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Une pitoyable "note de service" La réaction de Marc Vuillemot à une lettre de l'Agence régionale de la santé (ARS) à propos de son périple La Seyne/Ministère de la santé. J'hésite encore entre colère et éclat de rire. J'ai reçu aujourd'hui un courrier de l'Agence Régionale de la Santé (ARS), à qui je ne demandais rien, tant je n'attends plus rien d'elle et tant je crois qu'il est temps de "parler politique" (au plus noble sens du terme) avec de vrais interlocuteurs politiques, ce qui a motivé ma démarche de me rendre au Ministère de la Santé. Ce courrier, donc, me conduit à confirmer ce que je m'évertue à penser et à dire depuis des semaines, et en particulier depuis que je chemine à bicyclette au travers de notre belle France et que mon opinion se conforte à l'écoute des nombreux élus et citoyens, engagés ou non, divers dans leurs sensibilités, mais unanimement républicains, que je rencontre à chacune de mes haltes. Ce que je m'évertue à penser et à dire, c'est que la question de la maternité de La Seyne et de l'Ouest Var n'est pas, pour l'élu de la République que je suis, une question relevant de la science technique médicale, mais un vrai et gravissime enjeu d'aménagement du territoire pour répondre à l'obligation impérieuse qui s'impose à tous les acteurs publics de traduire dans leurs actes les principes suprêmes qui sont gravés dans le marbre de la Constitution de notre pays. En l'occurrence, l'Égalité, l'une des trois valeurs inscrites aux frontons de nos édifices publics. Et, en particulier, l'égalité territoriale face à l'accès aux soins. Alors, dans ce courrier en forme de réponse à des questions que je n'ai jamais posées, et dont le maire que je suis se moque éperdument car, au contraire des technocrates qui me l'ont adressé, il est, fort heureusement dans notre système démocratique, permis d'être élu sans avoir à passer un permis de l'être, on m'explique que ce serait aux personnels hospitaliers de décider de ce qui est bon pour nos concitoyens. Halte-là ! Non, Messieurs-Dames les rédacteurs de cette missive en forme de note technique, vous êtes gravement hors sujet. Et je ne vous permets ni me donner de leçons de pourcentages de tels spécialistes disponibles, ni surtout de m'expliquer que la voix de fonctionnaires hospitaliers, dont je respecte par ailleurs la science et le savoir-faire, vaut plus et mieux que celles des élus du peuple que mes collègues et moi sommes le temps de nos mandats. Et vous considérez que leurs avis feraient force de règle à appliquer ! Et vous voudriez me le faire admettre ! Vous mériteriez une fessée déculottée pour n'avoir pas repassé votre leçon de B.A. BA d'éducation civique ! Moi, simplement, je vais plaider pour la République appliquée à tous les coins de son territoire. Appliquée, en particulier, lorsque des milliers de ses citoyens clament une volonté, lorsque des milliers d'entre eux, résidant dans des quartiers populaires en cours de rénovation urbaine, voient dans la présence d'un service public hospitalier de proximité une reconnaissance de leur dignité durement bafouée par leur situation sociale et économique, et lorsque les instances délibérantes des assemblées légitimement élues de nos communes, unanimes au-delà de leurs diversités politiques, votent solennellement pour porter les paroles de leurs populations. Nous sommes en France. La France de la République Française. Sauf révolution qui m'aurait échappé entre deux coups de pédale, c'est une démocratie, c'est-à-dire un


système dans lequel le pouvoir est exercé par des élus, par délégation du peuple, et non par des techniciens, aussi compétents fussent-ils, et respectés, d'ailleurs, pour leurs compétences. Je ne vous répondrai donc pas. D'ailleurs, je ne vous ai rien demandé et je n'ai rien à vous dire. C'est à des décideurs politiques que je vais m'adresser. Et c'est à eux que vous devrez obéir, car c'est ainsi que doit être l'ordre des choses dans notre démocratie. Et, au fond, votre pitoyable "note de service" me conforte, ô combien, dans la légitimité de ma démarche, fut-elle pittoresque. Pittoresque, mais politique.


Reaction Vuillemot au courrier ARS