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Les Mains

Laissez les doigts défier le temps.

Trésor de nitrate d’argent,

Ceux de ma mère taillent la vigne,

écaillé de jaune par le temps,

ceux de sa mère, le calico –

anime mon coeur,

petites mains,

ce loup de mer –

mains ouvrières...

défie mes doigts,

mères à rebours –

ceux de leurs

là dans mon âme,

mères...

les mains de mon arrière grand mère,

Ravive

mainte fois meurtries par la mer.

l’épopée

Le temps amarre les destinées

du hareng.

le long des quais. Lerwick, Fécamp ou Baltasound, plus de Terre-Neuvas, sixareens... les tonneaux brillent sur pellicules, fichés, filletés, un microcosme sur microfiche comme un trésor en noir & blanc. Cette femme qui vide le poisson calque les traits de mon ancêtre : menue, coiffée d’un foulard blanc, petite soeur bénédictine – lame normande ou shetlandaise, mains écorchées en parallèle des deux côtés de l’océan.

© Nat Hall 2006


Les mains