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E R U T I R R LA NOU POUR R L’AVENI les rler a p s n o s Lais ns de o i t a i c o s as qui se paysans bougent


LA NOURRITURE POUR L’AVENIR Laissons parler les associations de paysans qui se bougent Programme 2008 -2010 «Aliment pour l’avenir» Financé par: Terre Nouvelle – Belgique www.bevrijdewereld.be Institutions formatrices: ICO (Institut de Formation de l’Orient) – Bolivie INCCA (Institut de Formation Paysanne) – Bolivie ISALP (Investigation Sociale et Conseils Juridiques) – Bolivie PROAGRO (Promoteurs Agricoles) – Bolivie Avec l’appui de: AIPE (Réseau d’Association des Institutions de Promotion et Education) – Bolivie PROBIOMA (Productivité, Biosphère et Environnement) – Bolivie Systématisé et édité par: René Herbas Javier Téllez Melgar Fondation AGRECOL Andes www.agrecolandes.org Révision: Jaap Op de Coul - Terre Nouvelle Sofie Van Der Straeten - Terre Nouvelle Diagrammes: Grissel Bolivar, Els Van Hemelryck Photographie: Coen Wubbels René Herbas Jaap Op de Coul Equipes des Institutions homologues du Programme Terre Nouvelle Traduction: Luis Magnani, Veerle Verspeeten Cochabamba – Bolivie Février 2011 Si vous désirez plus d’informations sur les projets de Terre Nouvelle (Bevrijde Wereld) en Bolivie? Contactez info@bevrijdewereld.be


Pré sentation La présente publication est un recueil d’expériences cataloguées comme “meilleures pratiques”, réalisées dans le program « Aliment pour l’avenir 2008 – 2010 » consolidé avec l’appui de Terre Nouvelle (Bevrijde Wereld) – Belgique autour du sujet de la Sécurité Alimentaire. Ces expériences sont rapportées à l’introduction d’améliorations technologiques, au développement de capacités locales, à l’appui d’initiatives d’organisation et au renforcement de capacités de négociation. Cette publication fait une approche initiale au cours de gestation de ces expériences, à l’identification de ses principaux protagonistes, aux méthodologies d’intervention, aux facteurs du succès de l’expérience, aux difficultés trouvées et aux résultats atteints jusqu’à présent. La première partie intègre des expériences sur la production, la préparation et l’obtention d’aliments sains pour la sécurité alimentaire. La première expérience montre l’amélioration intégrale des cuisines et des conditions de préparation des aliments, son impact sur la santé et la réduction de la demande de bois de chauffage. La suivante innovation fait allusion à la construction de jardins potagers protégés de l’attaque des parasites et animaux, permettant ainsi la culture diversifiée et saine. Pour finir cette partie, on montre la construction et amélioration de systèmes traditionnels

de micro-irrigation, sous la modalité d’autoconstruction et leur apport à la diversification productive et l’impact sur des communautés et autorités pour qu’ils donnent priorité à « D’abord de l’eau ! » La deuxième partie du document présente des expériences avec emphase sur le renforcement organisationnel pour consolider la Sécurité Alimentaire. Cette partie intègre l’expérience de commercialisation du yogourt pour le petit déjeuner scolaire fait par l’association de femmes APARK qui, en participant à la gestion et au contrôle social, réussit à réacheminer la direction de son organisation, tout en profitant d’un potentiel productif et en générant des revenus. Ensuite, on présente l’expérience de la communauté La Higuera qui, grâce à sa détermination et à l’action conjointe et solidaire, a été capable de défier le désastre de l’éboulement avec la gestion et l’impact sur les autorités. Finalement, l’expérience de production de truites et d’alevins montre comment la décision de s’occuper de la gestion de la ferme piscicole, et l’articulation d’une association familiale sous le contrôle, participation et gestion territoriale de l’Ayllu Jila, fait possible de générer des revenus et d’accéder à cette nourriture bien appréciée pour les communautés. Ces expériences ont été fournies par les institutions homologues du programme « Aliment pour l’avenir » : L’institut de Formation de l’Orient (ICO = Instituto de Capacitación del Oriente), l’Institut de Formation Paysanne (INCCA = Instituto de Capacitación Campesina), Investigation Sociale et Conseils Juridiques (ISALP = Investigación Social y Asesoría Legal) et Promoteurs Agricoles (PROAGRO = Promotores Agropecuarios). Il est aussi important de souligner le rôle développé par le réseau AIPE - Réseau d’Association des Institutions de Promotion et

Education (Red de Asociación de Instituciones de Promoción y Educación) par rapport à la formation sur les sujets : sécurité alimentaire nutritionnelle, souveraineté alimentaire et droit à l’alimentation adéquate en vertu de la nouvelle Constitution Politique d’État de la Bolivie. L’organisation PROBIOMA a aussi appuyé le projet avec la formation des partenaires et des organisations de producteurs et municipalités sur le sujet de l’agriculture écologique. L’exécution réussie du programme n’aurait pas été possible sans le soutien fondamental de nos bailleurs de fonds, les organisations alliées et les volontaires. Nous voulons remercier la Direction Générale de Coopération au Développement – DGCD, la Fondation Antoon Spinoy, Solidarité de Limburg avec le Kollasuyo, la Province d’Anvers, les volontaires et groupes de voyages de cohabitation (années 2008 et 2010) venus de Belgique et ICCO (Hollande). De la même façon, nous remercions les Municipalités de Moro Moro, Omereque, Pasorapa, Presto, Tiraque et Tomave pour leur assistance essentielle dans la consolidation de ces initiatives. Pour finir, nous remercions les familles dans les communautés qui ont participés aux expériences. Avec leur effort, innovation, travail et détachement, ils nous permettent de porter ces «bonnes pratiques» à d’autres familles et communautés. Nous sommes convaincus que ces pratiques y seront reproduites et donneront des solutions à des problèmes communs, tout en améliorant la sécurité alimentaire et la qualité de vie.

Jaap Op de Coul Représentant de Terre Nouvelle en Bolivie

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e table d s matiè re

t Parte II forcemen es de ren la sécurité c n e ri é p 15 Ex our tionnel p a is n a rg o ire alimenta on locale t producti provision du e n o ti a is 16 et la Organ – l’APARK d’aliments er scolaire un petit déje n d’une 19 onstructio c re e d e Expérienc uté communa de truites ommation e des s n o c t e Elevage périenc l - Une ex sà 22 arc-en-cie rs communautaire u e n re p entre a l’Ayllu Jil

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Photo: ©Coen Wubbels

Part I duction, es de pro sommation c n e ri é 3 p Ex con ation et ic if rs e iv d ts sains d’alimen ur la ditions po es n o c s e d on isin 4 Améliorati des aliments – Cu n o ti ra a prép s améliorée curité 7 pour la sé s é g té ro p s in s rd Ja ille e des fam alimentair ction de toconstru n familiales 10 u ’a d e c n Expérie rrigatio de micro-i systèmes


Wubbels Photo: Coen

Photo: Coen Wubbels

de s e c ExpĂŠ rien , tion c u d Pro fication i s Diver mation m o s et Con s Sain s d' Aliment

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toutes cuisines s le pas s n isio e pouvait te nous fa ée on n u m to fu «Avant, it la ta ine é avec de e de cuis ts en noir, les ll petites, a s a L tein iner. s choses les illum prenait le » n O . .. e s ir no ire toutes no Rojas) (Maritza assiettes,

Les cuisines dans la zone rurale de la Bolivie, ce sont des endroits petits, obscurs et presque toujours plein de fumée noire couvrant les murs et le plafond. Ce sont des espaces improvisés où les conditions pour la préparation des aliments ne sont pas très appropriées. Dans la gestion 2009, avec l’appui de l’Instituto de Capacitación del Oriente (ICO) - Institut de Formation de l’Orient - treize familles de la communauté de Wanacuni Grande ont participé à une expérience de transformation de leurs cuisines et des conditions de préparation des aliments, avec d’autres familles de la municipalité d’Omereque et Pasorapa (au Département de Cochabamba) et de la municipalité de Moro Moro (au Département de Santa Cruz). Actuellement, e’ ICO a su trouver la façon et les conditions pour permettre à 280 familles des Vallées boliviennes d’utiliser ce moyen

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pour la préparation de leurs aliments. L’introduction des cuisines fait partie d´un programme intégral d’amélioration des conditions de vie pour garantir la sécurité alimentaire chez les familles. Grâce à l’articulation d’actions avec PROMARENA (Proyecto de Manejo de Recursos Naturales) – Projet de Gestion de Ressources Naturelles -, M. Filemon Guarachi, qui est un développeur expérimenté formé par cette institution à propos du sujet des cuisines améliorées, a réalisé la construction de la cuisine avec la communauté de Wanacuni Grande. Cela a permis un apprentissage pratique et expérimental sur la construction de ces cuisines, ce qui a conduit à la naissance de nouveaux promoteurs dans les différentes communautés. Ils ont d’abord mis en œuvre les nouvelles cuisines chez eux et après ils ont appuyé les autres familles à copier l’expérience, avec le support du personnel technique de l’ICO.

Photo: Coen Wubbels

des Amé lioration pour la ents s ition m cond des ali pré parationAmé lioré es s – Cuisine

Nos cuisines étaient pénibles... Le plafond était noir, les murs aussi... Même nous. (Mauricio Rocha)

« Les cuisines améliorées, on les construit autour d’une forme de grande table qui est la base. Cette base a un corps où les pots son intégrés et une cheminée évacue la fumée de la cuisine... C’est une innovation qui se répand dans les différentes régions de la Bolivie, à travers l’exemple des cuisines Malena.» Ce sont les femmes qui utilisent les cuisines pour leur travail quotidien. Elles peuvent raconter des qualités, des avantages et de certaines limitations qui sont en train d’être surmontées en y faisant des innovations. L’expérience à la campagne montre que les gens ont l’habitude de «voir c’est croire». Ça n’a pas été facile... On a dû prouver la fonctionnalité de la cuisine avant que les gens se sentent encouragés à essayer. (Alcides Vargas)


les avons es, nous in une is cu s e « ...L ont ajouté ions D’autres, av .. s s. u e o n it fa t, re van au anger... A salle á m ’être à la cuisine, .) d R e a d in u e it R ( b a l’h mée... » fu la e d milieu

es et Avantag s de ré sultat l'instauration ines de Cuis é es... Amé lior « ...Du blé nous avio , du quinoa, du maïs n ... consomm s l’habitude de er des é nergétiqu seulement aliments es, mais ”d les ce que c’é éfenseurs”, on ne tait. Ceu x qui nou savait pas évidemen s défend t! Depu ent, is lors, commenc nous av é à utili ons ser et à légumes. manger » des (Claudia

Rojas)

A partir du témoignage et de l’expérience pratique des familles, les cuisines améliorées offrent les avantages suivants: Il n’y a plus de fumée dans la salle de cuisine; qui ne nuit donc plus à la santé et il y a une plus grande propreté dans la manipulation des aliments. On utilise moins de bois de chauffage, ce qui réduit l’effet sur la forêt. Les aliments peuvent être cuits plus rapidement. La construction n’est pas difficile : on y utilise des matériaux de la zone et c’est la famille qui est le protagoniste de la construction et l’amélioration. On garde la chaleur dans la salle plus longtemps. La cendre peut être retirée facilement après que la braise soit complètement consommée. Grâce à l’hauteur de ces cuisines, on peut manipuler les pots et les ustensiles en toute commodité.

Dans les communautés comme Wanacuni Grande, on n’a pas seulement construit les cuisines améliorées mais en plus on a complètement modifié les endroits destinés à la préparation de la nourriture. Un grand nombre de familles ont reconstruit leurs salles de cuisine à partir des fondations, ont agrandi la taille de la salle, ont construit un endroit additionnel comme une salle à manger, ont installé des étagères pour ranger les ustensiles et ont donné une couleur aux murs. Selon l’estimation des familles, l’utilisation des cuisines améliorées réduit la consommation de bois de chauffage de plus de 50%. Cette réduction ne signifie pas seulement moins de temps destiné à la collecte, mais il s’agit d’un moyen efficace pour réduire la pression sur la forêt, qui est de plus en plus éloignée et dispose de moins de ressources. La motivation à propos de l’importance d’une alimentation diversifiée et saine a été la condition la plus importante pour permettre l’amélioration des cuisines. Bien qu’il existe encore des restrictions importantes pour l’accès et la disponibilité de légumes et d’autres aliments à Wanacuni, certaines familles font des efforts importants afin de diversifier leur alimentation. Quand nous allumons le feu, seulement au début on l’attise, après, à l’intérieur du four ça devient rouge, le chauffage est fort...Et continue à faire bouillir. (Adrián Rocha)

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re de d ppren A ce l' expé rien es (brides adob , e u o b sable, du de la On prend , de la paille, du n ) tout et o es ques cru ne... On mélange ia iz eâ t une d fumier d r pendan à e te c n n e e rm m fe n com le laisse st là où o ’e C . rs u ne de jo e. Rojas) e la cuisin (Maritza construir

L’ICO, à la différence d’autres initiatives, a été capable de favoriser ce projet partant de la pratique et la formation de manière que les familles de la campagne se sentent encouragées à construire leurs propres cuisines améliorées.

Après une bonne formation, toutes les familles ont répété l’exemple chez eux. L’apprentissage a été pratique et didactique: on a utilisé des outils et des matériaux pour construire qui étaient disponibles à tous, à proximité.

Uniquement une coordination intense avec des institutions comme PROMARENA, a permis que les ressources humaines, qualifiées et expérimentées dans la construction des cuisines, instruisent les promoteurs des communautés, pour que ceux-ci répètent l’expérience avec d’autres familles. Cela rend facile le support des techniciens de l’ICO. Les familles ont appris le dessin, le choix de l’endroit, des matériaux requis, et d’autres détails comme la hauteur, la taille des cuisines, etc.

L’amélioration des cuisines a su gagner l’appui des municipalités. En collaboration avec l’ICO, on a approvisionné les gens en ustensiles pour la manipulation hygiénique des aliments.

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Les cuisines améliorées ont sans doute aidé á l’amélioration des conditions de préparation et de manipulation des aliments dans cette région. C’est grâce à la décision et motivation des familles, les connaissances apprises et les avantages trouvés, qu’on a obtenu ce résultat bien exemplaire.

...Une personne qui connaissait déjà la pratique nous a instruit. Il l’a fait pour que nous voyons et apprenions... Et en regardant, c’est que les gens se sont sentis encouragés. (Egipcia Amurrio)


gés et ins proté rd ja s le t e c’es Qu’est qu nstruit? on les co i n o u rq pou une visio , il y a Il in . e rd ir ja ta n du alime A partir u thème ille; d m fa le ra la g e plus inté anger d nt le garde-m in, ils y récolte devient rd ja leur le t n t n re a e s p en pré Ils utili s as le ca duits et n’était p leurs pro i u q e C . .. re nourritu ...… autrefois

Les Jardins Protégés, ce sont des espaces de terrain entourés d’un mur en pierre et boue. Actuellement, plus de 410 familles des Ayllus (Ayllu, c’est la dénomination originaire pour l’ensemble des communautés indigènes qui, à l’intérieur de ce groupe, font la gestion du territoire) Yura et Sullka dans la municipalité de Tomave, à Potosí, en Bolivie, peuvent cultiver des légumes pour l’alimentation de la famille. Les familles ont introduit des plantes de pomme et de pêche pour leur propre consommation. Tout cela, dans la perspective de générer des revenus économiques.

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ROTé Gé S P S N I D JAR é Sé CURIT A L R U PO E DES R I A T N E ALIM S FAMILLE Dans ces communautés, la culture stratégique du maïs est prioritaire, puisqu’elle contribue à l’alimentation familiale, à la génération des revenus et au fourrage pour les animaux. « Dans la communauté de Visijza, nous vivons surtout de la migration – raconte M. Alberto - … les hommes, nous ne sommes pas ici la plupart du temps. Ce sont nos femmes qui s’en occupent (des terrains). Nos terrains sont trop petits et ne suffisent pas… » Dans cette réalité, l’apport développé dans la région avec la production de légumes et de pommes est devenu la base d’une proposition alternative, qui peut effectivement garantir la sécurité alimentaire. Dans cette perspective, il est fort probable que les familles choisissent de rester dans la communauté, en renforçant ainsi une identité et potentialité régionale; étant donné que la production de pommes de l’Ayllu Yura est bien appréciée.

Yura, on y cultive des pommes depuis les temps lointains.

Avantages et résultats des jardins protégés Les jardins protégés ont été capables de garantir un endroit sûr pour la production et l’alimentation, où les animaux domestiques et les lièvres ne peuvent plus entrer et endommager la production. On a essayé de clôturer les premier jardins avec du fil de fer barbelé et des poteaux en bois. Ca n’a pas paru une bonne solution puisque les lièvres ont continué à détruire le jardin, le coût des matériaux était très cher et le bois s’était endommagé très rapidement. Les murs en pierre et en boue se basent sur une technologie locale. On y utilise des matériaux de la communauté et les familles connaissent la façon et les conditions pour construire les murs.

Autrefois, la récolte avait lieu en avril et les gens devaient ‘sauver’ tout du jardin [en parlant des légumes]. A la campagne, les gens sont habitués à libérer les animaux pendant la saison sèche pour qu’ils puissent paître en plain champ. Il était difficile de conserver le terrain. Maintenant, avec le jardin protégé, la production est continue. (Ramiro Q.,Technicien de ISALP)

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apportait s, l’ISALP te n e d cé ré uté, années p communa Dans les bien r toute la u s o a p p s ’a te n des plan tive : ça ra é ats en p lt o su co ne as des ré p e comme u n ux qui n o d . Ca ne ire avec ce fa se it marché.. o d uté. Cela ara) communa ailler… (Luis Verg v a tr veulent

Avec l’appui de l’institution ISALP (Investigación Social y Asesoramiento Legal Potosí) (Investigation Sociale et Conseils Juridiques - Potosí), il a été possible de financer le transport de la pierre et de couvrir la valeur des plantes en une 80%. De même, on a offert assistance pour le dessin des jardins potagers, la construction d’endroits de compostage, la fermentation du fumier du bétail, la préparation du terrain, l’excavation des trous et finalement le plantage des arbres fruitiers. Grâce aux jardins protégés, on a pu planter environ 5.800 jeunes plantes de pommiers et de pêchers, activant ainsi environ 4 hectares de terrain pour 109 familles pendant les années 2008 et 2012.

ine. une sema pendant e la t, v n a lè n il e ig vient et ici, en v i s u it q u nt n re s v v e è éd tige de ie est la li J’ai pass e lune, c’ omme. La s à rien... d p s e d it u s n te lu Les s plan ne sert p la tige de sèche et peau de

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En prenant les jardins potagers comme exemple, les autorités de l’Ayllu ont pris confiance dans cette expérience, permettant ainsi qu’elle soit répétée chez plus de 300 familles des différentes communautés. Ainsi, avec environ 12.000 plantes de pommiers on a créé à-peu-près 8 hectares de jardins protégés.

Les jardins protégés garantissent la disponibilité d’au moins 8 espèces de légumes pendant neuf mois de l’année. Autrefois, seulement quatre espèces étaient disponibles. Chez plusieurs familles, l’accès aux légumes est continu pendant toute l’année. A la différence des initiatives précédentes, les jardins sont des initiatives familiales. La gestion, la diversité des légumes et même les dimensions du jardin sont basées sur les possibilités et les intérêts de chaque famille. Les jardins, aujourd’hui, ce sont des espaces où les femmes ont plus de présence et de contrôle. Ce sont elles qui ont appris les secrets de la production des légumes, les saisons de plantation, la façon dont on utilise les pépinières, le contrôle des maladies, la préparation des remèdes de bonne femme et les greffes.


Evaluation de l’expérience Plusieurs facteurs ont contribué au fait que cette expérience soit reconnue comme une bonne pratique chez les familles à la campagne. On a garanti un endroit sûr pour la production de légumes en utilisant des matériaux locaux et avec une construction qui n’est pas compliquée. On a résolu un problème critique chez les familles : l’accès assuré à une alimentation diversifiée et stable au cours du temps, avec les femmes comme protagonistes qui garantissent la disponibilité d’aliments. Il y a des familles qui répètent cette initiative en clôturant leurs jardins elles-mêmes et sans aucune aide de la part des institutions, ce qui indique la valeur de ces espaces chez les familles indigènes à la campagne.

Ces familles se consacrent déjà à la production écologique, élaborent des remèdes de bonne femme, en consommant leur propres fruits avec la garantie d’être saine et sans agrochimiques. En plus, on commence à générer les premières expériences de commercialisation.

ant rché pend its au ma ous, nous u d ro p s o rtons n ’entre n ... Nos so jà... Chacun(e) d s avons é d es... Nou s ît n o a b x 5 1 deu e la à 0 a 1 à, il y d on vendu otosí... L en avons P vir à n e e à rc e e mm ndu fait du co ue boîte on l’a ve vie) li o de la B aq vente : ch liviano (monnaie Bo 100, 120 rán). elt B o rt e lb A (

Ces exemples font penser à un avenir avec une sécurité de production, des chances pour améliorer les revenus, la permanence dans la communauté et la sécurité alimentaire de la famille. ...maintenant nous avons des pommes, il y en a pour nous nourrir. Des oignons, nous les achetions depuis longtemps, on les apportait de la ville, maintenant on les sème. Nous produisons des oignons, des carottes et on n’en achète plus. (Serapio Ali)

Bien que les pommiers et les pêchers soient plantés il y a deux ou trois ans, et qu’on ne voie pas encore des résultats, cette expérience a été une action exemplaire des familles pionnières, mêmes de celles qui ont introduit les pommes améliorées il y a cinq ans.

* 10 Bs = +-1 Euro

Photo: Coen Wubbels

On a travaillé sur une nécessité, mais aussi sur une potentialité de la région: les pommes, qui affirment une identité locale et territoriale d l’Ayllu Yura.

« C’est nous, les femmes, qui travaillons le plus et qui regardons nos jardins. Parfois, nos maris vont ailleurs pour travailler pendant que les femmes restent ici avec les enfants à la maison... Nous nous occupons des légumes, nous sommes les plus dédiées… »

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« Cette m un sèche... Il icipalité est un c hamp de y a peu d culture ’eau... La bonne et vie n’y e il ne ple st pas ut pas b nous don eau c d’essuy er cet éc coup. C’est à l’eau, il he y aura to ujours de c. Si on a de pour les la vie... humains Ca v et le l’eau pou r la vie, to s animaux. D’ab aut ord de ujours… » (M. Migue l... Conse iller Munic ipal, Prest o)

Wubbels Photo: Coen

d de « D’abor la vie, pour l’eau s» toujour ce - Expé rien truction ons d’Autoc mes de è t s y s de gation Micro-irri s Familiale

Presto, c’est une des municipalités du Département de Chuquisaca avec une grande vulnérabilité et insécurité alimentaire. L’eau est peu abondante, la production agricole dépend des pluies et la migration est latente lorsque les récoltes ne sont pas bonnes. L’institution Promotores Agropecuarios – PROAGRO (Promoteurs Agricoles), au cours des trois dernières années, a travaillé ensemble avec les familles de la campagne et le Gouvernement Municipal dans la construction de systèmes de micro-irrigation sous la modalité d’autoconstruction.

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Photo: Coen Wubbels

On essaye de profiter des minces sources d’eau dans cette région et de garantir de l’eau pour transformer la campagne, les espoirs des familles et pour les donner une chance de vivre en dignité.

ais je produis et t ruz... Ici, g C in ta v n e a S tr yagé à e, un mè tr è te m n n a « J’ai vo u t, iron soix tout peti ssait env dait aussi u o du maïs p ça , n ven Du blé moins. O ux pas plus. ou même gnait moins de de no. s e tr è m a ia g v centi li n o o B , Avec ça de cent de l’orge. me moins ê m , o n via cents Boli ani). am M o st u a F (

Les limitations par le manque d’eau ont généré des conditions notamment restreintes chez les familles par rapport à la disponibilité des aliments destinés à l’autoconsommation. Les gens étaient obligés de dépenser une partie de leurs revenus pour aller acheter des légumes. Avant, quand il n’y en avait plus, nous allions à Tarabuco et nous achetions des oignons pour une semaine, deux semaines… même pour un mois. Maintenant, nous produisons toutes sortes de légumes, même de la tomate, de la betterave, du chou pommé, de la bette. Maintenant il nous faut de la volonté seulement, nous avons assez à manger (Benedicto Mamani). « Ici, nous avons assuré l’eau... Au moins pour arroser les plantes. C’est pour cela que maintenant on ne gaspille pas même une seule goutte, on ne perd pas un seul seau d’eau… » (Fausto Mamani)


Avantages et résultats des systèmes de micro-irrigation Les systèmes de micro-irrigation, même s’ils ont une portée limitée individuellement, dans la somme globale, ils ont une portée et un impact quand-même important. Au cours des gestions 2008 – 2010, PROAGRO a établi 32 systèmes de micro-irrigation, procurant ainsi à 161 familles plus de 40 hectares de champs prévus d’irrigation. Ces systèmes permettent aux familles de garantir la production de légumes pour la consommation familiale, de planter des arbres fruitiers, d’introduire des nouvelles cultures comme l’origan et de générer des revenus plus élevés. En plus, avec l’eau, on est on train de créer des conditions favorables pour mettre terme à la migration, investir des ressources pour améliorer et augmenter la production, expérimenter. On réduit aussi les coûts et les dé-

penses, surtout quant à l’achat des légumes aux foires. On a la certitude de consommer en famille les aliments produits de ses propies mains, frais et sans pesticides. Dans les communautés, on a désigné le sujet de l’eau comme prioritaire : comme condition indispensable pour l’alimentation familiale. On a vraiment posé la demande à la municipalité, au lieu des typiques requêtes à des écoles, aux centres de santé, etc. Il s’agit de traiter cette priorité avec la participation active des hommes et des femmes qui ont été capables de se mettre d’accord en groupe sur l’importance et la valeur stratégique, sous l’influence des organisations sociales, à partir de l’expérience. Dans la municipalité de Presto, comme réponse à cette priorité, plus de 40% des ressources d’investissement durant la gestion 2011 ont été destinées à la

ême pas u gnions m a g e n s u nte soit d Avant, no oliviano par la ve . B e.. cinq-cents it de l’org du blé, so it so , ïs a m colte n, on le ré ois t, l’origa tr n a re n u te d in n Ma uctio . La prod nos de la ia v li o B trois fois 0 0 0 de la i reçu 22 reçu 230 mois. J’a e, j’en ai t cela lt u co To ré s. re premiè Boliviano 0 0 1 2 t e deuxième t le mois d’août. an encore av

captation, amélioration et utilisation de l’eau pour l’irrigation et la consommation humaine. En travaillant sur une ressource si importante pour les gens, on a su générer un haut niveau de motivation chez les familles et elles se sont senties encouragées par des nouvelles initiatives d’amélioration et d’investissement sur leurs parcelles.

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Ici, la vie était vra petite be iment tr tte on ne la connais iste, même une et achete sait pas. r, tout le .. Achete temps... pas de l’a r Et quand rgent, il on n’avait fallait pa rtir pour alle gagner… (Jacinto Ya r le nqui)

Comment a été possible la construction des systèmes de microirrigation? Ce qui est important dans cette expérience Plusieurs facteurs expliquent les résultats obtenus avec cette expérience: Travailler sur une des plus grandes nécessités pour les familles de la campagne, c’est à dire l’eau, en facilitant les conditions pour y avoir accès. La modalité d’autoconstruction, où la famille contribue avec son travail et les matériaux locaux. C’est PROAGRO qui finance la maind’œuvre qualifiée et qui investit en matériaux non-locaux. Cette modalité, n’a pas seulement garanti la participation effective des familles; mais, en plus, elle a permis d’augmenter le nombre de bénéficiers et de systèmes de micro-irrigation construits. De la même façon, on a amélioré les systèmes des familles qui avaient déjà accès à une irrigation rustique ou qui étaient à mi-chemin de l’avoir. Mais ces systèmes restaient souvent incomplètes à cause du manque de ressources.

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L’ expérience effectuée dans la zone permet d’avoir un impact direct sur le Gouvernement Municipal pour qu’il rétablisse un plan ou programme d’irrigation de la municipalité. Le chemin est tracé pour répéter ce qu’on a fait avec ce projet et ce sont les organisations sociales qui sollicitent l’amplification de cette expérience. La qualité des ressources humaines de PROAGRO, l’expérience et la capacité institutionnelle pour sensibiliser et motiver les familles à travers des méthodologies et d’actions appropriées comme ateliers, échanges d’expériences et stages.

La municipalité a repris conscience pour établir « l’eau » comme une priorité dans les demandes d’hommes et de femmes. Il existe une conscience collective dans la municipalité, chez les dirigeants, les autorités, les institutions, notamment que c’est « D’ABORD DE L’EAU » Et ainsi, l’eau arrivera, sûrement, dans les communautés, chez les familles… On a construit les fondations, on a donnée l’exemple, on a eu des résultats… C’est une question de temps. Quand les gens connaissent le coût de leur coca, de leur nourriture, c’est là où ils comprennent la valeur des choses...


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ceux s aide... .. on nou me ça, les s. n o v ce re com illons, en en... c’est ient rien...” qui trava ’en voit ri vo n n n ’e o “… Ceux n , x s u paresse aresseuse s p e m m so qui la uits, sous ême les n i) n m a s, m n a o M li dicto travail ...” (Bene és, nous u le g il ti m fa fa e te la “..Mêm lune, tou

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de s e c Expé rien ment e renforc ationnel organis curité sé la pour alimentaire

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ation et Organis Locale tion c u d Pro l’APARK – s d’aliment sion du rovi et la P é jeuner Petit D Scolaire

L’APARK, ses premiers pas et le petit déjeuner scolaire Avec ces mots, l’ex-Présidente de l’Association, Mme Vitalia se rappelle la façon dont l’Association des Producteurs Agro-écologiques Régionale Koari (APARK: Asociación De productores Agro ecológicos Regional Koari), une organisation de femmes de la campagne, a été capable de commencer et d’acheminer une expérience d’organisation, production, transformation et commerce de yogourt dans la Municipalité de Tiraque au Département de Cochabamba - Bolivia. L’APARK est née avec l’intention de produire et de commercialiser des légumes écologiques, mais certaines difficultés se sont présentées au moment de la commercialisa-

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u é faire d ais pens m ja t s ti n e o p v r le “Nous n’a orter pou p p a la n à e et ous, yogourt uisque n colaire p s r e bitués au n a u h déje mmes o s s u les o n e, ulture... campagn de l’agric e ” ir fa … e à t , l’org terrain e les fèves , e rr te e d pommes aulo M.) (Vitalia P

tion. La chance de faire le yaourt pour le petit déjeuner scolaire a poussé l’association dans un changement de direction. L’Institut de Formation Paysanne (INCCA = Instituto de Capacitación Campesina) a été la branche technique y d’appui financier pour rendre tout possible : d’abord, la production et la consommation familiale de légumes écologiques. Ensuite, de l’aide dans les négociations avec les autorités de la municipalité pour obtenir la souscription de la convention de livraison du yogourt pour le petit déjeuner scolaire. Finalement, l’appui aux femmes a été crucial pour qu’elles apprennent les secrets et les conditions pour faire du yogourt de qualité. En même temps que l’association achetait un terrain en Koari Alto pour le siège et le centre de transformation, INCCA a su canaliser des ressources pour sa construction et l’équipement.

Une fois que l’association avait un produit de bonne qualité, on en a fait déguster aux autorités de la municipalité. Puis, l’association a convaincu les autorités pour faire la livraison de yogourt, comme ingrédient du petit déjeuner scolaire. En février de l’année 2009, l’association a commencé l’expérience d’élaboration et provision de 13.500 rations de yogourt et la livraison hebdomadaire aux écoles de la municipalité.

Les difficultés internes et les changements A force de courage et de sacrifice pendant la gestion scolaire de l’année 2009, on a su accomplir les demandes du petit déjeuner scolaire. Néanmoins, les difficultés étaient évi-


Evaluation et apprentissage de l’expérience

D’une part, l’association n’avait pas assez de lait pour atteindre le volume dont on avait besoin, ce qui nous a contraint de l’acheter au marché. D’autre part, le manque d’un moyen de transport propre a créé la nécessité de demander une camionnette à l’INCCA. Postérieurement, l’association a demandé l’appui au service de transport local.

Achever la direction de l’organisation n’a pas été facile. Les femmes de la société ne connaissaient pas les caractéristiques élémentaires qui permettent de gérer toute l’organisation. Des détails comme: où acheter du lait, des sacs, du ferment et estimer les coûts de tout cela. On ne savait pas si l’association avait des ressources économiques pour assurer la continuité de la livraison pour le petit déjeuner scolaire. C’étaient tous des sujets complètement inconnus.

Le problème le plus grand que l’association a encontré, était la transparence dans sa propre gestion. Les décisions étaient concentrées chez une minorité de gens qui s’occupaient de toute l’administration, les contacts et les négociations. A la fin de l’exercice 2009, on n’avait pas d’informations sur l’administration, la responsabilisation financière et les actions réalisées. Cela a commencé à soulever des désaccords entre les hommes et femmes de l’association, générant ainsi des conflits internes qui nuiraient à l’intégrité de l’association. Janvier 2010, après des nouvelles élections, une femme qui jouerait un rôle fondamental en tant que nouvelle présidente a fait son entrée : Mme Vitalia. Cette femme au Directoire a été la personne clé pour démêler les problèmes de l’organisation. Sa grande mérite est sûrtout de rendre l’information plus transparente. « Cette phase que nous avons dû passer a signifié un départ tout nouveau pour nous » affirment les femmes sociétaires de l’APARK, « … puis, à partir de cette crise, l’organisation était vraiment née ».

Grâce au compromis trouvé et à la participation plus intensifiée des femmes sociétaires, les conditions pour l’association d’affronter avec décision les défis, ont été établies. Défis comme, entre autres, la continuité de la livraison du petit déjeuner scolaire et la consolidation de l’organisation à travers la participation intensifiée des femmes eux-mêmes. Actuellement, il existe une plus grande unité et un consensus dans l’association. On est en train de réviser les comptes et à la fin de l’année 2010, on espère obtenir des bénéfices significatifs pour l’organisation. C’est une nouvelle période de défis et de compromis pour les familles sociétaires, les organisations syndicales, le Gouvernement Municipal et l’INCCA: c’est-à-dire pour tous ceux et celles qui ont facilité la création de cette organisation.

Photo: Coen Wubbels

dentes. Quelques-unes d’entre elles ont été surmontées en cours de route, mais d’autres ont été insurmontables et ont mis l’APARK dans une première crise interne.

nt de la s dre l’arge n re p s à d’autre n o v donnent le Nous pou … ts ls n ’i u fa q n lieu nos e Mairie au C’est l’argent de s. entreprise rcia M.) (Zelina Ga

Parfois le transport arriva en retard et nous tous arrivions en retard, les directeurs se fâchaient avec nous, les concierges ne voulaient pas nous laisser entrer et fermaient les portes... C’était la souffrance provoqué par le fait de ne pas posséder une voiture propre. Les jours de pluie, la voiture tombait souvent en panne... On n’y pouvait rien faire... (Elsa G.)

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Dans l’évaluation de cette expérience on peut souligner : la confiance des autorités municipales et des organisations sociales qui n’ont pas douté de leurs membres qui ont fait possible d’acheminer cette initiative.

La détermination des organisations sociales et des femmes de l’APARK, qui ont pu acheminer à nouveau la direction et la gestion de leur organisation.

Les connaissances acquises par les femmes de l’association, permettant ainsi de faire un produit de qualité, et leur capacité de surmonter les limitations et les difficultés rencontrées en cours de route.

L’identification d’une alternative économique productive : en changeant la catégorie de production de la culture de légumes à la laiterie, qui a un potentiel important dans la génération des revenus pour les familles de la région et qui est en train de mûrir.

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18 20

L’accompagnement de l’INCCA dans ce processus, sa capacité d’autocritique et sa réaction d’aider l’APARK à retrouver la confiance et l’appui des familles sociétaires, de la municipalité et des organisations sociales. « Nous devons apprendre à gérer les ressources financières... et à travailler. Ici, il doit y avoir un registre avec les données sur les dépenses, le coût de chaque petit sac (de yogourt), le coût du ferment, les dépenses prévues, les dépenses totales, les recettes... Tout le monde doit y avoir accès... et non pas seulement les membres du directoire et les travailleurs… » (Vitalia P.)


EXPé RIE NC RECONST E DE RUCTION D' UNE COMMUN AUTé Aux verg ers, les a fruitier s rbres e sont au ssi divisé s en deux.. . Ils se s ont fendus. C ette anné e, on a failli d e perdre tous les fruits. Le s arbres n’ont plu poussé, le s s racines ne sont plus sous la terre.. . (Daniel C ).

nous année... t toute l’ ... « Pendan l’eau du ruisseau e d Le . u b .. e s é n u avo l’eau poll ment te C’était de lè p m it co C.) d’eau éta » (Daniel système détruit…

Comment ont t-ils commencé l’éboulement et les perdes dans la communauté? Il y a un peu plus de deux ans, - rappelle M. Daniel Cruz – on a vécu l’année la plus pluvieuse dans toute notre histoire. Pendant toute une semaine on n’a eu que de la pluie, jour et nuit… La pluie s’est arrêtée, le soleil a chauffé la terre et cette terre a commencé à se diviser, à craquer, surtout dans la partie inférieure où le terrain est très faible.

A La Hiquera, les gens ne vivent que des fruits, principalement de l’anone, de la pomme, et de la pêche.

En avril 2008, la communauté La Higuera de la Municipalité de Moro Moro au département de Santa Cruz, en Bolivie, a souffert un important glissement de terre. A cause du désastre, plusieurs familles ont perdu leurs maisons, leurs potagers. La communauté était privé d’eau potable et le chemin s’est affaissé, en divisant la communauté en deux.

La décision d’y rester, malgré le dilemme qu’elle posait, a ouvert la voie pour que les gens commencent à chercher des solutions et affrontent le problème en offrant leur participation.

La Higuera est située au pied d’une colline escarpée, le terrain est faible et les gens y ont établi leur domicile et leurs vergers. C’est une zone instable et, par des références, on sait que l’éboulement se répète de temps en temps.

Au moment du désastre et après, chaque famille a dû faire face au dilemme de s’en aller de la communauté, au risque de quelque chose de pire qui pourrait se passer.

Comme dans d’autres cas, les plus grandes difficultés se sont présentées après le désastre. Les autorités, et d’autre personnel qui aurait pu aider, ont finis de ignorer les demandes de la communauté.

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Au cours de la mise en état du chemin, plusieurs familles, par la peur d’un nouveau éboulement, se sont opposées à l’utilisation des tracteurs. C’était la persistance des leaders qui a convaincu la communauté et qui a permis de faire les travaux nécessaires pour faire que le chemin réunit la communauté à nouveau. La question la plus critique était le manque d’eau pour la consommation humaine. Grâce à la persévérance de la communauté et à l’appui de l’Institut de Formation de l’Orient (ICO = Instituto de Capacitación del Oriente), il a été possible de rendre l’accès à l’eau à toutes les familles de la communauté. « ... Nous n’avons pas arrêté d’envoyer des demandes, nous parlions avec les autorités. C’est peut-être grâce à cela qu’ils se sont émus un peu. C’est l’ICO qui s’y est mis en action : en fait, l’ICO a été un des piliers pour que la mairesse commence à agir... Parfois on ne nous écoute pas, en tant que membres des communautés... » (Clever Cruz). Malgré le temps qu’a pris la reconstruction du système d’eau, il a été possible d’achever l’œuvre avec les apports de la municipalité :

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Photo: Coen Wubbels

La reconstruction n’a pas été facile : le peu d’aide qui est arrivée, au lieu de résoudre les problèmes, n’a fait que compliquer les choses ou générer d’autres difficultés. Pourtant, la communauté a persisté et a commencé à résoudre ses problèmes graduellement.

« …La M airesse, p enda l’éboulem ent, est v nt un des momen observé co mment la enue en personne ts de terre se d Peut-être et on a , ça lui a ivisait là touché... des resso en bas... urces pou Et bon, e r la recon lle a libé ré struction » (Cléver C.)

le projet « Gestion Paysanne de la Sécurité Alimentaire des Vallées Interandines » (Ges tión Campesina de la Seguridad Alimentaria en los Valles Interandinos) exécuté par l’ICO et la main d’œuvre de la communauté. On a reconstruit la prise d’eau, le réseau d’adduction, un réservoir de stockage. On a aussi réalisé l’installation du réseau de distribution et à chaque domicile on disposait dès lors d’un robinet. La somme des apports des familles et le financement partagé entre la Municipalité et l’ICO s’élevait à environ 200 salaires journaliers. Cela a garanti l’engagement de main d’œuvre qualifiée et l’achat des matériaux comme des tuyaux de conduite, du ciment, des robinets, etc. Dans l’actualité, les gens contribuent chaque mois un montant pour leur consommation d’eau et pour assurer le bon fonctionnement continu du système.

Il y a des actions coordonnées et étroites avec les conseillers municipaux et la mairesse... C’est grâce à cet appui ferme à la communauté que nous avons pu rétablir l’eau, le chemin et unifier, réintégrer, les familles d’en bas et celles d’en haut. (Miguel C, técnico de ICO) Photo: Coen Wubbels

Le ‘chemin dur’ de la reconstruction


Evaluation et apprentissage de l’expérience L’expérience nous ‘force’ de reconnaître la persévérance chez les familles qui ont pris la décision de rester dans la zone malgré le désastre, en s’engageant eux-mêmes dans la reconstruction. C’est cette détermination qui a poussé les gens de se mettre en action et de demander de l’aide à différentes institutions qui ont vu une communauté unie, prête à assister de son meilleur travail, effort et solidarité aux familles les plus affectées. Ce qu’on a fait a été possible grâce au lien étroit entre le Gouvernement Municipal, l’ICO et la communauté. Cela a permis de sensibiliser les autorités de manière directe et de canaliser des ressources d’une façon articulée, rendant possible ainsi la gestion de nouvelles propositions, qui vont même plus loin que le désastre.

Daniel ffirme M. a .» is o v « Je il y en a.. r manger, qu’ici pou

De même, de façon complémentaire et intégrale, l’ICO dévéloppe un projet orienté vers la sécurité alimentaire en promouvant des jardins de famille pour la production de légumes, des réservoirs pour l’eau d’irrigation et des incentives pour la production organique. Tout cela en profitant des caractéristiques et du potentiel agricoles de la zone et en assurant la viabilité des familles.

Bien qu’il y a eu de l’appui de la part des institutions, des voisins et du Gouvernement Municipal, actuellement, de nombreux acteurs restent encore très éloignés des problèmes et de la réalité des communautés de la campagne. Les Autorités du Gouvernement Départementale et les institutions du Gouvernement National responsables de s’occuper de ce genre de désastres n’ont pas répondu de manière adéquate. Même au contraire : ils ont provoqué des tensions internes qui ne sont pas nécessaires. C’est pour cela qu’à La Higuera, malgré toutes les réussites, il y a encore un sentiment d’amertume et de frustration devant les demandes inachevées, comme celle du logement ou celle de l’amélioration des systèmes d’irrigation. Malgré cette expérience dure, La Higuera est revenue à la normale et, pendant ce temps, il y a eu un processus de renforcement et de valorisation d’ appartenance à cet endroit territorial. Mais en plus, il y a eu une reconnaissance des potentiels et de la capacité de bien formuler les demandes et de proposer des solutions sortant de la communauté elle-même.

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Elevage et consom mation de Truites Arc-enciel - U ne expé rience des entrepreneur communautaire s sà l’Ayllu Jila « Dans cet Ayllu , nous n grands ’avons p terrains.. as de . Nous exemple, sem de du blé, d s pommes de terr ons, par e l’orge, e, de la fè du maïs.. ve, Ici il n’y . en a pas assez po nous som u r bien viv mes nom re : breux et insuffisa la terre nte... A reste cause de sont en tr cela, nos ain de fa fils ire la mig ration » (Tomás P aco G.)

Le Grand Ayllu*, Jila Grande et Jila Chico (Grand et Petit, respectivement), se trouve à la Municipalité de Tomave, dans la Province Guijarro au Département de Potosí, en Bolivie. Sur ce territoire, l’eau est abondante, en contraste avec la quantité limitée de terres, une basse productivité et l’insécurité quant aux récoltes. Les communautés et leurs autorités n’ont jamais eu l’occasion de développer une initiative qui profite de cette ressource bénéfique, étant donné que le potentiel de la pêche n’était pas bien valorisé du à une très petite quantité de poissons dans la rivière. Ainsi, en 2007, suite à l’initiative d’une entreprise privée qui s’occupait de la génération d’énergie électrique, on a construit une petite ferme de multiplication d’alevins pour mieux profiter de la population de truites dans la rivière. Cette entreprise s’est mise d’accord avec l’organisation sociale sur le fait d’utiliser l’eau de la rivière Yura pour la génération et la vente de l’énergie élec* Dénomination originaire pour le conjoint de commu-

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nautés indigènes qui font la gestion du territoire à l’intérieur de ce groupe.

trique aux entreprises minières de la zone. Le but de cet accord, c’était de générer des revenus pour faire bénéficier les communautés en vendant des alevins aux familles. Des différences à la gestion et à l’administration ont déterminé que l’Ayllu demande la fermeture de ce centre et, envisage comme alternative le développement d’une proposition propre pour profiter des truites. Ce projet tient en compte la participation des « L’idée centrale est née à partir de l’organisation de l’Ayllu. A l’intérieur de l’Ayllu nous avons assuré notre situation juridique territoriale de nos “terres communautaires d’origine” (TCO)... Dès là, nous avons proposé le projet de gestion territoriale indigène... Dans ce projet, nous avons vu des alternatives pour bien vivre, c’est-à-dire, avec plus de dignité, par rapport à notre sécurité alimentaire. Avant les TCOs, les frères de l’Ayllu s’enfuyaient, la migration vers la ville. Ici, il n’y avait pas d’emplois… » (Vidal Cáceres)


ns que alevins sa sont s le u d n e s se nt v « … Ils o es paysan ferme sache... L tte ce r e l’Ayllu le rm n faire ont fait fe fâchés et ant la décision d’e erto) n b il re G en p es. » ( piscicole, eux-mêm e tr u a e un

communautés et la gestion de la part de l’Ayllu même qui détermine la portée, la façon de s’organiser et les résultats à obtenir.

Les premiers pas, l’organisation et la formation A la fin de l’année 2009, avec de l’appui de l’institution Investigation Sociale et Conseils Juridiques Potosí (ISALP = Investigación Social y Asesoría Legal Potosí) on a obtenu un financement pour la construction de la ferme piscicole à la communauté de

Viluyo. On a pris en compte les avantages d’énergie électrique et la qualité de l’eau que l’on offrait. En même temps, un modèle propre d’organisation, de gestion et de participation a commencé à prendre forme Néanmoins, pas toutes les communautés et les familles se sentaient prêts à participer à une telle initiative. Ainsi, avec le consentement de l’Ayllu, on a formé une organisation originaire de producteurs piscicoles (OROPPAJ) qui compte actuellement 16 familles sociétaires, volontaires et engagées quant à la vision du projet : faire de ce rêve une réalité. Il s’agit de profiter de cette ressource naturelle qui est un patrimoine de toute la communauté. L’infrastructure est restée proprieté de l’Ayllu et l’association s’est engagée à céder une partie des bénéfices générés par les activités de la ferme, sous la condition que l’initiative soit appuyée par toutes les communautés.

L’ISALP a facilité les ressources et les moyens pour que les familles qui avaient décidé de s’associer à cette initiative, connaissent et apprennent d’autres expériences. On a visité Pongo et Tiquina et on y a reçu une formation intensive au Centre d’Investigations et Développement Aquicole Bolivien (CIDAB = Centro de Investigaciones y Desarrollo Acuícola Boliviano). De manière parallèle, on a appuyé la construction de petits bassins rustiques dans les communautés, où les familles non-associées achètent des alevins de la ferme, les élèvent et les font grossir pour leur propre consommation.

« ...Les revenus de la ferme piscicole... D’abord ils sirvent à garantir la sécurité alimentaire de l’Ayllu. Si l’association reçoit des revenus, ça doit aller aux communautés. » (Fabio Atho)

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Quelques résultats et apprentissages Une année vient de passée à-peu-près depuis que nous avons commencé cette expérience et il existe une sensation agréable d’optimisme parmi les familles et chez les autorités de l’Ayllu. Cela est dû au début de l’expérience d’organisation avec les producteurs piscicoles sur la gestion de la ferme, l’élevage et l’engraissement des truites dans des étangs rustiques. Il y a des progrès extraordinaires quant à la connaissance et l’apprentissage développées chez les gens. On a commencé dans un état de dépendance pour amener les alevins et leurs aliments chez des entreprises privées à La Paz. Actuellement, on a su reproduire les alevins sur zone et élaborer l’aliment avec des produits qui se trouvent à la communauté. Cela rend viable cette expérience. Les sociétaires de l’OROPPAJ ont établi un rôle de soins de la ferme en se regroupant. Chaque famille est contrainte à aller jusqu’à la communauté de Viluyo et assumer à son tour la tâche de l’attention des poissons. Dans des bassins rustiques, la famille (particulièrement la femme et les enfants) est responsable de garantir l’alimentation et l’attention chaque jour. Les familles ont commencé à consommer les premières truites qui pendant ce temps-là ont atteint le poids et la taille adéquats.

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On doit valoriser : La capacité des communautés et des autorités parce qu’ils ont pris la décision de promouvoir l’utilisation des ressources par euxmêmes, avec une gestion propre. L’effort et le compromis institutionnel de l’ISALP qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire en sorte que les gens reçoivent une formation adéquate et qu’ils apprennent de la pratique. De même, l’ISALP a aidé dans la construction des bassins rustiques pour l’engraissement des truites destinées à la consommation. Le défi organisationnel est accepté : il doit être possible de joindre les intérêts collectifs de la communauté avec l’initiative de certaines familles qui croient fermement dans les possibilités et perspectives de cette expérience. « ...On a choisi des personnes engagées. Quelqu’un qui voulait seulement connaître La Paz ne pouvait pas y aller. On cherchait des personnes engagées dans notre projet... Là, nous avons fait des pratiques avec les facilitateurs de ce centre… » (Vidal C.)

Je vois q uelque ch ose de jo en ce que lie le fait. Nou s frères de Jila on s avons v t u, par ex qu’ils se emple rela à manger yaient pour donn , er aux petits venaient poissons. de loin, d Ils e p jusqu’à V iluyo... C uis Saruyo ela signif un dépla ie cement tr ès loin à colline-là la pour rest er penda deux ou tr nt ois jours dans cett communa e uté et no urrir les poissons. (Magda)


ale belge ernement v u o g n o frique n 1964 à l’A anisation rg is o u p e e n d u t c’est en c’est mentaire, éveloppem li Wereld), a d e é e t jd d ri ri s v u e c e sé tion iativ velle (B ment, la e la situa e d r des init ll e e ir y u u t rt Terre Nou p c a p A p a Bolivie. tégrale à ations de mencé à ines et en proche in qui a com es organis p p d a ip t il e n h n e P u m x c e ns, ce rc ave t, au ntes régio t le renfo re n ur l’ONG de l’Oues o o fé s p if s d e e t ir s a n le t priori es dans s importa le thème homologu ies les plu s g n é t io t ra a t s is s an urables. locale. Le ats plus d ec des org v lt a u lus s il a ré v s e ra t d es, les p c n e ri é base et le tiel pour atteindre p x gramme rtaines e sen ». Ce pro rtager ce qui est es a ir p n e s v n a l’ lo autés nous vou 0 « Aliment pour s commun , le n s io n t a a d c e li 1 ide le tair -20 te pub me 2008 té alimen nce et gu a ri m n u ra c Avec cet fi g é s e ro ll p e la du v de ntes du le succès Terre Nou . re situation è ie v la id li s e intéressa o n d B o c n isqu’ on élioratio nisations rurales en locaux pu t les orga es zones vise à l’am e rs d s u s e le t le il c b a m ra s fa ulné quel les és chez le les plus v ré dans le g de capacit e t d n e le m r e u p basant s dévelop nir. tout en se e leur ave e d m s m le b ra a g s pro respon e rendent de base s

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