle de masse, sont en train de devenir une clientèle individuelle. Nous sommes très contents de cette évolution. Emirates nous a amené de la clientèle australienne, qui aurait pensé ça  ? Dans la tête d’un Australien, Lyon est devenu une porte d’entrée en Europe via Dubaï. Nous sommes plutôt dans un marché de l’offre.

Vous avez auparavant été chargé des relations internationales et de l’attractivité du territoire à la mairie et au Grand Lyon. Quels sont les atouts de la ville pour accueillir des entreprises ? L’implantation d’entreprises se porte plutôt très bien. Concernant les atouts, je raconte toujours cette anecdote. En 2001, j’ai rencontré le patron de l’agence de développement économique de New York pour voir comment il travaillait. Il m’explique  : “Les entreprises, ça ne m’intéresse pas du tout. Je ne m’en occupe pas.” Je lui demande  : “Ce n’est pas votre job  ?” Et de me répondre  : “Non, mon job c’est que les entreprises viennent si les collaborateurs ont envie de venir à New York. Donc, ma ville doit être attractive pour les gens qui vont travailler.” Ça a été ma philosophie. Plutôt que de vendre systématiquement les kilomètres d’autoroute, on parlait de la qualité de vie à Lyon. Elle correspond bien à ce que doit être une ville du XXIe  siècle, à la fois très ouverte mais avec une identité et un équilibre.

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Une ville

Sathonay-Camp

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La ville, qui ambitionne de doubler de population en quelques années, poursuit la densification de son centre avec la Zac Castellane, sur le site de l’ancien casernement militaire. Si l’opération est réussie, elle souffre d’un manque de stationnement public. Par Fabien Fournier

C’

est l’histoire d’un village devenu subitement ville. Sathonay-Camp va doubler en quelques années sa population, de 4 236 habitants en 2010 à près de 8 000 en 2020. Cet essor démographique est voulu et assumé par la municipalité. Un volontarisme puisé dans l’histoire de la commune, qui a vécu comme un traumatisme la dissolution du 99e régiment d’infanterie, entre 1997 et 2002. Cet abandon a entraîné un déclin et une dévitalisation du centre-bourg. Maire depuis 1995, Pierre Abadie raconte que le parc immobilier était à l’avenant, vieillissant, mal isolé, pas toujours équipé d’ascenseurs.

LES GENDARMES À LA PLACE DES MILITAIRES À dix-huit-mois de l’échéance de son dernier mandat – il espère transmettre le flambeau à Damien Monnier ou Bernard Dupont –, l’édile peut avoir la satisfaction d’avoir impulsé un nouveau cap pour Sathonay-Camp. Une perspective qui n’est d’ailleurs pas vraiment contestée par ses opposants. Sur les 32 hectares libérés, le maire

a d’abord bloqué l’installation d’un centre pénitentiaire. Même les élus d’opposition lui en savent gré. “Une catastrophe : on aurait eu une ville autour de la prison”, décrit Annie Damian (ex-LR). À la place, le pôle régional de la Gendarmerie occupe la moitié de l’ancien terrain militaire. Sur l’autre parcelle, la municipalité a développé la Zac Castellane (780 logements), fer de lance de l’accroissement démographique. Plus de la moitié est déjà livrée.

ZAC CASTELLANE UNE ESTHÉTIQUE RÉUSSIE “Des réalisations qualitatives à 3 200 ou 3 300 euros le mètre carré, soit 1 000 euros de moins qu’à Caluire et 500 euros de moins qu’à Fontaines”, compare Jean-Xavier Bonnet, directeur adjoint de BPD Marignan, qui produit près de 100 logements en face de la mairie. Pour ce programme (Le Castellane), le promoteur a vu venir une clientèle de loin, de 22 communes du val de Saône et du nord-est de l’agglomération. Cette arrivée soudaine de population et la poussée d’immeubles de plusieurs étages ne provoquent pas de levée de boucliers. Nul ne conteste la réussite esthétique de l’opération. Le mail piétonnier de 350 mètres de long et d’une largeur de près de 70 mètres offre un belvédère apprécié sur les monts d’Or.

Photos © Pierre-Antoine Pluquet

Page de gauche, le mail qui fait office de parc public de la nouvelle Zac Castellane. Ci-contre, page de droite, le stationnement fait défaut dans le centre-ville.

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Une ville

Pascal Fosse (groupe Sathonay àvenir) n’y voit cependant qu’une “figure de style qui part du boulevard Castellane sans réelle accroche et qui ne mène nulle part”. Il aurait préféré que soit davantage travaillé un “point de gravité” entre l’ancien et le nouveau centre, composé d’espaces publics et de commerces. C’est là une faiblesse de la Zac.

COMMERCES TROP CHERS Le plan de merchandising monté par la SERL, l’aménageur, a bien prévu des commerces, notamment le long du boulevard Castellane, et des services le long de la rue de la République et de l’avenue Félix-Faure – un supermarché Casino a ouvert, ainsi qu’une nouvelle boulangerie et un opticien – mais une dizaine de rez-de-chaussée n’ont pas trouvé preneurs. En cause, un investisseur trop gourmand. Car, si la SERL avait plafonné les prix pendant trois ans, ceux-ci sont désormais libres. Et ils se seraient un peu envolés. La cellule de 300 m2 dédiée à une brasserie est par exemple proposée pour 5 000 euros à la location et pour 600 000 euros à la vente, selon les chiffres communiqués par Pierre Abadie. Le propriétaire a récemment décidé de la scinder en deux lots, mais ils ne sont pas davantage occupés. “On ne comprend pas trop sa stratégie”, confie Clara Thomas, chef de projets à la SERL. “L’offre est surabondante”, estime Jean-Xavier Bonnet.

Pierre Abadie est maire de Sathonay-Camp depuis 1995.

Sathonay-Camp en quelques chiffres > 200 hectares > 5 688 habitants >2   902 habitants/km2 (452,8 pour Sathonay-Village et 2 097,7 pour Rillieux) >2  6,9 % d’employés, 21,1 % de retraités et 17,6 % de professions intermédiaires (trois premières catégories chez les 15 ans et plus) >6  3,2 % des habitants ont moins de 44 ans >3  6,2 % des habitants sont propriétaires et 19,5 % sont logés gratuitement > 1 7,5 % des logements sont des maisons >2  8,3% des logements ont été construits après 2006 >3  4,1 % des Sathonards habitent dans leur logement depuis plus de 10 ans >5  6,7 % des habitants vont travailler en voiture, 16,2 % en transports en commun > 21 289 euros = revenu médian disponible par unité de consommation (France : 20 566 euros)

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© Pierre-Antoine Pluquet

SATHONAY SEUL CONTRE TOUS Le manque de stationnements constitue l’autre sujet de mécontentement. L’affaire est si sérieuse que Sathonay-Camp a voté contre le plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H), le 29 novembre 2017. C’est la seule des 59 communes du Grand Lyon à avoir usé de son droit de veto. Le maire avait pourtant avalisé le document en conseil métropolitain. “On a tiré la sonnette d’alarme”, explique-t-il aujourd’hui. Le PLU-H restreint en effet le nombre de stationnements par logement, tout comme la loi Mandon de 2014 pour tout immeuble d’habitations situé à moins de 500 mètres d’une gare. À Sathonay, ce périmètre englobe une partie du centre-ville. Or cette pénurie n’a pas été contrebalancée par des parkings publics. “Les urbanistes ont raisonné comme si on était à Lyon”, soupire le maire. Jean-Marie Lemal estime qu’il “aurait fallu faire de petits parkings entre les immeubles”. Pierre Abadie reconnaît ne pas avoir pris la mesure du problème au moment de la conception de la Zac. À la suite de son vote négatif, la commune a obtenu de la Métropole de nouveaux espaces pour les voitures.

ABADIE COMPTE LES PLACES Le maire tient à présent une comptabilité minutieuse des stationnements prévus, brandissant chaque place comme un nouveau trophée. Ainsi les 75 du parking situé à l’angle de la rue Garibaldi et de l’avenue Val-deSaône, tout récemment inauguré. Les 13 gagnées de-

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Une ville

vant la mairie, place Joseph-Thevenot. La centaine qui sera conservée de l’aménagement provisoire, montée du Camp (vers la boulangerie). Les 150 d’un futur emplacement envisagé dans le PLU-H entre le boulevard Castellane, l’avenue de Pérouges et l’avenue de la Gare où le bailleur social Dynacité formulera sans doute un projet de réhabilitation de son patrimoine. Pierre Abadie évoque aussi un futur parking qui remplace un îlot d’habitations de la Zac. La municipalité a également mis en place une zone bleue avec une durée de stationnement limitée pour favoriser la rotation des

véhicules, qui sera étendue prochainement. “Ont-ils la volonté d’assumer la verbalisation ?” questionne toutefois Pascal Fosse. L’élu d’opposition fait aussi remarquer que le futur parking de 150 places ne fera pas l’objet d’une préemption. Il doute donc de sa réalisation. Tout n’est cependant pas affaire de parking public. Le maire a exigé des nouvelles constructions de la Zac qu’elles ne disposent pas de box fermés. Dans les premiers immeubles, les habitants avaient la fâcheuse tendance d’utiliser leur garage comme une cave. “Ils se garaient dehors”, a remarqué Pierre Abadie. Imposer des sous-sols ouverts permet à coup sûr de limiter cette pratique.

“On est toujours calibré pour une ville de 4 000 habitants”

© Pierre-Antoine Pluquet

ÉQUIPEMENTS PUBLICS : TOUT N’EST PAS FAIT

Gare : nouveau parking côté Rillieux Neuf minutes pour arriver à la Part-Dieu. La gare rend bien des services à des Sathonards travaillant près du quartier d’affaires. Des trains en partent toutes les demi-heures aux heures de pointe (beaucoup moins en dehors). Nul doute que cet équipement est un atout pour la commune. Il génère cependant quelques nuisances. À commencer par la saturation du parking, malgré son agrandissement relativement récent. Les rues proches sont occupées par des véhicules venus de Sathonay-Village, Fontaines ou Cailloux. Heureusement, côté Rillieux, des améliorations sont en vue. Le parking provisoire deviendra définitif en 2022, avec 170 places. L’ouvrage ira de pair avec un passage souterrain conduisant aux quais et au hall de gare, livré en 2019. Le couloir sera équipé de quatre ascenseurs. Ces deux projets de près de 7 millions d’euros sont financés majoritairement par la Région, la Métropole et SNCF Réseau. Un autre projet pourrait apporter un bénéfice : la ligne Trévoux/SathonayCamp, sur l’ancienne ligne de chemin de fer. Si l’idée d’un tramway semble abandonnée, de nouvelles études porteront sur un bus à haut niveau de services qui pourrait poursuivre sa route vers la Part-Dieu. Cette infrastructure pourrait capter des voyageurs en amont de Sathonay-Camp, réduisant le flot de voitures venant stationner près de la gare. Reste à étudier l’intégration de cette nouvelle ligne venue de l’Ain dans le réseau TCL. “Cela pourrait être une branche du C2 (Rillieux/Part-Dieu)”, suggère Pierre Abadie. “C’est une bonne idée”, appuient Annie Damian et Pascal Fosse.

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Si le stationnement n’a pas été suffisamment anticipé, les équipements publics l’ont davantage été, même si l’argent manque pour tous les réaliser. Ainsi l’école Louis-Regard a-t-elle été agrandie et dispose de onze salles supplémentaires. Le groupe scolaire compte désormais 600 élèves (il peut en accueillir jusqu’à 800). Parmi les autres projets aboutis, l’agrandissement du gymnase Maurice-Danis et du restaurant scolaire. Ces réalisations ont cependant trop tardé, pour l’opposition municipale. Et d’autres équipements restent à bâtir, comme une nouvelle salle des fêtes, adossée à un nouveau gymnase, prévue à côté du bassin de rétention d’eau. L’opposition souligne que le pôle petite enfance n’est toujours pas aménagé, attendant d’accueillir une crèche et un relais d’assistantes maternelles. Pierre Abadie s’engage à ce que l’équipement reçoive 40 enfants d’ici à 2020. La municipalité ambitionne aussi de construire une médiathèque dans la Zac Castellane. Ces retards sont imputables au manque de ressources d’une commune de taille modeste qui doit absorber un projet extrêmement ambitieux. L’argent fait défaut pour lancer tous les investissements. Pascal Fosse y voit un “effet ciseau”, la Zac coûtant encore davantage qu’elle ne rapportera en fiscalité locale lorsqu’elle sera pleinement occupée. “On est toujours calibré pour une ville de 4 000 habitants”, déplore Jean-Marie Lemal. Son épouse, Annie Damian, regrette qu’à chaque opération tombent d’anciens platanes – “une évocation du passé militaire”, auquel Pascal Fosse est aussi attaché. En dehors du centre-ville, d’autres secteurs sont convoités par les promoteurs, pour bâtir de petites résidences. La ville cède aussi des fonciers. Cette activité est contestée par les riverains. Outre l’impact visuel, ils s’agacent que les rues alentour se surchargent de nouveaux véhicules qui se garent le long des habitations. Toujours ce satané problème de stationnement.

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Valérie GALLET, Directrice interrégionale Egis

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© 2016 Lyon Part-Dieu l’AUC FM

Egis participe à la métamorphose de la Part-Dieu, second quartier d'affaires français. En 2022, avec ses 170 mètres de haut et ses 80 000 m² de surface construite (hôtel, commerces et bureaux), la tour ToLyon de VINCI Immobilier, pour laquelle Egis coordonne les études de conception, représentera un signal fort dans le paysage urbain lyonnais. Cette opération immobilière, au cœur du pôle d’échange de la gare, s'inscrit dans le renouveau de la Part-Dieu : aujourd'hui simple quartier d'affaires mais demain également lieu de rencontre et de vie. Pour le secteur “Gare ouverte”, appelé à devenir un grand pôle d’échanges multimodal, Egis prévoit un renouvellement complet des espaces publics et réalise les études visant à construire ou

Architectes : Archigroup, Thierry Roche réaménager plusieurs ouvrages souterrains interconnectés (parkings, gare, métro). Ses équipes d’Elioth, spécialisées en maîtrise d’œuvre d’innovation, sont elles aussi mises à contribution pour expérimenter de nouveaux revêtements de sol en milieu urbain aux côtés de la SPL Lyon Part Dieu, permettant d’assurer un confort hygrothermique en toute saison. ●

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© CC BY-SA 3.0 Billy69150

© Elioth – Prototypes de sol

Pour une meilleure gestion de l’énergie sur le territoire, Egis développe, aux côtés de Dalkia, le réseau de chaleur urbain Grand Lyon Centre Métropole. Le nombre de raccordements au réseau devrait ainsi tripler d’ici 2029. L'objectif est double : lutter contre la précarité énergétique grâce à des tarifs compétitifs et contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, un des engagements prioritaires du Plan Climat métropolitain.

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Entre éclairage pérenne et événementiel, le palais de justice est devenu le démonstrateur du savoir-faire lyonnais.

a lumière bouge Alors que le premier plan Lumière de la ville fêtera ses trente ans l’an prochain, sa mise en œuvre évolue avec les techniques. Pas seulement pour économiser l’énergie. Grâce aux leds et à l’éclairage connecté, le bon vieux candélabre pourrait être demain le pivot de la smart city. Dossier réalisé par Alexandre Buisine. Photos par Pierre-Antoine Pluquet

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C Dur, dur pour la skyline lyonnaise. À la Part-Dieu, la mise en lumière subtile de la tour Incity est à certains endroits parasitée par l’éclairage commercial. Tandis que le sommet du Crayon laisse pour le moins à désirer.

hangement de tableau. L’éclairage enlève une partie de la profondeur de l’édifice et met en valeur les chapiteaux corinthiens des 24 colonnes comme vous ne les verrez jamais de jour. Puis la galerie du palais de justice prend une teinte lilas. Avant que la façade ne devienne bleublanc-rouge. Mais elle pourrait se parer de n’importe quelle autre couleur. Il n’existe pas de limite. Clou du spectacle, l’éclairage donne l’illusion que les colonnes tournent. L’ensemble est piloté au doigt et à l’œil depuis un ordinateur. Ce n’est pas (encore) la Fête des lumières, juste une nuit ordinaire. Chaque soir, le palais de justice historique de Lyon offre aux passants trois tableaux différents. Et même un quatrième le week-end. À l’origine du spectacle, 225 projecteurs pilotables individuellement qui permettent notamment un éclairage à 360° des colonnes. En 2013, la rénovation de l’édifice a permis de remplacer la mise en lumière de face qui écrasait le bâtiment par ce système qui multiplie les possibilités… tout en divisant la consommation par sept. Pour la Fête des lumières, pas besoin de dispositif supplémentaire : l’artiste n’a qu’à prendre la main sur l’installation. À l’origine de cette révolution, la led. “Depuis cinq ans,

Plus de points, moins d’énergie En 1989, Lyon comptait 42 000 points lumineux, pour une consommation de 35 GW/h. En 2001, la ville en totalisait 62 000 pour une consommation de 41 GW/h. En 2017, on est tombé à 27 GW/h pour… 76 805 points lumineux. Des économies réalisées en travaillant sur l’existant, car l’éclairage public reste très majoritairement constitué de lampes à décharge traditionnelles, les leds représentant seulement 10 % des sources de lumière. Un retard à combler ? Cela donne en tout cas une belle marge de progression. “Avec une led, on peut faire de la détection de présence pour moduler l’éclairage, ce qui génère 70 % d’économie d’énergie”, confie Thierry Marsick.

La mise en lumière du Ciné Duchère lui a redonné de la gaieté.

la technologie et les possibilités qu’elle offre explosent, assure Patrick Clert-Girard, délégué du cluster Lumière, qui rassemble depuis dix ans l’écosystème de la filière. C’est une lumière discrète, d’un millimètre carré, dont le flux est perpendiculaire à sa surface, que l’on distribue comme on veut à l’aide d’optiques et dont on gère très bien à la fois l’intensité et la couleur.” Deux raisons expliquent les économies d’énergie qu’elle engendre : la modulation de l’intensité en fonction des besoins, là où le pilotage de l’éclairage public se résumait jusqu’ici à on/off, et le flux lumineux émis (100 à 110 lumen/W contre 15 à 20 pour l’éclairage traditionnel). Design, horticulture (pour stimuler la pousse), santé (luminothérapie)…, les applications sont multiples et dépassent l’éclairage (voir ci-contre).

NAISSANCE DU CONCEPTEUR LUMIÈRE Toutefois, “la technique demeure un moyen au service de l’ambition d’un territoire”, pas un but en soi, insiste Thierry Marsick, le directeur municipal de l’éclairage public. Les leds mettent par exemple en valeur de façon extrêmement précise chaque élément architectural des ponts Lafayette et Wilson, ce qui n’aurait pas été possible auparavant. Mais il ne s’agit que de la continuité du plan Lumière lancé en 1989 par Henry Chabert pour “réveiller et révéler la ville par une scénographie urbaine”. Même si c’est un spectacle en soi, l’éclairage du palais de justice s’inscrit ainsi dans le paysage nocturne de la colline de Fourvière, où les intensités et les reliefs

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Le(d)s

soulignés varient selon les bâtiments pour former un tableau cohérent. “Mettre en scène l’arrière-plan donne à la fois une perspective et une profondeur”, explique le directeur. C’est comme ça qu’un nouveau métier est né, à Lyon, il y a trente ans : concepteur lumière. Au traditionnel éclairage de face donnant la volumétrie générale d’un bâtiment s’ajoutent de petits projecteurs qui, du bas vers le haut, accentuent certains détails architecturaux. Un travail tout en finesse complété par la mise en lumière des toitures, pour donner une lecture complète de l’édifice. L’hôtel de ville ou les facultés sont assez représentatifs de ce savoir-faire. Moins en vue, le cinéma de la Duchère offre pourtant un étonnant exemple de cet art lumineux. Là, un projecteur à découpe offre un cadrage parfait, avec des bords nets, pour faire ressortir les différents éléments et mettre en valeur les volumes et les formes géométriques du bâtiment. Les couleurs primaires – rouge, vert, bleu – et le graphisme à base de pellicule donnent la nuit une nouvelle vie à cet édifice au béton gris et triste de jour.

révolutions en cours Gestion dynamique du réseau d’éclairage public, mais également du stationnement, ou recharge de votre véhicule électrique : bienvenue dans la smart city, dont le candélabre serait le maillon de base. Premier espace public lyonnais à utiliser de la couleur, le parc de Gerland prend des allures de jardin magique à la nuit tombée, avec ses ombres chromatiques sur les végétaux.

Associer un concepteur lumière à chaque projet urbain, c’est aussi libérer l’architecture du pont Schuman de tout candélabre en privilégiant un éclairage rasant de la chaussée. Ou donner une tonalité particulière à la grande rue de Vaise : l’éclairage des façades offre une série de rais de lumière surmontés de miroirs réfléchissants pour contribuer à la visibilité sur les trottoirs. Sans oublier la place des Jacobins où la fontaine sert de lanterne centrale avec un éclairage vibrant au rythme de l’eau, les projecteurs se trouvant au fond. Le hic ? La poésie des lieux est un peu gâchée par l’éclairage tout en accentuation d’un hôtel voisin. Idem aux Cordeliers, où une lumière vert pharmaceutique nuit un peu à l’ambiance du quartier. La volonté d’existence commerciale peut rapidement affecter une signature lumière savamment bâtie durant trente ans. “Le moindre ravalement de façade doit faire l’objet d’une autorisation d’urbanisme mais, pour la mise en lumière, rien n’est exigé”, déplore Thierry Marsick, qui estime que la “gouvernance de la lumière” est un enjeu d’avenir. Prochain défi ? Étendre cette signature nocturne à la Part-Dieu. C’est-à-dire inciter les projets privés qui se multiplient dans ce quartier en pleine mutation à intégrer une conception lumière. Sachant que si, en Presqu’île, la pierre réfléchit la lumière, dans les immeubles en verre c’est l’émission – et non la réflexion – qu’il faut travailler. Et ce afin d’offrir encore un autre tableau au paysage nocturne lyonnais.

Photos © Pierre-Antoine Pluquet

PAS DE GOUVERNANCE DE LA LUMIÈRE

“L

a led, c’est le pilotage de l’éclairage. On peut moduler la luminosité ou la couleur. Cela passe par l’électronique, c’est-à-dire schématiquement des 0 et des 1. Mais ce système peut transmettre tout type d’information, explique Timothée David, directeur territorial d’EDF Collectivités. L’éclairage public, c’est une infrastructure existante au maillage très fin qui devient un réseau de télécommunications.” Commençons par sa fonction première : apporter la lumière. “Avec Linky, dont Lyon est la première ville à avoir été entièrement équipée, cela permet d’utiliser à plein le potentiel des compteurs intelligents, note Patrick Rakotondranahy, le directeur territorial d’Enedis, qui exploite les 1,3 million de kilomètres du réseau électrique français. Après la technologie led, qui était la première disruption, la gestion dynamique de l’éclairage c’est la deuxième. On peut non seulement l’adapter aux usages et aux lieux mais également mesurer la consommation de manière très fine pour l’économiser. Remonter les courbes de charge, cela équivaut à un relevé toutes les trente minutes là où on l’effectuait auparavant tous les six mois.” Ce contrôle en temps réel permet de détecter les situations anormales sans se déplacer, pour réparer au plus vite et à moindre coût.

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Adapter la puissance à un besoin particulier ? Cela demande deux heures, contre au moins cinq jours auparavant. Se profile également la maintenance prédictive : au premier faiblissement de consommation, on pourra déterminer si une, deux ou trois ampoules ont des problèmes. Sans parler des horloges astronomiques, qui permettront de décider de l’éclairage ou de son extinction selon le temps réel à chaque endroit et de manière beaucoup plus fine. “Au moment où les villes renouvellent leur patrimoine, nous mettons de l’intelligence dans le réseau qui est la moelle épinière de la transition énergétique”, insiste Patrick Rakotondranahy. Selon lui, l’un des enjeux de la ville “intelligente” de demain est la mutualisation des capteurs pour le bénéfice collectif. Météo, qualité de l’air, places de parking disponibles… Équipé de ces fameux capteurs, le bon vieux candélabre peut transmettre toutes ces informations. “Avec les données collectées, la collectivité peut développer de nouveaux services sans avoir à déployer un réseau supplémentaire, ou tout simplement les vendre”, remarque Timothée David. Pourquoi ne pas imaginer que demain la réservation et le paiement de places de stationnement se fassent par ce biais ? Sans parler de la verbalisation à distance, sans déplacer aucun policier municipal. Voilà qui laisse augurer un surplus de recettes…

50 À 70 % D’ÉCONOMIES ET DES SERVICES EN PLUS

DU WIFI AU LIFI

Ce n’est pas de la fiction. Citelum, la filiale d’EDF spécialisée dans la lumière “intelligente”, a déployé à Toulouse le parking intelligent via les lampadaires. À Calais, en stationnant, on peut recharger sa voiture ou son vélo électrique. À Albuquerque, aux États-Unis, c’est une aide à la détection des véhicules volés par lecture de plaque minéralogique que l’entreprise a mise en place. “Nous apportons des réponses à des projets à travers la technologie, pas l’inverse, insiste Carmen Munoz, la directrice générale de Citelum. La smart city par l’éclairage est une opportunité, mais il faut un business model. Là où le simple passage à la led permet 30 % d’économie, les entreprises qui maîtrisent la technologie peuvent faire monter ce chiffre entre 50 et 70 % pour moderniser les infrastructures en adjoignant d’autres services avec un pilotage intelligent. C’est-à-dire générer des économies et des recettes supplémentaires plutôt que de lever l’impôt pour financer cet investissement.” L’exemple français le plus poussé se trouve à Dijon. Après deux ans de travail en amont, les 24 communes de l’agglomération vont disposer d’un poste de pilotage unique pour optimiser l’éclairage, la circulation, la sécurité, la propreté, connaître la météo ou la qualité de l’air et donner de l’information. Au cœur du dispositif, outre la vidéosurveillance, les 34 000 points lumineux. “On peut par exemple modifier les feux tricolores en cas d’accident pour donner la priorité aux secours, souligne Carmen Munoz, dont l’entreprise fait partie du groupement lauréat à Dijon. À Copenhague, on gère le trafic à partir des données de pollution, pour la limiter.”

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À côté des reproductions de photos de Yann Arthus-Bertrand savamment éclairées, les abat-jour donnent un côté “petit salon intime” à la rue de l’Annonciade.

© Pierre-Antoine Pluquet

GÉRER LE STATIONNEMENT AVEC LES LAMPADAIRES

Interpréter les flux de circulation peut également permettre d’anticiper les bouchons. Ce qui vaut pour les voitures s’applique aux piétons, pour gérer la sécurité de déplacements de masse – la Fête des lumières, par exemple – à travers l’éclairage public. On peut aussi imaginer détecter les passants pour leur donner la priorité et sécuriser leur traversée en rendant visible le passage piéton, installer une caméra intégrant l’intelligence artificielle pour pointer les situations anormales, relever les bruits pour limiter (sanctionner ?) les nuisances sonores dans l’espace public… “On ne va pas mettre le même algorithme s’il s’agit de lutter contre les motos pétaradantes – par exemple avec de la vidéoverbalisation – ou contre les nuisances générées par les clients des cafés. Là, un message lumineux suffit généralement, explique la directrice. Mais il va également y avoir des applications qu’on n’a pas encore imaginées et c’est bien le but.” Timothée David relève aussi la possibilité de passer du wifi au “lifi”. L’information serait transmise par les ondes lumineuses sur le téléphone portable dans des zones où vous ne captez pas la 4G, par exemple. “Il s’agirait d’un transfert bidirectionnel puisque vous pourriez également informer, via le candélabre, que ce lampadaire est abîmé ou qu’il y a un accident à proximité.” Pour Carmen Munoz, à peu près tout est possible aujourd’hui. “La limite n’est pas technologique. Elle est financière – il faut donc trouver le bon business model – et réglementaire. En Chine, contrairement à l’Europe, il n’y a par exemple aucune limite pour la reconnaissance faciale dans l’espace public.”

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L’âge de raison

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e l’Unesco Le 5 décembre, Lyon célébrera officiellement le vingtième anniversaire de son inscription au patrimoine mondial de l’humanité. Si cette reconnaissance de la “valeur universelle exceptionnelle” du site historique de la ville a pour but de le faire connaître et de le protéger, son appropriation n’est pas pour autant aisée. Deux décennies après, les mentalités ont changé. Que ce soit chez les visiteurs étrangers ou chez les Lyonnais.

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Dossier réalisé par Alexandre Buisine

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n 2008, la célébration des dix ans de l’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco était tombée à plat, reconnaît sans fard Denis Eyraud. Mais, aujourd’hui, on sent que les mentalités ont évolué.” L’architecte, à qui l’on doit notamment la réhabilitation du palais de justice historique de Lyon, se situe aux premières loges pour constater ce changement. En 1995, il prési-

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dait l’association Renaissance du Vieux-Lyon lorsque cette idée d’inscription fut soumise à Raymond Barre. Denis Eyraud fit ainsi partie du trio qui porta le projet, avec son instigateur, Régis Neyret, et Didier Repellin, l’architecte en chef des monuments historiques. Dire que cette reconnaissance internationale n’a pas suscité, dès l’origine, une ferveur débordante relève de l’euphémisme. La candidature au patrimoine mondial de l’Unesco possède cette parti-

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cularité de devoir être présentée par les États. Dans une approche très lyonnaise, le dossier de la ville a été préparé par la municipalité sous la férule de personnalités de la société civile, en vue d’être remis “clé en main” au ministère de la Culture. Même si, à l’époque, on ne refusait rien à Raymond Barre, l’État décida de présenter parallèlement la candidature de Provins. Les spécialistes estimant, à tort, que la petite cité médiévale avait plus de chances d’être re-

connue que la capitale des Gaules. Régis Neyret narre ces péripéties dans l’ouvrage que lui a consacré Laurence Jaillard1 avant de pester contre la discrétion – toute lyonnaise, là encore – qui accompagna cette inscription au patrimoine de l’humanité et l’inauguration de la plaque la matérialisant.

DE LUGDUNUM À HAUSSMANN Certes, Lyon n’héberge ni la pyramide de Khéops, ni les temples d’Abou Simbel ou de Katmandou, ni le Colisée romain. Ceci explique pour une part le regard longtemps porté sur la ville par ses habitants. À défaut de chef-d’œuvre universel, il s’agit donc de comprendre ce qui est inscrit au patrimoine mondial afin de se l’approprier. Cela ne va pas forcément de soi, convenons-en. Contrairement au raccourci souvent fait, ce n’est pas (uniquement) le VieuxLyon qui vaut cette reconnaissance, mais les 478 hectares du site historique de la ville, à l’intérieur des anciens remparts. Il s’étend de la basilique d’Ainay au boulevard de la Croix-Rousse et de

Le périmètre inscrit La “zone tampon” (en rouge) enserre et préserve les 478 hectares inscrits au patrimoine mondial de l’humanité (en jaune). L’extension de la ville sur la rive gauche du Rhône, qui a moins de deux siècles, est trop récente à l’échelle de l’histoire de Lyon pour être englobée dans la partie inscrite.

© Pierre-Antoine Pluquet

Place des Terreaux Pour Denis Eyraud, ce presque face-à-face entre l’hôtel de ville et l’actuel musée des Beaux-Arts symbolise la position de carrefour européen occupée par Lyon. D’un côté, un remarquable édifice surmonté d’un beffroi typique de la Flandre et du nord de l’Europe. De l’autre, prenant la suite d’un monastère plus ancien, l’abbaye royale des Dames de Saint-Pierre. Sa façade monumentale, digne d’un palais italien, a été reconstruite au XVIIe… pour offrir un égal éclat à celui du tout nouvel hôtel de ville. Après la Révolution, le bâtiment accueillera la bourse du commerce et le musée des Beaux-Arts – qui reste aujourd’hui le seul occupant – mais aussi les facultés de sciences et de lettres.

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Fourvière au Rhône, avec une petite excroissance au niveau de Saint-Just. “Il ne s’agit pas d’une cité historique mais d’un site historique et exceptionnel, au confluent du Rhône et de la Saône, avec deux collines, qui a connu une destinée exceptionnelle”, détaille Denis Eyraud. Et ce sont bien les multiples traces de la permanence de cette implantation urbaine, “témoin de l’activité d’une cité occidentale commerciale qui n’a jamais cessé de vivre durant plus de deux mille ans”, qui valent à Lyon cette reconnaissance universelle. De Lugdunum aux constructions haussmanniennes de la Presqu’île en passant par la ville Renaissance et la Fabrique des canuts sur les pentes de la Croix-Rousse, il est extrêmement rare de voir ainsi une cité évoluer sur deux millénaires. Après Porto en 1996, Lyon symbolise une nouvelle ère dans les travaux de l’Unesco, avec la notion de “territoire patrimonial habité et vivant”, préfigurant la reconnaissance d’un patrimoine immatériel, qui viendra par la suite.

UNE VILLE VIVANTE ET UN CENTRE MOUVANT Cette pérennité urbaine n’est certes pas unique. Lyon possède toutefois quelques particularités. Première d’entre elles : “Au fil des siècles, le centre de la ville s’est déplacé du haut de la colline de Fourvière aux bords de Saône puis à la presqu’île”, explique l’architecte. Là où d’autres cités se reconstruisaient sur elles-mêmes, Lyon a limité les destructions des traces du passé et permis “une continuité visible dans les pierres, avec un bâti réutilisé”. De l’Hôtel-Dieu au fort Saint-Jean en passant par le temple du Change, le Grenier d’abondance ou les Subsistances, c’est bien cette capacité à faire évoluer les usages pour préserver les constructions que souligne Denis Eyraud. Le meilleur de chaque époque a-t-il été préservé ? “Pour que ce soit le cas, il aurait fallu s’arrêter de vivre”, répond-il. Et de citer la ville-musée de Sienne, inscrite au

Hôtel-Dieu Dernier exemple en date de reconversion d’un bâtiment emblématique : l’Hôtel-Dieu. “C’est une des rares façades tournées vers le fleuve, rappelle Denis Eyraud. Elle était destinée à montrer aux étrangers arrivant de l’autre côté du Rhône la puissance de Lyon.” Le passage de l’hôpital aux commerces a permis de lancer une réhabilitation colossale, donnant une nouvelle vie à ce qui est souvent considéré comme le plus monumental des palais lyonnais.

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patrimoine mondial justement parce qu’elle a conservé son aspect gothique acquis entre les XIIe et XVe siècles. On ne peut pas à la fois être figé et témoigner d’une évolution urbaine…

UN ENSEMBLE DEUX FOIS MILLÉNAIRE COHÉRENT

1. Régis Neyret et Lyon – Un humaniste engagé dans sa ville, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, 2013.

© Pierre-Antoine Pluquet

C’est là où Lyon, regardé depuis l’esplanade de Fourvière, donne à voir une autre particularité. “Cette évolution de la cité sur deux mille ans devrait offrir des éléments disparates. Or, il y a des ressemblances, note Denis Eyraud. L’ensemble n’est pas homogène mais cohérent. Car, dès l’origine, on a construit haut et en pierre. Lyon n’avait pas de provinces – donc pas de bois à disposition – mais une extraordinaire carrière offerte par les édifices romains. On constate ainsi que les immeubles haussmanniens du XIXe, s’ils sont différents, ne dépassent pas les autres.” Autre facteur de cohérence, le fait d’avoir

construit un tissu urbain très dense. “Le bâti était tellement serré que, lorsqu’il s’est agi de faire plus haut, au XXe siècle, les nouvelles constructions ont vu le jour à l’extérieur des remparts. Ainsi, rien ne vient brouiller le message sur le site historique.” Il y a vingt ans, cette proposition d’inscription avait pour objectif d’obtenir à la fois une reconnaissance internationale et un changement du regard des habitants sur leur ville. “Nous avions aussi une visée touristique, ajoute Denis Eyraud. Pour choisir une destination, les gens consultent notamment la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. À l’époque, il n’y avait aucun emplacement pour les cars de tourisme, aujourd’hui Lyon les accueille par bateaux entiers. Cela montre à quel point le regard sur la ville a changé. L’automobile puis la chimie ont été moteurs dans notre activité économique à une époque, aujourd’hui c’est le tourisme et les congrès.”

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Grenier d’Abondance et fort Saint-Jean Construit entre 1722 et 1727 pour stocker du blé en cas de disette, le Grenier d’Abondance passa aux mains de l’armée durant la seconde moitié du XVIIIe. Il fut successivement magasin d’artillerie, arsenal, puis caserne. La gendarmerie déserta les lieux en 1987. Après réhabilitation, la direction régionale des affaires culturelles s’y est installée en 1993. L’édifice est surplombé par le fort Saint-Jean, dont les murailles datant du XVIe furent complétées par de nouveaux bâtiments à partir de 1834. Occupé par le service de santé puis par le service vétérinaire des armées, sa restauration complète a permis d’y installer l’École nationale des finances publiques en 2004.

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Photos © Pierre-Antoine Pluquet

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“Le premier défi, c’est l’entretien du patrimoine”

Les Lyonnais se sont-ils approprié cette inscription au patrimoine mondial ?

Le périmètre inscrit, vu du Sud. Cohérent malgré le mélange des époques, le voir d’en haut fait ressortir les éléments remarquables comme la primatiale Saint-Jean, l’Hôtel-Dieu, la basilique de Fourvière, l’hôtel de ville, l’opéra ou les églises Saint-Georges et Saint-Nizier.

Je crois qu’ils se sont emparés du sujet. Nous avons choisi de célébrer ce vingtième anniversaire durant toute l’année, par capillarité, et chaque événement a eu un réel succès. Les balades urbaines, l’exposition au musée Gadagne, les “portraits de ville” visibles jusqu’au 27 novembre place Antonin-Poncet – pour lesquels le jury a reçu plusieurs centaines de photos à examiner… Pour le quinzième anniversaire, un colloque scientifique un peu fermé avait été organisé. Là, nous voulions revenir au fait que cette inscription au patrimoine mondial était partie de la mobilisation de citoyens. L’autre indice de cette reconnaissance, c’est l’augmentation du tourisme.

lièrement le Vieux-Lyon, demeure vivant, avec une population d’habitants. Nous développons d’ailleurs une politique d’installation de logements sociaux dans ces bâtiments extraordinaires. Pas question de figer le secteur. Pour faciliter la cohabitation entre résidents et touristes, il s’agit déjà de montrer qu’il n’y a pas que la rue Saint-Jean, mais également les quartiers Saint-Georges et Saint-Paul, qui sont tout aussi intéressants. Et, au-delà, la Presqu’île et les pentes de la Croix-Rousse avec les traboules. Fourvière marche bien, car c’est visible et les visiteurs y montent naturellement pour la vue. Nous effectuons un travail de fond avec l’office du tourisme sur les visites guidées ou les balades urbaines pour “désengorger” Saint-Jean. Mais les guides papier ou sur Internet conseillent d’abord le Vieux-Lyon à ceux qui passent deux ou trois jours dans la ville. Nous ne pouvons rien imposer, on demeure donc dans le domaine de la conviction…

“Faciliter la cohabitation entre résidents et touristes”

Comment se concilie-t-il avec la vie quotidienne ? C’est un enjeu majeur. Nous souhaitons que le site inscrit, plus particu-

Quels sont les autres défis des vingt ans à venir ? Le premier, c’est l’entretien du patrimoine. Il faut éviter d e retomber dans les travers du passé. J’étais très frappé en revoyant le film L’horloger de Saint-Paul, qui date de 1974. Les façades de Lyon étaient d’une noirceur et d’une tristesse… Nous avons parcouru du chemin ! Tout un travail en amont existe pour le patrimoine privé  : charte d’entretien, charte pour les cours-traboules avec un soutien de la Ville

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DR

Jean-Dominique Durand, l’adjoint lyonnais au patrimoine, détaille les enjeux de cette inscription pour les décennies à venir.

contre l’ouverture au public, charte pour limiter les nuisances sonores nocturnes… Il s’agit également de veiller à la reconversion des bâtiments qui ne servent plus. Je pense au projet pour l’église Saint-Bernard, ou à ceux dans le secteur de l’ancienne école des beaux-arts et de l’église du Bon-Pasteur. La qualité des commerces est une autre préoccupation, notamment rue Saint-Jean. Là encore, nous sommes dans le domaine privé, nous ne pouvons jouer que sur les façades, les vitrines… Il y a une sorte de partage entre une rue du Bœuf qualitative et une rue Saint-Jean avec des commerces à touristes.

Existe-t-il un risque de muséification du Vieux-Lyon ? Je ne le perçois pas. Les écoles primaires fonctionnent bien, ce qui est un signe de la présence de familles. Il y a en revanche un autre risque, les BnB. Nous avons voté des règles limitant le nombre de jours de location afin d’éviter, par exemple, l’achat d’immeubles entiers pour les transformer en appartements dont l’occupation serait limitée. C’est à la fois de la concurrence déloyale visà-vis des hôteliers et le risque de vider un quartier de sa substance.

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Temple du Change Si nombre d’édifices religieux lyonnais ont été sécularisés, l’inverse peut aussi exister. La première loge du Change fut construite au XVIIe pour accueillir le commerce et les monnayeurs. Elle a pris l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui suite à un agrandissement, un siècle plus tard. En 1803, dans le cadre du Concordat, elle a été confiée à la communauté protestante, pour devenir le temple du Change.

Subsistances

Photos © Pierre-Antoine Pluquet

Avant de devenir un lieu de création artistique à l’aube du XXIe siècle, les Subsistances ont successivement accueilli le couvent Notre-Damedes-Chaînes (au XVIIe) et, après la Révolution, les stocks de vivres de l’armée. D’où leur nom. L’école nationale des beaux-arts s’y est installée en 2007.

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Urbanisme

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Saint-Nizier L’église Saint-Nizier est un autre symbole à la fois de la transformation et de la pérennité du patrimoine lyonnais. “On est venu plaquer au XIXe siècle sur une architecture gothique un portail Renaissance, explique Denis Eyraud. La flèche de gauche, en brique, est d’origine tandis que la seconde, élevée quatre siècles plus tard, est plus gothique que gothique. L’ensemble offre malgré tout une très belle unité.”

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PROMOTEUR DE RÉUSSITE IMMOBILIÈRE Filiale de la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, la Financière Immobilière Deruelle apporte son expertise et accompagne en fonds propres les projets des professionnels de l’immobilier.

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Saint-Étienne innove POUR A

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Depuis plus de dix ans, la ville se métamorphose, sous la férule de l’Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne (EPASE). Deux quartiers symbolisent ce renouveau : Châteaucreux, autour de la gare TGV, et Manufacture-Plaine Achille, haut lieu des industries créatives.

l existe encore beaucoup d’idées reçues sur Saint-Étienne. Pourtant, depuis plus d’une décennie, la ville se transforme en profondeur et les projets innovants ne manquent pas. À l’origine, un outil de mutation urbaine et économique à la fois puissant et exceptionnel : l’Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne (EPASE), créé en 2007. Très peu d’établissements comme celui-ci existent dans l’Hexagone pour développer des territoires présentant un caractère d’intérêt national. Si l’État s’en donne les moyens en portant 50 % de l’investissement public, il n’y a pas pour autant de volonté centralisatrice. Présidé par le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, l’EPASE met au contraire en œuvre une dynamique partenariale en réunissant dans son tour de table, outre l’État (50 %) et la Ville (20 %), Saint-Étienne Métropole (10 %), le département de la Loire (10 %) et le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes (10 %). 220 millions d’euros d’argent public ont ainsi été investis dans le cadre des contrats de plan ÉtatRégion (CPER). Chiffre qu’il faut multiplier par deux pour avoir les investissements totaux, avec l’effet de levier engendré. Le périmètre d’intervention de l’EPASE s’étend sur 970 hectares dans le quart nord-est de Saint-Étienne, où l’on trouve notamment le centre-ville. Cinq projets opérationnels, dont quatre zones d’aménagement concerté (Zac), sont ainsi menés de front dans les quartiers Châteaucreux, Manufacture-Plaine Achille, Pont de l’ÂneMonthieu, Jacquard et Saint-Roch. Réhabilitation ou construction de logements, développement d’une offre tertiaire et d’un écosystème singulier et attractif, réaménagement des espaces publics et des espaces verts, projets urbanistiques et architecturaux innovants : tout est mis en œuvre pour accélérer la mutation de la ville en lui impulsant une nouvelle dynamique. À la fois aménageur, promoteur, commercialisateur, développeur et gestionnaire, l’EPASE est un outil public souple et réactif. Contrairement, là encore, aux idées reçues.

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Les locaux de la Comédie de Saint-Étienne (photo de tête), le futur Centre des savoirs pour l’innovation (ci-dessus) et les bureaux passifs développés dans le quartier créatif Manufacture (ci-dessous). À gauche, le Village by CA, le Mixeur et la Grande usine créative.

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R ATTIRER Manufacture-Plaine Achille LA CRÉATIVITÉ AU POUVOIR

Sur 107 hectares, le quartier offre tout un écosystème favorisant l’innovation. En mixant entrepreneuriat et R&D, il illustre la transformation économique de Saint-Étienne.

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appuyer sur l’existant pour se projeter dans l’avenir. C’est ce qui a guidé l’EPASE dans la transformation du quartier. L’existant, c’était l’historique Manufacture d’armes de Saint-Étienne et ses bâtiments datant du XIXe siècle, mais également la Cité du design, installée sur le site en 2009. Fort de cet ancrage mêlant enseignement supérieur, innovation et développement économique, “nous avons mené de front la réflexion autour de l’aménagement urbain et de ce qui constitue un quartier créatif, c’est-à-dire du parcours des créateurs et des différentes étapes leur permettant d’innover et de se développer”, explique Agnès Perez, directrice commerciale de l’EPASE. Pour porter les projets en effectuant de la promotion immobilière, l’établissement public a créé une foncière avec la Caisse des dépôts et consignations, la SCI Manufacture de Saint- Étienne. Symbole d’une économie de moyens basée sur le réemploi de l’existant, l’Imprimerie a été le premier bâtiment

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réhabilité, par l’architecte Alexandre Chemetoff. Dans cet ensemble de 6 300 m2 facilement modulables, on trouve le Mixeur, à la fois pépinière d’entreprises et tiers lieu pour les créateurs et les innovateurs. Ses occupants sont installés aux côtés d’entreprises “classiques”, comme le groupe Altavia, spécialiste de la communication commerciale, et… d’une crèche. Faire coexister différentes fonctions, l’EPASE entend déployer cette logique à l’échelle du quartier, entre la reconversion de l’ancienne Manufacture d’armes et la requalification de la Plaine Achille. 10 000 m2 restent à réhabiliter sur le site de la Manufacture.

La Comédie de Saint-Étienne a regroupé sur place l’an passé le centre dramatique national et son école de théâtre. Deux salles de spectacles, une de répétition et un restaurant occupent une ancienne friche industrielle. Et les projets ne manquent pas. À proximité, en autopromotion, 4 500 m2 de bureaux passifs sont en cours de réalisation. En 2020, l’arrivée du Centre des savoirs pour l’innovation porté par l’université Jean-Monnet marquera la volonté de la faculté de sciences de s’ouvrir au monde économique. Passerelle entre étudiants, enseignants, chercheurs, entreprises et grand public, il proposera notamment un incubateur et un e-learning center dans le cadre d’un programme de 5 000 m2.

CRÉATION D’UN CENTRE DES SAVOIRS POUR L’INNOVATION Dans un système vertueux, l’argent généré par cette première opération a permis d’investir dans une seconde. Le bâtiment voisin, anciennement Grande Usine de Mécanique, est devenu la Grande Usine Créative. Sur 2 500 m2 modulables et flexibles se trouvent des espaces partagés (coworking, salles de réunion ou de convivialité) mais aussi un hôtel d’entreprises de la Frenchtech Saint-Étienne porté par la Métropole qui accueille les jeunes pousses au sortir de la pépinière et le Village by CA, un accélérateur de développement des start-up stéphanoises installé par le Crédit Agricole. Le bâtiment est aujourd’hui commercialisé à 95 %, ce qui va permettre à la SCI d’investir dans de nouvelles opérations. Outre un groupe scolaire et des logements, la culture est également au rendez-vous.

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Châteaucreux UN QUARTIER D’AFFAIRES À VIVRE AUTOUR DE LA GARE TGV Depuis plus de dix ans, la ville se métamorphose, sous la férule de l’Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne (EPASE). Deux quartiers symbolisent ce renouveau : Châteaucreux, autour de la gare TGV, et Manufacture-Plaine Achille, haut lieu des industries créatives.

S

ur cette zone d’aménagement concerté de 60 hectares, sont prévus – d’ici à 2020 – 200 000 m2 de bureaux et services, 160 000 m2 de logements et 40 000 m2 de nouveaux espaces publics. Casino a donné le signal de départ. Le groupe de distribution stéphanois a inauguré en 2007 son nouveau siège mondial face à la gare TGV de Châteaucreux, rassemblant dans un même bâtiment les deux mille salariés jusque-là disséminés. Desservi par le tramway, qui va être prolongé au nord de la gare, le quartier d’entrepôts entame alors sa mue en quartier d’affaires.

LE “SERPENT AZTÈQUE” DE LA CITÉ GRÜNER S’ensuit la cité Grüner (Luminis) conçue par l’architecte Manuelle Gautrand pour Altarea Cogedim. Avec trois faces vitrées et une quatrième jaune, le bâtiment se déploie tel un serpent aztèque dans une architecture contemporaine remarquable. Lorsqu’il ne touche plus terre, Luminis forme soit de grandes portes, soit de vastes porte-à-faux donnant sur une rue intérieure. Livrés en 2010, les 27 000 m2 de bureaux accueillent notamment Saint-Étienne Métropole et plusieurs administrations.

Afin d’asseoir la volonté de transformation de la ville en attirant à la fois de nouveaux investisseurs privés et les opérateurs immobiliers nationaux, l’EPASE entend continuer à développer les atouts du quartier. Après avoir repensé l’offre tertiaire, place à l’urbain ! “Nous souhaitons proposer un cadre agréable aux entreprises, explique Agnès Perez, la directrice commerciale de l’EPASE. C’est-à-dire à la fois un quartier d’affaires à proximité immédiate de la gare TGV, qui met Saint-Étienne à quarante minutes de Lyon et à 2h40 de Paris, et un quartier à vivre.” Parmi les ménages que la ville souhaite attirer pour habiter à Châteaucreux, les couples

Avec des façades en tôle d’aluminium aux tons brique, les bâtiments de l’îlot PosteWeiss rappellent les couleurs de la gare de Châteaucreux.

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La structure et l’ossaTure de Pop Up seront en bois.

bi-actifs, c’est-à-dire dont l’un des conjoints travaille dans l’agglomération stéphanoise et l’autre à Lyon. Avec des prix à la location entre 140 et 150 euros du mètre carré et à l’achat entre 1 900 et 2 200 euros du mètre carré pour les bureaux, le quartier demeure attractif pour les entreprises. Les programmes de logements nouveaux se louent et se vendent également très bien dans le quartier.

L’ARCHITECTURE EN MOUVEMENT DE L’ÎLOT POSTE-WEISS Après Cap City (logements), Horizon (commerces et bureaux), White [Carbon] (bureaux, logements, commerces) et Auxilium (bureaux), trois nouveaux projets vont faire parler d’eux. L’îlot Poste-Weiss, porté par Vinci Immobilier et le groupe Cardinal, se situe face au pôle multimodal. Il répond au bâtiment historique de la gare avec des façades en tôle d’aluminium aux tons brique. Les formes originales des constructions dessinées par les architectes Emmanuel Combarel et Dominique Marrec, notamment un porte-à-faux, vont immédiatement montrer au nouvel arrivant à quel point Saint-Étienne est devenu la cité du design. L’ensemble de 31 000 m2 comprendra des bureaux, des logements, des commerces et deux hôtels. 4 000 m2 de bureaux restent à commercialiser. La livraison, en deux phases, s’effectue entre cette année et 2019.

POP UP, UN IMMEUBLE EN BOIS… FLEXIBLE C’est un symbole à plus d’un titre. Rotule entre le logement et les affaires, l’immeuble Pop Up va permettre le développement de la partie nord du projet avec l’ouverture vers le nord de la gare et le prolongement du tramway en direction du quartier Manufacture-Plaine Achille. Une extension qui devrait générer une offre supplémentaire de 80 000 m2 de bureaux et 60 000 m2 de logements autour de 20 000 m2 d’espaces publics. Pop Up, porté par GCC Immobilier, est également lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par AdivBois, l’Association pour le développement des immeubles à vivre en bois. Soit un bâtiment de 28 mètres de haut à structure et ossature bois. “Il va à la fois nous falloir faire progresser la réglementation, qui n’est pas adaptée à ce type d’ouvrages, et mettre au point des techniques n’existant pas aujourd’hui en France, détaille Michel Perroud, directeur régional de GCC Immobilier. C’est un bel exercice technique et, je pense, un bel objet. Nous prévoyons une livraison en 2022.” L’aspect développement durable ne se limite pas au matériau de structure, qui promeut

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la filière bois locale. Ce sont également des designers locaux qui vont concevoir le mobilier dédié au bâtiment. Mêlant bureaux, logements et commerces, avec la volonté d’habiter et de travailler autrement, Pop Up sera surtout réversible. C’est-à-dire que la répartition entre bureaux et logements pourra varier en fonction de la demande. Cette flexibilité est un gage de pérennité pour ce futur immeuble signal de l’écoquartier. “Nous devons être dans l’innovation pour apporter une plus-value aux habitants et demeurer attractifs, assure Agnès Perez. Nous allons vers plus de qualité afin de se distinguer.”

UN IMMEUBLE SANS CHARGES À PAYER Autre projet innovant en vue, la tour “zéro charges” que prévoit de construire Elithis à

l’horizon 2021. Ce bureau d’études précurseur en matière de bâtiments à énergie positive va ériger à Saint-Étienne son deuxième immeuble de belle hauteur (après Strasbourg) dont les habitants ne paieront rien d’autre que le loyer. “La tour aura à la fois une conception compacte avec un maximum de rationalisation, une enveloppe très performante et des sources d’énergie renouvelables comme le photovoltaïque, détaille le directeur d’exploitation de l’entreprise, Xavier Dubearn. Son montage est également innovant : ce sera un produit investisseur, dans lequel nous offrirons de la location de standing adaptée aux modes de vie des néo-urbains.” Outre des commerces en pied d’immeuble, cette tour de 60 mètres de haut doit accueillir deux étages de bureaux et une soixantaine de logements “bio”. C’est-à-dire, là encore, flexibles dans leurs usages. ●

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Immobilier

Bureaux Les plus gr To-Lyon, Silex2, Urban Garden, Jardins du Lou, le Grand Parilly et le nouveau siège du Crédit Agricole sont les plus gros chantiers tertiaires de l’année à venir. Dossier réalisé par Fabien Fournier

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ecord battu. Pour la première fois de son histoire, le marché lyonnais va dépasser les 300 000 m2 de demande placée (locations et transactions). La dynamique du tissu entrepreneurial lyonnais, qui tient à sa force endogène mais aussi à de nouvelles implantations, a poussé l’ensemble des segments de marché, des petites aux grandes opérations. 49 signatures de plus de 1 000 m2 ont été comptabilisées au 30 septembre, dont huit de plus de 5 000 m2. 627 millions d’euros avaient alors été investis dans notre agglomération. Tous ces deals contribueront à lancer les chantiers de demain et à faire l’urbanisme d’après-demain. En 2019, la Part-Dieu va s’engager dans la construction de Silex2 (30 700 m2) et To-Lyon (80 000 m2) après une année où les travaux préparatoires ont été réalisés. Ce sont des opérations exceptionnelles comme la ville avait l’habitude d’en connaître une par décennie. Gerland et le Carré de Soie vont faire mieux que résister, avec Urban Garden (28 000 m2), les Jardins du Lou (28 2000 m2) et Brickwall (15 000 m2) pour le premier, Organdi (14 400 m2) et peut-être Greenstyle (25 000 m2) pour le second. Ces deux quartiers vont accueillir plus de projets que la Confluence. D’autres secteurs tirent bien leur épingle du jeu. C’est l’heure du Grand Parilly, avec l’inauguration en 2019 des magasins Ikea et Leroy Merlin. Décines surfe sur le développement du Groupama Stadium, continuant à remplir son parc tertiaire. Mais l’entrée ouest de la commune est également en mutation, avec le multipôle. Villeurbanne connaît aussi une opération majeure avec Parkview (22 000 m2), tout comme Champagne avec le nouveau siège du Crédit Agricole (29 000 m2). La preuve que la métropole connaît bien un développement multipolaire.

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gros projets de 2019

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Immobilier

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À l’inverse de la tour UAP, qui a été rasée pour bâtir Incity, le parti pris a été ici de restructurer l’ancienne tour EDF et de lui adjoindre une extension neuve pour agrandir ses plateaux intérieurs. Le désamiantage et le curage de l’ancien bâtiment

ont été terminés en juillet et les deux premiers niveaux de l’ancien restaurant et d’un parking en silo ont été récemment purgés. À partir de décembre, sera lancée la construction du bâtiment en L qui enserrera la tour EDF. En mai 2019, l’ossature métallique de la nouvelle émergence, qui vient s’adosser à la tour, pourra commencer. La flèche qui coiffera l’ensemble devrait être posée début 2020. Porté par Co-

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vivio (ex-Foncière des Régions) et les ACM, Silex2 est dessiné par Má Architectes et Arte Charpentier (ce dernier ayant réalisé Oxygène).

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Avant d’ériger la plus haute tour de Lyon (43 étages, 170 mètres de hauteur), Vinci Immobilier acquiert les fonciers un par un, procédant au désamiantage et aux démolitions. C’est quasi chose faite pour l’Orient, à droite du hall de la gare. Les hôtels subiront pareil traitement. En juin 2019, on devrait ainsi trouver une béance au sud de la place Charles-Béraudier. C’est le prélude au lancement de la construction du programme tertiaire imaginé par Dominique Perrault. À ce jour, EDF a réservé pour 15 000 m2 de la tour, du 6e au 15e étage, tandis qu’un coworking s’est récemment engagé sur 10 000 m2 (huit niveaux). Sera aussi bâti un hôtel et le parking souterrain de la place Charles-Béraudier (près de 1 100 places automobiles).

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C.C. PART-DIEU

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poteaux et escalators, éclairage, plafond). Des interventions qui auront lieu principalement de nuit. Enfin, la réfection de la façade sera lancée en avril. La boîte exhibera une teinte plus claire. Le projet est signé par le cabinet néerlandais MVRDV.

Le chantier de la reconfiguration du centre commercial va vraiment battre son plein en 2019. Les travaux d’extension du complexe ont déjà commencé, à la place de l’ancien parking 3000, à proximité du Crayon. Le gros œuvre du nouveau bâtiment sera terminé fin octobre 2019. Il accueillera une nouvelle entrée ouest (côté rue Garibaldi), un mail premium d’une quinzaine de boutiques positionnées haut de gamme, un food hall comprenant une vingtaine de comptoirs et le cinéma UGC (18 salles) relocalisé sur le toit. À partir de janvier, l’étanchéité de la toiture sera d’ailleurs reprise. Le centre commercial va bénéficier dès mars d’un relooking des espaces intérieurs (sol, rhabillage des

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TO-LYON

© Pierre-Antoine Pluquet

SIÈGE D’ORANGE

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Le vieux Lacassagne, bâtiment en briques bâti en 1972 (avant la gare, le Crayon et le centre commercial) fait peau neuve à la Part-Dieu. Celui qui hébergeait les serveurs téléphoniques de France Télécom va se voir adjoindre deux bâtiments neufs de part et d’autre, l’ensemble étant relié en rez-de-chaussée. Le projet est signé Hubert Godet et Hardel&Le Bihan et réalisé par Pitch Promotion. Les deux nouveaux édifices, dont la construction a déjà bien commencé, disposeront de toitures végétalisées, en pente. Leur gros œuvre sera terminé au printemps 2019. La livraison est attendue pour janvier 2020.

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Immobilier

CONFLUENCE 1

La Cité de la lumière sera un des bâtiments emblématiques du quai Perrache après la reconfiguration de l’autoroute en boulevard urbain. Pensé par l’architecte Samuel Delmas (a+) et réalisé par Cardinal, il devrait être immanquable de nuit, avec un attique qui agira “comme une lanterne”. Le bâtiment de huit étages (5 800 m2) renfermera des bureaux, des coworkings, des laboratoires d’essai et des espaces d’exposition. Il contiendra aussi un workcafé au rez-de-chaussée et un rooftop. Les espaces intérieurs se singularisent par des jeux de transparence, des doubles hauteurs et des plafonds en bois. Chaque étage disposera de loggias, patios ou terrasses. Les travaux vont démarrer mi-2019.

© Karol Borkowski

LUMEN

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Cette ancienne chaudronnerie érigée en 1856 est en passe de devenir le lieu totem de la French Tech. Entre 60 et 70 start-up intervenant notamment dans le numérique vont l’investir à partir d’avril 2019. Bientôt propriété de la Métropole, le bâtiment a été remodelé par le cabinet Vurpas, qui a pensé un grand hall d’exposition et des espaces de coworking. (lire aussi p. 18)

SOLLYS ET WORK #1 DR

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À la Confluence, les nouvelles constructions vont bientôt rattraper le quai Perrache. Parmi elles, des programmes ter-

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tiaires lancés par Bouygues (Sollys). Il s’agit de six étages de la tour mixte et d’un bâtiment de trois étages à ses pieds, le long de la rue Casimir-Périer, et d’un bâtiment de six étages le long du quai Perrache, conçus par le cabinet Aires Mateus. Ce dernier sera lancé au 3e trimestre 2019. À ses côtés, Linkcity va ériger un immeuble réversible, Work  #1 (à gauche sur l’image), des bureaux qui pourront devenir logements à moindres frais. Pour anticiper cette évolution qui pourrait survenir après la transformation de l’autoroute en boulevard urbain, le promoteur a prévu des balcons filants à tous les étages, des menuiseries extérieures de belle hauteur et un faux plancher de 50  centimètres à l’intérieur duquel passent sans contrainte tous les réseaux. Cet immeuble de huit étages, projeté par David Chipperfield, devrait être lancé au printemps 2019 et livré fin 2020. Le parking public est situé au-dessous.

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Immobilier

GERLAND 1

EKLAA

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Ce programme, piloté par Sogelym, a été lancé en blanc (pas de réservation) en octobre, sur l’ancien site de Technip. Ce bâtiment de 11 000 m2 s’élève sur six étages et dispose de larges terrasses. L’ensemble est dessiné par AFAA. À noter qu’il est climatisé par géothermie avec une trentaine de sondes sèches qui s’enfoncent à près de 200  mètres dans le sol. Le gros œuvre devrait être terminé au premier trimestre 2019 et le bâtiment livré fin 2020.

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BRICKWALL

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C’est un bâtiment neuf qui semble pourtant imprégné de l’histoire industrielle du quartier. Sur l’avenue Jean-Jaurès, Brickwall, six étages, marquera l’entrée du quartier des Girondins. Le programme, piloté par le tandem 6e Sens Immobilier-DCB International comprend 15 000  m2 répartis en plateaux jusqu’à 2 000  m2 et une terrasse au 4e étage. Il est pensé par les agences TVK et Clément Vergély. Le programme dispose de 140 places de stationnement en sous-sol. Les travaux ont commencé en août et la livraison est prévue pour la fin 2020.

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LES JARDINS DU LOU

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© AIA Architectes

Déjà annoncé en 2018, Urban Garden devrait être lancé en 2019. Complexe de 28 000 m2 comprenant un bâtiment principal de 22 000 m2 en forme de H, il prend place sur l’ancien siège d’Aguettant. Selon son promoteur, Sogelym, il aura une physionomie de campus, perméable au parc de Gerland. Son socle est pensé comme “un village” avec coworking, restauration et quelques autres services. À l’heure où nous écrivons ces lignes, un utilisateur est pressenti pour occuper les trois quarts du programme, ce qui lancerait les travaux. Sa livraison est estimée à 2021. Urban Garden est signé par Valode&Pistre, le cabinet d’architectes de la tour Incity (également bâtie par Sogelym).

© Clément Vergeli

URBAN GARDEN

Entre le stade et l’avenue Tony-Garnier, l’ancienne piste d’athlétisme cède la place à un programme tertiaire de 28 000 m2 au total. L’architecte des Bâtiments de France a été soucieux de conserver des percées visuelles vers le monument sportif, validant six bâtiments aux hauteurs variables entre deux et quatre étages. 6e  Sens s’occupe de deux d’entre eux, d’une surface totale de 16 500 m2. Les travaux ont commencé en août pour une livraison prévisionnelle au 2e trimestre 2020. C’est à côté que sera bâti le siège de la Société Générale (AIA Architectes).

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CARRÉ DE SOIE 1

Deuxième terrain de jeu de Cardinal après la Confluence, le Carré de Soie accueille Organdi, un programme tertiaire qui sera livré en début d’année prochaine. Dessiné par Afaa, il prend la forme de deux bâtiments (R+3 et R+5) reliés par des passerelles. L’ensemble comprend 14 400 m2 de surface, avec des plateaux de 2 000 m2. En sous-sol, 180 places de stationnement. L’édifice, rafraîchi par géothermie, bénéficie du label Bepos. C’est la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens qui s’est portée acquéreur.

OPTEVEN

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À côté d’Organdi, Cardinal signe un 2 projet tertiaire pour le compte de l’entreprise Opteven. Conçu par l’atelier Dupont, ce programme compte deux bâtiments d’une surface totale de 7 650 m2, affichant une silhouette tout en courbes malgré la parcelle triangulaire. Les édifices suivent l’alignement des rues, mais font montre de plus de rone

© Jonathan Letoublon

ORGANDI

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deur au cœur de l’îlot végétalisé. À l’intérieur du bâti, on trouve une salle de sport, une cafétéria, des terrasses, un jardin potager au 4e étage. L’ensemble bénéficie d’une climatisation naturelle par géothermie. Les travaux vont commencer en juin 2019 pour le premier bâtiment, en décembre pour le second.

EASTWOOD

À côté du siège d’Adecco, au Carré de Soie, ce bâtiment de 7 000 m2 en ossature bois est une innovation. Il est dessiné par le tandem Bocabai-Fassio et construit par DCB International. Les travaux devraient être lancés au 2e  semestre 2019 pour une livraison fin 2020.

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Les deux programmes impulsés par Icade sont situés sur le site de l’ancienne usine Kaeser où la collectivité a lancé un projet urbain partenarial (PUP). Karré est un immeuble tertiaire de 9 930 m² dessiné par l’architecte Jean de Gastines (visuel ci-contre). Il dispose de plateaux de 1 300  m², de terrasses et de jardins privatifs. Il sera livré au premier trimestre 2019 à BNP Paribas qui en a fait l’acquisition. Kbis (7 660 m²) a été conçu par Rue Royale Architectes. Les travaux viennent de démarrer, la livraison est prévue pour l’été 2020. Il a été acquis par la société Affine.

© Soho-Atlas

© Exfolio

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KARRÉ ET KBIS

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Sera-t-il réalisé en 2019 ? Ce programme de 25 000  m2 est en cours de commercialisation, attendant suffisamment de réservations pour être lancé. Comme Eastwood, il est monté par DCB International, imaginé par Soho.

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Immobilier

Ils ont choisi Lyon Notre métropole doit-elle se résigner à voir tous les sièges sociaux ou sièges France des grandes entreprises basés à Paris ? Après tout, Merial, Boiron, Adecco, Seb ou Blédina ont élu domicile dans notre agglomération. Rencontre avec trois dirigeants qui ont conservé dans la région lyonnaise leur centre de décision.

“Très loin des centres de pouvoir” Michael Peters est président d’Euronews, basé à la Confluence. Pourquoi êtes-vous à Lyon ?

en plateau. Ce peut être un avantage : on n’est pas attaché à un centre de pouvoir en particulier comme si l’on était à Paris. Cela ferait sens d’être à Bruxelles. Le droit social français n’est pas facile à comprendre pour nos actionnaires. Nous avons ici mille personnes à l’année, salariés en CDI, intermittents ou pigistes.

Pourquoi ?

“Bien desservi par la route”

Lyon ne faisait pas sens pour nos actionnaires, comme l’aurait fait Bruxelles. J’avais plaidé pour rester à Lyon. Il y a eu un engagement assez fort de Gérard Collomb pour notre arrivée à Confluence. Mais le montant du loyer est énorme : deux millions d’euros par an. Le sujet de notre localisation est en train de revenir.

Quels sont les atouts et les difficultés de Lyon ?

Régis Pelen est président du conseil de surveillance de La Vie Claire, basée à Montagny. Pourquoi êtes-vous dans l’agglomération lyonnaise ? Je dirigeais Distriborg, une entreprise assurant la diffusion des produits bio et diététiques. J’ai racheté La Vie Claire en 1996, dont le siège était à Maisons-Alfort. Mon équipe était alors à Lyon et j’étais lyonnais. Nous avons fait un plan social mais le groupe était bien moins développé.

© Philippe Coudol

Le coût de la vie est intéressant. L’inconvénient, c’est qu’on est très loin des centres de pouvoir. Ici, on ne peut pas avoir des invités

© Jérôme Chion

C’est le résultat d’un appel d’offres lancé en 1992. Les capitales régionales étaient à la mode et le parti pris était de ne retenir que les capitales européennes qui n’étaient pas les capitales politiques de leur pays. Il y a eu une short list : Valence, Munich, Charleroi et Lyon. Ça s’est joué entre Lyon et Munich. Michel Noir avait présenté un gros dossier, même si les trois quarts des promesses n’ont pas été tenues par la suite, comme la gratuité du loyer pendant les premières années, qu’Étienne Tête a contestée en justice. Le soutien publicitaire n’a pas été vraiment à la hauteur. Euronews avait alors été créé comme un service public sans redevance, subventionné. Le choix de Lyon a failli être remis en cause avant notre déménagement de 2010.

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© Merck

À VOS CÔTÉS,

Quels sont les avantages à y rester ? L’avantage d’être ici, c’est que l’on est proche de la Drôme et de l’Ardèche, deux gros départements producteurs de bio, en particulier pour les fruits, légumes, plantes aromatiques et céréales. C’est un point de communication facile, bien desservi par la route.

“Une qualité de vie exceptionnelle” Thierry Hulot est le président de Merck France, basé dans le 8e arrondissement. Pourquoi êtes-vous à Lyon ?

DANS TOUS VOS PROJETS D’IMMOBILIER D’INVESTISSEMENT ET DE BUREAUX CONFIDENTIALITÉ EXPERTISE RÉACTIVITÉ

C’est une raison historique, liée à la Seconde Guerre mondiale. Au moment où est apparue la ligne de démarcation, l’entreprise ne pouvait pas distribuer ses produits des deux côtés. Rhône-Poulenc a donc créé en 1942 une filiale, la Lyonnaise industrielle pharmaceutique. Mais, à la fin de la guerre, le patron lyonnais n’a pas voulu la fermer. C’est dans les années 1990 que le groupe allemand Merck a estimé qu’il ne pouvait pas être un gros laboratoire européen sans avoir une présence en France. Ils voulaient un laboratoire ayant une activité commerciale et une activité en recherche et développement. Le rachat est survenu en 1992 et 1995. Et comme les compétences étaient là, on est resté là.

Que pensez-vous de cette présence à Lyon ? J’ai un très bon abonnement TGV (rires). Mais j’ai une qualité de vie qui est exceptionnelle. Le seul reproche que je ferais, c’est notre mentalité lyonnaise. On a une certaine pudeur, on ne se vend pas assez. Les universités sont très bonnes. Nous avons autour de nous des start-up dans le domaine de la santé, le Cancéropôle, un maillage de compétences. Je trouve ici des directeurs des ressources humaines, des juristes, des spécialistes big data, des ingénieurs, pas seulement des pharmaciens, des médecins ou des chimistes. C’est cette diversité qu’offre Lyon.

La desserte aérienne n’est pas un problème ? Tant que vous voyagez en Europe, tout va bien. Si vous voulez aller aux États-Unis, c’est cauchemardesque. La ligne Lyon-New York n’a jamais fonctionné. Faute de rentabilité.

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Immobilier

PARILLY INITIAL

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La grande friche le long du périphérique n’est plus. Un immeuble tertiaire émerge, de huit étages et 40 mètres de hauteur. Dessiné par Soho et construit par Fontanel (investisseur et promoteur), Initial sera livré au 4e trimestre 2019. Il comprend deux brasseries en rez-de-chaussée dont Les 3 Brasseurs. Au-dessus, des bureaux avec des plateaux de 1 200  m2 divisibles en quatre. Le bâtiment dispose de balcons à tous les étages et des terrasses au 1er et 2e  étage, au-dessus des restaurants. Les activités

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tournent le dos au périphérique pour obtenir un meilleur confort acoustique.

DELTALYS

Em2C a déjà bâti sept concessions automobiles le long du périphérique. La huitième est en cours. Dans le même sillage, trois bâtiments tertiaires (25 000 m2) vont être construits à la place d’anciennes fonderies, à côté de l’ex-stade du Lou Rugby, entre le périphérique, l’avenue Viviani et le boulevard Joliot-Curie. Le programme est dessiné par le cabinet Leclercq. La livraison est prévue au 1er semestre 2020. Em2C lancera ensuite la phase 3 (26 000 m2).

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IKEA ET LEROY MERLIN

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© ©TETRARC_Inter IKEA Systems B.V.

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Ce sont les deux locomotives du nouveau Puisoz, bien visibles depuis le périphérique. Les deux magasins venus de Porte des Alpes ouvriront en septembre 2019, dessinés par un même architecte (Tetrarc). Ils s’intégreront dans un futur quartier de ville, avec de nouvelles habitations prévues sur le site. L’enseigne suédoise, nichée côté Parilly, s’étend sur 22 500 m2 de surface de vente – soit le double du magasin actuel – répartis sur deux étages. Le bâtiment comprend une toiture végétalisée de 5 000  m2, un rafraîchissement naturel grâce à la géothermie et des panneaux photovoltaïques. Le géant français du bricolage est, lui, situé en face de Carrefour. Il s’étend ici sur 17 500 m2. Lui aussi disposera d’une toiture végétalisée et de panneaux photovoltaïques. Les deux magasins, séparés par l’immeuble Initial, partagent le même parking de 2 175 places, en rez-de-chaussée.

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DÉCINES 1

À l’ouest de Décines, le Multipôle refaçonne complètement l’entrée de ville, dans la perspective du Carré de Soie. Ce site avait failli accueillir le médipôle (dont la clinique Tonkin) que Villeurbanne a su retenir. Il n’en conserve pas moins une visée médicale. Ont déjà été livrés un Ehpad (80 lits) et un établissement destiné à l’autisme. Em2c bâtit à présent une résidence intergénérationnelle attendue pour la fin 2019, un parc tertiaire composé notamment de laboratoires et 18 000  m2 de logements – une activité nouvelle pour le promoteur lyonnais. Le programme comprend aussi une crèche et un restaurant inter-entreprise. L’ensemble est dessiné par Sud Architectes.

LES LOGES

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habillés en polycarbonate irisé, dessinés par Bruno Dumetier. Le premier coup de pelle a été donné en juillet et le gros œuvre a déjà commencé. En vue, un bowling de 32 pistes, une salle de fitness, un complexe de foot en salle, du paddle, une salle d’escalade, une activité aquatique organisée autour d’une vague artificielle. Et un multiplex de loisirs “Exalto Park” comprenant du trampoline, un laser game, un parcours ninja et un centre de réalité virtuelle. Et comme tout cela donne faim et soif, plusieurs brasseries sont attendues dont Ninkasi. Ouverture à l’été 2020.

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À côté de l’hôtel récemment inauguré, et dans l’ombre du Groupama Stadium, le programme tertiaire Les Loges va aboutir en 2019. Il comprend 5 500 m2 de bureaux sur huit étages (avec 126 places de stationnement). À la manœuvre, l’architecte Bruno Dumetier, les promoteurs Em2C et Vinci Immobilier.

PÔLE DE LOISIRS

PÔLE MÉDICAL ET LABORATOIRE Clinique digestive, cardiologie, anesthésie, médecine du sport, chirurgie vasculaire font partie des quinze spécialités représentées à proximité du Groupama Stadium, au sein du pôle médical de la clinique du Grand Large. L’autre bâtiment est le siège du laboratoire Unilians. Les deux

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On ne jouera pas que dans le stade ! Vinci Immobilier bâtit au sein du parc Olympique lyonnais un pôle de loisirs de 23 000  m2, comprenant quatre bâtiments

PROUDREED REHAB  À l’entrée ouest de la ville, 6e Sens Immobilier réhabilite un ancien bâtiment pour en faire le siège de 9 250 m2. Il sera livré au premier trimestre 2019.

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constructions, édifiées par Vinci Immobilier, sous la plume de Bruno Dumetier, sont reliées en rez-de-chaussée. Livraison prévue à l’été 2019.

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MULTIPÔLE

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Organdi / Villeurbanne

À louer - 14 149 m² divisibilité nous consulter Immeuble neuf au coeur du Carré de Soie, offrant un confort optimal à ses utilisateurs . Terrasses, commerces et espaces verts à proximité. Disponibilité immédiate

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Immobilier

VILLEURBANNE GALLINE

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© Soho-Atlas

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Entre le campus de la Doua et Charpennes, 6e Sens développe un programme tertiaire de 10  000  m2 répartis en quatre bâtiments en R+5, conservant la cheminée de l’ancienne activité industrielle. Les travaux ont été lancés en août, la première tranche est prévue pour le 2e  semestre 2019, la seconde pour le 2e semestre 2020. C’est le cabinet Soho qui a conçu le programme.

renferme 293 places de stationnement. L’opération qui devrait être livrée au 1er trimestre 2020 compte trois investisseurs : Icade, Crédit Agricole Assurance et DCB Partners.

services et des salles de réunion. Ce projet va permettre une réduction de 80 % des consommations énergétiques. La livraison est prévue en 2022.

SOLARIS 5 4 3 2

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C’est le petit frère (ou la petite sœur) de Linux, le siège de Blédina dont l’esthétique a été saluée, lauréat d’un prix au Simi de l’an dernier. À la manœuvre, le même tandem DCB International / Soho. On retrouve cette architecture en courbe, avec une couleur de bardage un peu différente. Situé aussi à Limonest, ce bâtiment de 10 000 m2 pourrait recevoir plusieurs utilisateurs.

OUEST

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À l’angle du boulevard Stalingrad et du boulevard du 11-novembre, ce programme tertiaire de 22 336 m2 conçu par DCB International et dessiné par AFAA remplace l’ancien siège d’Adecco. Le gros œuvre a débuté en octobre. Sont prévus deux bâtiments en R+8+attique, disposant de larges plateaux (2 500  m2) et de terrasses avec vue sur le parc de la Tête d’Or. Le sous-sol

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La construction du nouveau siège régional du Crédit Agricole devrait commencer en juin, à Champagne-au-Mont-d’Or. Ce sont les cabinets Thierry Roche et Archigroup qui ont gagné ce concours international visant à la “ré-architecture“ du bâtiment datant des années 80. Le projet se déploie sur 29 000 m2, reposant sur une ouverture de l’existant pour y loger un hub central considéré comme une place de village. On y trouvera notamment le restaurant inter-entreprise, des

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PLUG&PLAY

© Soho-Atlas

PARKVIEW

© Afaa

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SIÈGE RÉGIONAL DU CRÉDIT AGRICOLE 3

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La construction de ces deux bâtiments devrait démarrer mi-2019. En blanc : DCB International est confiant sur le succès de l’opération de 11 700 m2 (au total), située à Limonest, à la Zac du Puy d’Or. Elle est dessinée par Sagittaire Associés. La livraison est prévue pour début 2021.

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Chiffres

Me Thierry Chanceau

Président de la chambre des notaires du Rhône

Mariés ou pas,

comment acheter en couple ? Les modalités d’un achat immobilier à deux dépendent de la situation du couple : marié, pacsé, en concubinage ? Dans chaque cas, vous devez envisager les conséquences d’un décès ou d’une séparation.

MARIAGE SANS CONTRAT

SÉPARATION DE BIENS

En l’absence de contrat de mariage, les couples mariés sont placés sous le régime légal. Dans ce cas, le bien acheté à deux leur est commun, quel que soit l’époux qui finance l’achat. Il peut en être autrement si l’un des conjoints apporte des fonds propres qui proviennent par exemple de ses économies accumulées avant le mariage, d’une donation ou d’un héritage. Dans ce cas, il peut se ménager la preuve de l’origine personnelle des fonds en faisant établir par le notaire une déclaration d’emploi. Cela lui permettra, en cas de divorce, de revendiquer la propriété du bien s’il l’a entièrement financé. Si une partie du prix est payée par un emprunt ou des économies communes, il aura droit à ce que l’on appelle une récompense, ce qui lui permettra de récupérer sa mise.

La situation est différente si les époux mariés sous le régime de la séparation de biens achètent ensemble. Le bien est alors en indivision, chacun étant propriétaire à hauteur de la part indiquée dans l’acte d’acquisition. Il est conseillé de définir cette quote-part en fonction de la participation réelle de chacun, en termes d’apport et de remboursement du prêt.

PACS Quant aux couples pacsés, ils sont pour la plupart placés sous un régime séparatiste. Dans ce cas, les modalités d’un achat immobilier sont proches de celles des époux séparés de biens, mais ils doivent également anticiper les conséquences d’un décès. En effet, les partenaires d’un pacs ne sont pas

héritiers l’un de l’autre. La solution est que chacun établisse un testament pour léguer sa part à l’autre. À défaut, le survivant se retrouverait en indivision avec les héritiers de l’autre, par exemple ses enfants d’une première union ou ses père et mère.

CONCUBINAGE Enfin, les concubins sont des étrangers au regard de la loi. La question de la protection du survivant est ici importante. Si le défunt lui a légué sa part – il faut un testament – le survivant devra verser des droits de succession à hauteur de 60 % (les époux et les partenaires de pacs en sont exonérés). Outre l’indivision, certains montages – SCI, tontine… – peuvent parfois être mis en place, avec l’aide du notaire. À moins d’envisager d’officialiser son union  ! 

Prix au m2 des appartements anciens p

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Arrondissement / quartier

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Source : Chambre des notaires du Rhône. Prix médians sur 12 mois, au 30 juin 2018.

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Lyon 1er Bourse Lyon 1er Pentes Croix-Rousse Lyon 1er Terreaux Lyon 2e Charlemagne Lyon 2e Presqu’île Lyon 3e Préfecture-Université Lyon 3e Part-Dieu Centre Lyon 4e Croix-Rousse-Centre Lyon 4e Croix-Rousse-Plateau Lyon 5e Vieux-Lyon Lyon 6e Brotteaux Lyon 6e Tête d’Or-Saxe Lyon 7e Gerland Lyon 7e Préfecture-Universités Lyon 8e Monplaisir – Grange Blanche Lyon 9e Gare de Vaise Lyon 9e Gorge de Loup

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Prix au m2

Évolution/un an

4 740 4 430 4 440 4 190 4 930 4 380 3 920 4 370 4 220 4400 4 640 4 910 3 320 3 880 3 530 3 110 2 950

+ 9,6 % + 10,5 % + 13,5 % + 15,2 % + 10 % + 19 % + 5,4 % + 8,4 % + 15,7 % + 9,6 % + 14,6 % + 8,9 % + 6,7 % + 7,8 % + 9,6 % + 7,4 % -7%

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Chiffres

Me Aude Ravaine

Avocate associée - Dulatier & Associés

Acquérir un monument historique

Une opportunité

Outre le fait d’investir dans un bien d’exception, l’acquisition d’un monument historique présente des avantages fiscaux.

S

ont notamment visés les immeubles classés monuments historiques (totalement ou partiellement) ou inscrits à l’inventaire supplémentaire. L’attrait principal consiste à permettre aux propriétaires de déduire les charges foncières sur leurs revenus fonciers et/ou sur leur revenu global dans des conditions plus favorables que pour les autres immeubles, et sans plafonnement fiscal. Le propriétaire doit s’engager à conserver l’immeuble pendant une période d’au moins quinze ans ; l’immeuble doit en principe être détenu directement (ou par une société civile immobilière familiale) et ne doit pas faire l’objet d’une division, sauf cas particulier.

taire (bien loué ou non loué mais donnant lieu à des recettes accessoires) : 100 % des charges foncières sont déduites des revenus fonciers  ; le déficit foncier est imputable sur le revenu global sans limitation. > Le monument ne procure aucune recette (monument ouvert gratuitement au public ou monument non ouvert au public) : la déduction des charges foncières sur le revenu global se fait alors dans certaines conditions et limites. > Le monument procure des recettes imposables (comme le droit de visite de l’immeuble historique) et est occupé par le propriétaire (seules certaines pièces sont ouvertes à la visite payante) : la déduction des charges foncières se fait alors sur le revenu global pour la partie occupée et sur les revenus fonciers pour la partie visitée ; le déficit foncier imputable sur le revenu global est sans limitation.

Trois situations doivent être distinguées : > Le monument procure des recettes imposables et n’est pas occupé par le proprié-

Sont notamment déductibles : - les travaux de restauration, de réparation et d’entretien exécutés par l’administration des affaires culturelles ou subventionnés ; - la taxe foncière, les intérêts d’emprunt et les frais de gestion (rémunération des gardiens et concierges, frais de procédure…), les primes d’assurance et les frais d’entretien des jardins s’ils sont classés. L’éventuel excédent constitue un déficit global, reportable sur les revenus globaux des années suivantes jusqu’à la sixième année inclusivement. La rénovation du monument historique est ainsi optimisée par l’économie d’impôt réalisée sur l’ensemble des autres revenus du propriétaire.

Appartements neufs, prix moyen au m2 (TVA 20 % , hors stationnement, hors ventes en bloc) Sources Cécim, chiffres fin juin 2018 sur 12 mois glissants

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a Lyon 1er : 6 441 € b Lyon 2e : 5 954 € c Lyon 3e : 5 422 € d Lyon 4e : 5 997 € e Lyon 5e : 5 366 € f Lyon 6e : 5 731 € g Lyon 7e : 4 850 € h Lyon 8e : 4 698 € i Lyon 9e : 4 084 € j Villeurbanne : 4 264 € k Caluire et Cuire : 4 686  € l Métropole Lyon Est (Bron, St-Priest, Vaulx-en-Velin…) : 3  476  €

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m Métropole Lyon Nord (Neuville, Fontaine, Sathonay…) : 3 462  € n Métropole Lyon Nord-Ouest o (Dardilly, Limonest, Ecully…) : 4 445   € Métropole Lyon Sud-Ouest (Oullins, Brignais, Saint-Genis-

Laval…) : 4 182 €

p Givors - Grigny : 2 368 €

Dans l’immobilier neuf, les frais de notaire s’établissent à 2 à 3 % du prix de vente. Pour un garage, compter 15 000 à 20 000 euros ; pour un stationnement privatif  5 000 à 10 000 euros.

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Architecture

Saint-Exupéry

Décollage lancé Faire s’envoler l’aéroport à 15 millions de voyageurs annuels, telle est la destination de son nouveau terminal 1. Une galerie de transit piétonnière assure les correspondances avec les terminaux d’origine et fait transition entre deux architectures que sépare presque un demi-siècle. Par Gabriel Ehret

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Photos © Aéroports de Lyon

histoire de Satolas, ainsi que l’on baptisa d’abord l’aéroport lyonnais, est une succession d’édifices remarquables : l’aérogare que Guillaume Gillet a livrée en 1975, dont les voûtes en béton inspirent la sensation de passer sous une forêt de branches entrelacées, la gare TGV – vingt ans après, Santiago Calatrava s’est placé dans le droit fil des arcs de Gillet

pour produire l’image d’un oiseau d’acier commençant à déployer ses ailes –, et le nouveau terminal 1, qui associe le béton, pour soutenir les planchers de ses cinq niveaux (dont un enterré où est centralisé le tri des bagages), et l’acier pour porter le disque de la toiture aux 180 mètres de diamètre. Il repose sur un plan circulaire, pour la force de la figure géométrique que lui a donnée l’agence britannique d’architectes Rogers, Stirk, Harbour & Partners, lauréate avec GFC Construction – filiale de Bouygues Construction – de la consultation lancée par Aéroports de Lyon en 2012. Lors de sa mise en service, l’an passé, le bâtiment de 63 000 m² faisait figure d’objet solitaire, coincé à l’entrée du site, entre les voies TGV et les pistes. L’emplacement a été retenu afin de ne pas grever un développement ultérieur de “Saint-Ex” sur les 900 hectares de réserves foncières. Depuis cet été une galerie piétonnière longue de 80 mètres le relie désormais au bâtiment de Gillet, dont il achève élégamment la courbe par sa forme circulaire. Doublant de surface avec ce nouveau terminal, Saint-Ex vise à accueillir 15 millions de passagers par an. L’équipement, qui a exigé 215 millions d’euros, parie aussi sur le saut qualitatif en apportant les meilleurs standards internationaux de service aux voyageurs comme aux compagnies

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a/ Au centre du terminal, la “place des Lumières” : 10 000 m² pour le shopping et la détente avant l’envol. Le système “Go to gate”, affichant le temps précis dont chaque voyageur dispose avant d’embarquer, permet de retenir plus longtemps les acheteurs potentiels… b/ Par l’inclinaison de la façade vitrée circulaire, on accentue le dynamisme de l’édifice, mais on limite les reflets, ainsi que la transmission des infra-rouges du soleil. c/ Le nouveau venu (sur le côté droit du schéma) doit son volume rond à plusieurs considérations. D’abord, la force évidente de la figure circulaire. Ensuite, la possibilité de venir s’accorder à la courbe des terminaux d’origine (sur la gauche). En effet, la galerie de liaison inaugurée cet été (sous la flèche blanche) prolonge ladite courbe en l’inversant, et le point d’interrogation ainsi produit s’enroule autour du nouveau terminal, en lui donnant une de ses entrées monumentales.

c aériennes. Ainsi en est-il de la réduction des temps d’attente, grâce aux 77 banques d’enregistrement et Sketch plan showing sun path and daylight aux / RSHP 10 lignes de contrôle de sécurité high tech, avec Graham Stirk Harbour + Partners Rogers Stirk sas spécifiques pour les détenteurs d’un passeport biométrique. Pour le passager qui débarque, récupérer ses valises devrait se faire selon des règles moins aléatoires qu’on a pu en subir : conjugués au tri centralisé, les 11 carrousels promettent un acheminement de 4 800 bagages à l’heure.

La troisième raison de cette forme circulaire tient à la volonté que le soleil y pénètre abondamment durant toute sa course, à l’aide du système de façade intégralement vitrée qui se déploie sur le pourtour du bâtiment, soit 16 500 m² de verre.

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d/ Une des constantes dans l’oeuvre de Richard Rogers est de mettre en évidence le squelette de la construction : ici, les béquilles (piliers obliques) et les poutres entrecroisées supportant la toiture. Pareille façon d’accentuer la structure, à Saint-Exupéry, fait écho aux voûtes arborescentes que Guillaume Gillet donna aux terminaux originels, comme à celles qui couvrent la gare TGV. e/ De droite à gauche, le terminal nouveau venu, le départ de la galerie de liaison avec les terminaux préexistants et, au loin, la gare TGV, coup de maître de Calatrava. La gageure était de concevoir un bâtiment qui crée un signal visuel puissant à l’entrée du site mais sans produire de discordance avec l’équipement ferroviaire.

Les architectes

Durant les cinq années d’élaboration et de construction du nouveau terminal 1, Rogers, Stirk, Harbour & Partners, architectes concepteurs, ont oeuvré avec Chabanne & Partenaires, architectes responsables du suivi d’exécution. Au sein de l’agence londonienne, c’est plus particulièrement Graham Stirk qui a mené le projet. Fondateur de celle-ci, Richard Rogers a acquis une célébrité internationale en édifiant Beaubourg en compagnie de Renzo Piano (1971-1977). Il a produit durant sa carrière moult autres icônes, tels le siège du Lloyd’s à Londres (1979-1984) ou le terminal 4 de l’aéroport de Madrid-Barajas (1997-2005). Le prix Pritzker (équivalent du Nobel pour l’architecture) lui a été décerné en 2007. Basée à Lyon, Chabanne & Partenaires, société familiale qui en est à sa troisième génération, n’en a pas moins grandi pour devenir le quatrième cabinet français, avec des agences à Paris, Aix-en-Provence et Genève. Parmi ses réalisations dans les domaines de la santé, de l’enseignement, du sport ou de la culture, la halle d’athlétisme Stéphane-Diagana à la Duchère, achevée en 2012, ainsi que le centre hospitalier Annecy-Genevois, qui sera mis en service dans deux ans.

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Une table

Guy Lassausaie

De l’assiette au tableau Choix des aménagements, du décor, du mobilier, de la vaisselle… Un chef ne laisse rien au hasard pour mettre en valeur le contenu de l’assiette. Guy Lassausaie explique ce qui l’a guidé dans son restaurant doublement étoilé de Chasselay. Par Alexandre Buisine

Guy Lassausaie, avec à l’arrière-plan son fameux mur de galets.

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Photos © Pierre-Antoine Pluquet

“J’

essaie de composer mon assiette comme un tableau. Je pars de la matière première, que je ne déstructure pratiquement jamais. Mon originalité se trouve dans la garniture. Une épice, une herbe : pas de mélange dans lequel on ne retrouve plus les goûts. Ensuite, je cherche un jeu de couleurs, en laissant toujours du blanc dans mes assiettes.” Quand Guy Lassausaie dépeint un plat comme une toile, il ne s’agit pas d’une figure de style : le chef doublement étoilé de Chasselay s’installe au bureau pour dessiner ses assiettes, en composant la carte. Même chose ensuite au piano. “Avec du moelleux, on va mettre du croustillant. Avec une sauce un peu plate, de l’acidité pour donner du relief. Un plat équilibré, c’est comme un tableau. Le client ne doit pas avoir la sensation que c’est lourd, fade, ou mou.” Après une telle démonstration, pas étonnant de retrouver des dizaines de tableaux de Fusaro aux murs de son restaurant. “C’est notre client depuis longtemps. On l’adore, tout comme ses œuvres. Chacun peut ainsi profiter de la dernière figure de la peinture lyonnaise.” Mettre toutes ces toiles en valeur, c’était la deuxième contrainte imposée au décorateur Alain Vavro. La première ? “Du contemporain qui respecte mes désirs : du marron, du taupe, du rouge, ces couleurs chaudes et foncées qui se marient bien avec la cuisine. À l’inverse des verts et des bleus, qui donnent aux plats des couleurs pas très belles.” Guy Lassausaie a également imposé la moquette et les rideaux, pour amortir le bruit. Outre les panneaux en résine avec des motifs en lin, le mur de galets rappelle la proximité de la Saône. N’oublions pas les bronzes du sculpteur Christian Maas. Pour l’architecture, le chef a travaillé avec Franck Vella (HTVS). Un style épuré, des lignes bien droites et un axe allant de l’entrée au jardin en passant par la verrière centrale. À gauche, la technique, à droite les clients. “Le restaurant est très fonctionnel. Si cette succession de salons est due à la configuration du bâtiment,

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je les ai voulus ouverts. Les clients ont ainsi toujours l’impression d’être dans la salle principale, sans qu’elle ressemble à un hall de gare. Avec quatre-vingts couverts, cela donne un mélange d’intimité et d’ambiance.”

“APPORTER UNE ÉMOTION GUSTATIVE” Ces murs, Guy Lassausaie a grandi dedans. La maison a été fondée par son arrière-grand-père, en 1906. Sur les conseils du chef qui l’employait alors, il a pris la suite de son père en 1983, à 22 ans, en posant ses conditions. Exit le bistro du village et le jeu de boules. Le chef a pu progresser tranquillement avant de racheter les maisons attenantes pour s’agrandir. Meilleur Ouvrier de France en 1993, il accorde une attention toute particulière aux liens tissés avec ses clients. “Beaucoup ont fait ici leur repas de fiançailles, le baptême de leurs enfants… On ne fait pas à manger qu’à des anonymes. Comme notre source majeure est de faire plaisir, il n’y a rien de plus beau que de donner une émotion gustative à des gens que tu connais.” Chaque détail compte pour apporter un peu de bonheur : le sourire à l’accueil, pas trop de personnel et beaucoup d’espace pour se sentir à l’aise, une assise confortable afin de prendre son temps à table. Là, c’est

traditionnel : nappes blanches, molleton, argenterie et verres Spiegelau, “fins et résistants”. La vaisselle ? Bernardaud ou Pordamsa texturée sur les bords, ronde, rectangulaire ou carrée en fonction du plat. Mais toujours blanche. “Les couleurs, c’est moi qui les apporte dans l’assiette”, dit le chef.

Un plat signature “Impossible de choisir entre ses enfants, lance d’emblée Guy Lassausaie. Le pigeon cuit au foin en cocotte lutée ? Ça m’énerve qu’on le cite toujours. C’est le plus vieux plat à la carte. Donc les gens pensent que je suis classique.” Le chef opte pour le “Biscuit et noix de saint-jacques au beurre noisette, émulsion de potimarron à la cardamome, jus de barbes à l’encre de seiche”. “Il y a là tout ce que je cherche à faire dans la cuisine : une matière première noble, un biscuit moelleux à base de saint-jacques, un croustillant noir qui apporte… le croustillant. On termine le velouté de potimarron au pain d’épices pour avoir un côté différent de la purée. Le tout accompagné d’un petit coulis de persil et d’une sauce à l’encre de seiche qui rappelle le croustillant du pain. Ce jeu de couleurs est disposé sur le blanc de l’assiette.” Sans oublier un détail : “Je quadrille la saint-jacques avant de mettre du beurre à cru. Ça lui donne une forme différente mais surtout, comme c’est un muscle, il se rétracte à la cuisson. Là, au lieu de diminuer, son volume augmente. Ce qui change la sensation du client quand l’assiette arrive.”

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La succession de salons ouverts offre “un mélange d’intimité et d’ambiance”.

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Histoire

gradins permet l’entrée de la lumière. Le monument paraît un modèle réduit de la galerie des Machines, construite à Paris en 1889. Il est inauguré en 1914 à l’occasion de l’Exposition internationale, mais vite réquisitionné pour accueillir une fabrique d’armement. Aussi n’entre-t-il vraiment en service qu’en 1928. Il marque par sa taille et par ses émanations olfactives un quartier alors en balbutiement. Gerland concentre des industries indésirables comme la vitriolerie (acide sulfurique) et la boyauderie Babolat. Avec le transfert des abattoirs à Corbas, en 1967, le site reste inoccupé et commence à être démoli en 1974. La halle est vouée à la destruction, mais elle est sauvée par la mobilisation de l’association Renaissance du VieuxLyon (celle qui contribuera à la sauvegarde de Saint-Jean et Saint-Paul) et son inscription à l’inventaire des Monuments historiques par le ministère de la Culture en 1975.

La halle Tony-Garnier

change de destin Décembre 1988

Marché aux bestiaux intégré aux abattoirs de la Mouche, l’équipement a subi deux rénovations pour accueillir concerts, salons et divers événements. Par Fabien Fournier

U Ci-dessus, la deuxième réhabilitation de la Halle, en 1999. En dessous, les abattoirs quatre-vingtdix ans plus tôt.

ne usine à viande. Quand le maire de Lyon, Victor Augagneur, lance les Abattoirs de la Mouche, il est question d’un complexe à même de nourrir une ville de 500 000 habitants, comprenant des étables, le marché à bestiaux, les abattoirs et des chambres froides. Les animaux y entrent au meilleur de leur forme et ressortent en petits morceaux, suivant un itinéraire à sens unique. Le chantier est lancé sous la mandature d’Édouard Herriot qui formera avec l’architecte Tony Garnier un tandem très fécond pour l’urbanisme lyonnais (stade de Gerland, cité des États-Unis…). Sur ce site, la halle qui accueille le marché aux bestiaux ne représente que 8 % de la surface totale, évalue Pierre Gras1.

RESCAPÉE DES DÉMOLITIONS DE 1974 Le bâtiment s’impose par sa taille, équivalant à deux terrains de football mis bout à bout. Prouesse, sa charpente métallique ne repose sur aucun pilier central. Le toit en

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UN PROJET DE MUSÉE Si la halle échappe aux pelleteuses, elle n’en est pas moins menacée d’abandon. Des SDF l’habitent pendant des années. “On y fait des feux l’hiver”, signale Cédric Polère2 . Le bâtiment est finalement réhabilité en 1988 par les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert à la faveur du projet d’un musée du Mouvement (transports, communications, cinéma). Celui-ci ne verra finalement pas le jour, et la halle servira à partir de décembre 1988 de salle polyvalente, accueillant spectacles, expositions, foires… Parmi les travaux réalisés, la réfection du sol, l’ajout de colonnes techniques et de gradins fixes. Le complexe reste cependant mal adapté aux concerts, faute de foyer, d’isolation acoustique et d’occultation de la lumière naturelle. Une deuxième réhabilitation surviendra donc dix ans plus tard, en 1999 et 2000, sous la férule d’Albert Constantin, qui a donné une deuxième vie au stade de Gerland, à la Manufacture des Tabacs et dernièrement à l’Hôtel-Dieu. Il supprime notamment les colonnes et les gradins fixes, restaurant la majesté du volume intérieur de la halle. L’équipement devient modulable grâce à des gradins amovibles. Ceux-ci peuvent être hissés jusqu’à 8,30 mètres de hauteur par des tables à vérins hydrauliques télescopiques, offrant de multiples configurations, de la salle à l’italienne à la salle de sport, la jauge variant de 3 000 à 17 000 places. Les vitrages sont remplacés et équipés de 800 stores électriques, pour une obscurité totale. À l’extrémité sud, un bâtiment annexe est construit pour recevoir les équipes de production et les artistes. Un cadre idoine pour attirer les stars. Près de trente ans après ses derniers porcins et bovins, la halle accueillera Beyoncé, Lady Gaga, U2, Depeche Mode, Mylène Farmer et Johnny Hallyday. 1. Pierre Gras, Tony Garnier, éditions du Patrimoine, 2013. 2. Cédric Polère, De la Courly au Grand Lyon – Histoire d’une communauté urbaine, éditions Lieux Dits, 2014.

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