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no comment®

n°40 - mai 2013 - mensuel gratuit - mada - événements - culture - nuits - sorties - tv - www.nocomment.mg


Actuel 10 Facebook : people à la page

La Thaïlande à Mada

ÉCO

SOMMAIRE

Sondage

MéDIAS 72 Harlem Shake : Plus on est de fous ! 74 Frédéric Tourgeman : « Communication high level »

ÉCO 80 X-Change Global : Le voyage tout-en-un

12 Quel geek êtes-vous ?

Culture

44 Tahina Rakotoarivony : « Figurations libres »

The Dizzy Brains

46 David Randriamanana : Tu veux ma photo ? 48 Jean-Michel Frachet : « Métis de cœur et d'âme » 53 Le livre du mois : I Vorombola sy Voninkasina

Vintage 1900

Portfolio 54 Pascal Grimaud : « Tout ce que je ne veux pas photographier ! »

Fomba amam-panao 58 Le pays où l’heure n’est jamais à l’heure

Traditions 66 Vangovango : Pour le prestige 68 Contes du Sud : Trois épouses, une femme

MÉTIERS

Traditions

CULTURE 36 Pierre Maury : « Le point de vue du vazaha » 40 Mamada : Ouille tsapiky !

82 Mofo ô ! Notre pain quotidien

ASSOS 84 Charles Gassot : L’homme aux cent briques 88 Carlina Herselman : Animal on est mal


NATURE 90 Mauritia, le microcontinent perdu 94 Madagascar Oasis : Chassez le naturel

Escales 96 Tourisme durable : Un concept d'avenir 102 Mahajanga met les voiles

COUSINS-COUSINES 106 Judygasy : Le mal du pays 109 Manawa brise le silence

GASTRONOMIE 110 Interview gourmande : Max Randrianasolo du Café de la Gare 115 Le vin du mois : Château Beau-Site Saint-Estèphe 116 Le cocktail du mois : Le Cuba Libre du Glacier

Sortir 118 Le Louchébem : Faut que ça se saigne ! 120 Les mille facettes de l’Hôtel Diamant

LOISIRS 122 Esprit Beach : Rugby sur plage 126 Claudio et Ted : Double dose

LA MODE ! 128 Gentleman cambrioleur

Déco 140 Carine Ratovonarivo : Design écologique 146

CAHIERS DE NUIT BY NIGHT

173 Fly B électro-éclectique !

FANANAHANA 174 L'horloge du désir

FICTION 178 Black out

DOWNTOWN 198 En ville avec Franck Andriamihaja

Mode


Facebook : people à la page Avec ses 350 millions de membres, Facebook est de loin le réseau communautaire le plus partagé dans le monde. Si certains y voient un « cinquième pouvoir » supplantant de plus en plus les médias institutionnels, d’autres s’inquiètent des dégâts qu’il peut causer sur la vie privée. Big Brother ou gentil dauphin ?

Tence Mena

« La plus piratée ! » ans se prétendre geek ou nerd, une mordue de l’informatique, Tence Mena avoue certaine addiction aux réseaux sociaux. « Dès que j’ai un instant à tuer, je vais Ssurune ma page Facebook. Avant, il fallait aller sur les plateaux de la télé ou dans les

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radios pour parler de ses shows, maintenant il suffit de l’annoncer sur Facebook et l’effet est le même. » La chanteuse gère elle-même sa page officielle. Un bon moyen d’assurer sa promo, mais aussi d’entretenir un lien direct avec ses fans. « Ils peuvent laisser des commentaires ou me poser des questions, je me fais un devoir d’y répondre. » Elle n’hésite pas à parler d’événements plus intimes, comme ses fêtes entre amis ou ses déjeuners. « La vie privée a tendance à reculer sous la poussée des médias. Il faut quand même se donner des limites, ne pas tout sacrifier au voyeurisme ambiant », estime-telle. Sa page toujours très animée, provoque des débats passionnés, par exemple sur le sens à donner à ses maquillages : « Je réponds toujours qu’il y a deux personnages en moi, Tence l’artiste et Hortensia la mère de famille… » Rançon de sa notoriété, Tence Mena est sans doute l’artiste malgache la plus piratée, mais avec sa nouvelle page hypersécurisée depuis octobre, cela ne risque plus d’arriver. Enfin la chanteuse est sur Youtube et depuis peu sur Myspace. Complètement « piquée », la diva du salegy ! 


nécessaire d’être né de la dernière pluie pour s’intéresser aux technologies. Prenez Bekoto, pilier historique des Mahaleo. PIl aasnouvelles beau être d’une génération qui rêvait de casser la machine, de quitter

la ville, de revenir à la nature, le voici à soixante balais bien sonnés en train de gérer plusieurs comptes Facebook, le sien et celui de son groupe, entre autres ! « Notre page compte plus d’un millier d’abonnés. C’est un outil commercial très pratique pour trouver des contrats pour les cabarets ou les concerts. Quel dommage qu’Internet n’existait pas dans les années 70, on aurait moins galéré pour se faire connaître ! » Anarcho-romantique, utopiste dans l’âme, Bekoto est également convaincu que la Toile est un véritable contre-pouvoir, une sorte de démocratie directe en train de se constituer. « Je fais des rencontres intéressantes, j’apprends et je partage beaucoup de choses sur les réseaux. Beaucoup d’idées d’avantgarde y circulent. On est même mieux informés que dans les journaux ! » Une alternative à la pensée unique, en somme. En plus de sa page Facebook, Bekoto anime un blog riche en articles de fonds sur Mahaleo, plus un compte Youtube pour les vidéos, et bientôt sur Tweeter. Mais l’hypercommunication a son revers. « Il y a aussi le pire sur les réseaux. Aujourd’hui tu peux organiser un génocide par Internet. Raison de plus d’être hypercritique avec cet outil. » Et d’admettre qu’il passe beaucoup de temps à « contrecarrer les conneries des autres. » À quand une chanson de Mahaleo sur l’hypercommunication ? 

Actuel

Bekoto

« Antidote à la pensée unique...» Pages réalisées par Joro Andrianasolo et Solofo Ranaivo Contact sur www.nocomment.mg

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Sondage

Q uel Geek êtes-vous ?

On dit que les geeks (ou guiks) naissent avec un câble SCSI (Small Computer System Interface) en place du cordon ombilical et que tenus loin des ordinateurs, ils font des bogues nerveux. En revanche, ils ne tombent jamais malades car bien pourvus en antivirus. Et vous, êtes-vous un vrai mordu d’informatique ?

Vous tenez-vous au courant des dernières technologies ? Oui, par plaisir 25 % Oui, pour mon image 10 % Non, mais je vais devoir m’y mettre 42 % Non, mon stylo suffit 23 % Le matin, votre premier geste… Je lis mes mails 1 % Je vais sur Facebook raconter mon rêve 5 % Je lis le journal 6 % Aucun des trois 88 % Votre personnalité préférée… Mark Zuckerberg (Facebook) 1 % Steve Jobs (Apple) 2 % Bill Gates (Microsoft) 12 %

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Qui sont ces gens ? 14 % Aucun des trois 71 % Combien d’appareils numériques avez-vous : smartphone, ordinateur, tablette ? 1 21 % 2 5 % 3 2 % Plus de 3 2 % Aucun 70 % Combien de temps par jour passez-vous devant votre ordinateur ou smartphone Je n’en utilise pas 79 % Jusqu’à 1 heure 10 % 1 à 3 heures 6 % 3 à 6 heures 1 % 6 heures ou plus 4 % Vous perdez votre téléphone portable, comment réagissez-vous ? Paniqué : ma vie n’a plus de sens 51 % Prudent : Je change tous mes mots de passe 11 %

Pratique : je me rabats sur un bon vieux 19 % « foza » Soulagé : enfin tranquille ! 19 % Quel objet emmenez-vous en vacances sur la plage Mon ordinateur portable 3 % Ma crème solaire 17 % Un magazine 30 % Aucun des trois 50 % Que signifie twitter ? Le sifflement d’un oiseau 7 % Une danse à la mode 7 % Un bref message envoyé à mes « followers » 32 % Aucune idée 54 % Ojourd’8 komen savoar si kLq1 é 1 geek ? Euh pouvez répéter la question ? 76 % Parlez-moi sur un autre ton ! 3 % Suffit d’aller voir son profil Facebook 21 %

Enquête menée en face à face à domicile sur 326 individus de sexe masculin du Grand Tana et représentative des 15 ans et + selon les quotas d’âge et de profession du chef de foyer, après stratification géographique. Marge d’erreur d’environ 5 %.


Couv’ by Foisonnante et marquée par un sens aigü de l’absurde et du burlesque (les deux vont souvent de pair), Myriam Merch (Sexy Expédition Yéyé) signe la Une de ce no comment®. Merci à elle.

à Madagascar depuis 1992, l’artiste plasticienne Ibelgenstallée Myriam Merch a

développé un concept original « Sexy Expéditions Yéyé » basé sur le réel et l’imaginaire. Passionnée de légendes, elle glisse toujours des lémuriens dans ses œuvres réalisées à partir d’assemblages de clous, de matériaux de récupération comme le plastique, le métal, les bois flottés. Prix Europe de peinture en 1984, elle réalise des peintures figuratives très

M yriam Merch colorées dans la mouvance de la Figuration libre. Ce mouvement artistique lancé dans les années 1980 par le peintre niçois Ben mélange pop art américain, publicité, bande dessinée, street art. Myriam Merch met en scène un univers de paradoxes où se mêlent les rites et coutumes, les anecdotes, les histoires de son pays d’adoption, marqués par des couleurs foisonnantes. Elle a créé l’Epi-Bar Be à Tamatave, à la fois bar et musée vivant de la vie quotidienne de Madagascar. On peut admirer les objets suspendus aux murs comme lambaony, gony, feuilles de ravinala, bois ronds tout en buvant son petit verre de rhum.  Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg

Sexy et Yéyé


C’est vous qui le dites

Courrier

Coups de cœur, coups de gueule, envie d’envoyer un message à une personne qui vous est chère ou simplement de vous exprimer… cette rubrique vous est dédiée. Envoyez vos mails à courrier@nocomment.mg, nous les publierons.

Bravo Je viens de jeter un œil sur le dernier no comment® (édition d’avril). Je dis bravo pour la partie Opération Tandroka ! Un peu courte… dommage :-) Bravo à Bilal pour la rédaction et à Rijasolo pour les magnifiques photos. Et surtout bravo pour l’initiative ! Miora, Tana

Sans réserve Je tenais par ce petit message à vous remercier pour l’article sur la réserve de Berenty paru dans no comment® du mois de mars 2013. Un remerciement particulier à votre mensuel qui œuvre pour l’ensemble de nos régions (parfois délaissées ou mal connues). La qualité de vos articles dans les différentes rubriques nous permet de mieux découvrir l’énorme potentiel culturel, la richesse de notre patrimoine naturel et la grande diversité de sites à découvrir. C.F.

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Pas lui Je souhaitais réagir face à votre article concernant l’artiste Seheno Rama (no comment® n° 39). Je suis cité comme étant celui qui serait « aux manettes » de l’enregistrement de son album dans mon «  Home Studio ». Je ne sais pas de quelles sources vous tenez ces informations (qui circulent d’ailleurs sur la Toile), mais je nie endosser ce rôle. J’ai déjà eu affaire à l’artiste en question mais ne travaille pas avec elle. De plus, je suis effectivement un « artiste » multimédia, mais ne touche en aucun cas l’univers sonore (pas encore du moins) et… je n’ai pas de « Home Studio ». Cordialement, Raj Hassanaly, directeur artistique

Vous avez dit com ? Pour faire suite à l’interview d’un directeur d’une agence de communication parue dans votre numéro d’avril (no comment®


n° 39), je tiens à apporter les précisions suivantes : ce Monsieur affirme qu’avant la création de son agence il y a 10 ans, il n’y avait pas d’agences spécialisées en communication à Madagascar. Pourtant la première expérience de ce Monsieur en communication (…), c’est à l’agence Tam Tam qu’il la doit (…) À cette époque l’Agence Tam Tam « ne jouait pas au poker » avec ses clients tels Antaris (devenu Oragne), BNI, Unima, Air Madagascar, JB… D’autres Agences existaient bien avant celle de ce Monsieur : SMP - la plus ancienne -, Synergie, Grand Angle, Facto, Horizon Communication, etc. La pub des boîtes de prod des années 1990, si méprisée par ce Monsieur, époque sans véritable concurrence, a eu le mérite de commencer à expliquer aux acteurs économiques l’importance de la communication et de la publicité. Elle a ouvert la voie au développement de toutes les composantes de la communication avec l’installation de la concurrence dans tous les domaines de l’économie et l’arrivée des nouvelles technologies. Ne méprisons donc pas les précurseurs, ni l’ensemble des structures travaillant dans ce secteur qui globalement, aujourd’hui, représentent une part de marché beaucoup plus importante que la seule agence de ce Monsieur. Georges Troubat Ancien directeur général de l’agence Tam Tam

no comment® recherche Pour étoffer son équipe rédactionnelle, no comment® recherche des correspondants sur Antsirabe, Fianarantsoa, Toamasina, Toliara et Nosy Be. Excellent français exigé. Une formation en informationcommunication est un plus. Envoyer CV et lettre de motivation à tana@nocomment.mg


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Clins d’œil 4

1 no comment® lu à New York devant le Rockeffeler Center par la police de la ville sur la Cinquième Avenue ! 2 Exposition des trente ans de la Commission de l’océan Indien intitulée Insulaires, proches et solidaires, L’indianocéanie en partage à l’AFT Andavamamba le 15 avril. 3 Pot de presse pour le dixième anniversaire de Timi GSM à l'Atlantis Andrononobe Analamahitsy, le mercredi 10 avril. 4 Walking jazz avec RLI au Tana Plazza Analakely, le jeudi 18 avril avec Maela Quartet. 5 Vernissage de l'expo photo de Bernard Wong à l'espace no comment® le jeudi 4 avril à Antsahavola.

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6 Ramahavonjy Henintsoa Hervé est l'heureux gagnant du jeu en ligne no comment® avec le restaurant Le Pourquoi pas. Jouez et gagnez sur www.nocomment.mg 7 Tournoi de billard au Dreams à Ankorondrano les 29 et 30 mars en partenariat avec no comment®

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8 Cérémonie de remise de la clef du 4x4 Ford Ranger à l'ONG Adra, gagnante du concours Ranger Donation lancé par Kjaer&Kjaer le lundi 8 avril au show-room de Materauto à Ankorondrano. 9 L’événement « Equitana » s'est déroulé le samedi 13 et le dimanche 14 avril au centre équestre Amajo à Ilafy.

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Misaotra patrô !

ÉDITO

AGENDA Sauf exception ou miracle (selon votre sensibilité), cet édito consacré au 1er Mai ne devrait pas vous parvenir avant le 2 mai. En raison précisément de cette grande fête chômée du Travail où personne, et moi le premier, n’a l’intention d’en faire lourd d’un point de vue strictement productif. De lever ne serait-ce que le petit doigt. Même pas un petit doigt rageur à destination des patrons exploiteurs, comme on dit chez les camarades exaltés. C’est important de pouvoir manifester au moins une fois par an notre vocation de gros paresseux, de tireau-flanc chroniques, de rappeler que nous sommes tous des poètes, des rêveurs, des irresponsables contrariés, des asociaux associés ! Ça je l’emprunte à Paul Lafargue, le gendre de Marx, auteur du savoureux pamphlet Le Droit à la paresse (1880), écrit dix ans avant l’institution de la Fête du Travail. Certes, l’heure n’est plus aux grands défilés d’antan avec déploiement de lance-missiles caca d’oie, sur fond de nomenklatura figée comme des momies à la tribune. Encore qu’il soit possible de s’en faire une idée aujourd’hui en suivant les fastes prolétariens du 1er Mai en Corée du Nord. Mais que cela ne nous empêche pas de saluer à notre manière, paisible et « peinarde », la fête de toutes les utopies. Cette édition du 1er mai marque aussi pour no comment® le passage à un tirage (certifié) de 25 500 exemplaires. Preuve qu’on n’a pas chômé…  

Du vendredi 01 mai au lundi 06 mai 2013 Aft : Festival Androhy Jeudi 02 mai 2013 CEMDLAC : spectacle de danse contemporaine avec la Cie Rary, entrée gratuite Café de la gare : soirée « I am. by Pok Pok », présentation en avant-première de la nouvelle collection « I am » In Square 19h : Soirée « Pub lounge bar » Vendredi 03 mai 2013 CEMDLAC : spectacle de danse contemporaine avec la Cie Rary, entrée gratuite IFM (ex-CCAC) 19h : Cinéma : « Easy Rider », de Dennis Hopper, USA, 1968, 1h30min - salle de spectacle Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Nina’s In Square 20h : Soirée «���Cool Tempo » Chillout Café 21h : Soirée « Killahmanjaro Sound System », roots, reggae, dance hall avec DJ Momohman et Lewikk Samedi 04 mai 2013 IFM (ex-CCAC) 10h : Cinéma : « The kid », de Charlie Chaplin, USA, 1921, 1h08min - salle de spectacle IFM (ex-CCAC) 15h : Slam : scène ouverte - Terrasse de la médiathèque, entrée libre IFM (ex-CCAC) 15h : Cinéma : « Kill Bill 2 », de Quentin Tarantino, USA, 2002, 02h15min - interdit au moins de 12 ans - salle de spectacle IFM (ex-CCAC) 18h : Cinéma : « Barry Lindon », de Stanley Kubrick, Grande-Bretagne, 1975, 3h07min - salle de spectacle Aft 18h30 : avant-première : « le mythe d’Ibonia », dans le hall ; PAF : 50 000 Ar In Square 19h : Soirée « Sing like star Karaoke »


Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Baba Lareo Kudeta Urban Club 22h : Kanto&Kintana Production présente « Crazy night 6 : Girl on fire »

Jeudi 09 mai 2013 In Square 19h : Soirée « karaoké soft » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Era

Dimanche 05 mai 2013 Salle de l’Horloge 15h : Ciné-jeunesse : « Horton » Salle de l’Horloge 19h : Cinéma : « Django Unchained »

Du vendredi 10 mai au samedi 01 juin 2013 IFM (ex CCAC) : Evènement/littérature : Centenaire de la naissance d’Albert Camus

Du mardi 07 mai au samedi 25 mai 2013 IFM (ex CCAC) : Exposition/art textile : « …Matières choisies… » par Mme Zo Razakaratrimo Zoarinivo, hall d’exposition, entrée libre. Vernissage le lundi 06 mai 2013 à 18h

Vendredi 10 mai 2013

Mardi 07 mai 2013 IFM (ex-CCAC) 18h30 : La science en images, les images de la science : « Vivre en villes » par Ph. Calderon, 1989, 52min, salle de spectacle, entrée libre Mercredi 08 mai 2013 CEMDLAC 15h : séance de contes pour les enfants : « Ny akoholahy sy ny gana / Ilay lolo jejo (Ny maharatsy ny fireharehana) » avec Arikaomisa Randria, entrée gratuite Aft 18h30 : Spectacle Waouw : « le mythe d’Ibonia », dans le hall; soirée assise. PAF : 10 000 Ar/5000 Ar

In Square 20h : Soirée « 100% RNB » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Pierrot Matatana Chillout Café 21h : cabaret avec Popoly (Jazz, Funk, Groove) Samedi 11 mai 2013 In Square 20h : Soirée « Intimate Evening Soul music Live » Jao’s Pub 20h : soirée Spéciale Bob Marley avec Zian Family reggae Dimanche 12 mai 2013 Salle de l’Horloge 15h : Ciné-jeunesse : « Les Cinq Légendes » Salle de l’Horloge 19h : Cinéma : « Anna Karenine » Du mardi 14 mai au vendredi 31 mai 2013 Aft : exposition thématique : « Les pères fondateurs » dans le hall. Vernissage mercredi 22 mai à 18h.


Mercredi 15 mai 2013 IFM (ex-CCAC) 13h : Madagascar Mozarteum présente Récital de piano avec Mirana Randria, salle de spectacle, entrée libre Aft 14h : ciné junior : « Les contes du chat perché » et « L’Ours » film de Jean-Jacques Annaud, 1988, 1h32min IFM (ex-CCAC) 15h : animations pour les enfants : un conte du Mexique : « Le Grillon plus fort que le Lion » raconté par Albena Ivanovitch-Lair, espace multimédia jeunesse, entrée libre pour les adhérents CEMDLAC 15h : spectacle de danse contemporaine avec la Cie Dinirina, entrée gratuite IFM (ex-CCAC) 19h : Cinéma : « Paranoïd Park », de Gus Van Sant, USA, 2007, 1h25min - salle de spectacle Kudeta 20h : Bachata contest 2 Du jeudi 16 mai au samedi 25 mai 2013 Salle de l’horloge : dans le cadre du concours BMOI Amie des Arts, exposition photo finale sur le thème de l’eau. Vernissage le 16 mai 2013 à 18h. Jeudi 16 mai 2013 In Square 19h : Soirée « Billard Clubbing et Karaoké » Vendredi 17 mai 2013 IFM (ex CCAC) 19h : Danse contemporaine : « Plateau Kilokolo » avec la Compagnie Lovatiana, salle de spectacle, entrée libre In Square 20h : Soirée Cubaine « Una Noche a la Havana » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Barinjaka Chillout Café 21h : Soirée « Rock me Baby », interprétation pop rock avec Mialy Samedi 18 mai 2013 IFM (ex CCAC) 15h : Représentation théâtrale : Jean-Paul


Shintu adapte et interprète « Le premier homme » d’Albert Camus, salle de spectacle, entrée libre IFM (ex-CCAC) 18h : Cinéma : « Taxi driver », de Martin Scorsese, USA, 1976, 1h55min - interdit au moins de 12 ans, salle de spectacle In Square 19h : Soirée « Sing like star Karaoké » Hotel Kavitaha Ampefy 19h : Kanto & Kintana Production présente dans le cadre de la Fête de la Lumière : cabaret avec Gérard Chambre Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Mamaliza

Mercredi 22 mai 2013 Aft 14h : ciné junior : « Andy Pandy et ses amis » et « Arthur et les minimoys » film de Luc Besson, 2006, 1h43min

Dimanche 19 mai 2013 Hotel Kavitaha Ampefy 19h : Kanto & Kintana Production présente dans le cadre de la Fête de la Lumière : cabaret avec Samoëla

Vendredi 24 mai 2013 CEMDLAC 15h : spectacle chorégraphique de danse contemporaine avec la Cie 1na, Cie Mirza, Ralaiheilinarivony Michèle-Ange, entrée gratuite IFM (ex-CCAC) 19h : Tournée internationale/musique du monde : Elemotho (Namibie) - Prix découverte RFI - France 24 2012, salle de spectacle, tarif adhérents : 4000 Ar, non adhérents : 6000 Ar In Square 20h : Soirée « Funky Spirit » avec Bim & Tommy Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Bagzana Chillout Café 21h : musique traditionnelle avec le groupe Vaovy, originaire du Sud Beko

Lundi 20 mai 2013 Domaine de l’Eucalyptus Ampefy 13h : Kanto & Kintana Production présente dans le cadre de la Fête de la Lumière : grand concert avec Yzit, Tsiliva et Njakatiana Du mercredi 22 mai au samedi 25 mai 2013 Grand Salon Hôtel Colbert : dans le cadre du jubilée 60 de Ramiandrasoa J. Serge, Musée et exposition sur les thèmes du tennis, de l’olympisme et la musique

SONORISATION • ECLAIRAGE SCENIQUE • ESTRADE Contact  : 033.11.222.15 / 032.07.152.40 Mail : vuedeloin@hotmail.fr

Jeudi 23 mai 2013 Café de la gare : Afterwork Live avec Raoky Music - Blues and Soul In Square 19h : Soirée « karaoke soft » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Kavezo Du vendredi 24 mai au samedi 25 mai 2013 Kudeta 20h : Magic Week avec en tête d’affiche Neiman

Samedi 25 mai 2013 ECAR Fenomanana Mahazoarivo : dans le cadre du jubilée 60 de Ramiandrasoa J. Serge, messe animée par la chorale Antsan’Fenomanana et LA Chorale Athana Royal Event : dans le cadre du jubilée 60 de Ramiandrasoa J. Serge, déjeuner dansant de clôture avec Ngöma Nostalgia Manjakastsara Pour paraître dans l’agenda, merci de nous faire parvenir vos infos avant le 15 mai à : agenda@nocomment.mg


Aft 14h : finale nationale de la CNCF IFM (ex-CCAC) 18h : Cinéma : « Midnight Express », de Alan Parker, GrandeBretagne, 1978, 2h00 - interdit aux moins de 16 ans, salle de spectacle In Square 20h : Show case Jao’s Pub 20h : soirée Africaine Dimanche 26 mai 2013 Salle de l’Horloge 15h : Ciné-jeunesse : « Zambezia » Salle de l’Horloge 19h : Cinéma : « 40 ans - Mode d’emploi » Mercredi 29 mai 2013 IFM (ex-CCAC) 09h : sciences et techniques : Coopération régionale Madagascar - La Réunion : « L’imagerie Spatiale pour la modernisation de la cartographie », salle de spectacle, entrée libre IFM (ex-CCAC) 19h : Cinéma : « Pulp Fiction », de Quentin Tarantino, USA, 1994, 2h29min - interdit aux moins de 12 ans salle de spectacle Jeudi 30 mai 2013 In Square 19h : Soirée « Pub lounge » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Jao’s Band Vendredi 31 mai 2013 Aft : soirée de remise de trophée Cap Export IFM (ex-CCAC) 19h : Musique du monde : Hazolahy, salle de spectacle, tarif adhérents : 4000 Ar, non adhérents : 6000 Ar In Square 20h : Soirée « Funky à l’ancienne 70’s 80’s 90’s » Chillout Café 21h : interprétation demusique traditionnelle originaire des hauts plateaux avec le groupe Feeling Tous les jeudis Jao’s Pub : groupe découverte Tous les samedis Chillout café : soirée karaoké Tous les dimanches Jao’s Pub : soirée discothèque, entrée gratuite


Photo : Rijasolo

Critique littéraire pour le quotidien belge « Le Soir  », Pierre Maury habite Madagascar depuis 15 ans. Il fait paraître aux Éditions no comment® « Filière malgache », un roman policier racontant sur fond d’enquête journalistique les dessous d’un pays à plus d’un titre énigmatique. Un vazaha averti en vaut deux.

PMaury ierre

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Pourquoi un polar sur Madagascar ? Quand je suis arrivé ici, je voulais écrire un livre sur le pays parce que je ne savais pas trop combien de temps j’allais y rester. Et finalement, ça fait 15 ans que je suis là. Je voulais raconter mon Madagascar à moi, j’avoue que c’est une entreprise très lourde. Quand on est vazaha et qu’on ne connaît pas ce pays, il y a quelque chose d’incompréhensible lors des premiers contacts, surtout avec les différences de cultures d’un point de l’île à l’autre. Donc j’ai un peu reculé devant le projet que je voyais trop ambitieux et je me suis dit que j’allais écrire un roman qui allait mettre en scène un vazaha qui ne connaît rien de Madagascar, tout comme moi à mon arrivée. Il va le découvrir un peu par hasard, en rencontrant une personne puis deux, en vivant des choses… Le roman traite un sujet encore d’actualité à Madagascar, l’esclavage moderne… En 1998 ou 1999, j’avais parlé de ce projet à une

Le point    


Culture maison d’édition française dont la directrice littéraire était très intéressée. Mais elle m’a dit ce serait mieux de faire une enquête. Chose que je n’ai pas faite. J’ai tout écrit d’imagination et à travers des choses entendues autour de moi. Je tiens juste à préciser que Filière malgache ne parle de trafics d’organes. Ce n’est pas une enquête, mais de la fiction pure ! La seule chose qui soit vraie, c’est la perception qu’a Xavier, le personnage principal du livre, sur une société qu’il ne connaît pas. Ce n’est pas un livre à charge… Je ne dénonce rien. Je mets juste en avant des choses que tout le monde a pu expérimenter en venant ici pour la première fois. C’est un point de vue minimaliste de Madagascar, un petit coup de pioche dans une couche immense. Comme quand on fait un forage dans la couche glacière, pour tenter de comprendre ce qu’il y a en dessous. Un Malgache y verra la manière déconcertante dont un vazaha plein de bonne volonté découvre Madagascar ; un vazaha résident y découvrira sa propre histoire. C’est une espèce de miroir, tout simplement. L’histoire de Xavier est-elle la vôtre ? Le profil est le même, un journaliste relatant des faits, ce que je fais moi-même depuis des années. En tant que journaliste écrivant sur un journaliste, j’ai choisi la facilité, mais je n’allais pas prendre un scientifique ou un flic, donc j’ai pris un personnage

dont je sais à peu près comment il fonctionne. Pour résumer le livre, Xavier est un type qui a des problèmes avec son journal. On l’envoie à Madagascar pour enquêter sur une espèce de filière ayant des ramifications dans l’esclavage humain. Il débarque sans trop savoir quoi faire ni par où commencer. Il ne sait pas où il va, mais une chose est sûre il y va ! Tout comme nous d’ailleurs, métaphore de la vie ? Un mot sur les « vazaha » de votre livre… J’ai trois personnages qui sont des copies conformes de gens, vivants ou disparus, que j’ai côtoyés dans les années 1998-1999. Ils étaient assez représentatifs de la « variété » de vazaha qu’on peut rencontrer quand on arrive ici. On y trouve aussi bien des crapules que des gens bien. Dans ce livre, j’écris ce que je pense des étrangers à Madagascar. La façon dont on peut se comporter ici quand on est étranger, qu’on soit là depuis peu ou depuis longtemps. Si à la lecture cela peut choquer, alors qu’est-ce que c’est dans la réalité ! Votre passion du livre vous a amené à créer la Bibliothèque malgache en 2006… J’ai toujours adoré fouiner dans les bibliothèques, déjà en Belgique. Je passais des journées entières à lire ou à faire des recherches. Depuis quelques années, Internet permet de le faire avec la Bibliothèque nationale de France ou d’autres. Au cours

Ce n’est pas une enquête, c'est de la fiction pure… 

    de vue du vazaha 

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de ces recherches, j’ai retrouvé des textes formidables sur Madagascar, relativement peu connus et peu distribués. J’ai voulu les rééditer de manière gratuite pour que les gens puissent les lire et travailler dessus. Techniquement, j’achète des vieux livres libres de droit que je scanne, je fais une reconnaissance de caractères à 95 % et puis je corrige. Tout y passe, récits de voyage, romans, nouvelles. J’apprécie tout particulièrement Charles Reynel qui écrit des romans et des nouvelles sur Madagascar. Le monde du livre est très compliqué. J’ai été libraire à Madagascar pendant un an, je sais de quoi je parle. Ici, le livre est un produit de luxe, alors qu’en Europe il entre dans la catégorie des produits de première nécessité. Pourtant, les Malgaches adorent lire contrairement à une idée reçue… Y aura-t-il suite à « Filière malgache » ? (Rires) J’ai déjà les deux premières lignes ! Xavier est un personnage très compliqué. J’y pense régulièrement, il vit en moi. On peut estimer que dans sa rédaction en Europe, il en aura vite marre et voudra revenir à Madagascar. Peutêtre qu’il reviendra dix ans plus tard, il y aura des gros changements par rapport aux gens qu’il a connus. Il y avait un dernier chapitre qui a été supprimé sur les conseils éclairés de mon éditeur. Ce dernier chapitre était déjà une espèce de prolongement de l’histoire, ce pourrait être le point de départ d’un nouveau livre.  Propos recueillis par Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg

« Filière malgache » par Pierre Maury. 232 pages, no comment Editions. Prix : 30 000 Ar.

®

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M amada 40


Toliara L’auteur du tubissime « Toujours choc ! » revient avec une troisième galette « toujours cool » et plus que jamais bourrée au tsapiky-jihe masokoro. Incontestablement ce qui se fait de plus festif dans le Sud !

ahery ou Mamada ? Pour les gens de Toliara, c’est un peu la même chose. Bien peu font la différence entre Mahery, le M prénom du chanteur et guitariste, et Mamada, le nom du groupe.

Son nom exact est en fait Masikoro Manan-Daza, pour bien signifier d’où il vient ! Du pays Masikoro, sur le littoral nord, là où la tradition du jihe (littéralement « chanter en courant ») est encore bien vivante. Ainsi appelle-t-on ces chants ancestraux qui s’entonnent en courant lors des cérémonies funéraires ou des fêtes traditionnelles, comme le Savatse. Généralement, un groupe de jeunes gens et un groupe de jeunes filles miment une poursuite au cours de laquelle ils se lancent, sous forme de chants, des invectives à forte teneur érotique. « Le jihe est plus rentre-dedans, plus survolté que le beko, le blues du Sud », estime Mahery. Si les Sakalava et les Bara ont leur propre jihe, les Masikoro ont su porter le leur à son point culminant, là où l’on n’est plus très loin de la transe ! C’est ce jihe masokoro que Mamada véhicule dans les salles de fête et les « bals poussière » (en plein air) depuis 2002. Mais aux voix subtiles du jihe (à la base a cappella), Mahery et ses complices ont ajouté un élément rythmique de poids : le tsapiky, genre musical particulièrement trépidant apparu dans le Sud-Ouest dans les années 1970 avec les premières guitares électriques et

Culture

les premiers amplis ! Tout cela pour donner le tsapiky-jihe, genre festif s’il en fut, monstrueusement agité, pour ne pas dire exténuant ! « Ce mélange de tradition et de modernité est très demandé par les jeunes, que ce soit dans les campagnes ou à Toliara, partout on fait salle comble », explique Mahery, de son vrai nom Maherinvinta Famahara Alexandre. Né en 1982 à Toliara, sa famille n’en est pas moins originaire d’Ankililoaky, à 70 km plus au nord, le cœur du pays Masikoro. Deux albums ont suffi à asseoir la popularité d’« ambianceurs » hors pair des musiciens de Mamada : Désolé (2005) et Toujours choc ! (2009). Le genre de galettes qui passent en boucle dans les gargotes dès qu’un vendredi magnifique se profile à l’horizon ! Et voilà que Madama sort ce mois-ci un troisième album, qu’il annonce tout aussi convulsif, mais avec cette fois un titre en malgache : Moramora avao (Toujours cool). Au menu, des compositions inédites comme Anjara m’konte, Asio ! Hasitsy ! destinées à devenir des classiques, comme le sont aujourd’hui Toliara tsy miroro, Ambony ambany, Riotse, Ampela soa… À travers sa grande tournée nationale de 2011 (Antsiranana, Toamasina, Mahajanga, Morondava, Tolagnaro), Mamada a su porter la bonne parole du jihe masokoro à travers le pays. Aujourd’hui, il en récolte les fruits.  Retana Contact sur www.nocomment.mg

Ouille tsapiky !

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The Dizzy Brains 42


un groupe gasy qui a comme références les Stones, les Stooges, les Ramones ! Et pourquoi pas les Sonics, les Troggs, Ile ncroyable, MC5 ? Tout ce dirty sound des années 60 et 70 à l’origine du

punk rock actuel ! Pour ceux qui seraient nés de l’avant-veille, on appelle ça le garage rock, le rock « comme sorti du garage » ! Vroum vroum la pédale fuzz ! Son crade, rythmique sur les chapeaux de roue, déhanchements vicelards… tout ce qu’il faut pour se faire remarquer dans la cour de récré ! Tout cela les Dizzy Brains (quelque chose comme les « mous du cerveau » ?) vous le garantissent. Quatre petits gars d’ici qui veulent « faire du rock et rien que du rock », surtout pas de ces machins pop qui donnent envie de gerber ! « À Madagascar on a raté pas mal d’étapes, on mélange tout, le hard, le punk, le metal, on ne sait plus de quoi il s’agit. Nous on veut revenir à l’essence du rock. » Essence, garage, voyez comme tout cela est cohérent ! Instruments pas plus qu’il n’en faut, et surtout pas de synthés. À la manœuvre Eddy Andrianarisoa (cordes vocales), Hary Dio Randriamanantsoa (guitare), Mahefa Andrianarisoa (basse) et Mika Rakotoarimanana (batterie). « Nous ne voulons pas être des musiciens exceptionnels », lance Dio, fiston soit dit en passant du chanteur Ifanihy. « Ce qui nous intéresse, c’est l’énergie brute (raw power) qu’on balance en live. C’est pareil quand on enregistre, une prise ça nous suffit. » À l’opposé

de tous ces affolés du manche qui doivent leur virtuosité aux techniques de studio ! Avant d’en arriver aux Dizzy Brains en mai 2011, le groupe a connu pas mal de mutations, d’abord sous le nom de The Radio City puis de Flowers City. Derrière, l’empreinte des frères Andrianarisoa qui avouent avoir toujours baigné dans les riffs « protopunks » des années 60 via les vinyles de leur paternel. Leur nom de Dizzy Brains est ainsi un hommage indirect (via L’Homme à la tête de chou ?) au couple Gainsbourg-Dutronc, deux maîtres du garage rock à la française en tout cas pour le second (Les Cactus, On nous cache tout). En juin 2011 sort leur premier single intitulé Hopes and Things, bel ovni aux couleurs psychédéliques (l’autre grande folie des années 60 !), déjà dans les annales. Mais comme annoncé par l’étiquette « garage », c’est en live que les Dizzy Brains donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre, aussi bien sur la scène des cabarets que des festivals (Distortion, Rock’heure). Le son est servi par des paroles en anglais ou français (pourquoi pas en malgache ?) qui éclaboussent : « Alors fume, fume ma vie entre tes doigts / Alors jure, jure qu’il n’y a que moi / Qui te baise et te réponde / Qu’avec elle c’était si con » (Nicotine). Presque aussi joliment (dé)troussé que le Under my Thumb des Stones ! Bref, des petits gars pleins de ressources à découvrir le 11 mai au Tana Arts Café d’Ampasamadinika, dans le cadre du festival Rock it organisé par Gaz Online. On en reparle, pour sûr ! 

Culture

Il y a encore peu, personne n’aurait misé un kopek sur le rock d’ici et voici qu'aujourd’hui on découvre une scène underground active et pleine de jus. Témoins, les Dizzy Brains, groupe labellisé «  garage rock  » à découvrir d’urgence le 11 mai au festival Rock it de Gaz Online…

Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg

Voix de garage

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Tahina

Rakotoarivony

Koafezy « Se mettre à nu pour une femme est une manière de manifester sa liberté. Elle dévoile ses secrets, ce qui peut vouloir dire qu’elle apprécie l’homme qui l’observe ou qu’elle veut juste attirer son attention, mais au fond il y a toujours ce manifeste d’égalité. Les mots, les phrases écrites symbolisent l’homme, ils renvoient à ce que dirait un homme… »

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Figurations libres 


e suis un artiste à temps plein même si c’est parfois très dur », clame ce disciple de feu Richard Razafindrakoto. Au gré de résidences et d’expositions en France, en Suisse, en Afrique, il se donne «J pour ambition de faire de Madagascar un carrefour de l’art contemporain en Afrique. C’est ainsi qu’il met

Culture

en place l’Is’Art Galerie en février 2011 où 34 artistes ont déjà été exposés. On lui doit également la résidence artistique Imaitsoanala à 13 km de la capitale. Défenseur du combined painting, il intègre aussi bien l’impressionnisme de Cézanne, les couleurs flashy du fauvisme, le pop art d’Andy Warhol. Dans « Figurations libres », sa dernière exposition à l’Is’Art Galerie, il entend comme Keith Haring « affranchir l’art de ses frontières, de ses limites géographiques ou intellectuelles, au nom de l’art pour tous ». D’où ces créations brutes, mélanges de collages, pochoirs, dessins d’enfants et bandes dessinées, réalisées à partir de son matériel habituel : acrylique, marqueur Posca et collage.  Esclaves « Ces gens aux bras levés sont nus et tournés vers le mur. Avant d’arriver sur les lieux, ils n’étaient pas nus. Mais on leur a pris leur identité, leur intimité, on les a dénudés. Ceux à qui on a tout pris ne peuvent plus regarder ce qui les entoure, comme des enfants qu’on envoie au coin. Ils ne réfléchissent plus, ils doivent juste acquiescer. Les graffitis sont similaires à ce qu’on écrit dans les cellules de prison ou sur les bancs d’école. Ce sont des manifestes, des morceaux de mémoires. »

Réunion publique « Je me suis inspiré des travaux de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, il y a un personnage de couleur noire, les autres tiennent des livres, ce sont les décideurs. C’est finalement un sujet très terre à terre : les transferts de savoir et de culture sont régis par la civilisation dominante… Les coupures de journaux renvoient au bla-bla médiatique qui brouille plus qu’il n’informe. Au milieu de tous ces signes, le zébu agit comme une protection… »

Recueillis par Joro Andrianasolo Contact sur www.nocomment.mg

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David

Randriamanana


e suis un amoureux de l’image, je ne sais faire que ça », plaide-t-il. Avec son look de jeune premier, David «J Randriamanana n’est certes pas un débutant dans la réalisation. À 11 ans, il courait déjà le club de cinéma du CCAC, l’actuel IFM. « Toute ma culture cinématographique vient de là. Faire partie de ce club me permettait de voir quatre fois de suite les films diffusés, et surtout de les voir avant tout le monde. » Au sortir de la « Révolution socialiste », il se tourne vers la vidéo et la mise en scène de théâtre en se formant auprès de metteurs en scène étrangers et malgaches. Tout naturellement il devient assistant. « J’ai côtoyé les grands maîtres malgaches comme Abel Rakotozanany, Jean Bernardin, Bruno Ravalison et Tsilavina Ralaindimby. » C’est avec ce dernier qu’il commence à faire de la réalisation de spots publicitaires et de films de commande. Un itinéraire bis qui l’amène aujourd’hui à travailler comme directeur artistique à Grand Angle Production et Tamaboo Films. Mais l’artiste est toujours là. En témoigne le prix du Poulain d’Argent du meilleur court-métrage qu’il a remporté en mars dernier, à la 23e édition du Fespaco (festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) avec sa fiction La Photographie (Sary Iray Tsy Nipika). C’est son premier vrai essai

à 52 ans, l’histoire émouvante d’une vieille femme attendant son fils pour prendre la photo qu’il lui a promise. « Le message de ce court-métrage, c’est de toujours tenir compte de ce qu’on dit. C’est aussi un regard différent sur la vieillesse. » Le déclic est venu de la lecture d’un scénario écrit par une nouvelliste. « Elle avait l’idée de base tournant autour des personnes âgées, de la solitude… J’ai juste rajouté le personnage du jeune homme pour rendre l’histoire encore plus dense. » Avec pas moins de quatre films primés à ce dernier Fespaco, il est clair que le cinéma malgache est en plein renouveau. En plus de La Photographie ont été récompensés le long-métrage Malagasy Manakany de Haminiaina Ratovoarivony, le film d’animation Iny hono izy ravorona de Sitraka Randriamahaly et le documentaire Le prix de l’Effort de Nantenaina Rakotondravino. « Je pense que les Malgaches sont en train d’imposer un nouveau cinéma africain. On a appris à travailler avec trois fois rien comme moyens, et forcément cela demande une plus grande créativité », estime-t-il. Après La Photographie, David Randriamanana prépare déjà l’écriture d’un film « qui sera un court ou un long-métrage selon les financements que je vais dégager ». C’est ça aussi la Nouvelle Vague malgache ! 

Culture

Directeur artistique de l’agence Tamaboo Films et de Grand Angle, il a remporté le prix du Poulain d’Argent au Fespaco 2013 avec son court-métrage de fiction « La Photographie. » Coup de maître pour un coup d’essai. À 52 ans, ce passionné d’images ne compte pas en rester là.

Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg

Tu veux ma photo ?

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Jean-Michel Frachet Délégué Général de l'Alliance française à Madagascar Sa double mission de délégué général et de directeur général de l’Alliance française d’Antananarivo s’achève dans quelques mois, après cinq années d’un « management façon entreprise » au service de l’action associative et culturelle. Pour Jean-Michel Frachet, si l’heure est au bilan, l’aventure malgache est loin d’être terminée…

Votre mission à l’Alliance française de Madagascar prend fin en août prochain. Quel bilan tirez-vous de ces cinq années ? Comme directeur de l’Alliance de Tana, je dirais que j’ai contribué à relancer les activités de la maison. Quand je suis arrivé en 2008, la santé financière de l’Alliance n’étais pas au beau fixe mais aujourd’hui on est en mesure d’entreprendre des travaux d’agrandissement de nos locaux en prélevant strictement sur nos fonds propres. En tant qu’association à but non lucratif, il nous est interdit de faire du bénéfice, sauf à constituer des réserves sécuritaires pour le développement de nos activités… pour autant nous n’avons pas vocation à être pauvres et mal gérés ! Ce management « façon entreprise » peut surprendre, moi c’est ce qui me stimule. Il nous permet d’être encore plus efficaces dans nos missions de service public : l’enseignement du français, la

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L’Alliance est métisse    


Culture

Pasteur ou Jules Vernes. L’idée est de lancer un mouvement diffusion de la culture, la promotion du livre et de la lecture. associatif international autour de la langue française, mais Chaque Alliance française est autofinancée… Absolument, et c’est ce qui nous distingue depuis une vingtaine pas à la façon d’une structure qui serait imposée depuis d’années d'organismes équivalents comme le Goethe-Institut, la métropole. Chaque Alliance est en fait de droit local, l'Institut Cervantes ou le British Council. Eux sont para-étatiques, appartenant en propre aux personnes qui la font vivre. totalement dépendants des subventions de leur pays d’origine. C’est Chacun des 29 établissements de Madagascar est donc géré également le cas de l’Institut français de Madagascar (IFM) qui de façon autonome par un conseil d’administration, composé fonctionne comme un service extérieur de l’Ambassade de France. de personnalités locales. De la même façon, plus de 98 % S'agissant de l’Alliance de Tana, 85 % de nos recettes proviennent du personnel est malgache, et cela à tous les échelons. C’est de nos formations, sachant que nous sommes le seul centre agréé à un modèle associatif qui inspire toujours : les Chinois l’ont Madagascar pour les diplômes officiels français et ceux de la Chambre adapté récemment pour créer leur propre structure de diffusion du confucianisme dans le monde… de commerce et d'industrie de Paris. Viennent Vous êtes également délégué général de l'Alliance ensuite, pour 13 % de nos recettes, la billetterie et Dans bien française à Madagascar. De quoi s’agit-il ? les partenariats avec le privé autour d’opérations Sans pouvoir décisionnaire sur les 28 autres culturelles, comme la fête de la musique que nous des endroits, établissements, je suis leur interlocuteur auprès de organisons depuis huit ans avec le soutien financier nous sommes la Fondation Alliance française qui est la référence d’Orange Madagascar. Les 2 % restants correspondent et juridique des 920 Alliances françaises aux subventions que nous percevons et qui émanent la seule offre morale existant dans le monde. Le réseau fonctionne un du service de coopération et d’action culturelle de culturelle…  peu comme une franchise. Lorsqu’une Alliance se l’Ambassade de France. Ce n’est pas ce qui nous fait crée, elle demande à la Fondation de la reconnaître, à vivre au quotidien même si la prise en charge par la charge pour elle d’en respecter le principe de bonne France du salaire des expatriés mis à disposition de l’Alliance est un énorme apport « en nature », mais qui ne pèse pas sur gouvernance et les activités. Une Alliance qui dériverait n’aurait tout simplement plus le droit de porter ce nom. Mon rôle est de m’assurer le budget de l’association… qu’on est bien dans le respect du modèle pour Madagascar. Cette autonomie financière l’est également au plan statutaire. Ce regard depuis Paris n’est-il pas anachronique ? C’est même le cœur du projet des Alliances françaises… Aujourd’hui, les choses sont très détendues, peu de gens nous font C’est une chose qui se vérifie dès l’origine, c’est-à-dire dès 1883, lorsque l’organisation est créée à l’initiative de personnalités comme le procès du colonialisme grâce, justement, à l’appropriation de la

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Humaniste de terrain 47 ans, titulaire de l’éducation nationale, diplômé d’un Master en sociolinguistique, l’homme se définit d’abord comme humaniste de terrain  ». un «  Coopérant pour le service national, il se retrouve à 22 ans directeur d’un centre culturel français au Malawi, avant d’intégrer quelques années plus tard, de 1993 à 1997, le projet d’enseignement bilingue Galatasaray à Istanbul, en Turquie. Il y rencontrera Nigar, sa future épouse. Entré dans le réseau de l’Alliance française, sa première mission a pour cadre La Havane, à Cuba, où il cumule de 1997 à 2001 les fonctions de directeur adjoint et d’attaché de coopération. Après un passage à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris comme adjoint au directeur des relations internationales, on le retrouve directeur de l’Alliance française à Nairobi, au Kenya, avant d’être nommé à Madagascar en septembre 2008. Une mission qui risque de durer beaucoup plus longtemps que prévu. « Ma femme et mes deux fillettes ont trouvé leur équilibre ici, c’est peut-être le moment de poser les valises », confie-t-il.

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« formule Alliance » par les gens du pays qui en désirent la création et l’existence ! Les fondateurs de 1883 sont avant tout des humanistes, leur projet de rayonnement de la culture française à l'extérieur ne s’inscrit pas dans une démarche étatiste. Ils sont plutôt en train de créer la Francophonie actuelle. Il est évident que la carte des Alliances françaises dans le monde ne coïncide pas avec celle de l’ancien empire colonial. Contre toute apparence, c’est en Amérique du Sud que nous sommes les plus implantés. En nombre d’étudiants, Madagascar est le quatrième réseau mondial derrière le Brésil, le Mexique et la Colombie… Pas de liens inavouables avec le quai d’Orsay ? Le gouvernement français par son ministère des Affaires étrangères est bien entendu le premier partenaire de l’Alliance française, mais les présidents de nos conseils d’administration expriment souvent combien ils sont fiers d’être les premiers responsables de leur association malgache. Et ils ont raison ! Le seul lien de la Fondation avec le ministère français des Affaires étrangères est la convention annuelle spécifiant que nous formons avec les centres culturels français à l’étranger « un réseau unique », convention sur objectifs quand même assortie de moyens alloués à la Fondation Alliance française. Cela signifie que quand il y a un centre culturel dans un pays, en général il n’y a pas d’Alliance française, et vice versa. Madagascar est en fait une exception ! Nous

sommes complémentaires, pas rivaux, avec l’IFM. Ils ne font pas d’enseignement, nous n’avons pas la même capacité qu’eux à faire tourner des artistes venus de l’étranger et nous tâchons autant que possible de monter des projets en commun. C’est ainsi, par exemple, que Manu Chao sera sur la nouvelle scène extérieure de l’Alliance de Tana le 8 juin prochain grâce à un partenariat tripartite avec le Festival Sakifo de La Réunion et l’IFM. La dernière Alliance créée est celle de Morombe en 2001. Pourquoi n’y en a-t-il pas eu depuis ? C’est sans doute que la couverture est à peu près faite en zones urbaines et périurbaines. On a bien quelques demandes en cours, mais on veut des dossiers cohérents avec des projets qui vont pouvoir durer sur le long terme. La Fondation Alliance française n’apporte aucun soutien financier, c’est aux demandeurs d’arriver avec un modèle économique viable. On est à mille lieux de l’assistanat à fonds perdus et cela a le mérite de décourager les candidatures fantaisistes. N’est-ce pas la marque d’une désaffection pour le français ? Cela ne se vérifie pas dans nos statistiques, puisque nous enregistrons une progression de 38 % du nombre de nos étudiants différents de 2009 à 2012, voire de 43 % pour Tana. Madagascar est un pays où les Alliances françaises ont toujours bien fonctionné : la preuve, en nombre d’inscrits à nos formations, c’est le premier réseau d’Afrique subsaharienne. Le français reste la première


langue d’ouverture du pays, professionnellement incontournable. Maintenant il est certain que la malgachisation des années 1970-1980 a changé la donne : on estime aujourd’hui qu’à peine 10 % de la population parle français, contre 60 % estimés il y a 50 ans. Sans qu’aucune autre langue des affaires ne se soit substituée, c’est bien là le problème… Le pays a-t-il besoin de l’Alliance française pour promouvoir sa culture ? En l’état actuel, oui en complémentarité avec les pouvoirs publics malgaches qui manquent de moyens dans ce domaine. Dans bien des endroits où nous nous trouvons, nous sommes la seule offre culturelle existante. Il faut imaginer ce que cela représente dans les régions quand nous faisons tourner un artiste ou une exposition. Notre ligne est de soutenir la diversité et les échanges, sans aucune forme de discriminations, car l’Alliance française est métisse de cœur et d’âme. Sans parler de l’énorme travail qui est réalisé par nos bibliothèques et médiathèques, prolongé par l’action des Clic (Centres de lecture, d’information et de culture) en brousse. Grâce à l’association Trait d’Union, nous recevons chaque année de France 30 000 livres neufs sauvés du pilon, qui alimentent notre fonds documentaire. Être dans le culturel à Madagascar, c’est forcément être dans l’urgence… Madagascar n’aura été qu’une étape dans votre vie ?

Ma mission s’achève et après avoir travaillé pour le réseau des Alliances françaises à Cuba et au Kenya, je peux dire que ces cinq ans ont été une expérience unique. À tel point que je compte rester ici. Je ne sais pas encore dans quel domaine, sûrement dans l’associatif et la formation. Ce pays offre de réelles opportunités de vie à qui est prêt à apporter sa contribution au développement. Cela convient parfaitement à mon humanisme de terrain. J’aime le frottement interculturel, c’est usant mais passionnant !   Propos recueillis par Alain Eid

L’Alliance française à Madagascar (chiffres 2012) Création : février 1947 29 établissements 762 bénévoles et salariés Formation : 27 846 étudiants 88 % de réussite aux examens Lecture publique : 53 bibliothèques (dont 24 Clic) 650 000 visites Programmation : 1 006 manifestations culturelles 311 586 spectateurs


Adieu Berthe 2011 - France – 96 mn - Comédie de Bruno Podalydès avec Valérie Lemercier (Alix), Denis Podalydès (Armand), Isabelle Candelier (Hélène), Bruno Podalydès (Yvon Grinda)

Berthe, la grand-mère d’Armand, pharmacien adepte de la trottinette motorisée et secrètement passionné de magie, vient de mourir. Une bataille s’engage avec la belle-famille sur les funérailles : enterrement ou incinération ? Armand est indécis. Entouré de sa fine équipe – notamment de son frère Denis (également coscénariste du film) –, Bruno Podalydès signe là une savoureuse comédie. Après Bancs publics (Versailles Rive Droite), le duo des frères Podalydès se reforme pour la sixième fois. On retrouve toute l’espièglerie des deux frères, leur grain de folie douce, leur goût pour les détails farfelus et également pour le merveilleux et l’illusion, comme le prouvent plusieurs clins d’œil à Georges Méliès. Isabelle Candelier, l’épouse, Michel Vuillermoz, le thanatopracteur New Age, Pierre Arditi, le père d’Armand, sont parmi les acteurs fidèles du réalisateur. Ils sont rejoints par Valérie Lemercier, magnifique en maîtresse d’Armand. Tendresse, loufoquerie, humour, poésie désuète et mélancolie sont au cœur de leur film présenté à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2012.  Diffusion sur CanalSat les mardis 7 mai à 20 h 55 (première exclusivité), mercredi 8 mai à 20 h 50, mardi 14 mai à 10 h 00, mercredi 15 mai à 15 h 40 et jeudi 16 mai à 20 h 45.

Le Livre du mois I Vorombola sy Voninkasina Par Volatiana Rahaga

Culture

Le Film du mois 

Vorombola, un oiseau extraordinaire, a pris conscience que le vrai bonheur ne se trouve pas sur le chemin ni dans l’esprit, mais dans l’amour que l’on porte en soi. Il fait la rencontre d’une jeune fille Voninkasina qu’il emmène dans ses voyages. Ensemble, ils partent explorer la terre afin de retrouver le bonheur perdu, tout en surmontant les nombreuses embûches qui se dressent sur leur chemin. Édité en trois langues, malgache, français et anglais, I Vorombola sy Voninkasina (Vers le bonheur, Seeking Happiness) est un conte pour enfants dont la version malgache est racontée sous forme de poésies. Un clin d’œil aux enfants malgaches « pour les aider à retrouver l’amour de l’écriture », commente et de la lecture  l’auteure. Issue de la génération qui a connu la malgachisation, Volatiana Rahaga a baigné dans l’univers des mots grâce à son grand-père maternel, poète et écrivain. Elle a grandi avec Sangy Mahery de Rodlish et Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Son envie d’écrire est revenue après avoir quitté Paris pour Londres où elle habite actuellement, travaillant dans la diplomatie et les relations internationales. Elle prépare un autre recueil de poésie bilingue français-malgache.  Disponible sur la plateforme e-kindle d’Amazon. 53


Pascal Grimaud 54

« La photo avec la voiture a été faite le premier soir où je suis venu animer un atelier photo à Tana. Après une journée d’avion, je suis allé à l’hôtel du Louvre. Je sors sur le balcon et je vois ce taxi qui attendait des clients à minuit. Je n’avais qu’une envie, c’était de me coucher, mais je ne voulais pas rater une telle occasion. La lumière était sublime. »

Tout ce que je ne veux pas photographier ! 


Portfolio

Après un premier livre sur Madagascar en 2004 (Le Bateau ivre, histoires en terre malgache, textes de Jean-Luc Raharimanana), Pascal Grimaud, Prix Kodak de la Critique en 2001, projette de sortir un second ouvrage en 2014. Il y développera une autre approche photographique avec l’utilisation de la couleur et la recherche d’autres lumières, alors que son premier travail, proche du reportage, reposait sur le noir et blanc. « Je fais beaucoup de chambre noire et de laboratoire, ma pratique reste artisanale. Maintenant que je suis revenu dans la Grande Île, je veux faire des photos contemporaines pour éviter de donner ce côté très daté des photos sur Madagascar. On a l’impression que le temps est figé. ». 

« Une photo prise à Toamasina. Je ne voulais pas cadrer son visage, non pas parce que c’était inintéressant, mais le sujet c’était son corps et sa posture. »

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« Ambositra. J’ai vu une personne qui récoltait du riz avec toutes ces couleurs autour d’elle, tout ce que je ne veux pas photographier ! Alors, je lui ai demandé de poser devant ce mur gris. Il y avait plein de petits grains de riz accrochés à sa veste qui ressemblaient, à première vue, à des larves. C’est ce côté étrange dans la photo qui m’intéresse. Ca enlève toute la dimension caricaturale et folklorique qu’on a l’habitude de voir… » Recueillis par Aina Zo Raberanto

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Fomba amam-panao

Le pays où l’heure

n’est jamais à l’heure Par Mamy Nohatrarivo

Avant l’heure, ce n’est pas l’heure ; après l’heure, ce n’est plus l’heure. Louis XIV pour qui « la ponctualité est la politesse des rois » serait tombé raide de rage s’il avait régné à Madagascar. Le principal coupable ? Le fameux « fotoan-gasy » (retard malgache) qui crispe l’étranger, mais exaspère aussi le citoyen du cru…

es Malgaches se sont fait à l’inexactitude comme ils se sont fait à la fatuité, à la suffisance, à la prétention ou à l’arrogance de Lcertains donneurs de leçons. D’où la première consigne à tout nouveau

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venu : ne pas s’énerver ! Tout retard à un rendez-vous, qu’il soit de dix minutes, trois quarts d’heures, deux ou trois heures, voire plus, s’explique par un problème universel, celui de la montre. Il y a bien un temps universel (TU), mais Greenwich étant au diable vauvert, chacun se débrouille pour ses rendez-vous comme il peut. C’est une vérité universelle, valable autant dans les gares et les aéroports que dans les bureaux et (surtout) les relations humaines. Le seul et plus grand ponctuel connu est l’amoureux, surtout transi. Il attendra jusqu’à ce que ses fleurs se fanent. Le respect de l’autre commence par le respect de la montre de l’autre. Si tout un chacun respecte la montre sur laquelle autrui se règle, le


monde en sera plus serein, débarrassé du syndrome de la rigueur. Le premier signe de cette culture pernicieuse de notre temps serait la ponctualité, reste à savoir à quelle aune la juger. L’heure du général n’est pas l’heure du caporal. L’heure du boss n’est pas celle du planton. Quant à l’heure d’arrivée des avions ou des trains ou des… fonctionnaires, le DSLS (Dieu seul le sait) est le lot commun de tous les citoyens du monde. Evidemment, si vous ne découvrez Madagascar qu’à travers des cinqétoiles qui vous servent le pastis vespéral dans la minute ou à l’heure dite, vous serez perdu dans les campagnes qui fonctionnent avec une autre montre. C’est le rythme tranquille des gens qui prennent le temps de faire cuire du riz, au lieu de la bouffe aussi onéreuse que malsaine des sandwiches et des trucs à la MacDo. « Nous serons arrivés le temps de cuire deux fois du riz ». Cela en fait de la marge ! Cela vous change de la course effrénée du métro-boulot-dodo. C’est le rythme lent de la marche à pied et des bœufs des charrettes. Ici, ce n’est pas le circuit du Mans ni les autoroutes. La montre est le parfait symbole d’une culture tueuse, le culte de la vitesse. On veut toujours aller plus vite que la trotteuse tant et si bien qu’on va droit dans les murs. Des peuples se lèvent dès la première stridulation d’un réveil, mais d’autres comme à Madagascar, se réfèrent au premier chant du coq ou aux premiers coassements des grenouilles. Pour en finir avec la malédiction du stress, il faut se rabibocher avec la sérénité. La Nature est toujours restée l’alma mater, la mère nourricière. Pour la redécouvrir, il faut quelquefois… casser sa montre. 


Vintage 1900 Collectionneur, Luc Monteret a rassem000 blé plus de 5  cartes postales représentant des vues inédites de la Grande Île du début du XXe siècle. Un trésor inestimable qui donnera naissance à un superbe album à la fin de l’année, pour lequel les entreprises malgaches sont appelées à contribution. Un beau geste pour un beau livre.

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Traditions

rente-cinq ans de collection couvrant plus d’un siècle d’histoire malgache, tel est le propos de l’ouvrage T Madagascar il y a cent ans en cartes postales anciennes que Luc Monteret s’apprête à faire paraître à compte d’auteur d’ici la fin de l’année. Le public en aura un avant-goût à travers l’exposition qui aura lieu le 9 juin dans le hall de la gare de Soarano, dans le cadre du centenaire du Lalamby Malagasy (Chemin de fer

malgache) organisé par Madarail, avec des documents inédits datant de la construction de la ligne Tananarive-Côte Est. Un véritable trésor pour les historiens puisqu’en 304 pages, ce livre entend faire défiler 700 cartes postales datant principalement des années 1900-1918. Une période à replacer dans le sillage de l’exposition universelle de 1900 et qui marque l’Age d’or de la carte postale. La France et ses territoires, nous explique

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l’auteur, sont alors parcourus par toute une armée de photographes, véritables photoreporters avant la lettre, chargés d’alimenter une industrie pesant quand même 120 millions de cartes postales pour la seule année 1910… « La plupart de ces cartes postales ont été retrouvées en France, car c’était leur principal pays de destination. » Le résultat ce sont ces vues saisissantes des anciens royaumes malgaches, tels que les découvrent les Européens qui mettent le pied sur la Grande Île à l’aube du XXe siècle. Un tour de l’île où l’on se plaît à reconnaître les grands centres de l’époque (Diego, Nosy Be, Mahajanga…), mais également des bourgs plus modestes comme SoanieranaIvongo, Maintirano, Morondava. Antananarivo n’est évidemment pas oubliée eu égard à son statut de capitale économique et administrative. « J’ai un faible pour la série consacrée au marché du zoma. Je l’ai bien connu avec son grouillement étourdissant qui a laissé comme un vide dans la capitale », confie Luc Monteret. Si sa collection recèle quelque 5 000 cartes postales anciennes portant essentiellement sur les pays où il a habité, « celles de Madagascar sont plus nombreuses, car je suis à moitié malgache, ou plus exactement malgache par ma moitié » Arrivé sur la Grande Île en 1976 dans le cadre d’une mission d’évaluation de sociétés commerciales fraîchement nationalisées, il y rencontre sa future épouse avec laquelle il vit aujourd’hui en France, une union scellée par la naissance de deux filles. Le projet de Luc Monteret a toujours été la publication d’un livre qui couronnerait son travail de plus de trois décennies. Un tel projet s’avère évidemment onéreux et les éditeurs ne se bousculent pas. Après plusieurs projets avortés, il décide donc de le

Chapelières de Tananarive

réaliser à compte d’auteur, en proposant d’y associer des entreprises malgaches sous forme de souscriptions. « Il serait regrettable que ce patrimoine historique malgache passe à côté des Malgaches », estime-t-il. Les souscriptions sont ouvertes dès maintenant et si tout se passe bien le livre sortira en octobre. On peut souscrire en se rendant sur le site Mada100 que l’auteur vient d’ouvrir. « Sans fausse modestie, je pense que c’est un témoignage unique et de qualité sur le passé de la Grande Île. J’ai pratiquement tous les lieux notables du Madagascar d’autrefois, excepté le massif de l’Isalo dont je n’ai qu’une carte moderne ». Avis aux amateurs !  Joro Andrianasolo Contact sur www.nocomment.mg

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Vangovango Jamais identiques, les bracelets «  vangovango  » ont une valeur historique à Madagascar. Vieux de plus de cent ans, ils étaient autrefois fabriqués avec les anciennes pièces de 5 francs en argent. Frédéric Quéhen de la bijouterie Le Tamarin à Madirokely raconte leur histoire.

et modèles du vangovango varient selon régions de Madagascar. Chez les Tsimihety, le Ldessineslesorigines aux extrémités ressemble à une couronne des rois d’épiphanie. Les Antakarana se sont inspiré des bracelets indiens amenés par la migration des boutres qui passaient à Nosy Be en allant vers l’Afrique de l’Est.

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Originellement creux et en cire perdue, les Malgaches l’ont imité massif et en argent ; ils disaient que leurs bracelets donnaient de l’inertie dans les coups de machette. Les rois sakalava, eux, ne voulaient pas posséder des piastres avec le visage d’un autre souverain. Ils demandaient alors aux forgerons de les fondre pour en faire des bracelets qui resteraient dans le trésor royal.

La Reine Binao (au milieu) portant des bracelets vangovango.

Pour le prestige


Nosy Be

Traditions

Le vangovango pouvait symboliser l’alliance entre celui qui le portait et le pouvoir. Ailleurs, les commerçants portaient quelques pièces à un forgeron pour qu’il fabrique un bracelet. Le vangovango dévoilait alors l’origine géographique et sociale d’un homme. Plus tard, le bijou s’est transmis des grands-parents aux petits-enfants. À Mayotte, où 40 % de la population est sakalava, on l’appelle « le bracelet de grands-mères ». Ainsi, chaque Malgache qui en a les moyens possède un bracelet faisant lien avec sa généalogie. La paupérisation à Madagascar fait du vangovango l’unique valeur des gens de la brousse. Ceux qui ont besoin d’argent le revendent à des collecteurs. C’est avec ces collecteurs que le bijoutier de Madirokely achète ses vangovango. « Je protège le patrimoine de Madagascar. Si je ne les achète pas, ils seront systématiquement fondus pour en faire de plus petits bracelets vendus aux touristes sur la plage », confie Frédéric Quéhen. En cohérence avec l’idée de sauvegarde, il vend les vangovango à moitié prix aux Malgaches. Le concept d’alliance perdure même quand les étrangers achètent ces bijoux. Pour Frédéric Quéhen, si les voyageurs veulent posséder les vangovango, c’est « par amour du pays, pour rester connectés à Madagascar… »  Stéphane Huët Contact sur www.nocomment.mg


T rois épouses, une femme

Par Sylvia Mara

était un prince connu pour sa bonté, sa bravoure et son ardeur au Ltravailahifialy et au combat. Quand il n’était pas

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aux champs, il gardait les zébus. Un jour, il s’était éloigné de son village avec ses bêtes, à la recherche de pâturages plus verts. Ne pouvant pas revenir le jour même, il passa la nuit à la belle étoile. Plongé dans un sommeil profond, il n’entendit pas les zébus s’agiter, se lever un à un et enfermer leur maître au milieu d’un cercle, lui tournant le dos, faisant face à un danger qu’ils sentaient, toutes cornes dehors, tête baissée, prêts à foncer. Soudain, un meuglement de douleur. Lahifialy se réveilla en sursaut et comprit la situation en voyant le cercle formé par ses zébus pour le protéger. Il se précipita vers l’animal qui s’était écroulé et continuait à meugler. À la lumière de sa lampe, il vit une morsure à l’une des pattes. Comme un fou, il braqua sa lampe à la surface du sol, cherchant partout, et ne tarda pas à dénicher le coupable sous une pierre : un scorpion de la taille d’un gros pouce.

Sans réfléchir, mû par l’instinct de protection, il le prit dans sa main et l’y écrasa rageusement. Quand il rouvrit la main, à son grand étonnement, le scorpion était grillé et sa main brûlante. Prenant une pierre, il le pila et, avec la poudre obtenue,


Contes du Sud pansa la blessure du zébu. Celui-ci se calma aussitôt. Mais se doutant que le scorpion avait été envoyé par une force du mal, Lahifialy poussa ses bêtes devant lui pour les conduire vers un lieu plus sûr. Celles-ci ne se firent pas prier et, humant l’air, elles prirent elles-mêmes une direction que Lahifialy se garda de modifier. Dans certaines situations, les rôles doivent s’inverser et le maître devient le disciple. Mais, revenu au village, Lahifialy subit encore une fois les railleries de ses frères aînés qui, entendant son histoire et apprenant qu’il s’était laissé conduire par ses bêtes, le traitèrent de zébu. « Pas étonnant que tu sois toujours célibataire à ton âge ! se moquaient-ils. Quelle femme stupide voudra donc d’un zébu comme mari ? » Commençant à se poser lui-même des questions, Lahifialy décida de consulter le sikidy qui dévoilait le passé et annonçait l’avenir par les graines. Il se rendit auprès de l’ombiasa, le devin qui possédait l’art de réveiller le sikidy. Après avoir lu l’écriture des graines et déchiffré la révélation, l’ombiasa tint ces propos : « Mon fils, tu es loin d’être bête puisque c’est toi qui hériteras du royaume. Seulement, c’est d’une femme que tu épouseras que naîtra ton règne. Le sikidy ne m’apprend rien de plus. » Lahifialy sortit de chez le sage, perplexe. Aucune femme du village ne voulait de lui comme mari. Les femmes célibataires étaient séduites par ses frères et trouvaient que c’était une déchéance ne fût-ce que d’être courtisée

Traditions

par Lahifialy, le benjamin du roi. Il lui fallait partir pour devenir rapidement roi et montrer ainsi à ses frères et aux villageois que c’était lui le plus grand. Il fit ses adieux à son père et à ses zébus et s’en alla, avec son bâton comme unique compagnie. Lahifialy marcha, marcha, marcha. Les jours succédaient aux nuits, les nuits aux jours. La lune avait eu trois fois le temps de compléter un cycle quand il revint avec une femme qu’il épousa en grande pompe, en présence du gouverneur. À la vue des zébus qu’il allait tuer pour célébrer son mariage, les villageois ne purent que se réjouir et participer à la fête. Le temps passa, Lahifialy attendait la proclamation de sa prochaine accession au trône. En fait de royaume, son épouse donna naissance à trois enfants. Dépité, Lahifialy retourna voir l’ombiasa. Celui-ci l’écouta attentivement déballer son amertume et sourit. - Mon fils, ce peut être ta faute. Es-tu sûr d’avoir fait ce qu’il fallait ? N’as-tu pas transgressé un interdit, enfreint un tabou ? - Je suis maintenant convaincu que cette femme n’est pas celle qu’il me fallait. Si j’ai commis une faute, c’est peut-être de l’avoir épousée. Je ne vois rien d’autre. - Alors que comptes-tu faire ? - Ce que le sikidy me dit de faire ! L’ombiasa réveilla le sikidy, assembla les graines, les éparpilla, les aligna, déchiffra le résultat et hocha la tête : - Je suis désolé, mon fils, mais le sikidy est muet à ce sujet. Lahifialy sortit de chez l’ombiasa la mine soucieuse. Sa

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décision était prise, il allait repartir à la recherche d’une autre femme. Après avoir fait ses adieux à son père, à ses enfants et à ses zébus, il prit la route. Il marcha, marcha, marcha, plus loin que la première fois. Les jours succédaient aux nuits, les nuits aux jours. La lune avait eu cinq fois le temps de compléter un cycle quand il revint avec une femme qu’il épousa en grandes cérémonies, en présence du chef de canton. À la vue des zébus qu’il allait tuer pour célébrer son mariage, les villageois ne purent que se réjouir et participer à la fête. L’attente recommença, plus longue. En fait de royaume, sa seconde épouse donna naissance à deux enfants. Lahifialy désespérait de se voir un jour roi. Il se mit à se poser des questions sur lui-même, sur sa vie et ce qu’il voulait en faire. Un beau jour, il reprit son bâton, fit ses adieux à son père, à ses enfants, à ses zébus et prit la route. À la sortie du village, il croisa le fou que les villageois fuyaient, craignant tous ceux qui ne leur ressemblaient pas. Le fou lui tendit la main que Lahifialy accepta en la serrant respectueusement. Le fou semblait ému et, d’une voix chevrotante, le bénit en lui posant la main sur la tête : - Tu deviendras quelqu’un, tu auras l’enfant que ton cœur désire. - Mais j’ai déjà cinq enfants ! répondit Lahifialy en souriant. - Oui, mais celui qui va venir assurera ton avenir ! - Je ne veux pas revenir en arrière, si je pars maintenant, c’est pour me trouver. Je sens un vide en moi, il faut que je le comble, et ce n’est pas au village que cela se fera. - Oui, tu as vu juste. Mon fils, on ne fait que les rencontres qu’on mérite. Lors de ton premier voyage, tu étais mû par l’impatience. L’Ordre des choses a donc mis sur ton chemin

une femme également impatiente. Lors de ton deuxième voyage, tu étais mû par le dépit, aussi a été mise sur ton chemin une femme également dépitée. Maintenant que tu te cherches, peut-être trouveras-tu la femme qu’il te faut pour ce que tu as à faire sur cette terre. Médite sur ceci : « dans l’équilibre des trois, se reconnaîtra l’un. De la reconnaissance de l’un, naîtra le roi. » Lahifialy n’alla pas loin. Il s’installa sur une colline proche et commença à méditer. Les jours succédaient aux nuits, les nuits aux jours. La lune avait eu sept fois le temps de compléter un cycle quand il revint au village avec une femme qu’il épousa sans cérémonies, mais en présence du roi, son père, qui après des années de réclusion, reparut aux yeux des villageois ravis de son retour parmi eux. La femme avait déjà le ventre rond qui accrochait le regard souriant du roi. Les villageois, euxmêmes conquis, offrirent des zébus pour faire la fête. Le roi s’adressa alors à eux en ces termes : « Ô vous qui vivez sous le ciel, réjouissez-vous en ce jour béni où enfin je peux désigner celui qui me succédera au trône. C’est Lahifialy, que j’ai toujours jugé digne, mais auquel il manquait quelque chose, l’équilibre apporté par une harmonie du cœur, de l’esprit et du corps. Je constate qu’il a enfin atteint cet état béni, et il nous apporte aujourd’hui la preuve de son ascension, le ventre arrondi de celle qu’il nous ramène. Il a trois épouses, mais une femme. De cette union harmonieuse naîtra l’avenir du royaume de Lahifialy. Maintenant, je peux partir en paix rejoindre les anciens ». Un conte est un conte, je me creuse la cervelle et vous découvrez la mine d’or ! 

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Harlem shake Le raz-de-marée «  Harlem Shake  » qui déferle sur la Toile depuis février dernier est arrivé à Fort-Dauphin un mois après grâce à l’initiative de Thi-Thao Amiraly. Une façon ludique et vraiment dans le coup de faire parler de Madagascar dans le monde entier.

pas mal, appuyée par Rio Tinto, le port Ehoala ou le PIC (Pôle intégré de croissance). Telle est la conviction de Thi-Thao Amiraly, Vietnamienne d’origine ayant grandi en France et installée à Fort-Dauphin depuis trois ans. C’est un soir, devant sa télé, que l’idée vient à cette dynamique entrepreneure (gérante de l’hôtel Petit Bonheur, de la boutique ChicShop et de la société import-export FDIE) de surfer sur la toute jeune vague du Harlem Shake pour promouvoir sa ville d’adoption. Pour les plus de 15 ans et autres spécimens antédiluviens, rappelons qu’on appelle ainsi une « vidéo présentant un groupe de personnes dansant de manière loufoque sur le morceau Harlem Shake du compositeur de musique électronique Baauer » (Wikipedia). Une mode qui a débarqué sur la Toile en février 2013 lorsque le vidéaste japonais Filthy Frank poste une vidéo intitulée Do the Harlem Shake : on y voit quatre personnes déguisées danser de façon complètement parodique sur un vieux tube du début des années 80. Des skateurs australiens renchérissent aussitôt par une autre vidéo et le mouvement prend dès lors une allure de buzz planétaire. « On recense plus de 50 000 versions postées un peu partout dans le monde sur YouTube et générant plus de 30 millions de vues », explique Thi-

pas besoin de mille et de cents pour arriver à faire bouger Surtout quand on est dans une ville qui bouge déjà Illesn’estchoses. Plus on est de fous ! 72


Fort-Dauphin

MÉdias

Thao Amiraly. Dont celle qu’elle a organisée depuis FortDauphin et qui visait à « montrer la réactivité et l’implication des jeunes pour leur ville ». « Une soixantaine de jeunes ont répondu assez vite à mon appel, fiers d’appartenir à cette communauté de l’instant et heureux de partager leur ville sur la Toile », explique Thi-Thao Amiraly. Malgré la fatigue et la chaleur, les participants ont tourné deux vidéos : une sur le Harlem Shake proprement dit et l’autre sur la Flashmob (mobilisation éclair). La vidéo d’une minute postée le 5 mars 2013 sur YouTube avait déjà été vue 162 fois en un mois. Soit une jolie couverture médiatique. « C’est pour montrer à tout le monde que Fort-Dauphin est toujours à la mode », explique le texte d’accompagnement. « Même si notre Harlem Shake n’est pas aussi déjanté que ceux qui sont sur le Net, les jeunes ont le mérite d’y avoir participé, fait valoir Thi-Thao Amiraly. L’événement devait regrouper beaucoup plus de monde sur la place de la ville, mais faute de sponsors, j’ai dû faire avec les moyens du bord. Je ne retiendrais qu’une chose de cette aventure : l’énergie de ces jeunes pour leur ville. On peut viser des buts réels et sérieux, tout en s’amusant. » La vidéo est toujours à consulter sur YouTube, de même que la page Facebook dédiée à cet événement et intitulée Fort Dauphin For Ever. Vous aussi rejoignez le mouvement !  Noely Contact sur www.nocomment.mg


Frédéric

Tourgeman

(Circus)

En activité depuis le début 2013, l’agence Circus Madagascar s’appuie sur une véritable synergie régionale, via Maurice et La Réunion, pour envisager des opérations communication totalement inédites sur la Grande Île. Audace et créativité sont les maîtres mots de la stratégie annoncée par Circus en la personne de son directeur général.

Dans quels domaines de la communication Circus Madagascar compte-t-il s’investir ? Essentiellement dans la communication commerciale et parfois la communication corporate, tout ce qui concerne le positionnement des sociétés. Nous pouvons mener des actions médias et hors-médias à travers nos différents départements, comme « Adrénaline » qui est dédié au street marketing, aux opérations de communication de rue ou à proximité des points de vente. Dans les prochains mois, nous voulons convaincre les annonceurs malgaches qu’il existe une autre approche de la communication. Vous bénéficiez d’une véritable synergie de groupe dans l’océan Indien… Circus est affilié au français Publicis, troisième groupe mondial de communication, leader en communication numérique et interactive. Nous le représentons dans l’océan Indien depuis 1995, année où Circus a été créé à Maurice par Thierry Montocchio, malheureusement décédé en juin 2011. Depuis 2004 nous sommes aussi à La Réunion, et aujourd’hui à Madagascar. À noter que depuis la fin de l’année dernière, nous représentons aussi Leo Burnett. Cela permet de se lancer sur de grandes campagnes régionales. Notre point fort, c’est le digital à travers notre département « La Ola ! » qui assure la « contagion » des messages via le web. De la conception de sites marchands à la création de pages Facebook, en passant par l’achat d’espace digital, tout ce qui est community management nous intéresse.

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Communication high level 


MÉdias Pourquoi ce nom de Circus ? (Rires) Pour s’imposer dans ce milieu il faut parfois faire un supernuméro de cirque ! En général, on nous reconnaît beaucoup d’audace et d’enthousiasme. Notre agence a été récompensée comme la plus créative dans le cadre de l’African Cristal Festival à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Il était demandé de concevoir une affiche, la moins chère possible, pour vanter la créativité africaine. On a gagné avec une affiche représentant des copeaux de crayon en forme d’Afrique, avec Madagascar figurée par des bouts de mine. Des messages simples mais efficaces, en phase avec la réalité malgache, voilà ce que nous proposons. On compte sur le savoir-faire et l’ingéniosité malgaches pour développer des idées comme ça. Le pire qui puisse nous arriver, c’est ces réseaux d’affichages de piètre qualité, mettre une belle idée dessus, c’est tuer l’idée… Vous êtes certains de trouver une clientèle localement ? Nous nous adressons à une clientèle qui a envie d’une communication ambitieuse. Ce n’est pas parce qu’on fait du beau, qu’on est moins efficaces. Je pense à tous ces jeunes internautes qui sont nourris d’images extérieures. Je suis convaincu que le marché malgache va progressivement être demandeur d’une communication plus high level, simple, efficace et comprise par tous. Plus le consommateur L'affiche Circus est loin du point de vente, plus il faut que la marque lui parle primée à Abidjan. avec émotion. À l’inverse, plus il se rapproche du point de vente, plus il faut que la marque lui parle de manière rationnelle. Devant sa télé, dans sa voiture, il faut le faire rêver. Mais quand il est tout près, il faut lui parler prix, promotions et arguments produits. C’est ainsi que nous concevons notre métier.  Joro Andrianasolo Contact sur www.nocomment.mg


Chamaiphan Suwatthee « Échanges à sens unique… » L’ouverture de la ligne Antananarivo-Bangkok en 2004 a été un accélérateur de business entre Madagascar et la Thaïlande. Malheureusement dans un sens qui profite d’avantage aux opérateurs thaïlandais, comme l’explique Chamaiphan Suwatthee, consul général du royaume de Thaïlande.

Pourquoi cet engouement des Malgaches pour la Thaïlande ? Il est certain que l’ouverture de la ligne Antananarivo-Bangkok en 2004, avec ses vols réguliers, a favorisé un mouvement d’attrait pour la Thaïlande. Sans oublier la signature de l’accord de promotion et de protection des investissements qui fait qu’en terme de commerce, Madagascar et le royaume de Thaïlande sont des partenaires à part entières. Nos frontières ont toujours été ouvertes aux autres, et cela s’adresse notamment aux Malgaches qui ont avec nous une

L a Thaïlande 76

à Mada


réelle parenté de culture et de style de vie. Les Malgaches comme les Thaïlandais sont des gens simples et hospitaliers. Des gens persuadés que l’avenir est devant eux. Qu’en est-il des échanges commerciaux entre les deux pays ? On ne peut pas vraiment parler de balance commerciale. L’échange entre les deux pays est à sens unique, au bénéfice du royaume de Thaïlande. Chaque année, plusieurs milliers d’opérateurs économiques malgaches viennent chez nous pour importer des marchandises, notamment des produits hi-tech et textiles, pour les revendre ensuite sur le marché local. En 2010, le volume des importations en provenance de la Thaïlande était de 100 milliards d’ariary, et on peut estimer que ce chiffre a largement augmenté depuis. En revanche, Madagascar exporte peu vers la Thaïlande. Les Thaïlandais qui viennent à Madagascar sont essentiellement dans l’exploitation des pierres précieuses. C’est la raison pour laquelle la majorité des Thaïlandais à Madagascar habite Ilakaka. Quelle image les entrepreneurs thaïlandais ont-ils de la Grande Île ? À part les baobabs et les lémuriens, l’image qu’ils ont de Madagascar n’est pas très bonne. Et c’est pour cela que Madagascar intéresse de moins en moins les Thaïlandais. Il y a quelques années, ils étaient des milliers à vivre ici de façon permanente, actuellement nous ne dépassons pas les 200. Les principales causes de cette fuite sont la corruption et le racket perpétré à tous les échelons. Il y a cette fausse idée que tous les ressortissants thaïlandais à Madagascar sont des nababs aux poches bourrées d’argent. L’insécurité croissante et la barrière linguistique jouent également en faveur de cette désertion. Je pense que ce chiffre de 200 va encore diminuer si les choses

ÉCO

n’évoluent pas très vite à Madagascar. Quelle est votre contribution au développement du pays ? Les relations entre nos deux pays ne se bornent pas au business, il y a tout un volet social où nous sommes très actifs. Chaque année, des centaines de Malgaches partent pour la Thaïlande pour continuer leurs études. En concertation avec les ministères malgaches du Commerce, de la Santé et des Mines, nous offrons des bourses pour des formations réellement professionnalisantes. Nous ne prétendons pas être plus avancés que les Malgaches, c’est juste un partage de la toute petite longueur d’avance que nous avons en matière de technique et de technologie. Les études sont unes des rares choses que nous pouvons partager avec les Malgaches. Quiconque vit ici sait à quel point les jeunes sont avides de savoir, mais faute de moyens, ils ne peuvent faire d’études. C’est cette injustice qu’à notre échelle nous tentons de réparer. Il y a également l’association Thaï-Mada qui est très active au plan humanitaire… Son domaine principal est l’adduction des villages en eau potable. Depuis sa création, elle a construit une cinquantaine de puits en milieu rural : plus de 50 000 personnes en ont déjà bénéficié. Il faut imaginer le progrès que cela représente dans leur vie de tous les jours. Au-delà de l’association Thaï-Mada, le royaume de Thaïlande a initié un certain nombre de campagnes humanitaires en faveur de Madagascar, surtout durant les crises. Nous avons fourni du riz en 2002, et nous serons toujours là quand les Malgaches auront besoin de nous…  Propos recueillis par Solofo Ranaivo

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Thai food L’autre cuisine d’Asie Après la Chine, la Thaïlande est l’autre pays de la bonne bouffe asiatique. Une cuisine très en vogue dans le monde avec ses saveurs originales à base de curry, ses sauces pimentées et ses fumets de poisson. Attention, c’est une cuisine qui évite l’usage des baguettes (sauf pour les pâtes), à la différence de ses voisins d’Asie ! À Tana, elle a ses adeptes et ses bonnes adresses, comme Chez Siam, l’ancien nom de la Thaïlande, sur la route circulaire Ankorahotra. Ouvert depuis septembre 2012, l’établissement est géré par Manit, résident à Madagascar depuis bientôt une décennie. Formés par ses soins, ses sept

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cuisiniers savent mitonner dans les règles de l’art ces sauces thaï à base de citronnelle, de coriandre, de sucre et de fumets de poisson qui accompagnent traditionnellement le Yum Talay (salade de fruits de mer). Comme à Madagascar, le riz occupe une place primordiale, soit sous l’aspect de grands grains parfumés au jasmin, de riz blanc cuit à la vapeur ou de riz gluant. Mais le plat incontournable, le plat national est incontestablement le Pad Thaï qui signifie littéralement « friture thaïlandaise ». « On pourrait le comparer au mi-sao malgache, sauf qu’il a une saveur plutôt », explique sucrée salée  Jeannine Rasoarivao, une des collaboratrices de Manit. Pour la recette traditionnelle, il faut faire sauter des nouilles de riz à la poêle avec des œufs, des graines germées, du tofu émietté, des haricots jaunes et des crevettes grillées trempées dans de la sauce nuoc-mâm. Le tout servi avec une sauce sucrée à base de citron vert. Un vrai bonheur pour les papilles (et les mamies). À l’étage du restaurant, un mini-market propose à la vente différents produits thaïlandais entrant dans les préparations, notamment les fameuses sauces thaï. Un conseil, suivez bien les dosages si vous ne voulez pas vous mettre le feu au palais !  Joro Andrianasolo


Une déco royale La décoration thaïlandaise s’inspire du raffinement des palais royaux et des temples bouddhistes, mais également de l’art populaire de style Benjarong. C’est un art ancestral thaïlandais consistant à créer des motifs géométriques réalisés sur de la porcelaine. Il existe plus d’une cinquantaine de motifs comme le Chakri représentant des fleurs, le Yod Thien représentant une flamme au centre d’un losange. En Thaïlande, l’or est omniprésent, un métal précieux et symbolique. Il est utilisé pour la fabrication de la « femme-oiseau » sous forme de statuette ou de gravure. Les amateurs de décoration asiatique peuvent choisir la soie thaïlandaise tissée avec des motifs géométriques et cousue de fils d’or. Très populaires, les bouddhas constituent l’un des éléments essentiels de la décoration thaïlandaise. Chaque pays d’Asie possède son style de Bouddha. Celui de Thaïlande est le plus recherché par les designers avec son visage serein, légèrement souriant, et la flamme sur le haut du crâne.  Aina Zo Raberanto

   Muay thaï Tous les coups sont permis La boxe thaï, communément appelée muay thaï gagne du terrain à Madagascar. Ce sport est entré dans la Grande île en

2005 seulement, mais il a déjà sa propre fédération et compte de plus en plus de pratiquants (environ 800 dans toute l’île, selon un membre de la fédération). Lors du Championnat du monde amateurs en juin 2006, Madagascar, pour sa première participation, a raflé deux médailles - l’or et l’argent - avec Stephan Rakoto Andriantefy (moins de 57 kg) et Evah Ravelosata chez les femmes de moins de 48 kg. Cet exploit s’explique par le fait que tous ces athlètes sont issus des autres disciplines de boxe : anglaise, savate… La différence de ce sport national traditionnel thaïlandais avec les autres disciplines de boxe est qu’en muay thaï tous les coups sont permis. Les coups de genoux, de coudes, de tête sont acceptés. C’est pourquoi on l’assimile parfois à un « sport de voyous ». «  Faux, la boxe thaïlandaise, même très violente, requiert beaucoup de maîtrise de soi. Comme dans tous les arts martiaux, les professeurs ont un rôle fondamental dans la formation des élèves et leur état d’esprit », considère Parfait Rakotonirina, double champion du monde de boxe française savate, qui pratique aussi le muay thaï.  Solofo Ranaivo

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X-Change

Global

En plus de son activité de bureau de change, X-Change Global ajoute aujourd’hui l’offre d’un voyagiste à part entière, avec service en ligne hautement sécurisé. Pour que voyage ne rime plus avec galère.

depuis 2004 comme bureau de change, X-Change décide en 2012 d’étendre ses activités à toute la filière voyage. En plus de l’achat et Pde laositionné vente de devises, son premier métier, la société rebaptisée X-Change

Global cumule désormais les fonctions d’une agence de voyage et touropérateur, d’un assureur et même d’une agence de communication. « On ne devrait plus avoir à se rendre dans des tas de bureaux différents pour acheter son billet d’avion, acheter des devises, préparer son voyage organisé ou louer un véhicule. C’est pourquoi nous avons décidé de tout centraliser sur un même point de vente », explique Tahina Rajaonarison, directrice générale adjointe du groupe. Comme son nom l’indique, X-Change Voyages, lancée en novembre 2012, offre désormais les services d’une agence de voyage et d’un tour-

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Le voyage tout-en-un


ÉCO opérateur. Son offre est complétée sur Internet par le site MadaGo, une plateforme en ligne pour la réservation d’hôtel ou d’avion, mais aussi pour la location de voitures, le change ou la souscription à une assurance. Nouvelle venue également, l’agence 720 qui se consacre plus spécifiquement à la communication et au marketing du groupe, à travers sites web, applications mobile et autres logiciels spécialisés. En plus de l’agence centrale de Tsaralalàna, des bureaux sont maintenant ouverts dans les centres commerciaux du Tana Water Front et de La City, ainsi qu’à Nosy Be et à Diego Suarez. « En attendant l’ouverture de nouvelles agences dans tout Madagascar dans les mois et les années à venir », précise Tahina Rajaonarison. X-Change a été l’un des premiers bureaux de change agréés par la Banque centrale de Madagascar. Pionnier, il l’est encore en proposant aujourd’hui, d’un simple clic sur son site Internet, d’acheter des devises étrangères en toute sécurité et de se les faire livrer à domicile ou au bureau. « Face à un marché noir de plus en plus virulent, on s’est aperçu que, là aussi, il fallait alléger les procédures ». Ce qui va tout à fait dans le sens des prescriptions de l’APBC (Association des professionnels des bureaux de change), créée récemment et présidée par X-Change. « Tout pouvoir faire dans nos bureaux, et si ça ne convient pas depuis votre ordinateur ou votre mobile, telle est aujourd’hui notre ambition de voyagiste », conclut Tahina Rajaonarison.  Joro Andrianasolo Contact sur www.nocomment.mg


Mofo ô ! Du pain, il en a plein le dos, et pour cause ! Cela fait quatre ans que Rija exerce le métier de porteur de baguettes. De 4 heures à six heures du matin, il peut en livrer jusqu’à 200 à domicile. Un gagne-pain comme un autre.

ans certains quartiers de la capitale, le cri « mofo ô  ! » (pain !) qui résonne dès l’aube est familier à bien des D oreilles. Voire insupportable aux couche-tard tout juste rentrés

de boîtes. Rija, 29 ans, est l’un de ces porteurs qui vous réveillent avec la régularité d’une horloge suisse. Il est livreur de baguettes à domicile. Chaque matin, dès quatre heures, il commence sa tournée avec plus de 20 kg de pain sur le dos, environ 200 baguettes, sillonnant les ruelles de Mahamasina à Manakambahiny, via Tsimbazazà, alors que le soleil n’est pas encore levé. « Ce n’est pas un métier pour les fainéants, mais l’avantage est qu’à 8 heures j’ai fini ma journée. » Ses clients sont tellement habitués à le voir arriver à une certaine heure que s’il se permet le moindre retard, il se fait royalement engueuler. « Pour certains, je sers de réveille-matin. S’ils ne me voient pas à l’heure pile, ils sont complètement perdus », se marre-t-il. Sans parler des

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Notre pain quotidien


grincheux qui trouvent toujours quelque chose à redire sur la qualité du pain, alors qu’il n’est qu’un simple intermédiaire, pas le boulanger. Ancien débardeur dans une entreprise franche d’Ankadimbahoaka, il a dû se trouver un autre gagne-pain lorsque la crise l’a laissé, comme tant d’autres, sur le carreau. Plutôt que de continuer à porter des sacs de ciment pour un patron, il décide alors de se faire porteur de pain à son compte. « C’est l’époque où la cherté du riz a fait que les gens ont commencé à remplacer le vary sosoa (bouilli de riz au petit-déjeuner) par du pain. Les boulangeries se sont mises à fonctionner à pleins rendements et je me suis dit qu’il y avait un créneau à prendre. » L’investissement est simple :

MÉtiers

un grand sobika, de bonnes jambes et un dos solide. Rija n’est lié par aucun contrat avec son boulanger. Il lui achète les baguettes 200 ariary pour les revendre 300 ariary aux particuliers ou aux épiceries, un joli gain correspondant au prix de la course à domicile. « Je me fais en moyenne dans les 7 000 ariary tous les matins. Avec deux enfants scolarisés, ça fait quand même juste. » Alors, dès sa tournée bouclée, il court à Analakely pour exercer son second métier, celui de gardien de parking. Rien à voir, si ce n’est que là aussi, c’est du pain gagné à la sueur de son front…  Solofo Ranaivo


C harles Gassot

L’homme aux cent briques 84

Dénicher les bonnes idées, inventer des concepts, monter des projets… Charles Gassot est producteur dans l’âme et ne s’arrête pas au cinéma. Pas plus qu’à l’Europe. Depuis 18 ans, il dirige Écoles du monde à Mahajanga, une ONG qu’il finance à coups de briques.


ASsos Qu’est-ce qui a conduit le producteur de gros succès comme La vie est un long fleuve tranquille, Tatie Danielle ou Tanguy à venir passer huit mois par an à Madagascar pour faire de l’humanitaire ? Le cinéma, bien sûr, et le hasard. Je cherchais un pays d’Afrique francophone pour tourner Michael Kael contre la World News Company, avec Benoît Delépine. Chaque fois que j’envisageais un pays, on me disait : « pas chez nous ». J’ai tenté Madagascar, ça a fonctionné. On a tourné vers Mahajanga, une belle expérience. J’ai été touché par les gens, leur dignité. Et révolté parce que personne ne parlait de Madagascar. Un cyclone pouvait dévaster la côte, on ne parlait que des petits dégâts de la Réunion. Ça m’a donné envie d’agir. Et j’ai rencontré le père Pedro, qui est devenu un ami. Il m’a beaucoup encouragé. C’était en 1998. Cela fait donc 16 ans. Quelles sont vos réalisations ? Écoles du monde, ce sont 62 sites, 2 500 enfants scolarisés, des constructions d’écoles, de maisons pour les instituteurs, des théâtres de brousse, des formations de formateurs. Quand on arrive dans un village, si on veut espérer faire quelque chose de durable, il faut rester au moins dix ans, avoir une approche globale et viser l’autonomie du village : on a construit 130 puits qui

apportent de l’eau à 16 000 personnes, on installe des panneaux solaires, on crée des associations de femmes, on rénove des écoles, des routes… Comment vos travaux sont-ils financés ? Pas par les bailleurs ! Ils nous font remplir des dossiers de subventions hyper compliqués, et comme par hasard on ne rentre jamais dans les cases. Une anecdote savoureuse. Il y a 13 ans, j’ai fait visiter nos trois premières écoles à l’Europe. Ils arrivent en costard-cravate et ils nous disent : « vos écoles ne sont pas aux normes, il n’y a pas de sorties de secours. » Des sorties de secours en brousse ! C’est très décevant. Alors

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on est obligés d’inventer par nous-mêmes des solutions de financement alternatives. Comme le projet «  cent briques pour Madagascar »  ? Exactement. La brique, c’est très symbolique. Nous construisons les écoles avec des briques qui sont fabriquées sur place, avec la terre locale, grâce à des presses assemblées par des détenus dans des prisons françaises. Tous les deux ans, nous invitons une centaine d’artistes à produire gratuitement une œuvre originale sur une brique. Elles sont vendues aux enchères au profit de notre association. La première édition a eu lieu en 2011, ça a très bien marché : la brique de Soulages a rapporté 65 000 € à elle seule ! Cette année, on a David Lynch, Enki Bilal, Sarah Moon, Julian Opie et plein d’autres artistes de premier plan. Vos prochains chantiers ? Nous allons faire bâtir une école par l’architecte Jean-Paul Viguier qui construit la tour Majunga à la Défense (Paris). Bien sûr, pour les gens de Mahajanga, ce qui compte, c’est l’école, pas la personne qui l’a conçue. Mais imaginez qu’on trouve dans le même coin une école Rudy Ricciotti, une école Jean Nouvel, une école Renzo Piano… ça peut attirer un nouveau tourisme de qualité et participer au développement des villages.  Texte et photos : Alexis Villain

Cent briques pour Madagascar II La vente organisée par Artcurial a eu lieu le 15 avril à l’hôtel Dassault, à Paris. La brique de Julian Opie, City worker s’est monnayée 14  000  €. Les briques de Hiro Ando, Space Invader, Enki Bilal ou Yan Pei Ming sont aussi parties à prix d’or. Total des ventes au profit d’Écoles du monde : 271 650 €.

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C arlina

Herselman

Dans un pays confronté à de graves problèmes de survie au quotidien, la cause animale peut sembler bien secondaire à certains. Telle n’est pas la conviction de Carlina Herselman, fondatrice de la Vet Clinic et de l’association Animal SOS Madagascar.

à Madagascar depuis 1989, cela fait deux décennies que Carlina Herselman, originaire d’Afrique du Sud, se consacre à la cause des chiens abandonnés, des Ichatsnstallée errants et de toutes sortes d’animaux domestiques en détresse. « Je m’occuperais volontiers des zébus si je le pouvais. Savoir qu’on les attelle à des chariots surchargés pour les faire grimper des collines me scandalise. » À son actif, la création du chenil


SSSM (Special Security Services of Madagascar) en 1993, de la Vet Clinic et 2003 et de l’association Animal SOS Madagascar en 2006. Près de 90 chiens peuplent actuellement les deux structures d’accueil et de soins. Au refuge de la Vet Clinic, à Analamahitsy, le service des urgences en quelque sorte, les animaux sont remis sur pattes, c’est-à-dire dûment vaccinés, déparasités, stérilisés ou castrés selon les cas. Au chenil SSSM d’Ivato, ils vont bénéficier d’un programme de dressage et de socialisation en vue de faciliter leur éventuelle adoption. « Il faut qu’ils retrouvent confiance en l’homme. Beaucoup de ces chiens sont traumatisés par ce qu’ils ont vécu, soit qu’ils aient été abandonnés ou maltraités. Souvent les maîtres quittent le pays et ne veulent pas payer pour ramener le chien avec eux, alors ils s’en débarrassent… » De l’aquagym est au programme pour la rééducation des chiens blessés. Quant aux animaux trop âgés, ou handicapés ou trop nerveux pour être adoptés, l’association propose de les installer au refuge Happy Valley. Un havre de paix spécialement conçu pour eux. Gérer une petite centaine de SDF canins est loin d’être une sinécure, d’autant que les caisses de l’association ne sont pas particulièrement pleines. « Pour la seule année 2012, ce sont plus de 35 000 euros qui ont été dépensés pour les soins des bêtes, alors qu’en tant que bénévoles, nos seules sources de revenus proviennent des clients qui nous laissent leurs animaux en pension ou en dressage. Il y a également les dons et la collecte des livres usagés : un livre nous permet de nourrir en moyenne un chien par jour. » Vaillent que vailles ses finances, l’association agit à grande échelle

ASsos dans le domaine de la santé publique, comme pour la récente campagne de lutte contre la rage à Antananarivo. « Plutôt que l’abattage des bêtes malades, nous sommes pour la prévention à travers la vaccination. Même chose pour les chiens errants, c’est par la stérilisation qu’on peut régler le problème, pas par leur mise à mort. » L’adoption, qui est la finalité du travail d’Animal SOS Madagascar, reste assez rare mais en augmentation (259 chiens adoptés depuis 2005). Pour Carlina Herselman, c’est la seule alternative valable à l’achat (illicite) de chiots dans la rue. « Ils ont à peine quelques semaines et ne sont même pas sevrés. Les acheter, c’est encourager les gens qui exercent un véritable trafic : ils volent des chiens de race pour les faire s’accoupler et se faire de l’argent avec les petits… » Victimes de la cupidité humaine, ces animaux ne sont évidemment ni vaccinés, ni vermifugés. Vulnérables aux maladies, leurs chances de survie sont maigres. L’éducation est un autre volet important de l’association. Les enfants de la rue, notamment les orphelins, sont régulièrement invités par groupes à découvrir le chenil SSSM d’Ivato. Une initiative que Carlina Herselman espère pouvoir étendre aux écoles : « Le soutien aux animaux en détresse est un acte d’humanisme. Qui sauve une bête n’hésitera pas à sauver son semblable, une leçon de vie pour les enfants », soutient-elle. Reste à convaincre les enseignants…  Joro Andrianasolo Contact sur www.nocomment.mg

Animal on est mal

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M auritia

L’île Maurice et Mauritia se situent dans le grand cercle rouge (environ 900 km à l’est de Madagascar). L’arc abritant les restes de Mauritia est visible en bleu clair (source Google Earth).

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Ce n’est pas l’Atlantide, mais presque. Son nom, Mauritia. Un microcontinent détaché de Madagascar il y a 60 millions d’années et qui se trouve actuellement à 10 km en dessous de l’île Maurice et de La Réunion. S’il s’avère riche en pétrole, la question de son appartenance va sérieusement se poser, notamment du côté malgache…

Nature

ui a dit qu’il n’y a plus rien à voir dans ce gros village planétaire ? Une étude publiée en février dernier dans la revue scientifique britannique Nature Q Geoscience révèle que sous l’île Maurice et la Réunion se cache un « microcontinent »

préhistorique dissimulé sous une épaisse couche de lave à plusieurs milliers de mètres sous l’océan Indien. Pour une surprise c’est une surprise ! Ce fragment de continent, baptisé Mauritia, se serait détaché voici quelque 60 millions d’années de l’actuelle Madagascar, au moment où la Grande Île séparée du supercontinent Gondwana dérivait en s’éloignant de l’Inde. Il aurait été recouvert ensuite par d’énormes quantités de lave remontée du cœur de la Terre. Invisible à l’œil nu sous sa croûte de lave, il n’a été repéré que grâce à la découverte par une équipe de chercheurs allemands et norvégiens de cristaux de zircon d’origine volcanique sur une plage mauricienne. Le paradoxe est le suivant : si l’île Maurice est apparue voilà neuf millions d’années, comment peut-elle abriter des zircons vieux de deux milliards d’années ? Élémentaire, mon cher Watson, par l’activité volcanique et parce qu’en dessous, à une dizaine de kilomètres sous le niveau de la mer, se cache un morceau de continent oublié depuis la Préhistoire ! « On est actuellement en train de se demander à qui devrait appartenir Mauritia, à Madagascar, à Maurice ou à La Réunion ? », lance le professeur Raymond Rakotondrazafy, du département Science de la Terre de l’Université d’Antananarivo. Une question qui n’est pas si innocente qu’elle en a l’air, car « ce fragment de terre peut renfermer bien des richesses, notamment du pétrole », explique le Pr Rakotondrazafy. De source informée, cette équipe de chercheurs européens était bien dans la région pour prospecter le précieux or noir. Si sa présence était avérée, tout le problème est

Le Pr Raymond Rakotondrazafy.

Le microcontinent perdu

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de savoir à qui son exploitation reviendrait. Bien entendu, tout est dans la façon de poser le problème ! « Si on s’en tient à l’espace maritime où se trouve Mauritia, il n’appartient plus à Madagascar, car bien au-delà des distances définies par la loi internationale sur les eaux territoriales. Mais si l’on démontre qu’il est toujours relié de façon souterraine à la Grande Île, que le plateau continental qui relie les deux n’a pas été cassé, alors nous avons des droits légitimes sur Mauritia », fait valoir le Pr Rakotondrazafy Pétrole ou pas, l’intérêt à sonder Mauritia reste d’abord scientifique. Le microcontinent date du Jurassique et peut être regardé comme un instantané enfoui sous terre d’une époque qui a vu mourir les derniers dinosaures ! De plus, la communauté scientifique est d’accord que « l’Océan indien pourrait être jonché de milliers de microcontinents similaires à Mauritia », ainsi que le souligne la revue Nature Geoscience. Tout commence il y a 60 millions d’années, lorsque la supercontinent  » partie orientale du Gondwana, un «  apparu voici 600 millions d’années, se fracture pour former Madagascar, l’Inde, l’Australie et l’Antarctique, lesquels vont lentement migrer pour finir par occuper leur position actuelle. Durant la dérive des continents, d’autres petits morceaux de ces masses continentales ont été semés en cours de route. C’est notamment le cas de l’archipel des Seychelles, jusqu’alors considéré comme une curiosité géologique par les spécialistes. La clé du mystère, et de bien d’autres encore, se trouve sans doute sur Mauritia à dix kilomètres sous nos pieds…  Solofo Ranaivo Contact sur www.nocomment.mg


vec ses trois millions d’habitants, sa pollution à tous les étages et ses A embouteillages sans fin, Tana est tout

Madagascar

Oasis

« Remettons ensemble de la nature en ville ». Tel est le défi lancé par Madagascar Oasis, une association œuvrant pour la revalorisation des espaces verts. Au programme, la rénovation du parc botanique et zoologique de Tsimbazaza. Il était temps !

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sauf un havre de paix et de verdure. Ce constat est à l’origine de la création de Madagascar Oasis, une association de bénévoles qui se donne précisément pour objectif de réinjecter de la nature, des fleurs et des petits oiseaux, dans le tissu urbain. « Comme dans beaucoup de villes en voie de développement, les espaces verts ne sont pas une priorité à Tana. Notre but est que les citadins, mais aussi les touristes, profitent davantage de nos parcs urbains et semi-urbains qui sont hélas dans un triste état », fait valoir Rytha Randriamifidimanana, présidente de l’association. Exemple flagrant, le parc botanique et zoologique de Tsimbazaza que Madagascar Oasis se donne pour objectif de réhabiliter en premier. S’étendant sur huit hectares, c’est le plus grand parc de la capitale accueillant quelque 400 000 visiteurs par an, essentiellement des scolaires, des touristes et des familles. Mais dans quel état de détérioration se trouve-t-il ! Une honte et une démission

Ch a s s e z l e n at u r e l


Nature incroyable des pouvoirs publics eu égard aux richesses botaniques et faunistiques qu’il recèle. « Contrairement aux parcs nationaux, comme Andasibe à 180 km d’ici qui reçoit de nombreuses subventions, le parc de Tsimbazaza n’en reçoit aucune. Peu de Malgaches s’y intéressent, je trouve ça vraiment dommage. » Une première levée de fonds a été organisée en mars dernier par l’association, ce qui a permis de rassembler assez d’argent pour débuter le chantier dès avril, avec la rénovation du portail d’entrée, des premières allées, du mobilier urbain, sans oublier la plantation d’arbres et de fleurs. « Il est actuellement impossible de se promener dans le parc avec une poussette ou en chaise roulante. Il faut refaire toutes les allées, installer des bancs, des toilettes. Tout cela se fera en fonction des financements disponibles, sachant que le coût total est estimé à 150 000 euros », précise Rytha Randriamifidimanana. Les prochains grands travaux porteront sur l’aménagement de circuits, d’aires de jeux et de sports, de jardins avec même une ombrière où les visiteurs pourront apprécier les plus belles orchidées de Madagascar. Sur le plus long terme, le parc devrait posséder son jardin français, son jardin anglais et son jardin japonais. Un parc enfin digne d’une capitale ! Après Tsimbazaza, Madagascar Oasis compte rénover les abords du lac Anosy. Là aussi travail de Titans…  Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg


Tourisme durable

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Le développement harmonieux du tourisme suppose que, tout en se préoccupant de la pérennité financière de son établissement, l’on songe aux générations futures qui devront pouvoir exercer les mêmes activités dans un environnement naturel et social préservé. Quel devenir pour ce concept dans la Grande Île ?

ESCALES

u regard de son niveau de pauvreté, Madagascar ne se prête pas ou peu au développement du concept de tourisme durable. A Dégradation de l’environnement naturel (les essences les plus

précieuses sont pillées au sein des aires qui devraient être les plus protégées) et social (aucun système de protection santé, des salaires indécents…) avec pour conséquence que le tissu économique et communautaire est déchiré. Cependant, véritable paradoxe, dans cet environnement peu éco-responsable et inéquitable où les réalisations communautaires sont réduites à leur plus simple expression, les acteurs privés contraints de compenser les déficiences abyssales de l’État, font preuve d’un engagement exemplaire. Il n’est pas rare qu’un hôtelier dispose d’une infirmerie au sein de son établissement, soutienne financièrement l’école du village, soit le seul à réparer la route et, bien sûr, se fournisse lui-même son électricité tout en assurant, avec une escouade de gardiens, sa sécurité. Le concept de tourisme durable ne pourra cependant se développer sans l’aménagement harmonieux des territoires. Les autorités doivent assumer leurs fonctions régaliennes. Force est de constater toutefois que les seules réelles initiatives sont à mettre, aujourd’hui et à Madagascar, à l’actif du secteur privé. Seul, dans l’état actuel de l’environnement politique, la mise en réseau d’acteurs privés autour d’objectifs précis et réalisables tant environnementaux que sociaux et communautaires (dont la participation active à des

U n co n c e p t d ’av e n i r

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groupements professionnels ou Offices régionaux du tourisme) peut permettre d’envisager quelques avancées. Pour exemple, la charte « Nosy be s’engage pour un tourisme durable » qui fédère, en sa troisième saison, l’essentiel des prestataires de services touristiques nosibéens avec sa multitude d’implications concrètes. Le choix d’une charte ayant été dicté par l’ambition de voir y adhérer un maximum d’acteurs afin d’entrainer de véritables bénéfices pour l’environnement, tant naturel que social. La démarche d’un label, plus « élitiste », aurait offert moins d’intérêt pour l’ensemble de la destination. La notion de RSE (responsabilité sociétale des entreprises), souvent évoquée, n’est pas très éloignée du concept de durabilité. Elle implique davantage les entreprises dans leurs responsabilités vis-à-vis de tous les partenaires (clients, fournisseurs, sous-traitants…) dont elles garantissent les bonnes pratiques environnementales et sociales et recentre les engagements sociaux sur leur « cœur de métier ». Un hôtelier soutiendra dans ce cadre, en priorité, un centre de formation aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie plutôt qu’une école ou un dispensaire. En cette année, trois événements vont mettre en exergue le concept de tourisme durable à Madagascar. Le samedi 1er juin, dans le cadre du salon International Tourism fair Madagascar 2013 et de la Journée mondiale du tourisme responsable, des conférences feront le point sur l’avancement du concept durable sous nos cieux. Du 8 au 11 novembre à Colmar, en France, lors de Solidarissimo, salon du tourisme éthique et de l’économie solidaire, dont Madagascar est l’invité d’honneur, les rencontres entre consultants locaux et leurs homologues étrangers vont être multiples. À la fin de ce même mois, à Antananarivo, une conférence internationale devrait permettre des échanges fructueux entre experts internationaux, régionaux et malgaches. L’enjeu est énorme tant le développement de ces notions est important à travers le monde. Madagascar par son positionnement « nature et découverte » ne peut rater cette opportunité de capter des niches d’un marché « responsable » à l’accroissement exponentiel. Il conviendra cependant de ne pas communiquer sur nos atouts « durables » avant qu’ils ne puissent être vérifiés sur le terrain auprès d’une masse critique suffisante d’acteurs…   

Richard Bohan 


M ahajanga met les voiles 102


Côte Ouest

ESCALES

Après deux ans d’existence, la régate «  Majunga fait son tour du monde » s’impose comme le grand événement sportif et festif des amoureux de la voile. Cette année, deux fois plus de pirogues que l’année dernière, aux couleurs de toutes les nations, avaient pris le départ. C’est dire !

ette année, ce sont 58 pirogues à voile qui ont pris le départ les 31 mars et 1er avril pour la deuxième C édition de la grande régate Majunga fait son tour du monde,

soit 27 de plus que l’an dernier ! Un essai largement transformé comme l’a également montré la joyeuse foule qui se pressait sur la Petite Plage de Belinta pour suivre les voiliers. Une ambiance du tonnerre pour un dimanche et un lundi de Pâques avec, au loin, ce défilé de pirogues aux couleurs de différentes nations, de sponsors et des quatre écoles d’Amborovy, le quartier aéroportuaire et balnéaire de Mahajanga. Le dimanche, vers 10 heures, débute la première course appelée « Régate de la bienvenue » : on y voit certains sponsors monter à bord des embarcations pour encourager leurs champions et partager avec eux les plaisirs de la voile. Dans les airs, un petit avion survole la manifestation pour des prises de vue aériennes, ajoutant encore à l’ambiance de fête. Malgré le vent faible, les équipes s’élancent dans une course folle, sous les encouragements enthousiastes de l’assistance. Le trajet est le même que celui de l’an dernier : Petite Plage à Belinta, au large de Maroala, un petit détour au Grand Pavois, puis retour au point de départ quatre heures plus tard. C’est

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l’équipe Iray Ihany Malagasy qui remporte la course, suivie de Mora Mampiasa Ordi et Mayotte, bientôt rejointe par Rastafari, le vainqueur de la dernière édition. Le lendemain, le programme n’a rien d’un poisson d’avril, malgré le caractère ultramarin de la journée qui commence. Le soleil est de plomb, heureusement tempéré par un petit vent frais. Allégés de leurs sponsors de la veille, les équipages s’élancent à 10 heures au coup de sifflet de Pierre Andriantsitohaina, sponsor de Rastafari. Les voiliers filent vers l’horizon, les voiles gonflées par le vent, direction Maroala, le premier checkpoint. La pirogue Marocaine, supportée par les Majungazelles qui viennent de terminer le rallye raid 100 % féminin Aïcha des Gazelles en mars dernier au Maroc, prend une sérieuse avance, mais démate malencontreusement. Madagascar in Brazil Cameroun, Montreux, Bretagne, Serbie, Noirmoutier, la course reste cependant très serrée et au deuxième checkpoint, après le cirque rouge, rien n’est encore joué. Vers midi, c’est finalement la pirogue Montreux qui remporte le bras de fer, suivie de Bretagne, Raoul Follereau et Arovy ny Biby, déjà parmi les vainqueurs l’année dernière. Pour Delphine Andriantsitohaina, organisatrice de l’événement, Majunga fait son tour du monde est autant la fête de la voile que

des enfants de la région. Ainsi, grâce aux dons rapportés, les écoliers d’Amborovy ont-ils pu s’initier à l’Internet et à la vidéo, et recevoir 5 000 cahiers aux couleurs de la régate. Bon vent et à l’année prochaine !  Rosa Ravoniarivelo Contact sur www.nocomment.mg

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COUSINS/COUSINES

La Réunion

Judygasy

Du haut de son balcon de la cité de Carcassonne, Judygasy regarde nostalgique un avion qui décolle. Son album « Le mal du pays » est né d’un profond sentiment de déracinement.

hanteur, musicien, arrangeur musical, Judicaël Gondélon alias Judigasy est originaire de Fianarantsoa. Son parcours à Madagascar C l’a amené à travailler comme animateur de radio. Il commence à jouer

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de la guitare à 16 ans, concourt pour le prix national de l’Alliance française et accompagne à la guitare Geoffrey Notte. Puis il quitte la Grande Ile pour rejoindre des membres de sa famille du côté de Carcassonne. Si la citadelle fortifiée du sud de la France ne le laisse pas indifférent, il ressent une profonde solitude qui développe chez lui une forme de nostalgie du pays. Il ne se sent pas accepté et son isolement imprègne ses textes et sa musique. Ses clips Ilaysarinao ou Te ho any traduisent cet état d’esprit. métier  » Judygasy est également arrangeur, un «  qu’il a appris à partir d’un logiciel de musique et en décortiquant les « tutoriels » sur internet. Son home studio devient son outil de travail ; il y produit seul son clip Le mal du pays où il chante avec son fils. Son clip Sans-papiers  est quant à lui devenu un incontournable des télés de la Réunion. Assurant les arrangements de plusieurs groupes de séga, il envisage aujourd’hui de regrouper plusieurs artistes malgaches expatriés pour faire une chanson commune.  Julien Catalan Contact sur www.nocomment.mg

Le mal du pays


Île Maurice

COUSINS/COUSINES

Son duo nommé Majinga, avec le chanteur Danger, est un hommage à Mahajanga et à ses propres racines malgaches. Entre hip-hop, zouk love et reggae love, surfant sur le succès de l’album « Brise le silence », Manawa n’oublie pas qu’il est de deux îles…

a musique reggae ne s’écoute pas, elle se ressent. Si tu ne peux pas la ressentir, tu ne peux pas la connaître », disait Peter Tosh. Une référence ! C’est bien dans cet «L état d’esprit qu’évolue Manawa, l’un des chanteurs du groupe mauricien Majinga. De son vrai nom Brady Tsiazonangoly, il est né à Tana d’une mère Mauricienne et d’un père Malgache. Il a 6 ans lorsque la famille, quatre enfants en tout, quitte la Grande Île pour s’installer à Maurice. À 13 ans, il commence à toucher à la guitare et au piano. Déjà des rythmes lui courent dans la tête. Entré en formation pour devenir cuisinier, on le retrouve bientôt derrière différents projets de la nouvelle scène mauricienne, dont l’enregistrement d’un DVD très orienté root & reggae. Proche de Blackayo du groupe OSB, il fait une apparition remarquée sur un titre des Monaster et collabore à l’album de Mr Love. Que du beau monde ! En 2008, fasciné par l’univers des rappeurs, façon Sinik ou Kery James, il décide d’approfondir cette voie et en profite pour dire adieu à son métier de cuisinier. « J’ai eu envie de faire de la musique ma principale source d’occupation quotidienne », confie-t-il. L’année suivante, il fait une rencontre capitale en la personne de Hansley Michel, alias Danger, avec qui il crée le duo Majinga. « Le nom est tiré de Mahajanga. Avec Danger, on a eu l’occasion de découvrir et d’apprécier cette région de la côte Ouest. Majinga souligne également mon attachement à mon pays d’origine. » Pendant trois ans, le duo va se concentrer à l’écriture de Brise le silence, premier album sorti en décembre dernier. Onze titres bourrés de sonorités hip-hop, reggae love et zouk love, où l’on retrouve, juste retour des choses, les voix de Blackayo et de Mr Love. Conscient du rôle important que la musique peut jouer chez les jeunes, Majinga entend privilégier les thèmes fédérateurs et la « positive vibration ». Le groupe travaille actuellement à une nouvelle galette qui devrait réunir plusieurs gros calibres de la scène mauricienne. En attendant l’album solo que Manawa a toujours rêvé de faire…  Joelle Guiot Contact sur www.nocomment.mg

M anawa brise   le silence

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gastronomie

Interview gourmande Touche-à-tout inspiré, boulimique de création, Max Randrianasolo, 34 ans, ne se classe dans aucun courant gastronomique particulier. Chef du Café de la Gare de Soarana depuis les premiers jours, il défend un éclectisme de bon aloi, comme il sied aux grandes brasseries.

l avoue être tombé dedans tout-petit et avoir trouvé très tôt sa vocation. I« J’étais un enfant plutôt turbulent,

M ax Randrianasolo du Café de la Gare 110

pas facile à vivre, curieusement la cuisine m’a assagi. D’une passion, j’ai voulu faire mon métier, sans véritables études, juste en apprenant sur le tas. » Éternel bourlingueur comme il aime à se définir, il fait ses premières armes à l’hôtel Colbert, en 1998, puis à l’hôtel Anjanjavy sur la côte de Mahajanga. On le retrouve ensuite aux fourneaux du Planète Ambohijatovo, puis au Chill Out Café, avant d’intégrer le Café de la Gare en 2009, à ses tout débuts. Un mot sur votre style ? Je n’en ai aucun en particulier. Comme nous sommes une brasserie, j’essaie d’affirmer son identité, donc on touche

à tout, on ne s’enferme dans aucune catégorie, même lorsqu’il s’agit de cuisine italienne, voire africaine. Quels sont vos produits de prédilection ? En été, j’ai une affection particulière pour les herbes très parfumées comme le basilic, la coriandre, la ciboulette. Mais également pour les salades comme la roquette, la mâche. Nous travaillons avec des gens qui font d’excellents produits bio, des passionnés comme nous… Quels sont les ingrédients récurrents dans vos plats ? Toujours les herbes aromatiques, j’adore parfumer mes plats : thym, romarin, laurier… De l’ail aussi de temps en temps. Le genre de cuisine que vous n’appréciez pas ? Aucune, j’aime toutes les cuisines. Votre plat préféré ? Le hena kisoa sy tripes (viande de porc et tripes) et je ne risque pas d’en changer ! Votre boisson préférée ? Une bonne bière de temps en temps.


À quelle fréquence modifiez-vous votre carte ? Tous les trois à quatre mois. Nous faisons beaucoup de recherches sur les nouveaux produits, comment optimiser les produits frais notamment. La prochaine rénovation de carte ne sera pas un changement complet, nous avons une clientèle fidèle qu’on ne veut pas perturber. Comment créez-vous vos plats ? Je suis très ouvert, j’accueille les idées de chacun : il y a une quinzaine de personnes en cuisine sous mes ordres. Durant une journée type au Café de la Gare, tout le monde participe, tout le monde met la main à la pâte et je prends les meilleures idées. Votre recette du moment ? Le thon rouge mi-cuit. Comme nous collaborons avec le Princesse Bora à Sainte-Marie, faisant partie du même groupe, nous pouvons profiter des produits frais de la mer. C’est d’ailleurs ce qui nous a permis d’avoir une carte assez garnie en poisson, surtout depuis les dernières modifications apportées en janvier. Avez-vous un chef modèle ? Frédéric Michalac. Votre prochain dîner ? Je ne suis pas très « restaurant », ce sera donc à la maison. Votre actualité ? Nous expérimentons des soirées spéciales, une sorte de tour du monde culinaire, chaque premier jeudi du mois dans la mesure du possible. On a déjà fait une soirée africaine le mois dernier. L’idée est de voyager, mais toujours dans un contexte de brasserie : cuisine simple, efficace et pourquoi pas internationale ?  Propos recueillis par Joro Andrianasolo Photos : Rakoto

Recette du mois :

    Boulettes à la liégeoise

Ingrédients

Préparation

Pour 4 personnes : • 500 g de haché porcbœuf • 1/2 échalote hachée • 100 g de pain imbibé de lait • 1 cuillerée à soupe de persil haché • 1 œuf entier • 50 g de beurre • 1 cuillerée à soupe de sucre fin • 2 cuillerées à soupe de vinaigre • 200 g d’oignon émincé • Thym, laurier • Sel, poivre et muscade • 50 cl de bière Skol

Mélanger le haché avec l’échalote, le pain, le persil, l’œuf, le sel, le poivre et la muscade et former huit boulettes. Faire chauffer le beurre et colorer les boulettes sur chaque côté, les sortir et les placer sur une assiette. Déglacer avec le vinaigre et le sucre, laisser évaporer la moitié et ajouter les oignons, le thym et le laurier. Placer les boulettes sur le lit d’oignons et mouiller d’eau à mi-hauteur. Laisser frémir 20 minutes à couvert. Retirer les boulettes sur l’assiette avec la moitié des oignons, mixer la sauce et la passer au chinois. Ajouter la bière Skol, rectifier l’assaisonnement et remettre les boulettes dans la sauce. Réchauffer avant de servir. 

par Max Randrianasolo du Café de la Gare


gastronomie Salade de poulpe et calamar

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Propositions gourmandes par

Aubergines Parmigiana


Max Randrianasolo du CafĂŠ de la Gare

Tagliatta de zĂŠbu Perles de truffe

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Le vin du mois 

gastronomie

L’avis de l’œnologue Le domaine de Beau-Site s’étend en pente douce vers la Gironde, c’est une des plus anciennes propriétés de la commune réputée de Saint-Estèphe. Ce Château Beau-Site cru bourgeois supérieur de Saint-Estèphe de la maison Borie Manoux se distingue par une note originale : celle d’être produit par l’un des derniers grands groupes familiaux indépendants de Bordeaux. C’est un vin racé, ample et élégant, tout comme ses grands cousins des meilleurs crus classés de Saint-Estèphe. Vin d’assez bonne garde, il est issu d’un équilibre harmonieux de cépage où le Cabernet apporte arôme et structure et le Merlot parfum et souplesse ; souplesse qui serait en parfaite harmonie avec des volailles bien mijotées ou pourquoi pas une belle entrecôte grillée ! 

Isabelle Rakotozafy

Château Beau-Site Saint-Estèphe TIANA de Chez Tamboho Hotel Ce Beau-Site Saint-Estèphe cru bourgeois 2004 n'est pas un vin complexe, mais très équilibré. Sa petite note épicée s'accorde parfaitement avec le Médaillon de zébu aux trois baies, fagot de frites ou la Varanga de zebu au vin rouge, purée de patate douce sur un lit d'epinards.  

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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Le cocktail du mois Le Cuba Libre fait partie des grands classiques du cocktail chic et choc. Sa création remonte à l’année 1900, juste après la deuxième guerre d’indépendance entre les États-Unis et l’Espagne (1895-1898). Une troupe de soldats américains s’étant fait servir ce breuvage dans un bar de La Havane, ils décidèrent de porter un toast : « Por Cuba Libre (À Cuba libre) ». Et le nom est resté. Avec modération, bien sûr ! Ingrédients

Le Cuba Libre

• 5 cl rhum blanc • 10 cl de Coca Cola, Pepsi • 1/4 citron vert (rondelle) • Glaçons Préparation Verser dans un verre à pied 10 cl de Coca Cola, y ajouter 5 cl de rhum blanc. Poser délicatement les glaçons et la rondelle de citron. Servir dans un verre de type « tumbler ». C’est prêt, c’est frais ! 

du Glacier L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.


n verlan, louchébem (ou loucherbem) désigne l’argot des Ebouchers tel qu’il se pratique à Paris

Le

 Louchébem La côte de zébu, vous l’aimez saignante ou à point ? Chez Le Louchébem, elle est servie dans la grande tradition des bistrots à viande de Paris. Entre autres délices viandesques, car ici tout est placé sous le signe de la « dive » barbaque  !

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et à Lyon depuis le XIXe siècle, une tradition qui remonterait en fait au Moyen-Age. C’est également le nom de « bistrots à viande » bien connus du quartier de l’ancien marché des Halles, à Paris, là où règnent sans partage la côte de bœuf grand style, les tripes canailles, l’andouillette Bobosse. C’est dire que l’établissement du même nom qui a ouvert ses portes en mars dans le quartier d’Androhibe annonce clairement la couleur : rouge sang, car ici il ne sera question que de « barbaque », et de la meilleure ! Quartier tranquille, enseigne discrète, Stéphane Passalia, le propriétaire, mise d’abord sur la qualité de ses menus pour faire du Louchébem le nouveau lieu incontournable de la gastronomie « viandesque ». Végétarien, passe ton chemin ! « On nous connaît surtout par le bouche à oreille, pas

Faut que ça se   


SoRTir par la pub. Nous ne sommes pas encore au stade où nos 50 places sont prises tous les jours, mais après deux mois d’ouverture, nous constatons que les gens reviennent et c’est très encourageant », relève-t-il. Et pour cause, ici la protéine animale est omniprésente (sauf celle du porc) et servie à toutes les sauces. Pour une carte appelée à changer tous les six mois, garantit Stéphane Passalia. Déjà propriétaire de deux enseignes, le restaurant La Divina à Analamahitsy et Divagel, une cuisine centrale proposant notamment des pizzas, il ajoute donc la viande à ses activités. « J’ai senti une véritable attente de mes clients en ce sens », confie-t-il. Entrecôte, bavette, il n’y a qu’à demander. Cuites, à point, saignantes, à vous de voir ! Tous les produits servis sont fabriqués localement, avec un rapport qualité-prix très intéressant pour la formule entrée/plat de résistance/ dessert. À noter que le pain, les pâtisseries et les glaces sont faits maison, ce qui est un plus tout à fait appréciable. Le Louchébem devrait bientôt proposer De la viande… et des pâtisseries ! petit-déjeuner et brunch à sa clientèle.  Solofo Ranaivo Contact sur www.nocomment.mg

   saigne !


Lesde mille facettes l’Hôtel Diamant En créant l’Hôtel Diamant en 1970, Chan Wai Cmun ouvre la voie des opérateurs chinois engagés dans le développement de Madagascar. Aujourd’hui, l’établissement est le rendez-vous incontournable des hommes d’affaires et des noctambules d’Antsirabe.

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en 1936. Quittant son pays natal, la Chine, pour rejoindre son oncle à Madagascar, alors qu’il n’a que 16 ans, Chan Wai Cmun s’embarque sur C’était

un bateau à destination de la Grande Île. On le retrouve apprenti puis caissier dans le magasin Bon Oncle appartenant à la famille et situé à Antsenakely, au centre de la ville. C’est au cours de son séjour à Antsirabe qu’il fait la connaissance de Mac-Mey, une Chinoise de « deuxième génération », originaire de Canton, qu’il épouse et avec qui il crée l’Hôtel Diamant situé, à l’ouest d’Ampiavihana, à l’entrée de la ville d’Eaux. L’établissement ouvre ses portes le 1er mai 1970 avec seulement neuf chambres – les douches sont privées mais les w.-c. communs -, plus un service restaurant d’une centaine de places. Deux ans après, la première discothèque d’Antsirabe le Tahiti Night-Club, voit officiellement le jour avec une capacité de 70 places. Peutêtre pas le meilleur moment pour le nightlife : les événements de 1972 surviennent avec leurs longues soirées de couvre-feu… Néanmoins le Diamant creuse son sillon. A la fin des années soixante-dix le nombre des chambres est monté à 20, à 32 au début des années 80 et à 62 dans les années 2000. Aujourd’hui, face à une


Antsirabe

SoRTir

concurrence très serrée, l’hôtel offre deux salles de bal de 300 et 500 places pouvant accueillir mariages et séminaires, plusieurs petites salles de réunions, un espace casino, un cybercafé avec son espace Wi-Fi gratuit et un vaste parking intérieur de 80 places. Malgré la disparition de Chan Wai Cmun en 2012, la relève est depuis longtemps assurée au sein de la famille Chan Wai. C’est Victor Chan, le fils aîné, que l’on retrouve aux commandes, appuyé par sa mère et ses cinq frères et sœurs. Avec lui, c’est un nouveau style de management qui arrive, mais aussi des ambitions nouvelles, comme le développement de l’activité touristique à Antsirabe. En 2002, à l’occasion de la célébration du 42e anniversaire de l’Indépendance, le Tahiti Night-Club reçoit le titre de meilleure boîte de nuit de la région du Vakinankaratra. Jusqu’à aujourd’hui c’est le lieu festif incontournable d’Antsirabe, et le point de rencontre préféré des visiteurs et des hommes d’affaires locaux et étrangers. Juste histoire d’accréditer le slogan de l’Hôtel : « Votre second chez vous ».  Jean Hans Ramanoelison Photos : Rakoto Contact sur www.nocomment.mg Zouillis, la nièce de Victor Chan, actuelle assistante de direction.


E sprit Beach 122

Rugby sur plage


Loisirs

l’autorisation sans trop y croire et finalement on a accepté de nous louer le parking de la gare. Il ne restait plus avec Colas, notre partenaire, qu’à apporter 160 mètres cubes de sable ! » Une douzaine d’ouvriers venus d’Akamasoa, le village géré 74 Action est une association basée à La Réunion qui depuis 2009 organise le tournoi Esprit Beach. L’association par le père Pedro, ont aidé à étendre le sable. Choix logique présidée par Claude Henry y voit un « moyen fun et accessible car Esprit Beach et la Fédération malgache avaient organisé en parallèle une opération de de toucher un public autre que celui des distribution de matériel médical, habitués du ballon ovale ». D’abord de livres et de fournitures scolaires cantonné à La Réunion, puis élargi à au village. Maurice, et depuis 2012 à Madagascar, Le beach rugby se pratique Esprit Beach invite donc à s’essayer sur un terrain sablé de 40 x 30 à un rugby très spécial, puisque mètres, selon les règles de l’IRB s’exerçant non pas sur une pelouse, (International Rugby Board). mais sur le sable ! La prochaine Contrairement au rugby classique, édition annoncée pour les 18, 19 le plaquage est remplacé par et 20 septembre prochain devrait le touché à deux mains : au avoir lieu sur la plage de Toamasina. troisième touché le ballon change Son nom : Esprit Beach Full de camp. Les équipes, recrutées Moon, tout un programme ! pour l’occasion dans le monde de Rien à voir avec l’édition précédente l’entreprise, sont constituées de qui avait eu pour cadre, en juillet dernier, la gare de Soarano. Ce premier Esprit Beach, cinq joueurs avec un minimum requis de deux femmes (eh organisé en partenariat avec l’Association rugby de l’océan oui, ce n’est pas un sport aussi machiste qu’il en a l’air !) L’engouement du public malgache a été immédiat. Indien (Aroi) et la Fédération malgache de rugby, s’intégrait aux animations liées à la Coupe d’Afrique de Rugby. « On Mais c’est la moindre des choses au pays des Makis ! cherchait une belle plage, mais on a préféré en recréer une « Quand les grilles de la gare de Soarano se sont ouvertes, dans la capitale, car c’était le moyen d’attirer un maximum de une foule de 7 à 8 m de large s’est spontanément constitué monde », explique Claude Henry. Quand il découvre la gare autour des joueurs, et j’ai compris que c’était gagné », se de Soarano et la perspective de l’avenue de l’Indépendance, il souvient Claude Henry. Ancien maître-nageur est convaincu que c’est là que ça doit se passer. « J’ai demandé et sauveteur dans la police, entraîneur de rugby La deuxième édition malgache d’Esprit Beach aura lieu les 18, 19 et 20 septembre sur la plage de Toamasina. Ceux qui ont découvert le rugby sur plage à la gare de Soarano, en juillet dernier, savent que c’est l’événement fun, fun, fun à ne pas rater !

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et de natation, mais aussi chargé d’activités socio-éducatives dans les quartiers, l’homme sait à quel point le sport est une carte maîtresse pour l’intégration sociale des plus défavorisés. En témoigne sa visite à Akamasoa où spontanément « le père Pedro a rassemblé toutes les écoles en dix minutes sur le terrain de basket, et tous les gamins se sont mis à chanter… » Le succès aidant, Claude Henry envisage déjà pour les futurs tournois d’organiser un « beach rugby tour » dans tout le pays. « Il appartient à la Fédération malgache de rugby de donner son feu vert, mais nous à Esprit Beach, on est déjà partants… »  Joro Andrianasolo Photos : David Tennier Contact sur www.nocomment.mg


Loisirs

La douzième édition de la compétition « 4 Heures Honda » a vu la participation d’un duo inédit. Celui constitué par Claudio Tida et Ted Boyaval. Deux rivaux de toujours, deux « frères ennemis » de la piste, qui ont choisi de partager la même moto pour deux fois plus d’adrénaline…

n duo sur les chapeaux de roues, c’est le moins qu’on puisse dire quand on considère le binôme formé par Claudio Tida, U 20 ans, l’actuel champion de Madagascar, catégorie scratch, et

Claudio et Ted 126

Ted Boyaval, 16 ans, numéro un de la catégorie junior. Lors de la course 4 Heures Honda qui s’est tenue à Ambatolampy Tsimahafotsy, en février dernier, les deux jeunes motards en ont étonné plus d’un. Pour la première fois, les rivaux de toujours, les « frères ennemis », unissaient leurs forces pour deux fois plus de chances de remporter l’épreuve ! En effet, ainsi que le règlement l’impose, ils se sont partagé une moto (et pas deux), en l’occurrence la Husqvarna de Claudio. Le principe est simple : l’un prend le relais quand l’autre est fatigué, et ainsi de suite pendant quatre heures. Un esprit d’équipe récompensé par une deuxième place, alors que la première leur était acquise si Ted n’était tombé trois fois. « C’est normal, c’est ma moto qu’il conduisait, il ne la connaît pas aussi bien que moi », confie Claudio. « Pour une première course ensemble, se placer deuxième est déjà une belle performance qui laisse présager de belles victoires », fait valoir Paolo Preve, gérant de Motostore et fondateur du MCM (Moto Club Madagascar). Au-delà de leur rivalité sportive, devenue légendaire, Ted et Claudio sont en fait de très bons potes, unis par l’amour des belles cylindrées. « Cette alliance pour les 4 Heures Honda n’était

Double   


donc pas contre-nature, comme je l’ai entendu dire », se marre Ted. Malgré qu’il habite la capitale et Claudio Toamasina, il leur arrive souvent de se rencontrer, et pas seulement à l’occasion de compétitions. L’initiative des 4 Heures Honda revient à Paolo Preve, sponsor de l’équipe Claudio-Ted via Motostore. « Quand Paolo nous a proposé l’idée, on a tout de suite été enthousiastes. Dans une épreuve sportive, c’est chacun pour soi d’habitude, mais là on peut fonctionner en équipe et c’est très enrichissant humainement », estime Claudio. Prendre le relais en moto est loin d’être une sinécure. Il faut toujours être prêt à bondir sur la piste, à l’affût de la moindre défaillance de son coéquipier. Comme ça pendant quatre heures. Malgré leur jeune âge, tous deux ont déjà pas mal de kilomètres au compteur « J’ai découvert la moto à 7 ans en m’entraînant avec mon oncle », raconte Claudio, alors que Ted, fils de motard, confie être monté la première fois sur une cylindrée à l’âge de 5 ans. À cela s’ajoutent des heures et des années d’entraînement, le temps de laisser germer la graine de champion qui est en eux. L’occasion de courir ensemble leur a surtout permis de se rendre compte à quel point ils sont complémentaires. « Ted est un fonceur mais il se fatigue vite, moi je suis plus sur le créneau de l’endurance ; l’un dans l’autre on unit des qualités rares », estime Claudio. Une expérience à renouveler. 

   dose

Solofo Ranaivo Contact sur www.nocomment.mg


La mode !

G entleman

cambrioleur Dedicated to J.D.

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C’est le plus grand des voleurs Oui, mais c’est un gentleman Il s’empare de vos valeurs Sans vous menacer d’une arme Quand il détrousse une femme Il lui fait porter des fleurs Gentleman cambrioleur Est un grand seigneur.

Photos : Krees Raharison


Combi-short de chez On Abi 75 000 Ar

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Robe fleurie de chez On Abi 110 000 Ar Combi-short col Claudine de chez Strass 32 000 Ar Collier de chez Shamrock 38 000 Ar Benetton Veste 80 000 Ar Chemise rayĂŠe 65 000 Ar Collier 35 000 Ar

Sac moutarde 100 000 Ar

Pantalon jean 80 000 Ar Ceinture 20 000 Ar

Gilet Best mountain de chez GaĂŻa 38 000 Ar Collier hibou de chez Arabesque 60 000 Ar


L'Adresse Combi-short D&G Pochette orange See by Chloé

Shamrock Bretelles grises 38 000 Ar Pull Zara gris 125 000 Ar Lunettes Mango de chez Jet7 120 000 Ar Gaïa Bottes grises 120 000 Ar Collier doré 55 000 Ar Pochette grise de chez L'Adresse


Combi-short col Claudine de chez Strass 32 000 Ar Chaussures Zara de chez Jet7 250 000 Ar Bracelet de chez Shamrock 35 000 Ar

Chaussures de chez Jet7 225 000 Ar

Il vient chez vous la nuit Sans déranger votre sommeil Il décroche sans bruit Le tableau acheté la veille Puis avant de partir Après ses coupables travaux Il laisse un mot sur le piano.

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Jet7 Top blanc Apto 110 000 Ar Jean Mango 180 000 Ar

C’est le plus grand des voleurs Oui, mais c’est un gentleman Et chaque femme à son heure Rêve de voir son visage De l’actrice à la danseuse Et l’épouse la meilleure, Gentleman cambrioleur A gagné le cœur.

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Tunique satin de chez On Abi 80 000 Ar Bracelet de chez Shamrock 35 000 Ar


Top blanc Mango de chez Jet7 45 000 Ar Jupe dentelle noir de chez Strass 22 000 Ar C’est le plus grand des voleurs Oui, mais c’est un gentleman Il s’empare de vos valeurs Sans vous menacer d’une arme Quand il détrousse une femme Il lui fait porter des fleurs Gentleman cambrioleur Est un grand seigneur.

Collier de chez Shamrock 38 000 Ar

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Gemey Maybelline Mascara défini à lash noir

Feutre à lèvres Lipstain lush rose

Fond de teint Dream mat mousse cacao

Remerciements : Monjatina & Vanya Prise de vue : Lokanga Boutique Hotel Make-up : Ainah Matisse avec les produits L'Oréal


New Collection Bonnet crochet 10 000 Ar Collier 20 000 Ar

Pull tunique de chez Arabesque 65 000 Ar Carambole

Compensé noir de chez Jet7 185 000 Ar

Sac Soa Tunique Sahondra Pull tunique Ekyog grenat de chez Arabesque 95 000 Ar Compensé fleuri de chez Jet7 260 000 Ar

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C arine

Ratovonarivo

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Deco En privilégiant les matériaux recyclés et les matières naturelles dans le plus pur esprit écodesign, Carine Ratovonarivo ne pouvait que rendre hommage aux artisans malgaches. C’est tout le sens de son exposition itinérante qui se tient ce mois de mai à Toulouse.

dans l’écodesign (ou écoconception), Carine Ratovonarivo adopte une démarche basée sur la règle des E3R :ngagée réduire, réutiliser, recycler. Quand elle crée des objets, elle

n’utilise que des matériaux naturels ou déjà utilisés afin de réduire au minimum leur impact environnemental. « Ne pas ajouter à la surproduction, à la dévastation des ressources naturelles, au gâchis ambiant. » Invitant à une consommation « écoresponsable », elle redonne de la valeur à des objets destinés a priori à la casse, et pourtant capables de trouver une seconde vie. Une démarche qui intéresse à plus d’un titre les artisans malgaches, « recycleurs nés par définition et par nécessité ». Tel était le propos du programme Collaborations créatives en Île Rouge : de l’artisanal à l’éco-design qu’elle a initié en décembre dernier. Pendant deux mois, il lui a permis de confronter son travail avec celui des artisans de la RN 7 et de la côte Est. « Le but était de combiner nos compétences, mais aussi de concevoir d’autres champs de création. Par exemple, les artisans d’Ambatolampy sont réputés pour recycler l’aluminium servant à la fabrication de marmites. Nous avons montré que ce savoirfaire peut-être élargi à l’art de table en général, pas seulement aux cocottes. »

Cette collaboration a abouti à la création de tout un éventail d’objets de « récupe » que le public a pu admirer au Mama Benz Concept Store, en mars dernier. Pas seulement des matériaux de récupération d’ailleurs, également des matières naturelles comme le raphia ou le sisal. Des objets du quotidien ayant leur place à la cuisine, mais aussi des contenants originaux, style boîtes à bijoux, des luminaires pleins d’inventivité. Ainsi de ces bijoux tressés en sisal ou de cette lampe représentant une plante arum en taille réelle, mais réalisée avec du bois… Pour monter cette collection, Carine Ratovonarivo a fait appel à des métiers aussi divers que la broderie, le tressage, le travail du cuir, du papier ou du fer blanc, rencontrés le long de la RN 7. « J’avais préparé un itinéraire précis des villes où je souhaitais aller. Je savais quels métiers j’allais rencontrer, sans savoir avec qui j’allais travailler. » Carine Ratovonarivo entend prolonger cette expérience par une exposition itinérante qui se tiendra à Toulouse, en France, au mois de mai, puis aux États-Unis où elle a l’intention de s’installer pour développer sa marque baptisée H.C.R. Eco-Design. Le mot de la fin ? « J’aime beaucoup cette remarque de l’écodesigner Fabrice Peltier, créateur de DesignPack Gallery, qui dit que dans ordure il y a or… durable. »  Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg

Design écologique

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Couteau suisse

Les fanatiques du couteau multifonctions savent que c’est chez les Suisses qu’on fait les meilleures lames. Après le rachat de Wenger en 2005, Victorinox est aujourd’hui le seul à fabriquer le fameux couteau à la croix blanche : 25,7 millions de pièces écoulées à chaque année, sans compter la contre-façon…

ictorinox ou Wenger ? Depuis 2005, la question ne se pose plus. En rachetant Wenger après plus d’un siècle V d’une concurrence à couteaux tirés, Victorinox est aujourd’hui

le seul fabricant autorisé du fameux « couteau suisse » : enfin relativement, car la contre-façon est active. Wenger aura très mal vécu l’interdiction d’objets pointus dans les bagages à main des voyageurs à la suite des attentats du 11 septembre 2001, ce qui s’est traduit pare une chute de 20 % de ses ventes... Pour Victorinox, tout commence en 1884 lorsque Karl Elsener, un industriel du canton de Schwytz, a l’idée de fournir en couteaux de poche les soldats de l’armée suisse. Il a en tête un outil compact et robuste qui offrira de multiples fonctions : lame, tournevis, poinçon... C’est le fameux Original Swiss Army Knife qui est produit à partir de 1891, bientôt suivi de tout un arsenal de couteaux de sport (l’écusson rouge à la croix blanche n’apparaît qu’en 1909) La marque originellement appelée Victoria se transforme en Victorinox en 1921 pour saluer l’arrivée de l’acier inoxydable.

Vintage

Elsener n’ayant pas la capacité de fournir à lui seul toute l’armée suisse, il est « doublé » dès 1901 par une autre coutellerie installée non loin de là, dans le canton du Jura. Le couteau Wenger, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne se distingue en rien de son homologue du canton de Schwytz, à peine quelques différences de design au niveau de la croix ! Tous deux deviennent les fournisseurs attitrés de l’armée et officiellement les seuls à pouvoir fabriquer l’authentique « couteau suisse ». Avec les années, ses fonctions ne cessent de s’accroître, intégrant tournevis, pincette, ciseaux, stylo, lampe de poche, ouvre-boîtes, décapsuleur, tire-bouchon (prohibé sur les couteaux militaires). Le modèle XXL de Wenger aura même les honneurs du Guinness World Records avec ses 141 fonctions… seul inconvénient, il pèse 1,3 kilo ! Signe des temps, le couteau suisse fait la part belle au hi-tech avec le pointeur laser et la clé USB. Depuis 1992, il fait même partie des outils de base embarqués dans l’espace par les équipages de la NASA…  Andoniaina Bernard

La croix et la manière

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Cahiers de nuit

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Le Club

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Bande de tire-au-flanc ! Idler's band !

Qui a dit que les Malgaches n’ont pas le sens de l’humour ? Ils seraient plutôt du genre pince-sans-rire. Ils préfèrent l’humour à l’humeur. L’humour gomme l’agressivité et favorise l’écoute. Florilège pour la Fête du Travail, à l’intention des flemmards. 1 - Te-hisambo-balala manatody nefa tsy mahafoy fandria-mafàna  Phonétique : Té isamboubalall manatoud néfa tsy mahafouill fandrì-mafànn. Traduction : Soupirer après les criquets qui pondent, mais…réticent à quitter un lit bien chaud. / Wanna catch locust which lay even if you don't wanna quit your sweet cosy bed. Explication : Grillés ou frits, les criquets sont des mets très appréciés, comme les chrysalides du ver à soie ou les hannetons nouveaux. C’est quand ils pondent qu’ils sont les plus gras, mais il faut se lever avant les aurores quand ils sont encore alourdis par la rosée. 2 - Manao ariary zato am-pandriana  Phonétique : manaow ariar’ zatou am-pandrinn Traduction : Rêver gagner des cents et des mille en restant au lit. / Dream to win of one hundred and one thousand by staying in bed. L’ariary représentait une forte somme à

l’apparition de la monnaie, avec des pièces entières ou coupées en morceaux que l’on pesait pour faire la…monnaie. Avec 3 ou 4 Ar, on pouvait s’acheter un bœuf et avec moins, un esclave ou plus. 3 -  Manonofy ririnina  Phonétique : manounouf’ ririnin Traduction : Faire des rêves d’hiver. / Make some winter dreams. Explication : La saison froide favorise les bons rêves. Quand on est bien au chaud sous sa couverture, on préfère se rendormir et rêver au lieu de travailler dans la froidure. 4 - Tanora ratsy fihary, antitra vao ratsy laoka Phonétique : Tanour rats’ fihar’, antitr’ vaow rats’ lôk. Traduction : Une jeunesse oisive prépare une vieillesse sans viande. / An idle youth gets ready to be old without meat.

Explication : Le riz sans accommodement est un met des plus insipides. Le sel du  laoka  y pallie. Le laoka peut être de la viande (accommodement suprême), du poisson ou de la volaille, des brèdes et légumes divers. Le riz se récolte, mais le laoka, lui, s’achète. Il faut donc travailler dur quand on en est encore capable. Une fois les forces perdues, on sera incapable de se payer du laoka. 5 - Ny vola no maha-rangahy Phonétique : Ny voulà nou maha-rangà Traduction : L’argent fait le « Môssieur ». / The money makes of you a real Sir. Explication : Sans commentaires. Ni un chômeur de profession ni un touriste sac à dos, ni un simple citoyen serait-il un fonctionnaire, ne sera jamais considéré comme un « Môssieur » avec majuscule. On ne se met plus chapeau bas que devant les puissances d’argent. Triste.

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Journaliste et photographe, c’est derrière les platines qu’il est connu sous le nom Fly B. Membre du collectif Basy Gasy, passionné de sons électro, il s’inspire autant de la musique du sud malgache que des DJ vinyles du moment.

Comment es-tu passé du journalisme au DJing ? En fait, c’est plutôt le contraire. J’ai commencé la musique à l’âge de 10 ans avec le saxophone et le conservatoire. Le DJing est venu quand j’ai commencé à étudier le jazz, que j’adore, alors que j’avais toujours écouté du rap. C’était dans les années 90, à l’époque des grands DJ vinyles comme Kut Killer. Je les trouvais cool avec leurs scratchs. Quand j’ai eu le temps et surtout les moyens, je me suis payé mes platines qui sont malheureusement restées à Paris.

By night

Fly B

Pourquoi Fly B ? C’est un clin d’œil à un artiste que j’aime beaucoup, un producteur d’électro-hip hop qui s’appelle Flying Lotus. Le B, c’est une contraction de « babouche » parce que quand j’étais petit et que je faisais des bêtises, mon père sortait une babouche et me visait avec. Heureusement, j’arrivai toujours à l’esquiver (rires). Tu te définis comme électro-éclectique… Ce n’est pas tant l’électro que j’aime mais le son des instruments électroniques. À part le DJing, je compose des sons que je mets pendant les live. Je suis calé dans tout ce qui est rythmique, généralement basse-batterie. Au final, quand on compose, c’est la somme de tout ce qu’on écoute. J’écoute du jazz, peu de rock ou de techno, c’est trop bruyant pour moi. Et comme tous les vazaha, j’adore les rythmes du Sud malgache, le salegy, le kilalaky et le tsapiky. Aujourd’hui, tu es le DJ du collectif Basy Gasy… J’ai vraiment commencé à me produire il y a quatre ou cinq ans à Paris. À Mada, j’ai rencontré des gens comme Lova Zen, Zinstai, Doubl’enn. Basy Gasy est né et nous venons juste de faire la troisième édition en avril au Chill Out et au Tana Arts Café. Une première soirée sound system et une deuxième freestyle. On retrouve tous les styles que ce soit le rap classique, l’électro, la drumming base, le dub step et même du slam.  Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

DJ électro-éclectique !

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L’horloge du désir

Par Christian Berthelot

l’amour plutôt le matin ou le soir ? Les plus vantards vont affirmer : matin, midi et soir ! Les avis sont partagés entre Fles aites-vous femmes et les hommes… Savez-vous que les humains sont de

À quelle heure sonne l’horloge du désir ? Chaque mois, Christian Berthelot, psychothérapeute et sexothérapeute, aborde sans tabous ni ornières un sujet lié à la sexualité et au bienêtre du couple. N’hésitez à lui poser vos questions…

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véritables « usines » chimiques, voire alchimiques ? Ce sont nos rythmes biologiques qui vont réguler notre sexualité au féminin comme au masculin, mais nous ne sommes pas fabriqués dans le même moule et cela risque d’entraîner quelques dissensions… Au réveil, pour les deux sexes, notre taux d’adrénaline et de cortisol augmente. Ces hormones sont secrétées en vue d’une activité physique : se réveiller, se préparer à une bonne journée. Ce sont aussi les hormones du stress. Chez l’homme, cet état s’accompagne d’une élévation de 30 % du taux de testostérone, une autre hormone qui agit sur le désir sexuel, le plus souvent entre 6 heures et 10 heures du matin. Une érection en est la conséquence directe. Les hommes ont entre trois et cinq érections pendant leur sommeil paradoxal. Celleci débute dans l’inconscient du sommeil et se poursuit quand ils se réveillent. Tout naturellement, ils vont préférer le matin ! Pour les femmes, les choses sont différentes : elles ont besoin d’être relaxées. Ce n’est que lorsque leur système neurovégétatif affiche le plus grand calme, que les enfants sont couchés, les dossiers professionnels fermés, les tâches ménagères bouclées, que le désir vient leur rendre visite. C’est donc, pour elles, le soir qu’il sera à son apogée. Fort heureusement, un créneau horaire propice aux ébats amoureux pour les deux partenaires se situerait entre 20 et 23 heures. La température corporelle chute, les rythmes se


Fananahana ralentissent, une sorte de langueur nous envahit. La nuit, elle aussi, favorise l’éclosion du désir, et ce pour chacun des sexes. Alors pourquoi ne pas y succomber ? D’autant plus que l’orgasme et l’état de profonde relaxation qui lui succède sont un prélude à une bonne et douce nuit ! En revanche, la relation sexuelle a tendance à stimuler les femmes qui restent réceptives aux caresses et à la conversation après l’amour alors qu’elle endort rapidement les hommes tout gorgés qu’ils sont d’endorphine, l’hormone du plaisir ! Les femmes aussi, mais à des degrés moindres. Nous pouvons aussi accorder les violons du désir lors du fameux « 5 à 7 », l’heure des amants (voir no comment® n° 38). Lorsque la digestion est terminée, l’apport calorique est disponible, on est au maximum de son pic énergétique. Par conséquent, nous disposons d’un tonus musculaire et de capacités respiratoires à leur zénith. La fatigue s’envole et le corps demande à exulter. Par ailleurs, la sérotonine (l’hormone du bonheur) est également sécrétée en masse. Plusieurs bonnes raisons, donc, pour profiter de ce moment de la journée. En revanche, la « sieste crapuleuse » est une invention littéraire. Quel que soit le menu du midi, nous tombons dans un creux circadien, propice à la sieste, certes, ou plutôt à la somnolence. Là encore, il est primordial de dialoguer pour que le couple s’enrichisse, se construise, s’offre l’un à l’autre des moments privilégiés... Sachez varier les moments de plaisir !  Contact sur www.nocomment.mg


RÉPONSES AUX JEUX DU NO COMMENT N°39 MOTS CROISÉS — VÉHICULES ET TRANSPORTS

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JEUX

Verticalement 1. Fruit qui plaide - Pâtisserie à base de fruits 2. Belle fille - Fruit rond à chair juteuse et sucrée - Début d’égalité 3. Blanc ou noir, à l’origine d’une boisson - Mère espagnole 4. Deux romains - Points opposés - Fruit jaune oblong 5.  Petit fruit rouge à noyau - Un type de tarte aux pommes 6. Tenta - Une maladie infectieuse et contagieuse 7. Fruits d’un arbuste épineux 8. Fruit jaune à jus acide - Pronom personnel 9. Négation - Contracté - Hôtel de route 10. Arbre à petits fruits noirs ou verts - Fruit rouge d’une ronce 11. Fleur royale - Melangé 12. Certains fruits en donnent - Entre le diplôme et la matière.

La minute naturaliste

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SOLUTION DE L’ÉNIGME N°39 C’est juste pour compenser la courbure de la terre. ÉNIGME N°40 Jeune, je suis grande et vieille je suis plus petite. Je vis souvent la nuit et le vent est mon ennemi. Qui suis-je ?

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— Fruits —

Horizontalement I. Petit fruit jaune orangé à noyau - On en mange le cerneau II. Réelles - Poil aux yeux III. Accord - Reine indienne - Peut être au trésor IV. Pronom personnel - Pour une suite - Blanc ou rouge, il est issu de fruits V. Copines - Petit fruit rouge VI. Dix anglais - Vante VII. Début de pensée - Désert saharien VIII. Crues ou cuites mais toujours rouges - Note IX. Il peut être Victoria - Fruit de la tentation X. Fruit d’Afrique du Nord - Assassine XI. Rendue moins éclatante - Oiseau voisin de la grive XII. D’une mer grecque - Certaines espèces de fruits doivent l’être avant consommation.

Il y a 65 millions d’années, les caméléons envahissaient Madagascar Certains scientifiques estiment que les caméléons sont apparus en Afrique avant de se répandre ailleurs dans le monde, notamment à Madagascar, tandis que d’autres défendent la théorie selon laquelle ils ont donné naissance à leurs 195 espèces directement à partir de l’île. Difficile de trancher. Néanmoins, des fossiles indiquent que l’ancêtre des caméléons est apparu en Afrique bien après que Madagascar s’est détachée du continent africain et a dérivé pour adopter sa position actuelle. Du coup, les scientifiques se querellent pour savoir de quel côté de la mer est apparu le caméléon. Une récente étude de l’Institut national de la biodiversité sud-africain, basée sur l’analyse génétique de 174 espèces différentes de caméléons, permet aujourd’hui de trancher : « Cela s’est produit pour la première fois voici 65 millions d’années, au Crétacé supérieur, puis encore il y a 45 millions d’années, durant l’Oligocène. » Le plus probable serait que certains reptiles aient embarqué sur des branches mortes et autres débris flottants dans des rivières africaines en crue puis aient été emportés au-delà des mers vers Madagascar (source : maxisciences.com). 


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B lackout

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par Johary Ravaloson

marche dans la ville désertée. Un de semaine tranquille. Les Ivoieslmilieu ne sont illuminées que pour son bon plaisir. Les chiens aboient sur son passage. Comme les trous et les cassures des trottoirs, comme les rares voitures qui lui disputent sa possession dans la nuit ; il n’en a cure. Ses pieds ont des yeux : les deux orteils qui dépassent des chaussures qu’il s’est confectionnées avec deux ou trois chaussettes trouées, des lambeaux de pneus et de chambre à air. Une cape écorchée de plastique transparent lui protège les épaules. Ses oreilles sont cachées dans un turban sale cerclé de fer. Un clodo sur ses pavés comme un roi sur ses terres. Chaque pas me confirme son existence. Quand il quitte les pavés pour se couler entre les maisons aux portes et aux volets clos, il marche aisément à la surface des ruelles obscures et des escaliers que les trombes d’eau pourtant défoncent à chaque pluie. Mais ce sont les dernières pluies, il attend maintenant les premiers froids. Il a dans


FICTION

l’idée de marcher contre le froid. Il se prépare à marcher toutes les nuits à venir. Une porte claque quelque part. Des voix joyeuses montent de l’étroit passage. Trois garçons et une fille. Deux portent une guitare dans le dos. Des jeunes revenant d’une répétition tardive, sans doute. Il s’efface pour les laisser passer. Le garçon en tête le remercie d’un hochement de tête, la fille lui fait un sourire, le dernier le gratifie d’un « bonsoir, l’Aîné ». Il ne dit rien et reprend sa descente. Les dernières marches, et le passage s’élargit. Une poubelle défoncée. Les phares d’un taxi dans la rue. Quelques putes sous l’éclairage public. Il continue son chemin. Comme quelqu’un qui a une destination. Il passe entre les pavillons, évitant les barrières improvisées et les corps endormis. Il débouche sur la place. Quelques sombres individus errent comme lui. Mais enfin, pas tout-à-fait. Lui ne cherche rien. Regardant la ville d’en bas, il se dit qu’on pourrait confondre les rares lumières avec les étoiles. Des étoiles plus proches. Jaunes, blanches, certaines bleuâtres, d’autres rougeoyantes. Il franchit l’aire glacée et prend le grand escalier. Il saute quatre à quatre des marches qu’il ne reconnaît pas. Il dérape sur le granit de Colas. « Va tomber plus loin, ivrogne ! » lui fait un corps sous des cartons. Il monte les pavés de la rue Razanatseheno, ignorant les travelos. Dans la courbe de la rue, les restaurateurs vaquent, ouvrant et fermant des marmites tapies dans l’ombre. L’odeur de nourriture lui serre l’estomac. Il traverse vers le parking. Quelqu’un siffle. Le hèle. Il ne se retourne pas. Le pas égal. Deux voitures au milieu du parking. On dirait qu’elles s’embrassent, face-à-face et les lumières basses. Une clignote doucement tandis que l’autre bouge sur ses roues immobiles. Il se frotte les yeux. Des rires du côté de la scène automobile. Des

verres et des bouteilles qui s’entrechoquent. Il s’échappe. Reprend les pavés. Vers les lumières d’Antaninarenina. Au milieu de la place, des flics et quelques noctambules autour du cafetier ambulant. Il oblique vers la rue des discos. Un adolescent avec son étalage en carton attelé au cou, cigarettes, kola, bonbons, chewing-gums et préservatifs, l’aborde : « prends le large, profère le gamin. Des puissants arrivent. Diz veut que toute la rue soit nickel  ! » Il trace sa route vers le quartier des restaurants dont les derniers encore éclairés ont fermé leurs portes. Quelques restaurateurs de rue gardent aussi leurs loupiotes. Les auvents en plastique qui les protègent du vent d’après minuit brillent. On s’y chauffe autour du fatapera ; il tente une cordiale percée en désignant le brasero dérisoire. « C’est tout de même mieux que rien, hein ? – Casse-toi si tu ne consommes pas, le vieux ! » Les pavés maintenant descendent doucement sur Isotry. Des voitures le frôlent. « Ialahy nga l’tia vita am’vy ? » (T’es fait de d’fer, hein ?) entend-il. Il monte sur le trottoir et crache à travers les grilles du parc abritant le tombeau de Rainiharo. Passe par-dessus un corps étendu. Évite de justesse une belle crotte. Manque de se fouler la cheville. Il claudique vers la chaussée. Les pavés sont plus sûrs, on ne chie pas sur la plage. Ses pieds retrouvent avec délice le contact de la pierre brute. Et lui, son pas égal. Des jeunes font l’animation à la fourche. Ils tentent de glisser sur une planche dans la descente abrupte vers le marché. Il s’arrête pour regarder. La pente est effectivement bien raide mais les pavés pas assez réguliers. Des bouteilles de marque étrangère circulent. Un jeune lance une 179


planche bien parallèle au sol puis saute par-dessus. La glisse ne dure pas longtemps, s’arrête sec sur un rebord saillant. Le surfeur chute brutalement mais se relève très vite en hurlant : « Même pas mal ! » Ses amis s’esclaffent. Au tour d’un autre. Il reprend sa tournée. La pente douce vers la gare. Un vent plus humide le suit. Un nuage comme un fait exprès ruisselle. Juste de la bruine. Sans l’ennuyer davantage : cela fait des mois qu’il ne quitte pas le mode parapluie. Au contraire, il aime bien regarder les lumières de la ville se refléter sur les pavés. Il marche et des lustres brillent autour de son ombre. Il est en train de sourire à la nuit quand, sans crier gare, les lampadaires s’éteignent autour de lui. Déchu, le roi relève la tête. Là-bas, au loin, devant, la gare demeure illuminée. Il avance vers la lumière, quittant les pavés. Quand il débouche sur l’avenue de l’Indépendance pourtant, le délestage de la JIRAMA atteint également le périmètre. Et cette fois-ci, la coupure d’électricité semble générale. Toute la ville est dans le noir. Les nuages sont partis et le ciel brille de tous ses astres. Une étoile semble même être très proche. Elle est juste au sommet d’Antananarivo. À bien regarder, il se frotte les yeux, c’est une fenêtre qui brille, là-haut, à côté du Rova. Une fenêtre luminescente, seul éclat dans la ville plongée dans l’obscurité. Intrigué, il se dirige vers la seule source de lumière. L’Hôtel de ville est dans le noir. Le bassin derrière les grilles, dont les jets d’eaux illuminés constituent la fierté municipale, ne glougloute même pas. Les grands hôtels, sans doute à cause de la nuit avancée n’ont pas mis en route leurs groupes électrogènes. Pas une bougie allumée dans les


dortoirs sous les arcades. Il prend l’escalier d’Ambondrona. À mi-hauteur, il s’arrête et cherche un endroit éclairé autour de lui. Aucun phare n’annonce une voiture qui circulerait. De la place d’Antaninarenina et du Palais présidentiel dans le fond n’émane aucun halo lumineux. Seule, là-haut, à côté du Rova, la fenêtre délivre une lueur astrale. Il reprend son escalade. Cette fois, il sait où il va. Au bout de l’escalier, il constate qu’il n’y a toujours pas d’autre source de lumière visible. Il se surprend à souhaiter que la JIRAMA ne répare pas la panne. Il glisse rapidement et silencieusement sur les pavés. Pas de voitures pour le sommer de quitter la chaussée. Pas de chien non plus qui lui aboie dessus. Il n’y a pas de bruit du tout en fait. Pas de lumière non plus. Sauf la fenêtre là-haut à côté du Rova. Il accélère. Il aborde la haute ville. Aucune lueur. Il ne voit pas non plus la fenêtre éclairée à cause sûrement d’un angle malin. Pas de bruit, sauf le chuchotement de ses pas sur les pavés. Il aimerait bien crier (« Réveillez-vous, l’obscurité envahit la ville ! ») mais il n’ose pas. Il transpire. Certainement de sa course mais aussi d’une angoisse qui commence à le gagner. Il file à perdre haleine entre le jardin d’Andohalo et le lycée. Tout essoufflé, il débouche sur le dernier palier menant au Rova. La fenêtre est à nouveau visible, illuminée. Une lumière bleue phosphorescente. La maison est à quelques mètres. Des chiens dans la cour le sentent et jappent comme s’ils le reconnaissaient. Il est tard. Ce roi de la nuit qui traverse toute la ville pour m’imposer son existence m’énerve. Il glisse sur les pavés alors que je m’enlise à le paumer. J’en ai ma claque. L’électricité n’est toujours pas revenue. Ma batterie ne tiendra pas plus longtemps. J’éteins l’ordinateur. Avant même que je ne me glisse dans mon lit, les chiens se sont calmés. 


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Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé

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Ces établissements acceptent

Ces établissements acceptent


• LA PLANQUE (Restaurant) : 034 81 226 35 • LA TABLE D’EPICURE : 020 22 359 83 • LA TABLE DE NIKA : 032 21 933 19 • LAVAZZA : 032 05 045 72 • (Le) LAC HOTEL : 020 22 447 67 •  LE BED  : 034 98 888 71 •  LE BELVEDERE HOTEL  : 034 16 950 79 •  LE CARNIVORE (Restaurant) : 032 05 125 04   • LE CARRÉ : 032 60 498 00 •  LE CLUB  : 020 22 691 00 •  LE KASS’DALL : 034 15 110 47 • LE PHARE : 020 26 323 28 • LE PHOENIX : 034 45 960 50 • LES HERONS : 033 06 194 65 • LGM : 032 95 408 04 •  (LE) LOGIS HOTEL : 020 26 244 43 • LOKANGA HOTEL : 034 14 555 02 • L’ORION : 034 84 129 29 • (Le) LOUVRE HOTEL : 020 22 390 00 • L-SENS : 032 07 609 18 • MADA m  MAD’DELICES : 020 22 266 41 HOTEL : 033 23 717 07  • MAKA AKOO (Fast Food) : 034 20 501 27 • (Le) MANSON : 032 05 050 32 • (La) MEDINA : 034 04 134 33 • MENHIR : 020 22 243 54 • MERCURY HOTEL : 020 22 300 29 • MOJO BAR : 020 22 254 59 • MONTPARNASSE (Bar Restaurant) : 020 22 217 16 • (La) MURAILLE DE CHINE : 020 22 230 13 n  NERONE : 020 22 231 18 • NIAOULY : 020 22 627 65 • NOSY SABA (Hotel) : 020 22 434 00 o  O ! POIVRE VERT : 020 22 213 04 • (L’) OASIS (HOTEL CARLTON) : 020 22 260 60 • ORCHID HOTEL : 020 22 442 03/05 • ORIENT’HALLES : 032 05 105 10 • OUTCOOL : 033 12 12 624 • OZONE : 020 24 749 73 p  (Le) PALANQUIN : 020 22 485 84 • (Le) PALLADIOS : 020 22 539 49 • (LE) PALLISSANDRE HOTEL : 020 22 605 60 • PALM HOTEL : 020 22 253 73 •  PANORAMA HOTEL : 020 22 412 44 • PAPRIKA : 032 04 781 57 • (Le) PAVILLON de L’EMYRNE  : 020 22 259 45 •  (Le) PETIT VERDOT : 020 22 392 34 • PILI PILI DOCK : 020 26 299 42 • PIMENT CAFÉ : 020 24 509 38 • PLANETE : 020 22 353 82   • POURQUOI PAS (Restaurant) : 032 02 548 04 • (Les) POUSSES POUSSES DU RAPHIA : 020 24 782 79 • PRESTO PIZZA (Antsahabe, Tana Water Front, Analamahitsy) : 034 19 610 49 •  RAPHIA r   RADAMA HOTEL : 020 22 319 27 HOTEL Ambatonakanga  : 020 22 253 13 •  RAPHIA HOTEL


Isoraka : 020 22 339 31 • RATATOUILLE (Artisan Boulanger) : 034 41 731 32 • (Le) REFUGE : 020 22 448 52 • (Le) RELAIS DE LA HAUTE VILLE : 020 22 604 58 • (Le) RELAIS DES PLATEAUX : 020 22 441 22 • (Le) RELAIS DU ROVA : 020 22 017 17 • (La) RESIDENCE : 020 22 417 36 • RESIDENCE DU ROVA : 020 22 341 46 • RESIDENCE LA PINEDE : 032 07 235 58 • RESIDENCE RAPHIA : 020 22 452 97 • (La) RIBAUDIERE : 020 24 215 25 • RIVIERA GARDEN : 020 24 792 70 • (Le) ROSSINI : 020 22 342 44 • ROTISSERIE-GRILL : 032 11 222 07 • ROVA Hotel : 020 22 292 77 s  (LE) SAINT ANTOINE HOTEL : 033 21 597 19 • (LE) SAINT GERMAIN HOTEL : 033 25 882 61 • (Le) SAINT LAURENT : 020 22 354 77 • SAKAMANGA HOTEL : 020 22 358 09 • (Le) SALOON : 033 19 139 10 • SAVANNA CAFE : 032 07 557 45 • SHALIMAR Antsahavola : 020 22 260 70 • SHALIMAR HOTEL : 020 22 606 00 • (Le) SHANDONG : 020 22 319 81 • (Le) SIX : 033 15 666 66 • SPUMA GLACE : 034 07 179 63 • SUCETT’S : 020 22 261 00 • SUNNY GARDEN : 020 22 323 85 • SUNNY HOTEL Amparibe : 020 22 263 04 • SUNNY HOTEL Ankorondrano : 020 22 368 29 t   (La) TABLE DES HAUTES TERRES : 020 22 605 60 • TAJ HOTEL : 020 22 624 10 • TAMBOHO : 020 22 693 00 • TANA ARTS CAFE : 034 15 610 56 • TANA HOTEL : 020 22 313 20 • TANA PLAZZA HOTEL : 020 22 218 65 • (La) TAVERNE (HOTEL COLBERT) : 020 22 202 02 • TERRASSE EXOTIQUE : 020 22 244 09 • (La) TERRASSE DE TYDOUCE : 020 24 522 51 • (La) TERRASSE DU GLACIER : 020 22 202 60 • TIMGAD : 020 22 327 42   • TOKO TELO : 020 24 657 47 • (Le) TRAM : 020 26 388 28 • TRANO BONGO HOTEL : 034 20 365 34 • TRANOVOLA : 020 22 334 71 u  URBAN CAFE : 033 11 258 66 v  VAHINY HOTEL : 020 22 217 16 • VANGA GUEST HOUSE : 020 22 442 33 • (Le) VANILLA (ORCHID HOTEL) : 020 22 442 03/05 • (La) VARANGUE : 020 22 273 97 • (La) VILLA : 020 26 254 73 • VILLA IARIVO  : 020 22  568 18 •  VILLA VANILLE : 020 22 205 15 z   ZEBU ORIGINAL BISTROT : 020 22 299 97 • ZENITH HOTEL : 020 22 290 05 Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco a  ADAN : 034 26 381 83 • ALL SPORT Tana Water Front : 020 22 644 09 • ALLURE FASHION : 033 25 780 84 • AMBIANCE ET STYLE : 034 05 101 72 • AMPALIS : 034 19 227 85 • ARABESQUE : 032 02 303 42 • ARTS ET MATIERES : 020 24 522 51 • AT HOME : 020 22 446 38 • AUDACE LINGERIE : 032 70 710 44 • ANTIQUAIRES DE TANA (Tana Water Front et Behoririka) : 032 07 174 50 b  BEBE A BORD : 034 07 281 72 • BIJOUTERIE AMRATLAL : 020 22 364 79 • BIJOUTERIE MANOU Analakely : 020 22 612 25 • BIJOUTERIE MANOU Antaninarenina : 020 22 256 64


• BIJOUX OREA : 020 22 678 15 • BIJOUTERIE PALA : 020 22 225 01 • BLACKWEAR : 032 04 558 89 • La BOUTIQUE DE V : 032 07 001 32 • BYZANCE : 032 05 233 30 c  CAFE COTON : 020 22 302 09 • CARAMBOLE : 020 22 207 40 • CARAMIEL : 033 11 364 09 • CLEA BOUTIQUE : 032 07 604 48 • CLEMENTY : 020 22 364 90 • CMH : 020 23 322 26 • COUP DE CŒUR : 032 89 461 45 • COURTS Ankorondrano : 020 22 550 25   • COURTS Tanjombato : 020 22 576 76 • COURTS 67 HA : 020 22 336 64 • CRISTAL CADEAUX : 020 22 365 42 d  DECI-DELA Ankorondrano : 032 05 00 274 • DECI-DELA Ivato : 032 11 00 277• DECI-DELA Route Circulaire : 032 05 00 272 • DECI DELA Tana Water Front : 032 11 00 278 • DECO France : 020 22 293 72 • DREAM STONES TRADING : 034 07 185 83 • DRESS CODE : 034 20 555 99 • DUTY FREE : 034 07 189 30 • DUW 1203 - Dago Urban Wear : 034 01 083 67 • ELEKTRA : 034 45 520 75 e  ELLE’M : 034 26 381 83 • (L’)EMPIRE DU MARIAGE : 033 02 688 88 • ESPACE BIJOUX : 020 22 311 85 • ETHNIK Shop : 020 22 611 40 • ETINCELLE : 034 08 430 72 •  EVASION DECO : 033 18 607 97 f   FANCY BOUTIQUE : 020 22 308 89 • FEMININE : 034 60 647 38 • FIFTH AVENUE : 034 05 031 15• FINAL TOUCH : 033 02 402 82 • FOSA SHOP Tana Water Front : 020 26 377 85 • FOSA SHOP Isoraka : 020 26 243 91 • FRAGILE (Ankorondrano et Smart Tanjombato) : 034 02 110 72 • FUN MOBILE : 032 05 079 79 • FUSION RAY : 020 22 636 28 g  G.I. (Gentleman Individuel) : 034 02 783 60 h  HAZOMANGA : 032 02 527 43 • IMAGE : 034 08 884 90 i  IS’ART GALERIE : 033 25 148 71 • IVAHONA (Boutique) : 032 05 090 02 • IVAHONA (Maison) : 032 05 090 06 j  JAVA : 032 59 987 82 • JINA CHAUSSURES SMART : 034 02 395 70   k   KAPRICE Tana Water Front  : 034 08  031 75 •  KIDORO (Literie)  : 020 23 628 84 •  KIF DAGO  : 033 78 151 99 •  KIVAH&CO : 032 05 874 35 • KLUNG MALAGASY Mode Junior : 034 03 015 06 • KIOSK à BIJOUX : 033 15 830 43 •  KOKOLOKO Isoraka  : 033 08  443 19 •  KRISTEL BOUTIQUE  : 032 40 457 15 •  KRYS OPTIQUE Gare Soarano : 020 22 211 02 • KRYS OPTIQUE Score Digue : 020 24 229 97 •  KUDETA BOUTIQUE : 034 74 645 52  •  KRYS OPTIQUE Zoom Ankorondrano : 020 22 318 38 l  L’ADRESSE : 034 03 004 55 • LA COUR CARREE : 032 05 090 06 LA ROMANCE : 033 15 536 85 • LA TOURISTA : 034 87 003 87 • LE 7EME CIEL : 034 84 642 56 •  LE MONDE DE BEBE  : 034 07 219 84 •  LOLITA BOUTIQUE : 020 24 375 53 • LUMIN’ART : 020 22 431 34 m  MADESIGN : 020 22 245 50 • MAFIOZZO : 034 02 645 93 • MAKATY (Magasin Mac) : 034 04 102 87 • MAKI COMPANY : 020 22 207 44 • MALGADECOR : 020 23 691 98 • Mama Benz : 032 05 777 74 • MAXI TUNING : 032 11 00 345 • MEGASTORE by CLEMENTY : 020 22 204 26 • MISS SIXTY : 033 11 479 82 • MOISELLE : 034 11 187 60 • MOTOSTORE : 034 07 179 57 • MY SPACE : 020 26 381 83 • MY WORLD FASHION DESIGN : 034 11 605 54 n  NEW BALANCE : 034 31 693


10

• NEW MAN : 032 11 00 278 • NEW STYLE : 034 18 247 32 • NIL MEUBLE : 020 22 451 15 o  OCEAN TEXTILE : 020 26 388 26 • ON ABI : 020 22 558 59 p  PAGE 2 : 034 16 751 84 • PAGE 2 SMART : 034 16 751 12 • PAPARAZZI : 020 22 567 71 • PHILAE DECO : 020 22 427 21 • POINT MARIAGE : 020 24 537 66 • PRECIOUS : 034 01 170 39• PRETTY WOMEN : 032 03 209 03 • QUE DU BONHEUR : 034 84 049 46 q  QUINCAILLERIE 2000 : 020 22 333 82 r  REGAL SHOES : 020 24 773 52 • RIVES GAUCHE : 033 02 275 81 • ROSES ET BAOBAB : 032 40 615 60 • ROUGE DESIR : 033 25 780 84 s   SAMSUNG (Analakely)  : 020 22 295 53 •  SAROBIDY MADAGASC’ART  : 033 11  642 64 •  SAV TECHNO : 034 70 613 44 • SEPT PRIX MEUBLE : 020 22 664 79 • SERENITY PALACE : 033 05 374 20 •  SHAMROCK  : 020 22  549 82 •  SHOP STYLE : 034 04 915 01•  SOBEK  : 020 24 166 41 •  SOPHIA BOUTIQUE : 034 12 869 95 • STOP MARKET : 034 36 818 00 • STRASS : 034 97 464 00 t  TANT POUR ELLE : 034 96 723 00 • TATTI WATTI : 034 02 016 64 • (La) TEESHIRTERIE : 020 22 207 40 • TIME PALACE : 020 22 370 31 • TISHANAKA : 032 02 200 00 • TRACCE (Boutique) : 034 02 675 77 • TRENDY : 020 22 364 88 • SUCCES FOU : 032 44 054 35 v  VEL’DUTY FREE : 020 22 626 14 • VIVA DESIGN Ankorondrano : 020 22 364 88 w  WHITE PALACE : 020 22 669 98 y  YOU SACS & CHAUSSURES : 034 02 016 64 z  ZAZAKELY : 034 04 245 82 Sports, Loisirs a  ACADEMIE DE DANSE : 020 24 740 93 b  BLUELINE : 020 23 320 10 • (Le) CARLTON FITNESS c  CANALSAT : 020 22 394 73 CLUB : 020 22 260 60 poste 1503 f  FITNESS CLUB : 034 05 360 51• FORM + : 020 26 394 98 g  GASY QUAD : 032 12 600 00 i  INGA : 032 02 260 42 • IVOKOLO Centre culturel d’Ivandry : 032 63 291 06 l  LE CHAT’O : 034 23 033 33 • LE C.O.T. : 032 05 085 40 • LECTURES ET LOISIRS : 020 22 325 83 o  OXYGEN FITNESS & SPA : 034 14 240 22 p  PARABOLE MADAGASCAR : 020 23 261 61  s  SALLE DE SPORT (Immeuble Aro Ampefiloha) : 020 26 296 27 • STUDIO 101 : 032 57 984 04 t  TANA PAINT BALL : 032 28 798 24 • T-TOON : 034 40 612 50

Communications, agences a   AGENCE FAACTO  : 020 23  297 64 •  AGENCE GRAND ANGLE : 020 22  549 95 •  AGENCE NOVOCOM : 020 23 557 47 •  AGENCE TAM TAM : 020 22 218 70 • AIRTEL MADAGASCAR : 033 11 001 00 • AK…TV : 020 22 385 41 m  MACADAM : 020 22 640 68 r  RLI Radio : 020 22 290 16 t  TEKNET GROUP : 020 22 313 59 Agences de voyage, Tourisme •  AIR MADAGASCAR : 020 a   AIR FRANCE : 020 23 230 23 22 222 22 • AIR MAURITIUS : 020 22 359 90 c  CAP MADA VOYAGES : 020 22 610 48 d  DILANN TOURS MADAGASCAR : 032 05 689 47 • DODO TRAVEL : 020 22 690 36 m  MALAGASY Travel : 032 41 526 51 • MERCURE VOYAGE : 020 22 237 79 n  NOOR VOYAGES : 034 05 020 90 o  OFFICE NATIONAL DU TOURISME : 020 22 660 85 s  STA Aviation : 032 73 369 81 Salons de beauté, Parfumeries a   APHRODITE  : 020 22 540 48 •  AMAZONE CITY : 032 05 252 36 •  AMAZONE SMART  : 020 22 462 12 •  AQUA VILLA : 032 07 648 42 •  ARIA BEAUTÉ : 020 22 642 69 •  ASMARA MASSAGE  : 033 24 324 10 •  ATELIER DE HAUTE COIFFURE : 032 04 259 82 b   BELLISSIMA (Esthétique & Coiffure) : 034 17 404 41 c   CANELLE  : 034 11 134 33 •  COCOONING : 034 36 327 27 •  COLOMBE MASSAGE  : 020 24  763 11 •  COYOTE GIRL : 033 14 657 20 e   ESTETIKA : 020 22 201 27 f   FELINE Ankadivato : 020 22 288 20 • FELINE BEAUTÉ Zoom : 020 22 364 94 • FLEURS de BEAUTÉ (Salon de beauté) : 020 24 354 97 •  FLORIBIS : 032 05 819 33 g   GRAINS de BEAUTÉ : 020 22 445 26 H  HARMONY BEAUTY : 032 47 361 03  i  INTERLUDE : 033 18 529 31 m  MAJOREL : 020 22 253 29 p  PASSION BEAUTÉ : 020 22 252 39 • PELE MECHE COIFFURE : 034 17 268 59 • PROGDIS : 020 23 256 10 r  RAINBOW BEAUTY : 020 22 310 95 • REGINA’S BEAUTY : 020 26 289 24 s  SOFITRANS : 020 22 223 30 t  TARA’S COIFFURE : 032 05 438 51 Y  YVES ROCHER : 020 22 475 20

187


Santé a  ASSISTANCE PLUS : 020 22 487 47 c  CTB : 032 78 488 42 • CTB AMBOHIMANARINA : 020 22 450 61 o  OPHAM : 034 74 644 23 p  PHARMACIE DE LA DIGUE : 020 22 627 49 • PHARMACIE HASIMBOLA : 020 22 259 50 • PHARMACIE METROPOLE : 020 22 200 25  • VETCARE : 032 05 749 22 Entreprises, Institutions

a  ABC CONSTRUCTION : 020 22 423 49 • ALLIANZ : 020 22 579 00 • ASSIST Aviation : 034 07 185 98 • ASSIST DST : 020 22 426 88 b  BHL MADAGASCAR : 020 22 208 07 • BRASSERIE STAR : 020 22 277 11 d  DIRICKX : 020 22 446 60 e  EXOFRUIMAD : 020 22 457 96 f  FILATEX : 020 22 222 31 g  GROUPE SMTP : 020 22 442 20 h  HENRI FRAISE FILS & CIE : 020 22 227 21 •  HESNAULT MADTRANS : 020 22 618 33 i   ID MULTIMEDIA : 020 23 297 64 •  IN CONCEPT : 020 24 388 56 •  IFM (ex-CCAC) : 020 22 213 75 j   JOCKER MARKETING : 020 22 685 48 m   MICROCRED (Ambodivona)  : 020 22  316 35 •  MICROCRED (Tsaralalana)  : 020 22  264 70 •  MICROCRED (Ambohibao) : 020 22 446 56 • MICROMANIA : 020 22 558 60 s   SARL REGENCY (Passeport Vip) : 034 64 937 00 •  SOCIETE FANIRY SARL : 020 22 554 09 • SOREDIM : 020 22 239 27 t  TECHNIBAT : 032 07 223 76 u  UNICEF : 020 22 674 97 • UNIVERSITE ACEEM : 020 26 098 61 v  VIMA : 020 22 330 93 X  X-CHANGE : 020 30 889 99 Concessionnaires

c  CONTINENTAL AUTO : 020 22 644 42 • CT MOTORS : 020 23 320 52 i  INFINITY : 034 14 000 19 m  MADAUTO : 020 23 254 54 •  MATERAUTO : 020 22 233 39  • MOTOSTORE : 020 22 600 00

188

s  SICAM : 020 22 229 61 • SODIREX : 020 22 274 29 t  TRACES (Motos) : 020 23 350 35 Photos

d   DMT PHOTO Score Digue  : 032 02 046 32 •  DMT PHOTO Antaninarenina  : 020 22  622 19 •  DMT PHOTO Analakely : 020 22 611 00 • DMT PHOTO Ankorondrano : 032 62 796 36 • KODAK : 032 62 796 36 Immobiliers

f  FIRST IMMO : 020 22 368 68 g  GUY HOQUET : 032 07 173 17 i  IMMO Conseil : 020 22 622 22 P  PROMO-TANA : 020 22 617 50 r  ROKA IMMO : 032 07 848 02 Service rapide

m  MALAKY : 032 45 383 32 Paysagiste

p   PARADISE GARDENS / PHYTO-LOGIC : 034 11 333 45 Matériels informatiques

A   APPLE STORE : 034 14 311 91 • PREMIUM p  POLYGONE : 020 22 306 20 INFORMATIQUE : 032 05 115 00 S   SHARP STORE : 020 22 422 94 t  TECHNOLOGIES ET SERVICES : 020 23 258 12 ANTSIRABE Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé

a   AU RENDEZ-VOUS DES PECHEURS : 020 42  492 04 •  AUBERGE JENNY : 020 44 990 22 b   BAR L’INSOLITE : 032 02 158 14


•  BOULANGERIE MIRANA : 020 481 20 c   CHEZ DOM : 033 11 954 29 • CHEZ SEN : 034 64 603 39 • COULEUR CAFE : 032 02 200 65 •  COYOTE CAFE  : 020 44 484 54 •  CRISTAL HOTEL : 034 44 916 09  F   FLOWER PALACE  HOTEL : 034 14 870 01 h   HOTEL CHAMBRE DES VOYAGEURS  : 020 44  979 38 •  HOTEL DES THERMES  : 020 44  487 61 •  HOTEL HASINA : 020 44 485 56  • HOTEL IMPERIAL : 020 44 483 33 • HOTEL LE TRIANON : 020 44  051 40 •  HOTEL RESTAURANT DIAMANT : 020 44 488 40 • HOTEL RETRAIT : 020 44 050 29 • HOTEL VATOLAHY : 034 07 937 77 • HOTEL VOLAVITA : 020 44 488 64 L  L’ARCHE : 032 02 479 25 • LA TABLE GOURMANDE : 033 80 801 43 • LA VILLA HR : 033 13 801 47 • LE CAFE DE L’ALLIANCE : 034 43 222 26 • LE CENT DIX : 034 98 906 00 •  LE ROYALE PALACE : 020 44 490 40 • LE VENISE : 020 44 938 70 r  RESIDENCE CAMELIA : 020 44 488 44 • RESTAURANT POUSSE POUSSE : 032 07 191 97 • RESTAURANT RAZAFIMAMONJY : 020 44 483 53 • RESTAURANT ZANDINA : 020 44 480 66 s  SARABANDA RISTORANTE : 034 11 900 27

DE LA PLAGE : 020 62 226 94 k   KARIBU LODGE : 033 11 497 51 l   LA CORNICHE RESTAURANT : 034 38 162 54 • LA PASSERELLE : 032 40 053 70 • LA ROTONDE : 032 45 305 95 • LATINO CAFE : 033 07 746 11 • LE GUEST : 032 76 193 79 • LES ROCHES ROUGES : 020 62 020 01   • LOOCK NESS : 032 71 391 58 m  MARCO PIZZA : 032 11 110 32 p   PAPY RALEUR  : 032 07 939 15 •  PICCOLA CORTE : 020 62 021 94 •  (LA) PISCINE HOTEL : 020 62 241 72 q   QUAI OUEST : 020 62 233 00 s  SAN ANTONIO : 032 05 244 03 • SHAKIRA : 033 71 365 39 • (LE) SUD : 032 40 656 26 • SUNNY HOTEL : 020 62 918 13 t  TOBANY : 032 61 753 32 • TROPICANA : 020 62 220 69 v  VIEUX BAOBAB : 020 62 220 35 Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco

c  CLEMENTY : 020 62 243 04 Sports, Loisirs

c  CANALSAT : 032 02 417 47

Sports, Loisirs

c  CANALSAT : 032 05 276 46 (Club House) : 020 44 943 87

g  GOLF CLUB D’ANTSIRABE

Entreprises, Institutions

m  MICROCRED : 032 05 367 01 MAHAJANGA (MAJUNGA) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé

a   (L’) ALAMBIC  : 032 41  439 27 •  AMBIANCE TROPIK ET GOURMANDE  : 033 11  735 73 •  ANTSANITIA RESORT : 020 62 911 00 b  BADAMIER : 020 62 240 65 • BLUES’ ROCK CAFE : 032 04 680 89 • BOLO PASTA ET GLACIER : 020 62 923 55 c  CAPRICE : 020 62  244 48 •  COCO LODGE : 020 62 230 23 E   ECO LODGE ANKARAFANTSIKA : 034 07 560 59 e  (L’) EXOTIC : 032 85 392 97 •  EXPRESSO : 032 21 131 22 f   FISHING HOTEL : 032 04 682 20 • FISHING RESTAURANT : 032 21 131 22 h  HOTEL RESTAURANT

Agences de voyage, Tourisme :

l  LA RUCHE DES AVENTURIERS : 020 62 247 79 • SKY SERVICES MADAGASCAR : 032 05 217 40 Entreprises, Institutions

a  ALLIANCE FRANCAISE : 020 62 225 52 Photos

d  DMT PHOTO : 020 62 245 39 TOAMASINA (TAMATAVE) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé

a   ADAM & EVE  : 020 53  334 56 •  ANJARA HOTEL : 020 53 303 61 b   (Le) BATEAU IVRE : 020 53 302 94   •  BLUE MOON : 032 52 199 74 •  (Le) BORAHA

191


VILLAGE (Sainte Marie) : 020 57 912 18 c  CHEZ LUIGI : 020 53 345 80 • CHEZ RASOA : 032 85 177 20 • COM CHEZ SOIS : 020 53 345 80 d  DARAFIFY : 034 60 468 82 h  HOTEL CALYPSO : 034 07 131 32 • HOTEL FLEURI : 032 25 498 72   • HOTEL H1 : 033 28 358 33 j   JAVA HOTEL : 020 53 316 26 l   L’AFFICHE : 020 53 315 45 • LA PIROGUE : 033 05 917 17 • LE DOMAINE DES BOUGAINVILLIERS (Mahambo) : 032 04 011 96 • LE METIS : 032 86 379 55 • LE TII’WAI : 034 02 123 10• LONGO HOTEL : 020 53 335 54  M  MIRAY HOTEL : 034 10 500 60 • M&K HOTEL : 034 17 156 80 n  (Le) NEPTUNE : 020 53 322 26 o  (L’) OCEAN 501 : 032 64 147 43 p   PALAIS DES ILES  : 020 53 314 33 •  PANDORA : 032 46 087 36 • (Le) PILE ou FACE : 020 53 306 53 • PIMENT BANANE : 034 08 043 09 • PRINCESSE BORA (Sainte Marie) : 020 57 004 03 q   QUEEN’S : 032 61 486 20 r   (La) RECREA : 032 04 610 71 s  SNACK-COULEUR CAFÉ : 032 56 298 36 • SOUTH EAST : 032 50 261 86 • SUNNY HOTEL : 020 53 336 11 t  (La) TERRASSE : 034 45 016 03 v  • (Le) VIP : 034 85 794 04 • (Le) VERSEAU : 032 05 612 62 x  XL BAR : 034 07 043 09 Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco

a  ANTIDOTE : 032 11 692 27 c  CLEA BOUTIQUE : 032 07 604 46 • CLEMENTY : 020 53 309 90 E  ENZO SHOP : 033 09 409 84 m  MY EPICERIE  : 034 79 282 54 n   NULLE PART AILLEURS : 020 53 325 06  t  TNT : 034 39 025 54

Disco Club - Cabaret - Toliara

Sports, Loisirs

c  CANALSAT : 032 05 276 02 335 86

c  EAST ACADEMY : 034 02

Salons de beauté, Parfumeries

e   ESPACE BEAUTÉ : 033 05 252 33 l   LA PARFUMERIE : 032 05 252 33 s  SWEETIE’S BEAUTY : 032 04 900 42 v  VITA BEAUTÉ : 034 87 439 59 Librairies

l  LIBRAIRIE FAKRA : 020 53 321 30 TOLIARY (TULEAR) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé

a   ANAKAO OCEAN LODGE & SPA  : 020 22  328 60 •  ATLANTIS : 020 94 700 42 b  (Le) B52 : 034 05 540 48 • BAMBOO CLUB : 020 94  902 13 •  BELLE VUE HOTEL (Ambolimalaika) : 032 04 647 22 •  (LE) BO BEACH RESTO PETER  : 032 04 009 13 •  (LE) BŒUF : 032 82 614 68 c   CALIENTE BEACH  : 020 94  924 18 •  CHEZ ALAIN  : 020 94  415 27 •  (Le) CORTO MALTESE : 032 02 643 23 d  DUNES IFATY : 020 94 914 80 e  (L’) ESCAPADE : 020 94 411 82 • (L’) ETOILE DE MER : 020 94 428 07  h HOTEL DE LA PLAGE (Ambolimalaika) : 032 04 362 76 • HOTEL LA MANGROVE (Ankilibe) : 020 94 936 26 • HOTEL LES PALETUVIERS : 020 94 440


39 • HOTEL MASSILIA : 032 57 604 78 • HOTEL RESTAURANT LE PRESTIGE  : 032 02  062 61 •  HOTEL RESTAURANT LA MIRA (Madio Rano) : 032 02 621 44 • HOTEL SAFARI VEZO (Anakao) : 020 94 919 30 • HYPPOCAMPO HOTEL : 020 94 410 21 i  IFATY BEACH : 020 94  914 27 •  ISALO ROCK LODGE : 020 22 328 60 j   JARDIN DU ROY / RELAIS DE LA REINE : 020 22 351 65 • (LE) JARDIN : 020 94 428 18 k   KINTANA GUEST HOUSE : 020 94 930 80 l   •  LA BERNIQUE : 020 94 449 87 • LALANDAKA HOTEL : 020 94 914 35 • LA ROSE D’OR : 032 54 355 29 • LA MAISON : 032 07 727 47 • LE JARDIN DE BERAVY : 032 40 397 19 • LE PORT HOTEL : 033 11 001 88 m   MANGILY HOTEL : 032 02 554 28 n   (LE) NAUTILUS : 020 94 418 74 p   (LE) PARADISIER HOTEL  : 032 07  660 09 •  PLAZZA HOTEL : 020 94 903 02 r   (LE) RECIF  : 020 94  446 88 •  RELAIS D’AMBOLA : 032 45 326 21 • (LA) RESIDENCE ANKILY : 020 94 445 50 • SALARY BAY : 020 75 514 s  SAÏFEE HOTEL : 032 05 552 03 86 •  LE SAX’APHONE RESTO  : 032 75 340 41 •  SERENA HOTEL : 020 94 441 73 •  (LE) SOLEIL COUCHANT : 032 47 360 15  t  TAM TAM CAFE : 032 02 524 48 • (LA) TERRASSE CHEZ JEFF : 032 02 650 60 v  VICTORY HOTEL :020 94 440 64  • (LE) VOVOTELO HOTEL : 034 29 377 36 Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco c  CLEMENTY : 020 94 411 91 t  TOP GSM : 034 23 118 29 Sports, Loisirs c  CANALSAT : 032 07 220 46  Agences de voyage, Tourisme m  MAD SUD VOYAGE : 020 94 423 20 ANTSIRANANA (DIEGO SUAREZ)

GRAND HOTEL : 020 82 230 63 h  HOTEL DE LA POSTE : 020 82 220 14 • HOTEL EMERAUDE : 020 82 225 44 • HOTEL FIRDOSS : 020 82 244 22 • HOTEL KARTIFFA : 032 55 978 44 • HOTEL KIKOO : 032 37 954 89 • HOTEL MANGUIER : 032 55 978 44 • PLAZA : 032 04 052 40 • HOTEL RESTAURANT LES ARCADES : 020 82 231 04 i  IMPERIAL HOTEL : 020 82 233 29 l   LA BELLE AVENTURE HOTEL : 032 44 153 83 • LA BODEGA : 032 04 734 43 • LA CASE EN FALAFY : 032 02 674 33 • LA GOURMANDISE : 032 41 644 42 • LA NOTE BLEUE : 032 07 125 48 • LA ROSTICCERIA : 020 82 236 22 • LA TAVERNE : 032 07 767 99 • LA VAHINEE : 032 46 272 17 • LE 5 TROP PRES : 032 49 162 64 •  LE VILLAGE  : 032 02 306 78 •  L’ETINCELLE : 032 45 431 50 • LE SUAREZ : 032 07 416 17 • LE TSARA B VAOVAO : 032 04 940 97 • LIBERTALIA : 032 04 619 87 • LIBERTALIA : 032 04 619 87 m  MEVA PLAGE : 032 43 817 70 • MEXI COCO : 020 82 218 51 r   RESTAURANT LA JONQUE  : 032 07  076 54 •  RESTAURANT LE PALMIER : 032 85 002 70  • RESTAURANT LE TSARA BE : 032 04 940 97 t  TONGA SOA : 032 02 288 20 v  VOKY BE : 032 04 012 01 Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco b  BLACK WEAR : 032 04 607 90 • BOUTIQUE BLEUE NUIT : 033 09 552 63 • BOUTIQUE INO VAOVAO : 032 02 228 38 c  CARAMBOLE BOUTIQUE  : 032 25 341 92 •  CHEZ BADROUDINE : 020 82 223 00 •  CLEA BOUTIQUE  : 032 07  604 48 •  CLEMENTY : 020 82 239 98 l  LA MAISON DE L’ARTISANAT : 020 82 293 85 m  MAKI BOUTIQUE : 032 82 917 76 Sports, Loisirs c  CANALSAT : 032 04 122 96 Salons de beauté, Parfumeries d  DIEGO ESTHETIQUE : 032 40 485 42

Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé

Entreprises, Institutions

a   ALLAMANDA HOTEL : 020 82 210 33 c   COCO PIZZA : 032 45 678 21 d  DIEGO SUN CITY : 032 62 492 71 • (LE) DOMAINE DES FONTENAY : 020 82 927 67 • DOUX DELICES : 032 60 631 55 g  (LE)

m  MICROCRED : 032 05 366 92 X  X-CHANGE : 020 82 889 99

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Concessionnaires s  SICAM : 032 07 421 21 Photos d  DMT PHOTO : 020 82 232 08 FARADOFAY (FORT-DAUPHIN) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a AZURA HOTEL & SPA : 020 92 211 17 c  CHEZ BERNARD : 034 04 409 25 • CROIX DU SUD : 020 92 910 56 g  GINA VILLAGE : 033 21 326 21 k  KALETA HOTEL : 020 92 212 87 l  LE FILAO : 032 43 288 58 m  MAXI PIZZA : 032 55 671 49 r  RESERVE DE NAHAMPOANA : 034 11 212 34 s  SAFARI LAKA : 033 24 453 26 • SOAVY HOTEL : 032 40 657 46 t  TALINJOO HOTEL : 032 05 212 35 Sports, Loisirs c  CANALSAT : 032 07 220 24 Agences de voyage, Tourisme a  AIR FORT SERVICES : 034 46 122 80 Concessionnaires s  SICAM : 032 05 221 59 FIANARANTSOA Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé e   ECOLODGE CAMP CATTA  : 020 75 923 58 •  ESPACE RELAX (Restaurant) : 034 17 135 64 h  HOTEL COTSOYANNIS : 020 75 514 72 • HOTEL SORATEL : 020 75 516 66 l  L’ANCRE D’OR : 034 12 459 21 • LAC HOTEL : 020 75 959 06 • LA SOFIA : 034 05 838 88 • LES BOUGAINVILLIERS (HOTEL D’AMBALAVAO) : 034 18 469 21 •  LE TROPIK HOTEL (HOTEL D’AMBALAVAO) : 033

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02 012 91 • LE PANDA : 034 05 788 77 • LE ZUMATEL : 034 20 021 32 r  RESTAURANT CHEZ DOM : 034 01 975 78 t  TSARA GUEST HOUSE : 020 75 502 06 Sports, Loisirs c  CANALSAT : 032 07 220 21 HELL-VILLE (NOSY BE) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a  AT HOME : 032 53 930 09 b  BAOBAB : 032 49 163 01 • BELLE VUE : 020 86 613 84 c   CAFE DEL MAR  : 034 46 753 22 •  CHEZ LOULOU  : 032 69  783 91 •  CHEZ SITY : 032 07  925 21 •  CHEZ TATIE CHRIS  : 032 04  212 36 •  CHEZ THERESA : 032 04 664 75 d  DIAMANT 10 : 032 07 739 14 • DISCOTHEQUE LE DJEMBE : 032 04 944 48 E  EDEN LODGE : 032 55 044 68 I  INDIA PALACE : 034 21 354 60 l  L’ESPADON : 032 44 769 85 • LA PLANTATION : 032 07 934 45 • LE MANAVA : 032 43 405 60 • LIBERTALIA : 032 69 783 91 n   NANDIPO  : 032 04  482 32 •  NUMBER ONE : 032 69 074 14 o  OASIS : 032 07 137 76 r  RESTAURANT DE LA MER : 032 69 074 14 • ROYAL BEACH HOTEL : 032 05 322 44 s  SAFARI BAR RESTAU : 032 80 354 49 • SARIMANOK : 032 05 909 09 t  TAXI BE : 032 59 187 86 v  VANILA HOTEL & SPA : 032 02 203 60


MENTIONS LÉGALES Directeur de la publication : Michaël Landriu / mic@nocomment.mg - Directrice adjointe : Natacha Rakotoarivelo - Rédacteur en chef : Alain Eid / redaction@nocomment.mg - Assistante de direction : Ny Holy Nandrianina - Journalistes permanents : Aina Zo Raberanto, Joro Andrianasolo, Solofo Ranaivo Ont participé à ce numéro : Mamy Nohatrarivo, Richard Bohan, Julien Catalan, Stéphane Huët, Retana, Jean Hans Ramanoelison, Rosa Ravoniarivelo, Noely Ratsimiebo, Christian Berthelot, Joelle Guiot Directeur d’édition : Alexis Villain / edition@nocomment.mg - Directrice commerciale : Valencia Raharinaivo - Marketing : Manou Andry - Régie publicitaire : 034 05 242 42 / 034 07 141 41 / pub3@nocomment.mg - Photos cahiers de nuit : Anja Andriantiana, Léonce Rakotoarisoa - Photos jour : Andriamparany Ranaivozanany, Andry Randrianary Coordination rubrique mode : Natacha - Make up : Ainah Matisse - Photos mode : Krees Raharison - Conception graphique : Stève Ramiaramanantsoa - Créa pub : Stève Ramiaramanantsoa / Vizecho Media Responsable diffusion : Ranaivoarison Tsiferana, Rosa Ravoniarivelo (Mahajanga), Rose (Toliara), Bénédicte et Alexandre Berthon-Dumurgier (Fianarantsoa), Enzo MacKenzi (Toamasina), Zigzag (Nosy Be), Talinjoo Hôtel (Fort-Dauphin), Jacky Gabilleau (Diego), Rakoto (Antsirabe), Pierre Wennert (Morondava), Makboul (Sainte Marie) - Back office : Mbola Tantely - Responsable régions : Valencia Raharinaivo - Diffusion : Traces (Jean Claude, Arthur, Sitraka, Nathan). Imprimé par MYE. Retrouvez-nous sur facebook Prochain numéro : juin 2013 - DLI n° 2013/04/003 - ISSN en cours Tirage : 25 500 exemplaires distribué gratuitement par l’éditeur. no comment® est un concept et une marque déposés auprès de l’OMAPI depuis le 9/08/2010 sous le n° 111 32. no comment® est recyclé par Papmad. no comment® éditions n’est pas responsable des erreurs qui peuvent se glisser dans la diffusion des informations des différents calendriers. Nous vous invitons cependant à vérifier les informations transmises et à nous faire part de toute erreur ou omission éventuelle afin qu’un correctif puisse rapidement être apporté. Il est à noter que no comment® éditions se réserve le droit de ne pas publier l’information transmise si elle ne convient pas à son mandat ou si l’espace est insuffisant - La reproduction partielle ou intégrale des textes, illustrations, photographies, montages et publicités est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur. Les photos ne sont pas contractuelles. Les manuscrits, documents, photos, dessins reçus par la rédaction ne sont pas retournés. L’éditeur n’est pas responsable des offres et promotions publicitaires qui n’engagent que les annonceurs. Les articles sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs.

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Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco b   BLACK WEAR : 032 04 558 89 g   GALERIE COMMERCIAL ANKOAY : 032 02 388 79 l   LE TAMARIN : 032 04 944 20 m  MAKI : 032 04 014 76 Sports, Loisirs c  CANALSAT : 032 07 220 33 04 802 80

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Agences de voyage, Tourisme o  ORTNB : 032 04 163 78 MANANJARY Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé h  HOTEL VAHINY LODGE : 032 02 468 22 Sports, Loisirs c  CANALSAT : 032 05 276 14 MORONDAVA Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé b  BAOBAB CAFÉ : 020 95 520 12 c  CHEZ MAGGIE : 020 95


523 47 •  COULEUR CAFÉ : 032 43 666 54 h   HOTEL TRECICOGNE : 020 95 924 25 l  LA CAPANINA : 032 04 670 90 • LE PALISSANDRE COTE OUEST : 020 95 520 22 • LE RENALA SABLE D’OR : 032 04 976 88 m  MADA BAR : 032 04 703 99 Agences de voyage, Tourisme o  OFFICE NATIONAL DU TOURISME : 032 40 766 82 Entreprises, Institutions a  ALLIANCE FRANCAISE : 032 05 119 72 SAINTE MARIE Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a  ANALATSARA : 034 29 969 99 B  BABOO VILLAGE : 020 57 905 63 • (Le) BORAHA VILLAGE : 020 57 912 18 C  CHOCO PAIN : 020 57 909 09 H  HOTEL LA CRIQUE : 034 03 117 25 • HOTEL LE RAVORAHA : 032 40 513 90 L  LAKANA HOTEL : 032 07 090 22 • L’air bleu : 034 31 027 86 M  MASOANDRO LODGE : 020 57 910 43 P  PARADISE : 032 82 223 58 V  VANIVOLA HOTEL : 020 57 357 67 • VOHILAVA et LA VARANGUE : 020 57 900 16 Entreprises, Institutions a  ALLIANCE FRANCAISE : 032 05 119 66 ALLIANCE FRANÇAISE Antananarivo : 020 22 211 07 • Antsirabe 020  44 482 49 • Antsiranana : 020 82 210 31 • Ambanja : 032 77 464 30 • Ambilobe : 032 50 438 75 • Ambovombe : 032 73 441 13 • Andapa : 032 02 729 03 • Antsalova : 020 65 620 11 • Antsohihy : 032 04 872 10 • Ambositra : 020 47 713 52 • Ambatondrazaka : 020 54 814 83 • Antalaha : 032 76 547 84 • Fandriana : 032 45 911 58 • Farafangana : 032 40 984 12 • Fianarantsoa : 020 75 515 71 • Manakara : 020 72 216 62 • Moramanga : 020 56 908 65 • Maintirano : 034 12 218 68 • Mananjary : 034 38 257 85 • Morombe : 032 40 151 98 • Nosy-Be : 020 86 613 45 • Sambava : 032 07 215 14 • Sainte-Marie : 032 05 119 66 • Tsiroanomandidy : 03314 702 89 • Tolagnaro : 020 92 902 99 • Toamasina : 020 53 334 94 • Tuléar :  020 94 413 92


En

ville avec

Franck

Andriamihaja

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Ambohipo, spécialement quand le maître de céans s’y produit. Côté shopping ? Je le fais pratiquement à l’extérieur lors de mes déplacements, sauf pour un coup de Votre table préférée ? cœur du côté des boutiques du Tana Water Ca dépend de l’humeur de mon appétit. En Front. général, je raffole des plats malgaches et je trouve L’endroit pour s’évader ? qu’il y a pas mal de choix au Buffet du Jardin à Foulpointe ou Sainte-Marie. Ma petite Antaninarenina. Mais je suis open, je varie les famille aime beaucoup la mer, et du coup plaisirs : une paysanne à AéroPizza à Ivato, un moi aussi j’en suis tombé amoureux. Je me sushi au Carré à Antsahavola, un poulet grillé à la sens plus serein quand je suis sur la plage, peau bien croquante à La Rôtisserie, un grand bol loin des embouteillages de la capitale. de soupe chinoise à La Joconde, une crêpe landaise au Phare, une fondue savoyarde à La Ribaudière à Votre passe-temps le plus constant ? Analakely… et chez moi, mon propre carpaccio Le jardinage. Quand je jardine, je ne vois pas le temps passer. Sinon regarder des films, du genre de zébu et vary amin’anana à ma sauce. espionnage. Rien à voir ! L’endroit idéal pour vider un verre ? Pas mal d’afterwork au Café de la Gare à L’événement artistique qui vous a marqué Soarano, souvent avec ma femme qui est récemment ? une habituée de l‘endroit. J’aime bien aussi Le concert de Bernard Lavilliers à l’Institut taquiner, avec mes vieux potes, les petites français de Madagascar en septembre dernier. brochettes de bosses de zébus accompagnées Quel charisme ! d’une bonne bière bien fraîche du côté de Chez Votre actu ? Mika à Mahamasina. Au plan professionnel, je suis en pleins préparatifs de la reprise imminente de nos vols Un club pour s’éclater ? La playlist du Mojo à Isoraka me convient Corsair sur la ligne Tana-Paris-Tana. Au plan bien, avec des envies ponctuelles de transpirer personnel et familial, j’essaie de renouer avec au milieu de la foule du dancefloor du Club mon sport favori, le basket.  à Antanimena. J’adore aussi me ressourcer Propos recueillis par Solofo Ranaivo dans l’ambiance très festive du Jao’s Pub à

Downtown

Directeur de l’agence Corsair International (ex-Corsairfly) à Madagascar, Franck Andriamihaja nous parle de ses bons plans à Tana comme ailleurs. Embarquement immédiat…



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