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LA PHOTOGRAPHIE DE PAYSAGES Par Nicolas Savine


// Introduction I les paysages

LA PHOTOGRAPHIE DE PAYSAGES

Par Nicolas Savine

« D’innombrables fois, il nous arrive d’aller à travers la nature et de percevoir avec les degrés d’attention les plus divers, arbres et eaux, collines et maisons, et les milles transformations en tous genres de la lumière et des nuages – mais remarquer tel détail, ou même contempler simultanément ceci et cela ne suffit pas encore à nous donner conscience de voir un “paysage”. Pour en arriver là, il ne faut justement plus que tel contenu singulier du champ de vision captive notre esprit. La conscience doit avoir, au-delà des éléments, un nouvel ensemble, une nouvelle unité, non liés aux significations particulières des premiers ni composés de leur somme mécaniquement, pour que commence le paysage… »

C

et extrait de “Philosophie du paysage” écrit par le philosophe et sociologue allemand Georg Simmel il y a plus d’un siècle, en 1913, ne pourra que ravir les spécialistes de la photographie paysagiste contemporaine par ce regard lucide plus que jamais d’actualité. Comme il l’explique, la nature est l’unité d’un tout, elle détient un caractère indivisible. Le paysage vient, quant à lui, la délimiter en l’extrayant de cette unité via un cadrage qui la divise et la recompose selon le regard et les intentions de son

auteur. Cet échantillon d’une “réalité” représente à la fois ce qui émane de ce paysage et notre état d’âme, puisque c’est notre vision et notre assimilation du sujet qui forme son unité. Le concept de “paysage”, tel un regard fragmenté de la nature, est une notion tout à fait culturelle. Un paysage ne peut cependant pas être réduit à cette définition et doit être compris telle une construction culturelle abstraite définie à partir d’une culture et d’une époque. Même si nous retrouvons régulièrement des caractéristiques communes, comme le besoin d’intégrer la nature, la récupération d’un monde primitif ou encore la recherche d’essence de l’être humain. Pour le citadin d’aujourd’hui, le paysage se réduit souvent à ce qui défile à travers la fenêtre de sa voiture, du train ou ce qu’il peut apercevoir depuis l’avion tel un bref aperçu flou où l’homme a souvent déjà modifié, régulé ou détruit ces espaces, autrefois naturels. L’idée de nature que de nombreuses personnes peuvent avoir est même parfois plus proche des parcs et des jardins que de la grandeur des mers, forêts ou déserts. Autrement dit, souvent plus proche d’espaces naturels remaniés que l’on accepte comme “beaux” que du “sublime” des vastes régions encore épargnées par la présence de l’homme. Cette dimension sublime du paysage est étroitement liée à la recherche spirituelle de l’artiste, celui qui explore le monde tel un représentant de nos sociétés à la recherche de la compréhension d’une nature émouvante. Une nature qu’il souhaite magnifier pour en témoigner à ceux qui, plongés dans leurs préoccupations imposées par la vie moderne, en oublient parfois l’importance de sa fonction sacrée.

Le Soleil couronné, Normandie (1856-1859) Gustave Le Gray.

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Panorama de la Cité, aux environs de 1860 Édouard Baldus.

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Les tetons et la rivière serpent, 1942 - Ansel Adams.

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Comme l’observait le photographe nord-américain Robert Adams, la photographie paysagiste propose à la fois géographie, autobiographie et métaphore. La géographie rassemble la topographie, l’apparence des surfaces indépendante de la lumière disponible, tout comme les conditions atmosphériques qui conditionneront l’atmosphère de l’image. L’autobiographie trouve son rôle en termes d’histoires personnelles qui ont pu motiver les intérêts de l’auteur à l’exploration de régions concrètes tout comme la perception qui caractérise son regard. La métaphore intervient quant à elle dans l’interprétation de cette nature et l’élaboration du significatif dans l’œuvre de l’artiste.

L'ouvrage "Turning Back" de Robert Adams Publié par Fraenkel Gallery/Matthew Marks Gallery.

Les origines Cette relation entre le médium photographique et la nature est aussi ancienne que l’invention même du dispositif. Ainsi, dès la naissance du daguerréotype, la photographie concerne le thème du paysage comme celui du portrait et sera, par son caractère documentaire, rapidement mise au service de la recherche descriptive du monde. En 1851 est organisée la Mission Héliographique, une investigation visuelle sollicitée par le ministère de l’Intérieur français pour réaliser un inventaire des monuments historiques de la France afin d’en évaluer les restaurations nécessaires. Bien que d’autres projets de ce type aient été réalisés antérieurement, comme l’expédition de l’Oriental-Hydrographe, douze ans plus tôt, cet événement peut être considéré, par son ampleur et sa diff usion, comme le point initial de l’utilisation du médium en tant qu’outil de prédilection pour l’observation et l’interprétation de l’environnement. Une approche documentaire qui se poursuivra par la suite dans le monde entier. L’esthétique paysagiste européenne sera par la suite influencée par le romanticisme à la fin du XIXe et le pictorialisme au début du XXe pour finalement être abordé comme sujet artistique à part entière durant l’entre-deux-guerres, époque durant laquelle trois autres courants s’intéresseront à la question en proposant de nouvelles approches : le constructivisme, l’abstraction et la nouvelle objectivité allemande. Cette dernière se verra par ailleurs reflétée de l’autre côté de l’Atlantique dans les travaux de Walker Evans, pionnier de grande influence sur l’esthétique paysagiste nord-américaine qui offrait une vision frontale, dépourvue d’interprétations personnelles, où la recherche d’une vérité primait sur celle de l’émotion. Jusqu’aux années  1960, la photographie paysagiste est marquée par deux grandes tendances. La première, européenne, s’appuiera sur le pouvoir pictural, expressif et illustratif du paysage à l’image de l’univers de la carte postale.

Approche qui persiste aujourd’hui dans la pratique du “beau paysage”, du moins toujours très visible chez les amateurs et le grand public. La seconde, développée aux États-Unis, est profondément liée à l’admiration des grandeurs de la nature, à sa dimension maternelle, souvent représentée avec une précision topographique. S’ouvrira une tradition de l’Ouest américain mythique qui forgera l’identité du pays dont l’une de ses icônes ne sera autre que l’illustre photographe et écologiste Ansel Adams, célèbre notamment pour ses images majestueuses du parc national de Yosemite et pour l’invention du Zone System. À partir des années  1970, l’expansion de l’urbanisation et d’une société oubliant bien souvent cette nature qui l’entoure tend à réduire la notion du paysage comme l’espace à préserver. Le paysage ne peut plus être réduit à un simple fragment esthétique mais doit être proposé telle une invitation à la réflexion sur une problématique étudiée en amont par son auteur. L’art photographique devient plus que jamais considéré comme une condition pertinente à la réflexion sur le paysage. Les années  1990 suivent cette tendance et seront très marquées par l’influence de la conception de l’école de Düsseldorf proposant une photographie de constat étroitement

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Mais la photographie paysagiste reste une discipline proposant différents regards variant selon l’intention du photographe et ce qu’il souhaite communiquer via son travail artistique ou conceptuel. Il existe de nombreuses influences, mais les principales approches peuvent cependant être classifiées selon les regards suivants : le courant du Land Art, la nature comme sujet pictural ou d’abstraction, l’approche de son silence, de sa pureté et de sa virginité, et enfin l’analyse paysagiste de l’école de Düsseldorf.

Le Land Art Tendance étroitement liée à l’art contemporain, le Land Art utilise le cadre de la nature en y réalisant des interventions à des fins artistiques et plus souvent conceptuelles. La photographie y apparaît comme le médium qui conserve la trace de cette action. Par le biais du point de vue monofocale, ces photographes s’emploient à accentuer l’influence de la perspective en travaillant sur ce que l’on assimilera comme une vue naturelle de ce qui est en réalité un artifice. L'ouvrage "Uwe Rüth" de Nils-Udo Édition Wienand.

liée avec la tradition germanique de la Nouvelle Objectivité et les partis pris de l’art conceptuel. Sa contribution s’est notamment caractérisée par une volonté systématique d’une pure dénotation de l’état des choses dépourvue d’artifices.

Les artistes paysagistes contemporains Les artistes contemporains liés à la discipline paysagiste tendent à proposer une observation attentive des phénomènes naturels et montrent un intérêt particulier pour leur développement à travers toutes ses phases. Ils travaillent généralement sous forme de séries photographiques qui se convertissent en narrations ordonnées, caractérisant un ou plusieurs lieux depuis différents points de vue. Plusieurs problématiques interviennent sur la question de la représentation du paysage et notre relation avec l’environnement. La première est liée à la notion de “capture” durable ou permanente d’un sujet éphémère et voué à la disparition. La seconde tient à l’accessibilité de ce lieu lorsque l’artiste réalise des œuvres dans des régions reculées où seul lui ou un éventuel voyageur aguerri a pu bénéficier de cette vue. Quelle que soit la thématique sur laquelle les artistes actuels développent leurs projets, ils s’accordent en général à “parler” en faveur de la nature, considérant l’être humain comme une composante même de celle-ci plutôt qu’un simple individu venu d’une société tendant souvent, et hélas, à lui tourner le dos.

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Le photographe nord-américain John Pfahl réalisait ainsi à la fin des années 1970 une série intitulée “Altered Landscapes”. Il choisissait des paysages aux connotations picturales et intervenait sur ces lieux en y plaçant des éléments selon une intention claire élaborée en amont. Une fois photographiée, la démarche conceptuelle prenait le dessus sur la plastique même de l’image, tout aussi esthétique qu’elle puisse être. L’observation de ces travaux invite à la réflexion quant à l’interaction entre l’homme et la nature, une relation dont l’harmonie y est, bien sûr, mise en doute. Pour l’artiste-photographe anglais Richard Long, la nature est à la fois sa matière et son support d’expression. Il y réalise une transformation douce de l’environnement sur lequel il agit en déplaçant les matériaux, donnant ainsi à son œuvre à la fois un rapport au paysage et une échelle humaine. Il souhaite ainsi off rir une lecture de l’environnement et de son parcours à travers lui pour y révéler avec la meilleure éloquence possible “ l’esprit du lieu”. Dans le même registre, le photographe et artiste plastique allemand Nils-Udo travaillait sur le rôle de la conservation du souvenir d’un moment éphémère et sur la transmission de l’œuvre au public. L’intention première de cet artiste était de révéler la poésie de la nature et sa dimension divine. Il déclarait en 1979 à propos de son œuvre  : «  Le propre de mon travail n’est ni ce que je construis dans la nature, mon intervention n’ étant qu’un véhicule, ni la photographie. C’est une tentative d’activer la nature elle-même, par des interventions infimes (…). »

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Iceberg gallery VI, 2006/2012 Tiina Itkonen.

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In Darkness Visible #6(Verse II) 2007 Nicholas Hughes.

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La nature comme sujet pictural ou d’abstraction D’autres photographes ramènent le paysage à des structures abstraites et s’intéressent autant à la composition et aux textures qu’à l’éclat et à l’intensité des gammes tonales. C’est le cas du photographe italien Franco Fontana qui s’est intéressé à la photographie de paysages durant les années 1970. À la fois figuratifs et abstraits, ses paysages nous attirent le regard sur une dimension proche du surréalisme où les champs sont représentés par des compositions très graphiques et minimalistes aux couleurs intenses. Comme le décrit avec subtilité l’écrivain et poète Françoise Urban-Menninger : « La solitude affleure dans ces photographies où le paysage sobre et épuré nous parle de notre propre dénuement intérieur. (…) La solitude nous dit le chemin de l’ infini... Et ce chemin, Franco Fontana nous l’ indique dans des paysages transcendés où le figuratif a cédé la place à des espaces abstraits, voire métaphoriques, aux couleurs sinueuses et sensuelles. C’est un langage qui, au-delà et par-delà les mots, dialogue avec nos sens et s’adresse à notre intuition. » Dans ce même registre, l’Autrichien Ernst Haas, plus connu pour ces travaux documentaires de nature sociale réalisés pour l’agence Magnum, off re une approche du paysage tout

aussi innovante où il démontre un emploi de la lumière et une maîtrise des supports analogiques qui placent la couleur comme sujet central de ses images. Un de ses ouvrages, publié en 1971 et intitulé “The Creation”, propose des paysages des quatre coins du monde aux aspects fortement picturaux où dominent les expositions sur les hautes lumières, les couleurs intenses et des plans serrés aux perspectives comprimées. Ces images plongent l’observateur dans des compositions plus proches mêmes des artistes-peintres pictorialistes que dans des représentations littérales des espaces naturels sur lesquels il a posé son regard.

Les paysages silencieux Un paysage peut-être aussi silencieux, vierge de tout passage de l’homme. Dépourvu de constructions, de câbles électriques, d’automobiles, de routes et sentiers. Une terre pure et inconnue de notre civilisation où seulement règne la nature. Une beauté limpide qui nous surprend jusqu’à nous déstabiliser face à cette profondeur qui nous rapproche de ce vertige présent en chacun de nous. Lorsque seuls nous pouvons méditer sur ce qui réellement a de l’importance ou non dans notre existence. Ce paysage, c’est celui que l’on peut apprécier aujourd’hui dans les images de massifs montagneux de Michael Schnabel, les mers et les plaines de Nicholas Hughes ou encore les images de régions extrêmes comme les icebergs de Tiina Itkonen. L’Allemand Michael Schnabel s’attache ainsi au sentiment de plus en plus illusoire de la tranquillité en réalisant des prises de vue d’importantes structures montagneuses qui se dévoilent, inquiétantes, dans une atmosphère de très faible lumière. Nicholas Hughes, d’origine anglaise, se concentre sur la relation entre l’homme et la nature en considérant qu’il n’est pas indispensable de voyager à travers le monde pour découvrir l’inconnu et l’inexploré. Ses photographies picturales où prédominent les horizons invitent à la contemplation. Dans une de ses séries, “Darkness Visible, Verse II”, il propose une recherche des derniers points de lumière avant que tombe l’obscurité totale de la nuit sur les courants océaniques. La Norvégienne Tinna Itkonen propose quant à elle des portraits intimes des zones polaires en capturant l’essence des paysages froids et infinis du Groenland qui invitent l’observateur à la réflexion face à des tirages grand format témoignant de la fragilité et de l’éphémère de ces lieux. Cet idéal du paysage, c’est aussi celui que l’on retrouve dans les œuvres monochromes de Sebastião Salgado qui en 2004 a lancé le projet Genesis dont la finalité était la représentation des régions encore vierges de la nature et de l’humanité. On y retrouve aussi des témoignages de la faune et des communautés humaines qui continuent à vivre en harmonie avec leurs traditions ancestrales et leur culture sans être affectées par l’expansion de la société moderne.

L'ouvrage "Genesis" de Sebastião Salgado Édition Tashen.

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Les paysagistes héritiers de l’école de Düsseldorf L’école de Düsseldorf s’est imposée depuis les années 1980 sur la scène internationale comme un centre artistique de recherche essentiel pour la photographie contemporaine et l’analyse paysagiste. Certains héritiers de cette nouvelle photographie allemande, par le biais de l’appareil photographique, se sont intéressés à la question du paysage en y apportant un regard invitant à la réflexion. C’est le cas par exemple d’Axel Hütte qui, après plusieurs voyages effectués dans différents pays d’Europe, a réalisé sa première série de paysages intitulée “Landschaft” où l’on peut y observer des compositions héritières de la peinture et du romanticisme. Ces paysages y sont systématiquement traités en tant que constructions culturelles. Thomas Struth, de la même génération que Hütte, s’est orienté sur la photographie de paysages naturels après avoir longtemps travaillé sur les thèmes du portrait et de l’espace urbain. Il commence ainsi à photographier des scènes de forêts vierges en Australie, au Japon, en Chine et en Californie. Sa démarche n’est pas de dépeindre un lieu spécifique mais d’essayer de faire ressentir parmi ses ramifications les temps du monde d’autrefois. Il déclare lui-même : « C’est une recherche sur l’expérience du temps ainsi que d’une certaine humilité face à la nature. Une métaphore de la vie et de la mort. »

urbain ou naturel, que sur le fonctionnement de la société contemporaine. Comme l’explique Louise Neri, directrice de la Gagosian Gallery, « Gursky ne rêve jamais ses photos, tout vient de la réalité, tout y est ancré. C’est le regard qu’ il pose sur elle et son traitement plastique qui donne à l’ image sa dimension métaphysique ». Ces avant-propos souhaitent offrir une brève rétrospective et un panorama de l’actualité de la photographie paysagiste en mentionnant quelques-uns des plus illustres référents de la thématique. Vous trouverez tout au long du dossier suivant de nombreux conseils cherchant à vous orienter dans l’observation, la compréhension et la prise de vue des paysages. N’oubliez cependant pas qu’aller à la découverte des prestigieux travaux de ces maîtres de la spécialité sera d’une grande aide pour apprécier en images la diversité des regards et les amples possibilités du médium pour interagir et décrire les multiples facettes de notre environnement.

Enfi n, Andreas Gursky, sûrement le plus connu des héritiers de l’école de Düsseldorf, propose une approche du paysage où la hauteur de ses points de vue couvre de très vastes espaces avec une qualité descriptive lui permettant d’exposer ses œuvres via des formats monumentaux. La notion de l’espace se trouve au cœur de ses recherches esthétiques et frappe l’observateur par ses aspects vertigineux et gigantesques d’où émane une objectivité hyperréaliste contrastant avec une composition si éloignée de nos propres champs de vision habituels qu’elle en devient presque abstraite. Ses travaux nous questionnent aussi bien sur le passage du temps, notre interaction avec notre espace, L'ouvrage "Landschaft" de Axel Hütte.

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Langkofel I, 2010, 160x220 cm Michael Schnabel.

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Numéro 21 (Septembre/Octobre 2015) – Revue “Savoir tout faire en Photographie”

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