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Université Mohammed premier Faculté des lettres et des sciences humaines.

Master : Patrimoines culturel et naturel, interculturalité et développement.

Le Patrimoine culturel comme facteur de développement durable Etude de cas : Le pays de Talssint. (Projet de fin d’études)

Présenté par :

Sous la Direction de :

Azelmat Nor-eddine

M. Mohamed Ben Brahim

2008/2009

1


Dédicace

Je dédie ce modeste travail : À CELUI QUI M'A INDIQUE LA BONNE VOIE EN ME RAPPELANT QUE LA VOLONTE FAIT TOUJOURS LES GRANDS HOMMES.. à mon Père À CELLE QUI A ATTENDU AVEC PATIENCE LES FRUITS DE SA BONNE EDUCATION... à ma Mère. À MON FRERE ET MES SŒURS À TOUS MES AMIS À TALSSINT

2


Remerciement. Nous venons à remercier le DIEU, le puissant de nous avoir accordé santé et courage pour accomplir ce modeste travail. J’adresse mes sincères remerciements à mon directeur le Professeur MOHAMMED BEN BRAHIM ; qui m’a encadré tout au long de ce projet ; je lui exprime mes remerciements profonds et ma gratitude.. J’adresse mes remerciements aussi à l’autorité locale de Talssint et à la population pour sa confiance et son aide. Je ne terminerai pas sans témoigner mes gratitude et sympathique envers le corps enseignant du Master : Patrimoines culturel et naturel, interculturalité et développement, de la Faculté des lettres et des sciences humaines Oujda.

3


Photo 1 Territoire du pays de Talssint

4


Introduction. Le pays de Talssint appartient au domaine du Haut-Atlas oriental marocain, faisant partie de la Région de l’Oriental (RO), mettant au contact cette dernière et les Régions de Tafilalt-Meknes et Fes-Boulmane. C’est le pays de ce qui est communément connu par la fédération des tribus Aït Seghrouchen. Talssint appartient administrativement à la province de Figuig, au Sud de la RO. Sa surface couvre 11 000 km2, limitée vers le Nord par Missour et Outat-L'haj, par Benitadjit au Sud, Maatarka à l’Est, et par Gourrama à l’Ouest. Naguère, Talssint était composée d’exploitations agricoles, de plantations et de fermes, chacune avec son appellation précise comme : Aften, Asserd, etc. Ghezouane et Tamslemt, situés à l’ouest de Talssint, sont les plus anciens groupements d’habitats (Ksars) dans le pays. Néanmoins, leur chronologie reste encore discutée ; on parle du VIIe siècle voire plus ancien encore, mais sans document à l’appui. Le premier nom donné à Talssint était : Tanssist, ce qui signifie en Amazigh : le petit ruisseau d’eau, en relation probablement avec l’oued qui traverse la ville. Avec le temps et la succession des générations, le site a pris le nom de Talssint, qui est maintenu par l’administration coloniale française lors de l’installation de sa base de contrôle dans la région. Avant le nouveau découpage administratif de 1992, Talssint était l’un des grands centres communaux de la province de Figuig. Mais depuis, on compte trois communes principales : Talssint, Ait Bou Ichaouen et Ait Bou Meryem. Depuis longtemps, le pays de Talssint constitue un cadre de vie prospère pour les habitants qui y résident. Il était un point d’union entre les peuples, que toutes les civilisations et les sociétés qui se sont succédé jusqu'à présent ont laissé des traces, matérielles et autres, qui forment un patrimoine riche et hétérogène. Mais ce cadre de vie a perdu de son importance et ne garde que peut sur les époques du grandes événements de ce pays. 5


Donc, ce projet de Fin D’études proposera un inventaire de quelques composantes de ce patrimoine riche à savoir : les Mausolées, les coutumes de mariages, la danse populaire Bouwdar, et le textile des Ait Seghrouchen dans une perspective qui considère ce patrimoine comme l’un des facteurs susceptibles de jouer un rôle dans la protection de l’identité culturelle du Pays. De même, ce projet va montrer comment le patrimoine, en particulier culturel, joue un rôle important dans le développement durable local.

6


Première partie

DONEES GEOGRAPHIQUES DU PAYS DE TALSSINT.

7


Chapitre 1 : données naturelles Le pays de Talssint appartient au domaine montagneux du Haut Atlas oriental, faisant partie de la grande chaîne d’atlas marocaine qui s’étire sur plus de 800 km d’ouest en Est, depuis Agadir jusqu’à Figuig. 1 L’Est et le Nord du pays appartiennent au domaine des Haut-Plateaux de l’Oriental marocain, connu sous le nom de Dahra. Le Pays de Talssint peut être divisé en deux unités : À l’Ouest s’installent les monts du Haut Atlas oriental, avec des altitudes qui dépassent 2000 m. dont les plus élevés sont : Jbel Falchou (2303 m), jbel Skendis (2173 m) ,et Jbel Mechkakour (2122 m), Au Centre et à l’Est du pays, le domaine des Hauts-Plateaux qui couvre les deux tiers de la Région de l’Oriental avec des altitudes comprises entre 1000 et 1650m. 2Le bilan des données climatiques du pays de Talssint3 fait ressortir les caractéristiques d’un climat semi-aride avec un hiver froid et un été chaud. La moyenne de température annuelle est d’environ 20°C, les précipitations sont faibles et le taux annuel ne dépassant pas 250 mm et les neiges allant jusqu'à 60cm 4-et dans certains cas comme celui de janvier 2009, les précipitations ont pu atteindre 1m. Le tableau. 1 donne une idée sur ces données climatiques pour l’année 2007-2008. Unité Précipitations Température Vent

Mm °C Km/s

Minimum 400 05 20

Maximum 900 35 100

Moyen 650 25 50

Tableau 1 : données climatiques de Talssint en 2007- 2008.

1

Mohammed Ben Brahim (2009). Carte topographique de Talssint, Echelle 000 100/1 3 Le pays a deux stations climatiques, la première est installée au centre de Talssint et la deuxième à Anoual commune de Bou Ichaouen. Mais ces deux stations ne sont pas suffisantes pour mesurer la température de tout le pays, elles ne peuvent donner qu’une idée approximative, vu l’absence d’une méthode scientifique 2

pour exploiter ces stations, alors, les informations obtenues ne couvrent pas toutes les périodes requises . 4 Station climatique de Talssint

8


Le climat du Pays de Talssint est placé, de façon globale, sous le contrôle de facteurs généraux tels : l’altitude et l’éloignement par rapport à la mer, la latitude et les effets de relief comme l’exposition et l’abri La végétation du pays est très importante et diversifiée, composée d'une forêt de Cyprès, d’Oléastre, de Pistachier sauvage, de Thuya, de Genévrier rouge et d’Oxycèdre, couvrant ainsi une superficie d'environ 25.214 hectares5. Le pays de Talssint est par contre identifié par la steppe à Alfa qui couvre une superficie d'environ de 692.000 hectares,6, c’est le paysage floristique typique de la Région de l’Oriental. Le reste de la végétation est représenté par des espèces telles : l’Armoise, le Rhantherium, le Romarin et l’Anabasis oropediorum,7. Cette richesse est cependant menacée de destruction et de dégradation sous l’emprise anthropique qui ne cesse de s’étendre à des superficies très larges via le pâturage incontrôlé et abusif des populations nomades du Pays et les défrichements massifs entamés depuis des siècles. Le pays de Talssint est connu aussi par sa faune variée et spécifique, représentée en particulier par des espèces de chasse telles : la perdrix, le pigeons sauvage, l'aigle, le lièvre, la gazelle des Hauts-Plateaux, le mouflon, et le sanglier sauvage8, dont l’habitat est aussi dispersé que le relief est compartimenté et que les facteurs d’existence le permettent. Toutefois, si les conditions du milieu physique sont parfois prégnantes dans la variété de l’espèce et de sa croissance de sa population, il reste que les facteurs humains sont, de manière décisive, les plus contraignants dans leur subsistance. Le tableau. 2 donne une idée sur la faune du Pays de Talssint telles qu’elle est observée et suivie par l’Office Régionale de Mise en Valeur du Tafilalet (ORMVAT)

5

Documents de la direction des eaux et forets, Talssint Ibid 7 Office régional de la mise en valeur agricole du Tafilalet. Etude socio-économique dans le cercle de Bni Tadjitet les commune rurales de Gourrama, Guir et Boudnib . p7 8 Documents de la direction des eaux et forets, Talssint 6

9


Gibier Sanglier Gros Gibiers

Petits Gibiers

Mouflon Gazelle Perdreau Lièvre Outarde Houbara

Densité Moyenne

Localisation Tamslemt, Asdad, Youfeg,

Rare Rare 7 Espèces. Assez Assez Moyenne

Tazeroualt Tazeroualt, Ich Oussnous Mechkakour, Dekkar Partout Partout Meslagh, Hassi Lehmer, El

Tourterelle Palombe Ganga

Assez Assez Assez

Ouassaa, Ghilane Partout Partout Partout

Tableau 2 : Faune du Pays du Talssint9

Au niveau hydrographique, le Pays de Talssint est drainé par le bassinversant de l’Oued Guir, dont l’exutoire est dirigé vers le Présahara du Sud-est marocain. L’écoulement superficiel est assuré par les réseaux des oueds de Talssint, de Ghazouane et de Rmila, a Anoual, ainsi que par l’oued Elbour. La nappe en eau souterraine est exploitée via des puits de profondeur de 8 à 30 mètres ainsi que des Khettars.

10

Ces eaux sont exploitées pour une grande

partie dans l’irrigation des terres cultivées dans les oasis et les fermes récemment installées dans les pourtours de ces dernière en utilisant les techniques de puisage moderne (sondes, énergie électrique ou à moteur d’explosion,etc). Eau Superficielle C/R

Source

Seguia

Eau Souterraine Oued

Khettars

Puits

Talssint

23

17

03

04

20

Boumaryem

16

11

03

02

11

Bou ichaouen

10

08

05

02

12

Tableau 3 : Ressource en eau

Chapitre 2 : données humaines. La population du pays se compose de six grandes tribus amazighes: les Aït Mesrouh qui occupent la partie occidentale du territoire, au niveau des 9

Documents de la direction des eaux et forets, Talssint Office régional de la mise en valeur agricole du Tafilalet, Projet Monographie CMV 710. P11

10

10


monts élevés du Haut-Atlas oriental, les Ait Bou Meryem habitant les terres amont de l’oued Aït Aissa, les Aït Saïd qui sont plus représentatifs de l’agglomération de Talssint, les Aït Bou Ichaouen, groupe nomade qui occupe les Hauts Plateaux avec les Aït Belahcen, enfin les Aït Ben Ouadfel occupant les ksour situés à l’est du pays.11 Les légendes racontent que les Aït Ben Ouadfel sont arrivés avec leurs troupeaux après le XVIIe siècle, depuis la région de Saïda, et se sont appropriés les terres qu’ils ont achetées des Chorfas de Ksabi sur la moyenne Moulouya 12. Toutes ces tribus appartiennent à la confédération des Aït Seghrouchen 13. D’autres tribus de la confédération des Aït Seghrouchen ont quitté le Pays de Talssint sous la pression de leurs ennemis traditionnels, les Aït Yafelmane 14. Plusieurs groupes se sont installés dans le Pays du Moyen-Atlas près de Fès dès le XVIIe siècle et au début du XXe siècle, quand les autorités du protectorat français ont arrêté leurs mouvements de résistance. Le tableau. 4. donne une idée sur les tribus des trois communes de Talssint.

- Ait Hammou ou Said - Ait Ali ou Said C/R DE TALSSINT

- Ait Said ouLahcen - Ait Ben Haddou

11 12

Charles Pillat. Textes Berbéres dans le parler des Ait Seghrouchen de Moulouya. Ed Laros , Paris 1955. pI Ibid

13

L'origine du nom Aït Seghrouchen est controversé : une première version, plutôt admise chez la population, lie le mot à la combinaison de Segher, qui signifie en tamazigh sécher ou immobiliser et Ouchen, du nom du chacal, et donc on raconte qu'un chacal a interrompu Moulay Ali Ben Omar au cours de l’une de ses prières pour attaquer une brebis, le saint se tourna vers la bête et, par miracle, l’immobilisa sur place. C’est depuis qu’on lui attribue le nom : « OÙ Seghrouchen ». L’autre version soutient que deux tribus Berbères Zénètes: les Ait Igher où Sgher venu des Cyrénaïque et les Ait Ouchen originaires de Touat, se sont rencontré et ralliées chez les Béni-Besri et ont pris le nouveau nom des Aït Seghrouchen. 14

Barrere, Jean Julien. « L’odyssée des Ait Hammou. » Revue Historique de L’armée Français, Vol.8, no. 3 (septembre 1952), Numéro spécial vol. 2, p 116

11


- Chourfa De Zaouia - Ait Ouadfel - Ait Hammou ou balhcen C/R BOU MERYEM

- Ait Boumaryem - Ait Laazib - Tamaslamte - Ait Ali ou Haddou - Ait Hmammouch - Ait RGUIG - Ait Laabbass - Ait Maziane

C/R BOU ICHAOUIN

- AIT hamou Bouchaouene - Ait Boubker - Ait Abdellah - Ait Ali ou Bouichaouine - Chourfa D’Anoual

Tableau 4. Tribus des trois communes de Talssint.

Par ailleurs, toutes les tribus de la confédération Aït Seghrouchen se réclament un ancêtre commun, qui est le Saint Moulay Ali Ban Amer de descendance Idrisside, du nom de la première dynastie arabe installée au Maroc dès le VIIIe. Moulay Ali Ben Amer était le septième gouverneur de la dynastie des ldrissides, il fut exilé de Fès à la fin du IXe siècle et vint s’installer dans la région de Talssint où il fonda Ksar Zaouia. 15 Tous les Aït Seghrouchens croient qu'ils sont parents par le sang, mais cette relation de parenté est loin d’être un système généalogique, mais plutôt un moyen qui les unifie sous les mêmes principes et les mêmes croyances, et consolide leur cohésion sociale et politique. Après la mort de Moulay Ali Ben Amer, ses disciples sont restés avec les personnes qui lui avaient souhaité la bienvenue. Ils se sont installés près 15

Said Gennoun, les Bérbéres de la haut Moulouya, Etudes et documents berbères, no. 7 (1990), pp 136

12


des Zaouia de Ghezouane, de Talssint, et d'Anoual, formant un noyau stable qui a attiré, avec le temps, différentes familles et groupes amazighes. Le saint appelé aussi par « le Chérif à deux tombes » (Chrif Bouqbrain), l'une à Ghezouane et l'autre à Tameslemt. La vie rurale nomade est partout l’aspect le plus manifeste du Pays de Talssint, malgré la sédentarisation de plus en plus marquée, ces dernières décennies, au niveau des centres principaux des communes et autour des points d’eau. Cette sédentarisation est d’ailleurs séculaire au niveau des principales oasis de Ghezouane, de Tameslemt, de Zaouia, de Talssint, d’Asdad et d’Anoual. Les activités de base des populations sont associées au mode de vie : élevage pastoral pour les nomades et semi-nomades, cultures irriguées pour les oasiens. La population nomade sédentarisée garde encore la tente comme demeure supplémentaire à côté de la maison en dur Commune rurale Talssint

Population totale

Population rurale

Densité /ha

14130

13130

4à5 /ha

Bou Maryem

6537

6537

3à4 / ha

Bou Ichaouen

10941

10941

3à4 / ha

Tableau 5 : population du pays de Talssint en 2004 16

Histoire

Les Aït Seghrouchen du pays du Talssint ont eu une réputation de guerriers courageux le long de l’histoire ; pour preuve, au XVIIe siècle, le sultan Alaouite Moulay Ismaïl a changé l'itinéraire de ses campagnes militaires pendant les années 1692, vers le Sud-est, pour éviter de combattre les Aït Seghrouchen. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que la dynastie Alaouite a plus ou moins réussi à étendre son contrôle au le pays par le biais des autorités religieuses : Zaouia des Kenadsa.17 Au XXe siècle, une longue 16 17

Office régional de la mise en valeur agricole du Tafilalet, Projet Monographie CMV 710. P5 Ibid. , p. 381

13


lutte contre l'armée française a augmenté leur réputation de guerriers courageux18. Résistance au Français

Les Aït Seghrouchen de Talssint ont résisté à la pénétration française, ils ont lutté contre son infiltration par l'Algérie, et l’on combattu pour plus de 26 ans. Cette résistance reste à l’actif de l'histoire tribale récente, qui a des éléments de tragédie classique comprenant l'honneur, l'ambition, l'intrigue, et l'insensibilité culturelle. Au printemps 1908, après que les troupes coloniales françaises aient occupé une partie des terres des Ait Seghrouchens, les membres des tribus ont répondu à l'appel pour une Guerre Sainte anti-française, DJihad, mené par Sidi Ahmed Ou Lahsen Sebaï. Les Ait Hammou sont les premiers à répondre à cet appel, ils forment le noyau de la résistance au pays de Talssint.

19

A l’aide d’un groupe de partisans dans la vallée de Guir, et dans un acte banal, les troupes françaises ont recueilli et brûlé les corps des résistants .ce qui a créé des sentiments d’hostilité viscérale des habitants du pays de Talssint envers les troupes françaises. Sous ces conditions les Ait Hammou, sous la conduite de leurs Kébir Hammou-Ou-Ali Akerdous, ont commencé une odyssée de vingtsix ans, qui va les conduire jusqu'à l'océan Atlantique. 20 Le 1er décembre 1908,

un

groupe

18

La réputation courageuse de la tribu s'est développée hors des escarmouches constantes avec leurs voisins à propos des terres de pâturage. Dans un accrochage en 1884 près d'Anoual (Aït Seghrouchens) de Talssint, ont perdu plus de 30 hommes et la majorité de leurs troupeaux suite à l’assassinat d'un Grand chef de Beni Gui 19 Barrere, Jean Julien. « L’odyssée des Ait Hammou. » Revue Historique de L’armée Français, Vol.8, no. 3 (septembre 1952), Numéro spécial vol. 2, p. 120 20 Barrere, p . 115

14


d'environ cent personnes des Aït Seghrouchen, exactement des Ait Hammou en alliance avec les ait Bou Ichaouen, a attiré une petite équipe de reconnaissance près d'Anoual. La troupe se retraita en laissant quatre morts et plusieurs armes sur le champ. Après le départ des ait Hammou nombreux tribus rejoigne les, et par contre plusieurs tribus ont déclaré leurs soumissions au Français, mais la résistance n'a été jamais arrêtée au pays de Talsint. Photo 2 : Akerdous, Kbér des Ait Hammou

Infrastructure

La faible densité de la population du pays contribue à une faible densité d’infrastructure et des services sociaux. Longtemps, la région est restée enclavée et à laquelle l’autorité provinciale voire régionale et nationale tourne le dos, ce qui lui a valu d’être qualifiée « d’une région déshéritée.» 21 L'accès aux services publics a été toujours limité. En 2004, seulement 3.2% des maisons de la commune rurale de Bou Ichaouen ont été connectés au réseau électrique; mais aucune n’a été liée au réseau d’eaux potable, et seulement 1.6% avaient des toilettes.22 A Talssint, comme chef lieu administratif, n’était pas totalement comblée : 70% avaient accès à l'électricité et à l'eau potable, alors que 80% bénéficiaient des services de la santé publique.23 L'éducation formelle primaire au pays de Talssint date de 1938, quand la première école Moulay Ali Ben Amer a été ouverte. Au début, elle a servi à instruire les enfants des petits commerçants et des militaires. L’école de Zaouia de Talssint avait ouvert ses portes vers les années 1950. Au milieu des années 1980, trois écoles primaires et une école secondaire ont servi presque 25.000 personnes, essentiellement les habitants de Talssint et ceux des secteurs ruraux qui ont eu les possibilités d’habiter à Talssint avant la 21

Ronald Paskoff, « les Hautes plaines du Maroc oriental : la région de Bergennt, » les cahiers d’outre-mer, vol. 10, 37 (janvier, mars 1957), p. 34. 22 Ministère de l’intérieur, commune rural de Bou Ichaouen, Monographie de la commune , 2004 p 56 23 Ministère de l’intérieur, commune rural de Bou Ichaouen, Monographie de la commune , 2008 p 6

15


construction des internats (tableau 5, 6). Education / Commune

Talssint

analphabétisme

Bou Ichaouen

68%

95.0%

masculin

59.4%

92.1%

féminin

77.5%

98.0%

65.5%

11.3%

Fréquentation d’école (élèves entre 8-13 ans)

Tableau 6: Education a Talssint 2004.24

Les garçons sont les plus chanceux d’avoir accès à l'éducation, vu la mentalité conservatrice qui prédomine la société. En 2004, comme il est mentionné au tableau, seulement 11.3% des enfants âgés entre 8-13 ont accès à l’école et 65.5% a Talssint. Par contre dans la commune rurale de Bou Ichaouen, les enfants de dix ans soufrent d’un taux assez haut d'analphabétisme qui atteint 95% pour les garçons et 98% pour les filles. Le Taux de scolarité atteint 62.5% dans la commune rurale de Talssint. Des changements importants ont eu lieu ces dernières années, par la construction de plusieurs écoles et un collège à Bou Meryem, mais le secteur souffre encore de problèmes d’infrastructure et de manque d’enseignants. Le pays est également sous-équipé en infrastructure de santé (tableau. 7). Pendant les années 1980, Talssint a eu seulement un centre médical et un docteur ; en l’an 2000, il y avait deux médecins et deux dispensaires a Bou Ichaouen et a Bou Meryem. En 2006 le nombre des médecins a augmenté jusqu’à 5. Les autorités locales, en coopération avec l’UNESCO, ont conclu un accord pour construire une Maison de Maternité afin de diminuer les risques d’accouchement. Mais il faut ajouter que ce secteur souffre toujours de problèmes relatifs à l’étendue du territoire, ce qui rend l’accès difficile à plusieurs zones. 24

Source de figure : Monographie de commune rural de Talssint et de Bouchaouen.

16


Commune Rurale

Etablissement

Nombre

Talssint

- Annexe d’autorité - Ecole primaire - Collège Lycée - Hôpital - Poste PTT - Eaux et forêts - Maison des jeunes - Entraide nationale - Club des femmes - Dispensaire

01 20 01 01 01 01 01 01 01 01

Bou Meryem

- Ecoles primaires -collège - Dispensaire

15 01 01

Bou Ichaouen

- Ecoles primaires - Dispensaire

13 01

Tableau 7: Infrastructure sociale.25

Le réseau routier du pays reste faible. Aux années 80 du siècle dernier, environ 324.3 kilomètres de routes de Talssint étaient juste des pistes. Jusqu’en 1998, la meilleure route qui a permis d'accéder au pays et celle de Gouramma a travers Bni Tejjet. Vers 1990, les autorités ont aménagé la route de Missour, sur une distance de 124 km, elle a permis l’ouverture du pays sur la région de Fès Boulmane, puis en 2000 la route d'Anoual-Talssint a été aménagée sur une distance de 40 kilomètres. Cette nouvelle route a remarquablement réduit le temps de voyage, 20 minutes suffira pour se déplacer entre les deux villages au lieu de 4 heures et demi. Actuellement la route de Talssint-Tandrera à travers Anoual est presque terminée, mais l’annexion des douars isolés pose toujours un problème. L'économie

Une grande partie de la population du Pays de Talssint pratique principalement l’élevage des moutons et des chèvres comme activité économique. Les éleveurs sont souvent des transhumants de montagne. Ils se déplacent avec leurs troupeaux vers les plaines en hiver et passent l'été dans les Hauts-Plateaux à la recherche des aires de pâturage. Les familles confient 25

Office régional de la mise en valeur agricole du Tafilalet, Projet Monographie CMV 710. P6

17


leurs troupeaux à un berger. En 1970, 76.7% de population a été recensée comme propriétaire de bétail, tandis que seulement 3.7% ne pratique pas cette activité. Pendant la même période, ces éleveurs ont eu 222.300 moutons et 165.500 chèvres. En 1986, après une sécheresse catastrophique, les troupeaux ne comptaient que 94.095 de moutons et 92.661 de chèvres, avec 189 chevaux et juments, 6.178 ânes, 3.063 mules, et 2.500 chameaux seulement dans toute la zone de Talssint-Gourrama.26. Ces problèmes de sécheresse sont cycliques et marquent l’histoire de la région par un sceau de l’inconfort et de la précarité. C’est l’exemple de la sécheresse de 1945, qui a affecté l’Afrique du nord, ruinant le cheptel du Maroc. De 1943 à 1946, le cheptel des Haut Plateaux est réduit de 49%, dont 53% de moutons et 47%de caprins. A Talssint, entre 1941 et 1944, le cheptel a subi une diminution de 18% de l’effectif des moutons et 4% de caprins, avec un total de 201.80027. Néanmoins, la population garde le souvenir désastreux de ces années de sécheresse, comme partout au Maroc puisqu’elle survenait avec la résistance de plus en plus manifeste contre le protectorat français, mais aussi avec les années dures de la deuxième guerre mondiale et les conséquences qu’elles ont entrainé dans les pays sous domination administrative française. Les tribus se rappellent bien de cette période qui a ravagé les animaux et les humains (manque et pénurie de la nourriture). Ils racontent que les familles, sous la menace de la sécheresse, ont abandonné leurs troupeaux. 28

L’agriculture reste cantonnée aux oasis, alimentées en eau permanente, et dans les terres aménagées récemment. Au début des années 70, seulement 0.16% de la commune de Talssint pratiquait l'agriculture dont seulement un quart des terres a été irrigable. L’olivier est l’espèce arboricole la plus 26

Zone no. 9. cercle de Rich, Talssint-Gourrama. n.p., n.d Gérard Mestraud, « le problème de l’élevage bovin et ovin au Maroc, » Mémoire de stage a l’école national de l’administration, décembre 1953, Annex II. 28 Informateurs Locales 27

18


dominante dans le pays du Talssint ; Il se trouve dans la majorité des douars éparpillé le long des périmètres cultivés en association avec d’autres cultures. La culture du pommier se localise surtout dans les zones montagneuses de la commune rurale de Bou Meryem. Le Pays de Talssint occupe une grande partie de l’espace à alpha de la Région de l’Oriental marocain, qui appartient généralement au domaine public ; aucune utilisation privée n'est autorisée excepté le pâturage et les besoins domestiques des populations locales. L'alpha avait été vu comme ressource essentielle pour améliorer l'économie régionale. Dans le passé, l'Etat a accordé des concessions pour l'usage industriel de l'alpha, mais pendant les années 90, elle n'a eu aucune sortie viable. Depuis 1991, la production a diminué de plus de 1000 tonnes annuellement, et beaucoup de points de collection d'alpha étaient fermés.29 Cependant, le Pays de Talssint est reconnu, mondialement, par l’industrie liée au tissage des tapis typiques, mais ce secteur attend toujours son amélioration, car la production est encore destinée a l’usage familial en l’absence de marchés de commercialisation. Au niveau touristique, le Pays de Talssint a des ressources naturelles et culturelles qui peuvent servir a en faire du pays une région touristique par excellence. Mais ces ressources restent inconnues et mal exploitées, sauf si on exclut quelques expériences de quelques amateurs dans le cadre associatif. Conclusion.

Les changements survenus au cours de la dernière décennie dans le Pays de Talssint, comme partout ailleurs au Maroc, au niveau économique, social et politique, n’ont pas affecté pour autant la richesse patrimoniale de ce pays. Ce dernier détient encore un patrimoine culturel riche et diversifié aux origines et influences diverses, enraciné dans une profondeur millénaire.

29

Royaume du Maroc, Direction de statistiques, annuaire statistique, Rabat (différentes années)

19


Cependant, pour des raisons multiples, ce capital culturel est mal connu, non valorisĂŠ et souvent menacĂŠ de dĂŠgradation ou de disparition.

20


Deuxième partie

PATRIMOINE CULTUREL DU PAYS DE TALSSINT

21


Introduction : Il est désormais convenu de distinguer le patrimoine matériel (tangible) du patrimoine immatériel (intangible). Cependant, le patrimoine immatériel occupe de plus en plus une place de choix dans la planification de l’UNESCO, qui a pour but de sensibiliser les nations à protéger leur diversité culturelle et de les aider à élaborer des projets de sauvegarde et de préservation de cette catégorie du patrimoine (cf. La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée en 2003 à Seoul). Cette convention entend par « patrimoine culturel immatériel », « les pratiques, représentations et expressions, les connaissances et savoir-faire que les communautés et les groupes et, dans certains cas, les individus, reconnaissent comme partie intégrante de leur patrimoine culturel » Le « patrimoine culturel vivant » concerne les domaines suivants : • Les traditions et expressions orales, y compris la langue en tant que véhicule du patrimoine culturel immatériel ; • Les arts du spectacle ; • Les pratiques sociales, rituels et événements festifs ; • Les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ; • Les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel. 30 De même, les pays du Talssint, détiennent un patrimoine culturel riche et diversifié aux origines et influences diverses, enraciné dans une profondeur millénaire. Cependant, pour des raisons multiples, ce capital culturel est mal connu et non valorisé et souvent menacé de dégradation ou de disparition. Dans ce chapitre, il sera question de faire l’inventaire des composantes suivantes: les mausolées, les coutumes de mariage, la danse traditionnelle, et le tissage dans le Pays de Talssint. C’est une manière de valoriser le patrimoine et de le conserver.

30

20e Conférence générale de l’ICOM (Vol. 57, n°4 : 2003 : Séoul Rép. de Corée). Musées et patrimoine immatériel. Nouvelles de l’ICOM, Lettre du conseil international des musées. Paris. ICOM. 2004] .

22


Les Mausolées : un aspect encore vivant du patrimoine religieux du Pays de Talssint

(Le Mausolée de Moulay Ali Ben Amer El Idrissi à Ghazwane (photo. 2 Ce Mausolée se trouve à une distance de 5 Km à l’Ouest de Talsint, bâti au milieu d’un ancien cimetière, séparé de Ksar Ghazwane par l’oued Talssint. Il renferme la tombe du Saint Moulay Ali Ben Amer, construite en brique d’argile avec une seule voûte, deux portes, une pour accéder à la salle tombale et l’autre pour entrer au foyer réservé aux visiteurs. Ce saint est considéré le plus célèbre de la région dont la notoriété dépasse même Talssint. Ses visiteurs viennent des quatre coins du pays, hommes, femmes et enfants de différentes classes sociales.

Photo 3 : Mosolé Moulay Ali Ben Amer à Ghazoune

Ce qui rend encore plus célèbre le mausolée Moulay Ali Ben amer est le Moussem ou rencontre tribale qui s’organise en été, au mois de septembre chaque année. Le Moussem dure cinq jours pendant lesquels une assistance massive rend hommage à ce Saint. Ce grand événement est appelé : « Slit » Aidée par les tribus de Talssint, la commune rurale prend en charge l’organisation de ce Moussem (photo.2) qui commence officiellement le lundi Une fois les tentes des tribus participantes sont montées, les troupes 23


folkloriques démarrent le programme des festivités, en exécutant la danse de Bouwdar, principal symbole du patrimoine artistique local. Le deuxième jour, les participants exécutent le reste de leur programme. Le troisième jour, vendredi, est particulièrement remarquable, parce que les tribus s’organisent en groupe est commencent à tourner autour du Mausolée, implorant la bénédiction de Dieu par les expressions suivantes : « Ya Allah Ya Allah, Ya L’aziz Ya Rabbi » ce qui veut dire : « Oh Dieu, Oh Dieu, Le tout puissant est mon Dieu » Tout en performant ces tournées, les participants portent avec eux ce qu’ils appellent : « L’Ghtawat », Ce sont les draps qu’on pose sur le tombeau en tant que couverture, et afin de l’orner également. C’est le vendredi que les tribus sacrifient un grand veau devant la porte du Mausolée en continuation des festivités. Le samedi matin, tout le monde se prépare pour partir. D’habitude, les visites du mausolée sont quotidiennes, mais elles sont plus fréquentes les jours du Jeudi et Vendredi, les visiteurs apportent avec eux des présents : de l’argent, des bougies, l’encens, mais aussi des offrandes à sacrifier (chèvres ou moutons). Le but est de solliciter la bénédiction ou baraka du Saint. Le poète Mohamed Oulahbib dit à l’occasion : 

Oh, Moulay Ali Ben Amer

Oh, Cheikh je t’implore, appelle les Saints

Oh, Moulay Ali Benamer

Exhausse les vœux de ceux qui viennent

Oh, Moulay Ali Benamer

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Photo 4. Moussem du Saint Moulay Ali Ben Amer à Ghazouane

On raconte que Moulay Ali Benamer est miraculeusement enterré dans deux tombes, l’une à ksar Tamslemt et l’autre à ksar Ghazwane. Les gens disent que ce Saint, de son vivant, avait ordonnée qu’il soit porté après sa mort sur une chamelle et de creuser sa tombe là où la bête s’arrête, alors la chamelle s’arrêta à Tameslemt, où on s’exerça à préparer la tombe, mais quelque temps après et avant que la tombe soit achevée, la bête se releva et continua sa route pour s’arrêter définitivement à Ghazwane. Ainsi fut creusé la tombe du Saint dans ce village. La façon dont s’est déroulé l’enterrement du Saint a déplu aux habitants de Tameslemt, alors ils se sont infiltré la nuit au cimetière de Ghazouane et ont déterré le cadavre pour le ramener à Tameslemt. Apprenant ce vol, les habitants de Ghazwane, vont reprendre ce qui leur a été volé. La tension entre les deux ksars finira par la mort d’un homme de Tameslemt, et c’est à ce moment que Moulay Ali Ben Amer apparaîtra aux habitants de Ghazwane et de Tamslemt, sur le sommet d’une montagne et leur demanda d’aller vérifier les deux tombes après la prière du matin. Chaque ksar trouva le cadavre du Saint dans sa tombe, et c’est ainsi que les hostilités prirent fin entre les prétendants. Deux mausolées furent construit pour le Saint,ce qui lui a valu le nom de « Bouqabrien » ou « Saint aux deux tombes ». 25


Le Mausolée Moulay Ali Ben amer El Idrissi à Tameslemt

Ce mausolée se trouve à ksar Tameslemt, commune rurale de Boumeryem, à une distance de 47Km de Talssint vers l’Ouest. Il est bâti en pierre et en brique d’argile sur une colline au milieu du village. Le mausolée possède une voûte semblable à celle des mosquées, fabriquée

en

branches

de

genévrier rouge, dont les arbres sont les principaux conifères qui entourent la colline du mausolée.

Le Moussem connu sous

Photo 5 . Jour du Moussem à Tameslemt

le nom : « Moussem d’Ait Masrouh », s’organise annuellement en hommage à ce saint. Les tribus d’Ait Masrouh qui sont une fraction de la tribu Ait Seghrouchen, en collaboration avec la tribu Ait Boumeryem, se chargent de l’organisation d l’évènement sans l’aide ni des autorités ni de la commune rurale. Ce Moussem se déroule de manière très similaire à ce qui se fait à Ghazouane sauf que celui d’Ait Masrouh a un aspect plutôt religieux, puisqu’on y lit le Saint Coran durant les trois jours. Dans ksar de Ghezouane comme dans ksar Tameslemt, le moussem de Moulay Ali Ben Amer est une occasion de rencontrer un parent éloigné, un ami ou de chercher une fiancée, mais aussi de d’activer son commerce, puisqu’il s’organise une grande foire commerciale où beaucoup de commerçants venus d’ailleurs cherchent à répondre aux besoins des fidèles et vanter leurs produits

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Le Mausolée Sidi Abderrahmane Ben Moussa El Idrissi à Zawia

Ce mausolée se trouve à Ksar Zawia, distant de 6Km au sudouest de Talssint. Il comprend trois pièces : la chambre tombale, un foyer et une salle pour accueillir les visiteurs. Ce saint est très célèbre

Photo 6. Mausolée de Sidi Abderrahmane Ben Moussa

dans la région et les habitants de Talssint comme ceux Zawia lui rendaient des visites fréquentes, mais récemment elles ont remarquablement diminué. Le surveillant de ce mausolée raconte que :«naguère, lors du moussem dédié au Saint Sidi Abderrahmane, on sacrifiaient des chameaux, des vaches et des moutons devant la porte du mausolée, maintenant tout a changé et l’évènement n’a plus son amplitude ancienne.». A coté de ce mausolée se trouve la tombe du résistant « Mohamed Ben Hammou », sur laquelle est écrit «Ici-gît le résistant Hammou Ou Hammou, mort en 1925, ce Mojahid a tué le résidant français : Sbax ». Ce résistant a été enterré à côté du saint pour jouir de sa bénédiction. Le Mausolée Sidi Ben Abdellah à Zawia

Sur la rive opposée de ksar Zawia, se trouve le mausolée de Sidi Ben Abdellah. à l’intérieur duquel sont enterré aussi les membres de sa famille tels que son père (Sidi Mohamed Aderdour) , son frère (Sidi Tayeb) et son fils (Mohamed Ben Abdellah). Le mausolée avoisine un cimetière et des champs plantés d’arbres oliviers. Le surveillant de ce mausolée raconte que « la sagesse et l’intelligence de Sidi Ben Abdellah furent observés dès son âge précoce, à sept ans. Un 27


jour, le saint rencontra un bûcheron de retour à sa maison, avec du bois sur le dos de ses ânes, alors le saint lui proposa d’acheter ce bois mais le bûcheron refusa. Le Saint se mit en colère et souffla sur les ânes, soudain tout le bois prit feu, alors le bûcheron se mit à le supplier et lui demande pardon. A cet instant, le saint souffla une deuxième fois et miraculeusement le bois brûlé revient à son état initial ». Sidi Ben Abdallah est réputé, surtout chez les Ait Bou Ichaouen, pour son pouvoir d’amélioration des races animales et l’augmentation de leur productivité. Le Marabout Lalla Talhamamt

Ce Marabout appartient à la commune de Talssint et se trouve à 4Km vers le Sud, à coté du village appelé Tikoumin. Il est l’unique dans la région qui porte le nom d’une femme «une mariée qui mourut sept jours après son mariage ». On y trouve deux sources d’eau séparées par un palmier, dont l’une verse de l’eau froide tandis que l’autre de l’eau plus tiède. Le marabout est visité principalement par les femmes le dimanche, et on y apporte des œufs qu’on dépose près de la tombe, et avant de partir les visiteurs prennent avec eux une poignée de la terre tombale pour tirer sa bénédiction ou qu’on fait passer sur son corps. Quant aux jeunes filles qui veulent se marier, elles se baignent dans l’eau des sources, se maquillent et suspendent des étoffes de leurs vêtements sur le palmier du marabout. Le Mausolée Sidi Mohamed Ben Ahmed El Idrissi

A 40Km à l’Est de Talssint, se trouve l’agglomération d’Anoual, appartenant à la commune de Bou Ichaouen, qui abrite le mausolée de Sidi Mohamed Ben Ahmed El Idrissi. Il est bâti en briques cimentées avec cinq voûtes et une vaste cour devant la porte d’entrée. La célébrité de ce saint dépasse la région de Talssint, puisque ses visiteurs sont majoritairement des marocains vivant à l’étranger. On l’appelait

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aussi « Gherrass l’khil » c’est-à-dire «l’immobilisateur de chevaux » et on croyait qu’il est originaire de Sakya l’Hamra. Le nom Gherrass l’khil a

Photo 7.Mausolée d’Anoual et marabouts de la famille du saint Sidi mohamed Ben Ahmed

une histoire très connue dans la région. On racontait que les habitants d’Anoual et ceux d’Outat L’haj étaient en état de guerre permanente. Un jour le camp d’Outat l’haj est venu attaquer Anoual avec une armée composée de mille cavaliers. Quand ils arrivèrent à Anoual, le saint Sidi Mohamed Ben Ahmed et son fils Sidi M’hamed, sortirent à leur rencontre. Le moment où l’armée se trouva en face du Saint, ce dernier ordonna à son fils Sidi M’hamed d’enfonce son épée dans le sol, à cet instant se produisit le miracle, l’ensemble des chevaux de l’armée ennemi s’enfonça

dans le sol et ne

bougea plus. Le Mausolée Sidi M’hamed El Gharrass

A une distance de 300m du mausolée Sidi Mohamed Ben Ahmed se trouve celui de Sidi M’hamed El Gharrass, bâti en brique d’argile, avec une seule voûte au milieu de l’ancien cimetière d’Anoual. A quelques mètres seulement, se trouve le mausolée de son frère : Sidi Tayeb Ben Abdellah. Ces deux saints sont réputés pour leur capacité de guérir les maladies, surtout l’aliénation mentale. Les familles d’Ait Bouchaouen amènent leurs malades, puis les enchaînent dans la chambre tombale du saint. Quelque temps après, 29


les familles découvrent que le malade est libéré malgré la fermeture à clef de la porte. Le malade récupère ses esprits et guérit de son aliénation. Quant à Sidi Tayeb, il est réputé pour son pouvoir d’amélioration des races animales et l’augmentation de leur productivité.

Photo 8. Mausolée de Sidi M’hamed El Gharrass

Les coutumes de mariage.

Comment se déroule la demande en mariage ? Tout un rituel est consacré à cette tache qui reste du ressort d’hommes sages et de nobles du groupe, dans un cérémonial que chacun essaye de respecter et d’étoffer à la mesure de la situation sociale et de la convenance. Mais en général, l’ensemble de la communauté y participe avec beaucoup de disponibilité et de partage comme le veut la tradition chez les Aït Seghrouchen. Quand un homme veut se marier, il envoie un intermédiaire trouver les parents de la jeune fille, pour qu’ils la lui promettent en mariage. Une fois accepté : ICHRAREN qui est un groupe de noblesse de la tribu, comprenant neuf hommes accompagnés par un jeune célibataire et deux femmes, se dirigent vers la maison de la future mariée en tant que représentants de la famille de l’époux. Très souvent, ce groupe apporte avec lui des cadeaux à 30


savoir de l’huile, du sucre, des vêtements (aɛban, fuli l ḥrir, taembut, taust, tiġrḍin) et un mouton à sacrifier (tamġrust), sans oublier les bijoux (timqiyyasin, tixutam, ixelxalen ). Ces cadeaux sont portés sur une mule qui occupe le centre du convoi. S’il s’agit d’une veuve ou d’une divorcée, les envoyés du fiancé se procurent quarante petits pain qu’ils emportent avec eux, sinon, quatre vingt quand la fiancée est encore vierge. Au départ du convoi, des vers de poésie sont répétés selon un rythme appelé Bowdar : Sur le trajet à la maison de la fiancée, les envoyés implorent Dieu pour sa grâce et la bénédiction de son prophète. A leur arrivée, les membres du convoi trouvent à leur attente une troupe similaire en nombre qui leur souhaite la bienvenue en récitants des vers appropriés. Les visiteurs sacrifient le mouton qu’ils ont apporté en offrande et vont se reposer dans une tente dressée en leur honneur et où le couscous leur est servi. Quelque moment après, les festivités démarrent dans la maison accueillante selon un rythme appelé AHIDOUS au cours duquel les poètes exaltent leurs talents. Bien souvent, des duels poétiques ont lieu et dureront tant qu’Ahidous est lancé, parfois jusqu’au lever du jour. Quand le petit-déjeuner est servi, les représentants du marié répètent des vers afin qu’on les laisse entrer dans la chambre de la future mariée, alors la famille de l’épouse exhausse le souhait des envoyés en leur offrant en échange des dattes, du blé, de l’eau et du beurre qu’ils mettent sur la mule. De surcroît, ils leur présentent des articles de textile réalisés par la future mariée spécialement pour cette occasion. Quant au jeune célibataire venu en compagnie de la noblesse de la tribu, il couvre la mariée, qui est vêtue de « tamizart » attaché par " TisseGhnass " (fibules). Son visage est voilé par " Tasbnit " (foulard en soie), par un Burnous blanc similaire à celui qu’il porte lui-même. Puis il met son burnous par terre pour que la jeune fille marche dessus jusqu’à ce qu’elle s’approche de lui, après, elle lui met une bague et lui offre une des deux brides tissée en particulier pour cette occasion. À son tour, le jeune homme 31


jette une pièce de monnaie non loin, qu’elle doit trouver. Une fois trouvée, le jeune homme lève la mariée sur la mule et la plaça à côté de lui. À cet instant, l’assistance répète des vers réservés au départ de leur fille. Le cortège avance vers sa destination, la mule entourée par les femmes et précédée par les hommes tandis qu’une femme âgée suit en tenant la mule par sa Queue. Arrivée

à

destination,

le

cortège accueilli par la

famille

de

l’époux et le reste des

habitants

de

ksar. Ces derniers répètent des signifiant

vers

l’accueil

chaleureux réservé à la

jeune

Photo 9 Scène de la cérémonie de mariage à Talssint

mariée,

devenu dès l’instant membre à par entière du groupe tribal du mai, sorte d’ajout pour le clan accueillant. Elle fait aussi office d’alliance politique et économique : Le cortège fait le tour des saints locaux du ksar ou de la mosquée, sollicitant leur bénédiction à la nouvelle venue qui accède enfin au domicile conjugal. Parallèlement, un homme de la tribu accueillante interpelle la danse appelée BOUHABBA, puis tire deux cartouches dans l’air que les femmes apprécient par des youyous de tout coté. À l’arrivée du convoi devant la maison du marié, le jeune célibataire fait descendre la mariée de la mule, puis la porta jusqu’à l’entrée de la maison et s’arrêta un petit instant. La mère ou la sœur du marié tend un œuf à l’épouse pour qu’elle le casse sur le haut de la porte. Après, le jeune emmène

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Photo 10. Danse Bouhaba

l’épouse dans une chambre soigneusement décorée. Il la place dans le coin réservé pour elle, puis laisse entrer le reste des compagnons venus avec des cadeaux. Quand les membres de la famille de la mariée déposent leurs cadeaux avec ceux des autres invités, les hommes quittent la chambre pour laisser les femmes reconnaître et organiser les cadeaux. Il faut signaler que tout ce cérémonial se passe sans que la mariée montre et laisse apparaître son visage. Après le déjeuner, les cadeaux arrivent de la part des familles de la tribu. Le soir,

après

le

dîner,

l’assistance et les invités vont interpréter la danse de Taqrart, introduire

qui les

consiste

à

nouveaux

mariés dans un cercle de

Photo 11 : Danse de taqrart

danseurs, de sorte à ce qu’ils 33


soient (lui et elle) l’un en face de l’autre, tout en veillant à les placer entre deux frères. La danse commence par un des sept vers qui se répète pendant une rotation du cercle. Le jeu se termine quand les danseurs auront accompli exactement sept rotations. Le premier jeu terminé, les époux quittent les danseurs pour passer à la préparation du henné,

qui

commence

vers

minuit. Une place décorée de bougies est ménagée pour les deux époux entourés des invités, la femme la plus âgée de la tribu s’applique à mettre le henné dans les mains et les pieds de

Photo 12 : Anzay

l’épouse, pendant que deux autres s’occupent de son maquillage et de sa coiffure. Quant à l’époux, il a droit à un peu de henné sous forme de cercle dans l’une de ses mains. Ce cérémonial ne se passe pas en silence, toute une versification lui est réservée. Le matin, vers l’aube, les femmes se rassemblent dans une chambre. On y place l’épouse au milieu entourée de femmes de la tribu de la plus âgée jusqu’à la plus jeune. Elles se mettent à rappeler la jeune mariée des principes majeurs de la vie conjugale et familiale « anzay » (photo 11), qui sont interprétés dans un champ musical sans instruments. Après, l’épouse doit remettre le burnous blanc à un jeune homme et le remercie en lui offrant un os de viande cuite, et c’est ainsi que prend fin la cérémonie du mariage. Une semaine après, les filles de la tribu rendent visite à la nouvelle épouse pour boire de l’eau de ses propres mains ou celle filtrée avec son tissu.

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La Danse Populaire : Bouwdar Et Bouhabba.

La danse occupe une place spéciale dans la culture des Aït Seghrouchen du pays de Talsint. Manifestation typique de son genre, la danse de Bouwdar est une œuvre artistique de haute esthétique, aussi bien symbolique que suggestive. Elle est certainement liée à des thèmes dont les racines sont profondes qu’étendues, dans le temps et dans l’espace. Chez les Aït Seghrouchen Bouwdar est le moyen d'expression le plus complet et le plus vivant. On le danse à l'occasion des fêtes et, au paravent, presque tous les soirs en été après la moisson.

Photo 13. Danse Bouwdar exécutée par la troupe de Talssint lors d’une fête nationale.

Les tribus de Talssint considèrent que leur Bouwdar est né chez les Aït Bou Ichaouen, sur les Haut Plateaux sous le nom de timrchelt (jeu des pieds). Cette danse a subi l’influence prépondérante des musiciens des différentes tribus de la confédération. C’est néanmoins la danse des hommes par excellence, les femmes n’occupent aucune place dans cette danse si en exclus les youyous. 35


Dans la danse de Bouwdar, les tambours (allun) sont les instruments de base, et seuls les chefs de la troupe ont droit d’avoir des tambours, puisque leurs rôles ne se limitent pas à créer des sons musicaux, mais à intervenir aussi dans la composition du rythme, et de son changement d’un air à l’autre et d’orienter le genre d’action à introduire. Les tambours sont toujours décorés par le henné avec différents motifs, le plus souvent une main a cinq doits ou parfois un oeil. Les tambourinaires de Bouwdar méritent une mention spéciale. En début de soirée, ils allument le feu pour chauffer leurs tambours, Chacun d’eux met approche son instrument du feu afin de lui tendre la peau, l’accord de l’instrument se fait par la sonorité émise à un niveau donné de réchauffement. Une fois les tambours au point, les musiciens, qui sont souvent en nombre pair, se lèvent et jouent

debout

pendant

toute

l’exécution de la danse. Ils essayent toujours rythmique

de de

garder la

l’harmonie troupe

que

supervise le maestro. Ce dernier s’installe en face de la troupe, avec les yeux attentifs et ouverts sur chaque membre, ces cries sont pénibles au cas d’erreur, et dans d’autres cas, il lance des crie de joie

et

des mots d’encouragement et de bonne performance. Photo 14 : Les

tambourinaires d’Ait Said Ou Lahcen

La troupe Bouwdar se compose souvent de 15 à 20 personnes. Leurs costumes sont identiques, originaux, et bien souvent réservés uniquement 36


pour la danse. Ils se composent d’une toge blanche sans manches, chemise blanche, pantalon bouffant blanc fermé à la cheville par un bouton, des Chaussettes blanches, et des sandales rouges chamois chez les tribus d’Ait Bellehsen, des chaussures blanches chez les Ait Hammou et noires chez les ait Bou Maryem et les Ait Bou Ichaouen. Chaque danseur porte une brettelle de soie rouge sur l’épaule gauche et la ferme au niveau de la hanche droite. Il porte une ceinture en cuir « bertil » sur l'épaule droite qui se connecte avec une autre ceinture qui traverse le milieu de son corps. Et sur la tête, il tourne un turban de sept mètres « tarezzit ». Chez les Ait Saïd Ou Lahsen les danseurs portent aussi des cravates noires. Bien qu’aucune description ne soit fidèle au gestuel, il n’est pas inutile de décrire les différentes étapes de cette danse. Au début les hommes se mettent en un rang étroitement serré selon leurs tailles, épaule contre épaule. Deux poètes versent simultanément un poème du genre Tanchadt. Lorsque ils ont fini, les autres se divisent en deux groupes, chacun prononce la moitié du derniers vers. Les mains des danseurs attachés les unes aux autres, le maestro annonce le commencement de la danse par son tambour, le rythme se lève, le rang avance en avant en levant le pied droit puis le pied gauche, puis recule vers le point de départ. Ils avancent une deuxième fois en avant mais en levant les pieds en arrière.Le rythme suit les tambourinaires, il devient plus rapide au fur et mesure de l’exécution de la danse. Les danseurs avancent un pas en avant et un autre en arrière trois fois, après ils reculent vers le point de départ en lèvent les pieds en avant. Puis ils avancent une troisième fois vers l’avant en levant les pieds droits à droites et les pieds gauches à gauche, puis avancent un pas en avant et un autre en arrière, trois fois successivement. Les tambourinaires frappent leurs tambours pour changer l’action ; les danseurs se divisent sur deux rangs se faisant face, et les tambourinaires au centre. Ils répètent les mêmes gestes.

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Le rythme change pour déclarer aux danseurs de se mettre en cercle, Chacun prend la main gauche de son voisin par sa main droite en tournant, et on avançant d’un pat en avant et d’un autre en arrière, puis se dirigent vers le centre du cercle. Le rythme du tambourin et des battements de mains devient plus rapide, il ne reste qu’un tambourinaire qui annonce la fin du spectacle par une frappe exceptionnelle sur son tambour. Chez les Ait Bellehsen, connus par leur danse particulière de Bouhaba au cours de laquelle ils finissent toujours par “faire parler la poudre”, de leurs fusils. C’est une danse purement masculine où les musiciens portent un fusil et une corne à poudre en argent sur l'épaule, tout en accompagnant le son rythmé et très rapide des tambours.

Photo 15 : Scène Final de la danse de Bouhabba. Certes, Bouhabba est une danse qui évoque la guerre et raconte les événements et les odyssées passées qui semblent difficiles à restituer réellement, mais restent marqués dans l’imaginaire de la population et des tribus. Les chants de la danse sont connus par « izli » (plur. izlan) : c'est un poème d'une extrême concision, en général deux versets qui se répondent. Il est lancé par deux poètes de la troupe, ineddamen, puis repris par les danseurs 38


qui longuement le psalmodient, répètent plusieurs fois chaque phrase. L’« izli » est souvent improvisé et Bouwdar peut être l'occasion de joutes poétiques. Poésie purement orale, inspirée du milieu même de la tribu, les « izlan » sont familiers à tous. On les chante, on les cite fréquemment, les meilleurs franchissent les limites du groupe, certains passent en proverbe. Les sujets sont ceux de toute poésie populaire, mais avec une tendance marquée vers la satire. Le Tissage

Les hommes comme les femmes contribuent à la production des textiles bien décorés qui sont aujourd’hui portés à une dimension internationale quant à leur esthétique et à leur originalité. L’ouvrage dédié au Tissage chez les Aït Bou Ichaouen, par Alfred H. et Suzanne S. Saulniers 31. Est une remarquable reconnaissance et une valorisation du patrimoine matériel des Aït Seghrouchen. Nous examinerons, dans ce qui suit, les différentes étapes de la fabrication des produits textiles dans le Pays de Talssint, depuis le cisaillement des Moutons, le choix de la toison, la préparation de laines, la teinture, le choix des couleurs, le manche jusqu’à l’étape du tissage. Ces étapes sont, toutefois, accompagnées de rituels faisant acte de protection du tisserand et sa famille contre le mal.

.Le choix de la laine Les tisserands seghrouchni utilisent exclusivement la laine produite localement, mais cherchent toujours celle dont les qualités texturales donnent le meilleur rendement en qualité et en résistance. Ce qui met donc à contribution le porteur de laine, c’est-à-dire le mouton.

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Alfred H. et Suzanne S. Saulniers. Ait Bou Ichaouen, Weavings of a nomadic Berber Tribe , Ed. Fanesta Books. Arizona 2003.

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Deux races de moutons parcourent généralement le Pays de Talssint : La race Bni Guil, grande, très musclée avec des cornes bien en saillie, et le Zoulay, un petit animal avec une viande de qualité inférieure. La laine de la race Bni Guil est d’une couleur très blanche avec de rares taches brunes. Les éleveurs en distinguent cinq genres: Hami : de forme fine et à toison épaisse, une laine souple ou légèrement courbée. Cette laine est la plus prisée par les tisserands. •

Dràa : de petite taille avec une laine très souple

Dourhmi : à toison épaisse et de laine plus ou moins

courbée. •

Archoui : à toison épaisse mais de laine plus courte et

légèrement courbées. •

Tousimet : à toison plus épaisse et de laine bouclée.

. La Tonte Chez les Aït Seghrouchen, le cisaillement des moutons commence généralement au début de l'été. L’opération est précède toujours d’un sacrifice de mouton, le propriétaire du troupeau peut faire le cisaillement de ses propres

moutons

mais

souvent

il

les

confie

à

des

tondeurs

professionnels(imlassen) qui utilisent des gros ciseaux (mkass). Ces tondeurs professionnels recevaient une toison pour dix moutons tondus. Une fois la toison est préparée, plusieurs taches sont réalisées avant de fabriquer les fils. La laine, tendue (thaduft), les femmes procèdent à la séparation des couleurs avant de la laver, en utilisant un battant (takhebbat). Aucun savon ou plante n’est utilisée pour le nettoyage de la laine. Après, la laine est stockée dans des sacs pour l’utilisation future. Préparation de laines

Les femmes peignent la laine nettoyée, la trient avec imesden et séparent les fibres, longues et courtes. Les fibres longues (susdi) sont filées en 40


un fil appelé oustou, utilisé pour faire des cordes. L'oustou est employé aussi pour fabriquer des djellabas. Les fibres courtes (timli) sont travaillées avec l’aqarsal, puis filées dans un fil détendu appelé kharri, qui est utilisé pour faire les trames. Les Aït Seghrouchen utilisent aussi le fuseau (azdi) fabriqué à partir d'un bois solide pour tendre la laine. L’azdi se tourne auteur d’une quenouille, taychrirt, qui peut être parfois juste un petit morceau de carton.

: Teinture La plupart des couleurs utilisées dans les tapis des Aït Seghrouchen, depuis les années 1920, viennent des colorants chimiques achetés au souk. Les professionnels reconnus de la coloration des laines ont vécu souvent dans les zones rurales de Bou Ichaouen et de Bou Meryem. À Talssint, les tisserandes font leur propre teinture, mais se sont les juifs qui fournissaient ce service auparavant. Les professionnels teignent normalement la laine à la maison du client, et ce n'est que rarement que cela se fait chez eux. Avant de commencer la teinture, les professionnels recommandent aux clients de fournir, en plus de la laine, assez d'eau et de bois pour le feu. La teinture traditionnelle est en cours de disparition dans le Pays de Talssint. Le dernier tinctorial de Talssint est décédé au début des années 90, ne laissant aucun apprenti. Pour répondre à leurs besoins de teinture, les familles font recours aux services de la tribu d’Outat El Haj, au Nord de Talssint. À Talssint, les femmes font maintenant leur propre teinture grâce aux facilités d'accès à l'eau et aux produits chimiques de la teinture moderne, disponible dans le marché. La teinture se fait généralement pendant la première moitié de l'année, de Janvier à Juillet. Généralement, les teinturiers utilisent seulement une cuve, ils commencent par les couleurs les plus légères et passent aux plus foncées. 41


L'ordre de teinture le plus commun est le suivant : l’orange, le vert, le violet ou le bleu, puis le noir. L'utilisation des couleurs fortes, lumineuses et vives est une marque distinctive du tissu rural chez les Aït Seghrouchen de Talssint, tandis que dominent les palettes blanc et noir au Ksar de Ghezouane, où le tissage traditionnel a pratiquement disparu. Les citadins de Ghezouane utilisent des tapis colorés achetés au souk hebdomadaire de Talssint. Les couleurs les plus utilisées chez les Aït Seghrouchen sont : La couleur blanche (amellal), est la couleur normale de la plupart des laines des moutons du Pays de Talssint. Elle représente la lumière et la pureté. Dans plusieurs régions du Maroc, le blanc signifie la pureté associée aux mariages, car il porte le bonheur aux mariées. La couleur noire (Abkhouch ou abrane). Cette couleur est rarement trouvée dans la laine des moutons du pays de Talssint, alors que les tisserands du pays l’emploient pour mettre en évidence leurs tissages. Les gens croient que la bordure noire les protège contre le mauvais oeil. La couleur rouge (azeggugh) est la couleur de base des textiles du Pays de Talssint, les trames sont principalement ou entièrement rouges. Le rouge est également employé dans le poil. Dans beaucoup de régions du Maroc, les tissages rouges sont considérés comme un charme utilisé contre le mauvais œil. Le rouge est également soupçonné d'avoir quelque pouvoir curatif. Le meilleur rouge est le résultat de la combinaison du jaune, de l’orange et des colorants chimiques. La couleur jaune (Asfri et chanou). Les Ait Seghrouchen donnent le nom d’Asfri au jaune clair et lumineux et chanou au jaune vif. Les deux couleurs viennent des colorants chimiques achetés sur le marché. La couleur bleu/violet (tkhabit ou aziza) figure sur tous les tissages du pays de Talssint. La plupart des teintures des tapis de poil court ont des trames en rayures mauves. Les deux couleurs viennent des colorants

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chimiques achetés sur le marché. Le bleu est censé avoir le pouvoir de protéger contre le mauvais œil. La couleur verte (adal) est celle de l'herbe et de pâturage pour les animaux. Elle est obtenue en ajoutant chanau à la poudre verte. La réutilisation du bain de teinture donne un vert plus léger. La couleur orange (Awragh) de ton fort est obtenue à partir des colorants chimiques, l’orange clair vient de la réutilisation du premier bain de cette teinture. Inclure l’orange dans tous les textiles tend à assurer la prospérité de la famille. La couleur marron (akahoui) est rarement utilisée dans les tissages des Aït Seghrouchen du Pays de Talssint, parce que les quantités de laine marron fournies par les moutons sont limitées. Mais parfois les tisserands l’introduisent dans les couvertures.

.Le processus de tissage Une simple cane appelée aghanime sépare les cordes (oustou), une tige, (taghda ou atennli) est attachée du côté du tisserand pour alterner des cordes par des fils appelés (asennli). Chaque ensemble de fils de corde est alternativement rapporté en avant où la trame (kharri) est passée à la main entre les deux ensembles d'éléments de cordes et serrée en battant avec un peigne de fer. Comme le tissu ou tapis croit vers le haut, les fils de cordes sont déroulés à partir de la chaîne de faisceaux, les deux faisceaux sont arrimés solidement en place avant que le tissage ne recommence.

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Photo 16 : Tissage d’un Tapis.

.Rituels pour la protection Le tissage au pays de Talssint est toujours accompagné de rites ancrés dans la société des tisserands. Le premier rite, comme mentionné plus haut, consiste au sacrifice d'un mouton avant le début du cisaillement. D'autres rites accompagnent les différentes phases de préparation de la laine jusqu'au produit final. Avant d'étendre la chaîne, on peut sacrifier un mouton, une poule ou un lapin selon la capacité économique de la famille. Pour des textiles sans poils, la famille se limite à un sacrifice au début du tissage. Par contre, dans les textiles en poils, la famille fait un autre sacrifice de mouton quand le tissage est accompli. Pendant le tissage, les tisserands font des talismans qui gardent le tissage. Souvent deux groupes de fils noirs sont accrochés au-dessus et au milieu du tissage pour protéger les tisserands contre le mauvais oeil. Parfois, les tisserands accrochent un couple de fils rouges ou rouge et jaune sur un côté du tissage dans un but prophylactique. Finalement, un petit morceau de verre, une cendre, et le sel gemme ou l'alun peuvent être noués dans un morceau de tissu et être insérés dans le produit final. On dit que le verre 44


reflète le mauvais oeil, alors que les cendres, le sel gemme et l'alun sont reconnus par leurs propriétés prophylactiques. Lors de la suppression des fils de chaîne du tissage, les tisserands trempent souvent les extrémités coupées dans le henné. Ils le font pour protéger les membres de la famille des « esprits du tissage » qui ont été blessés par la coupe, et qui, à défaut pourraient apporter des blessures ou même la mort de l'un des membres de la famille. Les processus de tissages sont non seulement protégés par des forces occultes, mais sont également protégés par un ensemble d'interdits tels que: S’abstenir de tisser : • Les vendredis, • •Pendant le mois du Ramadan. • • Les principales fêtes musulmanes. • • Les jours avant ou après Aid el Adha. • Une épouse peut ne pas effectuer ces activités : • • Pendant sept jours après son mariage. • • Pendant sept jours entre la naissance de son enfant et sa nomination. • • Pendant quarante jours après la mort de son enfant. • • Pour quatre mois et dix jours après la mort de son mari, ou jusqu'à elle cesse de porter les vêtements blancs de la veuve. Les femmes ne doivent pas aussi : • Tisser devant un enfant masculin âgé de moins de quarante jours. Sept types de tissage traditionnel peuvent être identifiés au pays de Talssint :

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Thafarasht - Petit tapis de poil servant de couvertures aux plus petits, de tapis de prière ou de tapis de cuisine pour les femmes. Selon des informateurs, les tisserands n'ont pas fait le petit thafarasht pendant au moins 40 années. Le poil de chèvre ou de chameau sert à renforcer les bords de thafarasht, mais il est plus cher que la laine de mouton et donc souvent acquis par les plus aisés. Tharachna. Grand tapis de poil-Les tisserands d'Aït Seghrouchen font deux types des tapis de poil, tous

Photo 17 : Tharashna

les deux appelés tharashna. Il est utilisé comme literie. Le poil emprisonne généralement la chaleur du corps et l'isole des températures excessives. Typiquement, la famille emploie deux couvertures, une pour les parents et l’autre pour les enfants en bas âge. Les invités et les enfants plus âgés emploient d'autres couvertures. Plié à moitié en long, pendant le jour, un ou deux tharashna servent de bas divan. Les nouveaux époux reçoivent plusieurs couvertures à leur mariage, certaines portent des symboles d'os pour assurer leur fertilité. Asachu- Poil de technique variée et tissage aplati- Les femmes prétendent que les techniques mélangées rendent l'asachu plus difficile à tisser que les articles empilés. Thaghrart sorte de sac utilisé pour stocker le sucre, le grain, la farine, l'habillement ou d'autres objets de valeur. Dans l'utilisation journalière, le thaghrart est empilé au milieu de la tente au-dessous de l'asachu . Ils portent des vêtements ou de grands cadeaux aux mariages et le grain autrefois porté à 46


des marchés ou des souks. Maintenant, le thaghrart de laine de fantaisie a seulement des utilisations cérémonieuses. Les sacs en plastique bleu et tissé les remplacent pour le stockage ou le transport de grain. Aâlau : petits conteneurs personnels. Les femmes d'Aït Seghrouchen fabriquent des petits sacs décoratifs : l'aâlau ou le Taâdilt pour le mariage de leurs filles. Ils se rangent parmi les tissages tribaux les plus prestigieux. Dans l'utilisation quotidienne, ils servent de coussins avec le poil et les glands tournés à l'intérieur. Tawsat : Coussin. Quelques femmes d'Aït Seghrouchen tissent un coussin empilé appelé tawsat (pl. tiwsadin) ou ousada, pour les mariages de leurs filles. Usada ressemble à l'aâlau sans glands accrochants. Ils peuvent être l'une ou l'autre pleine de poil ou avoir des conceptions de poil sur le tissage aplati. Dans la tente ils sont placés sur la couverture. Photo 18 : Tiwsadin. Tamizart : châle. Il est moins porté aujourd’hui par les femmes d’Aït Seghroushen. Ce sont des enveloppes vigoureuses et rayées qui protègent le porteur contre le froid et le vent. Les châles spéciaux d'occasion sont assez grands pour couvrir la mariée.

Conclusion : Le champ patrimonial devient de plus en plus un rempart contre la perte des origines. Cet inventaire est une tentative qui vise à lutter contre l’oubli et la perte des repères identitaire du pays de Talssint. Ces repères qui forment le 47


caractère archaïque des particularités locales, peuvent être aussi des facettes d’un développement durable local d’un monde rural qui souffre des handicaps naturels, socio-économiques et voir même politiques.

Troisième partie

PATRIMOINE CULTUREL, FACTEUR DE DEVELOPPEMENT DURABLE. 48


Introduction. Comme il est défini par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland, le développement durable est « Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »32. Les principes de la durabilité ont déjà été reconnus dans le développement économique et en particulier dans les industries liées à l'utilisation des ressources, mais la notion a été élargie pour inclure les aspects environnementaux, sociaux et culturels. Il est généralement reconnu que le XXIe siècle sera un siècle de la mondialisation par excellence, ce qui place le patrimoine des pays et des communautés dans une situation complexe et de concurrence. La recherche de l’authentique dans les politiques patrimoniales et l’identitaire territorial des collectivités s’érigent en tant que stratégies salutaires de tout politique de développement durable. 32

Gro Harlem Brundtland, ministre norvégienne de l’environnement présidant la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, ce rapport intitulé Notre avenir à tous est soumis à l’Assemblée nationale des Nations unies en 1986

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La préservation du patrimoine culturel est souvent comprise comme un obstacle au développement économique. Certes, la connaissance du patrimoine culturel d’une communauté et sa préservation ont d'abord pour objectif de maintenir et de renforcer les valeurs sociales et culturelles, mais aussi de produire la richesse et d’atténuer la précarité et la pauvreté. Alors, Cette partie sera consacrée à l’étude de l’impacte du patrimoine culturel sur la mise en œuvre des stratégies de développement durable dans le Pays de Talssint. Le concept de développement durable

Les approches traditionnelles de la protection de l'environnement ont été concentrées sur la limitation des impacts sur l'environnement naturel et, dans des cas rares, sur les milieux : social et culturel. Au cours des dernières décennies, le concept de développement durable a évolué. La théorie des systèmes avancée par Von Bertalanffy,33, a permis un dialogue plus intense entre les disciplines naturelles et sociales, qui a généré le paradigme scientifique du développement durable.34 Ce paradigme a déjà été reconnu dans le domaine du développement économique, mais la notion s’élargit pour reconnaître l'importance d'autres aspects du développement durable, tels que la viabilité fonctionnelle de l'infrastructure publique, la viabilité budgétaire de l'administration locale, la durabilité de l’environnement physique, et à la durabilité culturelle des traditions locales, des coutumes et de savoir faire. 35 La notion de durabilité implique l’adaptation de développement pour intégrer l'environnemental, l’économique, le social et le culturel dans son processus. Autrement, favoriser la protection et la réhabilitation des systèmes

33

La théorie des systèmes est un principe selon lequel tout est système, ou tout peut être conceptualisé selon une logique de système. Ce principe est formalisé en 1968 par Ludwig von Bertalanffy dans General System Theory, mais les bases sont multiples, la principale étant certainement le mouvement cybernétique. 34

Dallari F. Cultural Heritage as a Territorial Innovation in the Protected Mountain areas. (10 02 2006). P2

35

Rypkema D. Culture, Historic Preservation and Economic Development in the 21 st Century. Document présenté à la conférence sur le leadership , la conservation et le développement. Province du Yunnan. Chine, Septembre 1999. P2

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écologiques, améliorer l'efficacité économique, sociale, et la diversité culturelle de la population cible. Patrimoine culturel ; facteur de cohésion sociale

Dans le passé, la compétitivité économique et le bien-être de la communauté ont été essentiellement déterminés par la situation géographique et la possession des ressources, mais actuellement, il existe d’autres facteurs plus importants, en l’occurrence le facteur social. Plus important encore, le patrimoine a cessé d'être dissocié de son contexte social et est de plus en plus perçu comme une construction de la communauté, faite par les gens et définie par eux. Dans le pays de Talssint, les mausolées, les coutumes de mariage, la danse populaire et le tissage, et d’autres aspects du patrimoine, constituent le noyau de l’identité communautaire locale, des symboles de l'unité régionale et de la fierté d’appartenance à cette unité, et le secret de cohésion social. Il est maintenant évident que la protection de ce patrimoine culturel joue un rôle crucial pour la viabilité de la communauté. Ces éléments sont intrinsèquement liés et renforcés par le contexte physique dans lequel ils ont été créés et évolués depuis des siècles. Aujourd’hui, dans l’absence de toute initiative d’état ou des communes ruraux du pays de Talssint, pour préserver et valoriser le patrimoine du pays, les associations locales, qui se sont constituées en très grand nombre au cours de ces dernières années, commencent à prendre en conscient la valeur de leur patrimoine et sa fragilité. Au cours des années 2000 sont apparues 20 associations de niveau communal créées autour du patrimoine local. Notamment : Des associations culturel qui s’intéressent à la danse de Bouwdar : • Association de la rencontre de Bouwdar : Association crée en 2006 après un succès inattendu de la premier édition de la rencontre de Bouwdar. Cette association regroupe les grands 51


chefs des différentes troupes de la danse de Bouwdar. L’association organise annuellement la rencontre de Bouwdar, une manifestation qui ambitionne de valoriser le patrimoine culturel et artistique local, à travers des spectacles des danses quotidiennes donnés par les différentes troupes locales participantes, et d’autres invitées, l’organisation d’un mariage local, l’exposition des objets patrimoniaux, et des produits d’associations

et

de

coopératives

privées.

Aujourd’hui

l’association soufre des problèmes de financement, de quite de plusieurs de ses membres, ainsi que des problèmes avec les décideurs locaux, mais malgré ces problèmes elle lutte encor pour sensibiliser la population locale à revivifier leur culture et sauvegarder leur patrimoine lesquels souffrent de l’exclusion et de la marginalisation.

Photo 19 : La

premier édition de la rencontre de Bouwdar.

Après la rencontre de Bouwdar, plusieurs associations ont pris l’initiative d’organiser des petites festivités dans leurs Ksars, elles invitent d’autres associations du pays de Talssint et d’autres tribus d’Aït Seghrouchen d’Imouzzar, ainsi que des chercheurs pour découvrir leur potentialité 52


patrimoniale. Par ailleurs, ces festivités, qui se veulent des espaces de rencontres et d'échanges, organisent parallèlement des expositions artistiques mettant en exergue la richesse du patrimoine culturel de la communauté au de la tribu qui l’organise. Elles visent aussi à consolider les liens entre les tribus du Pays de Talssint et les Ait Seghrouchen en général. Ces festivités sont souvent financées par la cotisation des citoyens locaux, ou dans des cas rares par L’IRCAM (Institut Royale de la Culture Amazigh). Développer la solidarité et la citoyenneté, lutter contre l’exclusion, favoriser l’accès et l’ouverture de tous à la culture, tout en faisant participer activement les habitants, tels sont les objectifs poursuivis. Les deux dernières années ont marqué une ouverture de la culture du pays de Talssint sur d’autres cultures nationales, les troupes de Bouwdar ont participé à plusieurs festivals à l’échelle nationale ; notamment Le festival des Cultures des Oasis de Figuig, le Festival Adrar de Boulmane, le Festival des Arts Populaires de Marrakech, et le Festival des Musiques du Désert d’Errachidia. Ces festivals ont été l’occasion pour les troupes de Bouwdar pour présenter les différentes facettes de la culture du pays de Talssint.

Photo 20 : La Troupe Almostakbal de Bouwdar lors de son exposition au Festival des arts populaires de Marrakech 2008. 53


• Association Tacherzazet Pour le développement : une association de développement local active dans le monde rural. Depuis sa création en 2004, l’association cherche à améliorer les conditions de vie de la population de douar Ikerdass et d’autres Douars du pays de Talssint. Elle a réalisé des projets qui ont un impact direct sur la population locale, notamment : - La création d'un atelier de formation en tissage traditionnel au profit des jeunes filles du douar. L’atelier a été animé par les vielles femmes de même douar. La transmission de ce savoir s’effectue au petit siège de l’association. Après des mois de formation, les résultats sont très encourageants. Actuellement, l’association a monté un projet de création de coopérative de tissage au sien du Centre d’Animation Féminine, pour les bénéficiaires de cette formation et pour les faire bénéficier d'une formation complémentaire toujours en tissage et faire bénéficier d'autres femmes et jeunes filles des différents douars du pays de Talssint, qui ont exprimé leur volonté à adhérer à ce projet. L’association fait des efforts pour trouver des marchés pour commercialiser le produit. Aujourd’hui, Les différentes associations du pays de Talssint se soutiennent mutuellement en essayant de plus en plus de travailler en réseau. Le FIDAL « Forum d’Initiatives de Développement et d’Appui Local», fondé en 2007, fédère aujourd’hui plus de quinze associations de tout le territoire du pays, mettant à leur disposition son expérience et ses compétences. Au niveau du patrimoine culturel, le FIDAL a pris l’initiative de créer une cellule pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine local. Il a essayé en premier lieu de fédérer les différentes associations à vocation patrimoniale, les orienter et les aider a monter des projets. Pour ces associations, tout ce qui se fait ou est déjà fait reste modeste par rapport à tout ce qui doit être fait pour sauvegarder et valoriser le patrimoine 54


culturel de pays. Actuellement les efforts sont concentrés sur la valorisation de la danse populaire, bien que les autres facettes de ce patrimoine sont négligées. Ce qui demeure une motivation suffisante de l’État, les communes rurales et la société civile pour élaborer une méthode de travail pour valoriser le patrimoine culturel et même naturel du pays. .Patrimoine culturel : Facteur de développement économique

Les raisons de préservation du patrimoine culturel se déférent d’une communauté à l’autre. La décision de préservation d'un aspect du patrimoine relève de nombreux attributs et valeurs, comme : la valeur artistique, esthétique et historique, mais aussi économique. Il est reconnu que la production culturelle deviendra l'un des principaux secteurs de l'économie post-industrielle, et que les produits seront de plus en plus transformée en « expériences».36 . La première ressource économique générée par le patrimoine culturel est le tourisme culturel. Dans le Pays de Talssint, l'identification du patrimoine, naturel et culturel, sa protection et sa valorisation diversifiée peuvent contribuer à un marketing territorial touristique, régional, national voir international. Aït Aïssa asbl37 : première expérience de Tourisme équitable au pays

: de Talssint L’asbl « Rencontres d’Aït Aïssa » est une association belge créée en 2006, son objectif vise au développement durable de la vallée d’ait Aissa au Nord-Ouest de Talssint par le biais de tourisme équitable. L’association propose un mode de séjour favorisant le contact direct avec les habitants des Ksours cibles, dans leur environnement habituel. Elle organise des circuits de randonné à vélo sur les pistes de la vallée, entre plaine et 36

Hassler U., Algreen-Ussing G., Kohler N. Cultural Heritage and sustainable Development in SUIT (Sustainable Development of Urban historic areas through and active Integration within Towns).( septembre 2002 ). P.2 37

Association sans but lucratif

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montagne et des « Marche en soi » une invitation à la rencontre de soi-même et à la rencontre des habitants locale. Les groupes de randonneurs sont toujours accompagnés de guides partenaires locaux, des traducteurs, et de muletiers pour le transport des bagages à dos d’âne. Le logement se fait chez l’habitant ou en bivouac local , et les repas se font aussi à la mode locale. À travers cet accueil, les familles des Ksours ciblent s'apercevront petit à petit de la valeur de leurs propres patrimoines qu'ils ont tendance à dévaloriser, ainsi que les touristes s’intéressent plus en plus au produit d’artisanat local.

Photo 21 : Petit déjeuné chez une famille dans la vallée d’Ait Aissa, Manière de Valorisé la cuisine locale. Pour les Ksars d'accueil, il s'agit souvent d'une activité saisonnière et aléatoire mais qui permet, notamment pour les familles, d'acquérir un revenu complémentaire. C'est aussi une occasion de faire des partenariats pour les associations locales. Alors que plusieurs projets en étaient réalisés par l’association Ait Aissa en faveur du population local, notamment :

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• Nombreuses consultations médicales dans les villages traversés pendant la randonnée VTT 2006. • Installation d’un stabilisateur de courant sur un château d’eau à Abiar • Financement des travaux de réparation de toiture d’un mausolée à Mougueur. En juillet 2007, le camp des guides Horizon de Celles, organisé avecl’asbl. Leur objectif : réaliser des animations pour les enfants du village de Mougueur en collaboration avec des institutrices locales. En octobre 2007, une première randonnée pédestre à titre expérimental a permis la mise au point du projet « Aït Aïssa à la carte ». Toujours dans le cadre du développement du tourisme équitable, l’Asbl a participé au financement d’installations sanitaires dans deux logements privés, en amorce d’un réseau de maisons d’accueil chez l’habitant. L’Asbl étudie également des possibilités d’intervention sur des projets concrets liés aux problèmes de l’eau (irrigation, barrage, puits). Ces interventions sont financées par les éventuels bénéfices de leurs activités, mais aussi par des dons et les cotisations des membres adhérents. Projets en Cours :

• Financement de salles de bain pour la formule « gîte chez l’habitant » à Abiar. • Création d’une auberge dans la vallée d’Ait Aïssa. • Parrainage d’un stage de fin d’étude pour une étudiante en Tourisme à Tournai, titre du travail de fin d’étude : « L’organisation de voyages solidaires en milieux ruraux marocains : apports et perspectives pour les communautés locales ». ?Quel Plan d’action pour un développement durable

L’Etat, les Communes de Talssint, de Bou Maryem et de Bou Ichauen, la société civile, doivent se mobiliser pour élaborer des plans d’action pour

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médiatiser ce patrimoine, le valoriser et le mettre au centre d’une stratégie générale de développement local, notamment :  faire un inventaire du patrimoine culturel et naturel du pays  mener des compagnes au niveau : local, provincial, régional et même national, pour sauvegarder ce patrimoine.  créer un musé qui expose le savoir-faire de la population locale.  créer une maison des métiers pour sauvegarder ce qui reste des métiers traditionnels.  encourager les événements qui rassemblent les gens : tel que : Moussem Moulay Ali Ben Amer, Moussem Sidi Ali Bou Stila chez les Aït Bou Ichaouen, la rencontre de Bouwdar…etc.  faire des expositions au niveau : local, régional, national et même international, des produits de terroir et de savoir faire local.  mobiliser les fonds pour les recherches et les formations en développement du patrimoine local.  mener une politique d’aménagement des zones enclavées pour faciliter l’accès à leurs patrimoines culturels.  luter contre l’exode rural par la création d’activités multiples :  Coopératives touristiques.  Coopératives agro-touristiques  Coopératives d’élevage.  Coopératives de tissage.  Coopératives d’apiculture  Coopératives des Plantes médicinales.  Coopératives d’exploitation minière.  Coopératives Artisanales.  Création d’associations qui prennent en charges la promotion culturelle du pays

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 Promouvoir le patrimoine, naturel et culturel, du pays par la publication d’ouvrages, de brochures ou de toute autre support fournissant de médiatisation.  développer le site web du pays de Talssint pour communiquer à grande échelle  intégrer et faire participer la population dans toute action de développement a travers la sensibilisation, la communication, l’éducation et la formation.  instaurer une politique éducative local visant en premier lieu l’ouverture sur la culture locale. Aujourd'hui, la connaissance et la préservation du patrimoine culturel du pays de Talssint doivent être considérées non seulement comme le moyen de maintenir les valeurs culturelles, mais comme un facteur de développement durable. Divers avantages économiques peuvent être tirés du patrimoine culturel et sa préservation sachant que le plus grand succès dans la préservation du patrimoine peut se produire lorsque l'élément du patrimoine est en utilisation réelle, et donc capable de générer des revenus à payer pour sa préservation.

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Conclusion Générale : Le patrimoine culturel du Pays de Talssint, transmis de génération en génération, oralement ou par tradition, recréée constamment par les communautés et les groupes sociaux selon leur milieu et leur histoire en interaction avec la nature, procure un sentiment d’identité et contribue à la créativité humaine. Sa non-préservation et sa non-valorisation conduiraient à mettre en péril la créativité continue de l’homme. De même, les pays de Talssint, où l’on note une richesse particulière de son patrimoine culturel, commencent à en sauvegarder et valoriser les différentes composantes à travers des association. Ces derniers s’sont rendu compte que leurs patrimoine culturel est l’une des matières premières d’un développement économique du pays. L’inventaire, joue un rôle actif dans la conservation, la valorisation, la préservation et la transmission du patrimoine culturel. Les bases de données et les ressources d’information audiovisuel sont, elles aussi, en mesure de jouer un rôle actif dans la sauvegarde de cette catégorie du patrimoine.

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Concrètement, la création d’un musé et d’une maison d’art peut aider à mieux faire connaître le patrimoine culturel du pays, Faire des expositions des différentes composantes de ce patrimoine va amené à présenter le patrimoine vivant mais, en particulier, va sollicité à vulgariser celui qui est en voie de disparition afin de le perpétuer et de le transmettre aux générations futures. De cette manière, le musée sera en mesure de préserver l’identité culturelle des sociétés au sein de ce contexte mondialisé en rapide évolution. Le concept de développement durable devient de plus en plus large, il inclut des aspects non seulement environnementaux, mais également économiques, sociaux et culturels. La connaissance et la préservation du patrimoine

culturel

renforcent

la

durabilité

des

potentialités

environnementales, sociales, culturelles et économiques. Le patrimoine culturel du pays de Talssint peut contribuer à l’amélioration du bien-être et de la qualité de la vie des communautés, il peut aider à atténuer les effets de la mondialisation, comme il peut être un des facteurs de développement économique durable. Afin de mettre en application les stratégies de développement durable et améliorer la qualité de vie, il est essentiel pour l’État, les Communes et la Société Civile du pays de Talssint de reconnaître le patrimoine culturel comme une ressource précieuse du développement. Cependant, le tourisme ne peut contribuer au développement du pays qu’à partir d’un plan d’action national ou régional. Les agents impliqués doivent êtres suffisamment triés et formés car ils seront des médiums capables d’ouvrir le touriste sur la culture local du pays.

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Légende. Tableaux Tableau 1 : données climatiques de Talssint en 2007- 2008. 8 Tableau 2 : Faune du Pays du Talssint 10 Tableau 3 : Ressource en eau 10 Tableau 4. Tribus des trois communes de Talssint. 12 Tableau 5 : population du pays de Talssint en 2004 13 Tableau 6: Education a Talssint 2004. 16 Tableau 7: Infrastructure sociale. 17

Photos : Photo 1 Territoire du pays de Talssint 4 Photo 2 : Akerdous, Kbér des Ait Hammou 15 Photo 3 : Mosolé Moulay Ali Ben Amer à Ghazoune 23 Photo 4. Moussem du Saint Moulay Ali Ben Amer à Ghazouane 25 Photo 5 . Jour du Moussem à Tameslemt 26 Photo 6. Mausolée de Sidi Abderrahmane Ben Moussa 27 Photo 7.Mausolée d’Anoual et marabouts de la famille du saint Sidi mohamed Ben Ahmed 29 Photo 8. Mausolée de Sidi M’hamed El Gharrass 30 Photo 9 Scène de la cérémonie de mariage à Talssint 32 Photo 10. Danse Bouhaba 33 Photo 11 : Danse de taqrart 33 Photo 12 : Anzay 34 Photo 13. Danse Bouwdar exécutée par la troupe de Talssint lors d’une fête nationale. 35 Photo 14 : Les tambourinaires d’Ait Said Ou Lahcen 36 Photo 15 : Scène Final de la danse de Bouhabba. 38 Photo 16 : Tissage d’un Tapis. 44 Photo 17 : Tharashna 46 Photo 18 : Tiwsadin. 47 Photo 19 : La premier édition de la rencontre de Bouwdar. 52 Photo 20 : La Troupe Almostakbal de Bouwdar lors de son exposition au Festival des arts populaires de Marrakech 2008. 53 Photo 21 : Petit déjeuné chez une famille dans la vallée d’Ait Aissa, Manière de Valorisé la cuisine locale. 56

Photo 14 : Les tambourinaires d’Ait Said Ou Lahcen Error: Reference source not found Photo 15 : Scène Final de la danse de Bouhabba. Error: Reference source not found Photo 16 : Tissage d’une Tapis. Error: Reference source not found Photo 17 : Tharashna. Error: Reference source not found Photo 18 : Tiwsadin. Error: Reference source not found Photo 19 : la premier édition de la rencontre de Bouwdar. Error: Reference source not found 62


Photo 20 : La Troupe Almostakbal de Bouwdar lors de son exposition au Festival des arts populaires de Marrakech 2008. Error: Reference source not found Photo 21 : Petit déjeuné chez une famille dans la vallée d’Ait Aissa, Manière de Valorisé la cuisine locale. Error: Reference source not found

Glossaire • Aâlau :[ aεlaw] n. m. sing. ; f. taεlawt; pl. iεlawn, tiεlawin. petits conteneurs personnels. • Abkhouch :[abexxuṡ] n. et adj. M. ; F. tabexxuṡt ; Pl. ibexxuṡen, tebexxuṡin : La couleur noire. •

abrane: [aberran] n. et adj. M. ; F. taberrant ; Pl. tiberranin, teberranin : La couleur noire.

• Adal: [adal] n. et adj. M; sans F ; sans Pl. La couleur verte. • Aghanime: [aanim] n. m. sing ; F. taanimt ; Pl .ianimen, tianimin cane. • Akahoui: [aqehwi] n. et adj. M ; F. taqehwiyt ;Pl. iqahwiyn, tiqahwiyin.

La couleur marron.

• Allun: [allun] n. m. sing ; F. tallunt ; Pl. allunen, tillunin. le tambour. • Amellal: [amellal] n. et adj ; F. tamellalt ; Pl. imellalen, timellalin. La couleur blanche. • Anzay: [anzay] n. m. sing ; Sans F ; Pl. inzayen ; le processus de rappeler la jeune mariée des principes majeurs de la vie conjugale et familiale. • Asachu: [asaṡṡu] n. m. sing ; Sans F ; Pl. Isuṡṡa ; . Poil de technique variée et tissage aplati. • Asfri : [aṣefri] n. et adj. M ; F. taṣefrit ; Pl. iṣefriyen, tiṣefriyyin. La couleur jaune 63


chanou: [ṡanu] n. et adj. M ; F. taṡanut ; Pl. iṡuna, tiṡuna. La couleur jaune

• Awragh: [awra] n. et adj. M ; F.tawrat ; Pl. iwraen, tiwrain ; La couleur orange. • Azdi: [izḍi] n. m. sing ; Sans F ; Pl. Izḍen ; Fuseau. • Azeggugh: [azugga] n. et adj. M ; F. tazuggat ; Pl. izuggaen, tizuggain ; La couleur rouge. • Bertil: [beril] n. m. sing ; F. taberelt ; Pl. iberiln, tiberilin ;

ta

ceinture en cuir. • Bouqabrien : [buqebrayen] n. m. ; sing. ; sans pl. Saint aux deux tombes. • Gherrass

l’khil

:

[erras-lxil]

n.

m. ;

sing. ;

sans

pl.

l’immobilisateur de chevaux. • Ichraren:[iṡraren] n. m. ; Pl. ; sing, aṡrar. de noblesse de la tribu. • Imlassen :[imellasen] n. m. ; Pl. ; sing, amellas ; tondeurs professionnels. • Kharri: [xarri] n. m. sing ; fil détendu utilisé pour faire les trames. • L’Ghtawat : [leawat][leḍawat]: Les draps qu’on pose sur le tombeau du saint. • Mkass: [mekkes] n. m. sing, sans F ; Pl. imekksen ; gros ciseaux. • Oustou: [ustu] n. m. sing, F. tustut ; Pl. ustuten. fil utilisé pour faire des cordes. • Slit: [sliyt] n. f. sing ; fête pour rend hommage au Saint. " le Moussem". • Susdi:[suseddi] n. m. sing ; Les fibres longues. • Taghda : [tada] n. f. sing ; sans M ; pl. tidwin. une tige. • Takhebbat: [taxebba] n. f. sing ; M. axebbaḍ ; Pl. ixebbaḍen, tixebbaḍin. un battant utilisé pour laver la laine. • Tamġrust:[ameruṣt] n. f. sing ; sans M ; Pl. imraṣ. un mouton à 64


sacrifier. • Tamizart : [amizart] n. f. sing ; sans M. Pl. imizar. châle. • Tanssist : [tanessist] n. f. sing ; M. anessis ; Pl. tinessisin, inessisen. petit ruisseau d’eau. • Tarezzit : [arezziyt] n. f. sing . M. arezzi ; Pl. irezziyn, tirezziyin.

le

turban. • Tasbnit: n. f. sing. Sans M ; Pl. tisbniyyin. foulard en soie. • Tawsat : [tawsat] [tawsadt] n. f. sing , sans M ; Pl. tiwsadin. Coussin. • Taychrirt: [tayṡrirt] n. f. sing, M. ayṡrir. Pl. iyeṡrirn, tiyṡririn. quenouille. • Thaduft: [taḍuft] n. f. pl et sing. Sans M. La laine tendue. • Thafarasht : [taferraṡt] n. f. sing, sans M ; Pl. tiferraṡin Petit tapis de poil servant de couvertures aux plus petits, de tapis de prière ou de tapis de cuisine pour les femmes. • Thaghrart : [tarart] n. f. sing. ; sans M. pl. tiurar sorte de sac utilisé pour stocker le sucre, le grain, la farine, l'habillement ou d'autres objets de valeur. • Tharashna: [raṡna] n. f. sing ; sans M ; Pl. tiruṡan. Grand tapis de poil. • Timli:[timelli] n. f. pl. et sing. ; sans M. Les fibres courtes. • Timrchelt: [timerrṡelt] n. f. sing. Sans M. sans Pl. jeu des pieds. • TisseGhnass: [tisenas] n. f. pl ; sans M. Sing. Tisenest . fibules • Tkhabit ou aziza: [txabit] n. et adj. F ; sans M; Pl. tixuba La couleur bleu/violet.

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Table des matières Dédicace................................................................................................................................2 Remerciement.......................................................................................................................3 Introduction..........................................................................................................................5 Première partie ....................................................................................................................7 Chapitre 1 : données naturelles..........................................................................................8 Chapitre 2 : données humaines.........................................................................................10 Histoire...........................................................................................................................13 Infrastructure .................................................................................................................15 L'économie ....................................................................................................................17 Conclusion......................................................................................................................19 Deuxième partie..................................................................................................................21 Introduction : ...................................................................................................................22 Les Mausolées : un aspect encore vivant du patrimoine religieux du Pays de Talssint.23 Les coutumes de mariage...............................................................................................30 La Danse Populaire : Bouwdar Et Bouhabba. ...............................................................35 Le Tissage .....................................................................................................................39 Introduction......................................................................................................................49 Le concept de développement durable...........................................................................50 Patrimoine culturel ; facteur de cohésion sociale...........................................................51 Patrimoine culturel : Facteur de développement économique.......................................55 Quel Plan d’action pour un développement durable?....................................................57 Conclusion Générale :.......................................................................................................60 Légende...............................................................................................................................62 Tableaux.........................................................................................................................62 Photos :...........................................................................................................................62 Références Bibliographiques :..........................................................................................66 Table des matières..............................................................................................................68

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