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Ïomh sêxuelles deI.S ''L

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Les nuits ne sont plus branchées sur les mêmes circuits, En banlieue, on draguêr on s'éclate et on sue sans complexe sur la house, le reg§ae ou Ie zouk, selon la tribu qu'on s'est choisie. De nombreux f,arceurs

s'amusent ailleurs qu'en boîte.

D'autres Gocoonent. De nouveaux dêsiTSr de nouvelles ambiances et de nouveaux mélanlfes sont apparus. Nicolas Roiret a surfé sur ces vagfues. PIR

IIIGOtAS

commence donc là, au Palacc, à deux har

de l'après-midi, complètement factice, g l'enregistrement de Lunettcl

nolttl,

l'éa

sion nightclubbing de Thierry Ardis.sæ belle nuit branchée du samedi soir à la téi

rigole ; les chébrans ne sortent surtout p. samedi soir.

Deux rabatteurs ont une fois de plus écr Paris pour ramener de waies tronches nr plateau. Elles font tapisserie derrière les r

On boit du champagne, on danse à l'æil c me laisse disposer comme une plante r

mignonnes, jeunes, presque majeurc la mcrcl du dragueur moyen. Au bar, j'cr Sonia et Nathalie. Elles ont séché la gym p

assez

ROIRET

ror

de téléphone.

Une machine crache son brouillar4

Azoulay, VincentBorcl, Philippe Vandel et Radio Nova.

câbles sur la piste, des opérateurs qui cot partout, des canapés qu'on déplace. Or

loin du rendu antenne, glamour et

rn4l

La plus belle nuit est à la télé. PourqucÉ

t!

I

dans le champ des caméras. Les fillet

venir ici ; . On voulait voir, le Palace, les I tout ça, c'est vachement bien. r Dcul lI

avec la collaboration de Pascal

14 H 00. * Bon, on refait une pr Le public, 9 ne bouge pas a Encore un petit effort, vous an droit à des consommations au bar. r I-a t

AClUEltutx Dec

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PA R IS

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Une heure. Partons chez les Blacks, à Montreuil, leur Mecque. Deux hauts lieux mirifiques que vous ne devez pas rater sur le tard.

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0uvert jusqu'au premier métro. CHEZ ABU, 116, rue de Paris à tontreüil. Du mercredi au dimanche. Vers tro heures, on peut se croire à Kinshasa sur les rythmes percutants de Zaiko. Les tchatcheurs, de fortes natures moulées de tissus scintillants, parlent fort et vous lettent le regard qui tue. Après quoi, rentrez chez vous content.

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ïrois musiques mondiales en une nuit

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Villeneuve-St-Georges. Là se trouve LE I{OUVEAU TRlCOflil, 15, rue de Paris (té1.: 63.89.03,19). 0n y trouve un mélange jazz Orient réputé. Ce restaurant esr tenu par deux frangins vietnamiens qui font de la cuisine de chez eux pour du jazz

rt.rt,J'. .J \ Wrssoui :.

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tard, elles dansent sur les tables.

O . onecrtol

PtEm suD

Sport et couvent ou sport et musique?

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Minuit. C'est I'heure où la house éclate en banlieue, royaume des boîtes géantes. remplies et saines. Vous retournez au canefour Pompadour, partez vers Choisy-ieRoi, puis Orly (lacile). Et là, au-dessus de l'autoroute Paris-Orly, voilà le fameux TETROPOUS que vous devez avoir vu. Puissance et grandeur. Le toit gigantesque s'ouvre en pleine nuit et lèche fraîchem:la foule suintante. Le premier étage, plus feutré, permet d'être sensiblement téméraire. Trois heures du matin. C'est l'heure ou les Libanais sont en pleine forme. lls ne sc' pas loin, dans une boîte très étonnante, A CAPADOS,67 bis quai Auguste-Blanqu, 94140 Alfoûville (té1.: {3.78.56.34} de 2ll h 30 à 4 h. Les belles bagnoles y viennent même de Bruxelles. Un escalier de guinguette se fc- . dans un monde arabo-arménien avec ses crooners «live». ses danseuses du ventrÊ raki et jeunes branchées libanaises en minirobes rutilantes. Ouand tout va bien, sur .

)

-lès-Arpaion (.)+.

.ornecnor.suD.Esr

ll laut partir à l'heure du dîner vers Créteil pour, au carrefour Pompadour, foncer a

o

iuhallan

g3{XXt

Une piste géante et des playbacks de stars antiila : pour le saturday night zouk de Paris-banlieue, chaudement sensuel. Le sourire, t€ . du pantalon et le déhanché scient tous les Blacks venus d'ailleurs. Venez sapé.

lrt"Br,trr .

CllloulEtlE DtllENSlON, centre commercial de Xontreuil,

tontreuil. Ié1.: 48.57.37.44.

0n prend l'autoroute du Sud jusqu'à Viry-Châtillon p,ou:toniiier sur ia oase naui.-

'()ÿNorvrllc

la plus hallucinante de la région parisienne. Ski nautique sur lac, piscine parfois

I

I

1,.

DIREGTIO}I SUD.OUEST Piscines, forêts, fontaines On part le samedi après-midi de I'Aquaboulevard à la porte de Sèvres, lssy-les'

Moulineaux, entre l'Héliport et le Solitel. On découvre une oasis artiricielle, surchauffée et lumineuse. Du bar, vue imprenable sur les douches, I'arrivée des toboggans et les garçons et demoiselles en maillot Si l'on aime les romances et les étangs pris dans la brume de chaleur, on n'a pas besoin de rouler plus de dix kilomèkes pour aller visiter les étangs de teudon en pleine

forêt, Si l'on a une chance miraculeuse, on peut lomber sur un soir de concert clandestin dans les calhédrales de craie de leudon - des caves géantes organisé par les rockers destroy amaleurs de toutes les catacombes bat cave. Pour les visites dans la journée et visites, téléphoner au {6.26.00.09'

-

o-

. DrRECTloil EST-SUD Golf, friture, Blacks

Si vous aimez le golf, vous partez dans l'après-midi taper des balles au golf de Rosny.sous-Bois, neuf trous sous les HLM à 5 kilomètres de la porte de Bagnolet par l'autoroute, sortie Rosny-sous-Bois, lace à Rosny-ll. Ces neuf trous sont l'un des rares beaux délires du maire RPR. lls bordent les HLM et contemplent I'anière de

notre métropole (on peut génialement y retourner tard la nuit jouer à d'autres jeux). Après quoi, allez dîner sur les bords de l{ame, du côié du Perreux, {ace aux îles sauvages. ll est enfin minuit. Un tour chez GEGEIIE, 162 bis' quai de Polangis,94340 Joinyille-le.Pont. Guinguette en bord de Marne. Un classique. 0n mange la friture en terrasse, on danse, valse ou tango, sur le canelage en bombant le torse. Dans la nuit douce, les chemises se déboutonnent. les décolletés se lont plongeants. Bal

vendredi. samedr et dimanche soir.

bondée de Laotiens ou Vietnamiens, télécabine au-dessus des véliplanchistes sur lond de zone. Stupéfiant. Là, au coucher du soleil, I'itinéraire bilurque. Version spirituelle, vous lilez dormir au ilOilASTERE DE tâ CROIX de Soisy-sut' Seine, 91f50 (té1.:60,75.33.07). Les dominicaines vous accueillent dans leur hôtellerie, construite en pleine Seconde Guerre Mondiale, seul ou en groupe. Syn: Version musique, vous partez manger au PLAN, le baÊbofte rock de Ris-Orangis. 91 1 30 Ris-Orangis (té1. : 69.43.1 1.1{). Restau-rock-bar pour graisseux clean de banlieue sud. Les vendredi et samedi. c' descend même de Paris pour les concerls. Vraiment rock. Et pour linir, voilà LE DlAt{A[T NOIR, qui zouke tous les week-ends, 3, chemin rHalage, bord de Seine, 910{x, Evry (tOt.: eO.zz.fo.fO). Une délicatesse tropicale colorée par un patron poète fou de décor exotique: aquarium, verdure et bleu outremer.

avenue de I'Aunette,

o-

- ÀvEilTURE DAilS tE GRÂI{D SUD Varappe et péniches

Après un plan varappe dans le massif des Trois-Pignons, prenez votre douche a centre de loisirs UCPA de Bois-le-Roi. Dîner en bord de Seine CHEZ FERIA]ID le ponton flottant. A deux pas de la maison de Django Reinhart, une bande de ca-, aflamés vous entoure. Menu à 100 francs, romantique et réussi. Ensuile, directl" nuit au WEEKEilCY, dans un manoir du siecle dernier. Danse du tapis et spec:' travesti, très drague et un peu moins jeune qu'au t(Al!f,BÂ, la péniche des Bellifontains délurés. CHEZ FERllAllD, 21, quai de la République, 77'Samois (té1. : 64,24.60,' l"E WEEKEilCY, 607, avenue des Lys, 77'Dammarie-les'Lys (tél': 64.37. t tE I(AUilBA CLUB, bord de Seine, rue de lâqueduc, Champagne'sur'Sae (té1.: 6{.23.23.23).

-


AU VIEUX PARlSy rr.-' Comme fouslessoirs, on chante haut et {ort Paname, Au Vieux Paris. Brel ou les chansons des {aubour gs, l'accordéon de Sergio Valade;

porte les jeunes qui en ont oublié les airs et les vieux qui /es connaissen t par cæur. Serrés contre le zinc

authentique et certifié, on chante, on oublie tout, en {eignant de croire

à

la

Ville-Lumière.

16 H 10. Je ne connaissais Anouchka qu'à travers les photos signées Foc Kan, dans les magazines en papier :e, rubrique « soirées parisiennes ". Un de . personnages qui ont fabriqué la période ':éro des nuits discos saupoudrées de folie. lécouvre la reine après dix années de

.---ambulisme acharné

; elle porte encore

:. " Les branchés ne font pas la fête, ils -rent se montrer, voir, aiguiser leur sens ::rif de la critique pour pouvoir dire le :emain, j'y étais, c'était nul. " .lais alors, la nuit est morte ?." Non, elle .- trouvê des substituts. » Elle se vit de ':. de manières différentes. A cause du sida, , dope, du ras.leôol des grandes messes

..frrfres. Les gens ne sortent plus seul en

t.-l pour se faire un nom et remplir leur :r- et d'adresses. Ni forcément pour draguer.

i :

font en bande pour le plaisir. Bien . '.' eDtr ils ne trouvent pas ce plaisir et la nuit :r - que ses déçus.

»

iis alors, comment vivre toutes ces nuits . antemps si longues, si tièdes ? Dehors, -errasses des Halles ou de Belleville ? A ignole. Autour des grands bois parisiens, :vette ? Au fond des boîtes à secret, hors

:cuit ? 'ouchka est dépitée mais optimiste, « la :l faut être passionné et curier:x. Stop le De la lumière ! ,

:\ 17 H rO. Le soleil rentre de partout. - j t. prends la pose à l'Aqua. '7 boulevard, la nouvel oasis cachée ,-

béton, toboggan aquatique, piscine

, et île tahitienne,

Porte de

à

Sèvres.

Beaucoup de gens partent au bout du monde pour savourer ce genre de plaisir facile. Entrée libre pour le üsiteur venu siroter un Perrier rondelle et mater les rondeurs. Des grappes de filles sortent du.sauna et vont se baigner. Rien que des petits lots détendus et souriants qui s'ébrouent ou s'étirent. Mais où iraient les petites toutes rafraîchies à der:x plombes du mat ? Mon pote m'a demandé de passer au pre-

mier niveau. I1 vend des Compact

Discs.

J'arrive au moment où il se débat verbalement avec une Australienne caramel, genre groupie

de surfeur.

Aide moi, je crois qu'elle veut "

une compilation de rock européen. La fille " est à Paris pour dix jours. Elle s'est fait trois grosses machines à danser : la Locomotive, la Scala, le Safari Glub. Elle précise : \7ith my mother.

"

,

Les grosses usines de la nuit ne s'arrêtent jamais. Elles drainent donc de la jeune tou.

riste en mal de déhanchement, faute déchaînement ? A suivre.

de

20 H 00. Café Pacifico, Montpar. nasse. Foule jeune et décontractée,

mélange de tribus. J'ai rencard avec Thierry, HEC, vingt-trois ans, mondain inso. lent et marrant. Rare. Son problème est d'être

à Paris après avoir écumé le Barcelone by night pendant dix-huit mois. Le temps de sa coopération. o Je n'en peux plus' d'aller dans des endroits déserts claquer cinquante balles pour un verre. Balcelone me manque, avec ses gins trafiqués à dix balles et ses trottoirs bourrés. J'ai le mal de la fête. Des quartiers qui grouillent dedans et dehors. Vrai, Paris, ces " ACîUEL turr't na,)

temps-ci, n'a ni la démesure anglo-saxonne ni le grouillement latin. Pourtant, à cette heure le Pacifico est plein. Regarde, dit Thierry, les " gens se sentent bien. A Barcelone, se sentir bien, ça ne suffit pas. I1 faut la magie. La touche d'exceptionnel: des gueules dingues, des folies dans la rue. » Je prends une lampée de mezcal. Je croque le citron vert. Grimace. 20 H 50. Horaire cocoon. Cocoon,

cocooner, cocooneur. Nos hebdos nationaux nous sortent un concept américain : nouvel art de vivre sous la couette, retour des valeurs conjugales et des plaisirs samples, des soirées à la maison. D'accord. Pourtant, depuis toujours, tout le monde

reste chez soi,

un jour ou l'autre. Alors

pourquoi maintenant ? Le cocooneur, un être heureux ? Courbevoie. Je débarque chez Max et Isabelle au début de Sacrée Soirée. Isabelle nous sert un café soluble sur la table basse Pier Import. La lumière halogène rase les murs, le chat se fait les griffes sur le faux gazon de la terrasse. La platine laser souffle du Gabriel Yared. Ils partagent un grand cocon de 55 m2. Ils ne sortent plus. Pas envie. Vieux réflexe d'amoureux ? Il y a six-sept ans, Max était un des princes du Memphis, impasse BonneNouvelle. Il ratissait comme un diable et

tombait surtout des secrétaires peinturlurées et des minettes péroxydées. Mais la vie d'un noctambule est très courte. Aujourd'hui, ses

nuits apportent d'autres folies. Les copains viennent piller le frigo ; mais on cause, on se raconte, comme jamais en boîte. Le cocoon, 99


L'EVASIONl

i uruae

Huguette et Bernard sont des champions de la valse musette. Ious /es samedis soir, ils dansent à l'Evasion, laboîte musette du boulevard

Bonne-Nouvelle. Surle

trottoir d'en {ace, les soirées batcave duRexClub. A I'Evasion, on ne sert que des jus de fruits, on entend glisser les pas des danseurs sur 1a piste. Le trip carte vermeil est plus frais qu'en {ace.

rap session à Radio Nova. Deenasty et Lionel D. secouent les B. Boys pen-

dant deux heures. Ils ont invité . reunois,

Ils ne sortent pas à Paris, ne vont presque

le coma, il a vingt-cinq ans. A suivre dans deux ans, au prochain printemps chaud. 22H45. Dimanche. Sueurs er

beurs et çaifrans r, des copains, des fans, des apprentis rappers. Ici, Paris devient New York. Les looks sont pompés sur les pochettes de disques. Mast porte un blouson Vuitton : « C'est de la keumar. Ça tue ! , Steew

"

n'y en a plus une seule pour les Londres, au Soul To Soul par exemple, le rap frappe fort, les nuits transpipas en boîte. I1

rappers.

A

rent autrement que d'ennui. Ici, les zulus traquent les plans n teufs >,, les rap-parties

zooPstE, BOB|I|O, VINDREDI,2 H,

La mode,

pub, la télé, les stars, les branchés, les zulus, à Zoôpsie, toutes les tribus de la nuir se bouscu lent pour rentrer. La musique est choisie, un peu acid, pas mal funk et assez rap. On regrette le verre d'alcool à cinquante {rancs, l'entrée à cent et l'eau du robinet bien tiède. La fête est par{ois mesquine.

too

la

22H55. Le Bastille, place de L Bastille. Le soir s'éteint molleme:-'

sous les platanes. Je vais commandeun café lorsque j'entends des rires et des cr.

exhibe une photo prise le week-end dernier à Londres après une nuit au li/ag. Emir raconte ses exploits de la semaine, dans les boîtes à GI basées en Allemagne. La nuit, les STK (Steevy et Mast) bombent les lignes de RER de la banlieue sud. Méthodiquement. C'est la nuit aventure. Elle a pris le relais des virées « cata >> ou des visites des toits de l'Opéra. Maintenant, c'est le frisson du tag. « On tague car on veut se faire un nom, se faire connaître avant de faire autre chose. Quoi ? Du rap, de la danse, de la rnusique.

se déshabille pour essayer les sous-vêtements de Madame. Max est ingénieur commercial, il gagne deux plaques par mois. Sa nuit est dans

se faire une « incrust » : une intrusicr

surprise. Toujours en banlieue. Et la dépouille ? Ce sont les pagailleu" qui dépouillent. Ils sont habillés comme nots ils ne pensent pas comme nous. » Les paga leurs sortent en bande, à la recherche d'r= Chevignon, d'une paire de Reebock ou d'r= '§7alkman. Ils sévissent au Trocadéro, daru lcatacombes et toutes les rames de métro ou i: train, après une certaine heure. La leur. Avant, on taxait un blouson. Maintenar:: c'est la totale des pieds à Ia tête. C'est pl.-:. extrême.

ffi

c'est le retour de la tchache intimiste. Et puis, Max s'est acheté une paire de jumelles pour

mater les apparts alentours. Son dernier plaisir noctambule. Il reste comme cela pendant des heures, à cocooner, bien calé dans la chauffeuse Cinna, f index sur la vis de réglage. ll aime le samedi soir lorsque, à une centaine de mètres d'ici, une baby-sitter plantureuse

pour

-?P*

ACiUEL

JULN

less

dans la rue de la Roquette. LJn camion sar. bâche, à ciel ouvert rempli de jeunes q-_ hurlent de joie, un verre à la main. Ils rr-. laissent grimper. Une dizaine de filles, autar.de garçons. Des étudiantes d'une école j: commerce. Des bon chic, originaires de .. banlieue ouest. Ils ont loué un camion Valepour cinq cents francs. Ils dînent et boiver.en parcourant Paris. Original. Le circuit n'es pas établi, nous sillonnons au gré des enrie, du chauffeur. Concorde, les Invalides, Sain: Germain, Bastille, Montmartre, Pigalle. Le. flics nous regardent l'ceil torve, les terras-s<,

de café sont juste amusées, les touriste, croient à une opération publicitaire. Der.:personnes demandent à monter, parmi elle, rnaître Binoche, le célèbre commissaire-pr. seur. Les jeunes badauds refusent lorsqu'c: leur propose un verre. Le parcours s'achèr.. place des Vosges, chez maître Binoche, dar.


--- appartement magnifique. Un vrai délire,

;=!le er pas cher. 120 F de participation aux -.- pour la location du camion et la nourritu-: La nuit est triste pour les ruminants.

,1.\, 23 H 10. Le farceur.fun rigole beau, g" JJ coup. Lui dérive dans la nuit et cueille çà et là de nouvelles sensa-

..,rns.

Il

improvise,

il

risque.

Il

est farceur,

:'::ce qu'il rit toujours aux dépens de quel. : - un. Il est fun, parce qu'il s'adapte avec

-:.ent à la configuration géographique et ';:rituelle de l'endroit. Dans ce cas précis, je -3 retrouve dans l'ascenceur de l'hôtel, üngt. ::eq étoiles Concorde-Porte Maillot en com::gnie d'Héléna Ia fun. Héléna a envie de :Èiirer. Moi aussi.

- Contente de ta soirée chérie ? Héléna " ,-.:e le jeu, prend sa tête à claques : la moue

2

:eJaigneuse et les yer:x au ciel. . Maxim's est décidément un endroit vul-

USITE DE L'ERtlTAGEyalso

=:re. On y rencontre n'importe qui. Je sais :-je tout se démocratise mais quand même. - On ne pouvait pas refuser, ça fait deux

.i

Chrisrine s'est endormie sur une chaise de l'Usine de

=-:is que nous sommes inütés. "

'f l:

Le plan

l'Ermitage. Elle afrté l'anniversaire d'un ami et p rép ar é l' interve ntion du

frime nul, comme celui de ces mecs

Renault

5 qui

exhibent leur porte.clés

l.\ltrcedes. N'empêche, les gens nous regar[:trt ahuris. A cette heure, ils acceptent de

groupe Palikao, à Bastille. Le 21 mai, à 3 h du matin, ce

La nuit, les mythomanes sont rois les plus belles fables se consomment sur

fr.::t croire.

f

groupe

marquéde sespreds peints en blanc toutes les rues qui partent de la place de la

['..e.

I lJ" étug". Nous faisons le tour en écourant fr portes. Champagne, téléüsion, olgas-

ment comme on le raconte.

Une bonne idée

le bois. Un vent frais

ffle dans les sous-bras. 23 H 35. J'ai perdu mes Belges dans

les bosquets du bois. Pas loin du Martin's, où il y a en ce moment des ées Blacks élégants. Je décide un arrêt rette dans une baraque à frites. lJn monde des voitures partout, Des travelos mâ. nt un casse-dale en buvant du Coca. Une de loulous bananés reluquent en tapant Kro. Des familles entières se promènent leur marmaille pour mater les <( pervers ». loin, je repère un couple qui se roule la du siècle. La nuit propre s'agglutine rrès de la nature. est bon. On voit le ciel. On se culbuterait dans un fourré s'il n'y avait pas des

partout. 0 H 25. Autoroute 46. Je roulerais là-dessus pendant des heures. Je ne suis pas le seul. Tous mes potes

rnettre direct à !'entrée des chiottes pour filles. Pas pour mater leurs petites culottes, non, pour repérer celles qui sont venues pour baiser. C'est là qu'elles se dévoilent. La discussion entre copines devant la glace des lavabos est très enrichissante.

"

Bonne nuit Christine.

:lkie. Le ügile nous reconduit dans l'ascen)crr. Je reste devant la colonne à boutons.

f

rjettent d'aller au bois, pour voir si c'est

a

Bastille pour célébrer à sa maniè re le b ice ntenaire.

fres. Derrière nous le crachotis d'un talkie deux séminaristes belges. Autoritai-' | :ntrent ,, Rez-de-chaussée, s'il vous plaît. , Nos lï plx gaillards sont passablement imbibés. Ils

- T'a qu'à jeter un coup d'æil dans les chiottes des nanas. , Je demande des explications. Le playôoy me livre sa recette de drague. Je n'ai pas de " temps à perdre. Je viens pour tirer mon coup. Quand je rentre dans une boîte, je vais me

Brancher à toute allure. Dans les très grosses boîtes, la drague est rudimentaire. Inutile de la jouer fine. Vous passerez pour un con. La drague revient très fort. Les filles

farceurs-fun le font. Depuis toujours, en écoutant une petite funk sucrée sur le booster stéréo : Benson, Cherrelle ou Cool Notes. Ça

abordent. Brigitte, dix-sept ans est coiffeuse à Evry : Oui, je branche pârce que si j'attends après

fait juste du bien aux yeux et à l'esprit. Ça

les mecs

donne envie de se taire ou de tout raconter. Fun et cocoon à la fois. Je laisse se dérouler le bitume rainuré. Toujours le même frisson.

Simple mais terriblement noctambule. Le copain tente de flirter poussé sur la banquette arrière. Parcours : porte d'Orléans, coup d'ceil panoramique sur Paris by night (à gauche, face à l'hôpital de Villejuif), descenre sur Rungis, passage rapide entre les balises rouges et mauves d'Orly, cuvette de Savigny, Evry, sortie aire de Lisses, demi-tour. Ça dure une casserte de 60 minutes. 1 H 00. Les sueurs du iletropolis. Dimanche. Pont d'Orly à Rungis (Val-de-Marne). Les toilettes. Je me lave les mains. A côté de moi un mec looké bottes en croco, chemise ouverte, poils et

grosse chaîne en cor.

Il

me branche

. C'est chaud ce soir ! Ahbon?

-

ACTUEL lurN tga,)

:

"

!

" Ici, la nuit retrouve enffn son

érotisme, mais caoutchouteux. Brigitte en a marre de se priver. « De toute façon, on ne peut rien y faire, c'est la nature., Encore un numéro de téléphone. Le Metropolis est une boîte fascinante. On

y va comme aux putes. C'est toujours la dernière fois.

Ce soir, l'invité est Olivier Cheatham, un de ces banlieue-heroes comme Melba Moore, Jimmy Ross, ou Delegation dont la gloire repose sur une poignée de hit-funk. Après le concert: Acid House. La sono est monstrueuse, les lasers menaçants. Le look est un peu coincé. Ça manque de naturel. La banlieue sélectionne. La tenue doit être correcte, sinon, c'est la nuit sur le parking. Dommage, le come-as-you-are londonien rend les gens plus simples, moins étriqués. Les jeunes sont habillés en clair. Grosse différence avec Paris

qui

se sape toujours en noir. On arrive tôt. 23 heures. On en veut pour son argent. La nuit n'est jamais assez longue.

tot


À JAYA

I

LA JAVA,

sueurs au lJVeekency.

est {atigué. La nuit est longue pour un organisateur

frontières de la province, les codes

lorsque sa soirée marche. La Sardine ne désemplit pas depuis plus d'un an. Sans cesse de nouvelles têtes, des

différents. Tout est plus facile. La nuit part roue libre. Ni ringue ni branché, le n §(/eel rnélange les bourgeois 'de la üeL,: Fontainebleau avec les canailles des viL:

gens {rais, à la pointe

nouvelles, Cesson,

et sueurs

(rare) venus pour s'éclater sur

de labonne vieille soul, du {unk d'école et des raps assassins. Escaleou destination, cette soirée est éternel\e...

1H 20. Le Mille Club. Toujours des sueurs. Fac d'Orsay. Unîlotdélirant

et bibineux posé sur une butte, au beau milieu de l'Intelligence. On dit que les etudiants sont les plus gros fêtards. Erreur. Ils ont besoin d'une fête de temps en temps pour

sortir des bouquins, de la chambre de fac et lâcher l'adrénaline. Ici, on mute en sueur. Sunday bloody sunday, version live. On est là pour se déchirer la gueule et taquiner les gonzesses. La

Kro est

à

cinq francs, le verre de

punch et la Heineken à huit francs. Mon

guide est un habitué, un pilier du Mille Club depuis six ans. FX, un pote de terminale, à I'epoque où je draguais sa sæur. uJ,y vais mollo. Demain, j'ai cours d'hyperfréquences à t h. J'ai beaucoup de mal à le suivre. " La sueur dégouline sur les murs et rend le carrelage dangereux. (Jne centaine de person-

nes. Des boutonneux binoclards, des filles blafardes. Je branche une brunette sans sa. '.'eur. LJn gros ringue auréolé sous les bras me bouscule et se plante devant Ia fflle en titu-

LE KTT KAT, Les accros de

bant , " T'avales ? " lui dit-il. Ses copains sont rnorts de rire. La fille aussi. Les gros bras de I'UEREPS prennent racine au bar sous les photos (officielles) de Jean-Paul ll et Mitterrand. Très vite, I'ambiance devient lamentable. Pour certains, c'est la première cuite. Ça pleure, ça s'effondre, ça dégueule. Les §7C sont inapprochables. FX me propose. d'aller réveiller une . salope, dans la cité U. Non merci. Il décide d'y aller seul.

" Tu vas pouvoir assurer ? - J'y vais pour dormir. Sinon ma piaule est à Bures et j'en ai pour trois quarts d'heure de marche. J'arlais oublié les nuits galères. La merde des trains-pas-de nuit. Des navettes qui naviguent

SAMEDI,sH

la nuit qui ne

eu/enrpas voir le jour se donnent rendez-vous au Kit

le

seùl

a{ter hours de

Paàs. Ils poussent jusqu'au

marin, question d'orgueil, et ne veulent pas lâcher avant

qu'on les mette dehors. futaille au bar autour d'un Jemier verre.

AC1AEL.rurN Dsq

s§:,-

Le Mée, Savigna

le-Temple. Les homos, les travestis apporre=

leur

strass. Danses

du tapis, champagne,

t

bavard. C'est dans ce genre de boîte qu'c=resurgi les tubes de Claude François, Borr, M ou Village People. Une animations tous h week-ends:'un sosie de Madonna impo.r: d'Allemagne ou plus forr, trois filles de l-. kilos qui se désapent dans la foule : LE spectacle 89. L'année prochaine, il sera cradc parole de Bernard Blanger, l'organisateur ù ce genre de délices. Vous voyez, vous avez tE choix infernal. Anouchka a raison: o Sor.e

curieux.

,

2 H 00. Drôles de farceurs et pri',æ jokes dans un petit appart de la nx

des Batignolles. L'alcool

corE-

mence à imprégner les neurones. Un Blasi

très très foldingue fait mine de sodomitr tout ce qui bouge. Je reste à l'écart. Moye.* d'âge: vingt-deux ans. Tous sont en foræ tion professionnelle du côté de Rungis. Ils c arrêté leur boulot pour décrocher un

diplôr

d'Etat niveau DUT, Eux ne vont pas r I'Hippopotamus. Ils refusent le parcorlr fléché du petir bourgeois. Ils cocoonenq I suent, mais surtout, ils jouent. Pour cela,

vivent la nuit ensemble et se marrent

pas.

r

Kar,

H

A Damman: Les-Lys en Seine-et-Marne. Là, a=

JEUDI,4H

Squaaly

,r+.,I (lJ f,'\#

30. La nuit continue avec ,:

sotREE SARD!ltE,

vr*


ment. La plupart n'ont pas connu les études. Ils découvrent les rigolades de potaches en avant des tunes et quelques années en plus. Leur but n'est pas d'atteindre la nazitude

'uprême mais le rire qui étouffe. Un petit roint facilite toujours les choses. On improrise des ieux idiots. Chat perché (sans chaussures, vieille odeur vinaigrée, c'est qui ?), ;olin-maillard. On se lance des déffs crétins. On fout Eric à la porte. Le voilà sur le palier .n tee-shirt. Jeu : il ne peut désormais rentrer qu'en possession d'un rouleau de PQ. On le

Ces invitations font un carton Les soirées ont une espérance de vie très limitée. Celles' là tiennent Ie haut du pavé sans s'essouffler. Raison de

plus pour faire la chasse au carton.

guette bruyamment à la fenêtre I1 revient au

'bout

le

de 20 minutes.

Triomphant. Le tout était

trouver un immeuble sans code avec chiottes sur palier. Nuit ludique. Trois numéros de téléphone. SHEHERAZADE :3, rue de Liège,7500!1.

2 H 10. EI Globo. Soirée spéciale à la

Le samedi sok. Voici le carton le plus ditficile àtrouver. Parce que le Shéhéræade est un club précieux et minuscule. Des étoiles scintillent au plalond, des

pointe. La fine fleur du tout-Paris qui bouge, paraît-il. La boîte est,

ieunes apprentis-stars se bousculent dans lasalle. Tout le monde se connaît ou presque.

pleine, je suis seul aux vestiaires. Je traîne. Un peu con. Pourquoi ce malaise ? Je me plante :n bas de l'escalier de I'entrée pour un casting !'n contreplongée. Rien que des rats de fête, perfecto, bandana et faciès de blasé. Mieux

"

avoir le sourire aux lèvres qu'un smiley à

"'aut .'épaule

r, je repense à cette

phrase

I'Anouchka. La soirée est obscure et viciée. Les gens passent et se cassent. Une fille se fait

:rendre la tête par une vague

connaissance,

.:n certain Piednouill', bien connu des maiings d'organisateurs de soirées ; " Arrête de àire semblant de n'avoir rien à dire.,, Bon, :'est combien la bière ? Cinquante francs. Ok, salut. I1 y a encore tant de boîtes nulles. Le ::octambule rapide doit jauger l'ambiance en leux minutes. Sinon vous douillez ; vous êtes :oincé. Vous devenez un déçu de la nuit.

FUSOI{,le mercrediau l{ew Riverside

Pas

pratique dans un portefeuille, l'invitation ouvre une minuscule cave. Le DJ Morgan apporte ses

disques de Londres pourfaire découvrir l'Acid

jaz aux

atlamés de nouveaux sons acousliques.

2 H 15. Sueurs au Palace. Mercredi soir. J'ai fini par atterrir. Dans cet antre fastueux, aéré, avec ses coins

Au

NaRivcnidc MoOdcon

§\

7 r, grcaoirc dcTouru 7500ô

VAGALAII, le ieudi au Gibus : 181, rue du Faubourg-ltlonimailre, 75011'

:iur se cacher, les autres pour se montrer, un sn puissant, un balcon panoramique pour

L'invitation la plus versatile change avec I'air du temps. 0n passe de * Vagalam à la campagne ,, à o Vagalam à

:rendre du recul. Une décennie frime-sexe-

-ic

:

7, rue Grégoire-de-Tours, 75ü16,

la plage , quand il fail plus chaud. Le rock reste pur et

est passée par là, noyée dans les fumigènes

dur et les lilles se font belles dans ce temple du binaire.

i'un nightclubbing qui n'est plus. Et pour-ant, les danseurs font toujours leur show sur :es chorégraphies connues d'eux seuls. Pistes ,urélevées, néons roses et faux léopard. Ici, la

.uit se fait mousser et déborde d'insouciance. Le Palace fonctionne sur un principe très :nple. A la source, les gonzesses. Ce sont les qui font venir les stars. Franck et Thierry -)nt démarcher auprès des agences de man':quins qui o recommandent à leurs petites "

::otégées de sortir au Palace. Le deal est clair : .-. elles ne tomberont pas sur le vilain rabat-:ur qui tente de les draguer pour les débau, -rer au profit d'une autre agence. Une fois - .:e ces beautés défilent sous les spots tamisés,

RAilDAtl, Bobino:20,

rue de la Gaîté.75014.

Ces deux invitations ne s'adressent pas au même public. Une otlre l'entrée graluite, l'autre permet une réduction de 30 F. A vous de trouver la bonne. NBC, l'organisateur, refait le coup des soirées pour artistes de la zone, de la mode, du pinceau. 0n voit donc rappliquer les expos des peintresgraffiteurs, les

concerts de groupes plus ou moinsconnus et de la dance music plutôt rap.

:> stars rappliquent (jeudi dernier, Diana Poes et Jermaine Jackson en mênx' temps). - rs stârs sont venues ? Les filles vont revenir. ACTUEL ltrrN t9a')

IG


Comment conquéri r les nuits Marthe Laglache et Mike Sylla conçoivent la nuit comme un gfrand mélange de styles Leurs soirées se ressemblent, leur parcours diffère. A vingft-cinq ans, ils préparent la nuit des années gO. Feeling!

-

D ;"1ï:î,'llï;,i:.,îi,.'.,1ï

n'est pas satisfaisante, un peu artificielle.

»

Marthe

Lagache,

cartons d'invitation, à Paris, celui de l'orgànisateur. La soirée est griffée Marthe Lagache. Prenez

la

soirée Zoopsie du vendredi

vingl cinq ans, mannequin vedette (Grattounette, la sardine, etc.) et princesse de la nuit.

soir à Bobino, c'est elle, avec Squally, Franck et Molsky. Pour les quatre, des motiviations et

du mon-

des publics différents. A l'arrivée, la soirée du moment : hété-

« Lorsqu'ils recevaient

de, mes parents trouvaient

un treize ans,

thème à la soirée. A l'étais dans toutes les sorrées,

à

seize. je plongeais dans Ie night clubbing extravagant des années 80. » Les gens de la nuit font la bise à Marthe. Une multitude de

roclite, métissée, roots

et branchêe. « J'invite des gens de rencontre, des copines de classe, des musicos, des créatifs, en f

ait, des gens qui aiment

se

endroit pendant trop longtemps te rend blasé. La nuit est faite pour découvrir. » Sa plus belle fête ? « Je me souviens d'une soirée incroyable au château de

Maison-Alfort organisée

par

Kenzo. Un décor de conte de

fées, des salles de bal,

des

buffets, des voyantes. des loteries. Eh bien, il manquait quelque

chose, c'était trop chic. »

Ce

qu'elle aime, ce sont les préliminaires « comme en amour ». Les gens oublient qu'une nuit se

:

retrouver entre eux. » lnviter des potes ne permet pas de gagner de l';rgent Marthe le sait, mais s'en fout un peu. Le sourire éternel et le décolleté vertigineux, quand elle sort.

prépare. J'adore lorsque nous

beaucoup plus compliqué. Marthe sait le faire. A Londres, on

Marthe évite les circuits de la branchouille. Restos laponais, salons de thé, brasseries chics,

seul. La nuit est réservée à la drague, tu viens chercher de

les

clubs de jazz. « Rester au même

c'est un échec.

regards fatigués se pose sur le brillant de ses yeux. Marthe devient incontournable. Organiser

une soirée est à la porté

de

n'imporle qui. Bamener du rlonde et du beau monde est grave le nom du DJ sur

sommes à cinq dans une voiture,

à se

marrer en cherchant une

adresse introuvable. » Et l'après-fête, le petit matin ? « C'est flippant lorsqu'on est

nouvelles têtes.

Si tu es

seul.

»

I

ll lfl

,re Svtla est un entant de ,no"punornce Cerre ou

,

Sénégal en études tour

'1960.

ll ait ses f

à tour au

Havre,

Amiens et Rouen. « Pas vraiment des villes d'attraction, mais idéa, les pour étudier. » A cette époque, Mike rentre tous les week ends à Paris. Retrouver ses potes, boire des verres au Zorro

(qui n'existe plus) de

Bastille, se bran-

son quartier général. ll che avec tout le monde, l'underground, les branchés, les B. Boys, les chicos et les fauchés. Un DUT commercial, un peu de

droit comparé, Mike revient

à

Paris en 86 pour trouver du boulot. La nuit le happe. Avec des amrs, il monte une association : NBC, Noir Blanc Couleur.

et il se met à

organiser des

soirées. Des soirées happening en mélangêant la peinture, les

toa

concerts et la musique rap. Originales, presque pédagogiques, les nuits de Mike sont faites pour se relâcher, se détendre, comrluniquer. « Je suis un ambassadeur, je prends Ie temps d'écou-

ter, de comprendre. Les gens irnportants sont les gens que je connais. Tout le monde peut venir à mes sorrées. Le sectarisme tue lâ fête. »

Pour ses fêtes organisées à l'Usine Ephémère, pas loin de 2 000 personnes. De quoi choper la grosse tête. « Là, je sortais

rre

promener seul, lorsque

la

sorrée battait son plein. J'avais envre de pleurer. Je me disais, tous ces gens, ils sont là pour toi Mike ? Qui tu es pour avoir fait ca ? En fait, je suis comme eux, 1'ai envie de m'éclater. » Mike n'a pas la grosse tête.

II

aime commencer la soirée dans

un petit rade à sept francs

le

demi. Là, il sort des invits de son

blouson, sere ou claque des nrains, rigole en francais ou en wollof. A Zoopsie, Mike traverse la foule au ralenti. Une star. Les

gens viennent vers lui, font

queue pour lui dire

la

quelque

chose de forcément important. Un ado de Sarnt-Paul, une minette de Vitry, un gonfleur de nulle part. Les invits continuent à sortir de son blouson. Plus tard, il en trouvera une par terre, roulée en boule. ll la ramassera. Pas content. Peur du petit matin ? « Non. il

ne me fait pas peur. mais l'évite. J'aime le jour, pas mâÎin.

je le

»

,9

« Et la nuil, comment 1u dis en

wollof

?

Goudy.

ACîUEL turN Da,)

»

d

t


,a rumeur monte en mayonnaise.

Bientôt,

jerrière la stâr et les filles, arrivent les vrais rlients payants et les gros poissons qui vont iébourser jusqu'à une brique dans la même cirée.

Au

Palace, le pire des nazes peut tenter sa -hance avec une bombe atomique venue d'un

et

rled paumé des Etats.Unis. J'aime bien ça. Le

I

.)alace résiste.

\

5 H 00. Sortie blafarde de

Sueurs fraîches

la Scala.

et pour tous,

la

surprise de voir le jour. lJne vamp ,.n rate sa sortie, son talon aiguille ripe sur le :itume. Rigolade générale. Des ltaliens, des

inglais en costume, look Cambridge un soir :e gala. Quelques militaires disparaissent en :ueulant o rable ! n, le cri des vétérans du -r'rvice national. Le

videur regarde

sa

montre. Un rype défait

ri caresse les cheveux, veut lui faire la bise. Jne balle ? Non. La fièvre du samedi soir :rsion 89, est d'une rare mollesse. Les af'-:més

et les bilieux vont chercher l'éternelle -oulangerie ouverte. . Dans les

Halles, en

:ce du Tributum, y'a une croissanterie, j,te :.

l

Je la connais. Tu prends le croissant. Ça rule du jus de beurre. Fat food. H 15. Le Timmy's. Pimenté. Paséclair chez les épicés. Dans ce haut lieu de la nuit black parisienne, : m'attends à trouver une ambiance avachie, :s danseurs défraîchis. Comme partout. Er'ur. Le zouk étincelle, la foule est fringante. ..s mecs sont restés classieux, les filles élégan:s. Ça tangue comme une flottille de cha5

sage

rpes sur une mer tropicale. Dur pour la

.ique du matin.

5 H 45. Extinction des lampadaires.

Le matin devient bleu marine. c'est peut-être à ce moment précis que t ::oubliable Pacadis se disait : . Le jour se . r' et j'ai envie de mourir. " Je marche et .ssaye de penser à demain. Il n'y a pas de :nain lorsqu'on vit à cheval sur les jours. Il -t vivre dans un présent total, sinon c'est la scente.

o

6 .9

Jusqu'au bout, c'est-à-dire dix heures du matin. Ici, atterrissent les irréductibles de la nuit. Ceux qui veulent faire mentir Pacadis. En Espagne, après les after hours, il y a le alter, after, dans les rades sur les plages. On s'écroule au soleil pas loin des baffles, le rimmel sur le menton, la chemise cartonnée.

6 H (Xr. Le

Kit Kat. très à la pointe after hours. La boîte est ouverte seulement depuis une heure. Ça :t Une nouveauté. L'after hours parisien et la rampe. Je tombe sur une grappe naine de quatre cents, cinq cents per-.nes complètement hystériques. Qui se :nent, qui poussent du jarret, qui rient. A :e heure-là, rien que des bandes venues à -ru sept minimum. A quoi marchent-ils ? Je .rs sur la piste de danse. Miracle je bouge -hamment. La nuit est relancée, l'émula. -. est irrésistible. Comme si chacun voulait

son voisin le suive dans la

8 H 30. Le héros de la nuit termine dans un rade graisseux de la Bastille. Il ya quelques heures, je me prenais

pour Clint Eastwood. Mainrenanr j'approche l'état de Mickey Rourke dans Barfty. Tout est mou. Le cerveau, les muscles, les gestes. Je trempe ma tartine, les deux coudes sur le formica javelisé. Je jette des regards fous au-dessus de mon épaule. Je regarde pâsser un bus bondé en ricanant: o Bande de veaux ! , Ça y est. Je suis devenu un homme de la nuit.

Terrible

!

Nicolas Roirel

frénésie. AC|UEL.trrrN tea.)

LE PALACE;

orvarcrr

r

n

Le Tea Dance du Palace fête

bientôt

ses dix ans. C'est la dernière grande parry des sueurs Àomos. La sono : neu'

beat et vieux trucs speed. I1s sontplusieurs centaines, totalement allumés, à danser sous le balcon, une {iole de poppers à la main. Pour aller plus loin.

'


ACTUEL N° 120 Juin 1989