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Nolwenn Maudet projet professionnel - CCF1


L’écriture, les ados et le numérique L’importance du support L’écriture et l’image La trace du geste L’existant Des pistes envisagées Un cahier des charges Notes et bibliographie


l’écriture,

approche générale et définition d’une notion au coeur d’enjeux contemporains

«De toutes les inventions de l’homme, l’écriture est sans conteste la plus extraordinaire» le miracle de l’écriture, Anne Zali (2001) Évidence de nos vie, l’écriture accompagne chacune de nos journées, à tous les coins de rue, dans nos journaux, nos livres ou bien même, pixelisée, sur les écrans plats de nos téléphones portables. Pourtant, à bien y regarder, l’écriture est encore bien plus que cela. Au fondement-même de notre civilisation, l’écriture est un terme vaste qui désigne plusieurs éléments distincts. Pour le Larousse, elle est à la fois un système de signes graphiques (dont l’alphabet latin ou les logogrammes japonais -les kanjis- en sont des exemples), mais elle désigne également la manière propre à chacun de former les caractères (on dit: avoir une belle écriture) ou bien même, encore, la manière d’exprimer sa pensée par l’écrit. Il sera ici question de l’écriture au sens, très large, de la dernière définition du Larousse. Avant d’exposer le contexte et les enjeux fondamentaux actuels dans lesquels l’écriture tient une place centrale, un petit état des lieux quant à son histoire et son impact sur la cognition s’impose: les historiens ont fait de l’invention de l’écriture (en Mésopotamie 3 400 ans av. J.-C) la frontière entre la préhistoire et l’histoire, preuve, s’il en était besoin, de son importance dans l’évolution de l’humanité. Pendant deux millénaires, elle restera surtout un

instrument aux mains du pouvoir, d’abord destiné à la tenue de registres dans le commerce et, déjà, comme outil de propagande dans des récits à la gloire des puissants. Mais en Grèce, il y a 2 500 ans, l’écriture passe du scribe au savant et devient alors un tremplin pour la connaissance, un véritable bond en avant dans l’histoire de la pensée (1). Longtemps directement opposée et assujettie à la langue parlée, il apparaît aujourd’hui que l’écrit ne relève pas des mêmes caractéristiques que la langue orale. En effet, Pour R. Harris, in The Origin of Writing (1986), l’écriture n’est pas, comme on le pense encore parfois, un « écho graphique de la parole », mais un système de représentation des idées qui possède sa propre autonomie. ll repose dès l’origine sur le principe de la métaphore et la métonymie (2) Selon lui, l’écriture engendre un surplus de sens inépuisable et contribue à la modélisation du réel car elle est produit d’une pensée structurée, (c’est particulièrement flagrant lors de la rédaction de listes et de registres par exemples). En rédigeant un texte, on a la possibilité de contrôler les mots, de refaire ses phrases, de reformuler ses idées, de les visualiser... Les théories quant à son influence sur l’histoire de la cognition ne manquent pas, et si les modalités exactes de cette influence restent à déterminer, tous les chercheurs s’accordent à penser que l’écriture, dans son sens très large, y joua un rôle fondamental (3)

L’écriture, enfin, c’est la trace par excellence; un instantané de la pensée, une mémoire externe qui permet à n’importe quelle réflexion de franchir les frontières du temps et de l’espace. Un potentiel pour le partage de la connaissance et de la mémoire collective qui prend véritablement son essor avec l’invention moderne de l’imprimerie par Gutenberg. et se fait alors le vecteur d’une révolution capitale: la Renaissance. Aujourd’hui, à l’heure où le taux d’alphabétisation de la population française est de 99%, l’attrait pour l’écrit est loin de se démentir, il suffit d’observer les chiffres en constante augmentation de l’édition du livre en France (55,302 titres en 2003 pour 67,278 en 2010 (4). Mais bien plus encore que sa constituante d’encre et de papier, c’est l’écriture sous sa forme pixelisée qui est aujourd’hui au coeur de nos existences à travers un nouvel espace de la communication: j’ai nommé Internet. Un nouveau souffle de démocratisation, aussi bien dans sa pratique (forums, blogs, chats et même sms) que dans sa diffusion (chacun peut maintenant exposer ses écrits au monde entier) qui en démultiplie l’impact. Pourtant, il semble bien que cette évolution fondamentale de l’écriture fasse couler relativement peu d’encre au regard des passions déchaînées à propos de l’avenir de son pendant directe: la lecture (5). Un aspect révélateur quant au relatif manque d’intérêt des designers sur le sujet?

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Les hommes de bonne volonté de Jules Romain. L’écriture, effervescent miroir d’une oeuvre en formation.


les ados,

et l’écriture, quels rapports et quels enjeux? l’exemple des blogs

Bien loin des préjugés courants de la prétendue désaffection des adolescents pour l’écriture, une vaste enquête de 2000 analysée par le magazine Sciences Humaines montre que 40% d’entre eux s’adonnent à toutes sortes de pratiques d’écriture en dehors du cadre scolaire : rédactions de lettres, de poèmes, de listes, de récits en tout genre... Une pratique créatrice et inventive qui est complètement déconnectée de la contrainte institutionnelle. Si l’on y ajoute, ne serait-ce que l’écriture du sms, (pratique journalière pour plus de 4 ados sur 10) (6) il est aisé de se rendre compte de l’importance de l’écriture chez les adolescents. Aujourd’hui évidente, l’écriture fait l’objet de toute les attentions, avec la lecture, lors de l’apprentissage de l’enfant. Mais restreindre la pratique de l’écriture chez les adolescents à une activité purement scolaire serait une erreur. Outre la véritable importance de l’écrit dans le développement des capacités cognitives, l’écriture est avant tout et surtout un support de la construction de soi (7) à travers ce que le sociologue Malik Allam nomme des « écritures intimes». Ce dernier, auteur d’une étude sur ces pratiques, constate que la rédaction d’un journal intime est souvent associée à des périodes précises de la vie, et particulièrement la crise identitaire de l’adolescence.

Ces derniers sont en effet très nombreux à tenir un journal : 70 % des lycéennes et 27 % des lycéens selon J-P. Albert, sociologue. L’écriture est indéfectiblement liée à la pensée et à son évolution, elle est la traduction d’un imaginaire individuel et social. Le texte, publié ou non, aussi banal soit-il en apparence, s’inscrit dans l’histoire de son auteur. Il crée l’histoire de celui-ci avec, en toile de fond, la société dans laquelle il se déroule. Il conserve fidèlement les traces de son évolution. Un moyen, à l’âge où beaucoup de questions se bousculent, de se construire en se démarquant de quelques 7 milliards d’individus. Sous les traits d’une écriture parfois familière et rapide, parfois appliquée et soigneuse, l’adolescent confie au papier, à l’écran ou la toile ses souvenirs, ses secrets, ses tristesses,ses joies, ses sentiments amoureux, ses colères et de nombreuses autres émotions. À côté du vieux cahier d’écolier ou du carnet protégé des regards indiscrets par un petit cadenas, il faut aujourd’hui s’attarder sur le blog comme support de journal intime. Du coté des adolescents, le phénomène des blogs est symptomatique d’une situation nouvelle et de pratiques de l’écriture profondément bouleversées, à très grande échelle. En effet, un sondage Ipsos de 2010 révèle que la moitié des ados ont déjà

créer un blog ou un site internet dans lesquels l’écriture, si elle n’est pas forcément le but, est bien souvent le premier médium et dont l’usage se rapproche d’un journal (paradoxalement intime et publique à la fois). Ainsi, les adolescents sont devenus, avec l’avènement du web 2.0, des producteurs de contenus et de documents en ligne. Ils reprennent, sur internet, des images médiatiques qu’ils s’approprient, transforment et publient

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dans différents cadres d’autopublication, à la fois personnels et communautaires., car l’écriture est, bien souvent, relationnelle. Ces simples constats démontrent alors que si l’écriture emprunte de nouveaux chemins à l’ère du multimédia, elle est loin d’être démodée. Bien au contraire! Incontestablement en effet, l’écriture a une place (parfois très importante) dans la vie et la construction de soi des adolescents.


et le numérique

une révolution dans les pratiques de l’écriture

Sommes-nous en train de vivre, avec le numérique et internet, une révolution semblable à celle que l’imprimerie de Gutenberg a suscitée? On peut d’ores et déjà remarquer que l’expression «livre numérique» n’est plus une oxymore (1% du marché aujourd’hui, mais 10 à15% d’ici cinq à sept ans) (8). Et si la lecture semble particulièrement visée par les bouleversements du nouveau monde numérique, qu’en est-il de l’écriture? Il semblerait bien qu’après avoir été l’instrument du développement de l’humanisme, l’écriture, sous de biens étranges formes (C, C++, Htlm et autres Php), modifie profondément le monde. La révolution initiée en terme d’usage par le numérique touche aussi bien le «fond» que la «forme» de l’écriture. Il sera, sur cette page, uniquement question de son influence sur les pratiques de l’écriture. Le rapport, intrinsèquement lié, à la forme fera, lui, l’objet d’un développement ultérieur. Si les adolescents sont si nombreux à utiliser les potentialités de ces nouvelles formes de l’écrit, c’est parce que le numérique offre une richesse des pratiques, jusqu’alors inconnue, bien loin de l’écriture secrète des fonds de tiroirs. Pour la première fois, les écrits sont accessibles au monde entier, partout, tout le temps. Mails, chats, forums,

blogs, sms et autres sites internet sont autant de nouvelles forme de l’écriture, aux visées différentes mais obéissant chacunes à des règles précises et dont la caractéristique principale est d’être une écriture relationnelle, utilisée autant comme moyen de communication que d’expression de soi. Ils ont également vu naître un univers de techniques propres, de l’écriture influencé par les procédures et interfaces informatiques, mais aussi par le mode de «consommation» de textes lus sur écran d’ordinateur. Layotard, dans la condition post-moderne (1979) met alors déjà en lumière une nouvelle conception du monde qui réfute toute crédibilité aux «grands récits». Une assertion étonnamment reflétée aujourd’hui par l’Internet qui, pour Matthieu Paldacci (9), semble créer une «continuité textuelle, conjuguée avec une fragmentation et un éclatement des discours». Dans le passionnant ouvrage de Alexandra Saemmer et Monique Maza: E-formes, écritures visuelles sur supports numériques, plusieurs formes de «littérature numériques» sont présentées, montrant un aperçu de la richesse des potentialités offertes par ce média, ce que les auteurs nomment une «littérature de la machine». Seul hic, ces formes de liberté dans la contrainte ne sont accessibles qu’à ceux qui maîtrisent plusieurs langues: le français et

le flash par exemple... A l’inverse, outil démocratique par excellence, le blog est accessible à tous très facilement, moyennant une palette de possibilité largement restreinte, voir même véritablement contrainte. Mais, malgré cela, le journal public de l’intime qu’est le blog se transforme souvent en un site personnel sur lequel créations artistiques, états d’âme, extraits de chansons, critiques de films, avis sur l’actualité, photos des copains, partages de passions, témoignages, blagues et poésies s’y retrouvent pêle-mêle. C’est moins par le contenu ou par la démarche qu’il se différencie d’un journal intime manuscrit que par sa technicité et par conséquent les usages qu’il génère. L’étude des blogs, qu’ils soient d’adolescents ou de journalistes, met en relief les modifications simultanées des pratiques de l’écriture et celle de la posture attribuée au lecteur dans ces nouveaux écrits. Ces formats demandent en effet la participation du lecteur, faisant de ses réactions-mêmes une partie de l’oeuvre, un élément du contenu. Il convient aussi de noter qu’à ces formes écrites, les adolescents associent de plus en plus l’image, que ce soit les smileys, les photos ou, dans une moindre mesure les dessins qui nécessitent d’autres périphériques (scanner...).

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le blog «graphisme et interactivité» de Goeffrey Dorne un exemple d’appropriation de l’espace du blog, entre expression de soi et interface relationelle.


l’importance du support

du papier à l’écran, une courte étude de l’importance du support

L’histoire de l’écriture est intrinsèquement liée à celle de son support. Même si, parfois la nécessité contraint à utiliser ce que l’on trouve à sa portée, le plus souvent c’est l’usage qui détermine le choix du support. L’histoire intellectuelle des sociétés humaines est inséparable de l’histoire matérielle des supports de l’écriture ; «Il conditionne, par sa consistance, la forme des graphies, la nature des postures, des gestes et des outils» (10). Le support influence la graphie du texte. On sait maintenant que lorsqu’un Sumérien, vers 3300 avant J.-C., trace les premiers signes «pictographiques» sur une tablette tenue

dans le creux de sa main, l’argile se modèle à sa paume. Les lignes courbes étant difficiles à tracer sur l’argile molle, l’écriture se transforme alors: les signes décomposés en lignes droites deviennent abstraits et s’impriment dans l’argile avec un calame. De même c’est la forme de la feuille de palmier qui a déterminé le format «oblong» des livres indiens. Le support n’est jamais neutre, il est le véhicule d’un message, vecteur d’un savoir. C’est dans la pierre que les civilisations ont gravé, et gravent encore, pour l’éternité, la mémoire des défunts. A l’inverse, les planchettes de bois, les tablettes et autres ardoises ont été utilisées pour l’apprentissage et les écrits

utilitaires. Les supports majeurs de l’écrit, quant à eux, n’ont cessé d’évoluer. De l’argile au serveurs, cette évolution constante des supports a toujours été vers une condensation des textes. L’utilisation du parchemin, par exemple, entraîne un changement fondamental dans l’histoire du livre : le passage du volumen (rouleau) au codex (livre actuel). Cette évolution culmine aujourd’hui dans les nouveaux supports numériques de l’écriture qui lui confère un statut, une liberté et des contraintes nouvelles. Mais le numérique crée un statut ambiguë (et

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fascinant) quant à l’écriture; le texte désormais «s’évapore» et se multiplie, il est à la fois éphémère et éternel, c’est ce que les auteurs d’E-forme nomment la «nouvelle matérialité de l’écriture». Cependant, à l’image des schémas ci-dessus, on est en droit de se demander comment les logiciels informatiques, destinés avant tout à la pratique «administrative» de l’écriture, ont aujourd’hui une influence sur la production écrite des auteurs? Pour Jean-Louis Lebrave, cette influence est considérable et ne doit pas être pris à la légère. Il constate en effet les nombreuses contraintes effectives qu’ils imposent sur l’écriture.


l’écriture et l’image une relation ambigüe

Calligramme, Julius Hyginus, vers 3 ap J-C - Oghuz nâme, XVème siecle - Cahier de Stavelot, Apollinaire,1901 - Les Mots en Liberté, Marinetti, 1919 - Logbook de Christian Dotremont, 1978

L’image et l’écriture apparaissent comme deux idées antagonistes, complètement dissociées dans l’analyse qu’en faisaient les spécialistes. Les civilisations ne maîtrisant pas l’écriture étant d’ailleurs longtemps considérées comme «inférieurs». Pourtant, l’art figuratif est, à son origine, lié au langage et plus près de l’écriture au sens le plus large que de l’oeuvre d’art : « Le graphisme débute non pas dans la représentation naïve du réel mais dans l’abstrait» pour l’anthropologue A. Leroi-Gourhan, Je recommande à ce sujet l’excellent dossier du magazine sciences humaines n°11: «entre image et écriture». Une des formes les plus célèbres de

l’interdépendance et de la relation étroite qui lie l’image à l’écriture se retrouve dans l’art de la calligraphie; peinture parlante, combinaison unique d’art visuel et littéraire. En islam, elle est considérée comme le summum de l’art, utilisée pour elle-même. Méthode d’expression personnelle, au Japon elle dépasse de loin le sens des idées écrites. Le travail est un reflet de la perspective de l’auteur autant que de son état émotionnel. L’exemple du calligramme ou de la lettrine sont également particulièrement parlants. D’ailleurs, pour la psychiatre M-A Du Pasquier, le dessin est, avant même l’écriture, un support de

l’expression corporelle et émotionnelle des enfants. Un engouement pour le dessin et la graphie en général que beaucoup retrouvent à l’adolescence, comme le pendant au sens objectif des mots. En témoigne le nombre des forums et sites de partage de dessins et autres production graphique sur Internet. L’un des plus populaires d’entre eux, deviantart.com, ne contient pas moins d’une petite centaine de million de dessins! C’est l’imprimerie qui, pour la première fois, objective les caractère, et ainsi sépare complètement le dessin de la lettre. Le numérique, maintenant accessible à tous, parachève aujourd’hui l’oeuvre

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de l’imprimerie à une échelle bien plus globale. En effet, il est intéressant de remarquer que les logiciels grands public de traitement de texte (on peut déjà remarquer la créativité induite par le nom!) ne possèdent pas (ou presque pas) d’outils pour le dessin et qu’il en va de même à l’inverse: les logiciels de dessin ne possédant que très peu de fonctionnalités pour l’écriture. Si, toujours, les réactions contre ce système contraignant se sont succedées, on peut, tout particulièrement pointer la volonté du futurisme italien de briser les solides carcans du caractère d’imprimerie et engager un véritable mouvement de libération de l’écriture manuscrite.


la trace du geste

Quelles places pour le geste dans l’écriture à l’ère du numérique?

«Quand je regarde mon écriture, il me semble qu’une légion de fourmis est sortie de l’encrier et a traversé la feuille sans s’essuyer les pieds.» Sydney Smith. Au même titre que la pupille ou la bien nommée empreinte digitale, l’écriture est une signature de l’individu. Plus encore, d’ailleurs, elle est une trace de l’expression de soi, la juste synthèse entre le geste et la pensée. Or, à l’heure du numérique, cette «technologie de l’intelligence» qu’est l’écriture est en train de vivre une révolution majeure: une révolution globale, aussi bien dans ses usages que dans ses formes. Plutôt que de s’intéresser ici aux problématiques des pratiques de l’écriture numérique, qui font régulièrement l’objet de thèses passionnantes (11), il s’agira de questionner cette révolution de la création littéraire sous l’angle fondamental et pourtant quelque peu délaissé, selon le linguiste Jean-Louis Lebrave, de sa forme visuelle. En effet, l’évolution la plus visible de l’écriture est bien celle de ces outils et de ses supports: du papier à l’écran, du crayon au clavier. Une révolution qui bouleverse un aspect majeurs de l’écriture: celui de l’écrit envisagé comme une «trace du geste». C’est ainsi la relation du corps ( ou plutôt du geste) à l’écriture qui sera ici envisagée. Sans vouloir s’appesantir sur des assertions maintes fois répétées, il faut tout de même rappeler combien la condition humaine est expressive. A un point tel qu’il est toujours envisagé d’allier la naissance de l’humanité à celles des premières

formes d’expression utilisées, dont l’art pariétal est un parfait exemple. Pour l’anthropologue A. Leroi-Gourhan l’art paléolithique est d’ailleurs idéographique, ce qui lui fait dire que le geste et la parole sont complémentaires : « Le geste interprète la parole, celle-ci commente le graphisme ». Or le geste, pour le Larousse, est un mouvement du corps, principalement de la main, des bras ou de la tête, porteur ou non de signification. Ainsi, pour Ladislas Mandel in La magie de l’écriture, dans notre écriture gestuelle, les qualités expressives de la voix sont remplacées par un tracé sensible, «quasi chorégraphique», dans lequel le corps de celui qui écrit est investi. Quel meilleur exemple, dans ce cas, que la calligraphie japonaise, à la fois méthode d’expression personnelle et pratique de la méditation où l’écriture s’invente dans un espace à plusieurs dimensions: à la fois «sémiotiques, cognitives, linguistiques et affectives, mouvantes et sensibles aux influences les unes des autres». Pourtant, en occident, la place du corps et donc celle du geste a été l’objet de véritables révolutions qu’il semble important de résumer historiquement ici. Si geste et écriture étaient jusqu’à lors étroitement liés, avec l’imprimerie et la naissance des caractères typographiques, l’écriture se fige et devient indéfiniment répétable: les mots deviennent des choses. Cette objectivisation de l’écriture n’a pas suivi le même chemin dans toutes les civilisations. Pour certaines, le geste était d’ailleurs, jusqu’à très récemment, au centre même de la pratique

Ecriture éphémère, l’eau comme médium, Chine (comme par exemple dans l’islam). Cependant, aujourd’hui, elle prend un tournant nouveau (et mondial) à l’ère du numérique, parachevant l’objectivation de l’écriture initiée avec l’invention des caractères d’imprimerie. En effet, aujourd’hui, et pour beaucoup, le clavier a littéralement remplacé le crayon dans la pratique quotidienne. Ceci est bien entendu d’autant plus vrai lorsque la production est destinée à être publiée sur Internet. Or, les objets matériels utilisés dans l’écriture, qu’elle soit manuscrite ou informatisée, ne sont pas de simples accessoires inertes pour la linguiste Sylvie

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Plane. Chaque scripteur a un instrument d’écriture qu’il réserve à tel type de circonstance, et ceci est dû au fait que les instruments d’écriture sont des objets chargés d’une forte valeur symbolique. A. Leroi-Gourhan, a ainsi mis en évidence le fait que l’instrument «tire le corps vers l’action», en lui offrant des possibilités qu’il ne pourrait concevoir, et l’entraîne ainsi à découvrir des gestes possibles. C’est pourquoi la manière d’écrire change selon l’instrument utilisé. Ainsi l’écriture sur traitement de texte entraîne le scripteur à réaliser des opérations différentes de celles qu’il effectue en écriture manuscrite.


la trace du geste

Quelles places pour le geste dans l’écriture à l’ère du numérique?

Suite à ces constats on peut légitimement s’interroger sur la place du corps vis-à-vis des technologies? Peut-on véritablement concilier expression de soi et diffusion au plus grand nombre. On peut également s’interroger sur l’influence véritable des outils de l’écriture numérique, comme le clavier et le traitement de texte? Sont-ils susceptibles de modifier en profondeur des pratiques d’écriture ou bien, plus profondément encore, des schémas de pensée? Quelle doit alors être la place du geste dans l’écriture à l’ère du numérique? Les pistes de réponse qui pourraient être apportées à de tels enjeux sont nombreuses. Une première façon d’envisager ce changement radical de la conception-même de l’écriture serait tout simplement d’observer que les pratiques actuelles s’accommodent très bien d’un changement de médium. Déjà, objet révolutionnaire en son temps, la machine a écrire fut objet de jeu et d’expérimentations pour les écrivains. L’exemple de Paul Valéry est parlant: il s’amuse à composer dans la page ou bien joue avec des caractères spéciaux pour des compositions ornementales. Chaque nouvel outil de l’écriture serait ainsi un terrain de jeu. C’est, en tout cas l’idée que défend le graphiste Ruedi Baur, pour qui la question de la disparition de la trace matérielle de l’oeuvre serait un faux

problème. De même, Alexandra Saemmer et Monique Maza, auteurs d’E-formes, écritures visuelles sur supports numériques, soutiennent, quant à eux, qu’une dialectique nouvelle se mettra en place d’elle-même, rendant caduque le débat du geste ou celui de la trace. Ils séparent ainsi complètement la question du corps de celle de la technologie. Cette vision résolument optimiste peut cependant être questionnée à la lumière des réflexions du philosophe Marc Jimenez par exemple. En effet, dans son ouvrage Le défi esthétique de l’art technologique, il considère que les changements actuels liés à une certaine dépossession de la technologie (dans le sens où la machine intervient de façon invisible entre l’action et le résultat) sont particulièrement dangereux. L’homme s’en retrouve dépossédé du réel comme il l’est de la matière et cela pourrait le conduire à un dramatique processus de dépersonnalisation. Quant au tracé des caractères, les avantages certains de la lisibilité typographique se payent également écriture devenue anonyme. S’efface alors la singularité et la subjectivité du sujet qui écrit de son corps, par le biais du geste. C’est d’ailleurs cette même appréhension face à la dépersonnalisation de l’écrit que note le peintre et l’écrivain Christian Dotremont: «Imprimée, ma phrase est comme le plan d’une ville ; les buissons, les arbres, les objets, moi-même nous avons disparu. Déjà lorsque je la recopie {numériquement}, et me

fais ainsi contrefacteur de mon écriture naturelle, elle a perdu son éclat touffu {...}». A Leroi-Gourhan quant à lui, dans le dernier chapitre de son livre Le geste et la parole s’intéresse à la distance nouvelle entre l’homme et la technologie; et il affirme qu’en plus de creuser ce fossé, l’absence ou la déconnexion du geste par rapport à l’action conduit à une forme de pauvreté de l’usage. Une thèse étayée par les analyse de Jean-Louis Lefabre sur les logiciels de traitement de texte. Ces derniers sont en effet avant tout destinés à la production de textes administratifs. Cependant, il semble que la question du geste et de la trace doive être abordée à la lumière d’une notion d’un autre ordre, celle de la démocratisation effective de l’écriture numérique comme acte créatif. Si Les auteurs d’E-formes écritures visuelles sur supports numériques montrent combien l’apparente complexité des contraintes de l’écritures est source de créativité (les récentes oeuvres de Sophie Calle comme «vingt ans» en sont la preuve), il faut préciser que de telles créations nécessitent des connaissances précises qui ne sont pas accessible au commun des mortels, ceux qui utilisent les outils de l’écriture démocratique par excellence (quoique..) que sont les blogs. La question de l’outil est donc également à envisager sous un angle plus social. La créativité, la liberté de

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la forme, des formes, étant réservée à une certaine «élite numérique», seule capable d’avoir accès aux langages propres de l’informatique. Le geste, lui, au contraire, est instinctif, ne s’apprend pas. Mais, au même titre (et plus encore) que l’haptique, il intervient dans l’apprentissage de l’écrit. Une dimension fondamentale que souligne M-A Du Pasquier dans «l’écriture entre corps et langage». Le geste devient alors un véritable vecteur de démocratisation de la créativité de l’écriture (en particulier dans son rapport au dessin). Ainsi, métaphoriquement, l’écriture, avec le numérique, a connu une révolution inverse de celle initiée dans la danse par Nijinski. Non pas que la stricte grammaire gestuelle du Bolchoï ne soit un mal, c’est une forme d’expression contrainte qui encourage les chefs-d’oeuvre. Mais, quel dommage de se priver de la liberté même du simple geste et par là, de toute son expression! Plutôt, donc, que de tenter d’opposer deux conceptions (devenues alors stériles) de l’écriture, il me semble qu’il suffirait de modifier les données du problème tel qu’il est actuellement posé. Il ne s’agirait plus de choisir entre l’écriture au numérique ou bien celle, gestuelle du manuscrit, mais (plus simplement) de tenter d’associer geste et numérique afin de pouvoir profiter des richesses créatives qui s’offriraient de leur rencontre.


la trace du geste

quelques exemples de brouillons d’écrivains

Traité d’arithmétique, Bysance, 1350 - Georges Perec, La Vie mode d’emploi, - Honoré de Balzac, la femme supérieure - Apollinaire, brouillon

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l’existant

brève analyse des tentatives de synthèse des écritures manuscrites et numériques

un exemple de PDA avec son stylet - un exemple de palette graphique à écran tactile - l’offre Easybook m3 de Oxford Peu connue autrement que par le clavier, l’écriture au numérique a pourtant été abordée différemment par une typologies d’objets numériques: les PDAs, déjà quelque peu obsolètes aujourd’hui (car littéralement mangés dans la très concurrentielle chaîne numérique par l’Iphone et ses semblables, les smartphones). Ils engageaient pourtant déjà une réflexion entre écriture manuscrite et écriture numérique à travers l’utilisation d’un stylet, petit erzats de stylo, et d’un logiciel destiné à «traduire» l’écriture manuscrite en écriture typographique standardisée. Cette pratique est aujourd’hui marginale, d’autant plus que les smartphone sont, eux, dépourvus du fameux stylet à l’achat et que leurs interfaces sont optimisées pour une interaction au doigt. Un clavier de pixel apparaît à l’écran, que l’on vient tapoter, une nouvelle perte

dans la modalité haptique offerte pour l’écriture. Plusieurs facteurs sont à envisager pour l’échec de cette pratique, mais il semble que la faible fiabilité du logiciel de traduction de l’écriture manuscrite en écriture numérique soit à blâmer. En effet, il faut écrire gros (donc pas plus d’un mot à la fois) et très lisiblement pour que l’écriture soit correctement «numérisée», c’est à dire convertie en caractère typographique. De même, cet objet, et les smartphone en général répondent à une conception purement fonctionnelle de la prise de note et ne sont en aucun cas envisagés comme des équivalents de l’écriture sur papier. On peut également citer les palettes graphiques, véritables outils de la création numérique, elles ont le mérite de recréer une gestuelle manuelle et de

simuler les effets de pression des outils manuscrits. Cependant, directement liées à l’ordinateur et nécessitant la maîtrise de logiciels spécialisés (photoshop...), elles sont surtout utilisées par les professionnels de l’image. Plus récemment, c’est une approche différente qui est envisagée pour tenter de créer un lien direct entre écriture manuscrite et numérique: le cahier numérique, développé par les grandes firmes papetières. Car bien que le marché du papier d’écriture soit en perte de vitesse (-6% entre 2000 et 2006), suite à la dématérialisation du stockage de l’information; le mythe du zéro papier fantasmé aux débuts de l’ère numérique semble bel et bien révolu. En effet, si les changements de comportements en ce domaine sont conséquents,

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la demande en papier pour l’écriture reste grand. Les grands groupe papetiers français ont d’ailleurs récemment pris conscience du lien potentiel entre l’écriture et le numérique. Parmi l’offre développée, on peut citer le Easybook m3 de Oxford, par exemple. D’apparence, c’est un simple carnet de tache. Il permet surtout de numériser directement toutes les données inscrites sur ce carnet dans des logiciels appropriés (word, excel...). Sa cible: les professionnels. Une pratique très réductrice du carnet (tableau, notes, taches) qui exclu totalement la notion de plaisir propre à l’écriture du publique non professionnel. Très spécialisé, il a été primé en tant qu’objet concept mais laisse peu (ou pas) d’appropriation pour une pratique plus libre et plus riche de l’écriture.


l’existant

brève analyse des tentatives de synthèse des écritures manuscrites et numériques

Nomad Brush, «pinceau» pour tablette électronique - Noteslate, une ardoise numérique - KURO, carnet de dessin connecté - Ommwriter, logiciel dédié à la pratique de l’écriture non-utilitaire

A coté de l’offre industrielle et grand public balbutiante cohabitent un petit nombre d’initiatives et de projets prospectifs qui tentent une synthèse entre les aspects manuscrits et numériques de l’écriture. Un premier exemple, le «Nomad Brush», véritable pinceau aux poils «électroniques» permet de «peindre» sur des tablettes de type Ipad. On est là très proche d’une pratique de la palette graphique, mais la liberté d’un pinceau indépendant d’une quelconque palette dédiée et la volonté d’une gestuelle, d’un toucher et d’un usage reconnectés avec la richesse de l’écriture manuscrite est un sujet d’intérêt.

Noteslate est une ardoise numérique. Simple pavé tactile, il est muni d’une interface simple qui gomme la luminosité éclatante des écrans ordinaire pour une sensation plus traditionnelle du support de l’écriture. Objet dédié à l’écriture, et au dessin c’est ce qui en fait, il me semble, son intérêt. Loin de la multifonctionnalité revendiquée des ordinateurs et des Tics, l’ardoise invite, tout simplement, à la création. Il n’en reste pas moins que la modalité haptique proposée reste celle d’un stylet sur un écran et que l’écriture n’est que numérique, bien loin de la trace qu’inscrit le graphite de la mine sur le papier.

Projet de diplôme sur l’utilisation du papier comme interface tactile de la technologie, le carnet numérique de Marine Rouilt, se propose de réinsérer le support papier et toute sa richesse dans le processus de l’écriture numérique. Loin de la complexité de l’easyboook par exemple, le carnet renoue ici avec la simplicité (il s’agit de simples feuilles de papier canson noir). Le trait tracé sur le carnet apparaît alors instantanément à l’écran, sur une interface dédiée. Seul hic, le carnet doit être relié directement à un ordinateur lors de l’écriture pour que cette dernière soit numérisée, excluant par-là même, toute pratique du carnet de notes ou de croquis glissé dans la poche.

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Le logiciel gratuit ommwriter est, quant à lui, une très simple interface de traitement de texte conçue par des graphistes qui souhaitaient pouvoir écrire dans une ambiance immersive, loin de la cacophonie visuelle des logiciels traditionnels. Bien qu’il n’apporte aucune fonctionnalité liée à l’écriture manuscrite (sauf peut-être son unilatéralité), Ommwriter propose une réponse intéressante quant à la possibilité de créer des interfaces numériques répondant aux approches ergonomiques et fonctionnels propres à l’écriture créative. La prise de conscience -étonnement récente- de la très faible ergonomie des interfaces actuellement proposées est également un point à souligner. Ce dossier fut d’ailleurs rédigé en grande partie à l’aide du logiciel.


des pistes envisagées

quelle démarche pour le développement du projet?

Des constats ci-dessus présentés, on ne saurait véritablement déduire de «besoin» véritable. le monde du numérique, comme tout autre, s’adapte très bien de son environnement et de ses normes, créant son propre langage, ses propres formes... Mais, aujourd’hui, la technologie nous offre des possibilités presque infinies pour exploiter des rapports nouveaux entre expression de soi numérique, geste et trace manuscrite. Si les pistes à explorer sont très nombreuses et complémentaires pour un tel projet, l’objet et/ou le service crée entend se faire lien, le chaînon manquant entre écriture manuscrite et numérique. Une nouvelle façon d’envisager l’écriture, au sens très vaste de la production graphique permettant l’expression de soi.

de l’écriture. On s’attachera à mettre en valeur le plaisir de la graphie et des pages qui se remplissent au fur et à mesure. De même, il ne s’agira en aucun cas d’imposer le numérique et l’Internet comme but ou vecteur normatif de l’écriture, mais bien de proposer une nouvelle palette d’usages et de pratiques, jusque là, uniquement (ou presque) réservée à la seule écriture numérique (typographie standard), comme la possibilité d’un partage facilité de la graphie autant que du sens; du dessin autant que des mots...

Il ne s’agira donc en aucun cas d’enrayer ou de contrer des pratiques légitimes nées des contraintes et fonctionnalités du support et de l’outil numérique mais, bien plus simplement, de proposer un autre regard sur l’écriture: reconvoquer et réinterpréter une certaine palette d’outils, de supports, de matières et de gestes qui enrichissent la pratique

La marque clairefontaine, dont la cible marketing principale est jeune (de l’écolier à l’étudiant), pourrait être un partenaire pour l’étude d’un tel objet car elle est déjà positionnée sur une pratique de l’écriture «plaisir», comme en témoigne son slogan pour le catalogue 2011: «le futur, c’est à vous de l’écrire».

Il est, je pense, nécessaire de préciser qu’on cherchera ici à concevoir un «outil» plus qu’un objet, destiné à être utilisé, approprié, enrichi-même de l’inventivité des pratiques de celui qui le possède

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cahier des charges

Deux objets seront nécessairement envisagés pour entreprendre une synthèse des écritures numériques et manuscrites : le support et l’outil. Ils devront être expérimenté à la fois dans une utilisation conjointe mais également, pourquoi pas, de façon autonome. Les contraintes du projet :

>Une taille, un poids, une résistance adaptés pour un usage nomade. Il permettront un transport et une manipulation aisée. L’objet devra en outre être suffisamment grand pour permettre et inciter à la fois à la pratique de l’écriture et du dessin.

>Une insertion aisée dans les cadres déjà établis des plates-formes numériques de diffusion. (manipulation logiciel minimal, transfert facilité avec le web, utilisation de formats numériques simples...)

>Explorer et valoriser la matière par le geste, le toucher et la modalité haptique du support de l’écriture.

>Envisager deux types d’utilisation, privilégiant chacune les potentialités d’une écriture manuscrite ou digitale:

>revendiquer et afficher la dualité et l’ambivalence de l’objet: entre la matière et l’immatériel.

>Une utilisation libre: elle permettra de conserver le geste et la trace de l’écriture (ou du dessin) manuscrit en convertissant le format de la page en image (jpg? tiff?..) >Une utilisation «pour le travail»: elle utilisera un logiciel de traduction numérique pour transcrire les caractères manuscrits en caractères typographiques fonctionnels pour une modification ultérieure.

>Une simplicité d’usage, à l’image du blog ou du carnet de croquis. Le projet devra privilégier une prise en main immédiate et instinctive (il s’agira d’ailleurs d’envisager l’objet en tant qu’outil et/ou support, prolongement de la main.)

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notes et bibliographie sélective

Notes :

Bibliographie sélective :

(1) Cette thèse, défendue d’abord par Jack GOODY dans La Raison graphique, 1977 s’opposait à l’idée alors communément admise d’une écriture comme représentation de la parole. (2) une thèse défendue par J.-J. Glassner dans Ecrire à Sumer, éditions du Seuil, (2000) (3) in «L’écriture : un tremplin pour la pensée» par Achille WEINBERG, sciences humaines magazine n°109, 2000. (4) selon les études annuelles publiées par le Centre National du Livre (5) Un long article de Owni sur le sujet pour s’en convaincre:http://owni.fr/2011/03/18/le-papiercontre-le-numerique/ (6) sondage ipsos 2010: 4 ados sur 10 envoient au moins un sms par jour, 65% en envoie au moins un par semaine. (7) cf «L’intime de l’écriture» Le Journal des psychologues 2009/9 (n° 272) (8) Selon une étude de Hachette livre France parue en 2010 (9) «Les quatre mondes du journal intime en ligne» par Matthieu PALDACCI in Terrain et travaux n°5, 2006 (10) cf: l’aventure de l’écriture (bnf édition) (11) par exemple, celle d’Oriane Deselligny: «Pratiques d’écriture adolescentes : l’exemple des Skyblogs»

Sites internet: http://classes.bnf.fr/ecritures/ Revues spécialisées: «Les logiques de l’écriture», sciences humaines magazine, n°109, 2000 «L’intime de l’écriture» Le Journal des psychologues 2009/9 (n° 272) «Graphies: signes, gestes, supports», Le français aujourd’hui, n°170, 2010 Essais: Le geste et la parole, 1964, André Leroi-Gourhan Comment écriront-ils, 2010, Jean-Louis Lebrave Articles: «Les quatre mondes du journal intime en ligne» et «Le blogeur à l’épreuve de son blog» par Matthieu PALDACCI in Terrain et travaux n°5, 2006 «Le défi esthétique de l’art technologique», in Technique et esthétique, 1999, Marc Jimenez «un essai de typologie des blogs par leurs publics.» par Dominique CARDON et Hélène DELAUNAY «Médium d’écriture et littérature» par Sylvie PLANE «Les écritures d’écran, histoire, pratiques et espaces sur le web» par Cécile Meadel «Pratiques d’écriture adolescentes : l’exemple des Skyblogs» par Oriane DESEILLIGNY

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