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Pêches et Océans Canada

Qilalukkatlu Inuvialuitlu Les bélugas et les Inuvialuits

Que signifie le nom?

Béluga

Qilalukkat

Delphinapterus leucas

Selon l'histoire orale des Inuvialuits, il y a longtemps vivait un jeune homme qui jeta sa méchante belle-mère dans l’océan. Elle devint un béluga, et ses plaintes donnèrent aux bélugas leur nom inuvialuktun – qilalukkat.

Écoutez!

Pouvez-vous entendre les qilalukkats qui s’appellent?

Le mot « béluga » vient du mot russe belukha qui signifie « blanc ».

Les biologistes utilisent des termes latins pour désigner les animaux. Le terme Delphinapterus leucas signifie dauphin blanc dépourvu d’aileron. Les jeunes bélugas sont de couleur brune ou gris foncé et deviennent graduellement blancs en vieillissant. Contrairement aux dauphins, les bélugas n’ont pas de nageoire dorsale.

Ouvrez pour en savoir plus


Le terme Inuvialuit signifie « les vrais êtres humains ». Les Inuvialuits sont des Inuits qui vivent dans la partie occidentale de l’Arctique canadien.

Lois Harwood

Inuvialuit

Russia

Inuvialuit Settlement Region

Canada

Beaufort Sea summer range

Sachs Harbour Ulukhaktok

Bering Sea winter range

Tuktoyaktuk

Aklavik

Paulatuk Inuvik

Alaska

Nunavut Yukon

0

95

190

Northwest Territories 380

570

Kilometers 760

En vertu d’une revendication territoriale qui remonte à 1984, les Inuvialuits ont le droit de chasser le béluga à des fins de subsistance dans leur zone de peuplement. Les chasseurs suivent les règles établies par chaque communauté.

Les bélugas vivent dans les eaux arctiques de l’hémisphère nord. Un des plus gros groupes passe l’hiver dans les eaux libres de glace du détroit de Béring. Ces bélugas se déplacent vers l’est, vers les territoires d’été dans la zone de peuplement des Inuvialuits, une fois que les glaces marines commencent à se briser. Les terres, les animaux, l’eau, les baleines et les poissons ont été très importants pour nos ancêtres et le sont encore pour nous. Billy Day, aîné inuvialuit


Archives du GTNO G-1995-001-1994

Tiroir

Le jeune béluga ne s’éloigne pas de sa mère qui le nourrit et le protège. Des chasseurs inuvialuits ont rapporté que les femelles accompagnées de leurs petits peuvent attaquer des bateaux, si elles se sentent menacées.

Dr. Malcolm Ramsay

Les bélugas se déplacent souvent en groupe. Les Inuvialuits rapportent que le plus gros béluga mâle est habituellement à la tête du groupe.

Les bélugas utilisent des sons variés (gazouillis et grincements) pour communiquer entre eux. Ils peuvent aussi repérer leurs proies et les ouvertures dans les glaces en utilisant l’écho produit par l’émission de sons ou d’ultrasons pour s’orienter dans l’eau. C’est ce qu’on appelle « l’écholocation ».

Les bélugas mâles adultes peuvent atteindre une longueur de cinq mètres et peser jusqu’à deux tonnes. Les femelles sont plus petites, et les baleineaux mesurent environ 1,5 mètre.


Chaque année, deux nouvelles couches de dentine apparaissent sur leurs dents. En comptant le nombre de couches de dentine, nous savons que les bélugas peuvent vivre jusqu’à 30 ou 40 ans.

morue arctique

hareng Les bélugas de la mer de Beaufort se nourrissent surtout de morue arctique et de hareng.

Ces artéfacts provenant d’anciens campements démontrent les rapports qui existent depuis longtemps entre les Inuvialuits et les bélugas.

Vertèbre de béluga dans laquelle une lame en pierre est enfoncée Vieille d’environ 500 ans Site archéologique de Kuukpak

Pierre en forme de béluga Vieille d’environ 150 ans Site archéologique Bombardier Channel

Pouvez-vous voir les bélugas dans cette sculpture? Vieille d’environ 600 ans Site archéologique Pond

Le béluga est un odontocète, mot d’origine grecque qui signifie gros animal marin pourvu de dents. Les bélugas utilisent leurs petites dents coniques pour agripper leurs proies.


Anguniarniq Ingilraan Ublumilu La chasse à travers le temps Ingilrangayaamingaaniin qilalukkiaqpaktuat tamaani Uallinirmiut nunanganni, quliaruaqtuanni utuqaalungnik, ingilraan Inuvialuit aglayuinmata quliaqpaktuat puigutqunngilugit itdjusingit. Billy Day, Inuvialuk innaq

La chasse à la baleine dans l’Arctique de l’Ouest se fait depuis des centaines, voire des milliers d’années, d'après nos histoires qui se sont transmises oralement de génération en génération. Billy Day, aîné inuvialuit


C.W.Mathers, 1905 / Archives du GTNO N-1979-058-0001

Les kayaks sont des embarcations légères et faciles à manoeuvrer. Leur châssis est fait en bois de grève et est recouvert de peaux.


La chasse à bord de kayaks Sivulliqpaami, qatdjanik qilalukkiaqpaktuat. Billy Day, Inuvialuk innaq

Au début, la chasse aux bélugas se faisait à bord de kayaks. Billy Day, aîné inuvialuit

Kangivarmata inuviaksimata qainnat uiruliriik utik aullaramik suvaluiyaataq utik qirliq ugit … taima suvulliq atausiq qayaq sivullirmik atiruaqtaat, munaqsiyuksaq qainnanik suyuannik. Tadjva isakkamik qayaq atausiq satqaani tadjvani imaliuq uni atunim ilitqublugit qainnat. Imalittailiblugit qayaq atausiq nuillaktailiblugu atunim ilitqublugit uqaqpangnigait suaksimavangnigait sivullium. ‘Niqiksasi annirilusi. Tutqiglusi unguyutitchi. Ukiumi niqiksasi.’ Felix Nuyaviak, Inuvialuk innaq

Quand les bélugas arrivent, les kayaks forment une ligne et se mettent lentement en route. Le kayak qui est en avant se déplace, puis les autres le suivent en restant en ligne. Le premier kayakiste disait aux autres : «Votre nourriture est importante. Restez en ligne. C’est votre nourriture pour l’hiver prochain. » Billy Day, aîné inuvialuit


R. M. Anderson, 1910 / Library and Archives Canada / PA-172917

Dès la fin du 19e siècle, les baleiniers américains ont commencé à chasser les baleines boréales dans la mer de Beaufort. Ils utilisaient de petites embarcations en bois à voile, appelées « baleinières », pour chasser les baleines boréales. Les Inuvialuits commencèrent à utiliser des baleinières pour chasser les bélugas.


La chasse à bord de baleinières Tadjvannga aasiin qilalukkiakiqtuat umiuyanik. Billy Day, Inuvialuk innaq

Ensuite (dans la seconde étape), la chasse aux bélugas s’est faite à bord de baleinières. Billy Day, aîné inuvialuit

Quand les bélugas se réunissaient en groupes, les chasseurs baissaient leurs voiles et attendaient que les bélugas se dirigent vers eux. Les bélugas sont des animaux très curieux. Si l’on attend tranquillement, on est étonné de voir le nombre de bélugas qui viennent s’amuser autour du bateau. Felix Nuyaviak, aîné inuvialuit


B. W. Brown / NArchives du GTNO N-2001-002-3908

Dans les années 1920, le trappage et le commerce des fourrures procuraient aux Inuvialuits une source de revenus. Certains chassaient les bélugas à bord de grandes embarcations motorisées, localement appelées des goélettes. À l’aide de ces embarcations, les chasseurs inuvialuits pouvaient s’éloigner des côtes et chasser dans des conditions météorologiques beaucoup moins clémentes.


La chasse à bord de goélettes Suliptauq aasiin qilalukiakiqtuat umianik ingniqutilingniglu umiaqpauyaniglu. Billy Day, Inuvialuk innaq

Ingniqutinik maliqsuq ugit pitiktaaq ugit. Kivinman qimak ugu. Taima angummigamikkik, aullarlirmimman naulitqaaq ugu puupsaq ugu tuqullugu qimak ugu allamuntauq isakkiblutik. Felix Nuyaviak, Inuvialuk innaq

La troisième étape dans la chasse aux bélugas a été l’utilisation de moteurs en-bord et de goélettes. Billy Day, aîné inuvialuit

Les chasseurs poursuivaient les bélugas (moteur en marche) et tiraient sur eux. Quand ils attrapaient un béluga, ils le harponnaient, l’attachaient à un flotteur, puis le laissaient là avant d’en chasser un autre. Felix Nuyaviak, aîné inuvialuit


Archives du GTNO G-1995-001-4180

À l’aide d’embarcations motorisées modernes, les chasseurs peuvent faire la navette entre les lieux de chasse et leur maison, dans des endroits comme Tuktoyaktuk, bien que de nombreuses personnes préfèrent camper « sur les terres ».


La chasse à bord de bateaux à moteur Qangma aasiin qilalukkiarapta allangupsaaqtuq suli. Mikitqiyanik savisuligaat umianik atuqpaktuanni sukayuanik ingniqutilingnik, pitiksiniglu naulikkaniglu. Anguniaqtitlu Naniriaqtuqtitlu Katimayingit inuuniarvingni malirulialiuqpaktuat sunik usialammagaita qanurlu anguniarutiksainun. Billy Day, Inuvialuk innaq

La quatrième étape de la chasse aux bélugas est celle que nous connaissons aujourd’hui. Nous chassons les baleines à bord de plus petites embarcations en aluminium munies de moteurs hors-bord, à l’aide de fusils et de harpons. Chaque comité communautaire de chasseurs et de trappeurs a établi des lignes directrices concernant les techniques de chasse et l’équipement autorisés. Billy Day, aîné inuvialuit


Chasse aux bélugas à bord d’un kayak. Derrald Taylor Tuktoyaktuk, 2002

La chasse à travers le temps Bien que les matériaux aient changé, les outils utilisés pour chasser et dépecer les bélugas sont restés presque inchangés depuis des centaines d’années.

Quand un béluga est attrapé, les parties du harpon se séparent. Il ne reste que la tête du béluga, qui est attachée à un flotteur.


Voici une réplique d’un harpon inuvialuit de 500 ans, fabriquée à partir de pièces trouvées sur le site archéologique de Kuukpak. Ce harpon, fabriqué par Clarence Mangelana, de Tuktoyaktuk, est semblable à ceux utilisés de nos jours pour chasser les bélugas.

Flotteur en peau de phoque.

Réservoirs d’essence utilisés comme flotteurs de nos jours.


Tête de harpon en bois de caribou. Vieille d’environ 500 ans Site archéologique de Kuukpak

Tête de harpon moderne en acier, fabriquée par Clarence Mangelana.

Lame de couteau en pierre. Vieille d’environ 500 ans Site archéologique de Kuukpak

Couteau moderne muni d’un manche en plastique et d’une lame en acier.

Ulu, ou « couteau de femme », muni d’une poignée en bois et d’une lame en pierre. Vieux d’environ 500 ans Site archéologique de Kuukpak

Ulu moderne muni d’une poignée en plastique, d’un connecteur de laiton et d’une lame en pierre, fabriqué par Raymond Mangelana.


Ingilraan Usages traditionnels Autrefois, les bélugas étaient essentiels à la survie des Inuvialuits qui vivaient près de l’embouchure du fleuve Mackenzie. Voici certaines choses qu’Annie Emaghok, une aînée inuvialuite, a dites sur la façon dont ses parents et ses ancêtres utilisaient les bélugas.

Nos ancêtres ne gaspillaient rien. Les femmes faisaient le dépeçage. Elles faisaient tout une fois que les baleines étaient apportées. Les hommes n'y touchaient pas. Annie Emaghok, aînée inuvialuite


Maktak ~ Maktak

Le maktak se compose de couches de l'épiderme et du derme du béluga. Il est encore aujoud’hui la partie du béluga la plus utilisée. De nos jours, le maktak est souvent cuit. Mais les aînés disent que nos ancêtres le mangeaient seulement cru. Maktak vieilli – ils le mangeraient régulièrement.

B. W. Brown / Archives du GTNO N-2001-002-6269

Maktak sur un séchoir, en 1956.

Niaquq ~ Tête

Les têtes de bélugas étaient entreposées. Elles servaient de nourriture pour les humains et les chiens. Ils ne jetaient pas les têtes. Ils les plaçaient dans une fosse ou une glaciaire souterraine. B. W. Brown / Archives du GTNO N-2001-002-3929

Tête de béluga prête à être entreposée, en 1956.

Inaluaq, Aqiaruq ~ Intestins et estomac

Les intestins (ingaluat) et les estomacs (aqiaruit) servaient de contenants pour l’huile, la viande, le poisson séché et les baies. Certains aînés se rappellent que les intestins servaient aussi à la confection de manteaux imperméables. British Museum, vers 1890.

Ils n’avaient pas de contenants. Ils se servaient uniquement d’estomacs de baleines.

Manteau imperméable confectionné avec des intestins de baleines.


Niqivialuk, Kilitaq ~ Viande

La viande de béluga (niqivialuk) peut être conservée longtemps, si elle est coupée en lanières et fumée. La viande séchée (kilitaq) est encore aujourd’hui un mets très apprécié. Ils faisaient de longues lanières de viande séchée. J’avais l’habitude de voir de la viande séchée suspendue.

D.Wilkinson / Archives du GTNO N-1979-051-347s

Viande de baleine séchée (noire) et d’autres aliments provenant de la baleine, en 1955.

Uqsuq ~ Huile de baleine

Uqsuq est l’huile qui provient de l’épaisse couche de gras sous la peau du béluga. Elle était utilisée à de nombreuses fins, notamment pour conserver la viande de baleine, comme lotion, remède contre les otalgies et répulsif à punaises pour les chiens. La viande de baleine était entreposée dans l’huile. Elle sert à une foule de choses, vous savez, par exemple pour apaiser les maux d’oreille.

T. Hunt / Archives du GTNO N-1979-062-0018

Collecte de l’huile (uqsuq) de baleine pendant qu’elle s’écoule du maktak, vers 1950.

Ilungit ~ Organes

Le coeur (uumman) et les reins (taqtuit) sont encore considérés comme des mets très délicats – particulièrement par les aînés! Les langues, les reins, le coeur … tout était cuit. Ils séchaient aussi les poumons. Archives du GTNO G-1979-023-2417

Femmes inuvialuites dépeçant un béluga.


Atungaksaq ~ Peau

La peau (atungaksaq) était raclée pour en extraire les graisses, puis utilisée pour faire des semelles de bottes imperméables. Les peaux de bélugas servaient aussi à couvrir les embarcations et à faire des cordes. lls fabriquaient leurs semelles de bottes avec des peaux de bélugas. Ils pouvaient marcher dans l’eau et dépecer les baleines.

B. W. Brown / Archives du GTNO N-2001-002-3922

Femmes inuvialuites préparant une peau de béluga, en 1956.


Isiqsiivingmi auyanngurman L’été au fumoir traditionnel En juillet 2005, j’ai rejoint ma famille à Tuktoyaktuk pour la chasse annuelle de bélugas. Des aînés m’ont appris des habitudes de mes ancêtres. Depuis ma tendre enfance, mon frère, ma soeur et moi avons appris de nos parents les façons traditionnelles de préparer la nourriture, façons qu’ils avaient eux-mêmes apprises et adaptées leur vie durant. La chasse aux baleines est un des moments les plus importants de l’année pour notre famille et les autres familles de la communauté. Nous continuons à chasser les baleines pour nous nourrir. Mais, en écoutant des aînés comme Adam et Annie Emaghok, David Nasogaluak, Dora et William Raddi Sr et mon oncle Boogie, j’ai appris que nos ancêtres utilisaient aussi les baleines à d’autres fins. J’ai beaucoup aimé les expériences que j’ai vécues cet été-là. Je suis reconnaissante à l’égard de ceux et celles qui continuent de participer à la chasse annuelle de bélugas. La chasse aux baleines est une véritable expérience familiale. ~ Myrna Pokiak


Les préparatifs

On se prépare à aller à la chasse bien avant de prendre la mer. Il faut ramasser du bois, trouver et nettoyer des contenants pour l’entreposage, préparer les harpons, aiguiser les couteaux et les ulus. Toutes ces activités tiennent tout le monde occupé, pendant que nous attendons les conditions météorologiques favorables et l’arrivée des baleines.


Il y a beaucoup de bois de grève le long des rives est et ouest de l’embouchure du fleuve Mackenzie, ainsi que dans les ports à proximité de Tuktoyaktuk. Nous l’utilisons pour nous chauffer, cuisiner et fumer la nourriture.


Différents morceaux de bois sont ramassés pour le fumoir traditionnel, certains pour allumer le feu, d’autres pour fumer la nourriture.


Les fumoirs ne se ressemblent pas tous, mais ils sont utilisés aux mêmes fins, c’est-à-dire préparer et conserver la nourriture.


Dora Raddi suspend le corĂŠgone (poisson blanc) dans son fumoir avant de prĂŠparer la viande de baleine.


La marmite de Dora Raddi appartenait à son père. Elle l’utilise chaque année pour cuisiner le maktak.


Adam et Annie Emaghok utilisent ce fumoir et cette marmite année après année pour préparer la viande de baleine avec leur famille.


Mon père, James, prÊpare son harpon.


Le harpon est prĂŞt. Maintenant, nous attendons que le temps soit propice pour aller chasser.


Lorsque les vents et les eaux sont calmes, c’est le temps de chasser les bélugas. Cette photo a été prise à 3 heures du matin, juste avant de partir à la chasse.


Le maktak et la viande de baleine Le dépeçage et l’entreposage de la viande, de l’huile et du maktak de béluga requièrent beaucoup de travail. Si le travail est fait minutieusement, nous avons de la bonne nourriture de béluga pour toute l’année.


Ma mère, Maureen, découpe la nageoire caudale et les nageoires pectorales avant de préparer le maktak vieilli, le mets préféré des aînés et de tous ceux qui l’ont goûté. Les nageoires sont délicieuses quand elles sont fraîches.


Ma soeur Rebecca enlève une couche de tendon des gros morceaux de peau et de gras. Les tendons servent à nourrir les chiens.


Les morceaux de peau et le gras (maktak) sont coupés en longues lanières qui sont suspendues sur des morceaux de bois pour en extraire l’excédent d’eau et d’huile.


La maktak est suspendu pendant quelques jours, après quoi chaque carré est coupé et placé dans la marmite.


Ma mère aime faire cuire le maktak pendant une heure et demie ou deux heures. S’il est cuit trop longtemps, la peau extérieure se détache.


Le maktak fraîchement cuit a encore une épaisse couche de gras – qui contribue à sa conservation.


Dès qu’il est cuit, le maktak est placé sur du carton où il refroidit.


Le meilleur casse-croûte est le maktak fraîchement cuit, trempé dans une sauce HP, et servi avec le thé fumé.


La viande est coupée de la carcasse et tranchée en longues, minces bandes, alors elle est fumée au-dessus d'un feu pour la sécher et la rendre savoureuse.


Une fois séchée, la viande est coupée en petits morceaux et conservée en huile de baleine.


Entreposage

De grandes quantités de maktak sont mises de côté en prévision du long hiver, dans des contenants d’huile de baleine, ou dans des congélateurs électriques ou des glaciaires creusées à même le pergélisol.


L’huile est faite à partir de l’épaisse couche de graisse sous la peau.


Le gras est tranché en lanières et placé dans un seau muni d’un couvercle perméable à l’air, comme du carton ou un tissu léger.


Les lanières de gras se dissolvent dans l’huile et acquièrent une saveur fumée et vieillie.


Le maktak vieilli, le maktak cru, la viande séchée et le poisson séché sont conservés dans l’huile.


La plupart des familles aujourd’hui conservent la nourriture dans des boîtes en carton, des sacs ou des contenants en plastique qui sont placés dans des congélateurs commerciaux.


Certaines familles utilisent également la glaciaire communautaire à Tuktoyaktuk. Celle-ci est creusée dans le pergélisol.


Il y a 19 espaces pour les familles qui dĂŠsirent utiliser la glaciaire.


La préparation des peaux

Les aînés aiment raconter leurs souvenirs de leurs parents et de leurs grands-parents qui vivaient des terres et de la mer. En parlant avec eux, j’ai appris que les peaux de bélugas étaient utilisées pour fabriquer des semelles de bottes et des cordes épaisses. Annie Emaghok, mon oncle Boogie (Randal Pokiak), ma mère, ma soeur et moi avons écharné et séché une peau de baleine, comme nos ancêtres le faisaient.


Le gras est soigneusement coupé en tranches à partir de la couche intérieure de la peau (kaanniq). Cette couche sert à fabriquer des semelles de bottes, des cordes et d’autres choses.


La couche extérieure de la peau est ensuite raclée. Cette partie de la peau est très savoureuse. Parfois, elle est mise dans l’huile de baleine lors de l’entreposage et pour lui donner une saveur.


Les aînés disent qu’il est plus facile de gratter la couche intérieure de la peau sur un rondin. B. W. Brown / NWT Archives N-2001-002-3922


Les deux côtés de la peau doivent être raclés.


Une fois que la couche intérieure de la peau (kaanniq) est bien raclée, elle est fixée sur un carton et séchée à l’air. Nos ancêtres avaient l’habitude d’étendre les peaux au sol et d’utiliser des chevilles en bois pour les étirer.


Kaanniq

Maktak

Peau de béluga raclée, étirée et séchée (kaanniq) faite à partir de la couche épaisse et caoutchouteuse du maktak.

Maktak est un mot inuvialuktun qui se prononce «muktuk» – les trois couches de la peau du béluga et une couche de gras.

La chasse aux baleines est importante en raison de la valeur nutritive que nous procure ce type de nourriture. Cette chasse implique beaucoup de travail, mais, une fois la nourriture préparée, nous avons l’impression d’avoir accompli quelque chose dont très peu de gens font l’expérience. James Pokiak, chasseur de bélugas, 2005


qitirusiq • lunch 2

3 1

6

4

2 5

Mamaqqiarnaqtut! Délicieux! 1

2

3

4

5

6

tibliqsiaq

quaq

uuyuq

mipku

ulu

uilaq

maktak vieilli

viande crue congelée

maktak cuit

viande séchée

couteau de femme

maktak cru


Atuaksavut Qilalukkat Sivuniptingnun Les baleines dans l’avenir La gestion de la population de bélugas permettra aux futures générations d’Inuvialuits de poursuivre leurs traditions de chasse à la baleine.

Le Comité mixte de gestion de la pêche (CMGP) a été créé en vertu de l’Accord final des Inuvialuits pour informer les Inuvialuits et le gouvernement du Canada sur les pêches dans la zone de peuplement des Inuvialuits.

Un programme de surveillance des bélugas a été mis en place dans la zone de peuplement des Inuvialuits il y a plus de 20 ans. Des Inuvialuits et des biologistes travaillent ensemble à recenser les bélugas, à les mesurer et à prélever des échantillons sur les bélugas attrapés chaque été.

Lois Harwood, Pêches et Océans Canada

Les chasseurs inuvialuits ont travaillé avec le CMGP pour élaborer et mettre en ?uvre le Plan de gestion des bélugas dans la mer de Beaufort. Ce plan inclut des règlements spécifiques aux communautés qui régissent la chasse aux bélugas, ainsi que des lignes directrices relatives à la protection de leur habitat.


Beluga monitoring Each coloured line represents the movement of one beluga whale tracked during 2004.

Russia

CHUKCHI SEA

BEAUFORT SEA

United States BERING SEA

Canada 0

95

190

380

570

Kilometers 760

Jack R. Orr, Pêches et Océans Canada

Cette technologie moderne de repérage par satellite est utilisée pour suivre les déplacements des bélugas. Les efforts coordonnés de diverses nations circumpolaires sont requis afin de s’assurer que la population de bélugas restera en santé pour les futures générations d’Inuvialuits.

Émetteur-récepteur qui permet de suivre les déplacements des baleines par satellite. Nos aînés nous ont dit que les terres et les eaux avaient pris soin d’eux pendant des siècles et qu’elles prendraient soin de nous durant les siècles à venir, si nous prenions soin de notre environnement. Billy Day, ainé inuvialuit


MENTIONS DE SOURCE Merci à la famille Pokiak pour sa contribution inestimable à l’exposition Qilalukkat! Belugas! Les membres de cette famille ont fourni des recherches, des entrevues menées auprès d’aînés, des photos de leur fumoir traditionnel, des documents pour le diorama et certains de leurs propres outils . Quyanni.

James, Rebecca, Maureen, Myrna et Jacob Pokiak, Tuktoyaktuk, 2005.

Connaissances traditionnelles:

Annie et Adam Emaghok

Clarence Mangelana

Dora et William Raddi Sr.

David Nasogaluak

Billy Day

Felix Nuyaviak

Remerciements Comité mixte de gestion de la pêche, Inuvik, NTO Ministère des Pêches et des Océans (MPO) (Canada) Lois Harwood, MPO Traductions de l’inuvialuktun par Beverly Amos Narrration de l’inuvialuktun par Albert Elias Illustrations par Autumn Downey Couteau sur une table de dépeçage donné par James Pokiak Ulu sur une table de dépeçage fabriqué par Mary Ann Taylor Harpon moderne fabriqué par Clarence Mangelana Sons du béluga fourni par PMO Émetteur servant à la télésurveillance satellitaire des bélugas fabriqué par Wildlife Computers

Beluga en français  

Comprehensive French-language accompaniment for the Prince of Wales Northern Heritage Centre's Beluga Exhibit.

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