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les enfants du petit poucet. chemins de grands rêves. l’empreinte sous le sable. la stratégie de l’escargot. cartographie imaginaire. sous les baisers du vent. voyageurs impudents. chemins de traverses. migrations mentales. voyages imprudents. le sentier de plumes. odyssées intérieures. le petit migrateur. les transhumains. plus loin devant. exodes de récits. récits en balade. valises pleines. nomads land. croisements. va et viens. migrations. deballages. traversées. errances.

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Traverses


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Daddy Longues-Jambes

Daddy Longues-Jambes noönK - illustré par Luh

Flora se souvient. Quand elle était petite, elle a vécu avec les gitans, en Inde. Elle est restée six mois, à boire comme eux les bacilles du Gange. Elle n’a aucune image de ce temps-là, sauf d’un vieillard aux orbites creuses, à l’hôpital. Elle se souvient encore qu’elle était très malade. Elle était si maigre, qu’elle croit toujours que sa peau s’était retournée comme une chaussette, et que ses os étaient à l’extérieur d’elle-même. Une brève vision tanne son esprit adolescent, alors qu’elle me parle : elle est toute nue, recroquevillée dans un minuscule lavabo de l’hôpital de Pondichéry, et elle est aussi grosse que son kangourou en peluche. Ca a été un sale moment, mais Flora n’en souffre plus. Aujourd’hui, m’a-t-elle dit, son père revient. Et moi qui vous raconte cette histoire, au moment précis où Flora a dit ces derniers mots, j’ai senti mon cœur se contracter à en éclater, car quelques jours auparavant, j’avais rencontré l’homme que la fillette attendait. 88

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C’est un homme hirsute. Il arpente le béton, poursuivi par une petite carriole bringueballante, qu’il tire comme un bœuf son joug. Je l’ai croisé plusieurs fois le long des autoroutes et des nationales en Galice. Il ne prend ni les chemins de randonnée, ni les sentiers boisés. J’ai su très vite qu’il allait droit au but. Il a l’air jeune derrière sa vieille barbe, ce gars ; il est assez grand, maigre, et brun, quasiment de la même couleur que son surcot passé. Il marche du matin au soir d’une allure ni lente, ni rapide, régulier comme une horloge. Et il abat tant de kilomètres de jour en jour, qu’il est surpris que nous nous rattrapions l’un l’autre, quotidiennement. Il me dévisage alors, et je porte la main à mon visage rasé, me sentant si pâle à côté de lui, qui a accueilli tant de soleil. Un matin, nous nous sommes retrouvés, malgré nous, dans la même auberge, nos doigts glacés et nos cœurs engourdis. Il a enfin parlé. 90

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Il a dit quelques phrases, je m’en souviendrai toujours, car nul ne pensait briser son mutisme ici ; le tenancier de l’auberge m’avait observé au même titre que les autres clients, d’un regard pénétrant et incrédule, comme si j’étais homme à savoir parler aux fantômes. Le maigre voyageur m’a dit qu’il était parti retrouver son enfant. Il n’avait jamais demandé son chemin qu’une fois, et ce n’était pas à moi. Il l’avait bien regretté, car il lui avait fallu dire des mots avec sa bouche. Lui qui osait déjà si peu respirer, il avait cru vomir ses intestins sur son interlocuteur. D’ailleurs, ce dernier, un jeune randonneur aux oreilles apprivoisées d’un walkman, s’était enfui. Il m’a dit son nom alors que je ne le lui avais pas donné le mien. Il me l’a offert comme son cadeau le plus cher. Daddy Longues-Jambes a quitté sa petite fille il y a cinq ans. Daddy Longues-Jambes a aussi un prénom : « Jacques ». Ce jour-là, me raconte-t-il, la petite Flora avait sangloté jusqu’à s’en bruler, et le village commençait à s’inquiéter, car un cœur de ce pays n’aurait jamais dû tant défaillir, fût-il un cœur de fillette. Mais en ce temps-là, Jacques était hagard, et la petite Flora voyait l’esprit de son père se consumer sans discontinuer d’un mauvais feu. Or la petite fille savait déjà à son âge ce qu’était la seule issue de la blanche héroïne. 91


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Alors que l’agonie de Jacques se prononçait, le docteur était venu, et Flora avait été invitée à jouer dehors ; mais elle tournait désespérément autour de la maison, en attendant que le docteur s’en aille. Lorsqu’il avait poussé les rideaux, la petite fille n’avait pu attendre le verdict du médecin et s’était enfuie hors du village. Quelqu’un l’avait rattrapée, et il avait fallu hurler plus fort qu’elle pour lui apprendre la bonne nouvelle : Daddy LonguesJambes était sauf. Mais il n’était pas tiré d’affaire pour autant : il devait sortir du cercle infernal dans lequel il était venu se réfugier. Alors il avait préparé son sac devant sa fillette, et lui avait promis que lorsqu’il reviendrait, il serait un vrai papa. Il avait pris une carte, avait regardé quel était le point sur la terre le plus loin de sa petite maison de Fisterra, et il s’était retrouvé en Chine d’un trait, en avion, avec ce que son sac pouvait contenir. Et pendant cinq ans, il avait marché. Jacques s’est arrêté subitement, comme frappé d’hébétude. Il a fait tinter 92

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une pièce près de la tasse vide de café, et m’a adressé un bref adieu, le regard fuyant. Et je l’ai laissé s’en aller. Que pouvais-je faire d’autre ? Je suis resté deux heures à l’auberge, le temps que l’aiguille menue de l’horloge en annonce dix. Au rythme où j’allais, je devais arriver à Compostelle le lendemain, et je n’espérais pas revoir mon homme. L’après-midi qui a suivi notre brève rencontre, j’étais plus que jamais en élévation sur les sentiers. Les ampoules, qui constellaient mes pieds de voyageur, ne m’ont pas empêché de marcher longuement. J’ai laissé le soleil s’abaisser vers l’horizon, en espérant qu’il resterait un lit pour moi, dans le gite d’étape que je convoitais pour mon corps épuisé. Les bêtes du soir s’égayaient au-devant de mes pas. Un oiseau audacieux a chanté une sérénade, et j’ai vu dégringoler sur la rocaille l’un de ces étranges insectes patauds, aux pattes filiformes, rassemblées par un corps en forme de graine. J’ai tenté en vain de me souvenir de son nom. Le chemin forestier passait à côté de l’autoroute à présent. Et l’horizon était rougeoyant, lorsque j’ai subitement aperçu sur le bas-côté la silhouette longiligne de Daddy Longues-Jambes, marchant à pas pesants sur le goudron, suivi de son bagage sur roues. Il marchait, le regard fixé sur l’énorme pancarte bleue, annonçant quarante-trois kilomètres pour Compostelle. 93


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J’ai hurlé son nom, et malgré le vrombissement des voitures, il m’a entendu. Je l’ai rejoint, traversant la grande route bardée de bolides. Et avant même que j’aie pu le lui demander, à peine sa timide accolade terminée, il a poursuivi son histoire. Que de pays il avait traversé : la Chine, le Myanmar, l’Inde, l’Afghanistan, l’Iran, la Turquie, les Balkans... Puis l’Italie, la France où il avait attrapé le chemin de la Via Podiensis, au Puy. Jacques a déroulé l’étendue des beautés et des misères de sa longue marche : les hippocampes séchés du Yunnan, les jeux de hasard à Yangon, les singes qui avaient partagé son banc et son repas en Inde, une fillette qui ressemblait si fort à sa petite Flora en Iran, et le Kurdistan, et la sale fièvre dans les Balkans. Le long récit qu’il faisait de son voyage était entrecoupé d’interrogations et de bégaiements ; j’ai vite deviné que c’était la première fois qu’il racontait 94

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tout son périple. Car c’était une évidence : il était seul avec lui-même. C’est la solitude qui l’avait emmené sur la route. Ce qui avait été intolérable depuis si longtemps était devenu simplement un constat : nul autre que lui ne pourrait jamais être dans sa tête. Jacques s’en était rendu compte la veille, en parlant avec moi. Et en fin de compte, cela lui convenait, même s’il avait le gout de ma compagnie. Je lui ai avoué que je me sentais moins seul avec lui. Et il a souri : nous n’étions plus des enfants. Jacques avait rendez-vous dans deux jours, à quelques kilomètres avant Fisterra. Une grande fontaine avait été choisie autrefois comme lieu de rencontre, avec sa fillette. Et l’horaire : midi. J’ai ri. Ce jour-là, très exactement, j’aurais quarante ans. La voix rauque de Jacques a interrompu le cours de mes pensées : - Tu viendras avec moi jusqu’au rendez-vous ? - Mais... Le regard de Jacques était d’une telle acuité que j’ai accepté. Il a paru rassuré et a repris la marche. Pour moi, j’étais troublé. Je devais m’arrêter initialement à Compostelle. Je n’avais rien contre Fisterra. Il est notoire que le chemin des étoiles ne s’arrête pas à Compostelle, mais au bord du monde, face à la mer, au finistère. À Fisterra. Nous avons dormi à la belle étoile et n’avons rien su dire. Le lendemain, nous sommes arrivés à Compostelle, que nous avons promptement quittée, le 95


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cœur dépassé par la ville. L’angoisse de Jacques m’avait contaminé et m’avait ôté la voix. Il ne parlait plus du tout non plus. Il m’a fallu un grand effort pour lui demander la raison pour laquelle il ne parlait que de sa fille. Il s’est arrêté, et m’a regardé, le front plissé : - Je n’aime plus ma femme. C’est terrible, je ne l’aime plus. Je l’ai oubliée. Même pas en voyage, non, tu sais. Pendant que j’étais malade, mon cœur n’était plus capable d’amour pour ma femme. Je reviens pour mon enfant. Je me suis tu. Je me suis soudain rappelé que j’avais moi aussi une femme ; par malheur, elle ne me manquait pas. Ce qui est troublant dans la marche vers les étoiles, c'est que tout le monde prend le même chemin. Nous sommes enfin arrivés au lieu de rendez-vous. Le chemin y passait. La fontaine était petite et grise, presque un abreuvoir, non loin de l'orée d'un bois. Nous 96

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nous sommes allongés sur l’herbe, à côté du chemin, et le temps a passé sous nos yeux doucement, dans la quiétude matinale. Subitement, Jacques s’est retourné vers moi, et m’a regardé, l’air désemparé. - Tomas ? C’était la première fois qu’il m’appelait par mon nom. - Oui ? j'ai répondu. - Je me sens bizarre. T’ai-je parlé de mon voyage ? - Hier encore... - Je ne me souviens plus de mon voyage. - Et toutes les anecdotes ? Et la sale fièvre dans les Balkans ? Jacques s’est affaissé. - Je sais que je t’ai raconté mon voyage, mais je ne sais plus ce que j’ai vécu. Je n’ai rien répondu. Je ne savais pas quoi dire… Jacques était le seul à connaitre son voyage, et s’il ne se souvenait plus de rien, je restais l’unique personne qui sût tout de ses dernières pérégrinations. Ça me peinait, ça me pesait. Il m’avait chargé d’un étrange fardeau, sa propre vie, que tout le monde au retour voudrait aspirer. - Jacques, tu te souviens au moins de ton nom ? - Jacques, oui. Et mon nom c’est Daddy Longues97


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Jambes. - Et ton nom, ton vrai nom ?  J’avais dit ça d’une voix presque agressive. Je voyais bien que je m’emportais. Jacques a répondu d’une voix étrangement sourde : - Je ne me souviens plus. - Écoute, Jacques, on arrive bientôt au rendez-vous, non ? Tu as bien fait d’arriver en avance, ça te donnera le temps de te souvenir. Tiens, ai-je dit en plongeant un mouchoir dans l’eau fraiche de la fontaine, et lui tendant le linge humide, rafraichis-toi les tempes.  Mais Jacques s’est approché et a plongé directement les mains dans l’eau cristalline. Les gouttelettes fraiches sur sa tignasse noire lui donnaient l’air d’un homme des premiers cieux. J’allais lui parler, quand il a porté impérativement le doigt à ses lèvres. 98

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- Un faucheux, juste là, dans tes cheveux audessus de ton front, a-t-il murmuré. Il s’est avancé vers moi, et j’ai senti le frôlement des pattes s’agiter au dessus de mes sourcils. C’était l’un de ces insectes aux pattes filiformes dont le nom m’avait échappé. - Il est parti. Tout va bien, a dit Daddy LonguesJambes tout bas. Et après m’avoir embrassé avec émotion, il est parti lui aussi. Oh, je sais, c’est incompréhensible. Il était encore là il y a quelques minutes. Et il est parti. D’un seul coup. Daddy Longues-Jambes s’en est allé. Il s’est évanoui dans la nature. Je n’en revenais pas. C’était la dernière fois que je devais le voir de ma vie entière. Sa silhouette brune d’homme fatigué est devenue une simple tache dans le vert des feuillages. J’ai pris le parti de faire une sieste pour échapper à l’anxiété qui me gagnait. Peu avant midi, je savais que je n’avais pas le courage de vivre un tel moment : la petite fille allait arriver, chercher son père près de la fontaine, y trouver l’étranger que j’étais. Son désappointement énorme me transpercerait le cœur, ce serait la pire chose que j’allais vivre : la déception d’un enfant devant quelque chose d’aussi considérable que son droit de retrouver son père. Cette situation, c’était une injustice intolérable, et pour 99


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elle, et pour moi. Peut-être même qu’elle chercherait sur mon visage des traces de son père, mais non, rien, rien de rien. Pris de panique, j’ai quitté la fontaine et me suis accroupi à vingt mètres de là, sous les frondaisons de la forêt. Et j’ai attendu. La petite fille que je m’attendais à voir avait douze ans. Elle avait les cheveux blond vénitien, un teint mat et portait un grand jean extra large et par-dessus un tee-shirt orange, comme un soleil, avec des inscriptions jaunes et bleu vif. Sa silhouette d’adolescente était menue, mais plutôt sportive. Elle s’est avancée timidement vers la fontaine. Ses épaules se sont relâchées. Ça y est, je n’en menais pas large. Elle a laissé sa main baigner dans l'eau fraiche, puis a bu un peu, avant de m’apercevoir. Son regard s’est aimanté sur moi, mais elle n’a pas quitté la fontaine. Midi est arrivé, et l’adolescente attendait toujours. Ses yeux me 100

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fixaient sans discontinuer, comme si, au loin, elle pesait mon âme de son regard. J’ai sorti de mon sac les sandwiches et les fruits pour déjeuner et désamorcer le regard fixe de la fillette. Elle s’est assise contre la vasque. Et elle s’est mise à pleurer, broyant mon cœur dans un étau invisible. J’ai posé le sandwich au-dessus de mon sac et me suis dirigé vers elle, le regard baissé. Ma voix mourante ne recelait aucun courage, mais je me souviens avoir réussi à dire : - Ça va ? Tu attends quelqu’un ? - Oui, a-t-elle dit le ton plein d’espoir. J’attends mon père. Et vous, vous attendez quelqu’un ? - Non, ai-je menti. Je suis pèlerin de Compostelle. Je fais juste une halte ici pour manger et me reposer.  La petite a baissé tristement les yeux, puis elle a tendu soudain un doigt vers le sol. Un faucheux se dandinait contre la terre aride. - C’est un... - C’est un faucheux, l’ai-je interrompue. - Moi, je connais le nom anglais : daddy long leg. Quand j’étais petite, je disais toujours le nom anglais, je ne sais pas pourquoi. En français, ça veut dire Papa Longues-Jambes. Alors j’ai repris, sentant le rouge me monter aux joues : - En fait, ce n’est pas vrai, j’attends moi aussi. Je suis très fatigué et j’ai peur de tomber malade. C’est à 101


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cause du voyage, ça fait vraiment longtemps que je voyage. - Quand j’étais petite, j’ai été très malade moi aussi. - Ah oui ? ai-je dit en mordant ma lèvre. - Ma mère m’a emmenée partout avec elle. On était toujours toutes les deux parce que je n’avais plus de papa.  Et elle m’a raconté l’histoire de l’hôpital : l’eau du Gange, le vieillard aveugle, et la maladie qui l’avait transformée en une petite chose si maigre et si faible. Mon coeur se serre douloureusement dans ma poitrine. Mais Flora n’en voit rien et poursuit : - Aujourd’hui, c’est un beau jour. Je ne sais pas si je vais le reconnaitre. Je devrais être à l’école. Maman ne sait pas que je suis ici. Elle ne veut pas croire que Papa reviendra ; elle croit qu’il est mort. C’est ce qu’ont dit des gens qui l’ont 102

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rencontré, là-bas. - Tu es allée en Inde pour retrouver ton père ? - Maman et moi, nous sommes allées là-bas, et on l’a cherché. - Tu t’appelles comment ? - Flora. Et toi ?  Je m’apprête à dire mon nom, mais allez savoir pourquoi, étrange cruauté, je réponds : - Je m’appelle Jacques. Contre toute attente, Flora est déçue. Puis elle se met en colère. - Ce n’est pas vrai, tu ne t’appelles pas Jacques. Jacques, c’est le nom du chemin des étoiles. Ton vrai nom, c’est... - Tu as raison. Mon vrai nom, c’est... - ... c’est Tomas.  J’en ai le souffle coupé. - Je m’appelle Tomas.  Elle se blottit soudain contre moi. - Tu es mon papa.  Et je la serre contre moi, car au moment précis où elle devine mon nom, je sais que je suis de retour.

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noönK (Karen Guillorel) Daddy Longues-Jambes Née en 1978, noönK (prononcez [nounka]), a coédité Chasseurs de Rêves et Terra Incognita (Grand Prix de l’imaginaire en 2002). Le goût de l’écriture et du voyage l’embarquent à l’autre bout de la terre régulièrement, et entre temps, elle travaille avec bonheur dans le jeu vidéo, l’audiovisuel et la presse, changeant de métier comme de chemises. Depuis deux ans, c’est l’écriture de nouvelles et de scénarios qui la font respirer. Lauréate du concours de nouvelles de Nanterre pour sa nouvelle Le ravissement de Stanislas. Son premier roman, La raison d’une éclipse sortira à la fin de cette année chez Egone. L’adaptation en scénario de cette novella a été remarquée par le jury du Concours du scénario junior SOPADIN. Elle a aussi reçu le troisième prix du concours de scénario Acapabar pour Les chantres électroniques dont le destin heureux sera de devenir une bande dessinée. Revenue d’un voyage de sept mois à pied et à vélo de Paris à Jérusalem en passant par Istanbul, elle prépare mille projets d’édition, mais surtout l’ouvrage Chemins de Croix en collaboration avec JeanMarie Vivès et Catherine Deschamps. Le site de ses productions : www.noonk.com Son site perso : www.myspace.com/karenguillorel Le site de ses voyages : www.autrechose.net


Traverses Vous venez de lire un extrait de Traverses, recueil de textes et d’images consacré au voyage imaginaire, présentant les dessins et les textes de 15 artistes : Jérôme Boulbès Jean-Yves Kervevan Jean-Marie Vivès Yann Minh Luvan Catherine Deschamps Hors Humain Eikasia noönK Lucile Haute (Luh) Laurent Bramardi Philippe Jozelon Rachid Guendouze Luu Sylvia Zapiain Pour retrouver le recueil complet en accès libre, rendez-vous sur : www. traverses-lelivre.com Édition: Karen Guillorel, Autre Chose, Chasseurs de Rêves E-book : Octavie Piéron Mail: info.traverses@yahoo.fr Livre diffusé sous licence Creative Commons. Vous pouvez le lire, le reproduire et le diffuser librement, mais vous ne pouvez pas le modifier ni en faire un usage commercial sans l’autorisation des auteurs

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écrit par noönk illustré par Luh dans le cadre de Traverses, livre voyageur - vous n’avez pas le droit de modifier, de transformer ou d’adap...